Rite écossais ancien et accepté (Rite maçonnique)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le Rite écossais ancien et accepté (REAA) est le rite maçonnique le plus pratiqué au monde. Issu des grades « écossais » apparus en France dans les années 1740 et du « Rite du royal secret » d’Étienne Morin, il prend sa forme en 1801 avec la fondation à Charleston du premier Suprême Conseil du 33e degré. Il comprend trente-trois degrés : les trois premiers sont travaillés en loges symboliques, les degrés 4 à 33 sous l’autorité de Suprêmes Conseils. En France, il est pratiqué notamment par la Grande Loge de France, la Grande Loge féminine de France, le Droit humain et une partie des loges du Grand Orient.

Des loges de Londres et de Bath auraient conféré dès 1733-1736 un grade de « maître écossais ». Le rôle des jacobites dans la genèse de ces grades reste débattu : légende pour les uns, influence réelle pour les autres. En France, les grades écossais se multiplient dans les années 1740.

Négociant bordelais reçu dans les hauts grades en 1744, Étienne Morin obtient le 27 août 1761 une patente de « Grand Inspecteur » pour le Nouveau Monde. Il y pratique un système de 25 degrés, le « Rite du royal secret », structuré par les Constitutions dites de Bordeaux (1762). Son collaborateur Henry Andrew Francken en rédige les rituels (1771, 1783) et fonde une loge de Perfection à Albany en 1767.

Le 31 mai 1801, John Mitchell et Frederick Dalcho ouvrent à Charleston (Caroline du Sud) le Suprême Conseil du 33e degré, futur Suprême Conseil de la Juridiction Sud. Le système s’appuie sur les Grandes Constitutions de 1786, attribuées à Frédéric II de Prusse : cette attribution est aujourd’hui largement contestée.

En 1804, le comte de Grasse-Tilly fonde le premier Suprême Conseil de France et signe en décembre un traité d’union avec le Grand Orient. Suivent le Suprême Conseil de la Juridiction Nord des États-Unis (1813) et celui d’Angleterre et du pays de Galles (1845). Entre 1855 et 1868, Albert Pike réécrit les rituels des degrés 4 à 32 et publie en 1871 Morals and Dogma.

Les trois premiers degrés relèvent des loges symboliques ; les degrés 4 à 33 constituent les hauts grades, travaillés en ateliers successifs (loges de perfection, chapitres, aréopages, consistoires) sous l’autorité d’un Suprême Conseil. Les principaux degrés sont :

  • 1er à 3e : Apprenti, Compagnon, Maître
  • 4e à 14e (loges de perfection) : Maître secret, Maître parfait, Secrétaire intime, Prévôt et juge, Intendant des bâtiments, Maître élu des Neuf, Illustre élu des Quinze, Sublime chevalier élu, Grand maître architecte, Chevalier de Royale Arche, Grand élu parfait et sublime maçon (ou de la Voûte sacrée)
  • 15e à 18e (chapitres) : Chevalier d’Orient ou de l’Épée, Prince de Jérusalem, Chevalier d’Orient et d’Occident, Chevalier Rose-Croix
  • 19e à 30e : Grand pontife, Maître de la loge symbolique, Noachite ou Chevalier prussien, Chevalier Royale Hache ou Prince du Liban, Chef du Tabernacle, Prince du Tabernacle, Chevalier du Serpent d’airain, Prince de merci, Chevalier du Soleil ou Prince adepte, Commandeur du Temple, Grand Écossais de Saint-André, Chevalier Kadosh
  • 31e à 33e : Grand Inspecteur Inquisiteur Commandeur, Sublime Prince du Royal Secret, Souverain Grand Inspecteur Général

L’intitulé et l’ordre de certains degrés, notamment les 27e et 28e, varient selon les juridictions et les traductions.

Le REAA travaille « à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers » sous la devise « Ordo ab Chao », complétée de « Deus Meumque Jus ». Son parcours mêle la légende d’Hiram, la quête de la parole perdue, la reconstruction du Temple, les références chevaleresques et templières, puis une méditation philosophique et morale.

Les degrés supérieurs au 3e sont souvent présentés comme des degrés de développement et d’approfondissement, non comme une hiérarchie de pouvoir sur les loges symboliques. Le 18e degré, Rose-Croix, et le 30e, Chevalier Kadosh, sont traditionnellement considérés comme des étapes majeures.

Le rite est présent dans le monde entier : aux États-Unis, la Juridiction Sud et la Juridiction Nord, cette dernière ayant réformé ses pratiques en 2004 et 2006 ; en Angleterre, où il est en pratique limité au 18e degré pour les membres, et réservé aux chrétiens. En Europe, onze obédiences pratiquant les trois premiers degrés sont réunies dans la Confédération des grandes loges unies d’Europe.

