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Le 14 décembre 1784, à Vienne, Wolfgang Amadeus Mozart, âgé de vingt-huit ans, est reçu apprenti dans la loge Zur Wohltätigkeit, « La Bienfaisance », fondée l’année précédente par son ami Otto von Gemmingen. Le compositeur entre en maçonnerie à l’apogée de l’Art royal dans la capitale des Habsbourg, où huit loges réunissent savants, nobles, fonctionnaires et artistes. Cette initiation marque profondément son œuvre, des cantates maçonniques à La Flûte enchantée, et fait de Mozart le plus célèbre des musiciens francs-maçons.
Date : 14 décembre 1784
Lieu : Vienne, Autriche
Vienne, capitale maçonnique des Lumières

La première loge viennoise, Aux Trois Canons, est fondée en 1742, et l’empereur François Ier, époux de Marie-Thérèse, est lui-même maçon. Sous Joseph II, souverain réformateur, les loges prospèrent : Zur wahren Eintracht naît en 1781, Zur Wohltätigkeit en 1783, et le 24 avril 1784 se constitue la Grande Loge nationale d’Autriche, qui fédère quarante-cinq ateliers. On y croise l’élite intellectuelle de l’empire, des scientifiques aux hauts fonctionnaires.
La loge Zur Wohltätigkeit
La loge Zur Wohltätigkeit, « La Bienfaisance », est une petite loge fondée en 1783. L’un de ses fondateurs est Otto Heinrich von Gemmingen-Hornberg, dramaturge et ami de Mozart rencontré à Mannheim. Comme la loge sœur Zur wahren Eintracht, elle travaille selon le système suédois-zinnendorfien en usage à Vienne. Le prince Lichnowsky, futur protecteur de Beethoven, en est membre depuis 1783.
La réception du 14 décembre 1784
Mozart, installé à Vienne depuis 1781, y vit alors ses années les plus fécondes. Il est reçu apprenti le 14 décembre 1784, date confirmée par les archives de la ville de Vienne. Fait révélateur de la vie maçonnique viennoise, il fréquente aussi assidûment Zur wahren Eintracht, la « Vraie Concorde », loge savante présidée par le minéralogiste Ignaz von Born, dont les registres de visiteurs gardent la trace de ses passages. Moins d’un mois plus tard, le 7 janvier 1785, il y sera passé compagnon par délégation.
Pourquoi Mozart entre-t-il en maçonnerie ?

Les biographes avancent plusieurs raisons convergentes : l’adhésion aux idéaux de fraternité et de tolérance des Lumières, la présence en loge de nombre de ses amis et protecteurs, comme Gottfried van Swieten, Johann Michael Puchberg ou Emanuel Schikaneder, et un goût profond pour le symbolisme. Mozart avait déjà composé, adolescent, un lied pour une loge (K. 148) et la musique de scène de Thamos, roi d’Égypte, sur un drame du maçon Tobias Philipp von Gebler.
Une œuvre marquée par la loge
De son initiation à sa mort, Mozart compose une série d’œuvres maçonniques : le lied Gesellenreise (K. 468), la cantate Die Maurerfreude (K. 471), la Musique funèbre maçonnique (K. 477), deux chants pour l’ouverture de la loge Zur neugekrönten Hoffnung (K. 483 et 484), puis en 1791 la petite cantate K. 623, sa dernière œuvre achevée. La Flûte enchantée, créée le 30 septembre 1791 sur un livret de Schikaneder, en porte l’empreinte la plus célèbre.
Postérité et mémoire
Mozart entraîne en maçonnerie son père Leopold, reçu en 1785, et voit Joseph Haydn initié le 11 février 1785. Après la mort du compositeur, le 5 décembre 1791, sa loge publie en 1792 l’oraison funèbre prononcée en son honneur. Aujourd’hui, d’innombrables loges dans le monde portent son nom, et l’anniversaire du 14 décembre est régulièrement commémoré par des tenues musicales.
Repères chronologiques
- 1742 : fondation de la première loge de Vienne, Aux Trois Canons.
- 1783 : fondation de la loge Zur Wohltätigkeit.
- 24 avril 1784 : constitution de la Grande Loge nationale d’Autriche.
- 14 décembre 1784 : initiation de Mozart.
- 7 janvier 1785 : Mozart passé compagnon à Zur wahren Eintracht.
- 11 décembre 1785 : patente maçonnique de Joseph II.
- 30 septembre 1791 : création de La Flûte enchantée.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Initiation, Apprenti, Maître de loge ou Maître en chaire, Rite suédois (Rite maçonnique).

