De notre confrère de Namibie namibian.com.na – Par François Lotter
La fondatrice de Multiple Sclerosis Namibia (MSN), Bianca Özcan, a été agréablement surprise lorsque son organisation a reçu un don de 100 000 dollars namibiens de la Grande Loge unie des francs-maçons d’Angleterre. La remise des chèques a été récemment effectuée par Sir David Wootton récemment à Windhoek.
« Nous ne nous attendions pas du tout à cela. C’est une bénédiction à laquelle nous ne nous attendions pas », a déclaré Özcan.
En raison du ralentissement économique mondial, il est de plus en plus difficile d’obtenir des dons en tant qu’organisation caritative, a-t-elle déclaré.
Pour amasser des fonds pour leurs opérations et événements de sensibilisation, les membres de MSN travaillent leurs doigts jusqu’à l’os.
Özcan a déclaré que la sclérose en plaques (SEP) est une maladie chronique non mortelle qui provoque la détérioration de l’enveloppe protectrice des cellules nerveuses (gaine de myéline/substance blanche) dans le cerveau et la moelle épinière.
Certains des symptômes de la SEP sont la fatigue, un discours flou, des engourdissements, des douleurs corporelles et une névrite optique, a-t-elle déclaré.
Selon Özcan, il y a 54 patients dans leur base de données, dont 17 sont employés. Les autres (37) sont au chômage, ce qui les laisse avec un fardeau financier et ce n’est qu’une petite partie de leurs dépenses.
Pendant ce temps, Wootton a déclaré à The Namibian que la gentillesse et les dons de bienfaisance sont profondément ancrés dans les principes de la franc-maçonnerie.
L’organisation fournit une structure de soutien qui aide les membres à apporter des contributions positives aux communautés et à des causes valables par le biais d’événements de collecte de fonds ou de travail bénévole.
La 12e Rencontre Mondiale des Loges Garibaldi aura lieu à Rome, capitale de l’Italie, sur le thème « Garibaldi et la mer ».
Blason du Grand Orient d’Italie (GOI).
Cette rencontre mondiale se déroulera sur trois jours, du 7 au 9 juillet 2023. Elle est organisée par les Respectables Loges Giuseppe Garibaldi n° 1188 et Garibaldi Pisacane de Ponza – Hod n° 160, à l’Orient de Rome.
Né en 2010, cet événement se répète chaque année et a pour but de réunir tous les frères des loges Garibaldi du monde entier avec leurs familles et tous leurs invités.
C’est à Montevideo que Garibaldi revêt pour la première fois la chemise rouge, qui deviendra le symbole des engagés volontaires lors de la troisième guerre d’indépendance italienne.
Seuls les membres d’une Grande Loge dite régulière et de tradition, donc reconnue par la Grande Loge Unie d’Angleterre, sont admis à participer à ce ’’rassemblement’’. Selon les organisateurs, il s’agit de partager ensemble trois jours de fraternité, de culture et de savoir.
Le programme :
Vendredi 7 juillet 2023
17h00 Bienvenue aux Frères c/o à Casa Nathan
18h00 Conférence intitulée « Garibaldi et la mer » – Salutation du président du Collège du Latium et des Vénérables Maîtres des Loges organisatrices.
20h00 Cocktail de bienvenue et cocktail dînatoire.
Un monument à la gloire de la femme de l’un des pères fondateurs de l’Italie, Guiseppe Garibaldi. Anita Garibaldi monte un cheval cabré, un pistolet dans une main, un bébé dans l’autre.
Retour aux hôtels Rome by Night Tour en autocar et hommage floral aux statues d’Anita et Giuseppe Garibaldi sur la colline du Janicule.
Samedi 8 juillet 2023
15h00 Séance rituelle c/o Salle de conférence Hôtel NH Collection sur le Corso d’Italia.
Agape Bianca c/o Casale Tor di Quinto, Rome à 21h00
Dimanche 9 juillet 2023
Visites guidées à la demande des Participants, accueil et conclusion de la rencontre.
Giuseppe Garibaldi : sa vie profane et maçonnique
Alors âgé d’une vingtaine d’années, Giuseppe Garibaldi (1807-1882) rejoint les révolutionnaires patriotes. Après une insurrection ratée, il s’enfuit en Amérique du Sud, où il prit part à quelques guerres civiles et où il rencontra et épousa sa femme, Anita. Garibaldi retourna en Italie en 1848.
L’état-major de Garibaldi.
Après la défaite écrasante des Piémontais à Novare lors de l’échec de la première guerre d’indépendance italienne, Garibaldi s’installa à Rome pour soutenir la République, proclamée peu de temps auparavant dans les États pontificaux .
Photographié par Nadar en 1870.
Une armée française numériquement bien supérieure a vaincu son armée en 1849. Garibaldi s’est retiré de Rome avec 4000 hommes. Après une marche épique, au cours de laquelle sa femme Anita meurt, Garibaldi se réfugie à Saint-Marin, avec seulement 250 hommes qui le suivent encore.
Casa Nathan.
En 1859, la deuxième guerre d’indépendance italienne éclate. Garibaldi a conquis la Sicile, traverse le détroit de Messine et marche vers le Nord. Ses progrès rencontrèrent plus de réjouissances que de résistances et, en septembre 1860, il entra à Naples en train. Cependant, malgré la prise de Naples, l’armée de volontaires de Garibaldi n’a pas été en mesure de vaincre définitivement l’armée napolitaine réorganisée.
Les Piémontais, techniquement ses alliés, ne voulaient pas risquer la guerre avec la France, dont l’armée protégeait le Pape.
Cela a compromis les plans de Garibaldi de marcher vers Rome. Garibaldi choisit en 1861 de céder tous ses gains territoriaux du sud aux Piémontais. Certains considèrent la remise de ses gains comme une défaite politique, mais Garibaldi a vu que la seule possibilité pour l’unité italienne résidait dans son passage sous la couronne piémontaise.
Garibaldi a été surnommé le « héros des deux mondes » en hommage à ses expéditions militaires en Amérique du Sud et en Europe.
Garibaldi et la franc-maçonnerie
Garibaldi est Grand Maître de presque toutes les obédiences italiennes.
Garibaldi est initié à la franc-maçonnerie en 1844 dans la loge Asilo de la Virtud, de Montevideo, Uruguay, puis le 15 juillet de la même année dans la Loge Les Amis de la Patrie du Grand Orient de France (GODF). En 1861, après l’élection à l’Assemblée constituante du Grand Orient d’Italie de Turin au cours de laquelle il est battu par le pro-cavourien Filippo Cordova, le Grand Orient d’Italie lui décerne le titre honorifique de « Premier franc-maçon d’Italie ».
Le professeur Aldo Alessandro Mola, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Milan et historien de la franc-maçonnerie et du Risorgimento, affirme que l’Expédition des Mille et Garibaldi a bénéficié d’un financement de trois millions de francs et d’une assistance permanente. Ce serait la franc-maçonnerie de rite écossais qui aurait financé l’opération avec le soutien des États-Unis, alors sans représentation diplomatique, afin d’éliminer le pouvoir temporel du pape.
En 1862, il est élu Grand Maître du Suprême Conseil Écossais de Palerme, le principal concurrent du Grand Orient d’Italie, titulaire en une journée de tous les degrés jusqu’au 33e du Rite Écossais Ancien et Accepté, ce qui lui apporte la reconnaissance officielle et le soutien de la maçonnerie américaine. Il obtient aussi le titre honorifique de Premier maçon d’Italie. En 1864, il occupe la plus haute charge de l’ordre, Grand Maître du Grand Orient d’Italie.
