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Entrevue avec Hervé H. Lecoq | Sous le Bandeau | Épisode #71

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🎙️ Épisode #71 : Entrevue avec Hervé H. Lecoq 🎙️

Bienvenue à cet épisode très spécial où nous avons le privilège de discuter avec Hervé HOINT-LECOQ @HerveHLecoq une figure emblématique dans le monde de la franc-maçonnerie.

📌 Au programme : -Le parcours de Hervé H. Lecoq -L’impact de la vente en ligne sur les sociétés fraternelles -La franc-maçonnerie à l’ère numérique -La Guilde des Blogueurs maçonniques -Et bien plus encore !

👤 À propos de l’invité : Hervé HOINT-LECOQ (P.M., M.M.M., C.A.R.) est né en 1982 et travaille comme responsable dans le domaine de la vente en ligne. Passionné d’Histoire et membre de plusieurs organisations prestigieuses comme l’Académie de Vaucluse et la Société Française d’Histoire des Sociétés Fraternelles (SFHSF), il est également le Président de la Masonic Historical Society. Depuis 2010, il a contribué à différents sites internet institutionnels liés à la franc-maçonnerie et est le fondateur de la chaîne Youtube : French Freemason.

📚 Publications et Contributions : Hervé est auteur de nombreux articles en langue française et anglaise publiés dans diverses revues, magazines et sites d’information. Il a également joué un rôle clé dans la création de la Guilde des Blogueurs maçonniques, une communauté qui regroupe le plus grand nombre de blogueurs maçonniques en langue française sur le web. 🔗 Liens Utiles : Chaîne Youtube de Hervé H. Lecoq : @HerveHLecoq

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30/09/23 : « FM – Apports des philosophies et des religions » par l’Académie Maçonnique de Lyon

Dans le cadre du Cycle Annuel de Conférences, réservé aux maîtres maçons, l’Académie Maçonnique de Lyon vous propose une journée d’étude ayant pour thème sur

« Franc-Maçonnerie – Apports des philosophies et des religions »

Le programme

9h00 Accueil

Marie-Thérèse Besson.

9h15 Introduction par Marie-Thérèse BESSON, Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France de 2015 à 2017

9h30 à 10h30 Le Prologue de Jean : héritage hébraïque, grec et proto-chrétien dans le Rite Écossais par Jean-Louis COPPÉRÉ, Agrégé d’histoire, proviseur honoraire

Sophie Mondoré.

10h30 à 11h30 Leçons du Pythagorisme et de l’Orphisme par Sophie MONDORÉ

11h30 à 12h30 Philosophie contemporaine et démarche initiatique par Olivier BALAINE, directeur de la rédaction de Points de Vue Initiatiques (PVI), la revue trimestrielle de la Grande Loge de France

Olivier Balaine.

12h30 Conclusions

Infos pratiques : Samedi 30 septembre 2023 à 9 h

Cycle annuel de conférences réservé aux réservé aux maîtres maçons

Temple de la Croix Rousse, 19 rue Dumont D’Urville 69004 Lyon.

Tarif inscription annuelle : 35 € pour deux séries de conférences/Tarif d’une seule journée d’étude : 25 €/Inscriptions incluant le présentiel ou la visio pour les Académies de Lyon, Lille, Marseille et le présentiel pour Toulouse.

Pour les inscriptions annuelles les textes seront remis en présentiel en 2024 (10 € pour une seule journée). Renseignements complémentaires et inscriptions : academiemaconniquelyon@gmail.com

Académie Maçonnique
Académie Maçonnique

En 1307, l’arrestation des Templiers par Philippe le Bel

De notre confrère arte.tv

Alors qu’un incroyable document du procès des templiers va être révélé au public par les Archives nationales, Xavier Mauduit nous parle de cet ordre très puissant de moines-soldats du XIIe siècle.

De notre confrère Radio France

Un parchemin de plus de 20 mètres expose les « confessions » sous la torture des Templiers

Par Pierre Ropert

Publié le dimanche 17 septembre 2023 à 01h21

Rouleau d’interrogatoire des templiers à Paris. Archives nationales, J//413/A, n° 18.
Rouleau d’interrogatoire des templiers à Paris. Archives nationales, J//413/A, n° 18. – Archives nationales de France

Un parchemin daté de l’an 1307, long d’une vingtaine de mètres, est exposé depuis le 13 septembre aux Archives nationales, à Paris. Les aveux de 138 Templiers, obtenus sous la torture, y sont consignés. Ils avaient marqué la fin de l’ordre du Temple et de leur grand maître, Jacques de Molay.

Pape Clément ! Chevalier Guillaume ! Roi Philippe ! Avant un an, je vous cite à comparaître devant le tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment. Maudits ! Maudits ! Soyez tous maudits jusqu’à la treizième génération de vos races !” Le 19 mars 1314, Jacques de Molay, dernier grand maître de l’ordre du Temple, invective ses bourreaux depuis son bûcher. C’est en tout cas de cette façon que le romancier Maurice Druon imagine la scène, dans sa célèbre saga, Les Rois maudits.

La condamnation de Jacques de Molay fait suite à ses aveux, très probablement obtenus sous la torture, en l’an 1307. Consignées sur un long rouleau, avec celles de 137 autres Templiers, ces “confessions” sont aujourd’hui présentées au musée des Archives nationales, à Paris, à l’occasion de l’exposition Le procès des Templiers. 1307 – Le rouleau d’interrogatoire. Exposition lancée ce 13 septembre 2023 et qui se terminera le 15 janvier prochain.

« C’est un document qui est écrit dans un style indirect et qui nous rapporte précisément les réponses que livrent les Templiers aux questions des inquisiteurs », témoigne Jean-François Moufflet, responsable du fonds des archives de la royauté au département du Moyen Âge et de l’Ancien Régime des Archives nationales 

Jean-François Moufflet : « Le lecteur a presque l’impression de se retrouver dans la salle d’interrogatoire »

La fin des Templiers

Ce rouleau de parchemin s’inscrit au cœur de la chute de l’ordre du Temple, véritable ordre religieux et militaire. Ce document est un témoignage exceptionnel de la façon dont la machination politique orchestrée par le roi de France, Philippe le Bel, a marqué la fin de l’ordre du Temple. La fin des Templiers se pose dans le cadre, plus large, “du conflit qui oppose Philippe le Bel à la papauté depuis le début du XIVe siècle”, rappelle Alain Demurger, historien médiéviste et spécialiste des ordres religieux militaires au Moyen Âge. “C’est une question de pouvoir, de pouvoir théocratique d’un côté et de pouvoir monarchique de l’autre”.

En 1303, le roi de France, Philippe le Bel, a tenté de faire arrêter, à Anagni, en Italie, le pape Boniface VIII, dans l’espoir de le faire accuser d’hérésie par un conseil œcuménique. La manœuvre, intitulée l’attentat d’Anagni, échoue. “Dans ce conflit, quelques années plus tard, l’affaire des Templiers va tomber comme une occasion de faire pression sur le pape, poursuit Alain Demurger. Philippe Le Bel veut obtenir du nouveau pape, Clément V, qui est pape depuis 1305, qu’il ouvre un procès de condamnation de la mémoire de Boniface VIII”. Le roi de France souhaite ainsi obtenir l’effacement des sanctions prononcées contre son ministre, Guillaume de Nogaret, qui a orchestré l’attentat d’Anagni. Afin d’accentuer la pression sur la papauté, Philippe Le Bel va donc s’appuyer sur des rumeurs à propos des membres de l’ordre du Temple, dont il se murmure qu’ils ont des pratiques obscènes et auraient renié le Christ.

