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Tiens, si on relisait le bon vieux Kipling comme antidote au « droit au blasphème » ?

L’actualité a le pouvoir, au-delà de la brutalité des faits, de nous replonger dans la sémantique. Ainsi, l’odieuse tentative de meurtre contre Salman Rushdie, remet à l’honneur l’expression « droit au blasphème » qui avait déjà été employée lors de l’attentat contre Charlie-Hebdo. Droit dont ne se privait pas la revue satyrique ! Mais est-ce le cas aujourd’hui quand nous évoquons la tentative de meurtre sur Salman Rushdie ?

Nous pouvons d’emblée douter que cette expression soit à la base de la revendication de Salman Rushdie ! Pour qui a une approche de son œuvre, sa démarche est, en fait, très théologique : user de dérision envers le Prophète Mahomet dans les « Versets sataniques » consiste à montrer son vécu purement humain, de façon à laisser toute la place à Dieu, et ne pas faire de lui un second Dieu (comme le Christ chez les chrétiens !) et lui redonner son rôle de transmetteur d’une parole qui n’est pas la sienne, mais celle d’un Principe et dont il n’est que le faillible porte-voix. Dans un contexte musulman, il n’est pas étonnant que la fameuse « Fatwha » fut imposée par l’Ayatollah Rouhallah Khomeini, représentant du monde chiite qui voulait que les successeurs du Prophète viennent de sa descendance et constituent ainsi une sorte de « monarchie de droit divin », alors que les Sunnites étaient partisans d’un choix communautaire par l’élection du dirigeant des croyants. Rushdie, dans son ouvrage, ne faisait nullement acte d’athéisme mais, en bon musulman, optait pour une orientation religieuse moderne en se servant de l’humour pour ramener le Prophète à sa dimension humaine et ne pas entrer dans une dérive manichéenne ou chrétienne d’un Dieu double par prophète interposé. En fait une démarche à un retour au monothéisme absolu par une baisse de l’importance de l’humain au profit du divin. Il convient là de faire preuve de discernement entre ce qui relève de l’attentat ou du résultat de querelles internes à une croyance, tout en condamnant l’acte en lui-même en tant que tel et en laissant faire son travail à la justice ou à la psychiatrie. Mais aussi d’échapper à la manipulation qui fait qu’un acte pris dans sa banalité criminelle ou pathologique est récupéré à des fins politiques en utilisant la légitime protestation contre l’acte lui-même.

 La défense contre une religion impérialiste et conquérante, quelle que soit, serait justifiée si elle n’était que l’expression d’un pouvoir lié à une foi qui serait la représentation incontournable de la « Vérité » à imposer à l’univers entier. Ces religions, souvent monothéistes, (« catholiques » au sens universel du terme), nous en connaissons bien entendu l’histoire et les méfaits ; parfois copiées par des idéologies politiques sensées les combattre : les « internationales » amenant le bonheur des peuples nous donnent froid dans le dos rien qu’à y penser !

Mais l’essence de la croyance religieuse ne se borne pas seulement à sa démonstration de puissance, précisément parce que, fondamentalement, elle est la traduction de la fragilité et de l’angoisse de l’homme. Pour la psychanalyse, elle en est même le fondement essentiel : contrairement aux animaux, l’enfant a besoin de bénéficier de la protection des adultes durant de nombreuses années pour faire face à la réalité d’une nature hostile. L’image du père et de la mère pour l’enfant, inconsciemment, vont devenir un facteur de sécurité qu’il reproduira devenu adulte pour faire face à l’angoisse de son insécurité fondamentale. Sigmund Freud écrit (1) : « Nous le savons déjà : l’impression terrifiante de la détresse infantile avait éveillé le besoin d’être protégé-protégé en étant aimé-besoin auquel le père a satisfait ; la reconnaissance du fait que cette détresse dure toute la vie a fait que l’homme s’est cramponné à un père, à un père cette fois plus puissant. L’angoisse humaine en face des dangers de la vie s’apaise à la pensée du règne bienveillant de la Providence divine ». Pour Freud, la religion est le remplacement d’une névrose individuelle par une névrose collective. Nous comprenons donc que l’attaque de la croyance religieuse de quelqu’un va déclencher chez le sujet une angoisse et une insécurité insupportable qui va le conduire à la violence comme si il était attaqué lui-même. Le « droit au blasphème » est vécu, dès lors, comme un acte théologique secondaire, mais ressenti, en priorité comme une agression contre le Père protecteur et donc l’angoisse mortifère de redevenir l’enfant sans protections face à un monde hostile. La terreur inconsciente du sujet ne tarde pas à se transformer à coup sûr en violence absolue de type paranoïaque.

Pour nous, Francs-Maçons, le fameux « droit au blasphème » ne peut que nous poser problème et nous sommes surpris que certains chez nous s’en réclament. Qui plus est, cela est passéiste et relève de l’humour : nous voilà replongés dans les arcanes « laïcardes »de la troisième République où il était suspect de ne pas être un bon républicain si on n’avait pas prononcé quelques vulgarités sur Dieu, la vierge Marie, le Pape et les curés !

La Franc-Maçonnerie est, avant tout, un lieu diversifié qui en fait sa richesse par l’acceptation de l’altérité fondamentale de la Soeur ou du Frère. Ce qui signifie que je vais le ou la rencontrer, non dans la recherche d’un accord commun qui serait une sorte de catéchisme, mais dans le plaisir de la différence. C’est là, où il est bon de nous rappeler certains passages de la « Loge-Mère » de Kipling :

« Nous n’osions pas faire de banquets (de peur d’enfreindre la règle de caste de certains Frères)

Et nous causions à cœur ouvert de religions et d’autres choses.

Chacun de nous se rapportant au Dieu qu’il connaissait le mieux.

L’un après l’autre, les Frères prenaient la parole :

Aucun ne s’agitait.

L’on se séparait à l’aurore, quand s’éveillaient les perroquets.

Comme après tant de paroles

Nous nous en revenions à cheval

Mahomet, Dieu et Shiva

Jouaient étrangement à cache-cache dans nos têtes…

Mais combien je voudrais les revoir tous

Ceux de ma Loge-Mère, là-bas ! »

Cet espèce de paradis perdu qu’évoque Kipling n’est pas seulement exotique, il est aussi et avant tout celui de la tolérance et du respect de l’autre dans sa différence fondamentale…

                                             NOTES

– (1) Freud Sigmund : L’avenir d’une illusion. Paris. PUF. 1971. (Page 43).

Chanson maçonnique : « Que c’est bon d’être franc-maçon »

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Une mise au point de la troupe de la Rose et l’épée.

Nous ne voulons plus privilégier les vidéos car il s’agit d’abord et avant tout de chansons. De plus, puisque nos titres polémiques ont entraîné une censure définitive des Brigandes, nous resterons modérés sur les thèmes. La satire n’est pas encore totalement interdite, mais… Nous aimons rigoler dans le style comique-troupier mais nous voulons surtout aborder des sujets non conventionnels comme « jusqu’ici mais pas plus loin ». Il faut alterner les styles. La prochaine chanson à paraître sera donc sérieuse et pathétique. Il s’agit d’un travail de troubadour, sans compromis avec l’esprit de l’époque. L’équipe de la rose et l’épée.

[NDLR : Concernant cette troupe musique de la « Rose et l’épée », nous sommes en train d’investiguer afin de savoir s’il n’y a pas une relation avec la « Communauté de la rose et de l’épée ».
Justement, les « Brigandes »,  groupe musical féminin de chanson française apprécié de certains milieux d’extrême droite, six mois après la fermeture de leur chaîne YouTube début 2019, sont classées, par certains, comme un groupe de musique identitaire. Elles sont installées à la Salvetat-sur-Agout, bourg rural situé au nord-ouest du département de l’Hérault, et ont changé de nom. Ce groupe se fait désormais appeler la « Communauté de la rose et de l’épée » et développe des activités autour de conférences et de réflexion, sans totalement laisser de côté la musique.

