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L’arche de Noé

Fluctuat nec mergitur

Une boîte de bois sauva l’humanité et la nature : l’arche de Noé.

Une tablette mésopotamienne d’argile, présentée au British Museum de Londres, vient bousculer ce que l’on savait du mythe. En décryptant les 60 lignes en cunéiforme (la plus ancienne écriture du monde) présentes sur ses deux faces, Irving Finkel, éminent assyriologue britannique, a en effet découvert que celle-ci recélait un trésor : la description détaillée de la construction même de l’arche,  destinée à sauver de la noyade un couple de chaque espèce présente sur Terre,  plus de mille ans avant celle figurant dans le livre de la Genèse. Et, surprise : l‘arche est… ronde, c’était un coracle.

Pour la première fois, les dimensions précises de l’embarcation, sa taille et sa forme sont clairement décrites. Avec cette particularité remarquable qui veut que le héros nommé Atrahasis, sorte de proto-Noé babylonien, façonne une arche ronde. Dans cette tablette, le dieu Enki apprend ainsi à Atrahasis que la base de l’embarcation doit couvrir une superficie de 3600 m2 et que son diamètre est de 70 m. Irving Finkel explique qu’il a dû effectuer de longs calculs de conversion pour transcrire les unités de mesure antiques.

Je vous invite à suivre Irving Finkel, avec son humour très british, nous exposer une histoire d’arche d’avant Noé.

Au XVe s., l’iconographie biblique la représentait également comme ronde comme on le voit dans La Bible de Furtmeyr, 1465-1470, p.13 et suivantes : dl.wdl.org/8924/service/8924.pdf.

Et pourquoi ne pas poursuivre l’incompréhension de l’arche de Noé tout en s’amusant avec un texte déjanté mais…raisonné et documenté? nioutaik.fr/index.php/2011/03/18/613-larche-de-noe-cest-vraiment-nimporte-quoi

De l’arche nautique à l’Arche d’Alliance, les Hébreux ont emporté leur Dieu pour l’installer dans le Saint des saints du Temple de Jérusalem, fixateur et centralisateur de sainteté. Ce lien est inscrit dans les dimensions de la téba qui répondaient à une géométrie sacrée. La Torah rapporte les dimensions de l’arche de Noé ; sa hauteur faisait 30 coudées, sa largeur 50 et sa longueur 300 coudées (Gen 6,15).  Cela permet de les rassembler avec la lettre vav (le flux vital) pour donner le mot, de quatre lettres équivalant  à

lashon, la langue en hébreu(לשון,  laméd  ל valeur 30, noun  נ valeur 50, shin  ש valeur 300 et vav valeur 6). Patrick Burensteinas nous fait comprendre que retirer le verbe, c’est anéantir la matière.[1]

Dans ce sens, les dimensions de l’arche (la téba, הבָתֵּ, qui veut dire aussi le «mot», la boîte de la parole) répondent à une géométrie sacrée liée à celles du tétragramme YHVH. En effet, en multipliant les valeurs des deux premières lettres du Tétragramme, (Yod par Hé, 10×5=50), on obtient la dimension en largeur de l’arche. La multiplication des valeurs des trois premières lettres Yod par Hé par Vav (10x5x6 =300) donne la longueur de cette construction. Enfin, la multiplication de la valeur des deux dernières lettres du Tétragramme  (Vav par Hé,  6 x 5 = 30) correspond à la hauteur de la Téba.

L’arche, qui ouvrait les portes sur une nouvelle humanité, est également en relation avec le Beith Ha Miqdash, le Saint Temple. La compartimentation en trois parties de la Téba le confirme ; elle reproduisait les trois divisions du Temple de Jérusalem : le Saint des Saints, le Lieu Saint et la Cour.

L’iconographie chrétienne a pris l’Arche de Noé pour symbole de l’Église. Dans les bas-reliefs et les vitraux des églises du Moyen Âge, l’Arche est souvent représentée sous la forme d’un navire que surmonte une maison; quelques personnages montrent la tête aux fenêtres, Noé laisse échapper une colombe. On la trouve ainsi en illustrations des premières Bibles du XVe s. Le Déluge est interprété par les Pères de l’Église comme la figure, l’antitype, du baptême (1 Pe 3, 18) et l’arche comme celle de l’Église [2]. (La construction de l’Arche de Noé, Chronique de Nuremberg, vers 1490, p.91 : dl.wdl.org/4108/service/4108.pdf)

Prenez plaisir à compléter mes raccourcis avec le texte de Thierry Rodmacq, Le déluge un mythe universel : http://p7.storage.canalblog.com/74/99/122210/122870205.pdf

La Franc-Maçonnerie n’est pas en reste.

Dès le milieu du XIV° siècle l’histoire de Noé, mêlant Histoire et légendes, apparaît associée à la Maçonnerie, elle a fait de Noé un franc-maçon, sans doute en référence au symbolisme de la construction de son arche[3]. L’arche contient aussi un secret, peut-être celui de la Tradition primordiale, une parole qui sera perdue, comme on le lit dans le Manuscrit Graham de 1726[4].

Fra Angelico, Couvent de San Marco à Florence

Certains ont pensé qu’il s’agissait des reliques d’Adam contenues dans un sarcophage. Tantôt son crâne (qui sera enterré par les descendants de Noé sous le mont Moriah et qui a donné l’appellation de Golgotha) recevra le sang du Christ. Tantôt son luz (l’os imputrescible au bas de la colonne vertébrale) auquel l’âme demeurerait liée après la mort et jusqu’à la résurrection inaugurant celle de tous les morts. De là à interpréter que le crâne du cabinet de réflexion n’est autre symboliquement que celui du premier homme [5].

Vers 1740,  apparaît la base du grade de Nautonier de l’Arche qui aboutira en 1871, à Londres, aux statuts d’une Grande Loge des Nautoniers de l’Arche Royale[6],

En 1745, dans l’Histoire abrégée de la maçonnerie  intégrée à son Testament, le chevalier de Graaf, affirme ainsi : «Quelques-uns de nos écrivains placent l’époque de la maçonnerie sous Salomon et attribuent cet établissement à Hiram (…) mais c’est à la construction de l’Arche de Noé qu’il faut constamment remonter.»

