Ce soir, à Rennes, la Franc-Maçonnerie fait du bonheur un Art Royal : une invitation à découvrir l’OITAR

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Non, le bonheur ne se décrète pas, et la Franc-Maçonnerie ne prétend pas en posséder la formule. Pourtant, elle propose depuis trois siècles une méthode singulière pour apprendre à mieux se connaître, à rencontrer l’autre et à donner du sens à son existence. Vendredi 9 octobre 2026, à Rennes, Thomas Denicourt, ancien Grand Maître Général de l’Ordre Initiatique et Traditionnel de l’Art Royal (OITAR), invitera le public à découvrir cette aventure humaine et spirituelle lors d’une conférence gratuite intitulée « La Franc-Maçonnerie, un art de vivre et une science du bonheur ».

Et si le bonheur s’apprenait ?

Dans une société où l’accélération permanente, l’incertitude et les fractures humaines semblent parfois dicter leur loi, la question du bonheur retrouve une singulière actualité. Non celui que promettent les marchands de bien-être, les recettes de développement personnel ou les injonctions contemporaines à la réussite, mais un bonheur plus exigeant, patiemment construit, qui naîtrait de la connaissance de soi, du dialogue avec autrui et de l’accord progressivement recherché entre la pensée et l’action.

C’est cette perspective qu’explorera, le vendredi 9 octobre prochain à Rennes, Thomas Denicourt, à l’occasion d’une conférence publique organisée autour de l’Ordre Initiatique et Traditionnel de l’Art Royal, avec notamment la Loge rennaise « La Pierre Levée », dans le cadre d’une initiative réunissant des Loges de l’Ouest – Saint-Malo et Nantes.

Le thème choisi, « La Franc-Maçonnerie, un art de vivre et une science du bonheur », possède une profondeur philosophique qui mérite d’être soulignée, car il suggère que la démarche initiatique ne relève ni d’une simple appartenance associative ni d’une accumulation de connaissances symboliques, mais d’un véritable apprentissage de l’existence.

Depuis Aristote, qui associait l’accomplissement humain à l’exercice de la vertu, jusqu’à Spinoza, pour lequel la joie accompagne l’accroissement de notre puissance d’agir, la philosophie occidentale n’a cessé d’interroger les conditions d’une vie bonne. La Franc-Maçonnerie apporte à cette interrogation une réponse particulière : elle ne se contente pas de réfléchir au bonheur, elle propose de travailler sur soi pour en découvrir les conditions intérieures.

Thomas Denicourt, une expérience initiatique à partager

Âgé de 51 ans, initié à 26 ans, Thomas Denicourt possède un parcours maçonnique qui lui permet d’aborder cette question avec le recul de l’expérience et la familiarité d’une longue pratique.

Thomas Denicourt Ancien Grand Maître Général de l’OITAR

Ancien Grand Maître Général de l’OITAR, il a accompagné une fraternité maçonnique dont la vocation consiste à faire vivre une tradition initiatique fondée sur le symbolisme, la transmission et la liberté de conscience.

Il décrit notamment la Franc-Maçonnerie comme « un monde de calme, sans enjeu autre que d’apprendre et de s’enrichir spirituellement et intellectuellement ».

Cette définition possède une force particulière dans une époque dominée par la compétition, les rapports de pouvoir et la recherche permanente de résultats mesurables. Elle rappelle que le Temple maçonnique peut constituer un espace où la valeur d’un individu ne dépend ni de sa fortune, ni de sa position sociale, ni de son influence, mais de sa capacité à travailler sur lui-même et à reconnaître l’humanité de celui qui chemine à ses côtés.

La rencontre rennaise permettra ainsi de découvrir une Franc-Maçonnerie qui ne cherche pas d’abord à convaincre, mais à expliquer ce qu’elle propose, comment elle fonctionne et pourquoi des femmes et des hommes choisissent aujourd’hui encore de s’engager dans une démarche initiatique.

L’OITAR, une certaine idée de la liberté initiatique

Fondé en 1974, l’Ordre Initiatique et Traditionnel de l’Art Royal occupe une place originale dans le paysage maçonnique français.

Fraternité mixte, accueillant femmes et hommes, l’OITAR se définit comme adogmatique et rassemble des Loges souveraines autour d’un même cheminement rituel, celui du Rite Opératif de Salomon.

Ce rite, élaboré dans la seconde moitié du XXᵉ siècle, puise dans les traditions symboliques de la Franc-Maçonnerie tout en proposant une architecture initiatique spécifique. Il met particulièrement l’accent sur la participation de chacun, l’expérience vécue du rituel et la transformation progressive de l’être humain.

Sa démarche renoue avec une intuition fondamentale de l’Art Royal : le véritable chantier n’est pas seulement celui de la construction matérielle, mais celui de l’édification intérieure.

La pierre brute, l’équerre, le compas et les outils du bâtisseur cessent alors d’être de simples objets de représentation pour devenir les supports d’une réflexion vivante sur nos comportements, nos limites et nos possibilités de perfectionnement.

