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1er mars Mardi Gras, un sobriquet donné au GODF en 1912…

La date est variable, chaque année Mardi Gras a lieu 47 jours avant Pâques. Ainsi, le Mardi Gras est toujours fixé entre le 3 février et le 9 mars ; soit juste avant la période de Carême, c’est-à-dire 41 jours + 6 dimanches, soit finalement 47 jours avant Pâques. Au XVIIIe siècle le premier jour gras était le jeudi gras.

Carnaval Seloncourt

Origine et célébration de Mardi-Gras

Le Mardi Gras est la journée festive qui précède le mercredi des Cendres. C’est donc un jour de fête dont la date est fixée 47 jours avant la Pâques.

Le Mardi Gras ne donne pas lieu à un événement liturgique spécifique, mais consiste plutôt en des réjouissances avant le carême, qui était une période excessivement contraignante pour la population au Moyen Âge : privation de fête, de danse, de plaisir et de sexe, au-delà de la nourriture très frugale. Ainsi, l’expression « faire gras » signifie manger de la viande, par opposition à « faire maigre », soit jeûner. Le Mardi gras donne lieu à des festivités, le carnaval. Le mot carnaval vient du latin « carne levarer » (enlever/ôter la chair), du fait qu’il s’agit un jour où le fidèle peut faire bombance avant de commencer le jeûne qui durera jusqu’à Pâques. Aujourd’hui, cela se traduit surtout par la distribution de mets sucrés dans les écoles.

Si cette pratique n’est pas la reprise exacte d’une fête romaine, elle semble fortement s’inspirer de fêtes de l’Empire romain. Notamment la fête des Saturnales, laquelle se traduisait par un renversement provisoire de l’ordre établi. Concrètement, les esclaves jouissaient temporairement d’une grande liberté et pouvaient ainsi se livrer à des comportements interdits le reste de l’année. Mais aussi les calendes de Mars qui célébraient la venue prochaine du printemps, rite païen par excellence, lequel autorisait le déguisement et la transgression des interdits. On notera que les Bacchanales ou les Lupercales1 ont pu aussi servir de ferment au Carnaval sous sa forme actuelle.

Le carnaval a donc synthétisé une partie de ces traditions pour se traduire, à partir du XIe siècle, par un défilé populaire où chacun était libre de se déguiser et de parader dans les rues. Cette fête avait par ailleurs une importance particulière au Moyen Âge où elle donnait lieu à l’élection d’un « pape des fous », signalant ainsi que c’était non seulement l’ordre social qui était inversé, mais aussi l’ordre du monde tout entier. Le chapitre V de Notre-Dame de Paris donne un aperçu particulièrement vivant de cette tradition à l’époque médiévale.

Le carnaval et Mardi Gras dans le monde

Dans le sud de l’Allemagne, le carnaval est une fête très populaire. Celle-ci commence le jeudi précédant Mardi Gras et voit des parades et des défilés se succéder. À Berlin, les habitants ne défileront qu’en mai à l’occasion du festival des cultures qui prend place dans le quartier multiethnique du Kreuzberg. À Cologne, le carnaval de la ville est l’un des plus connus d’Europe. Sa parade de chars réunit jusqu’à plus d’un million de personnes.

Le carnaval de Venise est un rassemblement qui est rentré dans les institutions à partir de la Renaissance. Il est principalement connu pour ses costumes et ses masques inspirés de la Commedia dell’arte. Le carnaval ramène tous les ans un très grand nombre de touristes dans la ville. Inspirée par les fêtes à l’honneur du dieu Dionysos à l’époque antique, la tradition grecque veut que l’on fête l’Apokries, une période de faste où l’on se déguise, l’on boit et l’on danse. Dans le pays, le carnaval de Patras est sans doute le plus connu et voit défiler de nombreux enfants chaque année.

À Dunkerque, c’est derrière un tambour-major que défilent les festivaliers déguisés. Organisés par groupe, ils avancent au rythme de la musique dans les rues de la ville et font un arrêt devant l’hôtel de ville, où un lancer de harengs fumés est effectué par le maire et son conseil municipal.

La ville de Binche accueille le carnaval le plus connu de Belgique. Reconnu chef d’œuvre oral et immatériel de l’humanité par l’UNESCO, le défilé voit des personnages comme Arlequin ou Pierrot déambuler au sein des cortèges.

