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Les Chevaliers templiers forment un ordre maçonnique chrétien, réservé aux maîtres maçons, qui reprend le nom de l’ordre militaire médiéval sans revendiquer de filiation directe avec lui. Leur imaginaire chevaleresque prend racine dans le discours du chevalier de Ramsay (1737) ; les grades templiers apparaissent en Irlande, en Écosse et en Angleterre dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. L’ordre réunit trois ordres, du Temple, de Saint-Paul et de Malte, et existe soit comme organisme indépendant, soit comme couronnement du Rite d’York. Il est surtout implanté dans la franc-maçonnerie anglo-américaine.
Le premier lien documenté entre franc-maçonnerie et croisades apparaît en 1737 dans le discours du chevalier de Ramsay, qui rattache l’Ordre à celui de Saint-Jean de Jérusalem. Cette filiation, reprise par le manuscrit de Berne (1740-1744), est sans fondement historique : elle relève du mythe fondateur.
L’Allemagne connaît à partir de 1751 la Stricte Observance du baron von Hund, qui revendique une source templière et disparaît après sa mort. Dans les îles Britanniques, le grade templier se diffuse autrement : en 1779, une loge Kilwinning d’Irlande commence à délivrer des dispenses pour ce grade ; vers 1780, il est pratiqué dans des loges des Anciens et à York. L’Early Grand Encampment d’Irlande se forme vers 1790.
En Angleterre, le premier Grand Conclave est fondé en 1791 sous la grande maîtrise de Thomas Dunckerley ; huit campements sont alors connus. Dunckerley uniformise le rituel et impose la tenue de registres. Le duc de Kent, grand maître à partir de 1805, accompagne son développement.
Après un déclin entre 1872 et 1895, l’institution est refondée sous la forme de l’actuel Grand Prieuré d’Angleterre et du pays de Galles, administré depuis le Mark Masons’ Hall de Londres. Les Grands Prieurés du Temple et de Malte y sont distincts, mais leurs dignitaires exercent les mêmes charges dans les deux.
Les unités locales portent des noms propres à chaque ordre : preceptories (commanderies) pour le Temple, chapitres pour Saint-Paul, prieurés pour Malte, placés sous un Grand Prieuré, parfois avec des prieurés provinciaux. Le système indépendant administre trois degrés :
- Chevalier du Temple (Knight Templar)
- Chevalier de Saint-Paul, avec le « Passage méditerranéen »
- Chevalier de Malte
Dans le Rite d’York américain, la commanderie confère trois ordres et un degré préparatoire : l’Ordre illustre de la Croix-Rouge, fondé sur l’histoire de Zorobabel, l’Ordre de Malte (avec le Passage méditerranéen) et l’Ordre du Temple. Les sources présentent ces ordres dans un ordre et sous une nomenclature qui varient selon les juridictions.
L’ordre se réfère aux Templiers, à l’ordre de Saint-Jean et à la croisade dans une perspective chevaleresque et chrétienne. Ses membres s’engagent à protéger et défendre la foi chrétienne ; la devise officielle du Rite d’York est « In Hoc Signo Vinces ».
Les commanderies sont les seuls corps du Rite d’York à ne pas traiter la légende d’Hiram. Le grade de Malte, toujours conféré en entier, utilise des bannières figurant les batailles de l’ordre médiéval de Saint-Jean.
En dehors du Rite d’York, l’entrée se fait uniquement sur invitation. Les candidats doivent être maîtres maçons et, le plus souvent, maçons de l’Arche royale, et signer une déclaration de foi en la Sainte et indivisible Trinité. Alors que les loges bleues n’exigent que la croyance en un Être suprême, les commanderies sont réservées aux chrétiens.
Des aménagements existent : certains États australiens n’exigent plus l’appartenance à un chapitre de l’Arche royale ; certaines juridictions américaines dispensent du conseil de maçonnerie cryptique ; la fédération britannique du Droit humain exige douze mois d’Arche royale mais pas la déclaration trinitaire.
Aux États-Unis, la commanderie est traditionnellement le dernier corps rejoint dans le Rite d’York, après le chapitre de l’Arche royale et le conseil des maîtres royaux et choisis. Les commanderies relèvent d’une Grande Commanderie d’État et du Grand Encampment des Chevaliers templiers des États-Unis.
L’ordre est également organisé au Canada (Sovereign Great Priory of Canada), en Écosse (Great Priory of Scotland), en Irlande et en Angleterre. En dehors du monde anglo-américain, sa présence est plus discrète ; les sources consultées ne détaillent pas son implantation en France.
- The Compasses and the Cross, Stephen Dafoe, Lewis Masonic, 2008
- Le Code templier, Franck Gordon, Yvelinédition, 2012
- The Knights Templar: History & Myths, Sean Martin, Thunder’s Mouth Press, 2005
- Handbook of Freemasonry, Henrik Bogdan et Jan Snoek (dir.), Brill, 2014 (chapitre de Pierre Mollier, « Freemasonry and Templarism »)
- The Rosslyn Hoax?, Robert L. D. Cooper, Lewis Masonic, 2006
Les Chevaliers templiers maçonniques sont l’héritage d’un mythe chevaleresque né au XVIIIe siècle, transformé en institution organisée à partir de 1791. Ordre chrétien, distinct des loges bleues, il couronne le Rite d’York américain et constitue ailleurs un corps indépendant, fidèle à une symbolique de croisade spirituelle plutôt qu’à une filiation historique.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à ce rite.
Voir aussi dans le glossaire : Pierre Mollier (historien).