Des aveux obtenus par la torture

Neuvième membrane du rouleau d’interrogatoire des templiers à Paris, où figurent les aveux de Jacques de Molay. Archives nationales, J//413/A, n°18.
Neuvième membrane du rouleau d’interrogatoire des templiers à Paris, où figurent les aveux de Jacques de Molay. Archives nationales, J//413/A, n°18. – Archives nationales de France

C’est dans ce contexte que, en 1307, les Templiers sont arrêtés dans toute la France. Amenés à Paris, ils sont interrogés, et soumis à la torture, pour confesser leurs pêchés. Les aveux forcés des Templiers sont consignés dans le long rouleau aujourd’hui exposé aux Archives nationales. « Ce n’est ni plus ni moins qu’un procès verbal d’interrogatoire, mené par l’inquisiteur du royaume de France, Guillaume de Paris, qui est le confesseur de Philippe le Bel », complète Jean-François Moufflet.

“L’interrogatoire des 138 Templiers est la conséquence directe de l’initiative du Roi », retrace l’historien médiéviste Alain Demurger. « Il a décidé cette opération seul, sans en référer au Pape, alors même que l’ordre du Temple, un ordre religieux, dépend entièrement de la papauté et de l’ÉglisePhilippe le Bel, pour pouvoir justifier son initiative auprès du Pape, doit démontrer l’hérésie des Templiers, pour pouvoir dire ‘j’ai davantage fait que vous pour la défense de la foi et la défense de l’Église’. Tout l’enjeu, à partir de là, va être de démontrer que les Templiers sont hérétiques et que, par conséquent, ils doivent être condamnés”.

Les rumeurs sont fausses. Mais les aveux vont être extirpés de force, et consignés sur le rouleau de 22 mètres de long : sur les 138 Templiers interrogés, seuls quatre d’entre eux n’avouent rien. Les autres, face aux inquisiteurs, confessent les péchés d’injure au Christ (123 avouent avoir craché sur l’effigie, et 105 l’avoir renié) et s’être adonnés à des pratiques homosexuelles (102 Templiers).

Jacques de Molay lui-même se voit extorquer des aveux : “Celui qui le recevait fit apporter en sa présence une croix en bronze sur laquelle était représenté le crucifix, et il lui dit et lui ordonna de renier le Christ dont il y avait la représentation. Ce que, bien malgré lui, il fit ; et alors celui qui le recevait lui ordonna de cracher sur la Croix, et il cracha à terre. Interrogé sur le nombre de fois qu’il le fit, il dit sous serment qu’il ne cracha qu’une seule fois, et qu’il s’en rappelle bien.” Le grand maître de l’ordre du Temple aura beau se dédire, par la suite, il finit néanmoins sur le bûcher, comme de nombreux autres Templiers.

22 mètres de peaux de chèvres

Seuls trois mètres de ce document sont exposés, pour la première fois depuis plus de douze ans, aux Archives nationales, faute d’une vitrine assez grande pour pouvoir dérouler les 22 mètres de parchemin. Le document surprend en effet par sa taille : « L’usage du rouleau n’est pas quelque chose de si extraordinaire dans le cas d’une procédure judiciaire ou dans le cadre d’une enquête », rappelle Jean-François Moufflet, avant de concéder que, traditionnellement, les rouleaux qui prédominaient étaient bien plus petits. « Ici, il y aussi un parallèle symbolique entre l’ampleur physique du rouleau et la quantité d’informations qu’il contient. 22 mètres d’aveux, c’est considéré comme des preuves irréfutables, tangibles… »

En 2010, Eric Laforest, chef de travaux d’art et restaurateur de document, avait été chargé de la restauration de ce parchemin étonnamment long, réalisé à l’aide de peaux de chèvres : « À partir du moment où on emploie le terme de parchemin, on exclut toute fibre papetière. D’un côté, vous avez un matelas fibreux composé de cellulose, le papier, et de l’autre vous avez une peau issue d’une dépouille animale qui a été traitée à l’aide de différentes opérations, c’est ce qu’on appelle le parcheminage. »

Le rouleau des Templiers a ainsi été réalisé à l’aide de 44 membranes de parchemin, provenant de 22 peaux de chèvres coupées en deux. « C’est un petit troupeau de 22 chèvres qui a été nécessaire à la confection de ce grand rouleau », commente Eric Laforest. « Les différentes membranes du rouleau sont cousues les unes aux autres, avec du fil coloré, et chaque membrane correspond à une journée d’interrogatoire. À l’intersection des membranes, il y a un motif à l’encre, il s’agit des seings des quatre notaires, qui permettent d’authentifier le document », et donc de prévenir toute falsification.

Seings de quatre notaires apposés à cheval sur les membres dix et zone du rouleau d’interrogatoire. Archives nationales, J//413/A, n° 18.
Seings de quatre notaires apposés à cheval sur les membres dix et zone du rouleau d’interrogatoire. Archives nationales, J//413/A, n° 18. – Archives nationales de France

Ce rouleau permet néanmoins de se faire une idée précise de ce à quoi ressemblait la société des Templiers. « Si on analyse les interrogatoires, on peut identifier ces 138 Templiers : on a des jeunes de 16 ans et des vieillards âgés de plus de 80 ans », assure Jean-François Moufflet. « De nombreuses générations de Templiers sont représentées, on connaît leurs fonctions au sein de l’ordre du Temple, des frères chevaliers aux préposés aux animaux, sans oublier, dans les commanderies, les prêtres, les chapelains… C’est une véritable photographie sociale de l’ordre du Temple. » Le parchemin, malgré sa dimension tragique, reste un trésor archéologique. Un véritable trésor, en quelque sorte, des Templiers.

Francs-maçons célèbres… : Pierre Dac

André Isaac, dit Pierre Dac, officiellement André Pierre-Dac à partir de 1950, né le 15 août 1893 à Châlons-sur-Marne et mort le 9 février 1975 dans le 17e arrondissement de Paris, est un humoriste et comédien français. Il a également été, pendant la Seconde Guerre mondiale, une figure de la Résistance contre l’occupation de la France par l’Allemagne nazie grâce à ses interventions sur Radio Londres.

Créateur dans les années 1930 du journal humoristique L’Os à moelle, Pierre Dac est notamment l’inventeur du Schmilblick, un objet « rigoureusement intégral, qui ne sert absolument à rien et peut donc servir à tout ». Il popularise également l’expression « loufoque », formée à la façon du louchébem. Il est également inventeur du biglotron et de la célébrissime recette de la confiture de nouilles.

Après la guerre, il constitue un fameux duo humoristique avec Francis Blanche, et conçoit et anime les populaires séries radiophoniques Malheur aux barbus, puis Signé Furax et enfin, Bons baisers de partout.

