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BRESIL : La franc-maçonnerie à Vale do Aço

De notre confrère brésilien diariodoaco.com.br

L’une des plus anciennes organisations au monde, la franc-maçonnerie existe depuis plus de 60 ans dans la Steel Valley et depuis de nombreux siècles dans le monde. Elle est encore considérée comme secrète et mystérieuse pour de nombreuses personnes, en particulier pour les religieux plus traditionnels. 

Contrairement à de nombreuses théories, un membre de longue date de la Valley of Steel raconte comment l’organisation utilise des principes bibliques et préconise la quête de soi pour améliorer le caractère humain.

Selon les informations de la franc-maçonnerie, il existe actuellement environ six millions de francs-maçons dans le monde, présents dans 160 pays. Les États-Unis sont considérés comme la plus grande puissance maçonnique, ayant même dans le billet d’un dollar un symbole de la franc-maçonnerie. Le Brésil est considéré comme la troisième puissance maçonnique. Dans la région de Vale do Aço, elle est présente dans la région métropolitaine et dans quelques autres municipalités environnantes, avec 20 Loges et environ 500 membres.

Izaías José da Silva
Izaías José da Silva appartient à la Loge maçonnique União e Progresso de Coronel Fabriciano depuis 26 ansLe

Le soldat vétéran Izaías José da Silva, 73 ans, est membre de la loge maçonnique União e Progresso dans le quartier Giovanini de Coronel Fabriciano depuis 26 ans. Il explique qu’il est impossible de parler de l’histoire du Brésil et du Minas Gerais sans parler de la franc-maçonnerie. Longtemps considéré comme secrète. Il préfère qualifier l’organisation de discrète. « Cette idée de secret vient des temps anciens, quand on ne pouvait pas révéler le secret à l’époque. Aujourd’hui, nous sommes juste discrets, mais nous avons beaucoup d’activité sociale. Chaque année nous organisons la distribution de milliers de paniers de nourriture, en plus des fauteuils roulants et des chaises de bain, mais beaucoup de gens ne le savent pas« , a-t-il déclaré.

Actuellement, la Loge du district Giovanini est dirigée par le Vénérable, un terme donné au Président de la Loge par Humberto Oliveira de Araújo. Izaías a été Vénérable de 2010 à 2012 dans le même siège. Il est devenu récemment président du Conseil des Vénérables de la région métropolitaine. de Vale do Aço. Le franc-maçon détient également le 33e degré, une sorte de grade maximal, pour le travail réalisé.

Lorsqu’on lui a demandé comment il a choisi de rejoindre l’organisation, Izaías a répondu qu’il avait été choisi. Pour en faire partie, on peut être parrainé par un membre, habilité en tant que parrain. 

 » Ma famille était évangélique et s’est rapidement opposée à cela. Quand j’ai expliqué comment cela fonctionnait vraiment, ils ont accepté. Et quand j’ai appris à connaître toute l’organisation et la discipline basée sur la fraternité, je suis tombé amoureux« 

a-t-il souligné.

membres

Actuellement, chaque Loge de la région compte en moyenne 50 membres, tous des hommes de professions différentes, le but est de s’entraider. Les réunions appelées des tenues, ont lieu une fois par semaine, pour participer, vous devez être initié après une série de votes et d’approbation par les membres de la Loge. Les épouses agissent dans des actions séparées, principalement de nature sociale.

Contrairement aux légendes, Izaías raconte que :

l’un des fondements de la franc-maçonnerie est de croire à l’immortalité de l’âme et au Dieu créateur, appelé le Grand Architecte de l’Univers. 

…Mais nous acceptons toutes sortes de personnes, de religions ou de professions ou de partis politiques, il suffit d’avoir un comportement sans tache, exemplaire et familier« , a-t-il souligné.

La date au Brésil

La fête de la franc-maçonnerie est célébrée dans le monde le 21 juin, mais au Brésil, elle a été choisie pour le 20 août en raison de la proclamation de l’indépendance du Brésil qui aurait eu lieu ce jour-là, à l’intérieur d’un temple maçonnique à Rio de Janeiro, en 1822, en une section maçonnique avec la présence de Dom Pedro I, José Bonifácio et Gonçalves Ledo, considéré comme un influenceur du fait.

Contact de l’auteur

Humanisme N° 332 – Revue des francs-maçons du Grand Orient de France

Conform édtion, août 2021, N° 332, 128 pages, 12 € – 15 € avec le port inclus

Humanisme d’août 2021, revue des francs-maçons du Grand Orient de France vient de paraître. Cette dernière livraison comprend le traditionnel dossier intitulé « Les nouveaux inquisiteurs ».

Nous trouvons au sommaire :

Éditorial par Marc Riglet

Dossier : Les nouveaux inquisiteurs

  • Les Pingouins de la discorde par Xavier Gorce,
  • Les réseaux sociaux, entre manipulation et censures par JP Sakoun,
  • Censure et cancel culture au cinéma par Emmanuel Pierrat,
  • Politique identitaire : Regards croisés U.S.A.-France par Laurent Dubreuil,
  • Observer le décolonialisme par X-Laurent Salvador,
  • Le rituel de ralliement au régime diversitaire : le cas de la soumission à la théorie du racisme systémique par Mathieu Bock-Côté,
  • Justicialisme punitif et autocensure par Renée Fregosi,
  • Contre l’épidémie de la cancel culture, des anticorps républicains par Jean-Éric Schoettl.

