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Le saphir qu’il vous faut !

Bleu, comme une nuit de printemps ! Le saphir est (en principe) une pierre d’un bleu intense !  Il est lié à l’élément de l’air. Mais l’air est aussi variant : rose, jaune ou couleur champagne, orange, violet ou vert ! La palette des saphirs est d’une beauté légendaire et leurs qualités sont divines !  

Evoquer le saphir n’est pas chose commune car la possession de telles pierres concerne une élite de fins connaisseurs et elle se conforme à une tradition du goût très ancienne ! Le mot saphir viendrait d’ailleurs de l’hébreu sappir qui signifie « la chose la plus belle ». Ce mot trouverait ses racines dans le sanskrit « sauritana » en passant par le chaldéen, le grec puis le latin avec le terme de « sapphirus ». Cette désignation du minéral dans plusieurs langues ne témoigne-t-elle pas de l’attachement que différentes civilisations lui ont apporté et de leur convergence à voir dans ce caillou une magnificence sans égale ?

Vous portez au doigt un saphir fascinant ? Incontestablement le bijou vous pose et il vous différencie du vulgaire ! Au cou ? les saphirs coulent en rivière et invitent à l’embarcation pour Cythère. A votre col, ils sont là serrés ensemble ? Votre broche si joliment sertie attire aussitôt bien des regards ! A vos oreilles délicates, ils paraissent éclatants : quels effets merveilleux sous les lumières du lieu !  A vos poignets ? Cette rangée de bracelets de mille feux fait à la fois chic et choc ! Sur la tête ? D’emblée, en diadème ou en couronne, ils vous alignent sur la colonne des rois et des reines !

Posséder de telles pierres précieuses protège par ailleurs contre des journées de vaches maigres !  Si dans votre proximité se manifestent envies et jalousies, il n’empêche qu’avec votre saphir, la vision du royaume des cieux est devenue pour vous très accessible : elle assure votre marche sur la voie d’un monde d’une idéale splendeur ! Rêvez…rêvez à loisir devant de telles beautés fantastiques !  Jouissez de leur éclat inouï ! Cherchez le symbole en transparence dans le gemme du corindon et méditez sur la tristesse d’un monde sans pureté et sans spiritualité !

Est-ce la Bible qui le dit ? Moïse, une fois monté sur le mont Sinaï, a aperçu Dieu sur un piédestal de pierres de saphir : très respectueux de la Divinité, il n’en a pas sollicité une seule, se contentant de rapporter des tables avec des inscriptions grossièrement taillées dans la pierre brute.  Quelques uns prétendent plutôt que Moïse n’a ramené que les tablettes faites dans le minéral bleu, mais les textes sacrés sont restés discrets sur leur valeur négociable ! (Quelques marchands du temple poursuivent leurs investigations, plus par fidélité à leur métier que par souci de l’histoire sans doute ? )

Dans le livre de l’Apocalypse, le saphir a une grande importance : il compose l’une des douze fondations de la Jérusalem Céleste. Probablement, cette information contribue-t-elle à l’excitation de l’accueillir à sa descente sur terre ? Mais n’y voyez là qu’une hypothèse impie !

A partir du XIII eme siècle, le théologien Albert Le Grand attribue au Saphir la capacité d’apporter la paix et l’harmonie. Selon lui, posséder un saphir revient à jouir d’une faveur paradisiaque et à manifester foi et persévérance. C’est d’ailleurs sur décision du pape Innocent III, que les cardinaux de l’église catholique se mirent à porter une bague avec un saphir à la main droite, celle là même qui accomplit le geste de bénédiction. D’autres textes, plus vulgaires comme le Lapidaire de Louis IX  qui est un traité sur les minéraux précieux, confirment doctement qu’en méditant sur un seul saphir, on amène son âme à contempler les cieux !

Du coté des empereurs et des rois, Charlemagne portait souvent les bijoux en saphir qui lui avaient été offerts par un calife au IX siècle. Quant à  Louis XIV dit « le Bien aimé » il possédait un « Grand Saphir ». Sa forme est un losange comme une mandorle mystique et comporte six faces ciselées. Le bijou est le troisième gemme des Joyaux de la Couronne de France. Il aurait été confié au Muséum National d’histoire naturelle en 1796. Y est-il encore ?

Le saphir a d’autres vertus que spirituelles. Les manuscrits médiévaux recommandant de se soigner par les pierres, précisent qu’il peut guérir les maladies oculaires. Il permet aussi de lutter contre la fièvre et d’arrêter les saignements de nez si vous l’appliquez contre le front. Son action bénéfique est valable également sur les cheveux, la peau et les ongles et il est un bon moyen de lutte contre la calvitie par exemple. Certains avancent qu’il aiderait à soigner les problèmes d’origine nerveuse, les rhumatismes, la goutte, les douleurs articulaires. D’un point de vue psychique, le saphir est sans commune mesure : c’est un symbole d’honnêteté, de vérité, de fidélité. La sainte médiévale Hildegarde de Bingen affirmait qu’en le léchant fréquemment, on pouvait devenir plus intelligent ! (Attention toutefois à l’usure de vos papilles gustatives !). Comme les médications des temps médiévaux n’ont pas été incluses dans la nomenclature des actes et des soins remboursés par la Sécurité Sociale, leurs coûts restent à votre charge !