Les traditions anglo-saxonnes

Aux pays du Commonwealth, l’on observe des traditions différentes mais apparentées au Mardi Gras latin, sous le nom de Shrove Tuesday (Mardi de l’absolution, du verbe archaïque to shrive, absoudre). La fête tourne surtout autour de la crêpe anglaise (pancake) qui est traditionnelle pour cette fête au point où la fête est appelée Pancake Tuesday par endroits. Plusieurs églises offrent des petits déjeuners ou dîners de pancakes, parfois afin de solliciter des contributions caritatives. On mange les pancakes avec un ragoût de viande (en Angleterre), avec du sirop d’érable (au Canada) ou avec de la compote de fruits. Dans certains endroits en Angleterre il y a même une tradition de course au pancake, où l’on parcourt une certaine distance en faisant tourner des pancakes à même la poêle tenue à la main, sans les laisser tomber.

Quand la FM se faisait traiter de Mardi Gras…

C’est dans un article « Franc-maçonnerie et mouvement coopératif en région parisienne (1871-1914) » d’Éric Lebouteiller publié dans la revue des études coopératives mutualistes et associatives (RECMA), revue internationale à caractère scientifique publiant les travaux consacrés à la coopération et à l’économie sociale que nous trouvons cette allusion à la Franc-Maçonnerie.

Extrait :  

« La montée de l’anti-maçonnisme

Contrairement au milieu de la coopération de production, toujours lié à l’Ordre, le mouvement coopératif de consommation connaît, à l’instar de la sphère syndicale et politique, une vague de contestation anti-maçonnique. L’affaire « des Fiches », qui secoue le Grand Orient en 1904, déclenche la virulence des critiques de gauche contre « cette confrérie du mardi gras, figée dans des rites caducs » (Janvion, 1912, p. 7). Un climat de défiance gagne donc un monde jusqu’à présent bien disposé. Dans les loges, les démissions de coopérateurs se multiplient, signe d’un désamour grandissant… »

Sources : https://www.cairn.info/ ; RECMA 2016/3 (N° 341), pages 104 à 117

MACEDOINE : Tout est question de symboles maçonniques

De notre confrère macédonien vecer.mk

La base ou le fondement de l’Ordre de la franc-maçonnerie moderne est la loge dite « bleue ». Elle est divisée en trois niveaux : premier grade est celui d’apprenti , le deuxième de compagnon et le plus haut degré celui de maître maçon.

Les frères francs-maçons pratiquent le travail rituel dans la « Loge ouverte pour chaque degré séparément » depuis près de trois siècles maintenant. Les membres de l’organisation apprennent réellement à connaître, apprennent et améliorent continuellement les règles de base et les hautes leçons morales et éthiques, grâce à leur participation régulière au travail rituel. Les « rituels » de la franc-maçonnerie sont des actions dramatiques impressionnantes où chaque mot du texte, chaque signe de ponctuation, chaque mouvement et activité, est entrelacé d’un symbolisme profond.

Dans les actions dramatiques traditionnellement immuables du rituel aux trois degrés, des formes métaphoriques et des symboles ésotériques tirés des « vieux bâtisseurs maçonniques » sont suivis et utilisés, soulignant comme lieu d’occurrence et thème central – le processus de construction du Temple biblique de Le roi Salomon dirigé par Maître Hiram Abif.

La façon de travailler des bâtisseurs, leurs coutumes et leurs outils, sont incorporés dans ces jeux dramatiques de textes profondément inspirants et de mouvements pleins de symbolisme, comme des guides allégoriques dans le processus d’introduction, de construction et de perfectionnement du système des
« vraies » valeurs humaines.

Ainsi, le « Linéaire 24 pouces », qui pour les maçons opératifs a traditionnellement une valeur pratique pratique dans l’exécution de leurs travaux de construction, a une signification symbolique profonde pour les francs-maçons pensants comme l’un des « outils » et outils auxiliaires qu’ils utilisent pour transmettre la morale. enseignements et leçons d’éthique.

En ce sens, dans la Loge maçonnique, le linéaire représente les 24 heures de la journée, dont une partie doit être consacrée à la prière à « l’Être Suprême », une partie au travail et au repos, et une partie à consacrer et à aider l’ami ou le Frère si ils ont besoin d’aide, mais sans un tel engagement de quelque manière que ce soit « à vous ou à vos proches ».

