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L’administration : du dévouement au dévoiement

Dans la fiction, l’administration est souvent représentée comme une organisation n’ayant d’autre intérêt qu’elle-même et semble n’avoir pour but que de nuire à la marche des personnages.

Comme en ce moment de vacances, j’ai quelques loisirs et que des circonstances indépendantes de ma volonté me retiennent à mon domicile, j’ai mis à profit mes congés d’été pour me revoir quelques séries de ma jeunesse, notamment Buffy contre les Vampires et Charmed.

Si vous avez été jeunes à la fin des années 90, ces noms doivent vous rappeler le souvenir des séries du samedi soir sur M6. Et force est de constater que ces séries restent très intéressantes, par leur côté initiatique, justement. Ainsi, Buffy Summers doit s’améliorer sans cesse pour accomplir sa destinée de Tueuse, et pour ce faire vaincre les démons qui se présentent à elle, mais surtout ses propres démons. De la même manière, les sœurs Halliwell doivent faire face aux représentations de leur côté sombre pour triompher des machinations de la Source. Mais un autre aspect m’a frappé dans ces deux séries : un point commun aux deux sociétés secrètes en charge de protéger les héroïnes.

Dans l’univers de Buffy, la Tueuse n’agit pas seule, et est toujours aidée et soutenue par un Observateur (du moins, en principe). Les Observateurs sont en effet une organisation d’érudits en charge de la protection des Tueuses. De la même manière, dans Charmed, les bonnes sorcières sont soutenues par des Etres de Lumière, un genre d’anges gardiens, dirigés par l’organisation des Fondateurs, responsable de la magie bonne sur Terre.

Or, chez Buffy, le conseil des Observateurs se révèle être une organisation très bureaucratique, avec des personnages qu’on croirait tout droit sortis de la comédie Les Employés de Balzac. Ils se montrent plus soucieux du respect des procédures administratives par Buffy et ses compagnons d’arme que de l’apocalypse à venir, à savoir la renaissance d’une déesse du mal et du chaos (saison 5).

De la même manière, dans Charmed, l’Etre de Lumière en charge de la protection des sœurs Halliwell se retrouve pris en porte-à-faux entre sa mission de protection des sorcières et les process de l’organisation des Fondateurs, plus prompte à se protéger elle-même que ceux qu’elle doit protéger. D’ailleurs, un œil critique constaterait l’inefficacité crasse des Fondateurs, toujours prompts à réagir après coup et plus préoccupés du comportement de leurs agents que de leur mission de sécurité.

Je soupçonne dans ces deux séries un léger ressentiment contre l’administration en général, vue à l’américaine, autrement dit comme un ramassis de petits chefaillons jouissant de leur petit pouvoir et de la souffrance engendrée par leurs diktats. C’est la fameuse banalité du mal chère à Hannah Arendt: on ne voit pas plus loin que le bout de son nez ou de sa queue.

Il serait simpliste d’interpréter le message de ces séries comme un pamphlet contre ces administrations pléthoriques et incompétentes, qui brident la créativité et la liberté. Et encore plus simpliste de dénoncer ici une vision néolibérale, voire libertaire et anarcho-capitaliste (un monde sans règles administratives, voire sans règles) dans ces séries. Mais c’est un peu plus complexe que ça : il ne faut pas oublier que la liberté est dans la règle. Sinon, on sombre dans le chaos. Et puis, mettons-nous à la place des scénaristes : une administration incompétente qui s’oppose à la marche des héros et qui va du dévouement au dévoiement, n’est-ce pas là un magnifique point d’intrigue à pas cher ?

Toujours est-il qu’en visionnant ces séries que j’adore, je me suis posé une question assez grave : et si nous, Francs-maçons étions en train de devenir aussi détestables que ces organisations secrètes qui se comportent en ramassis de fonctionnaires aussi zélés que bornés ?

J’en veux pour preuve dans ma propre Loge des débats interminables pour savoir quelle position adopter sur une phrase d’un règlement général, il y a quelques années. Nous y avions consacré deux Tenues, de trois heures chacune. C’était long. « Le temps de la démocratie », a péroré l’un des Frères à l’instigation de ces débats ô combien enrichissants (attention, ironie). Du coup, on y a perdu un Apprenti (en l’occurrence, un de mes filleuls), qui estimait au bout d’un moment qu’il avait autre chose à faire de ses soirées qu’écouter, je cite, une « bande de vieux toquards se prendre la tête sur des conneries quand il y a beaucoup d’autres choses à faire ».

Mon parrain en maçonnerie avait lui-même prévu cette dérive. Il ne venait quasiment plus en Loge, estimant, je cite, que la Loge devenait un comité d’usagers et en oubliait son travail maçonnique au détriment du travail administratif… Quand je vois le temps que l’on peut passer en Loge à débattre du montant de la cotisation annuelle ou à interpréter des circulaires de l’Obédience, des notes de service et autres documents ô combien fondamentaux comme un sondage de choix de couleur de moquette, je me dis que nous ne valons finalement guère mieux que le Conseil des Observateurs de Buffy ou les Fondateurs de Charmed. A une différence près : comme nous n’avons plus aucun poids politique ou culturel, nous ne nuisons à personne d’autre que nous-mêmes…

Au final, organiser une ou plusieurs Tenues autour de points administratifs et routiniers relève d’une forme de facilité, préférant le profane à l’initiatique. Mais le sacrifice de deux soirées par mois à écouter des personnes pérorer sur des points de procédure incompréhensibles sans un certain recul en vaut-t-il vraiment la peine ?

Peut-être est-ce là la clé de la désertion de nos temples : nous sommes tellement pris dans nos routines administratives (parfois nécessaires pour faire fonctionner la Loge) que nous en oublions ce pour quoi nous avons frappé à la porte du Temple. Nous nous fourvoyons tant dans les demandes d’autorisation, les formulaires et autres laisser-passer A38 que nous nous prenons pour une véritable administration et nous en oublions nos objectifs, à l’instar des Fondateurs ou du Conseil des Observateurs. En un sens, ces séries nous avertissent : à se prendre pour des gestionnaires, on en oublie sa vocation première, qui est le service d’une cause parfois plus grande que nous-mêmes.

Bon, je vous laisse, je dois me préparer à mon assemblée générale de copropriété.

Je vous embrasse.

Gros plan sur Ayya Khema

Ayya Khema est une très grande dame qui a laissé, à un niveau international, une empreinte mémorable dans la tradition du Théravada, notamment pour les nonnes.

Rappelons que le Théravada – la voie des Anciens – s’appuie sur les textes d’origine du bouddhisme, le « Tripitaka », écrit en pâli, la langue parlée en Inde à l’époque du Bouddha. Les termes familiers provenant du bouddhisme tels que dharma, karma, nirvana, sutra, etc. sont des mots sanscrits, leur équivalent pâli étant dhamma, kamma, nibbana, sutta, que nous retrouverons ci-dessous.

Ayya Khema connut une existence particulièrement mouvementée, mais sans l’avoir cherché précise-t-elle dans son autobiographie (parue en anglais et en allemand) dont le titre résume à merveille la simplicité et la clarté de sa parole :’I give you my life » : « Je vous donne ma vie ».

Née à Berlin en 1923 de parents juifs, elle dut quitter l’Allemagne nazie en 1938 avec un transport de deux cents autres enfants et fut emmenée à Glasgow en Ecosse. Ses parents partirent pour la Chine et, deux ans plus tard, Ayya Khema les rejoignit à Shanghai. Au début de la guerre, cependant, la famille fut mise dans un camp de prisonniers de guerre japonais, et c’est là que son père mourut.


