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Une enchère à 11 500 € pour le plus ancien livre anglais d’astronomie

De notre confrère actualitte.com

Un traité d’astronomie plus vieux que Galilée, a trouvé preneur auprès d’un collectionneur international à la suite d’une enchère disputée. Signé par Robert Recorde, l’ouvrage est le premier écrit en langue anglaise qui traite d’astronomie.

La première édition de The Castle of knowledge (Le chateau de la connaissance) par Robert Recorde (Londres, 1556, publié par Reginalde Wolfe) a été mise en vente le 1er novembre par Hansons Auctioneers. Les enchères sont montées jusqu’à 10.000 £ (11.500 €).

« C’était une découverte étonnante, le texte scientifique le plus important que j’ai jamais manipulé », a déclaré Jim Spencer, responsable des livres chez Hansons. « Je n’ai pu trouver qu’un seul autre exemplaire vendu aux enchères. Il a été vendu 74.200 £ (85.000 €) chez Bonhams en 2007. Certes, notre exemplaire n’était pas si bien conservé, mais c’était tout simplement incroyablement rare. »  

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Outre son statut de plus ancien livre d’astronomie en langue anglaise, il est un des premiers à citer De revolutionibus orbium coelestium de l’astronome polonais Copernic, une œuvre fondatrice du système héliocentrique.

« Recorde était une éminence, un savant, médecin et mathématicien gallois qui mériterait une plus grande reconnaissance », a souligné Spencer. « Il est notamment le créateur du signe « égal » et a popularisé les signes « plus » et « moins » chez les anglo-saxons en 1557. »

Natif de Tenby, Pembrokeshire vers 1512, Robert Recorde a suivi ses études à Oxford, puis s’est dirigé vers la médecine à Cambridge. De retour à Oxford, il enseigne les mathématiques. Plus tard, il servira à Londres comme médecin de la royauté. Une querelle politique lui sera fatale, le conduisant en prison où il décèdera en 1558.

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crédits images : Hansons

Le mythe de la chute de Lucifer et de Prométhée

Du blog de la GLIF blog-glif.fr – Du Très Cher Frère Gérard Lefèvre

Dans un premier temps, il est indispensable de préciser ce qu’est un mythe dans les deux sens du mot.

1) Un mythe est un récit qui met en scène les forces de la nature, sous formes de dieux ou de héros. Le mythe se situe dans une dimension intemporelle, celle de l’origine des choses, avant la naissance du temps historique. Le mythe diffère de la fable, la fable est une histoire qui aboutit à une morale.

Le mythe n’est pas construit pour aller vers une morale à recevoir, il reste ouvert à toute interprétation. Mircéa Eliade en donne cette définition : « Le mythe raconte une histoire sacrée ; il relate un événement qui a eu lieu dans le temps primordial. Le temps fabuleux des commencements. Autrement dit, le mythe raconte comment, grâce aux exploits des êtres surnaturels, une est venue à l’existence. C’est donc toujours le récit d’une création.

2) Cependant le sens originel du mythe s’est affaibli et modifié dans les temps modernes. On a fini par appeler mythe toute construction imaginaire ayant un tant soit peu le support de la conscience collective et servant de référence pour penser ses idéaux et se reconnaître elle-même.

« Je ne m’imagine même pas savoir ce que je ne sais pas. » (Platon, Apologie de Socrate). »

« Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu.

Par lui, tout s’est fait et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui.

En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ;

la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. »

Pour faire suite à un article antérieur, il me semble opportun d’ouvrir un pas de côté, en me référant : « tout le symbolisme maçonnique tourne autour de la lumière ».

Mais il s’agit là d’une lumière artificielle, présentée comme Lumière Divine. Les Maçons ne parlent pas de l’inauguration d’une nouvelle loge, mais de l’allumage des feux. Lorsqu’un non initié est reçu dans la Maçonnerie, on dit qu’il a reçu la lumière.

Vous allez dire que la lumière est quelque chose de bénéfique. Mais cela dépend de quelle lumière il s’agit. Car dans ce cas il s’agit de la lumière de Lucifer (Lucifer est un nom latin signifiant « porteur de lumière », composé de « lux » (lumière) et « ferre » (porter).

Tout comme son nom le dit, il n’est que le porteur d’une lumière qui existe, donc qui a une autre source. L’orientation vers ce porteur ne fait qu’induire en erreur, détourner le chercheur de la voie directe et rapide vers Dieu le Père qui est à la fois sa Lumière et sa source.

Cependant, il existe sur terre de nombreux endroits qui porte le sceau du Porteur de la Lumière et assez de crédules pour le vénérer, sans se rendre compte qu’ils vénèrent ainsi Lucifer.

L’astre qui accompagne le Soleil à son lever et à son coucher est Aphrodite, Venus. Comme annonciateur de lumière cet astre dans la Bible est appelé « Lucifer ». Mais Lucifer est un ange déchu, selon les écrits.

L’ange déchu, Cabanel 1847

Dans l’Ancien Testament, les anges ont été créés et établis dans le jardin d’Eden avant l’homme (Ez. 28. 14). Dans le texte d’Esaïe, « le nom du personnage interpellé Helel ben Shahar, (Lucifer dans la Vulgate), vient d’une racine qui signifie être lumineux, éclatant ». Les anges seraient nés de la lumière, première création de Dieu dans le livre du Pentateuque.

Les deux premiers chapitres de ce livre, qui donnent une origine à l’univers et à l’homme, sont suivis de l’entrée du Serpent dès le chapitre III. Par conséquent, Lucifer et le tentateur sont bien comme Prométhée des créatures associées aux premiers temps de l’humanité.

Ce lien entre le Diable, Prométhée et les origines de l’homme apporte un premier élément de réponse à la fascination exercée par ces mythes. Leur vivacité pourrait tenir à l’intérêt que l’homme porte aux récits qui peuvent lui fournir une explication sur le mystère de sa naissance. Il faut également noter que « le feu a été, dès les plus lointaines origines de l’humanité, l’un des pôles d’attraction de leur pensée et de leur sentiment religieux ».

Prométhée et Lucifer – Trop de coïncidences pour être un pur hasard !?

Et si en parlant de Prométhée et de Lucifer, on parle de la même chose mais sous formes différentes et différents décors.

Voyons quelques similitudes qu’on peut trouver dans la mythologie grecque et le récit biblique et des religions abrahamiques.

Prométhée: Avant sa chute, il est un des titans les plus rapprochés de Zeus s’étant relié à lui lors de la titanomachie.

Lucifer: Avant sa chute, il est un des anges les plus rapprochés de Dieu.

Prométhée: Viole l’ordre et la volonté de Zeus en complicité avec l’homme créé d’argile.

Lucifer: Viole l’ordre et la volonté de Dieu en complicité avec l’homme créé d’argile.

Prométhée: Porteur du feu à l’humanité symbolisant le don de la connaissance.

Lucifer: Porteur de la lumière à l’humanité symbolisant le don de la connaissance.

Prométhée: Apporte la connaissance aux hommes en leur apprenant à maîtriser le feu.

Lucifer: Apporte la connaissance aux hommes en les incitant à goûter à l’arbre de la connaissance.

Prométhée: maudit et condamné par Zeus à cause des hommes.

Lucifer: maudit et condamné par Dieu à cause des hommes.

Prométhée: chaque matin vient l’aigle de Zeus dévorer son foie qui se régénère à nouveau durant la nuit.

Lucifer: Entre chaque matin dans la pensée, la volonté et l’action de l’homme pour ,le tenter et se substituer à la brillante Étoile du Matin (Ap 26, 16).

Prométhée: à cause du feu de la connaissance et la curiosité de Pandore, l’humanité est condamnée aux souffrances et aux maux de la vie.

Lucifer: à cause de l’arbre de la connaissance et la curiosité d’Ève, l’humanité est condamnée aux souffrances et aux maux de la vie.

Le Logos du Prologue de l’Évangile de Jean, est une échelle pour monter vers le Ciel, Lucifer est également une échelle, mais pour descendre vers l’enfer, la loi est la loi et la loi est accomplie.

Ainsi, le reflet de Satan est l’ego et le reflet malin du Logos est Lucifer. Les deux sont à l’intérieur de tout le monde.

« Le voleur (l’ego) ne vient pas, sauf pour voler, tuer et détruire », tandis que le Logos : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient plus abondamment. » Jn 10, 10.

Il nous faut comprendre que dans le Gnosticisme (doctrine selon laquelle une certaine connaissance apporte à l’homme le salut), lorsque nous nous référons à Dieu, nous savons qu’il n’est pas une personne, un individu, mais Élohim (désigne le vrai Dieu de l’Ancien Testament) : beaucoup de forces, d’énergies, d’archétypes.

Ainsi, Prométhée est précisément cet archétype qui se sacrifie pour l’humanité, car il est le seul archétype qui entre en tant que partie de Dieu à l’intérieur de nous. Sur lui est la honte de la fornication ; cet archétype est cette partie de Dieu qui sait toujours à quel point nous sommes lubriques.