Les Chevaliers templiers forment un ordre maçonnique chrétien, réservé aux maîtres maçons, qui reprend le nom de l’ordre militaire médiéval sans revendiquer de filiation directe avec lui. Leur imaginaire chevaleresque prend racine dans le discours du chevalier de Ramsay (1737) ; les grades templiers apparaissent en Irlande, en Écosse et en Angleterre dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. L’ordre réunit trois ordres, du Temple, de Saint-Paul et de Malte, et existe soit comme organisme indépendant, soit comme couronnement du Rite d’York. Il est surtout implanté dans la franc-maçonnerie anglo-américaine.
Le premier lien documenté entre franc-maçonnerie et croisades apparaît en 1737 dans le discours du chevalier de Ramsay, qui rattache l’Ordre à celui de Saint-Jean de Jérusalem. Cette filiation, reprise par le manuscrit de Berne (1740-1744), est sans fondement historique : elle relève du mythe fondateur.
L’Allemagne connaît à partir de 1751 la Stricte Observance du baron von Hund, qui revendique une source templière et disparaît après sa mort. Dans les îles Britanniques, le grade templier se diffuse autrement : en 1779, une loge Kilwinning d’Irlande commence à délivrer des dispenses pour ce grade ; vers 1780, il est pratiqué dans des loges des Anciens et à York. L’Early Grand Encampment d’Irlande se forme vers 1790.
En Angleterre, le premier Grand Conclave est fondé en 1791 sous la grande maîtrise de Thomas Dunckerley ; huit campements sont alors connus. Dunckerley uniformise le rituel et impose la tenue de registres. Le duc de Kent, grand maître à partir de 1805, accompagne son développement.
Après un déclin entre 1872 et 1895, l’institution est refondée sous la forme de l’actuel Grand Prieuré d’Angleterre et du pays de Galles, administré depuis le Mark Masons’ Hall de Londres. Les Grands Prieurés du Temple et de Malte y sont distincts, mais leurs dignitaires exercent les mêmes charges dans les deux.
Les unités locales portent des noms propres à chaque ordre : preceptories (commanderies) pour le Temple, chapitres pour Saint-Paul, prieurés pour Malte, placés sous un Grand Prieuré, parfois avec des prieurés provinciaux. Le système indépendant administre trois degrés :
- Chevalier du Temple (Knight Templar)
- Chevalier de Saint-Paul, avec le « Passage méditerranéen »
- Chevalier de Malte
Dans le Rite d’York américain, la commanderie confère trois ordres et un degré préparatoire : l’Ordre illustre de la Croix-Rouge, fondé sur l’histoire de Zorobabel, l’Ordre de Malte (avec le Passage méditerranéen) et l’Ordre du Temple. Les sources présentent ces ordres dans un ordre et sous une nomenclature qui varient selon les juridictions.
L’ordre se réfère aux Templiers, à l’ordre de Saint-Jean et à la croisade dans une perspective chevaleresque et chrétienne. Ses membres s’engagent à protéger et défendre la foi chrétienne ; la devise officielle du Rite d’York est « In Hoc Signo Vinces ».
Les commanderies sont les seuls corps du Rite d’York à ne pas traiter la légende d’Hiram. Le grade de Malte, toujours conféré en entier, utilise des bannières figurant les batailles de l’ordre médiéval de Saint-Jean.
En dehors du Rite d’York, l’entrée se fait uniquement sur invitation. Les candidats doivent être maîtres maçons et, le plus souvent, maçons de l’Arche royale, et signer une déclaration de foi en la Sainte et indivisible Trinité. Alors que les loges bleues n’exigent que la croyance en un Être suprême, les commanderies sont réservées aux chrétiens.
Des aménagements existent : certains États australiens n’exigent plus l’appartenance à un chapitre de l’Arche royale ; certaines juridictions américaines dispensent du conseil de maçonnerie cryptique ; la fédération britannique du Droit humain exige douze mois d’Arche royale mais pas la déclaration trinitaire.
Aux États-Unis, la commanderie est traditionnellement le dernier corps rejoint dans le Rite d’York, après le chapitre de l’Arche royale et le conseil des maîtres royaux et choisis. Les commanderies relèvent d’une Grande Commanderie d’État et du Grand Encampment des Chevaliers templiers des États-Unis.
L’ordre est également organisé au Canada (Sovereign Great Priory of Canada), en Écosse (Great Priory of Scotland), en Irlande et en Angleterre. En dehors du monde anglo-américain, sa présence est plus discrète ; les sources consultées ne détaillent pas son implantation en France.
- The Compasses and the Cross, Stephen Dafoe, Lewis Masonic, 2008
- Le Code templier, Franck Gordon, Yvelinédition, 2012
- The Knights Templar: History & Myths, Sean Martin, Thunder’s Mouth Press, 2005
- Handbook of Freemasonry, Henrik Bogdan et Jan Snoek (dir.), Brill, 2014 (chapitre de Pierre Mollier, « Freemasonry and Templarism »)
- The Rosslyn Hoax?, Robert L. D. Cooper, Lewis Masonic, 2006
Les Chevaliers templiers maçonniques sont l’héritage d’un mythe chevaleresque né au XVIIIe siècle, transformé en institution organisée à partir de 1791. Ordre chrétien, distinct des loges bleues, il couronne le Rite d’York américain et constitue ailleurs un corps indépendant, fidèle à une symbolique de croisade spirituelle plutôt qu’à une filiation historique.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à ce rite.
Voir aussi dans le glossaire : Pierre Mollier (historien).