Dans le catéchisme de «Compagnone» de La Vraie Maçonnerie d’adoption[7], on peut lire[8] : «Que signifie l’Arche de Noé ? R. Le cœur humain agité par les passions, comme l’Arche l’était par les vents sur les eaux du Déluge. D. Pourquoi Noé a-t-il construit cette Arche ? R. Pour se sauver, lui et sa famille, de la punition générale ; de même les Maçons viennent en Loge, pour se soustraire aux vices qui règnent si souvent dans les autres Sociétés.» Et s’en suivent les analogies entre les matériaux de l’arche et les vertus d’un vrai franc-maçon.

On ne peut s’étonner que Noé fût retenu dans l’histoire des commencements de la Franc-maçonnerie spéculative, car les 7 commandements noachides[9] sont une matrice des fondements de la religion universelle du franc-maçon des Lumières : Justice et Respect de l’autre pour construire un monde meilleur. Laurence Dermott ira jusqu’à écrire (en 1756) dans sa Constitution, Ahiman Rezon, qu’«un maçon est tenu par son engagement d’obéir à la loi morale en vrai noachide[10]» comme premier devoir d’un franc-maçon.

Noé, mythe philosophico-spirituel des francs-maçons, sera remplacé dès 1730, par un autre constructeur : Hiram[11]. La Maçonnerie du bois laisse la place à cette Maçonnerie de la pierre[12].

En énonçant une version inédite de l’histoire maçonnique, le chevalier de Ramsay, dès 1736, propose de renoncer aux origines opératives d’une franc-maçonnerie issue des métiers de la construction jugées trop viles pour des aristocrates. Quoique tout aussi légendaire que les précédentes, c’est au profit d’une origine plus noble que Ramsay lui donne la forme d’une «chevalerie rêvée». En réaction, la Maçonnerie des Charbonniers accueillera «une humanité moins sélectionnée qui put trouver l’outil du progrès individuel et collectif».

Aujourd’hui, la Franc-Maçonnerie initie-t-elle encore des fils de Noé ?

Illustration du thème : Bible de Koberger, 1466, p.23 : dl.wdl.org/18183/service/18183.pdf


[1] À partir de 23’ de la partie1 de la conférence de: lesamphis.org/blog/patrick-burensteinas/

[2] MurielDebié, « Noé dans la tradition syriaque. Une mer de symboles », Revue de l’histoire des religions

[3] La Constitution dite d’Anderson de 1723 laisse croire que Noé et ses fils furent de vrais maçons. «Noé et ses trois fils Japhet, Sem et Cham, tous Maçons authentiques, continuèrent après le déluge les arts et traditions antédiluviens et les diffusèrent largement à leur postérité croissante.» Dans l’édition de 1738, Anderson appelle l’arche, bien que de bois, le «château flottant».

[4] «L’Écriture qui dit que Sem Cham et Japhet eurent à se rendre sur la tombe de leur père Noé pour tenter d’y découvrir quelque chose à son sujet, qui les guiderait jusqu’au puissant secret que détenait ce fameux prédicateur. Ici, j’espère que chacun admettra que toutes les choses nécessaires au nouveau monde se trouvaient dans l’arche avec Noé».

[5]Le crâne du franc-maçon : ecossaisdesaintjean.over-blog.com/article-le-crane-101549839.html

[6] Survivance des anciennes confréries de métier de l’eau.

[7] Texte de Louis Guillemain de St Victor, 1787, qui sera repris en 1789 dans son Recueil Précieux de la Maçonnerie adonhiramite.

[8] À partir de la p. 53 : books.google.fr/books?id=854GAAAAQAAJ&pg=PA53&lpg 

[9] C’est une liste de sept impératifs moraux, considérée comme le code civil le plus ancien de l’humanité, avec comme commandements : nécessité d’avoir des tribunaux, interdictions de l’homicide, du blasphème, de la débauche, du vol, de l’idolâtrie, de la cruauté envers les animaux.

[10] Fils de Noé, premier nom des francs-maçons

[11] Qui remplace également Betsaléel qui construisit en bois d’acacia l’Arche du Temple du désert des Hébreux.

[12]  Cette maçonnerie évoquera, plutôt que la construction de l’arche, la transmission des savoirs avec les deux colonnes construites par les descendants de Noé.

Que faire… en Loge ?

Que faire… en Loge ?

Cécile Révauger

DERVY, 2021, 288 pages, 20 €

Lors de la clôture des travaux de la Loge dans certains rites, nous entendons : « Mes chers Frères, allez donc en paix jouir du repos que le travail vous a mérité… » Nous travaillons donc en Loge… C’est, justement le sujet du dernier opus de Cécile Révauger qui étudie l’évolution des travaux de loge du XVIIIe à nos jours, en Angleterre, en France et aux États-Unis. Maçonner, oui, mais comment et pourquoi ? L’auteure apporte des réponses qui intéressera tout public. Le maçon ou l’Homme destiné à le devenir.

L’ouvrage s’ouvre avec des remerciements (éditeurs, maçons éminents, chercheurs, Frères et Sœurs), pour se poursuivre avec l’avant-propos, signé de Pierre Mollier conservateur du musée de la Franc-Maçonnerie, qui permet de comprendre la réalité du fait maçonnique. La préface de Andrew Prescott, historien de la Franc-Maçonnerie et professeur à l’université de Glasgow, signale que ce livre fera date car il reprend et transmet les très sérieuses recherches réalisées jusqu’alors par Cécile Révauger.

