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Connaissez-vous « Le Caodaïsme » – Il s’agit d’une religion vietnamienne qui mérite le détour

De notre Soeur Tran Thu Dung

Le caodaïsme est une des religions récentes au Vietnam. Apparu vers les années trente, au Vietnam du Sud, il attire dès le début de nombreux adeptes dans tout le pays (3 millions fidèles pendant vingt ans pour une population d’environ 20 millions d’habitants vers 1945). De toutes les sectes religieuses du Vietnam moderne, le caodaïsme a obtenu le plus grand et le plus rapide succès.

Ce phénomène religieux reste jusqu’à nos jours une énigme, d’autant plus que le caodaïsme n’a pas fait suffisamment l’objet d’études approfondies. Par ailleurs, le syncrétisme singulier qui caractérise cette religion a induit en erreur à la fois les profanes et certaines religions rivales. En particulier, la présence, parmi les esprits caodaïstes, d’esprits d’écrivains français tels que personnages historico-politiques français tels que Jeanne d’Arc ou Aristide Briand a fait soupçonner à tort que cette religion a été un subterfuge utilisé par ses fondateurs pour trouver grâce auprès du pouvoir colonial et une ruse dans leur stratégie de développement visant à éluder la fondre des persécutions politico-religieuses. En réalité, il s’agit ici d’un phénomène extrêmement complexe et qui s’explique par un concours de circonstances à la fois fortuites et intentionnelles.

La voûte étoilée et la chaîne d’union dans le temple de Tây Ninh

La religion et la politique sont souvent liées. Lorsqu’une association passe de l’état d’organisation politique au stade de religion, elle attire nécessairement un grand nombre de forces et contourne facilement la surveillance du gouvernement. La liberté religieuse a toujours été respectée. Les gouvernements sont donc souvent très réticents à combattre la religion. Une religion touche d’abord le cœur des gens grâce à des activités caritatives et humanitaires. Lorsque des événements naturels tels que des tremblements de terre, des inondations, des guerres se produisent, des milliers de personnes sombrent, sont tragiquement démunies, sans foyer, sans nourriture, deviennent apatrides. Dans ces situations de catastrophe, de nombreuses organisations humanitaires à travers le monde, appartenant à tous les courants politiques et religieux sont prêts à apporter leur aide.

Presque toutes les religions incitent les gens à parvenir au bonheur. Le bonheur est défini selon les conceptions philosophiques propres à chaque religion. Le caodaïsme concilie la volonté de paix entre le peuple colonisé et le gouvernement colonial. Le caodaïsme répond bien à la soif de la plupart des intellectuels Indochinois : Paix sur terre, union du monde.

La plupart des fondateurs de Caodaïsme, anciens étudiants de l’école coloniale française, ont constitué la première génération de fonctionnaires du gouvernement colonial. Ils sont devenus la cible de la franc-maçonnerie française qui voulait former des ressortissants indochinois dociles. Pendant la colonisation, le ministre des colonies et certains gouverneurs étaient francs- maçons.

La politique de réconciliation franco-vietnamienne a été portée par le caodaïsme. La franc-maçonnerie visait à s’implanter en Indochine en formant les fonctionnaires indigènes à l’occidentale. La FM qui est essentiellement une association progressiste, défend la civilisation et les valeurs de la République française. La FM n’est pas une religion. Car elle exalte la laïcité.

Le caodaïsme est une religion syncrétise des religions existantes au Vietnam et le christianisme de l’Occident récemment bien implanté pendant la colonisation française.

Bien que le caodaïsme soit devenu une religion, le gouvernement français n’était pas sans ignorer qu’il s’agissait d’un avatar de la franc-maçonnerie diffusée aux masses pour mettre en œuvre la politique de réconciliation franco-vietnamienne. 

La voûte étoilée, l’œil dans le triangle, la lune et le soleil dans une loge franc-maçonnique.

Le caodaïsme est donc pour l’essentiel une modification destinée à assurer une meilleure diffusion de la franc- maçonnerie. Sous l’influence de la franc-maçonnerie, les fondateurs du caodaïsme étaient intrinsèquement patriotiques, ils ont utilisé ce moyen pour diffuser leurs par le biais d’une religion dont la pensée harmonisait les croyances orientales et occidentales. Ces fondateurs, intelligents et ouverts aux masses, ont rapidement attiré de nombreux adeptes, de sorte que la religion est devenue un lieu de communion et non pas seulement un regroupement d’intellectuels indigènes. Les dignitaires caodaïstes ont pleinement profité de l’influence de la franc-maçonnerie en Indochine pour développer leur religion. C’est ainsi qu’en seulement 10 ans, ils ont recruté un grand nombre d’adeptes et ont construit de très grandes églises.

La situation au Vietnam au cours de la période coloniale française n’était pas aussi simple que dans les colonies africaines. Craignant que des émeutes anticoloniales n’éclatent en Indochine, notamment au Vietnam, le gouvernement français a rapidement interdit les rassemblements publics. Pour rester dans la légalité, les maçons vietnamiens ont créé le caodaïsme. Ils ont habilement transformé la franc-maçonnerie locale en une religion qui a d’abord attiré de nombreux intellectuels indigènes. Sous la direction et avec l’aide de la franc-maçonnerie inspiratrice, les fondateurs caodaïstes ont rapidement développé cette religion nouvelle au sud du Vietnam.

Les deux plus grands dignitaires caodaïstes -fondateurs de cette religion sont francs-maçons : Ngô Minh Chiêu et le premier pape Lê Văn Trung.

Décor des fenêtres du temple de Tây Ninh : L’œil dans le triangle

Le Pape Lê Văn Trung a été arrêté par les Français qui soupçonnaient les religieux caodaïstes d’organiser des rassemblements d’activités patriotiques clandestines. Les autorités ont en conséquence arrêté le chef de l’église. Le responsable de la police qui a ordonné l’arrestation était également franc-maçon. Lê Văn Trung lui avait donc donné les mots de passe de la FM (Fils d’Hiram), mais ce responsable des forces de l’ordre n’a malgré tout pas renoncé à sa décision et a volontairement fait abstraction de son devoir de fraternité. Peu de temps après l’interpellation, une lettre du gouverneur général de l’Indochine (un FM) a été envoyée en urgence pour s’excuser auprès de Lê Văn Trung. Sa libération immédiate résulte de l’intervention rapide (48 heures) de la FM.

Le caodaïsme qui relève essentiellement des doctrines extrême – orientales, comporte curieusement des similitudes avec la FM tant sur la forme que sur le contenu :

  1. Le caodaïsme est empreint du spiritisme comme la FM
  2. Les principes de « Fraternité universelle » et de liberté professés par la FM ne sont pas bien différents de ceux du caodaïsme.
  3. L’œil du caodaïsme révèle dans les séances de médium a son équivalent dans les temples maçonniques
  4. Le triangle, emblème typique de la FM, figure aussi les vitraux du temple caodaïste. Parfois on trouve au milieu de ce triangle l’œil du Cao Đài qui est le cachet scellant l’investiture céleste des élus caodaïstes.
  5. La lune, les étoiles, le soleil dans le temple caodaïste et les vêtements caodaïstes se trouvent également dans les loges, ou sur le cordon, le tablier maçonniques
  6. Le style d’adresse « mes frères, mes sœurs » (Hiền huynh, hiền muội), quel que soit l’âge est considéré comme une conduite mal élevée au Vietnam.
  7. Le décor des temples caodaïques rappelle certaines caractéristiques de la FM (L’œil, triangle, la voûté étoilée, le soleil, la lune, le globe…) La décoration des plafonds par la peinture voyante n’est jamais une tradition dans les pagodes, ou les temples au Vietnam…
  8. Selon la franc -maçonnerie, le pavé mosaïque est la réconciliation des deux extrêmes que sont les ténèbres et la lumière, le bien et le mal, Dieu et le Diable, l’infini négatif et l’infini positif des mathématiciens qui ne sont qu’Un. Ce pavé mosaïque se trouve également au temple caodaïque.
Le pavé mosaïque dans la loge maçonnique

Le caodaïsme peut être vu comme une variante inattendue de la franc-maçonnerie dans la colonie et a connu un succès dépassant l’imagination de ses fondateurs. Il est passé de société secrète à secte, puis à religion florissante dans le Sud en peu de temps. Il a attiré de nombreux intellectuels progressistes et les habitants de la Cochinchine. A l’époque cette religion a convaincu plus de deux millions d’adeptes. A l’origine, un groupe de fonctionnaires autochtones s’est réuni pour composer des poèmes. Le fondateur de la religion Ngô Minh Chiêu a été le premier à voir l’œil durant des nuits de méditation.  L’analyse des biographies de certains grands dignitaires et fondateurs de la religion et l’examen des décorations intérieures des églises caodaïques laisse clairement apparaître l’importance de l’influence maçonnique dans la genèse du caodaïsme.