A lire pour en savoir plus : « Pierre Dac. Le Parti d’en rire », un Franc-Maçon exposé au mahJ

Il est reçu apprenti à la loge « Les Compagnons ardents » de la Grande Loge de France le 18 mars 1946 puis élevé au grade de compagnon le 3 mars 1947. Il quitte sa loge le 26 septembre 1955 et rédigera une parodie de rite maçonnique devenue célèbre dans la franc-maçonnerie française, Grande Loge des Voyous, Rituel du Premier Degré Symbolique.

Biographie

Pierre Dac est issu d’une modeste famille juive d’Alsace, originaire de Niederbronn-les-Bains et installée après la défaite de 1870 à Châlons-sur-Marne, où le père Salomon Isaac est boucher et la mère, Berthe Kahn, femme au foyer. Il naît dans cette ville au 70, rue de la Marne. Le jeune André a trois ans lorsque la famille s’installe à Paris, où elle ouvre une boucherie dans le quartier de la Villette (la profession de son père aura une grande influence sur lui, car tout au long de sa carrière d’humoriste Pierre Dac s’inspirera du louchébem, l’argot des bouchers). André, bon élève et doué pour les farces, affiche des dons artistiques et ses parents l’inscrivent à des cours de violon tandis que son frère aîné, Marcel, se destine à reprendre la boucherie familiale. Le goût d’André pour les farces lui vaut d’être renvoyé du lycée en mai 1908 après qu’il a accroché un hareng saur à la queue de l’habit de son professeur de maths, ce qui marque en même temps la fin de ses études.

Selon Jacques Pessis, Pierre Dac serait un héros de la Première Guerre mondiale mobilisé au lendemain de ses vingt ans, au régiment d’infanterie de Toul,. Il revient du front quatre ans plus tard avec deux blessures, la première lui ôtant la possibilité de devenir violoniste puisque, le 10 mai 1915, un éclat d’obus lui raccourcit le bras gauche de douze centimètres. Tout juste remis, apprenant la mort de son frère, il décide de repartir au combat et, en 1916, il se retrouve nettoyeur de tranchées. Près de Verdun, un nouvel obus lui brise la cuisse. Cette fois, il entame une convalescence qui va se poursuivre jusqu’au lendemain de l’Armistice. Il est alors décoré et cité quatre fois à l’ordre de la nation.

Toutefois, Jacques Pessis lui-même produit aussi des documents qui vont à l’encontre de cette version : une carte écrite par le frère de Pierre Dac le 23 juin 1914 et transmise à l’hôpital militaire de Toul, une autre du 18 juillet 1914 adressée par son frère à l’hôpital militaire de Cosne (Nièvre), certificats de visite et de contre-visite le 25 août 1914 et certificat de convalescence d’un mois le 26 août avec prolongation jusqu’au 16 octobre (hospice mixte de Cosne). Les documents médicaux mentionnent une blessure par balle de fusil Lebel, arme française. Toutes les pièces produites sont tout à fait conformes à ce qui est écrit sur la fiche matricule de Pierre Dac qui liste une longue suite d’hospitalisations et de périodes de convalescence pendant presque toute la guerre, le point de départ étant un accident pendant un exercice de tir le 23 juin 1914 qui a été relaté dans la presse de l’époque. La partie réservée à cet effet sur sa fiche matricule n’indique aucune blessure de guerre, aucune citation ni aucune décoration.

Selon Pierre Dac, son frère Marcel aurait été tué à l’âge de 28 ans, le 8 octobre 1915, pendant la bataille de Champagne, fauché par un obus allemand. Toutefois, selon les documents officiels, Marcel Isaac n’a pas été tué par un obus, mais est mort d’une embolie, « maladie aggravée au service », et déposé à l’hôpital de Bussy-le-Château, et n’est donc pas considéré comme « mort pour la France », bien qu’il soit mort alors qu’il était toujours enregistré en tant que militaire en activité. Cependant, après vérification, l’inscription « Mort pour la France » est bien gravée sur la tombe et celle-ci, attestée par une photographie, était encore lisible en 2010.

Après la Première Guerre mondiale, Pierre Dac vit de petits métiers à Paris, coursier, chauffeur de taxi, homme-sandwich. Dans les années 1920, il est chansonnier dans divers cabarets, notamment La Muse rouge et La Vache enragée dès 1922. Il rencontre en 1923 le chansonnier Roger Toziny qui le force à auditionner pour vaincre sa timidité et lui trouve son pseudonyme « Dac » en référence à ses dons de chansonnier d’actualités tout en rappelant la terminaison de son nom Isaac.

En 1925, il se produit à La grande fête inaugurale de la Chanson des Insurgés, à la salle de l’Utilité publique, boulevard Blanqui à Paris. Cette fête est organisée par le journal L’Insurgé de l’anarchiste André Colomer.

Le 8 janvier 1929, il épouse Marie-Thérèse Lopez, mariage qui se révèle être une erreur. Pierre Dac se produit dans les années 1930 au Théâtre du Coucou, au Théâtre de 10 Francs, au Casino de Paris, aux Noctambules et à La Lune rousse de Montmartre, où il rencontre en 1934 la comédienne Dinah Gervyl (1909-1987) (de son vrai nom Raymonde Faure), sa future seconde épouse. René Sarvil lui écrit de nombreux textes qu’il débite d’une voix volontairement monocorde. En 1935, il crée une émission humoristique de radio, La Course au Trésor, et en anime une autre, La Société des Loufoques, qui remportent un grand succès.

L’Os à moelle

Avec son ami Francis Blanche, il va former un duo comique très populaire

Le 13 mai 1938, il fonde L’Os à moelle, organe officiel des loufoques, une publication humoristique hebdomadaire au nom inspiré par François Rabelais et par son père boucher (le mot loufoque vient de l’argot des bouchers, le louchébem, et signifie fou). Elle a pour collaborateurs le chansonnier Robert Rocca, les dessinateurs Jean Effel, Roland Moisan, etc. Dès son premier numéro, le journal annonce la constitution d’un « Ministère loufoque », dont les portefeuilles sont distribués « au Poker Dice ». Ses petites annonces — dont la plupart sont rédigées par Francis Blanche, qui débute — vendent de la pâte à noircir les tunnels, des porte-monnaie étanches pour argent liquide, des trous pour planter des arbres, etc. En raison de l’avancée allemande, l’hebdomadaire — dès l’origine très anti-hitlérien — cesse de paraître après 109 numéros, le 7 juin 194030. L’équipe du journal est contrainte de quitter Paris alors sur le point d’être occupé. Il reparaîtra épisodiquement en 1945-1946, puis vers 1965, avec de nouveaux talents, comme René Goscinny (Les aventures du facteur Rhésus) et Jean Yanne (Les romanciers savent plus causer français en écrivant).

Après-guerre

À la Libération, il rentre à Paris où il se réinstalle avec Dinah Gervyl (épousée le 6 octobre 1944) au 49 avenue Junot (à deux pas de son domicile, sera baptisée la rue Pierre-Dac en 1995). Il devient membre du comité d’épuration des artistes. Fidèle à ses engagements patriotiques il se produit, le 22 mars 1946 au Palais de Chaillot à la fois comme artiste et évadé, à la « Nuit des Évadés de France », gala de bienfaisance organisé par l’Union des évadés de France sous la présidence effective du Général de Lattre.

Pierre Dac prend officiellement le nom d’André Pierre-Dac à partir de 1950.