Le « maillet » avec lequel les maçons bâtisseurs éliminent les aspérités grossières de la pierre, dans le travail rituel, symbolise en fait le pouvoir de la conscience, qui devrait empêcher toutes les pensées vaines et inaccessibles et permettre au maçon pensant ses paroles et ses actes, libres et intacts. monter au « Trône de la Miséricorde ».

Le « ciseau » sert pratiquement d’outil qui poursuit le traitement, la préparation et le lissage de la pierre de construction. Dans la maçonnerie spéculative, d’autre part, le ciseau souligne les grands avantages de l’apprentissage, l’éducation avec laquelle les Frères sont formés et deviennent de meilleurs membres de sociétés régulièrement organisées.

L' »équerre » est un outil de mesure qui vérifie et ajuste les angles droits dans la construction des bâtiments, aidant les maçons à amener avec succès la matière première dans la forme souhaitée. Chez les francs-maçons, l’équerre enseigne la nécessité de la moralité et de la droiture dans la vie.

Le « niveau » sert généralement à vérifier l’équilibre, l’équilibre et à confirmer l’exactitude des lignes de construction horizontales. Les francs-maçons libres trouvent dans le libelle une leçon d’égalité et d’équilibre dans leur comportement et leurs actions.

La perpendiculaire aide logiquement les maçons à vérifier et à ajuster les lignes verticales du bâtiment, et dans la Loge, il indique l’importance extraordinaire de la justice, de la bonne conduite, des bonnes intentions et de la « correction complète » dans la vie et les activités des Frères.

Le « fil à plomb », dans la tradition de la construction, est un outil qui est attaché à un coin central et aide les maîtres de la maçonnerie à tracer une ligne et à marquer l’espace où seront posées les fondations de la future construction. Dans le travail rituel de la loge maçonnique, la bobine indique symboliquement que la voie vraie et infaillible du comportement humain est inscrite dans le « Livre saint » et doit être exécutée sans condition.

Avec le « Crayon », l’artiste-architecte expérimenté dessine l’esquisse ou le plan du projet du bâtiment, comme guide et instruction pour les constructeurs – maçons. Dans la Franc-Maçonnerie de Pensée, le crayon est un « outil » qui enseigne aux Frères de la Loge que leurs paroles et leur conduite sont étroitement surveillées et observées par le « Grand Architecte » à qui ils doivent symboliquement rendre compte de leur mode de vie.

SIX

L’outil le plus frappant et sans doute le plus utilisé, qui symbolise le lien entre les bâtisseurs opératifs et la Maçonnerie pensante, est certainement le « Six ».

C’est un excellent outil qui permet au maître-architecte de déterminer avec une grande précision les points d’extrémité, ainsi que les proportions exactes de toutes les parties de la fondation du bâtiment. Les francs-maçons, quant à eux, dans le six (le cercle parfait et le point central), reconnaissent le symbole de « l’Être suprême » et de « sa » justice impartiale et infaillible, définissant les limites du bien et du mal.

Cependant, aussi indiscutable que soit le lien symbolique, aussi prédominant et largement accepté que soit le rôle important que cette théorie accorde aux guildes médiévales et aux tailleurs de pierre, elle n’offre toujours pas la réponse définitive ou indiscutable à la question – « Quand, pourquoi et où est née la franc-maçonnerie !? ”

Il ne faut pas négliger sans critique certains traits essentiels typiques des associations corporatistes médiévales, qui, d’autre part, sont difficiles à intégrer et difficiles à expliquer dans le contexte de la recherche des racines de l’organisation maçonnique moderne. Là encore, je tourne mon attention vers les travaux de recherche sur ce sujet par John J. Robinson et son livre « Born in Blood – The Lost Secrets of Freemasonry ».

Il rappelle que la « guilde » n’était pas en réalité une association de constructeurs, mais une association d’entrepreneurs et de propriétaires, et que leur motivation dans l’engagement professionnel était certainement le « profit » en maintenant la fermeture et la position de monopole.

Leur « client » le plus important et le plus important, c’est-à-dire le commanditaire des bâtiments, était l’Église catholique et normalement ils lui étaient particulièrement fidèles. Les guildes étaient très religieuses, avaient leurs propres saints patrons, possédaient des reliques sacrées et étaient un solide soutien à l’Église, offrant des cadeaux en argent et en objets de valeur.