L’article est clairement identifié comme « Antimaçonnisme », cf. le logo. Le groupe identitaire les Brigades est un nom rendant hommage aux insurgés de la guerre de Vendée. La pianiste est bien une ex des 7 chanteuses dudit groupe. Elles se produisent sous différents noms le dernier connu étant Vanadis…]

Paroles :

Un soir à la loge maçonnique, je rencontre mon député
J’y fais la gratouille sympathique : « mon frère, j’ai un service à te demander
Avec le fisc, j’suis au plus mal, faudrait faire sauter mon dossier…
Mon frère, y’a rien que d’plus normal, entre frangins, faut s’entraider ! »

Si on est frère dessus l’équerre, sous le compas, est-ce qu’on l’est pas ?
Sous le niveau, on est égaux, mais ton fil à plomb n’est pas droit
T’es apprenti dans la maison et t’es plein de bonnes intentions !
Tu mérites une augmentation, attends de passer compagnon »

Enfin, le jour est arrivé : « Compagnons, me v’là initié !
Apprenti, c’est pas un métier, écouter les vieux dégoiser… »
Je vais trouver le vénérable qu’a le bras long dans la gendarmerie
Je dis : « Cher frère, c’est lamentable, faut m’aider, j’ai fait des conneries ! »

Si on est frère dessus l’équerre, sous le compas, est-ce qu’on l’est pas ?
Sous le niveau, on est égaux, mais ton fil à plomb n’est pas droit
Si tu fais des coups malhonnêtes, il faut prendre des précautions
Attends d’abord de passer Maître, d’être enfin un vrai franc-maçon

Et me voilà Maître maçon, prêt à grimper vers les hauteurs
Dans notre belle institution, une place digne de ma valeur
On m’pousse pour les municipales, y’a des plus cons qu’moi qui y vont !
Mais j’vise le conseil général, sinon pourquoi jouer les bouffons ?

Si on est frère dessus l’équerre, sous le compas, est-ce qu’on l’est pas ?
Sous le niveau, on est égaux, mon fil à plomb est presque droit
J’suis jeune encore dans la maison, mais j’aspire à la perfection
Il faut gravir les échelons, c’est tout l’art du bon franc-maçon !

J’arrive au trente-troisième degré… ouf !, non pas sans mal, à coup d’pistons
Je vais connaître le grand secret, réaliser mes ambitions
Pratiquer la philanthropie, dans l’béton et le BTP !
On peut compter sur les amis : « Egalité, Fraternité ! »

Si on est frère dessus l’équerre, sous le compas, est-ce qu’on l’est pas ?
Sous le niveau, on est égaux, et mon fil à plomb est bien droit
J’tape du maillet sur mon plateau, j’distribue des augmentations
Pour les affaires, y’a tout c’qui faut : que c’est bon d’être franc-maçon !

Que c’est bon d’être franc-maçon !

La franc-maçonnerie mondiale selon Bino Bellomo entre vérité et tromperie…

De notre confrère allemand katholisches.info – Par le Père Paolo M. Siano*

De 1940 à 1944/45, le comte Bino Bellomo di San Cosimano (1904–?) fut agent (avec le grade de lieutenant, puis de capitaine) du Service de renseignement militaire (SIM) . Il s’agissait du service de renseignement militaire italien, subordonné à l’état-major général de l’armée royale, qui existait de 1925 à 1945. En tant qu’agent du SIM, Bellomo était également un employé de Giuseppe Cambareni (1901-1972), alias « Entity était un espion ». Après le 8 septembre 1943, Cambareni se rangea ouvertement du côté du maréchal Badoglio et travailla comme espion anglo-américain et antifasciste, restant toujours fidèle à son « credo » d’ésotérique, franc-maçon et rosicrucien. 1

J’ai écrit quatre articles sur Cambareni, le « Magicien des généraux ».

Pendant la guerre, le capitaine Bino Bellomo était membre du groupe maçonnique avec lequel Cambareni fonda l’ Union Démocratique ( 1944). Cambareni s’est distancié des services secrets britanniques (qui cherchaient le maintien de la monarchie savoyarde en Italie) et a préféré travailler pour les services secrets américains OSS (précurseur de la CIA) pour promouvoir une république italienne centriste à la fois profasciste et était ouvert aux communistes. 2

À partir de 1940, Bellomo, alors lieutenant, travailla dans le département SIM pour évaluer les informations collectées et, à partir de 1942, comme capitaine dans le département de contre-espionnage SIM. En mars 1942, Bellomo est transféré à Rome pour diriger le « Premier Département de Recherche Économique et Industrielle » puis le « Complexe X ». Bellomo est également chargé de dresser le journal SIM de ses activités. 3 Le SIM comptait trois départements : espionnage, contre-espionnage et évaluation de l’information. 4

Après la guerre, Bellomo enseigne l’économie politique à l’Université de Bologne. 5

En décembre 1975, le professeur Bino Bellomo di San Cosimano, aujourd’hui à la retraite, confia au journaliste Marcello Coppetti (1926-2003), expert de Giuseppe Cambareni et des deux services de renseignements militaires italiens SIM (1925-1945) et SIFAR, dans une ancienne villa à Bologne (1949-1966) une interview.

Dans un livre de 1978, le franc-maçon bolognais Eugenio Bonvicini ( Grand Orient d’Italie et 33e degré du Rite écossais ancien et accepté ) définit Bino Bellomo comme un « prêtre catholique » 6 . Dans certains écrits de Bellomo, il a signé Probo Bino Bellomo et est appelé P. Bino Bellomo… Peut-être que Bonvicini a mal compris le « P » comme l’initiale du mot « Père ».

1. La franc-maçonnerie mondiale selon Bino Bellomo (1960)

En 1960, l’éditeur milanais Ciarrocca publie le livre « La Massoneria Universale dalle origini ai nostri giorni » ( « La franc-maçonnerie mondiale des origines à nos jours ») de Bino Bellomo. Je présente divers extraits du livre de Bellomo et les organise en thèmes spécifiques qui me semblent importants. Bellomo commence par une longue préface, « Franc-maçonnerie et catholicisme romain » ( pp . 11-48), dans laquelle il soutient que l’Église et la franc-maçonnerie n’ont plus besoin d’être ennemies puisqu’il n’y a vraiment aucune raison théologique ou doctrinale d’incompatibilité entre elles. … En fait, tant dans cette introduction que dans d’autres passages, Bellomo précise, voire admet, le contraire : parmi les francs-maçons du 33e degré du Rite Écossais Ancien et Accepté (AASR), ou Franc-maçonnerie « blanche », il y a une « franc-maçonnerie palladienne » qui vénère Lucifer ou Satan et est donc hostile à l’Église… Mais allons-y pas à pas. Les passages en italique que je citerai sont tirés du texte.

1.1 Objectifs et méthodes de la franc-maçonnerie

Bellomo déclare que la franc-maçonnerie mondiale cherche à créer une religion inspirée du rationalisme et du naturalisme à travers diverses dénominations et rites maçonniques. La franc-maçonnerie aspire à une « fraternité » de tous les peuples (voir p. 11) et a « un programme qui s’applique dans le monde entier » (p. 11).

La franc-maçonnerie se présente comme politiquement et religieusement neutre et respecte toutes les religions. Mais ce n’est qu’au seuil de la « franc-maçonnerie blanche » que les adeptes apprennent que la franc-maçonnerie veut s’ériger en rempart contre le pouvoir politique autocratique ainsi que contre le catholicisme romain (voir p. 12).

À propos du travail maçonnique dans la société, Bellomo écrit : « La franc-maçonnerie s’intéresse avant tout aux personnes libres de préjugés et, surtout, d’idées religieuses, qui ont une forte intelligence personnelle, mais qui sont prêtes à s’engager pour la cause en toutes circonstances, abandonner la dépendance de l’ordre. Ce sont ceux que la franc-maçonnerie cherche à envoyer à ses plus hauts niveaux de direction après un examen des plus approfondis . Pour eux, la franc-maçonnerie, à travers ses nombreuses connexions , fera tout ce qui est en son pouvoir pour qu’ils obtiennent, si possible, des postes clés dans l’administration publique et dans les grands complexes économiques et culturels. « C’est pourquoi il y a toujours eu un effort pour pénétrer particulièrement la haute finance, le journalisme, les grandes maisons d’édition, l’armée, la justice, l’enseignement public, en particulier les universités » ( p . 13).

1.2 L’Église contre la franc-maçonnerie (XVIIIe siècle) : uniquement pour des « raisons politiques » ?

Comme le font habituellement les francs-maçons, Bellomo veut nous faire croire que les premières condamnations du Saint-Siège contre la franc-maçonnerie (pape Clément XII en 1738 ; pape Benoît de la morale… Bellomo affirme que la franc-maçonnerie à cette époque n’avait pas encore une attitude hostile envers la Religion catholique, il existait même des loges qui portaient le nom de noms de saints… Mais Bellomo sait très bien que la franc-maçonnerie des Lumières du XVIIIe siècle incarnait (voir pp. 16-19) !

