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Déliquescence de société

NB: Billet initialement paru en février 2021.

Il y a quelques temps, un blog maçonnique a publié un billet écrit par un anonyme, billet que je vous laisse découvrir à cette page. Pour vous en faire rapidement la synthèse, le billet dit en substance que la difficulté de vivre, c’était mieux avant et que les jeunes nés au début du XXe siècle ont plus souffert que nos concitoyens actuels. L’auteur de ce billet n’a pas manqué de fustiger les jeunes dont le malheur se résume à manquer de « likes » sur les réseaux sociaux ou attendre pour une livraison du monstre créé par Jeff Bezos et les invite à relativiser et à prendre leur mal en patience.

Je me suis donc dit qu’une petite contre-analyse ne serait pas de trop dans le chaos ambiant. Reprenons donc l’exemple d’un jeune né en 1995.

Un jeune né en 1995 aura été contemporain d’une vague terroriste, les fameux attentats de 1995, qui ont obligé l’État à instaurer le plan Vigipirate et toutes ses conséquences : surveillance des bâtiments publics, obligation de fouille des sacs un peu partout, et dispositions d’exception qui perdurent. Quelques années plus tard, il aura vécu enfant l’attentat du 11 septembre 2001 avec les conséquences qui ont suivi : renforcement de la paranoïa américaine, guerre préventive en Irak etc., conséquences dont les effets perdurent aujourd’hui encore. La crise des migrants ou l’émergence de factions armées religieuses, ça parle à quelqu’un ?

Vingt ans plus tard, suite à la vague d’attentats commencée en 2012, les dispositions d’exception ont été incorporées dans le droit commun, au mépris des libertés individuelles : surveillance généralisée, prédominance de l’exécutif sur le judiciaire etc.

En même temps, le même jeune aura vécu le passage à l’Euro… et sa famille aura vécu une augmentation sans précédent des prix des matières premières alimentaires. La faute à l’Euro ? Pas tout à fait. C’est en fait une invention du génie du mal Alan « Starve the Beast » Greenspan : un marché des matières premières alimentaires (blé, riz et maïs) dans trois places, qui permet à des traders de spéculer et faire des gros gains à coup sûr. Bon, ça fait artificiellement monter les prix et ça condamne mécaniquement les peuples à la famine (cf. les émeutes de la faim au Mexique, par exemple). Mais qu’est-ce que la vie de millions de personnes face à la perspective de profits juteux ?

Le même jeune aura aussi vécu enfant l’arrivée dans le jeu politique de l’extrême-droite, et par conséquent le durcissement des politiques publiques : abandon des emplois de soin des plus fragiles, fin de la politique de prévention de la délinquance pour la remplacer par une politique de répression, faisant de la police non plus un dispositif de maintien de l’ordre mais plutôt une garde rapprochée de la classe au pouvoir, dont on commence à peine à mesurer les dérives violentes. Si le jeune vit en province, ses parents auront assisté, impuissants, au démantèlement des services de proximité : fermeture d’hôpitaux, de tribunaux, d’école etc. au nom d’une raison économique, dont je me demande si elle correspond bien à l’expression de la volonté générale.

A l’école (du moins, celle qui sera restée ouverte), le jeune aura eu la chance de découvrir les versions simplifiées des œuvres littéraires, qui bannissent les mots de plus de trois syllabes. J’en veux pour preuve la disparition du mot saltimbanque dans la traduction du Club des Cinqi et plus généralement la condescendance teintée de mépris qui incite les adultes à supprimer ce qui est trop dur, pour ne pas faire de vagues.

Quand le jeune grandit, et qu’il arrive sur le marché du travail, il ne peut que constater le délabrement de celui-ci : chômage systémique entretenu afin de constituer l’armée de réserve du capitalisme, destruction des droits sociaux, accroissement de la violence, augmentation des inégalités et de la précarité. Ils auront le choix entre travailler comme des esclaves et se tuer à la tâche pour un boulot de merde ou affronter le chômage et la déliquescence imposée par celui-ci.

Je ne puis m’empêcher de rajouter la précarisation des étudiants, surtout en ces temps de pandémie : peut-on accepter que des étudiants aillent pointer aux soupes populaires ? Et peut-on accepter que le ministre en charge de la jeunesse ne leur refuse une quelconque aide au motif que ce serait admettre une défaite ? A mon avis, la vraie défaite serait plutôt l’arrivée au pouvoir de ce ministre et de ses condisciples d’usines à connards via un parti fondé sur la trahison…

Côté éthique, justement, imaginons qu’un talk-show populaire présenté par un individu avide d’audience et utilisant pour ce faire le mauvais goût et le harcèlement accueille en son équipe une personne condamnée en appel à trois ans de prison ferme pour fraude fiscale et donne une tribune à un groupe d’extrême-droite à une heure de grande écoute… Bel exemple, n’est-ce pas ? Faire le mal devient une vertu, c’est ce qu’on offre comme valeur.

A cela s’ajoute une grave crise planétaire. Les effets de la pollution ont un effet sur les éléments, et rendent des terres inhabitables. La biodiversité s’effondre, sous l’oeil indifférent des décideurs de ce monde, plus enclins à vendre des SUV qu’à créer une industrie plus propre (si tant est que cela existe, mais c’est un autre débat). Les ressources se raréfient, rendant plus difficile l’accès à la nourriture pour les plus pauvres. Sans compter les problèmes éthiques que posent les brevets sur le vivant déposés par les multinationales…

La liste est longue des chantiers qui attendent la jeunesse, que nous laissons crever à petit feu, en la précarisant ou la faisant crever de faim ou de solitude (sauf si elle fait une grande école, mais c’est pas pareil, l’élite, pardon, la classe dominante, doit se reproduire).

Certes, nous ne sommes pas en guerre. Mais l’ensemble de ces crises vole à la jeunesse ce temps précieux pendant lequel se structure le futur. Certes, ils ne mourront pas sous les balles de l’ennemi, juste de bavures policières ou de maladies de la misère et de la malbouffe (celle qu’on impose aux plus pauvres, pas celle des restaurants clandestins).

Nous pourrions vivre plus vieux et en meilleure santé que nos ancêtres, sous réserve de disposer des structures le permettant, celles-là mêmes que les boomers ont soigneusement détruites, en enfant gâtés de l’Histoire qu’ils ont été.

Il me paraît dès lors indécent d’exiger des jeunes de relativiser dans le monde de cauchemar que nous leur laissons. De la part de Francs-maçons qui se targuent de Fraternité, d’hospitalité et de soin des plus fragiles (et en profitent pour faire la leçon en exigeant des jeunes qu’ils relativisent ou en faisant d’un paternalisme dégoulinant et lénifiant), ça en devient écoeurant. Alors plutôt que de jouer les moralisateurs à deux francs, écoutons les jeunes, aidons-les et surtout, soutenons-les. Car eux n’ont plus envie de soutenir qui que ce soit.

Pour aller plus loin, je vous invite à lire le cri de colère et de désespoir du jeune Maxime Lledo, Génération Fracassée. Un témoignage qui peut en agacer quelques uns, mais qui a le mérite d’exister, et de nous avertir.

iOui, on a les lectures qu’on peut.

Démocratie à la française !


Depuis une trentaine d’années s’est développée la démocratie de l’opinion, court-termiste, qui, à force de sondages, veut constituer une alternative, voire une riposte à la démocratie représentative. Ce nouveau rapport au temps ne favorise-t-il pas ceux qui pensent que la démocratie de l’émotion, voire de la manipulation, risque d’aboutir à un populisme dangereux ?