C’est pourquoi dans la Bible, nous voyons que c’est Satan qui dit toujours à Jéhovah comment l’âme se comporte sur Terre. Nous ne pouvons pas nous cacher de Satan, car il est l’ombre de Dieu, son reflet. Oui, nous avons transformé ce Lucifer en un vilain individu noirci. Lucifer, en tant que Satan, reflète tout notre ego, nos défauts, vices, erreurs que nous avons dans notre subconscience. Cependant, c’est en annihilant le vautour (qui symbolise la luxure) que Prométhée est libéré.

Donc, tant que nous avons la luxure, Prométhée ne peut pas être libéré du rocher. Le rocher, comme nous le savons, symbolise la neuvième sphère, Yesod.

Musée Gustave Moreau.

Dans la Gnose, nous nous référons toujours au rocher de Yesod (fait partie du Pilier du Milieu de l’Arbre de Vie), qui, selon les Maçons, est rustique au début; non formé, non ciselé. Il faut ciseler ce rocher et en faire un cube petit à petit. Les outils que nous utilisons, le burin et le marteau, symbolisent respectivement l’imagination et la volonté.

Nous façonnons et perfectionnons cette pierre avec le travail alchimique, avec l’énergie, le feu qui en soi est le même Prométhée. Il est celui qui porte le feu et dans le feu se trouve la lumière.

Mais, ce n’est pas un Satan humanoïde comme celui que veut nous montrer le Clergé, non ; c’est notre propre Satan particulier. Mais quand nous avons obtenu la dissolution de l’Ego, quand nous l’avons réduit en cendres, alors cette pierre brute s’est transformée en pierre cubique parfaite; Satan est alors LUCIFER, le «faiseur de lumière».

Le Dieu du monde matériel est perçu comme un personnage têtu et sadique, qui cherche à maintenir l’humanité dans l’obscurité perpétuelle, tandis que Lucifer est le sauveur de l’humanité en lui donnant le don de la connaissance.

Lucifer est descendu du ciel dans un but précis. Comme Prométhée, il s’est opposé à Dieu pour sauver l’humanité et a été puni pour ses actions.

Prométhée, Lucifer, Jésus, Mātariśvan (1)… et nous, mes frères éclairés par leur Lumière… Mythe ou fable ?

L’initié devra plonger en lui pour ôter ses voiles

et trouver les ultimes réponses au mystère de l’existence.

*

Pour conclure, et comme dit Johann Wolfgang Von GOETHE, tant que vous n’aurez pas compris ce « Meurs et Deviens » vous ne serez qu’un hôte obscur sur la terre ténébreuse.

Je veux louer le Vivant Qui aspire à la mort dans la flamme Dans la fraîcheur des nuits d’amour.

Te saisit un sentiment étrange Quand luit le flambeau silencieux Tu ne restes plus enfermé Dans l’ombre ténébreuse Et un désir nouveau t’entraîne Vers un plus haut hyménée.

Tu accours en volant fasciné Et enfin, amant de la lumière, Te voilà, ô papillon consumé.

Poème de GOETHE intitulé Le Divan,

GL 08/2022 travail de synthèse.

(1) Mātariśvan est un être mythique de la religion védique, qui apporta le feu de loin, probablement du ciel, aux hommes, c’est-à-dire aux premiers prêtre

David Alonso : « Ceux qui attaquent la franc-maçonnerie défendent une seule vérité »

De notre confrère atlantico.net – Par Ana Baena

David Alonso, maçon de Vigo, démantèle les clichés sur les loges et explique leur validité dans la société d’aujourd’hui

Infirmier de profession, David Alonso appartient à la loge Obradoiro, l’une des trois qui existent à Vigo et la seule mixte. « J’ai vécu aux États-Unis et là-bas, être maçon est inscrit au programme ; J’ai toujours été intéressé, mais je ne comprenais pas cette ségrégation par sexe, sachant que les femmes pouvaient y accéder ici , j’ai demandé à être admis. Il déclare qu’il a simplement « frappé à la porte et ils m’ont interviewé pour savoir ce que je cherchais ». 

Et beaucoup partent en quête d’influence et de pouvoir, ce qu’Alonso démystifie. « Les grands penseurs du XIXème siècle en France étaient des francs-maçons, c’étaient les esprits les plus brillants et avaient un grand poids social, en Angleterre le grand maître appartenait à la royauté, mais maintenant nous sommes formés par des gens de la rue, sans influence. « Ils veulent un profil très diversifié, qui sait écouter et qui apporte des idées qui contribuent à améliorer la société. »

Dans la loge, on parle de tout, sauf de religion et de partisanerie politique (la politique avec une majuscule, oui). « À Obradoiro, il y a des membres de trois partis différents, ils s’entendent très bien et ne parlent jamais de politique. »

 Hier, il a présenté son livre « La franc-maçonnerie de Galice après la dictature » au bingo de Castelo Real et a offert une conférence dans laquelle il a mis en lumière cette réalité. « La franc-maçonnerie a été attaquée au cours de ses 300 ans d’existence en Espagne, elle a toujours été interdite, sauf pendant une courte période, elle a été persécutée et calomniée. »

Des procès-verbaux sont rédigés lors de toutes les réunions de loges et beaucoup ont été saisis pendant la guerre civile, de sorte que de nombreux francs-maçons ont été fusillés. « Ceux qui ont été sauvés ont été détruits pour garantir la sécurité des membres, il y a donc une grande lacune dans l’histoire de la franc-maçonnerie espagnole. » Le mystère qui entoure depuis toujours la franc-maçonnerie a une explication : « Dans la franc-maçonnerie, il n’y a pas de secrets, il y a la discrétion ; En réunion, chacun peut parler de ce qu’il veut en toute confiance et sérénité ; « Les francs-maçons travaillent sur la tolérance, ils considèrent qu’il existe plusieurs vérités et ils sont attaqués par ceux qui défendent une seule position. »

Chaque loge a ses propres rituels, mais pour l’auteur, ce n’est pas le plus important. « C’est une manière de maintenir l’ordre, partout il y a des rituels, quand on fait du shopping, quand on conduit, ils donnent un minimum de solennité aux événements, mais sans aucun spectaculaire. »

Pour que vive la langue de Molière

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Notre Larousse nous le dit : La franc-maçonnerie est une association ésotérique et initiatique, à caractère philosophique et progressiste, qui se consacre à l’amélioration de la condition humaine et à la recherche de la vérité…

…La vérité est cachée au fond d’un puits profond, dit Démocrite, le philosophe grec antique. Mais, soyons espiègles un instant : comme la nature, les francs-maçons et les franc-maçonnes qui composent cette organisation ne supportent pas le vide. Alors, pour faire image, ils, elles deviennent des vases – qui plus est, communicants pour le remplir. Et ils, elles cherchent effectivement parce que, assujettis comme tous les êtres humains au pourquoi fondamental, ils ont besoin de comprendre. Alors, sans mentir intentionnellement pour autant ils, elles se racontent des histoires, par FICTIONS interposées.

 Quand l’arc de cercle fait sens

Les rites et les allégories, les mythes et les légendes, les fables et les symboles : ce monde fictionnel, n’est donc pas en soi un déploiement de mensonges, mais n’est pas non plus l’expression de cette Vérité. Le socle de la franc-maçonnerie constitué par la représentation de la mort de l’architecte Hiram, assassiné par les trois mauvais Compagnons – chacun d’eux figurant un défaut – est à la fois un signifiant et un signifié : il a une raison et veut dire quelque chose. Parce que maçons et maçonnes, à leur pourquoi, précisément, demandent une réponse.

Qui dit existence humaine dit parcours, à la manière d’un javelot : propulsé par le ventre maternel, elle suit un arc de cercle pendant un temps donné, avant de se ficher en terre. Ce trajet se veut à la fois directionnel et explicatif : il se nomme le SENS, qui se déploie précisément en multiples sens. La franc-maçonnerie les suggère au gré de sa symbolique, largement extraite de la Bible, cet ouvrage collectif de référence, gorgé de mille ans d’aventures individuelles et tribales, de rencontres et d’alliances, de fureurs et d’horreurs, de joies et de peines, de haines et d’amours.

Bref un grand livre d’histoires, de témoignages grandioses de la foi monothéiste, sorti d’un petit pays, de l’Orient antique, Canaan, situé entre l’Egypte et la Mésopotamie. Un lieu de passage, à la fois champ de batailles et carrefour de civilisations.

 Notre raison de vivre

C’est clair, nous avons besoin de récits pour vivre. Et de ce « sens » qui en ressort, en même temps, boussole et dictionnaire. En se redressant, l’hominidé est lentement devenu Homo Sapiens. Celui qui sait et soi-disant sage. Au fil du temps, la station debout a élargi sa vue et son idéation, dégagé son larynx et ses cordes vocales ont progressivement mieux vibré jusqu’à transformer ses cris en onomatopées. Puis de nature en culture, s’est développé son intellect, sa voix s’est modulée, a formé et exprimé un langage, détachés en mots.

Que ferions-nous, ces Hommes devenus, sans la parole qui nous permet de prononcer des vocables afin d’exprimer nos pensées, désigner les composants de notre environnement et échanger avec nos semblables ? Le passé existe parce que nous en parlons, le présent parce que nous le vivons dans notre chair et le futur parce que nous l’imaginons. De la sorte, c’est bien grâce aux mots que nous donnons ce fameux sens à notre vie, autrement dit que nous y trouvons notre raison de vivre !

