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La Franc-maçonnerie agit lorsque l’État ne peut ou ne veut pas le faire

De notre confrère roumain cluj24.ro

Un sujet très discuté dans l’espace public et notamment sur Internet est celui lié à la franc-maçonnerie. Un sujet qui a rassemblé de nombreuses opinions contre, mais aussi pour. Certains la considèrent comme une organisation occulte qui gouvernerait le monde et qui influencerait ses destinées, d’autres la perçoivent telle qu’elle est, une organisation qui ne vise qu’à promouvoir le bien dans le monde.

L’historien de Cluj Ioan Bolovan, professeur d’université, directeur de l’Institut d’Histoire « George Bariţiu » de l’Académie Roumaine a interagi et travaillé sur de nombreux projets développés en collaboration avec les francs-maçons et la Grande Loge Nationale de Roumanie (MLNR).

« Je dois commencer par une précision, pour qu’il n’y ait aucun doute : je ne suis membre d’aucune loge maçonnique, mais je ne suis pas non plus contre ces organisations de la société civile. Donc, je n’en suis pas membre, mais je n’ai jamais eu de réserves pour approcher, collaborer avec les gens, avec les institutions. Et avec M. Adrian Crivii, nous avons un projet très important pour notre histoire et notre identité – la promotion des héros d’Apuseni, dans lequel l’Association culturelle Simion Bărnuţiu s’est massivement impliquée, logistiquement, matériellement, humainement, dans la création d’un site Internet pour voir l’histoire de cette partie importante de la Roumanie.

Au printemps, j’ai coordonné à Bistrita, avec la Grande Loge Nationale de Roumanie, un projet très important pour la communauté, une récompense avant tout symbolique, mais aussi matérielle pour les élites de Bistrita, c’est-à-dire ceux qui sont soit nés à Bistrita, soit accomplis dans un plan scientifique, économique, culturel, artistique, civique et démocratique dans la communauté locale.

L’Institut d’histoire George Bariţiu de l’Académie roumaine, que je dirige depuis 5 ans, est tout à fait ouvert à collaborer avec les gens, avec les institutions de l’État roumain, avec les institutions de la société civile, car la société civile est extrêmement importante, elle est ce que Hegel disait il y a plus de deux siècles, à savoir que dans la société, trois choses comptent : l’économie, la démocratie et la société civile. Or, les associations franc-maçonniques constituent une partie importante de la société civile, qui agit lorsque l’État ne peut ou ne veut pas résoudre un problème. De tant de projets caritatifs que je connais personnellement, dans lesquels les associations franc-maçonniques de Cluj avec lesquelles j’ai eu des contacts, celles de Bistriţa, ont résolu des situations limites, dramatiques, pour lesquelles l’État n’a pas trouvé de solutions. Pour envoyer se faire soigner à l’étranger, pour trouver d’autres moyens de tendre la main là où des dizaines de mains désespérées lui ont demandé de l’aide.

Ensuite, j’aime penser que nous partageons les mêmes valeurs. J’ai été invité à présenter une conférence également à Bistriţa, mais aussi à Cluj, sur le patrimoine culturel et historique, sur l’identité nationale. Le mécanisme démocratique qui gouverne cette partie de la société civile, qu’est la franc-maçonnerie, a les mêmes valeurs, partage les mêmes principes avec lesquels je ne peux être en désaccord. Ensuite, pour tous ceux qui ont encore des doutes sur mon affiliation ou non-affiliation, je pense que cette clarification est suffisamment complète pour justifier, d’une part, ma présence ici », a déclaré le Prof. Dr. Ioan Bolovan, à l’occasion de le lancement du livre « Izso Diamant si Industria Sârmei Câmpia Turzii Mémoires d’un entrepreneur franc-maçon (édition critique en roumain par Attila Varga et Adrian Crivii) », un livre publié par les maisons d’édition Argouanut/Mega et qui a été lancé au Transylvania International Book Festival (FICT).

Qu’est-ce que la franc-maçonnerie ?

Pour comprendre ce qu’est la franc-maçonnerie, nous présentons également quelques idées et extraits rendus publics par le MLNR.

« La franc-maçonnerie est l’une des plus anciennes sociétés fraternelles. Les données ci-dessous tenteront d’expliquer la manière dont la Franc-maçonnerie est pratiquée par la GRANDE LOGE NATIONALE DE ROUMANIE, la Grande Loge qui administre toutes les Loges régulières sur le territoire de la Roumanie. (…)
La franc-maçonnerie ne peut en effet être définie en quelques phrases. La franc-maçonnerie est le plus souvent considérée comme un système de morale allégorique, illustré par des symboles. Il est vrai cependant que cela représente bien plus. On peut parler de la franc-maçonnerie comme d’un cours de morale, qui fait appel à l’allégorie et au symbole, mais, en plus de ce sens, la franc-maçonnerie est aussi une société organisée, une institution avec des règles clairement définies.
(…)

Cultivant parmi ses membres les principes de responsabilité, de moralité et de vérité, la franc-maçonnerie encourage les francs-maçons à suivre dans la vie de tous les jours les leçons apprises lors des rituels allégoriques, rituels soigneusement préservés au fil des siècles.

(…)

La condition essentielle pour être accepté dans l’Ordre est la croyance en la Divinité – génériquement appelée le Grand Architecte de l’Univers – et en l’immortalité de l’âme.
Depuis ses débuts, la franc-maçonnerie a suivi et suit systématiquement les trois grands principes, respectivement :

AMOUR FRATERRENTIEL – tout vrai franc-maçon fera preuve de tolérance et de respect pour les opinions de ses semblables et se comportera en toutes circonstances avec bienveillance et compréhension envers chaque être humain.

AIDE – chaque franc-maçon apprend à pratiquer cette vertu, non seulement pour les membres de sa famille, mais aussi pour les membres de la société dans laquelle il vit, principe qui doit être suivi par des efforts individuels. Le sort des orphelins, des souffrants et des personnes âgées est une préoccupation permanente des membres de l’Ordre depuis l’Antiquité.

LA VÉRITÉ – constitue pour les francs-maçons la pierre de touche de leur formation, ce principe doit prévaloir en toute circonstance.

Les francs-maçons croient fermement que la transposition de ces trois principes dans la vie est le seul moyen d’atteindre les normes comportementales les plus élevées de la vie de chaque être humain.

La franc-maçonnerie n’est pas une société secrète, puisque chaque Grande Loge Régulière est une institution légalement constituée, officiellement reconnue et fonctionnant conformément à la législation de chaque pays.

La franc-maçonnerie est une société discrète et non secrète. Les seuls « secrets » cultivés dans l’Ordre sont ceux liés aux rituels et aux modes de reconnaissance entre Frères, ces « secrets » relevant davantage de la tradition.

