Rite standard d’Écosse (Rite maçonnique)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le Rite standard d’Écosse (RSE) est un rite de tradition anglo-saxonne qui rassemble les usages communs des loges relevant de la Grande Loge d’Écosse. Héritier des pratiques des anciennes loges écossaises, il n’a été codifié qu’au XIXe siècle et sa version de référence date de 1969. Il se travaille en trois grades symboliques, apprenti, compagnon et maître, avec la marque comme degré complémentaire, et sans hauts grades propres. En France, où son rituel a été traduit en 1986, il est pratiqué notamment à la GLNF, à la GLTSO, à la GLAMF et à la GLTF.

Le RSE appartient à la même famille que le Rite émulation : celle des rites anglo-saxons de la maçonnerie dite de métier. Il se réclame des usages des premières loges écossaises, notamment la loge d’Édimbourg (Mary’s Chapel) et Mother Kilwinning, la seconde portant le numéro 0 dans les registres écossais. L’Écosse possède parmi les plus anciennes archives maçonniques connues : selon l’histoire de la Grande Loge d’Écosse, les plus anciennes minutes conservées, celles de la loge d’Aitcheson’s Haven, commencent le 9 janvier 1599. La Grande Loge d’Écosse elle-même est fondée en 1736.

Contrairement à ce que pourrait suggérer cette ancienneté, le rituel n’a été codifié qu’au XIXe siècle. Le mot « standard » ne désigne pas un texte unique imposé : il renvoie aux éléments communs aux loges écossaises, qui restent libres d’adapter le rituel à leur pratique. La version de référence actuelle, The « Standard » Ritual of Scottish Freemasonry, a été publiée à Édimbourg en 1969.

L’article de Wikipédia signale trois éditions anglaises successives : Scottish Craft Ritual (Édimbourg, 1954), The Scottish Workings of Craft Masonry (Londres, 1967) et The « Standard » Ritual of Scottish Freemasonry (Édimbourg, 1969). Le rituel français, traduit en 1986 à partir de l’édition de 1969, compile deux textes plus anciens présentés comme des variantes d’un même rite.

À l’origine, le système écossais comptait cinq étapes, proches de l’organisation des maçons de métier : apprenti, compagnon, maître, marque ou maître secret, vénérable. Après la loi britannique de 1799 sur les sociétés secrètes, il est ramené à trois grades : le compagnonnage et la marque sont fusionnés et l’installation du vénérable devient une partie de la cérémonie d’installation de la loge. En France, la pratique suit le modèle des rites en trois grades :

  • Apprenti
  • Compagnon
  • Maître
  • Degrés latéraux (« side degrees ») : Marque et Maître secret, conférés sur approbation du vénérable ou sur invitation

Le rite ne comporte pas de hauts grades propres ; la marque y tient toutefois une place particulière.

Le RSE met l’accent sur la cérémonie : les questions administratives sont réglées en amont par le comité de la loge, afin que la tenue soit consacrée au rituel. Celui-ci est su par cœur par l’ensemble des membres, en écho à la transmission orale des bâtisseurs. Les déplacements y sont libres, la musique ponctue les différentes parties de la cérémonie, et les offices changent chaque année, ce qui donne à chaque tenue un caractère singulier.

Le décor est un autre trait distinctif. En Écosse, le tablier indique la loge d’appartenance, chaque loge choisissant ses couleurs. En France, il signale le rite pratiqué : le tablier standard français, orné du seul tartan « Royal Stuart », a été défini avec les autorités de la GLNF puis repris par la GLTSO. Il se porte sous la veste, plus courte et ouverte, à la manière du sporran porté avec le kilt.

En Écosse, les loges relèvent de la Grande Loge d’Écosse, qui compte des grandes loges provinciales en Écosse et des grandes loges de district outre-mer. En France, le RSE est pratiqué à la Grande Loge nationale française (GLNF), à la Grande Loge traditionnelle et symbolique Opéra (GLTSO), à la Grande Loge de l’Alliance maçonnique française (GLAMF), qui le travaille depuis sa création, et à la Grande Loge traditionnelle de France (GLTF) depuis 2015. Le Grand Prieuré des Gaules le compte également parmi les rites qu’il pratique. 450.fm lui a consacré en 2022 un podcast, « Gros plan sur le Rite standard d’Écosse ».

L’histoire du RSE pose surtout la question de l’ancienneté : si ses usages s’enracinent dans la maçonnerie écossaise des XVIe et XVIIe siècles, son texte est récent et son introduction en France l’est plus encore. Les sources consultées ne font pas état de controverse particulière ; elles soulignent plutôt la souplesse d’un rite qui laisse chaque loge libre d’adapter le rituel commun, à l’opposé de la fixité revendiquée par le Rite émulation anglais.

  • The « Standard » Ritual of Scottish Freemasonry, Grande Loge d’Écosse, Édimbourg, 1969
  • The Scottish Workings of Craft Masonry, Londres, 1967
  • Scottish Craft Ritual, Édimbourg, 1954
  • Encyclopédie de la franc-maçonnerie, Éric Saunier (dir.), Le Livre de poche, 2000 (rééd. 2008)

Le Rite standard d’Écosse offre aux maçons francophones un accès direct à la tradition écossaise : trois grades, un rituel su par cœur, une place faite à la marque et à la musique, une loge recentrée sur la cérémonie. Récent en France, il y connaît une diffusion croissante dans les obédiences se réclamant de la régularité anglo-saxonne.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à ce rite.

Voir aussi dans le glossaire : Éric Saunier (historien).

