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Quatre hebdomadaires passés au crible du regard maçonnique ou quand l’actualité cherche encore ce qui peut nous relier

Cette semaine, le kiosque ne forme pas un carré parfait. L’Express et Valeurs actuelles ayant publié des numéros couvrant une période de quinze jours, ils ne reparaissent pas aujourd’hui. Leur absence momentanée ouvre une place dans notre atelier de lecture : nous y accueillons Franc-Tireur, petit format par le nombre de pages, mais journal à forte densité polémique. Autour de lui, Le Point, Le Nouvel Obs et Marianne composent un tableau où reviennent, sous des formes différentes, les mêmes interrogations : que faisons-nous de la vérité, de la parole, de la puissance, de l’argent commun, de l’eau qui manque et des générations qui nous suivent ?

Sous des couvertures qui semblent parler de sujets éloignés – De Gaulle, la Chine, Adèle Haenel, une affaire d’emplois présumés de complaisance –, se dessine une question plus profonde : qu’est-ce qui tient encore debout lorsque les institutions, le langage et la confiance se fissurent ? Le Franc-Maçon n’attend pas de la presse une parole révélée. Il lui demande des matériaux. À lui de les éprouver, d’en vérifier l’aplomb, d’écarter les gravats de la propagande et de chercher, derrière le fracas des opinions, ce qui peut encore servir à bâtir la Cité.
Franc-Tireur, la raison comme arme de poing


Lancé en novembre 2021 et publié chaque mercredi, Franc-Tireur revendique un format presque ascétique : huit pages serrées, vendues deux euros et conçues pour être lues vite. Imaginé sous l’impulsion de Denis Olivennes, puis façonné éditorialement par Caroline Fourest et Raphaël Enthoven, il appartient à CMI France, filiale de l’ensemble médiatique contrôlé par Daniel Křetínský. Caroline Fourest en assure aujourd’hui la direction éditoriale, Valia Breitembruch la rédaction en chef et Raphaël Enthoven le conseil éditorial.
Sa devise, « La raison est un combat », dit son projet : résister aux populismes, au complotisme, au racisme, à l’antisémitisme, aux intégrismes et aux fièvres identitaires. Sa ligne républicaine, universaliste et laïque se veut hostile aux radicalités des deux bords. Elle est modérée dans ses principes, offensive dans son expression. C’est sa force et sa limite : la raison y avance volontiers baïonnette au canon, et le goût de la formule raccourcit parfois la complexité. Le lecteur maçonnique peut entrer dans cette arène à condition de conserver ses outils : le compas pour limiter l’emportement, l’équerre pour rectifier l’argument, le fil à plomb pour distinguer la conviction du fait.
Quand les incendies brûlent aussi la confiance
Dans son éditorial, Caroline Fourest part des incendies qui ont ravagé la France, souligne la proportion élevée des départs de feu criminels et évoque prudemment l’hypothèse d’opérations étrangères de déstabilisation. La Russie a déjà utilisé en Europe des intermédiaires pour semer le désordre ou commettre des sabotages ; rien ne permet pourtant d’attribuer les feux français à Moscou. Entre naïveté et paranoïa s’étend le domaine difficile du discernement : suspendre le jugement sans suspendre la vigilance.

Le numéro mène ensuite une charge parallèle contre certaines pratiques d’élus insoumis et contre les violences de l’extrême droite envers les journalistes. Sous le titre « Hargneux et cumulards », Nora Bussigny revient sur Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis soupçonné d’avoir concilié ses responsabilités électives avec un emploi à plein temps à la RATP, ainsi que sur Aly Diouara, maire de La Courneuve et député demeuré locataire d’un logement social.

Quelques colonnes plus loin, le journal rappelle l’agression de journalistes par des militants ou élus liés à l’extrême droite. Le message de couverture – LFI et RN, même combat contre la presse – ne prétend pas que les deux formations sont identiques ; il souligne un réflexe commun : disqualifier le messager lorsque le message gêne.