Sachez-le : le prix d’achat du saphir varie, selon le nombre de carats, l’éclat, la transparence et l’intensité de la couleur, et selon vos propres capacités financières ! Une bonne adresse pour trouver le saphir de vos rêves vous serait-elle utile ? Voyez du côté des joailliers de la Place Vendôme à Paris, ou, si vous êtes résolu, forcer l’entrée des mines du Cachemire ou de Ceylan et frappez fort la roche avec le ciseau et le maillet !  Frappez, frappez encore ! Il y va de votre salut  !

La Franc-Maçonnerie peut-elle être une voie vers le bien-être ?

La voie maçonnique, qui semble si difficile à définir, ne pourrait-elle pas être une voie vers le bien-être du non-désir et de l’acceptation ?

Une des premières définitions du bien-être date de 1555 ; Etienne Pasquier (1529-1615), dans son livre « Le Monophile », un dialogue sur l’Amour, le définit comme une « sensation agréable procurée par la satisfaction des besoins du corps et ceux de l’esprit ».

La recherche du bien-être se retrouve dans toutes les cultures du monde. Il a fallu attendre le début du XXème siècle pour que des sociologues essentiellement américains en fasse un objet de recherche. Depuis les années 70, des sociologues français participent à ces travaux internationaux.

Dans le Préambule à la Constitution de l’Organisation Mondiale de la Santé, adopté par la Conférence internationale sur la Santé du 19 au 22 juin 1946, la santé est définie comme : «un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ».

Le bien-être, plaisir fugace, fantasme ou attribut du Sage ?

Aujourd’hui, une publication américaine fait référence : Journal of Happiness Studies, An Interdisciplinary Forum on Subjective Well-Being ; sa dernière édition qui date du 4 avril 2021 propose une vingtaine d’articles qui témoignent de la diversité des approches, dont :

  • A Multilevel Approach Linking Entrepreneurial Contexts to Subjective Well-Being: Evidence from Rural Chinese Entrepreneurs (Une approche à plusieurs niveaux reliant les contextes entrepreneuriaux au bien-être subjectif: preuves d’entrepreneurs ruraux chinois)
  • Immigration Attitudes and Subjective Well-Being: A Matter of Identity? (Attitudes en matière d’immigration et bien-être subjectif: une question d’identité?)
  • The Role of Income and Social Capital for Europeans’ Well-Being During the 2008 Economic Crisis (Le rôle du revenu et du capital social pour le bien-être des Européens pendant la crise économique de 2008)
  • How Does Trait Gratitude Relate to Subjective Well-Being in Chinese Adolescents? The Mediating Role of Resilience and Social Support (Quel est le lien entre la gratitude et le bien-être subjectif des adolescents chinois? Le rôle médiateur de la résilience et du soutien social)
  • Sport Participation and Happiness Among Older Adults: A Mediating Role of Social Capital (Participation sportive et bonheur chez les personnes âgées: un rôle médiateur du capital social)
  • Happiness in Physical Activity: A Longitudinal Examination of Children Motivation and Negative Affect in Physical Activity (Le bonheur dans l’activité physique des enfants : un examen longitudinal de la motivation et des effets négatifs sur l’activité physique)
  • Is Mental Well-Being in the Oldest Old Different from That in Younger Age Groups? Exploring the Mental Well-Being of the Oldest-Old Population in Europe (Le bien-être mental des personnes les plus âgées est-il différent de celui des groupes d’âge plus jeunes? Exploration du bien-être mental de la population la plus âgée d’Europe)
  • How Would You Describe a Mentally Healthy Person? A Cross-Cultural Qualitative Study of Caregivers of Orphans and Separated Children (Comment décririez-vous une personne en bonne santé mentale? Une étude qualitative interculturelle des soignants d’orphelins et d’enfants séparés)
  • On Emotion Regulation Strategies and Well-Being: The Role of Passion (Sur les stratégies de régulation des émotions et du bien-être: le rôle de la passion)

La recherche du bien-être peut aussi entraîner l’usage des drogues addictives. Patrick Pharo dans un article, « Bien-être et dépendances », paru dans la revue « Pensée Plurielle » note « un vécu fort de liberté des primo-usagers par rapport notamment à des malaises personnels ou à des malaises de la société, et en direction de toutes les promesses d’euphorie, de bien-être, d’émancipation, de dépassement, de sérénité, qu’ils aperçoivent dans l’usage des produits. Suivant les cas, ce vécu de liberté en reste à la dimension de l’automédication ou s’intègre dans les idéologies qui accompagnent les grands courants modernes de consommation, comme la culture hippie, le mouvement punk ou les fêtes techno. »

L’auteur relève aussi l’importance des découvertes scientifiques : « d’abord la possibilité de provoquer des sensations de plaisir par une action chimique directe sur le cerveau sans passer par les organes des sens ; ensuite, les parentés neurophysiologiques entre des catégories de plaisir dont le sens vécu peut paraître très différent : sexe, nourriture, jeux, sports, travail, achats et bien sûr produits psychoactifs ; enfin, le caractère profond et durable des changements neurophysiologiques associés à l’usage régulier des plaisirs et en particulier aux pratiques addictives. »

Le bien-être, un objectif du processus initiatique

Philosophiquement, le bien-être est souvent analysé comme une forme de Bonheur et on doit, en premier lieu, à Aristote d’avoir fait du bonheur un objet de recherche d’un bien suprême menant à la vertu.