La problématique est assez paradoxale : d’un côté elle dénonce le triomphe de l’exécutif avec la coïncidence du temps des élections législative et présidentielle, de l’autre elle persiffle l’opinion publique la réduisant un peu rapidement au populisme comme Platon qui reprochait déjà la versatilité de l’opinion la réduisant à une menace de la démocratie.

D’une certaine façon, c’est vrai !Aujourd’hui, les médias surenchérissent en exerçant une pression de plus en plus forte sur les trois pouvoirs constitutionnellement séparés : législatif, judiciaire et exécutif. Tout est prétexte à les solliciter, à dénoncer les carences dont ils seraient coupables, à revendiquer des réponses immédiates à la hauteur des évènements, soigneusement sélectionnés au nom de la liberté de communication et de l’objectivité de l’information, bien que «criminalisant toute pensée n’allant pas dans leur sens» comme le dit Michel Onfray. Des appels solennels sont lancés afin de placer les pouvoirs publics face à leurs responsabilités. Et, ceux-ci ne peuvent mieux faire que de calmer le jeu en apportant une réponse ponctuelle et nationale à ces revendications artificiellement entretenues. Mais les décisions parlementaires sont aussitôt contestées par les corporations dont les privilèges sont touchés. Cet exemple n’est pas d’école, il peut être emprunté à tant de lois. Alors juste un exemple : la loi de mobilisation pour le logement du 25 mars 2009 a prolongé de 15 à 18 ans le délai global imparti aux copropriétaires pour installer les dispositifs définis par la loi de 2003, soit au plus tard au 3 juillet 2021.

Les ascensoristes, ceux qui font les travaux, qui ne sont, évidemment, pas favorables à de nouveaux reports, ont convaincu le gouvernement de ne pas signer les décrets d’application concernant le report des échéances prévues. Où est la démocratie ?

Mais de quoi parlons-nous ? De Démocratie, c’est-à-dire de la création de la loi par le peuple, c’est-à-dire de la norme de l’obéissance aux règles de la société, ou bien parlons-nous  de sa création par les représentants du peuple et donc d’oligarchie ? Il y a une façon de trépigner sur la  bonne sémantique du mot «démocratie» avec lequel certains gargarisent leurs voix enrouées d’un idéal presque impossible.

Très sérieusement, en France, je vous rappellerai l’art. 2 du Titre1 de la Constitution  intitulé «De la souveraineté» : Son principe est un gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple et je vais reprendre ces deux aspects, par le peuple, pour le peuple.

Commençons « Par le peuple ».

Comme nous ne pouvons vivre une démocratie directe, alors le peuple désigne ses représentants, en fait des représentants, ceux d’une majorité composite et relative qui va s’approprier tous les pouvoirs. Ces représentants sont choisis sur la base de quelques lignes programmatiques accompagnées d’une photographie (un tract publicitaire en somme) et sont, le plus souvent, inconnus de leurs électeurs qu’ils ne connaissent pas en retour. Notre système électoral ignorant une vraie proportionnalité au profit d’un bipartisme produit une oligarchie féodale qui aboutit à l’ignorance des minorités représentées et ne parlons pas de celles qui ne sont pas représentées ; ceux qui sont des élus d’opposition l’auront suffisamment vécu pour ne pas me contredire, que celui qui n’a jamais été déçu par une majorité me jette une pierre brute, cubique ou â pointe, au choix!

La majorité qui nous gouverne actuellement, celle qui vote nos lois, qui décide pour nous depuis quatre ans, a obtenu seulement vingt et une voix sur 100 Français en âge de voter ; cela fait 79 % des citoyens qui n’ont pas choisi cette majorité, c’est beaucoup de monde pour s’en plaindre. Et de là vient l’inadéquation des opinions du peuple et de celles du Parlement.

À qui est faite la délégation de pouvoir du peuple et pour combien de temps ? La démocratie est-elle circonscrite aux hémicycles, son temps est-il celui des urnes, la démocratie cesse-t-elle en dehors de l’élection ? Existe-t-elle en dehors des 120 jours de session ordinaire du Parlement (art 28) ? Déjà en 1762, Rousseau écrivait : «Le peuple anglais pense être libre ; il se trompe fort, il ne l’est que durant l’élection des membres du Parlement ; sitôt qu’ils sont élus, il est esclave, il n’est rien».

On pourrait croire qu’en élisant ses députés, le peuple leur confie le pouvoir de légiférer et d’organiser la vie de la société sur la base d’une mandature. Mais avec le fonctionnement du pouvoir législatif on atteint l’absurde. Le principe de la séparation des pouvoirs est que : celui qui fait la loi n’est pas celui qui peut l’appliquer c’est l’exécutif qui fixe les modalités d’application de la loi en général ; en corollaire, le juge ne fait qu’appliquer la loi  à des cas particuliers, loi qui doit lui être antérieure et extérieure.

Constitutionnellement, le Parlement a la possibilité de déléguer au gouvernement le pouvoir de légiférer (art 38 de la constitution). Bien que ses marges de liberté pour décider des sujets qu’il convient de traiter se révèlent de plus en plus restreintes (80% des textes sont imposés par l’Europe), le Parlement ne manque pas d’abuser de cette délégation de son pouvoir à l’exécutif. Élu pour faire la loi, le législatif se dépossède de son pouvoir normatif au profit de l’exécutif qui statue par voie d’ordonnances élaborées par les embusqués des ministères ou par 49-3. Et quand le gouvernement légifère, ce n’est plus de la démocratie… Une des conséquences des plus absurdes est que le pouvoir règlementaire du gouvernement trop débordé, a peine à suivre pour prescrire les mesures d’applications des lois prises par le Parlement, sans lesquelles la loi n’est pas applicable, il paralyse la démocratie . C’est toujours le triomphe de l’Exécutif ! Sur la base du bilan annuel de l’application des lois du 31 mars 2015,  sur les1675 lois votées depuis 2012, à l’heure actuelle, 589 sont toujours en attente du suivi règlementaire qui permettrait leur application. Où est la démocratie ?

Rappelons que trois quarts des lois sont préparées par le gouvernement qui les soumet à un parlement trop bien disposé à son égard. La procédure législative fait, ainsi, que ce sont les «énarques» du gouvernement, qui ne sont ni élus ni juristes, faut-il s’en souvenir, qui posent un défi à la démocratie et à la compétence des élus. Voilà ce que raconte un énarque. «Je me souviens d’un examen emblématique qui portait sur cette utopie : l’épreuve sur dossier qui dure six bonnes heures. Nous avions sous les yeux un dossier à sangle, rempli de documents d’informations. La note introductive décrivait un problème de la société française et il s’agissait pour y répondre de proposer un texte, un décret qui ferait disparaître le problème. Vous imaginez ? Un type tout seul, dans son coin, qui va faire disparaître un problème d’un seul trait d’encre en barbouillant un arrêté. Il y a là quelque chose de faustien. En six heures on va réformer la société française» !

Pire encore, non seulement c’est l’exécutif qui propose une grande partie des questions du Parlement mais les ministres s’autorisent, sans scrupules, à légiférer de leur côté à l’occasion de circulaires qui devraient n’être qu’interprétatives et qui souvent sont règlementaires. Quelles que soient les complaisances, on ne peut le nier, c’est énorme ! Où est la démocratie ?