Pour un Franc-Maçon, la presse est un contre-pouvoir imparfait mais nécessaire. On peut contester une enquête, en démontrer les erreurs, réclamer un droit de réponse ; on ne peut transformer toute critique en complot ou en persécution. Le miroir peut être mal poli : ce n’est pas une raison pour le briser lorsqu’il renvoie une image désagréable.
L’enfant volé n’est pas une matière première

L’article le plus saisissant de Franc-Tireur est peut-être « La fabrique du mal ». Il raconte le destin d’Oleksandr, jeune Ukrainien disparu après l’invasion russe, retrouvé sous l’uniforme de l’armée de Moscou, dressé contre son propre pays. Derrière son cas apparaissent les milliers d’enfants ukrainiens transférés, russifiés, dotés de nouveaux papiers, soumis à un nouveau récit national et parfois préparés à servir la puissance qui les a arrachés à leur monde.

Le crime vise les souvenirs, la langue et l’appartenance : refaire l’être humain à la mesure de l’Empire. L’initiation véritable accomplit le mouvement inverse : elle ne programme pas, elle libère. L’enfant n’est jamais une pierre que l’État aurait le droit de tailler pour son monument. Lorsqu’un pouvoir fabrique les consciences, il n’élève pas un Temple : il édifie une caserne intérieure.
L’enquête sur Guillaume Pley et sa chaîne YouTube Legend vise ensuite un modèle économique de la confusion, où experts, négationnistes, complotistes et marchands de paranormal occupent le même fauteuil. Plus une affirmation choque, plus elle attire et rapporte. La Loge enseigne l’écoute, non l’équivalence de toutes les paroles. La tolérance n’est pas la renonciation au vrai. Sans méthode, preuve et contradiction, le débat devient un marché où le mensonge bien maquillé se vend plus cher que la connaissance.

De Gaulle : le chef, le collectif et la tentation du mythe
Le grand entretien avec l’historien britannique Julian Jackson, dont la biographie a inspiré les deux films de La Bataille de Gaulle, apporte une respiration plus ample. Jackson rappelle que la France libre ne fut pas l’œuvre solitaire d’un homme providentiel. Autour de De Gaulle se tenaient Pleven, Muselier, Kœnig, Leclerc et tant d’autres, hommes de droite et de gauche, militaires et civils, unis par la blessure de la défaite et le refus du déshonneur.

Une œuvre collective a besoin d’une direction, mais le chef n’existe que par ceux qui se mettent librement à l’ouvrage. Le Vénérable Maître ne possède pas la Loge ; il en ordonne provisoirement les travaux. De même, le De Gaulle de 1940 se transforme au contact des circonstances et des compagnons de lutte. Julian Jackson se méfie donc des « leçons de l’Histoire » qui font parler les morts. Invoquer De Gaulle ne suffit pas à devenir gaullien, pas plus que porter un tablier ne suffit à devenir Maçon. Le symbole n’agit que s’il transforme celui qui le reçoit.
Le Point : la Chine, ou la puissance sans la lumière
La couverture du Point annonce : « Chine : vous n’avez encore rien vu ». Le dossier conduit le lecteur à Shenzhen, Canton et Hongkong, dans cette « Greater Bay Area » où se mêlent laboratoires, usines, capitaux, universités, robots humanoïdes, véhicules électriques, drones et intelligence artificielle. La Chine ne se contente plus d’être l’atelier du monde ; elle veut en devenir le laboratoire et, demain, l’architecte technologique.

Shenzhen, passée en quelques décennies du statut de zone périphérique à celui de mégalopole, fonctionne comme un chantier permanent. Les laboratoires restent ouverts jour et nuit, les ingénieurs raccourcissent les cycles de conception et la ville entière devient un banc d’essai. L’ambition : dépasser les États-Unis dans les technologies critiques et atteindre l’autosuffisance scientifique et industrielle.
Mais l’autre versant du dossier est à Hongkong, où « l’argent compte plus que la démocratie ». Les opposants rasent les murs, les paroles se font prudentes, la loi sur la sécurité nationale étend son ombre jusque dans les universités et les musées. Le dynamisme des affaires demeure, mais l’espace intérieur de la liberté se rétrécit. La prospérité tient lieu de réponse à ceux qui regrettent les droits perdus.