Quatre ans après la libération du camp par les Américains, Ayya Khema eut la possibilité d’émigrer aux Etats-Unis. Elle y connut la vie de mère au foyer entre son mari et ses deux enfants. Elle sentit que quelque chose d’essentiel lui manquait, ce fut le début d’une longue quête qui la mena en Amérique du Sud, au Pakistan, en Inde et finalement en Australie où elle rencontra la tradition bouddhiste du Théravada, la voie des Anciens qu’elle reconnut immédiatement comme sienne.

Elle s’y consacra entièrement et commença quelques années plus tard à enseigner elle-même la méditation à travers l’Europe, l’Amérique et l’Australie. Elle se rendit en 1979, au Sri Lanka où elle reçut l’ordination de nonne bouddhiste, sous le nom de Khema, qui signifie en pâli « sûreté et sécurité » (Ayya voulant dire Vénérable).

En 1978, elle établit Wat Buddha Dhamma, un monastère de la forêt selon la tradition Théravada, près de Sydney, en Australie.

A Colombo, elle fonda le Centre international des femmes bouddhistes comme centre d’entraînement pour les nonnes du Sri Lanka, et l’Ile des nonnes de Parappuduwa pour les femmes désirant s’initier à la vie religieuse.

Elle rencontra un vieux maître de méditation qui lui confirma qu’elle pouvait et devait enseigner en Occident non seulement la pratique du Vipassana — la vigilance à l’instant —  mais également les états d’absorption, (c’est-à-dire des états de félicité atteints par une intense concentration, samatha) tels que pratiqués et enseignés par le Bouddha et tombés dans l’oubli. Ce à quoi elle s’employa jusqu’à sa mort.

Cette méthode qui permet au méditant de connaître rapidement des états de béatitude qui l’encouragent dans sa pratique a rencontré un très vif succès en Occident, et Ayya Khema dût bientôt passer de plus en plus de temps à animer des sessions de méditation partout en Occident.

C’est alors que la guerrilla tamoule tua le fondateur et protecteur du centre de l’ile de Parappuduwa. L’insécurité interdisant le développement du centre et la venue de postulantes occidentales, Ayya Khema décida d’accepter l’invitation qu’elle avait reçue de méditants allemands et de revenir dans son pays d’origine où elle créa en 1989 un centre de méditation, le Buddha-Haus,

Consciente des difficultés que rencontraient les femmes qui voulaient devenir nonnes bouddhistes, elle organisa en 1987, avec deux autres nonnes, la première conférence internationale des nonnes bouddhistes dans l’histoire du bouddhisme, ce qui entraîna la création de Sakyadhita, une organisation mondiale des femmes bouddhistes. Sa Sainteté le Dalaï Lama prononça le discours d’ouverture de la conférence.

En mai 1987, comme conférencière invitée, elle fut la première bouddhiste à avoir jamais pris la parole aux Nations Unies à New York.

En 1988, elle reçut, par la tradition chinoise du Mahayana, l’ordination complète.

Elle a écrit de nombreux livres en anglais et en allemand sur la méditation et les enseignements du Bouddha. Citons : ’ ll of us ». « Here and now », « When the iron eagle flies ». En 1988, son livre « Being Nobody, Going Nowhere » a reçu le prix commémoratif Christmas Humphreys, une distinction pour la littérature bouddhiste.Ayya Khema Bouddhisme au feminin

En Français, un seul ouvrage d’elle a été traduit : « Etre une île. », il s’agit d’enseignements donnés lors de sessions de méditation dans l’ile des nonnes de Parappuduwa.

Elle a quitté ce monde le 2 novembre 1997.

A la fin de son autobiographie elle écrivit ces derniers mot :
« Il y a quelque temps, une journaliste est venu nous voir au Buddha-Haus. Elle m’a demandé si la raison pour laquelle j’étais capable d’accepter si aisément ma mort était que je croyais à la renaissance.
Non lui ai-je répondu, je n’espère nullement cela. On ne renaît que si le désir de renaître est là. Quand il n’y a plus le désir d’exister en tant qu’individualité séparée, en tant qu’ego, alors tout est fini. Je suis prête à lâcher une fois pour toutes.
Et que se passe-t-il alors, s’enquit-elle ?
Rien, tout est fini. A ce point, il n’y a plus que le nibbana, la paix absolue qui est atteinte, la dernière, ultime, parfaite absorption. »

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La Force de la Beauté : elle balise la voie vers la Sagesse !

Les émotions esthétiques sont un élément indispensable de notre marche vers la sagesse, écrivains, philosophes l’avaient remarqué, les neurosciences ont maintenant trouvé pourquoi.

Aussi longtemps que je me souvienne, j’ai toujours été épouvantablement rationaliste, et au point qu’à mon adolescence j’ai peu profité des parties littéraires de nos cours de français, et en particulier j’ai détesté le Romantisme . Tout acquis à l’amour de l’action concrète et des sciences « dures », comment se passionner pour les pages de descriptions, souvent d’objets tels des arbres ou des bâtiments ?

Un demi-siècle plus tard il est grand temps de reconsidérer la chose, surtout que les études psycho-socio-neuro récentes apportent de nouveaux et passionnants éclairages .

Dans un billet précédent, nous apprenions que l’émerveillement joue comme un apaisant naturel des tensions éprouvées au niveau de notre cortex cingulaire : la Beauté peut donc nous aider à accéder à la Sagesse ! Creusons pour en trouver l’explication.

Notre cortex cingulaire apprécie peu les surprises , et nous incite à mémoriser les situations connues :  c’est le processus de «  routines de résonance », par lequel le cerveau se met en position de moins consommer d’énergie dans le futur ; cela a aussi pour effet de réduire son excitabilité par les stimuli extérieurs. Ce phénomène a été décrit par Max Weber, au début du 20e siècle, marqué par la domination de la Raison, comme «  désenchantement du monde ». C’est vrai que dans le même siècle la science a méthodiquement démoli plein de croyances, virant leur poésie avec l’eau du bain.

Nous voyons périodiquement des appels à réenchanter le monde, et on peut se demander s’il y a un lien avec le succès des croyances de tout poil déferlant sur internet et les réseaux sociaux ;  en tous cas on peut y voir un phénomène de « remplissage de la béance » pour utiliser les termes châtiés à la Lacan. Plus prosaïquement , on pourrait dire que l’assoiffé avale la première bibine venue.

Mais donc, nous voilà devant un manque d’enchantement, causé par un passage trop rapide à la crudité scientifique.

Physiologiquement, l’émerveillement est un état d’excitation, mesurable à la respiration, au pouls, etc. , que les anciens décrivaient comme une « stupeur effrayée » ; en anglais il existe l’adjectif « awesome », contenant l’onomatopée « awe » verbalisant cet état.

En psychologie deux éléments le caractérisent : primo un sentiment de grandeur ( vastitude ? ) , et secundo le sentiment que le phénomène ne rentre pas dans les schémas habituels, en tous cas pas sans adaptation ; pour terminer en émerveillement il faut encore qu’une note positive se dégage de l’ensemble. Moyennant tout cela, on est tenté de prendre le temps d’en profiter, de détailler …d’où sans doute les longues descriptions romantiques. Les créations artistiques viendront évidemment comme occasions de vivre des émotions esthétiques, tout comme les beautés de la nature.