Nous sommes donc reliés au monde par la grande chaine du langage. Or, au siècle de l’avion supersonique, des trains à grande vitesse, d’une médecine et d’une chirurgie de pointe devenues « ambulatoires », du repas- sandwich et des outils informatiques qui nous « instantanisent », cette vie express ne nous suffit pas ! Nous avons tendance – pour gagner encore du temps ! – à « raccourcir », voire à supprimer nos indispensables « mots de liaison » du quotidien, tels que « bonjour, bonsoir, pardon, merci, au revoir ». Ces clés sacrées, en disparaissant, empêchent notre ouverture, coupent notre lien à l’autre. Jusqu’à le nier. Un triste constat de désocialisation, déjà fait dans d’autres articles.

Un pied de nez à l’horloge

Certes, à l’époque de la plume « Sergent major » et de l’encre violette dans l’encrier de nos pupitres, le temps était sans doute un luxe ! Notre belle langue française, a fait transpirer les plus anciens d’entre nous, sur les bancs de l’école. Entre autres, les longues descriptions balzaciennes dans nos livres alourdissaient à la fois nos cartables et nos esprits. Et elles nous entraînaient sur nos cahiers quadrillés, par tentatives d’imitation, dans des « rédactions » dont les hasardeux subjonctifs (et les fautes d’orthographe !) demandaient des heures de corrections, à l’encre rouge, de nos braves instituteurs ! Un nom à mes yeux prestigieux que ne remplace pas la sèche appellation « professeur des écoles ». Avec les abondantes formules ampoulées et fleuries du XVIIIème siècle de nos rituels maçonniques – véritable pied de nez à l’horloge – ne profitons-nous lors des tenues avec quelque bonheur, de ce temps retrouvé ?!

Sans nous laisser piéger par ces titres tout de même quelque peu « ronflants » hérités des Lumières et qualifiant nos fonctions dans l’exercice de l’Art Royal, cette école de pensée qui nous réunit, prolonge celle de notre enfance. Elle est ainsi enrichissante parce qu’elle entretient en nous la valeur des mots tant ceux d’hier que ceux d’aujourd’hui qui épaississent notre dictionnaire, cette deuxième Bible, profane en l’occurrence. Lorsque la parole circule en loge, par le système régulateur de la triangulation, nous pouvons mieux apprécier ce « temps étiré » même s’il n’est que de quelques secondes : il nous permet, par une « gymnastique mentale » certes rapide, d’ordonner un phrasé construit. Parfois préférable à un jaillissement spontané, par définition désordonné et irréfléchi !

Cette circulation verbale me renvoie au « pas de côté » du Compagnon, si souvent interprété comme une désobéissance alors qu’il indique aussi et surtout un évitement. Pour faire image, celui du « passeur de pierres » faisant un prudent écart pour éviter un obstacle, par exemple un outil tombé, sur la fragile planche d’échafaudage de la cathédrale en construction, au-dessus du vide ! S’écarter, c’est dans ce cas ralentir sa marche, mais c’est parfois sauver une vie !

Il en est de même avec les mots : les vocables inappropriés sont les épines du langage. Les mots sont des caresses ou des projectiles perforants !

Les mots du philosophe

« Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ». Cette judicieuse citation, maintenant rabâchée dans la littérature et les magazines est du philosophe Brice Parain (1897-1941). Albert Camus – à qui on l’attribue par erreur ou facilité – l’a simplement reprise (en citant sa source) dans un compte-rendu de l’ouvrage de son collègue (Recherche sur la nature et la fonction du langage – in « Poésie 44, n°17, page 22, Editions Gallimard).

Camus a écrit exactement : « L’idée profonde de Parain, est une idée d’honnêteté : la critique du langage ne peut éluder ce fait que nos paroles nous engagent et que nous devons leur être fidèles. Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur du monde. Et justement la grande misère humaine qui a longtemps poursuivi Parain et qui lui a inspiré des accents si émouvants, c’est le mensonge ». La citation a ensuite été déformée au fil des reproductions : le passage « Mal nommer un objet » est devenu « Mal nommer les choses ». Mais le sens demeure intact.

Ce que parler veut dire

Ce n’est pas le cas de l’adjectif « Narratif » qui a perdu le sien en remplaçant maintenant le mot « discours ». A tout bout de champ, il est question de « NARRATIF » pour citer le contenu de l’intervention verbale d’une personnalité ! Le propre du langage n’est pourtant pas pour un locuteur quel qu’il soit, de céder à un snobisme permettant d’apparaître « chic et instruit », avec un vocabulaire inédit mais de se faire bien entendre et comprendre du plus grand nombre !

Autre curiosité langagière, le mot « CHALLENGE » : il a traversé la Manche vers la Grande Bretagne au XIIème siècle avec l’orthographe « Chalenge » (signifiant alors en vieux français : défi, chicane). Il y a pris deux « l » pour retraverser en volant vers nous. Et ce mot CHALLENGE, qui n’avait rien demandé et totalement déformé, se prononce maintenant qu’il est anglicisé au quotidien sur notre sol : « TCHALINGE » avec le sens « d’entreprise difficile dans laquelle on se lance pour gagner ». C’est fou le nombre de TCHALINGES que les gens ont à relever et qu’ils clament aux micros des radios et télévisions !

Entre autres, les prochains Jeux Olympiques de 2024 à Paris sont un vrai TCHALINGE, où, espérons-le, brillera la France de tout son éclat ! Elle en sortira peut-être avec nombre de médailles lesquelles en même temps, feront un vainqueur du mot CHALLENGE qui reprendra sa place et sa prononciation d’origine. A la française !

Une ville pour une langue

Mais ne désespérons pas du coq gaulois, symbole de la France (et qui se rappelle à nous la crète haute dans le Cabinet de réflexion). L’usage du Franglais et autre Globisch ne devrait plus passer (ou moins en tout cas !) et supplanter sournoisement notre belle langue de Molière. N’est-elle pas abimée en permanence par les incursions anglo-saxonnes, à type d’expressions et d’interjections diverses, jusque dans nos rangs ?!

En effet, événement nouveau et mémorable qui peut avoir une suite bénéfique : Le 30 octobre dernier, notre Président de la République s’est souvenu en se rendant au Château de Villers Cotterêts (Département de l’Aisne dans les Hauts de France) qu’en octobre 1539 – il y a donc 484 ans – François 1er a décidé par Ordonnance que tous les actes juridiques soient rédigés en Français. Il a fait du même coup de cette ville (où est né Alexandre Dumas) la Cité de la langue française. Confirmation vient d’en être faite puisque Villers Cotterêts est désormais déclarée « Cité internationale de la langue française » ! Il était tout de même temps de s’en souvenir. Et d’agir !

 « Bien nommer les choses, c’est ajouter au bonheur du monde ! » pourrait donc écrire aujourd’hui Brice Parain. Ce que confirmerait bien sûr Albert Camus par un éclatant : Vive la langue française ! Souhaitons, en cette fin d’année et à l’aube de la nouvelle, que celle-ci devienne aussi « la langue de la diplomatie » en France et sur toute la planète !

Tiens, si on relisait le bon vieux Kipling comme antidote au « droit au blasphème » ?

L’actualité a le pouvoir, au-delà de la brutalité des faits, de nous replonger dans la sémantique. Ainsi, l’odieuse tentative de meurtre contre Salman Rushdie, remet à l’honneur l’expression « droit au blasphème » qui avait déjà été employée lors de l’attentat contre Charlie-Hebdo. Droit dont ne se privait pas la revue satyrique ! Mais est-ce le cas aujourd’hui quand nous évoquons la tentative de meurtre sur Salman Rushdie ?

Nous pouvons d’emblée douter que cette expression soit à la base de la revendication de Salman Rushdie ! Pour qui a une approche de son œuvre, sa démarche est, en fait, très théologique : user de dérision envers le Prophète Mahomet dans les « Versets sataniques » consiste à montrer son vécu purement humain, de façon à laisser toute la place à Dieu, et ne pas faire de lui un second Dieu (comme le Christ chez les chrétiens !) et lui redonner son rôle de transmetteur d’une parole qui n’est pas la sienne, mais celle d’un Principe et dont il n’est que le faillible porte-voix. Dans un contexte musulman, il n’est pas étonnant que la fameuse « Fatwha » fut imposée par l’Ayatollah Rouhallah Khomeini, représentant du monde chiite qui voulait que les successeurs du Prophète viennent de sa descendance et constituent ainsi une sorte de « monarchie de droit divin », alors que les Sunnites étaient partisans d’un choix communautaire par l’élection du dirigeant des croyants. Rushdie, dans son ouvrage, ne faisait nullement acte d’athéisme mais, en bon musulman, optait pour une orientation religieuse moderne en se servant de l’humour pour ramener le Prophète à sa dimension humaine et ne pas entrer dans une dérive manichéenne ou chrétienne d’un Dieu double par prophète interposé. En fait une démarche à un retour au monothéisme absolu par une baisse de l’importance de l’humain au profit du divin. Il convient là de faire preuve de discernement entre ce qui relève de l’attentat ou du résultat de querelles internes à une croyance, tout en condamnant l’acte en lui-même en tant que tel et en laissant faire son travail à la justice ou à la psychiatrie. Mais aussi d’échapper à la manipulation qui fait qu’un acte pris dans sa banalité criminelle ou pathologique est récupéré à des fins politiques en utilisant la légitime protestation contre l’acte lui-même.

