Le jeudi 10 août, les membres de la Loge « Juan Antonio Ríos » n° 178 de Concepción, avec le soutien de la Loge « Melipulli » n° 215 de Puerto Montt, ont apporté de la joie aux élèves de l’école Colico Bajo de la Commune de Santa Juana, profitant des festivités de la Journée des Enfants.
La Loge « Juan Antonio Ríos » n° 178 entretient un lien particulier avec l’école et cherche toujours à aider et à être proche de la communauté éducative. Cette fois, ils ont organisé un programme pour toute la journée, commençant par le don de livres à l’école, suivi d’une visite au zoo de Concepción, d’un déjeuner dans un restaurant local et d’activités récréatives, dont un dessin animé au cinéma.
Les enfants et la communauté scolaire ont reçu les membres de la Loge Juan Antonio Ríos n° 178 avec petit-déjeuner avant de commencer les activités. Les membres de l’atelier, René Vidal, Alfredo Shima et Mauricio Soto, étaient chargés de planifier le programme et de tout coordonner pour que les enfants passent une journée spéciale. Le Vénérable Maître de la Loge « Juan Antonio Ríos », Ariel Manquez Godoy, a déclaré qu’il est important de continuer à soutenir l’École Colico Bajo, car ces actions sont des moments d’amour et d’affection pour les enfants, qu’ils chérissent comme d’heureux souvenirs.
La franc-maçonnerie célèbre la journée des enfants à l’école Santa Juana
Si pour le commun des mortels, la réduction du temps de travail (RTT) est le dispositif qui prévoit d’attribuer des journées ou des demi-journées de repos à un salarié dont la durée de travail est supérieure à 35 heures par semaine, pour le franc-maçon – qui ne s’arrête jamais de travailler – il est donc temps de remettre son tablier. Même si le fait de travailler en Loge, une ou deux fois par mois, permet de faire une pause, une respiration, par rapport à la vie profane et son lot de soucis.
Templo Hyerosolimitani – Wikimedia Commons.
Mais la franc-maçonnerie a, dès 1848, travaillé « à l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’Humanité » (Constitution GODF ; Principes Généraux de l’Ordre Maçonnique, Art. 1er, éd. 2016/2017).
André Combes.
Pour cela, appuyons-nous sur les écrits du professeur agrégé d’histoire, auteur d’ouvrages sur la franc-maçonnerie et membre du Garnd Orient de France, André Combes pas dans le numéro 256 d’Histoire (juillet-août 2001) consacré aux « Les Francs-Maçons » :
« Février-juin 1848. La République maçonnique – S’il y a eu une république maçonnique, c’est bien en 1848 ! Pendant quelques semaines, le nouveau régime a été influencé par la Franc-Maçonnerie. Qu’il s’agisse des hommes qui l’ont soutenu. Ou des idéaux qui l’ont animé. »
D’ailleurs, peu après la révolution de février 1848, l’une des premières décisions du gouvernement provisoire pour résoudre la question sociale est l’adoption du décret du 2 mars 1848, qui fixe la durée maximale de la journée de travail à dix heures à Paris et onze heures en province. Ce décret proclame :
« Considérant qu’un travail manuel trop prolongé non-seulement ruine la santé du travailleur, mais encore, en l’empêchant de cultiver son intelligence, porte atteinte à la dignité de l’homme ; – Le gouvernement provisoire de la République décrète : 1° la journée de travail est diminuée d’une heure ; en conséquence à Paris, où elle était de onze heures, elle est réduite à dix ; et en province, où elle avait été jusqu’ici de douze heures, elle est réduite à onze ».
Et comme cette année vous n’avez sans doute pas fait vos cahiers de vacances, nous vous invitons à réviser la chronologie maçonnique…GRATUITEMENT ! Cela peut toujours servir.
Pour mémoire, notez que dans le passé les cours maçonniques existaient et ce dès le XIXe siècle, avec les Cours pratique de Franc-Maçonnerie publié sur la demande et sous les auspices de la RL Isis-Montion, au premier garde et à celui de compagnon aussi, par le F C Dupontés, Paris, Chez l’auteur, au Bureau de l’Encyclopédie Maçonnique, rue St-Denis, 279, près des Bains St-Sauveur, 1843. L’auteur étant Jean-Baptiste Chemin-Dupontès, (1760- c.1852). Des opuscules (environ 86 pages), annoncés comme des suppléments à L’Encyclopédie Maçonnique.
Ou encore avec le Cours Complet de Maçonnerie ou Histoire générale de l’Initiation, depuis son origine jusqu’à son institution en France du Dr Pierre-Gérard Vassal (Paris, Chez l’auteur, 1832)…
Cette chronologie des évènements maçonniques est proposée par Dialogue & Démocratie Suisse (D&DS), une ONG avec un statut consultatif à l’ECOSOC, ONU (New York, Genève) depuis 2012. Elle est une association à but non lucratif et neutre sur les plans politiques, philosophiques et religieux. D&DS se veut le gardien des valeurs démocratiques dans le sens le plus noble.
Nous n’avons pu résister au plaisir de partager le symbolisme de son blason. Par sa couleur violette dans la circonférence, il représente le prologue de la constitution suisse de 1848 qui signifie que le peuple suisse est uni par une transcendance qui érige le bien commun dans une surconscience active. Le triangle équilatéral signifie l’égalité des pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires. Le petit cercle central confirme que l’altérité humaine se conjugue dans une harmonie des contraires exprimée par le dialogue dans le Yang et la démocratie dans le Yin reliés pour l’éternité dans la lettre S qui symbolise la Sagesse. Le blanc à l’intérieur du logo exprime la pureté des actions lorsqu’elles obéissent aux symboles décrits ci-dessus.
Jérusalem avec le Temple de Salomon – Wikimedia Commons.
Une chronologie qui débute avec la construction du Temple de Salomon et se termine en 2005. Un très instructif dossier du au talent de Jean-Claude Von Laufen.
C’est au cœur de la capitale des Carnutes, Chartres – préfecture du département d’Eure-et-Loir, dans la région Centre-Val de Loire –, surnommée « Capitale de la lumière et du parfum », que nous vous transportons en ce vendredi 1er septembre.
Non pas pour une visite de son église cathédrale qui a été le siège de plusieurs conciles et reste le lieu d’un pèlerinage annuel, mais pour une bien plus modeste demeure, mais tout aussi noble, située rue du Repos, au 22 ! Petit trésor de l’art naïf, cette maison est, à jamais, éternelle. De par la volonté d’un homme : Raymond Isidore.
La cour noire.
« Pierre par pierre, je bâtirai ma maison… »
Paraphrasant l’Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (chapitre 16, versets 13 à 23) « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église », M. Isidore a, à sa façon, laissé aux générations futures, avec sa Maison Picassiette, un exemple d’architecture naïve constituée de mosaïques de faïence et de verre coulées dans le ciment. À l’ombre de la cathédrale de Chartres, cette maison dépend désormais du musée des Beaux-Arts de la ville.
M. Raymond Isidore.
Issu d’un milieu modeste, Raymond Isidore s’installe dans une petite maison dans le quartier chartrain de Saint-Chéron. Pour l’anecdote, saint Chéron est un romain dénommé Caronus (devenu Chéron) qui, après de brillantes études à Rome, se convertit au christianisme et vint en Gaulle via Marseille pour prêcher la foi chrétienne.
Cathédrale de Chartres, la baie 15, détail.