Nous maçons savons bien que l’ équilibre entre la raison et le cœur est à privilégier, nous venons de trouver une des raisons dont la véracité est maintenant attestée par les neurosciences :  les émotions positives ressenties devant la grandeur de l’univers ou une œuvre artistique dont le souffle nous dépasse nous procureront un apaisement et un recul par rapport aux choses que l’on peut qualifier de pas vers la sagesse.

Et des essais psycho-socio récents ont montré qu’il y encore un bonus à la clé. Les expériences ont montré que l’émerveillement et ses effets bénéfiques sont le moteur de la motivation qui sous-tend la curiosité : le curieux prend plaisir à bousculer ses routines de résonance. Mais l’élément vraiment nouveau, c’est que l’enchantement ne fait pas que procurer des bonnes ondes à celui qui l’éprouve, il comporte aussi une composante sociale, qui vient renforcer les sentiments altruistes.

Le mécanisme serait que l’émerveillement face à la grandeur réduit la confiance en sa propre puissance, diminue donc la prépondérance de l’égo dans ses comportements, favorise l’importance du collectif et finalement booste l’entraide.

Conclusion : je vous prescris un émerveillement par jour, et je vous promets que vous vous  rapprocherez de la sagesse !

Sommes-nous perfectibles ?

 Jamais il ne s’est autant vendu de livres sur ce que le marketing nomme « le développement personnel », cette promesse  de mieux-être ! L’importance de leur demande  participe même à la survie des points de vente en ce temps viral qui nous  tourmente et confine !

   C’est heureux pour le commerce actuellement en difficulté. Leurs titres alléchants,  qui font espérer  « La maitrise de soi en 10 leçons » ou « Le bonheur ici et maintenant », « Parler en public facilement »,  « Etre vite apprécié » centrés sur l’immédiateté,  peuvent constituer, avant même leur contenu, une précieuse « aide à vivre », au delà de tout narcissisme.   En ce sens, ces ouvrages répondent à un  besoin de l’époque à prendre en compte. Les moquer serait  déconsidérer des milliers de gens en manque relationnel !

Mais  bien sûr, il ne faut pas assimiler « la pensée positive » qui les fonde à la « psychologie positive » à visée scientifique.

De la parole, les sciences humaines

Certes, il est toujours préférable de voir le verre à moitié plein qu’à moitié vide ! Quoique ce point de vue relève davantage de l’optimisme proverbial et de la recette  populaire proposée partout, pour tous et toutes, pour tout et tout le temps,  que de l’étude méthodique et reproductible, de l’individu en « contact ». Le premier constate  la puissance de l’imagination,   la seconde observe le comportement individuel. Au vrai, l’un annonce l’autre et sont complémentaires. Et ainsi  par la valorisation de « l’humain » et l’équanimité recherchée, ils nous renvoient à la philosophie.

Depuis que le descendant des primates vocalise et manie le verbe, l’éloquence n’a fait que progresser. Dans l’antiquité, les sophistes instrumentalisaient l’art oratoire à visée persuasive tandis les philosophes dits « authentiques »   y trouvaient le support de la raison qui conduit à la vérité. Au XXème siècle, en 1922, le pharmacien Emile Coué propose l’autosuggestion  consciente pour soulager  les maux bénins par la répétition quotidienne d’une phrase « guérisseuse » : « Tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux ». Raillée en France, elle a fait le tour du monde et, par étapes créatives, de l’hypnose du docteur Ambroise Liebault au Training autogène du psychiatre Johannes Schultz, elle a donné naissance  à la sophrologie forgée dans les années 1960 par le psychiatre colombien Alphonso Caycedo. Même cheminement novateur pour la psychanalyse freudienne,  née à la fin du 19ème siècle, à partir de la préscience de l’inconscient, entre autres, par les médecins allemands Gustav Carus et Georg Groddeck,  puis surtout le philosophe Friedrich Nietzsche, reconnu par le créateur comme son  vrai précurseur. En déduisant que dans notre esprit, ce n’est pas le rameur qui mène la barque mais un passager clandestin, le génie de Sigmund Freud a été, non pas de découvrir mais, en véritable « spéléologue de la psyché », de faire parlerledit inconscient de ses patients sur son divan.

La psychanalyse, fille de la philosophie,  a elle même engendré un modèle de communication, l’Analyse Transactionnelle  (centrée sur le Moi relationnel) conçue par le psychiatre  canadien  Eric Berne dans les années 1960.  De nombreuses méthodes thérapeutiques ont suivi, dont la Programmation Neuro-Linguistique (PNL). Cette technique de « transformation de soi » a été élaborée dans les années 1970 aux Etats-Unis par le linguiste John Grinder et le mathématicien Richard Bandler, inspirés notamment par la Méthode Coué.  Elle est fait partie  aujourd’hui de « l’outillage » de la psychologie positive précitée, laquelle s’inscrit à son  tour dans le corpus des sciences humaines et sociales.

Apprendre de soi

On peut ainsi constater qu’au fil de son histoire – et depuis le Moyen-Age grâce au livre imprimé, précieux dépositaire de sa mémoire –  l’homme ne cesse de faire de lui-même un objet d’études. Afin, sans nul doute, de répondre à l’exigence de sa nature qui est de désirer. Comme le dit le philosophe Baruch Spinoza, le désir étant son essence, il s’assigne en permanence de persévérer dans son être.  Ce qui ne signifie pas devenir parfait, état d’autant plus impossible qu’il stopperait son conatus, cet effort même qui le détermine.

         Dès lors, qu’en est-il de cette « obstination à prospérer » inscrite en nous?  Elle passerait – pour les occidentaux que nous sommes –  par la connaissance de soi,  à laquelle nous convie la fameuse injonction « Connais toi toi même » de Chilon inscrite au fronton du Temple de Delphes et que Socrate (469-399 av. JC) a fait sienne. La franc-maçonnerie spéculative  l’a  empruntée à son tour à Socrate et la propose comme premier devoir à ses adeptes, avec pour sens et pour chacun, chacune,  l’évaluation et l’acceptation de ses limites, physiques, émotionnelles et mentales, le rappel de sa  condition de mortel  et l’évitement  conséquent de toute démesure (hubris, en grec).

A noter que pour Platon (428-347 av JC) la devise socratique est à comprendre comme une injonction à ne pas dépasser les limites du savoir humain. Il l’oppose à la prétention des Sophistes au savoir total.

C’est de la sorte,  en « apprenant de soi », de ses possibilités, en toute modestie, une façon de se respecter et s’aimer.  Mais, prendre conscience de sa personne, c’est aussi admettre avec humilité, qu’approcher sa propre réalité, revient  à seulement  se voir « en surface ». Comme on voit les vagues sur l’océan mais pas les profondeurs sous-marines. 

Seule  la mémoire, donc le passé,  par l’intermédiaire de mes sens peuvent me donner, par instants, accès au vécu de mon être intérieur : la vue d’une photo de classe primaire, la senteur d’une rose, le toucher d’un meuble ciré, la voix d’un chanteur à la radio, le goût d’une noix fraîche, autant de fugaces « madeleines de Proust » qui, en surgissant dans mon cerveau me font revivre un événement et me donne alors, la plénitude, le sentiment de moi-même. D’être en mon être. Le souvenir est d’ailleurs la matière première de la séance de psychanalyse, lieu où l’analysant « extrait » et verbalise ses instincts et pulsions, éventuellement générateurs de conflits, pour identifier ses désirs. Et vivre en harmonie avec lui-même.

