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Derrière le symbole : les deux colonnes maçonniques

De notre confrère freemasonscommunity.life

Il fit pour la façade du temple deux colonnes, qui mesuraient ensemble trente-cinq coudées de longueur, chacune avec un chapiteau de cinq coudées de haut. Il fit des chaînes entrelacées et les plaça au sommet des piliers. Il fabriqua également cent grenades et les attacha aux chaînes. Il érigea les piliers devant le temple, un au sud et un au nord. Celui qui est au sud fut nommé Jakin, et celui qui est au nord Boaz. – II Chroniques 3:15-17.

On demande fréquemment aux francs-maçons : « Qu’est-ce que ça fait d’être franc-maçon ? » En tant que franc-maçon, vous êtes un frère, un mentor, un ami et un père, pour ne citer que quelques-uns des nombreux rôles que vous jouez dans la communauté maçonnique. Les francs-maçons sont des hommes intègres qui s’engagent envers les valeurs clés de la fraternité que sont l’amour fraternel, le soulagement et la vérité. Les francs-maçons se définissent par ces trois principes, qui servent de fondement à notre fraternité. Il existe de nombreux autres piliers importants dans le métier, mais ce ne sont pas les seuls.

Les maçons du monde entier se réunissent dans les salles des loges pour accomplir des rituels, profiter de la compagnie et planifier l’avenir. Il existe de nombreuses similitudes dans l’agencement des chambres du lodge, mais chacune a sa propre personnalité. Les emblèmes maçonniques comme l’équerre et le compas et d’autres emblèmes bien connus sont fréquemment exposés dans les salles maçonniques. Les piliers jumeaux, Jachin et Boaz, sont couramment vus dans les chambres des lodges aux États-Unis. Ils se sont imposés comme d’importants emblèmes maçonniques, apparaissant non seulement dans la loge mais également dans les œuvres d’art et les constructions maçonniques.

Piliers abrahamiques

Les piliers jumeaux utilisés dans le rituel maçonnique sont tirés d’anciennes allégories hébraïques et bibliques, comme le sont de nombreux autres symboles maçonniques. Dans le premier livre de ses Antiquités des Juifs , Flavius ​​Josèphe, historien juif, mentionne les piliers. Dans ce chapitre, Josèphe décrit comment Enoch a utilisé deux piliers pour protéger la prophétie d’Adam selon laquelle le monde serait détruit deux fois, une fois par le feu et une fois par le déluge. Pour protéger la connaissance du feu et de l’eau, Enoch a érigé respectivement un pilier en brique et un pilier en pierre. Il est explicitement indiqué dans le rituel maçonnique que les piliers sont utilisés pour préserver et protéger les informations.

Plus tard, deux piliers apparaissent dans le Livre des Nombres, guidant Moïse et les Israélites à travers le désert vers la terre promise. Une colonne de nuée apparut et dirigeait les Israélites pendant la journée, tandis qu’une colonne de feu montrait le chemin la nuit. Dans toute la littérature des religions abrahamiques, les piliers reflétaient la sagesse de l’homme telle qu’elle a été révélée par le Grand Architecte.

Obélisques égyptiens antiques

Les obélisques de Louxor, vieux de 3 000 ans, avant leur retrait, 1832 (Image : Wikimedia )

Dédiés au culte de leurs dieux, les anciens Égyptiens ont commencé à construire des obélisques dès 3 150 avant notre ère. Au fil du temps, ils développèrent une relation étroite avec Râ, le dieu solaire et ancêtre de tous les dieux égyptiens. Il était d’usage en Égypte d’élever deux obélisques en l’honneur des dieux ou des pharaons afin de maintenir l’équilibre et l’harmonie du paysage. Peu de ces piliers majestueux sont encore debout aujourd’hui, mais le talent artistique requis pour construire et ériger ces grands bâtiments est vraiment impressionnant.

Temple du roi Salomon

TEMPLE DU ROI SALOMON
TEMPLE DU ROI SALOMON

Les loges maçonniques sont créées comme des représentations fonctionnelles de l’artisanat, et la salle de la loge est orientée comme le Temple du roi Salomon. Dans la Bible, Boaz et Jachin, deux piliers bien connus qui gardaient l’entrée du Temple, sont mentionnés. Hiram Abiff, un maçon bien connu et un bâtisseur habile, a construit ces piliers jumeaux comme décrit dans 1 Rois, chapitres 6-7 :

15 Il fondit deux colonnes de bronze, chacune ayant dix-huit coudées de haut et douze coudées de circonférence. 16 Il fit aussi deux chapiteaux en bronze coulé pour les placer au sommet des colonnes ; chaque chapiteau mesurait cinq coudées de haut. 17 Un réseau de chaînes entrelacées ornait les chapiteaux au sommet des piliers, sept pour chaque chapiteau. 18 Il fit des grenades en deux rangées entourant chaque réseau pour décorer les chapiteaux au sommet des piliers. Il fit de même pour chaque capitale. 19 Les chapiteaux au sommet des colonnes du portique étaient en forme de lys, hauts de quatre coudées. 20 Sur les chapiteaux des deux colonnes, au-dessus de la partie en forme de coupe, à côté du réseau, étaient les deux cents grenades rangées tout autour. 21 Il érigea les colonnes du portique du temple. Il nomma la colonne au sud Jakin et celle au nord Boaz. 22 Les chapiteaux du sommet étaient en forme de lys. Les travaux sur les piliers furent ainsi terminés.

Nous tirons une grande partie de notre symbolisme et de notre philosophie de la construction du Temple de Salomon dans la franc-maçonnerie. Il n’est pas surprenant que Boaz et Jachin occupent une place aussi importante dans les enseignements maçonniques de l’artisanat, étant donné leur position majeure dans la garde du temple.

Les piliers de la franc-maçonnerie moderne

Bien que la franc-maçonnerie n’utilise plus de véritables colonnes, il est courant de les voir représentées dans les loges maçonniques du monde entier. Il existe de nombreuses façons différentes de disposer les piliers dans les lodges américains ; en Angleterre, ils sont communément situés devant la chaise du Vénérable Maître. Les candidats devaient passer par les deux piliers des premières loges américaines puisque les directeurs étaient assis à l’ouest d’elles. Dans certaines loges, les deux piliers sont situés dans le coin nord-ouest près de la salle de préparation du candidat, tandis que dans d’autres, ils sont situés au sud près de la chaise du Maître. Quel que soit l’emplacement des colonnes, l’importance des deux piliers dans le rituel maçonnique, en particulier dans le discours Fellowcraft, est constante.

Il est facile de se laisser submerger par la crainte lorsque l’on considère l’importance des piliers à travers l’histoire et dans certains des écrits les plus précieux de l’humanité. À travers les âges, les hommes ont regardé ces colonnes et se sont sentis plus proches de l’architecte de l’univers. Utilisons tous ces symboles pour avoir une meilleure compréhension de l’Univers afin que nous puissions mieux être à la hauteur de nos idéaux maçonniques. « 

Quand l’Égalité forge la Liberté : Le défi politique de notre temps

Le titre du livre de Marianne Brück L’Égalité, un courage politique est évocateur et s’inscrit dans une réflexion profonde sur les défis politiques et sociaux contemporains. Il met en lumière deux concepts clés : l’égalité et le courage politique, suggérant ainsi que parvenir à une société équitable nécessite non seulement des politiques déterminées mais également un engagement courageux de la part des dirigeants.

L’égalité est souvent présentée comme un idéal vers lequel de nombreuses sociétés aspirent, mais sa mise en œuvre se heurte à des obstacles considérables. Pour beaucoup, ce principe, partie intégrante de notre triptyque républicain, remet en question les structures hiérarchiques rigides de la société française d’avant 1789 et appelle à une répartition plus équitable du pouvoir et des ressources. Cette notion d’égalité va bien au-delà de la simple égalité devant la loi ! Elle est aussi égalité des chances, égalité sociale et économique. Citons la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH), adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1948, qui établit l’égalité comme principe fondamental. L’article 1er stipule que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits ». Cette affirmation souligne l’importance de l’égalité non seulement comme un droit en soi mais aussi comme une précondition pour la jouissance de tous les autres droits de l’homme.

Le courage politique, lui, dans ce contexte, fait référence à la volonté et à la détermination des dirigeants de prendre des décisions difficiles en faveur de cette l’égalité tant désirée par les peuples.

Justice, allégorie – musée de l’Hospice Comtesse de Lille

Le livre de Marianne Brück s’envisage comme un croisement entre l’histoire et un traité de droit, y compris international, pour aborder la question de l’égalité, soulignant l’approche multidisciplinaire et la profondeur de l’analyse requises pour comprendre et promouvoir l’égalité dans ses diverses dimensions.

À travers plusieurs de ces cinq chapitres, qui commence toutefois, en la définissant, par expliquer la Liberté, voie d’or au droit d’agir de sa propre volonté, dans les limites imposées par la loi et le respect des droits d’autrui, l’auteure n’hésite pas à aborder de manière éclairante le fait que les femmes soient exclues du domaine des libertés.

Son analyse, en y incorporant de l’histoire, permet de contextualiser les luttes et les progrès réalisés dans le temps pour l’égalité de celles qui sont, sur la Terre, en plus grand nombre que les hommes…

Illustration site ANR

Le livre présente une structure approfondie qui explore les thèmes de la liberté, de la démocratie et de l’État de droit. Le premier aborde la liberté – voie d’or au droit d’agir de sa propre volonté, dans les limites imposées par la loi et le respect des droits d’autrui – sous plusieurs angles, en questionnant sa définition, son histoire, son accessibilité à tous, notamment les femmes et les esclaves, et s’interroge sur la possibilité d’une liberté absolue et sa relation avec l’égalité.

Le second chapitre se penche sur la démocratie, cherchant à la définir, identifier ses critères constitutifs et historiques, ainsi que le rôle de la liberté d’expression comme élément central de la démocratie et des autres libertés. Il propose également des indicateurs pour renforcer les démocraties. La partie sur l’État de droit lie la liberté et l’État de droit, posant des questions fondamentales sur la nature de l’État de droit et sa différence avec la démocratie.

L’ouvrage se poursuit avec des discussions plus ciblées sur l’équilibre entre liberté et égalité dans le cadre de l’État de droit, une analyse de la célèbre citation de Churchill sur la démocratie, et les raisons pour lesquelles un régime démocratique est préférable.

Site www.egalite-femmes-hommes.gouv.fr

Quant au chapitre sur l’égalité, ce dernier se divise en sections examinant l’égalité des droits dans le contexte juridique français et belge, ainsi qu’en droit international, et pose des questions sur le lien entre l’égalité des droits et la reconnaissance des différences individuelles. Il explore également les nuances entre égalité des droits et équité, ainsi que la distinction entre égalité des droits et égalité effective, c’est-à-dire la différence entre l’égalité formelle et l’égalité réelle dans la pratique. La dernière section suggère que l’égalité est non seulement essentielle à la démocratie, mais qu’elle représente aussi un progrès pour l’humanité, indiquant une vision optimiste de l’égalité comme force progressiste.

Le chapitre IV aborde le concept de la laïcité et de la neutralité, en commençant par définir la laïcité, son lien avec l’égalité, et ses interactions avec la liberté d’expression, notamment en contexte de racisme et d’islamophobie. Il examine ensuite la laïcité dans le contexte français et belge. Le concept de neutralité est également exploré, avec une définition et une discussion sur son lien avec l’égalité, ainsi que son application en droit belge et son rôle dans la paix sociale. Le chapitre propose aussi une perspective sur la laïcité comme vecteur d’égalité.

Le chapitre V offre une conclusion et une proposition sur le concept d’« Égalitariat » comme solution aux problèmes soulevés par différents mouvements féministes.

La bibliographie fournit les sources utilisées pour l’élaboration de cet ouvrage, et une section est consacrée à l’auteure Marianne Brück.