Quant à l’aspect démocratique du fonctionnement des institutions européennes qui nous abreuvent de lois, il suffit de lire les traités européens aboutissant à celui de Lisbonne, qui règlementent ce sujet pour comprendre que nous vivons, aujourd’hui en Europe, un régime autocratique, où le Parlement européen, qui après avoir été un mirage, n’accède au pouvoir normatif que comme un amputé de sa moitié, assujetti qu’il est de ne pouvoir statuer que conjointement avec le Conseil des Ministres et, surtout, à la condition que la Commission Européenne ait bien voulu le saisir de la question, puisque elle seule a l’initiative des textes. Et n’oublions pas que ces 27 commissaires appartiennent à la classe des technocrates cooptés par les puissants du jour, produisant donc un nombre très élevé de lois calquées sur les circonstances et les opportunités du moment.

Et que dire des manquements à la démocratie à partir de la Convention Européenne des Droits de l’Homme ? Les articles de cette Convention, supra-loi européenne qui s’applique aux 47 États qui l’ont signée, expriment des principes si généraux que c’est à la Cour [de justice] Européenne des Droits de l’Homme de les interprétés, au cas par cas, produisant une jurisprudence constitutive de lois qui va même à l’encontre des lois parlementaires nationales. Parmi tant d’exemples possibles pour illustrer cette transgression à la démocratie législative de la France, celui de la gestation pour autrui est explicite. En France, la convention de gestation pour autrui est nulle comme contraire à l’indisponibilité du corps humain et de l’état de la personne. Le droit français refuse notamment de retranscrire l’acte de naissance d’un enfant issu d’une convention de gestation pour autrui, quoique établi licitement dans l’état civil d’un pays étranger. La Cour de cassation, suprême instance juridique française, avait jugé  que cette solution ne portait pas atteinte au droit au respect de la vie privée et familiale de l’enfant au sens de l’article 8 de la Convention EDH, non plus qu’à son intérêt supérieur garanti par l’article 3 § 1 de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant. À l’opposé, la Cour EDH, elle, dans deux arrêts du 26 juin 2014*, considérant que le droit d’établir sa filiation participe de la vie privée, a décidé dans l’intérêt supérieur de l’enfant que l’on ne peut refuser la transcription sur les registres français d’état civil de la filiation d’enfants nés d’une gestation pour autrui à l’étranger.

C’est énorme tout de même, non sur le fond bien sûr, mais où est la démocratie quand 48 juges européens non élus, ont une emprise totale sur les décisions parlementaires de plus de 800 millions d’européens ?

Voyons maintenant « Pour le peuple »

Lorsque l’injustice gangrène l’exercice du pouvoir n’est-il pas juste que l’opinion exprime une riposte à la démocratie représentative ?

En principe, les dérives de l’exercice du pouvoir ou d’autorité sont, dans les sociétés, limitées et jugulées par les droits de l’Homme, la démocratie, par une répartition équilibrée des pouvoirs. Mais qu’en est-il dès lors que le pouvoir est détenu par ceux qui confondent pouvoir et autorité en formatant les esprits et l’esprit des lois à des fins féodales pour protéger des acquis, le plus souvent des privilèges qui les servent en premier. Il est aberrant, par exemple, que des députés-maires puissent siéger à la Cour des comptes alors que leur gestion est contrôlée par cette même Cour. Il est tout aussi aberrant que les députés se votent le montant de leurs revenus. Ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les limites de leurs propres pouvoirs.

 Ce qui me semble le pire symptôme de cet état de faits, plus particulièrement en période de grande difficulté économique, le plus injuste, le plus ignoble, c’est le détournement des fonds publics au seul profit des représentants du peuple parce que cela détruit le principe même d’égalité contenue dans la démocratie. Et cela va des indemnités outrancières que les élus se votent assortis d’avantages et de privilèges, les réceptions somptuaires dans les palais de la République, l’usage extravagant et personnel des finances publiques pour des vies de roitelets, des dépenses incongrues pour entretenir familles et basses-cours des thuriféraires des potentats locaux, en passant par les gaspillages outranciers des deniers publics que je considère équivalent à des détournements (comme les constructions décoratives de milliers de ronds-points, de bâtiments municipaux inutiles alors que les mal-logés et autres SDF ne trouvent pas d’abris salubres).

Être élu pour représenter le peuple et ne représenter que soi-même, ses copains et coquins, c’est énorme ! Pire, ce sont ceux qui se servent du miel à la louche qui font les lois empêchant les autres de se lécher les doigts. Qui n’a pas été verbalisé pour un mauvais stationnement de sa voiture, pendant que tel sénateur-maire de province entretient à l’année à Paris, avec nos impôts, une voiture, avec chauffeur, pour ses si rares déplacements au Sénat qu’il a même été sanctionné pour manque d’assiduité.

Devant ces carences, déficits et perversions de la démocratie, il est normal que le peuple gronde, ce n’est pas du populisme, c’est un contre-pouvoir à l’injustice, à l’iniquité, c’est la voix sage, forte et belle du peuple berné. La démocratie ne peut plus tolérer la féodalité de ceux qui se permettent de rentrer à cheval dans nos institutions républicaines. Cela ne laisse-t-il pas apparaître l’ombre des guillotines sur le cou des nouveaux féodaux qui ne la voient pas encore ? Si la classe dominante a perdu le consentement, c’est-à-dire si elle n’est plus dirigeante mais uniquement dominante et seulement détentrice d’une force de coercition, cela signifie précisément que les grandes masses se sont détachées des idéologies traditionnelles, qu’elles ne croient plus à ce qu’elles croyaient auparavant. Et c’est justement dans ces interrègnes qu’on favorise l’éclosion de phénomènes morbides les plus variés.

Le tableau est un peu sombre, ne pourrions-nous y apporter un peu de lumière ? Si toute forme de médiation entre le peuple et sa gouvernance est contraire à la démocratie et que la démocratie pure est impossible, la problématique est donc celle de la souveraineté, celle de la désignation de l’instance détentrice de l’autorité légitime qui peut édicter des normes et le devoir d’obéissance qui s’y rattache, conjuguant liberté de l’individu et légitimité de l’autorité.

Des solutions sont proposées ça et là  

Constatant avec Rousseau que les ambitions d’extension et de puissance viennent la plupart du temps de la concentration du pouvoir entre les mains d’un seul, de la démesure de celui-ci, de son besoin de reconnaissance et de consolidation du pouvoir, une première solution serait de partager le pouvoir ce qui le rendrait légitime, tempéré et sage ? Déjà en 1970, Jean-Jacques Servan-Schreiber disait: «Le problème est celui du pouvoir, qu’il faut désormais partager si l’on veut préserver les chances d’une cohérence sociale».

Pour cela, voici quelques propositions de répartition du pouvoir, parmi d’autres, qui aboutiraient à ce que chacun, à son niveau, avec ses capacités, puisse  s’impliquer dans les affaires de son pays et contribuer ainsi au bien public : c’est ce que l’on appelle à la fois le «décentralisme démocratique» et «la démocratie de responsabilité plurielle».

Il faudrait : que les citoyens puissent se réunir au niveau local, par exemple le canton, et faire office de conseil législatif pour toutes les questions de proximité ; que les citoyens puissent, directement, révoquer un élu ; qu’ils prendre l’initiative d’une loi, l’amender, la voter, la bloquer, la censurer via un système de démocratie d’initiative citoyenne, où les citoyens peuvent jouer le rôle des députés ;

il faudrait strictement éviter les cumuls de mandats afin de dé-professionnaliser la politique.

Enfin, revoir entièrement la structure d’organisation de notre pays, en revenant sur la hiérarchie des subdivisions administratives, l’empilement des centres décisionnels, pour revenir sur quelque chose de simple, d’adapté à notre temps et à notre ambition.

