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ANGLETERRE : La mystérieuse société secrète d’Édimbourg avec un temple du surnaturel

De notre confrère écossais edinburghlive.co.uk – Par kaite gallois

Nous avons tous entendu parler des francs-maçons, mais l’Ordre hermétique de la Golden Dawn est une société moins connue, qui fonctionnait de la même manière – et l’un de ses principaux temples se trouvait ici à Édimbourg.

À ne pas confondre avec le parti politique grec d’extrême droite, cette Aube dorée était un ordre occulte de la fin du XIXe siècle avec une structure similaire à celle des francs-maçons et comptait parmi ses membres des personnalités influentes comme WB Yeats, Bram Stoker et Arthur Conan Doyle.

Initialement établi à Londres, le temple Amen-Ra a été fondé à Édimbourg en 1893, peut-être en raison de l’histoire de la ville en tant que foyer de spiritualisme.

Elle a été fondée par John William Brodie-Innes, un avocat qui avait gravi les échelons en exerçant à Londres. Il avait déjà beaucoup écrit sur l’occultisme, bien qu’il soit resté un membre actif de la Haute Église, lorsqu’il a rejoint l’Ordre avec le Temple Isis-Urania en tant que Néophyte, le niveau le plus bas, en 1890. Il ne lui faudra que trois ans pour établir un temple à lui, où il a occupé l’un des postes les plus élevés dans l’Ordre de la Golden Dawn – Imperator.

L’hermétisme est une école de pensée philosophique basée sur les écrits supposés de la figure grecque antique apocryphe Hermès Trismégiste, avec l’idée que certains enseignements ne sont transmis qu’à quelques élus. 

Dans ce cas, il s’agissait d’Anna Sprengel, une comtesse allemande dont l’identité a été «révélée» à l’un des fondateurs de l’Ordre, le franc-maçon William Westcott, à travers de prétendus manuscrits anciens. Les deux ont correspondu par lettre pour établir les rituels de l’Ordre, bien que l’Ordre prétende plus tard qu’elle et les autres « chefs secrets » de l’Ordre ont communiqué psychiquement avec les niveaux inférieurs. Il n’y a, en fait, aucune preuve suggérant que Sprengel ait même existé.

Les détails exacts des philosophies de la Golden Dawn sont difficiles à déchiffrer – en partie parce que l’ordre était si obscurci dans le secret que peu de détails concrets n’étaient jamais disponibles pour les étrangers, et en partie, parce que ce qui est connu est rédigé dans une langue officielle impénétrable. Le temple d’Édimbourg était nommé d’après le dieu solaire égyptien – la mythologie égyptienne et grecque antique semble avoir formé la base des croyances et du culte de l’Ordre avec l’astrologie, le tarot et l’alchimie.

Crédit : Publications Llewellyn

C’était une sorte de mode à la fin de la période victorienne, où les progrès scientifiques étaient contrebalancés par un intérêt croissant pour le surnaturel. Les séances étaient devenues un divertissement populaire pour les gens à tous les niveaux de la société, Dracula serait publié en 1897 et l’un des membres les plus influents de la Golden Dawn, Pamela Colman Smith, allait concevoir l’archétype du jeu de tarot Rider-Waite. La société traversait essentiellement sa phase gothique.

Alors que des organisations similaires comme les francs-maçons étaient réservées aux hommes, la Golden Dawn était progressiste dans le sens où elle était ouverte aux femmes. Il y a eu 48 personnes initiées au temple Amen-Ra entre 1893 et ​​1897 – 28 hommes et 20 femmes, dont la mère et la fille Emily et Edith Drummond. Ils étaient issus d’un milieu aisé et ont déménagé dans le «second ordre intérieur» – un club plus élitiste au sein d’un club. Ils ont tous deux écrit et publié de nombreux articles sur l’occultisme à une époque où les femmes n’avaient pas un accès similaire dans les médias traditionnels ou universitaires. Cela a dû être attrayant pour les femmes intelligentes que leurs réflexions et leurs recherches soient prises au sérieux, même si ces recherches soulèvent quelques sourcils.

L’Aube dorée a été liée à un certain nombre de scandales, en partie grâce à la forte implication d’Aleister Crowley, qui est souvent considéré comme le fondateur du satanisme moderne. Westcott, bien qu’il ait aidé à fonder l’Ordre, démissionna brusquement en 1897 après que sa double vie eut attiré l’attention du public. Dans un geste digne d’une préquelle victorienne de The Thick of It, il a laissé des documents occultes confidentiels à l’arrière d’un taxi hansom. Étant donné le choix entre se retirer de l’Ordre ou abandonner sa carrière prestigieuse et lucrative de coroner, il a choisi cette dernière option.

Brodie-Innes, d’autre part, est resté fidèle à l’Ordre et est finalement devenu son président. Il a publié plusieurs romans sur la sorcellerie et la magie, dont The Devil’s Mistress , sur la prétendue sorcière écossaise Isobel Gowdie.

On ne sait pas exactement où était basé le temple d’Édimbourg – contrairement aux francs-maçons, nous n’avons pas de dossier public de l’histoire de la société – mais une version diluée de l’Ordre existe toujours aujourd’hui. Peut-être qu’ils pratiquent encore à Edimbourg…

Le jour où le Times a révélé que « les Protocoles » étaient un plagiat

De notre confrère Conspiracy Watch – Article publié par Nicolas Bernard

Il y a cent ans, dans une série de trois articles parus entre le 16 et le 18 août 1921, Philip Graves, correspondant du Times à Constantinople, faisait la lumière sur le plus célèbre des faux documents antijuifs.