Un ouvrage qui suggère une compréhension de l’égalité comme un concept dynamique et multifacette, influencé par des facteurs historiques, sociaux, politiques et juridiques. En analysant l’égalité à travers ces lentilles, Marianne Brück offre des perspectives précieuses sur la manière dont les sociétés peuvent naviguer afin de réaliser l’égalité pour tous. Cette exploration de l’égalité, à la fois comme idéal et comme pratique, soulève des questions importantes sur la nature du progrès social, les responsabilités des États et des institutions internationales, et le rôle des individus et des mouvements sociaux dans la lutte pour une société plus juste.

Marianne Brück a un parcours académique et professionnel riche, partageant sa vie entre la France et la Belgique, et ayant travaillé dans le domaine juridique, la presse et au service public. Son livre vise à offrir un nouveau cadre de réflexion pour progresser au-delà des clivages actuels.

L’Égalité, un courage politiqueDans le monde libre, la Liberté découle de l’Égalité

Marianne BrückCode9, 2024, 282 pages, 22 €

Disponible chez DETRAD.

Masonica Tours : Le programme du Salon du Livre maçonnique !

Le 1er Salon du Livre maçonnique « Masonica Tours » des 1er et 2 juin 2024 est un événement unique pour découvrir la richesse et la diversité de la culture maçonnique.

Le 1er Salon du Livre Masonica Tours se tiendra au célèbre Espace Mame à Tours. Cet événement inédit rassemblera éditeurs et libraires spécialisés dans la franc-maçonnerie, ainsi que de nombreux auteurs, animateurs et conférenciers.

Une programmation riche et variée – conférences, tables rondes, ateliers, animations, soirée festive – que nous publions en exclusivité pour 450.fm.

Vous pourrez ainsi découvrir l’histoire de la franc-maçonnerie, ses symboles, ses rituels et ses valeurs. Vous aurez également l’occasion de rencontrer des francs-maçons et d’échanger avec eux sur leurs expériences.

Un salon gratuit et ouvert à tous

Le Salon du Livre maçonnique est ouvert à tous, que vous soyez franc-maçon, profane ou simplement curieux de découvrir cet univers fascinant. C’est l’occasion unique de percer les secrets de la franc-maçonnerie et de comprendre son rôle dans la société.

Les 8 janvier et 13 mars derniers, nous vous annoncions déjà « MASONICA TOURS-1er Salon du Livre et de la Culture. Réservez la date ! », puis « Masonica Tours : Visuel et message, en exclusivité pour 450.fm ».

Nous retenons la conférence inaugurale « La Franc-maçonnerie et l’imaginaire » de Michel Maffesoli. Ainsi que la table ronde final du dimanche à 16h30 sur « Franc-Maçonnerie et religion ».

Ne manquez pas cet événement unique ! Soyez des nôtres !

Source : l’équipe communication de Masonica Tours

Salon du Livre maçonnique, le site.

Les cathédrales, chemins d’initiation ?

Par Thierry Dupont – www.novimondi.com

Ce titre est évidemment provocateur dans un journal de la Franc-Maçonnerie, et pourtant, et pourtant… Franc-Maçon depuis bientôt 30 ans, et tout autant passionné par la découverte des églises ou cathédrales de notre beau pays, je suis convaincu qu’il y a un chemin d’initiation envisageable à travers la lecture et l’intégration du symbolisme de ces ouvrages de pierre.

Au-delà du message religieux qu’il appartient à chacun d’appréhender, il y a une approche ésotérique possible et un véritable chemin personnel de transformation de soi.

Afin d’expliciter cela, je vous propose l’exemple de la cathédrale Saint-Lazare d’Autun, véritable joyau de l’architecture romane. (Cf. livre Thierry Dupont : Cathédrales, chemins d’initiation – L’expérience intérieure à Saint-Lazare d’Autun. Édition Louise Courteau).

Sur le linteau de cet édifice, nous voyons deux pèlerins, celui de Saint-Jacques-de-Compostelle avec la coquille et celui de Jérusalem avec la croix sur sa besace. Ils nous invitent, dès le départ, à entamer le pèlerinage initiatique de la cathédrale.

Nous commencerons par une sculpture très discrète sur un pinacle à l’extérieur de la cathédrale. Il s’agit d’un escargot, que très peu de personnes sont capables de discerner, car volontairement caché par la floraison qui orne la structure. Discret, voire secret, car il représente un message s’adressant à ceux qui ont la capacité de voir et de comprendre.

Nous sommes, évidemment, en présence d’un premier symbole, qui sera suivi de nombreux autres.

Et ce symbole est celui de l’initié de par la spirale de la coquille indiquant le mouvement ascendant que nous devons effectuer. Il est aussi l’emblème de celui qui possède la connaissance, car, en tant qu’hermaphrodite, il se féconde lui-même et ses cornes dirigées vers le ciel symbolisent ce lien vers le haut. Il est connu dans le symbolisme alchimique, où, en raison de sa lenteur, il figure la « voie humide », la voie la plus longue de l’adeptat par rapport à la « voie sèche », supposée plus rapide pour parachever ce qui est appelé le Grand Œuvre.

Beaucoup ont lu Le Pape des escargots d’Henri Vincenot. Ils savent très bien que, pour l’écrivain bourguignon, le pape des escargots n’est pas le ramasseur des escargots mais le pape des initiés.

Nous n’ignorons pas que le préalable à toute démarche initiatique ou encore de libération est de quitter la matérialité.

Or, il se trouve qu’à Autun, le premier chapiteau en entrant par le collatéral nord représente une espèce de démon courbé dont le corps est écrasé entre le bas et le sommet du chapiteau, signe dans la symbolique romane qu’il est sous la domination de la matérialité. Si cela ne suffisait pas, le personnage est sous l’emprise d’un serpent lui transperçant le corps de part en part, du fondement jusqu’à la bouche. 

Notre monstre est bien l’homme rabougri en proie à ses passions et à ses plus vilains instincts animaux.

Il faudra entamer notre progression en direction de l’homme debout, ne pas rester sous l’emprise du Diable, celui qui divise, du grec diabolo – l’inverse du « symbole », ce qui réunit – du grec sumbolon. Il va falloir maîtriser les énergies du Diable qui nous divisent et nous troublent afin de trouver l’équilibre et l’harmonie.

Le chapiteau suivant est celui de la Nativité.

D’un point de vue religieux, il n’est pas nécessaire de revenir sur l’avènement de Jésus. D’un point de vue initiatique, la scène est assimilée à une nouvelle naissance, celle de l’initié après la mort du vieil homme. Dans le chapiteau précédent du Diable au serpent, l’homme était sous l’emprise de la matérialité et de ses passions internes. La démarche initiatique nécessitera de changer d’état, de passer de la matérialité à la spiritualité et de s’ouvrir à d’autres niveaux de conscience. Il s’agira, symboliquement, de mourir à une vie pour renaître en un homme nouveau et transformé.

Cette nouvelle naissance se fait nécessairementsur la période du solstice d’hiver où, à partir de celui-ci, émerge la lumière, avec des jours qui vont commencer à se rallonger.

Toutes les traditions ont été influencées par l’astre solaire.

Le travail ne s’arrête pas là : ce nouvel homme va vivre une série d’épreuves, d’obstacles qu’il faudra franchir, ou de mise en situation permettant à l’impétrant une sorte de conversion de son intelligence, de son âme tout entière.

– Des conflits internes où il s’agira pour lui de lutter contre sa partie animale.

Ainsi, nous voyons à Autun un homme armé d’un bâton tenant en laisse un ours.

Il ne s’agit pas d’un dresseur d‘animal comme nous le disent certains guides touristiques.

Lorsqu’ils sculptent des monstres ou des bêtes inconnues, les imagiers veulent, en fait, parler de l’homme et de son évolution spirituelle possible.

Il faut donc avoir une lecture tournée sur soi : c’est nous-mêmes qui luttons contre notre partie ténébreuse. Par analogie, en saisissant l’ours, l’homme vise à lutter contre sa partie animale. 

– Des combats spirituels entre les différentes composantes de notre être.

Nous constatons le combat d’un homme et d’un griffon.

L’homme est multiple et doit gérer les différentes composantes de son être s’opposant en lui.

Le griffon, animal hybride, moitié aigle, moitié lion, figure cette double nature : la partie aigle, l’esprit s’élevant de la matière, la force aérienne et volatile, et la partie lion, la force terrestre et fixe.

D’un point de vue alchimique, il s’agit de fixer ce qui est volatil, représenté par l’aigle, et de « volatiliser » le fixe représenté par le lion. Le griffon est ainsi l’emblème de l’union, en un seul corps, de la double nature alchimique.

– Il conviendra de se libérer de ses chaînes (Chapiteau de La délivrance de saint Pierre).

Comme le saint de la légende, il faudra se libérer de nos chaînes, cet enfermement constitué des digues formées par nos a priori, nos préjugés, nos habitudes, nos passions néfastes. Cela revient également à nous détacher de ce qui alourdit la démarche spirituelle.

– Il sera nécessaire de dépasser les oppositions en recherchant la conciliation des contraires.

Nous verrons un autre chapiteau qui n’a rien à voir avec une scène de la Bible. Cela montre bien qu’au-delà des thèmes religieux, il existe la volonté de faire passer un message.

 Il s’agit d’un combat de deux coqs où nous voyons l’éleveur du gagnant      tout souriant tandis que celui du perdant est désespéré. Par analogie, ce chapiteau illustre la confrontation entre les forces positives et négatives en chacun de nous.

Il montre qu’il ne faut pas rester dans une logique d’opposition où il y a toujours un vainqueur et un perdant. Cette sculpture nous invitera à dépasser les oppositions et rechercher la conciliation des contraires pour retrouver l’unité.

– Il faudra lutter contre ses propres tentations, comme Jésus dut lutter contre le Diable, à travers les mésaventures de ces Trois Tentations dans le désert, qui évoquent la convoitise de la chair, des yeux et l’orgueil de la vie.

– Il conviendra de refuser toutes formes d’idolâtrie pour décider par et pour soi-même.

En fait, d’être un « homme vrai » et de ne pas céder à toute idolâtrie aliénante, comme le montre la parabole des Trois Hébreux dans la fournaise ou de Daniel dans la fosse aux lions (photo à gauche).

Plusieurs principes d’action peuvent en découler, comme le fait de ne pas se forger d’idoles humaines pour agir aveuglément sous leur impulsion, de décider par soi-même de ses opinions et de ses actions, de n’accepter aucune idée que nous ne comprenions et ne jugions vraie, ou encore de respecter toutes les opinions, mais ne les accepter pour justes que si elles apparaissent comme telles après les avoir examinées.

– Il faudra maîtriser notre monture, notre partie animale, afin de maîtriser notre royaume intérieur. Il s’agira de devenir maître de nous-même, de notre corps et de l’agitation de nos pensées, à l’instar de ce cavalier qui maîtrise son cheval.

– Fuir le vice et pratiquer la vertu

Aux vices, nous préférerons les vertus, comme sur cette sculpture, où nous regardons la charité dominer l’avarice et la patience l’emporter sur la colère. Nous savons que les obstacles vont s’aplanir de plus en plus sous les pas de l’homme qui persévère dans les sentiers de la Vertu. Tout acte, toute pensée ou tout comportement qui tend à élever l’homme est, par essence, vertueux.

Cet affrontement entre les Vices et des vertus est une référence au poète Prudence (348-405), qui, à travers son œuvre la Psychomachie ou « combat de l’âme », mettait en avant des combats entre jeunes guerriers ou guerrières personnifiant les Vertus et les Vices.

– Il conviendra de faire preuve d’humilité (chapiteau du Lavement des pieds)

La parabole de Jésus lavant les pieds des Apôtres nous mène sur la voie de l’humilité. Nous savons bien que le plus humble est le plus éclairé, car il sait que toute inspiration vient d’en haut.