En effet, la bulle anti-maçonnique In eminenti ( 1738 ) du pape Clément XII la dénonce: quelques erreurs dans les croyances et coutumes de la secte maçonnique, dont le serment maçonnique à la Bible sous menace de mort si le serment était violé ou équivalait à un parjure, ainsi que le climat d’indifférence religieuse dans les loges…

Il est étrange qu’une personne cultivée comme le comte Bellomo, formé à l’analyse de l’information et au contre-espionnage, n’ait pas découvert ces éléments.…

1.3 Église et franc-maçonnerie : lutte politique entre le XIXe et le début du XXe siècle

Sur la Franc-Maçonnerie à la fin du XIXème siècle, dirigée par Léon XIII. a été condamné comme porteur du naturalisme philosophique, de l’indifférentisme religieux et du paganisme moral, Bellomo écrit : « Ce n’était plus la franc-maçonnerie du passé, animée par une profonde passion civique, par l’amour de la science et de la vérité : elle a commencé à se désintégrer. , du moins en Italie, en raison de frictions internes et d’un personnalisme de plus en plus vif, de sorte qu’il y aurait bientôt de fortes divisions maçonniques (qui perdurent encore aujourd’hui) » (p. 42).

Bellomo veut donc nous faire croire que la franc-maçonnerie du 18ème siècle était meilleure que la franc-maçonnerie du 19ème siècle parce qu’elle était animée par l’amour de la science et de la vérité… Mais Bellomo lui-même admet que la franc-maçonnerie du 18ème siècle était celle des Lumières ! En fait, l’ancien agent secret Bino Bellomo argumente comme un franc-maçon.

Bellomo cite ensuite également l’encyclique Custodes fidei de Léon XIII. (8 décembre 1892), dénonçant les activités anticléricales et anticatholiques de la franc-maçonnerie. Bellomo insiste à tort sur des raisons politiques comme cause du différend entre la franc-maçonnerie et l’Église : « Comme nous pouvons le constater, la dernière encyclique contre la franc-maçonnerie documente également la cause du différend, qui est politique et non théologique. Cela concerne les problèmes terrestres, la portée et les activités du Saint-Siège, plutôt que sa parole de foi. Comme les libéraux, les francs-maçons exigeaient une séparation claire du pouvoir religieux et politique, c’est-à-dire l’indépendance de l’État par rapport à l’Église. […] Ce n’était donc pas un problème théologique et transcendantal auquel la franc-maçonnerie et le Vatican étaient confrontés et opposés dans le passé. La rencontre et le combat sont nés, au moins principalement, de problèmes d’ordre politique. Ceci est surtout documenté par les encycliques qui traitent du sujet » (pp. 44-45).

Ce que l’ancien agent secret (peut-être franc-maçon) Bellomo écrit ci-dessus est faux : en réalité, la racine du différend entre la franc-maçonnerie et l’Église est avant tout théologique et doctrinale. Étrangement (une tromperie délibérée ?) Bellomo semble ignorer les raisons doctrinales de l’opposition entre l’Église et la Franc-maçonnerie, raisons qu’il cite lui-même dans son livre…

Bellomo parle de l’anticléricalisme du Grand Maître du Grand Orient d’Italie (GOI ) Adriano Lemmi (1822-1906). Bellomo cite un article de la « Rivista Massonica » (en fait Rivista della Massoneria Italiana) de 1893, p. 118, dans lequel Lemmi expose les objectifs de sa franc-maçonnerie : attaquer le Vatican, séparer le pouvoir religieux du pouvoir laïc et détruire les congrégations et de reprendre les institutions éducatives et éducatives. Dans la même revue maçonnique de 1897, page 242, Lemmi explique la nécessité de recruter des éléments viables pour la franc-maçonnerie parmi les officiers de l’armée, et explique également que la présence maçonnique dans l’armée serait un rempart contre le cléricalisme italien ; les prêtres pourraient conduire les enfants, mais la franc-maçonnerie saurait conduire les jeunes à travers l’armée. 7

Bellomo rapporte que la franc-maçonnerie italienne (le Grand Orient) a été critiquée en interne au début du XXe siècle : divers francs-maçons (qui formeront plus tard l’obédience sur la « Piazza del Gesù », du nom de l’emplacement de leur siège romain) l’accusèrent de se figer dans un anticléricalisme stérile. Bellomo accuse Lemmi d’avoir provoqué la crise au sein de la franc-maçonnerie italienne (voir p. 260f). Bellomo vient-il également de la direction de la « Piazza del Gesù » ?

1.4 La franc-maçonnerie entre guerre, espionnage et après-guerre

Concernant les activités maçonniques avant et pendant la Seconde Guerre mondiale, Bellomo explique que la franc-maçonnerie s’est infiltrée dans les principaux États d’Italie et d’Allemagne dans le but de renverser les dictatures fascistes et nationales-socialistes. 8 Bellomo rapporte ici qu’en 1938 « les Rose-Croix américains » envoyèrent en Europe un de leurs hauts dignitaires, un homme jeune, entreprenant et ouvert d’esprit qui parvint à infiltrer les hauts cercles militaires en Italie et fut même un ami du maréchal Pietro Badoglio. Prendre le pouvoir en 1943 dans cette partie de l’Italie où le régime fasciste pouvait être éliminé. Cet espion d’origine italienne originaire de Calabre (Bellomo ne mentionne pas son nom, mais il s’agit de Giuseppe Cambareni), envoyé d’outre-mer, utilise également des pratiques magiques et spiritualistes et se fait passer pour la réincarnation de Cagliostro (voir p. 256).

À propos des activités maçonniques pendant le fascisme, Bellomo écrit : « La franc-maçonnerie, qui a été envahie par le fascisme en 1925, a encaissé le coup, s’est cachée intelligemment et , à travers des fils secrets mais puissants, a contribué dans une large mesure aux événements qui ont à leur tour conduit à « La destruction du fascisme, qui s’était inconsciemment précipité sur la pente de l’orgueil, de l’arrogance, du despotisme et des erreurs incurables et de plus en plus graves » (p. 266).

Bellomo explique que la franc-maçonnerie a très bien infiltré les structures du pouvoir de l’Italie fasciste : « Elle s’est infiltrée dans les cercles judiciaires, dans les cabinets des ministères, dans la haute finance et, surtout, dans ces corps très sensibles comme l’ état-major et l’ état-major. des forces armées a » (p. 267).

Au lendemain des événements de guerre de 1943, la franc-maçonnerie apparaît à nouveau fragmentée en différents groupes, reflétant dans une certaine mesure la fragmentation du territoire, même s’il existe des contacts entre différents groupes maçonniques. En voici quelques-uns : le Grand Orient d’Italie – Palazzo Giustiniani (GOI) ; la Grande Loge de Raoul Vittorio Palermi 33°, successeur de Saverio Fera 33° ( Serenissima Gran Loggia Nazionale Italiana di Piazza del Gesù) ; le groupe appelé Franc-maçonnerie unie et un autre appelé Régence . Sont séparés de la Franc-Maçonnerie du Grand Maître Palermi : 1) le groupe Avezzana ; 2) le groupe Via della Mercede ; 3) le groupe De Franchis ; 4) le groupe du Grand Maître Prof. Labriola, qui a également présidé une formation politique appelée Unione Democratica (Union Démocratique), qui a fonctionné entre 1940 et 1943 pour accélérer le renversement du fascisme. Après 1949, les « familles » des francs-maçons REAA De Franchis, Terzani et Avezzana se réunissent (voir p. 267f).

L’un des cofondateurs ou premiers membres de « l’Union Démocratique » fondée par Giuseppe Cambareni était le capitaine de l’époque, Bino Bellomo. Il n’y a aucune preuve, mais Bellomo était probablement lui-même franc-maçon.