Annonce pour La Nuit des Evadés de France. Pierre E. Lamaison

Il est reçu apprenti à la loge « Les Compagnons ardents » de la Grande Loge de France le 18 mars 1946 puis élevé au grade de compagnon le 3 mars 1947. Il quitte sa loge le 26 septembre 1955 et rédigera une parodie de rite maçonnique devenue célèbre dans la franc-maçonnerie française, Grande Loge des Voyous, Rituel du Premier Degré Symbolique. Il réalisera des entretiens radiophoniques d’anthologie en Autriche, notamment avec la cinéaste Leni Riefenstahl pour la RDF. En 1948, il revient au cabaret et surtout au Théâtre des Trois Baudets où Jacques Canetti le produit dans le spectacle Ça va – Ça va pas. Ce spectacle fait place à la revue 39,5° entièrement écrite par Pierre Dac, qui se joue à guichets fermés pendant 440 représentations. À l’équipe de Pierre Dac, s’ajoute un jeune humoriste inconnu, Robert Lamoureux, dont les spectaculaires débuts provoquent l’enthousiasme du public. Le soir où l’on fête la 400ème de 39,5° aux 3 Baudets, Francis Blanche alors comédien dans la troupe des Branquignols rencontre Pierre Dac. Ce coup de foudre amical et professionnel marque leurs débuts à la scène et à la radio. Le 21 avril 1950 débute le spectacle Sans Issue qu’ils joueront un an et demi devant des salles combles. Ils se produiront ensuite à l’ABC, à l’Olympia, à l’Alhambra, au Théâtre de Paris, au Théâtre Édouard VII, etc.

Il forme avec Francis Blanche un duo mythique auquel on doit de nombreux sketches dont le fameux Le Sâr Rabindranath Duval (1957) qui sera créé au Théâtre des Trois Baudets, et un feuilleton radiophonique en 213 épisodes, Malheur aux barbus, diffusé de 1951 à 1952 sur Paris Inter, et publié en librairie cette même année ; personnages et aventures sont repris de 1956 à 1960 sur Europe 1, sous le titre Signé Furax (soit 1 034 épisodes). Ces émissions sont suivies par de nombreux auditeurs. Plus tard, entre 1965 et 1974, en compagnie de Louis Rognoni, Pierre Dac crée la série Bons baisers de partout, une parodie en 740 épisodes des séries d’espionnage des années 1960, diffusée sur France Inter.

Surnommé par certains le « Roi des Loufoques », pour son aptitude à traquer et créer l’absurde à partir du réel, orateur pince-sans-rire et persifleur hiératique, il manie aussi bien les calembours que les aphorismes.

Publicité de l’École universelle parue dans L’Os à moelle du 2 juillet 1964.

Son texte Le Biglotron est souvent cité par les amateurs de dépédantisation. Il est l’inventeur du Schmilblick, qui « ne sert absolument à rien et peut donc servir à tout. Il est rigoureusement intégral ! » Le mot « Schmilblick » sera repris par Guy Lux pour un jeu télévisé (hérité de La Chose de Pierre Bellemare sur Radio-Luxembourg), puis par Coluche pour une parodie de ce jeu restée célèbre.

Dépressif, il tente à quatre reprises de se suicider aux barbituriques ou en s’ouvrant les veines entre 1958 et 1960 ; en janvier 1960, sa femme le retrouve inanimé dans sa baignoire : il s’était ouvert les veines aux poignets. Après son hospitalisation, sa femme explique que depuis son retour en France à la Libération, son mari souffre de ne pas retrouver toutes les amitiés sur lesquelles il comptait et qu’il n’a connu sur ce plan que des déceptions, à l’exception de son ami Francis Blanche.

Candidature présidentielle

Entre 1964 et 1966 il fait reparaître L’Os à moelle. Le 11 février 1965, Pierre Dac se déclare candidat à la présidentielle avec le MOU (Mouvement ondulatoire unifié) lors d’une conférence à l’Élysée-Matignon. Le Tout-Paris est là et applaudit le canular. Les flashs crépitent et Pierre Dac fait son entrée avec ses catcheurs et gardes du corps : il désigne Jacques Martin Premier ministre, et deux de ses futurs ministres, Jean Yanne et René Goscinny.

Après cette journée, il fait paraître régulièrement des discours grandiloquents du Mouvement ondulatoire unifié dans L’Os à moelle, avec le slogan « Les temps sont durs, votez MOU ! ».

Au début de l’été, sa popularité toujours montante inquiète les autres candidats et à l’Élysée, on trouve que « la plaisanterie a assez duré ». Un conseiller du général de Gaulle, en septembre, par téléphone, lui demande de se retirer. Par fidélité pour celui qui fut le chef de la France libre, l’ancien résistant accepte sans attendre. Pierre Dac justifie son retrait par la formule : « Je viens de constater que Jean-Louis Tixier-Vignancour briguait lui aussi, mais au nom de l’extrême droite, la magistrature suprême. Il y a donc désormais, dans cette bataille, plus loufoque que moi. Je n’ai aucune chance et je préfère renoncer. »

Fin de vie et mort

Rue Pierre-Dac, dans le 18e arrondissement de Paris. – Mbzt — Travail personnel

En 1972, un square et une statue sont inaugurés en son honneur, à Meulan. Devant les photographes, Pierre Dac et Francis Blanche posent à leur manière, c’est-à-dire en satisfaisant un besoin naturel sur le monument.

Malgré le succès, Pierre Dac est resté un homme modeste, presque effacé. Fumant depuis l’âge de 18 ans, il meurt en 1975 d’un cancer du poumon dans la plus grande discrétion. « La mort est un manque de savoir-vivre », avait-il repris d’Alphonse Allais.

Il est incinéré et ses cendres déposées au columbarium du cimetière du Père-Lachaise.

Jacques Pessis est le « neveu adoptif », biographe et légataire universel de Pierre Dac.

Des artistes en faveur de l’Ukraine, « L’Art en guerre », l’expo au DROIT HUMAIN

Cette exposition temporaire est réalisée avec le soutien de la Fondation Artists Support Ukraine (ASU – Les Artistes Soutiennent l’Ukraine) et l’Union européenne.

La Fondation Artists Support Ukraine appelle l’ensemble de la Communauté culturelle mondiale à s’exprimer en faveur de l’Ukraine, en devenant des ambassadeurs de la paix et de la justice.

Nous vous invitons à visionner cette exposition.

En savoir plus sur LE DROIT HUMAIN – Le site

Facebook LE DROIT HUMAIN

Instagram le_droit_humain

J’adresse tous mes plus fraternels remerciements au Grand Maître National Sylvain Zeghni ainsi qu’à toutes ses équipes qui m’ont accueilli avec beaucoup de bienveillance.

Photos © Yonnel Ghernaouti, YG – Montage diaporama Alcibiade

Infos pratiques

Exposition temporaire jusqu’au 30 septembre 2023

Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN, Fédération française

Maison Maria Deraismes 9, rue Pinel – Paris XIIIe

Renseignements : 01 44 08 62 62

Le service BAM du GODF lance son service PATRIMOINE NUMÉRIQUE

En ce mois de septembre, ce nouveau service PATRIMOINE NUMÉRIQUE est lancé par le service Bibliothèque Archives Musée (BAM) du Grand Orient de France.

