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Lieu symbolique : Le mont Kilimandjaro, en Tanzanie (Afrique)

Souvent appelé simplement le Kilimandjaro, c’est une montagne emblématique située en Tanzanie, en Afrique. Elle est connue pour être la plus haute montagne du continent africain et l’une des plus célèbres du monde.

Nous vous invitons, sous l’angle de sa nature sacrée et culturelle, à en savoir plus, si tel est votre désir…

Pour les communautés locales, les Chagga et les Maasaï qui vivent de la montagne, le Kilimandjaro une grande importance spirituelle et culturelle. Il est souvent enveloppé de légendes et de croyances, certaines le considérant comme une demeure des dieux ou un lieu de puissance grande spirituelle.

Hutte Chagga.

Le Kilimandjaro est entouré de diverses communautés ethniques, parmi lesquelles les Chagga et les Maasaï (ou Maasai) sont particulièrement notables. Chacune de ces communautés possède une culture riche et distincte, façonnée en partie par leur relation avec cette montagne emblématique.

Les Chagga habitent principalement les pentes fertiles du mont Kilimandjaro. Leur proximité avec la montagne a grandement influencé leur mode de vie et leur culture. Connus pour être de habiles agriculteurs, les Chagga tirent profit des sols riches et de l’irrigation naturelle offerte par la montagne pour cultiver des cultures variées, notamment le café, qui est une source de revenu majeure pour eux. La société Chagga est traditionnellement organisée en petits royaumes ou chefferies. Bien que cette structure ait évolué, les liens communautaires et familiaux restent forts. Les Chagga ont une riche tradition orale, des pratiques religieuses distinctes et un héritage culturel qui comprend des danses, de la musique, et des récits transmis de génération en génération.

Massaï.

Quant aux Maasaï, ces derniers sont traditionnellement nomades et se déplacent entre le Kenya et la Tanzanie, y compris dans les zones autour du Kilimandjaro, bien que leur présence y soit moins importante que celle des Chagga. Connus pour leur mode de vie pastoral, l’élevage de bétail (vaches, chèvres, moutons) joue un rôle central dans leur culture, leur économie et leur système social.

Leur culture est riche et distinctive, avec des vêtements colorés, des bijoux, des danses, des chants et des rites de passage. Leur société est organisée autour de clans et de groupes d’âge. Mais face aux changements modernes, ils doivent s’adapter tout en s’efforçant de préserver leur langue, leur culture et leur mode de vie traditionnels.

Danse rituelle Massaï.

Aujourd’hui, quelles interaction avec le Kilimandjaro ?

Le mont attire des touristes du monde entier, et cela a un impact économique sur les communautés Chagga et Maasaï, ainsi que d’autres groupes locaux, dépendant de la montagne, par le biais du tourisme et de l’escalade. De plus, les changements climatiques et environnementaux affectent la montagne, ce qui entraîne des répercussions sur les modes de vie des Chagga et des Maasaï, ainsi que sur leurs pratiques agricoles et pastorales.

Le Kilimandjaro a une grande importance spirituelle pour les peuples indigènes. La préservation de cette dimension culturelle est cruciale pour maintenir l’identité et les traditions de ces communautés.

Vue partielle du glacier.

Les mythes et légendes

 Divers mythes et légendes entourent, encore et toujours, le Kilimandjaro. Par exemple, certains récits traditionnels parlent de ce lieu comme d’un point d’accès au monde des esprits ou comme un lieu sacré où les dieux communiquent avec les humains. Et bien que moins courantes aujourd’hui, certaines pratiques rituelles et cérémonies étaient traditionnellement associées à la montagne, impliquant souvent des offrandes ou des pèlerinages.

Sommet du Kilimandjaro.

La préservation du Kilimandjaro, montagne sacrée, est non seulement importante pour les communautés locales, mais aussi pour le patrimoine mondial. Sachons le persévérer !

Ossements de Lucie, reconstitution.

L’Afrique, berceau de l’humanité

C’est, une expression faisant référence à la théorie largement acceptée selon laquelle les premiers êtres humains sont apparus en Afrique. En effet, les plus anciens fossiles d’hominiens, qui sont les ancêtres directs des humains modernes, ont été découverts en Afrique. Des sites en Éthiopie, au Kenya, en Tanzanie et en Afrique du Sud ont révélé des fossiles datant de plusieurs millions d’années.

Toumaï

Parmi les découvertes les plus célèbres, il y a « Lucy » (Australopithecus afarensis), trouvée en Éthiopie, qui date d’environ 3,2 millions d’années, et le moins connu « Toumaï » (Sahelanthropus tchadensis), trouvé au Tchad, qui date de plus de 7 millions d’années.

Source NASA – vue aérienne.
Kilimandjaro, en 3D.

Un front uni vers elle : la liberté

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(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent le 1er et le 15 de chaque mois.)

Dans nos sociétés, au sein de toutes les collectivités, des plus restreintes aux plus étendues, comme à l’étranger, un peu partout dans le monde, gronde sur les plans les plus divers et dans une confusion assourdissante une mise en cause de l’égalité des droits entre les êtres humains, tantôt en raison de l’appartenance ou de l’orientation sexuelles, tantôt en réaction à la couleur de peau, tantôt par exclusion culturelle ou revendication identitaire. Je ne parle même pas des formes d’ostracisation politique qui sont à la mode dans bien des secteurs de l’opinion.

Le phénomène s’accompagne d’une exaspération du respect de soi qui se braque instantanément jusqu’à vouloir interdire les expressions susceptibles de choquer voire de froisser simplement une sensibilité particulière, alors même que, par familles, les réseaux sociaux regorgent paradoxalement d’insultes et d’anathèmes également proférés dans des camps opposés. La notion de dialogue ne fait plus recette dans une diversité composée de citadelles qui s’ignorent, formant dans de perpétuelles convulsions – quand ce ne sont des conflits ouverts – un gigantesque kaléidoscope où chacun ne veut plus voir grossir que sa fractale monochrome. Et, dans tout cela, les mensonges pullulent. Les mensonges ? Il faut avoir le courage de les repérer et de les dénoncer comme tels…  

Car que dire de cette rhétorique chantournée qui, après avoir longtemps préféré, par un doux euphémisme, le vocable de « contre-vérité », en est venue, entraînée par le brouillage des cartes, à évoquer, en lieu et place, des « faits alternatifs », dans l’immense forgerie des impostures dont se régalent et se réclament sans vergogne des partisans de tous poils ? La stupidité confine à la stupeur. La dispute a des règles. La recherche permanente du  « clash » et du clivage en sont des perversions encouragées par l’audience et la fréquentation.  C’est non seulement le règne de l’avilissement mais aussi la porte ouverte aux peurs et aux violences. Il faut revenir à la raison critique et à la discussion argumentée.

Ce sont précisément ces risques majeurs que les principes de la laïcité s’efforcent de désamorcer avec intelligence. Ceux-ci ne demandent pas seulement une sorte de discrétion dans l’espace public pour protéger le droit de chacun, mais une adhésion active de tous à un idéal républicain visant à développer le socle des échanges, que ce soit dans le travail ou dans le loisir, toujours en recherchant à produire un plus large bien commun que chacun s’attacherait à défendre avec le même zèle et la même conscience. La laïcité n’est en rien synonyme de repli sur soi, ce n’est pas une vertu passive se limitant à une indifférence polie mais bel et bien une exaltation au « vivre ensemble », dans le respect des traditions multiples, fruits de l’Histoire, tempérées toutefois par des lois d’apaisement et de régulation au bénéfice de tous.

Jamais, me semble-t-il, la laïcité n’a eu davantage à faire qu’aujourd’hui et elle devrait apparaître comme un point de ralliement à tout démocrate sincère. Or elle flanche. On la juge obsolète. On la néglige. Bientôt, elle ne sera plus l’apanage que de vieux Apaches emplumés baignant dans des fumigations nostalgiques. On ferait, pourtant, bien de s’aviser de sa modernité pour rappeler à l’ordre républicain, seul à même de garantir la paix civile et mieux encore la joie d’une citoyenneté vivante. C’est, entre autres – et ne fût-ce qu’en cela –, une condition essentielle pour que des professeurs puissent enseigner sans menace et que des élèves retrouvent le sens de leurs apprentissages. De proche en proche, le délitement conduit à l’effondrement, la friction à l’explosion. Dans cette ère de communication virtuelle aux fulgurantes contiguïtés, prenons garde à ne pas nous transformer en incendiaires au sein de nos voisinages poreux ! N’hésitons pas à nous lever « comme un seul homme » en sapeurs-pompiers bénévoles de la laïcité !