La fièvre ascensionnelle

Comme son appellation l’indique, l’homme  contemporain  dit homo sapiens est d’essence double. En tant que vivant, être biologique, il appartient au règne animal de l’espèce Homo, évoluant parmi ses semblables. Comme il pense, se pense, se représente, imagine, invente,  crée, apprend, parle, échange et transmet, il est progressivement devenu  Sapiens   (tenant de sagesse et savoir), genre auquel il appartient désormais. Il est conscient de son existence, il agit ou est agi selon une intentionnalité (personnelle ou transcendantale, au gré des thèses) et  ses capacités physiques et intellectuelles.

Le fait de penser et communiquer, de choisir et décider,  produit des attitudes et  des comportements uniques, sans équivalents  dans le règne animal. L’immense majorité des êtres humains ne vit plus vraiment aujourd’hui au sein de la nature, mais dans un milieu culturel, social, technique et économique  forgé au fil des générations. La qualification de « sapiens » attribuée par l’anthropologie à cet « homme évolutif » est fondée en termes de connaissances, d’acquisitions et d’applications de son intelligence, mais ne fait pas de lui « le sage » annoncé ! Il a les défauts de ses qualités. Par exemple : curiosité, volonté, courage, orgueil, autant d’adjectifs qui peuvent engendrer intrépidité, entêtement, imprudence, vanité. Son intelligence « faussée » est alors à même de  créer un « ego boursoufflé » dont la surdimension entraîne le fameux « hubris », terme  qui, chez les Grecs anciens,  désignait la démesure précitée, pouvant lui être fatal !

On peut aussi constater que le « rêve d’Icare » – ce désir chimérique de voler comme l’oiseau – habite toujours son inconscient. Il l’a sublimé au fil du temps, par une « verticalité constructive » !  De la légendaire Tour de Babel aux Pyramides d’Egypte,  de la Tour Eiffel à Paris aux Twin Towers (tragiquement disparues en 2001) à New York, entre autres. Aujourd’hui,  elle est véritablement devenue « fièvre ascensionnelle » avec la construction, notamment à Dubaï,   de « gratte-ciel » toujours plus hauts. La dernière tour – nommée Kingdom Tower –  qui culmine à plus de mille mètres confirme cette inquiétante grandiosité de l’architecture planétaire contemporaine ! 

Une telle démesure redevient « bonne mesure » quand l’homo passant du sapiens  au societus est conscient que sa tête aspirant aux étoiles ne l’empêche pas d’avoir les pieds sur terre ! Etre paradoxal, volontiers orgueilleux, prétentieux, égoïste, colérique, il sait passer de la lumière éblouissante à la lucidité éclairante. Alors, dans l’agressivité ambiante et du chacun pour soi – où le nombrilisme atteint lui aussi des sommets ! – il est capable de refuser la violence, de respecter les autres et de leur montrer solidarité et générosité. Aider quelqu’un à se relever, c’est s’élever soi-même. L’Homme debout vaut un gratte-ciel !

Du Moi au Soi

Ainsi pour le franc-maçon, la franc-maçonne, friand (e) de symbolisme, tailler sa pierre, ne consiste pas à y  sculpter  un personnage artificiel mais – c’est bien différent –  à s’extraire soi-même de cette gangue socio-culturelle qui l’emprisonne. Et partant,  du précepte socratique  « Connais toi toi -même », il, elle rejoint celui de Pindare :  « Deviens ce que tu es ». Cette naissance de soi, c’est bien le sens de l’initiation : L’Homme rendu à lui-même ! Libre !

Penser, évaluer, communiquer, interagir avec les autres, affine raisonnements, jugements, langages et attitudes. L’individu n’est plus de la sorte taraudé par le sempiternel Qui suis-je ? Se dégager de cet « auto-centrisme », c’est accéder au Que suis-je ? Autrement dit, avec cette question, non seulement découvrir mon identité,  mais en passant du Moi social au Soi profond – notre espace intime que francs-maçons nous nommons notre « temple intérieur » – trouver ma place dans la société des hommes (en tant qu’être inscrit dans un récit, familial, amical, professionnel, associatif). Pas uniquement pour conquérir une « position sociale » mais aussi bénéficier d’un « espace de contentement » privé, où je peux être heureux et rendre heureux mon entourage. Dans la reconnaissance et considération mutuelle,  aimer et être aimé : notre épanouissement dépend de cette harmonie qui est elle-même stimulante, engageante à entreprendre et croître. L’ambition n’est pas un défaut quand il s’agit d’augmenter ma « puissance d’être », d’élargir mon esprit, de découvrir et de créer. Bref,  de mieux être pour mieux vivre, de mieux échanger pour mieux partager.

La tradition monothéiste occidentale a conçu un dieu omnipotent et infini, donc parfait,  ce qui, du même coup, « réduit » l’Homme – limité (en capacités) et  fini (éphémère) – à un être imparfait.   Ce n’est pas la conception des Grecs anciens, pour lesquels le « fini » représente non pas un défaut, mais, au contraire,  le « parfait ».  Ainsi, de la naissance à la mort, la trajectoire humaine, par sa brièveté annoncée, serait selon la sagesse antique,  une incitation à en constituer, précisément, avec son acceptation joyeuse,  un « temps privilégié d’offrande » à soi, aux autres et au cosmos !

Une puissance interne

Nous constatons ici, au gré des cultures, que la perfection est de fait une élaboration mentale.   Notre création d’une divinité toute puissante, parée de toutes les vertus, nous confirme que nous ne sommes que des humains, avec nos moyens,  forces et faiblesses réunies. La comparaison ne peut nous suggérer de viser, de toute évidence, qu’un idéal de perfection. Qu’est-à-dire ?L’étymologie nous répond :

Idéal (du grec idea, forme, archétype, modèle) : Il représente le théorique, le pensé, l’imaginé, le souhaité, l’absolu…mais l’inatteignable!

Perfection (du latin per,  supplément, excès de quantité et fectio,  faire) Elle indique la production,  l’effort, le progrès constant à accomplir,  pour parvenir au plus haut degré possible d’une échelle de valeurs.

Dès lors, pourquoi s’investir jusqu’à l’impossible ? Parce que, nous répond le philosophe  Baruch Spinoza, notre « nature désirante » est animée par une force interne, le « conatus ». Cette dynamique nous commande et assigne à une constante persévérance dans notre être précitée pour déployer et valoriser notre existence. En clair, pour nous maintenir vivants ! Mais nous avons le droit de tempérer nos élans car une quête exacerbée de la perfection nuit au plaisir de réaliser les choses. Une « manie » fâcheuse pour les êtres d’émotion que nous sommes !

« C’est une perfection de n’aspirer point à être parfait » dit l’écrivain François Fénelon.

Différemment  de l’animal qui naît  « complet », programmé pour une tâche répétitive et « définie », l’homme, lui,  est inachevé en venant au monde. Alors que le poulain gambade dans le pré, une heure après sa naissance, le petit d’homme a besoin d’une assistance pour  croître physiquement  (croissance longue), pour « grandir » dans tous les sens du terme, jusqu’à l’efficience.  « Qui veut être éclair doit rester longtemps nuage » affirme joliment Friedrich Nietzsche.

C’est en fait une chance, car cet inachèvement donne  un sens à sa vie. S’il le veut (intervention de la volition), l’homme est perfectible par lui-même. Son inné (programme génétique) le dirige d’entrée vers l’acquis   (apprentissages). Il devient ainsi progressivement responsable, d’abord de lui-même, des autres ou d’une tâche ensuite. La responsabilité demande donc une formation, avec le passage à  l’âge dit de raison. Dans la vie,  chacun devient responsable de chacun.