L’OITAR défend également une conception exigeante de la liberté de conscience, refusant d’imposer à ses membres une doctrine politique ou religieuse. Cette position ne signifie nullement l’absence de valeurs, puisqu’elle repose sur la fraternité, la responsabilité individuelle, la recherche de vérité et le combat contre l’ignorance, l’intolérance et le fanatisme.

Une science du bonheur qui ne promet aucune recette

L’expression « science du bonheur » pourrait surprendre celles et ceux qui découvrent la Franc-Maçonnerie, tant elle paraît éloignée du vocabulaire habituel des sociétés initiatiques.

Il ne s’agit pourtant ni d’une science expérimentale ni d’une promesse de félicité garantie, mais plutôt d’un savoir-faire existentiel, d’une connaissance patiemment éprouvée à travers les relations humaines, le travail symbolique et l’exercice de la réflexion.

Le bonheur maçonnique, s’il existe, ne saurait être confondu avec une satisfaction permanente ou une fuite devant les difficultés du monde. Il pourrait résider dans cette aptitude à accueillir l’incertitude sans renoncer à chercher, à reconnaître ses imperfections sans céder au découragement, à rencontrer des convictions différentes sans transformer la divergence en hostilité.

Le rituel, la parole réglée, le silence, l’écoute et la transmission deviennent alors autant d’instruments d’une pédagogie de la liberté intérieure.

Dans cette perspective, l’initiation ne délivre aucune vérité définitive et ne dispense personne de ses responsabilités. Elle apprend plutôt à questionner ses certitudes et à transformer le rapport que chacun entretient avec lui-même, avec les autres et avec le monde.

À Rennes, un lieu chargé d’histoire pour parler de transmission

Le choix du Jeu de Paume, au 12, rue Saint-Louis, ajoute à cette rencontre une dimension patrimoniale particulièrement intéressante.

Cet édifice rennais, dont les origines remontent au début du XVIIᵉ siècle, conserve la mémoire d’un espace autrefois consacré au jeu de paume, avant de connaître plusieurs transformations, notamment religieuses puis institutionnelles. Aujourd’hui réhabilité en lieu de rencontres et d’activités culturelles, il témoigne à sa manière de la permanence des lieux et de leur capacité à recevoir des usages nouveaux.

La salle Pélican accueillera ainsi une conférence consacrée à une tradition qui, elle aussi, revendique la nécessité de transmettre sans figer et de renouveler sans renier.

Cette rencontre s’adresse aussi bien aux personnes qui souhaitent comprendre ce qu’est réellement la Franc-Maçonnerie qu’aux initiés désireux de découvrir les particularités du Rite Opératif de Salomon et la démarche proposée par l’OITAR.

La conférence sera suivie d’un échange avec le public, puis d’un moment de convivialité, offrant à chacun la possibilité de prolonger librement la réflexion.

Le bonheur comme une œuvre à construire

Le bonheur comme une œuvre à construire

Il est une leçon que le Franc-Maçon découvre progressivement au fil de son cheminement : aucune pierre ne devient parfaitement cubique par la seule volonté de celui qui la travaille, et nul édifice ne s’élève durablement sans patience, persévérance et coopération.

Ainsi en va-t-il peut-être du bonheur, moins proche d’un état à conquérir que d’une œuvre à poursuivre, toujours inachevée, toujours perfectible, dont la beauté réside précisément dans l’effort consenti pour lui donner forme.

En ouvrant les portes du dialogue à Rennes, l’OITAR rappelle que la Franc-Maçonnerie ne vaut pas seulement par la richesse de ses traditions, mais par sa capacité à proposer une manière d’habiter le monde plus consciente, plus libre et plus fraternelle.

Car la plus belle promesse de l’Art Royal n’est peut-être pas de nous apprendre à être heureux, mais de nous aider à devenir des êtres capables de rendre le bonheur davantage possible, pour eux-mêmes comme pour les autres.

Informations pratiques

Conférence : « La Franc-Maçonnerie, un art de vivre et une science du bonheur » / Intervenant : Thomas Denicourt, ancien Grand Maître Général de l’Ordre Initiatique et Traditionnel de l’Art Royal (2023-2026) /

Date : vendredi 9 octobre 2026, à 19 h / Lieu : Le Jeu de Paume – Salle Pélican, 12, rue Saint-Louis, 35000 Rennes / Contact : Le Jeu de Paume contact@jeudepaumerennes.fr / 02 21 02 22 40 / Organisation : rencontre portée par des Loges maçonniques de l’Ouest, avec la participation de la Loge « La Pierre Levée » de l’OITAR / Entrée : gratuite, ouverte au public / Déroulement : conférence, échanges avec la salle et moment de convivialité. Fin prévue avant 23 h.

Le bonheur comme une œuvre à construire

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Alice Dubois
Alice Dubois
Alice Dubois pratique depuis plus de 20 ans l’art royal en mixité. Elle est très engagée dans des œuvres philanthropiques et éducatives, promouvant les valeurs de fraternité, de charité et de recherche de la vérité. Elle participe activement aux activités de sa loge et contribue au dialogue et à l’échange d’idées sur des sujets philosophiques, éthiques et spirituels. En tant que membre d’une fraternité qui transcende les frontières culturelles et nationales, elle œuvre pour le progrès de l’humanité tout en poursuivant son propre développement personnel et spirituel.
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