Soyons visionnaires.  Qu’est-ce qui nous empêche d’imaginer que tout citoyen soit aussi un député ? Grâce à une connexion internet sur lequel seraient publiées les questions étatiques importantes à l’ordre du jour, sous forme de questions référendaires à choix multiples, chaque citoyen accomplirait en quelques minutes son travail politique de Souverain en faisant part, anonymement ou non, de ses propres réponses. La transparence des réponses, visibles par tous, serait garantie en temps réel, et soumise à un contrôle permanent. Un délai pourrait être envisagé afin de laisser le temps au citoyen de s’informer et de se forger son avis, notamment à travers des débats publics impliqués. Rien n’empêcherait également les citoyens de formuler eux- mêmes des propositions générales de lois ou de révocation des élus, propositions qui, une fois approuvées par un nombre suffisant de concitoyens, pourraient être reformulées précisément par les parlementaires avant d’être soumises à nouveau au peuple souverain sous forme de questions référendaires. Ensuite, qu’est-ce qui nous empêche d’imaginer la mise en fonction d’assistants politiques impartiaux chargés d’exposer au mieux les divers enjeux des questions importantes à qui en aurait besoin ? La démocratie aurait tout à y gagner. Enfin, cette souveraineté de tous les citoyens ne remplacerait aucunement les services d’experts politiques : elle ne ferait que mettre à jour le matériau de base, les aspirations authentiques fondamentales des citoyens, à partir desquelles pourrait commencer le travail des experts. Ce travail des experts politiques porterait sur les détails précis et bien souvent complexes des orientations prises par le Peuple, et, en tant qu’il s’incorporerait à la dynamique populaire, il ne saurait par conséquent susciter la révolte, puisque le Peuple entier, uni dans la décision commune, serait l’initiateur des opérations à mener.

Je terminerai en vous rappelant, une fois encore, l’art. 2 du Titre1 de la Constitution de la France intitulé « De la souveraineté » : Son principe est un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ; c’est énorme ! Cela aurait pu être magnifique.

Il y a toujours des rébellions qu’il est sain d’avoir. Je sens en moi une liberté rebelle qui entrelace ma vie citoyenne.


* Labassé n° 65941/11 et Menneson n° 65191/11

Démocratie : attention danger

NB: ce billet était paru sur la plate forme blog.onvarentrer.fr, dont une partie du contenu est littéralement partie en fumée suite à l’incendie des fermes de serveurs ovh.net . A défaut de retrouver une quelconque parole perdue, j’ai décidé de republier les billets perdus, remis au goût du jour.

Depuis un moment (plus d’une année, en fait), je m’interroge sur l’avenir de la démocratie dans la vieille Europe et plus particulièrement dans notre beau pays. Déjà, à quoi sert le Parlement, surtout en ce moment ? En effet, les lois sont votées par un hémicycle à effectif réduit pour raison sanitaire – encore que ça ne change pas grand-chose, l’absentéisme étant un problème réel pour les malheureux élus contraints de prendre plusieurs mandats pour assurer leur train de vie… Plus sérieusement, de 577 députés, on passe péniblement à 288i pour voter des lois importantes comme le budget, la nouvelle loi sécurité, vous savez, celle-là même qui autorise les forces de l’ordre à ficher les opinions politiques et philosophiques (et qui au fond ne fait qu’entériner une coutume datant du XVIIIe siècle) ou encore les pleins pouvoirs à un gouvernement.

Sauf que le gouvernement, lui-même censé être l’émanation de l’Assemblée Nationale, laisse sa place à un comité de sachants, un conseil de défense de gens cooptés et sélectionnés pour une certaine compétence. Bon, au vu des résultats depuis un an, on peut légitimement se poser la question de la pertinence du procédé…

J’en entends me dire que je ne devrais pas me plaindre, parce que c’est comme ça que fonctionne un Ordre ou une Juridiction de Hauts Grades. Certes. Mais ce qui est valable (et qui fonctionne) pour quelques milliers de personnes éclairées, disciplinées et raisonnables ne fonctionne pas forcément pour un pays de plusieurs dizaines de millions d’habitants. En fait, j’ai très peur pour la suite. Si on réalise que le pays tourne « très bien » sans Parlement, avec l’exécutif s’étant fait voter les pleins pouvoirs (et se faisant conseiller par des cabinets de conseil privés et onéreux), on peut s’inquiéter de la pérennisation de cette disposition (pour laquelle personne n’a voté, rappelons-le)… Qui plus est, je m’inquiète aussi pour le pluralisme politique, le parti actuellement au pouvoir ayant souvent présenté deux candidats par circonscription au 2e tour des élections législatives, chacun venant d’un bord différent (ce qui pourrait signifier que nombre de nos chers élus ne seraient que de vulgaires opportunistes prêts à trahir leurs familles politiques… Mais c’est une autre histoire). Pour mémoire, la France fait partie des démocraties défaillantes selon le classement annuel établi par la revue The Economist. Il y a peut-être un peu de travail à faire dans ce secteur… Mais quelle personne politique aura le courage de remettre en cause le système qui l’aura portée au pouvoir ?

Si le législatif est occulté par un exécutif devenu incontrôlable, qu’en est-il du judiciaire ? J’ai une crainte pour la justice et la dépossession des peuples de leur droit à jouir de leurs propres ressources avec cette horreur que les capitalistes libertariens ont concocté dans le cadre des accords de libre-échange, cette dernière expression étant à comprendre comme soumission au capital. Imaginez un pays pauvre, dans lequel sont implantés des usines d’une multinationale. Imaginez que le pays, soucieux du bien-être de sa population décide de voter un salaire minimal plus élevé, augmentant (un peu) les charges de la multinationale. Cette dernière, soucieuse de ses bénéfices va donc porter plainte devant … un parterre privé constitué d’avocats d’affaire et qui, comble du cynisme, s’appellera tribunal d’arbitrage. Et selon les traités que les Etats auront signés, ce comité privé est compétent pour régler les litiges entre Etats et multinationales, qui peuvent d’ailleurs exiger des dommages et intérêts astronomiques. Autrement dit, la justice ne sera plus rendue au nom du peuple ou de l’État, mais seulement au nom d’intérêts privés. A cause de ces officines privées hors de toute juridiction, une multinationale peut donc empêcher un Etat de prendre les dispositions législatives ou administratives nécessaires pour la sauvegarde du peuple ou du pays, comme une loi de protection sociale ou une loi de protection de l’environnement. J’exagère ? Non.

Plus simplement, les peuples se voient dépossédés du droit à disposer d’eux-mêmes. Leurs ressources et leurs capacités de défense se voient captées par des multinationales cyniques, prêtes à les faire mourir pour leurs profits.

L’un des droits les plus élémentaires, et fondateur de la civilisation est la capacité de demander justice à un tiers fondé à le faire. Le ternaire, toujours… Déléguer sa vengeance à la justice permet normalement de casser le cycle de violence induit par la vengeance. Et ce droit est en train, petit à petit, de nous être retiré, par ces traités de libre-échange et ces tribunaux d’arbitrage, qui se placent clairement au dessus des lois d’Etats souverains. Nos destinées sont désormais aux mains d’avocats d’affaires et non de magistrats élus ou nommés.

Dans la même veine, l’association Anticor a perdu l’agrément du Ministère de la Justice, qui lui permettait de se porter partie civile dans des affaires de corruption, donc de vol ou de spoliation de ressources publiques. L’État n’a donc pas souhaité permettre à un collectif citoyen de l’aider à récupérer ses biens volés.