Le BAM a pour mission de collecter, d’enrichir et de conserver le patrimoine maçonnique. Il en assure l’accès au plus grand nombre via le musée de la Franc-maçonnerie (Musée de France*), les expositions temporaires, les expositions itinérantes et le Centre de documentation du GODF.

Cette bibliothèque numérique du Grand Orient de France permet de découvrir :

  • Des ouvrages et imprimés rares, insolites et anciens ;
  • Des documents d’archives retraçant l’histoire d’éloges ;
  • Les plus beaux objets du musée en 3D.

Elle permet, en trois langues – français, anglais, espagnol –, également de visiter les expositions virtuelles thématiques en lien avec l’actualité du musée de la franc-maçonnerie. Le site, c’est ICI.

Un exemple de visite virtuelle, les Rites Égyptiens :

Les relations des Rites Égyptiens avec le Grand Orient de France sont une longue histoire. Dès 1785, au Convent des Philalèthes, les dignitaires de l’obédience réunis autour de Charles-Pierre-Paul, marquis de Savalette de Langes (1745-1797), son Grand Orateur, témoignent d’un véritable intérêt pour la Haute Maçonnerie Égyptienne de Cagliostro. Pour visiter, c’est ICI.

Une heureuse et très belle initiative pour qui s’intéresse à la culture en général et à la culture maçonnique en particulier. Mais aussi pour celles et ceux, chercheurs et cherchants, ou simplement curieux de nature souhaitant y trouver matière à approfondir leurs travaux et/ou recherches.

Toutes les obédiences ne disposent pas de bibliothèque, salle de lecture ou encore ne numérisent pas les ouvrages ou objets en leur possession. Un très utile nouveau service pour notre bien commun maçonnique.

*Musée de France est une appellation délivrée par le ministère de la Culture aux musées français appartenant à l’État, à une personne morale de droit public, ou à une personne morale de droit privé à but non lucratif, sous conditions de conservation et de présentation au public de leurs collections dans le cadre d’un intérêt public.

Sa création découle de la loi du 4 janvier 2002, dite « loi musée », désormais codifiée au code du patrimoine.

Le service Bibliothèque Archives Musée (BAM) du Grand Orient de France.
Le service Bibliothèque Archives Musée (BAM) du Grand Orient de France.

Enquête paranormale dans une loge maçonnique « hantée » de Perth

De notre confère australien thecourier.co.uk – Par Kieran Webster

Une enquête paranormale dans une loge maçonnique « hantée » à Perth doit avoir lieu cet Halloween. Le médium John Spratt, basé à Angus, entreprendra l’enquête à l’intérieur du bâtiment prétendument hanté d’Atholl Crescent, nommé Freemason’s Lodge Scoon and Perth No. 3.

L’événement public vise à collecter des fonds pour les premiers intervenants de Perth, basés a LA loge.

Une loge maçonnique « susceptible d’être hantée »

Le président de l’association caritative Perth First Responders, Richard Stibbles, a déclaré au Courrier : « Grâce aux expériences personnelles des gens concernant les événements paranormaux et aux enquêtes précédentes, je suis sûr que la soirée sera intéressante.

« Comme il s’agit d’un bâtiment si ancien, je suis sûr qu’il a une histoire ou deux à raconter et qu’il est probablement hanté.

« Et avec les expériences et l’aide du médium, nous pourrons peut-être découvrir ce que sont certains d’entre eux. »

Dans le cadre de l’événement, les participants auront un accès complet à la loge pour chasser des activités paranormales.

À l'intérieur du temple maçonnique
À l’intérieur du temple maçonnique. Image : Loge Scoon & Perth

La loge a été construite entre 1797 et 1803. Depuis 1933, elle est utilisée par les francs-maçons.

Richard a ajouté : « Beaucoup de personnes participant à la tournée n’ont probablement jamais vu de loge maçonnique auparavant et elles auront la possibilité de visiter tout cela.

« Les gens recevront un aperçu de toutes les expériences survenues lors d’enquêtes précédentes dans le bâtiment. »

« Le médium de la nuit est John Spratt et sa famille qui forment tous l’équipe d’enquête. »

Une précédente enquête dans la Loge maçonnique
Une enquête antérieure à l’intérieur du bâtiment. Image : Premiers intervenants de Perth.

« Pendant ce temps, les gens pourraient recevoir un mesureur de champ électromagnétique pour rechercher toute preuve scientifique d’activité. »

« Cela pourrait aider à démystifier ou à prouver tout rapport d’activité pendant la nuit.

« Le médium fournira également un aperçu de ce qu’il récupère dans le bâtiment ou tout au long de la nuit pour aider les enquêteurs. »

Les événements de collecte de fonds sont cruciaux pour les premiers intervenants de Perth

John affirme que de tels événements caritatifs sont cruciaux pour maintenir les premiers intervenants en activité.

Il a ajouté : « Nous ne pouvons pas envoyer les premiers intervenants sur place lors d’incidents ou sauver des vies sans que ces collectes de fonds aient lieu. »

« Ces fonds nous permettent de faire le plein et d’entretenir notre véhicule d’intervention ainsi que certains équipements que nous utilisons. »

« Si nous n’avons pas l’argent nécessaire pour mettre le véhicule en circulation, Perth et ses environs se retrouveront malheureusement sans service de premiers secours. »

Les billets pour l’événement, qui aura lieu le 29 octobre, peuvent être achetés en ligne.

Cagliostro, l’étrange prophète qui trompa la moitié de l’Europe et prophétisa la Révolution française

De notre confrère nouvelles-du-monde.com

Au début de 1776, un noble d’origine italienne qui se faisait appeler Alexandre et se prétendait comte de Cagliostro arriva à Londres. Les rumeurs prétendaient qu’il s’agissait d’un officier supérieur des services secrets allemands. Il loua une splendide maison sur Whitcomb Street avec sa jeune et belle épouse, la comtesse Serafina. Dans les écuries, il créa un laboratoire d’alchimie, car il cultivait cette science et possédait une bibliothèque très riche. “Son secrétaire affirmait que même le Vatican n’avait pas vu autant de livres rares et précieux”, a déclaré “Noir et Blanc” en 1972.

Qui était cet étrange personnage qui, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, acquit une grande notoriété en Europe sans que sa véritable identité ne soit jamais révélée ? “Magicien ou aventurier, faiseur de miracles ou imposteur, Cagliostro était plus puissant que les rois et plus sans défense qu’un vagabond”, note en sous-titre le même article. Ce nom, cependant, n’était que le dernier et le plus connu des nombreux noms donnés. Giuseppe Balsamo adopté tout au long de sa vie. Même son origine n’était pas certaine, car il a toujours affirmé être né dans une famille chrétienne de naissance noble et avoir été abandonné peu de temps après sa naissance sur l’île de Malte.

Il n’était dans la capitale britannique que depuis quelques mois lorsqu’il décida d’interrompre ses expériences d’alchimie, pour une brève période, pour effectuer une série de « calculs indéchiffrables en consultant un manuscrit égyptien ancien ». Son propre secrétaire a déclaré plus tard que, pendant plusieurs jours, le comte lui avait donné des numéros pour jouer à la loterie et que lui et le reste des ouvriers de son manoir avaient gagné plus de 1 500 £. Il n’a manqué aucun tirage, jusqu’à ce qu’il se lasse des attentes qu’il suscitait chez ses voisins. ” Je ne peux pas supporter cette persécution ! ” s’est-il exclamé.

