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Une fête maçonnique… sans maçon, à Barbacena

De notre confrère barbacenaonline.com.br

Prévue par la loi municipale, la municipalité de Barbacena, ville brésilienne du sud de l’État du Minas Gerais, promeut chaque année une session solennelle en l’honneur des francs-maçons et des loges maçonniques. 

Blason de la ville de Barbacena

Initialement prévue vendredi (18), la Chambre législative se retrouve aux prises avec un imbroglio. Le Conseil des Vénérables, impliquant toutes les loges maçonniques de Barbacena, a déposé une lettre déclinant l’invitation à participer à la séance solennelle. La principale raison serait l’augmentation des conseillers pour la prochaine législature.

« C’est avec une grande inquiétude que nous assistons à la position de cette Chambre, qui semble s’écarter des principes démocratiques et des véritables intérêts de la population Barbacenense. Face au processus d’augmentation du nombre de conseillers, dans lequel la communauté a manifesté son intérêt et a demandé des éclaircissements, ainsi que Notre Sublime et Augusta Institution, qui avait été sollicitée par les habitants de Barbacena à cet effet. Nous sommes profondément déçus par le fait que le vote se soit déroulé sans la transparence et le dialogue requis, ce qui a entraîné un sentiment généralisé de manque de confiance dans les actions de cette instance », pointe un extrait du courrier envoyé à la Présidence de la Ville Conseil de Barbacena cet après-midi mercredi (16) et que le complexe de médias électroniques en ligne de Barbacena avait un accès exclusif.

Plus loin, la lettre précise que « c’est avec grand regret que nous assistons à des actions qui ne sont pas conformes à ces idéaux et qui semblent viser des intérêts particuliers au détriment du bien-être des habitants de Barbacena ».

Assurant ne pas participer à la solennité de la fête de la franc-maçonnerie, le responsable s’interroge encore, « au regard de l’invitation à la solennité du 18 août 2023, qui vise à accorder des attestations aux loges maçonniques, nous comprenons la pertinence de la fête de la franc-maçonnerie et l’importance d’honorer ceux qui consacrent leur vie à servir et à prendre soin de notre communauté et de la patrie. 

Cependant, notre institution est actuellement dans un moment de profonde réflexion, compte tenu des attitudes adoptées par cette Assemblée. Notre plus grand honneur ne réside pas dans les éloges, mais dans les sourires de gratitude et d’amour des personnes que nous servons, dans les câlins des enfants que nous aidons, dans les regards des personnes âgées que nous protégeons et des malades que nous réconfortons.

Après la guerre des princes, le royaume d’Araucanie s’est trouvé un régent venu de la franc-maçonnerie

De notre confrère sudouest.fr – Par Hélène Rietsch – h.rietsch@sudouest.fr

Ce royaume virtuel s’apprête à célébrer sa fête nationale, samedi 19 août à Tourtoirac, avec Pierre de Carelmapu comme régent provisoire,

alias Pierre Mollier, conservateur du musée de la Franc-Maçonnerie à Paris

« Je suis là pour assurer une sorte d’administration transitoire. J’ai hâte qu’ils élisent un prince après avoir rétabli la paix entre les tribus d’Araucanie », sourit Pierre Mollier, conservateur du musée de la Franc-Maçonnerie à Paris.

Drapeau du royaume d’Araucanie et de Patagonie.

Depuis fin avril, il a accepté la régence « avec plaisir » d’un royaume qui n’existe plus entre Dordogne et Patagonie, prolongation de l’œuvre folle d’Antoine de Tounens, devenu éphémère roi des peuples d’Araucanie et Patagonie entre 1860 et 1862, et lui aussi sorti d’une loge maçonnique.

Histoire abracadabrante

Une histoire abracadabrante qui aurait pu se terminer à la boucherie de Tourtoirac en 1870, lorsque le Périgordin est revenu chez son frère aîné, fatigué, malade, et sans le sou, après un quatrième périple chez les Mapuche, peuple premier de la Patagonie argentine et chilienne.

«J’ai hâte qu’ils élisent un prince après avoir rétabli la paix entre les tribus d’Araucanie »

Cent soixante ans après, Orélie-Antoine Ier (1825-1878), qui avait eu le temps de rédiger une Constitution, continue à vivre à travers une improbable royauté au folklore qui prête à sourire. (Suite pour les abonnés)

Du Bloc de Pierre Mollier (la suite)

Après ses aventures extraordinaires et son règne d’une petite année en Amérique du Sud, Orélie-Antoine 1er se réfugia puis séjourna régulièrement à Paris pour préparer son « retour ». On le trouve alors dans les milieux bohèmes et artistiques de la capitale. Le poète Paul Verlaine en témoigne dans un texte sur Charles Cros paru dans le magazine « Les hommes d’aujourd’hui » à la fin des années 1880. Il est aussi intéressant de noter que Verlaine précise qu’il s’agit du « roi d’Araucanie première manière »… ce qui veut dire qu’il sait fort bien qu’à l’époque où il écrit, vingt ans après, il y a un « roi d’Araucanie deuxième manière ». Il est d’ailleurs peu étonnant qu’il connaisse Achille 1er, le roi « deuxième manière » des années 1880, car celui-ci fréquentait le même milieu artistique et bohême dont le centre du monde était le cabaret « Le Chat Noir ». Enfin, Verlaine était très lié aux trois frères Cros… dont Antoine qui n’était pas encore « Antoine II » mais déjà duc de Niacalel et qui assurait les fonctions de chancelier du Royaume. Le fait que le poète ait connu les trois premiers rois d’Araucanie montre combien « le Royaume » était présent dans la vie littéraire et artistique du Paris « fin de siècle ».

Verlaine nous explique donc :

« Je connais Charles Cros de longue date. Si ma mémoire qui est bonne ne m’égare pas, je l’aurais vu pour la première fois rue Royale, chez son frère, l’éminent docteur Antoine Cros, auteur des Décoordinations et inventeur, je crois, de ce merveilleux plessimètre, de qui l’on a des vers très bien, des dessins fantastiques amusants au possible et, sans doute, philosophiques, c’est le cas de le dire, en diable, et aussi des aquarelles des plus remarquables.

A ces soirées où je fus introduit, ô qu’il y a belle lurette ! par François Coppée, on croisait bien du monde.