Au sommaire :

  • Chapitre – 1 : L’identité de la loge (titre distinctif et allumage des feux ; choix des membres, parrainage, réception et adoption, admission des sœurs)
  • Chapitre – 2 : La gestion du temps (calendrier, bonne conduite, cérémonie, instruction, batterie de deuil et tenue funèbre)
  • Chapitre – 3 : « plancher » ou ne pas « plancher » (au siècle des Lumières, au XIXe siècle, du début du XXe aux années 50)
  • Chapitre – 4 : Les relations de la loge avec l’obédience et les hauts grades
  • Chapitre – 5 : Les relations entre loges
  • Chapitre – 6 : Bienfaisance et solidarité
  • Chapitre – 7 : Des loges engagées, des révolutions à la Seconde Guerre mondiale
  • Chapitre – 8 : L’ouverture sur la cité

Nous ne vous dévoilons pas tous les sujets traités au sein de chaque chapitre et vous invitions vivement à acquérir cet ouvrage. Nous notons aussi une riche bibliographie de plus de dix pages.

Après tout, l’aspiration de la franc-maçonnerie n’est-elle de travailler au progrès de l’Humanité…

La biographie de l’auteure :

Cécile Révauger, agrégée d’anglais, professeure émérite de l’université Bordeaux-Montaigne, est l’auteure d’une thèse sur la franc-maçonnerie en Angleterre et aux États-Unis au XVIIIe siècle, de cinq ouvrages et d’une cinquantaine d’articles sur la franc-maçonnerie.  Elle a codirigé avec Charles Porset un dictionnaire biographique des francs-maçons, Le Monde Maçonnique à l’époque des Lumières, Europe, Amériques, colonies, qui a réuni cent dix-huit collaborateurs pour plus de mille entrées, paru aux Éditions Champion en 2013. Initiée à la Grande Loge Féminine de France en 1982, elle est membre du Grand Orient de France depuis 2013 et du Grand Chapitre Général de Rite Français depuis 2014.

Son blog http://revaugercecile.over-blog.com/

ESPAGNE : L’Espagne a une dette envers ses francs-maçons

De notre confrère espagnol laregion.es

La franc-maçonnerie a subi plus de persécutions en Espagne que dans les autres pays européens. Encore aujourd’hui, elle est excrétée par une partie de la société qui colporte toutes sortes de clichés infondés.

Le contrôle étroit de la structure sociale et des valeurs dominantes fait par l’Église catholique a été un facteur de rejet de la franc-maçonnerie. Pourtant, un certain nombre de prêtres et d’évêques catholiques étaient aussi francs-maçons. Lorsque le prêtre catalan Sardà i Salvany écrivit en 1884 son essai « Le libéralisme est un péché », il identifia dans les valeurs libérales les dangers que les secteurs plus traditionalistes du catholicisme associent à la franc-maçonnerie. Pas en vain, le libéralisme et la franc-maçonnerie sont des réalités qui avancent en parallèle, dans tout l’Occident, depuis la pensée des Lumières.

Évidemment, tous les libéraux ne sont pas maçons, pas plus que tous les maçons ne sont pas libéraux, mais la zone d’intersection entre ces deux mondes est assez large et ses résultats sont particulièrement fructueux. Jusqu’à la transition espagnole des années 70, des slogans tels que « Suárez al pared por rojo y por mason » (il faut coller au mur Adolfo Suárez rouge et maçon) sont encore entendus en Espagne. De toute évidence, le premier président démocrate après le régime franquiste – et le dernier secrétaire national du Mouvement – n’avait rien de « rouge », et il n’est pas connu pour avoir été initié dans une loge. Ce slogan du peuple nostalgique du régime précédent donne une idée précise de la façon dont en Espagne, tout ce qui représentait l’ouverture et la modernisation du pays, ou simplement la consolidation des institutions libérales , a souvent été étiqueté comme maçon.

L’Espagne n’a jamais manqué d’auteurs conservateurs et nationalistes qui ont utilisé la franc-maçonnerie comme épouvantail. Il convient de souligner l’indicible Ricardo de la Cierva comme l’un des plus prolifiques. Cet historien se permet de définir la franc-maçonnerie comme « une secte satanique dont le but est la destruction de l’Église catholique », rien de moins. Heureusement, seule une petite partie de la société et même du conservatisme espagnol ou latino-américain garde aujourd’hui cette obsession ancestrale contre les francs-maçons.

Le dernier discours, celui d’un Franco presque mourant, résonne encore dans notre société, depuis le balcon du Palais royal de Madrid : « En Europe, une conspiration maçonnique de gauche de la classe politique s’est armée » contre l’Espagne. (Suite de l’article dans sa version originale)

Tenue correcte exigée!

Porter un vêtement n’a rien d’anodin. Il s’agit au contraire d’afficher un message social ou politique, qui peut être interprété différemment en fonction du contexte.

Un vêtement, une tenue vestimentaire, dit beaucoup de nous. Depuis le Petit Prince, par exemple, on sait que si on veut être pris au sérieux par les « grandes personnes », il faut être habillé en grande personne (costard-cravate) et non en habit turc, par exemple quand on fait un congrès. De la même manière, on ne fait pas un audit d’usine en jean-T-shirt de groupe de métal ou quelque chose approchant, au risque de ne pas être pris au sérieux. En fait, notre apparence constitue un médium, qui sert de vecteur à un message. Plus précisément, et je m’en réfère au célèbre Shannon Mac Luhan, « le media est le message ». Nous incarnons ce que nous voulons faire passer comme information. Ainsi, si je me rends en audit de service, j’incarne plus ma fonction en tenue de col blanc qu’en tenue de concert. Inversement, je ne vais pas me rendre à Disneyland en smoking. Sauf si je veux produire un effet de décalage destiné à mettre mal à l’aise ou à amuser la galerie. De là à penser que l’habit fait le moine, il n’y a qu’un pas.
Un vêtement peut aussi être marqueur d’une caste, une classe sociale ou d’appartenance à une catégorie socio-professionnelle ou à un groupe social, comme l’uniforme d’un lycée japonais. Dans ce cas, on tend à se comporter comme l’exige le modèle de la caste.

Le message du vêtement peut aussi être politique. Par exemple, arborer un vêtement artisanal fait en France dans le cadre d’un financement participatif n’a pas le même sens qu’arborer de la fast-fashion. De la même manière, selon le contexte, arborer une chemise brune en Allemagne, Hongrie ou Pologne pourrait être très mal perçu, tout comme porter une chemise noire en Italie. Se vêtir ainsi peut être interprété comme une forme de nostalgie ou de clin d’oeil aux uniformes des nazis et des fascistes. De la même façon, il vaut mieux éviter de porter un maillot du Paris Saint-Germain à Marseille (ou l’inverse) un soir de match de ligue 1, ce qui pourrait être pris comme une provocation par les supporters de l’autre camp.

