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Jean-Baptiste Willermoz, né à Lyon le 10 juillet 1730 et mort dans la même ville le 29 mai 1824, est un négociant en soieries et l’une des figures majeures de la franc-maçonnerie du XVIIIe siècle. Élu coën, disciple de Martinès de Pasqually, chancelier de la Stricte Observance templière à Lyon, il est l’inspirateur du convent des Gaules de 1778 et l’organisateur du convent de Wilhelmsbad de 1782, d’où est issu le Rite écossais rectifié.
Un soyeux lyonnais

Aîné de treize enfants, Jean-Baptiste Willermoz appartient à la grande bourgeoisie marchande de Lyon. Il est fabricant d’étoffes de soie et d’argent, rue des Quatre-Chapeaux, et consacre une part de son temps à l’administration bénévole d’œuvres de bienfaisance. Son frère Pierre-Jacques, médecin et chimiste, collabore à l’Encyclopédie.
Des premières loges aux Élus coëns
Initié à vingt ans, Willermoz est vénérable de sa loge dès vingt-trois ans. Il contribue à fonder la Grande Loge des maîtres réguliers de Lyon, dont il devient grand maître en 1761, et qui ajoute aux sept hauts grades alors pratiqués un huitième, celui de « grand maître écossais, chevalier de l’épée et de Rose-Croix ». En 1763, avec son frère, il fonde le Souverain Chapitre des chevaliers de l’Aigle noir Rose-Croix, tourné vers la recherche alchimique.
En 1767, à Versailles, il est admis aux premiers grades de l’ordre des Élus coëns de Martinès de Pasqually, puis reçoit le grade de Réau-Croix. Avec Louis-Claude de Saint-Martin, il approfondit la doctrine de la réintégration lors des « Leçons de Lyon », tenues de 1774 à 1776.
De la Stricte Observance au convent des Gaules

Au début des années 1770, Willermoz entre en relation avec le baron de Hund et rejoint la Stricte Observance templière, dont il devient chancelier du chapitre de Lyon ; il y est armé sous le nom d’Eques Baptista ab Eremo, avec pour devise « Vox in deserto ». En 1774, il fonde à Lyon la loge La Bienfaisance.
Réuni à Lyon en 1778 sous son impulsion, le convent des Gaules reconnaît les grades secrets de Profès et Grand Profès et constitue l’ordre des Chevaliers bienfaisants de la Cité sainte (CBCS), qui substitue à la filiation templière une chevalerie spirituelle d’inspiration chrétienne.
Wilhelmsbad et la naissance du Rite écossais rectifié
Face aux divisions de la Stricte Observance, Willermoz organise en juillet 1782 le convent de Wilhelmsbad, qui réunit trente-trois délégués venus de toute l’Europe. Il y défend l’orientation spirituelle héritée de Martinès de Pasqually, sans parvenir à rallier tous les délégués, mais le convent consacre la naissance du Rite écossais rectifié.
Profondément chrétien, il se montre très réservé à l’égard de Cagliostro, dont il met en garde les frères lyonnais en 1785. Inquiété sous la Révolution, il se cache dans l’Ain en emportant ses archives maçonniques, puis devient conseiller général du Rhône sous le Consulat. Il relance les CBCS en 1804 et meurt à Lyon à quatre-vingt-treize ans ; il repose au cimetière de Loyasse.
Le père du Rite écossais rectifié
Willermoz occupe une place singulière dans l’histoire de la franc-maçonnerie française : héritier des Élus coëns et de la Stricte Observance, il a su réunir ces courants dans un système cohérent, d’inspiration chrétienne et chevaleresque. Le Rite écossais rectifié, toujours pratiqué par plusieurs obédiences en France et dans le monde, demeure son œuvre et le fruit le plus durable de la maçonnerie lyonnaise du XVIIIe siècle.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Jean-Baptiste Willermoz.