Les valeurs que nous défendons, quelles que soient les erreurs commises en leur temps par ceux qui les formulèrent, doivent être prises à la racine, considérées avec honnêteté dans une plénitude renouvelée et promues sans relâche dans tous les espaces que l’État a vocation à occuper. Il est urgent que nous combattions pour elles, sauf à nous laisser envahir par ceux qui méprisent les droits de l’Homme, pour assouvir à bon compte leurs appétits de domination. Il nous faut rétablir une vigilante tranquillité propice à l’exercice des choix de chacun. Offrir, dans un souci de paix, de respect et de vérité, un front uni vers elle : la liberté.

Les francs-maçons en Argentine : 14 présidents, secrets ancestraux et confrontations avec l’Église et les dictatures

De notre confrère infobae.com – Par Adrien Pignatelli

Protagonistes et témoins de divers événements de notre histoire. Pendant des décennies, ils ont été enveloppés d’un profond halo de mystère. Pablo Lázaro, président de la Grande Loge d’Argentine des Maçons Libres et Acceptés, a expliqué à Infobae qui ils sont, ce qu’ils font et ce qu’ils pensent.

Il y avait deux énormes armées qui allaient s’affronter dans la zone du ruisseau Pavón, à environ quarante kilomètres au sud de la ville de Rosario. Celle de Justo José de Urquiza , chef de la Confédération argentine et celle de Bartolomé Mitre , chef de l’État de Buenos Aires. Le pays, depuis qu’une Constitution avait finalement été adoptée, était divisé en deux.

C’était le 17 septembre 1861, lorsque les deux forces s’engageèrent dans un dur combat, et deux heures plus tard, dans une décision qu’Urquiza emporta dans sa tombe, il quitta le champ de bataille et laissa Mitre vainqueur, qui ne savait pas non plus s’il gagnait. … ou perdre le combat.

Devant le siège de Perón 1242. Pour les francs-maçons, c'est le "Palacio Cangallo"Devant le siège de Perón 1242. Pour les francs-maçons, c’est le « Palacio Cangallo »

Parmi les spéculations sur ce qui aurait pu arriver, il y avait que José Roque Pérez, le premier Grand Maître de la Grande Loge, les avait réunis des semaines auparavant pour épuiser toutes les voies de dialogue avant de prendre les armes. Les francs-maçons appellent cet épisode la « Réunion syndicale nationale » . Pour eux, Urquiza a pris sa retraite pour cette raison.

Il y a une coïncidence en soulignant l’origine des loges à Londres au début du XVIIIe siècle avec la formation de la Grande Loge d’Angleterre. Bien qu’il existe une douzaine de loges qui fonctionnaient à l’époque coloniale, le 11 décembre 1857, la Grande Loge d’Argentine est créée . Son premier siège se trouvait là où se trouve aujourd’hui la Banco Nación, en face de la Plaza de Mayo, où opérait le premier Teatro Colón. A cette époque, il y avait sept loges dans le pays.

Le baldaquin de ce qu'on appelle le « grand temple »Le baldaquin de ce qu’on appelle le « grand temple »

Le premier Grand Maître fut José Roque Pérez , celui qui fut immortalisé dans la peinture à l’huile de Juan Manuel Blanes dans laquelle il entre avec Manuel Argerich dans une maison où repose une femme morte et où une créature cherche ses seins. Roque Pérez avait été laissé à la tête d’une Commission populaire de santé publique, réunie à la hâte alors que la fièvre jaune faisait rage au début de 1871 et que de nombreux fonctionnaires et législateurs nationaux avaient quitté la ville.

Tant une étape de la construction du Colón que celle du siège de ce qu’ils appellent le « Palacio Cangallo » ont été conçues par les architectes franc-maçons Francesco Tamburini et Jacques Henry Pellegrini , le père de Carlos.

L'ingénieur Pablo Lázaro est le Grand Maître en ArgentineL’ingénieur Pablo Lázaro est le Grand Maître en Argentine

Le siège actuel -Perón 1242- a ouvert ses portes en 1872 et a été spécialement conçu pour être un temple maçonnique . Les architectes ont veillé à ce que l’acoustique de leurs pièces n’ait rien à envier à celle du Colón.

Le siège prétend être une réplique du temple du roi Salomon , construit vers 960 avant JC.

L'autel des serments, où se déroulent les actes les plus solennels de la logeL’autel des serments, où se déroulent les actes les plus solennels de la loge

Infobae a été reçu par Pablo Lázaro , président de la Grande Loge d’Argentine des Maçons Libres et Acceptés . Il a 45 ans, il est ingénieur informaticien spécialisé en cybersécurité. Depuis la même chaise où siégeaient des francs-maçons comme Sarmiento et Mitre, il a déclaré qu’il avait assumé la présidence il y a trois ans et que son mandat se terminerait en 2027. Il détient le record d’être le plus jeune Grand Maître de l’histoire, ce qui s’inscrit dans une nouvelle ligne. courant, qui s’engage non seulement envers les plus jeunes mais aussi dans une politique de porte ouverte pour enlever à la franc-maçonnerie cette sombre patine de mystère qui l’a enveloppée pendant des décennies . Dans la franc-maçonnerie, les symboles prédominent : ils adoptent même des noms, vestiges de l’époque où ils étaient persécutés ; Celui de Lázaro est Mariano Moreno.

Il a opté pour une métaphore du football pour comprendre ce qu’est la Grande Loge d’Argentine : « Si chaque loge était un club, c’est l’AFA ; Notre FIFA s’appelle Régularité.

«Beaucoup de nos légendes et allégories – la franc-maçonnerie l’enseigne à travers des symboles – ont à voir avec la construction du temple du roi Salomon. Mason signifie maçon . Toute la légende symbolique – maillet, ciseau, équerre, boussole – est basée sur la philosophie de la construction de ce temple », a-t-il expliqué. « Le roi Salomon, les architectes et les personnages bibliques qui y apparaissent ont une représentation pour nous. »

Les types de tabliers utilisés, selon la hiérarchieLes types de tabliers utilisés, selon la hiérarchie

Lázaro disait que « tous les diplômes transmettent des enseignements mais on les interprète ; Ce qui est fantastique dans les symboles, c’est la libre pensée . La franc-maçonnerie enseigne à travers des symboles qui, à leur tour, au-delà de la libre interprétation individuelle, sont aussi un point de rencontre. Les divisions qui ont éloigné l’humanité pendant des millénaires, comme la compréhension de ce que Dieu est meilleur qu’un autre, ne se produisent pas dans la franc-maçonnerie : on y parle du Grand Architecte de l’Univers : pour le croyant ce sera Dieu, pour l’agnostique ce sera le progrès , pour le panthéiste la terre : c’est l’interprétation individuelle. Et dans ce scénario, les symboles nous rapprochent.

Le carré – l’équilibre entre la matière et l’esprit – et la boussole, qui représente l’esprit, sont les symboles les plus connus du commun des mortels, mais il en existe bien d’autres comme les trois points, qui représentent à la fois l’égalité , la liberté et la fraternité , ou science, justice et travail. Ou encore le tablier, ce genre de tablier qui couvre le ventre, de l’époque où les maçons sculptaient les pierres et prenaient soin de leur corps des impacts des coups de marteau. Et la liste continue.

L'un des neuf temples du siègeL’un des neuf temples du siège

Salomon vécut entre 1015 et 931 avant JC, il fut le troisième et dernier monarque du royaume-uni d’Israël. Deuxième fils du roi David, il devint seigneur et seigneur d’un vaste territoire qui s’étendait entre l’Euphrate et le Tigre. Contrairement à la façon dont les conflits étaient résolus à l’époque, il ne se caractérisait pas par son caractère de monarque belliqueux, mais par son poignet politique et diplomatique.

« Les enseignements du roi Salomon sont tirés du moment où la franc-maçonnerie cesse d’être opératoire et devient spéculative ; L’opération fait allusion aux bâtisseurs de cathédrales, qui sculptaient pierre sur pierre et gardaient jalousement le secret de la construction, chéri par les premières corporations de bâtisseurs, organisées en apprentis, compagnons du second degré et enfin maîtres.