Le « corps-esprit » en action

Cette raison acquise, dans son espace de liberté (même restreint) l’homme adulte peut faire des choix (libre arbitre, liberté de pensée, liberté d’agir dans le cadre réglementé de la communauté). Il est alors disponible à la réception des savoirs et des connaissances. Le savoir étant constitué par les informations reçues (éducation, enseignement)  et la connaissance, par les informations acquises (auto-formation, recherches individuelles). A ne pas confondre avec la Connaissance (majusculée) définissant le mysticisme intellectuel dans un cadre religieux et ésotérique.  Elle est au programme de certaines obédiences maçonniques.

La perfection de soi comprise – dans un esprit spinozien – comme une augmentation de la personne, conduit à des changements d’état. En l’occurrence dans deux directions, nature et culture. L’amélioration du corps, par sa gestion saine, cible l’entretien de la santé. Celle de l’esprit, par l’enrichissement intellectuel, vise la réflexion approfondie.

Ce « corps-esprit » en action est donc à interpréter avant tout comme un développement de la capacité  humaine à « se penser », à penser  le monde, à penser les autres. Un tel « progrès de soi », permettant de comprendre avant de juger, est à même d’amener à la bonne relation, à l’accord avec soi-même et notre semblable. C’est à dire à l’écoute et à l’empathie, pour « aller plus loin » ensemble. La perfection relationnelle conduit ainsi à « nouer et entretenir du lien », ce rapport indispensable entre animaux sociaux que nous sommes, précisément reliés par la grande chaîne du langage.

Le perfectionnement de soi nous fait constater ce que nous pouvons faire et ce que nous ne pouvons pas faire.  Ce qui est de notre ressort et ce qu’il ne l’est pas ( Epictète).  Et ainsi quel niveau de responsabilité nous pouvons accepter. Intervient donc ici, à nouveau,  une notion de limite. C’est à dire prendre la responsabilité de ce que je peux entreprendre, refuser ce qui n’est pas de mes compétences. Faire de mon mieux, c’est atteindre ma  « réalité de perfection ».  Le sentiment du « bon travail » est à même de générer  le contentement de soi, la satisfaction du devoir accompli.  Et non la culpabilité du « peut mieux faire », rappel de mauvais trimestres au temps de notre carnet scolaire !  

Du désordre à l’ordre

Il convient donc d’avoir un comportement « médian » avec la perfection : « Faire ce que doit et peut », avec un droit à l’erreur. Honnêteté avec soi et les autres, savoir raison garder, bonne conscience, cœur et âme tranquille, largeur d’esprit, sûreté de jugement, contentement du bonheur de l’autre (contraire de la jalousie), sans craindre son regard, c’est aussi cela le travail de perfectionnement. De « mon idéal de perfection » à la  mise en oeuvre de cette amélioration  : ce cheminement intellectuel – qui « convoque » la raison –  engage en même temps tout maçon, toute maçonne à se poser la question : « Comment penser et bien penser ?! ».

Penser (qui vient par déclinaison du verbe « peser ») c’est établir un dialogue avec soi (peser le pour et le contre). C’est « un dialogue de l’âme avec elle-même » dit Platon.  Cet auto-perfectionnement passe par  la définition de la pensée : la parole intérieure ». C’est avec cet échange (entre le moi et le soi) qu’il prend tout son sens.

Pas d’illusions toutefois : chacun, chacune de nous dépend bien entendu du programme génétique précité qui caractérise sa nature profonde. Il est impossible de la changer et tout effort en l’occurrence serait inutile !  En revanche, nous pouvons changer de regard sur le monde et notre existence. Et ainsi rectifier si besoin  certaines de nos attitudes.

 Personne n’est parfait ! dit l’adage. Tant mieux ! La vie serait vraiment sans attrait, si nous n’avions pas en nous de « défauts conscients » à combattre, de mauvais penchants à redresser, de ressentiments à évacuer ! Si nous ne disposions que de la morale pour boussole. Le défilé des jours, n’aurait aucune saveur, n’offrirait aucun frisson, si nous ne bougions plus, ni ne prenions aucun risque, si nous n’avions plus en nous quelque peur à dompter ! Si, enfin, nous ne conjuguions pas le verbe « oser » ? Oser penser, dire, faire, être ! Bref, nous ne serions plus vraiment humains, sans désirs,  sans projets, sans  obstacles à franchir, quelque défi à relever,  une adversité à vaincre !  Toutes proportions gardées, bien entendu. Le Mal est la doublure du manteau du Bien. Ce sont les difficultés surmontées qui fondent nos valeurs existentielles.

         Le franc-maçon, la franc-maçonne savent qu’ils ont besoin du désordre pour bâtir l’ordre. C’est des oscillations du fil à plomb que vient sa parfaite fixité. Et des lapsus dans nos discours qui  nous révèlent et en font la vérité.

 Alors seulement, nous saisissons mieux Friedrich Nietzsche quand il affirme : « Il faut avoir du chaos en soi pour enfanter une étoile qui danse ! »

                                                                              Gil GARIBAL

LES TEMPLIERS et la Stricte Observance Templière

J’en vois déjà certains ou certaines avec les yeux qui brillent ! Enfin, ‘ON’ va connaitre la vérité.

Je suis à la SOT depuis 1999, soit l’an 685 du Saint Temple. J’ai entendu et lu beaucoup d’inepties, observé des phantasmes… et au final, beaucoup de déçus/es.

 Reprenons nos esprits et voyons la réalité : en ces temps d’obscurantismes et d’occultations sur les symboles et la spiritualité, Elle fut restaurée en 1995/681 par la volonté de Deux Frères = Le Régent du Rite, le Très Respectable Frère  Jean-Marie Auzanneau-Fouquet (GLESO) et Pierre-Girard Augry (ancien Grand Maître) !

L’Europe fut divisée et Ils refondent les « neuf » provinces qui furent crées sous l’impulsion de Carl Gotthelf Freiherr*, Baron Von Hund und Alten-Grotkau (Chevalier de l’épée sous le nom Eques ab Ense) ; une Loge existante « La Juste et Parfaite Loge L’UNION » de Francfort-sur-Le Main, le reçu au Trois premiers Grades le 20 mars 1742.

Décidé à rétablir l’ORDRE, le Baron de Hund écrivit les rituels basés sur des documents historiques en sa possession. N’oublions pas que certaines archives en provenance de France, avant et après l’assassinat de Jacques De Molay (le 18 mars 1314 )par le Roi Philippe-le-bel, furent réparties en Europe (Allemagne, l’Ecosse, Suède, Portugal, suisse,etc.).

Mais, commençons par les débuts historiques de l’ORDRE depuis sa fondation !

En l’an de Notre-Seigneur Jésus-Christ 1108, Hugues de Payns ( souvent appelé= Payens, Paganis, Pedans, Peanz, etc.) né en 1070 dans la région ardéchoise** et ses parents se seraient installés près de Troyes à la demande du Comte de Champagne dans le village de Payns.

Avec Godefroy de Saint Omer, il effectua un pèlerinage en Terre Sainte, afin de visiter les lieux Saints. Impressionnés par le Saint Sépulcre, ils firent vœux de s’établir dans la ville sainte. Mais, voyant de quelle manière, les pèlerins étaient traités par les infidèles, ils se proposèrent d’accompagner et de les défendre. Ils prirent cette décision en 1111, et avec Sept autres hommes intègres que la religion serait défendue : ces 7 autres compagnons furent :  Robert de Norfolk (Anglais), Martin Rhodisius (Français), Philippe Durefort (Italien), Philippe de St Maur, Hugues de Lésignan, Guillaume de Pamalis (Catalogne) et Hildebrand Canis de Scala (Allemand).

