GLDF : les Sœurs bientôt visiteuses en Tenue ? Le débat qui pourrait monter au prochain Convent

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Une proposition partie de la Respectable Loge Euclide relance, au sein de la Grande Loge de France, une question dont chacun mesure la portée symbolique autant qu’institutionnelle : des Sœurs appartenant à des Obédiences reconnues par la GLDF pourraient-elles être reçues comme visiteuses lors des Tenues, sans que soit remis en cause le caractère exclusivement masculin de l’Obédience ?

La Grande Loge de France, rue Puteaux Paris XVIIe.
La Grande Loge de France, rue Puteaux Paris XVIIe.

Des documents dont 450.fm a pu prendre connaissance montrent qu’après trois années de réflexion, une commission souhaite désormais porter le débat devant les Loges puis, si les soutiens nécessaires sont réunis, jusqu’au Convent. Derrière une modification apparemment limitée des Règlements généraux se dessine une interrogation beaucoup plus vaste :

jusqu’où peut-on ouvrir la porte du Temple sans déplacer les murs qui en définissent l’architecture ?

Une proposition qui distingue soigneusement visite et appartenance

Le document adressé aux Vénérables Maîtres ne laisse guère de place à l’ambiguïté sur l’objectif poursuivi. La démarche ne vise pas à rendre la Grande Loge de France mixte. Ses promoteurs affirment au contraire vouloir préserver le caractère masculin de l’Obédience tout en introduisant une possibilité de réciprocité dans les visites maçonniques.

La proposition prendrait la forme d’un nouvel article 99 bis des Règlements généraux : « Les Sœurs des Obédiences avec lesquelles une convention a été signée peuvent être admises en visiteuses selon les mêmes règles […] que les Frères visiteurs. » Chaque Loge demeurerait libre de recevoir ou non une visiteuse, et le Vénérable Maître conserverait la faculté de refuser une présence qu’il jugerait inopportune.

C’est autour de cette distinction que se construit tout l’argumentaire : recevoir n’est pas affilier. Une Sœur admise ponctuellement dans une Tenue ne deviendrait ni membre de la Loge visitée ni membre de la Grande Loge de France. Aux yeux des auteurs du projet, l’ouverture du droit de visite ne modifierait donc pas la nature juridique de l’Obédience.

La question mérite néanmoins davantage qu’un simple jeu de définitions. Car en Franc-maçonnerie, franchir le seuil d’un Temple n’est jamais un acte totalement neutre. On ne visite pas seulement un lieu : on participe, fût-ce momentanément, à une communauté rituelle, à une parole partagée, à un espace symbolique construit par ceux qui y travaillent.

Une Obédience masculine : sur ce point, les textes sont sans équivoque

Temple Franklin D. Roosevelt, GLDF
Temple Franklin D. Roosevelt, GLDF

La Constitution de la Grande Loge de France est parfaitement claire. Son article premier définit la GLDF comme une « Obédience masculine » exerçant sa juridiction sur les trois grades de la Franc-maçonnerie symbolique. L’article 24 reprend cette qualification en précisant que l’Obédience travaille conformément au Rite Écossais Ancien et Accepté.

Les statuts vont également dans ce sens : la Grande Loge de France ne peut être composée que de Loges admettant exclusivement en leur sein des francs-maçons de sexe masculin. Mais ces mêmes statuts ajoutent que cette règle s’inscrit dans le respect d’une Franc-maçonnerie féminine fonctionnant parallèlement et ne comporte, selon leur formulation, « aucun aspect discriminatoire ».

Pour la commission « réciprocité », c’est précisément là que se trouve la clé du problème : puisque l’appartenance à la GLDF demeure strictement masculine, l’accueil ponctuel d’une Sœur régulièrement initiée dans une autre Obédience ne ferait pas tomber cette frontière institutionnelle. Ses membres rappellent d’ailleurs qu’une Loge qui contreviendrait volontairement à la Constitution ou aux Règlements généraux pourrait être déclarée irrégulière par le Conseil fédéral. Autrement dit, disent-ils en substance, l’hypothèse d’une affiliation clandestine ou progressive de Sœurs serait déjà juridiquement empêchée par les textes.

Les Règlements généraux parlent aujourd’hui de « Frères visiteurs »

C’est cependant ici que commence la véritable difficulté.

Les articles 93 à 99 des Règlements généraux organisent avec précision les visites. Ils prévoient notamment qu’un franc-maçon appartenant à une Obédience reconnue peut être admis comme visiteur s’il possède le grade correspondant aux travaux, qu’il doit satisfaire au tuilage, justifier de sa régularité et se soumettre à la discipline de la Loge visitée.

Ces dispositions sont rédigées dans le langage traditionnel de la GLDF et parlent du « Frère visiteur ». Elles permettent également à une Loge de travailler « en famille », sans visiteurs, et autorisent le Vénérable Maître à refuser une visite lorsqu’une présence serait susceptible de troubler les travaux.

La commission en tire une lecture précise : selon elle, les textes n’interdisent pas explicitement la venue des Sœurs, mais ils n’en organisent pas davantage la possibilité. Elle considère donc l’interdiction actuelle comme résultant avant tout de la pratique et propose précisément de lever cette ambiguïté par l’introduction d’un article nouveau.