Mais alors que doit-on penser de l’argument des agresseurs de femmes qui expliquent que c’est leur tenue qui est provocante ? Si l’on pousse la logique des imbéciles virils à son paroxysme, c’est la présence féminine qui les provoque et les rend agressifs… Ce qui me ferait plutôt penser à un problème d’éducation chez les hommes, décidément incapables de se contrôler (bande de tartuffes, et je pèse mes mots). A ce propos, pour ceux qui fréquentent les conventions geeks et autre occasions de cosplay, je rappellerai cette règle de bienséance : « cosplay is not consent ». Le cosplay peut être vu comme sexy, mais ce n’est pas une raison pour tenter de draguer lourdement, toucher, tripoter voire pire une cosplayeuse (ou un cosplayeur, soit dit en passant… Personnellement, j’ai horreur des contacts imposés dans la vie et plus encore quand j’arbore un cosplay). Nous arrivons donc au nœud du problème : je porte une tenue, donc un message potentiel, mais comment ce message (s’il existe) va-t-il être interprété ? S’il est de ma responsabilité d’assumer ce que je porte, quelle est la part de responsabilité de l’autre dans son interprétation ?

Prenons maintenant le cas délicat des femmes voilées, qui déchaîne les passions. De leur point de vue, elles arborent une tenue qu’elles pensent traditionnelle et qui leur permet de sortir sans remarques des maris/pères/frères et autres mâles dominants. Le problème est que les voiles intégraux ne sont pas forcément traditionnels, surtout à en juger par les photos des années 60. Ces tenues sont imposées par la vision rigoriste et fondamentaliste de religions. Les niqabs ou hidjabs nient le corps de la femme, intégralement considéré comme impur par les tenants de la vision fondamentaliste. Pire encore, ce type de tenue peut s’apparenter à un soutien à des organisations ennemies de notre civilisation (même si je doute que les dames qui arborent ces tenues n’en aient conscience), d’où un certain malaise ou une certaine hostilité. A ce propos, je vous invite à lire l’excellent Bêtisier du laïco-sceptique qui a le bon goût de remettre un peu d’ordre dans le chaos ambiant, et de mettre les choses au point. Il est peut-être temps de s’attaquer au problème avec un peu de pédagogie, mais aussi de courage. Instrumentaliser les femmes en leur faisant porter un emblème dont elles n’ont pas forcément conscience et utiliser l’hostilité à leur égard comme justification d’un statut de victime, qui autoriserait des représailles, c’est tout simplement de la mauvaise foi. Normal pour des leaders politico-religieux, je présume ?

Et les tenues vestimentaires en Loge, me direz-vous ? Dans mon obédience les choses sont claires : on est prié de porter un costume sombre ou un smoking avec cravate sombre ou nœud papillon (et de mon côté, je milite pour la lavallière ou l’ascott, mais c’est une autre histoire). L’idée est de garder le plaisir de bien s’habiller et de marquer la solennité de l’événement. Une Tenue est une cérémonie et nécessite d’en respecter le code vestimentaire.

Dans d’autres obédiences, ce n’est pas la même chose. Ainsi, un soir, alors que j’étais en voyage, j’entendais un Frère expliquer sa tenue (jean/converse/T-shirt) par le fait que c’était sa liberté de s’habiller ainsi, et que si on lui demandait de s’habiller plus en adéquation avec le moment, il refuserait au motif qu’on lui imposerait une règle qui ne lui convient pas. Tout comme il refuserait de se rendre à un mariage si on lui imposait une tenue, au motif qu’il n’aime pas porter une veste et que ce n’est pas lui. Il expliquait qu’il souhaitait être accepté tel qu’il était et refusait de se conformer à une règle.

Hum, je crains que dans cette Obédience, l’idée de « soumettre sa volonté » ou de « vaincre ses passions » et de suivre une règle ne soit guère qu’un concept abstrait.

En fait, je me demande si je ne préfère pas l’idée de nos sœurs en Loge féminine : grande robe noire sur les vêtements pour tout le monde. Au moins, les différences socio-professionnelles sont gommées, tout le monde est sur le même niveau. Peut-être est-ce plus sain ?

Sur ce, je vous laisse, j’ai rendez-vous avec mon tailleur pour me faire faire, tel Aznavour, un magnifique costume bleu marine sur mesure et la lavallière qui va avec.

Je vous embrasse.

La vieillesse est un naufrage, même en loge, mais…

Evoquer la vieillesse qui affecte la plupart d’entre nous n’est pas chose facile quand on sait la place qu’elle occupe dans les obédiences maçonniques. Cela n’est possible que parce que nous ne laissons pas les jeunes maîtresses et les jeunes maîtres assumer la responsabilité de donner force et vigueur à notre bel idéal.

Le général Charles de GAULLE (1890-1970), dans le tome I, L’Appel, 1940-1942 des Mémoires de guerre,  (1954) évoque le Maréchal Pétain par ces mots :

La vieillesse est un naufrage. Pour que rien ne nous fût épargné, la vieillesse du maréchal Pétain allait s’identifier avec le naufrage de la France.

Depuis lors, il est coutume de reprendre la première partie de cette citation pour évoquer la dégradation physique et intellectuelle de la dernière partie de l’existence.

Le naufrage est avant tout un terme de navigation qui désigne la diminution d’autonomie d’un navire qui aboutit à sa perte ; c’est cette perte d’autonomie qui constitue le primum movens du naufrage.