Vitriol

Philippe Foussier Vous avez dit : « diversité » ?

Actualité des Lumières

Charles Coutel Condorcet et la genèse de la loi de 1905 ?

Le Grand entretien

Philippe Foussier Les symptômes d’une société malade

Entretien avec Jean-Pierre Le Goff

Travaux de loges

J-Stéphane Migot Information, liberté de conscience et démocratie (3/3)

Jacques Guyard

Littérature

Damien Cesselin Une fresque humaniste : Les Rougon-Macquart

Le Ventre de Paris (3/20)

Chroniques humanistes

Charles Conte Alimentation et laïcité

Musique

Jean Kriff Déodat de Séverac (1872-1921), un compositeur paysan

7e art

Jean-Louis Coy Edgar Morin : aperçus du cinéma

Livres

Renée Fregosi Nathalie Heinich, Virginie Tournay, Jean- Pierre Sakoun, Xavier GorceLe Bêtisier du laïco-sceptique

Cécile Révauger Que faire… en Loge ?

Paul Sugy L’extinction de l’homme. Le projet fou des antispécistes

Chatterton Williams Autoportrait en noir et blanc

En vente chez Conform édition https://www.conform-edit.com/humanisme.html

ITALIE : Le silence intérieur et le retrait des métaux

De notre confrère italien expartibus.it

La dépossession des métaux est un rite initiatique très ancien, lié au caractère impur qui leur est attribué, et que l’on retrouve associé au mythe de la déesse babylonienne Ishtar, contrainte, lors de la descente aux enfers, de déposer ses ornements, l’un après l’autre pour franchir les sept barrières, avant de se présenter, dénuée de tout, devant sa sœur, la terrible souveraine du royaume des morts.

Mais dans la tradition juive, plus qu’une référence à l’abandon des métaux, il y a à première vue des références « négatives » à ces derniers, notamment quand, à une époque encore nomade, il est rappelé que les pierres des autels doivent être « pures » et « non touchés par le fer » ou, en relation avec la construction du Temple de Jérusalem, pour lequel il est décrit que les pierres furent toutes apportées comme elles devaient l’être, de sorte que, dans la construction de la maison, nous n’entendîmes ni marteau, ni hache, ni outil de fer.

On retrouve encore dans les spéculations de René Guénon des affirmations sur le fait que le rôle des forgerons, artisans voués au travail manuel des métaux, a souvent été associé à la pratique de la magie « inférieure » et « dangereuse », rappelant comment, traditionnellement, ils ont eu une valeur sensiblement « négative ».

Aussi Guénon, dans la tradition ésotérique, note l’association des sept métaux avec les planètes astrales respectives comme s’il s’agissait de « planètes du monde inférieur ». Cependant, ces derniers, à la différence des supérieurs, dont ils condensent les influences, recevant ainsi un aspect « bénéfique », refléteraient un aspect « maléfique ».

On sait cependant que la métallurgie, sous certaines formes traditionnelles, était au contraire particulièrement exaltée et servait même de base à des organisations initiatiques, dont l’exemple le plus célèbre est donné par les mystères des Kabiri qui, au contraire, firent de vastes l’utilisation de métaux dans leurs rituels.

Ils ne sont pas entièrement identifiés comme négatifs dans la tradition juive, car les colonnes Jachin et Boaz elles-mêmes et divers ornements du complexe du temple sont entièrement en métal. De plus, le mot hébreu (Barzel), qui signifie « fer », est composé des initiales des quatre épouses de Jacob, Bilhah, Rachel, Zilpah et Léa, mères des douze tribus d’Israël, qui, selon l’hébreu tradition, protègent des forces du « mal » grâce à leurs vertus spirituelles.

De là, probablement, naît le dépouillement des métaux dans le Rite d’initiation maçonnique, dans lequel le candidat est invité à retirer de lui-même pièces de monnaie, bagues, chaînes, montres, bracelets, avant de subir ce qui peut être considéré comme une Seconde Naissance. , dans laquelle le heurtoir abandonne, pour toujours, son état profane pour entrer dans le Grand Réel, la dimension métaphysique de l’Éveil, des Lumières.

Comme l’écrit Guénon, l’état profane est une condition de l’ignorance. Ce n’est qu’avec l’Initiation que l’on peut marcher vers la Vérité. Avec le Rite relatif, l’Apprenti entame le chemin spirituel : l’achever et s’améliorer ésotériquement ne dépend que de lui, de sa volonté et de sa détermination. La dépossession des métaux représente à la fois la nudité spirituelle avec laquelle le profane s’apprête à surmonter les épreuves initiatiques, son détachement de tout bien matériel, de toute convention, et la volonté de recouvrer l’innocence.