Unis par un serment solennel à caractère privé, le nombre s’accrut rapidement ; ils étaient prêts à mourir n’importe où, ainsi que leur demandait leur Obligation, qu’ils fussent en accompagnant ou à l’office Divin dans l’église du Temple, dans laquelle le Roi Godefroy de Bouillon (Godofredus de Billon en ancien Français) avait déjà constitué en 1190, des Chanoines réguliers qui suivaient les règles de l’évêque St Augustin.

En 1118, Hugues de Payns, animé par DIEU et de nombreuses visions, voyant combien il pourrait être utile aux Chrétiens, le Christ et le Roi, il exposa à ses Frères son projet de créer un ORDRE. Il s’en ouvrit à Monseigneur Garimond, le Patriarche ; ce dernier les reçus avec bienveillance, mais enthousiasmé au plus haut point, il leur fit prononcer leurs 3 vœux dans l’église du Temple de Salomon : Chasteté, Pauvreté et Obéissance, auxquels ils en ajoutèrent un quatrième, celui d’accompagner et de défendre les pèlerins.

C’est en l’An 1118 , le jour de la Fête de la Sainte Trinité que l’ORDRE fut fondé (Cette Fête fait partie des 7 fêtes de l’ORDRE).

Vivant d’aumônes, ils avaient Une Monture pour Deux Chevaliers ; Monseigneur Garimond intervint auprès du Roi Baudoin II , pour qu’il hébergeât dans son palais royal. Ils furent appelés Compagnons d’Armes du Christ et du Temple de Salomon jusqu’en 1121.

Fin du Premier Chapitre (à suivre…)

Alain Yvon Béguin

Eques A Confluente

(Petit rappel : Le Nom de : STRICTE OBSERVANCE TEMPLIERE est un Nom déposé et non partageable !!!)

*Seigneur

** J’ai eu l’occasion, lors d’une visite à la grande bibliothèque de Cahors, de lire un document certifiant cela !

ITALIE : La vie d’un franc-maçon, la vie de tous – un film immense

De notre confrère Hermès de expartibus.it

Abel et Caïn se sont rencontrés après la mort d’Abel. Ils marchaient dans le désert et se reconnaissaient de loin, car ils étaient tous les deux très grands. Les frères se sont assis par terre, ont fait un feu et ont mangé. Ils se taisaient, comme le font les gens fatigués quand le jour décline. Quelques étoiles apparurent dans le ciel, qui n’avait pas encore reçu son nom. A la lueur des flammes, Caïn remarqua la marque de la pierre sur le front d’Abel et, laissant tomber le pain qu’il allait porter à sa bouche, demanda que son crime lui soit pardonné.

Abel a répondu : « M’avez-vous tué ou est-ce que je vous ai tué ? Je ne m’en souviens plus : nous sommes ici ensemble comme avant ».
« Maintenant je sais que tu m’as vraiment pardonné » dit Caïn « car oublier, c’est pardonner. Moi aussi je vais essayer d’oublier ».
Abel dit lentement : « C’est ça. Tant que le remords dure, la culpabilité dure ».
Jorge Luis Borges

La vie est un film immense, une séquence interminable de scènes qui nous accompagnent depuis notre venue au monde et, probablement, aussi depuis un espace-temps précédant notre descente à l’état humain, jusqu’à notre dernier souffle.

Personne ne peut se permettre de briser cette ligne mystérieuse et karmique de continuité, de descendance et de relations complexes de cause et d’effet. Au lieu de cela, il arrive parfois que « les autres », arbitrairement, isolent, détachent et montent au ralenti du « jugement » seulement quelques fragments, quelques scènes de tout notre voyage, le cristallisant dans des cages et des définitions qui ne nous appartiennent qu’en partie. , hors du contexte des erreurs humaines et des causes contributives qui ont généré chaque « instantané ».

Certaines erreurs, certains moments de haine, d’ahurissement, de colère ou de contradiction, pris en eux-mêmes, sont des actes qui n’honorent certainement pas ceux qui les ont commis. Mais complètement énucléés par la chaîne de l’avant et de l’après, par le flux évolutif de l’existence en devenir perpétuel, ils n’« illustrent » pas et ne rendent pas justice à toute la parabole d’une vie entière, qu’elle soit courte ou longue.

Personne n’ose assembler et « vendre » son film avec nos images. Le droit d’auteur de notre vie, de notre intimité, de nos actes privés, à moins qu’ils ne soient configurés comme des crimes nuisibles à la communauté, nous appartient exclusivement.

Dans la Cineteca della vita, il y a un immense « ruban » de joies et de peines, de découvertes, d’erreurs, de chutes, de désespoir, de joies, d’erreurs, de vertus et de vices, de chutes et d’ascensions. Mais je le répète : personne n’a le droit de prendre possession de ce matériel pour éditer un « court » qui n’illustre pas pleinement ce que nous sommes.

Et quand je dis « personne », je me réfère, ésotériquement, avant tout à nous-mêmes. Car même et surtout nous-mêmes, dans un jeu pervers de dissociation, de céder à nos composantes « pègres », pouvons devenir « autres », étrangers.

Et se comporter envers nous-mêmes à la manière de certains pseudo-journalistes de la télévision mainstream qui ne partent pas à la recherche de la « vérité » mais assemblent les réponses des interviewés à leur guise pour démontrer une thèse idéologiquement préfabriquée.

Dans la vie chacun a toujours droit à une seconde chance de rédemption car même le mal commis, s’il est objectivé, « écouté », compris et élaboré dans le travail inlassable du « Connais-toi toi-même«  , peut, doit, être transformé de défaite, ou d’une marque infâme, à une occasion évolutive nécessaire pour se corriger, se perfectionner et transformer alchimiquement le vice en vertu.

Personne n’est fait du mal ou du bien absolu. Abel et Caïn sont deux forces principales et archétypales qui ont toujours été présentes en nous. Personne ne touche Caïn.
Le pardon – à nous-mêmes – est grâce, justice et surtout oubli.

Toucy’Storic – Journée du Livre d’Histoire, ce samedi 21 août 2021

Toucy’Storic – Journée du Livre d’Histoire, ce samedi 21 août 2021

Nous apprenons que Toucy’Storic teindra sa 4e édition. Cette année, le Président est Pierre Branda, directeur du patrimoine chargé des finances et de la Collection d’objets à la Fondation Napoléon.

À Toucy, dans l’Yonne, la Grande Loge Provinciale de Bourgogne-Franche-Comté de la Grande Loge Nationale Française a répondu présent et vous accueillera sur son stand SCRIBE/Villard de Honnecourt. Pour partager avec un large public sa passion pour le fait historique.

Venez à leur rencontre !

Un programme riche et ouvert à tous est proposé : rencontres, dédicaces, tables rondes, conférences, animations… rythmeront cette journée de partage https://www.toucystoric.com/programme

L’entrée est libre et gratuite.

Pour cette édition exceptionnelle de 2021 toutes les précautions sanitaires nécessaires seront respectées, afin que cet évènement se déroule dans les meilleures conditions (contrôle du pass sanitaire).

○ Un lieu magique

Au cœur de la surprenante église fortifiée de Toucy exceptionnellement mise à disposition pour cette occasion. L’imposante église Saint-Pierre bâtie tout en grès ferrugineux domine le bourg, elle était adossée aux fortifications qui protégeaient Toucy à l’époque de la construction.