Glossaire de la franc-maçonnerie
Rite standard d’Écosse
Source : Wikimedia Commons – Jim Campbell – CC BY-SA 2.0
Glossaire de la franc-maçonnerie

Le Rite standard d’Écosse (RSE) est un rite de tradition anglo-saxonne qui rassemble les usages communs des loges relevant de la Grande Loge d’Écosse. Héritier des pratiques des anciennes loges écossaises, il n’a été codifié qu’au XIXe siècle et sa version de référence date de 1969. Il se travaille en trois grades symboliques, apprenti, compagnon et maître, avec la marque comme degré complémentaire, et sans hauts grades propres. En France, où son rituel a été traduit en 1986, il est pratiqué notamment à la GLNF, à la GLTSO, à la GLAMF et à la GLTF.

Le RSE appartient à la même famille que le Rite émulation : celle des rites anglo-saxons de la maçonnerie dite de métier. Il se réclame des usages des premières loges écossaises, notamment la loge d’Édimbourg (Mary’s Chapel) et Mother Kilwinning, la seconde portant le numéro 0 dans les registres écossais. L’Écosse possède parmi les plus anciennes archives maçonniques connues : selon l’histoire de la Grande Loge d’Écosse, les plus anciennes minutes conservées, celles de la loge d’Aitcheson’s Haven, commencent le 9 janvier 1599. La Grande Loge d’Écosse elle-même est fondée en 1736.

Contrairement à ce que pourrait suggérer cette ancienneté, le rituel n’a été codifié qu’au XIXe siècle. Le mot « standard » ne désigne pas un texte unique imposé : il renvoie aux éléments communs aux loges écossaises, qui restent libres d’adapter le rituel à leur pratique. La version de référence actuelle, The « Standard » Ritual of Scottish Freemasonry, a été publiée à Édimbourg en 1969.

L’article de Wikipédia signale trois éditions anglaises successives : Scottish Craft Ritual (Édimbourg, 1954), The Scottish Workings of Craft Masonry (Londres, 1967) et The « Standard » Ritual of Scottish Freemasonry (Édimbourg, 1969). Le rituel français, traduit en 1986 à partir de l’édition de 1969, compile deux textes plus anciens présentés comme des variantes d’un même rite.

À l’origine, le système écossais comptait cinq étapes, proches de l’organisation des maçons de métier : apprenti, compagnon, maître, marque ou maître secret, vénérable. Après la loi britannique de 1799 sur les sociétés secrètes, il est ramené à trois grades : le compagnonnage et la marque sont fusionnés et l’installation du vénérable devient une partie de la cérémonie d’installation de la loge. En France, la pratique suit le modèle des rites en trois grades :

  • Apprenti
  • Compagnon
  • Maître
  • Degrés latéraux (« side degrees ») : Marque et Maître secret, conférés sur approbation du vénérable ou sur invitation

Le rite ne comporte pas de hauts grades propres ; la marque y tient toutefois une place particulière.

Le RSE met l’accent sur la cérémonie : les questions administratives sont réglées en amont par le comité de la loge, afin que la tenue soit consacrée au rituel. Celui-ci est su par cœur par l’ensemble des membres, en écho à la transmission orale des bâtisseurs. Les déplacements y sont libres, la musique ponctue les différentes parties de la cérémonie, et les offices changent chaque année, ce qui donne à chaque tenue un caractère singulier.

Le décor est un autre trait distinctif. En Écosse, le tablier indique la loge d’appartenance, chaque loge choisissant ses couleurs. En France, il signale le rite pratiqué : le tablier standard français, orné du seul tartan « Royal Stuart », a été défini avec les autorités de la GLNF puis repris par la GLTSO. Il se porte sous la veste, plus courte et ouverte, à la manière du sporran porté avec le kilt.

En Écosse, les loges relèvent de la Grande Loge d’Écosse, qui compte des grandes loges provinciales en Écosse et des grandes loges de district outre-mer. En France, le RSE est pratiqué à la Grande Loge nationale française (GLNF), à la Grande Loge traditionnelle et symbolique Opéra (GLTSO), à la Grande Loge de l’Alliance maçonnique française (GLAMF), qui le travaille depuis sa création, et à la Grande Loge traditionnelle de France (GLTF) depuis 2015. Le Grand Prieuré des Gaules le compte également parmi les rites qu’il pratique. 450.fm lui a consacré en 2022 un podcast, « Gros plan sur le Rite standard d’Écosse ».

L’histoire du RSE pose surtout la question de l’ancienneté : si ses usages s’enracinent dans la maçonnerie écossaise des XVIe et XVIIe siècles, son texte est récent et son introduction en France l’est plus encore. Les sources consultées ne font pas état de controverse particulière ; elles soulignent plutôt la souplesse d’un rite qui laisse chaque loge libre d’adapter le rituel commun, à l’opposé de la fixité revendiquée par le Rite émulation anglais.

  • The « Standard » Ritual of Scottish Freemasonry, Grande Loge d’Écosse, Édimbourg, 1969
  • The Scottish Workings of Craft Masonry, Londres, 1967
  • Scottish Craft Ritual, Édimbourg, 1954
  • Encyclopédie de la franc-maçonnerie, Éric Saunier (dir.), Le Livre de poche, 2000 (rééd. 2008)

Le Rite standard d’Écosse offre aux maçons francophones un accès direct à la tradition écossaise : trois grades, un rituel su par cœur, une place faite à la marque et à la musique, une loge recentrée sur la cérémonie. Récent en France, il y connaît une diffusion croissante dans les obédiences se réclamant de la régularité anglo-saxonne.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à ce rite.

Voir aussi dans le glossaire : Éric Saunier (historien).

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