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En 1750, en route vers Paris, le Vénitien Giacomo Casanova est reçu apprenti franc-maçon à Lyon, dans l’une des trois loges que compte alors la ville. Il le raconte lui-même dans Histoire de ma vie, dont le manuscrit est conservé à la Bibliothèque nationale de France. Deux mois plus tard, il reçoit à Paris le grade de compagnon, puis celui de maître. Kronobase date l’événement de 1751 ; les sources consultées retiennent 1750. La maçonnerie accompagnera dès lors l’aventurier dans ses voyages à travers l’Europe des Lumières.
Date : 1750
Lieu : Lyon, France
Lyon, carrefour maçonnique

Au milieu du XVIIIe siècle, Lyon, grande ville marchande et soyeuse, compte trois loges : la Grande Loge écossaise, l’Amitié et les Amis choisis. La ville deviendra plus tard un foyer majeur du mysticisme maçonnique, avec Jean-Baptiste Willermoz. C’est à ce carrefour entre l’Italie et Paris que s’arrête Casanova, alors âgé de vingt-cinq ans.
Le récit de Casanova
Dans Histoire de ma vie, Casanova écrit simplement : « Je suis devenu franc-maçon apprenti ». Il attribue son entrée en loge à un « respectable personnage » rencontré chez M. de Rochebaron. Les sources ne s’accordent pas sur la loge : la Bibliothèque nationale de France évoque l’une des trois loges lyonnaises, peut-être à l’instigation de son ami Antonio Balletti, tandis que 450.fm cite l’Amitié, dite aussi les Amis choisis.
De l’apprentissage à la maîtrise
Arrivé à Paris, Casanova reçoit environ deux mois plus tard le grade de compagnon, puis, quelques mois après, celui de maître, dans la loge du comte de Clermont selon la BnF. Il tient la maîtrise pour le grade suprême et juge que les titres conférés au-delà ne sont que des inventions symboliques qui n’y ajoutent rien. Il fréquentera notamment la loge Saint-Jean de Jérusalem.
Un aventurier des Lumières
Né à Venise en 1725, fils de comédiens, Giacomo Casanova mène une vie d’errance qui le conduit dans toute l’Europe : Paris, Londres, Saint-Pétersbourg, Prague. Joueur, diplomate officieux, écrivain, il s’évade en 1756 de la prison des Plombs de Venise. Il finit sa vie comme bibliothécaire du comte de Waldstein, lui aussi franc-maçon, au château de Dux, en Bohême, où il meurt en 1798.
Le rôle de la maçonnerie dans sa vie

Casanova justifie son initiation par l’utilité d’appartenir à une fraternité présente dans toutes les villes d’Europe. Certains historiens, comme Guy Chaussinand-Nogaret, ont souligné l’importance de ces réseaux maçonniques pour les voyageurs du XVIIIe siècle ; d’autres ont suggéré un rôle d’émissaire, hypothèse qui reste discutée. Les souscripteurs de son roman Icosaméron, imprimé à Prague, sont en majorité des frères.
Postérité : un manuscrit national
Le manuscrit autographe d’Histoire de ma vie, rédigé en français à Dux entre 1789 et 1798, est aujourd’hui conservé au département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France. Le passage sur l’initiation lyonnaise figure parmi les témoignages les plus connus sur la sociabilité maçonnique du XVIIIe siècle, et l’initiation de Casanova reste l’une des plus célèbres de l’histoire maçonnique.
Repères chronologiques
- 2 avril 1725 : naissance de Casanova à Venise.
- 11 décembre 1743 : élection du comte de Clermont à la tête des loges de France.
- 1750 : initiation à Lyon, puis grades de compagnon et de maître à Paris.
- 1756 : évasion de la prison des Plombs à Venise.
- 1788 : publication de l’Icosaméron à Prague.
- 4 juin 1798 : mort de Casanova au château de Dux.
Le saviez-vous ?
Casanova espérait que son roman d’anticipation, l’Icosaméron, lui apporterait la gloire. L’ouvrage, imprimé à Prague à 366 exemplaires, eut pour souscripteurs une majorité de francs-maçons, signe de l’importance de ce réseau jusque dans ses dernières années.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Initiation, Apprenti, Maître, Hauts Grades Supérieurs au troisième degré, Giacomo Casanova (Personnalité), Jean-Baptiste Willermoz (Personnalité).