Assassiné par des brigands – trois ? – sur la route d’Ablis à Chartres le 5 des calendes de juin en l’an 98 après Jésus Christ, il fut canonisé à Chartres vers l’an 800. La cathédrale de Chartres, née de l’esprit d’un homme, et qui offre une vision vers Dieu, par Marie, possède, hasard ou Divine Providence, une verrière, la baie 15, sur saint Chéron… Située dans la Chapelle des Confesseurs ou de Saint-Nicolas, la verrière reproduit des tailleurs de pierre, des maçons et des sculpteurs, tous donateurs, qui sont, bien évidemment, représentés au premier plan !
M. et Mme Isidore.
Lors de ses promenades, il prend l’habitude de ramasser des morceaux de verre et de faïence qu’il transforme en mosaïques pour embellir sa maison.
Petit à petit, il en recouvre les murs, intérieurs et extérieurs, ainsi que les meubles et les sols. Seule la taille de son terrain semble alors limiter la créativité du « Picassiette ».
Parvenus jusqu’à nous, les décors imaginés et créés par Raymond Isidore ne peuvent qu’émerveiller. Par leur diversité et leur nombre tout d’abord, par la somme de travail qu’ils ont demandé ensuite, mais surtout par leur capacité à nous rendre contemplatifs.
Raymond Isidore est à l’origine de l’une des réalisations d’architecture spontanée parmi les plus marquantes et enchanteresses.
Pendant plusieurs décennies, le « Picassiette », surnommé ainsi par dérision, va progressivement recouvrir entièrement sa maison, ses meubles et même ses objets de faïences, de débris de verre et de vaisselle. Il peint et recouvre de mosaïques multicolores tous les espaces, des sols au plafond, ainsi que son jardin.
Raymond…
Homme simple et de condition très modeste, sans instruction, solitaire, Raymond Isidore est un personnage hors du commun, à la fois, architecte, bâtisseur, peintre et mosaïste.
Un parcours modeste
Il est né à Chartres le 8 septembre 1900 au sein d’une famille plus que modeste, septième d’une fratrie de huit enfants. Il connaît peu son père parti travailler loin de son foyer et sa mère ne lui apporte pas la tendresse dont tout enfant a besoin. Il reçoit une formation scolaire rudimentaire et exerce plusieurs métiers (mouleur de fonderie, employé aux chemins de fer, accessoiriste au théâtre municipal…). Il change souvent d’emploi, instable et révolté par toute injustice. En 1935, il est embauché comme cantonnier par la ville de Chartres ; il sera affecté comme balayeur au cimetière Saint-Chéron à partir de 1949 et y restera jusqu’à sa démission en 1958.
… et Adrienne.
Une vie de famille tranquille
En 1924, il épouse Adrienne Rolland née Dousset, son ainée de onze ans, alors veuve et mère de trois enfants. Il devient propriétaire en 1929 d’un terrain rue du Repos sur lequel il va avec l’aide de ses deux beaux-fils Michel et Bernard Rolland, construire une maison.
Trois pièces seulement constituent cette demeure : une cuisine/salle à manger, un petit salon exigu et une chambre. Raymond Isidore ne pense alors aucunement à la décorer de quelque manière que ce soit.
L’œuvre du hasard
Il commence son œuvre en 1938, par l’intérieur de la maison et, d’une certaine manière, par hasard, comme il le dit lui-même : « J’ai d’abord construit ma maison pour nous abriter. La maison achevée, je me promenais dans les champs quand je vis par hasard, des petits bouts de verre, débris de porcelaine, vaisselle cassée. Je les ramassais sans intention précise, pour leurs couleurs et leur scintillement. J’ai trié le bon, jeté le mauvais. Je les ai amoncelés dans un coin de mon jardin. Alors l’idée me vint d’en faire une mosaïque, pour décorer ma maison. Au début je n’envisageais qu’une décoration partielle, se limitant aux murs. »
La chapelle.
Une passion reconnue
Chaque jour, il parcourt des kilomètres à la recherche de débris, il devient le pique-assiette (Picassiette). Son personnage devient fameux, parfois raillé. Pour créer ses décors, il s’inspire de ses rêves. Il travaille à ses créations le jour et quand vient la nuit, à la lumière d’une lampe torche.
D’abord dédaigné par ceux qui le connaissaient, parfois littéralement pris pour un fou, Raymond Isidore a cependant de son vivant la satisfaction de voir son travail reconnu. Il fait d’abord visiter sa maison avec plaisir.
Un univers croissant
Pendant la seconde Guerre mondiale, il travaille dans un entrepôt de charbon. Cette triste période le conduit plusieurs mois à l’hôpital psychiatrique à la suite d’une crise de démence. Absorbé par son monde intérieur, il devient indifférent au succès naissant et aux visiteurs de plus en plus nombreux. Il s’attache à décorer les murs extérieurs, puis les cours.
En 1956, il entreprend de nouvelles constructions derrière sa maison : une chapelle, une maison d’été ; il achète une parcelle de terrain limitrophe et décore son jardin.
En 1962, il construit le tombeau de l’esprit, son ultime réalisation.
Une vie de créativité. Après 24 ans d’un travail de titan et de créativité, son œuvre est enfin achevée. En 1964, il connaît de nouveau l’hôpital psychiatrique. Le 6 septembre de la même année, trouvé hagard au bord d’une route, il succombe au matin, âgé de 64 ans.
La ville de Chartres fait l’acquisition de la Maison Picassiette en 1981, et enrichit ainsi son patrimoine d’un chef d’œuvre d’art brut. La procédure d’acquisition aboutit au classement de la maison parmi les monuments historiques en novembre 1983. En 2017, le site reçoit le label architectural Patrimoine du XXe siècle du ministère de la Culture.
Parcourez la Maison Picassiette
Visiter la maison Picassiette, c’est scruter le moindre recoin où surgissent édifices, visages, fleurs, animaux et autres formes surprenantes. Sa veuve raconte que ce fut « un labeur de 29 000 heures pour lequel il manipula 4 millions de débris de vaisselle, soit 15 tonnes. Il a continué jusqu’à ce qu’il s’en aille ».
Chez les Isidore, l’amour des animaux règne, nous les retrouvons souvent dans ses mosaïques, un chien, deux chats recueillis, des oiseaux des alentours étaient nourris, des poules, des lapins (qu’ils offraient car ils ne savaient pas les tuer), une oie, une tourterelle qui vivra plus de vingt ans et leur survivra.
La maison principale
Les gros travaux achevés, il s’attelle à la décoration intérieure à partir de 1938. Pour réaliser ses fresques, le Picassiette Raymond Isidore reproduira dans un premier temps des cartes postales. Bientôt, tout est recouvert de peinture ou de mosaïques, du sol au plafond en passant par les murs et même le mobilier.
L’intérieur terminé, il s’attaque à l’extérieur couvrant avec frénésie façade, allées, clôtures de jardin.
Maison Picassiette : la façade – Ville de Chartres
La chapelle.
L’intérieur de la maison.
La chapelle
Elle fut édifiée entre 1953 et 1956. Sa décoration fait référence en particulier à la religion chrétienne : croix, églises, madones, Jérusalem – mais des scènes rurales sont aussi visibles.
La cour noire.
La cour noire
Cette couleur a été choisie pour représenter la vie terrestre. Cet espace à ciel ouvert fait la part belle la cathédrale : une de pierre en 3 dimensions repose sur le tombeau noir recouvert de mosaïques et au faîte du mur, une représentation surplombant la ville de Chartres.