Les principes, symboles et coutumes spécifiques, ainsi que les objectifs de l’Ordre, sont publics, et si certaines questions internes ne sont pas rendues publiques, cette attitude fait partie de la normalité de l’attitude de toute association face à ses questions internes avec une dose de discrétion.
Le statut de la Grande Loge nationale de Roumanie est public, étant inscrit au Registre national des personnes morales sans but patrimonial, et la Grande Loge nationale de Roumanie est reconnue par le gouvernement de Roumanie comme association d’utilité publique.

Cluj récompensé par le MLNR

Au moins ces dernières années, le MLNR s’est plus fortement ouvert à la société et mène de nombreux projets publics.

L’un des projets les plus célèbres est le FUTUR DE LA ROUMANIE – PROGRAMME NATIONAL DE CONFÉRENCES ET DE DÉBATS.
Le projet se déroule au niveau national à travers une série de conférences animées par des conférenciers de renom, spécialistes incontestables dans leurs domaines d’activité professionnelle, domaines qui recoupent les thèmes abordés par chacun des grands thèmes du projet.
Gala des PRIX M:.L:.N:.R:.

Un autre grand projet est le Gala des MLNR Awards, organisé en collaboration avec l’Académie roumaine, un projet qui vise à promouvoir et à récompenser l’esprit créatif, innovateur et inventif du peuple roumain dans des domaines vitaux pour notre destin collectif, tout en souhaitant également encourager les jeunes. de suivre cette voie, en leur offrant des repères précieux en ce sens.

Chaque année, le MLNR, lors d’une célébration organisée à l’Académie roumaine, décerne sept prix de 5 000 à 10 000 euros chacun, à des personnalités représentatives du domaine d’activité respectif.

Lors des huit éditions jusqu’à présent, les habitants de Cluj ont également été récompensés. Parmi eux, nous citons : Le Prix de Médecine « Carol Davila » a été décerné au Prof. Dr. Dafin Fior Mureșanu ; PRIX GRIGORE MOISIL – L’académicien EMIL BURZO, qui a publié en 2013, en tant qu’auteur unique, aux prestigieuses maisons d’édition SPRINGER dans le cadre du projet « Matière condensée. Propriétés magnétiques des composés inorganiques non métalliques à base d’éléments de transition », 2 volumes de 307, respectivement 490 pages, sous le titre « Tectosilicates » LANDOLT-BOERNSTEIN HANDBUCH ; PRIX CAROL DAVILA DE MÉDECINE – Lauréats : Mircea GRIGORESCU, Alexandru IRIMIE, Mircea BEURAN. Ouvrage : « Traité d’oncologie » ; PRIX NICOLAE TITULESCU POUR LA DIPLOMATIE ET ​​LA SCIENCE POLITIQUE – -Prof. Univ. Dr. Vasile PUȘCAȘ Article : « Négociations de partenariats.

De nombreuses personnalités du monde et de la Roumanie étaient des francs-maçons. Nous en citons quelques-uns : René Descartes, Isaac Newton, Voltaire, Benjamin Franklin, Johann Wolfgang Goethe, Wolfgang Amadeus Mozart, Nicolae Bălcescu, Mihail Kogălniceanu, Alexandru Vaida Voevod, Sever Frentiu, Nicolae Titulescu, Bogdan Petriceicu Hasdeu, Vasile Alecsandri.

Le chemin d’Hénoch-Essai sur la présence de la mystique juive dans les grades de perfection du Rite Écossais Ancien et Accepté

Enseignant et franc-maçon de Rite Écossais Ancien et Accepté (RÉAA), Jean-Pierre Casimir appartient à la sensibilité libérale du judaïsme français.

Jean-Pierre Casimir.

Nous lui devons dans Points de Vue Initiatiques (PVI), la revue trimestrielle de la Grande Loge de France (GLDF), plusieurs articles dont « Sacralisation et désacralisation du monde » (N° 171, 2e Trimestre 2014), « Oralité et transmission initiatique » (N° 164, Juin 2012), « La liberté par l’initiation » (N° 165, Septembre 2012) ou encore « L’essence de la Fraternité » (N° 167, 1er Trimestre 2013).

Avec Le chemin d’Hénoch – Hénoch, en hébreu signifiant « l’initié » –, personnage biblique considéré comme un modèle de vertu et de sagesse de l’Ancien Testament mais apparaissant, entre autres, au grade de Chevalier de Royale Arche, 13e degré du Rite Écossais Ancien et Accepté, Jean-Pierre Casimir nous invite à cheminer avec lui. À le suivre sur le chemin initiatique, associé à un voyage intérieur ou spirituel de découverte de soi. Comme pour suivre un processus de transformation personnelle et de croissance spirituelle. Afin, sans doute d’acquérir une sagesse accrue nous permettant à la fois de chercher et trouver des enseignements mais aussi d’explorer de nouveaux domaines de connaissance.

Dans son préambule l’auteur cite et remercie deux acteurs et écrivains majeurs du RÉAA Alain Bernheim (1931-2022), spécialiste de la franc-maçonnerie, et Louis Trébuchet, rédacteur en chef de 2006 à 2009, puis de Directeur de la Rédaction de 2009 à 2012 de PVI.

Alain Bernheim en 2008.

En épigraphe, il ne manque pas non plus, reprenant les écrits d’Hubert Greven, de préciser que « Si la pratique du Rite Écossais Ancien et Accepté a traversé le temps et les modes depuis deux cents ans sans discontinuer, c’est parce que le Rite propose à ses adeptes des outils, une méthode et un projet de vie qu’il transmet intacts depuis ses origines et qui tire leur substance de l’esprit de la Tradition primordiale remontant à un passé immémorial… »

Outils, méthode, projet de vie, nul doute que cet ouvrage y contribue grandement. À commencer par définir et expliquer ce que sont kabbale, Zohar – Zôhar écrit l’auteur –, l’école de Safed, Talmud et mystique juive et leur relations avec les hauts gardes du Rite Écossais Ancien et Accepté, notamment du 12e au 14e degré.

Le glossaire définit lequel des deux Hénoch biblique est l’objet du présent livre et du 13e degré qui est souvent orthographié Enoch dans les rituels maçonniques.

Louis Trébuchet.

Le premier Hénoch mentionné dans la Bible est le fils de Caïn, le fils d’Adam et Ève. Hénoch, fils de Caïn, est mentionné dans le livre de la Genèse, chapitre 4, versets 17 à 18. Il est le fondateur d’une ville appelée Hénok. Ses descendants sont énumérés dans la Bible, mais il est dit très peu de choses à son sujet. Le deuxième Hénoch est Hénoch, fils de Jared. Il est mentionné dans la Bible dans le livre de la Genèse, chapitre 5, versets 18 à 24. C’est lui qui est généralement associé au personnage biblique d’Hénoch. La Bible déclare qu’Hénoch marcha avec Dieu et vécut 365 ans. Ensuite, « Dieu le prit » ou « l’enleva » et il ne mourut pas comme la plupart des gens. Cette traduction peut varier d’une version de la Bible à l’autre, mais l’idée générale est qu’Hénoch a été enlevé par Dieu.