En France, plusieurs Suprêmes Conseils coexistent : le Suprême Conseil de France, adossé à la Grande Loge de France ; le Suprême Conseil Grand Collège du REAA, lié au Grand Orient de France ; le Suprême Conseil universel du Droit humain, mixte ; le Suprême Conseil pour la France, issu du Suprême Conseil des Pays-Bas (1965) ; et le Suprême Conseil national de France (2014), adossé à la Grande Loge nationale française.

L’histoire française du rite est marquée par les rapports avec le Grand Orient : traité de 1804, administration par celui-ci des degrés 1 à 18 entre 1805 et 1814, création en 1815 d’un Suprême Conseil des Rites, réactivation du Suprême Conseil de France en 1821. Le convent international de Lausanne (1875) révise les principes du rite.

En 1964, Charles Riandey quitte le Suprême Conseil de France et fonde le Suprême Conseil pour la France, reconnu en 1970 lors de la conférence de Barranquilla ; la légitimité respective des deux branches fut alors vivement débattue. Les historiens discutent aussi la légende jacobite, l’authenticité des copies de la patente de Morin et celle des Grandes Constitutions de 1786.

  • Naissance et essor du Rite écossais ancien et accepté en France : 1804-1826, Pierre Mollier, Dervy
  • 1804-2004, deux siècles de Rite écossais ancien accepté en France, collectif, Dervy, 2004
  • Le Rite écossais ancien et accepté, Yves-Max Viton, PUF, coll. « Que sais-je ? »
  • Rose Croix: A History of the Ancient & Accepted Rite for England and Wales, A. C. F. Jackson, Lewis Masonic, 1980
  • Lodge of the Double-Headed Eagle, William L. Fox, University of Arkansas Press, 1997
  • Confession d’un Grand Commandeur de la franc-maçonnerie, Charles Riandey, Éditions du Rocher, 1989
  • Histoire générale de la franc-maçonnerie, Paul Naudon, PUF

Né de la rencontre entre les grades écossais français et la maçonnerie des Amériques, le REAA s’est imposé depuis Charleston en 1801 comme le premier rite maçonnique mondial. Ses trente-trois degrés, administrés par des Suprêmes Conseils, offrent un parcours initiatique complet, dont l’histoire française, riche en scissions et réformes, reflète la diversité des obédiences.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à ce rite.

Voir aussi dans le glossaire : Suprême Conseil, Rose-Croix, Loge de Perfection, Pierre Mollier (historien), Paul Naudon (historien), Albert Pike (Auteur), Charles Riandey (Auteur), Yves-Max Viton (Auteur).

Glossaire de la franc-maçonnerie
Rite écossais ancien et accepté
Source : Wikimedia Commons – Hoalinh – CC BY-SA 4.0
Glossaire de la franc-maçonnerie

Le Rite écossais ancien et accepté (REAA) est le rite maçonnique le plus pratiqué au monde. Issu des grades « écossais » apparus en France dans les années 1740 et du « Rite du royal secret » d’Étienne Morin, il prend sa forme en 1801 avec la fondation à Charleston du premier Suprême Conseil du 33e degré. Il comprend trente-trois degrés : les trois premiers sont travaillés en loges symboliques, les degrés 4 à 33 sous l’autorité de Suprêmes Conseils. En France, il est pratiqué notamment par la Grande Loge de France, la Grande Loge féminine de France, le Droit humain et une partie des loges du Grand Orient.

Des loges de Londres et de Bath auraient conféré dès 1733-1736 un grade de « maître écossais ». Le rôle des jacobites dans la genèse de ces grades reste débattu : légende pour les uns, influence réelle pour les autres. En France, les grades écossais se multiplient dans les années 1740.

Négociant bordelais reçu dans les hauts grades en 1744, Étienne Morin obtient le 27 août 1761 une patente de « Grand Inspecteur » pour le Nouveau Monde. Il y pratique un système de 25 degrés, le « Rite du royal secret », structuré par les Constitutions dites de Bordeaux (1762). Son collaborateur Henry Andrew Francken en rédige les rituels (1771, 1783) et fonde une loge de Perfection à Albany en 1767.

Le 31 mai 1801, John Mitchell et Frederick Dalcho ouvrent à Charleston (Caroline du Sud) le Suprême Conseil du 33e degré, futur Suprême Conseil de la Juridiction Sud. Le système s’appuie sur les Grandes Constitutions de 1786, attribuées à Frédéric II de Prusse : cette attribution est aujourd’hui largement contestée.

En 1804, le comte de Grasse-Tilly fonde le premier Suprême Conseil de France et signe en décembre un traité d’union avec le Grand Orient. Suivent le Suprême Conseil de la Juridiction Nord des États-Unis (1813) et celui d’Angleterre et du pays de Galles (1845). Entre 1855 et 1868, Albert Pike réécrit les rituels des degrés 4 à 32 et publie en 1871 Morals and Dogma.

