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Le terme Grande Loge désigne d’abord une obédience : l’autorité qui fédère les loges d’un territoire, leur délivre des patentes, fixe les règles communes et entretient les relations avec les autres puissances maçonniques. Il désigne aussi l’assemblée périodique où les représentants des loges se réunissent pour délibérer. Née à Londres en 1717, la forme « Grande Loge » est devenue le modèle de l’organisation maçonnique mondiale. En France, l’usage l’oppose parfois au « Grand Orient », la Grande Loge étant traditionnellement associée à la pratique d’un rite dominant.
Naissance d’une institution

Le 24 juin 1717, jour de la Saint-Jean d’été, quatre loges de Londres se réunissent à la taverne de l’Oie et du Gril et constituent la Grande Loge de Londres et de Westminster, sous la présidence d’Anthony Sayer. Pour la première fois, des loges jusque-là autonomes se dotent d’une autorité commune, d’un Grand Maître et de règlements, publiés en 1723 avec les Constitutions d’Anderson. Une Grande Loge rivale dite des « Anciens » apparaît en 1751 ; leur union donne naissance en 1813 à la Grande Loge Unie d’Angleterre.
Les deux sens du mot
- L’obédience : institution permanente regroupant les loges d’une juridiction, avec ses dignitaires et ses statuts.
- L’assemblée : réunion des délégués des loges, en tenue solennelle, pour élire, voter les règlements et entendre les rapports.
- Par extension, « la Grande Loge » désigne aussi l’ensemble des Grands Officiers qui l’administrent.
Grande Loge et Grand Orient
Dans la tradition française, on distingue volontiers la Grande Loge, dont les loges travaillent en principe au même rite, et le Grand Orient, qui accueille plusieurs rites sous une même autorité. Cette distinction est historique plus que juridique : la Grande Loge de France, reconstituée en 1894, travaille principalement au Rite écossais ancien et accepté, tandis que le Grand Orient de France, constitué en 1773, pratique le Rite Français et plusieurs autres rites. D’autres obédiences ont adopté le nom de Grande Loge tout en pratiquant plusieurs rites, comme la Grande Loge Nationale Française ou la Grande Loge suisse Alpina.
Souveraineté et territoire

Dans la tradition anglo-saxonne, une Grande Loge est souveraine sur un territoire : chaque État des États-Unis, chaque province canadienne possède la sienne. Les principes de reconnaissance mutuelle, formulés notamment par la Grande Loge Unie d’Angleterre en 1929, fondent la notion de régularité et le réseau des relations entre obédiences, entretenu par des représentants appelés « garants d’amitié ».
Gouvernance et assemblées
La Grande Loge est dirigée par un Grand Maître, entouré de Grands Officiers dont les fonctions reprennent celles de la loge : Grands Surveillants, Grand Secrétaire, Grand Trésorier, Grand Orateur, Grand Maître des cérémonies. Les loges y sont représentées par des délégués réunis en assemblée générale, souvent appelée convent ou Grande Loge, selon une périodicité fixée par les statuts de chaque obédience. Cette assemblée élit les dirigeants, adopte le budget et les règlements, et constitue la mémoire vivante de l’obédience.
Quelques Grandes Loges
- Grande Loge Unie d’Angleterre (1813), héritière de la Grande Loge de 1717.
- Grande Loge de France (1894), principale obédience du REAA en France.
- Grande Loge Nationale Française (1913), seule française reconnue par Londres.
- Grande Loge Féminine de France (Union maçonnique féminine de France en 1945, nom actuel depuis 1952).
- Grande Loge suisse Alpina (1844), qui réunit des loges de six rites.
Une fonction de cohésion

Au-delà de l’administration, la Grande Loge assure la cohérence de l’ensemble : elle délivre les patentes qui rendent une loge « juste et parfaite », veille au respect des rituels, organise la formation et représente l’Ordre à l’extérieur. Elle incarne l’équilibre, propre à la franc-maçonnerie, entre l’autonomie de chaque atelier et l’unité de l’obédience.
Le saviez-vous ?
La date du 24 juin 1717 repose principalement sur le récit qu’en donne James Anderson dans l’édition de 1738 des Constitutions. Les historiens britanniques ont récemment réexaminé ces origines, sans remettre en cause l’importance fondatrice de la Grande Loge de Londres.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Obédience, Grand Orient, Élection de Carl Fredrik Scheffer comme Grand Maître national de Suède, 1753 (date historique), Convent, Régularité, Patente, Élection de Laurence Dermott comme Grand Secrétaire des Anciens, 5 février 1752 (date historique).
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