Associé au Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA) dans les degrés 12 à 14 – degrés portant le nom de Grand Maître Architecte (12e degré), Chevalier de Royal Arche (13e degré) et Grand Élu, Parfait et Sublime Maçon (14e degré), hauts grades maçonniques incorporant des éléments de la légende d’Hénoch, notamment sa réputation de grand constructeur et sa relation avec la construction du Temple de Salomon.

Buste de Moïse de León à Guadalajara (Espagne), effectué par Luis Sanguino.

Jean-Pierre Casimir, riche de son parcours profane et religieux, nous renseigne sur la Zohar, texte kabbalistique central dans la littérature ésotérique juive, traditionnellement attribué au rabbin Shimon bar Yochai, un sage du IIe siècle, bien que des chercheurs modernes estiment que l’œuvre a été écrite plus tard par le rabbin Moïse de León (1240-1305), un kabbaliste espagnol. Il est en réalité

la manifestation de connaissances mystiques anciennes transmises oralement et est composé de plusieurs volumes qui forment un commentaire ésotérique sur la Torah (l’enseignement religieux juif), explorant des concepts kabbalistiques clés tels que les Sephirot (les émanations divines), le Ein Sof (l’infini divin), la tsimtsoum (le retrait divin) et la méditation mystique. Le Zohar utilise un langage symbolique et allégorique pour exprimer des idées spirituelles et mystiques.

Pic de la Mirandole.

Pour nous faire comprendre la pesée mystique juive en franc-maçonnerie, Jean-Pierre Casimir traite de la kabbale juive et chrétienne abordant les écrits du philosophe italien de la Renaissance Pico della Mirandola (1463-1494), Pic de la Mirandole, surtout connu pour son œuvre majeure, De hominis dignitate (De la dignité de l’homme), considérée comme un texte fondateur de la philosophie humaniste – défense du concept du libre arbitre, émancipation par la connaissance,

Opposition à l’astrologie et à la croyance en la prédétermination des événements humains par les astres, etc.

Par pesée mystique juive, il faut entendre kabbale (séphirot ou séfirôt, noms divins, symboles, etc.) parfois évoquée en franc-maçonnerie. Et l’auteur de se référer à cette forme de mysticisme juif qui explore les aspects ésotériques et mystérieux de la religion juive, en mettant l’accent sur la compréhension de la divinité, de l’univers et de l’âme. Une influence sur la franc-maçonnerie en général et sur le RÉAA en particulier…

1re de couverture, détail.

Nous devons aussi à l’auteur la découverte pour certains de ce qu’est l’École de Safed, également connue sous le nom de Kabbale de Safed, une importante école de pensée kabbalistique qui s’est développée dans la ville de Safed (ou Tsfat) en Galilée, en Israël, au XVIe siècle qui a joué un rôle majeur dans l’histoire de la Kabbale et a influencé de manière significative la spiritualité juive, notamment sur la notion de la tsimtsoum (le retrait divin) et le processus de création.

Du Rite Écossais Ancien et Accepté, un des systèmes de hauts grades les plus répandus dans le monde maçonnique, Jean-Pierre Casimir analyse la place d’Enoch dans les rituels maçonniques. Il travaille sur le rituel de Royal Arch d’avant 1783, sur le manuscrit Francken de 1783 en interprétant la légende dudit manuscrit et sur le rituel du 13e degré en 1804, ainsi que son contexte et enfin celui en vigueur au Suprême Conseil de France en 1822. Traitant aussi de la légende des trois mages. Enfin,  avant de conclure, il opère un judicieux retour sur le 12e degré, commentant la mise en correspondance des dix séfirôt et le Temple de Jérusalem. Annexes, glossaire, bibliographie et table des illustrations (18 au total) sont des plus enrichissants.

Voici la « Table des Matières

Préambule

Introduction

I. La kabbale, le Zôhar et l’école de Safed

Le Zôhar/Isaac Louria et l’école de Safed

II. Le Talmud avant la kabbale

III. La mystique juive et d’autres courants de pensée religieuse et mystique

Mystique juive et gnose : convergences et différences/La kabbale chrétienne/Pic, la Trinité et les sefîrôt/Johannès ReuchlinChristian Knorr von Rosenroth/Kabbale et panthéisme

IV. La kabbale et l’union mystique

V. Rencontrer la kabbale sur le chemin de l’initiation maçonnique

VI. La mystique juive et les grades de perfection du Rite Écossais Ancien et Accepté

Le cinquième degré et le Sēfer Yetsirâ/Hénoch : de la Bible au Rite Écossais Ancien et Accepté/Énoch dans les rituels maçonniques/Les rituels de Royal-Arche avant 1783/Le manuscrit Francken de 1783/Analyse et interprétations de la légende dans le manuscrit de 1783/Le rituel du 13e degré en 1804 et son contexte/Analyses et commentaires/Le rituel en vigueur au Suprême Conseil de France en 1822/Analyse et commentaires/La main droite de Guibulum/Quatre lettres pour dire l’amour/Au-delà de l’ennéade… les dix paroles/Lorsque le Rite Écossais Ancien et Accepté prolonge la pensée mystique…/Le 13e degré et la légende des trois mages/Le récit/Interprétation de la légende des trois mages/Retour sur le 12e degré/Commentaires sur la mise en correspondance des dix sefîrôt et du temple de Jérusalem

ClôtureAnnexes

Transcription des lettres, signes diacritiques et consonnes vocaliques hébraïques/Les degrés de Perfection du Rite Écossais Ancien et Accepté du 4e au 14e degré

GlossaireBibliographieTable des illustrations »

Ces enseignements centrés sur la recherche de la vérité et de la connaissance doivent encourager les frères et les sœurs à poursuivre l’approfondissement de leur connaissance et à pratiquer la vertu afin de devenir des exemples pour les autres. Le lecteur doit s’approprier le chemin initiatique proposé par Jean-Pierre Casimir, car il s’agit bien d’une expérience personnelle et unique pour chacun. Un ouvrage qui aidera, n’en doutons pas, à accomplir ce beau voyage.

Le chemin d’HénochEssai sur la présence de la mystique juive dans les grades de perfection du Rite Écossais Ancien et Accepté

Jean-Pierre Casimir – Cépaduès, Coll. de Midi, 2023, 266 pages, 27 €

Hénoch repris par Dieu, peinture à la chaux, église d’Härkeberga, Suède.