Ils n’étaient donc pas en conflit avec l’Église et il pouvait être difficile de prouver et d’admettre qu’ils étaient les initiateurs directs de la « Fraternité » qui n’est pas exclusivement religieuse, c’est-à-dire qu’elle ne repose pas exclusivement sur l’éthique chrétienne, mais accepte tout « bonnes personnes » qui croient en toute forme d’Etre Suprême monothéiste !?

En ce sens que dans les textes rituels maçonniques, les punitions dramatiques prévues pour le Frère Mason qui finirait par enfreindre
les règles ou révéler un secret sur son Frère (ce qui entraînerait la perte de vies ou de biens) sont formulées avec une signification symbolique, Robinson conclut que il serait tout à fait absurde de l’associer aux associations de tailleurs de pierre.

Il note un peu sarcastiquement – « … Quel secret pourrait avoir un tailleur de pierre dont la découverte pourrait constituer une menace pour sa vie et ses biens, ou la vie et les biens de son frère – tailleur de pierre !?

Une nouvelle façon ingénieuse de tenir le ciseau !? Formule de calcul de la charge sur les fondations !? Quel est ce secret dont la révélation par les « autorités » pourrait mettre en danger la vie de Frère Maçon !?… « 

Bonne et heureuse année maçonnique !

Le 1er mars est, par tradition, le jour du nouvel an maçonnique.

L’équipe de 450.fm souhaite à tous les Maçons qu’ils soient dispersés sur la surface de la terre, sur les mers et dans les airs une bonne et heureuse année 6022.

L’ère maçonnique est utilisée par les Frères dans leurs actes et leurs correspondances, avec des variantes selon les rites et les Obédiences.

D’une façon générale, les Loges anglo-saxonnes, françaises et allemandes utilisent « l’Année de la Vraie Lumière », ou l’Anno Lucis en latin, pour faire remonter symboliquement l’origine de la Maçonnerie à la création du monde selon tradition biblique.

Il est généralement admis que cette chronologie a été emprunté par les maçons anglais à l’œuvre d’un savant prélat anglican, James Usher (1581-1656), Archevêque d’Armagh et un des fondateurs de Trinity College de Dublin, et qui écrivit des Annales Verteris et novi Testamenti (1650-1654) qui contenait une chronologie biblique remontant à 4004 avant J.-C., l’Année de la Vraie Lumière était née. Il pensait ainsi fonder une échelle de temps absolue.

La chronologie fut utilisée par James Anderson (1678-739) dans la partie historique de ses Constitutions : en effet on peut lire sur la page de titre de la première édition des Constitutions d’Anderson de 1723 « In the Year of Masonery 5723 – Anno Domini 1723 ».

Le pasteur Anderson l’a préconisée dans ses Constitutions de 1723 pour affirmer symboliquement l’universalité de la maçonnerie en adoptant une chronologie supposée indépendante des particularismes religieux, à tout le moins dans le contexte britannique de l’époque.

L’année maçonnique a la même longueur que l’année grégorienne mais débute le 1er mars. Elle prend alors le millésime de celle-ci, augmenté de 4000.

L’année ordinaire du calendrier, appelée année de l’ère vulgaire, démarre à la date supposée de la naissance du Christ, et ainsi nous parlons de l’année du seigneur ou Anno Domini dont l’abréviation est A.D.

Que re-garde l’œil du Delta ?

Introsum ascendere[1] La lumière existe dans l’obscurité ; ne voyez pas avec une vision obscure.

L’œil était dans le Delta et regardait le seuil. Je dirais même l’œil était dans le Delta et gardait le seuil, ou plutôt, l’œil était une porte et se voyait comme un seuil. Qu’en penses-tu ?

Ola ! De quoi parles-tu ? Serait-ce une déclinaison de la célèbre phrase de Victor Hugo dans son poème La conscience: «l’œil était dans la tombe et regardait Caïn» ?

En quelque sorte, à cause du mot « conscience », mais dans mes propositions de phrase il ne s’agit pas de culpabilité, c’est une rêverie symbolique ; partageons la en essayant de l’expliquer.

Cela se passe dans le temple ?

Oui, ici et maintenant.

L’œil, le seul que je vois est dans le Delta lumineux

Oui…

Quand tu dis l’œil était une porte, veux-tu dire que le delta serait une porte ?