C’est un point essentiel. On ne peut donc pas écrire que le droit actuel autoriserait déjà clairement les visites féminines. S’il en était ainsi, la modification proposée serait inutile. La démarche d’Euclide consiste bien à demander une évolution explicite des Règlements généraux afin de transformer une situation discutée en règle assumée.

En 2023, Thierry Zaveroni redoutait l’ouverture d’une porte impossible à refermer

Le débat n’est pas entièrement nouveau.

Thierry Zaveroni, Passé Grand Maître de la GLDF

Lors du Convent de 2023, Thierry Zaveroni, alors Grand Maître de la Grande Loge de France, avait pris position contre l’ouverture des Tenues aux Sœurs. Selon le document diffusé aujourd’hui par les promoteurs du projet, il expliquait redouter qu’une première autorisation de visites ne conduise progressivement à des visites régulières, puis à des demandes d’affiliation et, finalement, à l’apparition d’un débat sur la mixité au sein même de l’Obédience.

Cette inquiétude constitue aujourd’hui encore l’argument majeur de ceux qui voient dans l’inter-visite autre chose qu’un simple geste d’hospitalité maçonnique. À leurs yeux, les usages rituels ne sont jamais entièrement séparables de l’identité de l’institution qui les porte. Ouvrir la Tenue d’obligation aux Sœurs reviendrait donc à modifier, sinon juridiquement, du moins symboliquement, une frontière historique de la GLDF.

Les promoteurs du projet retournent précisément cet argument. Selon eux, une frontière solide n’a pas besoin d’interdire toute rencontre pour subsister. Ils considèrent que la Constitution protège suffisamment le caractère masculin de l’Obédience pour que la visite puisse être distinguée de l’appartenance.

Deux conceptions de la tradition se trouvent ainsi face à face. Pour les uns, une tradition ne demeure vivante qu’à condition de protéger certaines limites. Pour les autres, elle ne reste véritablement initiatique que si elle sait distinguer ce qui relève de l’essentiel de ce qui appartient à l’usage.

Avant le Convent, il faudra convaincre les Loges

La démarche engagée est désormais susceptible de quitter le domaine des conversations fraternelles pour entrer dans celui de la procédure institutionnelle.

Temple Pierre Brossolette, Grand Temple de la Grande Loge de France.
Temple Pierre Brossolette, Grand Temple de la Grande Loge de France.

L’article 293 des Règlements généraux prévoit qu’une proposition de modification peut être soumise au Convent lorsqu’elle émane notamment d’au moins 5 % des Loges de la Fédération. Elle doit être accompagnée d’un argumentaire et suivre ensuite le parcours réglementaire prévu par la GLDF. C’est précisément ce que cherche aujourd’hui la commission : obtenir le soutien du nombre nécessaire de Loges afin que la proposition puisse être instruite et, éventuellement, soumise au vote conventuel. Le document de travail évoque une cinquantaine de Loges comme ordre de grandeur correspondant au seuil recherché.

Et même si cette première étape était franchie, rien ne serait acquis. Toute modification des Règlements généraux exige, au Convent, une majorité des deux tiers des suffrages exprimés. Il ne s’agit donc pour l’heure ni d’une décision de la Grande Loge de France ni même d’un projet officiellement adopté par ses instances. Il s’agit d’une initiative de Loges et de Frères qui souhaitent provoquer un débat conformément aux procédures prévues par l’Obédience.

Quand le seuil devient lui-même un symbole

L’affaire dépasse pourtant rapidement le droit maçonnique.

Depuis les premières Loges spéculatives, le seuil sépare deux mondes. On frappe à la porte avant d’entrer. On demande à être reconnu. On est introduit, éprouvé, accueilli. Toute la dramaturgie initiatique repose sur cette frontière qui n’est ni un mur infranchissable ni une porte constamment ouverte. La question posée aujourd’hui à la Grande Loge de France possède donc quelque chose de profondément maçonnique : peut-on accueillir l’autre sans devenir l’autre ?

Une Sœur appartenant à une Obédience féminine reconnue cesse-t-elle d’être extérieure à la GLDF parce qu’elle partage quelques heures ses travaux ? À l’inverse, la nature particulière d’une Loge masculine repose-t-elle seulement sur la qualité de ses membres, ou également sur la composition de l’assemblée réunie rituellement sous la Voûte étoilée ?

Aucun article réglementaire ne répond entièrement à cette interrogation parce qu’elle touche à ce que la Franc-maçonnerie possède de plus délicat : l’articulation entre la règle et le symbole, entre l’institution et l’initiation, entre l’héritage reçu et la liberté de ceux qui doivent à leur tour le transmettre.

La Grande Loge de France n’est donc pas, aujourd’hui, à la veille de devenir mixte. Rien dans les documents examinés ne permet une telle affirmation. Mais une question longtemps maintenue à la périphérie pourrait désormais venir au centre des Colonnes. Il appartiendra aux Loges, puis éventuellement au Convent, de décider de la réponse réglementaire qu’elles souhaitent lui apporter. Mais derrière l’article 99 bis qui leur est proposé se tient déjà une interrogation autrement plus ancienne. Car toute initiation commence devant une porte.