1920. Alors que le monde s’extrait douloureusement de la Grande Guerre, un étrange document hante l’Europe et les États-Unis. Son titre ? Les Protocoles des Sages de Sion. Sa trame ? Rien de moins qu’un plan secret de conquête du monde par les Juifs ! Or, le 8 mai de cette année-là, ce « document » délirant est pris au sérieux par le prestigieux quotidien britannique The Times, qui lui consacre tout un éditorial pour en défendre, à mots couverts, l’authenticité. De fait, écrit Pierre-André Taguieff« le thème du “péril juif” et plus précisément celui du complot juif mondial, entrait dans le champ du discutable, c’est-à-dire de l’acceptable, voire du respectable. » Or, ce scoop va faire long feu : au mois d’août 1921, The Times, sous la plume d’un de ses correspondants, Philip Graves, devra convenir que les Protocoles sont un faux – et médiocre de surcroît. Un rétropédalage qui, malheureusement, intervient trop tard pour freiner la diffusion du pamphlet, lequel connaît, un siècle plus tard, une consternante notoriété, notamment au Proche-Orient. Retour sur les errements d’un journal réputé sérieux, par la faute duquel a prospéré le mythe du « complot juif mondial », mais grâce auquel la falsification a été établie…

De fausses confidences, plagiaires d’un texte lui-même plagiaire…

Les Protocoles des Sages de Sion correspondraient à un procès-verbal – évidemment confidentiel – d’une conférence – bien entendu secrète – de dirigeants de la « juiverie » mondiale – forcément anonymes. Il expose, dans un style fleuri, les mécanismes de la conquête du monde par les Juifs, non point par la guerre, mais par la ruse, la manipulation, la fourberie, armes mises au service d’une mentalité où le cynisme épouse le fanatisme. Or, il s’agit d’un faux particulièrement bâclé, certes banal dans son énumération des stéréotypes antisémites, mais relativement original en ce qu’il développe à l’extrême le mythe du « complot juif mondial ». Ironie tragique, ce « document » semble lui-même un produit de la « mondialisation », puisqu’il pourrait avoir été forgé par des Russes, en France, à partir de textes notamment français et allemand.

L’origine des Protocoles demeure certes controversée. Unique certitude, ils ne sont pas issus d’une imaginaire « Internationale juive ». D’après l’hypothèse la plus couramment retenue, mais récemment critiquée, ce « compte-rendu » d’un complot serait lui-même l’œuvre d’un complot – purement antisémite et réactionnaire celui-là : l’ouvrage pourrait avoir été concocté en France à la fin du XIXe siècle ou au début du XXe siècle par des agents de l’Okhrana, la police secrète du Tsar, semble-t-il pour discréditer des politiciens russes modernistes (dont le Premier Ministre de l’époque, Sergueï Witte), en suggérant leur pseudo-allégeance aux « conspirateurs juifs », les fameux – et fumeux – « Sages de Sion ». Il est vrai que, dans la Russie impériale, l’antisémitisme était si répandu qu’il en était devenu un argument politique. Le contexte français n’y est peut-être pas étranger : notre pays était alors en proie à l’Affaire Dreyfus, qui avait vu des officiers de l’armée française confectionner des documents contrefaits, les fameux « faux patriotiques », pour accabler Alfred Dreyfus, un capitaine juif frauduleusement accusé d’espionnage.

En toute hypothèse, le ou les faussaires, qu’ils soient ou non commissionnés par l’Okhrana ont, eux, fait œuvre de plagiaire, recopiant à leur sauce de très larges extraits d’un pamphlet de Maurice JolyDialogue aux Enfers entre Machiavel et Montesquieu, lequel, paru en 1864, ne s’attaquait nullement aux Juifs mais à Napoléon III, à qui était ironiquement prêté un projet de conquête du monde. Et non content de reproduire – quitte à en déformer le sens – cet opuscule satirique d’un avocat républicain opposé au Second Empire, nos écrivaillons ont apparemment plagié un autre roman, bien antisémite celui-là, Biarritz, publié en 1868 par l’auteur judéophobe Hermann Goedsche, lequel plagiait déjà un roman d’Alexandre DumasJoseph Balsamo, dont l’intrigue débutait, non par l’exposé d’un complot juif, mais d’une conspiration maçonnique contre l’Ancien Régime…

N’importe, le livre amorce sa diffusion en Russie au début du XXe siècle. Le Tsar Nicolas II, qui en prend connaissance en 1905, dans le contexte d’une Révolution manquée contre son régime, en est impressionné : « Quelle profondeur de pensée ! »« Quelle prophétie ! »« Quelle précision dans la réalisation du programme ! ». Plus méfiant, son Premier Ministre, Piotr Stolypine, diligente une enquête, laquelle conclut au faux. Nicolas II s’en lamente : « Laissez tomber les Protocoles. On ne défend pas une cause pure avec des méthodes malpropres. » Après un succès initial, les Protocoles semblent sombrer dans l’oubli – provisoirement.

8 mai 1920 : la fausse modestie du Times

Deux cataclysmes font ressortir de terre les Protocoles : la Première Guerre mondiale et la Révolution russe. Tout d’abord, le conflit sonne le glas de la monarchie russe, qui s’effondre en 1917. Nicolas II et sa famille – qui avaient emporté dans leur lieu d’exil, en Sibérie, un exemplaire des Protocoles – sont fusillés par les Bolcheviks en 1918. Mais ces derniers, qui ont pris le pouvoir, sont confrontés à de multiples oppositions armées, si bien que la situation dégénère en guerre civile. Leurs adversaires, les Blancs, n’hésitent pas à souffler sur les braises du nationalisme et de l’antisémitisme pour encourager leurs troupes : leur propagande dénonce le régime bolchevik comme une sorte de « parti de l’étranger », et même pire, une émanation d’un « complot juif mondial », ce qui conduit à une rediffusion des Protocoles, alors que feu le gouvernement tsariste avait été informé de son caractère frauduleux bien avant la guerre.

Las ! La plume n’est pas toujours plus forte que l’épée, et les « bobards de guerre », s’ils conduisent à de nombreux massacres de la communauté juive, ne suffisent pas à remporter les batailles. Vaincus, les Blancs doivent prendre le chemin de l’exil, et certains de ces émigrés emportent dans leurs bagages les Protocoles. En 1919, maints exemplaires traduits en diverses langues sont adressés aux négociateurs lors de la Conférence de la Paix qui se tient à Versailles, pour pousser le monde « civilisé » à chasser de Russie le nouveau gouvernement « rouge ». Ils essaiment l’année suivante en Allemagne, en France, aux États-Unis, où l’industriel antisémite Henry Ford leur assure une publicité tapageuse. C’est toutefois de Grande-Bretagne que les Protocoles vont véritablement prendre leur essor – grâce au Times de Londres.