Rappelons que Toucy est la ville de naissance du célèbre encyclopédiste et éditeur Pierre Larousse (1817-1875).

Nous vous attendons aussi nombreux que des épis de blé.

En savoir plus https://www.toucystoric.com/

Infos pratiques :

Lieu : Église Saint-Pierre – Toucy (Yonne), au cœur de la Puisaye, en Bourgogne

Horaires : 10h30-18h

Source :

Toucy’Storic

ANGLETERRE : La Royal British Légion demande l’aide des francs-maçons dans sa chasse aux vendeurs de coquelicots

Du site de La Grande Loge provinciale du Lincolnshire Freemasons

La Royal British Legion s’est tournée vers la franc-maçonnerie pour l’aider à trouver des volontaires pour l’appel du coquelicot de cette année.

Moins de bénévoles se sont manifestés cette année. L’organisation prévoit un manque à gagner pouvant atteindre 3 millions de livres sterling, du moins si cette tendance ne peut pas être inversée.

L’APGM du Lincolnshire, Peter Brooks, a expliqué : « Davantage de volontaires sont nécessaires dans tout le pays, mais dans le Lincolnshire, il y a un besoin particulier d’aide à Scunthorpe et à Boston, mais aussi à Grimsby, Cleethorpes, Morton et Welbourn. Je demande donc à nos membres s’ils pourraient prendre le temps de participer à l’appel dans ces domaines. »

Les rôles disponibles pour ceux qui souhaitent s’impliquer sont variés, de la coordination d’activités à la livraison de coquelicots et au travail dans la vente de coquelicots.

La collecte de fonds communautaire de la Légion britannique dans le Lincolnshire est Gemma Leaning. Elle a expliqué : « Les volontaires intéressés sont invités à me contacter pour une conversation informelle dans un premier temps. Une fois satisfait de la description et de l’emplacement des rôles disponibles, le volontaire sera invité à assister à un entretien avec moi, et une fois que les deux parties seront satisfaites de l’adéquation du volontaire pour un rôle particulier, nous pourrons faire avancer la candidature. »

Pouvez-vous aider? Si oui, contactez Gemma par email à gleaning@britishlegion.org.uk ou par téléphone au 07551 138422

Propos d’un Grand Hiérophante : « Les affaires souffrent »

–           Mon ami, mon fidèle secrétaire, mon ami Thot, où allons-nous ? Notre royaume de Franche Fidélité est en soucis ! Pensez-donc, nous ne savons pas encore quand cette affreuse épidémie de peste covidale cessera. Mais nous en souffrons profondément.

Le Marquis de Puteaux me l’a confirmé : chez lui, les populations fuient avec tous leurs petits moyens dans son marquisat. Elles vont se cacher. Elles ne payent plus. Comme chez nous. Et il semblerait que ce soit la même désolation dans toutes nos provinces.

Roi du moyen âge

Vous rendez-vous compte, mon fidèle Thot, à quel point les finances du royaume vont-elles en souffrir ? Comment nos Fermiers Généraux vont-ils récolter l’impôt ? Les capitations des vieux serfs s’étiolent, car ils vont se cacher au fond des bois. Quant aux jeunes, nos Sergents Recruteurs peinent à l’extrême, pour les faire venir en nos rangs. Et ces jeunes ont des difficultés à payer écot.

Ah mon bon Thot, comment allons-nous financer nos carrosses et les déplacements de notre brillante Suite ? Comment faire briller au firmament du monde, notre magnifique génie ? Aurons-nous, lors de nos déplacements, comme il se pouvait jusqu’à ce jour, pouvoir choisir auberges cossues et repas plantureux ?

–           Monseigneur, notre Frère le Grand Argentier laissait à voir souffrir son visage. Ses oreilles pendaient comme celles d’un cocker épuisé. « Mes bourses sont vides », vint-il me dire sans ambages. J’ai cru qu’il plaisantait et se vantait d’une nuit mémorable. Mais non, hélas… il parlait de notre tiroir-caisse !

–           Mais diantre, ami Thot, comment vais-je financer mes beaux voyages ?

–           Impossible, Messire Grand Hiérophante, vous allez devoir rester à domicile ! Le Grand Argentier a beaucoup insisté.

Vieux valet anglais

–           À domicile ? Mais c’est impossible ! Manant que vous êtes !

–           Vous travaillerez en vidéo-conférence, Messire Mon Seigneur, je vous ai réservé une salle Zoum-Zoum…

–           Qu’est-ce cette horreur ? Où avez-vous trouvé cette salle ? Elle a combien d’étoiles ? À moins de quatre étoiles vous savez bien que je meurs rituellement !

–           Il n’y a plus d’étoiles Messire, et vous resterez chez vous !

–           Chez moi ? Quelle horreur ! Et mon tour du monde de nos possessions de Franche Fidélité ?

–           Il faudra se faire une raison mon Seigneur. Les manants ne payent plus. Notre train de vie n’est plus ce qu’il était et, probablement, il ne sera plus jamais ce qu’il était.

–           Thot, il me vient une idée : monnayons nos médailles en chocolat !

–           J’y ai pensé mon Hiérophante préféré. Mais voilà, tous les Suprêmes voisins ont la même idée. Nous n’aurons que peu de clients ! Et les prix baissent avec cette concurrence désastreuse !  Il faut se faire une raison.

–           Jamais ! Tu entends ! Jamais ! Je n’ai pas léché les bottes consciencieusement pendant des années à mes supérieurs, pour renoncer de façon inconsidérée à ces avantages durement acquis !

Je suis sorti désespéré du bureau de mon Maître vénéré. Lui-même, comme tous les Marquis du Royaume de France Fidélité, ne se rendent pas compte que la situation actuelle de notre Royaume s’est beaucoup détériorée. Ils s’appuient sur la Tradition, certes, mais peut-on dire que Tradition est synonyme de Répétition ?

ARGENTINE : La franc-maçonnerie dans la vie du général José de San Martín

De notre confrère argentin ciudadanodiario.com.ar – Par Carlos Campana

Il existe une abondante documentation qui indique que le Libérateur a participé activement à diverses loges de notre continent et d’Europe.

Pendant longtemps, il a été dit que le général José de San Martín était un membre actif de la franc-maçonnerie. Pour être précis, depuis le début du XIXe siècle, et ce avec d’autres patriotes qui sont venus sur notre territoire avec un plan de libération et d’indépendance conçu depuis l’Europe.

Bien que certains historiens catholiques affirment, sans grand fondement, que le héros de Chacabuco et Maipú était un fervent chrétien et que pour cette raison, il n’était pas maçon, il existe un grand nombre de documents qui confirment que le Libérateur appartenait à plusieurs loges maçonniques et qu’il fut également fondateur de quelques-unes d’entre elles. Même après s’être installé sur le vieux continent, il en resta affilié jusqu’à sa mort en 1850.

Une société discrète

La franc-maçonnerie est une discrète qui se définit comme philanthropique, philosophique et symbolique. De plus, elle n’est ni politique ni religieuse, mais initiatique, afin de favoriser le progrès moral et intellectuel des personnes.

On pense que les origines de cette association se sont révélées entre le Xe et le XIe siècle en tant que guilde de constructeurs de cathédrales, de ponts et de châteaux au milieu de l’ère féodale.

Les premiers signes de la francmaçonnerie sont originaires d’Ecosse (Royaume-Uni) où la première loge opérative appelée Kilwinnig Mother Lodge No. 0 a été établie. Elle a obtenu ses statuts en 1595.