Des niches aménagées dans le mur laissent voir églises et cathédrales. Un trône noir est orienté vers le tombeau.
La chambre.
La maison d’été et le passage étroit
La maison d’été fut construite en même temps que la chapelle, pour agrandir la partie habitation. À l’intérieur, les murs sont recouverts de peintures maladroites. La partie extérieure, le passage étroit, comporte sur ses murs de belles scènes (l’Annonciation) et un cerf entourés de nombreux visages féminins.
Ce passage nous guide vers une porte peinte d’oiseaux en vol et encadrée de deux piliers ornés chacun de huit animaux familiers, on la nomme la Porte du Paradis. Elle ouvre sur un passage couvert égayé de peintures drôles et surprenantes.
Le mur de Jérusalem.
Le Jardin du Paradis
À la sortie de cet espace, une porte donne accès au Jardin du Paradis qui comprend deux zones : la statueraie qui s’étend jusqu’au mur de clôture : lieu de promenade, il faut emprunter le petit chemin qui circule entre de beaux parterres de fleurs animés par des sculptures.
Le parvis de Jérusalem
Ce jardin à la française s’organisant autour d’un bassin amène le visiteur vers le trône bleu. Derrière lui en hauteur se trouve la représentation de la ville de Jérusalem.
Le tombeau de l’esprit.
Le tombeau de l’esprit
Enfin, derrière le mur de Jérusalem, apparaît Le tombeau de l’esprit : ce tombeau de couleur bleue, symbolisant l’espace céleste en opposition avec le trône noir, offre de très belles mosaïques et des inscriptions pieuses. Bâtie en 1962, ce sera son ultime création.
Après, il continuera cependant à chercher des morceaux d’assiettes pour fignoler quelques détails, estimant que sa maison était finie ainsi que l’aménagement de son jardin.
Infos pratiques : Adresse – 22 rue du Repos, 28000 Chartres.
Ouverture du 15 mars au 30 juin et du 3 septembre au 15 novembre : Du mercredi au samedi de 10h à 18h/Le dimanche de 14h à 18h. Le matin étant réservé aux visites guidées/Ouverture exceptionnelle les lundis 1er, 8 et 29 mai 2023. Ouverture en juillet et août : Du mardi au samedi de 10h à 18h/Le dimanche de 12h à 18h. Le matin étant réservé aux visites guidées. Visite libre : Du 15 mars au 31 mai et du 1er au 15 novembre Tarifs : 7 €, tarif réduit : 4 €*, gratuit pour les moins de 6 ans. En période d’exposition, du 1er juin au 31 octobre : plein tarif : 9 €, tarif réduit : 4 €*, gratuit pour les moins de 6 ans. Tél. 02 37 34 10 78. Réservation sur le site boutique.chartres-tourisme.com.
Le pasteur.
*tarif réduit : Demandeurs d’emploi, RSA, personnes handicapées, amis du musée de Chartres, Ste d’archéologie, musée région, carte culture et pass, -18 ans et étudiants, membres de la SAEL, membres de l’ICOM/ICOMOS, de l’association des Musées de la région Centre-Val de Loire
Visite guidée : Tél. 02 37 18 26 26. Visite guidée classique : plein tarif : 12 €, tarif réduit : 9 €*, achat et réservation en ligne sur le site boutique.chartres-tourisme.com.
Visite immersive de la Maison Picassiette par Adrienne Isidore : plein tarif : 15 €, tarif réduit : 10 €*, achat et réservation en ligne sur le site boutique.chartres-tourisme.com.
(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent le 1er et le 15 de chaque mois.)
Dans la tradition judéo-chrétienne, le Temple est, en tout premier lieu, le Temple de Jérusalem, la Demeure de Yahweh, l’édifice bâti par Salomon au Xe siècle avant notre ère, pour abriter l’arche d’alliance. Le mot a aussi connu une fortune remarquable – j’emploie la formule à dessein – avec les Templiers, renvoyant ainsi à leur maison, à leur monastère.
Dans la généralité de la langue, le temple désigne tout lieu de célébration d’un culte où se réunissent des fidèles, quoique aujourd’hui l’usage le réserve plutôt au bâtiment du culte de l’Église réformée, sans plus guère de référence à l’église, à la mosquée ou à la synagogue, tandis qu’il se comprend encore du lieu de réunion d’une loge maçonnique, autrement dénommé atelier, le terme loge supplantant, toutefois, lato sensu, dans la conversation courante, celui de temple : ne dit-on pas plus communément « je vais à la loge » ?
Temple ? Ce mot résonne avec solennité ! J’entends l’écho qu’il soulevait en moi il y a plus d’un demi-siècle quand j’appris comment les Romains, soucieux du puissant avantage que leur procurerait la connaissance des dispositions célestes à leur égard, chargeaient les haruspices, ces devins hérités des Étrusques, de prendre les auspices, c’est-à-dire littéralement d’observer le vol des oiseaux (en latin auspicium ou avispicium), afin d’interpréter l’état d’esprit des Dieux. Les haruspices, pour ce faire, découpaient dans l’espace, à l’aide de leur bâton (lituus), un invisible et large quadrilatère qu’ils appelaient templum où, dans la secrète combinaison des phénomènes naturels et des comportements de la faune volatile, ils lisaient les volontés divines. Ainsi, de proche en proche, chez les Latins, aucune affaire publique ne se déterminait sans un battement d’aile ou un chant d’oiseau. N’eût été une certaine gravité, la poésie l’aurait emporté… Ne nous en moquons pas, cependant : dans les croyances religieuses qui nous sont plus familières, la colombe, par exemple, ne fut-elle pas longtemps porteuse des signes de la Providence ?
Toujours est-il que le mot temple, probablement issu de l’indo-européen temp (« étendue, espace », que l’on retrouve dans le sens étymologique de templum), est aussi souvent rapproché – tant la tentation est grande – du grec τέμενος (du verbe τέμνω, « découper »), ce qui rend plus manifeste encore la coupure entre le profane et le sacré.
Par métonymie, le nom de temple fut donné au bâtiment abritant la représentation d’une divinité et le culte qu’on lui voue, avant que, plus tard, le sacré puisse s’y refléter, en donnant lieu à des rituels sans lien avec aucun dogme religieux, comme un sanctuaire universel, un séjour protégé et privilégié de la conscience, un refuge consacré à l’examen le plus complet et le plus rigoureux possible des questions essentielles qu’on rencontre chaque jour, en ouvrant les yeux, mais sans s’y arrêter, et qui butent sur l’inconnu voire touchent à l’Inconnaissable.
Le temple maçonnique veut être ainsi un temple de la Raison et plus encore de l’Esprit où l’on célèbre les immortelles valeurs de la libre conscience, celles-là mêmes qui, par les vertus de la méthode symbolique, conduisent chaque Frère ou chaque Sœur à poursuivre, en son for intérieur, non seulement le chemin de son émancipation mais concomitamment celui de son accomplissement, en se frottant également à la diversité des témoignages apportés par les autres. On notera qu’à l’instar des anciennes pratiques romaines, les cérémonies s’y déroulent sous la voûte étoilée, c’est-à-dire, par l’imagination, à ciel ouvert, mais sans autres présages que ceux déployés par les métamorphoses intimes de tout temple vivant. Qu’il s’agisse du temple où l’on se réunit ou du temple que l’on cherche à édifier en soi-même, on y forge un sens sacré de la fraternité où les hostilités sont abolies ou devraient l’être jusqu’aux plus latentes et aux plus muettes. Ce temple ne se résume pas à un lieu de prières. Ce que le Franc-maçon, par la symbolique qu’il vise à intégrer et à maîtriser, est constamment incité à mettre en œuvre, ce sont des actes concourant à la concorde, à l’harmonie, au progrès. Mais agir n’est pas agir tous azimuts, c’est aussi savoir laisser advenir, permettre que se produise ce que d’autres portent. C’est à cela que servent, dans un souci permanent de liberté, et la vigilance et la tempérance. C’est ainsi que se trouve préservé et promu le sens du bien et de la pérennité.