Le tableau d’honneur remerciant les Français d’avoir aidé le caodaïsme est une autre preuve de cette relation. Selon Gabriel Gobron, il existait dans le sanctuaire caodaïque du Cambodge, à l’époque de son inauguration, un mémorial de marbre gravé du nom des personnes ayant rendu des services méritoires. Parmi les personnages honorés on peut reconnaître les noms de personnalités françaises célèbres, même si le tableau originel a été partiellement effacé. On constate qu’une la grande majorité de ces personnes est membre de la FM. Ainsi Marc Rucart, ancien ministre de la Justice, ministre de la Santé, était un franc-maçon qui a initié le 16 février 1916, à la loge « L’Indépendance » et Albertin Fabien, Bellan Charles, Challaye Félicien, Karn Emile, Gabriel Gobron, Robin, Jacob étaient également des affiliés.

Deux avocats du caodaïsme, Robert Lortat Jacob et Trịnh Đình Thảo, étaient tous deux francs -maçons. Lors de certaines séances médiumniques, où seuls les hauts dignitaires étaient en principe admis, Lortat Jacob était cependant présent. Certains journaux évoquant le caodaïsme sont également des journaux maçonniques… La Fraternité, La Vérité, La Dépêche, L’Acacia… Ces journaux ont publié des articles sur l’inauguration du caodaïsme en Outre-mer. Lors d’une cérémonie d’inauguration au Cambodge, un vénérable caodaïste Thương Bảy Thanh a également remercié les Français bienfaiteurs qui ont régulièrement fait campagne en France ou en Indochine pour défendre le caodaïsme : Ont ainsi été remerciés l’Avocat Roger Laseaux, l’Avocat Lortat Jacob, le Gouverneur Général Albert Sarraut, le Gouverneur Richome, Silvestre, Thibaudeau, les députés H. Guermut, Marius Moutet, E.Outrey, Paul Ramadier, Marc Rucart, Jean Piot, ainsi que M.Voisin, A., Marthe Williams, le Colonel Alexis Métois, Félicien Challaye, E.Tozza, Gabriel Abadie de Lestrac, Jean Laffray rédacteur en chef de La Griffe (Griffe), Charles Bellan, ancien ambassadeur de France au Cambodge… et la ligue de droit humain pour la création et l’existence du caodaïsme.

Le pavé mosaïque dans le Temple Tây Ninh.

Selon l’histoire du Caodaïsme de Trần Quang Vinh, l’expansion de la religion en France a obtenu des résultats conséquents. Trần Quang Vinh a pu ainsi y constituer un noyau de sympathisants. En 1932, parmi les cinq premiers français promus aux grades des dignitaires caodaïstes figuraient trois maçons : Gabriel Gobron a été nommé au grade d’instructeur, Charles Bellan et Gabriel Abadie de Lestrac ont été nommés Prêtres. Deux femmes étaient par ailleurs épouses de maçons. Mme Marguerite Gobron a été nommée au grade d’Élève-évêque et Mme Félicienne Challaye au grade d’évêque. Tout comme en Franc-maçonnerie, les caodaïstes doivent passer par divers degrés basés sur la contribution et le dévouement. Il est assez surprenant de constater que parmi les cinq français convertis au caodaïsme en France, on trouve un Instructeur, titre illustre dans la hiérarchie du caodaïsme juste en dessous de celui de Hộ Pháp Phạm Công Tắc, titre qui nécessite normalement un vote de la part des dignitaires. Ce fidèle était un membre actif de la religion. Il fut le premier maçon français à adhérer à la religion nouvellement établie en Indochine. Il a directement aidé à compléter les règles nouvelles du caodaïsme. Il était professeur et était allé enseigner en Indochine. Bien que nouvellement converti, il a obtenu le droit de participer aux séances de médium. Il a été nommé conseiller principal du caodaïsme…

En France, « une loi du 11 juillet 1941 ordonnait la publication au journal officiel des noms des dignitaires maçonniques en même temps qu’était appliqué à ceux-ci le statut des Juifs leur interdisant d’exercer des fonctions publiques ». Le 1er Août 1941 le frère José Roi de la Grande Loge était un des premiers otages à être fusillé par les allemands, puis ce fut Pierre Brossolette et bien d’autre.

L’analogie entre le sort subi par les frères-protecteurs français et les frères protégés indigènes après la défaite de la France face à l’Allemagne est assez frappante. Alors que si le caodaïsme n’avait été qu’une simple religion orientale Indochinoise comme les autres, par exemple comme le renouveau du bouddhisme Hòa Hảo, mouvement religieux contemporain à peu près de la même envergure, il n’aurait pas dû être inquiété par les autorités coloniales.

Le rôle de la FM pour la naissance du caodaïsme est incontestable. Tant qu’il existe des misères humaines, et la discrimination, existeront toujours la religion. La soif de mieux -êtres a été toujours le propre de tous les êtres, de tous les hommes. Le caodaïsme comme la FM exaltent toujours la devise : liberté -légalité – fraternité pour le bonheur du monde entier.

Homme, humus, humilité

L’humilité[1] est l’une de ces valeurs essentielles qui, dès sa définition, nous renvoie à nous-mêmes : Elle n’est autre, en effet, que la conscience de soi et de notre petitesse, aussi bien devant la masse des autres humains que dans l’univers. Partant, il s’agit d’avoir la lucidité d’admettre que nous sommes des êtres fragiles, provisoires, en un mot : mortels. La conscience de la mort physique rend humble immédiatement ! L’humilité, qui vient de « humus », du latin terre, sol) nous incite certes à lever la tête vers le ciel pour admirer modestement la création et pour mesurer notre petitesse, mais aussi à baisser la tête vers cette même terre, pour ne pas la perdre de vue : nous en venons et nous y retournerons…

L’humilité renvoie aussi d’évidence à la durée, à ce minuscule temps de passage, qu’est une vie humaine. La pâte humaine est de fait une pâte de verre. Et en tant qu’êtres de verre, c’est notre fragilité même qui nous rend transparents et laisse entrer en nous la lumière!

Rester simple

Au plan maçonnique, notre échelle de degrés, trop souvent assimilée à des grades, en soi « militarisants » ne facilite certes pas l’humilité, c’est à dire la modestie, son synonyme, en tant que « modération de soi-même ». Il faut le plus vite possible (avant d’être atteint de boursouflures de l’ego !) comprendre que notre progression est une ascension personnelle qui ne doit pas être comparée, avec…le tablier du voisin.

C’est en fait, soyons francs, un combat à mener à chaque tenue, dès lors que notre progression s’y mesure précisément, à coups de décors ! Rester simple et…se parer d’enluminures n’est pas évident! Là est si l’on peut, dire, l’une des « faiblesses » des Hauts Grades, conçus à l’époque des Lumières…pour éblouir l’autre et le dominer. Transformer les éclats extérieurs trompeurs en lumière intérieure, pour s’autoéclairer, se connaître, s’accepter en fait : oui, c’est tout le travail d’une vie maçonnique…

Dès lors, l’humilité implique que l’on ne se mire pas dans le regard de l’autre, comme Narcisse dans l’eau de la fontaine ! Il y a là toute la différence entre voir et regarder. Voir, c’est entrevoir seulement le contour des choses, bien souvent. Regarder, c’est observer, entrer dans le détail, c’est apprécier, goûter, peser, évaluer, découvrir, pour au final agir le mieux possible, sans prétention.

Un effet pervers

En tant qu’êtres sociaux, nous avons besoin de l’autre pour nous construire, en « frottant » notre intellect à ses pensées, à ses idées, à ses paroles. « Qu’est-ce qui est plus brillant que l’or? La parole échangée! » dit notre Frère Goethe! Autre problème en loge, difficile à résoudre : nous n’échangeons pas vraiment, puisque nous prenons la parole à tour de rôle et communiquons avec des monologues croisés, discipline oblige. Il ne s’agit donc pas de pérorer en se mettant à l’ordre pour s’entendre parler, mais de s’écouter (écouter notre voix intérieure et non notre voix de bouche) avant de décider de prendre la parole et d’écouter les autres. C’est d’ailleurs à force de s’écouter …que l’on finit par s’entendre ! L’humilité sera ici de ne pas chercher à avoir raison, mais de raisonner.

N’oublions pas que l’humilité en maçonnerie est une notion d’origine chrétienne. Elle renvoie ici à l’obéissance : l’Eglise, à travers ses papes et ses princes, a trouvé sa puissance et l’a sans cesse entretenue à travers les siècles, en intimant à ses serviteurs de se mettre à genoux devant elle ! Nous sommes dès lors dans l’hypocrisie et l’effet pervers. On ne peut ignorer cette contradiction en évoquant l’humilité!

La franc-maçonnerie qui est, ne nous le cachons pas, une forme de « copier-coller » de l’église, (ou l’envers de la carte à jouer, comme on veut !) est tombée aussi dans ce travers. Le symbolisme des Hauts Grades présente de la sorte une incohérence (par rapport aux trois premiers degrés, où l’humilité est tout à fait applicable), une « incohérence » dont il faut être conscient : en effet, comment être un puissant Chevalier tout en étant humble ?! Lorsque le Chevalier s’agenouille pour recevoir l’adoubement, il se soumet devant un autre homme dont il reconnaît et avalise la supériorité. Cette humilité est plus sentimentale que rationnelle !!