Une société peut élever des tours, programmer des robots et accumuler des brevets ; si elle réduit l’homme à une fonction productive et la parole à un risque politique, elle bâtit sans fenêtre vers l’Orient. Le Point ne dissimule d’ailleurs pas l’envers social du miracle : ateliers éprouvants, droit du travail brutal, ingénieurs écartés trop tôt, surveillance scolaire. Un édifice se juge moins à sa façade qu’à la condition de ceux qui portent ses pierres.
Apprendre à lire, c’est apprendre à ne pas être lu par les autres
Dans un tout autre registre, l’entretien avec Céline Alvarez mérite une attention particulière. La pédagogue soutient que les enfants peuvent entrer dans la lecture dès la maternelle, à condition de respecter leur rythme, de leur faire entendre les sons des lettres et de transformer le décodage en découverte joyeuse plutôt qu’en exercice académique. Sa thèse ne consiste pas à précipiter le CP, mais à donner davantage de temps à un apprentissage rendu difficile par l’opacité orthographique du français.

La proposition doit être examinée sans enthousiasme aveugle ni conservatisme réflexe. L’éveil précoce ne vaut que s’il ne devient pas une nouvelle compétition entre familles ou un dressage aux performances. Mais son intuition centrale est forte : l’enfant éprouve une joie profonde lorsqu’il découvre qu’il peut déchiffrer seul ce qui lui était fermé.
Toute initiation commence par une lecture : une lettre, un mot, un symbole, puis le monde derrière le signe. Celui qui lit dépend moins de ceux qui prétendent lui traduire la réalité. Apprendre à lire, c’est déjà apprendre à résister. Rendre à l’enfant la lente souveraineté du texte est l’un des gestes républicains les plus décisifs.

Le même numéro publie un entretien avec Jérôme Guedj sur la laïcité, l’antisémitisme, l’immigration et l’universalisme, ainsi qu’un portrait sévère de François Ruffin. La campagne de 2027 affleure partout. Plus directement encore pour les lecteurs de 450.fm, une brève affirme que Thomas Guénolé a été suspendu pour un an de ses droits et qualités maçonniques au Grand Orient de France, après une saisine du Conseil de l’Ordre. Le Point relie cette sanction à son soutien à la Jeune Garde, à une intervention houleuse en Loge sur la flottille pour Gaza et à sa proposition d’un débat avec Alain Soral.

Ces éléments sont rapportés par l’hebdomadaire et doivent être présentés comme tels. Une décision interne n’est pas un spectacle, mais le secret maçonnique ne saurait servir de paravent à l’irresponsabilité. La justice maçonnique doit rester contradictoire, motivée et indépendante des emballements profanes. Le fil à plomb s’applique aussi aux récits concernant les Frères. Le carnet du magazine annonce par ailleurs la mort d’Yvette Roudy sans rappeler son appartenance, depuis 1968, à la Grande Loge Féminine de France : une dimension que 450.fm se devait, lui, de restituer.
Le Nouvel Obs : retrouver sa voix, partager l’eau

Avec Adèle Haenel en couverture, Le Nouvel Obs choisit la parole retrouvée. L’actrice, éloignée du cinéma mais non de la création, publie Viser juste, un texte où l’écriture devient enquête sur la disparition et la réapparition de soi. Elle revient sur les violences subies, le déni des adultes, le prix de la parole, la philosophie découverte comme une joie et l’art conçu comme moyen de rendre visible ce qui avait été effacé.

