dim 07 décembre 2025 - 15:12

Giuliano Di Bernardo et la Franc-maçonnerie : « Une église invisible fondée sur la raison »

De notre confrère ilquotidianoditalia.it

Giuliano Di Bernardo est une figure centrale de la pensée philosophique et initiatique italienne. Philosophe des sciences, épistémologue et Grand Maître maçonnique, il a consacré sa vie à la quête de régularité, de transparence et au salut de l’humanité.

Giuliano Di Bernardo, un repère pour étudier la crise de la raison moderne et les transformations de la Franc-Maçonnerie en Italie.

Formation académique et pensée épistémologique

Di Bernardo a entamé sa carrière académique après un parcours atypique. Diplômé en comptabilité, il a travaillé en banque avant d’obtenir une licence en sociologie à l’Université de Trente.

À la même université, il a enseigné la philosophie des sciences et la logique. Il a également été pro-recteur de 1985 à 1987. Ses recherches se sont concentrées sur la logique des normes et sur les fondements épistémologiques des sciences sociales.

Son livre La conoscenza umana synthétise sa pensée : de la physique à la religion, en passant par la sociologie.

La crise de la raison et le destin de l’humanité

Selon Di Bernardo, la raison a atteint ses limites. Elle n’est plus capable de maîtriser ses propres créations. Cela conduit l’humanité vers l’autodestruction.Sa vision est pessimiste, mais pas résignée. Il propose de créer des mécanismes pour sauver l’existence humaine. Dans ce contexte, la Franc-Maçonnerie devient un outil éthique et opérationnel.

La Franc-Maçonnerie comme pont entre théorie et action

Pour Di Bernardo, la Franc-Maçonnerie est une « Église invisible fondée sur la raison ». Un lieu où la philosophie s’unit à la conduite morale.

Son insatisfaction envers la raison abstraite l’a conduit à fonder un Ordre initiatique à visée salvatrice. Le concept de « tyran éclairé » évolue vers la figure de l’« Uno-dio », guide absolu de la société future.

Grand Maître du GOI et la rupture de 1993

Initié en 1961, Di Bernardo devient Grand Maître du Grand Orient d’Italie en 1990. Trois ans plus tard, il démissionne en dénonçant une situation « ingouvernable ».

Sa rupture est motivée par la présence d’illégalités dans certaines loges. Son objectif était d’épurer et de refonder l’institution, en l’alignant sur les standards internationaux.

La fondation de la Gran Loggia Regolare d’Italia

En 1993, il fonde la GLRI, avec pour but d’obtenir la reconnaissance de la Maçonnerie anglaise. En six mois, il atteint cet objectif.

La GLRI devient une expérience sociologique : une Maçonnerie transparente et conforme aux règles. Di Bernardo dirige l’Obédience jusqu’en 2002, puis se retire pour fonder un nouvel Ordre.

L’Ordre des Illuminati : une élite dirigeante pour le salut

En 2002 naît l’Ordre des Illuminati. C’est la réponse à la crise de la raison. L’objectif est de former un leadership sélectionné, capable de sauver l’humanité.

Le « tyran éclairé » est une figure de sagesse supérieure. Un pouvoir qui surmonte les inefficacités des systèmes politiques et maçonniques traditionnels.

Philosophie de la Franc-Maçonnerie : une systématisation rationnelle de l’ésotérisme

Di Bernardo a écrit Filosofia della Massoneria, qualifié de « bible des maçons ». L’œuvre est traduite dans de nombreuses langues et constitue une référence internationale.

La Franc-Maçonnerie n’est ni une religion ni du mysticisme. C’est une anthropologie philosophique. Elle étudie l’homme, sa nature et ses finalités.

Critique de la Maçonnerie démocratique et de la P2

Di Bernardo critique la « maçonnerie démocratique », qui élimine l’aspect ésotérique. Pour lui, le secret initiatique est fondamental.

Sur la P2, il affirme qu’elle n’était pas une déviation, mais une loge fonctionnelle au contrôle politique. Selon lui, Gelli agissait pour le compte des États-Unis, afin de contenir le communisme en Italie.

Déviations italiennes et liens avec la criminalité

Di Bernardo dénonce les infiltrations mafieuses dans la Maçonnerie irrégulière. Il parle d’« hybrides connubiums » entre criminalité et institutions.

Il critique la magistrature pour son manque de vision d’ensemble. Il invite à relire le phénomène P2 pour comprendre les dynamiques actuelles.

La guerre entre le GOI et l’État italien

En 2025, Di Bernardo parle d’une « guerre » entre le GOI et l’État. Une tension institutionnelle qui reflète la crise de la transparence et de la légalité.

Sa position est claire : il faut une guide éclairée, en dehors des confins de la Maçonnerie traditionnelle.

Conclusion : l’héritage de Giuliano Di Bernardo

Giuliano Di Bernardo a cherché à appliquer la logique à la réforme de la Franc-Maçonnerie et au salut de l’humanité. Sa carrière est une suite de tentatives de purification institutionnelle.

Du GOI à la GLRI, jusqu’à l’Ordre des Illuminati, il a tenté d’imposer transparence et rationalité. Son héritage est philosophique et initiatique. Une pensée qui invite à réfléchir sur la crise de la raison et sur la nécessité d’une nouvelle forme de pouvoir.

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