Oui…

Et quand tu dis : il regarde un seuil, qu’est-ce qu’il peut regarder, ce qui est dans son point de mire en face de lui ? Le seuil qui est entre les colonnes, devant la porte basse ?

Oui, voilà !

Je ne suis pas plus avancée, je ne comprends pas grand-chose à tes phrases sibyllines.

Là, dans son Delta, l’œil regarde dans son vis-à-vis la porte à l’occident du temple et si je rajoute – comme dans un miroir-  et alors interroge-toi : en quoi l’œil serait aussi une porte ?

Je tente une réponse possible : parmi les sens symboliques des mots dérivés du champ lexical de l’œil mais aussi de tous ses contraires je retiens : visible et invisible, apparaître et disparaître. L’œil énonce tout ce qui est de l’ordre de l’apparition et du secret. «Il est le passage entre l’intérieur et l’extérieur, entre les profondeurs cachées et ténébreuses de la Terre et la clarté du monde solaire». Naturellement, cela m’évoque la porte basse par laquelle le profane  est admis dans le temple lors de son initiation. Donc, le reflet du Delta serait cette porte basse ?

C’est ce que je veux dire. Une indication complémentaire pour comprendre la signification du mot œil nous est donnée par l’emploi de ce mot en hébreu.

En hébreu, le mot Schéma, qui veut dire «écoute», est construit sur cham-oyin, «là-bas l’œil», c’est-à-dire  «là-bas regarde». Écouter, c’est regarder au-delà de la proximité des apparences. Écouter, c’est essayer de découvrir le visible et l’invisible. Ainsi, le delta qui regarde la porte du temple, comme dans un miroir, nous indique qu’il y a une ouverture sur cet «au-delà» des apparences que l’on peut franchir. Le delta se reflète dans cette ouverture, il est cette ouverture sur un «au-delà» des apparences.

Et la porte ouvre sur le seuil entre les colonnes ! Cette ouverture rend possible le passage d’un mode d’être à un autre, d’une situation existentielle à une autre. Le franc-maçon doit traverser le seuil marqué par les colonnes et se retrouver naissant une deuxième fois spirituellement. Je comprends mieux pourquoi le pavé mosaïque est associé au seuil marqué par les deux colonnes, J et B. Il devrait être disposé, selon d’anciennes instructions maçonniques, entre elles, à l’entrée du Temple, de façon que l’on soit obligé d’en fouler les dalles pour s’avancer en loge. Le pavé mosaïque est la voie que l’initié doit emprunter. Son pavage guide l’initié confronté aux apparences des alternances de blanc et de noir, sur la voie droite ; il maintient celui qui avance dans l’axe de l’Orient en quête de l’unité symbolisée par le delta. Je peux comprendre qu’en entrant je traverse un seuil ; mais, comment le delta pourrait être lui-même un seuil ? N’est-il pas une limite infranchissable parce que ne débouchant que sur le mur devant lequel il est placé ?

Le Delta est placé dans l’espace du temple là où finit la lumière éclairée par la lune et le soleil. Mais, par la vision symbolique d’une unique lumière qui ne se différencie que dans la perception des deux luminaires, le franc-maçon peut s’attacher à voir au-delà des apparences, cessant de percevoir, avec le seul regard dualiste du profane, ce qui oppose les choses au profit d’une vision de la dualité de toute chose, c’est-à-dire de la complémentarité des contraires et de leur coïncidence dans l’unité. La forme ternaire du delta en est le symbole. Alors le mur est à la fois une limite et un au-delà.

Quand tu dis que l’œil dans le Delta garde le seuil, est-ce pour évoquer cet au-delà ? De quoi est-il le gardien ?

Garder c’est à la fois surveiller et retenir. Reprenons l’idée que la porte basse est le miroir dans lequel se réfléchit le delta. Qu’est-ce qui retient la porte basse ?

Des chaînes gardent le seuil de la porte basse. Elles sont un gardien du seuil comme d’autres qui ont pour nom dragon ou illusions ou manque de volonté.

Chaque être en quête d’initiation cherche un centre mystérieux où se trouvent soit un objet, soit un être, soit une parole révélatrice ; l’ultime enseignement y est donné de bouche à oreille. Ce lieu particulier ne peut être divulgué à tous. Ce sanctuaire est d’accès difficile et son entrée ne se livre qu’à celui qui en est digne ; nous disons libre et de bonnes mœurs. La cérémonie d’initiation fait tomber les chaînes.