Le 8 mai 1920, en effet, ce très sérieux quotidien fondé en 1785 publie un éditorial pour le moins… nuancé sur les Protocoles. Sous couvert d’impartialité, l’auteur « s’étonne » du « terrible don prophétique » de ce texte, pour conclure sur cette note inquiétante : a-t-on terrassé, en 1918, le péril allemand, pour lui substituer la « Pax Judaica » ? L’éditorial a beau être anonyme, son auteur n’en est pas moins connu, nul autre que le rédacteur en chef du quotidien, Wickham Steed, célèbre journaliste de l’époque. Un cas complexe, que ce Mister Steed : l’homme est un fervent antisémite, enclin à voir des complots partout – surtout quand ils sont d’origine allemande ; mais il soutient le sionisme et dénoncera plus tard l’antisémitisme hitlérien. Steed, en toute hypothèse, a succombé à son attrait du scoop, lequel épouse son époque.

C’est que la Grande Guerre a trop nourri la hantise d’une « cinquième colonne » allemande pour qu’une telle légende se dissipe du jour au lendemain. Ce mode de pensée paranoïaque connaît un second souffle avec la Révolution russe, moult conservateurs britanniques – dont Winston Churchill – stigmatisant une « internationale rouge » où pullulent des « Juifs pour la plupart athées ». Bref, les mots et l’idée sont là : depuis plusieurs années, on pense, on écrit « complot », et il se trouve qu’une entité « internationale » revendiquant le pouvoir mondial, et où figureraient moult Juifs, vient de s’emparer de la Russie ! Ne manque plus qu’une preuve – et elle est fournie par les Protocoles des Sages de Sion. Bref, le fourvoiement du Times révèle bel et bien une dérive complotiste et antisémite de l’élite conservatrice britannique, sur fond de peur de « l’homme au couteau entre les dents ».

16 août 1921 : dans le Times« La vérité, enfin »

À la différence du vénérable Times, d’autres journaux britanniques font preuve de scepticisme, voire ravalent les Protocoles à de la propagande antisémite – quand ils ne l’ignorent pas. Toutefois, l’éditorial du grand quotidien conservateur pousse certains de ses concurrents à abandonner leurs pudeurs initiales, tels que le Spectator et le Morning Post, ce dernier publiant toute une série d’articles vitupérant le « complot juif ». Et pourtant, un journaliste réputé, Lucien Wolf, juif et antisioniste, souligne la parenté entre les Protocoles et certains textes antisémites, tels que le roman Biarritz précité, et établit, déjà, que le texte ne peut être qu’un faux. Mais il manque à Wolf un élément essentiel, le chaînon manquant, à savoir la comparaison entre les Protocoles et le Dialogue aux Enfers de Maurice Joly – et pour cause, ce pamphlet, bien oublié, est introuvable.

Enfin, presque. Plus d’un an après la parution de l’éditorial du Times, Philip Graves, correspondant de ce journal à Constantinople, est approché par un émigré « Russe Blanc », Michel Raslovleff. Quelque peu dans la gêne, ce dernier lui communique une information sensationnelle : ayant acheté quelques ouvrages appartenant à un ancien officier de l’Okhrana, Raslovleff aurait inopinément découvert que l’un d’entre eux n’était autre que l’opuscule – annoté… – de Maurice Joly. En le feuilletant, il y aurait repéré des ressemblances frappantes avec les Protocoles, qu’il a lus en version française. Sa confrontation des deux textes n’a laissé aucune place au doute : les Protocoles sont en grande partie un décalque du Dialogue aux Enfers !

Le Times retrouve un exemplaire du livre de Maurice Joly au British Museum, et cette découverte confirme les révélations de Raslovleff. Lequel vend son scoop pour une somme de 337 livres sterling. « Le Times n’est pas à £ 300 près, le rassure Philip Graves, et du moment qu’il vous les donne c’est qu’il a intérêt à le faire, sans parler du côté moral de la chose (mon journal appréciant de mettre au point lui-même une question qu’il avait traitée auparavant avec une certaine légèreté). » En trois articles parus les 16, 17 et 18 août 1921, Graves, tout en conservant l’anonymat de sa source Raslovleff, expose la falsification, citant de nombreux passages du Dialogue aux Enfers en parallèles des Protocoles. Le rédacteur en chef, Wickham Steed, parraine cette démonstration par un éditorial. Toutefois, Graves conclut, sans preuve ni raisonnement, que les passages du faux antisémite qui ne seraient pas recopiés du pamphlet de Joly auraient été probablement fournis à l’Okhrana par « les nombreux Juifs qu’elle employait pour espionner leurs coreligionnaires », ce qui revient, au final, à prêter aux Juifs un rôle – même mineur – dans la conception des Protocoles… Décidément, les préjugés antisémites persistent au sein du Times ! …

… la suite de cet article sur le site de notre confrère Conspiracy Watch

Le jeu de la mort du JE

Le Parricide contrairement au fratricide fait la place à la disparition d’une hiérarchie surplombante. En tuant Hiram, les mauvais compagnons tuent-ils un frère, une autorité ou une sous-représentation du divin?

Une fois la question posée que faire de notre violence ?

Le problème de base à éclaircir est que nous sommes tous plus ou moins violents. Oui, plus ou moins, selon les circonstances. Bien évidemment, nous sommes tous des êtres civilisés et bien-pensants et bienveillants. Le seul et unique point faible de toutes les argumentations est que personne n’est prêt à admettre sa propre violence. Notre culture nous persuade que cette fameuse énergie destructrice est le résultat d’une frustration ou d’une violence extérieure. La psychanalyse nous donne une formule simple ; la violence subie induit l’agression. Cependant, Henri Laborit émet l’hypothèse que la violence subie par un individu s’accompagne de perturbations biologiques qui vont, en réponse, modifier son comportement jusqu’à se déchaîner en violence. Ne devrait-elle pas lui donner quelques excuses ? Ce message très sain est paradoxalement voilé par les messages moraux de l’époptie de la cérémonie de réception au grade de maître qui refusent de reconnaître que la violence est inhérente aussi à la vie. Le maître n’est-il présenté comme quelqu’un pour qui vertus et perte d’ego font plus que force ni que «rat-je»?