On peut discuter ses analyses politiques ou ses engagements. Mais le cœur de l’entretien dépasse les camps : une victime reconquiert par la parole le droit d’être le sujet de sa propre histoire. La Franc-Maçonnerie connaît la valeur du silence, mais elle doit distinguer le silence fécond du silence complice. Le premier prépare la parole juste ; le second protège l’abuseur, le groupe ou l’institution. La paix obtenue au prix de la vérité n’est qu’un couvercle posé sur la violence.
L’éditorial du magazine nous ramène ensuite au plus élémentaire : un verre d’eau. Cinquante-deux ans après l’avertissement de René Dumont lors de la présidentielle de 1974, l’eau abondante n’est plus une évidence française. Sécheresses, nappes fragilisées, rivières à sec et conflits d’usage obligent désormais à décider qui peut prélever, arroser, produire ou laver.
Le reportage sur la « police de l’eau » montre des agents confrontés à un lacis de règles : un terrain de football jaunit tandis que les greens d’un golf bénéficient de dérogations ; un lavage automobile peut être interdit ici et autorisé plus loin selon la provenance de l’eau. Or l’eau, matière de purification et de renaissance dans tant de traditions, rappelle que le bien commun ne se partage pas comme un privilège. Gouverner la rareté exige une règle compréhensible, proportionnée et acceptée.
Quand les Apprentis instruisent les Maîtres
Le dossier « Comment nos ados nous éduquent » est sans doute le plus inattendu de la semaine. Il décrit une transmission inversée : des enfants et de jeunes adultes amènent leurs parents à revoir leurs habitudes alimentaires, leur rapport au climat, au travail, au couple, au consentement, au genre et à la diversité. Le magazine rappelle que l’anthropologue Margaret Mead avait déjà pensé cette éducation « du bas vers le haut ».
La jeunesse n’a pas toujours raison parce qu’elle est jeune, pas plus que l’âge ne détient naturellement la sagesse. L’enseignement tient dans la réciprocité. Le Maître transmet un rituel, une mémoire et des outils ; l’Apprenti révèle parfois, par sa question, ce que l’habitude avait rendu invisible. La Chaîne d’union ne classe pas les mains selon l’ancienneté : une tradition vivante permet au passé de dialoguer avec ceux qui ne lui ressemblent pas encore.

Une enquête sur les think tanks qui influencent déjà la présidentielle de 2027 complète ce tableau. À mesure que les partis cessent de produire des idées, des laboratoires privés leur fournissent concepts, chiffres et programmes. Certains enrichissent le débat ; d’autres empruntent les codes de la science pour dissimuler un combat idéologique ou leurs financeurs. Le secret protège une démarche intérieure ; l’opacité protège trop souvent un intérêt.
Marianne : la facture climatique et la morale des comptes

La couverture de Marianne s’ouvre sur l’affaire Bally Bagayoko, mais son grand dossier porte sur l’été de feu et de sécheresse. Le magazine évalue entre 10 et 15 milliards d’euros le coût des incendies, de la baisse des rendements agricoles, des bâtiments fragilisés, des infrastructures endommagées et du ralentissement économique. Les tomates ont flambé, les récoltes souffrent, les assurances augmentent et les collectivités découvrent qu’elles pourront bientôt devenir difficilement assurables.
La question n’est plus de savoir si le dérèglement climatique nous coûtera quelque chose, mais qui paiera, selon quelle règle et pour protéger quoi. Marianne rappelle l’impôt sécheresse de 1976 et décrit trois visages de la vulnérabilité : Dunkerque gagnée sur l’eau, Arles menacée par les crues comme par la chaleur, Royan dont les plages et les nappes se fragilisent.
Nous avons longtemps traité la nature comme un décor autour de l’édifice humain. Elle redevient la condition de sa stabilité. Nos Temples intérieurs ne dispensent pas de prendre soin de la maison commune : il n’y a pas d’élévation spirituelle sur une terre rendue inhabitable.
L’éditorial d’Hadrien Mathoux ajoute à cette question écologique celle de l’équité entre générations. Les retraites absorbent une part immense de la dépense publique tandis que l’école, l’hôpital et la justice se dégradent. Sa démonstration est volontairement abrupte, mais elle pose une question que toute société vieillissante doit regarder en face : comment honorer ceux qui ont travaillé sans faire porter aux plus jeunes une charge devenue insoutenable ? La solidarité n’est pas l’addition des droits acquis. Elle est une recherche permanente d’équilibre entre la dette due aux anciens et la promesse faite à ceux qui viennent.