Dans le mythe biblique de la Chute, l’homme est nu, pourtant il n’a pas honte de son état ; ce n’est qu’après la Chute qu’il utilise des métaux pour couvrir son corps et faire face au Monde. Atteindre l’état initiatique, c’est retrouver la pureté originelle.

Le Silence Intérieur et la Spoliation sont des conditions préalables pour entreprendre le Chemin Initiatique et entrer dans le Temple pour Travailler pour Nous-mêmes et pour le progrès de l’Humanité.

L’exemple le plus frappant de l’utilisation « positive » des métaux se trouve dans l’art alchimique dans lequel toute la symbolique du traitement chimique vise à transformer le plomb en or.

Pourquoi alors une telle dualité ? Alors, que sont les métaux ? Pourquoi le besoin de les dépouiller et de les abandonner ?

Leur symbologie s’éclaire en prêtant attention à l’usage que l’homme en fait.

Comme Guénon l’observe toujours, un profane, par l’usage purement matériel des métaux, interrompt leur communication avec leurs principes supérieurs respectifs, les dépouillant de leur possible usage élevé et, par conséquent, les influences inférieures correspondantes, privées de leur double contrepartie, agissent librement pour le seul but d’« abaisser » le profane dans le monde de la « quantité » plutôt que de l’élever dans un monde de « qualité ».

Suite de l’article dans sa langue d’origine

Notre très chère Sœur Joséphine Baker entre au Panthéon !

Joséphine Baker, née Freda Josephine McDonald le 3 juin 1906 à Saint-Louis, grande ville du Midwest, située dans l’Etat du Missouri, aux États-Unis. Elle est la fille de Carrie Mac Donald et d’Eddie Carson, et morte le 12 avril 1975 dans le 13e arrondissement de Paris

Joséphine Baker est une chanteuse, danseuse, actrice, meneuse de revues et résistante française d’origine américaine.

Illustration de Ciril Maçon

Vedette du music-hall et icône des années folles, elle devient française en 1937, après son mariage avec Jean Lion. Elle joue pendant la Seconde Guerre mondiale un rôle important dans la résistance à l’occupant. Elle utilise ensuite sa grande popularité au service de la lutte contre le racisme et pour l’émancipation des Noirs, en particulier en soutenant le mouvement américain des droits civiques.

Sa vie maçonnique

Joséphine Baker est initiée, le 6 mars 1960, au sein de la Loge « La Nouvelle Jérusalem » de la Grande Loge Féminine de France.

Son entrée au Panthéon

La chanteuse franco-américaine, première star internationale noire, entrera donc au Panthéon le mardi 30 novembre prochain. Joséphine Baker deviendra ainsi la première femme noire à reposer dans ce temple républicain, installé dans le Ve arrondissement de Paris.

Illustration : Studio Harcourt – Ministère de la Culture

Sources : https://www.zinfos974.com/

Wikipédia – France Info avec AFP – France Télévisions France Info

PS : Nous vous invitons à lire l’article de notre F∴ Ciril K sur son Blog à propos de Joséphine Baker

ITALIE : Comte Cagliostro – un voyage à travers l’alchimie, la connaissance et l’ésotérisme

De notre confrère vanillamagazine.it par ANNALISA DI MARIA

« Je ne suis d’aucun âge ni d’aucun lieu : hors du temps et de l’espace, mon être spirituel vit son existence éternelle. » Ce sont les mots d’un des personnages les plus controversés et mystérieux de l’histoire italienne, Giuseppe Giovanni Battista Vincenzo Pietro Antonio Matteo Franco Balsamo, connu sous le nom d’Alessandro, comte de Cagliostro ou plus simplement Cagliostro, alchimiste et ésotériste, qui a fait de ces deux disciplines, sa raison de vivre le poussant jusqu’à l’hérésie.

Séduit par la Franc-maçonnerie, il créé un rite appelé « la sagesse triomphante », en 1743 en Sicile. L’un de ses objectifs était de revoir toute la pensée maçonnique à travers l’alchimie et l’ésotérisme. Adulé et haï à la fois, il fréquentait les cours italiennes les plus importantes. A travers ses pratiques de mystiques égyptiennes, il a vécu son propre parcours initiatique.

Le voyage hermétique de Cagliostro avait un but bien précis, celui de mettre en lumière les anciennes doctrines mystiques d’origine, comme celle de l’Égypte. Sa connaissance des pratiques anciennes découle de l’alchimie, que Cagliostro utilisait pour démontrer aux hommes de son temps le côté sombre d’une époque incapable de voir pleinement cette obscurité mystérieuse née de l’agitation humaine.

La redécouverte au siècle des Lumières, grâce à Cagliostro, de tous ces textes anciens ont permis une nouvelle ouverture sur l’Humanisme. Le XVIIIe siècle, sous l’influence de la Renaissance, a pu connaître une nouvelle vie philosophique. Cagliostro devient par sa pensée et ses rites, le trait d’union entre l’ancien et le moderne. Cagliostro a appris les pratiques alchimiques en tant que novice auprès des frères du couvent Fatebenefratelli, lorsqu’il vivait à Caltagirone.