Un roi d’Araucanie première manière, des médecins très décorés, des hommes du monde diplomates, sportsmen des plus meublants… On y rencontrait aussi des artistes… »

(Les Hommes d’aujourd’hui, n°335, année 1885, Charles Cros par Paul Verlaine, p. 4.)

Un lecteur, anglophone de surcroît – Dan Morrison – nous fait remarquer un aspect que nous n’avions pas pris en compte. Quand, notant ses souvenirs, Verlaine écrit au fil de la plume « roi d’Araucanie première manière », il ne veut pas seulement exprimer l’idée qu’il y en a eu un autre depuis, un deuxième, Achille 1er. Il suggère aussi que leur façon d’être « roi d’Araucanie » était différente. Pour Verlaine, il y a eu une « première manière » d’être roi d’Araucanie, puis une autre. On sait en effet que Orélie-Antoine et Achille s’inscrivaient dans des registres fort différents.  Orélie-Antoine avait encore à l’esprit sa participation à des combats pour préserver l’identité et les droits d’un petit peuple sur lequel la colonisation occidentale allait s’abattre. Il avait été, une petite année, « une manière de vrai roi ». Pour Achille c’était surtout un engagement théâtral et un jeu sur les symboles. Des esprits critiques pourraient même avancer qu’Achille fut un « roi d’opérette ». Cela confirme un peu plus la bonne connaissance de l’Araucanie qu’avait Verlaine.

Médaille d’un ordre honorifique du royaume d’Araucanie et de Patagonie à l’effigie du roi Antoine II (docteur Antoine-Hippolyte Cros, 1833-1903).

Une Tenue aujourd’hui… Malices

La bienveillance n’est-elle pas une vertu prisée par les maçons ? Certainement, mais ce bon vouloir à tendance à poser un bandeau sur nos yeux. Avec une conséquence : la répétition réputée sacrée de nos Rituels cache les maladresses, vieilleries et ringardises des temps passés. Jacques Fontaines propose de revoir la panoplie maçonnique à la lumière de ce que l’on sait aujourd’hui de l’humain.

Son « Plaidoyer pour une survie de la Franc-maçonnerie » est reçu avec une très grande mou. N’est-il pas en train de se laisser dépiter à la malveillance ? Sans doute pas, mais en quelques vers, il s’adonne à la dénonciation de ce qui est d’un autre temps. Ses vers ne témoignent-ils pas, en pleine conviction, d’une bienveillance accusée pour la Franc-maçonnerie de demain ?

Un horizon vital
Dans un blocage total
Une égalité bafouée
Dans une domination restaurée.
Les Frères dominent,
les Sœurs s’inclinent
La Tradition, c’est une rare aubade,
Les traditions, des promenades
Aurais-je donc raison ?
Ils seraient vraiment cons !
Le secrétaire n’est qu’un greffier,
L ’Hospitalier, un Officier
L’Orateur dit la Loi ;
Le soin, c’est n’importe quoi.
Les Frères décrètent ;
Les Sœurs répètent.
Certains tuent Hiram ;
D’autres rejoignent son âme.
La Tradition ne bouge pas ;
Les traditions boitillent à petits pas.
Liberté, égalité, fraternité :
Paravents de nos duplicités.
Les Maîtres sont des bavards ;
Les Apprentis restent au placard.
Les historiettes rituelles ;
Rien à voir avec le spirituel.
« Plaidoyer… » : désastre commercial ;
Révélation du blocage létal.
L’empathie aux yeux d’or ;
Dans les tenues, elle dort !
Je parle longtemps sur ma colonne :
J’enfle démesurément ma personne.
Un rituel de turlupinades
D’une Franc -maçonnerie en rade.
Les Sœurs ont oublié leur génie.
Elles vivent alors en pâle copie.

Ramsay, une étude raisonnée du Discours

La présentation de l’éditeur

Fidèle à son exigence de traiter l’histoire maçonnique avec les méthodes de la recherche universitaire, Philippe Langlet nous propose une analyse comparée de plus de 73 versions du « discours de Ramsay ».

Confronté à une masse imposante de documents, parfois composée de travaux au service de l’imaginaire personnel ou de doctrines obédientielles, l’auteur réussit à dégager la véritable essence du discours fondamental et fondateur pour la Franc-Maçonnerie : la métaphore de la construction du temple vivant du Très-Haut.

De toutes les versions qu’il possède, l’auteur ne jette rien, même les coquilles et autres mastics deviennent des indices pour la compréhension de la pensée de celui qui fréquenta Fénelon, Madame Guyon, et fut admis à la Royal Society en même temps que Montesquieu.

Qu’a voulu nous dire Ramsay il y a trois siècles avec les mots de l’époque et leurs acceptions ? Là encore Philippe Langlet ouvre tous les dictionnaires nécessaires à la compréhension du texte et se débarrasse des contresens qui hantent les Loges.

Le Discours n’est pas seulement un texte écrit il y a bientôt trois siècles, il conserve son actualité : il parle de vérités intemporelles s’incarnant en l’homme. Ce n’est pas un discours historique, mais l’énoncé d’une méthode que nous qualifierons d’initiatique, de progression visant à la « perfection ».

N’attendez pas une synthèse qui vous fournira une opinion prête à penser, Ramsay est-il coupable ou responsable de la création des Hauts Grades maçonniques ? Par exemple.

 Il s’agit d’une étude raisonnée et progressive vers laquelle les cherchants reviendront pour comprendre la Maçonnerie d’aujourd’hui.

La biographie de l’auteur

Philippe Langlet, né à Lens en 1948, est un universitaire, conférencier et écrivain plus particulièrement connu pour ses recherches sur les textes fondateurs et les premiers rituels de la franc-maçonnerie.

Il fut initié à la franc-maçonnerie au sein de la Grande Loge de France en 1969.

Ayant suivi une formation universitaire initiale en anglais, il poursuit celle-ci dans le domaine de la science du langage et obtint, en 2009, une thèse de doctorat.

Son travail – près d’une vingtaine d’ouvrages – s’attache particulièrement à l’étude des aspects anthropologiques de la franc-maçonnerie aux travers de ces textes. Il collabore régulièrement à des publications dans des périodiques universitaires ou maçonniques : Points de Vue Initiatiques (PVI) de la GLDF, La Chaîne d’Union du GODF, les Cahiers du GREMME qui diffuse les résultats des conférences et travaux du Groupe de Recherche et d’Étude sur les Mouvements Maçonniques et ésotériques (CIERL, ULB – Bruxelles), Papeles de Masoneriadu Centro Ibérico de Estudios Masónicos (CIEM).