D’ailleurs, une autre équation simple nous dit : «Sans agression pas de vie possible. Il faut tuer pour survivre, pour manger, etc. !» Cela nous le savions depuis longtemps, et il faut se rendre compte que le simple fait de naître est un acte violent pour la mère et surtout pour l’enfant. Son cri primordial est-il, dans son passage de l’eau à l’air, l’effroi de sa mort annoncée ? Par la suite, la reconnaissance de son agressivité va-t-elle lui permettre de trancher les questions de bien ou de mal – et de sa culpabilité en corollaire –  de tolérer des tensions  et de pouvoir «tuer» ce poids de soi-même ? C’est par le jeu cathartique qu’il va reconnaître son plaisir à manipuler son  agressivité pour la dominer nous disent les «psy». « Quand on n’a pas joué à faire des accidents avec des petites voitures, ou avec des figurines de pompiers qui viennent éteindre le feu en faisant “pin-pon”, on ne sait jouer qu’en vrai« , nous dit le pédopsychiatre Maurice Berger.

Jacqueline de Romilly a mis en évidence la fonction psychologique et sociale de la tragédie grecque qui permettait d’extérioriser la violence via un phénomène d’identification du spectateur à l’acteur-personnage et de l’évacuer ainsi hors des murs de la cité. Le rituel maçonnique accomplit une purification assez semblable grâce au spectacle visuel qu’il livre. La violence est théâtralement mise en scène, particulièrement lors du psychodrame de la cérémonie et du rituel de réception au grade de Maître. N’offre-t-il pas ainsi le cadre et tous les processus du jeu de rôle nécessaires au développement psychique et à son harmonisation entre ténèbres et lumières ? Outre l’issue fatale, on lit dans le Rituel du 3ème degré du Marquis de Gages  : «faites-moi parvenir ce malheureux Compagnon jusque au pied du trône de la vérité et de la justice par la marche des Maîtres… Lors, on applique un grand coup de rouleau de carton ou papier sur l’épaule gauche du récipiendaire puis on le fait partir du pied gauche du Midi pour aller à l’Orient par le Nord ; il reçoit un pareil coup sur l’épaule droite puis il part du Nord pour aller à l’Orient, il reçoit un pareil coup sur la tête à l’Orient[1].»  De nos jours, heureusement, le rituel du RER se montre plus doux, l’épreuve est devenue plus allégorique : on placera sur le tapis à l’Occident, au Midi et au Nord, trois rouleaux de papier ou de carton avec lesquels le candidat sera frappé légèrement sur le dos, lorsqu’il fera les trois pas de Maître, par les Frères qui en auront reçu l’ordre du Vénérable Maitre[2].

Si la cérémonie enlève sa plénitude matérielle à l’assassiné, elle lui ouvre cependant les portes du plus grand des mystères : la mise en perspective de la vie et de la mort. Les jeux de rôle font comprendre, entre autre, qu’il y a un travail à faire sur la peur en soi de cette violence absolue. « La mort de tout homme me diminue, parce que j’appartiens au genre humain ; aussi n’envoie jamais demander pour qui sonne le glas : c’est pour toi qu’il sonne » [3].

Le travail maçonnique  n’est-il pas d’apprendre à mourir en transmutant cette peur de la mort en bonheur du présent comme un présent de la vie ?

Yehia Benchetrit maîtriser ses peurs :

Illustration : Weight of oneself,sculpture de Mikael Elmgreen et Ingar Dragset, face au Palais de Justice 24 colonnes de Lyon


[1] Voir la gravure  :  gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8409986g.item

[2] Rituel du grade de Maître au RéR, rédigé au Convent de 1782, complété par J.-B. Willermoz en 1802 : gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b100906786/f8.item.r=FM4-532

[3]John Donne, Devotions Upon Emergent Occasions Meditation XVIINow this bell tolling softly for another, says to me, Thou must die (1624). Au paragraphe : No man is an island, … (Aucun homme n’est une île) : <luminarium.org/sevenlit/donne/meditation17.php>

Hélène et les garçons

Peau claire, cheveux châtain doré, lèvres charnues et hanches larges, incarnées dans un corps et un visage, je suis, selon Homère, mon historiographe, la réplique sublime d’Aphrodite : je m’appelle Hélène, d’origine égéenne je suis prêtresse de Diane.

Ma relation avec les garçons, et la vie elle-même, ont été très compliquées dès l’enfance !

Une naissance « hors normes » fut comme le signe que mon destin ne se réaliserait ni simplement, ni sans drames et tragédies ! Mi-déesse ou simple mortelle ? Suis-je fille de Zeus et Léda ou fille de l’humain Roi Tyndare et de Léda ? Fille d’Océan ou fille d’Aphrodite elle-même ? Sœur de Castor et Pollux et sœur de Clytemnestre dans une grande famille de Grèce de plain-pied avec la légende et l’épopée ? Dès le départ ma filiation est brouillée et n’inaugurait que des difficultés à vouloir chercher l’œuf d’origine.

La beauté sans artifice, si elle attire les regards, attire aussi les combats, selon l’expression de Zeus dont j’étais paraît-il la préférée. En effet si cette grâce est cadeau du ciel, le ciel fut pour moi, hélas, également prodigue d’orages furieux, de vents déchaînés et de tornades effrayantes ! Jugez-en vous-mêmes… Toute jeune adolescente, à douze ans à peine, alors que j’étais occupée à offrir un sacrifice à Artémis, Thésée et son ami Pirithoos m’enlevèrent et me tirèrent au sort pour savoir qui me posséderait comme esclave personnelle ! Pendant qu’ils étaient partis aux Enfers pour enlever Perséphone – une autre jeune femme victime des instincts primitifs des Dieux autant que des humains mâles – mes frères Castor et Pollux sont venus me récupérer pour me ramener à la cour de notre père, auguste patriarche soucieux de la tranquillité de sa maison et de son royaume.

Pour régler ce souci, il lui parut bon de me marier : pour cela il en fit une large annonce alentour. Y répondirent des guerriers, des athlètes, des princes, venus nombreux portés par la fascination d’avoir à leurs côtés une femme au physique convoité, comme un trophée au bénéfice de leur propre image. Comme cette rivalité risquait d’embraser la Grèce, mon père Tyndare conseillé par Ulysse, homme rusé par excellence, en profita pour faire signer à tous ses prétendants un serment d’alliance et de défense avec celui qui serait retenu comme mon mari.