1.5 Sympathie pour la franc-maçonnerie de la « Piazza del Gesù »

Bellomo explique qu’en 1908, il y a eu une scission au sein du Grand Orient italien parce qu’il était fortement anticlérical. Frère Saverio Fera, franc-maçon du Grand Orient et du 33ème degré du Rite Écossais Ancien et Accepté (AASR, Haut Degré Franc-Maçonnerie), a fondé un deuxième Conseil Suprême (au sein duquel sont réunis les Francs-maçons du 33ème degré de l’REAA) , qui est organisé par l’ Association Mondiale des Conseils Suprêmes du Rite Écossais Ancien et Accepté . Bellomo dit que l’anticléricalisme maçonnique a amené la Franc-maçonnerie italienne (GOI) elle-même à détruire sa structure rituelle et à être de moins en moins initiatique… On pourrait dire que Bellomo regardait avec sympathie ou du moins avec intérêt la Franc-maçonnerie de Fera, connue sous ce nom. de la « Piazza del Gesù » (voir pp. 233-237). Dans la période d’après-guerre, dit Bellomo, la franc-maçonnerie de la Piazza del Gesù, sous la direction du Grand Maître Raoul Vittorio Palermi, « a clairement surmonté tous les préjugés anticatholiques, anticléricaux et anti-Vatican » (p. 237). Bellomo explique que Palermi est mort franc-maçon et doté des sacrements (cf. p. 237)… La franc-maçonnerie de la Piazza del Gesù, selon Bellomo, a été accusée par le Grand Orient de se vendre au Vatican… Bellomo représente la franc-maçonnerie de Fera- Palermi se présente comme pro-catholique, spiritualiste et anticommuniste, et – comme le souligne Bellomo – cette franc-maçonnerie (de Palermi) est un mouvement qui ne doit pas être sous-estimé par les autres francs-maçons, de sorte que les jésuites – toujours selon Bellomo – espérer que cette franc-maçonnerie agisse au grand jour et puisse alors être une force aux côtés de l’Église contre les dangers du matérialisme et du communisme mondial (voir p. 238f)…

Avec le déjà célèbre ami franc-maçon Don Rosario Esposito (1921-2007), prêtre de la Fraternité Saint-Pierre. Paul, Bino Bellomo appelle également à la réconciliation et à la coopération entre la franc-maçonnerie et l’Église « pour le progrès social et l’unité des citoyens » (cf. p. 239f) : un tel souhait est-il l’expression de la naïveté ou d’une conscience maçonnique ?

1.6 Église et franc-maçonnerie : de la lutte à la paix et à la coopération (1960 et suivantes) ?

À son époque (après la Seconde Guerre mondiale), Bellomo affirme que les tensions et les conflits entre l’Église et la franc-maçonnerie n’ont plus aucune base d’existence, car, selon Bellomo : « L’Église ne prétend plus avoir un gouvernement laïc, le gouvernement catholique les partis règnent de manière laïque, le monde est divisé entre forces spirituelles et matérialistes (voir p. 45f). Bellomo affirme que les forces spiritualistes sont dirigées par l’Église catholique et que la franc-maçonnerie est également l’un des champions de la réalité spirituelle… En bref, Bellomo estime que le moment est venu de surmonter définitivement le vieil antagonisme entre la franc-maçonnerie et l’Église. … La franc-maçonnerie devrait examiner ses conceptions et ses préjugés, renoncer aux traditions rituelles qui n’ont plus aucun droit d’exister, aux initiations obscures, etc. (voir p. 46). Bellomo fait spécifiquement référence à la franc-maçonnerie italienne, divisée en différents groupes. Dans les pays anglo-saxons, en revanche, la franc-maçonnerie n’a aucun point de contact avec l’Église et – selon Bellomo – « travaille vers le même objectif », à savoir la « volonté d’unir le monde », « et l’unification du monde ». les intérêts pratiques et le mode de vie signifient « avant tout l’union des forces spirituelles, de la volonté morale et des idéaux qui doivent être cultivés dans le climat d’une civilisation chrétienne millénaire » (p. 47). Un discours digne d’un franc-maçon !

Bellomo affirme ensuite que 70 ans après la dernière excommunication anti-maçonnique du Pape (Bellomo fait référence au genre Humanum de 1884 et/ou à Custodes fidei de 1892), l’Église a changé d’attitude : elle n’insiste plus sur les anciens schémas. Contre la Franc-maçonnerie, l’Église s’adapte au nouveau cours de l’histoire, et la Franc-maçonnerie semble aussi s’adapter aux nouvelles exigences de l’histoire, notamment au vu des dangers qui menacent toutes les religions (voir p. 47)…

Bellomo espère de bonnes relations entre la franc-maçonnerie et l’Église pour sauver la civilisation et l’humanité des dangers communs des guerres et du matérialisme : « Les conditions d’une meilleure compréhension mutuelle sont donc présentes. Des conditions qui dépassent les événements politiques insignifiants du moment. L’immanence idéale face au danger commun imminent doit unir fatalement tous les peuples et toutes les confessions dans un effort commun pour le salut de la civilisation d’abord, puis pour un avenir meilleur pour la race humaine » ( p. 47f).

Comme c’est étrange. Dans tout ce que Bellomo écrit dans ce livre sur la Franc-Maçonnerie, en particulier sur les hauts degrés, la Franc-Maçonnerie « blanche », au sein de laquelle se trouverait aussi la Franc-Maçonnerie « Palladienne », le désir d’une coopération conciliante entre l’Église et la Franc-Maçonnerie est contradictoire, utopique, illusoire. Et un signe révélateur d’une sympathie au moins sournoise et d’une alliance de Bellomo avec la franc-maçonnerie ou, de manière encore plus réaliste, de l’affiliation de Bellomo avec la franc-maçonnerie.

En faisant également référence à la convocation du Concile Vatican II par le pape Jean XXIII. Soutient, Bellomo (1960) tente de souligner que la franc-maçonnerie ne représente plus aujourd’hui un danger pour l’Église, mais que le danger vient uniquement du matérialisme, c’est pourquoi l’Église et la franc-maçonnerie devraient former un front commun contre elle… Bellomo explique que la franc-maçonnerie affirme également l’existence de l’esprit – même si elle se berce de suggestions trompeuses, à savoir l’occulte (voir p. 241)…

Bellomo affirme ensuite : Si un accord sur le plan religieux entre l’Église et la franc-maçonnerie est impossible, il pourrait en revanche être réalisable et fructueux sur le plan social… Et pourtant Bellomo lui-même indique clairement que les sphères supérieures des francs-maçons détestent le catholicisme, d’où la proposition d’une telle alliance avec la franc-maçonnerie semble pour le moins naïve, voire carrément mystifiante et trompeuse. N’oublions pas que Bellomo est un ancien officier du renseignement militaire, peut-être franc-maçon, ou du moins avec des sympathies maçonniques comme Giuseppe Cambareni…

Bellomo écrit : « Si donc, sur le plan religieux, l’entente entre la franc-maçonnerie et l’Église est impossible (ce qui est évident, puisque l’Église catholique, par définition, a la primauté absolue de la vérité divine et ne peut évidemment pas la céder ou la partager avec autres), il existe certes des possibilités de coexistence et même d’unité sur le plan politique et social, à condition bien sûr que la franc-maçonnerie renonce au préalable au « secret » qui la rend suspecte et opaque. Après ce renoncement, ils ont de nombreuses raisons de vivre et de s’épanouir. Entraide, charité, culture, diffusion des idées universalistes. Dans ce dernier domaine, la Franc-maçonnerie peut en effet s’appuyer sur de bonnes traditions . Aujourd’hui, on parle avec désinvolture des « États-Unis d’Europe », mais il ne faut pas oublier que les francs-maçons ont été parmi les principaux partisans de cette fédération continentale au siècle dernier (ER 227). Et au siècle présent, ajoutons-nous, l’un des dirigeants les plus célèbres de la démocratie chrétienne, Alcide de Gasperi, était un partisan sincère et actif d’une telle union ; et avec lui de nombreux autres hommes importants, de haute culture et de foi religieuse, qui occupent aujourd’hui des postes importants dans la vie politique » ( p. 242f).

[L’ouvrage cité par Bellomo comme ER 227 est le livre de Don Rosario Esposito, « La Massoneria e l’Italia dal 1800 ai nostri giorni », Rome 1956 (cf. Bellomo, op. cit., p. 337)]. 

(La suite suit.)