[NDLR : L’ouvrage est dédié à notre frère Jean-Bernard Lévy (OE) qui fut président de l’Académie et de l’Université Maçonnique. Chirurgien spécialisé en chirurgie vasculaire et digestive, il était aussi titulaire d’un DEA de philosophie (Sorbonne Paris 4) et diplômé de théologie de la faculté de théologie protestante de Paris. Initié en 1972, 33e degré du REAA en 1991, il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont Rites et Mythes : À quoi ça sert ? (Dervy, 2013). Sans oublier, chez selena, son analyse, présentation et commentaires du Les Francs-Maçons écrasés de l’abbé Larudan, facsimilé de l’édition de 1778, dont la préface était signé de… Philippe Langlet.

Ce très bel ouvrage, tant dans la forme (couverture glacée avec rabat) que sur le fond, analyse et compare les 73 versions du discours du chevalier Ramsay. Un discours qui marqua les esprits maçonniques de son temps et encore maintenant. C’est la Médiathèque municipale d’Épernay, dans la Marne qui détient le document manuscrit du discours d’Andrew Michael Ramsay (1686-1743), dit le chevalier de Ramsay. Un discours prononcé le 26 décembre 1736 à la loge de Saint-Jean devant Charles Radclyffe (1693-1746), 5e comte de Derwentwater, alors maître maçon et élu Grand Maître de l’Ordre. Discours que le même Ramsay, grand orateur de la Grande Loge donna aussi le 24 mars 1737. Cette phrase emblématique « Le monde entier n’est qu’une grande république, dont chaque nation est une famille et chaque particulier un enfant » scelle l’idée que l’art royal a une dimension mondiale dont le but est bien évidemment, de réunir ce qui est épars, à l’origine de la République universelle des francs-maçons.

le chevalier de Ramsay.

Mais qui était exactement le chevalier de Ramsay, écrivain, philosophe et enseignant écossais. Il est surtout connu pour ses idées et ses écrits dans le domaine de la franc-maçonnerie et de la philosophie morale. Il joua et joue encore – la plus belle preuve n’est-elle pas ce livre qui est consacré à son emblématique discours – un rôle important dans la diffusion des idées maçonniques en France et en Europe continentale. Il est né en Écosse en 1686 et a étudié à l’Université d’Édimbourg. Après avoir obtenu son diplôme, il a voyagé à travers l’Europe, notamment en France, où il a reçu la lumière en 1721. Défenseur actif de la franc-maçonnerie, finalement il contribua à la populariser, à la faire mieux connaître. Et à sa façon, il en fut l’un des transmetteurs ! Ramsay est également connu pour avoir développé l’idée romantique selon laquelle la chevalerie et la maçonnerie étaient liées, et il a imaginé que la franc-maçonnerie avait des origines anciennes et nobles. Il a élaboré des théories sur l’histoire et la signification de la franc-maçonnerie, les reliant aux anciens chevaliers et aux traditions spirituelles. Dans son discours, Ramsay évoque des idées de fraternité, de vertu et de philosophie morale, et il lie la franc-maçonnerie à des thèmes de bienveillance et d’engagement civique.

Ses idées ont influencé la manière dont la franc-maçonnerie a été perçue et interprétée à l’époque. En plus de son implication dans la franc-maçonnerie, Ramsay a également écrit sur des sujets philosophiques et moraux. Il a été un partisan de la philosophie morale et de l’éthique, et ses œuvres ont exercé une certaine influence sur les penseurs de son époque.

C’est tout cela que Philippe Langlet passe, avec énormément de minutie, en revue. Il s’agit d’un ouvrage riche, dense, celui d’un érudit mais un ouvrage accessible à tous. Nous avons pour chaque document, comme avec les « Lettres de M. de V.,1738 » un long commentaire très explicatif – première publication, différents commentaires, explications et diffusions, etc.

Source mvmm.org

Le lecteur appréciera les trois versions comparées du Discours (1736, 1738, 1742), la chronologie allant de 1506 à 1818 avec l’impression du Discours dans Hermès – en vérité Hermès, ou Archives maçonniques, Par une société de Francs-Maçons revue maçonnique animée par Ragon et éditée par Bailleul (qui était le 2d Surveillant de la Loge fondée par celui-ci, les Trinosophes –, la bibliographie et l’index des noms.]

Ramsay, une étude raisonnée du Discours

Philippe Langlet – Selena éditions, 2023, 272 pages, 25 €

Visite des librairies et boutiques ésotériques de paris

De notre confrère sortiraparis.com – Par Graziella L., Anne-christine C. · Photos par Graziella L. 

Envie de se connecter à l’invisible et de s’initier aux secrets de l’univers ? Arpentez les boutiques ésotériques de la capitale à la découverte de diverses pratiques ancestrales et spirituelles et d’objets chargés de mystères.

Quelle meilleure ville que Paris et ses nombreuses anecdotes ésotériques pour les amateurs de spiritualité et d’énergies ? Pour faire le plein de livres d’apprentissage, de bougies, de pierres, de pendules, d’oracles et tarots ou de plantes, de nombreuses boutiques ésotériques ou païennes ont ouvert dans capitale, afin de vous aiguiller dans votre pratique. Afin d’éviter les écueils de la vague new age, ces professionnels vous aident à trouver les objets personnalisés dont vous avez besoin.

Découvrez le chamanisme, les légendes celtes et apprenez à lire le monde invisible et mystique, grâce à de nombreuses pratiques ancestrales. Pour répondre aux questionnements de notre société sur la vie, l’univers et autres énergies, le développement personnel est également venu s’ajouter ces dernières années. Entrez dans l’atmosphère envoûtante de ces boutiques où l’odeur de l’encens flotte dans l’air et où les étagères sont ornées de cristaux étincelants et de grimoires anciens.

Simples curieux ou sorciers aguerris, trouvez votre nouveau repaire chargé d’énergies positives, et rencontrez des communautés qui partagent votre croyance et votre foi en région parisienne.