Il n'y a pas si longtemps, la franc-maçonnerie a commencé à accepter les femmesIl n’y a pas si longtemps, la franc-maçonnerie a commencé à accepter les femmes

Le Grand Maître a déclaré que « lorsque la construction devient populaire et que ses méthodes deviennent plus accessibles, la franc-maçonnerie commence à accepter les philosophes, les hommes politiques, les médecins, toutes les branches du savoir. À ce stade, ils deviennent spéculatifs. Ils transforment tout cela en allégories symboliques et les différents sujets sont ouverts au débat général. »

Ainsi, à partir de ce moment, les grandes Loges furent connues sous le nom de Loges Libres, qui sont les bâtisseurs, et de Loges Acceptées, qui sont le reste des Maçons.

La franc-maçonnerie est regroupée en loges et une loge est une unité minimum de travail. Chaque loge a des objectifs, certains plus politiques et il y a ceux dédiés à la philanthropie ou éclectiques, qui parlent de sujets différents. La fédération qui existe sur un territoire est ce qui constitue une grande loge.

Il y a un espace dédié à Salvador Allende, un franc-maçon renversé par un autre, Augusto Pinochet.Il y a un espace dédié à Salvador Allende, un franc-maçon renversé par un autre, Augusto Pinochet.

Il n’y a pas de pape mondial et il n’y a aucun organisme qui les réglemente . Une partie de la légitimité réside dans la reconnaissance d’autres grandes loges, comme la Confédération maçonnique interaméricaine, qui sont les grandes loges d’Amérique, et la Conférence mondiale des grandes loges. « Ce sont des points de rencontre non contraignants, mais plutôt des forums de débat », a précisé Lázaro.

Aujourd’hui, en Argentine, il existe 470 loges, avec plus de 10 000 maçons . Le nom est choisi par les membres qui l’ont fondé et le numéro qui y est attaché est le numéro d’enregistrement. Le nom peut faire référence à un idéal, comme la Tolérance, ou à un hommage à un personnage historique, comme c’est le cas d’Alem.

Pour les francs-maçons, les années 1930 constituent une décennie charnière . Suite aux coups d’État et au totalitarisme, la franc-maçonnerie a perdu des centaines de propriétés et de nombreux francs-maçons ont fermé leurs loges. « La franc-maçonnerie s’épanouit dans la démocratie , c’est une institution qui se nourrit de la diversité, et non d’une idéologie politique spécifique : c’est une fédération de libres penseurs. C’est celui qui remet en question ses convictions les plus intimes et cela se heurte toujours au totalitarisme », a souligné Lázaro.

La relation avec l’Église catholique

Une question très difficile concerne ses relations avec l’Église catholique. « La franc-maçonnerie est adogmatique et propose la laïcité, la séparation de l’Église de l’État , dans le respect le plus absolu de toutes les religions. Il y a eu des papes maçonniques, comme Jean XXIII », a-t-il prévenu.

Il a rapporté à Infobae que « la franc-maçonnerie a été expressément excommuniée par le code canonique jusqu’au Concile Vatican II, où le mot franc-maçonnerie a été remplacé par un mot générique, dans lequel les institutions qui complotent contre l’Église ont été laissées de côté, comme indiqué. La Congrégation pour la Doctrine de la Foi a confirmé qu’être maçon est incompatible avec être catholique, pour différentes raisons, comme par exemple une bulle du XVIIIe siècle. Mais à la lecture de la bulle, il est évident que ce que l’Église soulève, ce sont des questions politiques. »

Ce sont tous des symboles.  Une grande fresque murale est conservée dans le grand temple, où tout a un sensCe sont tous des symboles. Une grande fresque murale est conservée dans le grand temple, où tout a un sens

Nous défendons le droit de croire et de ne pas croire et, selon l’Église, nous pratiquons un « relativisme moral », ce qui n’est pas vrai. Nous avons juré de respecter les lois de la nation dans laquelle nous vivons. La limite est la même loi. La garantie d’un Maçon est qu’il respectera strictement les lois de la nation , à commencer par la Constitution Nationale. Il existe même des mécanismes internes pour suspendre ou expulser les membres qui enfreignent la loi.

C’est sous la présidence du franc-maçon Julio A. Roca que furent appliquées des mesures visant à la séparation de l’Église de l’État : la loi 1420, celle du mariage civil et celle de l’état civil, parmi les principales. Les francs-maçons affirment qu’ils s’opposent à l’Église sur des questions politiques et non dogmatiques.

Ils disposent d’un Observatoire de la citoyenneté dans lequel ils débattent de questions qui sont sur la table du débat national, comme par exemple la dépénalisation de l’avortement ou de l’euthanasie.

Lázaro dit qu’ils cherchent à générer des citoyens qui, à travers le débat et la discussion, génèrent des propositions proactives à mettre en œuvre dans la société. Il a donné l’exemple de la Loge des Libres Penseurs de La Boca, où l’Italien Antonio Liberti a fondé le club River Plate et où un autre franc-maçon, Leopoldo Bard , en a été le premier président.

Pourquoi ce mystère ?

Il y avait toujours une aura de mystère autour de la franc-maçonnerie, une image qui s’est développée après que les francs-maçons ne se soient pas défendus. Lázaro attribue l’origine de cette image sombre à l’époque du franquisme , qui persécutait à la fois les communistes et les francs-maçons. Les exilés républicains qui vivaient dans notre pays se sont unis dans la loge de Prométhée et sont ceux qui ont insisté pendant de nombreuses générations pour ne pas se dire maçons. Il y avait alors des gens qui croyaient que la force des loges résidait dans le secret lui-même.

L'équerre et le compas, symboles caractéristiques de la franc-maçonnerie, qui à travers différentes loges, a participé activement aux mouvements d'émancipation en Amérique.L’équerre et le compas, symboles caractéristiques de la franc-maçonnerie, qui à travers différentes loges, a participé activement aux mouvements d’émancipation en Amérique.

Lázaro dit que depuis peu, en 2008, ils se sont trouvés confrontés à la logique inverse et qu’ils n’ont rien à cacher . Aujourd’hui le siège est inclus dans la nuit des musées.

Lázaro insiste sur le fait qu’ils ne constituent pas un groupe de pression, même s’il précise qu’ils ne sont pas d’accord avec toutes les lois qu’ils étudient et analysent depuis leur observatoire.

Jusqu’il n’y a pas si longtemps, la franc-maçonnerie était un domaine exclusivement masculin et la Grande Loge féminine d’Argentine existe depuis 23 ans . La présence des femmes dépend beaucoup des sociétés ; plus ils sont conservateurs, moins la participation des femmes est importante.

Il a admis que le débat surgit quant à savoir si José de San Martín était franc-maçon ou non. Lázaro soutient qu’il y avait de nombreuses loges appelées Lautaro, et qu’elles provenaient toutes de la loge appelée Rational Knights, d’Europe. Et que la vérité réside dans la documentation selon laquelle les nazis ont emmené l’Allemagne en Allemagne lorsqu’ils ont occupé l’Europe et que lorsque les Russes ont pris Berlin, cela s’est retrouvé à Moscou. Des négociations sont en cours depuis des années pour récupérer ces documents.

Même si Urquiza et Mitre auraient été d’accord, il n’en a pas été de même pour Salvador Allende et Augusto Pinochet . Tous deux étaient maçons et lors du coup d’État, le second fut expulsé.

La franc-maçonnerie est présente dans la fondation de villes, comme Necochea, Venado Tuerto, Gándara et La Plata qui, observées du ciel, la disposition des places reproduit l’emplacement des bancs du temple.

Il y a un projet de loi à la Commission des Affaires Générales du Congrès pour décréter le 11 décembre comme le jour des maçons, ces vieux maçons qui ont caché de nombreux secrets pendant des siècles.

Francs-maçons de St-Pétersbourg, Conspirateurs ou aristocrates à la mode?

De notre confrère newsland.com

L’influence de la franc-maçonnerie à Saint-Pétersbourg ne peut guère être surestimée. Les signes des maçons sont restés sur la cathédrale de Kazan, à Peterhof et au cœur même de la ville – sur la colonne Alexandre. Derrière chaque symbole se cache toute une histoire qui relie les ouvriers ordinaires, les magiciens et les tsars russes. Essayons de comprendre qui sont les francs-maçons, comment ils se sont retrouvés à Saint-Pétersbourg et où trouver leurs artefacts.

Comment sont apparus les maçons ?