L’élu fut Ménélas, roi de Sparte, frère d’Agamemnon, pas fâché de préserver sa cité et ses intérêts en faisant un tel mariage selon un accord préalablement pris avec Tyndare, bénéficiant aussi de quelques richesses à l’issue de cette transaction matrimoniale.

« Blond, pourvu d’une crinière de lion, de fortes cuisses et de belles chevilles », vaillant au combat, mais pas vraiment un personnage de premier plan, Ménélas avait toutefois bien retenu mon attention et je me rendais compte qu’il n’était pas insensible à mon charme…

Nous aurions pu vivre heureux ensemble si une nouvelle fois la destinée ne m’avait pas été funeste. Victime de l’envie de trois déesses à vouloir être désignées comme la plus belle par l’indolent berger qu’était Paris, jeune prince troyen, frère d’Hector, je lui fus promise par Aphrodite. Ainsi si Paris la désignait victorieuse en lui accordant la pomme destinée à la plus belle femme du monde, elle lui accorderait la possibilité de me rencontrer, le privilège de me séduire moi, son double humain, et elle lui faciliterait la fuite pour qu’il m’emporte comme un simple paquet vers Troie, sa ville d’origine !

Arrachée dès mon plus jeune âge à ma famille, considérée comme une proie, mariée sur ordre du père, assignée à vivre à Sparte selon la loi du mariage, ce dernier évènement : mon enlèvement par Paris de l’épouse que j’étais devenue, déclencha rien moins que la guerre de Troie ! Elle dura plus de dix ans opposant Grecs et Troyens. Les uns et les autres ne cessèrent de me tenir pour la seule coupable de ces combats passés à l’histoire comme les plus meurtriers de l’Antiquité. Aujourd’hui cette accusation terrible fait force de vérité et m’accable d’une incontournable détresse intérieure.

À la fin du siège et du saccage de Troie, Ménélas m’ayant récupérée comme étant son butin légitime, avait une folle envie de me tuer invoquant l’intolérable trahison qui avait profané son honneur et froissé son ego… Pourtant « à la vue de mon sein nu » toujours selon le poète Homère (et conscient peut-être de ma vulnérabilité ?), l’amour revint dans son cœur et le mien. Ménélas me ramena à Sparte au bout d’un voyage de huit longues années et nous eûmes l’occasion de mieux nous estimer… Mais arrivés à Sparte, ce furent ses habitants qui me chassèrent comme la scandaleuse, la perfide, l’infidèle ! J’ai dû me réfugier à Rhodes où la reine Polyxo, dont le mari était mort sous les remparts de Troie, me fit étouffer dans mon bain, mue par un furieux ressentiment. Puis elle fit suspendre ma dépouille à un arbre.

Aux confins du royaume des ombres, je m’interroge toujours, à la recherche d’une vérité…

Croyez-vous que je fus heureuse et comblée par cette beauté naturelle qui me distingua dès ma naissance des autres femmes ? Que je fus satisfaite d’en être universellement louée et de sentir à chaque instant le poids du désir éveillé dans le regard des Autres ? À Troie était-ce bien moi, « Hélène de Sparte » à la source des discordes, des conflits et des bains de sang ? À Sparte ai-je mérité la vindicte populaire, stigmatisée haineusement sous l’appellation d’« Hélène de Troie » ? Où était mon identité ?

Mes lamentations furent-elles entendues de quelques-uns ? Ai-je eu véritablement les moyens de lutter contre un destin implacable et sourd, tracé d’avance au panthéon des dieux et des déesses ? Ai-je été la victime typique des crimes des hommes qui perdurent contre le sexe féminin : harcèlement, enlèvement, viol, diffamation publique, avilissement voire transactions et pactes entre une gent masculine chosifiant les femmes comme des biens à disposition ?

Serai-je uniquement passée au travers des mythes et légendes comme l’incarnation des mauvais traitements faits à la beauté naturelle, confrontée autant au regard et aux désirs des hommes comme des dieux ? Suis-je réellement sortie du mystère de mes origines pour ouvrir la voie à une parole singulière dans le sillage des plaintes et des douleurs de l’humanité ?

Au-delà de nos destinées et de nos différences, est-il enfin devenu possible, aux uns et aux autres, de noyer nos chagrins et de nous rassembler pour se retrouver unis par le même besoin de reconnaissance et de fraternité ?

#hélènedetroie

BRESIL : Une Banque maçonnique à São Paulo

A São Paulo, au Brésil, il y a quelques années, une banque réservée aux Francs-maçons a vu le jour. Elle a un siège social dans le centre de la ville, mais ne semble pas avoir d’agence pour le public. Elle est exclusivement en ligne. On pourrait croire à un canulard, pourtant il s’agit d’une information bien réelle.

Ce qui a attiré notre attention à 450.fm c’est la photo d’accroche sur le site ou le profil Facebook, qui ne ressemble d’ailleurs pas à la Tour du siège social. Quoi qu’il en soit, imaginez le même genre d’établissement en France !

Pour vous permettre d’apprécier leurs services, nous partageons avec vous les informations fournies sur leur site : http://www.masonicbank.com.br
Ainsi que leur page Facebook : https://www.facebook.com/MasonicBank/?ref=py_c

Nos journalistes ont pris contact avec la direction afin d’en savoir plus. Nous ne manquerons pas de partager les futures nouvelles sur ce scoop.

Histoire :

La Banque maçonnique est née de la volonté d’accompagner la communauté maçonnique dans l’objectif d’aider la société à travers ses projets de transformation et de solidarité.

Nous travaillons toujours avec l’objectif d’apporter les meilleurs services financiers, avec le meilleur rapport coût-bénéfice et distribuons également une partie des bénéfices avec des entités et des organisations qui transforment le monde et la société.

Nous sommes une organisation de frères, avec plus d’un pouvoir maçonnique, associés à des professionnels du marché financier et possédant une vaste expérience des plateformes numériques.

Nous disposons actuellement d’un centre de technologie de pointe et d’une structure administrative robuste conforme à toutes les réglementations de la Banque centrale et du CVM.