Et parfois, la véritable question n’est pas de savoir s’il faut l’ouvrir ou la fermer, mais ce qui demeure du Temple lorsque quelqu’un que l’on n’attendait pas en franchit le seuil.

30 Commentaires

  1. Initié en 1971, j’ai été accueili dans une loge qui se présentait comme « Franxs maçons anciens et acceptés »

    De fait depuis 1964, la GLDF avait quitté le giron du SCDF, pour une querelle sur une éventuelle convention avec le GODF. C’est ce que l’on me raconta par la suite.

    En 1981, je fus admis au 4° degré et ne me souviens pas avoir prête serment de ne jamais me déclarer partisan de l’accueil en visiteuses de nos soeurs régulièrement initiées.

    Comme disent fort justement les » enfants de Puteaux », que craint on?
    et à la limite, quel sens à donner au pilier, mal compris d’ailleurs, de ne pas accueillir de femmes,ce pilier profane profane, comme le qualifiait en 1917 le RL J.F. Pluviaud. dans Points de vue initiatiques n° 185

    Peu importe que le projet aboutisse ou non, s’il nous fait réfléchir et échanger sur ce que nous sommes et ce que nous voulons; bref nous livrer sans entrave à la recherche de la Vérité.

    La parution de l’excellent article le favorise et c’est l’essentiel? Bravo à 450FM

    • Contresens. quand on en appelle à l’histoire, il faut le faire à juste escient.
      Mon Très Cher Frère, vous mélangez 1894, 1904 et 1964.

  2. Le serment et la demande d admission au scdf précise de façon explicite notre interdiction de visiter les loges féminines, mixte et même celles acceptant les femmes.
    Ceux qui veulent s affranchir de cette règle doivent quitter la juridiction et l obédience. Libre à eux de rejoindre d autres obédiences correspondants à leurs envies.
    Je pense également qu il faudra veiller à cette règle de non mixité dès la demande d initiation.

    • Mon TCF,
      Je ne sais pas comment tu peux affirmer cela. J’ai sous les yeux le serment que l’on demande de prêter aux MS, ainsi qu’un exemplaire vierge de la Convention d’accueil — le tout dans leur version actuelle — et rien de tel n’y est mentionné.
      J’ai également parcouru les RG de 2025, pensant que quelque chose m’avait peut-être échappé, et là non plus, aucune mention d’une telle interdiction.
      Cela dit, il est vrai que certains TIF et TRF inspecteurs sont parfois prompts à expliquer que nous ne devrions pas visiter les ateliers symboliques (1,2,3) mixtes ; mais, à ma connaissance, chacun reste libre d’agir selon sa conscience, et du moins jusqu’à l’Aréopage, les Frères visitent qui ils veulent.
      En revanche, nous devons nous abstenir de fréquenter les ateliers de toutes les autres juridictions, qu’ils soient mixtes ou non.

      • Mon Très Cher Frère,
        Je t’invite à relire les Règlements Généraux de façon plus attentive, notamment l’article 4, dans son point 3, qui dit en substance que se conformer aux « critères de régularité reconnus par l’Alliance Internationale Maçonnique Ecossaise à Naples en 2012 » est une condition nécessaire pour appartenir à un Atelier Supérieur de la Juridiction.

        • Mon Très Cher Frère Erynnie,

          Merci pour cette précision. La question de savoir si le point 6 — c’est-à-dire « l’obligation de non-mixité », dans son énoncé lapidaire — s’applique ou non aux visites de Loges symboliques dépasse, je pense, le champ de ce qui peut être discuté en ambiance « pluvieuse ».

          Je ne peux que rappeler ce que j’ai écrit plus haut: certains Très Illustres Frères en ont l’interprétation la plus restrictive, j’imagine que cela tient aux engagements solennels qu’ils sont amenés à prendre en accédant au degré ultime. Si j’y parviens un jour… j’aviserai.

          En attendant, dans le cadre des degrés symboliques, comme la plupart des Frères de la GLDF que je connais qui relèvent aussi de la Juridiction, je suis les règlements de l’Obédience et je m’autorise à visiter les Loges qui appartiennent à celles avec lesquelles nous avons passé des conventions (listées en dernière page des RG). J’y vais en tant que membre de la GLDF et non de la Juridiction.

          Dans le cadre des HG en revanche, je me conforme strictement à mes engagements vis-à-vis du SCDF et à mes serments, qui sinon ne voudraient plus rien dire.

          Dernière précision : ne pouvant effectivement rendre aux sœurs la réciprocité, je ne visite les Tenues auxquelles elles sont présentes que si j’y suis très explicitement invité ; ce qu’elles font en connaissance de cause.

    • Tout à fait.
      Il existe d’autres Suprêmes Conseils qui acceptent les FF de la GLDF hors SCDF ; la liberté d’association le permet pleinement…
      J’appartiens à la juridiction d’un SC où se côtoient librement des FF et SS de plusieurs obédiences.
      Et ça ne regarde aucune obédience parce que ça n’est pas une puissance symbolique, au sens GLDF du terme.