Certes, mais de retour dans le temple, il a fallu au nouvel initié trouver le moyen d’entrer, de passer la porte par lui-même. C’est pourquoi l’initiation ne nous est pas donnée. Elle est  une avancée à travers les épreuves qui s’imposent à nous. Ce gardien de chaînes, devenu virtuel, nous oblige à entreprendre une action méritoire car, pour triompher, il faut dominer ce qui nous emprisonne, il faut vaincre toutes les difficultés qui ne manquent pas de surgir. Le vieil homme meurt à sa vie profane, libéré de ses chaînes, il renaît dans un monde nouveau qui lui est révélé par les mystères initiatiques où les symboles vivent et entrent en action car travailler sur les symboles c’est faire que les symboles nous travaillent.

Et le Delta garde de son côté, dans le sens de retient, un sanctuaire où se trouve le sens de la quête, serait-ce …la lumière ? Le delta n’est-il pas considéré comme lumineux ?

C’est ce que j’aurais dit. Nous essayons de penser la F\Maç\, le temple et les rites maç\ dans leur rapport avec la lumière, tantôt par ce qu’elle rend visible, compréhensible, tantôt par ce qu’elle voile, l’ombre, les ténèbres, voire le noir. Tout au bout du chemin de connaissance, la lumière symbolise finalement la brusque éclaircie de la contemplation, comme ouverture de l’instant sur l’éternité, disparition de la durée du moi, apparition de la présence du soi. La lumière révèle, manifeste, suscite la vision réceptrice ; mais par là même elle se diffracte dans le prisme du moi.  De ce qui est donné comme visible par la lumière, tout n’est pas forcément la vérité. Il y a  de l’écart, du retard, entre le jaillissement et le reflet, entre le sujet et l’objet, entre l’original et sa représentation, nous dirions qu’il y a de l’entropie entre le vrai et le voir. Il est indéniable que Lumière et Ténèbres sont les deux faces d’une même réalité. La lumière voile en dévoilant, les ténèbres dévoilent en voilant. Ce voir devenu vision n’est-il pas l’œil du Delta lumineux ?

L’ego serait alors l’obstacle pour aller au-delà du Delta ? L’œil serait notre propre regard et le Delta notre miroir ? Ne parle-t-on pas de Maçonnerie spéculative ? Il faudrait donc nous perfectionner pour avancer ? Alors, c’est quoi ce perfectionnement ?

On pourrait en trouver une idée dans le fait que parfois l’œil du Delta lumineux est remplacé dans nos temples maçonniques par quatre lettres en hébreu (יהוה), écrivant un des 72 noms du D.ieu des hébreux ; ce nom est appelé le tétragramme. On le trouve dans la conception mystique de l’évolution de la genèse, depuis l’unité indifférenciée  (disons le big bang pour simplifier) jusque dans ses différentes manifestations, évolution se faisant par étapes marquées chacune d’un nom différent du Dieu des hébreux. Le tétragramme, lui,  apparaît, lorsque le ternaire des énergies vitales primordial est extériorisé dans le monde de l’émanation[2], indiquant que c’est le lieu de passage et de discontinuité entre les mondes participant de l’Émanation et les mondes manifestés. Ce passage est aussi marqué, dans la même mystique, par le passage de la lumière à la peau de l’homme comme les mots hébreux le révèlent dans leur contenu ésotérique (derrière la peau  צּ וּ רּ il y a  la lumière spirituelle אּ וּ רּ,  ces deux mots sont de homonymes, ils ont la même prononciation bien que commençant par une lettre différente). 

Martinès de Pasqually, inspirateur du Rite écossais rectifié, a écrit avec Le traité sur la réintégration des êtres, une doctrine chrétienne ésotérique, pour laquelle tout est parti de D.ieu et doit y revenir. L’homme a subi une chute à cause de ses prévarications allant au-delà de ce qu’avait prévu le créateur. L’homme s’est séparé de la conscience de son créateur, il fut rejeté hors de sa lumière et s’est retrouvé emprisonné dans la matière. Ce texte vise essentiellement à entrainer l’initié à faire l’expérience de la réconciliation avec le divin par un voyage intérieur pour le confronter à ce qui le relie à l’infini.