Enfin, on ne peut évacuer d’un revers de main, le temps des Croisades où les soi-disant « humbles Chevaliers » sont allés en Orient « casser de l’arabe » (horrible expression) au nom du Christ ! Mais cela n’excuse pas pour autant les islamistes criminels d’aujourd’hui qui, de fait, sont à même de prendre leur revanche en Occident ! Tout meurtrier relève de la justice des hommes. La croyance, quelle qu’elle soit et d’où qu’elle vienne, n’excuse en rien le méfait, dès qu’il est nuisible à autrui. Comme quoi l’humilité mal comprise par des esprits faibles, c’est à dire mise au service d’une puissance supérieure supposée, fut-elle divine, peut conduire au fanatisme. Elle est tout simplement inacceptable !

Dépasser la hiérarchie de dominance

En conclusion pour ma part et maçonniquement parlant, je pense que l’humilité n’est pas un sujet facile à traiter en maçonnerie. On ne peut vraiment l’aborder que par le symbole et la métaphore, pour absolument dépasser la notion de « hiérarchie de dominance » qui caractérise la société des hommes. Il est possible d’être humble par rapport à soi-même en ayant conscience de ses compétences et de sa finitude. Il est plus difficile, surtout dans la société d’aujourd’hui (où il convient souvent d’écraser l’autre !) d’être humble, c’est à dire de prendre le risque de cet écrasement par autrui. L’humilité peut être prise pour de la faiblesse, notamment sur le marché de l’emploi, où l’on cherche surtout des êtres « gagnants » ! Ne parle-t-on pas de « tueurs » pour désigner des « conquérants professionnels » ?

La marge est donc étroite, subtile : l’affirmation de soi (l’assertivité, pour employer un mot moderne) consiste donc à trouver sa place, son passage, entre l’agressive mégalomanie et la plate servilité. Etre ni hérisson ni paillasson. Comment être reconnu et considéré, tout en restant humble ? En toute humilité… il s’agit de passer entre toutes les contradictions qu’implique cette qualité.

Au vrai, une invention humaine qui fait de cette humilité une vertu et non un don divin.


[1] En complément du présent article, les lecteurs peuvent lire l’édito de Christian Roblin paru, dans ce Journal, le 15 août 2023, sous le titre : « Petit tour de l’humain, grand retour à l’Homme ! », ainsi que la contribution de Solange Sudarski à son propre blog, sous le mot : « Humilité ». (N.d.l.R.)

« Démocraties & Pensée unique » D’hier à demain 

Présentation de l’éditeur

Un livre qui se dévore tout seul par sa présentation originale non académique. Il est d’actualité et plonge dans le passé pour s’interroger sur l’avenir. Depuis la nuit des temps, des chefs ont abusé de leur pouvoir.

L’Antiquité en offre quelques exemples, tout comme la suite de l’Histoire en particulier depuis le 20e siècle en divers endroits du monde. L’auteur analyse le phénomène dictatorial à travers les lieux les époques et nombre de personnages connus ou moins connus. Il se penche également sur un sujet plus masqué, celui de la dictature sans visage, qu’elle soit technologique ou économique, chiffres à l’appui. Un ouvrage richement documenté.

Les démocraties sont fragiles et malmenées. La place de l’Homme libre y est de plus en plus délicate. Le concept de choix est altéré. De tous temps des sociétés ont vécu sous le joug d’oppresseurs politiques, domestiques, économiques et depuis peu, technologiques. Nous les laissons souvent faire et parfois nous les appelons, sans voir la privation de liberté qui les accompagne. Bien sûr, la route vers le pouvoir non partagé s’avère escarpée, mais d’aucuns y sont parvenus en toutes régions et en toutes époques, comme si les peuples ne retenaient pas les leçons du passé. De manière invariable, tout se passe comme si la mémoire collective n’existait plus. Tel personnage s’impose par des images et des discours comme étant le sauveur providentiel ou le seul capable de comprendre ses contemporains, de percevoir leurs besoins. Qu’il soit économique ou politique, voire technologique, un bouc émissaire est désigné. Les opposants ou les contestataires crédibles sont muselés. Les intellectuels libres sont débranchés. Les personnes cibles semblent anesthésiées, suivant majoritairement ou non la personne ou la structure en qui elles placent leurs espoirs. Le schéma vers le pouvoir est souvent identique. Qu’importe que le système soit démocratique ou pas, qu’importe les balises.
En grande partie, l’auteur se penche sur un sujet plus masqué, celui de la dictature sans visage, qu’elle soit technologique ou économique, chiffres à l’appui. Les puissantes multinationales s’y retrouvent. L’auteur fait le point sur les services secrets. Rien n’est rassurant, des cameras intelligentes aux choix des produits dans les commerces, de l’influence des multinationales à leur pouvoir financier, chiffres à l’appui. L’ouvrage est richement documenté pour qui veut creuser le sujet….

Democratie citoyenne par phixp.

Biographie de l’auteur
Philippe Liénard a mené une carrière d’avocat, de magistrat, et est consultant intergouvernemental. Il observe la société, est auteur de nombreux ouvrages sur les mouvances de pensées, chercheur et conférencier dans les domaines comme la Franc-Maçonnerie, les Templiers, l’Islam, l’Opus Dei, les Illuminati, les sociétés secrètes, etc.

[NDLR : Comment aujourd’hui, ne pas s’intéresser à la démocratie alors qu’elle est attaquée de toute part. C’est donc que la démocratie est quelque chose qui ne va pas de soi, qu’elle est fragile et pourtant, elle est sans doute le seul système de gouvernement qui puisse se prévaloir d’une légitimité permanente. Mais revenons, tout d’abord, sur le terme.

Démocratie, du grec ancien dēmokratía, combinaison de dêmos, « peuple », de daíomai, « distribuer, répartir » et de kratos, « le pouvoir », dérivé du verbe kratein, « commander ». Un mot désignant à l’origine un régime politique dans lequel tous les citoyens participent aux décisions publiques et à la vie politique de la cité.

Solon

Le grec Solon (640 à 558 av. J.-C.) serait à considérer comme le « père de la démocratie » et c’est, paraît-il, au cours de son voyage en Égypte qu’il a connu pour la première fois cette notion d’égalité entre les êtres humains.

Tous les jours, nous le constatons, en ces temps complexes et imprévisibles, la démocratie et les droits de l’homme dans le monde sont sans cesse menacés.

Quant à l’expression « pensée unique », cette dernière est généralement utilisée dans le monde politico-médiatique européen pour accuser de conformisme les idées considérées comme majoritaires dans leurs pays respectifs et dans l’Europe communautaire, surtout depuis le dernier quart du XXe siècle.

François Cavanna.

Voici donc bien un sujet qui ne devrait pas laisser le maçon indifférent… Douze chapitres que donne l’occasion à Philippe Liénard d’examiner les relations entre démocratie et pensée unique Pensée unique à laquelle Philippe Liénard consacre une chapitre entier. Ouvrant l’ouvrage, introduit avec des pensées de l’écrivain, journaliste, dessinateur humoristique, éditeur et patron de presse français, François Cavanna (1923-2014), connu pour être le cofondateur notamment de Charlie Hebdo, l’écrivain franco-libanais Amin Maalouf, Prix Goncourt 1993 et par celui qui est encore considéré comme l’un des plus importants écrivains de la langue française, à savoir le poète et romancier Victor Hugo (1802-1885), l’auteur consacre son premier chapitre à la « Vigilance et persévérance ». Un juste constat sur les réalités démocratiques actuelles. Mais il nous met en garde aussi contre les autoritarismes qui ne sont pas bien loin. Il était intéressant de lire sa définition des dictateurs, tyrans, despotes au. D’actualité, son ouvrage étudie, bien évidemment, les cas chinois et russes.

Amin Maalouf, en 2013.

Et surtout de les comprendre. Représentent-elles une menace pour la paix dans le monde ? Dictature, féodalité, totalitarisme, censure, répression…

Le chapitre 9 ne manquera pas d’attirer notre attention puisqu’il est consacré aux différents services de renseignements et à la démocratie. Rappelons qu’un tel service est une administration publique qui collecte et traitement d’informations au motif de la sécurité nationale ou publique. L’auteur nous offre un panorama actuel complet des services de renseignements connus : russe, chinois, israélien, américain, allemand, britannique, français, mais aussi du Vatican… Officiellement, bien sûr, il n’existe pas d’espions au Saint-Siège. Un service qui n’a pourtant pas hésité à mener quelques opérations secrètes depuis plus de 80 ans !

Les institutions démocratiques – Source Ministère de l’Intérieur et des Outre-mer.

Entre histoire et géopolitique Démocraties et pensée unique donne des cartes pour mieux tenter de comprendre le monde dans lequel nous évoluons et que le maçon s’est promis de travailler pour là son amélioration, ayant pour devoir d’étendre à tous les membres de l’Humanité les liens fraternels qui unissent les francs-maçons sur toute la surface du globe… Une belle « Bibliographie des recherches » termine l’ouvrage.]