  3. Initié en 1987 à la GLDF, aprés plus de vingt ans j’ai rejoint le DH pour la simple raison qu’il y avait trop de problémes de personnes dans la Loge où j’étais. Aprés divers déménagements j’ai à nouveau rejoint la GLDF et ma Loge mére pour la petite histoire. J’étais dans les ateliers dits « supérieurs » tant à la GLDF qu’au DH. Quand j’étais au DH et VM d’un Loge une soeur avait son mari à la GLDF, qui venait nous visiter, mais elle ne pouvait pas visiter la Loge de son époux. A l’heure actuelle dans ma Loge de la GLDF, des FF.; ont leurs femmes au DH ou au GO qui ne peuvent pas venir à nos tenues comme simples visiteuses. Mon parcours maçonnique, je le conçois, n’est pas ordinaire voire atypique, mais il m’a fait découvrir une chose : » Les Femmes sont des initiés commes les autres ». Je ne rentre pas dans les réglements, l’interprétation des symboles et de tant d’autres sujets polémiques. Je dis qu’il s’agit simplement de bon sens que d’acceuillir les femmes en visiteurs, n’en déplaise au SCDF que je respecte par ailleurs, mais qui montre une forme de sectarisme dans plusieurs domaines dont je suis aussi l’exemple, car il n’a pas voulu me récupérer dans un certain degré d’atelier supérieur au prétexte que je l’avais acquis au DH. Je ne lui en veux pas car ce geste m’a fait grandir un peu plus, au lieu de me choquer, je pense que la FM est Universelle et ouverte à toutes et tous mais surtout qu’il y a plusieurs sortes d’initiés …….

  4. Au-delà des questions d’ordre initiatique, historique, psychologique, sociologique, voire politique, que pose l’introduction de la mixité en Loge, se pose une question majeure d’ordre pratique : celle des relations avec le SCDF et sa Juridiction.

    Or, je peux affirmer avec une quasi-certitude qu’en l’état actuel des choses, si un convent décidait d’approuver un tel article 99 bis, le SCDF dénoncerait immédiatement sa convention avec la GLDF.

    Sachant qu’environ un Maître sur trois à la GLDF appartient à la Juridiction, une scission deviendrait alors inévitable, avec les problèmes insolubles que cela poserait en matière de budget et de patrimoine, compte tenu des actifs considérables de la GLDF. Sans parler des Frères « mixistes », qui se retrouveraient de fait sans Juridiction représentative.

    Il ne faut donc pas être grand clerc pour comprendre que l’accueil des Sœurs en visite n’est pas près d’arriver à la GLDF.

    On ne peut que conseiller aux Frères qui ne comprennent pas, ou n’acceptent pas, les raisons profondes, historiques et initiatiques voire spirituelles de cette position de chercher leur bonheur dans une obédience qui autorise ces visites. Et surtout de cesser de perdre leur temps et leur énergie, voire de trahir leurs engagements, en venant chercher sur 450.fm l’audience qu’ils n’ont pas obtenue dans les instances compétentes, comme d’autres l’avaient fait avant eux, du temps de l’ex-« maçonne ».

    Quant à affirmer que les Loges seraient souveraines pour accepter ou non les visites de Sœurs, il faut être bien inexpérimenté — ou bien hypocrite — pour ne pas voir qu’une telle disposition constituerait pour longtemps un facteur permanent de clivage et de disputes à chaque élection de VM.

    • Ce commentaire est intéressant , car il confirme que la GLDF n’est qu’une « filiale » du SCDF ?
      Ce qui m’intrigue , c’est que je ne lis pas d’arguments philosophiques ou spirituels pour expliquer ce refus…
      La GLTSopéra autorise , aux loges qui le souhaitent , une fois par an , en le déclarant à l’obédience…de faire une tenue en invitant les soeurs , et je n’ai pas connaissance qu’il y a eu une révolution ?

      • Je me doutais un peu que mon post serait interprété ainsi… mais c’est une vision complètement erronée. La GLDF et le SCDF sont les deux piliers d’un édifice commun : notre REAA.

        Le GARDIEN en est le SCDF, et c’est lui qui, effectivement, fixe les règles de sa pratique et les bornes (landmarks) qui délimitent son périmètre. Il en est le garant et le responsable.

        La GLDF est la structure qui, à travers ses Loges, INITIE les profanes puis les conduit jusqu’au grade de Maître. Tout Frère peut s’arrêter là ; mais s’il le souhaite — et s’il en a la capacité et la disponibilité — il peut rejoindre la Juridiction pour y poursuivre son parcours au sein du REAA jusqu’au 33ème degré.

        En réalité, le SCDF dépend davantage de la GLDF que celle-ci ne dépend du SCDF, car sans la GLDF, pas de Maîtres à accueillir dans la Juridiction. Je le répète, ce sont les Loges regroupées au sein de la GLDF qui en toute indépendance ont seules le pouvoir d’initier les profanes et de confèrer les 2ème et 3ème degrés.

        J’ai bien sûr des arguments philosophiques, spirituels et sociologiques pour étayer ce que j’ai écrit concernant la mixité, mais je ne pense pas que cet espace (profane) soit le lieu pour les évoquer.

        Quant à la tenue annuelle inter-obédientielle de la GLTSO, la correspondance chez nous est la « Cérémonie de Réception des Sœurs et des Frères des obédiences amies », mais ce n’est pas une « Tenue » à proprement parler. Personnellement, je le regrette.