John Yarker (1833-1913).
En 1872, John Yarker nomme Garibaldi membre honoraire du « Souverain sanctuaire du rite ancien et primitif » pour la Grande-Bretagne et l’Irlande qui est cependant considéré comme irrégulier par la Grande Loge unie d’Angleterre et en 1876, le Grand Orient national d’Égypte, de langue italienne, le fait Grand Maître honoraire. En 1881, l’unification des rites maçonniques égyptiens se place sous son égide en lui décernant le titre de grand hiérophante.
Dans son testament symbolique, Garibaldi écrivit : « Je lègue : mon amour pour la Liberté et la Vérité ; ma haine du mensonge et de la tyrannie. »
Description de la statue
Emilio Gallori (1846–1924) était un sculpteur italien, principalement de monuments historiques et de statuaire religieuse.
La statue équestre placée au sommet de la colline du Janicule, à Rome
Cette colline et la zone voisine ont été le théâtre de batailles sanglantes entre les troupes de la République romaine, dirigées par Garibaldi, et les troupes françaises, qui avaient attaqué Rome dans le but d’éliminer la République et de restaurer l’État du Pape.
Le monument faisait à l’origine face au Vatican, car Garibaldi avait l’ambition de conquérir les États pontificaux. Après le traité du Latran en 1929, l’orientation de la statue a été modifiée à la demande du Vatican.
Sources : Grand Orient d’Italie (GOI) ; Garibaldi World Meeting ; site statues équestres ; Wikipédia ; Wikimedia Commons ; site Nice rendez-vous
À Paris, au cœur du quartier latin, l’église Sainte-Geneviève, devenue au gré des bouleversements politiques, le Panthéon, temple de la raison, des grands hommes et grandes femmes de la nation fut bâti par un jeune architecte alors peu connu Jacques-Germain Soufflot. Il espère rivaliser avec Saint-Pierre de Rome et Saint-Paul à Londres !
Pour l’église Sainte-Geneviève, il opte pour un plan en croix grecque, surplombé d’une triple coupole.
La structure du bâtiment, son ambition et le choix des matériaux, lui valent autant d’éloges que de critiques. Malheureusement, il décèdera avant la fin de l’édification du monument. Son collaborateur, Maximilien Brébion et son élève, Jean-Baptiste Rondelet, franc-maçon initié à la RL Sainte Sophie (Paris ; 1785-1786), prennent le relais jusqu’à la fin du chantier, en 1790. De 1790 à 1889, (date de la construction de la Tour Eiffel) le Panthéon fut le plus haut point de Paris !
La crypte.
Le Panthéon, Église ou temple laïc ?
Édifié comme sanctuaire à la gloire de la patronne de Paris, l’édifice connait un premier tournant dès la Révolution. Alors que l’église est à peine achevée, le bâtiment devient, suite à la disparition de Mirabeau en 1791, une nécropole nationale réservée au culte des hommes illustres.
Voltaire et Rousseau font leur entrée au Panthéon respectivement en 1791 et en 1794. Peu de temps après, en 1806, Napoléon Bonaparte restitue l’édifice à l’église catholique, mais conserve la crypte pour y inhumer les dignitaires d’Empire.
Le fronton
En 1815, sous la Restauration , le monument redevient, dans son intégralité, une église, avant de reprendre sa fonction de Panthéon en 1830, sous la Monarchie de Juillet.
Dénommé Temple de l’humanité en 1848, sous la Deuxième République, l’édifice redevient une église à l’avènement du Second Empire, en décembre 1851.
Il faudra attendre les funérailles de Victor Hugo, en 1885, sous la Troisième République, pour que le monument garde définitivement son rôle de Panthéon.
Jean Zay.
Le Panthéon et les francs-maçons
À ce jour, la liste des personnes transférées au Panthéon présente les 81 personnalités (75 hommes et 6 femmes) dont un peu moins de 40 francs-maçons…
Pierre Brossolette.
Parmi les derniers entrés au panthéon, citons Pierre Brossolette et Jean Zay, tous deux dans le caveau n° 9. Mais aussi Freda Josephine McDonald, dite Joséphine Baker (1906-1975), initiée le 6 mars 1960 à la Grande Loge Féminine de France.
Citons entre autres :
Pierre-Jean-Georges Cabanis, Antoine-César de Choiseul-Praslin, Louis-Antoine de Bougainville, Jean-Étienne-Marie Portalis, l’abbé Grégoire, Gaspard Monge…
Rappelons aussi que, malgré une légende fort répandue, Jean Moulin ne fut jamais franc-maçon. Nous souhaitons revenir brièvement sur l’histoire et la vie maçonnique de quatre d’entre eux, dont quatre loges du Grand Orient de France, la plus ancienne obédience française et la plus importante d’Europe continentale, portent le titre distinctif :
Félix Éboué (1884-1944)
Le gouverneur général Félix Éboué a passé toute sa carrière dans l’Empire colonial français, entre les Antilles et l’Afrique subsaharienne. Administrateur de proximité, allant au-devant de ses administrés, les respectant, essayant toujours de les comprendre, médiateur et républicain au plus profond de lui-même, il a souvent été écarté par des intrigues de bas étage. Il a payé son indépendance d’esprit, mais aussi son engagement dans les rangs du socialisme et dans la franc-maçonnerie qu’il ne cachait pas.
Nommé gouverneur du Tchad début 1939, une voie de garage à ses yeux, il entre vivant dans l’Histoire en août 1940 : refusant la soumission, il se rallie au général de Gaulle et devient un homme-clé de la France libre dans l’Empire colonial, organisateur sans faille qui sait mobiliser les énergies.
Il décède épuisé au Caire le 17 mai 1944, quelques semaines après la célèbre conférence de Brazzaville, sans avoir connu la libération de la France. En 1949, la République honore ce descendant d’esclave en le faisant entrer au Panthéon en même temps que Victor Schoelcher.
Félix Éboué a été initié au sein de la Loge « La France équinoxiale » de la Grande Loge de France, à l’Orient de Cayenne, le 13 juillet 1922. Passé Compagnon le 1er février 1927 puis, le 26 mars 1927, élevé Maître Maçon, il s’affilie par la suite à la Loge martiniquaise de la GLDF « Les disciples de Pythagore ».
Pour mémoire, son épouse Eugénie Tell, ancienne sénatrice de Guadeloupe, est initiée au Droit Humain. Il serait logique qu’elle puisse le rejoindre au Panthéon.
Léon Gambetta (1838-1882)
Léon Gambetta est le père fondateur de la IIIe République. Député républicain, auteur du programme radical de Belleville en avril 1869, où il y demandait entre autres, l’école gratuite, laïque et obligatoire, la liberté de la presse, le suffrage universel. Chef de l’Union Républicaine, il défendit la République contre la restauration monarchique et prononça un discours en 1871 pour les valeurs démocratiques.
Urne contenant le cœur de Léon Gambetta.
Après son décès, Léon Gambetta devient le symbole du patriotisme républicain. Le 11 novembre 1920, jour où fût inhumé le soldat inconnu, le cœur de Gambetta a été transféré au Panthéon.
Il a été initié à la loge « La Réforme » du GODF, à l’Orient de Marseille, en mai 1869, l’année où il fut élu député.