 La défense contre une religion impérialiste et conquérante, quelle que soit, serait justifiée si elle n’était que l’expression d’un pouvoir lié à une foi qui serait la représentation incontournable de la « Vérité » à imposer à l’univers entier. Ces religions, souvent monothéistes, (« catholiques » au sens universel du terme), nous en connaissons bien entendu l’histoire et les méfaits ; parfois copiées par des idéologies politiques sensées les combattre : les « internationales » amenant le bonheur des peuples nous donnent froid dans le dos rien qu’à y penser !

Mais l’essence de la croyance religieuse ne se borne pas seulement à sa démonstration de puissance, précisément parce que, fondamentalement, elle est la traduction de la fragilité et de l’angoisse de l’homme. Pour la psychanalyse, elle en est même le fondement essentiel : contrairement aux animaux, l’enfant a besoin de bénéficier de la protection des adultes durant de nombreuses années pour faire face à la réalité d’une nature hostile. L’image du père et de la mère pour l’enfant, inconsciemment, vont devenir un facteur de sécurité qu’il reproduira devenu adulte pour faire face à l’angoisse de son insécurité fondamentale. Sigmund Freud écrit (1) : « Nous le savons déjà : l’impression terrifiante de la détresse infantile avait éveillé le besoin d’être protégé-protégé en étant aimé-besoin auquel le père a satisfait ; la reconnaissance du fait que cette détresse dure toute la vie a fait que l’homme s’est cramponné à un père, à un père cette fois plus puissant. L’angoisse humaine en face des dangers de la vie s’apaise à la pensée du règne bienveillant de la Providence divine ». Pour Freud, la religion est le remplacement d’une névrose individuelle par une névrose collective. Nous comprenons donc que l’attaque de la croyance religieuse de quelqu’un va déclencher chez le sujet une angoisse et une insécurité insupportable qui va le conduire à la violence comme si il était attaqué lui-même. Le « droit au blasphème » est vécu, dès lors, comme un acte théologique secondaire, mais ressenti, en priorité comme une agression contre le Père protecteur et donc l’angoisse mortifère de redevenir l’enfant sans protections face à un monde hostile. La terreur inconsciente du sujet ne tarde pas à se transformer à coup sûr en violence absolue de type paranoïaque.

Pour nous, Francs-Maçons, le fameux « droit au blasphème » ne peut que nous poser problème et nous sommes surpris que certains chez nous s’en réclament. Qui plus est, cela est passéiste et relève de l’humour : nous voilà replongés dans les arcanes « laïcardes »de la troisième République où il était suspect de ne pas être un bon républicain si on n’avait pas prononcé quelques vulgarités sur Dieu, la vierge Marie, le Pape et les curés !

La Franc-Maçonnerie est, avant tout, un lieu diversifié qui en fait sa richesse par l’acceptation de l’altérité fondamentale de la Soeur ou du Frère. Ce qui signifie que je vais le ou la rencontrer, non dans la recherche d’un accord commun qui serait une sorte de catéchisme, mais dans le plaisir de la différence. C’est là, où il est bon de nous rappeler certains passages de la « Loge-Mère » de Kipling :

« Nous n’osions pas faire de banquets (de peur d’enfreindre la règle de caste de certains Frères)

Et nous causions à cœur ouvert de religions et d’autres choses.

Chacun de nous se rapportant au Dieu qu’il connaissait le mieux.

L’un après l’autre, les Frères prenaient la parole :

Aucun ne s’agitait.

L’on se séparait à l’aurore, quand s’éveillaient les perroquets.

Comme après tant de paroles

Nous nous en revenions à cheval

Mahomet, Dieu et Shiva

Jouaient étrangement à cache-cache dans nos têtes…

Mais combien je voudrais les revoir tous

Ceux de ma Loge-Mère, là-bas ! »

Cet espèce de paradis perdu qu’évoque Kipling n’est pas seulement exotique, il est aussi et avant tout celui de la tolérance et du respect de l’autre dans sa différence fondamentale…

                                             NOTES

– (1) Freud Sigmund : L’avenir d’une illusion. Paris. PUF. 1971. (Page 43).

Chanson maçonnique : « Que c’est bon d’être franc-maçon »

7

Une mise au point de la troupe de la Rose et l’épée.

Nous ne voulons plus privilégier les vidéos car il s’agit d’abord et avant tout de chansons. De plus, puisque nos titres polémiques ont entraîné une censure définitive des Brigandes, nous resterons modérés sur les thèmes. La satire n’est pas encore totalement interdite, mais… Nous aimons rigoler dans le style comique-troupier mais nous voulons surtout aborder des sujets non conventionnels comme « jusqu’ici mais pas plus loin ». Il faut alterner les styles. La prochaine chanson à paraître sera donc sérieuse et pathétique. Il s’agit d’un travail de troubadour, sans compromis avec l’esprit de l’époque. L’équipe de la rose et l’épée.

[NDLR : Concernant cette troupe musique de la « Rose et l’épée », nous sommes en train d’investiguer afin de savoir s’il n’y a pas une relation avec la « Communauté de la rose et de l’épée ».
Justement, les « Brigandes »,  groupe musical féminin de chanson française apprécié de certains milieux d’extrême droite, six mois après la fermeture de leur chaîne YouTube début 2019, sont classées, par certains, comme un groupe de musique identitaire. Elles sont installées à la Salvetat-sur-Agout, bourg rural situé au nord-ouest du département de l’Hérault, et ont changé de nom. Ce groupe se fait désormais appeler la « Communauté de la rose et de l’épée » et développe des activités autour de conférences et de réflexion, sans totalement laisser de côté la musique.

L’article est clairement identifié comme « Antimaçonnisme », cf. le logo. Le groupe identitaire les Brigades est un nom rendant hommage aux insurgés de la guerre de Vendée. La pianiste est bien une ex des 7 chanteuses dudit groupe. Elles se produisent sous différents noms le dernier connu étant Vanadis…]

Paroles :

Un soir à la loge maçonnique, je rencontre mon député
J’y fais la gratouille sympathique : « mon frère, j’ai un service à te demander
Avec le fisc, j’suis au plus mal, faudrait faire sauter mon dossier…
Mon frère, y’a rien que d’plus normal, entre frangins, faut s’entraider ! »

Si on est frère dessus l’équerre, sous le compas, est-ce qu’on l’est pas ?
Sous le niveau, on est égaux, mais ton fil à plomb n’est pas droit
T’es apprenti dans la maison et t’es plein de bonnes intentions !
Tu mérites une augmentation, attends de passer compagnon »

Enfin, le jour est arrivé : « Compagnons, me v’là initié !
Apprenti, c’est pas un métier, écouter les vieux dégoiser… »
Je vais trouver le vénérable qu’a le bras long dans la gendarmerie
Je dis : « Cher frère, c’est lamentable, faut m’aider, j’ai fait des conneries ! »

Si on est frère dessus l’équerre, sous le compas, est-ce qu’on l’est pas ?
Sous le niveau, on est égaux, mais ton fil à plomb n’est pas droit
Si tu fais des coups malhonnêtes, il faut prendre des précautions
Attends d’abord de passer Maître, d’être enfin un vrai franc-maçon

Et me voilà Maître maçon, prêt à grimper vers les hauteurs
Dans notre belle institution, une place digne de ma valeur
On m’pousse pour les municipales, y’a des plus cons qu’moi qui y vont !
Mais j’vise le conseil général, sinon pourquoi jouer les bouffons ?

Si on est frère dessus l’équerre, sous le compas, est-ce qu’on l’est pas ?
Sous le niveau, on est égaux, mon fil à plomb est presque droit
J’suis jeune encore dans la maison, mais j’aspire à la perfection
Il faut gravir les échelons, c’est tout l’art du bon franc-maçon !

J’arrive au trente-troisième degré… ouf !, non pas sans mal, à coup d’pistons
Je vais connaître le grand secret, réaliser mes ambitions
Pratiquer la philanthropie, dans l’béton et le BTP !
On peut compter sur les amis : « Egalité, Fraternité ! »

Si on est frère dessus l’équerre, sous le compas, est-ce qu’on l’est pas ?
Sous le niveau, on est égaux, et mon fil à plomb est bien droit
J’tape du maillet sur mon plateau, j’distribue des augmentations
Pour les affaires, y’a tout c’qui faut : que c’est bon d’être franc-maçon !

Que c’est bon d’être franc-maçon !