Le Père Paolo Maria Siano appartient à l’Ordre des Franciscains de l’Immaculée (FFI) . Le docteur en historien de l’Église est considéré comme l’un des meilleurs experts catholiques en matière de franc-maçonnerie, à laquelle il a consacré plusieurs ouvrages de référence et de nombreux essais. A travers ses publications, il apporte la preuve que la franc-maçonnerie, depuis le début jusqu’à aujourd’hui, contenait des éléments ésotériques et gnostiques, qui justifient son incompatibilité avec la doctrine de l’Église.

Traduction : Giuseppe Nardi
Image : MiL


1 Cf. Gianni Ferraro : Enciclopedia dello spionaggio nella Seconda guerra mondiale (Encyclopédie de l’espionnage pendant la Seconde Guerre mondiale), Sandro Teti Editore, Roma 2010, art. Cambaréni Giuseppe, p.122 (121-123)

2 Cf. Ferraro, op. cit., p. 122

3 Cf. ibid., Bellomo Bino, p. 75

4 ibid., article SIM, p. 633

5 Cf. Mario Isnenghi : Le guerre degli Italiani : parole, immagini e ricordi 1848-1945 (Les guerres des Italiens : Mots, images et souvenirs 1848-1945), Arnaldo Mondadori Editore, (Milan) 1999, p. 285

6 E. Bonvicini : L’esoterismo massonico (L’ésotérisme maçonnique), dans l’anthologie : La Libera Muratoria (Franc-maçonnerie), édité par Claudio Castellacci, préface de Giordano Gamberini, SugarCo Edizioni, Milan 1978, pp. 205-206 (203- 243)

7 Cf. Bellomo, op. cit., p. 259

8 Cf. Bellomo, ibid., p. 256.

Fondamentalisme sur la création du mariage civil par la franc-maçonnerie

De notre confrère nuevatribuna.es – Par EDUARDO MONTAGUT

Félix Sardá i Salvany (1841-1916) était un prêtre catalan, membre éminent du fondamentalisme à l’époque de la Restauration . Il était membre du carlisme et devint en 1888 l’un des idéologues du Parti de l’intégrité de Ramón Nocedal. Apparemment, c’est lui qui a été à l’origine du surnom donné à la formation, précisément en raison du caractère péjoratif du terme fondamentaliste par les opposants politiques.

En 1893, il fut directeur du Diario Catalán , l’organe du fondamentalisme barcelonais. Il a fini par se séparer du Parti et affronter El Siglo Futuro parce qu’il défendait la nécessité de soutenir les alliances électorales avec les conservateurs. Il affronte le catalanisme et défend une sorte de catholicisme social à Sabadell. Son ouvrage le plus célèbre fut Le Libéralisme est un péché et l’ouvrage qui nous intéresse ici, le Maçonisme et le Catholicisme : parallèles entre la doctrine des loges et celle de notre Sainte Église, catholique, apostolique, romaine, la seule vraie, qu’il publia dans Barcelone, en 1885.

Au chapitre onze, il expliqua comment le « maçonnisme » et le catholicisme différaient en ce qui concerne la constitution de la famille , c’est-à-dire en ce qui concerne le mariage, attribuant à la franc-maçonnerie la naissance du mariage civil, considéré en outre comme un « non-mariage ».

Pour la franc-maçonnerie, et toujours selon Sardá, le mariage n’avait rien à voir avec Dieu ou la religion. L’homme et la femme étaient unis par nature et sans qu’aucune loi divine ne puisse régler les conditions de ladite union. Mais comme cela pouvait être considéré comme très « grossièrement animal » parce qu’on reconnaissait quelque chose de supérieur à ce que faisaient les animaux, la franc-maçonnerie avait inventé pour « colorer ces unions sans Dieu » une sanction que le curé catalan qualifiait de fausse, et qui s’appelait mariage civil. . Ainsi, l’État occupait la position de Dieu, il acquérait le droit de sanctionner l’union légale des deux sexes et d’établir certaines conditions.

En enlevant au mariage la sanction divine, il n’avait que la sanction humaine, et si respectable qu’il soit censé être, il ne dépasserait jamais cette condition, qu’il vienne d’un roi ou d’un parlement, ou des deux institutions à la fois. Le droit humain ne pouvait pas donner à ce contrat de mariage une plus grande force qu’il n’en donnait à d’autres contrats civils autorisés et légiférés. Le mariage était réduit aux conditions de tout contrat, ou à un simple accord où chacune des parties pouvait ajouter ou supprimer les conditions qu’elle souhaitait et, par conséquent, c’était l’annulation complète de la loi matrimoniale, l’abolition du mariage. Sardá a forcé le raisonnement en insistant sur cet aspect de la liberté du couple, car il est allé jusqu’à affirmer que même si la loi exigeait qu’aucun homme ne puisse épouser une seule femme, une telle union devait être éternelle et qu’une série de devoirs devait être remplie de conditions liées à la parenté, non pas en vertu d’un principe supérieur ou d’un ordre divin, mais parce que cela avait semblé tel au législateur, qu’il soit « monarchique ou démocratique », c’est-à-dire par simple jugement humain , n’importe quel citoyen pouvait remettre en question ce que la loi avait dicté. Si Dieu a été exclu du contrat de mariage parce qu’il était inutile, notre protagoniste s’est demandé pourquoi il fallait y insérer le bâton du maire ou du juge.

Contrairement au mariage civil, œuvre de la franc-maçonnerie, il existait le principe selon lequel l’institution du mariage était divine.

Le problème était que la loi humaine, en se privant de son fondement dans la loi de Dieu, pourrait changer à l’avenir. Le vote d’un parlement pourrait un jour dire ce qu’est un mariage, mais demain il pourrait réglementer le mariage selon d’autres principes. Ainsi, la formalité sacrée du lien conjugal, comme base de la famille, dépendrait toujours des majorités parlementaires qui décideraient à chaque moment de ce qu’elles jugeraient opportun.

Face à ce mariage civil, l’œuvre de la Franc-maçonnerie, nous l’avons dit, était le principe selon lequel l’institution du mariage était divine. C’était un sacrement.

En conclusion, on ne peut résister à un constat. Les arguments actuels de l’Église et des secteurs les plus conservateurs et néo-intégrateurs de notre époque contre le mariage des personnes de même sexe sont-ils très éloignés de ceux que Sardá présentait il y a près de cent cinquante ans sur le mariage civil ?

« Le complexe de Gaïa », le nouveau livre de Frédéric Vincent

Cet ouvrage propose une approche éco-psychanalytique révolutionnaire.

Ce qu’en dit son éditeur :

Dans un monde immergé dans la frénésie numérique et la déconnexion du lien entre l’homme et la nature, un nouvel ouvrage intitulé Le complexe de Gaïa publié aux éditions Dandelion prend les devants pour explorer les racines psychologiques et historiques de cette séparation et proposer une voie vers la réconciliation.

Frédéric Vincent, psychanalyste et sociologue, dévoile une vision percutante de la psyché humaine dans le contexte de l’anthropocène. L’auteur déclare : « Nous sommes immergés dans une ère où la nature est reléguée au second plan, où notre connexion profonde avec Gaïa est perdue au profit d’une civilisation érigée sur des bases anti-gaïennes. Il est temps de réveiller cette conscience endormie et de rétablir notre harmonie avec l’environnement naturel qui nous entoure.« 

Cet ouvrage novateur se démarque en proposant une réflexion inédite sur l’éco-psychanalyse, basée sur un triptyque révélateur : Gaïa, Sapiens et Polis. En remettant en question les fondements mêmes de la psychanalyse traditionnelle, l’auteur offre une approche révolutionnaire, ancrée dans la compréhension du lien intrinsèque entre l’homme et son environnement.

À travers les 206 pages de ce livre, l’auteur explore l’émergence de la crise climatique, la perte de la connexion avec Gaïa depuis la révolution néolithique jusqu’à nos jours, et la manière dont cette séparation a affecté la psyché humaine. Il présente également une analyse étiologique novatrice, suggérant que l’anthropocène est devenu un catalyseur majeur des troubles psychologiques contemporains.

« Le complexe de Gaïa » incite les lecteurs à se reconnecter avec leur passé, à redécouvrir les gestes archaïques inscrits dans leur quotidien et à reconnaître les traces persistantes de l’animisme dans notre culture moderne. L’ouvrage propose un regard révélateur sur la nécessité de rétablir cette relation perdue avec la nature pour guérir la névrose civilisationnelle. C’est une invitation à découvrir un ouvrage visionnaire qui propose une réflexion profonde sur la psyché humaine et son rapport avec la nature. « 

Le complexe de Gaïa est en librairie depuis le 24 novembre dernier.