Francs-maçons célèbres… : Pierre-Joseph Proudhon

Pierre-Joseph Proudhon, né le 15 janvier 1809 à Besançon et mort le 19 janvier 1865 à Paris (16e ), un polémiste, journaliste, économiste, philosophe, politique et sociologue français. Précurseur de l’anarchisme, il est le seul théoricien révolutionnaire du xixe siècle à être issu du milieu ouvrier.

Proudhon à l’assemblée nationale en 1848.

Autodidacte, penseur du socialisme libertaire non étatique, partisan du mutuellisme et du fédéralisme, il est le premier à se réclamer anarchiste en 1840, partisan de l’anarchie, entendue en son sens positif : « La liberté est anarchie, parce qu’elle n’admet pas le gouvernement de la volonté, mais seulement l’autorité de la loi, c’est-à-dire de la nécessité ».

Il est l’auteur de plus de soixante livres.

Proudhon dans sa jeunesse.

En 1840, dans son premier ouvrage majeur, Qu’est-ce que la propriété ? Ou

Recherche sur le principe du Droit et du Gouvernement, il rend célèbre la formule « La propriété, c’est le vol !». Dans ce même ouvrage, il est le premier auteur à utiliser l’expression « socialisme scientifique », lorsqu’il écrit : « La souveraineté de la volonté cède devant la souveraineté de la raison, et finira par s’anéantir dans un socialisme scientifique».

En 1846, il donne, dans son Système des contradictions économiques ou Philosophie de la misère, une explication de la société fondée sur l’existence de réalités contradictoires. Ainsi, la propriété manifeste l’inégalité mais est l’objet même de la liberté. Le machinisme accroît la productivité mais détruit l’artisanat et soumet le salarié. La liberté elle-même est à la fois indispensable mais cause de l’inégalité.

En 1848, dans Solution du problème social, il élabore la théorie du crédit à taux zéro qui anticipe le fonctionnement des mutuelles d’aujourd’hui. Il imagine la création d’une banque d’échange ou « banque du peuple », dont le but est l’abolition de la monnaie, du salariat, la suppression de toute prise d’intérêt et de toute réalisation de profit dans le cadre des structures d’échange entre les individus.

Anticlérical, il publie en 1858 l’ouvrage De la justice dans la Révolution et dans l’Église, véritable somme contre l’Église dans lequel il prône l’abolition de toutes les formes de pensée et d’organisation ecclésiales au profit des formes égalitaires, antihiérarchiques.
En 1863, dans Du Principe fédératif et de la nécessité de reconstituer le Parti de la Révolution, et en 1865, dans De la Capacité politique des classes ouvrières, il est un des premiers théoriciens du fédéralisme, entendu non pas seulement comme libre association des communes mais comme point de jonction entre l’industrie et la campagne, l’ouvrier et le paysan.

Dans Les Démocrates assermentés et les réfractaires, il pose les bases du refus de toute participation aux élections lorsqu’elles sont truquées, dévoyées par le pouvoir bonapartiste, détournées par le système capitaliste, manipulées par ceux qui font et défont les cartes électorales. Il ne condamne pas la démocratie ou le suffrage universel en eux-mêmes mais leur manipulation au profit des intérêts capitaliste et étatique.

Il entre en Franc-maçonnerie en 1847

Proudhon dans les années 1840

A la Loge Sincérité, parfaite union et constante amitié au Grand Orient de France à Besançon.  L’assistance est fournie car l’impétrant, enfant du pays, est un écrivain sulfureux, jouissant d’un grand prestige dans le mouvement républicain et socialiste.
C’est à cette étape de sa vie, après que la loge ait procédé aux trois enquêtes et voté en sa faveur, qu’il est introduit, la tenue suivante, soit le 8 janvier, dans la « chambre des réflexions » de la loge de Besançon. Ses réponses écrites aux deux premières questions sur les devoirs envers ses semblables et son pays, n’ont pas dû surprendre l’atelier : « justice à tous les hommes » et « dévouement à son pays ». Mais à la troisième : Que doit-il à Dieu ? Il répond par provocation : « la guerre ».

Suivons ensuite le récit de son initiation telle qu’il la rapportera dans « De la justice dans la Révolution et dans l’Eglise » :
« Je demande pardon à mes respectables frères de la surprise que leur causa cette fière parole, sorte de démenti jeté à la devise maçonnique, que je rappelle ici sans moquerie : A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers . »

Une discussion s’ensuit où Proudhon explicite sa position antithéiste. Dans son ouvrage “De la justice dans la Révolution et dans l’Église (1858)”, il s’explique : « Le Dieu des maçons n’est ni Substance, ni Cause, ni Âme, ni Monade, ni Créateur, ni Père, ni Verbe, ni Amour, ni Paraclet, ni Rédempteur, ni Satan, ni rien de ce qui correspond à un concept transcendantal : toute métaphysique est ici écartée. C’est la personnification de l’Équilibre universel : Dieu est l’Architecte ; il tient le Compas, le Niveau, l’Équerre, le Marteau, tous les instruments de travail et de mesure. Dans l’ordre moral, il est la Justice. Voilà toute la théologie maçonnique ».

Tombe de Pierre-Joseph Proudhon au cimetière du Montparnasse (division 2).

La persécution, l’emprisonnement et l’exil politique font qu’il prend quelque distance avec son atelier d’origine pendant quatorze ans. Il ne pénètre à nouveau dans une loge maçonnique qu’en 1861, quatre ans avant sa mort, à Namur en Belgique. Il avoue n’être resté qu’au grade d’apprenti en disant : « Je me suis abstenu, j’ai vécu hors du temple… ».
Plusieurs loges (Écosse, Anvers, Verviers, Strasbourg, Paris, Gand, Reims) participeront à la souscription lancée après sa mort pour rembourser les nombreuses dettes qu’il laissait. Celle des Gymnosophistes de Londres adressera ses condoléances officielles à Mme Proudhon.

Pour aller plus loin : Dictionnaire Larousse

50 nuances de mépris

Nous analysons ici un des mécanismes mentaux qui conduit à la haine et aux passages à l’acte qui défraient actuellement la chronique.  

En français familier, donner un nom d’oiseau à quelqu’un signifie l’insulter. La première explication vient comme l’intention d’annoncer à l’interlocuteur qu’il ou elle est en déficit d’intelligence. On s’appuie là sur la conviction que la cervelle d’oiseau est moins performante que notre merveilleux cortex. Les qualités attribuées par la « sagesse populaire » aux différentes races d’oiseaux permettent de choisir finement le message que l’on souhaite faire passer. L’humour sera aussi appelé en renfort le cas échéant, afin de rendre le message digeste pour la personne visée, ou pour mettre les rieurs de son côté.