Les trois premiers degrés relèvent des loges symboliques ; les degrés 4 à 33 constituent les hauts grades, travaillés en ateliers successifs (loges de perfection, chapitres, aréopages, consistoires) sous l’autorité d’un Suprême Conseil. Les principaux degrés sont :

  • 1er à 3e : Apprenti, Compagnon, Maître
  • 4e à 14e (loges de perfection) : Maître secret, Maître parfait, Secrétaire intime, Prévôt et juge, Intendant des bâtiments, Maître élu des Neuf, Illustre élu des Quinze, Sublime chevalier élu, Grand maître architecte, Chevalier de Royale Arche, Grand élu parfait et sublime maçon (ou de la Voûte sacrée)
  • 15e à 18e (chapitres) : Chevalier d’Orient ou de l’Épée, Prince de Jérusalem, Chevalier d’Orient et d’Occident, Chevalier Rose-Croix
  • 19e à 30e : Grand pontife, Maître de la loge symbolique, Noachite ou Chevalier prussien, Chevalier Royale Hache ou Prince du Liban, Chef du Tabernacle, Prince du Tabernacle, Chevalier du Serpent d’airain, Prince de merci, Chevalier du Soleil ou Prince adepte, Commandeur du Temple, Grand Écossais de Saint-André, Chevalier Kadosh
  • 31e à 33e : Grand Inspecteur Inquisiteur Commandeur, Sublime Prince du Royal Secret, Souverain Grand Inspecteur Général

L’intitulé et l’ordre de certains degrés, notamment les 27e et 28e, varient selon les juridictions et les traductions.

Le REAA travaille « à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers » sous la devise « Ordo ab Chao », complétée de « Deus Meumque Jus ». Son parcours mêle la légende d’Hiram, la quête de la parole perdue, la reconstruction du Temple, les références chevaleresques et templières, puis une méditation philosophique et morale.

Les degrés supérieurs au 3e sont souvent présentés comme des degrés de développement et d’approfondissement, non comme une hiérarchie de pouvoir sur les loges symboliques. Le 18e degré, Rose-Croix, et le 30e, Chevalier Kadosh, sont traditionnellement considérés comme des étapes majeures.

Le rite est présent dans le monde entier : aux États-Unis, la Juridiction Sud et la Juridiction Nord, cette dernière ayant réformé ses pratiques en 2004 et 2006 ; en Angleterre, où il est en pratique limité au 18e degré pour les membres, et réservé aux chrétiens. En Europe, onze obédiences pratiquant les trois premiers degrés sont réunies dans la Confédération des grandes loges unies d’Europe.

En France, plusieurs Suprêmes Conseils coexistent : le Suprême Conseil de France, adossé à la Grande Loge de France ; le Suprême Conseil Grand Collège du REAA, lié au Grand Orient de France ; le Suprême Conseil universel du Droit humain, mixte ; le Suprême Conseil pour la France, issu du Suprême Conseil des Pays-Bas (1965) ; et le Suprême Conseil national de France (2014), adossé à la Grande Loge nationale française.

L’histoire française du rite est marquée par les rapports avec le Grand Orient : traité de 1804, administration par celui-ci des degrés 1 à 18 entre 1805 et 1814, création en 1815 d’un Suprême Conseil des Rites, réactivation du Suprême Conseil de France en 1821. Le convent international de Lausanne (1875) révise les principes du rite.

En 1964, Charles Riandey quitte le Suprême Conseil de France et fonde le Suprême Conseil pour la France, reconnu en 1970 lors de la conférence de Barranquilla ; la légitimité respective des deux branches fut alors vivement débattue. Les historiens discutent aussi la légende jacobite, l’authenticité des copies de la patente de Morin et celle des Grandes Constitutions de 1786.

  • Naissance et essor du Rite écossais ancien et accepté en France : 1804-1826, Pierre Mollier, Dervy
  • 1804-2004, deux siècles de Rite écossais ancien accepté en France, collectif, Dervy, 2004
  • Le Rite écossais ancien et accepté, Yves-Max Viton, PUF, coll. « Que sais-je ? »
  • Rose Croix: A History of the Ancient & Accepted Rite for England and Wales, A. C. F. Jackson, Lewis Masonic, 1980
  • Lodge of the Double-Headed Eagle, William L. Fox, University of Arkansas Press, 1997
  • Confession d’un Grand Commandeur de la franc-maçonnerie, Charles Riandey, Éditions du Rocher, 1989
  • Histoire générale de la franc-maçonnerie, Paul Naudon, PUF

Né de la rencontre entre les grades écossais français et la maçonnerie des Amériques, le REAA s’est imposé depuis Charleston en 1801 comme le premier rite maçonnique mondial. Ses trente-trois degrés, administrés par des Suprêmes Conseils, offrent un parcours initiatique complet, dont l’histoire française, riche en scissions et réformes, reflète la diversité des obédiences.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à ce rite.

Voir aussi dans le glossaire : Suprême Conseil, Rose-Croix, Loge de Perfection, Pierre Mollier (historien), Paul Naudon (historien), Albert Pike (Auteur), Charles Riandey (Auteur), Yves-Max Viton (Auteur).

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