        Il va sans dire que tout ce que j’ai exposé dans ces commentaires l’a été exclusivement à titre personnel et que, même si je crois avoir une bonne idée de ce que j’avance, je ne suis pas dans (tous) les secrets des dieux.

  5. @Patrick_COHEN
    Merci pour ce long mail. Juste 3 choses pour ne pas alourdir ma réponse.
    1-Sur les risques, je m’amuse de voir comment notre Frère évite un sujet. Si jamais ce droit de visite est voté, je connais bon nombre de Frères qui quitteront la GLDF (je sais, j’en fais partie). Et quand les Loges ne pourront plus ouvrir leurs travaux, vont-elles convier les sœurs à occuper des plateaux ? La réponse est OUI, bien sûr. Bon courage pour la future mixité. Relisez l’histoire au GO et regardez leur histoire aujourd’hui.
    2-Et dans ce débat, je m’étonne d’une chose : que personne ne se soit posé la question sur la posture de la GLFF. Le droit de visite des Frères, est-ce écrit dans leurs textes ? Est-ce une simple tolérance ? Or je connais certaines Loges féminines qui ne veulent pas accueillir de Frères, en particulier les soirs d’initiation. Quand on intègre une Obédience féminine, ce n’est pas pour avoir des des Frères sur les colonnes. A l’inverse, cela vaut pour la GLDF. Quelqu’un a-t-il demandé l’avis des sœurs et de la GLFF ?
    3-Pour finir, arrêtons l’hypocrisie et les non-dits sur la sexualisation des relations en Loge. Et pour cause, 90% des pro-visites sont mariés à des sœurs. ATTENTION SPOILER, je risque la radiation pour le propos à venir : mes Frères est-il envisageable que vous régliez vos problèmes en couple, chez vous, sans les imposer aux autres Frères ?

    • Merci @Erynnie pour ce commentaire.

      1) Il serait intéressant d’expliciter la raison de ta potentielle démission en cas d’autorisation des visites réciproques pas nos sœurs dans les ateliers favorables.

      2) Cela m’étonnerait que la question n’ai jamais été soulevée, une sœur doit pouvoir nous éclairer aisément.
      Les loges de la GLDF sont souveraines et peuvent refuser les visites à leur convenance (comme c’est écrit dans l’article au dessus)

      3) il faudrait citer la source de la statistique …
      Les sœurs en visite seraient donc selon toi source de tensions sexuelles ou de problèmes ?
      Ne serait-il pas possible que pour des raisons d’équité, de reconnaissance de l’initiation de nos sœurs et de bienveillance à leur égards, certains souhaites évoluer ?

      • 1-J’ai été reçu, créé et constitué dans une Obédience strictement masculine. Si on change à mon insu les règles pour lesquelles j’ai prêté serment, que vaut ce serment ? Plutôt que me soumettre, je préfère me démettre.

      • 2-Eh bien, j’attends qu’une soeur réponde et nous éclaire.
        Et ta vision de la souveraineté oublie que les Loges adhérent à une Fédération (alias la GLDF) et doivent en respecter les règles.

  6. Au XXIème siècle s’interroger sur ce type de question d’ouverture ou de fermeture en dit long sur la dégradation morale de la F:.M:. . L’intégrisme de la juridiction qui confond lumière et dogme n’a rien à envier aux Frères musulmans. Est-ce que si les SS portaient le voile elles seraient acceptées?

  7. Excellente initiative.
    Il faudra également que la tenue des hauts-grades, celle où le Suprême Conseil de France donne ses instructions aux députés qui sont également dans les hhgg, soit reportée APRÈS le convent 😁

  8. Notre loge a émis le vœu en février pour qu’un droit de visite pour les sœurs soit instauré! Ce vœu a d’emblée été rejeté sans qu’il soit étudié au motif qu’il n’était pas compatible avec nos règlements généraux!

    Ci-après notre Proposition de vœu

    Respectable Loge 1384 Géométrie Sacrée Orient de Marseille

    Vœu : Droit de visite des sœurs aux loges de la GLDF
    Deux voies s’ouvrent à nous :
    1°) Rétablir l’équité passerait par la suppression du droit de visite des frères des loges de la GLDF aux loges féminines ou mixtes.
    2°) Asseoir l’équité et respecter nos principes en offrant la possibilité aux loges féminines ou mixtes de visiter les loges masculines qui seraient éventuellement ouvertes à ces visites.
    Nous sommes favorables à cette deuxième solution plus proche de la volonté d’ouverture de la GLDF.
    Dans tous les cas, nous souhaitons que le convent favorise cette évolution, en choisissant une de ces deux possibilités.

    Argumentaire :
    Exposé des motifs : Droit de visite des sœurs aux loges de la GLDF
    Ne nous trompons pas de sujet il n’est pas question d’ouvrir nos loges à la mixité mais de réparer une injustice !