Pour peu que cette chronique ait titillé la réflexion de celles et de ceux qui l’auront lue, j’augure volontiers qu’ils auront profit à explorer les traditions qui alimentent la notion de temple dans l’univers maçonnique, en cherchant, avec Yonnel Ghernaouti[1], à percer cette énigme : Pourquoi les francs-maçons veulent-ils reconstruire le Temple ?
[1] Yonnel Ghernaouti, Pourquoi les francs-maçons veulent-ils reconstruire le Temple ?, Paris : éditions Dervy (coll. : Les outils maçonniques du XXIe siècle), juin 2023, 101 p., 9,90 €. Yonnel Ghernaouti est directeur de la Rédaction de 450.fm.
Dans cet épisode de ‘Think First, Talk Later’, je suis ravi de vous emmener dans un voyage de découverte et de réflexion. Ensemble, nous explorerons les principes philosophiques et leur application dans notre quotidien. Nous approfondirons notre compréhension de la vie, stimulerons notre esprit critique et nous nous aventurerons là où la pensée nous mène.
Préparez-vous à penser d’abord et à parler ensuite, et à voir comment cette simple inversion peut transformer votre façon d’interagir avec le monde. Rejoignez-moi, Christopher Laquieze, pour ce banquet de la connaissance.
Dans cet épisode de ‘Think First, Talk Later’, je suis ravi de vous emmener dans un voyage de découverte et de réflexion. Ensemble, nous explorerons les principes philosophiques et leur application dans notre quotidien. Nous approfondirons notre compréhension de la vie, stimulerons notre esprit critique et nous aventurerons là où la pensée nous mène. Préparez-vous à penser d’abord et à parler ensuite, et à voir comment cette simple inversion peut transformer votre façon d’interagir avec le monde. Rejoignez-moi, Christopher Laquieze, pour ce banquet de la connaissance.
Dans cet article, nous retrouvons les réflexions d’un franc-maçon et théosophe, José Vidal , qui, en 1900, depuis Minorque, voulait défendre la franc-maçonnerie contre les critiques qu’elle recevait, notamment de la part de l’ Église , dans les pages d’un des principaux journaux de la libre pensée. Espagnol, Las Dominicales del Libre Pensamiento . Cela suppose une contribution plus modeste au chapitre de la défense publique qu’ont apporté les maçons de l’institution dans l’histoire contemporaine de l’Espagne.
L’argumentation de Vidal reposait sur plusieurs points. En premier lieu, il y avait son antiquité, et au cours de cette longue histoire, elle aurait fourni des services ou des avantages à l’humanité, tant sur le plan social et politique qu’humanitaire. Mais je n’allais pas les raconter car ils étaient nombreux et parce que les statuts de la franc-maçonnerie l’interdiraient, faisant allusion au secret.
Les accusations de la franc-maçonnerie comme responsable d’innombrables régicides, soulèvements, vols, homicides, etc., seraient fausses. Les francs-maçons n’étaient ni des meurtriers, ni des régicides, ni des voleurs, ni des magiciens.
Le problème était que, certes, les francs-maçons utilisaient des procédés qui pourraient paraître étranges à ceux qui ne les connaissaient que par référence, mais qui seraient très sérieux et totalement exempts de ridicule. La fin de la franc-maçonnerie , mais qui n’était pas précisée pour l’instant, n’était pas encore réalisée, même si l’auteur considérait qu’elle était sur le point de se réaliser, mais il exigeait une réserve auprès des profanes. C’était tout, à son avis.
Quelque chose à propos de la fin de la franc-maçonnerie semblait être évoqué lorsqu’il expliquait alors que pour recevoir dans son sein ceux qui se sentaient encouragés par « l’amour inconditionnel de l’humanité » , il ne fallait que de l’honnêteté et de la moralité. On ne demandait pas au profane combien il possédait, mais qui il était et ce qu’il voulait. En son sein se trouvaient des empereurs, des princes et des nobles, mais aussi des artisans de la ville et des ouvriers de la campagne, c’est-à-dire que tous étaient admis quel que soit leur statut social, tous avec une valeur égale et dans la mesure où ils le pouvaient. Et maintenant, il expliquait les objectifs de la franc-maçonnerie, car sa défense, si elle n’était pas évoquée, constituerait de très minces excuses.
Le « grand travail » de la franc-maçonnerie était divisé en trois objectifs. Le premier serait le « soulagement matériel » de l’humanité souffrante. Le deuxième des objectifs concernait l’enseignement par la raison de « l’humanité ignorante » et, enfin, le troisième faisait référence à la liberté dans tous les domaines (matériels, intellectuels et religieux) de « l’humanité esclave ». Ces fins seraient nobles et démontreraient la « conduite élevée des francs-maçons », mais pour les catholiques, elles constitueraient, à son avis, des « crimes horribles ». L’Inquisition ne pouvant plus agir, la diffamation et l’excommunication furent utilisées à leur encontre.
Source et bibliographie :
Las Dominicales del Libre Pensamiento , numéro du 31 mai 1900. Bien qu’en réalité l’auteur ne fasse pas référence à la Théosophie dans son œuvre, ceux qui s’intéressent au cas espagnol peuvent se référer à la référence suivante : Vicente Penalva Mora, E l Orientalism dans la culture espagnole du premier tiers du XXe siècle. La Société Théosophique Espagnole, 1888-1940 . Thèse de doctorat UAB, 2013. (consultable sur le web).
Extrait : « Depuis plus de vingt ans, la Grande Loge nationale française (GLNF) mène une large offensive afin de s’implanter dans les cercles du pouvoir africain où ministres et chefs d’État ont déjà été initiés. L’ex-grand maître Jean-Charles Foellner*, très souvent en mission en Afrique, et son successeur, l’avocat d’affaires niçois proche de Nicolas Sarkozy, François Stifani, ont été les principaux artisans de cette conquête… »
Président Bongo en 2022.
Le 22 août dernier, notre confrère de gabonreview.com titrait « Réélection d’Ali Bongo : Montée au filet de la Grande loge du Gabon ? »
Extrait : « Montée au filet de la Grande loge du Gabon ?
Nombreux parmi les membres du Mouvement des amis d’Ali Bongo Ondimba, et sans doute le plus grand nombre, sont des franc-maçons. Ils sont connus comme tel pour avoir déjà été vus dans une vidéo relayant, en novembre 2010, l’intronisation du président Ali Bongo Ondimba comme grand maître de la Grande loge du Gabon par François Stifani (ancien grand maître de la Grande loge nationale française). Est-ce à dire que la franc-maçonnerie locale entend jouer, en dernier lieu, un rôle pour la réélection d’Ali Bongo ? Ou alors Lin Mombo n’a recruté avant tout qu’au sein de sa loge ?
