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Le Rite écossais primitif (RÉP) est un rite maçonnique français « réveillé » en 1985 par Robert Ambelain. Ses promoteurs le rattachent aux loges militaires jacobites des régiments écossais et irlandais exilés en France après 1688, puis à la loge Saint-Jean d’Écosse de Marseille. Les historiens tiennent cette filiation pour légendaire, faute de preuves. Le rite associe des grades symboliques, une maîtrise installée, des grades écossais de Saint-André et un ordre intérieur chevaleresque. Il est pratiqué aujourd’hui par plusieurs petites obédiences françaises.
Selon Robert Ambelain, le rite aurait été pratiqué par les loges militaires des régiments écossais et irlandais fidèles à Jacques II Stuart, introduites à Saint-Germain-en-Laye en 1688. Ces loges auraient essaimé jusqu’à la création, en 1725, de la première société maçonnique du royaume de France, puis transmis leurs rituels à Marseille en 1751.
En 1777, la loge « La Parfaite Égalité » de Saint-Germain-en-Laye revendique une fondation en 1688 au sein du régiment Royal Irlandais lorsqu’elle demande son intégration au Grand Orient de France. Ce fait n’a jamais été démontré et aucun rituel de l’époque n’a été retrouvé.
La tradition attribue la fondation de la loge marseillaise à un certain Georges Duvalmon, dont le nom varie selon les sources (« de Valmont », « de Valuon »), et son premier vénérable serait Alexandre Routier. La loge se prévalait d’une patente écossaise, mais la plus ancienne copie conservée ne date que de 1784 ; aucun original n’a été présenté et les archives d’Édimbourg n’en gardent aucune trace.
Les historiens estiment que cette origine écossaise a été mise en avant à partir de 1784 pour justifier l’indépendance de la loge face au Grand Orient. Les plus anciennes copies de ses rituels contiennent des éléments d’origine française, que l’on retrouve aussi dans le REAA et le Rite écossais rectifié.
En 1985, Robert Ambelain « réveille » le rite et fonde la Grande Loge du Rite écossais primitif, qui regroupe plusieurs loges, dont « Les Écossais fidèles » de Toulouse. La devise du rite est « Primigenius more majorem ».
Ces rituels n’ont pas de lien direct avec la compilation publiée en 1890 par Matthew McBlain, The Rituals of the Degrees of the Early Grand Scottish Rite, qui rassemble des rituels écossais. Ambelain a exposé ses thèses dans plusieurs ouvrages consacrés à la maçonnerie « oubliée » ou « d’autrefois ».
L’échelle établie par Ambelain a varié au fil de ses recherches. Dans sa version détaillée, elle se présente ainsi :
- I. Apprenti
- II. Compagnon
- III. Maître (anciennement « Compagnon confirmé »)
- IV. Maître installé, ou Maître de Saint-Jean, ou Maître de loge
- Va. Maître écossais de Saint-André
- Vb. Chevalier de Saint-André
- VI. Écuyer novice du Temple (ordre intérieur)
- VII. Chevalier du Temple (ordre intérieur)
Le grade de Maître installé, nécessaire pour diriger une loge, n’est pas obligatoire pour accéder aux grades écossais. Une autre présentation fait état d’un grade de « Maître écossais et Chevalier de Saint-André du Chardon » et de « loges rouges » ; selon certaines sources, Ambelain aurait même arrêté la hiérarchie au cinquième grade.
Le RÉP se veut un rite des origines, porteur d’une maçonnerie chrétienne et chevaleresque de tradition stuartiste. Les références écossaises, la figure de saint André et l’ordre intérieur templier traduisent cette volonté de remonter aux sources supposées de l’écossisme.
Les sources consultées documentent peu le détail de sa symbolique ; l’essentiel de son identité tient à son récit fondateur jacobite et à la sobriété revendiquée de ses rituels.
Après la mort d’Ambelain en 1997, le rite se fragmente en plusieurs branches et tombe en désuétude au sein de la grande loge qu’il avait fondée. Il est aujourd’hui pratiqué par plusieurs obédiences, dont la Grande Loge française du Rite écossais primitif et, depuis 2011, la Grande Loge symbolique travaillant au Rite écossais primitif.
Son héritage est disputé entre ces branches, et aucune ne peut se prévaloir d’une continuité historique démontrée avec les loges du XVIIIe siècle.
- La Franc-maçonnerie oubliée, Robert Ambelain, Robert Laffont, 1985
- La Franc-maçonnerie d’autrefois, Robert Ambelain, Robert Laffont, 1988
- Le Rite écossais primitif, rituels et cérémonies, Joseph Castelli, Éditions maçonniques, Montélimar
- « Saint-Jean d’Écosse de Marseille », Pierre-Yves Beaurepaire, Cahiers de la Méditerranée, n° 72, 2006
- The Rituals of the Degrees of the Early Grand Scottish Rite, Matthew McBlain, Hugh Murray, 1890
- Rite écossais primitif. Rituels pour le travail en triangle, Grande Loge française du Rite écossais primitif, Presses du Midi
Le Rite écossais primitif est un rite de reconstitution du XXe siècle, appuyé sur une légende jacobite et sur la tradition marseillaise de Saint-Jean d’Écosse. Historiquement non démontrée, cette filiation n’enlève rien à l’intérêt d’un rite qui, depuis 1985, propose une voie écossaise, chrétienne et chevaleresque à quelques obédiences françaises.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à ce rite.
Voir aussi dans le glossaire : Écossisme, Robert Ambelain (Auteur), Pierre-Yves Beaurepaire (historien).