Les boutiques ésotériques de la capitale

Arc en Ciel : la boutique et galerie d’art ésotérique du 11ème
Arc en Ciel c’est la boutique et galerie d’art ésotérique du 11ème où trouver de beaux mandalas. Ce sont les propriétaires Brigitte et Aristide qui nous accueillent et nous conseillent. Et si l’envie nous prenait d’approfondir le sujet, ils proposent même des ateliers. [Lire la suite]

La Maison de la radiesthésie : la plus ancienne boutique ésotérique de Paris
Envie de jouer au sourcier ? C’est à la Maison de la radiesthésie, qu’on va chercher son pendule ou ses baguettes. Cette grande boutique ésotérique à côté de la Madeleine est la plus ancienne de Paris et offre un choix impressionnant de pendules. [Lire la suite]

La librairie de l’inconnu : boutique ésotérique à Odéon
En pleine préparation d’Halloween, on file dans le quartier de l’Odéon découvrir la Librairie de l’Inconnu, l’une des boutiques ésotériques les mieux achalandées de Paris. [Lire la suite]

Minérales do Brasil : la boutique ésotérique de pierres
Minérales do Brasil, c’est la référence en matière de pierres à Paris. On s’aventure dans cette boutique cachée du 8ème pour y découvrir une magnifique collection de minéraux ésotériques. [Lire la suite]

La Librairie du Bonheur : jolie petite boutique ésotérique à Paris
La Librairie du Bonheur, c’est une des références en matière d’ésotérisme à Paris. Une mini boutique au coeur du 6ème où l’on écoute avec attention les conseils de Paul, le fondateur de ce lieu hors normes. [Lire la suite]

On ne peut pas être dictateur et franc-maçon

Le rédacteur en chef de Mondafrique Seidik Abba, reçoit Joseph Badila, qui nous parle de l’action maçonnique en Afrique. Il veut montrer combien il s’agit de revisiter notre époque, saisir le sens profond de la démarche initiatique, reconnaître l’Autre. C’est pourquoi, il rappelle, sans concession la nécessité de dépasser les luttes pour le pouvoir, les meurtrissures et les aliénations d’une colonisation abusive, voire d’un néo-colonialisme dont on connaît les méfaits.

La Maçonnerie africaine, loin d’être morte, est porteuse d’espoir et d’ouvertures par son riche passé culturel…

Invité de Mondafrique.com en 2015 – une vidéo qui a fait plus de 25K de vues ! –, le haut fonctionnaire et dignitaire maçonnique Joseph Badila nous parle de la maçonnerie en Afrique : des valeurs universelles de la maçonnerie, de l’initiation des chefs d’États africains par une certaine obédience, du comportement desdits chefs d’État, de leur trahison de l’esprit maçonnique, que doit faire l’initié africain au XXIe siècle, de la maçonnerie école de l’humilité, etc.

Un sage parle. Écoutez-le, encore et encore…

La biographie de Joseph Badila

Élève de l’historien Marc Ferro (1924-2021), titulaire d’un doctorat en science de l’information et de la communication, il est, dès 22 ans, agent contractuel, puis fonctionnaire à la TV congolaise, directeur divisionnaire à la Science du Congo, il est ensuite directeur de cabinet (ministère du Commerce, PMEA et ministère de la Fonction Publique 1993-1997). Il prend part aux évolutions du monde économique, conduisant successivement les délégations congolaises aux négociations finales sur les accords du GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce) (GATT) du G.A.T.T., à la CNUCED ( Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement) sur les produits de base à Genève, Londres, Bruxelles et Paris. Membre fondateur des Grands Orients et Loges associées du Congo (GOLAC), Conseiller de l’ordre, Grand Maître adjoint, Grand Maître, puis Grand Commandeur du Suprême Conseil du Congo, il est de toutes les rencontres maçonniques et actif dans cette recherche de la paix durable au Congo et en Afrique. C’est un narrateur privilégié de la grande et de la petite histoire de la franc-maçonnerie en Afrique Noire.

Aller plus loin avec Jospeh Badila, c’est possible en lisant La Franc-Maçonnerie en Afrique noire – Un si long chemin vers la liberté, l’égalité, la fraternité (DETRAD, 2004) et, coécrit avec le philosophe Daniel Béresniak (OE) Les Francs-Maçons et l’Afrique, une rencontre fraternelle (DETRAD, 2008).

En vente chez DETRAD

Les deux ouvrages de Joseph Badila

Les Francs-Maçons et l’Afrique, une rencontre fraternelle

Joseph Badila / Daniel Béresniak

Cet ouvrage dresse le bilan de l’action maçonnique en Afrique, de la IIIe république à nos jours. Il veut montrer combien il s’agit de revisiter notre époque, saisir le sens profond de notre démarche initiatique, reconnaître l’Autre. C’est pourquoi, il rappelle, sans concession pour l’Occident, l’introduction de la franc-maçonnerie en Afrique, les conflits qui ont marqué le continent, la nécessité de dépasser les luttes pour le pouvoir, les meurtrissures et les aliénations d’une colonisation abusive, voire d’un néo-colonialisme dont on connaît les méfaits. La Maçonnerie africaine, loin d’être morte, est porteuse d’espoir et d’ouvertures, avec, notamment, les rencontres humanistes fraternelles africaines et malgaches et la Conférence des puissances maçonniques d’Afrique et de Madagascar. Elle peut conjuguer, par son riche passé culturel, traditions initiatiques de deux continents et modernité. C’est dire qu’elle est en situation d’intervenir pour éviter les conflits, réunir ce qui est épars, et, peut-être, montrer le chemin au monde. Commander l’ouvrage 11,00 €

La Franc-Maçonnerie en Afrique noire

C’est vers cette Afrique accablée par les guerres que sont attirés nos regards. Depuis longtemps, ses sentiers sont couverts de l’humus des sous-bois, mais aussi de cendres. À travers les pages de ce livre, l’auteur souhaite enlever ces cendres qui le ramènent au royaume de sa jeunesse. Il entend filtrer et dévoiler les séquences qui constituent, à certains égards, les sympathies et les curiosités de son époque, telles qu’il les a vécues. Ce sont là les étapes qui émaillent la fin et le début d’un processus : la colonisation finissante et l’Afrique en régression… Cet ouvrage, pour la première fois, fait le récit d’événements vécus tels que l’espoir, le doute, les conflits armés et la Franc-maçonnerie. Une cohabitation qui peut paraître paradoxale. À la croisée des philosophies venues d’ailleurs, notamment la Franc-maçonnerie et la tradition africaine, l’auteur nous associe à son visionnage d’images d’un passé dans un pays confronté aux séquelles de l’intolérance politique. Et s’il exhume cette histoire, c’est pour la rendre plus accessible à tous ceux qui sont sensibles aux maux dont souffre une bonne partie du berceau de l’humanité et dont il doit se défaire. La Franc-maçonnerie telle qu’il la vit professe l’union des cœurs, des esprits et produit la concorde universelle. Elle peut montrer la voie à l’Afrique, aux Africains et à toute l’humanité dans la complémentarité et l’interdépendance. Commander l’ouvrage 23,00 €

Franc-maçonnerie et suffrage universel en 1889

De notre confrère espagnol nuevatribuna.es – Par Edouard Montagut

Le 20 décembre 1889, un franc-maçon,  le frère « Espronceda »  donna une conférence au temple maçonnique de la loge « Cadena de Unión » sous le titre « Le suffrage universel part de la nature même de l’homme ». 