« Certaines rumeurs avaient mystérieusement circulé au sujet de ses extraordinaires prédictions. Autour du palais se produisit un mouvement inhabituel et embarrassant : les gens regardaient avec étonnement la cheminée qui dégageait une fumée aux couleurs les plus étranges. On disait que le comte italien exerçait la magie, qu’il avait libéré des esprits une abbesse diabolisée, qu’il transformait la poussière de mercure en or et que, les nuits de pleine lune, il enterrait des diamants et des pierres précieuses qui, en peu de temps, « prodigieusement augmenté en volume”, pouvait-on lire dans le magazine.

Le pélerinage

Avec une notoriété inhabituelle sur tout le continent pour quelqu’un d’aussi mystérieux, sa figure a suscité ces dernières années un intérêt, allant même jusqu’à publier une biographie.

Il est clair que Balsamo est en réalité né au cœur d'une humble famille de Palerme, en 1743. Son enfance dans les rues de la ville italienne n'a jamais permis de coexister avec la fleur et la naissance de la noblesse européenne, comme je l'ai dit plus tard.

Sa mère, veuve très jeune, l’envoya au séminaire de Palerme et au couvent de Misericordia, à Caltagirone, pour lui offrir un avenir digne.

Cependant, il s’échappe du premier et est expulsé du second, malgré le talent dont il a fait preuve. Avant de partir, cependant, il a montré ce que serait sa vie, en volant les secrets de son livre de médecine au pharmacien et en vendant à un bijoutier la prétendue carte d’un trésor qui n’a jamais été retrouvé. C’est à partir de ce moment qu’il commença son pèlerinage à travers le monde sous différentes identités, en passant par Rhodes, Le Caire et Alexandrie, jusqu’à ce qu’en 1765 il entre dans l’ordre des Chevaliers de Saint-Jean de Malte.

D’après les documents de l’époque, on sait qu’il y était déjà considéré comme un grand médecin, en grande partie grâce aux remèdes qu’il avait volés. Un an plus tard, il s’installe à Rome, où il épouse la jeune Lorenza Feliciani, qui adopte le nom de Serafina. Tous deux, unis dans un saint mariage, commencèrent à escroquer les nombreux pèlerins qui venaient dans la ville, à qui ils vendaient des amulettes et des philtres d’amour apportés, comme ils le disaient eux-mêmes, d’Egypte.

Cagliostro, le maçonnique

Cagliostro et sa femme ne sont pas restés longtemps dans la capitale italienne, car deux ans plus tard, ils ont dû à nouveau fuir. Balsamo a été baptisé de noms aussi divers que Tischio, Harat, Fenix ​​​​ou Pellegrini. On pourrait dire qu’il était encore un petit voyou, même s’il se faisait déjà passer pour un officier prussien et se consacrait à escroquer d’autres innocents dans des villes comme Venise et Paris, jusqu’à ce qu’il s’installe à Londres. C’est dans la capitale britannique qu’il crée enfin le personnage qui le rendra célèbre : le comte de Cagliostro, un guérisseur aristocratique venu d’Égypte.

Il a gagné le respect des plus puissants de Londres grâce à une autre de ses astuces, en réussissant à entrer dans une humble loge maçonnique du Soho à Londres connue sous le nom de Hope, fidèle adepte du Rite de Stricte Observance. Il se présente comme un émissaire du Grand Copte, un « supérieur inconnu » qui, selon son récit douteux, lui aurait ordonné d’implanter le culte de la franc-maçonnerie égyptienne en Europe. Cagliostro fascinait tout le monde avec ses tours de magie et ses onguents curatifs. L’un d’eux était un « élixir de jeunesse éternelle » qu’il vendait aux plus riches et qui lui procurait une grosse somme d’argent pour vivre confortablement.

À la fin de 1777, Cagliostro décide de faire le saut vers le continent, où le Rite de la Stricte Observance est en pleine expansion. Deux ans plus tard, alors qu’il passait par le duché de Courlande – l’actuelle Lettonie – il trompa une nouvelle fois les responsables francs-maçons de la région, qui envisageaient la possibilité de le proposer comme gouverneur de la région à Catherine de Russie. Cagliostro rejeta habilement la proposition, gagnant le respect du peuple pour sa prétendue humilité, mais il n’hésita pas à profiter de la publicité pour s’adresser à la cour de Saint-Pétersbourg.

Strasbourg

Là, il tenta de captiver la tsarine elle-même, mais lorsque la sagace Catherine remarqua que le mysticisme égyptien de Cagliostro commençait à hypnotiser le duc Paul, son faible fils aîné et héritier, elle accrédita la rumeur selon laquelle elle le considérait comme un espion du roi Frédéric de Prusse et a décrété son expulsion immédiate. Cagliostro s’enfuit à nouveau et s’installe à Strasbourg, où il guérit et nourrit gratuitement de nombreux pauvres. Cela a aidé à redorer sa réputation, mais il a également servi quelques personnes riches, ce qui lui a sans aucun doute fourni un prêt bancaire important pour survivre.

L’évêque de la ville, le cardinal Louis René Éduard de Rohan, a participé à certaines des expériences d’alchimie miraculeuse avec lesquelles ce magicien égyptien avait commencé à guérir les plus nécessiteux et à accroître sa renommée. Et cela le convainquit, car pendant trois ans il bénéficia de ce membre de la curie religieuse… jusqu’au 16 août 1784, éclata le scandale qui mit définitivement fin à ses aventures.

Ce jour-là, un groupe de bijoutiers de la ville découvrit que l’évêque avait utilisé le nom de la reine Marie-Antoinette pour acquérir, sans payer, un précieux collier de diamants. Rohan a été enfermé à la Bastille, et avec lui, notre protagoniste, accusé de collaboration avec le cardinal. Tous deux furent jugés par le Parlement de Paris et, au cours d’un procès long et très médiatisé, on apprit que le puissant religieux avait acquis le collier, convaincu de l’avoir fait par amour et sur ordre de la reine elle-même.

Retour en Angleterre

L’évêque avait en sa possession une pile de lettres qu’il avait falsifiées de Marie-Antoinette, persuadé qu’il avait couché avec elle, alors qu’en réalité il avait été trompé avec une simple prostituée. Ce gâchis n’a jamais été complètement éclairci, car les diamants n’étaient pas apparus et, en outre, Cagliostro et Rohan ont été acquittés par un Parlement déterminé à discréditer la monarchie. «Le processus a fini par rendre justice. Le procureur lui-même a demandé que le comte de Cagliostro soit acquitté et totalement innocenté. Les 49 juges du tribunal ont approuvé à l’unanimité la sentence”, rapporte ‘Blanco y Negro’.

“Un jour, ces murs s’effondreront”, assurait le comte dès sa libération en juin 1786, tandis que le peuple l’accompagnait en procession comme s’il s’agissait d’un roi. La renommée du comte avait atteint des limites insoupçonnées pour quelqu’un qui n’avait jamais appartenu à la noblesse, ni à la monarchie, ni exercé aucune fonction politique. La preuve en est que ceux qui avaient fomenté ce complot contre lui furent « fouettés, déshabillés publiquement, marqués au fer chaud et condamnés à la prison à vie ».