Entre les députés empêchés de travailler, les juges rendus incompétents pour les litiges entre Etats et multinationales, l’exécutif qui se voit investi des pleins pouvoirs sans contrôle parlementaire ou judiciaire et qui délègue sa compétence à un comité de « sachants » autoproclamés et cooptés, et les associations civiques muselées, il y a de quoi s’inquiéter pour la démocratie. Pire, j’ai l’impression que l’exécutif veut nous implanter l’idée que la démocratie, au fond, ne fonctionne pas et ainsi nous préparer à passer à un régime plus autoritaire, plus despotique et plus technocratique. D’ailleurs, dans le monde, la technologie permet d’user et d’abuser d’outils de surveillance et de contrôle, au nom de la sécurité, avec l’assentiment des parlements divers. Fichage, surveillance, suivi sanitaire et social… Et ce, même en France. Mais cette accélération de la technologie est-elle compatible avec la démocratie ? Apporte-t-elle plus de justice ? Malheureusement, non. Permet-elle de coincer des criminels et des délinquants (et je ne parle pas des gens qui tentent de se ravitailler après 18 heures) ? A voir des hommes politiques reconnus coupables de délits et crimes divers encore en liberté, j’émets quelques doutes.

En tant que Franc-maçon, je suis très attaché aux processus démocratiques, même si ceux-ci peuvent être parfois trop longs. Néanmoins, ils permettent aux Frères de s’exprimer. D’ailleurs, les femmes devenues des Soeurs attachaient une grande importance au vote au XIXe siècle, elles qui ne pouvaient pas voter aux suffrages politiques. Et même les Juridictions de Hauts Grades ont conservé une idée de démocratie, puisqu’en général, elles se conforment aux avis émis par les membres, même si un Ordre n’est pas une démocratie.

La démocratie est une chose très fragile, et toujours menacée par les intérêts des plus gourmands ou des plus violents, qui veulent instaurer leur ordre, au détriment du droit à chacun de disposer de lui-même. Elle est de plus en plus grignotée par des intérêts douteux, qui rêvent d’asservir les peuples et d’augmenter leurs profits, au détriment de ce qui rend la vie possible. Ces intérêts veulent imposer leurs lois, leurs règles, au mépris de la démocratie, voire de la civilisation. Est-ce là le monde que nous voulons laisser à nos enfants ?

Ne nous laissons plus faire.

iEstimation large, l’hémicycle étant rarement au complet…

Les Francs- Maçons au milieu du gué

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interview de PeterBu par Jacques Carletto

Récits, mythes et légendes

Récits, légendes et mythes?
Ces trois termes s’emboîtent comme des poupées russes, dont les figures et les couleurs différent: voyons pourquoi et comment.

« Récits, légendes et mythes »… Ne dit-on pas trois fois la même chose, sous un titre unique ? car enfin, si l’on en croit la sémantique, et plus encore l’étymologie latine de ces termes, la légende est un « récit qui doit être lu » et le mythe « un récit fabuleux », avec pour second sens « légende, fable »…
Alors, à quoi bon titrer ces trois répétitions pour dire la même chose ?
Pas tout à fait. Des nuances existent, qui qualifient ce choix ; et, comme chacun sait, « nuer » c’est harmoniser des couleurs, différencier un assortiment par les teintes plus ou moins claires ou foncées que l’on y assemble : à cet exercice périlleux nous allons donc nous livrer pour fixer un cadre (facile à franchir) à toutes nos réflexions.
Commençons par le récit : il narre une histoire ; ou plutôt : il la « récit-e » – ce qui explique qu’il doit « être lu à haute voix », comme disait Marie de France (XIIème siècle). Dès lors, quelle différence a-t-il avec le mythe ou la légende (puisque le dictionnaire analogique définit cette dernière comme « un récit populaire plus ou moins imaginaire », dont les synonymes sont : « un mythe » ou « une fable ») ? Nous voilà maintenant définitivement perdus !
…sauf que le récit narre une histoire – avons-nous dit – : en ce sens, il se suffit à lui-même ; car l’imagination enjolive un discours que la raison et le style se contentent de mettre en forme. La légende, elle, va plus loin : elle se fonde toujours sur une histoire – mais une histoire qui prend un sens symbolique ou, à tout le moins, allégorique – ; elle signifie quelque chose à travers le récit qu’elle développe, elle porte un message clair pour tous (sous cette bannière, il est exotérique).
Et le mythe, quelle place a-t-il ? Étymologiquement, « muthos » désigne « ce qui est muet » et, par dérivation, le « mystère » ; mais il désigne aussi un « récit », une « suite de paroles ayant un sens » : ce sont les mots et les expériences des hommes qui vont en révéler la signification intérieure, ésotérique. Laissons la parole au spécialiste du mythe, Mircea Éliade, qui, pour nous affranchir, écrit dans Aspects du mythe (1963) : « Il est réel (il se veut révélation), sacré (il raconte les œuvres divines), éternel (il se déroule dans le temps saint des commencements), bref, transcendant ; mais il est aussi exemplaire (il sert de modèle aux comportements humains), répétable (on doit se le remémorer par la répétition et le réactualiser par les rites), et contemporain (il fait réintégrer le paradis et l’origine), bref, paradigmatique ; enfin, le mythe est transpersonnel (il n’a point d’auteur, seulement des récitants) et significatif (ésotérique, didactique, total). »
Le mythe va donc plus loin que la légende, qui, elle-même, porte plus loin que le récit.
Ceci dit, si récit, légende et mythe s’emboîtent comme des poupées gigognes, ils restent semblables tant ils sont complémentaires. C’est pourquoi, pour nos articles, nous choisirons les poupées que nous voulons en les habillant des nuances que nous aimons, avec pour seul désir qu’en cherchant à nous faire plaisir, les couleurs de nos poupées vous plaisent à vous aussi…
Pierre PELLE LE CROISA, le 17 avril 2021

Divers aspects de la pensée maçonnique

Rassembler ce qui est épars. On pourrait croire qu’analyser c’est séparer comme le prône la démarche cartésienne. La Franc-Maçonnerie, c’est le contraire de la démarche réductionniste analytique qui accepte, conformément à la méthode que proposait Descartes, de réduire le tout à ses parties, pour mieux le comprendre. Elle propose une autre voie : s’engager avec une conscience holistique qui permet d’élargir et de rassembler.

Pluraliser la parole par le la tolérance et le respect ; la tolérance comme outil de veille et le respect comme outil de réalisation.

S’interroger sur l’engagement citoyen du franc-maçon : En effet, si la quête de spiritualité reste toujours personnelle, l’engagement citoyen doit-il être aussi personnel ou bien collégial à travers les obédiences. De la réponse dépend le choix que l’on peut faire d’une obédience qui se veut plus ou moins «sociale» que d’autres.