Grande Loge Symbolique d’Espagne, GLSE.

Cette loge appartenait à la Grande Loge Symbolique d’Espagne, constituée en février 1887. Cette Obédience s’est toujours caractérisée par son lien avec la réalité politique du moment, d’un point de vue républicain et anticlérical, tout en étant liée aux courants de la liberté pensée. Dans son propre  Bulletin,  il en est venu à avoir une section intitulée « Injustices sociales », en plus d’une autre consacrée à l’éducation.

Práxedes Mateo Sagasta, peint par Casado del Alisal en 1884.

Ainsi, nous devons encadrer cette conférence dans le moment historique qui a conduit à l’approbation du suffrage universel en Espagne, aux mains de  Sagasta  lorsqu’il a assumé les responsabilités de gouvernement dans la régence de María Cristina , dans le cadre d’un programme politique de signe libéral qui a été approuvé dans le soi-disant Long Parlement. Sagasta a réalisé d’importantes réformes telles que l’abolition de l’esclavage à Cuba, la loi sur les associations de 1887, la loi sur le jury de 1888 et l’approbation du Code civil en 1889. La discussion sur le suffrage universel a été, sans aucun doute, celle qui a généré le plus de controverse dans les Cortes. 

Le suffrage universel était en réalité le fils des théories libérales, qui faisaient de l’individu l’axe de l’ordre social.

Le projet commença son voyage avec sa lecture par  Moret  au Congrès début décembre 1888. La polémique fut servie, même si la discussion parlementaire proprement dite tarda à se dérouler jusqu’en mai de l’année suivante. Le 23 mai 1889, le député conservateur  Lorenzo Domínguez charge contre le projet , mais il y reste. La discussion fut reportée à janvier 1890 lorsque Sagasta présenta un nouveau gouvernement aux Cortès. Comme nous pouvons le voir, il a fallu plus d’un an pour que le processus parlementaire soit réellement lancé, mais, comme nous l’avons dit au début, la polémique a éclaté dès le premier instant à l’intérieur et à l’extérieur du Congrès.

Les partisans du suffrage universel se fondaient sur le fait qu’il était nécessaire en raison de son lien étroit avec le principe de la souveraineté nationale, bien que la Constitution de 1876 ait établi le principe de la souveraineté partagée entre la nation et le roi. Les libéraux défendaient le suffrage universel parce que c’était un engagement politique qu’ils avaient acquis, même si, en réalité, Sagasta n’en était pas fan, mais il était conscient que son approbation consoliderait davantage la monarchie, lui donnerait une plus grande légitimité afin de essayez de soustraire des arguments aux républicains, qui ont clairement défendu le suffrage universel. 

Emilio Castelar y Ripoll (portrait par Josep Nin i Tudó).

Ce même argument a été appliqué par Sagasta dans le cas de la loi sur le jury. En approuvant les deux dispositions législatives, il obtient le soutien du républicanisme possibiliste qui finit par rejoindre son parti, celui représenté par Castelar  et ses partisans. Un jeune Canalejas s’est fait remarquer dans cette même thèse en associant la monarchie au suffrage. Cela serait renforcé si davantage de citoyens pouvaient participer au jeu politique. D’autres libéraux considéraient que le suffrage universel apprivoiserait les ouvriers, apaiserait les conflits sociaux. Cet argument visait davantage à convaincre les conservateurs, toujours obsédés par l’ordre, puisqu’ils n’étaient pas intéressés par l’élargissement du droit de vote. Finalement, la loi fut promulguée le 26 juin 1890. 

Les partisans du suffrage universel se fondaient sur le fait qu’il était nécessaire en raison de sa relation étroite avec le principe de la souveraineté nationale.

Eh bien, la conférence tournait autour de deux principes de base de la franc-maçonnerie , à savoir l’égalité et la liberté. Si l’homme voulait le vote, il devrait être accordé, car tous les hommes étaient égaux. C’était la raison fondamentale de défendre le suffrage universel.

Le conférencier a également utilisé l’argument historique sur la relation entre le suffrage dans l’Antiquité et le développement des sciences et des arts. Mais il exprime aussi que le suffrage universel en tant que tel est mort dans cette même Antiquité parce qu’il ne reposait pas sur des bases solides.

Le suffrage universel était, en réalité et selon lui, le fils des théories libérales, qui faisaient de l’individu l’axe de l’ordre social, alors que l’homme s’était émancipé des autres hommes.

Le peuple devait se gouverner. Nier ce droit reviendrait donc à nier la liberté individuelle. Ce droit du peuple partait de sa propre nature, c’est-à-dire qu’il était un droit naturel.

Le conférencier s’est arrêté à la question de la légitimité. Les monarchies cherchaient l’origine de leur légitimité en Dieu, mais il ne se pouvait pas qu’il puisse légitimer les tyrannies.

D’autres libéraux croyaient que le suffrage universel apprivoiserait les travailleurs, apaiserait les conflits sociaux

Il s’occupa également du suffrage censitaire, qu’il qualifia de restreint, et qui, toujours selon lui, était encore pire que l’absolutisme, une sorte de sarcasme pour la liberté, car il favorisait un « régime de caste », ne réunissant que des représentants de certaines classes sociales. . Par ailleurs, il considérait que l’argument des défenseurs du suffrage censitaire considérant que donner le gouvernement au peuple revenait à le livrer à l’ignorance. Mais il considérait que c’était, précisément, l’autorité, responsable de « l’arriération morale d’un peuple », et, par conséquent, le peuple ne pouvait pas purger les péchés des autres.

Mais le suffrage universel lui-même était une école de citoyenneté. Avec elle, le peuple a appris à être libre, et la liberté était fondamentale. Le suffrage universel a d’ailleurs été la principale cause du développement des nations.