Cagliostro en profite pour exiger une indemnisation exorbitante de la monarchie française pour les dommages subis. Il publie également une « Lettre au peuple français », dans laquelle il décrit le traitement humiliant qu’il a subi à la Bastille et dans laquelle il exhorte le Parlement « à convoquer les États généraux et à œuvrer à la Révolution ». La lettre le tourna cependant contre les monarchies de France et d’Angleterre, qui financèrent une campagne visant à discréditer le prophète.

Inquisition

En conséquence, des publicistes comme Casanova ont mis en lumière sa véritable identité et les arnaques sans fin qu’il avait perpétrées dans toute l’Europe au cours des années précédentes. Balsamo nia tout, mais, déshonoré et appauvri, il dut s’exiler d’abord en Suisse, puis à Rome, où il arriva le 27 mai 1789. Entre-temps, ses prétentions furent exaucées, car ce même été éclata la Révolution française et la Bastille est tombée. Cagliostro reprit de l’importance et certains francs-maçons le recontactèrent.

Le Vatican a alors ordonné à l’Inquisition de l’arrêter immédiatement. Il a été reconnu coupable d’hérésie et condamné à « ne parler à personne, ne voir personne et être vu de personne ». Le 20 avril 1791, Balsamo fut transféré au château de San Leo, où il mourra quatre ans plus tard. Bien qu’il soit retenu captif, le comte réussit à répandre depuis sa cellule des présages inquiétants contre la papauté. Alors que la révolution dévastait tout et changeait l’histoire à jamais, les prophéties de Cagliostro prirent des connotations apocalyptiques et magnifièrent encore plus sa figure énigmatique.

Ruche, abeilles et miel en Franc-maçonnerie

L’anthropomorphisation de la ruche, métaphore d’un corps social, en l’occurrence ecclésiastique apparaît au XVIe siècle. Le clergé de l’Église répandant son évangile, pollinisant les cœurs et les esprits des masses, transformant leur spiritualité, est considéré comme une ruche.

Les calvinistes n’ont pas manqué de reprendre cette allégorie pour moquer et dénoncer le pouvoir papal. Comme on le voit sur le frontispice du pamphlet dû à Philippe de Marnix La Ruche romaine. La ruche a évidemment la forme de la tiare trirègne du pape comme l’attestent les clés de Saint-Pierre, mais elle surmontée ici d’un croissant très musulman… Elle symbolise le pouvoir du roi des abeilles-pontife, son palais romain vers lequel convergent des abeilles-clercs.

Dès le XVIIe siècle, le symbole de la ruche est employé dans un sens relatif à l’architecture et au labeur.

Puisant dans le corpus maçonnique, les artisans et les brodeurs ont utilisé des éléments historiques, sociaux ou symboliques, différents selon les époques et les pays. En France, la fin du XVIIIe siècle voit le recours à la symbolique du Temple, le Directoire à celle de la vogue de l’égyptomanie (sphinx, pyramides,…), l‘Empire à celle des abeilles ou de la ruche.

Le symbole de la ruche qui ornait la couleur de la Fédération Compagnonnique de tous les Devoirs Réunis – qui représentait tout à la fois le travail des Compagnons et leur lieu de réunion, autour de la Mère – était connu des compagnons par le biais des associations de secours mutuels depuis les années 1830-1840.

Reliée à l’ordre et à l’autorité dans l’organisation et la structure des choses, la ruche renvoie à des notions de hiérarchie légitime, de commandement, de distribution des rôles, de règlements relatifs à une collectivité, d’esprit de collaboration. Chaque membre d’une communauté doit exercer son activité spécifique et jouer son rôle particulier conformément à sa compréhension et à ses  moyens réels, à sa mission et à son rythme évolutif.  En effet, le bien de l’ensemble dépend du respect des individus entre eux et du but commun, fondé sur la fraternité et la solidarité. Les francs-maçons sont des abeilles dans la ruche qu’ils ont choisie. Les rites/rituels et cérémonies mobilisent, canalisent et orientent l’énergie collective, pour transférer sur le plan conscient, les bases sur lesquelles s’édifient, se structurent et s’harmonisent les communautés. «On pourrait voir dans la loge un lieu de pollinisation mutuelle, chaque parole qui s’y échange contribue à une mellification commune que favorise le silence, et chacun en tirera le profit qui lui est singulier.» (Dictionnaire buissonnier de la Franc-maçonnerie, Annick Drogou, Jean-Marc Petillot, Numérilivre).

Au XIXème siècle, presque toutes les grandes loges d’Amérique ont officiellement approuvé les tapis de Loge de John Sherer et recommandé à chaque loge subordonnée d’en acheter un comme aides pédagogiques pour le Vénérable Maître afin d’instruire les impétrants. Sur celui de Maître, Sherer y illustre l’Église (ruche) soutenue par les quatre piliers du Nouveau Testament : Matthieu, Marc, Luc et Jean sur The Master’s Carpet. « La fleur sous la ruche est un dianthus, nommée ainsi par le botaniste grec Théophraste, signifiant «fleur de Dieu». À gauche, la ruche est entourée de céréales et de marguerites symbolisant St. Jean l’évangéliste. À droite, le millepertuis représentant St. Jean-Baptiste, accompagné de deux roses et d’un bouton de rose pour Marie-Madeleine, la Vierge Marie et un enfant. »

L’Abeille est un symbole solaire. Elle représente la sagesse, l’immortalité et la richesse. Elle est le lien social, le dévouement, le courage jusqu’à la mort, le labeur personnifié.

Au Moyen Âge, on parle du « chant » de l’abeille, chant véritablement sacré puisque que l’abeille porte en elle une parcelle de l’Intelligence divine. Rassemblées en essaim ou dans une ruche, ces milliers de parcelles se trouvent reliées entre elles pour ne former qu’un seul corps — le corps mystique du Christ — dont la tête est le roi (la reine). L’ensemble est une allégorie de l’Église qui, selon l’enseignement de Saint Paul, possède à sa tête le Christ-Roi. La communauté des abeilles est donc un symbole de retour à l’unité et de réunification.

En hébreu, le mot pour dire abeille dvora ou Débora  (ד ב ו ר ה) possède la même racine que dabar (דבר), la «parole», raison pour laquelle les kabbalistes rapprochent l’abeille et le bourdonnement de la ruche du Verbe créateur. On notera qu’en hébreu le mot désert s’écrit « midbar », avec comme racines les mêmes lettres daleth beth et reich. Avec ces mêmes racines, l’hébreu écrit, entre autres, les mots : dabar qui signifie certes la parole, mais aussi la peste ; dvora, l’abeille et doberot, les radeaux sur lequel furent amenés les bois de cèdre depuis le Liban pour construire le Temple de Salomon. Leur point commun ? C’est le mouvement, le passage d’un point à un autre, le fait de transmettre.

Chaque âme vivante est une abeille qui voyage à travers la vie et recueille le pollen de la sagesse des environnements et des expériences de la vie. « Un ancien philosophe a dit un jour que l’abeille extrait le miel du pollen de la fleur, tandis que de la même source l’araignée extrait le poison. Le problème auquel nous sommes alors confrontés est : sommes-nous des abeilles ou des araignées ? Transformons-nous les expériences de la vie en miel, ou les changeons-nous en poison ? Beaucoup de gens deviennent aigris par l’expérience, mais le sage prend le miel et le construit dans la ruche de sa propre nature spirituelle ».