Deux traitements d’une même affaire
Le dossier de Marianne sur Bally Bagayoko est particulièrement intéressant lorsqu’on le compare à celui de Franc-Tireur. Les deux titres appartiennent au même groupe, mais leurs manières diffèrent. Franc-Tireur charge, ramasse les faits et frappe par la formule. Marianne remonte les réseaux locaux, l’histoire de la banlieue rouge, les liens entre mairie, sport, syndicats et RATP, tout en rappelant que le cumul d’un mandat local et d’un emploi salarié n’est pas illégal en soi.

Le vrai sujet porte sur la réalité du travail effectué, les facilités accordées et l’éventuelle existence d’un système d’emplois de complaisance. Des plaintes ont été déposées ; les faits doivent donc être établis. Le même dossier revient sur Aly Diouara et son logement social, situation là encore présentée comme juridiquement régulière, mais politiquement embarrassante.
La loi fixe le seuil de la faute sanctionnable. L’éthique demande davantage : ce que je peux faire est-il ce que je dois faire ? Sans réclamer une perfection inhumaine, on peut demander aux responsables publics de ne pas transformer le service de la Cité en système d’accommodements personnels.

Même contraste autour de la proposition de Jean-Luc Mélenchon d’effacer quelque 600 milliards d’euros de dette publique détenus par la Banque de France. Franc-Tireur choisit le registre du prestidigitateur et dénonce une pirouette dangereuse. Marianne explique le mécanisme, reconnaît qu’il ne s’agit pas de spolier directement les épargnants, puis en montre les obstacles comptables, institutionnels et surtout européens. L’un combat ; l’autre démonte. Le lecteur gagne à lire les deux, car la vivacité alerte, mais la précision instruit.
Enfin, Marianne consacre un portrait acide à Léna Situations, écho presque parfait de l’enquête de Franc-Tireur sur Guillaume Pley. Dans les deux cas, l’existence, l’émotion et la prétendue proximité sont transformées en produits. L’influenceur ne vend plus seulement un objet ; il commercialise une relation. Notre époque a fait de l’intime une vitrine et de l’authenticité une stratégie de marque. Or ce qui est continuellement exposé finit paradoxalement par devenir opaque : tout est montré, mais rien n’est véritablement donné.
Quatre hebdos, une même question : que faisons-nous de l’autre ?
À la fin de cette lecture, les désaccords demeurent. Franc-Tireur croit à la raison combative ; Le Point scrute la puissance et ses basculements ; Le Nouvel Obs privilégie les voix, les transformations sociales et la réparation ; Marianne traque les contradictions de la République, de l’argent public et du modèle économique. Aucun de ces journaux ne possède le centre du cercle. Chacun se tient sur un point de sa circonférence.
Mais leurs dossiers se répondent. L’enfant ukrainien volé par la Russie, le citoyen de Hongkong contraint de mesurer ses mots, la victime qui reconquiert sa parole, l’adolescent qui enseigne à ses parents, l’élu sommé de rendre compte, le paysan qui manque d’eau et l’internaute livré aux entrepreneurs du complot posent tous la même question : considérons-nous encore l’autre comme une fin, ou déjà comme un matériau ?

Matériau électoral, économique, idéologique ou numérique ; conscience à conquérir, peur à exploiter, clic à monétiser. Le regard maçonnique ne consiste pas à distribuer de bons points fraternels ni à plaquer un symbole sur chaque événement. Il rappelle que bâtir suppose de refuser l’instrumentalisation de l’être humain.

Ainsi se referme provisoirement cette revue des revues. Non comme une clôture, mais comme une veille mise en réserve. La semaine prochaine déplacera les sujets, les colères et les unes. Le travail restera le même : lire sans se soumettre, douter sans sombrer dans le soupçon, confronter sans haïr et chercher, au milieu des fractures, la pierre encore capable de nous relier.
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