Selon les révélations, en novembre 2022, du journal L’Aube, lors de le 38ème assemblée générale de la Grande loge du Gabon (GLG), tenue à Libreville les 11 et 12 novembre 2022, Lin Mombo avait été fait «Pro Grand Maitre». Le mari de Marie Madeleine Mboranstuo recevait ainsi «la charge de coordonner, en sa qualité de Pro Grand maître, les activités de la Grande loge maçonnique du Gabon» et de remplacer désormais Ali Bongo partout quand il est indisponible. Visiblement, l’élection présidentielle se joue également dans les arrière-boutiques des société secrètes et la GLG semble avoir décidé de monter au filet, de sortir de sa discrétion et de jouer à découvert… »
Étonnant cette positon d’une grande loge dite « régulière » qui semble donc faire, a priori, un pas de côté.
Rappelons les « Principes de base pour la reconnaissance de Grandes Loges », plus communément appelés « Basic principles», édictés le 4 septembre 1929 par la Grande Loge Unie d’Angleterre – « 7 – Que les discussions à caractère religieux ou politique doivent être strictement interdites en Loge ». Et comme sous-entendu, sous le regard du Grand Architecte de l’Univers et en Sa volonté révélée, de ne jamais intervenir dans le domaine social et/ou sociétal…
Freemasons’Hall, Jean-Pierre Rollet nommé Passé Premier Grand Surveillant de la GLUA, le 26 avril 2023.
Ce grand média gabonais est, semble-t-il, un grand observateur de la vie maçonnique du pays. Le 14 novembre 2022, Tokyo Yabangoye consacrait déjà un papier à « Franc-maçonnerie : Anecdotes et fumisterie autour de la 38è A.G. de la Grande loge du Gabon ».
« Le voyage au Bénin du grand maître de la Grande loge nationale française, Jean-Pierre Rollet, a crispé les obédiences africaines rattachées à la loge française, qui vivent de plus en plus mal sa tutelle et regardent avec envie du côté des loges dites « régulières », proches de la Grande loge unie d’Angleterre… »
Nous ne pouvons que vous recommander aussi la lecture de 1913 – 2013 100 ans de spiritualité maçonnique LE LIVRE DU CENTENAIRE (Dervy, 2015) pour bien comprendre la franc-maçonnerie en Afrique.
Un ouvrage qui ne contient pas moins de 18 occurrences concernant l’Afrique, y compris sur Hôpital Assistance International. C’est depuis les années 60 que la GLNF prend pied en Afrique noire… par ailleurs, Jean Mons, Grand Maitre de la G.L.N.F. 1980-1989, tout en continuant l’action de ses prédécesseurs, en développant la maçonnerie à l’international, constitue la Grande Loge du Gabon en 1983 – avant 1998, six grandes loges sont consacrées. Une construction maçonnique sérieuse et durable, en toute indépendance, tout en gardant une fidélité en amitié…
Relisez nos différents articles sur Ali Bongo et la Grande Loge du Gabon :
Le 16 novembre 2022, « Ali Bongo réélu sans surprise à la tête de la Grande loge du Gabon », où vous retrouverez la vidéo «Franc-Maçonnerie Intronisation d’Ali Bongo Odimba.flv ». Une vidéo de son intronisation en 2009.
Alors, que feront donc les bien-aimés frères envers le Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte Ali Bongo ? Son appel sera-t-il entendu ?
Le YouTube France 24 intitulé « Coup d’Etat en cours au Gabon : dans une vidéo, le président Ali Bongo appelle à l’aide ».
Le général Brice Oligui Nguema, chef de la garde républicaine, est désigné président par intérim par les soldats, tandis qu’Ali Bongo est placé en résidence surveillée. Chef d’une unité militaire d’élite, et jusqu’à peu très proche du régime Bongo, il a donc été nommé « président de la Transition » par les putschistes.
Brice Oligui Nguema.
Alors Brice Oligui Nguema, bonnet blanc ou blanc bonnet ? Est-il lui aussi franc-maçon ?
Le média Mondafrique – le site qui décrypte sans clichés ni préjugés l’Afrique de l’ouest et le Maghreb – nous apprend qu’il est « Propriétaire millionnaire ! Mais Brice Clothaire Oligui Nguema est aussi dans les « affaires ». Ainsi, il dispose de plusieurs propriétés aux États Unis d’Amérique d’une valeur de plus d’un million de dollars selon une enquête de l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) de 2020. En 2018, par exemple, il a acheté – en cash ! – une propriété à Silver Spring dans le Maryland à 447 000 dollars ! »
J.-C. Foellner – Source LinkedIn.
*Sur J.-C. Foellner, Grand Maître d’Honneur de la GLNF, relisez notre article du 24 novembre 2022 « GLNF et LinkedIn… du réseautage ? »
Dans le sillage de la publication de son livre, intitulé La Veuve égyptienne et ses héritiers, Le-Mauricien a rencontré Joseph Tsang Mang Kin, ancien diplomate et ancien ministre de la Culture. Il s’appesantit sur l’histoire de la franc-maçonnerie égyptienne dans le monde, dans la région et à Maurice. Pour lui, la présence à Maurice de trois courants de la maçonnerie, à savoir le courant français continental, le courant anglo-saxon et le courant égyptien, fait de Maurice une île maçonnique. « C’est le résultat de l’histoire du pays » , dit-il, ajoutant qu’il « n’y a pas de pays plus tolérant et plus généreux que notre île Maurice »
Vous venez de publier « La veuve égyptienne et ses héritiers ». Parlez-nous de votre livre… Il a été publié il y a quelques mois déjà et est déjà disponible en France et en Grande-Bretagne. Je voulais initialement le lancer depuis longtemps à l’hôtel Hennessy, mais cet établissement hôtelier est en rénovation. Finalement, mon livre a été lancé à Bagatelle, et j’en suis très heureux.
Ce livre est venu combler une lacune. J’avais commencé à l’écrire depuis longtemps. Je disposais d’une masse d’informations sur la situation de la franc-maçonnerie à Maurice, qui est assez exceptionnelle dans le monde. Très peu de pays ont la chance d’avoir les trois courants de la maçonnerie, à savoir le courant français continental, le courant anglo-saxon et le courant égyptien. C’est la raison pour laquelle j’avais dépeint à l’époque Maurice comme une île maçonnique, qui est le résultat de l’histoire du pays. Mon livre a plusieurs objectifs. Je raconte l’histoire de la maçonnerie depuis l’ère égyptienne jusqu’à nos jours. La deuxième partie raconte comment la maçonnerie égyptienne a progressé à Paris et en Europe au 18e siècle. Elle s’est surtout répandue en Italie et en France. Et la troisième partie évoque l’histoire de la maçonnerie égyptienne dans l’océan Indien, notamment à Madagascar et aux Seychelles.
Vous vous êtes donc penché sur l’histoire de la franc-maçonnerie en général ? Je me suis toujours intéressé à l’histoire de la maçonnerie à Maurice et dans le monde. Je dois dire merci à mon frère Rivaltz Quenette, qui nous a quittés, et qui était une sommité de la franc-maçonnerie, pour les recherches effectuées concernant Maurice. Je ne finis pas de regretter que son rêve, qui est aussi le mien, du fait que j’ai appartenu à sa loge pendant quelque temps, ne se soit pas réalisé. Les francs-maçons de tradition française à Maurice n’ont pas pris leur indépendance jusqu’à aujourd’hui.