« Quiconque s’élèvera sera abaissé, et quiconque s’abaissera sera élevé. » (Matthieu 23,12)

– Il faudra s’approprier la musique pour se connecter avec le divin et les arts libéraux.

Sur certains bas-reliefs, comme celui du Sonneur de cloches, nous abordons la musique qu’il faut voir comme un accord de l’âme et du corps pour parvenir à l’harmonie intérieure. L’homme peut ainsi se relier avec le cosmos, à la recherche de la vibration initiale de l’Univers pour être à « l’Uni son » avec le tout. La musique, notamment avec le chant grégorien de l’époque, permettait la communication avec le divin, sublimant et amenant vers la transcendance. Au-delà de la musique, sans doute faut-il y voir une connexion avec l’ensemble des arts libéraux, ces sciences de la parole et du nombre, censées embrasser l’ensemble des connaissances universelles.

– Il faudra ne pas se laisser envahir par ce qui brille d’un effet trompeur (chapiteau de Lazare et du mauvais riche).

À la richesse aliénante et provocatrice du mauvais riche, qui peut parfois se trouver à l’intérieur de nous, nous préférerons le comportement de Lazare exprimant le détachement de tout bien matériel, des plaisirs égotistes, de la soif de possession et de domination. C’est la justice redistributive mise en avant dans cette parabole.

Il en est de même avec le chapiteau de Moïse et du veau d’or. De nos jours, le veau d’or, c’est le « profit à outrance », les affaires, l’appât du gain…

– Il faudra faire le sacrifice de son égo ou de son orgueil avec la légende de Simon le Magicien. qui se voulait l’égal des apôtres et crut pouvoir s’envoler dans les airs avec de simples ailes accrochées aux bras et à aux jambes avant de chuter lamentablement.

– Nous assisterons à la floraison de notre propre parole.

En fin de parcours, nous assisterons à la floraison de notre propre parole avec ce personnage dont s’échappent de la bouche de magnifiques arabesques florales garnies de quatre bons et beaux fruits. Ces méthodes sont fort utilisées par les sculpteurs du Moyen Âge pour exprimer, par la progressivité du feuillage – de la feuille à la fleur et de la fleur aux fruits –, la fécondité et la fructification de la démarche.

La parole est maîtrisée, elle n’est plus mal placée, malveillante ou blessante ; au contraire, elle est vertueuse et bienfaisante.

Nous pouvons également y voir un lien avec la notion de parole perdue, ce symbole du lien coupé avec la tradition, la parole originelle de la création.

 – Tout au long du parcours, nous serons sous la surveillance d’une chouette aux ailes déployées positionnée dans l’abside, qui observe notre progression.

Connue pour sa sagesse – elle a la capacité de voir en pleine nuit – elle représente la vigilance dont nous devons faire preuve et, par sa clairvoyance, elle nous invite à l’exploration de nos ténèbres intérieures.

– Nous reviendrons à la source de la tradition.

Au final, nous reviendrons à la source de la tradition à travers deux compositions se trouvant dans le chœur de l’édifice, l’endroit le plus sacré.

Celle de la Fuite en Égypte, le pays des pharaons où Moïse s’est entretenu avec la divinité à travers la scène du buisson ardent, mais aussi le lieu d’où Moïse entame sa libération du peuple élu.

Et celle des Quatre fleuves qui sortent du Paradis (cf photo), l’endroit d’où a émané, dans la Bible, le premier couple humain, qui ramène symboliquement l’initié à la source de la création.

 Il indique pour l’adepte le sens de la démarche dans un aller/retour permanent en direction de ce Paradis imaginaire.

– L’apothéose, de la Lumière à l’Orient

Enfin, nous terminerons notre pèlerinage initiatique en nous positionnant à l’orient de l’édifice, devant un chapiteau de l’abside représentant un Christ en majesté, identique, même si plus petit et abîmé, à celui du tympan principal.

Le chemin est terminé. Devant celui qui annonçait « Je suis la lumière du monde », le cheminant, arrivé à ce stade de sa progression, devient l’être lumineux qui pourra, dorénavant, diffuser cette clarté autour de lui, notamment en direction de ceux qui sont encore dans les ténèbres. Il lui reviendra d’éveiller la petite flamme que chacun porte en lui, pour aider à promouvoir une humanité fondée sur la liberté, la tolérance et l’amour.

Nous noterons d’ailleurs que, sous le Christ, se trouvent trois anneaux de perles en arc de cercle, dont la forme ressemble étrangement à un arc-en-ciel.

L’observateur « attentif » nous fera savoir qu’il a vu en début de parcours, sur le tympan occidental, un même arc-en-ciel. Il confirmera d’une manière tout à fait pertinente ce que nous avons voulu montrer par notre développement : il y a bien un chemin initiatique que le sculpteur a mis en évidence en début et en fin de parcours, par ce signe de l’alliance entre les hommes.

L’initié deviendra l’apôtre et le messager de cette loi d’amour, à l’instar de celui qui annonçait : « Aimez-vous les uns les autres. »

Nous ressortirons alors pour répandre au dehors la lumière que nous avons perçue dans l’édifice. Continuer pour répandre à l’extérieur les valeur d’amour, de vertu et de sagesse.

Cette pérégrination à travers les chapiteaux de la cathédrale Saint-Lazare porte toutes les caractéristiques d’un parcours de transformation pour l’Homme en quête d’élévation.

C’est, assurément, un chemin d’initiation, certes particulier et différent, par rapport à la démarche maçonnique, mais en aucun cas, à mon sens, contradictoire, bien au contraire.

Ne dit-on pas que c’est à chacun de trouver son chemin de Lumière ? L’expérience intérieure dans la cathédrale d’Autun en est un parmi bien d’autres.

Voici un très bref aperçu des 74 chapiteaux historiés qui définissent le chemin d’initiation dans la cathédrale Saint-Lazare d’Autun.

Précisons que le tympan de la cathédrale portant la scène du Jugement dernier, avec ses voussures et encadré de six colonnes portant des chapiteaux historiés, n’a pas été traité ici. Son interprétation symbolique dépasserait, et de loin, la teneur de cet article.

L’interprétation symbolique de ces sculptures est transposable dans la plupart des cathédrales, des églises, des abbayes de notre pays. Nombreux en sont les thèmes identiques.

Avec un regard maintenant plus aiguisé, il sera possible de retrouver des données identiques, des points de comparaison, des invariants en quelques sortes pour mieux développer notre interprétation ésotérique des chapiteaux et ainsi explorer d’autres « chemins d’initiation » au gré des églises et autres cathédrales.

Thierry Dupont – thierry-dupont@sfr.fr
Lien de présentation du livre : http://youtu.be/jecm6DTAdlE
En librairie et sur www.novimondi.com

Des arènes aux stades: L’odyssée du sport ou l’épopée athlétique

Jean-Manuel Roubineau, Maître de conférences en histoire ancienne à l’université Rennes 2, nous invite à plonger dans les origines du sport avec son dernier ouvrage. Il offre une plongée fascinante dans l’aube de l’histoire sportive, remontant aux origines de cette pratique dans la Grèce antique. L’auteur explore la genèse des premiers espaces dédiés au sport, tels que les gymnases et les stades, et la mise en place d’un ensemble de compétitions régulières, de disciplines sportives et de règles strictes.

L’analyse, très experte, de Jean-Manuel Roubineau ne se contente pas de relater l’histoire, mais examine comment le sport reflétait et modelait les normes et les valeurs sociétales, en particulier autour de la concurrence et de l’excellence. Il décrit avec vivacité comment les athlètes, incarnant les vertus du citoyen-soldat, sont devenus des figures centrales du paysage social pendant plus d’un millénaire. Ces champions, qu’ils soient coureurs, lutteurs ou pentathloniens, étaient célébrés et immortalisés par leurs communautés à travers des poèmes, des statues et divers privilèges.

Il dépeint un monde où la compétition et la quête de l’excellence façonnent les valeurs fondamentales de la société, et où la figure de l’athlète, véritable incarnation du citoyen-soldat, domine le paysage social pendant plus de mille ans. Les héros de l’arène, qu’ils soient coureurs, lutteurs ou champions du pentathlon, deviennent les emblèmes de leurs communautés, célébrés à travers la poésie, immortalisés par des statues, et bénéficiant de privilèges considérables.

Jean Manuel Roubineau – Source Mollat, Bordeaux

Cependant, l’auteur met également en lumière les tensions entourant ces athlètes et l’admiration populaire ne les préservant pas de la critique des élites, telles que philosophes et médecins, qui remettent en question l’utilité et soulignent les risques et les dangers de leur mode de vie.

Orwell sur sa carte de membre du Syndicat national des journalistes (National Union of Journalists) en 1943.

Nous avons particulièrement apprécié la citation attribuée à l’écrivain, essayiste et journaliste britannique Eric Arthur Blair, plus connu sous son nom de plume George Orwell (1903-1950), surtout connu pour deux de ses romans, 1984 et La Ferme des animaux qui offrent une critique cinglante du totalitarisme et de l’abus de pouvoir. Ces œuvres ont établi George Orwell comme l’un des commentateurs politiques et sociaux les plus perspicaces de son époque. « Le sport, c’est la guerre, les fusils en moins » offre une perspective puissante et provocatrice sur la nature du sport et son rôle dans la société.

Cette analogie entre le sport et la guerre, moins la violence mortelle, met en lumière plusieurs dimensions du sport (compétition et conflit ; nationalisme et identité ; règles et éthique ; cohésion sociale et catharsis).

Ave cet ouvrage, plongez aux racines de notre passion collective : là où le sport rencontre l’histoire, et où chaque compétition résonne comme un écho des batailles antiques, sans l’acier des épées mais avec toute la ferveur des âmes.

Le Sport-Récit des premiers temps sert donc de pont entre l’ancien et le moderne, montrant comment le sport a continuellement servi de reflet complexe des idéaux sociétaux, des conflits et des changements. Jean-Manuel Roubineau, avec son expérience approfondie en histoire ancienne et auteur d’œuvres notables tels que À poings fermés-Une histoire de la boxe antique (PUF, 2022),  Milon de Crotone, ou l’invention du sport (PUF, 2016), Les cités grecques (VIe-IIe siècle av. J.-C.)-Essai d’histoire sociale (PUF, 2015) – Prix du Livre d’Histoire de l’Europe 2016 – apporte une compréhension profonde et nuancée à cette exploration des racines antiques du sport.

Une histoire fascinante qui résonne encore avec nos pratiques sportives contemporaine

Le Sport-Récit des premiers temps

Jean-Manuel RoubineauPUF, 2024, 184 pages, 12 €/EAN : 9782130838289

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Platon et les Francs-maçons : hommes des cavernes ?

« Le mythe a été sauvÉ de l’oubli et ne s’est point perdu. Il peut, si nous y ajoutons foi, nous sauver nous-même »

Platon (La République, Livre X)

Dans son livre : « Œil ouvert et cœur battant » François Cheng conduit son lecteur à la notion de résonance. Il écrit (1) : « Les touches de Fra Angelico, de Botticelli, de Rembrant, de Vermeer, de Poussin, de Watteau, c’est l’âme qui résonne ». Cela veut dire qu’il ne convient pas de plier sous le prestige de quelques grands noms, mais d’utiliser, dans la profondeur de leur sublimation nécessaire, un lieu de construction de soi et de liberté.

Statue de Platon

S’ils deviennent incontournables c’est qu’ils sont devenus un catéchisme qui est récitation et fin de l’innovation. Nous pourrions dire que l’allégorie de la caverne de Platon relève de cette dérive, en particulier en Franc-Maçonnerie où elle est devenue presque un élément du rituel et où il serait indécent de n’en pas faire référence. Mauvaise note si la caverne est oubliée !