Les premiers francs-maçons étaient des maçons qui construisaient des églises dans l’Angleterre médiévale. La construction pouvait prendre des siècles, c’est pourquoi les maçons ont commencé à se rassembler en groupes d’intérêt. Ils voulaient passer le temps et discutaient de diverses questions. Au fil du temps, la liste des questions incluait la philosophie, la religion et même la magie. L’idée a commencé à gagner en popularité et, par conséquent, les francs-maçons n’étaient plus des ouvriers ordinaires, mais des aristocrates éminents.

Au fil du temps, le mot « maçon » a acquis un nouveau sens. Les maçons ont commencé à construire non pas des bâtiments, mais des idées philosophiques.

Elagin – Maçon en chef de Saint-Pétersbourg

La franc-maçonnerie est apparue à Saint-Pétersbourg au XVIIIe siècle avec la permission de l’Église anglaise. Les premiers francs-maçons de Russie ont immédiatement commencé à semer la peur dans la société et au sein du gouvernement. La raison en était la suivante : la franc-maçonnerie est une mode étrangère qui attire les aristocrates. Des personnalités éminentes de Saint-Pétersbourg ont commencé à se rassembler « à huis clos » et à discuter de sujets secrets. Qui sait quels complots ils pourraient préparer.

La franc-maçonnerie en Russie a été popularisée par le comte Elagin. Celui-là même en l’honneur duquel le palais et l’île au nord de Saint-Pétersbourg portent le nom. Elagin était très intéressé par le mysticisme. Il croyait en l’alchimie et croyait qu’il existait une recette pour obtenir de l’or à partir de n’importe quel métal. 

Sous la direction d’Elagin, 14 loges furent créées, chacune ayant un rituel d’entrée particulier. 

Dans certaines loges, les francs-maçons ne s’intéressaient pas à l’alchimie, mais discutaient uniquement de culture, d’histoire et de questions éthiques.


Comte Elagin.

Musée d’État russe

Qu’ont trouvé les empereurs russes dans la franc-maçonnerie ? 

La franc-maçonnerie est devenue si populaire que même les scientifiques et les empereurs russes s’y sont intéressés. La rumeur veut que le premier franc-maçon russe fut Pierre Ier lui-même.

La franc-maçonnerie exigeait que les gens connaissent la philosophie, l’histoire et la science. Cela a encouragé toutes les pensées et les nouvelles idées. Et les maçons croyaient également qu’il existait une connaissance secrète de l’essence de l’univers. Pour le trouver, il fallait lire et étudier les moindres détails des livres.

Lire des livres philosophiques peut sembler ennuyeux et monotone, mais la possibilité d’y trouver un grand secret a inspiré les francs-maçons.

Par conséquent, les francs-maçons les plus influents étaient les personnes les plus intelligentes de leur époque : l’empereur Alexandre Ier, le commandant Koutouzov et l’historien Karamzine.

Traces de francs-maçons à Saint-Pétersbourg

Il reste de nombreux signes de l’ère de la franc-maçonnerie à Saint-Pétersbourg, mais nous n’en considérerons que quelques-uns. 

 Cathédrale de Kazan. Oui, sur l’une des cathédrales les plus célèbres du monde, vous pouvez voir le symbole maçonnique – un triangle avec un œil à l’intérieur. L’œil symbolise le Dieu qui voit tout et le triangle symbolise l’unité du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

 Rotonde sur Gorokhovaya. L’une des portes d’entrée les plus insolites de Saint-Pétersbourg. Il existe des légendes selon lesquelles les maçons y auraient organisé des cérémonies d’initiation. On dit aussi que les gens en elle devenaient parfois fous.

 Île Elagin. Aujourd’hui, l’île Elagin est connue comme un excellent endroit pour de agréables promenades estivales et du patinage sur glace en hiver. Mais au XVIIIe siècle, les francs-maçons du comte Elagin se rassemblaient dans la Rotonde, à l’est de l’île. Ils effectuaient des cérémonies d’initiation et des rituels semi-mystiques. 


Sur la photo – Palais Elagin et Maslyanaya Polyana. C’est là qu’Elagin tenait des réunions maçonniques. 

A Saint-Pétersbourg, ils organisent  des excursions intérieures  et  en bus  dans des lieux maçonniques ! Lors des excursions, les guides vous en diront davantage sur l’histoire du mouvement et vous dévoileront les secrets que les maçons ont laissés dans la ville.

Pourquoi les francs-maçons ont-ils été interdits en Russie ?

L’interdiction de la franc-maçonnerie en Russie est associée à l’empereur Alexandre Ier. Lui-même était franc-maçon dans sa jeunesse et savait que des idées dangereuses pouvaient apparaître dans leurs discussions passionnées. Dans la seconde moitié de son règne, Alexandre devint plus méfiant et craignit pour son pouvoir. À cette époque, la Grande Révolution française avait déjà eu lieu, largement inspirée par les francs-maçons.

La peur des francs-maçons est devenue la principale raison de leur interdiction en Russie.  

Alexandre Ier avait en partie raison dans ses craintes. Après sa mort en 1825, le soulèvement des décembristes éclata. De nombreux décembristes étaient membres de loges maçonniques et utilisaient leurs symboles.

En conséquence, il est difficile pour les francs-maçons russes de donner une description précise. Chacun a trouvé quelque chose qui lui était propre dans la franc-maçonnerie. Certains justifiaient les idées révolutionnaires, tandis que d’autres satisfaisaient leur curiosité et leur désir de toucher au mysticisme.

De toutes les villes russes, Saint-Pétersbourg a connu la plus grande influence des francs-maçons.

Auteur de l’article – Prokhor Torbin

Source : https://dzen.ru/a/Y49AMupVsGN8z_80

Le mot du mois : « Ultracrepidarianisme »

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Apelle de Cos (352-308 av. JC.) fut incontestablement l’un des plus grands spécialistes de la peinture dans la Grèce antique, réputé à juste titre pour la finesse de son trait, dans des joutes picturales avec les peintres renommés de son temps, qui ne lui contestaient pas cette primauté.

Mais non moins grande était sa modestie qui le faisait prêter l’oreille en catimini aux commentaires du public sur la qualité de ses œuvres. Voici l’anecdote, devenue proverbiale, qu’en rapporte le naturaliste latin Pline l’Ancien dans son Histoire Naturelle, XXXV.  » Quand il avait fini un tableau, il l’exposait sur un tréteau à la vue des passants, et, se tenant caché derrière, il écoutait les critiques qu’on en faisait, préférant le jugement du public, comme plus exact que le sien. On rapporte qu’il fut repris par un cordonnier, pour avoir mis à la chaussure une anse de moins en-dedans. Le lendemain, le même cordonnier, tout fier de voir le succès de sa remarque de la veille et le défaut corrigé, se mit à critiquer la jambe : Apelle, indigné, se montra, s’écriant qu’un cordonnier n’avait rien à voir au-dessus de la chaussure ! Ne supra crepidam (sandale) sutor (cordonnier) judicaret. » En d’autres termes, à chacun son métier. Chacun chez soi et les vaches seront bien gardées, par exemple.

De cette crepida latine est issu le vocable anglais ultracrepidarian, inventé en 1819 par l’Anglais William Hazlitt, pour stigmatiser quiconque se prend pour un expert en tout domaine et s’autorise à proférer des avis sur tout. En français contemporain, un toutologue.

Comment ne pas repérer dans le « spécialiste en tout » un oxymore, qui serait plaisant s’il ne s’avérait aussi toxique, voire dangereux ? Et qui révèle un abîme de méconnaissance, une incompétence verbeuse, un désir de se faire mousser avec des termes d’autant plus savants qu’ils ne sont ni maîtrisés ni justifiés.

C’est une des pratiques les plus courantes de nos sociétés contemporaines, qui consiste à donner médiatiquement la parole aux célébrités hors de leur domaine de compétence. On y confine souvent au grotesque. Bien pernicieux sont aussi actuellement, avec la parole publique démultipliée sans limite, les ravages que peuvent exercer les « influenceurs » sur la naïveté sans filtre de leurs auditeurs. On rêve de silence modeste et attentif, tandis que chacun y va de son argument pseudo-scientifique, glané dans la rumeur qui s’enfle tous azimuts, et prodigue conseils et injonctions savantes à tout propos et hors de propos. Et les nouveaux Diafoirus de Molière font florès…

Pandémie, complotismes en tous genres… la Terre est redevenue plate, voyons !