En 1768, il rencontre, à Rome, sa femme, Lorenza Feliciani, complice et compagne qui prit le nom de Serafina. C’est après son voyage à Londres, où il s’initia à la franc-maçonnerie, qu’il fonda sa secte basée sur les rites égyptiens, et c’est précisément pour ces raisons que quelques années plus tard, il fut arrêté et condamné, à la prison à vie, et quitta Rome pour la forteresse de San Leo en 1791, où il mourut 4 ans plus tard fou, certainement à cause d’une maladie du cerveau.

Prison de Gagliostro
Prison de Gagliostro

La légende veut que Cagliostro erre encore dans les murs du fort. En effet, on sait que des bruits étranges se font entendre en provenance de la cellule appelée « pozzetto », ainsi appelée parce qu’elle n’était accessible que par une trappe dans le plafond, là, où Cagliostro a été enfermé et muré vivant. La seule chose qu’il pouvait voir depuis la fenêtre de la cellule était la cathédrale, peut-être pour lui rappeler qui l’avait emprisonné et symboliquement qui l’avait condamné.

Ce guérisseur d’âmes, qui essayait de soigner les gens avec des herbes, était en fait un médecin qui, selon l’Église, allait au-delà de ce qui lui était permis, entrainant l’accusation d’hérésie et ne respectant pas les valeurs de la morale catholique. L’Église a détruit à jamais sa figure de guérisseur en le qualifiant de sorcier charlatan. C’était une sorte de « punition » qui condamna Cagliostro, une punition qui était infligée depuis l’Antiquité à tous ceux qui, à l’aide de pratiques considérées comme « illicites », soignaient les malades et étaient donc considérés comme des sorciers.

La légende veut qu’on ne sache pas où le comte Cagliostro a été enterré après sa mort. Certains disent qu’en 1797 un commandant français a bu dans son crâne, mais si cette légende n’est que fausseté, probablement comme toutes les personnes tuées pour hérésie, son corps a été brûlé comme symbole du péché, de la malédiction et du mal.

Fermée ces derniers mois pour cause de pandémie, rouverte à partir de ce samedi, se déroule au fort de San Leo une exposition sculpturale d’un artiste international, Andrea da Montefeltro, intitulée « Arcana le lion du nouvel horizon »qui rappelle cette histoire à travers un voyage dans les trois phases alchimiques: le nigredo, l’albédo et le rubedo, une symbolique forte qui nous conduira avec l’imagination, mais aussi grâce à son histoire fascinante vers la lumière.

L’article original en italien

24 juin 1717 : les origines de la franc-maçonnerie

De notre confrère le republicain-lorrain.fr

Des mythes et légendes remontant aux Templiers, voire à l’Antiquité, circulent encore de nos jours pour expliquer les origines de la franc-maçonnerie. La réalité est beaucoup moins glorieuse. Il s’agit d’un rassemblement d’ouvriers au sein d’une corporation, qui s’est petit à petit ouvert aux intellectuels de l’époque. Ce mouvement intellectuel s’est progressivement propagé dans l’Europe, puis dans le reste du monde, victime des mutations et parfois des schismes. L’origine de la franc-maçonnerie remonte au XVIIIème siècle en Ecosse et en Angleterre.

Les deux pays ressortent d’une période instable sous le régime d’Oliver Cromwell, pendant laquelle les populations se sont déchirées. S’ensuit un besoin de se retrouver, de se regrouper.

Ainsi, les maçons, bâtisseurs de cathédrales et autres bâtiments, se réunissent dans des corporations qui ont pour but l’entraide mutuelle. On appelle cela les « loges opératives « .

Puis, au fil des années, ces mêmes maçons acceptent que des intellectuels s’insèrent dans ces loges.

Ce sont généralement de généreux notables locaux que l’on surnomme en anglais « free-masons » (« maçons libres » ou « francs-maçons »).

Ces derniers finissent par devenir majoritaires. Les loges deviennent alors des assemblées plus philosophiques et philanthropiques que professionnelles, ce sont des loges de « franc maçonnerie spéculative ».

Elles gardent toutefois un certain nombre de rangs et de symboles d’ouvriers. Il y a les apprentis, les compagnons, les maîtres, ainsi que des outils comme l’équerre, le compas, le maillet, etc.

Un mouvement mondial
Le 24 juin 1717, jour de la Saint-Jean, plusieurs de ces loges se réunissent dans la taverne londonienne L’Oie et le Grill.

Elles fondent la première Grande Loge d’Angleterre. Des intellectuels, mais aussi des artisans, des commerçants et les élites du royaume s’y réunissent pour se sociabiliser et se divertir.

On y retrouve des Français, comme Montesquieu, ce qui explique pourquoi la franc-maçonnerie s’exporte rapidement dans l’Hexagone, dès 1725 à Paris ou 1732 à Bordeaux.

L’exportation progressive des loges, dont faisait partie Voltaire par exemple, permet de faire circuler les idées des Lumières partout en Europe.

Si toutes les loges possèdent des codes communs, il existe des particularités locales.