Démocraties et pensée unique-D’hier à demain 

Philippe LiénardRegards Éditions, 2023, 358 pages, 27 €

Les Templiers en Berry, c’est à Saint-Père-la-None (Sancerre)

C’est dans une église qui, après mille ans d’histoire, est transmutée, après travaux, en musée. L’été offre décidemment de belles surprises. Une exposition temporaire sur l’ordre du Temple vous y attend. Jusqu’à la fin août.

Les armes de Sancerre se blasonnent ainsi :
D’azur à la herse de labour d’or liée de gueules.

Retour sur l’église Saint-Père-la-None à Sancerre , situé dans le département du Cher en région Centre-Val de Loire. Une commune faisant partie de l’association Les Plus Beaux Villages de France.

Comment ignorer le nom de Sancerre depuis qu’elle a également été classée sous le label Village préféré des Français en 2021, dans l’émission éponyme de Stéphane Bern…

L’église, un lieu chargé d’histoire

L’église fut fondée au Xe siècle par les moines de Saint-Satur et constituait un prieuré avec bâtiments d’habitation et hospice. Pendant les guerres du XIVe siècle, les Anglais pillent Saint-Satur. L’église est complètement détruite par les protestants en 1567. Elle fut abandonnée dès 1777 : seul le portail occidental subsiste. Il fut englobé dans un mur de clôture et le reste du terrain remblayé.

Saint-Père-la-None, portail – Photo Éditions Gaud.

Le portail s’ouvre par une baie en cintre surbaissé, surmonté de trois rouleaux de voussure plein cintre en retrait les uns des autres. La nef se composait de cinq travées, avec vaisseau central et collatéraux. Chaque travée comporte deux piles séparant les trois vaisseaux. Chaque pile est composée de quatre grosses colonnes sur dosseret et huit colonnettes accompagnant deux à deux chacune de ces demi-colonnes.

Vous avez dit la none ? Quant à ce terme, il viendrait des heures canoniales, les moments quotidiens dédiés à la prière sonnés par la cloche des religieux. La none étant la neuvième heure du jour, elle correspond donc, aujourd’hui, à 15 heures.

L’un des établissements les plus anciens de la ville est désormais un espace municipal dédié aux événements culturels ouvert à tous. Pour notre plus grand profit et plaisir.

L’exposition « Templiers en Berry »

Le Berry, terre de sorcellerie, le Berry, entre êtres surnaturels et lieux chargés de mystère, vous offre une belle exposition sur les Templiers. À voir absolument !

Artiste aux mille casquettes, Serge Laborie est tout à la fois : dessinateur, peintre, maquettiste, mais aussi archiviste et chercheur, la Mairie de Sancerre et le Cercle d’études historiques et archéologiques du Sancerrois vous y convient jusqu’à fin août.

Serge Laborie, très attaché à l’histoire de sa région, fait de ses expositions des moments magiques ! Elles rencontrent toujours un grand succès. L’homme, l’artiste offre au public un regard sur l’histoire des Templiers et sur leur présence dans le Berry. Les préparatifs ont duré de long mois, avec un travail de recherche minutieux sur les activités de ces chevaliers du Temple.

Infos pratiques : Saint-Père la None, place St Père à Sancerre (Cher)

Entrée gratuite/Horaires d’ouverture jusqu’au 31 août 2023

Tous les jours, sauf mardi, de 10:00 à 12:00 et de 14:00 à 18:00

Sources : tourisme-sancerre.com, Le Berry Républicain, Photo Éditions Gaud, Wikimedia Commons, Crédit photos Georges-Louis Vigier

Tous les décors, dessins et maquettes sont dus au talent de M. Serge Laborie. Nous devons à notre très cher et bien-aimé frère Georges-Louis Vigier quasiment l’ensemble des illustrations. Qu’il soit, ici et maintenant, fraternellement et chaleureusement remercié.

Le Dessin de… Jissey « Gémissons »

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Si, comme le déclare Laurent Voulzy, il y a lieu de s’intéresser à l’invisible, à l’écoute de sa dernière interprétation avec Alain Souchon, il faut noter quelques paroles du refrain : « prenez garde à ceux qui n’ont rien… qu’on a laissé au creux du chemin » – Quand JISSEY parle des « chiens écrasés » ne faudrait-il pas que la Franc-maçonnerie retrouve ses valeurs initiales centrées sur l’entraide et la fraternité devenues aujourd’hui attentes mondiales ?

Une Dame Blanche hante t’elle vraiment le château de Trecesson ?

De notre confrère france3-regions.francetvinfo.fr– Par Anthony Masteau

La Bretagne est une terre de légendes… Tout au long de l’été nous vous en faisons découvrir ou redécouvrir quelques-unes. Aujourd’hui, direction le château de Trecesson dans la forêt de Brocéliande. Ce serait le château le plus hanté de la région. Une Dame Blanche y rôderait les nuits de pleine lune…

C’est une bâtisse imposante près de la forêt de Brocéliande, construite au Moyen Âge, sur une lande entre Paimpont et Ploërmel dans le Morbihan : le château de Trecesson. Un lieu chargé d’histoires, qui éveille l’imagination lorsque l’on s’en approche. 

Une « Dame Blanche » les nuits de pleine lune

Il se dit dans la région alentour, que les nuits de pleine lune, une « Dame Blanche » rôderait sur les terrasses et aux abords de la vieille demeure. Elle aurait un bouquet à la main, et sa longue traîne serait pleine de terre. Les habitants du secteur racontent que ce serait le fantôme d’une jeune mariée, enterrée vivante en 1750.

Scène macabre

Une nuit d’automne, un braconnier aurait entendu du bruit près du château. Il se serait alors caché dans des fourrés, d’où il aurait observé une macabre scène: deux hommes, habillés de riches tenues, tirant une belle jeune femme en robe de mariée. Les deux hommes l’auraient ensuite jetée dans une fosse avant de la recouvrir de terre. 

Une fois les deux hommes partis, le braconnier serait allé prévenir le maître des lieux, mais le temps qu’ils reviennent, la jeune femme était morte, étouffée.  

Tuée par ses frères

La légende raconte que la jeune femme a été tuée par ses frères car elle les aurait déshonorés en voulant se marier à un gentilhomme issu d’une famille rivale. 

Aujourd’hui, la jeune femme continuerait à errer silencieuse et mélancolique.  

D’autres fantômes au château

Mais elle ne serait pas seule à hanter les lieux… Deux autres scènes se rejoueraient régulièrement au château de Trecesson, ce qui lui vaut d’être déclaré par les spécialistes comme le château le plus hanté de Bretagne.

Les joueurs de cartes

Dans une salle du château, on pourrait ainsi régulièrement voir deux joueurs de cartes s’affronter. L’un finissant par tuer l’autre d’un coup d’épée. L’un des propriétaires des lieux, le chevalier Philippe de l’Hôpital aurait assisté à cette scène. Pris de peur, il aurait attrapé une arme, tiré et les deux fantômes se seraient alors évaporés.

Les amoureux

À l’extérieur, devant les portes du château, c’est une autre scène qui se rejouerait à l’envi. Un preux chevalier faisant ses adieux à sa douce avant de partir en croisade.

L’histoire ne dit pas si tous ces fantômes ont été aperçus ces dernières années. Peut-être d’ailleurs que ces histoires ne sont que des légendes racontées aux enfants avant d’aller se coucher.

Fantômes ou pas, quoi qu’il en soit, si vous passez dans les parages, le château de Trecesson, vaut un arrêt. Ses pierres de schiste rouge en font un monument remarquable de la région. 

La Franc-Maçonnerie dans le rural corse

De l’association ADECEC 

On note la présence de sociétés de type maçonnique en Corse dés le début du XVIII° siècle. Si ces sociétés ont été qualifiées du terme aujourd’hui péjoratif de secrètes, c’est qu’à l’époque elles constituaient souvent des îlots de résistance à l’occupant. On peut aussi se poser la question de savoir si les carbonari et les pinnuti Corses pouvaient être considérés comme appartenant à des structures maçonniques ?

Philippe Guglielmi, Grand Maître du GODF de 1997 à 1999 – Très Sage et Parfait Grand Vénérable du Grand Chapitre Général-Rite Fraçais du GODF

Ni les uns ni les autres ne dépendaient du Grand Orient de France, la seule obédience maçonnique dans la région à l’époque, mais de nombreux membres avaient la double appartenance. Nous verrons que Carbonari et Pinnuti pratiquaient une initiation inspirée directement des rituels de la Franc-Maçonnerie dont ils partageaient également l’esprit de progrès. Ces éléments font qu’ils peuvent être considérés comme une variante de la Franc-Maçonnerie. Peut-être reçurent-ils une patente, ce document de reconnaissance de la qualité maçonnique ?

Pour spécifique qu’elle fut la Franc-Maçonnerie rurale Corse des 18° et 19° siècles s’inspira largement des lumières et entretint naturellement des liaisons avec d’autres sociétés secrètes telles que les carbonari italiens par exemple.