Lorsque nous regardons à Madagascar et dans les pays africains, nous nous rendons compte que la plupart de ces pays, après avoir obtenu leur indépendance politique, ont recherché leur indépendance maçonnique de manière à mettre fin aux relations qui rappellent trop ces rapports de l’ère coloniale. La vérité est que ce sont non seulement les Mauriciens qui ne veulent pas se séparer des Français, mais aussi que ces derniers refusent également de le faire.
Je vous raconte une anecdote. Alors que j’étais ministre de la Culture (1995-2000) j’ai reçu un de Grands Maîtres de la GODF à la demande du Premier ministre d’alors, Navin Ramgoolam. En présence des membres de sa délégation et des hauts fonctionnaires de mon ministère, je lui avais demandé s’il n’était pas temps d’avoir à Maurice un Grand Orient de Maurice. Il s’est emporté et m’a dit : « Que voulez-vous ? Les Mauriciens sont contents d’être là. » Et agacé, il a ajouté qu’il n’avait aucune leçon à recevoir. Donc, la responsabilité est partagée. Il y a ceux qui ne veulent pas d’indépendance et ceux qui ne veulent pas donner l’indépendance.
Or, lorsque j’ai rencontré Robert Ambelain, alors Grand maître mondial du rite maçonnique de Memphis-Misraim, en mai 1977, il m’a dit : « Dès que vous aurez vos trois loges, je vous donne votre Grande Loge de Maurice. » C’était une mentalité différente. Il y a donc à Maurice ce courant français qu’on connaît bien grâce aux livres de Rivaltz Quenette et d’autres, dont Serge L’Hortalle. Mais les colosses de cette génération sont tous partis. Le dernier en date a été Joseph Foy. Je pense que je suis le dernier des Mohicans, tant d’un point de vue maçonnique que d’un point de vue politique, puisque je suis un des derniers à avoir connu Seewoosagur Ramgoolam, qui était non seulement le père de la nation, mais également maçon.
Que connaissez-vous du courant anglais ? Du côté des Anglo-saxons, je ne connais aucun auteur mauricien qui a écrit sur eux. Il y a surtout eu des publications de circonstance, des livrets ou des documents pour célébrer le jubilé de telle ou telle loge anglaise ou écossaise. Donc, cette maçonnerie n’est connue que des Anglais. La seule chose que tous les Mauriciens savent est qu’il y a une loge maçonnique à Phoenix. Ce que nous savons moins, c’est que la franc-maçonnerie anglo-saxonne a fait son entrée à Maurice juste après la conquête de Maurice par les Britanniques. Cela s’est passé au moment du grand triomphe de l’Empire britannique. Les Britanniques avaient une vision du monde avec une seule obédience maçonnique à son service.
Cette ambition avait été exprimée par le gouverneur général du Bengale, commandant en Inde, Lord Moira, qui était le Grand Maître adjoint de la Grande Loge d’Angleterre, peu après son débarquement à Maurice en août 1813, après l’installation de Robert Farquhar au poste de gouverneur de l’île. Il s’était étonné de voir que dans cette étrange colonie de sa Majesté, les loges maçonniques étaient toutes françaises. Sous son impulsion, une loge Provinciale de l’United Grand Lodge vit le jour à Maurice en 1816, soit trois ans après la naissance de l’United Grand Lodge of England au Royaume-Uni. Le Provincial Grand Master était sir Robert Farquhar. Pour l’histoire, il faut savoir que c’est Lord Moira qui avait participé à une procession maçonnique sortie du temple afin d’effectuer la pose de la première pierre de la Cathédrale Saint-Louis.
Un autre moment historique, évoqué dans mon livre, il y a eu la séparation entre les loges anglaises de celles d’obédience françaises en France, en 1778. Les Français ont donné aux Anglais un prétexte en or pour les rejeter définitivement lorsqu’un Grand Maître français d’alors a, au nom de la tolérance, introduit le concept de liberté de conscience, au lieu de parler uniquement du Grand architecte de l’Univers. Les Anglais ont traité les Français d’athées et se sont séparés définitivement d’eux.
C’est à partir de ce moment que nous parlons des francs-maçons réguliers et irréguliers, les Anglais se considérant comme réguliers et fidèles à la tradition. Cette décision a eu des répercussions à Maurice, où les francs-maçons entretenaient de bonnes relations d’amitié et n’étaient pas d’accord avec cette querelle franco-britannique. Finalement, les Français ont reconnu que le cas de Maurice était assez exceptionnel et que les francs-maçons mauriciens pouvaient faire ce qu’ils voulaient.
Le courant égyptien se présente donc comme la troisième force à Maurice… J’ai été initié en loge égyptienne à Bruxelles. J’ai tellement apprécié ce rite que j’ai commencé à entreprendre des démarches pour obtenir une patente du rite Memphis-Misraïm. C’est ainsi que j’ai été amené, après avoir franchi plusieurs étapes, à rencontrer le Grand Maître mondial Robert Ambelain. J’avais à l’époque qu’une année de maîtrise. Ce qui ne l’a pas empêché de me donner la patente pour la création des loges à Maurice et dans la région de l’océan Indien.
J’ouvre une parenthèse dans mon livre pour expliquer l’importance de l’obédience Memphis Misraïm. Pendant la guerre, lorsque les Allemands sont entrés dans Paris, ils ont occupé le siège du Grand Orient de France. Ils ont saisi les archives et les fiches qu’ils ont transportées en Allemagne. Par la suite, à la fin de la Guerre, tous les documents sont partis en Russie. Ils ont ensuite rendu une partie à la France.
À cette époque, toutes les loges étaient fermées et interdites en France. Les vénérables ont été arrêtés et certains ont été envoyés en camp de concentration. Il n’y avait pas de maçonnerie pendant trois ou quatre ans dans l’Hexagone. La seule maçonnerie qui avait réussi à survivre durant la Deuxième Guerre mondiale était celle de Robert Ambelain. Il avait créé une loge Alexandrie d’Égypte et avait réussi à s’arranger pour organiser des tenues chez lui, dans la clandestinité, pendant quatre ans sans arrêt.
Cette loge a initié de grandes personnalités françaises. Il y a eu des témoins. À la fin de la guerre, Robert Ambelain est devenu héros de la résistance en raison de son courage. De facto, on lui a confié la direction de l’obédience Memphis-Misraim, reconnue par les grandes loges de l’Europe et de l’Amérique latine, sauf l’Italie, qui revendiquait la grande maîtrise mondiale. Toutefois, ils n’étaient pas qualifiés pour le faire. Il se trouve que si les franc-maçonneries anglaises et françaises utilisent un corpus ésotérique judéo-chrétien, une large partie des grades de la franc-maçonnerie égyptienne est puisée en dehors de ce corpus.
Vous avez donc participé au développement de l’obédience Memphis-Misraïm ? Comme je vous l’ai dit plus tôt, j’ai obtenu la patente de Memphis-Misraïm en mai 1977 des mains de Robert Ambelain. J’ai facilité son implantation dans la région de l’océan Indien. À un moment, alors qu’il y avait de problèmes au sein de l’obédience en Europe, on a fait appel à moi pour avoir des patentes afin de travailler dans les hauts grades. Il n’y avait plus de succession de Roberd Ambelain. Moi qui suis encore vivant, j’étais devenu son dernier héritier direct.
