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Gynécologue-obstétricien, pionnier de l’accouchement sans douleur et cofondateur du Planning familial, Pierre Simon (1925-2008) a contribué aux lois Neuwirth et Veil. Deux fois grand maître de la Grande Loge de France, de 1969 à 1971 puis de 1973 à 1975, il a engagé un dialogue entre son obédience et l’Église catholique et lancé le projet du musée de la Grande Loge de France.
Un médecin au service de la maîtrise de la fécondité
Pierre Simon naît à Metz le 3 janvier 1925. Venu à Paris après la Libération pour ses études de médecine, il est externe des hôpitaux en 1948, travaille à l’hôpital Bretonneau puis comme assistant au laboratoire d’endocrinologie sexuelle. Spécialiste de gynécologie et d’endocrinologie, il dirigera de 1961 à 1986 le centre d’orthogénie de l’hôpital Boucicaut.
En 1953, il découvre en URSS les méthodes d’accouchement sans douleur, qu’il contribue à faire connaître en France malgré les réserves d’une partie du corps médical. Il cofonde avec Évelyne Sullerot et Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé la Maternité heureuse, devenue en 1960 le Mouvement français pour le planning familial, dont il préside le collège médical. On lui attribue le mot « stérilet » pour désigner le dispositif intra-utérin.
Des lois Neuwirth et Veil aux débats de bioéthique
Son Contrôle des naissances (1966) contribue à distinguer, dans le débat public, contraception et avortement ; il publie en 1968 un Précis de contraception. Il participe à la préparation de la loi Neuwirth du 28 décembre 1967, qui autorise la contraception, puis à celle de la loi Veil de 1975 sur l’interruption volontaire de grossesse. En 1969, il cofonde l’Association nationale pour l’étude de l’avortement.
Homme d’engagements publics, il fonde en 1951 avec Charles Hernu le Club des Jacobins, milite au Parti radical, travaille pour le Commissariat général du Plan et appartient aux cabinets de Robert Boulin, Michel Poniatowski et Simone Veil. Il dirige l’enquête sur le comportement sexuel des Français publiée en 1972, le « rapport Simon ». Dans les années 1980, il soutient l’assistance médicale à la procréation et le droit de mourir dans la dignité.
Deux grandes maîtrises
Pierre Simon est élu grand maître de la Grande Loge de France en 1969, puis à nouveau en 1973, chaque fois en alternance avec Richard Dupuy. Il ouvre un dialogue entre son obédience et l’Église catholique, à une époque où les relations entre l’Église et la franc-maçonnerie commencent à évoluer.
C’est aussi sous sa grande maîtrise, dans les années 1970, qu’est lancé le projet du musée de la Grande Loge de France, aujourd’hui ouvert au public. Il a présenté l’institution maçonnique au grand public dans un petit livre, La franc-maçonnerie, paru chez Flammarion.
Postérité
Pierre Simon meurt à Paris le 11 mai 2008 ; la Grande Loge de France annonce son décès. Officier de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite, il a laissé une autobiographie, De la vie avant toute chose. Un prix « Éthique et société » est créé en son honneur en 2007, ses archives sont conservées au Centre des archives du féminisme de l’université d’Angers, et un projet de plaque commémorative au 120, boulevard Saint-Germain, à Paris, a été soumis au Conseil de Paris en 2018.
Repères
- Naissance : 3 janvier 1925, Metz
- Décès : 11 mai 2008, Paris
- Profession : Médecin gynécologue-obstétricien
- Obédience : Grande Loge de France
- Fonction : Grand Maître
- Mandat(s) : 1969-1971, 1973-1975
- Distinctions : Officier de la Légion d’honneur ; officier de l’ordre national du Mérite
- Publications : Contrôle des naissances (1966) ; Précis de contraception (1968) ; Rapport sur le comportement sexuel des Français (1972) ; La franc-maçonnerie
Voir aussi dans le glossaire : Grand Maître, Église catholique, Humanisme, Grande Loge.
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