S’agirait-il de retrouver le paradis ? Non pas celui du jardin de l’éden ! Celui désigné par le mot PARDES, que l’on entend comme paradis, mot formé à partir des quatre initiales P,R,D,S des 4 niveaux de lecture de la Thora[3], pshat, rémèz, derèsh, sod, 4 niveaux de signification ou d’interprétation, qui vont de l’explicite à l’implicite, du noir de l’écriture au blanc qui entoure les lettres ; débutant par la lecture littérale, passant par la lecture allégorique, puis philosophique, pour atteindre la lecture secrète. Cette approche serait-elle la clef de l’ouverture de la porte qui ouvre sur ce monde, donc de soulever le voile de l’inconnu et de pénétrer dans le monde où le visible et l’invisible peuvent se rencontrer ?

En effet, on peut considérer le Delta, sous son aspect ésotérique, comme la porte de l’accès au mystère du processus de formation des mondes à partir d’une émanation primordiale et cela peut être aussi représenté par toute image qui embrasse tout ce qui contribue à la création, à sa cosmologie.

Les pythagoriciens l’ont représenté par 10 points en forme de triangle appelé tétraktys, qui n’est pas sans évoquer notre Delta. Le mot tétraktys signifie «quadruple éclat rayonnant» ; elle est le Quatre sacré par lequel juraient les Pythagoriciens. Cela représentait le résumé universel de la révélation divine enfermé dans les nombres quatre, trois, deux et l’unité. La tétraktys est un formalisme, une image pour exprimer une vision de la formation de la création, de la structure du monde. L’importance de la Tétraktys pythagoricienne, dans n’importe quel type de connaissance cosmogonique et métaphysique est indéniable. D’abord, sous son aspect cosmogonique, c’est l’unité ou le Un se déployant sous quatre aspects différents. Le Un, c’est le principe impersonnel, trop souvent appelé Dieu, c’est l’unité -ou plutôt la singularité– d’où tout est issu, elle est représentée par le point. Le deux, qui en découle, est lénergie, la ligne. Le trois, combinant la monade et la duade et participant de la nature des deux, est le monde phénoménal, la surface plane. Trois est le déploiement du temps. Le quatre, la tétrade (la forme de la perfection) contenant la décade est le volume sans lequel il n’y aurait pas de création. Le nombre quatre représente la matière dans ses quatre principes élémentaires: la terre, l’eau, l’air et le feu. Il représente aussi  symboliquement l’essence du concret et la solidité. Quatre est l’espace,  il symbolise le cosmos, le monde puisqu’il y a quatre points cardinaux.

Ensuite sous son aspect métaphysique, on peut conceptualiser la relation Dieu-homme en termes de rencontre de cours d’eau. C’est ainsi que dans la Tradition mystique de la kabbale, le flux de bienveillance divine descendant est désigné sous le nom deaux masculines[4], tandis que l’obéissance de l’homme à Dieu et l’accomplissement de ses commandements sont vus comme une rivière remontant de l’homme à D.ieu ; ils sont désignés par le nom deaux féminines[5],  Si un des ruissellements est appelé la grâce ; le second serait le mérite, qui seule permet la descente des eaux masculines.

Je trouve ton raisonnement bien fallacieux ;  car tu as une façon de dire que nos symboles maçonniques du Delta et de l’œil ne seraient qu’un impératif à une conversion du regard, forcément celui d’un croyant, répondant aux jansénistes et aux jésuites du 17ème siècle qui s’affrontaient à propos de la grâce et du salut. Pour les uns la grâce et le salut sont un pur don divin qui descend sur un individu indépendamment de ses actions et de ses pensées, pour les autres, l’homme a en lui la force de vouloir le bien et la pratique de la morale, ce qui lui apportera le salut comme dans la Tradition de la kabbale.

Mais non, et nous n’avons pas fini, il manque l’essentiel, car chacun reste libre d’interpréter ce qu’est la lumière, chez l’homme et dans l’image archétypale du Temple.