La franc-maçonnerie mondiale selon Bino Bellomo entre vérité et tromperie…

De notre confrère allemand katholisches.info – Par le Père Paolo M. Siano*

De 1940 à 1944/45, le comte Bino Bellomo di San Cosimano (1904–?) fut agent (avec le grade de lieutenant, puis de capitaine) du Service de renseignement militaire (SIM) . Il s’agissait du service de renseignement militaire italien, subordonné à l’état-major général de l’armée royale, qui existait de 1925 à 1945. En tant qu’agent du SIM, Bellomo était également un employé de Giuseppe Cambareni (1901-1972), alias « Entity était un espion ». Après le 8 septembre 1943, Cambareni se rangea ouvertement du côté du maréchal Badoglio et travailla comme espion anglo-américain et antifasciste, restant toujours fidèle à son « credo » d’ésotérique, franc-maçon et rosicrucien. 1

J’ai écrit quatre articles sur Cambareni, le « Magicien des généraux ».

Pendant la guerre, le capitaine Bino Bellomo était membre du groupe maçonnique avec lequel Cambareni fonda l’ Union Démocratique ( 1944). Cambareni s’est distancié des services secrets britanniques (qui cherchaient le maintien de la monarchie savoyarde en Italie) et a préféré travailler pour les services secrets américains OSS (précurseur de la CIA) pour promouvoir une république italienne centriste à la fois profasciste et était ouvert aux communistes. 2

À partir de 1940, Bellomo, alors lieutenant, travailla dans le département SIM pour évaluer les informations collectées et, à partir de 1942, comme capitaine dans le département de contre-espionnage SIM. En mars 1942, Bellomo est transféré à Rome pour diriger le « Premier Département de Recherche Économique et Industrielle » puis le « Complexe X ». Bellomo est également chargé de dresser le journal SIM de ses activités. 3 Le SIM comptait trois départements : espionnage, contre-espionnage et évaluation de l’information. 4

Après la guerre, Bellomo enseigne l’économie politique à l’Université de Bologne. 5

En décembre 1975, le professeur Bino Bellomo di San Cosimano, aujourd’hui à la retraite, confia au journaliste Marcello Coppetti (1926-2003), expert de Giuseppe Cambareni et des deux services de renseignements militaires italiens SIM (1925-1945) et SIFAR, dans une ancienne villa à Bologne (1949-1966) une interview.

Dans un livre de 1978, le franc-maçon bolognais Eugenio Bonvicini ( Grand Orient d’Italie et 33e degré du Rite écossais ancien et accepté ) définit Bino Bellomo comme un « prêtre catholique » 6 . Dans certains écrits de Bellomo, il a signé Probo Bino Bellomo et est appelé P. Bino Bellomo… Peut-être que Bonvicini a mal compris le « P » comme l’initiale du mot « Père ».

1. La franc-maçonnerie mondiale selon Bino Bellomo (1960)

En 1960, l’éditeur milanais Ciarrocca publie le livre « La Massoneria Universale dalle origini ai nostri giorni » ( « La franc-maçonnerie mondiale des origines à nos jours ») de Bino Bellomo. Je présente divers extraits du livre de Bellomo et les organise en thèmes spécifiques qui me semblent importants. Bellomo commence par une longue préface, « Franc-maçonnerie et catholicisme romain » ( pp . 11-48), dans laquelle il soutient que l’Église et la franc-maçonnerie n’ont plus besoin d’être ennemies puisqu’il n’y a vraiment aucune raison théologique ou doctrinale d’incompatibilité entre elles. … En fait, tant dans cette introduction que dans d’autres passages, Bellomo précise, voire admet, le contraire : parmi les francs-maçons du 33e degré du Rite Écossais Ancien et Accepté (AASR), ou Franc-maçonnerie « blanche », il y a une « franc-maçonnerie palladienne » qui vénère Lucifer ou Satan et est donc hostile à l’Église… Mais allons-y pas à pas. Les passages en italique que je citerai sont tirés du texte.

1.1 Objectifs et méthodes de la franc-maçonnerie

Bellomo déclare que la franc-maçonnerie mondiale cherche à créer une religion inspirée du rationalisme et du naturalisme à travers diverses dénominations et rites maçonniques. La franc-maçonnerie aspire à une « fraternité » de tous les peuples (voir p. 11) et a « un programme qui s’applique dans le monde entier » (p. 11).

La franc-maçonnerie se présente comme politiquement et religieusement neutre et respecte toutes les religions. Mais ce n’est qu’au seuil de la « franc-maçonnerie blanche » que les adeptes apprennent que la franc-maçonnerie veut s’ériger en rempart contre le pouvoir politique autocratique ainsi que contre le catholicisme romain (voir p. 12).

À propos du travail maçonnique dans la société, Bellomo écrit : « La franc-maçonnerie s’intéresse avant tout aux personnes libres de préjugés et, surtout, d’idées religieuses, qui ont une forte intelligence personnelle, mais qui sont prêtes à s’engager pour la cause en toutes circonstances, abandonner la dépendance de l’ordre. Ce sont ceux que la franc-maçonnerie cherche à envoyer à ses plus hauts niveaux de direction après un examen des plus approfondis . Pour eux, la franc-maçonnerie, à travers ses nombreuses connexions , fera tout ce qui est en son pouvoir pour qu’ils obtiennent, si possible, des postes clés dans l’administration publique et dans les grands complexes économiques et culturels. « C’est pourquoi il y a toujours eu un effort pour pénétrer particulièrement la haute finance, le journalisme, les grandes maisons d’édition, l’armée, la justice, l’enseignement public, en particulier les universités » ( p . 13).

1.2 L’Église contre la franc-maçonnerie (XVIIIe siècle) : uniquement pour des « raisons politiques » ?

Comme le font habituellement les francs-maçons, Bellomo veut nous faire croire que les premières condamnations du Saint-Siège contre la franc-maçonnerie (pape Clément XII en 1738 ; pape Benoît de la morale… Bellomo affirme que la franc-maçonnerie à cette époque n’avait pas encore une attitude hostile envers la Religion catholique, il existait même des loges qui portaient le nom de noms de saints… Mais Bellomo sait très bien que la franc-maçonnerie des Lumières du XVIIIe siècle incarnait (voir pp. 16-19) !

En effet, la bulle anti-maçonnique In eminenti ( 1738 ) du pape Clément XII la dénonce: quelques erreurs dans les croyances et coutumes de la secte maçonnique, dont le serment maçonnique à la Bible sous menace de mort si le serment était violé ou équivalait à un parjure, ainsi que le climat d’indifférence religieuse dans les loges…

Il est étrange qu’une personne cultivée comme le comte Bellomo, formé à l’analyse de l’information et au contre-espionnage, n’ait pas découvert ces éléments.…

1.3 Église et franc-maçonnerie : lutte politique entre le XIXe et le début du XXe siècle

Sur la Franc-Maçonnerie à la fin du XIXème siècle, dirigée par Léon XIII. a été condamné comme porteur du naturalisme philosophique, de l’indifférentisme religieux et du paganisme moral, Bellomo écrit : « Ce n’était plus la franc-maçonnerie du passé, animée par une profonde passion civique, par l’amour de la science et de la vérité : elle a commencé à se désintégrer. , du moins en Italie, en raison de frictions internes et d’un personnalisme de plus en plus vif, de sorte qu’il y aurait bientôt de fortes divisions maçonniques (qui perdurent encore aujourd’hui) » (p. 42).

Bellomo veut donc nous faire croire que la franc-maçonnerie du 18ème siècle était meilleure que la franc-maçonnerie du 19ème siècle parce qu’elle était animée par l’amour de la science et de la vérité… Mais Bellomo lui-même admet que la franc-maçonnerie du 18ème siècle était celle des Lumières ! En fait, l’ancien agent secret Bino Bellomo argumente comme un franc-maçon.

Bellomo cite ensuite également l’encyclique Custodes fidei de Léon XIII. (8 décembre 1892), dénonçant les activités anticléricales et anticatholiques de la franc-maçonnerie. Bellomo insiste à tort sur des raisons politiques comme cause du différend entre la franc-maçonnerie et l’Église : « Comme nous pouvons le constater, la dernière encyclique contre la franc-maçonnerie documente également la cause du différend, qui est politique et non théologique. Cela concerne les problèmes terrestres, la portée et les activités du Saint-Siège, plutôt que sa parole de foi. Comme les libéraux, les francs-maçons exigeaient une séparation claire du pouvoir religieux et politique, c’est-à-dire l’indépendance de l’État par rapport à l’Église. […] Ce n’était donc pas un problème théologique et transcendantal auquel la franc-maçonnerie et le Vatican étaient confrontés et opposés dans le passé. La rencontre et le combat sont nés, au moins principalement, de problèmes d’ordre politique. Ceci est surtout documenté par les encycliques qui traitent du sujet » (pp. 44-45).