Victor Schoelcher (1804-1893)
Victor Schœlcher , journaliste et homme politique, est connu pour avoir agi en faveur de l’abolition définitive de l’esclavage en France, via le décret d’abolition, signé par le gouvernement provisoire de la Deuxième République le 27 avril 1848. Il est également élu député de la Martinique puis de la Guadeloupe. Un grand défenseur des principes maçonniques et de la devise « Liberté, Égalité, Fraternité ».
Il appartint, avant 1848, à la Loge « Les Amis de la Vérité » où il avait été initié et à La Clémentine Amitié » ; après l’exil, il fréquenta « La Renaissance par les Émules d’Hiram ». Toutes à l’Orient de Paris.
François-Marie Arouet, dit Voltaire (1694-1778)
Né le 21 novembre 1694, sa vie fût un combat contre le fanatisme et l’intolérance. C’est un philosophe emblématique de l’humanisme des Lumières. Il est le précurseur du revenu Citoyen.
Au soir de sa vie, il reçoit la lumière au sein de la Loge « Les Neuf Sœurs ». À une époque où nos valeurs républicaines sont, encore et toujours, plus violemment attaquées, la référence à Voltaire qui, au XVIIIe siècle, s’est battu pour la liberté d’expression, est quasi systématique. Toutefois, il est attribué à Voltaire, véritable philosophe de la tolérance, des mots qu’il n’a jamais écrits ni prononcés.
On connaît cette fameuse phrase soi-disant écrite le 6 février 1770 à l’abbé Le Riche : « Monsieur l’abbé, je déteste ce que vous écrivez, mais je donnerai ma vie pour que vous puissiez continuer à écrire ». Si l’existence de cette missive est avérée, la phrase n’y figure pas, ni même l’idée ! Apocryphe, donc…
Le mot « symbole » vient du latin symbolus ou symbolum, lui-même emprunté au grec σύμβολον / súmbolon signifiant « objet coupé en deux dont les parties réunies à la suite d’une quête permettent aux détenteurs de se reconnaître ». Les racines grecques « sym- » et « -bole » viennent respectivement des mots σύν / sún (« avec, ensemble ») et βάλλω / bállô (« lancer, jeter »).
Étymologiquement, « symbole » est l’antonyme de « diable ». Ce mot vient en effet du latin diabolus, lui-même emprunté au grec διάβολος / diábolos signifiant « qui désunit » et venant des mots διά / diá (« entre, séparant ») et comme ci-dessus βάλλω. La racine grecque « dia- » est l’antonyme de « sym- »
Définition
Certains domaines, notamment scientifiques et techniques, font un usage extensif du concept de symbole, qui désigne une écriture qui représente une abstraction. C’est ainsi que les mathématiques définissent le calcul symbolique. En philosophie et en sciences humaines et sociales, on tend à distinguer un signe, qui a un sens précis — comme les panneaux du code de la route, dont un texte réglementaire indique avec le moins d’ambiguïté possible la signification, d’un symbole, qui renvoie à un ensemble plus confus de pensées.
Un symbole peut être un objet, une image, une forme reconnaissable éventuellement associée à un champ chromatique, un mot, un son, toute une marque qui représente quelque chose d’autre par association, ressemblance ou convention. Cela peut être une personne, une « figure symbolique » de quelque chose5, une formule de reconnaissance d’individus appartenant à un groupe, un signal gestuel ou bien un signe dessiné ou sculpté6. L’aspect culturel est prédominant.
De notre confrère espagnol diariodeleon.es – CRISTINA FANJUL
Palmira Menéndez, Quintina Mangas de Rodríguez et Emilia Villacampa sont les trois femmes de Leon qui ont fait l’objet d’une enquête par le régime franquiste pour leur appartenance à la franc-maçonnerie. Les femmes franc-maçonnes citées ont participé de manière active et fondamentale en tant qu’agents de la modernisation idéologique de la fin du siècle, et elles l’ont fait dans les secteurs qui représentaient le plus grand changement social, optant pour l’éducation laïque et la lutte pour les valeurs en égalité; une projection d’avenir qui les conduirait à défendre un proto-féminisme à la fin du XIXe siècle.
Pour la première fois, l’étude de la franc-maçonnerie féminine est abordée de manière exhaustive, et c’est fait par María José Turrión García dans l’ouvrage El Francoismo contra la masonería femenina . Dans cet ouvrage, le directeur adjoint des Archives de guerre espagnoles analyse la composition et la performance du principal acteur responsable, le Tribunal spécial pour la répression de la franc-maçonnerie et le communisme et les liens qu’il a entretenus avec d’autres institutions et personnages qui ont donné lieu à un réseau complexe de réseaux de répression avec lesquels l’étouffement d’une partie de la société civile considérée comme anti-espagnole a été réalisé. María José Turrión souligne qu’il y a trois femmes qui appartenaient à la loge Luz de León nº 57 au XIXe siècle. Deux d’entre elles appartenaient de plein droit à la colonne adoption, c’est-à-dire surveillée par la loge masculine. Il s’agissait de Palmira Menendez et de Quintina Mangas. De son côté, Emilia Villacampa faisait partie de la colonne d’honneur de la loge.
L’appartenance à une colonne d’honneur d’une loge se faisait autrefois avec des femmes ou des hommes de prestige reconnu lorsqu’ils étaient francs-maçons de passage dans une ville. À León, cela s’est passé avec Emilia Villacampa, fille du général Villacampa, franc-maçon appartenant à la Loge Díez Hermanos de Carthagène et femme de renommée et de prestige à l’époque pour le travail qu’elle avait accompli pour la libération de son père. Coïncidant avec une visite à León le 10 mai 1890, la Loge Luz de León la présente à sa colonne d’honneur. Lorsque l’enquête a été ouverte pour être franc-maçon en 1950, ni le commissariat de police de León ni la direction générale de la sécurité n’ont pu la signaler car elle n’était pas connue à León. En effet, entre la date d’ouverture du procès et l’année de son entrée en loge, 60 ans se sont écoulés.
Les deux autres maçonnes de la Loge Luz de León n’ont pas eu de procès ouvert sommairement. Le maître admet qu’on ne sait presque rien d’elles. Palmira Menéndez a adopté Luz comme nom symbolique et était au 2e degré. Elle entre en 1889 à l’âge de 21 ans et figure dans la rubrique des adoptions jusqu’en 1894. Épouse du franc-maçon Genaro Langarica de la même loge qui, curieusement, comparaît devant le Tribunal de répression de la franc-maçonnerie. Quant à Quintina Mangas, nous savons qu’elle est née à Fuentesauco, Zamora, le 31 octobre 1854. Elle est entrée le 7 octobre 1889, a adopté Libertad comme nom symbolique, a eu à passer le 3e degré.