Mais, l’allégorie est-elle une référence à la pensée maçonnique ? Platon dans « La République » prend il l’exemple de la caverne et de l’ascension vers la lumière et la spiritualité comme un « remake » terriblement employé dans l’Antiquité et par la suite dans le christianisme (Et la Franc-Maçonnerie !), ou se sert-il d’une allégorie classique pour nous parler science-politique et création d’une élite qui serait les philosophes (Ou les despotes « éclairés »). C’est un texte où la contrainte sans visage existe, presque un impératif kantien à aller vers la lumière, en tout cas une tension dictée de l’extérieur : on veut que je grimpe alors que je peux me sentir bien dans ma médiocrité et les faux-semblants ! Le Maçon a le choix de son ascension, pas le captif de la caverne qui échappe à lui-même. Le philosophe Claude Romano écrit (2) : « On ne commence à être soi-même que lorsque l’on ne se préoccupe plus du tout de l’être ». Aborder une comparaison de l’allégorie de la caverne et de l’idéal maçonnique oblige à plusieurs cheminements : la différence entre mythe et verbe, évoquer la similitude entre le « Banquet » et l’allégorie de la caverne et, enfin, aborder la différence entre mythe (terme souvent employé) et allégorie pour la caverne platonicienne.

I – Mythos ou Logos ?

Evoquer le mythe, c’est prendre conscience du divorce qui va s’effectuer, peu à peu, dans la Grèce classique entre la naissance d’un rationalisme scientifique et philosophique et le récit mythique. Entre « Logos » et « Mythos », le fossé va se creuser : la philosophie cherche les fondements de ce qui exclut la fiction et donc elle condamne le mythe, qui lui de son côté pense que la vérité ne se laisse pas enfermer dans le seul langage de la rationalité conceptuelle. Platon est lui-même prit dans cette ambiguïté : il veut donner à la recherche de la vérité une rigueur de démonstration et de langage et ne cesse, par exemple, de manifester une grande défiance vis-à-vis des poètes ; pourtant son œuvre est nourrie de récits mystiques qu’il prend à la tradition et qu’il remanie au gré de sa fantaisie ou des besoins de sa démonstration. Il en invente même de toutes pièces ! Il crée un genre nouveau : à l’intérieur du « mythos » antique, même s’il s’en inspire souvent, il ne se confond ni avec les récits de la mythologie grecque, ni avec les histoires légendaires telles qu’elles nous furent relatées par Homère, Hésiode, les tragiques ou les poètes orphiques. Platon lui-même a esquissé une critique des mythes dans « La République », tout en se servant de ce patrimoine au service de ses idées philosophiques. Nous pouvons dire qu’il fait coïncider mythologie et philosophie de façon naturelle et complémentaire à son service. Dès lors, nous pouvons définir le « mythe platonicien » de la manière suivante :

Statut de Platon en marbre blanc

– Le mythe se présente à la manière d’un récit fictif. Sa forme narrative le rapproche de la fable, de l’allégorie, mais le distingue de la simple image, de la métaphore ou de l’analogie dont l’œuvre de Platon est remplie par ailleurs.

– Le mythe rompt avec la démonstration dialectique : il fait appel à l’imagination plutôt qu’au raisonnement, faisant appel à la sensibilité esthétique ou au sentiment religieux.

– Le mythe n’est pas en tant que tel une méthode pour chercher le vrai, mais un moyen de dire le vraisemblable. Il intervient là où la dialectique est inopérante et ne peut donc prétendre au vrai.

– En revanche, le mythe a la prétention du sens. Il n’a pas à être lu et écouté pour lui-même, mais être saisi dans son sens caché. Il est porteur de message et demande donc à être dépassé, traduit, interprété, déchiffré, si l’auteur nous donne les clés d’un décryptage possible, ce qui le cas de l’allégorie dont le sens est explicité image par image.

– Le mythe contient une double intention pédagogique : éclairer l’interlocuteur en difficulté et délasser son esprit fatigué, ou soutenir une discussion qui s’enlise ou piétine. Le mythe se veut donc un stimulant moral et parfois spirituel.

Léon Brunschvicg (3) voit dans l’utilisation du mythe « le retour offensif d’une pensée prélogique ». Nous pourrions y voir plutôt un « Deuteros plous », un changement de cap, auquel Platon nous invite dans le « Phédon » : là où la dialectique se bute au mystère impénétrable, le philosophe préfère à la négation ou au scepticisme l’option hardie pour une croyance, indémontrable certes, mais justifiée néanmoins par son efficacité morale et sa fécondité pragmatique. Treize mythes sont représentatifs dans l’œuvre de Platon, auxquels s’ajoutent trois petits mythes annexes. Une classification peut s’opérer de différentes manières :

– Par la forme et la fonction : on peut distinguer les mythes allégoriques ( Prométhée, Theuth), génétiques (naissance d’Eros, Atlantide) et parascientifiques (la genèse du monde, le séjour de l’âme après la mort). Mais nous pouvons adopter aussi une distinction triple : mythes allégoriques, mythes-conjonctures, mythes-expression d’une conviction.

– Par leur contenu à partir de grands axes thématiques : la condition humaine, la libération spirituelle, la destinée des âmes et le devenir du cosmos.

Le mythe est un éclairage incontestable de l’œuvre de Platon. Entre mythos et Logos, il ne choisira jamais, car il sent leur nécessaire complémentarité dans les grandes interrogations qui sont les siennes et celle de la « Philosophia perennis ». Le mysticisme philosophique paraît comme la continuation du mysticisme religieux où l’homme, dans l’un comme dans l’autre, se laisse absorber par son moi intime. La seule différence qui sépare le mystique philosophique du mystique religieux consiste en ce que le Dieu que celui-là recherche dans les profondeurs de son propre être s’appelle connaissance… Mais le but est le même dans les deux cas : l’ « Unio mystica », la fusion intime avec le Tout. Connaissance et amour sont liés : il ne faut pas oublier qu’en hébreu connaître signifie coïter ! Il nous apparaît donc utile qu’avant d’aborder l’allégorie de la caverne qui est par excellence celle de la connaissance que nous puissions mettre la deuxième démarche vers la fusion mystique du Banquet en parallèle, Platon nous laissant le choix du cheminement vers la vérité du sujet. L’œuvre de Platon s’harmonise autour de deux textes qui conduisent précisément à le vérité du sujet qui est d’atteindre le domaine des Idées en ayant abandonné l’objet qui servait de relais à ce cheminement et qui débouche sur la fusion. Les autres textes nous y préparent ou ne sont que des annexes de ces deux œuvres. Le Banquet et La République illustrent l’essentiel de cette démarche mystique et philosophique. Evoquer l’un suppose que nous devions parler de l’autre, car pour Platon, atteindre le domaine des Idées passent par le choix de l’amour ou de la connaissance.

II – Le Banquet comme similitude a l’allégorie de la caverne (Le Banquet 209e-209 b).

Le récit présente trois caractères qui peuvent le rattacher d’u style d’une narration mythique :

– Il est continu : Socrate y joue le rôle d’un néophyte initié qui se laisse emporter par les déclarations.

– Il est inspiré : une prêtresse, Mantinée, y intervient. On peut y voir sans doute un personnage fictif qui serait un moyen à Socrate et à son Démiurge de donner leur avis. En tout cas le vocabulaire utilisé ressemble à celui dont parle le Phèdre et qui est le vocabulaire des mystères d’Eleusis.

– Il est suggestif et évocateur : il évoque une compréhension supérieure et fait appel à une herméneutique. Le discours de Diotime se meut dans le champ du mythe platonicien, meilleur moyen d’unir, dans la forme comme dans le fond, l’inspiration à la philosophie. Il est d’ailleurs difficile de séparer les deux grands textes platoniciens sur la dialectique ascendante de l’âme, celui de La République (allégorie de la caverne) et celui du Banquet (révélation de Diotime). Il y a chez Platon deux formes d’ascension spirituelle, l’une vers la vérité, l’autre vers la beauté, et deux voies médiatrices : la connaissance et l’amour. Pour avoir parlé de l’une, il nous faut parler de l’autre.

Le Banquet repose sur le mythe d’Aristophane qui est celui de l’androgyne et qui met l’accent sur notre incomplétude fondamentale : sur l’ordre de Zeus, nous avons été coupés en deux, ce qui amène pour l’homme les conséquences suivantes :

– Nous vivons sur le monde de la mutilation et de la séparation. Il est d’ailleurs amusant de relever, dans le langage populaire, que l’on parle du conjoint comme de « ma moitié » !

-Eros n’est que la nostalgie de notre unité perdue. Eros lui-même d’ailleurs a pour mère Carence et Pénurie et tout son être n’est que manque. Heureusement, par son père, il sait trouver les moyens de ses fins (« Poros »), et il est inventif, créatif plutôt que créateur. L’aspect positif d’Eros est qu’il incite le sujet à sortir de lui-même, à se dépasser. Au mieux, nous pouvons retrouver l’unité dans une fusion en vase clos, totalement fermée sur elle-même et qui se transforme de nouveau en une incomplétude angoissante dès que cette fusion artificielle est terminée.

Le discours initiatique, cependant, fait progresser la connaissance : l’objet de l’amour, selon Diotime, est un « enfantement dans la beauté, soit selon le corps soit selon l’âme ». A la tension vers ce que l’on n’a pas et qui est le moteur du désir, s’ajoute le désir de fécondité. L’amour est fécond dans sa banalité de procréation et dans celle de création intellectuelle, spirituelle ou artistique. Mais après l’initiation (téléa, époptika) vient la révélation : nous devons alors nous élever des beautés sensibles à la Beauté absolue, en gravissant un à un les degrés de l’échelle. L’amour est un moteur de transcendance qui se sert de la matérialité changeante de l’objet de l’amour, afin d’atteindre l’éternité de l’idée. Pascal Quignard fait largement allusion à la force de la sexualité qui utilise les objets pour une autre destination que celle du pur plaisir. Il écrit (4) : « La sexualité comme polymorphe, aberrante, errante. La sexualité humaine désynchronisée, sans objet, désinstinctualisée, ne se réalise jamais. Elle aberre dans le monde. C’est un ça qui a faim, qui a soif, qui a sommeil, qui désire, qui rêve. Qui bout comme la terre qui explose et laisse fuser sa lave. Désir sexuel qui se pose çà et là et qui différencie tout pour tuer et pour mourir, pour rénover tout par la mort ». L’ascension vers la réalité suprême, à-travers le beau, se fait par étapes, « gradatim » dirait Descartes, sous la conduite d’un guide reconnu qui serait le maître-maïeute de la réminiscence, l’accoucheur des esprits, ou le guide mystérieux (le « ON ») de l’allégorie de la caverne. Cette dernière s’inscrira dans une réflexion globale sur l’éducation du philosophe, futur gouvernant de la cité, et ne sera essentiellement qu’intellectuel : décrire le mouvement ascendant de l’intelligence, de l’illusion de savoir au savoir véritable, la rectification des faux savoirs et l’acquisition des vrais savoirs. Dans le Banquet, l’essentiel serait le même : le Vrai, le Bien, le Beau, ne sont que des manifestations de la même et unique Réalité Suprême. L’amour est « Metaxu », intermédiaire entre moi et l’autre, intermédiaire entre des contraires, mais surtout intermédiaire entre le sensible et l’intelligible, entre l’humain et le divin. C’est de cela dont on parle quand on évoque l’ « amour platonicien » qui n’est que l’utilisation de l’autre pour parvenir à une transcendance, « s’envoyer en l’air » ! Si le sujet met espoir dans l ‘amour relationnel, il ne va qu’à la déception car la visée est plus métaphysique que charnel Ce que disait Jacques Lacan à travers sa célèbre définition de l’amour : « C’est vouloir donner ce que l’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas » ! Lui-même animera un séminaire (1960-1961) sur le thème du Banquet, intitulé : « Le Transfert ». Le Banquet nous amène à la question de l’amour comme nécessité ou comme passage. Platon, d’une certaine façon, nous dit que nous aimons l’autre parce qu’il nous sert à parvenir, à-travers le plaisir, à une dimension spirituelle qui serait de loin la plus importante et si le partenaire ne répond plus à cela, il y aurait recherche, transfert sur un autre. Vision pessimiste que nous allons retrouver dans l’allégorie de la caverne.