Est-ce vous disposiez des patentes de Memphis-Misraïm ? Oui, jusqu’à septembre de l’année dernière, lorsqu’une dizaine de pays se sont réunis à Maurice pour créer une Confédération des souverains sanctuaires de l’océan Indien. C’est cette confédération qui a pris le pouvoir. Je me suis mis en retrait. Nous avons mis fin aux rapports quasi coloniaux. Dans chaque pays, il y a un souverain sanctuaire qui est indépendant et qui se rencontre au sein de la confédération.
Pourquoi avoir choisi ce titre, « La veuve égyptienne et ses héritiers », pour votre livre ? Tous les francs-maçons sont les enfants de la veuve. La seule différence est que Memphis-Misraïm est de tradition égyptienne. Pour être plus précis, je peux dire que notre maçonnerie nous vient de l’Égypte ancienne.
Quelle preuve avez-vous pour affirmer cela ? C’est une question qui m’a beaucoup tourmentée parce qu’on ne pouvait pas avoir de preuves. Les francs-maçons travaillent dans le secret. C’est seulement au milieu du siècle dernier que les égyptologues ont mis la main sur un document qui dormait dans un sarcophage depuis plusieurs millénaires. Celui qui est enfermé dans ce sarcophage a subi des initiations dans trois endroits. Il a fait un compte rendu de ses initiations. Comme il n’avait pas le droit de parler, il les a écrits pour lui-même. Aujourd’hui, nous avons donc des documents de ces initiations et nous nous sommes à l’évidence que ce qu’il a décrit correspond à près de 80% à ce qu’on pratique aujourd’hui dans la maçonnerie égyptienne. Donc, on a aujourd’hui des preuves d’une source première.
Comment avez-vous procédé pour effectuer vos recherches ? Comme je l’explique dans la préface du livre, c’est une version remaniée de »Les héritiers de la franc-maçonnerie égyptienne de Memphis-Misraïm ». Ce livre est le résultat de mes recherches à travers la lecture d’une centaine de livres, de documents et de photocopies que j’ai reçus, achetés, conservés et archivés depuis bientôt un demi-siècle, et qui sont à la base de mes recherches et écrits. J’ai aussi consulté de nouvelles informations mises à jour par de nombreux chercheurs, entre autres par le biais d’Internet. Grâce aux applications qui permettent la traduction instantanée de textes, j’ai pu avoir accès à des publications et écrits en italien, qui sont d’importance capitale dans les études des rites égyptiens.
En fait, votre livre est un récit historique… Je raconte le cheminement d’une partie de l’histoire de l’humanité et je donne mon interprétation personnelle de plusieurs situations historiques. Par exemple, je critique l’empereur Constantin pour ce qu’il a fait de l’église catholique et je réhabilite le roi d’Angleterre Henri VIII , ainsi que des personnalités comme John Yarker, un homme de droiture.
Entre l’an 325 et l’arrivée d’Henri VIII, toute l’Europe était catholique grâce à l’empereur Constantin, jusqu’à ce qu’Henri VIII décide de rompre avec l’église catholique de Rome pour créer l’église d’Angleterre, dont il est devenu le chef.
Lorsque j’étais au collège, je détestais ce roi qui avait répudié ses femmes. Par la suite, j’ai pris conscience que grâce à lui, les esprits se sont libérés. Car en prenant son indépendance par rapport à l’église de Rome, il a permis aux écrivains britanniques de s’exprimer.
Francis Bacon, un des pionniers de la pensée scientifique moderne, a commencé à écrire des essais qui sont des réflexions sur soi et sur la société. Cela n’était pas possible à cette époque. C’est le début de la littérature anglaise avec William Shakespeare. À la Royal Society of Science, la recherche scientifique se développe et on voit l’émergence de scientifiques de l’envergure d’Isaac Newton, entre autres, dont les découvertes sont encore valables jusqu’à aujourd’hui. Tout compte fait, je n’ai fait qu’ouvrir des pistes de recherches pour les chercheurs à l’avenir.
Vous dites que vous n’auriez pas écrit ce livre si vous n’étiez pas né à Maurice… Tout à fait. Naître dans cette île, c’est avoir la chance de devenir un citoyen du monde universel. Vivre dans cette île, c’est côtoyer quotidiennement des héritiers de trois grandes aires de civilisation : l’Europe, l’Afrique et l’Asie. C’est baigner dans les cultures autres qu’occidentales, les cultures indiennes, chinoises, malgaches, africaines, et connaître de l’intérieur les richesses millénaires que transportent et véhiculent les descendants des immigrés que nous sommes tous, nés ici.
Être né à Maurice, c’est non seulement avoir accès dès sa naissance à l’anglais, au français et au créole, mais également aux principales langues de l’Asie, dont le tamoul, l’hindi, le télougou, le marathi, le mandarin, le cantonais, le hakka, que d’ailleurs nous entendons tous les jours, soit autour de nous, soit par le biais de nos radios ou télévisions nationales.
On dit que je suis Chinois, mais je n’ai pas de passeport chinois. Et je suis plus riche que ceux qui sont nés là-bas, avec une seule culture. Étant né à Maurice avec la culture mauricienne, cela me permet de comparer et de voir qui a raison et qui a tort.
Si vous lisez les livres des auteurs français sur la maçonnerie égyptienne, ils critiquent tous les francs-maçons belges. Ils ont tort, dans ma réinterprétation de l’histoire, et je réhabilite des francs-maçons belges. Parce que nous sommes nés à Maurice, nous sommes forcés d’avoir un esprit ouvert et une attitude de tolérance vis-à-vis de nombreuses croyances, même si l’on pense sincèrement qu’elles sont pour la plupart des fables, des mythes ou des superstitions. Il n’y a pas de pays plus tolérant et plus généreux que notre île Maurice.
C’est fort de cette expérience multiculturelle et multireligieuse que j’ai été amené à regarder l’histoire des rites égyptiens non pas avec les yeux des Français, des Belges, des Anglais ou des Italiens, ou même des Égyptiens, mais avec ceux d’un Mauricien.
D’autres publications en préparation ? Certainement. Dans le cadre de la recherche de la vérité, j’ai plusieurs projets pratiquement prêts pour la publication. Je dois toutefois faire quelques retouches afin de les peaufiner. J’ai récemment publié deux essais dans la Collection Radical. Ils avaient été présentés dans le cadre des travaux initiés par Jack Bizlall et un groupe d’amis sur une nouvelle Constitution pour Maurice. Les essais sont intitulés: Les malheurs des 60-0 et Le projet Fair-play. Dans le premier, je dénonce l’amendement No 2/1982 introduit par le gouvernement MMM-PSM après la victoire de 60-0 en 1982. Je tiens pour responsable Paul Bérenger, parce qu’il était l’homme fort de ce gouvernement. À mon avis, cet amendement est à la source de nos problèmes institutionnels et sociaux d’aujourd’hui. Dans le projet Fair-play, je propose une réforme électorale susceptible de répondre aux aspirations des Mauriciens.
Effet de vase communicant : la religiosité est en baisse, et les ésotérismes ont un succès croissant. Mais la science est, elle aussi, de plus en plus décriée. Panorama.
L’Express s’est fendu en août d’un numéro spécial dédié au néo-ésotérisme, faisant un tour de piste complet de son actuel succès auprès du grand public. Tentons de le comprendre.
Freud nous l’avait bien dit : le désir est le moteur universel. Mais il faut croiser ça avec notre besoin irrépressible de se raconter un beau récit, à peu près cohérent, sur le monde, avec nous dedans, de préférence au centre. Il y a un réel « désir de narratif ». Problème : ça tombe un peu de tous les côtés, d’une manière telle qu’il est difficile de qualifier la marche du monde autrement que de « chaotique ». Ou serait-ce chaotique ? Ah non, l’idée d’un chaos non contrôlé est insupportable. D’ailleurs, j’ai lu quelque part « ordo ab chao », devise de gens bien.