Dans le bouddhisme tibétain, le bien-être s’acquière à la suite d’une démarche qui comprend cinq composantes :

  • Libérer le cœur de la haine
  • Libérer son esprit des préoccupations
  • Libérer son esprit de l’orgueil
  • Apprendre à donner,
  • Accepter plus et attendre moins

On pourrait faire une assimilation entre ces préceptes et l’injonction rituélique maçonnique : « Laisser les métaux à la porte du temple » !

De ce qui précède il ressort que la notion de bien-être concerne deux situations particulières :

  • L’être humain dans sa solitude existentielle,
  • Et le même être humain dans un vécu collectif initiatique ou non !

Tout être humain est viscéralement à la recherche d’un bien-être.

Dans son jeune âge, pour la jeune femme ou le jeune homme, cette recherche n’est qu’une des composantes de nombreuses autres préoccupations : acquérir les moyens de son indépendance, vivre ses pulsions et en particulier la sexualité, avoir une reconnaissance sociale, défendre des convictions, assumer un rôle communautaire, etc.  Le bien-être ressenti est alors bien souvent de courte durée et consécutif à situations particulières : ce peut être l’observation d’un paysage, une expérience spirituelle, un ressenti amoureux partagé, une plénitude collective, ou d’autres circonstances.

En loge, on pourrait retrouver cette approche du bien-être momentané dans ce que l’on nomme communément « l’égrégore » et qui psychologiquement se rapporte à l’induction d’un ressenti sous l’effet de la dépersonnalisation secondaire à l’emprise de la pensée collective.

La concentration de la pensée sur l’essentiel, l’âge et l’expérience suscitent une réflexion plus approfondie et renvoient l’être à la problématique existentielle du bien-être que l’on peut mettre en relation avec le processus d’acceptation de ce que l’on est vraiment. C’est dans ce processus que la démarche maçonnique peut véritablement être une voie vers le bien-être !

Une fois l’expérience faite de la médiocrité, de la futilité, de l’évanescence de tous ces « métaux » que la société nous offre (l’ambition et la cordonite, la richesse, le pouvoir, l’orgueil, la représentation sociale, l’égo par exemple), la capacité de ressentir un bien-être authentique témoigne de la capacité de l’être de se détacher du désir et de se retrouver en harmonie avec la nature.

Si les rituels maçonniques accompagnent cette démarche par une inspiration transcendantale, celle-ci n’est pas une obligation et la voie maçonnique vers le bien-être peut malgré cela se produire ! C’est une démarche essentiellement individuelle même si l’accompagnement collectif procuré par le rituel peut y participer.

C’est sûrement dans la recherche d’un bien-être intellectualisé et conscient que se trouve la « substantifique moelle » d’une voie maçonnique où les rituels sont un support qui est destiné à être oublié car l’essentiel continuera sans lui ; cette recherche n’est malheureusement peu ou pas reconnue par les responsables obédientiels qui s’agitent comme des pantins dans un occupationnel profane.

Cette recherche est destinée à devenir une règle de vie !

Une hygiène corporelle associée à une hygiène alimentaire et à une pratique intellectuelle sont les trois composantes indispensables pour prétendre accéder à ce bien-être !

La pratique de la méditation appartient aux composantes corporelle et intellectuelle.

Maçonniquement, il est clair que cette démarche pourrait s’incorporer dans un vécu de loge mais cela ne sera possible que si une dynamique collective consensuelle accepterait de s’engager dans cette voie !

Autres articles du même auteur :

Sources :

Bien-être et dépendances, Patrick Pharo, dans Pensée plurielle,

David Lucas, docteur en philosophie, interrogé sur la définition du bienêtre intérieur

Le bien-être : notion scientifique ou problème éthique ? par Klein Alexandre

Le bien-être dans les sciences sociales : naissance et développement d’un champ de recherches par Rémy Pawin

Aller simple pour le Père-Lachaise

Epitaphe pour un bon vivant qui sait que le suicide est un manque de savoir-vivre

J’ai raté mon coup. J’aurais dû écrire mes mémoires. À présent que les vieux encombrent et que nous devons nous battre pour survivre, le bon plan c’est l’écriture, ça vous situe d’emblée dans l’élite du troisième âge, respect à la clef. Oui, je sais, pour être publié c’est à compte d’auteur, mais après tout, ça ne coûte pas plus cher que des funérailles et ça dure plus longtemps. Bien relié dans une bibliothèque, si on ne vous garde pas pour ce qu’il y a dedans, on vous conserve pour la reliure. D’ailleurs, à y bien regarder, un livre c’est le mausolée de la pensée.

Tiens, à propos de mort, c’est fait. L’envie de trépasser m’est venue en automne. Les jours rapetissaient et le temps se faisait long. Cette fichue maladie ne me laissait pas dormir et je me disais que l’éternité suffirait à peine pour récupérer. Et puis, tant qu’à mourir, autant être lucide. Si, en plus de n’avoir pas conscience de sa naissance, on ne l’a pas de sa mort, c’est toute une vie de ratée. J’ai bien pensé à mettre sur le Net une pensée en forme d’épitaphe, de celles qu’on retrouve dans la bouche d’inconnus suivie de « comme disait l’autre », mais il m’a semblé que la mort étant la preuve indéniable de l’humilité, je devais m’y plier. Allez donc savoir ce qui se passe après, me disais-je toutefois, vaguement inquiet. Puis j’ai fini par entrer dans le tunnel d’un pied ferme, simplement habité par la curiosité de savoir ce qu’il y avait de l’autre côté.