Les rapaces diurnes sont parés de qualités positives, comme par exemple la clairvoyance ( «  c’est un aigle ! » ) . On peut soupçonner qu’il y a un peu de fascination devant la force animale brute dans le succès des rapaces, que l’on peut ainsi rapprocher des grands fauves.  Mais bien souvent l’analogie avec des oiseaux recherche des aspects négatifs à mettre en avant.

L’intelligence faible sera soulignée comme tête de linotte .

Le choix s’agrandit quand il est question de femmes peu intelligentes : bécasse, dinde, pintade, oie blanche…La poule, souvent attribuée à la femme, comme par exemple la poule de luxe, peut aussi qualifier l’homme, qui pourrait être poule mouillée : serait-ce alors parce qu’il n’est pas assez viril ? Se raidissant, il se fait alors coq, dressé sur ses ergots ( qui sonnent comme égo ). Le maire déchu de Paimpol disait récemment, en conseil municipal, à la maire nouvellement élue : « je te parle comme je veux ma cocotte ». Cocotte signifiait prostituée jusqu’à l’entre-deux-guerres.

Nous pourrions continuer longtemps comme cela, tant la caisse à outils pour dévaloriser son prochain est garnie. « Prochain », voilà qui nous ramène à ce fichu altruisme paroissial : la compassion/sympathie que nous donnons à nos proches, nous la soutirons à ceux qui sont nos lointains. Pour faire fonctionner ce mécanisme, nous avons besoin de clairement séparer ces deux populations. Et comment ? En nous persuadant que nous avons raison de ne pas aimer les lointains.

Tout de même, est-ce notre génétique ou notre fond culturel, on ne sait pas bien, il y a cette petite voix qui nous susurre que nous sommes tous humains, et que la solidarité de l’espèce est un devoir absolu. Bon d’accord, humains ils sont, mais tout de même moins chouettes ( tiens encore un oiseau ) que nous et nos proches. Ils sont affreux, sales, et méchants, comme dans le film. On peut ajouter bêtes, incultes, etc. « Bêtes », ben tiens, on peut utiliser tous les noms d’oiseaux , mais d’autres bestioles pas agréables en plus : rats, punaises, cancrelats, cloportes, etc.

La voilà l’arme ultime :  il faut déclarer que ce ne sont en fait pas des humains. Controverse de Valladolid, le retour ? Non, pas besoin de faire un truc officiel, suffit qu’on s’en convainque et la séparation se fait dans notre tête :  on pourra être odieux à souhait.

Jusqu’ici, on n’a évoqué que l’individu lambda.

Il y a plus fort au niveau collectif. Les idéologues, sachant que le phénomène du bouc émissaire permet de bien souder les troupes, vont industrialiser le processus.

La palme revient là évidemment à l’extrême droite, comme le rappelait Raphael Enthoven en édito pour Franc-Tireur. Que voyons-nous ? L’usage des étiquettes. Les nazis, un peu gênés par le fait que la qualité de judéité, de tzigane ou de franc-maçon ne se voit pas sur le visage, ont imposé le port des étoiles d’infâmie que l’on sait. N’étant pas au pouvoir, les actuels tenants de ces thèses ont remplacé les étiquettes physiques par des mots gluants qui collent à l’individu. Le vieux Le Pen avait commencé avec son Durafour-crématoire. Dieudonné a renchéri avec son Shoahnanas . Médine persiste avec son resKhanpée stigmatisant Rachel Khan, dont la majorité de la famille a péri dans les camps.  Nous sommes devant un soi-disant humour, qui n’engendre qu’un sinistre ricanement haineux.

Remarquons qu’ici un cap supplémentaire est franchi : on n’utilise même plus une analogie animale, mais une chose. La déshumanisation est alors achevée. 

Chers sœurs et frères, voici pourquoi je ris finalement moins qu’avant mon initiation. Comment ne pas avoir souvent à l’esprit que tant de choses rigolotes ne sont que des véhicules d’intentions négatives ? Nous sommes tant et tant à passer trop de temps à chercher le mème* rigolo sur les réseaux sociaux. Interrogeons-nous sur le pourquoi cela nous fait rire . Mettons nous dans les souliers de la personne visée, ou mettons-y nos proches. Les émotions dégagées changent alors ! En tenue, nous nous appelons exclusivement SS ou FF :  ce n’est pas par hasard.   

Que ta parole soit toujours impeccable, dit le premier accord toltèque. Pour cela, éradiquons l’humour mal intentionné.

* Le terme est utilisé sur internet pour désigner tous les contenus propagés rapidement sur le réseau.

Brésil : L’Ordre DeMolay était honoré ce lundi 16, lors d’une réunion plénière spéciale

De notre confrère brésilien almg.gov.br

Liée à la franc-maçonnerie, une institution pour le développement de la jeunesse fondée en 1919 aux USA achève 40 ans d’activité dans le Minas Gerais.

La Plénière de l’Assemblée Législative du Minas Gerais (ALMG) tiendra une réunion extraordinaire lundi prochain (16/10/23), à partir de 19 heures, pour honorer l’ Ordre de DeMolay pour 40 ans d’activité dans le Minas Gerais, à commencer par la fondation du chapitre n° 12 de Belo Horizonte, le 18 juin 1983.

La demande qui a rendu l’événement possible a été rédigée par 26 parlementaires, avec le député Duarte Bechir (PSD), 2ème vice-président de l’ALMG, comme premier signataire. Dans le document, le parlementaire rappelle l’importance de l’hommage et rappelle l’histoire de l’ordre sur le territoire du Minas Gerais.

« Les activités de l’Ordre de DeMolay sont basées sur les vertus de l’amour filial, du respect des choses sacrées, de la courtoisie, de la camaraderie, de la fidélité, de la pureté et du patriotisme. Rendons hommage à l’effort et au dévouement de ces jeunes pour le bénéfice de la société brésilienne et pour l’encouragement de l’engagement politique et social des jeunes ».

Duarte Bechir, dans la demande de réunion extraordinaire

Le représentant Duarte Bechir, dans la demande de réunion extraordinaire
Le programme de la réunion spéciale comprend la composition de la table d’honneur, l’interprétation de l’hymne national et de l’hymne de l’Ordre de DeMolay, la remise de la plaque avec l’honneur, en plus des discours de Duarte Bechir et du représentant de la personne honorée. .

L’histoire de l’Ordre DeMolay remonte, selon la demande, à février 1919, lorsque neuf jeunes âgés d’environ 16 ans se sont réunis dans un temple maçonnique à Kansas City, Missouri, aux États-Unis, et ont fondé sous le parrainage de la franc-maçonnerie. l’institution qui rassemble actuellement des millions de personnes à travers le monde. Son premier dirigeant fut Frank Sherman Land.

Le nom de l’ordre fait référence à Jacques DeMolay, dernier grand maître de l’Ordre des Templiers qui, brûlé vif le 18 mars 1314, devint un martyr et un exemple d’héroïsme, de loyauté, de courage, de fidélité et de tolérance.