Ce sont quelques éléments de la pensée de Christian Roblin à écouter sur : franceculture.fr/emissions/divers-aspects-de-la-pensee-contemporaine/grande-loge-de-france-liberte-de-conscience-et-laicite

Les petites annonces du Réseau Frat∴ « OnVaRentrer.fr »

Pour découvrir l’intégralité des annonces, cliquez sur le lien sous chaque annonce. Seuls les membres reconnus du Réseau OnVaRentrer peuvent y accéder. Il vous suffit alors de vous inscrire (Gratuit)

LOCAL COMMERCIAL 1 500,00 €
OFFRES LOCATIONS – SALON-DE-PROVENCE
Je loue un Local Commercial de 130 M² situé sur Salon de Provence à 200 mêtre du centre ville à pieds.
A visiter absolument.
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INSTALLATION VENERABLE MAITRE
LIVRES & BROCHURES – RONCHIN
MTCSS, MTCFF,
Je cherche un rituel d\’installation de vénérable maître au Rite Oriental Egyptien de Memphis, c\’est assez urgent
Merci
Bises fraternelles
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Stage de chant choral Renaissance « Ensaladas et chansonniers »250 € + 10 € adhésion association
ACTIVITÉS ARTISTIQUES – VILLEFRANCHE-DE-ROUERGUE (12200)
Ce stage s’adresse à des choristes amateurs confirmés de tous âges, hommes ou femmes, ayant au moins 5 ans de pratique du chant choral.
Vous étudierez des pièces de compositeurs de la renaissance espagnole, française, catalane et italienne qui ont comme point commun l’inspiration populaire de leurs mélodies. La ensalada « El Fuego » de Mateo Flecha le Vieux* sera la pièce autour de laquelle va s’articuler le reste du programme.
« Ensaladas et chansonniers » sera enrichi de plusieurs polyphonies traditionnelles occitanes.
En marge du stage, nous vous offrons également de vous initier aux danses Renaissance et baroques et de participer (si la situation sanitaire le permet…) à un bal Renaissance !

Les intervenants : Antonio Guirao Valverde, baryton, chef de chœur ; Anne-Laure Touya, soprano ; Fanny Châtelain, spécialiste des polyphonies traditionnelles.
Désireux de proposer de nouvelles sonorités plus proches des pratiques vocales anciennes, Antonio Guirao crée l’ensemble L’Aubade en 2020. Il fait appel pour cela à six chanteurs dont une spécialiste en polyphonies traditionnelles, afin d’obtenir un résultat sonore plus authentique et naturel, moins influencé par des siècles d’évolution de la technique vocale.
Chanteurs de différentes origines, musique écrite (Moyen Âge jusqu’à fin Renaissance) et musique de tradition orale (polyphonies traditionnelles) se mélangent et interagissent pour proposer une expérience unique dans le paysage musical actuel

L’association « Demandez le Programme » est en partie (mais pas exclusivement) constituée de FF.°. et S.°.
https://www.onvarentrer.fr/annonce/stage-de-chant-choral-renaissance-ensaladas-et-chansonniers/


Stage découverte de la danse baroque170 € + 10 € adhésion association
ACTIVITÉS ARTISTIQUES – VILLEFRANCHE-DE-ROUERGUE (12200)
Découvrez ou approfondissez votre connaissance de la « Belle Dance », comme elle fut codifiée sous le règne de Louis XIV.
Avec Chrystelle Arcelin, fondatrice et directrice artistique de la Compagnie Fêtes Baroques, vous apprendrez à lire une partition de danse, à interpréter branles, contredanses, menuets… sans se pousser du col, dans une ambiance décontractée et ludique.
Organisé dans le respect rigoureux des normes sanitaires, ce stage se déroulera pendant le festival Labyrinthe Musical en Rouergue ; vous pourrez allier découverte de la danse, tourisme vert et concerts presque tous les soirs si vous le souhaitez !
Association composée en partie de F.°. et S.°. mais pas exclusivement 🙂
https://www.onvarentrer.fr/annonce/stage-decouverte-de-la-danse-baroque/


STAGE CAMARGUE DESSIN PEINTURE PENTECÔTE 21-23 mai170 euros 2/3 jours + hébergement en gite
ACTIVITÉS ARTISTIQUES – SAINTES-MARIES-DE-LA-MER (13460)
Stage DESSIN PEINTURE en CAMARGUE 5/6 pers. maxi. 3 jours/2 nuits. 21 au 23 mai 2021
Pour tous ceux qui recherchent un stage alliant découverte de la belle région de Camargue et acquisition d’un savoir-faire artistique…
Stages vous proposant chaque jour des sorties en Camargue, accompagnées par Artistes peintres enseignants, pour profiter de toutes les curiosités locales, avec des étapes pour accéder, en pleine nature aux techniques artistiques.
Petit dej. et repas du midi inclus. Débutant et tous niveau.
Contact: stagesartistiques@gmail.com
https://www.onvarentrer.fr/annonce/stage-camargue-dessin-peinture-pentecote-21-23-mai/


Superbe Villa Neuve T4 à Bigastro au sud d’Alicante – 225 500,00 €
VENTES IMMOBILIÈRES – ALICANTE
Située à coté d’un Grand Parc Naturel à 5 km d’Orihuela

Caractéristiques: 3 chambres , 3 salles de bain , Cuisine ouverte (la cuisine est complétement équipée), Salle a manger, Salon ouvert, Terrasses, à 200m d’un Parc Naturel …..

Piscine privé de 17,50 m2
Pré-installation de la climatisation canalisée incluse.
Vous pouvez garer la voiture dans le jardin.
Chauffage au sol dans les salles de bain.

Voir le bien:
https://www.reseau-immobilier-espagne.com/immobilier/maison-villa-bigastro-vente-fr_VM316.htm .

L’immobilier Neuf sur la Costa-Blanca est un investissement Rentable et peu risqué. Vous venez passer vos vacances chez vous dans un endroit de rêve et nous pouvons le louer quand vous n’y êtes pas.

😎 Nous avons toujours plus de 200 biens neufs disponibles, certains proposent des rentabilités locatives de 5% à 7% net par an.

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Fête de la librairie
EVÉNEMENTS – VILLEURBANNE (69100)
Samedi 24 avril de 10h00 à 19h00 C’est chez Livres & Décors
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Normandie, maison de maître avec gîte, 4 chambres 330 000,00 €
VENTES IMMOBILIÈRES – BEAUMONT-LE-ROGER (27170)
Normandie – En bordure de forêt, à 1h45 de la gare Saint-Lazare, 15′ de Bernay et 30′ d’Évreux, maison de maître avec gîte de 234m2 (194m2 carrez) dans un village offrant tous les commodités (commerces, écoles privées et publiques, professions médicales). Orientée Sud sur un terrain de 900m2 cette demeure se développe sur 3 niveaux. Le rez-de-chaussée se compose d’un porche, d’une entrée, d’un salon, d’une chambre, d’une salle d’eau de toilettes, d’un dressing et de nombreux rangements. Le 1er étage se compose d’un double séjour, d’une salle à manger, d\’une cuisine indépendante et d’un bureau. Le 2ème étage se compose de deux chambres, d’un dressing, d’une salle d\’eau et de toilettes.
Les combles sont aménagés et une dépendance, actuellement exploitée en chambre d’hôte (3 épis Gîtes de France) et pouvant être transformée en gîte, offre sur 2 niveaux un salon, une chambre, une salle d’eau et des toilettes.
Jardin écologique, terrasse, cave, fibre adsl, raccordement au tout-à-l’égout.
Nombreux possibilités d\’aménagement de la propriété.
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Technico-commercial (e) demonstrateur : 1500€ + commission
OFFRES D’EMPLOI – AVIGNON
Groupe EGRETIER 11110 recherche un(e) commercial(e) machinisme agricole pour le secteur Ardèche, Vaucluse, Var , Bouches du Rhône et Vallée du Rhône, Motivé(e) et désireux(se) de rejoindre un groupe de 35 personnes, concepteur et fabricant de matériel du sol, vous devrez effectué des démonstrations de notre matériel dans les vignes (connaissance en mécanique requise),vous bénéficierez d\’une voiture de fonction, d\’un téléphone portable et d\’un ordinateur pour mener à bien votre mission de vendeur(se) conseil auprès d\’une clientèle de revendeurs et de viticulteurs.
Poste à pourvoir début Septembre
Formation assurée
Rémunération selon expérience (fixe plus commission)
Merci d’envoyer votre C.V. à :
direction@egretier.com
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Nouvelle parution « TURI » : 15,00 €
MATÉRIEL DE LOISIRS – SAINT-RAPHAËL (83700)
Mon 13ème ouvrage publié. «TURI » est le parcours de vie initiatique de Giuseppe MORO, responsable de la Mairie d’honneur de Saint-Raphaël (83700) et Frère de la RL « La Pierre de l’Estérel » (GLDF)
paru aux éditions JFE www.jacquesflament editions.com
https://www.onvarentrer.fr/annonce/nouvelle-parution-turi/