Et franchement ça vaut le coup, je vous conseille d’essayer. On se sent rajeunir d’un coup, plus de douleur nulle part, lumière douce sans lunettes de soleil et même pas faim. Le rêve, quoi. En regardant en bas je voyais ma femme qui pleurait modérément, juste ce qu’il faut pour être crue, et j’entendais les copains qui parlaient de moi à l’imparfait. S’ils en avaient parlé au parfait, ça m’aurait gêné. Du moins au début.

Assister à son enterrement est tout un spectacle. J’ai d’abord rendu visite en passe-muraille à toute la famille, puis je suis allé retrouver les copains d’en bas. Ils montaient vers le crématorium du Père-Lachaise. Je leur trouvais bien du mérite, ce n’est pas de tout repos, qu’est-ce qu’il y a comme pavés ! Et disjoints avec ça. On a beau ne plus avoir de pieds ça vous tord les pensées en moins de deux ! Je me plaçai à côté de quelques potes qui devisaient regard baissé pour ne pas se casser la trombine. « Tu sais, toi, pourquoi il a voulu se faire incinérer ? » « Non ! Chacun fait de son posthume ce qu’il veut. », dit l’un en se croyant malin. « Ouais, c’est comme le postérieur ! », poursuivit l’autre en se tordant de rire. Je trouvai ça d’assez mauvais goût ; je le poussai pour qu’il trébuche, c’était bien le moins, et je filai vers un autre groupe. « Il était comme il était, c’est comme ça qu’on l’aimait », disait l’un « … ou qu’on ne l’aimait pas… », ajouta un autre. Ah, le salaud ! Moi qui le prenais pour un ami… Je décidai de m’éloigner. Valait mieux que je garde d’eux une bonne image, surtout que ça durerait.

Et ça montait, ça montait interminablement, sans compter que des tombes à droite et à gauche, on ne peut pas dire que ce soit varié. On se console en se disant qu’on va fréquenter du beau monde, Molière, Balzac, Apollinaire, Chopin… Et même Bécaud pour pousser la chansonnette, « Et maintenant, que vais-je faire ? » Bonne question ! Qu’est-ce qu’on peut bien faire là-bas entre deux siestes ? Heureusement que Pierre Dac et Desproges seront là pour se marrer un peu… C’est vrai que je serai bien entouré. La mort est bien la seule chose qui rapproche du génie. Mais quand on considère les inscriptions qui s’effacent, on ne peut s’empêcher de se demander : tous ces noms, qui les connaît ? et de se dire que, finalement, la mort ce n’est pas ça qui est long, c’est l’oubli qui suit.

J’en étais là de mes pensées quand j’arrive sur l’esplanade, ciment, graviers, herbe rare et bâtiments emphatiques. Dire que c’est là qu’on va me brûler… L’Inde c’est tout de même mieux avec ses bûchers, au moins la fumée du corps monte vers le ciel, ça vous donne un supplément d’âme. Je m’approchai d’un petit groupe. Un type disait : « Il faut voir le columbarium ». J’y allai donc. Des tiroirs sur deux étages. Pour apporter des fleurs là-haut, il faut amener sa fronde ! — que je pensai avant de passer dans la salle aux discours. Dur d’entendre ça ! Entre flagornerie et hypocrisie. De quoi se retourner dans son cercueil si ça n’était pas si étroit, ce machin-là. Soudain, me voilà dans une file d’attente comme à la caisse du supermarché. Caisse ! Ah, ah, ah ! Je riais tout seul dans la mienne. Attendre, attendre, attendre encore… Que c’est long ! Et pas moyen de discuter avec le voisin, ça devient pénible. Allons, calme-toi, mon vieux, tu ne vas pas commencer l’éternité en ronchonnant…

Ça y est, brûlé, cendres recueillies et mises en boîte. Et je me vois poussé dans un coin, sans nom sur l’urne. J’attends. Rien. Toujours rien. Ils m’ont oublié, nom d’un chien ! Jusqu’à quand ? Je me suis toujours interrogé sur la main qui tient le sablier. « Hep, vous en bas, ohé ! Si vous me cherchez, je suis au bureau des objets trouvés ! »

Les voies du Silence

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Comme le rappelle le Grand Maître de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française, Fred Picavet : «  On commet souvent des contresens sur l’obligation de silence et de secret maçonnique » car le rapport au silence des hommes du XXI e siècle n’est plus celui des secrets de profession jalousement gardé par les Maçons opératifs du Moyen-Age.

Reconquérir des espaces de silence c’est alors se rapprocher  du travail qui s’effectue « à couvert » lors de nos tenues dans nos Temples.

Fraternité, j’écris ton nom sur mes bouteilles d’eau.

La sensibilité de l’eau pourrait-elle expliquer l’égrégore ?

La science nous propose des exemples de comportement de l’eau.

La vision chimique

Indicateur précoce de l’évolution de l’épidémie, les traces du virus dans les eaux usées permettent d’observer la situation sanitaire avec quelques jours d’avance.

Informez-vous à partir de site du Figaro en choisissant votre région et une ville. N’hésitez à poursuivre les informations sur ce sujet en suivant les liens hyper textes : lefigaro.fr/…/covid-19-ce-que-montrent-l-analyse…

La vision physique et spirituelle

Ce sont les expériences bien connues de Masaru Emoto qui nous rendent compte de l’interaction entre l’eau et son environnement physique et même mental.