Annick DROGOU

Est-ce faire preuve de cuistrerie et de pédantisme que d’aimer ce mot compliqué que j’ai proposé à ma complice Annick de commenter ? Elle seule pouvait en retracer joliment l’origine, car ce mot est en soi une histoire et une leçon de morale. Hélas, c’est un mot chaque jour davantage adapté à notre actualité. Il résume parfaitement un comportement de plus en plus répandu, un mal qui nous guette tous et qui nous a fait oublier un autre mot, le plus simple, l’humilité, cette vertu dont on ne peut se vanter sauf à la perdre.

À la différence du spécialiste, de l’expert, qui sait tout sur presque rien, de plus en plus de commentateurs portent des jugements définitifs bien au-delà de leur domaine de compétences, pratiquant l’ultracrépidarianisme sans complexe. Les pseudo-débats qui envahissent nos écrans sont saturés par ces propos de “toutologues“, ceux qui peuvent parler de tout avec autorité. Modernes Bouvard et Pécuchet, ils assènent ce qu’ils nous vendent comme des vérités, quand ce ne sont que des opinions fragilement fondées.

Aux grands mots, grands maux, du café du commerce généralisé sur les réseaux sociaux et les écrans, gardons-nous donc de tout ultracrépidarianisme. Et si vous avez aimé ce mot, je propose d’inventer le verbe « ultracrépidérer », avec un seul mot d’ordre contre tous les donneurs de leçon et les Diafoirus de l’expertise socio-politique : « Arrêtez d’ultracrépidérer ! ».

Jean DUMONTEIL

Une enchère à 11 500 € pour le plus ancien livre anglais d’astronomie

De notre confrère actualitte.com

Un traité d’astronomie plus vieux que Galilée, a trouvé preneur auprès d’un collectionneur international à la suite d’une enchère disputée. Signé par Robert Recorde, l’ouvrage est le premier écrit en langue anglaise qui traite d’astronomie.

La première édition de The Castle of knowledge (Le chateau de la connaissance) par Robert Recorde (Londres, 1556, publié par Reginalde Wolfe) a été mise en vente le 1er novembre par Hansons Auctioneers. Les enchères sont montées jusqu’à 10.000 £ (11.500 €).

« C’était une découverte étonnante, le texte scientifique le plus important que j’ai jamais manipulé », a déclaré Jim Spencer, responsable des livres chez Hansons. « Je n’ai pu trouver qu’un seul autre exemplaire vendu aux enchères. Il a été vendu 74.200 £ (85.000 €) chez Bonhams en 2007. Certes, notre exemplaire n’était pas si bien conservé, mais c’était tout simplement incroyablement rare. »  

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Outre son statut de plus ancien livre d’astronomie en langue anglaise, il est un des premiers à citer De revolutionibus orbium coelestium de l’astronome polonais Copernic, une œuvre fondatrice du système héliocentrique.

« Recorde était une éminence, un savant, médecin et mathématicien gallois qui mériterait une plus grande reconnaissance », a souligné Spencer. « Il est notamment le créateur du signe « égal » et a popularisé les signes « plus » et « moins » chez les anglo-saxons en 1557. »

Natif de Tenby, Pembrokeshire vers 1512, Robert Recorde a suivi ses études à Oxford, puis s’est dirigé vers la médecine à Cambridge. De retour à Oxford, il enseigne les mathématiques. Plus tard, il servira à Londres comme médecin de la royauté. Une querelle politique lui sera fatale, le conduisant en prison où il décèdera en 1558.

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crédits images : Hansons

Le mythe de la chute de Lucifer et de Prométhée

Du blog de la GLIF blog-glif.fr – Du Très Cher Frère Gérard Lefèvre

Dans un premier temps, il est indispensable de préciser ce qu’est un mythe dans les deux sens du mot.

1) Un mythe est un récit qui met en scène les forces de la nature, sous formes de dieux ou de héros. Le mythe se situe dans une dimension intemporelle, celle de l’origine des choses, avant la naissance du temps historique. Le mythe diffère de la fable, la fable est une histoire qui aboutit à une morale.

Le mythe n’est pas construit pour aller vers une morale à recevoir, il reste ouvert à toute interprétation. Mircéa Eliade en donne cette définition : « Le mythe raconte une histoire sacrée ; il relate un événement qui a eu lieu dans le temps primordial. Le temps fabuleux des commencements. Autrement dit, le mythe raconte comment, grâce aux exploits des êtres surnaturels, une est venue à l’existence. C’est donc toujours le récit d’une création.

2) Cependant le sens originel du mythe s’est affaibli et modifié dans les temps modernes. On a fini par appeler mythe toute construction imaginaire ayant un tant soit peu le support de la conscience collective et servant de référence pour penser ses idéaux et se reconnaître elle-même.

« Je ne m’imagine même pas savoir ce que je ne sais pas. » (Platon, Apologie de Socrate). »

« Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu.

Par lui, tout s’est fait et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui.

En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ;

la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. »

Pour faire suite à un article antérieur, il me semble opportun d’ouvrir un pas de côté, en me référant : « tout le symbolisme maçonnique tourne autour de la lumière ».

Mais il s’agit là d’une lumière artificielle, présentée comme Lumière Divine. Les Maçons ne parlent pas de l’inauguration d’une nouvelle loge, mais de l’allumage des feux. Lorsqu’un non initié est reçu dans la Maçonnerie, on dit qu’il a reçu la lumière.

Vous allez dire que la lumière est quelque chose de bénéfique. Mais cela dépend de quelle lumière il s’agit. Car dans ce cas il s’agit de la lumière de Lucifer (Lucifer est un nom latin signifiant « porteur de lumière », composé de « lux » (lumière) et « ferre » (porter).

Tout comme son nom le dit, il n’est que le porteur d’une lumière qui existe, donc qui a une autre source. L’orientation vers ce porteur ne fait qu’induire en erreur, détourner le chercheur de la voie directe et rapide vers Dieu le Père qui est à la fois sa Lumière et sa source.

Cependant, il existe sur terre de nombreux endroits qui porte le sceau du Porteur de la Lumière et assez de crédules pour le vénérer, sans se rendre compte qu’ils vénèrent ainsi Lucifer.

L’astre qui accompagne le Soleil à son lever et à son coucher est Aphrodite, Venus. Comme annonciateur de lumière cet astre dans la Bible est appelé « Lucifer ». Mais Lucifer est un ange déchu, selon les écrits.

L’ange déchu, Cabanel 1847

Dans l’Ancien Testament, les anges ont été créés et établis dans le jardin d’Eden avant l’homme (Ez. 28. 14). Dans le texte d’Esaïe, « le nom du personnage interpellé Helel ben Shahar, (Lucifer dans la Vulgate), vient d’une racine qui signifie être lumineux, éclatant ». Les anges seraient nés de la lumière, première création de Dieu dans le livre du Pentateuque.

Les deux premiers chapitres de ce livre, qui donnent une origine à l’univers et à l’homme, sont suivis de l’entrée du Serpent dès le chapitre III. Par conséquent, Lucifer et le tentateur sont bien comme Prométhée des créatures associées aux premiers temps de l’humanité.

Ce lien entre le Diable, Prométhée et les origines de l’homme apporte un premier élément de réponse à la fascination exercée par ces mythes. Leur vivacité pourrait tenir à l’intérêt que l’homme porte aux récits qui peuvent lui fournir une explication sur le mystère de sa naissance. Il faut également noter que « le feu a été, dès les plus lointaines origines de l’humanité, l’un des pôles d’attraction de leur pensée et de leur sentiment religieux ».

Prométhée et Lucifer – Trop de coïncidences pour être un pur hasard !?

Et si en parlant de Prométhée et de Lucifer, on parle de la même chose mais sous formes différentes et différents décors.

Voyons quelques similitudes qu’on peut trouver dans la mythologie grecque et le récit biblique et des religions abrahamiques.

Prométhée: Avant sa chute, il est un des titans les plus rapprochés de Zeus s’étant relié à lui lors de la titanomachie.

Lucifer: Avant sa chute, il est un des anges les plus rapprochés de Dieu.

Prométhée: Viole l’ordre et la volonté de Zeus en complicité avec l’homme créé d’argile.

Lucifer: Viole l’ordre et la volonté de Dieu en complicité avec l’homme créé d’argile.

Prométhée: Porteur du feu à l’humanité symbolisant le don de la connaissance.