Par exemple, suite à l’expédition en Égypte de Napoléon Bonaparte, beaucoup de loges françaises adoptent des symboles égyptiens.

Autre exemple : la grande majorité des loges croient en un Grand Architecte de l’Univers.

Ce n’est pas forcément un Dieu catholique ou protestant, même si certaines loges regroupent plus particulièrement des croyants de telle ou telle religion. Il peut simplement représenter la conscience ou un principe créateur.

D’ailleurs, dans l’Hexagone, au cours du XIXème siècle, un mouvement anticlérical d’envergure isole les loges françaises par rapport aux loges anglaises ou américaines.

La franc-maçonnerie a donc une origine bien connue, ce qui n’a pas empêché les rumeurs et les mythes de circuler.

Accéder à l’article intégral

https://www.republicain-lorrain.fr/culture-loisirs/2021/06/24/24-juin-1717-les-origines-de-la-franc-maconnerie

Les Illuminati en 12 questions

De notre confrère BBC Afrique

Les Illuminati sont un nom donné à la fois à une société réelle formée il y a 245 ans et à une société fictive.

Cette organisation fictive alimente les théories du complot depuis des années, certains prétendent qu’il s’agit d’une organisation mondiale secrète et mystérieuse dont l’intention est de prendre le contrôle du monde, et qu’elle est à l’origine de certaines des plus grandes révolutions et meurtres de l’histoire.

Mais qui étaient vraiment les Illuminati et contrôlent-ils vraiment le monde ?

Nous allons apporter un éclairage sur l’une des sociétés secrètes les plus fascinantes de l’histoire.

Qui étaient les véritables Illuminati ?

L’Ordre des Illuminati ou les Illuminati était une société secrète formée en Bavière (qui fait aujourd’hui partie de l’Allemagne actuelle), celle-ci n’a existé que de 1776 à 1785 ; ses membres se qualifiaient à l’origine de perfectibilistes.

Le groupe, inspiré par les idéaux des Lumières, a été fondé par le professeur de droit canonique, Adam Weishaupt. Il voulait promouvoir l’éducation de la raison et la philanthropie et s’opposer à la superstition et à l’influence religieuse dans la société .

Weishaupt cherchait à changer la façon, dont les États étaient gérés en Europe, notamment en supprimant l’influence de la religion sur le gouvernement et en donnant au peuple une nouvelle source de « lumière ».

On pense que la première réunion des Illuminati bavarois a eu lieu dans une forêt près d’Ingolstadt, le 1er mai 1776. au cours de cette rencontre, cinq hommes ont établi les règles qui allaient régir leur ordre secret.

Au fil du temps, les objectifs du groupe se sont concentrés sur l’influence des décisions politiques et le changement des institutions, telles que la monarchie et l’Église.

Certains membres des Illuminati ont rejoint les francs-maçons pour recruter de nouveaux membres.

Un oiseau connu sous le nom de « hibou de Minerve » (Minerve est l’ancienne déesse romaine de la sagesse) a fini par devenir le principal symbole du groupe.

Quel est le lien entre les Illuminati et les francs-maçons ?

Les francs-maçons sont un ordre fraternel qui s’est développé à partir des guildes de tailleurs de pierre et de bâtisseurs de cathédrales du Moyen Âge.

Dans certains pays, notamment aux États-Unis, il y a toujours eu une certaine paranoïa à l’égard des francs-maçons. En 1828, un mouvement politique à but unique, connu sous le nom de Parti antimaçonnique, a même été créé.

Comme les Illuminati recrutaient à l’origine des francs-maçons, les deux groupes ont souvent été confondus.

Comment pouvait-on rejoindre les Illuminati ?

Pour rejoindre les Illuminati, il fallait avoir le plein consentement des autres membres, être riche et avoir une bonne réputation au sein d’une bonne famille.

En outre, il existait un système hiérarchique chez les Illuminati.

Après être entré en tant que « novice », vous deveniez un « minerval » puis un « minerval éclairé », cette structure est devenue plus hiérarchisée, avec l’existence de 13 degrés nécessitant pour chacun une initiation particulière pour y accéder.

Suite de l’article sur le site officiel de la BBC

Comment être heureux en loge ?

Le bonheur est un des objectifs du travail maçonnique ! On l’oublie souvent et c’est dommage ! Ce devrait être la préoccupation principale des officiers et aussi des conseillers de l’ordre des obédiences !

Au Droit Humain, la quête du Bonheur est même inscrite dans la constitution dans son article 3 :

« Les membres de l’Ordre Maçonnique Mixte Internationale le Droit Humain cherchent avant tout à réaliser sur la terre et pour tous les humains le maximum de développement moral, intellectuel, et spirituel, condition première du bonheur qu’il est possible à chaque individu d’atteindre dans une humanité fraternellement organisée ». 