Toujours selon la demande, l’Ordre de DeMolay regroupe deux drapeaux fondamentaux : la lutte pour le maintien des écoles publiques et la promesse de construire un monde avec la meilleure préparation de la jeunesse, qui prendra un jour la direction de toutes les activités de la société contemporaine.

D’une manière générale, l’objectif de la commande est, selon la définition exprimée sur son site Internet ,créer de bons citoyens, qui respectent les lois, qui vivent en harmonie avec la société, qui aident les autres dans leurs besoins fondamentaux et éducatifs et qui, par l’exemple, servent de modèle à suivre par tous les jeunes.

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Anusocratie ? Franc-maçonnerie, transgression sexuelle et enrichissement illicite en Afrique postcoloniale

Du site cambridge.org – Par Cambridge University Press

Les Camerounais ont récemment inventé un nouveau mot pour caractériser l’état de leur pays : anusocratie (le règne de l’anus). Cela est devenu central dans la panique morale à partir de 2000 face à une prétendue prolifération de l’homosexualité. L’anusocratie relie ces pratiques homosexuelles à l’enrichissement illicite des élites nationales et à leur implication dans des associations secrètes d’origine occidentale, telles que la franc-maçonnerie, les rosicruciens et les Illuminati.

Cet article tente de dénouer ce nœud conceptuel entre homosexualité, occultisme (franc-maçonnerie) et enrichissement illicite : d’abord en l’historicisant. Il est intéressant de noter dans le cas camerounais qu’un lien similaire est mentionné dans l’une des premières ethnographies, Die Pangwe de Günther Tessmann . La franc-maçonnerie est clairement une imposition coloniale sur le pays, mais le lien entre les pratiques homosexuelles et l’enrichissement a une histoire plus ancienne. Deuxièmement, une comparaison avec des idées similaires ailleurs sur le continent peut également ouvrir des perspectives plus larges. Le lien avec l’enrichissement illicite ne figure pas dans les conceptions classiques de « l’homosexualité » telles qu’elles sont développées en Europe, mais il ressort fortement d’exemples provenant de toute l’Afrique. Achille Mbembe et Joseph Tonda montrent tous deux que cette image de l’anus – la pénétration anale – exprime les inquiétudes populaires concernant des inégalités stupéfiantes. Pourtant, cet aspect est ignoré dans les débats sur « l’homophobie » croissante en Afrique. Une confrontation avec des textes classiques de la théorie queer occidentale (Bersani, Mieli) peut nous aider à découvrir d’autres couches des discours africains, notamment l’accent mis sur la diversité sexuelle comme réponse à l’homophobie. Cela peut également servir à relativiser le lien entre les pratiques sexuelles et les identités sexuelles, qui est encore considéré comme une évidence dans de nombreuses théories queer d’origine occidentale.


Introduction

Récemment, les Camerounais, toujours inventifs en néologismes, ont surpris le monde avec un nouveau terme : anusocratie. Il est devenu un terme clé dans la « panique morale » qui hante le pays depuis le début du siècle à propos d’une prétendue prolifération de « l’homosexualité ». Comme ailleurs sur le continent, une telle prolifération est souvent considérée comme le résultat d’impositions coloniales et postcoloniales. Ce qui est frappant, c’est que les gens font un lien direct avec les formes illicites d’enrichissement et que l’anus – c’est-à-dire la pénétration anale – se voit attribuer un rôle clé à cet égard. Le Cameroun offre une variante assez particulière de ces interprétations, car de nombreuses personnes – tant dans la presse que dans la « radio trottoir » (radio pavée) – associent explicitement cela à l’élite du pays profondément impliquée dans des associations secrètes d’origine occidentale : la franc-maçonnerie, la rosicrucianisme et les Illuminati. Suite à une association – notamment courante dans les contextes francophones – de la franc-maçonnerie avec des pratiques homosexuelles, les Camerounais parlent des pédés de la République .note de bas de page3 Le message semble clair : la franc-maçonnerie étant une imposition coloniale, l’homosexualité a également été introduite de l’extérieur et est un produit colonial. Cette explication a des conséquences spécifiques. Puisque ce seraient surtout les élites qui auraient été corrompues par de telles pratiques coloniales, les dénonciations de l’homosexualité au Cameroun constituent une attaque d’en bas, de la société contre l’État, plutôt que l’inverse (comme ailleurs en Afrique ; voir Nyeck Référence Nyeck, Nyeck et Epprecht2013). Depuis 2006 notamment, l’élite de l’État a réagi à de tels soupçons en déclenchant une chasse aux sorcières contre les « homosexuels » afin de se distancier de telles accusations.

Pour de nombreux Camerounais, mais certainement pas pour tous – il y a d’autres voix – ce lien entre homosexualité, franc-maçonnerie et enrichissement illicite est devenu une évidence. Cependant, dans cet article, nous espérons montrer qu’il est à la fois utile et urgent de dénouer davantage ce nœud conceptuel, car cela ouvre des perspectives plus larges sur les enjeux des paniques morales autour de l’homosexualité qui ont éclaté dans de nombreux pays africains au cours des dernières années. décennies. L’objectif évident d’une telle analyse plus approfondie est le lien avec l’enrichissement illicite, condensé dans l’image de l’anus comme source de richesse – d’où « anusocratie ». Dans les débats actuels sur l’Afrique en tant que « continent homophobe » – qu’il s’agisse de confirmer ce stéréotype ou de le remettre en question – cette association avec l’enrichissement illicite retient peu l’attention. Cela ne figure pas non plus dans les textes occidentaux classiques sur l’homosexualité. Par exemple, Freud (Référence Freud1905 ), dans son bilan de ses aspects dans Drei Abhandlungen zur Sexualtheorie ( Trois essais sur la théorie de la sexualité ), ne mentionne pas le lien avec l’enrichissement. Mais en Afrique, cela semble être assez courant.