Clotilde Cerda . DL
María José Turrión révèle que le régime franquiste n’a pas combattu les femmes à cause de leur condition féminine. « C’était un affrontement et un asservissement dirigé contre les opposants qu’ils considéraient comme des ennemis », précise-t-il. « Il faut ajouter que les putschistes ont décidé qui étaient en marge de la société, qui étaient différentes, celles qui ne participaient pas aux modèles de femme que les rebelles voulaient rétablir et que la République avait tenté d’enterrer avec des lois telles que le droit de vote des femmes, la coéducation ou le divorce. » « Elles, les femmes appartenant ou proches du Front populaire sont devenues ‘les autres’, un grand groupe qui était enchaîné à la société et n’avait d’autre moyen d’entrer dans le modèle de société franquiste qu’en renonçant à son passé, en cachant ses idéaux et ses blessures. «
Ainsi, les discours de Franco lors des réunions de la Section des femmes montrent où allait le modèle de femme et de société promu par le catholicisme national, parfaitement défini dans le modèle de « l’ange du foyer ». Ce concept a été utilisé, par exemple, dans les pratiques sportives de la Section féminine, à l’exemple de films exaltant le nazisme comme Le Triomphe de la volonté de Leni Riefensthal. Cependant, l’un des outils essentiels à la fois dans la répression et dans la formation du nouveau régime, est l’appareil judiciaire légal qui a été développé. « Dans le cas de la franc-maçonnerie ou du communisme, la promulgation de la loi du 1er mars 1940 et la création du Tribunal du même nom impliquaient répression et propagande, puisque la coercition et la peur s’abattaient sur une société désemparée, délabrée après la guerre, sur laquelle il n’y a pas eu la moindre réflexion et les sentences de cette Cour ont été publiées dans les bulletins provinciaux comme un avis aux navigateurs », renchérit le professeur. Rappelez-vous que ce fut l’un des tribunaux de juridiction spéciale les plus durables, puisqu’il a duré jusqu’en 1963, fonctionnant à pleine capacité, de sorte qu’il n’a jamais cessé d’être dans l’imaginaire social et est devenu une perpétuelle épée de Damoclès qui, à tout moment, pourrait tomber sur les francs-maçons.
L’artiste connue sous le nom de Stella Margarita . DL
Les femmes de gauche étaient considérées comme des ennemies à combattre. Elles formaient un large collectif qui comprenait des républicains, des francs-maçons, des féministes, des anticléricaux, des libres penseurs, des intellectuels, des artistes, des ouvriers, des communistes, des anarchistes ou des enseignants. « La peur de la culture, des idées, de l’usage de la raison et de la libre pensée est l’une des caractéristiques des États totalitaires qui, avec la censure, permettent la création d’une société riche qui, peu à peu, se fond dans le régime, en supposant que l’absence de libertés est normale », explique Turrión.
Les femmes persécutées se sont tournées vers un modèle d’amélioration par l’instruction, tant dans la société profane que dans le monde maçonnique, et elles aspiraient à une société plus juste et égalitaire, où l’on considère qu’il ne devrait y avoir aucune différence entre les droits des hommes et des femmes et où l’aide et la charité constituent un pilier fondamental de leurs actions ; à son horizon se dessine une société où l’homme marche vers la perfection. Le chercheur souligne qu’il faut distinguer deux grands blocs de francs-maçons : d’une part, celles très préparées intellectuellement comme Rosario de Acuña, Aurora Bertrana, Carmen de Burgos ou Clara Campoamor. Elles écrivaient dans des journaux comme El País, elles vivaient de leur travail, elles étaient des féministes, des écrivains, des républicaines qui ont eu un travail et des répercussions énormes à leur époque.
Un autre groupe moins connu était plus orienté vers le travail social à travers les loges maçonniques et était moins préparé au niveau de l’instruction pédagogique mais il s’agissait de femmes intelligentes qui apportaient aux loges leur travail de gestion caritative ou aidaient à la création d’écoles laïques. Dans ce second groupe, les femmes de maçons abondaient.
Des filles jugées par le franquisme
Le livre révèle jusqu’à onze dossiers ouverts contre des femmes qui étaient des filles au moment où elles ont été admises à la loge en tant que lovetonas, c’est-à-dire des filles ou des garçons qu’une loge adoptée et prise en charge en grandissant, généralement une fille ou un fils de maçons. Dans ces affaires, et compte tenu du fait que les femmes étaient mineures au moment de l’acte pour lequel elles sont poursuivies, la procédure était classée provisoirement.
«Il n’y a pas de différence par rapport aux hommes dans le processus d’enquête ou dans l’audience du procès. Cet ‘ange du foyer’, faible qui, selon le modèle national-socialiste, doit être protégé, n’a pas comparu devant la Cour». En d’autres termes, il n’y a eu aucune considération ou amélioration de la peine infligée.
Sur les 300 femmes accusées d’être franc-maçons, trois ont été condamnées par contumace à 30 ans de réclusion criminelle et les dépens correspondants. Il s’agissait de Victoria Kent, Margarita Nelken et María Macías Pons. Seule cttee dernière était franc-maçonne. Sur les deux premières tombait la peine maximale pour le fait d’être députés et politiciens reconnus. La plupart des femmes ont été condamnées à 12 ans dont un an de prison ferme et les dépends y afférents . De nombreuses peines ont été commuées avec obligation de se présenter tous les dix jours pour signer au commissariat. « La plupart des encartadas avaient plus de 60 ans lorsqu’elles ont été arrêtées et beaucoup avaient entre 80 et 90 ans depuis qu’elles avaient rejoint la franc-maçonnerie à la fin du XIXe siècle », révèle María José Turrión, qui a salué le fait que certains d’entre elles étaient aussi solennellement pauvres et toutes malades lorsqu’elles sont venu témoigner, au point de devoir faire leur déposition alitées. « Sur les 300 femmes accusées d’être franc-maçonnes, il n’y en avait en effet 207 ».
Dans la pièce de cet ouvrage, le professeur révèle une phrase clé. « Je ne veux même pas que la racine de la franc-maçonnerie demeure », a déclaré Franco au cardinal Gomá dans une interview qu’il a eue avec lui en 1938. Et, en effet, la lutte contre cette institution a été brutale. En fait, elle a commencé en 1936 et s’est poursuivie jusqu’à la fin de la dictature. « Si la répression sommaire de plus de 25 000 accusés par la Cour de répression, de franc-maçonnerie et du communisme , a eu des conséquences profondes pour les hommes et leurs familles, dans le cas des femmes, un vecteur de genre fut introduit d’une importance inhabituelle », dit-il.
Ce n’est pas anodin, mais beaucoup de femmes victimes de représailles étaient des francs-maçons féministes, progressistes, publicistes, transgressifs, laïcs, républicaines qui, à travers la franc-maçonnerie, ont vu la possibilité de mener un combat en faveur des droits des femmes comme le droit au travail, à une certaine amélioration des conditions de travail… « Elles se sont battues pour le droit à l’éducation, et ont même participé à d’importants militantismes ouvriers, sans parler de la lutte pour le vote, et tout ceci protégé par l’institution et le réseau de sororité qui s’étendait entre les sœurs », se souviennent-elles. Pour toutes ces raisons, le régime franquiste les a contraintes au silence et elles ont vécu dans la peur et sans moyens financiers pour pouvoir se développer pleinement.
María José Turrión regrette qu’avec la faillite de ce monde, la génération suivante ait été privée des modèles de référence du progrès, du féminisme et de la mémoire démocratique, «un dommage qui s’est fossilisé dans la société et dont les effets sont encore visibles aujourd’hui dans la société actuelle « .
Penwith Lodge, dans la vieille ville portuaire de Hayle, a été le lieu du début du voyage maçonnique de Valentin Nicolae (Nick) Ilovan. La loge elle-même était remplie de francs-maçons de toute la Province pour assister à ce qui était une première pour la Franc-maçonnerie en Angleterre, alors que le membre Ben Evans dirigeait son partenaire Nic, né en Roumanie, à travers sa cérémonie d’initiation ainsi que la livraison de la charge après l’initiation et la présentation approfondie du tableau de recherche du premier degré.