C’est vrai que la métaphore est bien choisie ; l’être humain vieillissant est d’abord concerné par cette perte d’autonomie qui l’affecte dans plusieurs domaines :

  • D’un point de vue physique d’abord avec une fatigabilité, une diminution de certaines fonctions et une limitation de ses mouvements ; on a coutume de dire que la vieillesse est ponctuée de trois mots clés : Fatigue, Chute, Incontinence !
  • Du point de vue intellectuel aussi avec entre autres, une curiosité diminuée, une difficulté à concevoir d’autres imaginaires, une baisse progressive de la mémoire des faits récents et une diminution de la capacité de concentration ;
  • Et également une plus grande sensibilité émotive avec une inquiétude sous jacente plus perceptible et une crainte de l’insécurité qui obère de nombreuses situations.

Cette perte d’autonomie expose à une « navigation » risquée et le naufrage se concrétise lorsque celle-ci n’est plus possible : de la perte progressive d’autonomie on aboutit à la dépendance  et chacun sait que l’Ehpad n’et plus très loin !

Les progrès de la médecine et des conditions de vie permettent de tempérer cette évolution en offrant des « adaptations » possibles afin de rendre moins affligeante la réalité physiologique ! Mais cette « adaptation »  n’élude pas l’essentiel : la vieillesse est un naufrage et plus que jamais nos vies se résument à attendre la mort !

Si on considère que l’âge de 65 ans constitue l’entrée dans cette tranche de vie, en France, on devrait passer de 15% de la population en 1950 à près de 42 % en 2050.

En loge, aujourd’hui, si on en croît les statistiques du GODF nous en sommes à plus de 30% de membres âgés de 65 ans ou plus pour un âge moyen d’environ 59 ans.

La vieillesse est donc une réalité de la vie en loge et bien souvent la Franc-Maçonnerie est présentée comme une activité de vieux !

Mais ne s’agit-il pas d’un sujet tabou que l’on n’aborde pas pour ne fâcher personne ?

C’est vrai que nous avons dans nos rituels la notion mythique du Vénérable, vieux sage à la barbe blanche qui est censé connaître la vie et savoir ce que les autres ne savent pas encore !

Aujourd’hui, pour certaines vieilles maçonnes et certains vieux maçons, l’objectif c’est d’arriver au 33ème degré, bâton de Maréchal d’une « carrière » maçonnique bien remplie : n’est-ce pas dur d’en arriver là ? La Franc-Maçonnerie ne mérite-t-elle pas mieux !

Les grands maîtres et les grandes maîtresses ont raison de faire des appels au rajeunissement dans le recrutement mais encore faudrait-il simplifier le fonctionnement des loges qui aujourd’hui souffrent d’une surabondance de réunions de toutes sortes que seuls les retraités peuvent assumer ! Car, il faut le dire, ces réunions sont bien souvent inutiles, contre-productives et se résument à du bavardage !

Comment concilier ce rajeunissement avec le ronflement, la surdité, la difficulté de concentration, le papotage des papys et mamys et les leçons de morale du genre « de mon temps .. » ? Une vraie quadrature du cercle !

Nous, les vieux, ne sommes-nous pas surtout des « Has been ! » !

Collectivement nous n’avons pas beaucoup de gloire à revendiquer et individuellement de quelle réussite pouvons-nous nous gausser ?

Le bon sens voudrait que les vieilles et les vieux dans la loge restent en retrait, n’occupent des fonctions d’officier-e qu’exceptionnellement, ne phagocytent pas les postes à responsabilité comme ceux des conseils de l’ordre, et laissent les jeunes maîtres prendre « leur envol ».

Car cette vieillesse est belle quand elle sait rester à sa place, être disponible mais ne pas trop en faire et ne parler qu’à bon escient !

La vieillesse est bonne pour la vitalité de la loge si elle est minoritaire, si elle s’accepte comme un témoignage et qu’elle fait l’effort de savoir tenir un rôle de recours et non pas d’interventionnisme outrancier !

En conclusion, oui la vieillesse en elle-même est un naufrage, sans parler de toutes les pathologies qui l’aggravent, et en avoir conscience autorise de ne pas vouloir se donner en spectacle mais cette vieillesse, si elle sait s’exposer intelligemment, est aussi une belle mélancolie qui mérite le respect !

Mathusalem une association pluri-obédientielle qui tend vers l’avenir.

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Mathusalem est aujourd’hui une association pluriobédientielle. Nombre d’entre vous connaissent sa genèse. Cette association est dédiée à nos anciens, sœurs et frères maçons qui ne sont malheureusement plus sur le tableau de loge pour des raisons de santé, de mobilité, de dépendance.

Elle a été créée en 1987 par les frères Jacques SIOU (Grand Orient de France) et Raymond RICHARDSON (Grande Loge de France) puis réactivée en 2005 par le frère Yvan DEGREMONT (Grande Loge de France), accompagné par des fondateurs : Jeannine TATTEVIN (Grande Loge Féminine de France, Yves ALLAIN (Grande Loge de France).

(Interview du président de Mathusalem France)

Une nouvelle entité à été crée il y a 2 ans : Mathusalem France. Son rôle est d’être le lien entre les 24 associations régionales, départementales, les 4 hors hexagone, et le Comité des Grands Hospitaliers. La précédente organisation a été conservée et les régions restent totalement indépendantes de Mathusalem France. Elles conservent leur propre autonomie financière, administrative, organisationnelle, et aucune redevance n’est reversée à Mathusalem France ni par les obédiences, ni par les régions.

Au plan national comme au plan régional, ses actions envers les ainés restent identiques à celles des fondateurs. C’est à dire : une assistance aux besoins essentiels (quotidiens, administratifs, social, culturels, festifs, juridiques), une organisation de contacts réguliers (rompre la solitude et détecter les problèmes de santé, affectifs…), des visites régulières à domicile ou en établissements, la mobilisation des bénévoles. Cette prise en charge inclut bien entendu les conjoints. Sans jamais se substituer aux familles et toujours en accord avec elles.

Le financement est uniquement induit par une cotisation annuelle, allant de 16 à 20€ par an et de dons des loges (vote de médailles, d’attribution du tronc de la solidarité, dons personnels).

Longue a été la route depuis la création, surtout, depuis la  renaissance de 2005,  pour que les obédiences reconnaissent l’utilité de Mathusalem. Il a fallu batailler longtemps tel Don Quichotte pour demander aux loges et aux obédiences d’identifier les ainés qui n’étaient plus sur les états J. En raison de leur perte d’autonomie, ils étaient, de fait, trop souvent, fraternellement démissionnés.