Ce que l’ancien agent secret (peut-être franc-maçon) Bellomo écrit ci-dessus est faux : en réalité, la racine du différend entre la franc-maçonnerie et l’Église est avant tout théologique et doctrinale. Étrangement (une tromperie délibérée ?) Bellomo semble ignorer les raisons doctrinales de l’opposition entre l’Église et la Franc-maçonnerie, raisons qu’il cite lui-même dans son livre…

Bellomo parle de l’anticléricalisme du Grand Maître du Grand Orient d’Italie (GOI ) Adriano Lemmi (1822-1906). Bellomo cite un article de la « Rivista Massonica » (en fait Rivista della Massoneria Italiana) de 1893, p. 118, dans lequel Lemmi expose les objectifs de sa franc-maçonnerie : attaquer le Vatican, séparer le pouvoir religieux du pouvoir laïc et détruire les congrégations et de reprendre les institutions éducatives et éducatives. Dans la même revue maçonnique de 1897, page 242, Lemmi explique la nécessité de recruter des éléments viables pour la franc-maçonnerie parmi les officiers de l’armée, et explique également que la présence maçonnique dans l’armée serait un rempart contre le cléricalisme italien ; les prêtres pourraient conduire les enfants, mais la franc-maçonnerie saurait conduire les jeunes à travers l’armée. 7

Bellomo rapporte que la franc-maçonnerie italienne (le Grand Orient) a été critiquée en interne au début du XXe siècle : divers francs-maçons (qui formeront plus tard l’obédience sur la « Piazza del Gesù », du nom de l’emplacement de leur siège romain) l’accusèrent de se figer dans un anticléricalisme stérile. Bellomo accuse Lemmi d’avoir provoqué la crise au sein de la franc-maçonnerie italienne (voir p. 260f). Bellomo vient-il également de la direction de la « Piazza del Gesù » ?

1.4 La franc-maçonnerie entre guerre, espionnage et après-guerre

Concernant les activités maçonniques avant et pendant la Seconde Guerre mondiale, Bellomo explique que la franc-maçonnerie s’est infiltrée dans les principaux États d’Italie et d’Allemagne dans le but de renverser les dictatures fascistes et nationales-socialistes. 8 Bellomo rapporte ici qu’en 1938 « les Rose-Croix américains » envoyèrent en Europe un de leurs hauts dignitaires, un homme jeune, entreprenant et ouvert d’esprit qui parvint à infiltrer les hauts cercles militaires en Italie et fut même un ami du maréchal Pietro Badoglio. Prendre le pouvoir en 1943 dans cette partie de l’Italie où le régime fasciste pouvait être éliminé. Cet espion d’origine italienne originaire de Calabre (Bellomo ne mentionne pas son nom, mais il s’agit de Giuseppe Cambareni), envoyé d’outre-mer, utilise également des pratiques magiques et spiritualistes et se fait passer pour la réincarnation de Cagliostro (voir p. 256).

À propos des activités maçonniques pendant le fascisme, Bellomo écrit : « La franc-maçonnerie, qui a été envahie par le fascisme en 1925, a encaissé le coup, s’est cachée intelligemment et , à travers des fils secrets mais puissants, a contribué dans une large mesure aux événements qui ont à leur tour conduit à « La destruction du fascisme, qui s’était inconsciemment précipité sur la pente de l’orgueil, de l’arrogance, du despotisme et des erreurs incurables et de plus en plus graves » (p. 266).

Bellomo explique que la franc-maçonnerie a très bien infiltré les structures du pouvoir de l’Italie fasciste : « Elle s’est infiltrée dans les cercles judiciaires, dans les cabinets des ministères, dans la haute finance et, surtout, dans ces corps très sensibles comme l’ état-major et l’ état-major. des forces armées a » (p. 267).

Au lendemain des événements de guerre de 1943, la franc-maçonnerie apparaît à nouveau fragmentée en différents groupes, reflétant dans une certaine mesure la fragmentation du territoire, même s’il existe des contacts entre différents groupes maçonniques. En voici quelques-uns : le Grand Orient d’Italie – Palazzo Giustiniani (GOI) ; la Grande Loge de Raoul Vittorio Palermi 33°, successeur de Saverio Fera 33° ( Serenissima Gran Loggia Nazionale Italiana di Piazza del Gesù) ; le groupe appelé Franc-maçonnerie unie et un autre appelé Régence . Sont séparés de la Franc-Maçonnerie du Grand Maître Palermi : 1) le groupe Avezzana ; 2) le groupe Via della Mercede ; 3) le groupe De Franchis ; 4) le groupe du Grand Maître Prof. Labriola, qui a également présidé une formation politique appelée Unione Democratica (Union Démocratique), qui a fonctionné entre 1940 et 1943 pour accélérer le renversement du fascisme. Après 1949, les « familles » des francs-maçons REAA De Franchis, Terzani et Avezzana se réunissent (voir p. 267f).

L’un des cofondateurs ou premiers membres de « l’Union Démocratique » fondée par Giuseppe Cambareni était le capitaine de l’époque, Bino Bellomo. Il n’y a aucune preuve, mais Bellomo était probablement lui-même franc-maçon.

1.5 Sympathie pour la franc-maçonnerie de la « Piazza del Gesù »

Bellomo explique qu’en 1908, il y a eu une scission au sein du Grand Orient italien parce qu’il était fortement anticlérical. Frère Saverio Fera, franc-maçon du Grand Orient et du 33ème degré du Rite Écossais Ancien et Accepté (AASR, Haut Degré Franc-Maçonnerie), a fondé un deuxième Conseil Suprême (au sein duquel sont réunis les Francs-maçons du 33ème degré de l’REAA) , qui est organisé par l’ Association Mondiale des Conseils Suprêmes du Rite Écossais Ancien et Accepté . Bellomo dit que l’anticléricalisme maçonnique a amené la Franc-maçonnerie italienne (GOI) elle-même à détruire sa structure rituelle et à être de moins en moins initiatique… On pourrait dire que Bellomo regardait avec sympathie ou du moins avec intérêt la Franc-maçonnerie de Fera, connue sous ce nom. de la « Piazza del Gesù » (voir pp. 233-237). Dans la période d’après-guerre, dit Bellomo, la franc-maçonnerie de la Piazza del Gesù, sous la direction du Grand Maître Raoul Vittorio Palermi, « a clairement surmonté tous les préjugés anticatholiques, anticléricaux et anti-Vatican » (p. 237). Bellomo explique que Palermi est mort franc-maçon et doté des sacrements (cf. p. 237)… La franc-maçonnerie de la Piazza del Gesù, selon Bellomo, a été accusée par le Grand Orient de se vendre au Vatican… Bellomo représente la franc-maçonnerie de Fera- Palermi se présente comme pro-catholique, spiritualiste et anticommuniste, et – comme le souligne Bellomo – cette franc-maçonnerie (de Palermi) est un mouvement qui ne doit pas être sous-estimé par les autres francs-maçons, de sorte que les jésuites – toujours selon Bellomo – espérer que cette franc-maçonnerie agisse au grand jour et puisse alors être une force aux côtés de l’Église contre les dangers du matérialisme et du communisme mondial (voir p. 238f)…

Avec le déjà célèbre ami franc-maçon Don Rosario Esposito (1921-2007), prêtre de la Fraternité Saint-Pierre. Paul, Bino Bellomo appelle également à la réconciliation et à la coopération entre la franc-maçonnerie et l’Église « pour le progrès social et l’unité des citoyens » (cf. p. 239f) : un tel souhait est-il l’expression de la naïveté ou d’une conscience maçonnique ?

1.6 Église et franc-maçonnerie : de la lutte à la paix et à la coopération (1960 et suivantes) ?

À son époque (après la Seconde Guerre mondiale), Bellomo affirme que les tensions et les conflits entre l’Église et la franc-maçonnerie n’ont plus aucune base d’existence, car, selon Bellomo : « L’Église ne prétend plus avoir un gouvernement laïc, le gouvernement catholique les partis règnent de manière laïque, le monde est divisé entre forces spirituelles et matérialistes (voir p. 45f). Bellomo affirme que les forces spiritualistes sont dirigées par l’Église catholique et que la franc-maçonnerie est également l’un des champions de la réalité spirituelle… En bref, Bellomo estime que le moment est venu de surmonter définitivement le vieil antagonisme entre la franc-maçonnerie et l’Église. … La franc-maçonnerie devrait examiner ses conceptions et ses préjugés, renoncer aux traditions rituelles qui n’ont plus aucun droit d’exister, aux initiations obscures, etc. (voir p. 46). Bellomo fait spécifiquement référence à la franc-maçonnerie italienne, divisée en différents groupes. Dans les pays anglo-saxons, en revanche, la franc-maçonnerie n’a aucun point de contact avec l’Église et – selon Bellomo – « travaille vers le même objectif », à savoir la « volonté d’unir le monde », « et l’unification du monde ». les intérêts pratiques et le mode de vie signifient « avant tout l’union des forces spirituelles, de la volonté morale et des idéaux qui doivent être cultivés dans le climat d’une civilisation chrétienne millénaire » (p. 47). Un discours digne d’un franc-maçon !