Le Rite écossais primitif (RÉP) est un rite maçonnique français « réveillé » en 1985 par Robert Ambelain. Ses promoteurs le rattachent aux loges militaires jacobites des régiments écossais et irlandais exilés en France après 1688, puis à la loge Saint-Jean d’Écosse de Marseille. Les historiens tiennent cette filiation pour légendaire, faute de preuves. Le rite associe des grades symboliques, une maîtrise installée, des grades écossais de Saint-André et un ordre intérieur chevaleresque. Il est pratiqué aujourd’hui par plusieurs petites obédiences françaises.
Selon Robert Ambelain, le rite aurait été pratiqué par les loges militaires des régiments écossais et irlandais fidèles à Jacques II Stuart, introduites à Saint-Germain-en-Laye en 1688. Ces loges auraient essaimé jusqu’à la création, en 1725, de la première société maçonnique du royaume de France, puis transmis leurs rituels à Marseille en 1751.
En 1777, la loge « La Parfaite Égalité » de Saint-Germain-en-Laye revendique une fondation en 1688 au sein du régiment Royal Irlandais lorsqu’elle demande son intégration au Grand Orient de France. Ce fait n’a jamais été démontré et aucun rituel de l’époque n’a été retrouvé.
La tradition attribue la fondation de la loge marseillaise à un certain Georges Duvalmon, dont le nom varie selon les sources (« de Valmont », « de Valuon »), et son premier vénérable serait Alexandre Routier. La loge se prévalait d’une patente écossaise, mais la plus ancienne copie conservée ne date que de 1784 ; aucun original n’a été présenté et les archives d’Édimbourg n’en gardent aucune trace.
Les historiens estiment que cette origine écossaise a été mise en avant à partir de 1784 pour justifier l’indépendance de la loge face au Grand Orient. Les plus anciennes copies de ses rituels contiennent des éléments d’origine française, que l’on retrouve aussi dans le REAA et le Rite écossais rectifié.
En 1985, Robert Ambelain « réveille » le rite et fonde la Grande Loge du Rite écossais primitif, qui regroupe plusieurs loges, dont « Les Écossais fidèles » de Toulouse. La devise du rite est « Primigenius more majorem ».
Ces rituels n’ont pas de lien direct avec la compilation publiée en 1890 par Matthew McBlain, The Rituals of the Degrees of the Early Grand Scottish Rite, qui rassemble des rituels écossais. Ambelain a exposé ses thèses dans plusieurs ouvrages consacrés à la maçonnerie « oubliée » ou « d’autrefois ».
L’échelle établie par Ambelain a varié au fil de ses recherches. Dans sa version détaillée, elle se présente ainsi :
- I. Apprenti
- II. Compagnon
- III. Maître (anciennement « Compagnon confirmé »)
- IV. Maître installé, ou Maître de Saint-Jean, ou Maître de loge
- Va. Maître écossais de Saint-André
- Vb. Chevalier de Saint-André
- VI. Écuyer novice du Temple (ordre intérieur)
- VII. Chevalier du Temple (ordre intérieur)
Le grade de Maître installé, nécessaire pour diriger une loge, n’est pas obligatoire pour accéder aux grades écossais. Une autre présentation fait état d’un grade de « Maître écossais et Chevalier de Saint-André du Chardon » et de « loges rouges » ; selon certaines sources, Ambelain aurait même arrêté la hiérarchie au cinquième grade.
Le RÉP se veut un rite des origines, porteur d’une maçonnerie chrétienne et chevaleresque de tradition stuartiste. Les références écossaises, la figure de saint André et l’ordre intérieur templier traduisent cette volonté de remonter aux sources supposées de l’écossisme.
Les sources consultées documentent peu le détail de sa symbolique ; l’essentiel de son identité tient à son récit fondateur jacobite et à la sobriété revendiquée de ses rituels.
Après la mort d’Ambelain en 1997, le rite se fragmente en plusieurs branches et tombe en désuétude au sein de la grande loge qu’il avait fondée. Il est aujourd’hui pratiqué par plusieurs obédiences, dont la Grande Loge française du Rite écossais primitif et, depuis 2011, la Grande Loge symbolique travaillant au Rite écossais primitif.
Son héritage est disputé entre ces branches, et aucune ne peut se prévaloir d’une continuité historique démontrée avec les loges du XVIIIe siècle.
- La Franc-maçonnerie oubliée, Robert Ambelain, Robert Laffont, 1985
- La Franc-maçonnerie d’autrefois, Robert Ambelain, Robert Laffont, 1988
- Le Rite écossais primitif, rituels et cérémonies, Joseph Castelli, Éditions maçonniques, Montélimar
- « Saint-Jean d’Écosse de Marseille », Pierre-Yves Beaurepaire, Cahiers de la Méditerranée, n° 72, 2006
- The Rituals of the Degrees of the Early Grand Scottish Rite, Matthew McBlain, Hugh Murray, 1890
- Rite écossais primitif. Rituels pour le travail en triangle, Grande Loge française du Rite écossais primitif, Presses du Midi
Le Rite écossais primitif est un rite de reconstitution du XXe siècle, appuyé sur une légende jacobite et sur la tradition marseillaise de Saint-Jean d’Écosse. Historiquement non démontrée, cette filiation n’enlève rien à l’intérêt d’un rite qui, depuis 1985, propose une voie écossaise, chrétienne et chevaleresque à quelques obédiences françaises.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à ce rite.
Voir aussi dans le glossaire : Écossisme, Robert Ambelain (Auteur), Pierre-Yves Beaurepaire (historien).