III – La caverne : mythe ou allégorie ? (La République vii, 514 a- 519 d)

Il est important de comprendre que La République et les Lois sont, avant-tout, des écrits politiques et que les mythes ou allégories utilisées sont là pour présenter ce qu’il en serait d’une cité idéale dirigée par une élite, alors qu’au départ c’était la figure du tyran qui devait occuper la place de dirigeant unique, en prenant l’avis de philosophes éclairés. Place que revendiquait Platon auprès du tyran Denys Ier à Syracuse en Sicile à la suite de son invitation, aux environs de 388, alors qu’il a une quarantaine d’années. Denys Ier est le maître absolu depuis 17 ans et règne presque sur toute la Sicile. Il est capital de faire mention qu’il enferme ses ennemis dans une grotte dénommée « l’oreille de Denys » (l’histoire nous disant que le tyran venait écouter ses victimes car la sonorité lui permettait d’entendre leurs discours et leurs plaintes et où il les laissait mourir de faim). Cette grotte se visite encore aujourd’hui dans les environs de Syracuse et est à la base du texte platonicien. Platon, désireux de convertir Denys Ier en tyran éclairé va se servir de cette sordide réalité pour la transformer en allégorie, où il veut présenter le pouvoir d’état aux mains d’un philosophe qui permettrait à quelques-uns de sortir de l’ombre pour partager le pouvoir avec lui. Ces « happy few » venant des classes moyennes et aspirant à rejoindre l’aristocratie. Ce qui vaudra à Platon l’étiquette, par les marxistes, de « Philosophe de la petite-bourgeoisie » ! Bien entendu, pour Denys Ier, il n’est pas question de partage du pouvoir et, à terme, jugera comme inopportune la présence de Platon en Sicile. Ce dernier rentrera à Athènes en 387, guérit des tyrans ! Le choix du renvoi de Platon par Denys Ier avait été dicté par son hostilité à Athènes après la condamnation de Socrate à boire la cigüe. Platon, revenu à Athènes va se consacrer à la fondation de l’Académie qui est le rêve d’un centre d’éducation de la jeunesse pour la formation d’une élite dont le modèle reste le philosophe, et qui serait destinée à la conduite des affaires de l’État. Eux seuls redescendraient dans la caverne pour y diriger ceux qui veulent rester dans l’ombre. Naturellement, il va se servir de l’allégorie de la caverne pour un enseignement qui reste politique en priorité et dont l’idéal est la constitution d’une société de castes, à l’image de l’Inde : brahmanes, guerriers et producteurs. L’anthropologue Georges Dumézil (1898-1986) avait d’ailleurs souligné l’héritage philosophique indo-européen chez les philosophes Grecs et leur conception tripartie de la société. Mais, bien entendu, les interprétations de cette allégorie vont être multiples Examinons-en quelques-unes.

La caverne nous intéresse en général car elle a, inconsciemment, pour chaque sujet, des résonances intimes profondes qui se traduisent, soit par une sensation de plaisir, soit par une sensation d’angoisse, en faisant référence à la sexualité ou à la situation prénatale. La caverne est le lieu mythique où nous entrons et sortons, que nous recréons après notre naissance, comme le « lieu d’avant » (la maison, l’église, la voiture, le parti, la loge, etc.) La sexualité elle-même est une tentative de retrouver le lieu amniotique qui ressemblait à un paradis. Comme dans l’allégorie platonicienne, les hommes n’ont guère envie d’aller vers la lumière extérieure, où ils sentent qu’ils ne vont trouver que des paradis artificiels, jamais satisfaisants par rapport à celui qu’ils quittent à la minute de leur naissance, là où le cordon ombilical est coupé. Freud y verra l’ « instinct de Nirvana » comme aspiration à l’ « éternel retour ». Le psychanalyste Otto Rank (1884-1939), dans son célèbre « Le traumatisme de la naissance » (1924) fait référence à Platon et sa caverne (5) : « L’idéal platonicien qui se manifeste dans cette manière de voir, la rupture avec le monde sensible, qui était pour Platon la rançon de son orientation vers le monde intérieur, trouve une admirable expression, et qui projette une vive clarté sur ce qu’il y a de subjectif dans les idées de Platon, dans sa célèbre comparaison de l’existence humaine avec le séjour dans une caverne souterraine sur le mur de laquelle on ne voit que les ombres des choses et des événements réels. La comparaison avec la caverne n’est pas seulement, ainsi que l’avait soupçonné Winterstein, un « phantasme ayant pour objet la vie intra-utérine » : elle nous permet, en outre, de pénétrer profondément dans l’esprit du philosophe qui tout en conservant l’Eros, le grand stimulateur de toutes choses, comme le désir nostalgique du retour à l’état primitif, créa cette conception, dans la théorie des idées, ce qui peut être considéré comme l’expression de la plus haute sublimation philosophique »…

Avant d’aller plus loin, il convient de rappeler ici ce qu’il en est de la différence entre le mythe et l’allégorie :

– Le mythe raconte une histoire et met des personnages individualisés, situés dans le temps et l’espace et a une signification implicite

– L’allégorie décrit un état, « comme un tableau immobile », nous dit le philosophe suisse Perceval Frutiger. Elle est de portée essentiellement générale et présente des types d’humanité, et elle a une signification explicite, volontairement explicitée par l’auteur qui en donne la clé, mettant côte à côte l’idée abstraite et son signe concret. Les allégories ne sont plus alors que des comparaisons, de simples « eikonès », des « images analogiques » que l’on ne peut, dès lors, assimiler à des mythes. L’allégorie n’expose pas une théorie de la connaissance, mais elle applique cette théorie. Donc, il y aurait une voie vers un possible salut.

Dans une vision philosophique plus classique, nous pouvons déterminer un certain nombre d’orientations. En premier lieu l’allégorie s’inscrit dans le symbole de la ligne qui représente les quatre genre d’objets connaissable dont se compose l’univers. L’allégorie tire de cette division les conséquences relatives à l’éducation. Les connaissances de l’ignorant se bornent aux deux premiers segments, les « horata » et les « doxata ». L’éducation nous élève jusqu’aux « noëta inférieurs » et seul le dialecticien peut atteindre les « noëta supérieurs ». Cette peinture de l’homme peut être rapprochée de l’homme sans culture et celle de l’homme éduqué, celle des hommes nourris dans les tribunaux et ceux qui sont nourris par la philosophie, que nous retrouvons dans le Théétète (172c-177c). Si nous convenons que la caverne est bien une allégorie, elle n’est ni une simple comparaison, comme la torpille du Ménon, ni une image au même titre que les cygnes d’Apollon dans Phédon, ni même une analogie comme la ligne proportionnelle du livre VI de la République. C’est un récit symbolique riche en interprétation diverses : la philosophe Geneviève Droz, le qualifie de « mythe allégorique ».

Il débute au commencement du livre VI de la République, avec en toile de fond la question capitale : a qui le gouvernement de l’État doit-il être confié ? Cela amène le philosophe à se poser un certain nombre de questions :

– l’essence politique est la création et le maintien d’une cité idéale juste. Vision en opposition que reprendra St. Augustin dans l’opposition entre « Jérusalem terrestre » et « Jérusalem céleste ».

– Cette cité harmonieuse est composée de trois classes à l’image des trois parties de l’âme et qui devra répondre à la triple exigence du travail (les producteurs), du dévouement au bien public (les gardiens), de la gestion rationnelle et sage (les philosophes et les magistrats).

– Les futurs dirigeants de la cité ne pouvant accéder à leur tâche qu’au terme d’une longue démarche intellectuelle et d’une rigoureuse éducation morale. Mais, chez Platon, il y a déjà sélection : en sont exclus les marchands de prophéties et d’exorcismes, l’artiste parce qu’il n’est qu’un imitateur, le travailleur manuel car englué dans la matière, le sophiste, et naturellement l’esclave.

Cette démarche exige le passage de l’ignorance à la connaissance, objet essentiel de l’éducation. Il se fait par degrés : ainsi, progressivement, l’intelligence ira-t-elle à la fois du plus illusoire au plus réel, du plus obscure au plus lumineux, les Idées étant elles-mêmes éclairées par la source de toute lumière, le Bien.

C’est alors que l’on passe de l’analogie à l’allégorie. L’analogie est statique et représentait les degrés de la connaissance correspondant aux degrés de l’être tandis que l’allégorie est dynamique et raconte l’histoire d’une ascension. L’analogie est explicative tandis que l’allégorie est didactique, elle donne une représentation concrète ou imagée qui est immédiatement compréhensible. Le récit de l’allégorie se déroule en quatre temps :

– Un descriptif de la caverne et de notre enchaînement : les hommes enchaînés sont à notre image, dans un monde artificiel des réalités que nous ne connaissons que par leur apparence, où l’illusion est totale, puisque depuis leur naissance les captifs confondent la réalité avec les simulacres. Mais cette situation sans responsabilité est somme toute confortable et représente un certain pouvoir que développera plus tard Hegel dans sa dialectique du maître et de l’esclave. Les captifs ne fonctionnent que par ouï-dire. Ils sont ignorants mais croient savoir, et plus encore que l’esclave qui se croit libre. Existe aussi un sens de la faute, dans Phèdre (246a-249b), dans la métaphore de « l’attelage ailé », Platon écrit à propos des âmes : « Ce jugement rendu, les uns se rendent aux prisons souterraines et y purgent leur peine, les autres vont quelque part dans le ciel, allégées par l’arrêt de justice, et vivent comme elles l’ont mérité par leur existence sous la forme humaine ». On peut supposer, chez Platon, l’existence d’un ciel et d’un enfer, ou supposer que la connaissance est un paradis et l’ignorance un enfer. Le feu dans la caverne serait l’illustration d’un « soleil trompeur », bien en-deçà de la lumière extérieure. Platon dénonce ici la suffisance de ses ennemis de toujours, les Sophistes, qui se vantent de voir la lumière, alors qu’ils ne voient que l’apparence, le faux-semblant.

– La « Periagogê », la conversion. Va apparaître dans cette séquence l’influence du « On » mystérieux, dont nous parlions précédemment, et à qui certains captifs vont obéir. Il les contraint à regarder les objets dont ils n’avaient jusque-là perçu les ombres. Est-il un dieu, un homme, ou une force intérieure qui les pousse à se dépasser en permanence ? C’est en tout cas un véritable arrachement de sortir de la caverne de la « doxa », de l’opinion superficielle. Cela suppose une conversion de tout l’être (Rappelons-nous que « convertere » signifie « se tourner tout entier ») qui amène à l’abandon de la nostalgie d’une passivité perdue et l’apprentissage d’un savoir qui amène l’accouchement des jugements personnels. C’est un passage du « on dit au je pense ». Il y a souvent une réaction brutale à l’éveil des sujets, allant parfois jusqu’au meurtre ou à l’exclusion du gêneur : « Ainsi parlait Zarathoustra » en est une belle démonstration !

– L’ « Anabasis » ou le long travail de l’ascension. Cette ascension vers la lumière suppose un travail constant d’apprentissage, particulièrement dans le domaine des sciences abstraites (géométrie, arithmétique, astronomie). Pour Platon, ce sont des sciences « éveilleuses et propédeutiques », et elles préparent à l’abstraction suprême, celle des Idées.