Bellomo affirme ensuite que 70 ans après la dernière excommunication anti-maçonnique du Pape (Bellomo fait référence au genre Humanum de 1884 et/ou à Custodes fidei de 1892), l’Église a changé d’attitude : elle n’insiste plus sur les anciens schémas. Contre la Franc-maçonnerie, l’Église s’adapte au nouveau cours de l’histoire, et la Franc-maçonnerie semble aussi s’adapter aux nouvelles exigences de l’histoire, notamment au vu des dangers qui menacent toutes les religions (voir p. 47)…

Bellomo espère de bonnes relations entre la franc-maçonnerie et l’Église pour sauver la civilisation et l’humanité des dangers communs des guerres et du matérialisme : « Les conditions d’une meilleure compréhension mutuelle sont donc présentes. Des conditions qui dépassent les événements politiques insignifiants du moment. L’immanence idéale face au danger commun imminent doit unir fatalement tous les peuples et toutes les confessions dans un effort commun pour le salut de la civilisation d’abord, puis pour un avenir meilleur pour la race humaine » ( p. 47f).

Comme c’est étrange. Dans tout ce que Bellomo écrit dans ce livre sur la Franc-Maçonnerie, en particulier sur les hauts degrés, la Franc-Maçonnerie « blanche », au sein de laquelle se trouverait aussi la Franc-Maçonnerie « Palladienne », le désir d’une coopération conciliante entre l’Église et la Franc-Maçonnerie est contradictoire, utopique, illusoire. Et un signe révélateur d’une sympathie au moins sournoise et d’une alliance de Bellomo avec la franc-maçonnerie ou, de manière encore plus réaliste, de l’affiliation de Bellomo avec la franc-maçonnerie.

En faisant également référence à la convocation du Concile Vatican II par le pape Jean XXIII. Soutient, Bellomo (1960) tente de souligner que la franc-maçonnerie ne représente plus aujourd’hui un danger pour l’Église, mais que le danger vient uniquement du matérialisme, c’est pourquoi l’Église et la franc-maçonnerie devraient former un front commun contre elle… Bellomo explique que la franc-maçonnerie affirme également l’existence de l’esprit – même si elle se berce de suggestions trompeuses, à savoir l’occulte (voir p. 241)…

Bellomo affirme ensuite : Si un accord sur le plan religieux entre l’Église et la franc-maçonnerie est impossible, il pourrait en revanche être réalisable et fructueux sur le plan social… Et pourtant Bellomo lui-même indique clairement que les sphères supérieures des francs-maçons détestent le catholicisme, d’où la proposition d’une telle alliance avec la franc-maçonnerie semble pour le moins naïve, voire carrément mystifiante et trompeuse. N’oublions pas que Bellomo est un ancien officier du renseignement militaire, peut-être franc-maçon, ou du moins avec des sympathies maçonniques comme Giuseppe Cambareni…

Bellomo écrit : « Si donc, sur le plan religieux, l’entente entre la franc-maçonnerie et l’Église est impossible (ce qui est évident, puisque l’Église catholique, par définition, a la primauté absolue de la vérité divine et ne peut évidemment pas la céder ou la partager avec autres), il existe certes des possibilités de coexistence et même d’unité sur le plan politique et social, à condition bien sûr que la franc-maçonnerie renonce au préalable au « secret » qui la rend suspecte et opaque. Après ce renoncement, ils ont de nombreuses raisons de vivre et de s’épanouir. Entraide, charité, culture, diffusion des idées universalistes. Dans ce dernier domaine, la Franc-maçonnerie peut en effet s’appuyer sur de bonnes traditions . Aujourd’hui, on parle avec désinvolture des « États-Unis d’Europe », mais il ne faut pas oublier que les francs-maçons ont été parmi les principaux partisans de cette fédération continentale au siècle dernier (ER 227). Et au siècle présent, ajoutons-nous, l’un des dirigeants les plus célèbres de la démocratie chrétienne, Alcide de Gasperi, était un partisan sincère et actif d’une telle union ; et avec lui de nombreux autres hommes importants, de haute culture et de foi religieuse, qui occupent aujourd’hui des postes importants dans la vie politique » ( p. 242f).

[L’ouvrage cité par Bellomo comme ER 227 est le livre de Don Rosario Esposito, « La Massoneria e l’Italia dal 1800 ai nostri giorni », Rome 1956 (cf. Bellomo, op. cit., p. 337)]. 

(La suite suit.)

Le Père Paolo Maria Siano appartient à l’Ordre des Franciscains de l’Immaculée (FFI) . Le docteur en historien de l’Église est considéré comme l’un des meilleurs experts catholiques en matière de franc-maçonnerie, à laquelle il a consacré plusieurs ouvrages de référence et de nombreux essais. A travers ses publications, il apporte la preuve que la franc-maçonnerie, depuis le début jusqu’à aujourd’hui, contenait des éléments ésotériques et gnostiques, qui justifient son incompatibilité avec la doctrine de l’Église.

Traduction : Giuseppe Nardi
Image : MiL


1 Cf. Gianni Ferraro : Enciclopedia dello spionaggio nella Seconda guerra mondiale (Encyclopédie de l’espionnage pendant la Seconde Guerre mondiale), Sandro Teti Editore, Roma 2010, art. Cambaréni Giuseppe, p.122 (121-123)

2 Cf. Ferraro, op. cit., p. 122

3 Cf. ibid., Bellomo Bino, p. 75

4 ibid., article SIM, p. 633

5 Cf. Mario Isnenghi : Le guerre degli Italiani : parole, immagini e ricordi 1848-1945 (Les guerres des Italiens : Mots, images et souvenirs 1848-1945), Arnaldo Mondadori Editore, (Milan) 1999, p. 285

6 E. Bonvicini : L’esoterismo massonico (L’ésotérisme maçonnique), dans l’anthologie : La Libera Muratoria (Franc-maçonnerie), édité par Claudio Castellacci, préface de Giordano Gamberini, SugarCo Edizioni, Milan 1978, pp. 205-206 (203- 243)

7 Cf. Bellomo, op. cit., p. 259

8 Cf. Bellomo, ibid., p. 256.

Fondamentalisme sur la création du mariage civil par la franc-maçonnerie

De notre confrère nuevatribuna.es – Par EDUARDO MONTAGUT

Félix Sardá i Salvany (1841-1916) était un prêtre catalan, membre éminent du fondamentalisme à l’époque de la Restauration . Il était membre du carlisme et devint en 1888 l’un des idéologues du Parti de l’intégrité de Ramón Nocedal. Apparemment, c’est lui qui a été à l’origine du surnom donné à la formation, précisément en raison du caractère péjoratif du terme fondamentaliste par les opposants politiques.

En 1893, il fut directeur du Diario Catalán , l’organe du fondamentalisme barcelonais. Il a fini par se séparer du Parti et affronter El Siglo Futuro parce qu’il défendait la nécessité de soutenir les alliances électorales avec les conservateurs. Il affronte le catalanisme et défend une sorte de catholicisme social à Sabadell. Son ouvrage le plus célèbre fut Le Libéralisme est un péché et l’ouvrage qui nous intéresse ici, le Maçonisme et le Catholicisme : parallèles entre la doctrine des loges et celle de notre Sainte Église, catholique, apostolique, romaine, la seule vraie, qu’il publia dans Barcelone, en 1885.

Au chapitre onze, il expliqua comment le « maçonnisme » et le catholicisme différaient en ce qui concerne la constitution de la famille , c’est-à-dire en ce qui concerne le mariage, attribuant à la franc-maçonnerie la naissance du mariage civil, considéré en outre comme un « non-mariage ».

Pour la franc-maçonnerie, et toujours selon Sardá, le mariage n’avait rien à voir avec Dieu ou la religion. L’homme et la femme étaient unis par nature et sans qu’aucune loi divine ne puisse régler les conditions de ladite union. Mais comme cela pouvait être considéré comme très « grossièrement animal » parce qu’on reconnaissait quelque chose de supérieur à ce que faisaient les animaux, la franc-maçonnerie avait inventé pour « colorer ces unions sans Dieu » une sanction que le curé catalan qualifiait de fausse, et qui s’appelait mariage civil. . Ainsi, l’État occupait la position de Dieu, il acquérait le droit de sanctionner l’union légale des deux sexes et d’établir certaines conditions.

En enlevant au mariage la sanction divine, il n’avait que la sanction humaine, et si respectable qu’il soit censé être, il ne dépasserait jamais cette condition, qu’il vienne d’un roi ou d’un parlement, ou des deux institutions à la fois. Le droit humain ne pouvait pas donner à ce contrat de mariage une plus grande force qu’il n’en donnait à d’autres contrats civils autorisés et légiférés. Le mariage était réduit aux conditions de tout contrat, ou à un simple accord où chacune des parties pouvait ajouter ou supprimer les conditions qu’elle souhaitait et, par conséquent, c’était l’annulation complète de la loi matrimoniale, l’abolition du mariage. Sardá a forcé le raisonnement en insistant sur cet aspect de la liberté du couple, car il est allé jusqu’à affirmer que même si la loi exigeait qu’aucun homme ne puisse épouser une seule femme, une telle union devait être éternelle et qu’une série de devoirs devait être remplie de conditions liées à la parenté, non pas en vertu d’un principe supérieur ou d’un ordre divin, mais parce que cela avait semblé tel au législateur, qu’il soit « monarchique ou démocratique », c’est-à-dire par simple jugement humain , n’importe quel citoyen pouvait remettre en question ce que la loi avait dicté. Si Dieu a été exclu du contrat de mariage parce qu’il était inutile, notre protagoniste s’est demandé pourquoi il fallait y insérer le bâton du maire ou du juge.