Grâce à une prise de conscience de l’évolution de la pyramide des âges, du vieillissement de la population, des accidents de la vie (même bien en deçà de l’âge « senior »), les choses sont en train de bouger doucement mais sûrement.

Un mouvement se dessine, puisque la Grande Loge de France a créé une loge virtuelle destinée aux frères afin qu’ils ne perdent pas leur statut d’initié. Cette loge virtuelle est totalement gratuite. Une fois les frères inscrits, les coordonnées sont transmises, par le grand hospitalier, à Mathusalem France qui transmet aux régions. D’autres obédiences ont, elles aussi, mis en place cette loge virtuelle (GLTSO,GLNF…), d’autres sont en cours de réflexion et d’organisation.

Pour aider et/ou créer une association régionale prenez contact via le site : www.mathusalem-france.fr et vous y trouverez toutes les informations

« J’ai été ce que vous êtes, vous serez ce que je suis » n’oublions pas cet adage et tournons nous vers nos aînés qui ont beaucoup et toujours à nous apporter . Car attention : « Loin des yeux, loin de la mémoire… ».

Exclusif : 1ere Interview de Catherine Lyautey, Grande Maîtresse de la G.L.F.F.

Plus rien ne sera comme avant dans notre fonctionnement

Rencontre avec la Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France, Catherine Lyautey, fraîchement élue par ses Sœurs le 29 mai dernier.


Catherine Lyautey est vive, chaleureuse ; c’est une femme dont les yeux bleus lumineux respirent la bienveillance fraternelle. Mais c’est aussi une femme de combat, engagée dans la défense de la laïcité. Ancienne grande Maîtresse adjointe sous le mandat de Marie-Thérèse Besson, elle assume depuis plusieurs années des responsabilités au sein de son obédience. Catherine Lyautey pense collectif, équipe, solidarité et transmission. L’histoire de la GLFF ainsi que la Fraternité sont au cœur de son projet. Elle utilise plus souvent le  » nous », que le « je ». Une vision collective bien adaptée à cette période de sortie de crise, où toutes les obédiences essaient de remettre les Loges au travail…

Vous avez été élue Grande Maîtresse de la Grande Loge féminine de France ce samedi 29 mai. Comment vivez-vous ce moment ? :
C’est un moment d’une grande émotion que celui de prendre la direction d’une obédience, celle de mon obédience. Je suis consciente de la charge que j’ai reçue. J’ai aussi conscience qu’il va falloir être à la hauteur de la confiance que mes Sœurs m’ont accordée. J’ai donc un très fort sentiment de responsabilité, mais aussi une grande fierté.

notre démarche est résolument fÉminine. Nous cultivons enfin notre zone de liberté, y compris dans cette quête initiatique


Notre obédience a été fondée il y a plus de 70 ans, maintenant. C’est une obédience exclusivement féminine.
Nous travaillons entre femmes, nous acceptons volontiers la présence de nos frères, lorsqu’ils veulent participer à nos travaux. Mais le cœur de notre démarche est une démarche vraiment féminine.
Lors de notre création, c’était la recherche d’émancipation de la femme qui était au cœur des préoccupations de nos pionnières. Posséder enfin une zone de liberté, y compris dans cette quête initiatique, était pour elles absolument essentiel.
La Grande Loge féminine de France compte environ 14 000 membres pour 452 loges. Nous sommes réparties sur l’ensemble du territoire français, y compris dans les Départements et Territoires d’Outre-mer, Europe de l’Est, en Afrique et au Moyen-Orient.

Cela explique certainement pourquoi, avant notre entretien, vous m’avez confié que vous étiez en Bulgarie la semaine dernière ?
C’est tout à fait ça. Nous sommes une obédience adogmatique et nous pratiquons une pluralité de rites. Cela permet aux femmes en quête de spiritualité, de pouvoir trouver le chemin initiatique qu’elles souhaitent.

j’ai suivi un parcours maçonnique classique

Quelles ont été vos activités professionnelles ?
J’ai un parcours en deux parties : J’ai commencé ma carrière comme cadre commercial en bijouterie joaillerie durant près de vingt ans. Après une prise d’otage et deux braquages, je me suis dit qu’il fallait peut-être que je change de direction… Je me suis donc reconvertie dans la bureautique. J’ai trouvé un travail dans un cabinet ministériel grâce à une sœur qui m’a donné ma chance. J’ai passé les vingt dernières années de ma vie professionnelle au ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche en tant qu’assistante de direction.

Monter au Conseil Fédéral ne consiste pas à gommer ce qui a été fait.

Quel a été votre parcours maçonnique ?
Je suis rentrée en maçonnerie en 1994 et j’ai suivi un parcours maçonnique que je dirais classique. En étant Officière dans une loge, bien sûr, puis Vénérable Maîtresse. J’ai occupé très souvent la fonction de députée parce que très vite, je me suis intéressée à la vie de notre obédience.
J’ai collaboré aux commissions qui existaient à la GLFF. Nous en avons qui travaillent plus particulièrement sur nos rituels ou notre constitution, d’autre sociétales, qui travaillent sur le droit des femmes ou sur la laïcité. Nous en avons aussi une nouvelle sur l’éthique et la bioéthique.
J’ai été très investie dans la défense du principe de laïcité. J’ai donc été présidente de la Commission Nationale de la Laïcité. J’ai aussi été présidente de notre Congrès Régional et j’ai dirigé aussi une fois notre Convent, c’est à dire notre assemblée générale. Enfin, j’ai été conseillère fédérale en 2015 (nota : Avec Marie-Thérèse Besson, qui était Grande Maîtresse à cette époque
), et j’ai tenu le plateau de Grande Maîtresse Adjointe en charge des Affaires internes


Comment avez-vous fait pour concilier obligations maçonniques et vie personnelle ?

J’ai surtout donné beaucoup de mes RTT et de mes congés pour l’obédience… (rires)


Est-ce que ce mandat va vous permettre, de prolonger des actions déjà menées ?