Association Divine Madagascar
AUTRES THÈMES NON CLASSÉS – GALLARDON (28320)
Bonjour à tous,
Avec la situation sanitaire actuelle, la Pharmacie Divine a déjà récolté plusieurs boîtes de médicaments qui seront partagées à tous ceux qui en ont besoin à Madagascar. Nous remercions notre médecin référent ( en France) Dr Jeannot RAZAFY🙏🏽.
Avant de les expédier, vous pouvez encore nous envoyer votre part de votre générosité …. ( nurofen, doliprane, efferalgan, fervex, vitamine, magnesium….
Tous ce que vous trouvez utiles pour nos compatriotes)
Nous vous remercions déjà pour votre solidarité.
https://www.onvarentrer.fr/annonce/association-divine-madagascar/


Visites guidées de Sylvain Solustri : 13€ la visite par personne
CONFÉRENCES – PARIS
Bonjour à tous,
Sylvain Solustri, frère de Ni M:. Ni Dieu (GO) est comédien, magicien et guide conférencier. Voici ses prochains rendez-vous. Il propose également des visites thématiques : le Louvre ésotérique, le Père Lachaise des francs-maçons, le Paris maçonnique, les musée rue Cadet … Visites possibles pour les particuliers, les familles, les loges, les maçons et les profanes.
https://www.onvarentrer.fr/annonce/visites-guidees-de-sylvain-solustri/


Ternes : 2 pièces 50m2 – 625 000,00 €
VENTES IMMOBILIÈRES – PARIS (75017)
Grand appartement 2 pièces de caractère, situé au 1er étage d’un immeuble en pierre de taille. Sis rue Saussier Leroy, une des plus cotées du 17ème arrondissement. Sa surface de 50m2 est très optimisée : il comprend un beau séjour avec une cuisine américaine équipée et îlot central, une chambre avec dressing, une salle d’eau avec fenêtre et des toilettes séparées.
Moulures, cheminée en marbre, parquet en point de Hongrie, ce bien combine le charme de l’ancien avec un style contemporain.
Il comporte de nombreux rangements et se complète d’une cave aménagée.

Le prix affiché tient compte d’un différé de jouissance de 14 mois.
Date de libération définitive du bien : fin août 2022. Indemnité d’occupation des lieux : le prix initial de l’appartement est de 650 000€. Les loyers de juin 2021 à août 2022 sont estimés à 25000€.
Si l’acquéreur souhaite une libération immédiate des lieux : 650 000€.
Vidéo de visite virtuelle sur demande.
https://www.onvarentrer.fr/annonce/ternes-2-pieces-50m2/


Montmartre, 2 pièces refait à neuf, vue Sacré Coeur – 437 000,00 €
VENTES IMMOBILIÈRES – PARIS (75018)
Montmartre – Au calme dans une rue piétonne et avec une magnifique vue dégagée sur le Sacré Cœur, deux pièces de 31m2 refait à neuf. Situé au 3ème étage sans ascenseur d’une petite copropriété bien entretenue, ce bien se compose d’une entrée, d’un séjour avec cuisine américaine à créer (arrivées d’eau installées), d’une chambre avec rangements, d’une salle de bain et d’un dressing. Une cave complète ce bien.
Vidéo de visite virtuelle sur demande.
https://www.onvarentrer.fr/annonce/montmartre-2-pieces-refait-a-neuf-vue-sacre-coeur/


Rencontre
SOEUR CHERCHE FRÈRE – SAINTE-MAXIME (83120)
Cela fait 7 mois que je suis arrivée dans la région.
Je cherche à faire connaissance
https://www.onvarentrer.fr/annonce/rencontre/


Recherche maison d’Edition
LIVRES & BROCHURES – ANDERNOS-LES-BAINS
Pour un livre de photos, des duo de photos
https://www.onvarentrer.fr/annonce/recherche-maison-dedition-2/


La préparation à la mort : quelle spécificité pour les francs-maçons ?

Si l’actualité parlementaire a mis en avant la difficulté d’offrir aux français la possibilité de bénéficier d’une fin de vie digne, la préparation à la mort n’en reste pas moins une exigence si l’on souhaite mourir en conscience. Les travaux maçonniques peuvent-ils nous y aider ?

Bien que l’on sache pertinemment que notre existence soit un espace-temps de courte durée, il faut généralement attendre que les signes avant-coureurs de l’échéance apparaissent pour que les êtres humains s’en préoccupent plus ou moins réellement. Très souvent c’est le déni qui prime :

« Tu verras cela ira mieux ! » 

« Ce n’est qu’un mauvais moment à passer ! » 

« Courage, il faut te battre, tu vas être plus fort que le mal ! ».

La maladie est toujours présentée comme curable même quand les signes objectifs d’une spirale de la déchéance s’accumulent !  Le corps médical est mal à l’aise avec la mort qui symbolise l’échec de son interventionnisme. Les proches n’abordent pas facilement ce sujet ; au total l’être humain se retrouve seul, ne souhaitant pas inquiéter les êtres aimés !  La pensée religieuse avec son imaginaire d’une prolongation de la vie dans un univers irrationnel peut paraître un recours pour certains mais dans la réalité elle ne répond pas à la problématique de l’acceptation de la fin de vie !

Si la règle générale retrouve ce refus de l’évidence et une volonté acharnée de faire triompher la vie, dans de nombreux cas, dans son for intérieur, l’être humain a conscience que la fin de vie va arriver ; malheureusement la dégradation de l’état de conscience, favorisé par une médication antalgique et sédative, l’éloigne de plus en plus de la verbalisation et c’est dans le silence que la mort survient.

La démarche maçonnique nous ouvre des pistes mais là aussi, l’ambiance sociétale ne favorise pas qu’on les emprunte.

Il y a cette mort symbolique qui préside à notre initiation ; la pratique du testament philosophique pourrait être un premier pas mais elle est souvent mal comprise et dévoyée et pour finir, l’occasion est bien souvent manquée !

Et, bien sûr, le gros morceau c’est la mort au 3ème degré et la connaissance du symbolisme de la mort d’Hiram. Les dérives mystiques d’un Oswald Wirth ou d’un Jules Boucher en ont privilégié une interprétation qui ressemble à un autre déni pour une fuite dans un autre imaginaire.

De sorte que rares sont les travaux au 3ème degré qui abordent franchement la question et qui permettent un réel partage d’une expérience existentielle fondamentale.

Pour avoir accompagné récemment deux de nos frères dans leurs fins de vie, je voudrais ici témoigner qu’il ne faut pas attendre l’agonie pour s’en préoccuper et se préparer.

Deux frères, appelons les Jacques et André, deux situations comparables : des cancers invasifs, une dégradation des fonctions vitales, la souffrance et l’ambiance hospitalière. Dans les deux cas, la conscience a été conservée jusqu’à deux jours avant le décès.