À propos de Frédéric Vincent : Pionnier de l’éco-psychanalyse

Frédéric Vincent, psychanalyste basé à Vitré (Ille-et-Vilaine), incarne une voix influente dans le domaine de la psychanalyse contemporaine. En sa qualité de président de l’Association des Psychanalystes Européens, il s’engage activement dans une réforme dynamique et innovante de la science de l’inconscient.

Docteur en sociologie et chercheur en sciences sociales, il a été l’élève de Michel Maffesoli, figure éminente de la sociologie contemporaine. Fort de cette expérience, il occupe actuellement le poste de directeur à l’Eco Psy Lab. Sa carrière d’auteur est ponctuée de plusieurs prix littéraires. Ses ouvrages, dont Les symboles maçonniques (Dervy), Le sentiment initiatique de la vie (PGDR), et Geek Theory (ECE-D), explorent des thématiques variées telles que les mythes contemporains (Star Wars, Harry Potter), l’héroïsme ordinaire, la culture geek et les sociétés secrètes. En 2022, il a créé le Prix Antiphon qui récompense les auteurs qui contribuent au rayonnement de la psychanalyse. Il est régulièrement invité dans les médias (Europe 1, RTL, France Culture, Public Sénat, LCP) et anime également des chroniques radiophoniques.

[NDLR : Nous souhaitons revenir sur plusieurs notions que nos lecteurs ne connaissent pas tous forcément. À commencer par Gaïa, une figure puissante et omniprésente, qui, dans les récits mythologiques, est l’une des premières à l’émission au début du monde, émergeant souvent du chaos primordial. Elle est la mère de beaucoup d’éléments de l’univers, y compris les montagnes, les mers et les cieux étoilés. Gaïa est particulièrement connue pour être la mère des Titans, une race de divinités. Elle a uni avec Ouranos (le Ciel) pour donner naissance à plusieurs Titans, y compris Cronos, Rhéa, Océan, Thémis, et d’autres. Elle symbolise la fertilité, l’abondance.

Et puis, tentons d’apporter notre pierre à l’édifice en essayant d’expliquer deux notions. Tout d’abord celle du complexe de Gaïa puis ce que peut être une éco-psychanalyse.

Dans le domaine scientifique, le complexe de Gaïa, souvent associé à l’Hypothèse de Gaia, proposée par James Lovelock et Lynn Margulis dans les années 1970est une hypothèse suggérant que la Terre et ses écosystèmes peuvent s’auto-régulés. Selon cette vision, les organismes vivants interagissent avec leur environnement inorganique de façon à maintenir des conditions visées à la vie sur Terre. Dans une perspective plus écologique ou spirituelle, le complexe de Gaïa peut se référer à une prise de conscience de l’interconnexion et de l’interdépendance de tous les éléments de la Terre. Cela implique une responsabilité envers la planète et encourage des comportements plus respectueux de l’environnement. Dans tous les cas, le complexe de Gaïa incite à réfléchir sur notre relation avec la Terre et notre responsabilité dans la préservation de son équilibre écologique.

Ensuite, de ce que nous pouvons comprendre d’une éco-psychanalyse, c’est qu’elle met en interconnexion notre psyché et notre environnement (crise écologique mondiale, bien-être psychologique, etc.). Elle concoure à une réflexion sur le comportement humain, s’intéressant à la manière dont nos attitudes et comportements envers l’environnement sont influencés par des facteurs psychologiques inconscients. L’éco-psychanalyse semble donc offrir une perspective enrichissante et nécessaire pour comprendre et traiter les problèmes psychologiques à une époque où les questions écologiques sont de plus en plus préoccupantes. Elle élargit le champ de la psychanalyse traditionnelle en intégrant des dimensions écologiques et environnementales dans l’analyse de la psyché humaine. Vaste sujet ! La lecture de l’ouvrage de Frédéric Vincent aidera le lecteur à comprendre tout cela.

Par ailleurs, signalons que Frédéric Vinvcent est l’un des rares auteurs à avoir vu ses écrits récompensés par deux prix littéraires maçonniques :

  • en 2009, par l’Institut Maçonnique de France (IMF), en catégorie « Essai – Symbolisme » pour Le voyage initiatique du corps (Éd. Detrad).
  • en 2014, par la Grande Loge de France, à l’occasion du salon maçonnique, et  son Acacia d’Or (Prix Philosophie Société Histoire-) pour Le réenchantement initiatique du Monde (Éd. Detrad).

Le complexe de Gaïa

Frédéric Vincent Éditions Dandelion, 2023, 206 pages, 14 €

Grade de Maître : la vérité ?

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La légende d’HIRAM est le mythe fondateur de la franc-maçonnerie. Elle symbolise la mort et la renaissance de l’adepte, la transformation en « MAITRE » maçon.

Il n’en a pas toujours été ainsi. A l’origine la maçonnerie ne comportait que deux grades : Apprenti & Compagnon. Une lente élaboration de rituels, en une dizaine d’années, a « injecté » le mythe de la Mort d’Hiram, à la suite de quoi sont apparus les Hauts grades désireux de donner une suite à une fin prématurée du héros. Tout s’est solidifié en Angleterre mais selon un schéma Ecossais. Cet ouvrage fait le point sur l’actualité des recherches historiques et annonce la parution prochaine d’une révélation sur l’histoire des hauts grades chevaleresques et philosophiques qui se sont répandus en France.

L’AUTEUR

Roger Dachez est médecin et universitaire. Président de l’Institut maçonnique des France, il a, depuis plus de trente ans,  écrit de nombreux articles et ouvrages sur l’historique et les sources traditionnelles de la franc-maçonnerie. Il est notamment l’auteur de l’histoire illustrée du Rite Ecossais.

Le calendrier maçonnique

De notre confrère freemasonscommunity.life – Par William Régal

Au sein de la franc-maçonnerie, il existe plusieurs calendriers maçonniques utilisés par les corps annexes et les artisans maçons pour célébrer certains des événements historiques les plus importants relatifs à la franc-maçonnerie dans le monde entier.

Les dates indiquées sur le calendrier maçonnique sont les plus importantes pour les maçons et ceux qui s’en occupent. Ils sont largement décrits dans des documents maçonniques importants et sont également discutés et tenus en haute estime dans les loges maçonniques du monde entier.

Il est important de noter que les calendriers maçonniques ne commencent pas au début des temps ni même au début de la civilisation humaine. Comme pour tout ce qui concerne la franc-maçonnerie moderne, le calendrier maçonnique est un artefact symbolique essentiel. Les dates articulées dans le calendrier sont des dates historiquement significatives qui représentent un nouveau départ ou une renaissance.

L’importance de la lumière dans le calendrier maçonnique

De nombreux calendriers maçonniques mettent l’accent sur la création de lumière au sein de l’univers, car la lumière fait partie intégrante du symbolisme maçonnique . Pour les francs-maçons, la création de lumière au sein de l’univers doit être comprise de la même manière que la création de lumière intellectuelle et spirituelle au sein de la franc-maçonnerie.

Pour un maçon, l’avènement de la lumière à la fois intellectuelle et spirituelle est fondamental pour son appartenance à la fraternité. Rejoindre la franc-maçonnerie, c’est essentiellement « voir la lumière » pour les frères, car leur vie avant la franc-maçonnerie était plongée dans l’obscurité.

Grâce aux pratiques maçonniques et aux réunions régulières avec leurs frères, les maçons voient la lumière et sont plus performants dans tous les domaines de leur vie. C’est pourquoi une telle importance est accordée à la lumière dans le calendrier maçonnique.

Dans son ensemble, la franc-maçonnerie est une institution qui permet à une personne non éclairée de devenir éclairée. Bien que cela soit contesté en dehors de la franc-maçonnerie, il s’agit d’un élément essentiel des valeurs et des messages de la fraternité.

La formulation des calendriers maçonniques

En règle générale, les calendriers maçonniques commencent par le mot « Anno », qui est un mot latin signifiant « dans l’année ». Il est intéressant de noter que anno est également le mot latin dont est dérivé le mot anglais courant «annuel».

D’un point de vue lexical, l’utilisation d’anno n’est pas surprenante et n’est qu’une note de l’évolution de la langue du latin à l’anglais moderne.