Le but de cet article est de montrer que cette image de l’anus comme source de richesse n’est pas une autre illustration exubérante du vieux dicton de Pline l’Ancien ex Africa semper aliquid novi (hors d’Afrique, toujours quelque chose de nouveau). Au contraire, il exprime d’importantes préoccupations concernant les inégalités dans des contextes changeants et la manière d’y faire face. Une première façon de démêler cette association est de l’historiciser. En cela, le cas camerounais présente un intérêt particulier puisque, comme le souligne Patrick Awondo (Référence Awondo2019) – un collègue camerounais qui a eu le courage d’aborder ces questions sensibles depuis l’intérieur du pays – l’a déjà signalé, les imaginaires actuels des francs-maçons pratiquant des formes transgressives de sexualité pour s’enrichir se reflètent dans l’une des toutes premières ethnographies sur le sujet. Cameroun : notamment, dans l’ouvrage de Günther Tessmann. Tessmann a commencé ses recherches dans ce qui est aujourd’hui le sud du Cameroun en 1904, juste après que les Allemands ont commencé à établir leur contrôle sur cette région. Une notion qui revient sans cesse dans sa monographie classique Die Pangwe (Référence Tessmann1913 ), notamment à propos des Fang, est le biang akuma – le médicament de la richesse – qui, à la grande surprise de Tessmann, s’avère directement lié aux pratiques homosexuelles. Le suivi de ce lien nous a conduit à des complications intéressantes. De toute évidence, il est trop facile d’opposer ce biang akuma comme une sorte d’image « traditionnelle » de l’homosexualité au lien actuel avec la franc-maçonnerie comme version coloniale ou même « moderne ». D’une part, le point de vue de Tessmann était directement influencé par les idées de Magnus Hirschfeld et d’autres qui faisaient scandale à Berlin au moment de son départ pour le terrain. Ce lien historique contribue donc à montrer que l’imaginaire triangulaire de la franc-maçonnerie, de la sorcellerie et des pratiques homosexuelles comme secret des formes spectaculaires d’enrichissement qui marquent les relations actuelles au Cameroun s’est développé au fil du temps dans le contexte d’une articulation continue de conceptions locales et importées. L’« anusocratie » peut donc être lue comme une nouvelle variante d’un discours moral plus ancien sur la richesse illicite.

Une autre piste pour analyser ce triangle est sa généralité dans l’Afrique actuelle. Cela ne sert que trop bien à dénoncer les nouvelles inégalités stupéfiantes qui se sont développées si rapidement après l’indépendance sur tout le continent. De nombreuses études soulignent la volonté consumériste des nouvelles élites africaines et leur préférence pour les produits importés. Dernièrement, cette situation est devenue encore plus irritante en raison de la déception croissante quant aux résultats du développement, le mantra des premières décennies d’indépendance. Souvent, ce n’est pas la consommation ostentatoire de la nouvelle élite en soi qui est considérée comme le problème. Un commentaire courant sur ce consumérisme au Cameroun est : « Oui, oui un Grand n’est pas un petit ». En d’autres termes, un Grand doit se montrer. Le problème est plutôt que cette accumulation de richesses est de plus en plus considérée comme improductive car non redistribuée. Les personnes qui ne partagent pas ont toujours été facilement accusées de sorcellerie, et cela s’applique de manière particulièrement poignante aux formes stupéfiantes d’accumulation des élites postcoloniales. Apparemment, on fait désormais facilement le lien avec des pratiques homosexuelles, qui sont aussi perçues comme choquantes car non orientées vers la reproduction. C’est dans ce contexte que l’anus apparaît dans de nombreuses régions d’Afrique comme un point central dans l’articulation entre richesse et sexualité, à la fois dans les rumeurs populaires et dans la littérature académique. Comme le dit un de nos interlocuteurs : « L’anus se soulève ».

…suite de l’article

L’œil de la Providence – Par Laurent Ridel

De notre confrère Décoder les églises et les châteaux par Laurent Ridel

Chers passionnés de patrimoine, bienvenue dans cette nouvelle édition de l’Infolettre du dimanche ! Aujourd’hui, nous allons lever le voile sur le mystérieux « Œil de la Providence », explorer la « loi du cadre » qui a façonné la sculpture romane, et vous surprendre avec une image insolite. De plus, je suis ravi de vous inviter à ma prochaine conférence sur les artistes de la fin du Moyen Âge. Installez-vous confortablement, la découverte commence maintenant !

Dans quelques églises, on peut surprendre un œil sans paupière inscrit à l’intérieur d’un triangle lumineux. Hâtivement, certains observateurs en concluent à une trace laissée par les francs-maçons.

Non, la franc-maçonnerie n’a ni le monopole ni l’antériorité de ce symbole. C’est d’abord un signe chrétien.

Il n’est cependant pas impossible qu’il s’inspire de l’œil d’Horus. Ce motif de la religion égyptienne apparaissait sur des amulettes, sur des tombeaux ou sur la proue des navires. Il représentait le bien-être, la guérison et la protection.

Dans le christianisme, l’œil de la Providence apparaît dans le tableau de l’italien Pontormo, Le Souper d’Emmaüs, mais il ne devient courant dans l’art chrétien qu’après la fin du XVIIe siècle.

Le triangle évoque la Trinité :

Les angles représentent ses trois composantes : Dieu le Père, Jésus et l’Esprit saint. 
Les lignes du triangle les relient pour symboliser leur unité. 

L’œil, dit œil de la Providence, représente Dieu qui voit tout, connaît tout, ordonne tout. Cet œil veille aussi sur les hommes.

Aussi efficace et polysémique qu’un logo, ce symbole dépasse ensuite le christianisme. Il intègre la panoplie des symboles maçonniques dès 1772 sous le nom de « delta lumineux ».

Avez-vous remarqué qu’il figure aussi en tête de l’affiche de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen en 1789 ?

Enfin, les Américains l’ont toujours dans leur portefeuille : l’œil de la providence a sa place sur les billets verts d’un dollar.
La loi du cadre

La sculpture romane obéit souvent à un principe : le sujet doit s’adapter à la forme de son support. Cette loi se vérifie en particulier sur les chapiteaux. L’espace est si restreint que le sculpteur est obligé de contorsionner ses figures ou de varier leur échelle au mépris du réalisme.

Dans le chapiteau ci-dessus de la basilique de Vézelay, l’archange Raphaël se saisit du démon Asmodée et le garrotte. Les deux personnages sont pliés pour entrer dans l’espace contraignant du chapiteau.

Pour réaliser ce chapiteau de la cathédrale d’Autun, le sculpteur fut bien embêté. La scène représente une des tentations de Jésus au désert. Errant dans le désert, le Christ est soumis à différentes tentations par le diable. Ici, Satan lui tend une pierre pour le tenter de la transformer en pain et ainsi apaiser sa faim. Epaulé par un ange, le Christ repousse l’importun. Dans cette scène, le sculpteur a voulu surélever le Christ et l’ange. Il n’y a réussi qu’au prix d’un non-respect de l’échelle des personnages. Satan est démesuré par rapport aux deux autres.

En 1938, l’historien de l’art Henri Focillon est à l’origine de cette définition de la « loi du cadre » : « pour entrer dans l’ordonnance de la pierre, l’homme est forcé de s’incurver, de s’arcbouter, d’allonger ou de rétrécir ses membres, de devenir géant ou de devenir nain. Il sauve son identité au prix de déformations et de ruptures d’équilibre ».

C’est probablement la seule loi que les magistrats ne connaissent pas.