Le résumé de la conférence a été publié dans le  Bulletin des Actes du Souverain Grand Conseil Général Ibérique et Grande Loge Symbolique d’Espagne , an II. Numéro 1, Madrid, 15 janvier 1890.

[NDLR : Pour en savoir plus, si tel est votre désir, vous pouvez utilement lire l’article de Luis P. Martin « Franc-maçonnerie et citoyenneté en Espagne au tournant du XIXe et XXe siècles » publié dans « Franc-maçonnerie et histoire : bilan et perspectives » et mis en ligne intégralement sur Openédition Books ]

La Bible restituée

Présentation de l’éditeur

Beaucoup d’ouvrages dits sacrés, qu’ils soient bien ou mal compris sont, pour le moins, lus dans leur langue originale.

La Bible, pourtant, et surtout les cinq premiers chapitres de la Genèse ont été constamment mal interprétés du fait que leur graphie ne se compose pas des lettres d’un alphabet (comme on le croit communément depuis plusieurs millénaires) ni, a fortiori, de mots auxquels on peut attribuer le sens qu’on leur donne habituellement dans la langue parlée.
Dès lors, il est de la plus haute importance de savoir que les différents signes dont on se sert comme lettres dans l’alphabet hébraïque constituent les éléments d’un véritable code chiffré.
Chaque signe est un idéogramme et à chaque signe correspond un nombre, dont le sens est précis. Ces nombres, eux aussi, ne sont pas à prendre dans leur signification arithmétique. Ce qu’ils désignent, en réalité, ce sont les différents aspects de l’énergie vivante à l’œuvre dans l’univers. Les noms : Adam, Ève, Caïn, Abraham, Jacob, Ésaü, etc., sont également des idéogrammes. Ces pseudo-personnages sont purement symboliques et leur fonction première est d’illustrer les divers états de conscience par lesquels passe l’humanité, ainsi que les rapports de ceux-ci avec la vie, telle qu’elle apparaît à tout instant.
Il en ressort que la Vie est un processus sans fin, caractérisé par l’alternance vie-mort/vie-mort, qu’il importe de pouvoir accepter après l’avoir affectivement intégrée. La Bible restituée propose donc une lecture des livres de la Genèse conforme à leur code chiffré originel (la Cabale) et montre comment ce code éclaire non seulement ces textes mais aussi certains aspects des Évangiles de Matthieu et de Jean. Le sens révolutionnaire qui se dégage de cette lecture devrait, semble-t-il, intéresser directement les chrétiens, les juifs et les musulmans, car, bien compris, le langage de la Bible est une révélation enfouie que l’on se doit de restituer dans toute sa clarté originelle.

Carlo Suarès.

Biographie de l’auteur

Carlo Suarès (1892-1976) est un écrivain, peintre et cabaliste français.

Ses études à l’École des beaux-arts de Paris, commencées en 1910, interrompues par la maladie puis par la guerre, furent couronnées en 1920 par un diplôme d’architecte. Ayant épousé Nadine Tilche en 1922, il fait connaissance en 1923 de Jiddu Krishnamurti dont il devient l’ami fidèle et le traducteur en français. De 1928 à 1939, il participe à la rédaction des Cahiers de l’Étoile, revue mensuelle, où il côtoie Joë Bousquet, Le Corbusier, Krishnamurti, Benjamin Fondane. Après l’arrêt des Cahiers, c’est dans les Carnets qu’il publie La fin du Grand Mythe.

Son œuvre s’attache à la réflexion philosophique et religieuse, ainsi qu’à l’étude des textes sacrés et de la Kabbale.

À partir de 1940, Carlo Suarès devint un artiste peintre prolifique. Il exposa sa théorie ésotérique de la couleur dans L’Hyperbole chromatique.

En 1945, Suarès se remit à écrire, en particulier Critique de la Raison Impure, La Kabale des Kabales, De Quelques Apprentis-Sorciers, et la Trilogie sur la Genèse, le Cantique des Cantiques, et le Sefer Yetsirah.

Selon le penseur et chercheur français, qui a renouvelé l’étude de la Kabbale et de la mystique juive, Charles Mopsik (1956-2003) : « Carlo Suarès (…) se propose de retrouver la cabale authentique qui aurait été, selon sa thèse, déformée par l’idéologie religieuse rabbinique. L’influence de la pensée originale de Carlo Suarès a été à peu près insignifiante sur le judaïsme français mais elle s’est exercée sur divers milieux d’origine chrétienne, aspirant à découvrir de nouveaux horizons spirituels ».

[NDLR : Trouver l’édition originelle de 1967 paru aux éditions Mont-Blanc de ce livre central dans l’œuvre de ce kabbaliste atypique de notre époque qu’est Carlo Suarès est encore possible, mais à quel prix ? Certains sites marchands, en fonction de son état, le propose encore entre 112 et 262 €… Vous pouvez toujours vous rabattre sur l’édition de 2013 d’Arma Artis. Le mieux est d’acquérir cette dernière édition de très belle facture et conforme à l’édition originelle.

Philippe Subrini.

Publié dans la « collection anastatiques », l’anastatique se définissant comme la technique reproduisant à l’identique un texte imprimé, cette belle réédition est préfacée par notre ami Philipe Subrini que tous les maçons connaissent, ne serait-ce qu’à travers son bulletin « La Lettre du Troubadour ». Le lecteur y trouvera un portrait de Carlo Suarès et sa biographie. Une préface qui ne mannque pas de s’achever par deux hommages, l’un au comédien et écrivain Marc Thivolet († 2016), qui a aussi travaillé comme éditeur chez Armand Colin et a fait partie du groupe surréaliste dans les années 90. Il a été le légataire de l’œuvre de Carlo Suarès. Et à Jean-Marc Tapié de Céleyran (OE 2021) qui a aussi œuvré pour sauvegarder l’œuvre et la mémoire de Carlos Suarez. Il était l’infatigable animateur des Éditions Arma Artis, une maison qui tient une place à part dans le monde de l’édition, de la culture et de la tradition.

La rose cosmique.

La première de couverture reprend l’emblématique rose cosmique du célèbre médecin et alchimiste allemand Heinrich Khunrath (c. 1560-1605), surtout connu pour son traité alchimique l’Amphitheatrum Sapientiae Aeternae (Hamburg, 1595), qui se traduit par l’Amphithéâtre de la sagesse éternelle.]