On trouve, par analogie, une idée intéressante, en lisant le livre de l’astrophysicien Hubert Reeves, Patience dans l’azur, livre qui analyse l’univers à partir du Big Bang. On retiendra, de son chapitre sur les énergies, que la masse des corps étudiés, quelles que soient leurs dimensions, prise isolément, pèse plus lourd que la masse de ces mêmes corps reliés dans une structure commune. Par exemple la somme des masses d’un électron et d’un proton est plus grande que celle d’un atome d’hydrogène qu’ils constituent en s’associant. La différence de poids est due à l’émission d’un photon ultra-violet, dégagé au moment de la constitution d’un atome. De même, un proton et un neutron pèsent plus lourd séparément que réunis en noyau de deutéron. En s’associant les deux particules libèrent de l’énergie sous forme d’un rayon gama. On appelle force, ce qui permet aux éléments de se lier en corps constitués: force électromagnétique pour les atomes, force nucléaire pour les noyaux, quarkienne pour les nucléons, gravifique pour les astres : Que la force soutienne nos travaux. La force du rituel maçonnique associe nos esprits individuels pour former l’égrégore particulièrement ressenti au cours de la Chaîne d’Union. Alors, faisons une hypothèse : en se formant, l’égrégore libère une énergie qui se manifeste dans l’ailleurs. Cet agencement d’unanimité s’organise de la façon la plus complexe quand il s’agit d’unanimité des cœurs. Quand nous sommes devenus pierres du temple, les transmutations du deux produisent le trois-qui-est-un et libèrent de l’énergie. Ainsi «l’égrégorisation» dégage un «on-ne-sait-quoi» énergétique qu’il est bien difficile de caractériser avec précision. Mais, ce «on-ne-sait-quoi», dans l’ailleurs où il est projeté, est un rayonnement dont l’influence pourrait être l’exhalaison de nos cérémonies rituelles fraternelles, protégées par la sagesse et la beauté, allant livrer leurs forces dans un combat d’énergies du bien contre celles du mal.

On comprend pourquoi il est temps de nous renouer dans nos fraternelles Chaînes d’Union.

Le désert, quête d’un ailleurs

L’invitation à se connaître de toutes les initiations n’est rien d’autre qu’un appel à prendre conscience de son propre désert. C’est une vision à la fois de sa misère et de sa grandeur.

L’intérieur de l’homme est un désert, un vide pour Cioran, un abîme pour Victor Hugo, Hermann Hesse, Gérard de Nerval, Blaise Pascal, Paul Valéry et tant d’autres.L’homme de l’initiation doit s’arracher du monde, obstacle à la réflexion qui empêche la spéculation de l’absolu en lui. «Seuls les solitaires ont accès au Royaume», disait Guillaume de St Thierry au XIIe siècle. Cet enseignement peut être retrouvé dans les textes et catégories de pensée qui évoquent le thème du désert et de la quête, thème qui apparaît dans la plupart des religions et traditions initiantes.

Ce que l’on peut retenir dans ces hiéro-histoires, c’est que le désert permet un temps sacro-saint, où s’accomplit l’expérience religieuse ou mystique, où s’abolit la différence du saint et du sacré. C’est un mouvement par lequel l’homme en se recueillant au désert, s’élève à la transcendance (souvent appelée Dieu ou le divin). Dans sa quête, le désert est l’épreuve et le lieu du combat contre le principe du Mal. En ce sens c’est un lieu de passage: se quitter soi-même, abandonner son moi superficiel pour trouver son Soi. Il est comme un centre de labyrinthe où se vivra aussi l’expérience fécondante de la solitude et des combats.

Toute retraite dans la solitude du désert commence comme un renoncement au monde, comme une solitude nécessaire au dépouillement de l’homme ancien. La marche au désert ne se laisse plus appréhender selon des coordonnées horizontales de distance parcourue, mais selon celles de la profondeur Le passage par le désert consiste d’abord en une désertification intérieure, au sens où la mort minérale des paysages géologiques devient l’image de la mort que l’on désire pour renaître à l’initiation. À travers ces figures de la mort, la retraite au désert de sable ou d’immensité marine correspond, dans la démarche initiatique, d’abord à une descente régressive vers les premiers moments du monde, vers l’originaire et les profondeurs spirituelles, puis en s’inversant, elle correspond à la progression ascendante, en authentique pèlerinage, en quête. L’aurore de la vie et de la lumière sera transfigurée par la source d’eau ou le buisson ardent. Ainsi, du néant absolu, «la grâce flue de la fontaine divine, elle est une ressemblance divine, elle a la saveur de Dieu et rend l’âme semblable à Dieu» écrit Maître Eckhart.

Mais cette solitude, cet esseulement n’est jamais le lieu où doit se fixer définitivement l’initié.

Le désert, lieu où la quête ne s’y achève pas, conduit à une deuxième naissance, celle de toutes les terres promises. En initiation, le désert n’est qu’un passage. Dans le désert, le pèlerin des sables se meut au contact de l’infini. Il s’immerge dans l’alliance de la terre et du ciel, dont le cœur en est le foyer de convergence. La contemplation, la theôria, ne peut qu’être expérience, un moyen de connaître des faits que l’on ne voit pas, de trouver une condition humaine autre.