Contrairement au mariage civil, œuvre de la franc-maçonnerie, il existait le principe selon lequel l’institution du mariage était divine.

Le problème était que la loi humaine, en se privant de son fondement dans la loi de Dieu, pourrait changer à l’avenir. Le vote d’un parlement pourrait un jour dire ce qu’est un mariage, mais demain il pourrait réglementer le mariage selon d’autres principes. Ainsi, la formalité sacrée du lien conjugal, comme base de la famille, dépendrait toujours des majorités parlementaires qui décideraient à chaque moment de ce qu’elles jugeraient opportun.

Face à ce mariage civil, l’œuvre de la Franc-maçonnerie, nous l’avons dit, était le principe selon lequel l’institution du mariage était divine. C’était un sacrement.

En conclusion, on ne peut résister à un constat. Les arguments actuels de l’Église et des secteurs les plus conservateurs et néo-intégrateurs de notre époque contre le mariage des personnes de même sexe sont-ils très éloignés de ceux que Sardá présentait il y a près de cent cinquante ans sur le mariage civil ?

« Le complexe de Gaïa », le nouveau livre de Frédéric Vincent

Cet ouvrage propose une approche éco-psychanalytique révolutionnaire.

Ce qu’en dit son éditeur :

Dans un monde immergé dans la frénésie numérique et la déconnexion du lien entre l’homme et la nature, un nouvel ouvrage intitulé Le complexe de Gaïa publié aux éditions Dandelion prend les devants pour explorer les racines psychologiques et historiques de cette séparation et proposer une voie vers la réconciliation.

Frédéric Vincent, psychanalyste et sociologue, dévoile une vision percutante de la psyché humaine dans le contexte de l’anthropocène. L’auteur déclare : « Nous sommes immergés dans une ère où la nature est reléguée au second plan, où notre connexion profonde avec Gaïa est perdue au profit d’une civilisation érigée sur des bases anti-gaïennes. Il est temps de réveiller cette conscience endormie et de rétablir notre harmonie avec l’environnement naturel qui nous entoure.« 

Cet ouvrage novateur se démarque en proposant une réflexion inédite sur l’éco-psychanalyse, basée sur un triptyque révélateur : Gaïa, Sapiens et Polis. En remettant en question les fondements mêmes de la psychanalyse traditionnelle, l’auteur offre une approche révolutionnaire, ancrée dans la compréhension du lien intrinsèque entre l’homme et son environnement.

À travers les 206 pages de ce livre, l’auteur explore l’émergence de la crise climatique, la perte de la connexion avec Gaïa depuis la révolution néolithique jusqu’à nos jours, et la manière dont cette séparation a affecté la psyché humaine. Il présente également une analyse étiologique novatrice, suggérant que l’anthropocène est devenu un catalyseur majeur des troubles psychologiques contemporains.

« Le complexe de Gaïa » incite les lecteurs à se reconnecter avec leur passé, à redécouvrir les gestes archaïques inscrits dans leur quotidien et à reconnaître les traces persistantes de l’animisme dans notre culture moderne. L’ouvrage propose un regard révélateur sur la nécessité de rétablir cette relation perdue avec la nature pour guérir la névrose civilisationnelle. C’est une invitation à découvrir un ouvrage visionnaire qui propose une réflexion profonde sur la psyché humaine et son rapport avec la nature. « 

Le complexe de Gaïa est en librairie depuis le 24 novembre dernier.

À propos de Frédéric Vincent : Pionnier de l’éco-psychanalyse

Frédéric Vincent, psychanalyste basé à Vitré (Ille-et-Vilaine), incarne une voix influente dans le domaine de la psychanalyse contemporaine. En sa qualité de président de l’Association des Psychanalystes Européens, il s’engage activement dans une réforme dynamique et innovante de la science de l’inconscient.

Docteur en sociologie et chercheur en sciences sociales, il a été l’élève de Michel Maffesoli, figure éminente de la sociologie contemporaine. Fort de cette expérience, il occupe actuellement le poste de directeur à l’Eco Psy Lab. Sa carrière d’auteur est ponctuée de plusieurs prix littéraires. Ses ouvrages, dont Les symboles maçonniques (Dervy), Le sentiment initiatique de la vie (PGDR), et Geek Theory (ECE-D), explorent des thématiques variées telles que les mythes contemporains (Star Wars, Harry Potter), l’héroïsme ordinaire, la culture geek et les sociétés secrètes. En 2022, il a créé le Prix Antiphon qui récompense les auteurs qui contribuent au rayonnement de la psychanalyse. Il est régulièrement invité dans les médias (Europe 1, RTL, France Culture, Public Sénat, LCP) et anime également des chroniques radiophoniques.

[NDLR : Nous souhaitons revenir sur plusieurs notions que nos lecteurs ne connaissent pas tous forcément. À commencer par Gaïa, une figure puissante et omniprésente, qui, dans les récits mythologiques, est l’une des premières à l’émission au début du monde, émergeant souvent du chaos primordial. Elle est la mère de beaucoup d’éléments de l’univers, y compris les montagnes, les mers et les cieux étoilés. Gaïa est particulièrement connue pour être la mère des Titans, une race de divinités. Elle a uni avec Ouranos (le Ciel) pour donner naissance à plusieurs Titans, y compris Cronos, Rhéa, Océan, Thémis, et d’autres. Elle symbolise la fertilité, l’abondance.

Et puis, tentons d’apporter notre pierre à l’édifice en essayant d’expliquer deux notions. Tout d’abord celle du complexe de Gaïa puis ce que peut être une éco-psychanalyse.

Dans le domaine scientifique, le complexe de Gaïa, souvent associé à l’Hypothèse de Gaia, proposée par James Lovelock et Lynn Margulis dans les années 1970est une hypothèse suggérant que la Terre et ses écosystèmes peuvent s’auto-régulés. Selon cette vision, les organismes vivants interagissent avec leur environnement inorganique de façon à maintenir des conditions visées à la vie sur Terre. Dans une perspective plus écologique ou spirituelle, le complexe de Gaïa peut se référer à une prise de conscience de l’interconnexion et de l’interdépendance de tous les éléments de la Terre. Cela implique une responsabilité envers la planète et encourage des comportements plus respectueux de l’environnement. Dans tous les cas, le complexe de Gaïa incite à réfléchir sur notre relation avec la Terre et notre responsabilité dans la préservation de son équilibre écologique.

Ensuite, de ce que nous pouvons comprendre d’une éco-psychanalyse, c’est qu’elle met en interconnexion notre psyché et notre environnement (crise écologique mondiale, bien-être psychologique, etc.). Elle concoure à une réflexion sur le comportement humain, s’intéressant à la manière dont nos attitudes et comportements envers l’environnement sont influencés par des facteurs psychologiques inconscients. L’éco-psychanalyse semble donc offrir une perspective enrichissante et nécessaire pour comprendre et traiter les problèmes psychologiques à une époque où les questions écologiques sont de plus en plus préoccupantes. Elle élargit le champ de la psychanalyse traditionnelle en intégrant des dimensions écologiques et environnementales dans l’analyse de la psyché humaine. Vaste sujet ! La lecture de l’ouvrage de Frédéric Vincent aidera le lecteur à comprendre tout cela.

Par ailleurs, signalons que Frédéric Vinvcent est l’un des rares auteurs à avoir vu ses écrits récompensés par deux prix littéraires maçonniques :

  • en 2009, par l’Institut Maçonnique de France (IMF), en catégorie « Essai – Symbolisme » pour Le voyage initiatique du corps (Éd. Detrad).
  • en 2014, par la Grande Loge de France, à l’occasion du salon maçonnique, et  son Acacia d’Or (Prix Philosophie Société Histoire-) pour Le réenchantement initiatique du Monde (Éd. Detrad).

Le complexe de Gaïa

Frédéric Vincent Éditions Dandelion, 2023, 206 pages, 14 €

Grade de Maître : la vérité ?

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La légende d’HIRAM est le mythe fondateur de la franc-maçonnerie. Elle symbolise la mort et la renaissance de l’adepte, la transformation en « MAITRE » maçon.

Il n’en a pas toujours été ainsi. A l’origine la maçonnerie ne comportait que deux grades : Apprenti & Compagnon. Une lente élaboration de rituels, en une dizaine d’années, a « injecté » le mythe de la Mort d’Hiram, à la suite de quoi sont apparus les Hauts grades désireux de donner une suite à une fin prématurée du héros. Tout s’est solidifié en Angleterre mais selon un schéma Ecossais. Cet ouvrage fait le point sur l’actualité des recherches historiques et annonce la parution prochaine d’une révélation sur l’histoire des hauts grades chevaleresques et philosophiques qui se sont répandus en France.

L’AUTEUR

Roger Dachez est médecin et universitaire. Président de l’Institut maçonnique des France, il a, depuis plus de trente ans,  écrit de nombreux articles et ouvrages sur l’historique et les sources traditionnelles de la franc-maçonnerie. Il est notamment l’auteur de l’histoire illustrée du Rite Ecossais.