Nick a ensuite déclaré : « Je tiens à remercier à la fois mon partenaire Ben et le Vénérable Maître, Anthony Wilkins, pour ce qui ne peut être considéré que comme une expérience vraiment merveilleuse, celle d’entreprendre mon initiation à la franc-maçonnerie. »
Bien qu’initialement craintif et réticent en raison de mon manque de connaissances et de compréhension de ce qui allait arriver, Ben a offert les conseils (et dans mon cas personnel, le confort) nécessaires pour être capable de traverser le processus avec un pied, une tête stables tenu haut et la voix ferme, au moins assez pour que je ne m’embarrasse pas devant ceux que je considérerais bientôt comme des Frères.
« Pour couronner la cérémonie, j’ai eu la chance de recevoir une allocution unique du Tyler qui, je pense, a été très utile pour mettre une grande partie de l’initiation en contexte pour moi. »
« La plus grande surprise de la nuit a probablement été celle d’être accueilli par un compatriote roumain, Robatzchi Dragos, qui était également membre d’une loge de Cornouailles. Cela a aidé à apaiser mes inquiétudes, sachant qu’il y avait quelqu’un d’autre présent qui est né dans le même pays et de la même culture que moi.
Ce fut toute une nuit, une que je n’oublierai pas de si tôt, une expérience que je chérirai à jamais et un groupe de personnes avec qui j’ai hâte d’interagir davantage à l’avenir. »
Ben a ajouté : « Pour moi aussi, cela s’est avéré être l’une des réunions les plus uniques de ma près de dix ans dans la franc-maçonnerie de Cornouailles. C’était une nuit de vraies premières, au sens littéral et métaphorique, et une nuit, j’espère, a beaucoup fait pour réaffirmer la franc-maçonnerie comme une force pertinente et adaptable pour le bien dans un monde moderne qui a trop souvent tendance à la rejeter. »
« Ce fut certainement une expérience très inhabituelle pour moi et pour la Loge, pour moi non seulement de pouvoir proposer mon propre partenaire comme Candidat, mais aussi d’entreprendre une grande partie de la cérémonie. »
« Pour moi, c’est très révélateur du fait que la franc-maçonnerie d’aujourd’hui est vraiment une société qui accepte tout le monde, sans distinction de race, de religion, d’orientation ou d’origine. »
Blason de la Province de Cornouailles.
« Certes, même au siècle dernier, il aurait été impensable dans la plupart des sociétés de voir deux hommes de nationalités différentes non seulement être ouverts avec d’autres Frères au sujet de leur relation, mais aussi être autorisés à rejoindre la même Loge. »
Le fait que Nick ait été accueilli non seulement chaleureusement, mais aussi avec beaucoup d’encouragements témoigne non seulement du chemin parcouru par la franc-maçonnerie par rapport à certaines sections de notre société, même aujourd’hui, mais aussi, et surtout, de la façon dont elle reste pertinente. force d’acceptation et d’égalité des chances pour faire le bien.
Venir d’une culture où la Franc-maçonnerie a aussi longtemps été anathème a naturellement conduit à quelques réserves chez Nick, comme il s’est appelé lui-même, mais encore une fois, l’accueil extraordinaire qu’il a reçu de Penwith, et de W. Bro. Wilkins, en particulier, a été d’une immense aide pour l’aider à naviguer et à comprendre ses préoccupations.
Bandeau du site Internet de la Province de Cornouailles.
Avant tout, Nick et moi pensons que le point principal que nous espérons que ceux à l’intérieur et à l’extérieur du Craft retiendront de cette expérience est que la Franc-maçonnerie à Cornwall est très loin d’être le stéréotype du club poussiéreux des vieux du 19ème siècle qui est trop souvent mis en avant par les détracteurs.
C’est une société dynamique composée d’une composition diversifiée, c’est une société pertinente qui n’a pas peur de s’adapter avec son temps, mais c’est surtout une société qui vous acceptera vraiment pour ce que vous êtes, qui que vous soyez, et vous soutiendra jusqu’au bout dans le but de faire le bien, ce qu’il a amplement démontré dans ce cas.
Misraim Memphis Rites de la franc-maçonnerie : aperçu historique et signification contemporaine
Introduction:
Les rites Misraim Memphis de la franc-maçonnerie, souvent appelés rite ancien et primitif de Memphis-Misraim, sont une branche unique et ésotérique dans le paysage plus large de la franc-maçonnerie.
Dans l’imagerie de l’Égypte antique, l’Œil oudjat est un symbole protecteur représentant l’Œil du dieu faucon Horus.
Cet article plonge dans l’histoire des Misraim Memphis Rites, met en lumière certains de ses membres célèbres, examine sa relation avec la franc-maçonnerie régulière, discute du processus d’adhésion et explore les articles de presse récents liés à cet ordre maçonnique intrigant.
Ancient and Primitive Rite of Memphis-Misraïm.
Contexte historique : Les origines des rites Misraim Memphis remontent à la fin du 18e siècle, lorsque la franc-maçonnerie subissait des changements importants. En 1774, le Rite de Misraïm a été établi en France, s’inspirant du symbolisme égyptien et incorporant des éléments d’anciennes écoles de mystère. Par la suite, le Rite de Memphis voit le jour en 1815 sous l’impulsion de Jacques-Etienne Marconis de Nègre. Ces deux rites ont finalement fusionné au milieu du XIXe siècle pour former le Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm.
Memphis-Misraïm.
Membres célèbres : Tout au long de son histoire, les Misraim Memphis Rites ont attiré des personnalités de divers horizons. Un membre éminent était le célèbre occultiste et auteur, Aleister Crowley. Crowley, connu pour son association avec de nombreux ordres ésotériques, a rejoint les Misraim Memphis Rites et a joué un rôle important dans sa promotion au début du XXe siècle. Une autre figure influente associée à cet ordre maçonnique était John Yarker, un occultiste et auteur britannique qui a été le Souverain Grand Maître du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraim.
Tablier VM.
Relation avec la franc-maçonnerie régulière : Les rites Misraim Memphis ont une relation complexe avec la franc-maçonnerie régulière. Alors que la franc-maçonnerie régulière adhère à un ensemble de rituels et de traditions établis, les rites Misraim Memphis intègrent des diplômes supplémentaires et des enseignements ésotériques qui ne font pas partie du système maçonnique reconnu. Cela a conduit à des perspectives variées au sein de la communauté maçonnique, certains considérant les rites Misraim Memphis comme une branche irrégulière ou clandestine, tandis que d’autres les considèrent comme une voie alternative d’exploration maçonnique.
Isis avec des ailes déployées.
Rejoindre les rites Misraim Memphis : Devenir membre des rites Misraim Memphis implique un processus similaire à celui de la franc-maçonnerie ordinaire. Les membres potentiels doivent généralement exprimer leur intérêt à une loge ou à un organisme reconnu pratiquant les rites Misraim Memphis. Comme la franc-maçonnerie ordinaire, un candidat doit répondre à certains critères d’éligibilité, comme être un homme d’âge légal, de bonne moralité et croire en un être suprême. Les cérémonies d’initiation et les diplômes au sein des rites Misraim Memphis sont connus pour leur riche symbolisme et leurs enseignements ésotériques, offrant aux membres une expérience maçonnique unique et profonde.