L’objet de cet exposé est de mieux comprendre l’importance des effectifs de cette Franc-Maçonnerie locale qui ne peut s’expliquer que par la bienveillance et la protection dont elle bénéficiait de la part des chefs politiques de l’époque qui en étaient souvent membres, tels le Roi Théodore 1° de Neuhoff ou plus tard Pasquale PAOLI.

Pour mieux approcher l’émergence de ces sociétés initiatiques de type rural, nous étudierons successivement :

– Les sociétés initiatiques et de pensée en Corse des origines à la moitié du XVIII° siècle.

– La Franc-Maçonnerie en Corse du Généralat de Pasquale PAOLI au premier Empire

– La Franc-Maçonnerie rurale en Corse et carbonarisme au XIX° siècle.

Logo ADECEC.

1°/ Les sociétés initiatiques et de pensée en Corse des origines à la moitié du XVIII° siècle :

Les Corses sont toujours apparus aux allogènes comme secrets. Qu’il s’agisse des écrivains de l’antiquité, du Pape Grégoire le Grand dans une lettre datée de 598, ou encore l’officier de Picardie dans ses mémoires tous accuseront les Corses de se livrer à des pratiques occultes.

Les confréries religieuses avec leurs cérémonies aux assistants cagoulés, constitueront souvent un refuge, voire une contestation, de la haute hiérarchie ecclésiastique, pouvant aller jusqu’à la rupture. Les membres de la Confrérie étaient par contre souvent proches du ministre du culte local, tant il est vrai qu’en Corse le petit clergé a toujours pris partie pour le peuple.

Des Cathares arriveront en exil en Corse vers 1340, ils auraient inspiré le mouvement des giovannali dont on trouve la trace à Carbini où ils seront exterminés.

Mais l’ère moderne des sociétés initiatiques commence en Corse avec l’arrivée dans la plaine orientale du Baron de Neuhoff qui sera élu Roi de Corse à Alésani en 1736.

Théodore est membre de l’ordre des chevaliers teutoniques de Sainte Marie des Allemands, il est également membre de l’ordre des Roses Croix . Précisons que l’ordre de la rose croix ne doit pas être confondu avec le grade de chevalier Rose Croix qui constitue un degré intermédiaire des 33 grades maçonniques. Théodore aurait réglé cette problématique en ayant reçu les deux initiations.

Les Chevaliers Teutoniques sont un Ordre religieux de chevalerie fondé par des bourgeois de Brême et de Lübeck pendant le siège d’Acre (1191) où ils créèrent un hôpital, avant d’être transformé en ordre militaire (1198). Ils sont soumis à la règle des Templiers pour le soin des malades, et dépendent étroitement de la curie. Leur uniforme est alors un manteau blanc avec une croix noire.

Ragon écrit que Théodore a été envoyé en Corse pour y établir une Loge Maçonnique. Théodore sera très discret sur son appartenance aux chevaliers teutons et à la Franc Maçonnerie. Dans une lettre du 31 janvier 1743, il fait référence à un titre de Grand Maître de l’Ordre Militaire de la Rédemption tout comme il nommera des chevaliers de la clef d’or. Le symbolisme de la clé est commun à la religion Chrétienne, Chiite, et à la Franc-Maçonnerie. Si l’on trouve la clé d’ivoire dans les hauts grades maçonniques, on la trouve dans les armoiries du pape, les clés de Saint Pierre, et plus funestement au cou des pasdarans chiites , les combattants de Dieu, car ces clés, s’ils étaient tués, leur ouvriraient plus sûrement la voie vers le prophète Ali gendre de Mahomet.

Si ce n’est directement la structure Maçonnique se sont les idées des lumière qui prennent pied en Corse et cette implantation n’est donc pas l’apanage des grandes cités. Théodore, imprégné d’idées nouvelles, exprime la notion de « liberté absolue de conscience » lors d’un discours à Aléria. Mais un autre chef de la Nation corse va s’illustrer, il sera le fondateur de la République moderne, il a pour nom Pasquale PAOLI.

Le drapeau de la Corse est l’un des principaux symboles de la Corse, avec le chant Dio vi salvi Regina.

2°/ La Franc-Maçonnerie en Corse du Généralat de Pasquale PAOLI au premier Empire :

Hyacinthe, le père de Pasquale PAOLI, s’il s’est rallié au roi Théodore n’en est pas moins méfiant de ce Noble qui vient d’Europe du Nord et qui professe des idées par trop novatrices. On peut penser que Pasquale qui a 11 ans à l’avènement de Théodore observe avec une grande attention cette page d’histoire qui se déroule sous ses yeux et qui lui vaut de partir en exil avec son père trois ans plus tard en embarquant à PADULELLA. C’est la Ville de NAPLES qui reçoit les exilés, dans d’excellentes conditions d’ailleurs, puisque Hyacinthe prendra la charge de Colonel du Régiment corse et Pasquale y servira comme sous-lieutenant. NAPLES connaît en cette première moitié du XVIII° siècle une vie intellectuelle riche marquée par l’illuminisme.

C’est à la fin du XVIIIe siècle, à l’heure où la philosophie des Lumières connaît le plus grand succès, qu’en marge de ce rationalisme régnant, un désir de beauté et de merveilleux vient ébranler le matérialisme ambiant. Kant lui-même s’intéresse aux phénomènes de voyance de Swedenborg ; les rois et les princes se tournent avec curiosité vers les sciences occultes. Sectes, loges, confréries se multiplient dans toute l’Europe. Ainsi des sociétés théosophiques s’inspirant de Swedenborg sont créées à Londres en 1783, trois ans plus tard à Stockholm, puis en Pologne, en Allemagne, en France – à Paris, Strasbourg, Avignon. Zurich apparaît comme un centre réputé où défilent, parmi de nombreux adeptes, Madame de Staël et le duc de Rohan. Après la mort de Martinès de Pasqually (1779), qui fonda à Bordeaux l’ordre des Élus-Coëns, Lyon devient un centre de diffusion des doctrines de Louis Claude Saint-Martin – le martinisme – grâce à l’influence de Jean-Baptiste Willermoz, qui, s’appuyant sur la franc-maçonnerie, cherchera à unifier les groupes disséminés à travers l’Europe et fondera une Église universelle. Cette sorte d’église intérieure tentera de réunir les adeptes dispersés dans les différentes religions.

Pasquale PAOLI.

Dans le NAPLES grouillant d’idées nouvelles, Pasquale PAOLI aurait suivi l’enseignement du philosophe Antonio GENOVESI. Ce dernier également écrivain et économiste italien vécut de 1713 à 1769. Son enseignement est recueilli dans ses leizioni di commercio, qui furent une œuvre majeure de la réflexion économique du XVIII siècle, il fut titulaire de la première chaire d’économie politique créée en[P1] Europe. Mais à l’époque GENOVESI n’était qu’un obscur professeur d’éthique et c’est sans doute cet enseignement plutôt que l’économie qu’il dispensa au jeune Pasquale..

Pourquoi Pasquale PAOLI n’aurait-il pas eu alors ses premiers contacts avec des Francs-Maçons initiés ailleurs et qui se trouvent comme lui en exil ? Cela serait peu probable, car il n’y aurait pas trace de loges normalement installées à NAPLES avant 1755. Toutefois l’historien de la franc-maçonnerie Ubaldo TRIACA écrit que cette société intiatique fut introduite à NAPLES en 1731. En 1756 plusieurs loges napolitaines fondent une grande loge Nationale qui sera dissoute en 1790. Pasquale PAOLI a lui rejoint la Corse en 1755 et il est proclamé Général de la Nation. La législation qu’il met en place s’inspire de « l’esprit des lois » du Franc-Maçon MONTESQUIEU initié le 16 mai 1730 à la loge Horn, Westminster Tavern en Angleterre. PAOLI va rencontrer d’éminents maçons durant son généralat et tout au long de son existence. James BOSWELL sera de ceux-là lorsqu’il se rend en Corse en 1765, au cours de son voyage il rédigera une biographie de PAOLI dans son « account of Corsica ».

Il n’y a pas d’implantation de loges maçonniques en Corse avant Ponte-Novu. La première loge installée est en 1774 la loge militaire « La parfaite union » au régiment Vermondois Infanterie, elle ne reçoit ni civils, ni militaires Corses.

C’est sans doute cette exclusive qui poussa les partisans de PAOLI à fonder une contre maçonnerie, dite des Béati-Paoli qui s’appuyait sur la société sicilienne des vengeurs. Les Béati-Paoli furent nombreux et essaimèrent dans les Iles de la Méditerranée, ne dit-on pas dans notre région, « so quantu i béati-paoli ».