La Bible restituée

Carlo SuarèsLes Éditions de la Tarente, 2023, 290 pages, 23 €

Disponible chez l’éditeur ou chez Le Troubadour du Livre au 06 87 399 725 et par courriel.

Maux Croisés…

Le dictionnaire définit la Chevalerie comme une « institution militaro-religieuse, propre à la noblesse féodale. Les règles de la chevalerie étant la bravoure, la courtoisie, la loyauté, la protection des faibles ». D’où l’adjectif « chevaleresque » qui évoque une personne moralement généreuse. La littérature du même nom va dans ce sens qui valorise l’honneur, la dignité, la fierté, la grandeur. A remarquer qu’Honoré de Balzac, lui, ne se joint pas à ce concert de louanges en exprimant, disons, quelques réserves qui lui font écrire : Cette espèce d’honneur chevaleresque qui, à l’armée, fait excuser les plus grands excès !

Il ne fait pas de doute que, dans les faits, « sur le terrain », l’écrivain nous renvoie inévitablement aux Croisades. Que nous dit ( et ne dit pas toujours !) l’histoire ? :

Une guerre juste ?!

Ces Croisades sont au vrai le résultat de guerres précédentes qui ont enflammé le bassin méditerranéen. Les conquêtes musulmanes conduisent notamment les arabes jusqu’à Tolède en 711 et Poitiers en 732. Où Charles Martel les arrêtent. Puis suivront Pépin le Bref, son fils, et Charlemagne, son petit-fils, qui, l’heure décidée et venue d’une revanche, veulent créer un empire chrétien unifié.

Partant, ils déclenchent une suite de conflits armés contre les provinces du sud, en Lombardie notamment, puis jusqu’en Orient, avec l’appui des Papes successifs. Une courte « Trève de Dieu » s’installe, mais couve l’idée d’une « guerre juste » (argumentation d’Augustin !) contre les « infidèles ».

Une prétendue guerre juste qui sera positionnée géographiquement au XXIème siècle débutant, comme « l’axe du mal » par le Président des Etats-Unis d’Amérique, quand il décide, en 2003, l’envahissement de l’Irak !

Mais revenons à notre propos, les Croisades. Sous le prétexte de défense nécessaire du tombeau du Christ, le pape Urbain II lance la 1ère Croisade, en 1095.

 Les Croisés – ces soi-disant soldats courtois et protecteurs – massacrent au passage les communautés juives de Trèves, Mayence, Cologne et Ratisbonne ! Ils arrivent à Jérusalem le 15 juillet 1099, où ils massacrent à nouveau les « Infidèles » Sarrazins, les Juifs et les Musulmans, pendant 3 jours !

Trois Ordres, trois désordres

Huit Croisades sont ainsi organisées entre 1095 et 1270. Les Chevaliers en cause sont sacralisés, gratifiés d’indulgence plénière, avec une promesse de salut éternel ! Les Papes successifs les assurent que ces Croisades « sont agréables à Dieu » ! Pour financer les expéditions, cette papauté autorise le rachat des voeux et fait confisquer les biens juifs !

Trois Ordres sont présents sur les théâtres d’opérations. L’Ordre des Hospitaliers de Jérusalem (qui deviendront les Chevaliers de Malte), l’Ordre des Chevaliers du Temple (les Templiers dits « les pauvres chevaliers du Christ), et les Chevaliers Teutoniques. Trois Ordres, autant de désordres sanglants ! Juste retour de la guerre juste…ces ordres religieux seront finalement chassés des terres d’Orient en 1244, par le Turc Saladin.

Les Templiers se replient alors dans leurs commanderies en France et leur Ordre sera dissout, après la mort sur le bûcher de Jacques de Molay, en 1307. Seul subsiste aujourd’hui l’Ordre de Malte, devenue une très riche organisation humanitaire (une façon de se racheter !) contrôlée par le Vatican. Les Chevaliers Teutoniques, eux, se sont reconvertis en une petite association allemande de bienfaisance.

Bilan de cette meurtrière et sinistre aventure : Les Croisades sont reconnues par tous les historiens, tel un « désastre politico-éclésial ». Et nombreux s’accordent à dire que l’attentat du 11 septembre 2001 contre les « Twin towers » de New York ouvrent une suite à ces Croisades, avec un nouveau type de guerre : le terrorisme.

La pulsion de mort

Les Croisades, auxquelles il faut bien donner le qualificatif de « guerre », portent à réfléchir, précisément sur ce concept de « guerre », malheureusement toujours d’actualité. Il semblerait bien que l’homme porte en lui – outre cette pulsion de mort pointée par Freud- une « pathologie du ressentiment » (génétique ?) par fixation sur un ennemi désigné ou à désigner.

Le conflit engagé donnerait ainsi à « l’homme en groupe » un sentiment (artificiel) de puissance avec l’élargissement illusoire de ses capacités de domination (à défaut de pouvoir agir sur les éléments ou un « créateur » !).

On peut aussi parler aujourd’hui d’une « pathologie de la religion », au nom d’un Dieu qui porte trois noms différents. Il y a évidemment en cause une « peur de l’autre » (« Dieu apparaît dans l’effroi », affirme Heidegger).

La Chevalerie de l’esprit

Qui dit « guerre » dit ennemis face à face, puis affrontement. Et à la fois, actions réciproques et principe mimétique (cf travaux de René Girard). Le modèle devient imitateur à son tour et entraîne un conflit redoublé des deux rivaux. Sans fin, parce que dans ce jeu à somme nulle, l’agresseur a déjà été agressé !

Il faut bien le dire, la guerre, c’est l’échec de « la raison grecque » devant l’irrationnel, c’est à dire « la vengeance interminable ».

Que peut prétendre proposer ici l’initié (e), pour sa part, membre aux mains ouvertes de la « Chevalerie de l’Esprit » qui s’exprime symboliquement en franc-maçonnerie ?!

Les mythes et les rites sont les seuls moyens que l’Homme a trouvés pour « retarder » la violence (contenue dans la mimesis). Nous connaissons bien ce domaine, avec l’architecte Hiram, victime émissaire, dont la mort a été nécessaire, pour que se poursuive la construction du temple.

Il est clair que nous manquons de mythes modernes. La franc-maçonnerie n’aurait-elle pas précisément un rôle à jouer pour combler ce manque ?