Monter au Conseil Fédéral, ce n’est pas gommer ce qui a été fait. C’est selon moi une transmission, une continuité. Donc, ce que j’avais mis en place ou commencé a été continué par l’équipe suivante. Des choses ont été abouties, d’autres ont été abandonnées. C’est une continuité, on ne change pas tout. C’est surtout une transmission.


Quels sont les objectifs que vous avez envie de poursuivre ?

La crise sanitaire a mis entre parenthèse l’ensemble des Loges maçonniques. J’arrive à un moment où on a l’impression qu’ on sort du tunnel avec les vaccins. La première des choses, c’est de faire en sorte que tout le monde retourne en Loge et puisse reprendre son cheminement initiatique au plus vite.
Nous avons également beaucoup de sœurs en devenir qui attendent leur cérémonie d’Initialisation. Elles ont « frappé à la porte du Temple ». Nous allons devoir les recevoir au plus vite parce que ces femmes vont nous apporter une sève nouvelle et un nouvel espoir.


Il va falloir continuer à travailler sur notre solidarité car les femmes ont été très impactées par cette crise. La solidarité se vit d’abord dans les loges. C’est pourquoi, nous avons mis en place au niveau national, une aide spéciale Covid. Nous allons proroger ce soutien durant quelques temps.

Nous nous sommes rendues compte aussi qu’il y avait dans notre pacte social (notre règlement maison), des situations que nous n’avions pas envisagé. Il va falloir nous adapter pour faire face à ces urgences.

Ce qui est également important pour moi, c’est d’avoir une connaissance de ce que j’appelle la culture obédientielle. On ne connaît jamais suffisamment sa propre histoire et celle de la Franc-Maçonnerie féminine en particulier. Je voudrais que ce projet devienne collectif.


Quels sont les outils que la GLFF a mis en place pendant la crise ? Est-ce qu’il y a du positif à tirer de cette période ?
Plus rien ne sera comme avant dans notre fonctionnement.
Comme tout le monde, nous avons saisi l’occasion de la visio-conférence : l’équipe précédente a rapidement mis en place, pour toutes les loges qui le souhaitaient, un système de visioconférence. Cela a été un lien essentiel.

La visio-conférence a été un lien essentiel

Bien évidemment, la démarche initiatique reste dans le Temple, hors du temps. Mais tout ce qui peut être de l’ordre de la relation avec les sœurs a été facilité. Les commissions de travail, par exemple, ont bénéficié d’un dynamisme incroyable grâce aux visioconférences. Auparavant, elles se réunissaient à Paris, avec les sœurs qui le pouvaient. Beaucoup de sœurs à l’international et hors Hexagone avaient la sensation d’être un peu « à part ». Aujourd’hui, elles se sentent pleinement intégrées à la GLFF

Les Temples sont restés longtemps fermés. Comment les sœurs de la GLFF ont-elles vécu cette situation d’éloignement ? Comment avez-vous maintenu le navire à flot ?
Le navire a été maintenu à flot grâce au système de visioconférence. Bien sûr, tout le monde n’a pas joué le jeu. Il y a eu aussi celles qui n’étaient plus dans « ce temps là ». et des loges qui ne répondaient plus.

Pour celles qui se sont servies de ce moyen moderne, ce fut très constructif pour consolider le lien ; en effet, les Sœurs présentaient des travaux, échangeaient, et discutaient. Ce fut essentiel. Il n’y a pas eu d’épidémie de démissions. Pour celles qui ont pu, grâce à l’obédience, faire de la visio, le lien a même été renforcé.

Que pensez-vous de l’aggravation de la situation des femmes dans le monde en raison de la crise sanitaire ? En France, on a vu que les violences faites aux femmes s’accentuaient. Que fait la Grande Loge Féminine de France pour défendre les droits de ces femmes?

La défense des droits des femmes est dans notre Constitution ; elle fait partie intégrante de ce que nous prônons et de ce que nous voulons défendre.
Nous avons une Commission Nationale des Droits des Femmes qui est toujours très active. Elle interpelle immédiatement l’obédience quand il y a des sujets brûlants. Nous essayons d’intervenir et de prendre la parole dès que cela est possible. Nous répondons aux sollicitations du gouvernement, lorsqu’il nous demande notre avis.


Les droits des femmes : une révolte permanente

On y travaille, et on va y travailler encore plus. Il n’est absolument pas normal qu’à notre époque, une femme soit tuée parce qu’elle est femme . Une femme est un être humain : il n’y a pas de « sous-être humain ». C’est pour moi une révolte permanente.


D’autres obédiences, le Grand Orient de France notamment au travers de sa Fondation, se penchent sur cette question. A quand peut-être un grand colloque inter-obédientiel sur les violences faites aux femmes ?
C’est une bonne idée ! La Commission des droits des femmes a organisé un colloque sur le coût financier des violences faites aux femmes. C’était un colloque très intéressant. Il soulevait des problèmes, notamment sur les lacunes dans notre système juridique pour que les femmes puissent se défendre. Sous prétexte que cela grevait un budget gouvernemental, des mesures nécessaires n’ont pas été mises en place.


UN COLLOQUE INTER-OBÉDIENTIEL SUR LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES ? C’EST UNE BONNE IDÉE !

Que pourriez-vous dire à une profane qui souhaiterait rejoindre la Franc-Maçonnerie féminine aujourd’hui ?
Si vous êtes en quête de spiritualité et que vous vous demandez quelle est votre place dans le monde, et si vous cherchez une démarche humaniste : venez frapper à la porte de notre Temple.
Dans un monde d’immédiateté, les femmes se retrouvent entre elles. Elles prennent du temps pour elles, rien que pour elles, dans un espace de déconnexion hors du temps.