Peut-être furent-ils encouragés à distance par Pasquale PAOLI lui-même qui est initié à LONDRES le 15 juin 1778 au sein de la Loge «Les neuf Muses ». Le 7 avril de la même année, VOLTAIRE a été initié à PARIS par la loge « Les neuf Sœurs ». Ne pourrait-on voir dans ces deux initiations à deux mois de distance une lutte d’influence entre Franc Maçonnerie Anglo-Saxonne et d’Europe continentale ? Nous pouvons aussi penser que PAOLI a été informé de l’initiation de VOLTAIRE, auquel il est reconnaissant du soutien apporté après PONTE-NOVU dix ans auparavant. PAOLI, favorablement influencé, aurait alors plus facilement répondu à l’invite de ses proches, Francs-Maçons anglais.

Napoléon quant à lui contrôlera totalement la Franc-Maçonnerie, il cherchera d’ailleurs à en unifier les hauts grades sous l’égide du Grand Orient de France, dont son frère Joseph est Grand-Maître, par un concordat avec le Suprême Conseil en 1805. Ce Concordat s’il porte le même nom n’a rien à voir avec celui qui fut obtenu du Pape non sans contrainte. Cet autoritarisme maçonnique a du entraîner une radicalisation de la Franc-Maçonnerie rurale corse qui a ainsi développé sa spécificité, sous la restauration et jusqu’au second empire.

Le drapeau carbonariste.

3°/ Franc- Maçonnerie rurale en Corse et carbonarisme au XIX° siècle :

Il se trouve que le lieu essentiel de l’activité de ces sociétés sera l’espace de l’actuel canton du Campuloro-Moriani. La lettre du Juge de paix BONALDI de San Niculaiu répondant au Sous-Préfet de BASTIA le 9 février 1829 est édifiante. Nous pouvons lire qu’existe depuis 1818 une société secrète de carbonari qui « a juré une haine éternelle aux monarchies ». Le juge BONALDI parle ensuite d’une rixe qui a opposé des Carbonari de Santa Maria Poghju à des membres d’une autre société secrète, royaliste celle là, et donc certainement encouragée par le pouvoir en place. Il s’agit des Fischjuloni dont le juge Bonaldi est justement à l’origine de la création.

Les autorités n’arriveront pas à réduire ces carbonari de plus en plus nombreux après 1830. Ils vont développer une forme locale, appelée « I pinnuti » sans doute parce qu’ils évoluaient la nuit comme « i topi marini » ou « topi pinnuti » les chauves-souris. Fernand ETTORI a écrit à leur sujet : « I pinnuti sont une forme nouvelle et spécifiquement corse de la charbonnerie. On les voit sortir de l’ombre en 1847, au moment où commence en Italie la révolution dite de 1848. Leurs yeux sont tournés vers l’effort des patriotes italiens auxquels ils souhaitent porter secours ». Les pinnuti sont partagés entre la philosophie républicaine dont ils ont hérité des carbonari et le fait que certains chefs du mouvement soient bonapartistes tel Sampieru GAVINI frère de Diunisu.

Sur ce que furent au plan idéologique et symboliste les pinnuti, rien n’est plus riche d’enseignement que le document qui m’a été fort aimablement commenté par le professeur Pasquale MARCHETTI et dont m’avait parlé il y a une vingtaine d’années son frère Luigi-Filippu trop tôt disparu. Ce document était détenu jusque dans les années 30 par leur grand-père le Notaire MARCHETTI de San Niculaiu. (Suite du travail sur le site officiel)

Le secret dévoilé-Enquête sur les mystères de Rennes-le-Château

Écrivain et documentaliste Christian Doumergue, titulaire d’une maîtrise d’histoire de l’art et archéologie, de lettres modernes et d’un DEA de littératures comparées nous avait, il y a dix ans déjà et en grand format, livré son secret sur cette commune de l’Aude, en Occitanie, et qui, dans le haut Moyen Âge, se nommait Rhedae, soit « les Chariots ».

Les chariots ? Hasard ou Divine Providence ? La septième lame du Tarot de Marseille n’est-elle pas l’arcane majeur ‘’Le Chariot’’, représentant un homme dirigeant un chariot tiré par deux chevaux. Une image de la volonté humaine d’avancer de façon indépendante et autonome, sans soumission aucune. Une façon dynamique d’aller sur le chemin, avec un Chariot symbolisant le mouvement et le voyage.

Son essai, Le Secret dévoilé (éditions de l’Opportun, paru le 6 juin 2013) avait, en quelque sorte, jeté un pavé dans la mare. Il avait fait l’objet de moult commentaires lui reprochant d’avoir minimisé le passé sulfureux de Pierre Athanase Marie Plantard (1920-2000), dessinateur de métier, qui est surtout connu pour avoir longtemps tenté de démontrer sa descendance de la lignée mérovingienne.

Pour mémoire, Plantard s’était essayé pendant une vingtaine d’années en politique, tendance affichée à l’extrême droite. De plus, il s’était, avant l’heure, paré des attributs du parfait petit complotiste :  l’affaire Stavisky était un complot judéo–maçonnique mondial. De plus, fricotant un tant soit peu avec l’Action française de Charles Maurras, il fonde des groupuscules antisémites : l’Union française (1937), Rénovation nationale française (1941) et Alpha Galates en 1942 (association déclarée à la Préfecture de Police de Paris), mouvement d’extrême droite qui soutient le régime de Vichy dirigé par Philippe Pétain

Ceci étant écrit, Christian Doumergue publie, en 1997, son premier livre sur Rennes-le-Château, le Grand Héritage (éd. Lacour). Il est sans conteste à ce jour l’un de plus grands spécialistes de Rennes-le-Château. Nous lui devons aussi Bérenger Saunière, prêtre libre à Rennes-le-Château (éd. Lacour, 2000), L’Affaire de Rennes-le-Château – T. I De l’Histoire au mythe ; T. II Aux origines du mythe (Arqa, 2006), L’église de Rennes-le-Château (éd. Pégase, 2009), coécrit avec Daniel Dugès, mais aussi L’Ombre des Templiers-Voyage au cœur d’une Histoire de France secrète et mystérieuse (L’Opportun, 2015) préfacé par Didier Convard, Voyage dans la France magique (L’Opportun, 2016), Franc-Maçonnerie et Histoire de France (L’Opportun, 2016) préfacé par Alain Bauer.

Alors qu’Éric Giacometti et Jacques Ravenne écrivent en 2005 Le Rituel de l’ombre (Fleuve noir, coll. « Noirs »), puis, en 2010, In nomine (Fleuve noir, coll. « Thriller »), ouvrage qui est en quelque sorte une préquelle à la série, puisque son action se déroule sept ans avant Le Rituel de l’ombre, avant qu’Antoine Marcas ne devienne commissaire de police et franc-maçon, ils décident, tous deux, de préfacer Le secret dévoilé-Enquête sur les mystères de Rennes-le-Château.

L’abbé Saunière pose devant le porche de l’église de Rennes-le-Château.

Bonne pioche ! S’étant fait connaître pour leurs œuvres de fiction, en particulier la série de romans mettant en scène le commissaire Antoine Marcas, leurs romans appartiennent au genre du thriller ésotérique et mêlent intrigue policière, mystères historiques et éléments ésotériques. Ils explorent souvent des thèmes liés à la franc-maçonnerie, à l’histoire secrète, aux sociétés ésotériques et à d’autres mystères historiques. Une belle et juste caution pour les travaux de Christian Doumergue.

L’imposant volume édité en poche cette année, 654 pages tout de même, permet à toutes et à tous une accessibilité certaine de par son coût modique (7,50 €). Nous avons que les maçons lisent peu – environ 7 à 8 % des 180 000 sœurs et frères – et les mauvaises langues disent qu’ils ne poussent la porte d’une librairie que deux fois dans leurs vie maçonnique, pour faire faire leurs planches d’augmentation de salaire pour passer compagnon puis être élevés à la maîtrise…

Alors, faisons mentir cette assertion. Car cet opus qui invite à suivre une véritable enquête policière rétablira l’entière vérité sur le mystère de l’abbé Saunière et Rennes-le-Château.

Rappelons qui était ce très personnage qui a depuis fait couler beaucoup d’encre. L’abbé Bérenger Saunière (1852-1917) était un prêtre catholique romain principalement connu pour sa connexion avec l’énigme de Rennes-le-Château, un mystère entourant la petite église de Rennes-le-Château.

L’abbé Saunière.

Saunière, nommé prêtre du village en 1885, a donc rapidement entrepris des rénovations majeures à Sainte-Marie-Madeleine. Ces rénovations semblaient disproportionnées par rapport à ses revenus modestes en tant que prêtre, suscitant des spéculations sur la provenance de ses fonds.

Tour Magdala.

Au fil du temps, des théories ont émergé, suggérant que Saunière aurait pu découvrir des secrets ou des trésors cachés, peut-être liés aux Templiers, aux cathares ou à d’autres mystères historiques. Certaines rumeurs prétendent qu’il aurait trouvé des parchemins, des reliques ou même des documents remettant en cause des aspects de l’histoire religieuse traditionnelle.