Dans le royaume d’Angleterre, la Franc-Maçonnerie ne sera constituée en tant que tel qu’à partir du 24 juin 1717, date à laquelle quatre loges se sont réunies pour constituer la Grande Loge de Londres et de Westminster ; Contrairement aux loges écossaises, ces loges étaient dites « spéculatives », jusqu’à ce qu’en 1813 l’actuelle « Grande Loge Unie d’Angleterre » soit créée après la fusion de plusieurs loges.

Au milieu du XVIIIe siècle, la franc-maçonnerie se répand rapidement et s’implante en France, où plusieurs loges sont fondées.

Dans ce pays, les idées de liberté, d’égalité et de fraternité se sont propagées à une vitesse extraordinaire, au point que nombre de ses membres ont participé à un nouveau mouvement appelé « Les Lumières » et qui a atteint les tribunaux européens comme l’absolutisme éclairé. Bien que certains de ces francs-maçons cherchaient un nouveau système de gouvernement, contre les monarchies.

Malgré le fait que l’Espagne ait une monarchie absolutiste et catholique, plusieurs loges ont été installées dans ce royaume et même certains de ses ministres en étaient membres.

Pendant ce temps, à la fin du XVIIIe siècle, les premières installations de loges furent réalisées dans le Río de la Plata, ce qui a suscité la méfiance des autorités coloniales de l’époque, promues par le Portugais Juan Silva Cordeiro , qui, avec d’autres Américains, formèrent la loge opérationnelle « San Juan de Jérusalem », la première à s’être établi à Buenos Aires.

L’expansion rapide de cette étrange institution à travers le continent européen, a provoqué la réaction de l’Église catholique. En 1738, le pape Clément XII a publié une bulle intitulée « In Eminenti Apostolatus Specula », par laquelle tous les maçons étaient excommuniés. Dans les pays catholiques comme l’Espagne ou l’Italie, des persécutions par la Sainte Inquisition eurent lieu.

La loge de Cadix

Comme nous le savons tous, José de San Martín est né le 25 février 1778 à Yapeyú, Corrientes, et après avoir résidé quelques années sur ces terres, il partit avec sa famille pour la péninsule ibérique, où il s’installa.

Au bout d’un certain temps, l’appel des armes fut le plus fort. Tout comme son père et ses trois frères il entra dans l’armée comme cadet pour obtenir plus tard le grade d’officier. Il se distingua dans diverses campagnes militaires. En qualité de second assistant, il s’installa à Cadix de 1802 à 1811.

Depuis la fin du XVIIIe siècle, dans la ville de Gaetana, les loges maçonniques travaillèrent intensément à proclamer les idées libérales. La plupart étaient espagnoles. Ces Loges étaient composées de plusieurs américains qui partageaient ces mêmes principes.

C’est à cette époque que le capitaine José de San Martín intégra la loge « Integridad Nº 7 » , dont le président était le gouverneur et général vénézuélien Francisco Solano. Sa charte constitutive fut accordée par la Loge provinciale des Anciens et, en 1804, elle fut classée n ° 7 dans ce qu’on appelle le Gran Oriente Regional de Sevilla.

Au milieu de l’année 1808, San Martín rejoignit une autre loge, appelée « Rational Knights N° 3 ». Quatre ans plus tard, un groupe d’Américains, parmi lesquels se distinguait l’enseigne Carlos María de Alvear, partit pour Londres pour former la Loge. les « Rational Knights N°7« , qui seront plus tard intégrés à la Loge de Buenos Aires, qui influença l’indépendance de l’Amérique du Sud.

La franc-maçonnerie à Buenos Aires

Pendant les premières années de la révolution, une institution secrète appelée la «Loge de Buenos Aires» fonctionnait dans la capitale de Río de la Plata, à laquelle de nombreux patriotes participèrent.

En mars 1812, plusieurs membres de la Loge des Chevaliers Rationnels n° 7 arrivèrent de Londres, Royaume-Uni, dont Carlos María de Alvear, José de San Martín, José Matías Zapiola, José Chilavert et d’autres Américains, qui débarquèrent de la frégate British George. Mise en réserve pour rejoindre celles de Buenos Aires.

Julián Álvarez a organisé la soi-disant «Grande Loge de Buenos Aires», qui a fonctionné de 1812 à 1815. Après la chute cette année-là du conseil suprême et président de la loge, Carlos María de Alvear, elle fut reconstituée en une deuxième loge, appelé « Ministérielle » et présidée par José de San Martín avec Julián Álvarez, Juan Martín de Pueyrredón et d’autres patriotes. 

L’un des principaux objectifs était de déclarer l’indépendance de l’Espagne et de promouvoir un gouvernement constitutionnel. Entre autres plans était de procéder à la libération du Chili et du Pérou, qui étaient alors aux mains des royalistes. Ayant accompli cette mission, elle fut dissoute en 1820. 
On pense que le Major Colonel José de San Martín fonda à Mendoza à la fin de 1816 une loge appelée « Armée des Andes » , à laquelle un grand nombre de chefs et d’officiers se joignirent.

En 1817, après la libération du Chili, la « Loge Lautaro » de ce pays fut créée. Elle était composée de Bernardo O’Higgins, José de San Martín, Tomás Guido et Juan Gregorio de Las Heras, entre autres francs-maçons. Plus tard, lorsque les troupes patriotiques libérèrent Lima en 1821, le général San Martín reconnut la première loge « Paz y Perfecta Unión N ° 1 », qui possède une documentation intéressante qui prouve l’implication du Libérateur dans la franc-maçonnerie.

Saint Martin et la connexion écossaise

En 1824, José de San Martín et sa fille quittèrent Buenos Aires pour la France. Là, on lui refusa l’entrée. Il se rendit immédiatement au Royaume-Uni, où il fut reçu par son ami, l’Écossais James Duff, comte de Fife, qui invita le Libérateur à se rendre en Écosse la même année.

À son arrivée dans la ville de Banff, le saint de l’épée fut nommé citoyen d’honneur. Au cours de leur séjour en ce lieu, le général et son ami visitèrent deux loges maçonniques, appelées ‘St. André N°52’ et ‘Saint Jean, Opératif N°92’, dans lequel ils reçurent tous les honneurs.

A noter qu’à cette époque, son ami Duff était le Grand Maître de la ‘Banff Provincial Lodge’, appartenant à la ‘Grand Lodge of Scotland’. 

Il existe une documentation intéressante dans cette région qui relie le Liberator aux loges écossaises.

Reconnu dans les loges européennes

Après avoir résidé plusieurs mois au Royaume-Uni, le général San Martín s’installe à Bruxelles (Belgique) pour s’y installer définitivement.

Quelques mois plus tard, il participa à la loge maçonnique « La Parfait Amitié », où il reçu une décoration spéciale, une médaille avec son visage, réalisée par le maçon et graveur belge Jean Henri Simon. Cette médaille – qui existe toujours – comporte différentes données maçonniques, ce qui constitue une preuve supplémentaire de son affiliation à cette institution.

Après s’être installé en France, il fut membre de la loge « Irvy » et participa à plusieurs autres loges jusqu’à sa mort. 

On pense qu’à la demande de San Martín, son gendre Mariano González Balcarce cacha ou détruisit une importante documentation maçonnique que le Libérateur avait dans ses archives, bien que certains documents survécurent.

Une partie du mystère fut résolu il y a quelques années lorsque la documentation de la «Grande Loge de Belgique» fut trouvée dans les archives du KGB , parmi lesquelles se trouvaient des écrits mentionnant le plus grand héros des loges susmentionnées.