Pour apporter plus de transparence dans nos dons et nos actions de transformation et de solidarité, nous avons signé un partenariat avec l’institution Welight (https://welight.co/)

Welight est une organisation hybride, certifiée en tant qu’entreprise B, associée à Worldwide Initiatives for Grantmaking Support (WINGS) et basée au Brésil et au Royaume-Uni.

Pourquoi offrons-nous nos services à la communauté maçonnique ?

La franc-maçonnerie exige de ses membres le respect des lois du pays dans lequel chaque franc-maçon vit et travaille.

Les principes maçonniques ne peuvent entrer en conflit avec les devoirs qu’ont, en tant que citoyens, les maçons. En réalité, ces principes tendent à renforcer l’exercice de nos responsabilités publiques et privées.

Elle induit ses membres à une profonde et sincère réforme d’eux-mêmes, contrairement aux idéologies qui entendent transformer la société, avec un espoir sincère que le progrès individuel contribuera nécessairement à l’amélioration et au progrès de l’Humanité. Et c’est pourquoi les francs-maçons ne participeront jamais à des complots contre le pouvoir légitime, choisi par les peuples.

Pour un franc-maçon, ses obligations en tant que citoyen et père de famille doivent nécessairement primer sur toute autre obligation et, par conséquent, il n’accordera aucune protection à quiconque agit malhonnêtement ou contre les principes moraux et juridiques de la société.

De ce fait, les objectifs poursuivis par la Franc-Maçonnerie sont :

Aider les hommes à renforcer leur caractère ;
Améliorer le capital moral et spirituel ; et Élargir nos horizons culturels.

La franc-maçonnerie vise à développer l’intellect et l’esprit de ses membres et à créer en eux un engagement pour la transformation et le progrès social.

C’est un processus de connaissance de soi et un travail de caractère tranchant.

Avec cela, nous pouvons réduire les préjugés existants dans la société, qui rendent difficile la consolidation de la paix et de la prospérité générale.

Les Loges maçonniques rassemblent des libres penseurs de différentes professions, segments sociaux et éducation, mais tous sont guidés par la promotion du bien commun, à travers l’exaltation des vertus humaines, parmi lesquelles la tolérance, la vérité et la charité sont parmi les plus importantes.

Cependant, pour qu’un homme soit franc-maçon, il doit remplir certaines conditions.

Il doit être libre de conscience, d’intégrité sans réserve ;
doit aimer et respecter sa patrie et sa famille;
et croire en l’existence d’un Être Suprême.
L’Ordre maçonnique est initiatique, ce qui signifie que, pour devenir franc-maçon, il faut passer par un processus de réflexion profonde, car la franc-maçonnerie demande du dévouement et un travail acharné et constant. Etre franc-maçon, c’est se donner tout le temps à tous, notamment à la famille. C’est lutter sans cesse contre toutes les formes d’exploitation et de despotisme, qu’elles soient politiques, économiques ou intellectuelles.

Comme toute manifestation culturelle de l’être humain, la franc-maçonnerie est riche en symbolisme. Mais ce sont des symboles qui contiennent les idéaux les plus élevés, les aspirations les plus sublimes, les plus hautes vertus.

Car la Franc-Maçonnerie est une école philosophique, dont la proposition est  »Connais-toi toi-même, aime et aide tes semblables ».

ESPAGNE : Appel aux « Francs-maçons et aux Illuminati » – Protestation contre la vaccination pour les enfants

Des centaines de manifestants ont défilé samedi dans les rues de Madrid. Ils protestaient contre la vaccination des enfants. Auparavant, le ministère espagnol de la Santé avait émis une recommandation générale de vaccination pour les enfants âgés de 12 ans et plus.

De notre confrère allemand de.rt.com

Le complotisme antimaçonnique a encore de beaux jours devant lui.

Un manifestant a lancé un appel aux « francs-maçons et aux illuminati » via les journaux locaux :

« Si ces damnés francs-maçons sont assez courageux, alors ils devraient y avoir un débat scientifique dans chaque pays avec nos principales associations médicales et biologistes » 

Puis il s’adressa aux journalistes :

« Et vous devriez arrêter de répandre des fausses nouvelles et d’exécuter les ordres des Illuminati« 

Un autre manifestant déclara :

« Les traités internationaux, la constitution, nos droits fondamentaux, nous protègent de cela. Arrêtez d’avoir peur d’une loi qui vous obligera à vous faire vacciner. Cela n’arrivera jamais. Vous le savez, sachant qu’ils jouent le jeu de la coercition« 

L’UE a approuvé l’utilisation du vaccin COVID-12 de Pfizer-BioNTech chez les personnes de plus de 12 ans. Plus de 70 000 enfants âgés de 12 à 15 ans ont déjà pris rendez-vous pour la vaccination à Madrid.

Le Cahier de Vacances en RTT jusqu’en 2022

Le Cahier de vacances du Franc-maçon aux Editions Dervy

Malgré l’approbation du GADLU, nous apprenons que Le Cahier de vacances du franc-maçon Apprenti, Compagnon et Maître prolongera ses RTT jusqu’à l’an prochain, privant ainsi les lecteurs de l’édition 2021 !!!

Nous ne manquerons pas de vous tenir informé de leur future publication, sans doute avant les vacances de printemps 2022.

Conférence au GODF le Samedi 18 septembre 2021

229e anniversaire de la République

Le Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France vous convie à la Conférence publique

La République, état des lieux

Accueil et présentation :

Thierry NERZIC, Grand Maître adjoint Conférence

animée par Christophe DEVILLERS, Rédacteur en chef de la revue Humanisme

Jean-Yves MOLLIER

Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université de Versailles-St Quentin en Yvelines, coauteur de La plus longue des Républiques,

Fayard Stéphanie ROZA

Chargée de recherches au CNRS en philosophie politique, spécialiste des Lumières et de la Révolution française auteur de La Gauche contre les Lumières, Fayard

Pierre VERMEREN

Professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Paris 1, SIRICE-Sorbonne auteur de On a cassé la République, Tallandier

Propos de conclusion : Philippe FOUSSIER Ancien Grand Maître du Grand Orient de France

Samedi 18 septembre 2021 à 15h Temple Arthur Groussier 16, rue Cadet – 75009 Paris

Pour des raisons de sécurité et d’accueil, l’inscription est obligatoire à https://reservation.godf.org

Télécharger la présentation en PDF

Gilbert Bonnet : Comment imprimerie et initiation conduisent à l’édition ?