Cependant, les preuves réelles de ces théories sont rares et controversées, et il n’y a pas de consensus sur la véritable nature de la richesse ou des découvertes de Saunière. Sa vie et ses actions ont inspiré de nombreux auteurs, chercheurs et passionnés du mystère à enquêter sur le sujet et à spéculer sur les origines possibles de sa fortune et de son comportement énigmatique.

Le diable…

Christian Doumergue fait le tour de la question.

Alors, pour en savoir plus sur Rennes-le-Château, l’énigme de l’abbé Saunière et les spéculations entourant des trésors cachés, des découvertes mystérieuses et des théories conspirationnistes, lisez ce beau volume. Mieux qu’un guide touristique vous visiterez au fil de votre lecture :

L’église et son porche.
  • l’Église Sainte-Marie-Madeleine, construite au Xe siècle avec ses éléments remarquables – statues, vitraux et son célèbre pilier du diable – et qui est au cœur de l’énigme.
  • le musée du village, situé dans la maison de l’abbé Saunière, présente l’histoire du village, de l’abbé et des spéculations qui l’entourent. Il expose des objets liés à Saunière et à son époque.
Villa Béthanie.
  • le Domaine de l’abbé Saunière avec ses bâtiments restaurés par l’abbé, y compris la Villa Béthanie, sa résidence, et le jardin où il aurait effectué ses travaux de jardinage et la tour Magdala.
Rennes-le-Château, vue aérienne.

Si Rennes-le-Château reste associé à des théories et légendes, mais il est important de garder à l’esprit qu’une grande partie de ces récits sont basés sur des spéculations et des hypothèses non prouvées… jusqu’à cet ouvrage. Si vous êtes intéressé par les mystères historiques et les contes fantastiques, cela ne peut manquer de vous intriguer. Le voile est enfin levé sur la légende et les mystères de ce village qui profite encore de l’attirance de visiteurs venus du monde entier.

Le diable, détail.

Passés l’avant-propos et l’introduction et sans compter la conclusion, les remerciements, notamment à David Galley, Stéphane Chabenat des éditions Opportun, son éditeur, et à Éric Giacometti et Jacques Ravenne, et la bibliographie qui se veut non exhaustive mais qui n’en est pas moins riche (sur Rennes-Le-château, Rennes-les-Bains, l’affaire Saunière, le prieuré de Sion, Plantard, de Sède, la revue Atlantis, sainte Madeleine, les écrits apocryphes chrétiens, le gnosticisme chrétiens, l’histoire du christianisme, des pères de l’Église, etc.), l’ouvrage, en pas moins de 38 chapitres revient, avec méthode et pédagogie, sur le mythe de Rennes-le-Château.

En guise de bandeau de couverture, les deux préfaciers, ne s’y trompant pas, écrivent : « Un éclairage inédit et des preuves essentielles » ainsi qu’« une étape est franchie. »

Un livre qui vous conduit aussi à la découverte d’une région qui offre des paysages magnifiques, avec des collines, des vignobles et des vues panoramiques sur les Pyrénées mais aussi une ambiance plus que pittoresque. Rennes-le-Château est un lieu qui allie histoire, mystère et beauté naturelle. Que vous soyez intéressé par l’histoire religieuse, les mystères ésotériques ou simplement par la découverte du village, après le livre, allez à Rennes-le-Château !

François Mitterrand lors de ses derniers vœux : « Je crois aux forces de l’esprit ». Ici, lors de sa visite à Rennes-le-Château, le 2 mars 1981.

En attendant, partez à la découverte de cet énigmatique village en vous abreuvant à se secret dévoilé : trésor caché, parchemins mystérieux, code secret, théories du complot, impliquant des organisations secrètes, des dissimulations gouvernementales et d’autres intrigues, liens avec l’ésotérisme (connexions avec des enseignements ésotériques anciens ou des sociétés secrètes). Un livre palpitant !

Le secret dévoilé-Enquête sur les mystères de Rennes-le-Château

Christian Doumergue Les Éditions de l’Opportun, Coll. Opoche, 2023, 654 pages, 7,50 €

Photos : Wikimedia Commons

Les interdits favorisent les mystères…
Tour Magdala, vue aérienne
Vue de la tour Magdala.

Le mot du mois : « Repos »

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Pause estivale ?

Voici le temps du lézard qui dort au soleil, repu et béat après sa quête fébrile de l’insecte nourricier. Parce que si le ventre vide n’a point d’oreilles, comme dit l’adage, en revanche ses gargouillis interdisent la quiétude post-prandiale, d’après repas.

Voici l’heure calme de la mer immobile, du grec *kaiô, brûler, *kauma, brûlure du soleil, celle où les voiles faseyent et le vent tombe sous l’effet de l’excessive chaleur, comme s’il avait lui aussi besoin de s’alanguir dans une telle fournaise, l’accalmie avant la tempête à venir. Alors, le bateau se voit encalminé faute de souffle. On cesse le travail en chômant. Chômage délicieux et roboratif.

Dans les sociétés rurales, la cloche de l’église sonne le deuxième angélus de la journée et appelle à la pause et à la sieste, au sens propre, repos de la sixième heure, non pas au cadran inexorablement précis des montres et des horloges, mais à la moitié du jour, hivernal ou estival, c’est-à-dire midi au zénith. C’est le temps préposé à la sieste, quand on dépose toute charge.

Même la divinité réclame cette pause, après les six jours intenses de la création. Repos du sabbat, sahabbat en araméen, que le grec sabbata a emprunté pour désigner la semaine.

A son origine, l’école est le lieu du répit. *Skholè en grec désigne l’espace du loisir, du temps libre, que l’on peut consacrer à l’étude et à la réflexion, *schola en latin nomme la salle d’attente et de repos dans les bains, la scolastique concerne les havres monastiques où l’on prend le temps d’assimiler sereinement et non moins rigoureusement les connaissances plurielles.

L’école se chargera ensuite, dans le monde séculier et profane, d’enseigner les savoirs basiques, ensuite plus complexes.

C’est par leur fréquentation du monde grec, deux siècles avant notre ère, que les Romains ont découvert, et de plus en plus apprécié pour certains, la douceur de l’*otium, temps de repos, de retraite, de loisir dans l’inaction, de paix, en opposition au bellicisme sans répit et au *neg-otium, l’hyperactivité du négoce. Charme surprenant pour ces Latins jusque là peu accoutumés à l’oisiveté pénétrée d’une détente profonde du corps et de l’esprit. Condition incontournable pour accepter la dilatation du temps qui autorise la jouissance sereine de l’instant présent, sans autre utilisation que lui-même, « inutile » en somme, vide d’autre sens.

Espace de la pause, au sens grec de « ce qui fait cesser ». Le latin l’a repris en l’assimilant à son propre champ sémantique du repos. *sinere exprime l’idée de « laisser, permettre », d’où *po-sinere, poser.

A considérer nos sociétés contemporaines d’agitation et de course à l’abîme, tous azimuts, on ne peut qu’être inquiet de leur propension généralisée à juger tout temps non occupé comme un temps perdu. Perdu pour quoi ? Que gagne-t-on à interdire la pause aux oreilles polluées par le brouhaha ambiant, à ne jamais fermer les yeux, ne serait-ce que pour les reposer, face aux écrans omniprésents dispensateurs d’images qu’on ne prend pas le temps de digérer ? Les tympans vibrent d’acouphènes, les yeux larmoient et le cerveau en surchauffe ne parvient plus à absorber le gavage auquel on le soumet. Faute de quoi, on se lance dans la course au somnifère, quelles qu’en soient les modalités physiques ou mentales.

Clore les paupières pour ouvrir l’espace du rêve et favoriser la fertilité de l’imagination… Ouvrir les oreilles pour accueillir le silence, grand vide de bruits qui n’est pas néant, mais ampleur recouvrée de soi et de ses musiques intimes.

Repos ! Ah, si la soldatesque de tout poil pouvait enfin donner cet ordre, de concert sur les divers champs de ses jeux guerriers… L’industrie si lucrative en serait mise au chômage, mais quel calme bienvenu !

Annick DROGOU

« Nos Frères n’aspirent pas au repos », rappelle une formule finale de nos rituels au premier degré écossais. Mais, à un grade ultérieur (dit supérieur), la tenue se terminera par d’autres mots : « Puisque les travaux sont terminés, nous avons droit au repos ». Peut-être qu’en vieillissant les initiés ont besoin de plus de repos, ou tout simplement qu’ils sont devenus plus sages, acceptent et reconnaissent le besoin de repos.

Repos divin de l’œuvre accomplie : « Le septième jour, Dieu avait achevé l’œuvre qu’il avait faite. Il se reposa, le septième jour, de toute l’œuvre qu’il avait faite. Et Dieu bénit le septième jour : il le sanctifia puisque, ce jour-là, il se reposa de toute l’œuvre de création qu’il avait faite » (Genèse 2, 2-3).

Dans tout repos, il y a un avant et un après. Après et avant l’action. Le repos comme l’étape dans la marche des jours, dans le cheminement de nos vies. Il faut pouvoir poser le fardeau des peines et des joies. Bienvenue au bivouac du soir quand on délace ses chaussures de marche et qu’on se délasse en oubliant la fatigue. Car, paradoxe, le repos n’est pas un temps de sommeil, d’enfouissement, il va plutôt avec l’allègement.