On n’obtiendra une belle histoire lisse qu’en malaxant les faits, en en escamotant les « incongruités ». Et voilà le biais de confirmation : c’est la méthode de transformation de la somme de nos perceptions en une histoire-thèse conforme à nos désirs-besoins. Notre cerveau gauche a un module dédié à cela : « l’interprète», module qui fonctionne 100% en automatique, sans appel à la conscience. Il pond en continu des justifications pour nos intentions, et d’autres, après coup, pour les actes commis. D’ailleurs tous les actes posés dans l’urgence sont décidés par d’autres modules tout aussi automatiques, et plusieurs secondes avant leur apparition à la conscience.
Mais revenons à nos besoins.
Un besoin permanent est celui du sentiment de contrôle.
L’incertitude, le hasard, sont des ennemis absolus, allumant les circuits négatifs, avec sensations désagréables, dans nos cerveaux (amygdale, insula etc.).
Nos ancêtres, face à l’hostilité apparente de leur environnement, ont d’abord eu envie de croire qu’un être supérieur veillait à leur bien-être, un peu genre le patriarche de la tribu. Et ce fut l’essor des religions. Nous connaissons les avantages et inconvénients des religions. Tout au long de l’Histoire des espèces de précurseurs des « gros rebelles » d’aujourd’hui ont contesté les enseignements prodigués par les clergés. Ces clergés étant menaçants pour les auteurs de pensées dissidentes, une plongée dans le secret était la suite logique. Le plaisir de se classer parmi les « sachants » et/ou « l’élite secrète » crée un liant, toujours actif ces jours-ci parmi les complotistes et autres alternatifs. Cela fait aussi partie des ressorts de succès de la franc-maçonnerie, soyons en certains.
Les religions, qui ont toutes commencé par imposer une lecture littérale de leurs textes dogmatiques, écrits à des époques anciennes, ont progressivement perdu leur crédibilité sous les avancées de la science et ses preuves par des expériences reproductibles. Une vie agréable dans une société entièrement sécularisée est un modèle crédible… Non il n’est pas nécessaire qu’une morale, officiellement édictée dans le cadre d’une religion « révélée », soit présente. Et oui, des membres des clergés ont plusieurs fois été pris en flagrant délit de choses pas nettes du tout. Notre civilisation internet nous soumet à une pluie continue d’infos qui génèrent de l’indignation morale. Sous cette pluie incessante, notre seuil d’indignation ne cesse de baisser. Comme le constate Gérald Bronner, une insensibilisation grandissante nous guette.
Bref, dans nos pays, la religiosité est en baisse, et notre soif de morale semble rester non étanchée.
Tout de même, il faut admettre que plein d’aléas tels que les maladies ou les accidents ne sont pas planifiables, et l’angoisse correspondante continue d’exiger une réponse anxiolytique. L’ésotérisme a donc fait florès au 19e siècle. Théosophie, anthroposophie, apports asiatiques constitueront le terreau du New Age du 20e siècle et du néo-ésotérisme actuel.
Il faut dire aussi que la science, dès le début du 20e siècle avec la théorie quantique, a quitté son caractère simple et prédictif. Or nous recherchons tous un narratif simple. A la place, on trouve une complexité mathématique que l’on dirait voulue pour être réservée à une petite élite, et le retour de l’ennemi avec le « principe d’incertitude ». Ajoutons que la pensée politique fait souvent l’amalgame science = industrie = capitalisme = ennemi du peuple. Pour couronner le tout, les changements climatiques créent un apitoiement sur les « douleurs » que nous infligeons à la nature, et la crainte d’une vengeance de la nature ainsi humanisée (ou déifiée). Là encore, il est pratique de glisser la culpabilité sur le dos de l’ingénieur/chercheur/capitaliste. N’oublions pas que la science affiche l’état actuel des théories et s’autorise à les réviser si de nouveaux éléments s’imposent. Ce processus est normal mais compris par certains comme une dangereuse instabilité : des erreurs dramatiques qui imposent des révisions complètes. L’erreur est intolérable.
Bref, le besoin de croire est bien là et actif.
Les médias ont acté que les articles bienveillants envers toutes ces croyances rencontrent plus de succès que ceux au ton critique. Leur choix a donc été vite fait : chacun y va de son dossier, et sans questionner la chose.
Et voilà entre autres pourquoi internet nous offre une palette d’histoires en « prêt-à-croire » comme jamais . Toutes sont assorties d’un mille feuilles argumentatif bien pensé, qu’un individu si érudit soit-il ne peut réfuter tout seul. Arrive alors ce qui doit arriver : chacun se choisit son histoire favorite et se met à la défendre, au besoin violemment. Les réseaux sociaux mettent en relation ceux qui pensent pareil, et les histoires clamées haut et fort deviennent des signes de reconnaissance. Celui qui parle le plus fort finit par monopoliser le média et étouffer les objections des uns et des autres. Il suffit de quelques gardiens du temple, suiveurs sourcilleux du gourou, pour que les textes soient figés et désormais enseignés comme des dogmes.
Les auteurs de pensées divergentes subiront diverses vexations. Bref, sectes et groupes ésotériques, même processus. La boucle est bouclée. Les pigeons seront plumés par les prédateurs : stages onéreux, pleins de verbiage creux, questions gênantes interdites. Les institutions privées ou publiques seront cibles d’entrisme. Le système s’entretient en recrutant de nouveaux adeptes à la recherche d’histoires simples , avec des rôles clairs (bons et méchants), une hiérarchie très carrée (synergie possible avec l’extrême-droite, surtout s’il y a une dimension antisystème). La Miviludes tient tout ce petit monde à l’œil, ce qui ne l’empêche pas de prospérer.
La Franc-maçonnerie de notre pays reflète bien tout cela, je crains.
Il existe un mystérieux lieu d’hommage sur la propriété de la famille Teichtmeister. Il a ensuite été attaqué par des inconnus.
Depuis environ un an, dans un champ près de Langenlois (Basse-Autriche), connu des habitants sous le nom de « Temple Teichtmeister », se trouve une étrange structure: quatre colonnes et un toit étroit avec l’inscription « Temple de l’amour humain général ». Sur les côtés se trouvent les inscriptions « Memento mori » et « Connais-toi toi-même, contrôle-toi et ennoblis-toi ». Comme beaucoup d’autres éléments de la sculpture, ce sont des références assez évidentes à la Ligue maçonnique.
Son membre était jusqu’il y a peu le mime accusé de dépeindre des abus sur mineurs. Selon la Grande Loge maçonnique, Teichtmeister a rejoint les maçons en tant qu’acteur en herbe. Lorsque les allégations portées contre lui ont été connues, il a été immédiatement exclu : « Il nous a trompés tout autant que l’ORF, le Burgtheater et le public tout entier… »
Attaque du temple Teichtmeister
Evidemment, il n’y a pas que les francs-maçons qui se sentent trompés et indignés. Selon les médias, des inconnus auraient défiguré le lieu d’hommage sur la propriété des Teichtmeister avec de la peinture rouge. Des poupées d’enfants étaient également attachées à la structure, probablement en référence aux allégations. En outre, la maison familiale aurait également été enduite de peinture et la police enquête actuellement sur les auteurs inconnus.