    Tout d’abord nous tenons à remercier notre très respectable et respecté passé grand Maitre T Z pour sa déclaration d’intention énoncée au convent 6023. Ce texte rompt avec les « croyances » voire les « invectives » exprimées habituellement sur ce sujet. Il ouvre à une vraie réflexion argumentée à laquelle nous aimerions contribuer.
    Pour que les choses soient claires il importe d’emblée de préciser qu’il ne s’agit en aucun cas de toucher à la liberté actuelle du choix d’obédiences.
    Aujourd’hui chaque maçon est libre de s’engager dans une loge monogenrée (masculine ou féminine) ou mixte. Notre proposition soutient ce principe et vise seulement à le compléter.
    Actuellement existe une possibilité de visite des loges mixtes ou féminines par les frères de la GLDF. Par contre l’inverse n’est pas possible et nos sœurs ne sont pas autorisées à nous visiter, à l’exception de deux cérémonies ciblées.
    Il ne s’agit pas de reconnaitre des droits spécifiques aux femmes, ni d’aller vers la mixité, mais de mettre fin à l’injustice dont elles sont victimes.
    Examinons les 10 bonnes raisons qui justifient d’accorder le droit de visite aux Sœurs.
    1°) Pourquoi cette question revient-elle régulièrement, et quels sont les arguments mis en avant ? En soi c’est le signe d’une difficulté non résolue. Elle traduit une interrogation interne au moment même où la GLDF affirme vouloir « ouvrir les portes », changer le regard que portent les profanes sur nos principes. Déjà au convent de Lausanne en 1875,que nous avons fêté récemment, G. Crémieux affirmait : « Nous avons le devoir de rendre compatible notre tradition avec les légitimes exigences du monde moderne »
    2°) Elle interpelle le principe de liberté. Les frères sont libres de circuler comme bon leur semble, mais les sœurs n’ont pas cette liberté, nos portes leurs sont fermées.

    3°) Elle porte atteinte au principe d’égalité qui nous est cher. Elle confère un droit supplémentaire aux loges masculines qui de facto ne respectent plus le principe d’égalité, ce qui est vécu par nos sœurs comme une injustice .
    4°) D’aucuns s’interrogent sur la plus-value que générerait la présence des sœurs . Cette interrogation se fonderait sur le principe que les hommes et les femmes ne sont pas égaux et qu’il devrait y avoir des avantages à la présence des femmes ! A priori il n’y a pas de raison de penser que les femmes apporteraient plus que les hommes. Elles ne contribuent ni plus ,ni moins que les hommes à la construction de l’édifice. Cette approche au demeurant remet en cause le principe d’égalité entre les hommes et les femmes . Avec le regretté Jean Pierre Thomas historien à la GLDF nous disons : « Les Sœurs sont des Frères comme les autres »
    5°) Est-ce un besoin vital nécessaire à la survie de notre Obédience ?
    Bien sûr que non ! Nous fonctionnons depuis des siècles sans la présence de femmes et notre obédience survit à ce « dysfonctionnement » ! Au demeurant la possibilité de visite reste anecdotique et ne constitue pas le cœur de notre fonctionnement. Il est peu probable que nous soyons submergés de demandes qui, passé l’effet de nouveauté, devraient rester marginales
    6°) Souvent est avancée la nécessité de respecter nos « Landmarks »
    Dans l’édition révisée de 1738 Anderson précise la composition des loges : « les hommes fait maçon doivent être né libre ou non serf, d’âge mûr et de bonne réputation, robuste et sains sans déformation ni mutilation au moment de leur admission. Mais ni femme, ni eunuque »
    Le sort réservé aujourd’hui aux Eunuques ne fait pas l’objet de ce vœu mais on identifie clairement l’énoncé de cette obligation dans un contexte socioculturel spécifique, ou les femmes alors n’étaient pas considérées comme libres. Près de 300 ans se sont écoulés depuis et il ne nous parait pas aberrant de réinterroger le contexte socioculturel de notre époque, ou les femmes ont conquis cette liberté.
    7°) Y-a-t-il un risque d’évolution vers la mixité ?
    Via des visites régulières on glisserait de facto vers la mixité ! Il est possible de limiter ce risque en instituant quelques règles simples : – La visite de nos sœurs est une possibilité pas une obligation. Libre à chaque loge d’accepter ou pas la demande de visite. – On prioriserait les demandes fondées sur un intérêt particulier : assister à une initiation, être présente lors d’un moment clé d’un proche, élévation… – Le contre-exemple devrait nous rassurer. Nous visitons depuis des décennies des loges mixtes ou féminines, et ces visites régulières n’ont semble-t-il pas provoquer un départ massif des visiteurs vers ces loges.
    8°) Y-a-t-il un risque, à la longue, d’altérer notre rite ?
    C’est peu probable. D’une part parce que nous accueillons des sœurs qui se réfèrent, comme nous, au REAA et d’autre part nous accueillons régulièrement des obédiences amies qui ne pratiquent pas le REAA et qui pour autant n’ont pas altéré notre rite.
    9°) Y-a-t-il un risque de transformer notre obédience en un club ?
    Penser que nos loges pourraient devenir des lieux de rencontres ne nous parait pas plus recevable que de croire que la GLDF favoriserait l’homosexualité de par sa composition exclusivement masculine !
    10°) Soyons juste et éthiquement cohérents
    Ne prenons pas le risque qu’un jour, même dans un futur lointain, l’on nous dise :
    Ils le savaient, ils n’ont rien dit, ils n’ont rien fait !