On le retrouve aussi dans la déclaration d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique, dont on connaît l’inspiration maçonnique, cette référence au Bonheur comme un droit :

« Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits, se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. »

Cette recherche du bonheur terrestre peut s’interpréter comme une des différences majeures qui nous distingue de la démarche religieuse et du mysticisme. Pour les religieux et les mystiques seul compte la recherche du bonheur céleste ; pour eux, l’accès au paradis et la béatitude qui l’accompagnent, justifient une vie terrestre axée sur le sacrifice, les devoirs et la souffrance. Rien de tout cela dans la démarche maçonnique.

Bonheur : Etat durable de plénitude et de satisfaction, état agréable et équilibré de l'esprit et du corps, d'où la souffrance, l'inquiétude et le trouble sont absents.

Bien sûr, il ne faut pas confondre Bonheur et Plaisir ; il y a de nombreuses occasions de ressentir du plaisir en loge, mais le bonheur c’est autre chose !

Le plaisir, c’est avant tout un ressenti personnel d’ordre physiologique par la satisfaction d’un ou de plusieurs de nos sens, alors que le bonheur introduit une synergie corps-esprit, en dehors de la mise en jeu de nos sens.

Certains psychanalystes associent Bonheur et Désir. La satisfaction du désir engendrerait le ressenti du bonheur.

Contrairement à un idéal, qui se définit à partir d’un contenu parfois très exigeant, le bonheur est peu exigeant à la condition de savoir apprécier cet « état équilibré de l’esprit et du corps » ; cela peut se résumer à un sourire et on comprend que les smileys soient souvent utilisés pour illustrer la sensation de bonheur.

Le bonheur en loge est la conséquence d’une interaction entre deux composantes :

  • L’être humain,  (le franc-maçon), tel qu’il est,
  • Et le groupe humain, la loge maçonnique, dans lequel il e se trouve.

Pour ressentir ce « Bonheur », plusieurs conditions sont nécessaires ;  on distinguera :

  • Les conditions propres à l’être humain, maçon, placé dans cette situation de participer à une réunion maçonnique,
  • Et celles qui proviennent de la loge concernée.

Les conditions propres à l’être humain, franc-maçon

Pour ce qui concerne le franc-maçon, trois éléments méritent d’être réunis, pour pouvoir éprouver ce sentiment au cours des travaux d’une loge maçonnique :

  • Ne pas être préoccupé ; c’est une condition extrêmement difficile à réaliser tant l’être humain vit sous la pression continuelle de multiples préoccupations ; et chacun sait que la vie contemporaine en a surajouté de nombreuses ! Pourtant, il faut absolument obtenir cet abandon des idées parasites avant d’entrer en loge ; le rituel évoque d’ailleurs « l’abandon des métaux à la porte du temple ! » . On peut inclure les préoccupations dans la catégorie des « métaux ». Pour ne pas être préoccupé, un travail personnel associant relaxation, respiration et méditation, semble aujourd’hui la meilleure méthode à conseiller.
  • Etre en capacité d’écoute : La capacité d’écoute suppose, bien sûr, conscience et vigilance ; elle va de pair avec une prise de parole responsable et réfléchie qui doit rester exceptionnelle !
  • Comprendre le fonctionnement du groupe humain de la loge concernée. Cela devrait être naturel pour les membres de la loge mais en fait, c’est souvent difficile car la capacité de prendre du recul n’est pas évidente ! Tout groupe humain a des codes. Une loge maçonnique a deux sortes de codes : ceux de l’obédience à laquelle elle est rattachée et ceux qui lui sont propres. Connaître les codes et les utiliser facilite la communication et en ce sens, c’est un atout appréciable ! C’est peut-être ce qui explique le rapport entre Bonheur et Connaissance (cf le schéma – Lire l’article).

Les conditions propres à la loge concernée

La loge concernée est en situation de pouvoir favoriser le bonheur d’être en loge, à condition de réunir trois éléments :

  • Une bonne maîtrise du rituel et de l’ordre du jour de la part du vénérable et des officiers : il s’agit de favoriser la mise en valeur des moments forts du rituel en évitant les « ratés » des cafouillages possibles. De même, un ordre du jour équilibré avec différents types de planches est un excellent  moyen de soutenir l’attention. On associera à cette condition, l’influence que peut avoir la cadre du temple et sa décoration.
  • L’absence de conflits entre les membres de la loge : le moindre conflit peut avoir une influence délétère qui se répercutera inévitablement à un moment ou à un autre et souvent quand on s’y attend le moins !
  • Un ordre du jour « harmonieux », avec une ou deux planches particulièrement bien « polies » qui peuvent permettre d’exprimer l’authenticité des émotions.

Lorsque toutes ces différentes conditions sont réunies, il est possible de se sentir heureux en loge lors d’une tenue maçonnique.

Chacun décrira ce bonheur ressenti avec des mots personnels mais, il me semble que l’on pourrait retrouver trois points communs soit isolément soit concomitamment  :

–          La satisfaction de partager des valeurs morales qui irradient les sœurs et les frères aussi bien dans leurs personnalités que dans leurs prises de parole,

–          Le ressenti d’une paix au travers d’un ou des moments de concentration et de recueillement que recèle le rituel,

–          Le curieux sentiment d’apprendre et de comprendre une partie des mystères de la vie.