Articles de presse récents : il y a eu peu d’articles de presse traitant spécifiquement des développements récents au sein des Misraim Memphis Rites. Cela est probablement dû à la nature secrète de l’ordre et à sa taille relativement plus petite par rapport à la franc-maçonnerie ordinaire. Cependant, il convient de noter que le paysage plus large de la franc-maçonnerie a connu un intérêt et une exposition publique accrus ces dernières années, diverses organisations et loges s’efforçant de s’adapter à l’évolution du paysage sociétal tout en préservant leurs valeurs fondamentales et leurs traditions.
Sphinx, créature légendaire ayant la tête d’un humain, d’un faucon, d’un chat ou d’un bélier et le corps d’un lion avec, dans certaines versions du mythe, les ailes d’un aigle.
Conclusion : Les rites Misraim Memphis de la franc-maçonnerie offrent un chemin distinct et ésotérique au sein du monde maçonnique. Enracinée dans le symbolisme de l’Egypte ancienne, cette branche a attiré des notables et contribué au développement de l’occultisme et des traditions ésotériques. Alors que sa relation avec la franc-maçonnerie régulière est débattue, les rites de Misraim Memphis continuent d’intriguer et de captiver ceux qui recherchent une approche plus profonde.
De notre confrère midnightfreemasons.org – par Midnight Freemason Contributor – Philippe Welshans
Un groupe de maîtres maçons parle de sujets d’intérêt maçonnique, chacun de son point de vue unique. Vous trouverez un large éventail de sujets, y compris l’histoire, des anecdotes, des voyages, des critiques de livres, de bonnes citations et, espérons-le, un peu d’humour sur des sujets d’intérêt pour les francs-maçons et ceux qui s’intéressent au sujet de la franc-maçonnerie.
Il y a une vieille histoire qui est censée provenir de poètes soufis tels que Rumi, et qui a été transmise aux lecteurs occidentaux via les traductions du Rubaiyat d’Omar Khayyam qui raconte l’histoire d’un roi dans un royaume oriental il y a longtemps qui a offert une grande récompense. si quelqu’un pouvait lui dire un morceau de sagesse qui durerait dans les bons et les mauvais moments. Il existe différentes versions de cette histoire, mais elles sont toutes centrées sur ce roi et sa recherche d’une sagesse durable. Finalement, il demande à un homme connu pour sa sagesse d’aller réfléchir à cette demande et s’il pouvait fournir au monarque une grande érudition, il serait grandement récompensé.
L’homme s’en va et revient quelque temps plus tard à la cour pour présenter au roi sa perspicacité. La version traditionnelle de cette histoire indique qu’il a remis au roi une petite boîte et quand elle a été ouverte, elle a révélé un petit anneau avec une inscription autour de la bande extérieure. Le roi était perplexe et demanda, incrédule, « Est-ce que c’est ça ?« . L’homme hocha la tête et dit: « Mettez la bague à votre doigt et lisez l’inscription.«
Le roi l’a fait, en lisant: « Cela aussi passera. »
L’homme a dit: « Portez toujours cette bague et lisez l’inscription fréquemment. Ainsi, dans les moments de grande fortune et de grande tristesse, vous vous souviendrez toujours que ces temps sont éphémères et que cela aussi passera.«
Le roi a été très impressionné par la sagesse de l’homme qui durerait toute la vie et lui a donné sa récompense.
Cette histoire a duré des milliers d’années d’histoire humaine et a été référencée par de nombreux grands penseurs et orateurs. Abraham Lincoln a raconté cette histoire dans un discours prononcé à la foire de l’État du Wisconsin avant d’être élu président des États-Unis. Le sujet était censé être l’agriculture, un sujet digne de la plupart des foires d’État, mais Lincoln a emprunté une voie moins directe dans son discours. Il a utilisé l’histoire pour illustrer l’impermanence de la vie, dans ce cas, pour les agriculteurs qui pourraient profiter d’une récolte exceptionnelle une année et d’une sécheresse ou d’une maladie l’autre. Dans les deux cas, ces moments ne durent pas éternellement, et se souvenir de cela peut apporter la chasteté dans les bons moments et le réconfort dans les mauvais.
Pour nous en tant que maçons, la morale de cette histoire est résumée dans le symbole du sablier de la conférence Master Mason. En tant qu’emblème de la vie humaine, nous pouvons facilement voir « à quelle vitesse les sables coulent et à quelle vitesse nos vies se terminent! » Alors que dans le présent, nous pouvons être tentés de penser que les moments difficiles que nous traversons ou la grande fortune dont nous jouissons dureront pour toujours, le sablier nous dit que ce n’est qu’une illusion, semblable à la façon dont les sables dans le sablier passent presque imperceptiblement à travers la machine . Une journée peut sembler durer une éternité, mais le temps passe et à la fin, prouve que tout est temporaire.
Cela m’a récemment été rappelé lorsque ma fille a eu 4 ans. Nous avons organisé sa fête d’anniversaire un samedi après-midi récent. Nous avions décidé d’en faire une explosion parce que ses trois premiers anniversaires ont été modérés en raison de la pandémie. Nous avons invité des amis le matin/l’après-midi et avons prévu un bon dîner en famille le soir. À un moment donné cet après-midi-là, nous avions 26 tout-petits et leurs parents sur notre pelouse en train de manger des pizzas et des cupcakes, de se faire maquiller (les enfants, pas les parents !), De rebondir les uns sur les autres comme des astéroïdes en collision dans la maison gonflable que nous avons louée, et devenir fou quand le poney que nous avions réservé s’est présenté habillé comme une licorne. Elle avait choisi une fête sur le thème de la Reine des neiges et nous avons une photo d’elle sur la licorne habillée comme Elsa, le visage peint, pieds nus depuis la maison gonflable.
Le week-end a été un flou de préparatifs frénétiques, courant vers Party City (plusieurs fois), ramassant de la nourriture, organisant des jeux et priant pour que la pluie torrentielle de vendredi se termine samedi (c’est le cas). La fête elle-même était chaotique avec tous les enfants, et j’avais l’impression que c’était à la fois les deux heures les plus longues et les plus courtes de ma vie. Mais ce soir-là, après que nous ayons dîné et que nous nous soyons réunis autour de la fille dont c’était l’anniversaire pour lui chanter « Joyeux anniversaire », je pense qu’à un niveau subconscient, la leçon du sablier et l’histoire du roi m’ont atteint. La vie est impermanente et elle n’aura plus jamais de fête pour son 4e anniversaire. La folie et la magie de cette journée resteront longtemps dans les mémoires, mais ne reviendront jamais. Le stress des jours précédant la fête, le chaos de la fête elle-même, et la joie de la voir entourée de sa famille venue juste pour la voir et fêter avec elle, n’est que passagère. Ces moments, bons et mauvais, s’écoulent presque imperceptiblement, et pourtant, on est surpris de constater qu’en l’espace d’une petite heure, ils sont tous épuisés.
C’est une leçon douce-amère que nous tirons du sablier dans la conférence. La vie est pleine de bons et de mauvais, mais rien de tout cela ne dure éternellement. Donc, nous devrions chercher à profiter du premier tant qu’il est là, et nous attacher au second tant qu’il persiste. Car cela aussi, nous le savons, passera.
Le rituel, c’est d’abord un livre qui contient les rites et puis c’est devenu un synonyme du rite, de sorte qu’aujourd’hui les mots s’interchangent.