    En conclusion
    C’est parce que nous sommes soucieux du devenir de notre obédience que nous nous permettons d’interroger son fonctionnement actuel et faire en sorte qu’elle soit attractive pour les jeunes générations.
    Nous devons mettre en adéquation nos paroles et nos actes. Nous prônons comme valeur suprême l’égalité ,mais sur ce point précis nous nous en éloignons..
    En conséquence, nous nous devons de revoir ce fonctionnement. Tout en respectant la tradition, nous devons faire preuve de progrès.

    Impact technique et juridique : Libre choix de chaque loge de mettre en œuvre cette modalité de fonctionnement
    Impact économique, budgétaire et financier : sans conséquence.
    Impact social et/ou maçonnique : Mets en cohérence les principes de la GLDF et ses actes
    Impact environnemental : Valorisation de la GLDF pour les profanes qui frappent à notre porte
    Modification rituel : Actualisation des règlements généraux.

    Patrick COHEN Député RL 1384 Géométrie Sacrée
    Orient de Marseille
    Le 16/02/2026

  9. Bonjour,
    Je suis un M:. de la GLDF, et cet avis n’est que le mien et n’engage en rien ma loge et encore moins l’obédience.

    Je suis pour l’autorisation de visites occasionnelles des sœurs en réciprocité avec les loges qui reçoivent les F:. de la GLDF.

    Je suis contre l’affiliation des sœurs visiteuses régulières voire même des visites régulières de sœurs pour préserver la masculinité de nos loges et éviter un contournement des statuts de notre obédience.

    Bien entendu, chaque loge étant souveraine, même avec l’autorisation constitutionnelle, la loge doit pouvoir garder le privilège de refuser la visite.

    Fraternellement

  10. Les loges uniquement uni genre ne s’excluraient pas t-elles de la moitié de l’humanité? Ou plus profanement  « pas de ça chez moi… »

    • Patience mon TCF, là où il y a une petite fissure, le temps ouvrira une brèche au sens littéral du terme 😊

  11. Que de progrès déjà d’envisager accueillir des sœurs ! La réciprocité de l’accueil voir de l’hospitalité est le premier pas de fraternité et de savoir-vivre que l’on peut attendre d’un franc-maçon ! Effectivement, que redouter ? Je fais mienne aussi la dernière phrase. Bien fraternellement. 🙋‍♂️