Globalement, ce sentiment de bonheur se rapproche d’une sérénité ressentie dans une ambiance collective calme et bienveillante. Ce bonheur ressenti est d’abord un sentiment personnel et n’est pas forcément partagé par tous.

Certains parlent parfois d’égrégore mais le terme est sujet à caution, car il désigne une « béatitude » conditionnée par une «dépersonnalisation » consécutive à la mise en condition provoquée par la pratique rituélique ; ce n’est pas une spécificité maçonnique. Contrairement au bonheur ressenti, l’égrégore, quand il existe, est un sentiment largement partagé par le groupe.

Le bonheur en loge doit être vécu en pleine conscience ; ce n’est ni un plaisir ni une jouissance.

C’est un sentiment particulier qui persiste dans la mémoire après que l’on a quitté le temple pour retrouver son quotidien. Il nous permet bien sûr de donner du crédit à notre démarche maçonnique. Ne pas le connaître, favorise le détachement voire la démission. Il faut aussi être conscient que ce bonheur ressenti suppose d’accepter le silence sur un certain nombre d’imperfections que recèlent une communauté d’humains !

En dehors de la démarche maçonnique, rappelons que la notion de bonheur est un critère de qualité de vie :

BRESIL : Le Vénérable Maître de la Loge maçonnique de la Persévérance visite Folha do Litoral News

Jean Cristiano Correa préside la Loge qui est responsable de la rubrique hebdomadaire « Franc-Maçonnerie »

De notre confrère brésilien folhadolitoral.com.br

Dans l’après-midi du mardi 17, Jean Cristiano Correa, Vénérable Maître de la Loge maçonnique Perseverança n°159 du Paranaguá, fédérée au Grand Orient du Brésil (GOB) et juridiction du Grand Orient du Brésil-Paraná (GOB-PR) , a visité le siège de Folha do Litoral News. Il a été reçu par le directeur administratif du journal, Luiz Carlos Alves Bonzatto, et son directeur commercial, Antonio Saad Gebran Sobrinho. Au programme, la nouvelle ligne éditoriale de la rubrique « Franc-maçonnerie« , qui est publiée chaque semaine dans Folha do Litoral News, sous la responsabilité de Loja Perseverança, ainsi que l’Ordre maçonnique et sa relation en faveur des avancées sociales pour le Paranaguá et la côte .

« Nous sommes reconnaissants pour la visite de la part de Perseverança, la loge mère de la franc-maçonnerie du Paraná et la plus ancienne de notre État, l’une des plus anciennes du Brésil. La visite a été très fructueuse, ils nous ont très bien reçus. La radio est très importante, elle nous aide à démystifier la franc-maçonnerie pour la population en général, quelque chose d’important dans le sens d’apporter des améliorations que l’Ordre apporte à la société »

dit le Vénérable Maître, Jean Cristiano Correa, soulignant les projets sociaux que la Perseverança mène à Paranaguá, parmi lesquels la Maison pour personnes âgées Perseverança, la Garderie Perseverança et le projet Perseverando na Educação, qui offre des bourses à Isulpar à des étudiants socialement vulnérables. 

« De plus, nous avons un projet en cours de développement pour proposer des tests d’acuité visuelle aux enfants nécessiteux du Paranaguá, en fournissant également des lentilles et des lunettes », explique Correa. « La chronique nous aide beaucoup à montrer à la population ce qu’est la franc-maçonnerie par essence, qui est la recherche de la vérité, pour les hommes de bonnes mœurs, en évolution personnelle et en société. Nous avons une idée de pouvoir apporter des informations qui ouvrent la franc-maçonnerie à cet égard à la population de manière légère, accessible et faire en sorte que les gens aient une vision moins nébuleuse de l’Ordre. Un grand merci à Folha do Litoral News pour cela », conclut le Vénérable Mestre.

L’administration : du dévouement au dévoiement

Dans la fiction, l’administration est souvent représentée comme une organisation n’ayant d’autre intérêt qu’elle-même et semble n’avoir pour but que de nuire à la marche des personnages.

Comme en ce moment de vacances, j’ai quelques loisirs et que des circonstances indépendantes de ma volonté me retiennent à mon domicile, j’ai mis à profit mes congés d’été pour me revoir quelques séries de ma jeunesse, notamment Buffy contre les Vampires et Charmed.

Si vous avez été jeunes à la fin des années 90, ces noms doivent vous rappeler le souvenir des séries du samedi soir sur M6. Et force est de constater que ces séries restent très intéressantes, par leur côté initiatique, justement. Ainsi, Buffy Summers doit s’améliorer sans cesse pour accomplir sa destinée de Tueuse, et pour ce faire vaincre les démons qui se présentent à elle, mais surtout ses propres démons. De la même manière, les sœurs Halliwell doivent faire face aux représentations de leur côté sombre pour triompher des machinations de la Source. Mais un autre aspect m’a frappé dans ces deux séries : un point commun aux deux sociétés secrètes en charge de protéger les héroïnes.