La Franc-Maçonnerie, c’est aussi des rencontres intergénérationnelles, un lieu où chacun, et chacune peu s’exprimer sans craintes de jugement.
Dans un monde de « prêt à penser », nous sommes un lieu perpétuel de questionnement.
Je voudrais terminer notre échange sur une phrase qui vient d’une grande pionnière, savoir, Gisèle Faivre: nota ( Ancienne Grande-Maîtresse de la GLFF) et vous donner une définition des franc-maçonnes :

« Une franc-maçonne est une femme ordinaire, mais avec une exigence en plus. »


(Propos recueillis par Isabelle Cerclé)

BRESIL : Le Graal dans la franc-maçonnerie

De notre confrère brésilien folhadolitoral.com.br

Il s’agirait d’un plat très concave, presque un vase, destiné aux repas. Le mot dériverait du latin gratus, qui signifie « reconnaissant », car l’utilisateur serait un fin gourmet reconnaissant donc aux mets succulents qu’il pouvait contenir.


Le Saint Graal est la base d’une légende qui a émergé aux premiers jours du christianisme ; on connaît les Chevaliers de la Table Ronde qui, ensemble, auraient bu dans le Saint Graal – un vase sculpté en or et serti de pierres précieuses qui serait la coupe dans laquelle Jésus aurait bu le vin lors de son dernier souper. Certaines Loges maçonniques adoptent à la place de la « coupe sacrée de la bonne et de la mauvaise boisson », un équivalent du Graal. C’est aussi une expression médiévale qui désigne normalement la coupe utilisée par Jésus-Christ lors de la Dernière Cène. Il est présent dans les légendes arthuriennes, il est l’objet de la quête des Chevaliers de la Table Ronde !Ce serait le seul élémént capable de rétablir la paix dans le royaume d’Arthur. Cependant, dans une autre interprétation, il désigne la descendance de Jésus (le Sangraal ou sang royal), selon la légende, liée à la dynastie mérovingienne. lEnfin, il y a aussi une interprétation dans laquelle il est la représentation du corps de Marie-Madeleine, la supposée épouse de Jésus et son héritière dans la conduite de la nouvelle religion.

Suite de l’article

Le Grand Livre du VAUDOU – Les secrets dévoilés : Initiation et symboles

Le Grand Livre du VAUDOU

Les secrets dévoilés : Initiation et symboles

Claude Planson

Éditions TrajectoirE, 2021, 208 pages, 16 €

Depuis 2008, les Éditions TrajectoirE, marque éditoriale de la société PiKtos, sont spécialisées dans les domaines des arts divinatoires et de l’ésotérisme (tarots, radiesthésie, magnétisme) mais publient également des ouvrages en franc-maçonnerie, histoire, traditions, spiritualité et religions.

Elles nous informent de la nouvelle édition, dont le contenu est cependant identique aux précédentes (première édition en 1999 par la Librairie de l’Inconnu).

Pour en savoir plus sur le vaudou, culte animiste d’origine africaine, associant des pratiques magiques à des éléments du rituel chrétien, qui est répandu dans les communautés noires des Antilles et dans une moindre mesure dans celles du Brésil et des États-Unis, nous vous invitons à la lecture de cet ouvrage qui est enrichi de nombreux dessins et croquis.

À travers trois parties – Secrets ; Vévés* vaudous ; Possession Vaudoue -, Claude Planson décrypte cette pratique relative au culte antillais qui mêle sorcellerie et magie. L’annexe se compose, entre autres, d’un glossaire, de l’apprentissage de quelques mots du vocabulaire haïtien et d’un calendrier.

* Vévé, symbole que les prêtres vaudous dessinent autour d’un potomitan (poteau-mitan, un pilier situé au centre du péristyle), lieu de passage des esprits avec de la farine de maïs, de la farine de blé, du sirop de canne, de la cendre, de la craie ou toute autre poudre.

La présentation de l’éditeur :

Claude Planson, époux de la célèbre mambo Mathilda Beauvoir, initié Kanzo, offre au lecteur passionné tout ce qu’il faut savoir sur le vaudou haïtien qu’il entrevoit comme la religion du troisième millénaire. Entrez dans le monde des secrets du vaudou, les cérémonies et les magies qui en découlent. Découvrez les vévés, que l’auteur qualifie comme étant les « cartes perforées du surnaturel », et le rôle de ces tracés mystérieux qui appellent les esprits et forment autant de talismans dans la vie de tous les jours. Abordant également les phénomènes de possession, comment les esprits se manifestent et occasionnent des miracles, l’auteur explique les raisons qui font du chevauchement un élément thérapeutique. Depuis sa première publication en 1999, ce livre se présente comme le condensé de tout un enseignement initiatique sur un rite devenu culte grâce à sa puissance réelle. Le contenu de la version 2021 de cet ouvrage est identique aux précédentes, l’éditeur a simplement refait la mise en pages.

La biographie de l’auteur :

Claude Planson, homme de théâtre et journaliste, franc-maçon, s’était passionné pour le vaudou, au point de le comprendre, l’expliquer et l’exprimer comme personne. Par la médiation de sa femme, authentique prêtresse du Vaudou haïtien, il a participé aux cérémonies les plus secrètes. Initié lui-même, il a su pénétrer la richesse des significations et des symboles enfouis au coeur des danses, des sacrifices, des possessions.

8è mondial de pétanque maçonnique

les Traditions et la Fraternité sont 2 piliers consubstantiels à la Rudyard Kipling Lodge : ils font battre le cœur de cette loge.

Au cœur du Vexin Français dans le val d’Oise (95) les frères de la Rudyard Kipling Lodge (https://www.rudyard-kipling.fr) organisent leur fameuse Garden Party annuelle, le 4 juillet 2021 (jour de fête de l’indépendance… bien choisi pour une loge indépendante), au cours de laquelle se déroulera le 8eme édition du championnat Mondial de Pétanque Maçonnique.

Jeu simple si l’on s’en réfère aux règles descendant directement du traditionnel jeux français mais composé de trois morceaux de bois cubique qui constitue la triplette et permettra d’allier finesse, précision et….aléas topographique.

Le Graal étant de remporter le trophée tant convoité pour y graver son nom pour la postérité.

un événement inoubliable, jubilatoire et addictif !

Et tel notre adage « Pour faire sérieusement les choses sans se prendre au sérieux », nous serons heureux de vous accueillir sur inscription auprès du contact@rudyard-kipling.fr.

PAF = 20€ par personne