Dans Terre des hommes, Saint-Exupéry écrit : «En arpentant un sable infiniment vierge, j’étais le premier à faire ruisseler d’une main dans l’autre, comme un or précieux, cette poussière de coquillages. Sur cette sorte de banquise polaire, qui de toute éternité n’avait pas formé un seul brin d’herbe, j’étais comme une semence apportée par le vent, le premier témoignage de la vie». Puis sur cette surface où s’allient la vie et la mort, ramassant un caillou noir, pluie noire des étoiles dans le désert, en un saisissant raccourci de sa méditation, Saint-Exupéry assiste à cette lente averse de feu. Il abandonne ici ses yeux de chair et rehausse son expérience sensorielle au rang d’une expérience initiatique. Le passage minéral, le règne de la pierre brute et du sable d’or deviennent présentation hiératique de l’absolu où se retrouvent les mots de la métamorphose alchimique. La minéralogie mystique est un espace figuratif dans lequel se retrouve ce que Gaston Bachelard appelle à juste titre un psychisme  lithognomique sur la voie d’une renaissance spirituelle. Cette relation alchimique au minéral, féconde toute la métamorphose de l’ermite en pèlerin.

Descente et remontée, dans l’alliance de la terre et du ciel, et dans le silence de l’apprenti, n’est-ce pas là aussi le chemin que nous propose la Colonne B\, dont la matière d’airain atteste aussi  l’alliance du ciel et de terre ? Dans l’isolement du mutisme imposé, la colonne B\(au Rite écossais Ancien et rectifié) et la colonne du nord sont comme un désert pour le myste.

La méditation est un désert. Là s’éveille le désir d’un lieu dont on pressent l’existence, mais dont on ne connaît encore ni l’éloignement, ni la configuration. Le voyageur ne s’identifie plus au conquérant assuré de ses trajets, ni à l’errant désorienté qui fuit, mais au pèlerin, à la quête de cet ailleurs dont on lui a parlé.

Quelques citations sur ce sujet :

Cioran : «Durant toute la matinée, je n’ai fait que me répéter «l’homme est un abîme, l’homme est un abîme» – il m’est hélas impossible de trouver mieux».

Valéry: «Nous vivons visiblement, mais l’intérieur est un abîme, note-t-il en apprenant la mort de Mallarmé».

Victor Hugo: «Tout homme a son pathos…II s’obstine à cet abîme attirant, à ce sondage de l’inexploré, à ce désintéressement de la terre et de la vie, à ce regard sur l’invisible; il y vient, il y retourne, il s’y accoude, il s’y penche, il y fait un pas puis deux, et c’est ainsi qu’on pénètre dans l’impénétrable, et c’est ainsi qu’on s’en va dans les élargissements sans bords de la méditation infinie».

Charles Baudelaire : «Je sens s’élargir dans mon être / Un abîme béant; cet abîme est mon cœur /  Brûlant comme un volcan, profond comme le vide !»

Illustration de William Rimmer, Evening, Fall of Day (1869)

Prendre soin du soin

J’étais en Loge le week-end dernier. Car oui, nous pouvons nous réunir en journée, sous réserve du respect des gestes d’hygiène, les fameux gestes barrières pour lesquels les youtubers McFly et Carlito ont accepté un défi de l’Elysée… Bon, je ne reviendrai pas sur la pertinence de passer du gel ou du spray désinfectant sur des gants, à plus forte raison des gants de cuir, ni sur le matériel… D’ailleurs, pour faire bonne mesure, comme exceptionnellement j’étais Expert, j’ai décidé d’amener ma propre épée. En effet, j’ai réalisé combien poser l’épée au sol pour installer le Temple était symbolique d’une défaite. Et puis, le doux son d’une arme qu’on dégaine produit son petit effet… Mais bon, je m’égare.

En réalité, avant l’ouverture des Travaux, j’ai revu un Frère occupé depuis un moment. Selon quelques indices qu’il avait distillés, je m’attendais à ce qu’il m’annonce un heureux événement. Mais à sa tête, j’ai compris que quelque chose avait tourné au vinaigre. Le Frère a fini par m’annoncer que son épouse était enceinte, mais que l’embryon avait cessé de se développer assez vite. Donc son épouse faisait une fausse couche, et devait passer au bloc opératoire pour se faire retirer la poche. Il m’a aussi raconté les restrictions à l’hôpital pour accompagner son épouse dans cette épreuve. Et oui, les mesures prophylactiques laissent les patients bien seuls à l’hôpital : ni accompagnants, ni visites. Heureusement, les soignants le savent et parviennent à conserver un peu d’humanité et de bienveillance dans ce monde décidément devenu fou.

Nous avons été quelques uns à soutenir ce Frère dans le malheur. Car une fausse couche, pour des parents, est un malheur. Un malheur statistiquement fort, qui plus est. En effet, j’ai appris qu’une grossesse sur cinq n’arrivait pas à terme et finissait en fausse couche. Une statistique énorme, mais dont on parle, somme toute, assez peu (même si les sites spécialisés évoquent plutôt bien ces statistiques). Je suppose qu’il s’agit encore d’un sujet tabou… Toujours est-il qu’une femme qui vit une fausse couche ne doit pas être accusée de quoi que ce soit. Il s’agit de phénomènes naturels, aussi tristes qu’ils puissent être, phénomènes qui n’ont rien de honteux. Et quand un embryon n’est pas viable, on est prié de ne pas accuser la femme d’être une mauvaise mère, comme ça peut se faire dans certains milieux traditionalistes. Je pensais aux petits rigolos qui s’enchaînent devant les cliniques ou ceux qui s’estiment être des « survivants » (notons que ce sont les mêmes qui prônent le complot judéo-maçonnico-reptilien de l’internationale pédo-satanico-islamo-capitalo-gauchiste). Une femme qui vit le drame d’une fausse couche et qui doit subir un avortement n’a pas à être socialement jugée. Elle doit au contraire être accompagnée, soutenue et soignée. De même, une femme qui souhaite interrompre une grossesse doit être respectée et médicalement accompagnée. Elles ont le droit de disposer de leur corps. Et au passage, je rappelle qu’une IVG n’est jamais une opération de confort. Mais je m’égare.