Lucifer: Porteur de la lumière à l’humanité symbolisant le don de la connaissance.

Prométhée: Apporte la connaissance aux hommes en leur apprenant à maîtriser le feu.

Lucifer: Apporte la connaissance aux hommes en les incitant à goûter à l’arbre de la connaissance.

Prométhée: maudit et condamné par Zeus à cause des hommes.

Lucifer: maudit et condamné par Dieu à cause des hommes.

Prométhée: chaque matin vient l’aigle de Zeus dévorer son foie qui se régénère à nouveau durant la nuit.

Lucifer: Entre chaque matin dans la pensée, la volonté et l’action de l’homme pour ,le tenter et se substituer à la brillante Étoile du Matin (Ap 26, 16).

Prométhée: à cause du feu de la connaissance et la curiosité de Pandore, l’humanité est condamnée aux souffrances et aux maux de la vie.

Lucifer: à cause de l’arbre de la connaissance et la curiosité d’Ève, l’humanité est condamnée aux souffrances et aux maux de la vie.

Le Logos du Prologue de l’Évangile de Jean, est une échelle pour monter vers le Ciel, Lucifer est également une échelle, mais pour descendre vers l’enfer, la loi est la loi et la loi est accomplie.

Ainsi, le reflet de Satan est l’ego et le reflet malin du Logos est Lucifer. Les deux sont à l’intérieur de tout le monde.

« Le voleur (l’ego) ne vient pas, sauf pour voler, tuer et détruire », tandis que le Logos : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient plus abondamment. » Jn 10, 10.

Il nous faut comprendre que dans le Gnosticisme (doctrine selon laquelle une certaine connaissance apporte à l’homme le salut), lorsque nous nous référons à Dieu, nous savons qu’il n’est pas une personne, un individu, mais Élohim (désigne le vrai Dieu de l’Ancien Testament) : beaucoup de forces, d’énergies, d’archétypes.

Ainsi, Prométhée est précisément cet archétype qui se sacrifie pour l’humanité, car il est le seul archétype qui entre en tant que partie de Dieu à l’intérieur de nous. Sur lui est la honte de la fornication ; cet archétype est cette partie de Dieu qui sait toujours à quel point nous sommes lubriques.

C’est pourquoi dans la Bible, nous voyons que c’est Satan qui dit toujours à Jéhovah comment l’âme se comporte sur Terre. Nous ne pouvons pas nous cacher de Satan, car il est l’ombre de Dieu, son reflet. Oui, nous avons transformé ce Lucifer en un vilain individu noirci. Lucifer, en tant que Satan, reflète tout notre ego, nos défauts, vices, erreurs que nous avons dans notre subconscience. Cependant, c’est en annihilant le vautour (qui symbolise la luxure) que Prométhée est libéré.

Donc, tant que nous avons la luxure, Prométhée ne peut pas être libéré du rocher. Le rocher, comme nous le savons, symbolise la neuvième sphère, Yesod.

Musée Gustave Moreau.

Dans la Gnose, nous nous référons toujours au rocher de Yesod (fait partie du Pilier du Milieu de l’Arbre de Vie), qui, selon les Maçons, est rustique au début; non formé, non ciselé. Il faut ciseler ce rocher et en faire un cube petit à petit. Les outils que nous utilisons, le burin et le marteau, symbolisent respectivement l’imagination et la volonté.

Nous façonnons et perfectionnons cette pierre avec le travail alchimique, avec l’énergie, le feu qui en soi est le même Prométhée. Il est celui qui porte le feu et dans le feu se trouve la lumière.

Mais, ce n’est pas un Satan humanoïde comme celui que veut nous montrer le Clergé, non ; c’est notre propre Satan particulier. Mais quand nous avons obtenu la dissolution de l’Ego, quand nous l’avons réduit en cendres, alors cette pierre brute s’est transformée en pierre cubique parfaite; Satan est alors LUCIFER, le «faiseur de lumière».

Le Dieu du monde matériel est perçu comme un personnage têtu et sadique, qui cherche à maintenir l’humanité dans l’obscurité perpétuelle, tandis que Lucifer est le sauveur de l’humanité en lui donnant le don de la connaissance.

Lucifer est descendu du ciel dans un but précis. Comme Prométhée, il s’est opposé à Dieu pour sauver l’humanité et a été puni pour ses actions.

Prométhée, Lucifer, Jésus, Mātariśvan (1)… et nous, mes frères éclairés par leur Lumière… Mythe ou fable ?

L’initié devra plonger en lui pour ôter ses voiles

et trouver les ultimes réponses au mystère de l’existence.

*

Pour conclure, et comme dit Johann Wolfgang Von GOETHE, tant que vous n’aurez pas compris ce « Meurs et Deviens » vous ne serez qu’un hôte obscur sur la terre ténébreuse.

Je veux louer le Vivant Qui aspire à la mort dans la flamme Dans la fraîcheur des nuits d’amour.

Te saisit un sentiment étrange Quand luit le flambeau silencieux Tu ne restes plus enfermé Dans l’ombre ténébreuse Et un désir nouveau t’entraîne Vers un plus haut hyménée.

Tu accours en volant fasciné Et enfin, amant de la lumière, Te voilà, ô papillon consumé.

Poème de GOETHE intitulé Le Divan,

GL 08/2022 travail de synthèse.

(1) Mātariśvan est un être mythique de la religion védique, qui apporta le feu de loin, probablement du ciel, aux hommes, c’est-à-dire aux premiers prêtre

David Alonso : « Ceux qui attaquent la franc-maçonnerie défendent une seule vérité »

De notre confrère atlantico.net – Par Ana Baena

David Alonso, maçon de Vigo, démantèle les clichés sur les loges et explique leur validité dans la société d’aujourd’hui

Infirmier de profession, David Alonso appartient à la loge Obradoiro, l’une des trois qui existent à Vigo et la seule mixte. « J’ai vécu aux États-Unis et là-bas, être maçon est inscrit au programme ; J’ai toujours été intéressé, mais je ne comprenais pas cette ségrégation par sexe, sachant que les femmes pouvaient y accéder ici , j’ai demandé à être admis. Il déclare qu’il a simplement « frappé à la porte et ils m’ont interviewé pour savoir ce que je cherchais ». 

Et beaucoup partent en quête d’influence et de pouvoir, ce qu’Alonso démystifie. « Les grands penseurs du XIXème siècle en France étaient des francs-maçons, c’étaient les esprits les plus brillants et avaient un grand poids social, en Angleterre le grand maître appartenait à la royauté, mais maintenant nous sommes formés par des gens de la rue, sans influence. « Ils veulent un profil très diversifié, qui sait écouter et qui apporte des idées qui contribuent à améliorer la société. »

Dans la loge, on parle de tout, sauf de religion et de partisanerie politique (la politique avec une majuscule, oui). « À Obradoiro, il y a des membres de trois partis différents, ils s’entendent très bien et ne parlent jamais de politique. »

 Hier, il a présenté son livre « La franc-maçonnerie de Galice après la dictature » au bingo de Castelo Real et a offert une conférence dans laquelle il a mis en lumière cette réalité. « La franc-maçonnerie a été attaquée au cours de ses 300 ans d’existence en Espagne, elle a toujours été interdite, sauf pendant une courte période, elle a été persécutée et calomniée. »

Des procès-verbaux sont rédigés lors de toutes les réunions de loges et beaucoup ont été saisis pendant la guerre civile, de sorte que de nombreux francs-maçons ont été fusillés. « Ceux qui ont été sauvés ont été détruits pour garantir la sécurité des membres, il y a donc une grande lacune dans l’histoire de la franc-maçonnerie espagnole. » Le mystère qui entoure depuis toujours la franc-maçonnerie a une explication : « Dans la franc-maçonnerie, il n’y a pas de secrets, il y a la discrétion ; En réunion, chacun peut parler de ce qu’il veut en toute confiance et sérénité ; « Les francs-maçons travaillent sur la tolérance, ils considèrent qu’il existe plusieurs vérités et ils sont attaqués par ceux qui défendent une seule position. »

Chaque loge a ses propres rituels, mais pour l’auteur, ce n’est pas le plus important. « C’est une manière de maintenir l’ordre, partout il y a des rituels, quand on fait du shopping, quand on conduit, ils donnent un minimum de solennité aux événements, mais sans aucun spectaculaire. »

Pour que vive la langue de Molière

1

Notre Larousse nous le dit : La franc-maçonnerie est une association ésotérique et initiatique, à caractère philosophique et progressiste, qui se consacre à l’amélioration de la condition humaine et à la recherche de la vérité…

…La vérité est cachée au fond d’un puits profond, dit Démocrite, le philosophe grec antique. Mais, soyons espiègles un instant : comme la nature, les francs-maçons et les franc-maçonnes qui composent cette organisation ne supportent pas le vide. Alors, pour faire image, ils, elles deviennent des vases – qui plus est, communicants pour le remplir. Et ils, elles cherchent effectivement parce que, assujettis comme tous les êtres humains au pourquoi fondamental, ils ont besoin de comprendre. Alors, sans mentir intentionnellement pour autant ils, elles se racontent des histoires, par FICTIONS interposées.