42 ans d’engagement, de passions et de fidélité à la Tradition primordiale. L’engagement au singulier c’est normal. Passions au pluriel pour Gilbert Bonnet, rien de plus normal non plus. Passions de la maçonnerie, passion de l’édition, passion des cathares, de l’alchimie, de la tradition… et plus encore. L’histoire de ses passions se raconte à la façon d’un conte, pas forcément de fée quoi que !

450FM – Votre chemin de vie se conjugue très étroitement entre vie initiatique et vie professionnelle. Les deux semblent indissociables.

G.B. – En effet, ma vie s’est construite au travers de nombreux facteurs différents, de signes que j’ai su prendre en compte, de rencontres, de lectures, d’engagement, de découvertes… Pourtant ma route semblait toute tracée : je serais imprimeur comme mon père ! Eléve peu passionné, à 14 ans je souhaite déjà travailler, être opératif. Un parcours un peu détourné, pour avoir enfin mon CAP d’imprimeur. L’imprimerie, ne me passionnait toujours pas, il fallait évoluer, abandonner l’offset, les vieilles typos… Hélas mon père …… pas d’accord. J’allais trouver, au fil de mes vacances en Ardèche, une revue : « objectif sud » ouverte à la page d’un article sur Montségur. Peu de temps après à la bibliothèque du même village, voilà que dans la vitrine un ouvrage datant de 1244 réédité chez Gallimard sur Montségur (le bûcher de Montségur par Zoé Oldenberg). Deux fois Montségur se met devant moi, est-ce un hasard, est-ce un signe ? Je ne crois pas au hasard et suis très attentif aux signes. Au travers de ces deux lectures, je découvre à la fois le moyen-âge, le Catharisme, les troubadours et la langue occitane. Plus tard et tout au long de mon chemin, les signes ne cesseront de me « faire signe » ! Je deviens militant occitan au moment où je découvre l’hermétisme, les ouvrages de René Guénon et les auteurs qui ont continué à transmettre ses valeurs. J’étais à l’époque animé par une véritable Hétérodoxie. C’est en lisant, relisant encore et encore que je redécouvre la société traditionnelle, je reviens grâce à René Guénon vers une orthodoxie traditionnelle et, au travers des autres religions, telles l’hindouisme, l’islam, le protestantisme et autres, je me recentre au cœur de ma culture religieuse originelle, de ses valeurs et de ses richesses.

450FM – Pour l’ado qui a quitté l’école un peu tôt, vous êtes resté avide de savoir, une curiosité éclectique vous a toujours guidé et poussé à toujours apprendre, découvrir et peut-être tenter de relier votre travail à la finalité du produit. Imprimeur, le livre ne peut pas rester seulement un produit, une commande, un commerce. Cela ne correspond pas à la passion que vous nourrissez pour cet outil de connaissance et de liberté qu’est, le Livre au sens le plus noble.

G.B – Evidemment les livres m’ont donné ma liberté de penser, d’être, ils ont participé à ma construction personnelle. Plusieurs périodes se sont succédées dans le temps. J’ai eu une période Jungienne à travers les écrits d’Etienne Perrot que l’on peut dire être le « continuateur de Jung ». Guénon me guide vers la Tradition Primordiale. Ce concept se référant aux mythes fondateurs des différentes traditions sacrées de l’humanité, me sied et me correspond. Mais voilà qu’à la trentaine, l’imprimerie me rattrape totalement, mon père malade ne peut plus travailler, je dois assumer et prendre le relais. Ayant tout à apprendre, j’ai sauté à pieds joints dans l’évolution incontournable de l’imprimerie.

Depuis Gutenberg, peu d’évolution et maintenant tout va à la vitesse d’un TGV !! Je plonge dans cette révolution, fini l’offset, oui à la Pao et au numérique… Incroyable cette révolution qui continue… Plus en 20 ans qu’en 500 ans ! Petit à petit, je vais mieux comprendre l’imprimerie qui restait encore un travail de commandes pour des clients pas toujours exigeants, mais toujours pressés. Mon immersion dans ce monde a été difficile jusqu’au moment, où je prends conscience de la valeur, de la beauté, de la puissance du Livre. J’aimais les livres d’exception, les beaux papiers, les typos originales, originelles. Je recherchais toujours à acquérir de beaux ouvrages, certes toujours en rapport, avec mes centres d’intérêts comme l’initiation, l’alchimie, la tradition,… Un livre n’est pas seulement un livre, il est un objet d’art, de connaissance, de plaisir de transmission. J’ai acquis tant et tant d’ouvrages qu’en déménageant, me voilà obligé de disperser mes livres : un garage devenu bibliothèque, un espace de rangement transformé en étagères pleines de livres…… un peu triste de ne pas avoir pu réunir mes acquisitions, de ne pas rassembler ce qui est épars !

450FM – Quelques décennies plus tard, ce métier d’imprimeur vous l’aimez et vous le célébrez, et sans cette imprimerie imposée les éditions Alcor  seraient-elles nées ?

G.B. – Un déclic me fait comprendre que tous ce livres magnifiques avaient besoin d’un imprimeur attentif, passionné. Mon métier est devenu très important, grâce à mon savoir faire j’allais pouvoir redonner vie, prolonger la vie de certains ouvrages. Je venais de donner du sens à un métier qui en avait peu jusqu’à ce jour. Le premier ouvrage paru aux éditions ALCOR en 2015 « Le Mystère des Cathédrales » de Fulcanelli. Je découvre en même temps l’Alpha et l’Oméga chez Fulcanelli, dont tout commence et fini à Marseille avec Vierge noire de Saint Victor et  cierges verts, dont l’auteur ne manque pas de rappeler la célébration d’une tradition ancestrale remontant à l’an 1OOO grâce au moine bénédictin Isarn. Fête célébrée 40 jours après la naissance du Christ, le 12 février. Pour avoir lu et relu Fulcanelli , force est de constater qu’il y a plusieurs niveaux de lecture. Il donne toutes les clés dans les lithos et dans les textes. Je m’égare chaque fois que je commence à parler d’un auteur ou d’un ouvrage . Donc, je reviens à ce premier né chez ALCOR. Il fallait racheter les droits, ce qui est à la fois onéreux et difficile. Mais telle est ma volonté et ma détermination : ne pas faire de reprise, car le résultat n’a rien à voir avec la réédition, recomposition à l’identique. On traque le même papier, la même typo et on travaille à la césure près, à la virgule, au saut de page près. Les livres de chez ALCOR ne se lisent, ni sur un banc, ni sur une plage mais pour en tirer le plus grand plaisir l’idéal : s’installer devant un bureau qui sent bon la cire, une table de bibliothèque, un bureau, un lutrin. Lire c’est se mettre en situation de réception, d’une chose précieuse. Je reste convaincu que toute cette attention, ce travail minutieux que l’on met en œuvre fidélise nos acheteurs qui étaient très peu nombreux au début et le sont de plus en plus. Ils disent apprécier la qualité, le savoir-faire de ces livres qui pour eux aussi deviennent des objets d’art.