On se demande souvent ce que le franc-maçon peut faire dans la Cité. Y instaurer ou réinstaurer « le sens du sacré » (qu’il soit laïque ou religieux) serait certainement…une authentique démarche chevaleresque !

L’amour de l’autre (Caritas) passe par cette sacralité.

Lieu symbolique : Le menhir de Saint-Uzec, Pleumeur-Bodou (Côtes-d’Armor)

Un menhir est une pierre dressée, plantée verticalement. Il constitue l’une des formes caractéristiques du mégalithisme.

Celui de Saint-Uzec présente la particularité d’avoir été christianisé lors de la seconde moitié du XVIIe siècle. Lorsqu’ils n’ont pas été détruits par les adeptes de la religion catholique, apostolique et romaine !

Les formes de leur christianisation sont multiples : croix érigées à côté du menhir ou dans ses environs, menhir surmonté d’une croix ou d’une statue, menhir dans lequel une niche est creusée pour abriter une statue, menhir sculpté en bas-reliefs, sur une face, représentant des instruments de la Passion.

Les Bretons – dit-on – se livrent encore aux pratiques que l’Église désire faire oublier, voire éradiquer ! Mais nos Bretons ne seraient-ils pas, par hasard, les descendants et héritiers de ce village gaulois d’Armorique qui résiste à l’envahisseur grâce à la potion magique préparée par le druide Panoramix… Ils continuent, par exemple, à offrir des pièces de monnaie aux menhirs, à les enduire de beurre; les femmes stériles persistent à se frotter le ventre contre les mégalithes pour devenir fécondes, etc.

Son descriptif

Le menhir situé dans un placître est un bloc de granite, sans doute importé du littoral, qui pèse 80 tonnes, mesure 7,40 m de hauteur (hors-sol, environ un tiers dans le sol) et 2,6 m de largeur.

La croix est fixée dans une cavité de 10 cm de profondeur à l’avant, par deux cales visibles rouillées à cœur, et sans doute par d’autres, invisibles. De section rectangulaire, elle mesure 97 cm de haut et 70 cm de large. Le Christ, sculpté dans la masse en demi-relief, reprend l’iconographie du « Christus patiens » : la tête penche un peu du côté droit, le sternum est creusé, les yeux sont fermés. Un périzonium entoure le haut des cuisses. Deux calices recueillent son sang qui coule sous chaque main.

Sous la croix et la mettant en relief, un fronton orné d’un double bourrelet partant en accolade des pieds du Christ, se termine par deux volutes en épaulement enroulées en sens inverse des arcs de cercles. Ce fronton encadre un groupe de vingt-sept sculptures en bas-relief (dans un rectangle de 1,90 m de large sur 1,80 m de haut, originellement peint) rappelant le déroulement de la Passion du Christ mais disposées dans un ordre qui n’apparaît pas parfaitement rigoureux : le registre supérieur est composé de gauche à droite du calice de Gethsémani, d’un croissant de lune enserrant une figure de profil qui regarde vers une figure féminine, d’une femme à genoux avec les mains jointes et d’un soleil portant en son centre une figure humaine toute ronde.

Le soleil et la lune sont des symboles païens, interprétés par les Chrétiens comme les symboles des ténèbres du Vendredi-Saint et de la Résurrection. La femme peut être assimilée à une sculpture païenne, peut-être une déesse-mère celtique mais elle peut aussi représenter la Vierge Marie (sa sculpture semble en effet porter une auréole) en l’associant au second groupe au-dessous qui représente les instruments de la Passion du Christ.

Le second registre est encadré à gauche par une épée légèrement courbe et une lance à pointe quasi triangulaire qui évoquent l’arrestation au Jardin des Oliviers, et à droite, par la lance de Longin et la tige d’Hysope portant l’éponge. Il est composé de gauche à droite de l’aiguière et d’une main gauche ouverte, du voile de Véronique, du coq du Reniement de saint Pierre qui est juché sur la colonne de la flagellation. Une échelle évoque la descente de croix.

Le troisième registre, encadré par deux fouets formés de plusieurs lanières courtes, comporte de gauche à droite, le sabre de saint Pierre qui trancha l’oreille de Malchus, la lanterne de l’arrestation, puis des tenailles et un marteau sous lesquels se trouvent les deniers de Judas.

Le registre inférieur comporte la tunique sans couture, les trois dés des soldats romains lors du tirage au sort des vêtements du Christ, les trois clous, le crâne d’Adam, deux os croisés pouvant symboliser la descente aux enfers et un pot d’onguent.

À mi-hauteur était peint un Christ polychrome sur une croix rouge et sur un fond d’écusson noir. Il est maintenant totalement effacé.

Comme toujours, un peu d’histoire…

Le menhir de Saint-Uzec est dressé au Néolithique (5 000 – 2000 ans av. J.-C.) près de l’allée couverte de Keryvon. Ce monument mégalithique est christianisé en 1674 lors d’une Mission de « l’apôtre de la Bretagne », le père jésuite Julien Maunoir qui le fait insérer dans un enclos ayant un accès par échalier, le fait peindre, sculpter et surmonter d’une croix. La christianisation des « pierres dressées » témoigne d’une volonté d’assimilation des signes religieux antérieurs (inculturation, acculturation ?). Elle montre la volonté de l’Église d’intégrer le culte païen des pierres dans un syncrétisme religieux.

L’appellation erronée de Saint-Duzec (en référence au moine Duzec qui fonde au vie siècle un petit monastère sur un territoire très limité allant de la chapelle Saint-Uzec au menhir) provient de la liaison bretonne entre Zant, saint, et Uek, Uzek, prononcée zañnuek désignant en français Saint Josse.

Le menhir fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1889 sous le nom de Menhir de Saint-Duzec.

Le décor était polychrome, comme l’attestent des cartes postales du début de XXe siècle ainsi qu’une planche en couleur datant de 1897. Ces peintures sont aujourd’hui effacées. En 2005, sous l’égide des Bâtiments de France, la commune de Pleumeur-Bodou lance une campagne de restauration qui conduit à l’éradication des lichens noirs qui masquent les figures sculptées.

Menhir de Saint-Uzec, route du menhir – 22560 Pleumeur-Bodou

Bretagne – Trégor – Le Menhir de Saint Uzec – Pleumeur-Bodou

Sources : https://www.bretagne.com/ ; https://www.pleumeur-bodou.com/ ; Wikipédia ; Photos © Yonnel Ghernaouti, YG