 Quand l’arc de cercle fait sens

Les rites et les allégories, les mythes et les légendes, les fables et les symboles : ce monde fictionnel, n’est donc pas en soi un déploiement de mensonges, mais n’est pas non plus l’expression de cette Vérité. Le socle de la franc-maçonnerie constitué par la représentation de la mort de l’architecte Hiram, assassiné par les trois mauvais Compagnons – chacun d’eux figurant un défaut – est à la fois un signifiant et un signifié : il a une raison et veut dire quelque chose. Parce que maçons et maçonnes, à leur pourquoi, précisément, demandent une réponse.

Qui dit existence humaine dit parcours, à la manière d’un javelot : propulsé par le ventre maternel, elle suit un arc de cercle pendant un temps donné, avant de se ficher en terre. Ce trajet se veut à la fois directionnel et explicatif : il se nomme le SENS, qui se déploie précisément en multiples sens. La franc-maçonnerie les suggère au gré de sa symbolique, largement extraite de la Bible, cet ouvrage collectif de référence, gorgé de mille ans d’aventures individuelles et tribales, de rencontres et d’alliances, de fureurs et d’horreurs, de joies et de peines, de haines et d’amours.

Bref un grand livre d’histoires, de témoignages grandioses de la foi monothéiste, sorti d’un petit pays, de l’Orient antique, Canaan, situé entre l’Egypte et la Mésopotamie. Un lieu de passage, à la fois champ de batailles et carrefour de civilisations.

 Notre raison de vivre

C’est clair, nous avons besoin de récits pour vivre. Et de ce « sens » qui en ressort, en même temps, boussole et dictionnaire. En se redressant, l’hominidé est lentement devenu Homo Sapiens. Celui qui sait et soi-disant sage. Au fil du temps, la station debout a élargi sa vue et son idéation, dégagé son larynx et ses cordes vocales ont progressivement mieux vibré jusqu’à transformer ses cris en onomatopées. Puis de nature en culture, s’est développé son intellect, sa voix s’est modulée, a formé et exprimé un langage, détachés en mots.

Que ferions-nous, ces Hommes devenus, sans la parole qui nous permet de prononcer des vocables afin d’exprimer nos pensées, désigner les composants de notre environnement et échanger avec nos semblables ? Le passé existe parce que nous en parlons, le présent parce que nous le vivons dans notre chair et le futur parce que nous l’imaginons. De la sorte, c’est bien grâce aux mots que nous donnons ce fameux sens à notre vie, autrement dit que nous y trouvons notre raison de vivre !

Nous sommes donc reliés au monde par la grande chaine du langage. Or, au siècle de l’avion supersonique, des trains à grande vitesse, d’une médecine et d’une chirurgie de pointe devenues « ambulatoires », du repas- sandwich et des outils informatiques qui nous « instantanisent », cette vie express ne nous suffit pas ! Nous avons tendance – pour gagner encore du temps ! – à « raccourcir », voire à supprimer nos indispensables « mots de liaison » du quotidien, tels que « bonjour, bonsoir, pardon, merci, au revoir ». Ces clés sacrées, en disparaissant, empêchent notre ouverture, coupent notre lien à l’autre. Jusqu’à le nier. Un triste constat de désocialisation, déjà fait dans d’autres articles.

Un pied de nez à l’horloge

Certes, à l’époque de la plume « Sergent major » et de l’encre violette dans l’encrier de nos pupitres, le temps était sans doute un luxe ! Notre belle langue française, a fait transpirer les plus anciens d’entre nous, sur les bancs de l’école. Entre autres, les longues descriptions balzaciennes dans nos livres alourdissaient à la fois nos cartables et nos esprits. Et elles nous entraînaient sur nos cahiers quadrillés, par tentatives d’imitation, dans des « rédactions » dont les hasardeux subjonctifs (et les fautes d’orthographe !) demandaient des heures de corrections, à l’encre rouge, de nos braves instituteurs ! Un nom à mes yeux prestigieux que ne remplace pas la sèche appellation « professeur des écoles ». Avec les abondantes formules ampoulées et fleuries du XVIIIème siècle de nos rituels maçonniques – véritable pied de nez à l’horloge – ne profitons-nous lors des tenues avec quelque bonheur, de ce temps retrouvé ?!

Sans nous laisser piéger par ces titres tout de même quelque peu « ronflants » hérités des Lumières et qualifiant nos fonctions dans l’exercice de l’Art Royal, cette école de pensée qui nous réunit, prolonge celle de notre enfance. Elle est ainsi enrichissante parce qu’elle entretient en nous la valeur des mots tant ceux d’hier que ceux d’aujourd’hui qui épaississent notre dictionnaire, cette deuxième Bible, profane en l’occurrence. Lorsque la parole circule en loge, par le système régulateur de la triangulation, nous pouvons mieux apprécier ce « temps étiré » même s’il n’est que de quelques secondes : il nous permet, par une « gymnastique mentale » certes rapide, d’ordonner un phrasé construit. Parfois préférable à un jaillissement spontané, par définition désordonné et irréfléchi !

Cette circulation verbale me renvoie au « pas de côté » du Compagnon, si souvent interprété comme une désobéissance alors qu’il indique aussi et surtout un évitement. Pour faire image, celui du « passeur de pierres » faisant un prudent écart pour éviter un obstacle, par exemple un outil tombé, sur la fragile planche d’échafaudage de la cathédrale en construction, au-dessus du vide ! S’écarter, c’est dans ce cas ralentir sa marche, mais c’est parfois sauver une vie !

Il en est de même avec les mots : les vocables inappropriés sont les épines du langage. Les mots sont des caresses ou des projectiles perforants !

Les mots du philosophe

« Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ». Cette judicieuse citation, maintenant rabâchée dans la littérature et les magazines est du philosophe Brice Parain (1897-1941). Albert Camus – à qui on l’attribue par erreur ou facilité – l’a simplement reprise (en citant sa source) dans un compte-rendu de l’ouvrage de son collègue (Recherche sur la nature et la fonction du langage – in « Poésie 44, n°17, page 22, Editions Gallimard).

Camus a écrit exactement : « L’idée profonde de Parain, est une idée d’honnêteté : la critique du langage ne peut éluder ce fait que nos paroles nous engagent et que nous devons leur être fidèles. Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur du monde. Et justement la grande misère humaine qui a longtemps poursuivi Parain et qui lui a inspiré des accents si émouvants, c’est le mensonge ». La citation a ensuite été déformée au fil des reproductions : le passage « Mal nommer un objet » est devenu « Mal nommer les choses ». Mais le sens demeure intact.

Ce que parler veut dire

Ce n’est pas le cas de l’adjectif « Narratif » qui a perdu le sien en remplaçant maintenant le mot « discours ». A tout bout de champ, il est question de « NARRATIF » pour citer le contenu de l’intervention verbale d’une personnalité ! Le propre du langage n’est pourtant pas pour un locuteur quel qu’il soit, de céder à un snobisme permettant d’apparaître « chic et instruit », avec un vocabulaire inédit mais de se faire bien entendre et comprendre du plus grand nombre !

Autre curiosité langagière, le mot « CHALLENGE » : il a traversé la Manche vers la Grande Bretagne au XIIème siècle avec l’orthographe « Chalenge » (signifiant alors en vieux français : défi, chicane). Il y a pris deux « l » pour retraverser en volant vers nous. Et ce mot CHALLENGE, qui n’avait rien demandé et totalement déformé, se prononce maintenant qu’il est anglicisé au quotidien sur notre sol : « TCHALINGE » avec le sens « d’entreprise difficile dans laquelle on se lance pour gagner ». C’est fou le nombre de TCHALINGES que les gens ont à relever et qu’ils clament aux micros des radios et télévisions !