L’image insolite de la semaine

Une abonnée, Liliane de Suisse, a été saisie par cette statue-buste découverte dans une modeste église du Var (Montauroux).

Avec ses yeux hallucinés et son arme brandie, le personnage ressemble à un psychopathe.

Une fois remis de notre peur, la raison nous revient : il s’agit certainement d’un apôtre. Le livre qu’il tient, l’Évangile, le suggère. Le couteau désigne précisément saint Barthélemy dont le délicat martyr fut d’être écorché vif.

Le saint semble grogner : « la bourse ou la vie ». Face à une telle menace, les fidèles s’empressent sûrement de vider leur portefeuille de ses billets et d’en bourrer le tronc.
Ma prochaine conférence

Jeudi 19 octobre, je suis invité par les Amis des musées de Lisieux pour une conférence sur le sujet : « Les artistes à la fin du Moyen Âge ».

Dans les infolettres, j’ai l’habitude de vous décrire les chefs-d’œuvre de l’art médiéval. Cette fois, je m’attarderai sur ceux qui les font : les architectes, les peintres, les sculpteurs, les enlumineurs, les orfèvres…

Si je vous demandais de me citer un artiste du Moyen Âge, la plupart d’entre vous auraient des difficultés. Leur nom est rarement parvenu jusqu’à nous. Est-ce par mépris des contemporains pour les artistes ?

Je vous introduirai aussi dans l’atelier. Comment les artistes travaillaient-ils ? Comment étaient-ils entrés dans le métier ?

J’en profiterai pour citer des figures hautes en couleur : le sculpteur aux joues marquées au fer rouge, le célèbre peintre qui signait des œuvres sans les avoir faites, les trois frères enlumineurs qui faisaient des cadeaux humoristiques à leur mécène et oncle du roi de France… Je vous raconterai également le fameux concours de sculpture de Florence en 1401.

Au final, vous vous rendrez compte que le titre banal de ma conférence « Les artistes à la fin du Moyen Âge » cache un problème.

Rendez-vous à l’espace Victor-Hugo de Lisieux, jeudi 19 octobre, à 14 h 30. Durée : environ 1 h 30. Entrée : 8 € (6 € pour les membres de l’association et ceux de l’Université Inter-Âge).

Anniversaire des 20 ans et Nouveau Grand Maître à la GLCS

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Ce samedi matin 14 octobre, au cours du Convent annuel, Christine Sauvagnac, Grand Maitre de la GLCS (Grande Loge des Cultures et de la Spiritualité) depuis 7 ans, a transmis le maillet à Pierre Lacagne, nouvellement élu.

Moment émouvant et aussi empreint d’une grande sérénité, la passation a eu lieu au moyen d’une cérémonie rituelle spécifique : Cette intronisation a été effectuée selon les usages de la Grande Loge Unie d’Angleterre pratiqués par 5 millions de maçons dans le monde.

Pierre Lacagne – Grand Maître de la GLCS

Pourvu d’un maillet de cristal (que Jean-François Maury, Souverain Grand Commandeur Honoris Causa avait offert à la GLCS), qui symbolise la transparence et la droiture dans l’action, le Grand Maitre élu a déclaré s’attacher à poursuivre la transmission de cet esprit de fraternité réelle qui règne depuis ses débuts à la GLCS.

Pierre Lacagne pourra compter sur un collectif dévoué qui œuvrera en ce sens, gardant en mémoire les grandes qualités de cœur dont a fait preuve Christine Sauvagnac tout au long de ses mandats.
Une nouvelle page commence à la GLCS, afin de poursuivre le développement de son positionnement original dans le paysage maçonnique français : Une obédience traditionnelle mixte, théiste, philosophique et laïque.

Ce fut l’occasion de fêter les 20 ans de la GLCS au Paris Country Club

Discours final de Christine Sauvagnac – GLCS

Ce samedi 14 octobre fut aussi l’occasion de fêter les 20 ans de la GLCS avec la présence de nombreuses personnalités du monde maçonnique. Les invités étaient venus pour partager l’énorme gâteau et féliciter le nouveau Grand-Maître.

Ce fut aussi un grand partage d’émotions, lorsque les fondateurs en la personne de Marcel Laurent et le Passé Grand Maître Christine Sauvagnac ont été plébiscités par l’assemblée et plus particulièrement, les membres reconnaissants de la GLCS.

3 sœurs bien connues de la GLFF
Alain-Noel Dubart
Passation de pouvoir à la GLCS dans la joie absolue
Jacques Carletto (dit Jissey)
De gauche à droite – Christine Sauvagnac – Bernadeth Veron – Pierre Lacagne
Caroline Chabot (GLFF) et Jean-Laurent Turbet (GLDF)

La franc-maçonnerie dans Harry Potter

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De la chaine Youtube @LaPlumedePoudlard

Tout a commencé en décembre 2019. On nous a contactés pour que La Plume de Poudlard fasse une conférence à propos de liens entre Harry Potter et la franc-maçonnerie lors d’un rassemblement des Francs-maçons… Notre premier réflexe a été de commencer par faire des recherches mais.. Personne n’avait traité le sujet.

Probablement parce qu’il n’y avait pas de sujet ? Pourtant en étudiant ce monde, et grâce à certains informateurs faisant partie de cette confrérie, nous avons découvert que celui d’Harry Potter était bel et bien lié à la franc-maçonnerie. Dans cette nouvelle vidéo, nous allons partager le fruit de nos recherches avec vous. N’hésitez pas à ajouter en commentaires vos remarques, vos compléments d’information ou vos interrogations. et écris Pour aller plus loin, retrouver les premières page d’un livre consacré à ce sujet et écrit par un des membres de La Plume de Poudlard.

Delta-info : « Harry Potter à Blois ! » Direct live – sam. 07 mars 2020 – 14h / 18h

« Les Francs-maçons à l’école du sorcier », conférence organisée par Sylvie Testard de l’association Culture et Patrimoine Maçonnique en Région Centre

Toute ressemblance avec un célèbre héros portant une cicatrice ne serait que pure coïncidence !

Non, Harry n’est pas franc-maçon ! Partant de là, quels liens peut-on alors trouver entre le monde de nos sorciers préférés et la franc-maçonnerie ?

Conférence, gratuite et ouverte à tous, et vous le découvrirez ! Les intervenants en ont une vision symbolique, une approche particulière et fort intéressante.

Les conférenciers :

  • Théo Florens
  • Jean-Pierre Quentin-Bieck

La conférence aura lieu le samedi 7 mars 2020 à partir de 14h au conseil départemental place de la République à Blois.

Grâce à l’association Geek for you, vous pourrez également prendre la pose avec un chapeau qui parle, une chouette blanche, et plein d’autres décors.

Laissez-vous transporter entre magie, symbolisme et franc-maçonnerie…

Accéder au site Radio Delta