Mais si pour Jacques le déni s’est imposé, en partie par l’influence familiale, André lui a exprimé cette acceptation de la mort, aussi bien à sa famille qu’aux frères et sœurs, dont j’étais, qui l’ont accompagné.

Autant la mort de Jacques n’a été que souffrance, souffrance silencieuse exprimée par le corps, le regard, le faciès, autant celle d’André m’a semblé plus sereine et plus conforme à celle que l’on peut attendre d’un initié. Le seul regret d’André aura été de ne pas avoir pu être chez lui.

L’émotion ressentie a inspiré ces quelques lignes :

Qu’attendre de la démarche maçonnique pour préparer sa mort ?

La réflexion sur la mort initiatique, le symbolisme des rituels, la spécificité du troisième, la grande proportion de frères et de sœurs âgées et le caractère intimiste des tenues sont des éléments objectifs qui donnent à la démarche maçonnique une spécificité que l’on ne retrouve pas dans le monde profane et qui doivent permettre de mieux préparer la fin de notre existence et ceci bien avant l’échéance.

Pour cela, on pourrait suggérer quelques éléments de réflexion :

  • Comprendre le déni sociétal de la mort,
  • Favoriser le partage du vécu de certains d’entre nous,
  • Préparer la nature et les conditions de l’appui fraternel dans la fin de vie,
  • Recueillir les volontés et les conditions de leur exécution.

Franck Leone

Une musique organique d’Ennio Morricone pourrait, devrait accompagner l’arrivée de 450 FM sur la toile du net. L’idée de créer ce journal maçonnique revient à Franck Fouqueray. Au cours de nos échanges, durant cette phase d’élaboration, Franck était parfaitement lucide. Ce site n’est pas le premier site maçonnique à exprimer des points de vue sur des sujets maçonniques ou sur des sujets d’autres natures mais forts de regards singuliers.

Ne pas être le premier n’est pas forcément un handicap. Au contraire.

En 1964 sur le célèbre site d’Alméria, dans le sud de l’Espagne, Sergio Leone tourne « Pour une poignée de dollars ». Ce western-italien, que certains oseront qualifier de façon sarcastique de western-spaghetti, ouvre la voie à une série de films de ce même genre, produits et réalisés dans ce même décor. Au fil du temps le western-italien s’impose et parvient à conquérir les spectateurs du monde entier. Je ne prends pas beaucoup de risques en affirmant que chacun d’entre nous se souvient du savoureux plaisir à voir ou revoir, entre autres, « Pour quelques dollars de plus », « Le bon, la brute et le truand », « Les pétroleuses » et bien sûr le magnifique « Il était une fois dans l’ouest ». Mais si c’est bien Sergio Leone qui obtient le premier succès mondial pour son western made in Italy, il est bon de rappeler que « Pour une poignée de dollars » n’est pas le premier western-italien. En réalité, il s’agit du 32ème film de ce genre.

Ce petit exemple cinématographique pour rappeler qu’il n’est pas nécessaire d’être le premier pour être le plus visible, celui qui marque et obtient l’assentiment de plus grand nombre.

Pour cette raison et pour bien d’autres, je souhaite à Franck Fouqueray que 450FM confirme cette règle, et que sur les traces du western-italien, ce site, par son identité et tout ce qui en fait une offre singulière, soit un franc succès. Ainsi je pourrai l’appeler comme il se doit et avec un immense plaisir : Franck Leone

Jalousie

Le mot de jalousie a un double sens. C’est une fenêtre qui permet de voir sans être vu. Plus couramment, il fait référence à un sentiment humain, l’un des moteurs les plus puissants… des vaudevilles.

Mon premier amour en franc-maçonnerie fut une Française et j’ai goûté les robes de son rite avec plaisir. Peu après, une Ecossaise m’a fait du gringue. Je n’ai pas su résister à ses charmes. Je me suis marié avec elle et, depuis plus de trente ans, je porte son tablier. Fut-ce nostalgie de ma part, l’effet de l’âge peut-être, je n’ai pas résisté, tout récemment, au désir de rendre visite à cette ancienne conquête. De mœurs sans doute légères, mais homme droit, je ne m’en suis pas caché. Ah, j’attendais plus de tolérance de la part de ma légitime! J’ai eu droit à une scène de jalousie.

« Que lui trouves-tu à cette Française? N’ai je pas tout ce qu’il faut au balcon, le teint fleuri, l’esprit alerte? » Poussé dans mes retranchements, il m’a fallu me justifier, donner des explications. Un comble! Je lui ai dit : 

« Vous êtes, ma chère, le fruit de mon amour éternel, mais…

  • – Mais quoi?
  • – Si je devais vous comparer…
  • – Goujat!
  • – Vous êtes ma religion, vous le savez bien, ma cathédrale, mais…
  • – Encore un mais…
  • – Votre beauté est de gothique flamboyant.
  • – Mon ami, je vous remercie pour le gothique!
  • – Quant à celle que vous jalousez tant, elle me semble, dans ses manières d’être et de faire plus… cistercienne, plus épurée en son être.
  • – Ne me dites pas que vous en êtes à nouveau amoureux!?
  • – Certes non, mais ses élans si sobres et si directs me la rendent émouvante. »

Mon Écossaise adulée a eu un cri du cœur : 

« Et moi alors, je n’existe plus? Vous ne m’aimez donc plus? 

– Mais si ma chère. Je vous ai juré fidélité en mon cœur et… à l’Hôtel de Ville. » 

Ce dernier mot presque trop marital la rendit soupçonneuse. Je me repris : 

«  Votre richesse intérieure fait votre beauté et tant d’images en vous que je ne trouve pas chez elle vous rendent à mes yeux aussi fascinante qu’au premier jour. Vous êtes pour moi toujours un mystère. Mais elle, comment dire, son goût d’une simplicité extrême la porte davantage à des méditations terrestres. » Le soupçon, à nouveau le soupçon! « Vous nourrissez, douce amie, l’imaginaire céleste de mes pensées, si j’osais presque à l’infini. Vous incarnez pour moi ce qu’il y de plus divin! Et quant à elle, son goût pour la simplicité se confond si souvent avec une raison claire qu’elle en est surprenante. « Mouais! Mon ami, je ne vous autoriserai plus la compagnie de cette… Française. »

Voilà qui avait été dit. Je ne suis plus jamais revenu sur cette querelle de vieux couple et longtemps je l’ai regretté. Car je pense, comme beaucoup, que nos différences sont notre richesse. C’est un truisme de la franc-maçonnerie. Encore faut-il, non seulement les dire, mais aussi les mettre sous la lumière du jour afin de les examiner mieux. Aller aux oppositions même, les discuter, accepter la controverse en lieu et place de la conciliation des contraires. Je n’ai, personnellement, jamais aimé cette expression que je trouve affadissante. Car pourquoi ne pas laisser filer les débats dés lors que le respect n’a pas été laissé au vestiaire? Sinon, à quoi peut bien servir notre méthode? Naturellement, les “frottements” (c’est le nom de cette sous-rubrique) des pierres, ne doivent jamais aller jusqu’à les faire éclater, sous peine de menacer l’édifice. Alors, à vos plumes pour publier vos articles sur nos différences pour les comprendre et les analyser. Mais attention, controverse n’est pas champ de bataille. De la dispute, au sens où l’entendait la scolastique, mais pas la guéguerre!

P.B

Votre dévoué responsable 

de la sous-rubrique « Frottements »