Entre autres, les prochains Jeux Olympiques de 2024 à Paris sont un vrai TCHALINGE, où, espérons-le, brillera la France de tout son éclat ! Elle en sortira peut-être avec nombre de médailles lesquelles en même temps, feront un vainqueur du mot CHALLENGE qui reprendra sa place et sa prononciation d’origine. A la française !

Une ville pour une langue

Mais ne désespérons pas du coq gaulois, symbole de la France (et qui se rappelle à nous la crète haute dans le Cabinet de réflexion). L’usage du Franglais et autre Globisch ne devrait plus passer (ou moins en tout cas !) et supplanter sournoisement notre belle langue de Molière. N’est-elle pas abimée en permanence par les incursions anglo-saxonnes, à type d’expressions et d’interjections diverses, jusque dans nos rangs ?!

En effet, événement nouveau et mémorable qui peut avoir une suite bénéfique : Le 30 octobre dernier, notre Président de la République s’est souvenu en se rendant au Château de Villers Cotterêts (Département de l’Aisne dans les Hauts de France) qu’en octobre 1539 – il y a donc 484 ans – François 1er a décidé par Ordonnance que tous les actes juridiques soient rédigés en Français. Il a fait du même coup de cette ville (où est né Alexandre Dumas) la Cité de la langue française. Confirmation vient d’en être faite puisque Villers Cotterêts est désormais déclarée « Cité internationale de la langue française » ! Il était tout de même temps de s’en souvenir. Et d’agir !

 « Bien nommer les choses, c’est ajouter au bonheur du monde ! » pourrait donc écrire aujourd’hui Brice Parain. Ce que confirmerait bien sûr Albert Camus par un éclatant : Vive la langue française ! Souhaitons, en cette fin d’année et à l’aube de la nouvelle, que celle-ci devienne aussi « la langue de la diplomatie » en France et sur toute la planète !

Tiens, si on relisait le bon vieux Kipling comme antidote au « droit au blasphème » ?

L’actualité a le pouvoir, au-delà de la brutalité des faits, de nous replonger dans la sémantique. Ainsi, l’odieuse tentative de meurtre contre Salman Rushdie, remet à l’honneur l’expression « droit au blasphème » qui avait déjà été employée lors de l’attentat contre Charlie-Hebdo. Droit dont ne se privait pas la revue satyrique ! Mais est-ce le cas aujourd’hui quand nous évoquons la tentative de meurtre sur Salman Rushdie ?

Nous pouvons d’emblée douter que cette expression soit à la base de la revendication de Salman Rushdie ! Pour qui a une approche de son œuvre, sa démarche est, en fait, très théologique : user de dérision envers le Prophète Mahomet dans les « Versets sataniques » consiste à montrer son vécu purement humain, de façon à laisser toute la place à Dieu, et ne pas faire de lui un second Dieu (comme le Christ chez les chrétiens !) et lui redonner son rôle de transmetteur d’une parole qui n’est pas la sienne, mais celle d’un Principe et dont il n’est que le faillible porte-voix. Dans un contexte musulman, il n’est pas étonnant que la fameuse « Fatwha » fut imposée par l’Ayatollah Rouhallah Khomeini, représentant du monde chiite qui voulait que les successeurs du Prophète viennent de sa descendance et constituent ainsi une sorte de « monarchie de droit divin », alors que les Sunnites étaient partisans d’un choix communautaire par l’élection du dirigeant des croyants. Rushdie, dans son ouvrage, ne faisait nullement acte d’athéisme mais, en bon musulman, optait pour une orientation religieuse moderne en se servant de l’humour pour ramener le Prophète à sa dimension humaine et ne pas entrer dans une dérive manichéenne ou chrétienne d’un Dieu double par prophète interposé. En fait une démarche à un retour au monothéisme absolu par une baisse de l’importance de l’humain au profit du divin. Il convient là de faire preuve de discernement entre ce qui relève de l’attentat ou du résultat de querelles internes à une croyance, tout en condamnant l’acte en lui-même en tant que tel et en laissant faire son travail à la justice ou à la psychiatrie. Mais aussi d’échapper à la manipulation qui fait qu’un acte pris dans sa banalité criminelle ou pathologique est récupéré à des fins politiques en utilisant la légitime protestation contre l’acte lui-même.

 La défense contre une religion impérialiste et conquérante, quelle que soit, serait justifiée si elle n’était que l’expression d’un pouvoir lié à une foi qui serait la représentation incontournable de la « Vérité » à imposer à l’univers entier. Ces religions, souvent monothéistes, (« catholiques » au sens universel du terme), nous en connaissons bien entendu l’histoire et les méfaits ; parfois copiées par des idéologies politiques sensées les combattre : les « internationales » amenant le bonheur des peuples nous donnent froid dans le dos rien qu’à y penser !

Mais l’essence de la croyance religieuse ne se borne pas seulement à sa démonstration de puissance, précisément parce que, fondamentalement, elle est la traduction de la fragilité et de l’angoisse de l’homme. Pour la psychanalyse, elle en est même le fondement essentiel : contrairement aux animaux, l’enfant a besoin de bénéficier de la protection des adultes durant de nombreuses années pour faire face à la réalité d’une nature hostile. L’image du père et de la mère pour l’enfant, inconsciemment, vont devenir un facteur de sécurité qu’il reproduira devenu adulte pour faire face à l’angoisse de son insécurité fondamentale. Sigmund Freud écrit (1) : « Nous le savons déjà : l’impression terrifiante de la détresse infantile avait éveillé le besoin d’être protégé-protégé en étant aimé-besoin auquel le père a satisfait ; la reconnaissance du fait que cette détresse dure toute la vie a fait que l’homme s’est cramponné à un père, à un père cette fois plus puissant. L’angoisse humaine en face des dangers de la vie s’apaise à la pensée du règne bienveillant de la Providence divine ». Pour Freud, la religion est le remplacement d’une névrose individuelle par une névrose collective. Nous comprenons donc que l’attaque de la croyance religieuse de quelqu’un va déclencher chez le sujet une angoisse et une insécurité insupportable qui va le conduire à la violence comme si il était attaqué lui-même. Le « droit au blasphème » est vécu, dès lors, comme un acte théologique secondaire, mais ressenti, en priorité comme une agression contre le Père protecteur et donc l’angoisse mortifère de redevenir l’enfant sans protections face à un monde hostile. La terreur inconsciente du sujet ne tarde pas à se transformer à coup sûr en violence absolue de type paranoïaque.

Pour nous, Francs-Maçons, le fameux « droit au blasphème » ne peut que nous poser problème et nous sommes surpris que certains chez nous s’en réclament. Qui plus est, cela est passéiste et relève de l’humour : nous voilà replongés dans les arcanes « laïcardes »de la troisième République où il était suspect de ne pas être un bon républicain si on n’avait pas prononcé quelques vulgarités sur Dieu, la vierge Marie, le Pape et les curés !

La Franc-Maçonnerie est, avant tout, un lieu diversifié qui en fait sa richesse par l’acceptation de l’altérité fondamentale de la Soeur ou du Frère. Ce qui signifie que je vais le ou la rencontrer, non dans la recherche d’un accord commun qui serait une sorte de catéchisme, mais dans le plaisir de la différence. C’est là, où il est bon de nous rappeler certains passages de la « Loge-Mère » de Kipling :

« Nous n’osions pas faire de banquets (de peur d’enfreindre la règle de caste de certains Frères)

Et nous causions à cœur ouvert de religions et d’autres choses.

Chacun de nous se rapportant au Dieu qu’il connaissait le mieux.

L’un après l’autre, les Frères prenaient la parole :

Aucun ne s’agitait.

L’on se séparait à l’aurore, quand s’éveillaient les perroquets.

Comme après tant de paroles

Nous nous en revenions à cheval

Mahomet, Dieu et Shiva

Jouaient étrangement à cache-cache dans nos têtes…

Mais combien je voudrais les revoir tous

Ceux de ma Loge-Mère, là-bas ! »

Cet espèce de paradis perdu qu’évoque Kipling n’est pas seulement exotique, il est aussi et avant tout celui de la tolérance et du respect de l’autre dans sa différence fondamentale…

                                             NOTES

– (1) Freud Sigmund : L’avenir d’une illusion. Paris. PUF. 1971. (Page 43).