Selon Champollion, l’abeille était le symbole de la royauté et celui de l’inspiration sacrée ; le miel représentait l’initiation et les discours sages.

Le miel est donc un symbole de connaissance, du savoir et de  la sagesse. Il est l’aliment réservé à l’initié.

Le miel est utilisé pour illustrer les enseignements moraux. Un homme est exhorté à manger du miel et du rayon de miel (Proverbes ; 24,13), mais mis en garde contre l’excès (Proverbes ; 25, 16 et 27). C’était une comparaison pour la douceur morale (Ezé ; 3,3), et pour l’excellence de la loi (Ps ; 19,10), des paroles agréables (Proverbes ; 16,24), et des lèvres (Cantique des cantiques ; 4,11), et comme une figure d’amour (Cantique des cantiques ; 5,1).

Ce rapprochement entre le miel et la parole juste et bienveillante est bien illustré dans le rituel d’adoption du louveton/louveteau (d’au moins 7 ans) rapporté par Jean Marie Ragon dans Liturgie maçonnique. Rituel d’adoption de jeunes louvetons de 1860 : « Il leur met du miel sur les lèvres : que votre bouche ne profère que des paroles amies, douces comme le miel ! Que la colère et la calomnie ne viennent jamais la salir de propos inconvenants et injurieux ! Que votre langue ne serve jamais à proférer contre vos semblables des cris de domination ni des accents de vengeance et de mépris ! Abhorrez le mensonge.» (p13). On remarquera, que c’est avec du vin que sont touchées les lèvres du louveton de moins de 3 ans lors du rituel de baptême maçonnique avec de semblables exhortations : Le Vénérable allume le flambeau du troisième candélabre, fait apporter le verre déposé sur l’autel et qui contient du vin, le remet au parrain, y trempe l’index qu’il porte ensuite sur les lèvres du louveteau et dit: « Que ta bouche ne soit jamais souillée par le mensonge, mais que tes lèvres s’ouvrent pour proclamer hautement la vérité ; que ta voix retentisse hardiment pour la défense du malheur et de l’innocence contre l’oppression, qu’elle porte la consolation et la paix dans le cœur de tes semblables et la terreur dans l’âme du méchant » (p.40 d’un article de Mangeant dans la revue Le soleil mystique: journal de la maçonnerie universelle de 1853).

Lorsqu’il est dit dans le Cantique des cantiques (4.11) : Le miel et le lait sont sous la langue, cela peut vouloir dire que le langage dissimule puis révèle l’infinie douceur et l’infinie valeur nutritive de la pensée spirituelle. Le miel et le lait étant des métaphores de la Thora écrite et de la Thora orale. Cette pensée est pleinement humaine mais aussi pleine de D. lorsqu’elle en respecte la Discrétion et fait de sa Loi une nourriture ; le lait est appelé h’eleb parce qu’il vient du leb (cœur) ; il est mêlé au miel, né des allées et venues, du suc de fleurs mélangé au suc d’autres fleurs, par un tisserand de douceur, l’abeille qu’on appelle en hébreu débora, celle qui tisse le dabar, la parole qui irrigue la pensée vers les cieux des cieux. «D’une fleur à l’autre, elle est, entre Ciel et Terre, passeuse de vérités. À travers les résines et pollens, elle collecte les histoires, les richesses, les souffrances, les parfums de la Terre dont le végétal porte la trace», transformant ainsi la ruche en une bibliothèque de la nature qu’elle alchimise en miel (Pierre-Olivier Bannwarth)

Le miel était le sucre de l’Antiquité gréco-romaine. La tradition grecque veut que Pythagore s’en soit nourri sa vie durant. Le miel est une nourriture céleste qui a le pouvoir de nier la mortalité, une ambroisie digne des poètes et des saints.

Peu après la naissance de Platon, ses parents prirent le bébé et le déposèrent sur les pentes du mont Hymette, l’abandonnant momentanément pendant qu’ils sacrifiaient pour lui aux dieux de l’endroit. S’approchant de l’enfant qui reposait, des abeilles emplirent sa bouche de rayons de miel  afin que l’on puisse dire de lui à juste titre: « de sa langue coulait une parole plus douce que le miel. » en référence à Nestor à l’harmonieux langage, Nestor, éloquent orateur de Pylos, qui laissait couler de ses livres des paroles aussi douces que le miel..» (Homère, Iliade chant I, vers 249, décrivant la sagesse du vieux Nestor qui incita Agamemnon à la paix).

On attribue au miel des pouvoirs conservateurs ; ce rôle trouve son expression la plus forte dans une technique d’embaumement consistant à envelopper le cadavre de miel et de cire. L’hydromel des Celtes et des dieux grecs, à base de miel, n’était-il pas le breuvage d’immortalité ?

Le miel ne pose-t-il pas la question « mi El ?», « qui est Dieu ? » par glissement phonétique vers l’hébreu ( מי אל ) ? La réponse est peut-être, en hébreu, dans la valeur numérique du mot « miel », devach ( ד ב ש) qui est identique (306) à celle du mot « feu », haesh (האש) et au mot femme: icha (אִשָּׁה)!

Ruche, c’est le nom donné à la loge qui se scinde pour permettre la création d’une nouvelle loge dans la même obédience: on parle d’essaimage.

Patrimoine : Le Suprême Conseil pour la France du REAA expose ses pépites

Pour les Journées européennes du patrimoine, Le Suprême Conseil pour la France du Rite Écossais Ancien et Accepté (SCPLF) a ouvert les portes de son siège du boulevard Bineau à Neuilly-sur-Seine, samedi 16 septembre. Une première pour cette organisation très discrète qui réunit essentiellement les Frères de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF), dite L’Alliance, travaillant dans les hauts grades écossais.

C’était l’occasion de visiter les temples du siège historique de “Bineau“. Rappelons que ces locaux ont été le premier lieu d’implantation de la GLNF. Le bâtiment moderne a été construit et inauguré en 1963 à l’initiative de la GLNF qui y avait établi son siège, avant de le céder au SCPLF en 2005.

Lors des Journées européennes du patrimoine, le SCPLF, dont Jack Chopin-Ferrier est le Très Puissant Souverain Grand Commandeur, a présenté ses pépites historiques, notamment des manuscrits originaux de rituels du XVIIIe siècle, des planches de tracés de loges à divers grades et d’autres documents précieux datant de cette époque de constitution et formalisation du Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA).

Tous ces documents rares ont par ailleurs été numérisés et sont accessibles à tous les frères du SCPLF dans le cadre de la vaste bibliothèque numérique du Suprême Conseil pour la France.

Dans le cadre de cette journée, les auteurs modernes étaient aussi à l’honneur, puisqu’une séance de dédicaces était organisée autour d’écrivains maçonniques, membres du SCPLF, Jacques Trescases, Jacques Branchut, Alain Breuillin, Gaël de Kerret et Jean Dumonteil. Avec, en invitée, Irène Mainguy qui a dédicacé ses derniers ouvrages sur la symbolique des différents grades maçonniques.