Le repos comme un dessaisissement de soi-même. Comme le jardinier laisse reposer la terre pour qu’elle soit plus féconde, comme le pâtissier laisse reposer la pâte pour qu’elle lève mieux. Le temps du repos n’est pas un non-temps, c’est un temps de silence.

Le repos, à l’écart de l’agitation, des troubles et du tourbillon des pensées. Et nos vies comme une eau turbide qui décante et retrouve calme et pureté. Légèreté, paix et joie. Débrancher les prothèses numériques, ne rien faire, dépasser le stade de l’ennui. Goûter au repos : Heureux les enfants qui apprennent à s’ennuyer, ils sauront un jour se reposer.

Jean DUMONTEIL

Travailleurs de Hiram Abiff : Fidélité – Loyauté – Franc-Maçonnerie 

De notre confrère brésilien elnacional.com – Pour Mario Muñera Muñoz PGM

Fidélité : « Vertu qui forme la devise et la doctrine de nombreux degrés maçonniques. Les anciens en firent une divinité allégorique, dont les attributs sont fréquemment confondus avec ceux de la bonne foi. Numa lui éleva un temple magnifique sur le Capitole. Ordinairement elle était représentée sous la figure d’une matrone, couronnée d’olivier et de laurier et d’une corbeille de fruits ou d’épis de blé : de ses mains jointes pendaient une clef et parfois un cœur, gravé sur un sceau. Elle portait un long vêtement blanc et on la retrouve souvent avec un chien couché à ses pieds, dont le symbole est aussi commun à l’amitié, car le chien unit effectivement adhésion et fidélité » (Dictionnaire encyclopédique de la franc- maçonnerie– Frau Abrines – Arus Arderiu – Tome I – Page 425 – Edit. Kier SA – 1962 – Argentine). 

Écrire sur le thème de la fidélité est un peu compliqué pour moi, car bien qu’elle ait été conceptualisée par de nombreux philosophes et écrivains de la même lignée, elle ne peut pas être définie. Ce mot a été trop déformé, puisqu’il a été pris plus au matériel qu’à ce qu’il devrait être, plus ésotérique, au-delà du physique. Il ne concerne que la fidélité aux personnes, aux institutions, aux pactes de mariage ou de couple, etc. 

Je crois que sa définition devrait être plus élevée et même sa définition n’est pas liée à ce plan, mais à la conscience. Et du fait de la mauvaise définition de ce concept, trop d’injustices de toutes sortes ont été commises. Les religions l’ont pris comme un objet de manipulation qui a conduit de nombreuses personnes à être malheureuses dans leur fanatisme. Cette manière d’être de l’humain de matérialiser ce qui correspond à l’esprit dénature tout, et nous en avons l’exemple le plus palpable lorsque nous nous référons à la Grande Énergie Universelle, plaçant toutes nos émotions et passions basses, un dieu « anthropomorphe » (caractéristiques humaines). 

Mais notre thème aujourd’hui est d’aider à sensibiliser et de ne pas se laisser emporter par le fantasme que nous présente cet avion qui fait chaque jour grossir notre ego. Le Maître Jésus nous dit : Dans Jean 3 :3, « Le Seigneur a dit : si quelqu’un ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. Naître de nouveau ne signifie pas une renaissance physique, mais spirituelle, cela fait référence à un changement dans votre cœur, être indifférent à l’humilité et indifférent à l’orgueil, pratiquer le détachement et le détachement, en d’autres termes : ouvrir la conscience, enlever ce voile qui nous voile et ne nous laisse pas prendre conscience que nous sommes membres de la Grande Énergie Universelle. 

En franc-maçonnerie on lui donne un autre nom : c’est une mort initiatique, c’est-à-dire mourir pour le monde profane, réveiller la conscience et ne pas se laisser émerveiller par les fantasmes illusoires de ce plan, provoqués par « l’attachement ». Malgré ces définitions, qui sont soumises à notre niveau d’état de conscience, la tendance qui conduit au comportement de fidélité reconnu est inscrite dans l’être humain. 

Dans cet article, je vais réfléchir sur « la fidélité, la loyauté et la franc-maçonnerie« . La fidélité a été très malmenée dans l’histoire de l’humanité et surtout par le désir de puissance de l’être humain. Il a beaucoup diminué à notre époque, Je crois que l’être humain, à son niveau d’état de conscience, perd la capacité de s’engager pour la vie, et surtout en ces temps difficiles que traverse l’humanité. Il semble que la fidélité soit un idéal irréalisable dans tous les domaines, à la fois humains et dans ceux qui doivent être accomplis pour leurs modes de vie. 

Les institutions spirituelles et religieuses n’échappent pas non plus à l’infidélité. Mais cela peut avoir deux raisons pour que cela se produise : Émotionnel (conscient et sans intérêt) et intérêt (corruption). Dans l’affectif, par exemple, dans le couple, vous êtes infidèle en aimant une autre personne en même temps. Et l’autre est infidèle, sexuelle, par attirance des corps. C’est une des raisons pour lesquelles le divorce existe. Quand je parle de corruption, C’est parce que je reçois des cadeaux pour faire une action pour ou contre quelqu’un. Je les appelle par intérêt. Dans les tribunaux, certains juges sont corrompus. 

Tant qu’il y aura de faibles niveaux d’états de conscience chez l’être humain, il y aura toujours de l’infidélité. Il y en a aussi dans la politique, les relations entre les pays, les institutions sportives, etc. « Une appréciation superficielle de tout ce qui exige amour et fidélité, que ce soit dans le mariage, dans la vie religieuse, dans les devoirs filiaux ou de travail, se répand aujourd’hui rapidement partout, viciant le climat serein de fidélité à la parole donnée. L’existence de liens définitifs et indissolubles n’est plus reconnue. Tout est relativisé, temporalisé ». (IM Gomez, Tant qu’il y aura de faibles niveaux d’états de conscience chez l’être humain, il y aura toujours de l’infidélité. Il y en a aussi dans la politique, les relations entre les pays, les institutions sportives, etc. « Une appréciation superficielle de tout ce qui exige amour et fidélité, que ce soit dans le mariage, dans la vie religieuse, dans les devoirs filiaux ou de travail, se répand aujourd’hui rapidement partout, viciant le climat serein de fidélité à la parole donnée. L’existence de liens définitifs et indissolubles n’est plus reconnue. Tout est relativisé, temporalisé ». IM Gomez, Tant qu’il y aura de faibles niveaux d’états de conscience chez l’être humain, il y aura toujours de l’infidélité. 

Il y en a aussi dans la politique, les relations entre les pays, les institutions sportives, etc. « Une appréciation superficielle de tout ce qui exige amour et fidélité, que ce soit dans le mariage, dans la vie religieuse, dans les devoirs filiaux ou de travail, se répand aujourd’hui rapidement partout, viciant le climat serein de fidélité à la parole donnée. L’existence de liens définitifs et indissolubles n’est plus reconnue. Tout est relativisé, temporalisé ». 

IM Gomez, dans les devoirs filiaux ou de travail, il se répand aujourd’hui rapidement partout, viciant le climat serein de fidélité à la parole donnée. L’existence de liens définitifs et indissolubles n’est plus reconnue. Tout est relativisé, temporalisé ». (IM Gomez, dans les devoirs filiaux ou de travail, il se répand aujourd’hui rapidement partout, viciant le climat serein de fidélité à la parole donnée. L’existence de liens définitifs et indissolubles n’est plus reconnue. Tout est relativisé, temporalisé ». (IM Gomez, Fidélité, réflexions sur une réalité problématisée , Monte Casino, Zamora 1981, p. 9.). Et malgré ce panorama que je présente et que nous apprécions tous dans le monde, il ne manque pas de personnes qui ont sacrifié leur vie en témoignage de leur fidélité à des idéaux, des personnes ou des institutions. 

Comme l’observe Von Balthasar, « l’expérience nous montre qu’il est difficile pour l’homme de rester fidèle à ses semblables, aux engagements pris, à ses idéaux et à Dieu lui-même, s’il n’a que sa propre force ». (Cf. HU von Balthasar,  Où se niche le fedeltà suo ?, dans «Communio» 26 (1976), p. quinze.). La fidélité implique une promesse, verbale ou écrite, qui peut être tenue ou non, comme on dit dans l’argot profane : tout dépend du dépendant. La fidélité est basée sur des promesses que le vent emporte, ce n’est pas quelque chose de si solide parce qu’elle est basée sur des promesses, auxquelles on se soumet ; même, parfois, une personne s’engage à faire quelque chose pour plaire à l’autre. Par conséquent, la fidélité est basée sur la confiance.

Je compare la fidélité au mot « vouloir » : quand on aime quelqu’un c’est pour l’intérêt de quelque chose, tandis qu’en amour ce n’est pas le cas. Vous pouvez arrêter d’aimer mais pas aimer, le premier est temporaire et le second est intemporel.