Le plaisir de travailler sur de tels ouvrages n’est pas un hasard non plus. C’est un peu redonner de la vie à des œuvres oubliées, peu connues ou méconnues, un vrai bonheur que de transmettre. «  Le Bestiaire du Christ », Une reprise fidèle de l’édition originale parue chez Desclée de Brouwer en 1940. Le livre par excellence au format plus que généreux, avec ses 1018 pages. Je me sens aujourd’hui totalement imprimeur-éditeur. Ces deux professions devenues pour moi indissociables prennent tous leurs sens et donnent du sens à mon travail.

Certes, vous l’avez compris, seul, jamais Alcor aurait pu faire tout ce travail. Daniel Fassino m’accompagne dans toutes mes « folies » il est l’épine dorsale, il maquette, recompose……… et aussi Philippe Subrini, qui à la façon du Troubadour va proposer nos ouvrages partout,où il est présent.

450FM – Il me semble que vous éditez aussi une revue semestrielle : Liber. Là aussi des ouvrages de belle facture.

G.B. – C’est notre savoir-faire et le petit succès de la maison d’édition qui nous a poussés à fonder cette revue avec Eric Unger. Un peu de fierté que de recevoir des propositions d’articles pour la revue LIBER. Une reconnaissance de notre passion et de notre travail. La revue à trois thématiques rédactionnelles :

Connaissance (religion &  spiritualité)

Amour (Agapé, Caritas)

Action (Témoigner et prouver que connaissance et amour génèrent des actions toujours positives.)

Un peu de poésie pour terminer, pourquoi le nom d’ALCOR ? Tout simplement pour cette petite étoile nichée au sein de la constellation de la Grande Ourse. Son nom Alcor d’origine arabe signifie Le Cavalier, elle servait de test d’acuité visuelle aux archers de Genghis Khan et de Charles Quint. Alcor, c’est aussi la clé du mystère du trésor des rois de France de Maurice Leblanc dans « la Comtesse de Cagliostro »

Editions ALCOR

1 rue de Ramatuelle

13007 Marseille

06 03 24 78 39

contact@alcor-editions.fr  

http://www.alcor-editions.fr

USA : Les francs-maçons de Naperville font un don de 34 000 $ au mémorial des familles Gold Star à Naperville

De notre confrère Chicago Tribune – Par RAFAEL GUERRERO

L’organisation des francs-maçons de Naperville (ville américaine située en banlieue de Chicago) a fait un don de 34 000 $ au monument commémoratif des familles Gold Star, ce qui le place près ou au-dessus de son objectif de collecte de fonds de 77 000 $ et dans les temps pour une première pelletée de terre fin septembre.

« Nous n’essayons pas de diffuser le chiffre en dollars, mais cela a été une contribution importante pour les amener au point où ils peuvent commander les matériaux et faire avancer le projet »

a déclaré Paul Felstrup, franc-maçon et membre du temple maçonnique de Naperville.

Jennifer Slown, coprésidente du comité local Gold Star, a déclaré qu’ils avaient atteint l’objectif financier pour la construction du mémorial, mais qu’ils collectaient toujours des fonds pour ses soins de longue durée. Le montant final de la collecte de fonds qu’ils espéraient atteindre n’a pas été dévoilé.

Le don des francs-maçons est versé dans un fonds qui comprend déjà 10 000 $ de Naperville Responds For Veterans, 10 000 $ du district de Naperville Park, 7 000 $ de l’American Legion Freedom Riders, un montant non divulgué provenant des pourboires donnés aux tentes de boissons Naperville Salute et d’autres contributions.

Le monument, qui mesurera 6 mètres de haut à son point culminant et presque 5m de long, est fait de granit noir et honore les familles qui ont perdu des êtres chers pendant le service militaire. Il sera érigé à l’extrémité ouest du parc des anciens combattants, au 303, chemin E. Gartner, sur un terrain donné par le district du parc.

Alors que la communauté franc-maçonne locale est « relativement discrète », elle soutient activement les banques alimentaires, les groupes de services et les causes scolaires, a déclaré Felstrup.

Le projet Gold Star Families était spécial pour l’organisation car l’un de ses membres, Oliver Julian « Judd » Kendall, est décédé pendant la Première Guerre mondiale et a laissé derrière lui des membres de sa famille ainsi que des amis, a déclaré Felstrup. VFW Post 3873 porte le nom de Kendall, tout comme une école, un parc et une route.

« Je pense que les panneaux de granit noir et leur simplicité sont à la fois frappants et significatifs », a-t-il déclaré. « Je pense que ce sera une très belle reconnaissance là-bas sur Veterans Park pour les amis et la famille à ceux qui ont fait le sacrifice ultime. »

Des dizaines de monuments Gold Star ont été érigés dans tout le pays et 76 autres sont en cours de planification ou de construction, a déclaré Alex Nauert, directeur des programmes de la fondation à but non lucratif Woody Williams, qui est à l’origine des monuments commémoratifs.

Une cérémonie d’inauguration est prévue le 26 septembre pour coïncider avec la fête des mères et la fête de la famille Gold Star, a déclaré Nauert.

Idéalement, les travaux seront terminés au printemps. Les retards liés au COVID-19 dans l’obtention des matériaux nécessaires ont ralenti le processus, a-t-il déclaré. Il en va de même pour d’autres monuments Gold Star qui sont en cours de construction, a-t-il déclaré.