Les francs-maçonnes et les francs-maçons lorsqu’ils se réunissent utilisent un des rituels maçonniques existant. C’est grâce à lui, quand il joue pleinement son rôle, que les participants conservent généralement en souvenir une forte émotion de ce qui s’est passé lors d’une tenue.
Cette manière de faire n’est pourtant pas spécifique à la franc-maçonnerie.
Depuis l’antiquité, les êtres humains utilisent des rituels.
Les rituels sont utilisés soit dans le cadre de réunions soit de façon personnelle.
Tous les modes de réunion peuvent être concernés ; on décrit par exemple des rituels funéraires pour les enterrements, des rituels d’exorcisme ou des rituels d’initiation ; c’est ainsi qu’il y a des milliers de rituels possibles.
Le rituel peut être très simplifié, comme une manière de se dire bonjour, ou très complexe avec différents temps et des participants plus ou moins nombreux !
Le rituel n’est pas réservé aux rencontres ésotériques ; on le retrouve dans toutes les activités humaines ; par exemple dans le sport, le repas, la danse, etc.
On peut pratiquer un rituel seul ou en groupe !
Le rituel peut être associé à la Paix ou à la Guerre, à l’amour ou à la haine !
Toutes les sociétés humaines fonctionnent avec des rituels, quel que soit le pays, la culture, riche ou pauvre, homme ou femme !
Nombreux sont aussi les rituels utilisés par des personnes à titre personnel ; l’exemple le plus connu est le rite du lavage des mains mais il y en a une multitude. A un stade pathologique cela devient une obsession.
Le rituel aide, apporte et constitue un espace-temps ! Comme il est connu par le groupe qui le pratique, chacun connaît les codes qu’il utilise ainsi que les accessoires qu’en franc-maçonnerie on appelle les symboles ! Le rituel rassure celles et ceux qui l’utilisent.
Cinq questions méritent des réponses :
Peut-on s’en passer ?
Le contenu du rituel joue-t-il un rôle ?
Comment agit-il ?
Les rituels maçonniques ont-ils une particularité ?
Comment permettre au rituel de jouer son rôle ?
Peut-on s’en passer ?
Claude-Marie Dupin dans un article de la revue « Actualités en analyse transactionnelle » y répond indirectement :
« Il y a plus de 30 ans, j’ai eu la chance de rencontrer Margaret Mead, la psychologue et anthropologue américaine, qui, dans ses études de diverses civilisations (civilisations d’Océanie dites « traditionnelles »), s’est particulièrement intéressée à l’importance des rituels dans la construction de l’identité, comme apportant le contexte culturel indispensable à l’existence signifiante de l’homme. Le rite et les rituels constituent le ciment des groupes humains ; ils donnent le cadre qui va permettre de marquer d’une façon stable les passages importants de la vie avec leur entrée et leur sortie. Ils vont manifester les racines du groupe et l’appartenance de chacun à ses racines. »
Pascal nous offre une autre réponse :
En vérité, il est toujours possible de s’en passer mais c’est le plus souvent pour y revenir ; l’exemple typique en sont les funérailles non religieuses : la fadeur, le manque de solennité et le peu d’émotion aboutissent généralement à réinventer un rituel qui accompagnera un nouvel événement.
Le contenu du rituel joue-t-il un rôle ?
On pourrait le croire tant, pour une même fonction, les rituels sont nombreux.
Mais l’expérience montre qu’en réalité le contenu n’a qu’un rôle accessoire ; pour illustrer ce propos on peut citer l’exemple de la messe en latin pour les catholiques ; en introduisant la messe dans les langues nationales, l’église catholique a cru que cela améliorerait la connaissance de la liturgie ; en fait cela a entraîné une importante déception chez des fidèles qui bien que ne connaissant pas le latin s’étaient appropriés les différents temps du rituel.
Sigmund Freud remarque à ce sujet que « L’homme pieux exerce généralement le cérémonial religieux sans s’interroger sur la signification de celui-ci, même s’il est vrai que le prêtre et le chercheur peuvent être au fait du sens du rite, la plupart du temps symbolique. »
Dans ce chapitre, se pose la question de la réflexivité du rituel ! (voir schéma ci-dessous)
Il est de coutume d’expliquer la fonction du rituel à partir de quatre éléments :
la très grande régularité d’un fonctionnement qui accompagne une socialisation;
la répétitivité des gestes, des paroles, des codes mis en place qui favorisent un apprentissage ;
l’identité formelle des situations dont les enjeux ne varient pas et qui constituent des repères sûrs, même si les contenus évoluent ;
les contraintes claires, des règles bien posées et respectées par tous.
Les rituels jusque dans l’entreprise
Makeba Chamry, co-autrice du livre « Les Rituels en entreprise », explique dans une interview au journal « Les Echos » :
« C’est encore une discipline expérimentale qui émerge partout dans le monde. J’ai travaillé avec des chercheurs de l’université de Stanford sur le sujet. Quatre familles de rituel répondant aux problématiques des travailleurs ont été identifiées : la célébration, la cohésion, la création et les rituels de passage. Il s’agit d’accompagner les transitions pour éviter l’accumulation et le burn-out. L’objectif d’achever un projet, tirer un bilan et faire de la place pour ce qui va arriver. »
Des rituels pour valoriser la réussite :
« Show your stuff » : dégager un sens à une production ;
« Utalk » : rituel de partage d’une réussite.
« University » : organiser des ateliers d’apprenants.
N’est-il pas surprenant de voir que dans certaines obédiences on se crêpe le chignon pour savoir si les tenues doivent être symboliques ou sociales alors que dans l’entreprise, les gestionnaires se voient proposer des rituels fondées sur la mise en valeur d’un contenu symbolique ?
Les rituels maçonniques ont-ils une particularité ?
La spécificité des rituels maçonniques est liée à leurs objets ; ils correspondent à un espace temps symbolique particulier : il y aura des rituels pour l’initiation, d’autres pour des réunions correspondant à un changement de degré (ou grade) ou par exemple un rituel particulier pour une tenue funèbre.
Si on devait leur trouver une particularité, on pourrait la trouver dans le caractère institutionnel du rituel dans la dynamique maçonnique considérée comme une activité non religieuse.
Si on analyse l’ensemble des rites maçonniques, on pourrait, en considérant les plus importants d’entre eux, les classer dans la catégorie des rites funéraires. Tout se passe comme si l’initiation maçonnique offrait à l’âme du défunt (symbolisé par Maître Hiram) une réincarnation dans le nouvel initié. A la réception du profane, on l’évoque pas, mais tout prend ce sens avec l’élévation à la maîtrise. Naturellement, les « side degrees » ont voulu « effacer » ce sens !
L’intérêt du rituel n’est accessible que si certaines conditions sont réunies :
La connaissance du rituel par les officiants : l’idéal c’est de le connaître par cœur comme au rite Emulation ; voir des officiants lire leur « partition » sur un bout de carton ne fait pas très sérieux ! La connaissance sur « le bout des doigts » permet aussi aux officiants de donner une tonalité à la diction ;cela facilite aussi la régularité et la répétition dont on a vu qu’elles jouaient un rôle très important.
L’appropriation du rituel par les participants ; même si les participants ne jouent pas un rôle actif dans la réalisation du rituel, le suivi qu’ils apportent est un élément important; un rituel qui n’est suivi que par une partie des membres de l’assemblée perd beaucoup d’influence dans sa fonction ! Il ne joue plus son rôle. C’est une constatation très fréquente.