– La régression vers les ténèbres. Elle est conditionnée par la question : « Qu’est-ce que « Là-Haut ? ». Platon est prudent : en fait, il pense que, ici-bas, on ne peut atteindre la sagesse qui appartient aux dieux, ni la vérité que seules quelques âmes, non encore incarnées, ont eu le privilège de connaître autrefois. Le « Philodoxe », l’amoureux de l’opinion courante, est devenu un amoureux de la sagesse, mais nous savons que l’amour n’est que tension, désir et incertitude de sa réalisation. Cela signifie que l’ascension est permanente. De surcroît, celui qui approche de la lumière, tel Moïse, risque de se brûler les yeux, mais aurait aussi pour mission de redescendre, comme dans le Bouddhisme du « Grand Véhicule » ; éclairer ceux qui sont encore dans les ténèbres et donc renoncer au nirvana pour lui-même, comme les « Boddhisatvas », pour le salut de ceux qui sont détournés de la lumière. Geneviève Droz écrit (6) : « Tant d’autres, en-bas, vivent encore dans l’ignorance et le mensonge. Et comme si l’on n’avait pas le droit de conserver pour soi seul un bien, pourtant si durement conquis, comme si l’acquisition de la vérité n’avait de véritable sens que propagée et partagée, comme si le vrai lieu de la philosophie ne devait pas être là-haut, dans la majestueuse « plaine de la vérité », mais bien en-bas, là où se trouvent les hommes, leurs joies et leurs détresses, notre philosophie redescend. Piètre retour, où se mêlent aveuglément maladresse d’un côté, ricanements, sarcasmes, voire menaces et désir de meurtre de l’autre. Après tout, Socrate n’a-t-il pas lui-même été assassiné par les Athéniens, et tant d’autres persécutés par la bêtise et la suffisance de ceux qui ne veulent rien comprendre ? »

Si le monde sensible n’est que la grossière copie du monde intelligible, si la seule vérité est du côté des Idées, l’homme est l’habitant de deux mondes : il peut, à la fois, se satisfaire des illusions mensongères de la caverne, mais aussi en sortir afin de s’approcher d’une vérité qui n’est souvent que la sienne, en partant du principe que nous sommes bernés en permanence sans le savoir et que nous vivons dans le leurre, en toute insouciance et ignorance. La dialectique ascendante peut amener l’homme à la contemplation de l’intelligible dans la lumière de l’Idée du Bien (La République), comme l’amour peut permettre, au terme d’une lente gradation de saisir intuitivement la Beauté, c’est-à-dire l’Absolu du Beau dans sa divine et éternelle majesté (Le Banquet). Mais ceux, rares, qui atteignent le haut ne peuvent y demeurer : la quête de la vérité ne saurait se désolidariser du devoir. Ce que nous rappelle encore Geneviève Droz : « La philosophie n’est ni évasion, ni retranchement, ni rupture, ou elle ne l’est que le temps d’une ascension personnelle, elle est au contraire enracinement, prise en charge du monde et de l’histoire, investissement de soi dans la « commune demeure ». A ses risques et périls »…

Il est intéressant de constater qu’à la fin de la République (X, 617d-621b) Platon ré-utilise un mythe de résurrection d’Er le Pamphylien, du Léthé, de l’empire des morts, pour évoquer la réincarnation en fonction de la vie passée mais surtout pour évoquer la faiblesse constitutionnelle de l’homme qui ne peut se passer de guides : dans Phédon (81d-82b), il dit que les âmes qui ont pratiqué la tempérance et la justice par habitude, émigreront dans des espèces animales sociales ou dans le corps de braves-gens, mais que seules les âmes amies du savoir émigreront dans l’espèce divine. Ce n’est pas pour rien que ce mythe clôture la République, ouvrage consacré à la raison gouvernante, dominante et triomphante. Mais elle n’est pas seulement qu’une chance de salut pour la cité fragile : elle donne sens aux destins individuels. Le message de Platon s’y trouve condensé : il convient qu’en tout lieu du monde et qu’en tout temps, la pensée réfléchie règne en souveraine, dans la cité et les âmes. C’est le prix à payer pour le salut du cosmos. Mais nul n’est vertueux volontairement. Y a-t-il chez l’homme une violence naturelle, une méchanceté innée qui en fait une bête immonde faisant voler la société en éclats ? La question hantera Machiavel, Hobbes, Rousseau, Freud…Et aussi la Franc-Maçonnerie !

IV – Conclusion

La Franc-Maçonnerie, ô combien ! s’est inspirée de l’allégorie de la caverne dans ses rituels ou ses réflexions. L’idée commune est celle de l’ascension et elle emploiera le symbolisme de l’échelle pour illustrer la pensée platonicienne, bien que cette échelle ait plus à faire avec la théologie de Jean Clinmaque (579-649) qui nous conduit, théoriquement, à la grâce plutôt que la voie ascendante de Platon qui vise la formation de l’élite de la cité ! Cette allégorie de l’échelle peut nous faire songer également, dans une métaphore guerrière, aux échelles le long des remparts d’une ville à conquérir (La Jérusalem terrestre ?). Bernard de Clervaux le résumerait ainsi (7) : « Nous sommes ici comme des guerriers sous la tente, cherchant à conquérir le ciel par la violence, et l’existence de l’homme sur la terre est celle d’un soldat. Tant que nous poursuivons ce combat dans nos corps actuels, nous restons loin du Seigneur, c’est-à-dire de la lumière. Car Dieu est lumière ».. L’esprit maçonnique est contenu dans le renversement des perspectives, ces passages de relais, cette quête mutuelle du mystère et des correspondances, en utilisant un itinéraire spirituel s’étageant selon ce que, Bernard de Clervaux appelle une « échelle d’humilité » allant de la crainte à l’amour, en passant par l’obéissance, l’effacement volontaire, le silence. C’est, en fait, un programme pour rassembler les trois ordres de toute société : ceux qui combattent, ceux qui prient, ceux qui produisent. Le secret de la Jérusalem terrestre tient à une alchimie entre pouvoir et spiritualité, commandement et humilité, en oubliant pas la dimension du « silence de l’écoute » qui conduit à un type de communion et de communication qui s’instaure alors à l’égard d’autrui et à l’intérieur de soi-même, permettant d’accéder, de « clarté en clarté » à l’absolu et à son sens de l’universel. De cet « Unique nécessaire » viennent d’étranges lumières que les gnostiques appelaient « substances lumineuses » et que Jung assimilera aux archétypes, ces « luminosités germinales » qui luisent dans l’obscurité de l’inconscient. La réconciliation avec le monde se perçoit le plus souvent à-travers une sensation de lumière intérieure. D’ailleurs, William Blake disait : « Nous sommes mis sur terre un bref instant pour apprendre à supporter les éblouissants rayons de l’amour ». La Maçonnerie repose sur une dynamique d’unification qui apparaît comme un voyage sans retour sur une ligne de crête très étroite où le sens de l’équilibre est à reconquérir à chaque pas, avec le risque de chuter de l’échelle. Mais cela ne se borne pas à une imitation, un catéchisme. Il convient d’ajouter sa pierre à celles d’un édifice plus grand dont il se sent consciemment le bâtisseur, mais à son corps défendant, comme s’il ne faisait que répondre aux impulsions que le monde lui imprime. En Maçonnerie la circulation élévatoire du sens procède par intégration ascensionnelle des fonctions de l’âme. Existent trois mondes : sensibila, inteligibilla et intellectibilia, ainsi que trois niveaux de l’âme et trois relations de connaissance et d’amour avec ces trois mondes auxquels on accède qu’en étant particulièrement prédisposé et déterminé.

La Franc-Maçonnerie, en regard à l’allégorie de Platon, vit ce que nous pourrions appeler un « optimisme ascensionnel » qui n’est pas de mise pour l’auteur ! En effet, il y a une impérieuse obligation de retour dans la caverne pour les quelques courageux qui voulurent escalader le chemin vers la lumière : la quête personnelle de la vérité ne saurait se désolidariser du devoir, ingrat, de l’éducation de l’autre. Tant qu’à l’amour, l’autre n’a que la fonction de me faire accéder, de façon parcellaire ou changeante à la beauté qui est l’antichambre des Idées. Amour et connaissance ne sont que des moyens, jamais une finalité. S’ils ne sont pas dépassés, ils deviennent sans intérêt et sont à l’image de l’attelage ailé du Phèdre (246a-249b) : « Quand ils vont au festin, au banquet, ils gravissent l’escarpement qui mène à la voûte soutenant le ciel : dans cette montée, les attelages des dieux, équilibrés et faciles à conduire, progressent avec aisance, mais les autres, n’avancent qu’à grand peine, car le cheval qui est rétif tire vers le bas, faisant pencher le char vers la terre, et alourdissant la main du cocher qui n’a pas su le dresser. C’est alors que l’épreuve et le combat suprême attendent l’âme. Car celles des âmes qui sont dites immortelles, quand elles atteignent le sommet s’avancent au-dehors, se dressent sur le dos de la voûte céleste, et là, debout, se laissant emporter par la révolution circulaire, contemplent les réalités qui sont en dehors du ciel ».

L’autre, dans la vision platonicienne, dans l’amour et la connaissance va me servir à m’élever et mon choix va être d’opter pour le bon ou le mauvais cheval, ou éventuellement d’en changer, car seule compte mon illumination qui me conduit au monde des Idées ! L’autre est-il mon prochain ? Rien n’est moins sûr chez Platon… Le but est de faire accéder à la connaissance quelques rares personnes qui étaient dans l’ombre et de les faire redescendre pour y exercer le pouvoir de diriger ceux qui étaient, qui sont, qui veulent rester dans l’ombre. Le Maçon, lui, éclairé par son ascension, choisit de redescendre, par charité, dans le monde de la matérialité. Nous sommes donc dans l’opposition entre le monde du pouvoir et celui de la fraternité et l’opposition entre le monde laïc et celui de la spiritualité. Pour faire de l’humour, nous pourrions dire que Platon vise à la création d’une forme d’ « E.N.A. » alors que la Maçonnerie serait plutôt du côté d’un Institut philosophico-théologique ! En tout cas, la Maçonnerie choisit le logos au lieu du mythos. Elle n’a nullement à s’occuper de ce qui peut et doit être cru, elle se doit de discerner que ce qui se laisse savoir. Ce que traduit Arhur Schopenhauer quand il écrit dans son célèbre ouvrage, « Le monde comme volonté et comme représentation » (8) : « Nous ne sommes pas seulement le sujet qui connaît, mais que nous appartenons nous mêmes à la catégorie des choses à connaître, que nous sommes nous-mêmes la chose en soi, qu’en conséquence, si nous ne pouvons pas pénétrer du dehors jusqu’à l’être propre et intime des choses, une route, partant du dedans, nous reste ouverte : ce sera en quelque sorte une voie souterraine, une communication secrète qui, par une espèce de trahison, nous introduira tout d’un coup dans la forteresse, contre laquelle étaient venues échouer toutes les attaques dirigées du dehors… »

Il convient d’éviter la confusion entre cause et conséquence, et ce que nous dit Platon dans son allégorie est que la forme de la vie et de la réalité est le présent seul, non l’avenir, ni le passé : ceux-ci n’ont d’existence que comme notions, relativement à la connaissance, et parce qu’elle obéit au principe de raison suffisante. Jamais homme n’a vécu dans son passé, ni ne vivra dans son avenir, c’est le présent qui est la forme de toute vie. Pour Platon, nous ne sommes que des manifestations de l’Idée qui, apparaissent et disparaissent, pareils à des rêves instables.