CE est également utilisé sur les calendriers maçonniques, ce qui signifie « ère commune » ou souvent « ère chrétienne » comme le savent les chrétiens. BCE fait référence à « Avant l’ère commune » ou « Avant l’ère chrétienne ».

Il est important de noter le libellé du calendrier maçonnique, afin que vous puissiez comprendre ce que l’on entend par dates spécifiques qui ont été articulées au sein de la franc-maçonnerie.

Chronologie des calendriers maçonniques par ordre chronologique

Maçons artisanaux – BCE 4000

Rite écossais – 3760 avant notre ère

Maîtres royaux et sélects – BCE 1000

Arche royale – 530 avant notre ère

Chevaliers Templiers – CE 1118

Aujourd’hui – CE 2010

Maçons artisanaux anciens

Anno Lucis (en abrégé AL) se traduit par l’Année de la Lumière. Comme nous l’avons déjà identifié, cela est particulièrement important au sein de la franc-maçonnerie. Pour les maçons, l’année de la lumière signifie la date à laquelle le monde a été créé.

Si nous regardons les Écritures, l’histoire de la création du monde peut être trouvée dans la Torah, mais aussi dans la Bible King James dans le livre de la Genèse, des versets 1 à 4 :

Genèse 1 : 1 Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. 

Genèse 1:2 Et la terre était informe et vide ; et les ténèbres étaient sur la face de l’abîme. Et l’Esprit de Dieu se déplaçait à la surface des eaux.

Genèse 1:3 Et Dieu dit : Que la lumière soit, et la lumière fut.

Genèse 1:4 Et Dieu vit que la lumière était bonne ; et Dieu sépara la lumière d’avec les ténèbres.

L’histoire de la Genèse est une explication de la façon dont Dieu a créé la lumière et constitue une histoire essentielle dans le calendrier maçonnique.

En effet, les mots Anno Lucis étaient utilisés par les anciens maçons artisanaux dans les rites français et York. C’était monnaie courante en Écosse, en Angleterre, en France, en Amérique et en Irlande.

Anno Lucis est calculée en ajoutant 4000 ans depuis la création du monde à l’année en cours. Ainsi par exemple :

La création du monde = 4000 avant notre ère + l’année en cours = 2020. Cela nous donnera 6020, ce qui signifie que l’année en question serait AL 6020 dans le calendrier maçonnique.

Le calendrier maçonnique utilisé par les maçons anciens note la création du monde telle qu’elle est enregistrée dans le livre de la Genèse et la situe il y a 6020 ans.

Rite Écossais

Anno Mundi (abrégé en AM) est un mot latin qui signifie « l’année du monde ». L’expression Anno Mundi est en fait tirée du calendrier hébreu et commence également à la genèse du monde, comme indiqué ci-dessus.

Une différence notable entre le calendrier hébreu et le calendrier commun est que l’année hébraïque commence en septembre plutôt qu’en janvier. De plus, une autre chose essentielle à savoir sur le calendrier hébreu est que certains mois ont des durées différentes, ce qui doit être compris lors des calculs.  

Anno Mundi est calculé en ajoutant 3760 à l’année en cours. Par exemple:

3760 s’ajouteraient à l’année en cours 2020, ce qui nous donne 5780 AM

Anno Ordinis

Anno Ordinis (en abrégé AO) signifie « l’année de l’Ordre ». Vous pouvez souvent entendre AO uniquement appelé Anno Order.

AO est calculé en soustrayant 1118 de la date actuelle. Par exemple:

Pour obtenir AO, vous soustrayez 1118 à 2020, ce qui nous donne l’année 902 AO

Pour les francs-maçons, cela signifie que les Templiers existent depuis 902 ans. Dans les enseignements maçonniques, cela remonte à 1118 de notre ère, lorsque neuf chevaliers français, également disciples du roi de Jérusalem, prononcèrent leurs vœux d’obéissance, de chasteté et de pauvreté en sa présence pour protéger les chrétiens.

Les chevaliers étaient chargés de protéger les pèlerins lors de leur voyage vers Jérusalem et étaient réputés pour leur courage et leur dévouement au Christ. Comme les chevaliers résidaient dans un temple proche de celui du roi Salomon , ils étaient appelés templiers, d’où le sens de leur nom.

Année hébraïque

Comme vous pouvez le deviner d’après son nom, Anno Hebraico (en abrégé AH) signifie « l’année hébraïque ». Tishri est le septième mois de notre calendrier et le premier mois du calendrier hébreu. Cela commence avec la nouvelle lune de septembre.

Anne Bonifacio

Anno Bonifacio (en abrégé AB) est l’expression latine signifiant « l’année de la bénédiction ». AB est calculé en ajoutant 1913 années à l’année en cours. Ainsi par exemple :

On ajoute 1913 à 2020, ce qui nous donne 3933 AB

Anno Bonefacio célèbre le moment où Abraham fut béni par Melchisédek, qui était le roi de Salem.

Maçons de l’Arche Royale

Anno Inventionis est l’expression latine signifiant « l’année de la découverte ». Pour calculer l’année de la découverte, vous ajoutez 530 ans à la date actuelle. Ainsi par exemple :

On ajoute 530 à 2020, ce qui nous donne 2550 IA

L’année AI représente la construction du deuxième temple de Jérusalem par Zorobabel, situé à proximité du temple du roi Salomon. À cette époque, Zorobabel était gouverneur de Juda la deuxième année du règne de Darius Hystapis.

Anno Dépositionis

Anno Depositionis (en abrégé AD) est l’expression latine signifiant « l’année du dépôt ». AD est calculé en ajoutant 1000 ans au calendrier actuel. Ainsi par exemple :

On ajoute 1000 à 2020, ce qui nous donne 3020 AD

AD est utilisé pour célébrer l’année où le temple du roi Salomon a été achevé et constitue une année importante dans le calendrier maçonnique.

Conclusion : Le calendrier maçonnique

Bien qu’il existe de nombreuses autres dates importantes répandues et essentielles dans le calendrier maçonnique, cet article ne couvre que certaines des plus importantes. Cela vous donne certainement une idée de l’importance des dates latines dans le calendrier maçonnique. 

Mystères et secrets de Rennes-le-Château

Dans son avant-propos, cet avocat de métier et féru d’histoire qu’est André Salaün, réputé pour ses recherches fondées sur des sources solides et fiables nous relate les circonstances qui, dès 1992, l’ont conduit finalement à écrire ce passionnant ouvrage.

Et de commencer par faire un zoom sur Rennes-le-Château, petit village pittoresque situé sur une colline, offrant une vue panoramique sur la vallée de l’Aude,  connu pour son église Sainte-Marie-Madeleine, qui joua un rôle central dans les mystères et les légendes.

Villa Béthanie.

Puis de s’intéresser à la présence du personnage aux multiples facettes qu’est l’abbé Bérenger Saunière. Il aurait fait, en 1885, de mystérieuses découvertes entourées de secrets, tels des parchemins codés… Devenant par la suite incroyablement riche et entreprenant d’importantes rénovations dans l’église et Villa Béthanie, sa résidence.

L’abbé Bérenger Saunière (1852-1917) est donc au cœur des mystères qui entourent le village. Les théories varient considérablement, allant de la découverte d’un trésor caché à la possession de connaissances ésotériques. Cependant, malgré de nombreuses enquêtes et spéculations, la véritable nature de sa découverte et de sa richesse reste largement inexpliquée et continue de susciter l’intérêt et la curiosité de chercheurs et d’amateurs d’énigmes.

Emma Calvé en 1885.

André Salaün décrypte tout cela pour notre plus grand profit et plaisir, dressant aussi le portait des personnages ayant fréquentés l’abbé comme, entre autres, son évêque, Félix-Arsène Billard, ou le père Émile Hoffet qui le mis en relation avec la célèbre cantatrice Emma Calvé (1858-1942), passionnée d’occultisme et Supérieur Inconnu de l’ordre martiniste, amie de Gérard Encausse, dit Papus et de Joseph Péladan, tout comme la comtesse de Chambord qui lui fit don de 3000 francs-or, soit a minima 15 000 euros d’aujourd’hui !

Pour cela, l’auteur s’inspire beaucoup du livre Le trésor maudit de Rennes-le-Château de Gérard de Sède, celui-là même qui popularisa que les Templiers auraient pu avoir un lien avec Rennes-le-Château et que l’abbé Saunière aurait pu découvrir des secrets ésotériques ou un trésor caché.