Pour en revenir au soin, en dépit des tentatives des représentants de l’État pour détruire le système hospitalier et tout le système de soin, celui-ci fonctionne encore et les soignants, bien que conspués par nos dirigeants, parviennent encore à faire leur travail. On a tendance à l’oublier, mais « le soin est un humanisme » (cf. le récent tract rédigé par la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury), et le fait d’être bien entouré permet à un patient d’aller mieux plus vite. Malheureusement, je crains que la situation n’aille pas dans le sens du soin.

Les mesures de protection prises à l’occasion de la pandémie ont atomisé les structures sociales et tendent à reproduire l’individualisme exacerbé que prônent nos politiques. Nous vivons dans une fiction dont l’individu est le héros. Ce héros s’imagine réussir seul, comme Steve Jobs, Bill Gates ou tant d’autres grandes fortunes. Ce paradigme de réussite solitaire a été étendu à la vie quotidienne: on vit seul, et par sécurité sanitaire, on reste seul, on est isolé dans tous les moments sociaux qui doivent structurer la vie en société. C’est ainsi qu’avec le télétravail et le développement technique généralisé qui nous accompagne au moindre instant, le sentiment de solitude explose.

De même, dans les études, c’est la socialisation de toute une génération d’étudiants qui est bloquée. Et ce phénomène d’atomisation va plus loin, puisqu’on souffre seul. Les patients de l’hôpital, par mesure de sécurité sanitaire, ne peuvent plus être visités par leurs proches, et sont laissés seuls avec leur souffrance.

La gestion calamiteuse de la crise sanitaire a permis d’accomplir le rêve de tout régime autoritaire : atomiser les structures sociales. Car sans structure sociale, pas de pensée critique, et donc pas de remise en cause possible du régime en place. Prétendument pour notre bien. Rappelons que les mesures de confinement, de couvre-feu et autres punitions collectives n’ont pour but que d’éviter la saturation des hôpitaux, dixit nos bienveillants dirigeants, ceux-là mêmes qui n’ont pas hésité à balayer d’un revers de la main les revendications des corps médiaux, ni à réprouver par la violence leur mouvement ces trois dernières années. Pas « d’argent magique » pour l’hôpital (dont on continue à fermer les lits, rappelons-le). Et donc pour le soin. Le souci du vivant nous fait oublier le souci de l’humain. Or, le soin en tant qu’humanisme contribue à nous rendre humains. C’est d’ailleurs le sens du travail de l’Hospitalier, que de prendre soin des Frères en difficulté. Oublier cette dimension humaniste du soin est, à mon sens, une très grave erreur de nos politiques. Et cette erreur se paiera, lourdement, et pas seulement dans les urnes. Nous mettrons un certain temps à nous réapproprier ce qui nous rend humains, j’en ai peur. Nous allons devoir réapprendre à nous humaniser, notamment par le soin et la sociabilité, n’en déplaise aux crânes d’oeuf qui ont décrété la culture et la vie sociale non essentielles.

Face à la souffrance que nous connaissons tous, soyons tous des Hospitaliers. C’est ce qui nous rend humains, et qui doit être préservé.

J’ai dit.

Les Hébreux ne furent pas toujours monothéistes

Les Hébreux furent d’abord monolâtres, puis hénothéistes avant de devenir monothéistes.

En désignant leur Dieu comme celui d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, les Hébreux ont pu être considérés comme monolâtres[1]. Les Patriarches auraient vénéré un dieu anonyme, auquel on aurait ensuite donné le nom du dieu de l’ancêtre auquel il était apparu (Abraham, Isaac et Jacob). Suite à des contacts des patriarches avec la culture cananéenne, ce dieu des pères aurait été identifié au dieu El.

Les recherches récentes ont rendu cette théorie caduque. L’expression «dieu du père» est attestée dans des documents extrabibliques où elle ne renvoie pas à une religiosité nomade, mais reflète une piété familiale qui s’exprime dans la vénération des ancêtres, le culte des Mânes.

Écouter les conférences de Thomas Römer au Collège de France : https://www.college-de-france.fr/site/thomas-romer/course-2008-2009.htm

Puis viendra l’hénothéisme[2] avec Moïse, «Tu n’auras pas d’autre Dieu face à moi», qui interdit la présence d’autres dieux sur Ses lieux de culte. Que penser des noms différents du Dieu auquel les nombreux sanctuaires des Hébreux étaient consacrés : à Silo, il s’appelait, l’Éternel  des armées; à Béer-Séba, El-Olam, Dieu d’éternité ; à Rephidim, YHVH-Nissi, l’Éternel ma bannière ; au puits de Lachaï-Roï, El-Roï, Dieu qui me voit ; sur la montagne du sacrifice d’Isaac, YHVH-Jiré l’Éternel y pourvoira; à Béthel, El-Béthel,Dieu de Béthel,; à Sichem, El-Élohé-Israël, le Dieu fort, Dieu d’Israël ; à Ophra, YHVH-Chalom, Éternel, Dieu de paix (d’après 1Samuel 1,3 ; Exode 17,15 ; Genèse 16,13 ; 21,33 ; 22,14 ; 35,7 ; 33:20 ; Juges 6:24) ?