Dans « Jacques le fataliste » Denis Diderot définit ainsi la place de l’homme : « Un château immense, au frontispice duquel on lisait : « je n’appartiens à personne, et j’appartiens à tout le monde : vous y étiez avant que d’y entrer, vous y serez encore quand vous en sortirez. » Tant que la crainte et la fatigue existent chez le sujet, il n’y a pas de bonheur durable ni repos, car la connaissance de l’Idée passe par la contemplation pure, le ravissement de l’intuition, la confusion entre sujet et objet, l’oubli de toute individualité. Dès lors, il est indifférent d’être dans la caverne ou dans un palais pour contempler le cosmos. La caverne devient alors nécessaire pour percevoir ce qu’il en est du faux-semblant et de la qualité de la vraie lumière comparée à la semi-obscurité. Jean de la Croix, dans « La nuit obscure » (9), nous explique fort bien la nécessité de la nuit pour mieux accueillir la lumière. Mais une question métaphysique, incessante chez Platon se pose : y aurait-il un « Dieu-artisan » vers qui je dirigerais mes pas à-travers l’obscurité ? Chez Platon, ce Dieu-artisan n’est nullement créateur et ne fait rien « ex-nihilo » : il ne fait qu’organiser une matière existante de toute éternité, en imitant un modèle existant, en fonction d’Idées et de nombres, déjà inscrits dans le monde intelligible. Le « Dieu-démiurge » n’est en aucun cas l’auteur de ce qui est : la matière, le modèle intelligible et l’artisan cohabitent de toute éternité (Timée 29c-30c). Chez Platon, la montée vers la lumière, contrairement à la Maçonnerie, n’autorise pas les chemins de traverse comme le sont les rituels, il faut être dans la ligne, l’ « orthé », la « pensée droite ». L’obéissance à un impératif catégorique est une sorte de leitmotiv de l’allégorie. Mais, au-delà de l’obéissance absolue prônée par Platon, le Franc-Maçon est plus sensible au message de Schopenhauer (10) : « Au contraire, le véritable et pur amour, et même la libre équité, procèdent déjà de l’intuition qui voit au-delà du principe d’individuation, laquelle, arrivée à son plus haut degré, conduit à la sainteté absolue et à la délivrance ; elle se manifeste par cet état particulier que nous avons décrit et qui est la résignation, par la paix profonde qui l’accompagne, par la béatitude infinie au sein même de la mort. »

Dès lors, il convient au Maçon, de faire prévaloir la vie sur le pourrissement et la plénitude sur la destruction…

Sacré chantier !

 NOTES

– (1) Cheng François : Œil ouvert et cœur battant. Paris. Ed. Desclée de Brouwer. 2011. (page 48).
– (2) Romano Claude : Être soi-même. Paris. Ed. Gallimard. 2019. (page 61).
– (3) Brunschvicz Léon : Philosophe français (1869-1944). Enseignant à la Sorbonne, spécialiste de Kant et Hegel, mais aussi de Platon et Spinoza. Ses principaux ouvrages sont : « La modalité du jugement » (1897) ; « Les étapes de la philosophie mathématiques » (1912) ; « Le progrès de la conscience dans la philosophie occidentale » (1927) ; « La raison et la religion » (1939).
– (4) Quignard Pascal : La vie n’est pas une biographie. Paris. Ed.Galilée. 2019. (page 48).
– (5) Rank Otto : Le traumatisme de la naissance. Paris. Ed. Payot. 1976. (pages 176 et 177)
– (6) Droz Geneviève : Les mythes platoniciens. Paris. Ed. Du Seuil. 1992. (page 99).
– (7) Montagu Jean-Yves et Martel Olivier : L’âme cistercienne. Paris. Ed. Du Chêne. 1999. (page 12).
– (8) Rosset Clément : Schopenhauer. Paris. PUF. 1968. (pages 62 et 63).
– (9) Jean de la Croix : La nuit obscure. Paris. Les éditions du Cerf. 1992.
– (10) Schopenhauer : idem (page 102).

 BIBLIOGRAPHIE

– Blondel Joseph : Les ombres de la caverne. Paris. Ed. Ellipses. 2001.
– Bonhner-Cante Marie-Hélène : Platon et la sexualité. Toulouse. Éd. Euop-Repress. 1981.
– Buttin Anne-Marie : La Grèce classique. Paris. Éd. Les Belles Lettres. 2000.
– Brisson Luc : Platon, les mots et les mythes. Paris. Éd. Maspéro. 1982.
– Brun Jean : Platon et l’Académie. Paris. PUF. 1979.
– Châtelet François : Platon. Paris. Éd. Gallimard. 1965.
– De Romilly Jacqueline : La Grèce antique à la découverte de la liberté. Paris. Éd.Biblio/Essai. 1989.
– Descombes Lucien : Le platonisme. Paris. PUF. 1971.
– Dixsout Monique : Métamorphoses de la dialectique dans les dialogues de Platon. Paris. Éd. Vrin. 2001.
– Frutiger Perceval : Les mythes de Platon. Paris. Éd. Alcan. 1930.
– Jeannière Abel : Platon. Paris. Ed. Du Seuil. 1994.
– Lacan Jacques : Le transfert. Livre VIII. Le Séminaire. Paris. Éd. du Seuil. 2001.
– Platon : Oeuvres complètes. Paris. Ed. Flammarion. 2011.
– Rosset Clément : Schopenhauer, philosophe de l’absurde. Paris. PUF. 1967.
– Schul Pierre-Maxime : La fabulation platonicienne. Paris. Ed. Vrin. 1947
– Mazel Jacques : Socrate. Paris. Ed. Fayard. 1987.
– Vernant Jean-pierre : Mythe et société en Grèce ancienne. Paris. Éd. Maspéro. 1974.
– Vernant Jean-Pierre et Vidal-Naquet Pierre : La Grèce ancienne. Du mythe à la raison. Paris. Éd. du Seuil. 1990.
– Vernant Jean-Pierre : Mythe et pensée chez les Grecs. Paris. Éd. Maspero. 1954.

450fm fête ses 3 ans aujourd’hui !!!

C’est l’histoire de 40 Frères et Sœurs qui se regroupent autour d’un projet de création du premier journal maçonnique francophone.

36 mois plus tard, cette source quotidienne d’informations propose un fonds gratuit de 5700 articles en libre service. À raison de 5 articles tous les jours, 7 jours sur 7, toute l’année, 450fm est devenu le premier journal d’information francophone au monde en terme de lecteurs et de nombre de pages lues. Les chiffres qui vont suivre en sont la démonstration. Mais auparavant, retraçons en quelques lignes l’histoire de ce projet.

Depuis des années, l’information maçonnique tournait autour d’un pôle officiel avec L’Express représenté par François Koch, et de 3 pôles secondaires avec Hiram.be de Geplu, GADLU.info d’Alain Subrebost et le Blog des Spiritualités de Jean-Laurent Turbet. Nous ne parlerons pas des sites obédientiels ou encore de Franc-maçonnerie Magazine qui n’est ni blog, ni journal, mais le premier et le seul magazine de la Franc-maçonnerie francophone – avec qui, d’ailleurs, nous sommes partenaires sur des événements culturels tels les Rencontres Initiatiques-Spiritualité en Franc-Maçonnerie ou les Estivales Maçonniques en Pays de Luchon du 29 juin prochain.

Il y avait donc une place à prendre et le public était en attente.

Comme pour tout projet, de nombreuses réunions préalables eurent lieu. Nous nous retrouvions en visio afin de choisir le nom ou encore le Logo. Cela fut l’occasion d’assister à des discussions enflammées. Certains ne donnaient pas cher d’un nom que personne ne comprendrait au premier abord.

il n’est pas aisé de devoir expliquer à tous les lecteurs curieux que 450 est la somme des angles du compas (360°) et de l’équerre (90°) = 450

Une fois tout le monde d’accord, il restait quelques points d’achoppement. Fallait-il produire 2, 3, 5 articles/jour… ou plus… ou moins ? Qui allait permettre à ce carrousel infernal de fonctionner pour les 10 prochaines années 365 jours/an ? Cette question fut, elle aussi tranchée. Tout était prêt à démarrer et un matin d’avril 2021, le vendredi 9 pour être précis, à 5h du matin, le premier article prenait place sur ce manège informationnel. C’est le début d’une grande aventure.

Depuis 36 mois, aucune panne, aucune défaillance humaine, aucun repos. Le résultat est probant puisque nous augmentons de mois en mois l’audience. Rien qu’au cours des 3 derniers mois, c’est 20 % de croissance en termes de lecteurs supplémentaires.

Le courrier de la rédaction est parfois surprenant, il y a quelques semaines, nous avons reçu un courriel d’un Frère qui souhaitait nous remercier, car il avouait utiliser 450fm pour s’inspirer dans la rédaction de ses planches. Nous n’aurions jamais pensé qu’un journal d’information puisse inspirer la rédaction de planches. D’autres nous informent qu’il reprennent les articles tous les jours pour les rediffuser dans le groupe privé WhatsApp de leur loge.

Même Google Actualité reprend l’intégralité des articles.

Vous saviez que l’IA de Microsoft source ses infos chez 450fm ?

Plus récemment, c’est l’Intelligence Artificielle qui fut la grande nouveauté. En effet, pour nourrir sa base de données l’IA de Microsoft avec l’application Copilot a sélectionné parmi ses sources d’information 450fm.

Nous avons demandé à Copilot de rédiger une planche en 15 secondes il produit un texte qui vaut certains travaux entendus en loge. Nous vous invitons à faire le test. Voici le résultat et surtout… ses sources d’inspiration.

Voyons les chiffres de près…

Comme vous pouvez le constater sur le graphique ci-dessus, le journal a accueilli :

  • 141 000 visiteurs uniques en 90 jours ;
  • dont la moitié, grâce à Google/un tiers grâce à la newsletter quotidienne et le reste grâce aux réseaux sociaux ;
  • Les moteurs de recherche ont permis la vue de 1 million et demi de pages au cours de cette même période ;
  • 80 000 clics ;
  • 74 000 visiteurs uniques grâce, en grande partie, à Google.

Une lettre d’information unique en son genre

Chaque matin, à 4h précise, 10 000 courriels sont adressés aux abonnés. Elle comprend les cinq infos de la veille.

Comme vous pouvez le vérifier sur cette capture d’écran, sur presque 10 000 envois, 1 abonné sur 2 ouvre son message pour lire son journal. Cela signifie 5 000 lecteurs supplémentaires.

Vous vous souvenez du journal « .˙. 3 POINTS C’EST TOUT .˙. » ?

Durant quelques semaines, nous avions produit des journaux Vidéo quotidiens

Les lancements récents et les projets à venir…

Il y a quelques semaines, nous avons lancé le premier Monastère Maçonnique Laïc.

  1. Des partenariats sont en cours de signatures avec des grands noms de la Franc-maçonnerie pour nouer de nouvelles alliances.
  2. La Lumière qui est la version papier de 450fm est en cours de relance.
  3. Un projet qui concerne la vie de tous les Francs-maçons est en cours de réalisation.

Comme vous pouvez le constater, nous n’aspirons pas au repos.

450.fm exprime sa gratitude infinie envers tous ses lecteurs, qu’ils soient sœurs, frères, amis(ies) profanes de tous horizons. Vous constituez la raison fondamentale de notre existence !

Un mal insidieux en loge, le clanisme

Nous avons une philosophie humaniste qui ne peut qu’attirer les personnes porteuses « de hautes valeurs morales », nous proclamons la liberté de conscience et le respect mutuel des différences, rien que cela devrait permettre à bien des individualités de se sentir à l’aise en loge, et malgré cela, il y a des conflits et des ruptures.

Cet état de fait explique que les effectifs n’arrivent pas vraiment à décoller et que la crédibilité de la parole maçonnique ne soit pas au top ! « Pas vraiment sérieux !» nous lance-t-on lorsqu’on propose d’expliquer notre démarche.

Plusieurs raisons peuvent être trouvées pour expliquer cette réalité ; mais il y en a une qui est rarement explicitée. Et si la raison de cet état de fait était dû à un mal insidieux que l’on rencontre dans tous les groupements : la dérive clanique ?