Dans l’univers de Buffy, la Tueuse n’agit pas seule, et est toujours aidée et soutenue par un Observateur (du moins, en principe). Les Observateurs sont en effet une organisation d’érudits en charge de la protection des Tueuses. De la même manière, dans Charmed, les bonnes sorcières sont soutenues par des Etres de Lumière, un genre d’anges gardiens, dirigés par l’organisation des Fondateurs, responsable de la magie bonne sur Terre.

Or, chez Buffy, le conseil des Observateurs se révèle être une organisation très bureaucratique, avec des personnages qu’on croirait tout droit sortis de la comédie Les Employés de Balzac. Ils se montrent plus soucieux du respect des procédures administratives par Buffy et ses compagnons d’arme que de l’apocalypse à venir, à savoir la renaissance d’une déesse du mal et du chaos (saison 5).

De la même manière, dans Charmed, l’Etre de Lumière en charge de la protection des sœurs Halliwell se retrouve pris en porte-à-faux entre sa mission de protection des sorcières et les process de l’organisation des Fondateurs, plus prompte à se protéger elle-même que ceux qu’elle doit protéger. D’ailleurs, un œil critique constaterait l’inefficacité crasse des Fondateurs, toujours prompts à réagir après coup et plus préoccupés du comportement de leurs agents que de leur mission de sécurité.

Je soupçonne dans ces deux séries un léger ressentiment contre l’administration en général, vue à l’américaine, autrement dit comme un ramassis de petits chefaillons jouissant de leur petit pouvoir et de la souffrance engendrée par leurs diktats. C’est la fameuse banalité du mal chère à Hannah Arendt: on ne voit pas plus loin que le bout de son nez ou de sa queue.

Il serait simpliste d’interpréter le message de ces séries comme un pamphlet contre ces administrations pléthoriques et incompétentes, qui brident la créativité et la liberté. Et encore plus simpliste de dénoncer ici une vision néolibérale, voire libertaire et anarcho-capitaliste (un monde sans règles administratives, voire sans règles) dans ces séries. Mais c’est un peu plus complexe que ça : il ne faut pas oublier que la liberté est dans la règle. Sinon, on sombre dans le chaos. Et puis, mettons-nous à la place des scénaristes : une administration incompétente qui s’oppose à la marche des héros et qui va du dévouement au dévoiement, n’est-ce pas là un magnifique point d’intrigue à pas cher ?

Toujours est-il qu’en visionnant ces séries que j’adore, je me suis posé une question assez grave : et si nous, Francs-maçons étions en train de devenir aussi détestables que ces organisations secrètes qui se comportent en ramassis de fonctionnaires aussi zélés que bornés ?

J’en veux pour preuve dans ma propre Loge des débats interminables pour savoir quelle position adopter sur une phrase d’un règlement général, il y a quelques années. Nous y avions consacré deux Tenues, de trois heures chacune. C’était long. « Le temps de la démocratie », a péroré l’un des Frères à l’instigation de ces débats ô combien enrichissants (attention, ironie). Du coup, on y a perdu un Apprenti (en l’occurrence, un de mes filleuls), qui estimait au bout d’un moment qu’il avait autre chose à faire de ses soirées qu’écouter, je cite, une « bande de vieux toquards se prendre la tête sur des conneries quand il y a beaucoup d’autres choses à faire ».

Mon parrain en maçonnerie avait lui-même prévu cette dérive. Il ne venait quasiment plus en Loge, estimant, je cite, que la Loge devenait un comité d’usagers et en oubliait son travail maçonnique au détriment du travail administratif… Quand je vois le temps que l’on peut passer en Loge à débattre du montant de la cotisation annuelle ou à interpréter des circulaires de l’Obédience, des notes de service et autres documents ô combien fondamentaux comme un sondage de choix de couleur de moquette, je me dis que nous ne valons finalement guère mieux que le Conseil des Observateurs de Buffy ou les Fondateurs de Charmed. A une différence près : comme nous n’avons plus aucun poids politique ou culturel, nous ne nuisons à personne d’autre que nous-mêmes…

Au final, organiser une ou plusieurs Tenues autour de points administratifs et routiniers relève d’une forme de facilité, préférant le profane à l’initiatique. Mais le sacrifice de deux soirées par mois à écouter des personnes pérorer sur des points de procédure incompréhensibles sans un certain recul en vaut-t-il vraiment la peine ?

Peut-être est-ce là la clé de la désertion de nos temples : nous sommes tellement pris dans nos routines administratives (parfois nécessaires pour faire fonctionner la Loge) que nous en oublions ce pour quoi nous avons frappé à la porte du Temple. Nous nous fourvoyons tant dans les demandes d’autorisation, les formulaires et autres laisser-passer A38 que nous nous prenons pour une véritable administration et nous en oublions nos objectifs, à l’instar des Fondateurs ou du Conseil des Observateurs. En un sens, ces séries nous avertissent : à se prendre pour des gestionnaires, on en oublie sa vocation première, qui est le service d’une cause parfois plus grande que nous-mêmes.

Bon, je vous laisse, je dois me préparer à mon assemblée générale de copropriété.

Je vous embrasse.