Tout comme lui d’ailleurs, André Salaün explore tous les mystères de Rennes-le-Château, en mettant en avant les prétendues découvertes de l’abbé Bérenger Saunière et les énigmes entourant ses rénovations extravagantes de l’église locale.

Pour cela, il nous raconte des histoires de trésors perdus ou cachés. Ceux des Wisigoths, des Templiers et des Cathares. Ils ont capturé notre imaginaire des gens et continuent de susciter des recherches et des aventures. Bien que ces trésors incluent souvent des objets en or, en argent, en bronze et d’autres matériaux précieux pouvant être des bijoux, des pièces de monnaie, des armes, des objets religieux ou funéraires, des manuscrits ou des connaissances ésotériques, demeurent introuvables. Leur mystère et leur légende persistent…

André Salaün, dans son chapitre sur « Le grand secret », reprend cette théorie fondée sur l’interprétation sélective de textes anciens, de manuscrits apocryphes et d’autres sources historiques toutefois contestées suggérant que Jésus et Marie-Madeleine auraient eu une relation plus intime que ce qui est décrit dans les textes religieux traditionnels, et que des preuves de cette relation seraient cachées dans un tombeau secret. Voire que Jésus de Nazareth, considéré par les chrétiens comme le Fils de Dieu et le Sauveur du monde, et Marie-Madeleine, dont l’histoire a été interprétée de différentes manières dans les traditions chrétiennes, reposeraient dans la même sépulture, dans la région de Rennes-le-Château…

Église Sainte-Marie-Madeleine.

Et sans son épilogue, l’auteur récapitule toutes les théories étudiées et émet quelques hypothèses.

Le lecteur ne manquera pas d’être profondément intrigué par l’ouvrage, André Salaün ouvrant de nouvelles perspectives et explorant une voie inédite.

Mystères et secrets de Rennes-le-Château

André Salaün – Le Mercure Dauphinois, 2023, 280 pages, 17,50 €

Disponible chez l’éditeur – ISBN :978-2-35662-296-9

15/12/23 : « Regards croisés compagnonnage et franc-maçonnerie » pour les 50 ans de la GLMU à Limoges

La respectable loge « Tolérance et Liberté », à l’orient de Limoges (Haute-Vienne ; région Nouvelle-Aquitaine), organise, dans le cadre des 50 ans de la Grande Loge Mixte Universelle (GLMU),

une soirée d’échanges sur le thème passionnant de « Regards croisés compagnonnage et franc-maçonnerie, démarche spirituelle et sociétale », le vendredi 15 décembre prochain à 19h30.

Jean-Paul Chapelle – Photo Le Populaire du Centre, détail.

La Cité des Métiers et des Arts*, qui rend un hommage unique aux différents corps de métiers et à ceux qui ont transmis la tradition et l’excellence des Métiers d’Art depuis des générations, vous accueillera.

Le conférencier sera de Jean- Paul Chapelle, Compagnon charpentier du Tour de France.

Une belle occasion d’en savoir plus sur le compagnonnage… En effet, les compagnons entreprennent un Tour de France, où ils voyagent à travers le pays pour travailler avec différents maîtres artisans. Ce périple leur permet d’acquérir des compétences, des techniques, et un savoir-faire diversifié, ainsi que de développer un sens de l’autonomie et de la responsabilité.

Mais le compagnonnage est aussi et surtout un système de transmission des connaissances et des valeurs, insistant sur l’importance de la solidarité, du respect du travail bien fait, et de l’éthique professionnelle. Il contribue à la préservation et à la transmission des techniques traditionnelles, tout en s’adaptant aux évolutions technologiques et aux besoins contemporains.

Reconnu par l’UNESCO comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité, le compagnonnage reste une voie de formation prisée et respectée, contribuant significativement à la préservation et à l’évolution des métiers artisanaux.

Bernard Dekoker-Suarez – Source YouTube ETV.

En présence de Bernard Dekoker-Suarez, Grand Maître de la Grande Loge Mixte Universelle, vous assisterez aussi à une présentation de la Grande Loge Mixte Universelle ainsi que de l’histoire de la franc-maçonnerie en Limousin.

Cette soirée d’échanges se clôturera avec un moment de convivialité.

*Dans les Jardins de l’Évêché, au cœur du quartier historique de la Cité et sur le site de l’ancienne abbaye de la Règle, la Cité des Métiers et des Arts, qui abrite le centre d’exposition permanent de prodigieux chefs-d’œuvre des Compagnons du Tour de France et Meilleurs Ouvriers de France, vous invite à découvrir l’histoire du Compagnonnage et la richesse de ses coutumes.

Infos pratiques :

Cité des Métiers – Musée des Compagnons – 5, rue de la Règle – 87000 LIMOGES

Merci de vous inscrire avant le 14 décembre 2023 au 06 30 07 68 82 (laisser votre message) ou par courriel : tolerance.liberte87@gmail.com

15/12/23 : DETRAD accueille Philippe Foussier et Jean-Luc Le Bras en dédicace

Vendredi 15 décembre, à partir de 16h, la librairie DETRAD vous invite à venir passer un moment fraternel et convivial en compagnie de deux belles personnes :

Philippe Foussier. | VERNIER/JBV NEWS

Philippe Foussier, journaliste indépendant et ancien grand maître du Grand Orient et Jean-Luc Le Bras, agrégé hors-cadre de géographie (1971), ancien conseiller culturel au Gabon (1984-1989), en Côte d’Ivoire (1989-1993), chef de mission de Coopération en Guinée Équatoriale (1998-2001), en Centrafrique (2001-2005) puis au Sénégal (2007-2012).

[NDLR : Combats maçonniques est un livre de Philippe Foussier, ancien Grand Maître du Grand Orient de France, publié par Conform Edition en 2018. Véritable succès de libraire, il en est à sa troisième édition , préfacé par la philosophe Catherine Kintzler, spécialiste de l’esthétique et de la laïcité et professeur émérite à l’université Lille III.

L’ouvrage propose une série de réflexions intéressant non seulement les francs-maçons, mais aussi les laïques, les républicains et toute personne s’interrogeant sur la pertinence et l’actualité de l’humanisme. Il explore des thèmes allant du moral au politique, de l’individuel au sociétal, en mettant l’accent sur l’amélioration de soi et le confort de la pensée. L’œuvre de Foussier dépasse le contexte spécifique de la franc-maçonnerie pour s’étendre à des dimensions civiques et civiles plus larges, abordant les défis posés par l’extrême droite et le fanatisme religieux, ainsi que par les idéologies racialistes, sexistes et communautaristes. Le livre plaide en faveur d’une lutte maçonnique alignée sur les idéaux des Lumières, soulignant l’importance de la rigueur intellectuelle et de la justice sociale​.

Quant au Paris G.O.-Petite histoire des adresses du Grand Orient de France de Jean-Luc Le Bras membre de l’Institut d’Études et de Recherches Maçonniques (IDERM) et de l’Aréopage de recherche « Sources » du Suprême Conseil du Grand Orient de France. Il est aussi l’auteur de nombreuses bibliographies notamment sur Félix Eboué en Oubangui-Chari, Blaise Diagne à Madagascar, le général Augustin Gérard, Louis Goaziou, Antoine Muzarelli, Germain Hacquet ou encore Auguste de Grasse-Tilly et de l’ouvrage paru chez Dervyen 2019 L’Étoile occidentale – Une loge européenne à Dakar (1899-1960).

Jean-Luc Le Bras.

Dans son Paris G.O., il nous conduit à travers les adresses successives et emblématiques du Grand Orient De France. Notons que la rue Cadet est devenue, dans l’esprit du grand public, synonyme de Grand Orient de France. Un lieu où l’obédience s’y installe en 1852, soit il y a 171 ans. Mais le GODF a beaucoup pérégriné avant cela. Un aspect des choses souvent mal connu et que l’auteur nous dévoile avec talent.]

Un ouvrage dédicacé, un cadeau idéal pour les fêtes ! Avec DETRAD, vous pouvez aussi bénéficier du service « Dédicace en ligne ».

Infos pratiques :

Vendredi 15 décembre 2023, à partir de 16 heures

DETRAD – Fabricant Décors Bijoux Accessoires maçonniques Éditeur et Libraire

18, rue Cadet, Paris IX – Téléphone : 01 47 70 38 32

Librairie DETRAD
Librairie DETRAD