Dans la loge, un sous-groupe se forme, bien souvent à partir d’anciens ou d’anciennes vénérables ; les coups de téléphone, des rencontres préparatoires et des colloques singuliers permettent un échange d’informations et l’élaboration de décisions. Il suffit ensuite d’un comité de maîtrise ou d’un collège d’officiers ou d’officières pour présenter un pseudo débat car tout a été décidé et le benêt qui présenterait une proposition alternative se verrait gentiment relégué dans ses cordes !    Circulez, il n’y a rien à discuter !

Le système est tellement parfait que même ceux qui en sont victimes, parce qu’exclues de la prise décision, n’y trouvent rien à redire !

Dans le monde profane, le clanisme est beaucoup plus structuré car il s’agit d’enjeux beaucoup plus importants ; tout le monde convient qu’il peut être redoutable ! C’est le clanisme qui est à la base du système mafieux !

Le clanisme c’est une dérive « douce » de la démocratie participative. Celle-ci exige que les informations soient diffusées pour toutes et tous et que les décisions soient prises après des échanges respectueux des différences ! La confusion entre les grades et la hiérarchie, qui normalement n’existe pas en loge, explique que les titulaires des hauts grades participent souvent au clanisme !

Au Droit Humain le système mis en place par Georges Martin s’apparente au clanisme ! Il suffit de lire le livre « Histoire du Droit Humain dans l’Est de la France »  pour en retrouver les preuves. Son génie lui a permis de concevoir un système qui permettra au DH de résister et de perdurer. Ce système se perpétua après sa mort mais comme dans tout système clanique, la figure tutélaire se voit érigée en icône !

Les couples dans une loge peuvent participer à la mise en place d’un système clanique.

Le clan n’aime pas les étrangers et les étrangères (celles et ceux qui n’ont pas été initiés dans la loge) dont on ne sait pas d’où ils ou elles viennent ; comme on ne peut pas toujours les empêcher de rejoindre un atelier, le système clanique sait les isoler sans rien dire.

De nombreux francs-maçons sincères ne se rendent pas compte de cette dérive insidieuse qui leur paraît même « démocratique » ; c’est l’habitude et cela permet de diriger une loge de façon efficace !

Le silence est un grand atout du système clanique qui sait s’arranger pour que les décisions soient prises avant tout débat. Quand le système est en place, il n’y a rien d’autre à faire que d’accepter ou de s’en aller ! Le clanisme n’admet aucune discussion !

Le danger du clanisme est qu’il travestit les valeurs morales dont la franc-maçonnerie se dit porteuse !

Parole, parole, mais au total la loge fonctionne sur un mode autocratique !

Marionnette et main de marionnettiste

Comment se débarrasser du clanisme ?

  • D’abord rétablir le vote à bulletins secrets dans toutes les décisions de l’atelier ; avec le vote électronique c’est très facile à condition qu’on ne puisse pas savoir la nature du vote exprimé !
  • Introduite le vote par le choix au hasard.
  • Faire circuler toutes les informations à tous les membres de l’atelier sans distinction de grades.
  • Interdire les mandats multiples dans différentes structures : un seul mandat pour celles et ceux qui ont des responsabilités !
  • Donner aux loges la fonction de prendre en charge le remboursement des frais de déplacement de ses membres élus.
  • Prendre conscience du problème et montrer son caractère pernicieux !

En conclusion

J’ai conscience que c’est un sujet douloureux. Même si le clanisme est très répandu, toutes les loges n’y succombent pas ! Bien souvent, il s’agit d’un mode fonctionnement qui semble « traditionnel » ! Le clanisme utilise souvent la langue de bois et les « berceuses » pour faire croire qu’il est un défenseur de la « spiritualité maçonnique ».

Jean-Claude LEVY : nouveau Président de MATHUSALEM France

MATHUSALEM France a la joie de vous faire part de l’élection de son nouveau Bureau dont le nouveau Président est Jean-Claude LEVY, membre du G.O.D.F. Jean-Claude s’est engagé dans les actions de bienfaisance depuis de nombreuses années, notamment dans l’aide au retour à l’emploi des sœurs et des frères au sein de l’Association de Solidarité Emploi des Bouches-du-Rhône.

Très actif également au sein de l’association MATHUSALEM 13 dont il assume la présidence depuis 2010, il a été l’un des moteurs de la création de MATHUSALEM France.

En tant que nouveau Président, Jean-Claude Levy tient en priorité à exprimer sa gratitude à l’égard de tous les membres des 21 associations MATHUSALEM régionales pour leur engagement sans faille à poursuivre l’œuvre des deux fondateurs de MATHUSALEM, nos frères Jacques SIOU du G.O.D.F. et Raymond RICHARDSON de la G.L.D.F.

Il rend hommage à leur persévérance à faire rayonner l’amour fraternel et réitère sa volonté à poursuivre cet héritage empreint de compassion et de dévouement.

À l’occasion de ces élections, le président Jean-Claude LEVY a annoncé la remise en route du site national www.mathusalem-france.fr et rappelé la raison d’être de MATHUSALEM France, différente mais complémentaire à celle des associations MATHUSALEM régionales

I – Qu’est-ce que MATHUSALEM France

Créée en 2019, l’association loi 1901 MATHUSALEM France est un « outil », un « moyen », un « facilitateur » mis à disposition de toutes les associations régionales du territoire national ou hors Hexagone pour les aider dans la mise en action de leur mission, chacune conservant sa pleine et entière autonomie en matière administrative, financière et de gestion, dans le respect de la Charte des associations Mathusalem  

Pour cela MATHUSALEM France a vocation à :

  • Être le lien entre les associations MATHUSALEM régionales du territoire national ou hors Hexagone qui partagent les mêmes objectifs : le développement d’actions de bienfaisance, de solidarité, d’assistance et d’accompagnement de sœurs et frères que l’âge ou la maladie a éloignés de leur loge.
  • Contribuer au développement et au soutien des dites associations MATHUSALEM, ou de celles qui souhaiteraient se créer ;
  • Être un lien et développer les relations entre les institutions nationales et les associations régionales ou hors Hexagone
  • Créer, mutualiser et mettre à leur disposition tous les moyens de communication et d’aide à leur développement
  • Faciliter le partage d’expériences, la constitution de groupes de réflexion et l’organisation de toutes réunions et manifestations répondant aux objectifs ci-dessus définis 

Ii – Que sont les associations régionales Mathusalem ?

La première association pluri-obédientielle MATHUSALEM a été créée à Paris le 6 octobre 1987 par les Frères Raymond RICHARDSON (G.L.D.F.) et Jacques SIOU (G.O.D.F.) après avoir appris qu’un frère ancien, sans famille et sans ressources, avait été mis en terre au quartier des indigents, sans personne pour l’accompagner dans son dernier voyage.

À ce jour, il existe 21 associations loi 1901 dont 4 Outre-mer, qui fonctionnent en pleine autonomie dans le cadre d’une Charte commune et avec les mêmes objectifs : venir en aide aux sœurs et frères ne figurant plus sur le tableau de leur loge, et atteints par les vicissitudes de la vie et de l’âge. Cette assistance est également étendue à leurs veuves et à leurs veufs.

Quelle est leur raison d’être ?

  • Parce que : nous avons, moralement et humainement, un devoir de reconnaissance pour ce qu’ils ont fait avant nous et pour nous. Et qu’à ce titre, nous devons à nos ainé(e)s aide et assistance morale et matérielle dans tous les actes de leur vie, jusqu’à leur passage à l’orient éternel, que ni les Loges, ni les sœurs ou les frères, ni les obédiences, ni même quelques fois leur propre famille, ne peuvent pleinement assumer au quotidien.
  • Parce que : si le développement des connaissances médicales permet à chacun d’envisager une vie de plus en plus longue, il ne le met pas à l’abri de l’affaiblissement de ses facultés.
  • Parce que : si la vieillesse est faite de moments de joies et de petits bonheurs, elle charrie également son lot de détresses morales, physiques ou financières et ses moments de solitude.
  • Parce que : souvent une démission masque le poids devenu trop lourd d’une capitation d’une sœur ou d’un frère dont la retraite a réduit les capacités pécuniaires.
  • Parce que : leur absence prolongée sur les colonnes, puis leur disparition du Tableau de leur Loge les effacent « naturellement » de notre mémoire, et que loin des yeux n’est pas loin du cœur pour un franc-maçon.
  • Parce que : l’évolution de la pyramide des âges due au « Papy-boom » et l’allongement continu de la durée de vie (79,5 ans pour les hommes et 85,4 ans pour les femmes) créent une nouvelle problématique à laquelle sont confrontées toutes les Obédiences.
  • Parce que : le jour de son initiation, le franc-maçon a prêté serment d’aide et assistance à ses sœurs et frères. Qu’il s’est engagé à mettre en pratique la grande loi de la solidarité et à porter assistance aux faibles.

QUELLES SONT LES ACTIONS ENTREPRISES ?

La première et la plus difficile est de retrouver nos ainé(e)s avec lesquels le lien de la fraternité a été rompu depuis qu’ils ont quitté les colonnes, et pour qui la pratique d’une solidarité active devient plus essentielle encore dans cette période de leur existence, jusqu’à leur départ pour l’orient éternel.

Sur le plan social :

  • Assistance sur le plan administratif, juridique, social, etc. pour celles et ceux qui sont aux prises avec des problèmes et que l’âge rend plus difficile à résoudre ;
  • Aide pour le placement en maison de retraite, de soins et convalescence ;
  • Entretien d’un lien régulier avec les Sœurs et Frères isolés, à domicile, en milieu hospitalier ou en EHPAD ;
  • Aides pour les courses et travaux domestiques divers ;
  • Accompagnement dans les déplacements pour celles et ceux qui ont des difficultés physiques, ou lors promenades ;
  • Appui financier lorsque cela est possible ;
  • Etc.

Dans le domaine de la culture et des loisirs :

  • Sorties théâtres, conférences ;
  • Tenues Blanches Ouvertes ;
  • Repas périodiques dans les temples ou les restaurants ;
  • Anniversaires ;
  • Repas de Noël et repas d’été avec remise de cadeaux ;
  • Etc.

Quelles sont leurs ressources ?

Les associations MATHUSALEM régionales ne bénéficient d’aucune subvention obédientielle. Leurs ressources se composent uniquement de :

  • Adhésions des sœurs et des frères ;
  • Dons des sœurs et des frères ;
  • Médailles des loges ;
  • Legs éventuels par l’intermédiaire des Fondations obédientielles.

Comment pouvez-vous les aider ?

Les associations MATHUSALEM ne peuvent fonctionner qu’avec l’appui du plus grand nombre de sœurs et frères.

  • Elles ont besoin de vos adhésions comme de votre engagement en qualité « d’accompagnant(e) » de nos ainés(ées) ou de « référent Mathusalem » permanent dans vos loges.
  • En acceptant de mettre à disposition un peu de votre temps pour rompre la solitude de leur quotidien.
  • Également par l’apport de vos conseils dans le cadre de votre spécificité professionnelle (avocat, notaire, médecin généraliste ou spécialiste, juriste…).

« Merci de tout cœur de votre aide et de votre engagement à nos côtés et près de nos anciens, car « Quand la route est longue, il est dur de marcher seul »

  • J.-C. LEVY

CONTACT

Le Dessin de Jissey : « Parler de ce que l’on a vraiment lu »

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Suite à la rémission des péchés pour les Sœurs et Frères participant au prochain FESTIVAL D’HUMOUR d’Aix-en-Provence, JISSEY sollicite son absolution pour cause d’humour, bien qu’il n’ait jamais interviewé un auteur maçonnique sans avoir lu son ouvrage.

Nonobstant, il se tient à la disposition du GRAND COLLEGE DES GRANDS MAITRES INSTALLES pour interviewer ceux, parmi eux, qui auraient publié un ouvrage intéressant et empreint – sinon d’humour – tout au moins du recul nécessaire face aux certitudes maçonniques que l’on voit parfois éditées…