Un contenu adapté à la fonction associée ; le contenu concerne à la fois la gestuelle et le commentaire qui y est associé. Dans le cas des rituels maçonniques, les contenus et la gestuelle ont su traverser les siècles malgré les évolutions sociétales.
Et surtout bien veiller à ce que chaque rituel ait un sens ! La question se pose pour la tenue sans ordre du jour particulier ; les rituels utilisés concernent l’ouverture et la fermeture des travaux. Bien souvent, c’est devenu une routine sans odeur ni saveur ! Redonner un sens à ces deux temps nécessite un peu d’imagination ; c’est indispensable !
En conclusion
Il est clair que le rituel est ambivalent ; d’un côté il donne une dynamique au groupe et d’une autre manière il peut susciter un rejet voire une réaction pulsionnelle agressive.
En loge, nous avons la chance de posséder un merveilleux outil mais en réalité parfois, tout se passe comme s’il n’était plus adapté à un vécu et qu’il devenait un repoussoir !
Alors que le monde de l’entreprise le redécouvre, nous, nous avons parfois tendance à ne plus le comprendre !
En réalité, le rituel est un outil symbolique, une sorte de levier qui peut nous propulser, comme une énergie, et nous aider à vivre, à inventer et à créer !
A chacun de comprendre comment se le réapproprier dans son parcours initiatique.
C’est aussi une garantie de cohésion de la loge lorsqu’il est bien utilisé !
Nous les maçons visons l’universalisme humain. Nous n’en sommes pas loin, mais les derniers obstacles seront ardus.
Nous les maçons sommes tendus vers l’universalisme : nous souhaitons être le centre de l’union. Le marchepied qui devrait nous aider puissamment à monter vers cet idéal s’appelle fraternité. Nous observons quelques frémissements positifs çà et là : la solidarité qui se manifeste lors des événements naturels douloureux, par exemple.
Mais bien sûr, il y a aussi de grosses nappes de pessimisme qui viennent refroidir les enthousiasmes. Dans le nombre il y a de nombreux aquoibonistes, convaincus que la nature humaine est désespérément prisonnière de ses démons.
Ignorance, fanatisme, hypocrisie, ça vous rappelle quelque chose ?
Une difficulté à s’améliorer, comme individus mais aussi comme collectivité humaine, vient de ce que notre capital génétique compte pour la moitié de notre intelligence et de nos comportements. Et ce capital génétique se modifie infiniment plus lentement que nos technologies et nos sociétés. Nous avons donc des réactions inadaptées dans plein de situations : sapiens se promène avec une grande partie du génome de son ancêtre du paléolithique .
Les religions, auxquelles on peut reprocher deux trois trucs, ont tout de même essayé de contribuer à l’œuvre civilisatrice qui a permis la réduction des taux de violences entre humains. Ne nions cependant pas que ces avancées sont fragiles et qu’il reste toujours beaucoup de chemin à parcourir, entre autres du fait de notre génome archaïque.
« Aime ton prochain comme toi-même », lit-on dans le nouveau testament.
Extraordinaire : il faut non seulement défendre sa petite famille et son clan, mais un cercle plus grand . Agrandir le cercle de l’empathie, voilà un super moyen de progresser ! Côté maçons, commençons par les sœurs et frères , puis rayonnons par l’exemple.
Les psys et sociologues se sont penchés sur la question. Résultat des courses : oui, sans grands efforts on devient attentifs à son prochain, et on peut même agrandir le cercle.
Mais, patatras, ze bad news arrive. Il y a comme un vase communiquant d’empathie, façon je gagne, tu perds. Il y a une forte corrélation entre l’intensité de l’empathie et la ressemblance avec nous des personnes qui vont déclencher notre compassion. C’est presque comme si l’amour tendre vers une personne ou groupe devait être « compensé » par une indifférence voire une haine envers d’autres !
Les psys ont nommé ce phénomène l’altruisme paroissial.
Mais ne sombrons pas tout de suite dans la dépression. En effet, notre altruisme paroissial a évolué au cours du temps : au lieu d’être limités à un cercle d’empathie restreint, nous arrivons depuis quelques siècles à s’identifier à une nation qui est un très grand groupe, au point même de pouvoir se sacrifier ! A l’échelon nation nous arrivons plus ou moins à accepter une règle commune. Il ne nous reste qu’un degré à gravir, un dernier élargissement à réussir pour atteindre l’universalité ! Il s’agit de passer de l’échelon nation à l’échelon « humanité » ( et pourquoi pas « vie » ? ) .
Quels sont alors les obstacles restants pour y parvenir ? Bon, déjà, il faut se rappeler que l’échelon nation a fait couler des fleuves de sang au 20e siècle . C’est bien l’altruisme paroissial qui faisait clamer « Gott mit uns ! » Après la dernière guerre mondiale nous avons rêvé de tordre le cou définitivement au racisme.
Force est de constater que la bête rôde toujours, avec des variantes diverses mais toujours clivantes.
Supposons qu’on arrive à agrandir le cercle d’empathie jusqu’à englober de manière stable toute l’humanité. Le souci est alors qu’on n’a plus le droit de mettre aucun humain ou groupe dans la position du bouc émissaire. Analysons où nous en sommes. D’abord, de nombreux pays vivent dans des dictatures. Cela donne un air de cohérence à leur démarche, mais bien sûr cet aspect n’est que superficiel, obtenu par la contrainte des populations. Et si nous regardons les pays démocratiques, tous subissent des ingérences des anti-démocrates visant à les affaiblir. Ils sont de plus tiraillés de l’intérieur par des minorités actives jouant de leur statut de victimes ( parfois justifié ) .
A propos des grandes nations démocratiques, il faut signaler qu’elles se comportent comme des entités complexes . Chaque humain est un individu certes, mais l’ensemble de la société, tout en étant contraint par les limites de l’humain, se comporte comme un organisme vivant autonome, vie matérialisée par les millions de micro-décisions prises par chacun des membres. C’est de cette manière que vit une colonie de fourmis : tout se passe comme si la colonie prenait ses décisions après réflexion. Ce que nous devons retenir ici, c’est que l’humanité dans sa globalité se comporterait d’une certaine façon, qui n’est pas forcément ce qu’un gouvernement déciderait…
Bref, l’universalisme, on y est presque, mais on ne sait pas quand on y arrivera.
S’il y a nécessité d’accélérer, par exemple pour cause d’urgence climatique, ce ne sera possible que si la souffrance devient forte.
Nos maîtres vénérés qui autrefois formaient la chaîne d’union avaient raison de proclamer le cheminement est plus important que l’atteinte du but.
De plus, les psys comme Thierry Ripoll concluent que le cerveau humain est mal équipé pour gérer un état stable : depuis le néolithique nous avons appris à aimer la compétition, et à accepter l’inégalité qui va de pair avec la compétition. Qui plus est, il a été montré que la compétition pour le droit de transmettre ses gènes est bénéfique à la survie de l’espèce. C’est sans doute pour ces raisons que nous craignons l’ennui plus que tout. Cela nous rappelle le Meilleur des Mondes : le « sauvage », élevé dans le romantisme de Shakespeare, est flamboyant et animé, alors que les « civilisés » se traînent et se voient administrer des psychotropes dès qu’un peu d’émotion les étreint.
Allez, arrêtons de gémir et espérons : on observe que la cadence des changements civilisationnels a beaucoup crû !