C’est seulement avec Ésaïe (Es. 45,21), affirmant la négation des autres Dieux, que l’on peut parler de monothéisme.

Mais,… la plus grande déviance fut celle que l’on rapporte des Juifs d’Éléphantine qui adoraient d’autres dieux que Yahou, en particulier une divinité féminine nommée Anath-Béthel ou Anath Yahou et un dieu nommé Achim-Béthel.

Anath était probablement le nom que l’on donnait à la «Reine des cieux», qu’affectionnaient si fort les femmes dont parle Jérémie (Jérémie 44,23 à 25), et on envisageait sans doute Anath comme la parèdre, l’épouse de Yahou : http://sefaria.org/sheets/102245?lang=bi

D’ailleurs, la religion cananéenne reconnaissait un dieu primordial « El », père de l’humanité et de toute créature. Des tablettes découvertes dans la bibliothèque royale d’Ebla (site archéologique de Tell Mardikh en Syrie), mentionne ce dieu El en tête d’une liste de divers dieux, comme dieu ancêtre des autres dieux et père de tous les dieux. El était l’époux de la déesse Ashérah, une déesse qui semble avoir été liée aux cultes d’El et de Yahweh jusqu’au VIIe siècle av. J.-C. Elle était probablement vénérée en tant qu’épouse jusqu’à l’époque des Juges.


[1] Celui qui choisit son dieu parmi d’autres.

[2] L’hénothéisme dit d’un peuple qui se choisit un dieu parmi d’autres pour lui tout seul. Ce Dieu unique ne rejette pas les autres dieux mais veut les éloigner de son peuple.

Croire ne pas croire

L’athéisme est l’affirmation de la non-croyance en l’existence de Dieu et de l’âme.

Pour les athées la totalité du réel est contenue dans la matière physique qui forme et constitue aussi bien l’univers que la nature et l’homme, il n’est pas besoin d’une transcendance. (Comte-Sponville, conférence sur la spiritualité : vimeo.com/217062791). L’athéisme rejoint la pensée atomiste de Démocrite et celle de l’anatman bouddhique. Sa vision de la finitude l’enracine dans le présent. «N’est pas athée qui veut» disait Jean-Paul Sartre, considérant qu’il y a difficulté à se passer de dieu.

Dans La Constitution dite d’Anderson de 1723, texte fondateur de la Franc-Maçonnerie des Moderns, il est écrit en ce qui concerne Dieu et la religion : «Un maçon est obligé, de par sa tenure [terme féodal pour l’obligation contractée par le détenteur d’un fief], d’obéir à la loi morale ; et s’il comprend bien l’Art, il ne deviendra jamais un athée stupide, ni un libertin irréligieux» (libertin à cette époque était celui qui ne participait aux offices religieux).

De très chrétienne à ses débuts, la Franc-Maçonnerie a évolué (surtout dans les pays latins) vers le déisme puis l’agnosticisme et même vers l’athéisme puisque, aujourd’hui, de nombreux maçons affirment ne pas croire en Dieu.

Le Grand Orient de France décide en 1877 de supprimer de sa Constitution les références à l’existence de Dieu et à l’immortalité de l’âme. La croyance en Dieu devient facultative alors qu’elle était auparavant une condition sine qua non de l’entrée en Franc-Maçonnerie. En conséquence, la loge mère d’Angleterre déclare le GODF irrégulier car dissident par rapport aux préceptes d’origine. Les maçonneries anglo-saxonnes restent fidèles aux obligations dogmatiques : aucun athée ou agnostique ne peut y postuler.

« Voir du pays. »

Ce film explore le choc post-traumatique, ce mal invisible qui afflige trop de militaires, dont les deux héroïnes du film.

Le mercredi c’est le jour où les films sortent en salles. Mais en ce 21 avril 2021 les cinémas sont fermés. Pour les abonnés à Netflix je recommande donc le film « Voir du pays ». Je viens de découvrir ce film, sorti pourtant en septembre 2016, et qui est passé, à l’époque, sous les radars de ma curiosité.

« Si vous voulez obtenir de l’attention il vous faut créer de la tension. » Ces paroles sont prononcées sous cette forme ou sous une autre, et assez régulièrement, par ceux qui s’investissent dans la formation de jeunes et moins jeunes qui souhaitent se lancer dans un projet cinématographique. Bien sûr ce n’est pas une réalité figée et l’attention du spectateur peut être susciter par bien d’autres moyens et bien d’autres recherches. Mais si vous êtes sensibles aux films qui savent explorer les nuances de tensions, vous devirez, comme moi, apprécier le traitement de « Voir du pays ».

N’attendez pas de ma part un quelconque résumé. Ni aujourd’hui, ni plus tard. À mes yeux, un film, ce n’est pas une histoire. J’en prends comme seule preuve que ce n’est certainement pas en résumant l’histoire de « 2001 l’Odyssée de l’espace » que vous pourrez donner envie à un spectateur d’aller à la rencontre de ce chef d’œuvre. Il faut donc prendre le risque de découvrir. C’est ce que je vous invite à faire.