  12. Il est parfois utile de relire l’histoire lorsque le présent se donne des airs de nouveauté.
    Il y a une trentaine d’années déjà, j’entendais certaines Sœurs soutenir une lecture autrement moins flatteuse que le récit officiel de « l’émancipation » des Loges d’adoption : et si la Grande Loge de France ne les avait pas seulement libérées de la tutelle masculine, mais s’en était aussi fort opportunément séparée au moment où elle cherchait à se rapprocher des critères de la régularité anglo-américaine ?
    L’histoire est évidemment plus complexe et mérite mieux qu’un procès d’intention. Dès 1934, les Frères envisageaient l’autonomie des Loges d’adoption sans même avoir préalablement consulté les Sœurs ; celles-ci demandèrent d’abord le maintien du statu quo, avant que le Convent de 1945 n’abolisse définitivement le cadre ancien et que naisse l’Union Maçonnique Féminine de France, future Grande Loge Féminine de France.
    La chronologie qui suit n’est toutefois pas sans saveur. Le 18 septembre 1953, la GLDF réintroduit sur l’Autel des Serments le Volume de la Loi Sacrée.
    Elle prend soin de préciser qu’il ne s’agit nullement d’une affirmation confessionnelle : la Bible y est comprise comme symbole de la plus haute spiritualité, de la Sagesse, de la Tradition et de la « Loi vivante ».
    Fort bien.
    Mais ce retour intervient précisément à une époque où l’Obédience regarde avec insistance du côté des critères de régularité anglo-américains. Autrement dit, lorsqu’il s’agissait de rapprocher les Colonnes de certains standards internationaux, on sut assez rapidement retrouver le chemin de l’Autel ; pour rapprocher une Sœur de ces mêmes Colonnes, soixante-treize ans plus tard, il faut encore réunir des commissions, imaginer un article 99 bis et espérer réunir les deux tiers d’un Convent. Le symbolisme a parfois le pas curieusement sélectif.
    On nous oppose alors l’argument devenu presque rituel : « La GLDF est une Obédience monogenre masculine, comme la GLFF est une Obédience monogenre féminine. » La comparaison est commode, mais le miroir quelque peu déformant. La GLFF réserve certes l’appartenance à ses Loges aux femmes, mais elle reçoit en visite des Francs-Maçons comme des Franc-Maçonnes appartenant à des Obédiences amies. La différence n’est donc pas accessoire : préserver une identité monogenre n’oblige nullement à transformer la porte du Temple en poste-frontière.
    On se souvient d’ailleurs de cette singulière invention, apparue autour des années 2010 : une « cérémonie de réception pour les Sœurs et les Frères », formule assez subtile pour que chacun comprenne qu’elle concernait surtout les Sœurs, les Frères n’ayant nul besoin d’un tel sas rituel lorsqu’ils étaient admis comme visiteurs. La Maçonne relevait déjà, en 2016, tout ce qu’un tel dispositif pouvait avoir de paradoxal : reconnaître une Sœur suffisamment maçonne pour lui fabriquer une cérémonie particulière, mais pas suffisamment maçonne pour l’accueillir simplement comme visiteuse dans une Tenue ordinaire.
    La Franc-Maçonnerie est décidément un merveilleux laboratoire : on y parvient parfois à compliquer rituellement ce que la fraternité pourrait résoudre d’un simple geste en ouvrant une porte.
    Vient alors l’argument suprême : la GLDF entretient d’excellentes relations avec la GLFF. C’est parfaitement exact. Elle a même célébré, le 6 novembre 2025, les 80 ans de son indépendance et dévoilé dans le Grand Temple Pierre-Brossolette une plaque commémorative. Le symbole ne manque pas d’élégance, mais il produit malgré lui un contraste assez savoureux : une plaque en l’honneur des Sœurs peut désormais demeurer à perpétuelle demeure dans le Grand Temple ; une Sœur vivante, initiée, revêtue de son tablier et travaillant parfois au même Rite Écossais Ancien et Accepté doit encore attendre qu’un Convent décide si sa présence, durant quelques heures sous la Voûte étoilée, est compatible avec les équilibres de l’Obédience. La plaque, au moins, présente cet avantage considérable : elle ne demande jamais la parole.
    Quant à Jean-Raphaël Notton, réélu Grand Maître en juin 2026 sous le signe affiché de « l’ouverture », rappelons que son renouvellement de mandat, avec 472 voix favorables contre 184 défavorables, soit 72 % contre 28 %, ne fut pas davantage un plébiscite qu’un désaveu. Près de trois délégués sur dix ayant voté contre sa réélection, on comprend aisément qu’un Grand Maître élu par un Convent connaisse avec précision la géométrie parfois sévère des rapports de force internes et sache jusqu’où certaines évolutions peuvent être poussées sans réveiller des résistances profondément enracinées.
    Il ne s’agit pas de lui prêter des intentions ni des craintes que nous ne pouvons connaître, mais de rappeler cette évidence institutionnelle : dans une Obédience où le Convent fait et défait les équilibres, la même assemblée qui élève peut aussi rappeler à l’Ordre celui qui avancerait plus vite que ne le permettent les rapports de force du moment.
    C’est peut-être là que réside tout le paradoxe.
    L’ouverture est volontiers proclamée, célébrée, inscrite dans les discours et les communiqués ; mais lorsqu’elle touche à une question aussi symboliquement chargée que la présence des Sœurs en Tenue, le compas semble soudain réduire son amplitude.
    On annonce des évolutions, on invoque le temps nécessaire, on consulte, on temporise, on renvoie au Convent suivant. La porte n’est jamais véritablement fermée, ce qui permet de parler d’ouverture ; mais elle n’est jamais suffisamment ouverte pour que l’on cesse d’en parler.
    À la GLDF, sur ce sujet du moins, l’ouverture semble encore relever moins du battant que de l’entrebâillement.
    Reste alors une question beaucoup plus simple que tous les règlements, toutes les commissions et toutes les précautions oratoires : que redoute exactement une Loge masculine de la présence ponctuelle d’une Sœur régulièrement initiée ?
    Si son identité, son Rite, sa Tradition et sa chaîne initiatique sont aussi solides qu’elle l’affirme, une visiteuse ne devrait guère les menacer.
    Et si la présence d’une femme suffit à faire vaciller l’édifice, alors le véritable problème n’est peut-être pas devant la porte du Temple, mais quelque part à l’intérieur !

    • Vous semblez bien connaitre la Grande Loge de France…
      Donc vous savez très bien que le Supprême Conseil de France est opposé à la visite des soeurs et comme il contrôle la quasi totalité des conseillers fédéraux et la majorité des députés ,jamais cette mesure ne sera adoptéé…
      D’ailleurs depuis quelques années , le SCDF interdit aux membres de sa Juridiction d’aller en visite chez les loges féminines ou mixtes et leur fait prêter serment pour cela !

      • Pour ce qui concerne l’interdiction de nos propres visites, elle est explicite pour ce qui concerne ateliers supérieurs des autres juridictions, mais elle n’a jamais été autre chose qu’un conseil pour ce qui concerne les ateliers symboliques, du moins à ma connaissance (sauf pour les TRF).
        Mais vous avez parfaitement raison : l’admission de femmes, même en simples visiteuses à la GLDF, serait un casus belli vis-à-vis du SCDF, notamment parce que celui-ci s’appuie sur des constitutions qui proscrivent la mixité. Donc cela n’arrivera pas, et les Frères qui font cette proposition le savent très bien ; on peut dès lors se demander quelles sont leurs réelles motivations…

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Alice Dubois
Alice Dubois
Alice Dubois pratique depuis plus de 20 ans l’art royal en mixité. Elle est très engagée dans des œuvres philanthropiques et éducatives, promouvant les valeurs de fraternité, de charité et de recherche de la vérité. Elle participe activement aux activités de sa loge et contribue au dialogue et à l’échange d’idées sur des sujets philosophiques, éthiques et spirituels. En tant que membre d’une fraternité qui transcende les frontières culturelles et nationales, elle œuvre pour le progrès de l’humanité tout en poursuivant son propre développement personnel et spirituel.

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