La porte, comme un voile est un symbole qui opère une rupture, une séparation du monde des apparences permettant une projection imaginaire et un franchissement, un dévoilement qui est par sa nature propre, synonyme de découverte du lien entre le visible et l’invisible, mais aussi entre l’apparent et non-apparent. Le dévoilement[6] signifie que le réel est bien plus que l’apparence et qu’il faut, en sagesse, rechercher l’harmonie en soi, envers l’autre et au monde pour, avec détermination et force, progresser sur le chemin de la lumière, véritable dévoilement intérieur. Alors, remplaçons le mot «D.ieu» par le mot «mystère», écartant ainsi toute référence à une religion quelle qu’elle soit ; ensuite, le mot «grâce» par «potentialité de chaque être», et enfin les mots «pratique de la morale» par les mots «éthique obtenue par un travail sur soi dans ses relations aux autres». Cela donne une meilleure idée de ce que pourrait être l’initiation : une métaphysique qui se joue là où se joue la relation sociale, dans nos rapports avec les hommes. C’est l’altérité qui serait alors la source de l’initiation.

Je reconnais que toutes les recherches de sagesse initiatiques indiquent une direction d’évolution, à partir du moi vers le Soi. Il s’agit de trouver l’homme dans son être véridique en mouvement vers le meilleur de lui-même, pour atteindre un ordre éthique, qui instaurera, dans l’existence des hommes, dans leur vie privée et collective, une harmonie leur permettant de s’assembler pour partager la réalité.

L’œil dans la porte nous livre une méthode : 1°) dévoiler ce qui n’est pas apparent, 2°) dessiller son regard en opérant une métamorphose du regard et  3°) lever le voile sur l’entrée vers l’intérieur de l’enceinte qui cache le mystère de la création du monde. La démarche maçonnique suggère – demande même – non pas d’aller vers l’extérieur, vers un autre monde, une autre dimension, vers dieu ou un être supérieur, mais bien d’entrer en soi, de rechercher les secrets de vie, d’amplifier le désir de se connaître, de se perfectionner en son être le plus véridique, plutôt que de quémander au dehors… et rien de trop, car nous sommes notre propre mystère et la clef du mystère universel. Il faut laisser chaque impression, chaque germe de sentiment, mûrir en nous, dans l’obscur, dans l’inexprimable, dans l’inconscient, ces régions fermées à l’entendement ; attendre avec humilité et patience l’heure de la naissance d’une nouvelle clarté, et transformer la matière en lumière. Après, le maçon peut retourner dans le monde profane avec ce qu’il est devenu, pour apporter ce qu’il est devenu.

En somme, tout ça pour dire que les symboles du Delta et de l’œil nous désignent les ouvertures et les seuils à franchir pour accéder à notre temple intérieur et en faire un lieu d’accueil de l’autre, fut-il nous-même, avec l’expérience vécue, avec une intention lumineuse en soi et au monde et avec une réalité augmentée du sensible non visible, du subtil, de l’essence, et de l’altérité.

Alors comprends qu’il n’y a pas de porte, tu es la porte, tu es la lumière.

NB : on consultera avec intérêt le site 

ecossaisdesaintjean.org/2017/03/devoilement-hypostases-et-principe.html


[1] Double mouvement de la mystique chrétienne : se tourner vers l’intérieur pour s’élever jusqu’au point indescriptible.

[2] Olam assilouth

[3] Pshat (la lecture littérale), Rémèz (la lecture allégorique), Dérèsh (la lecture philosophique), Sod (la lecture mystique ou ésotérique qui est celle de la Kabbale).

[4] de Mâyim Doukhrim ou MaD

[5] de Mâyim noukvimou ou MaN

[6] Les rituels et le temple nous offre de multiples dévoilements : la loge en tant que séparation, le langage symbolique (épellation, syllabisation, onomatopées, recherche du sens du mot, parole perdue, essence du mot, souffle), le tableau de loge, les lumières des luminaires et celles des flambeaux, l’étoile flamboyante…

BRESIL : Franc-maçonnerie et paix

De notre confrère brésilien folhadolitoral.com.br

Face à une nouvelle escalade à l’échelle mondiale de la folie humaine, méprisant la vie pour privilégier des élans de fausse grandeur politique, et faisant ressurgir l’ombre terrible de la guerre, il est opportun en ce moment de réfléchir un peu sur la « paix »

Nous allons donc reproduire ici, en deux parties, un article publié en 2017 par le franc-maçon Aníbal Silva, de Goiânia – GO, intitulé « La franc-maçonnerie et la culture de la paix ». 

« Fondée sur la philosophie la plus pure et la plus divine, dont l’histoire puise ses racines dans les sacro-saints enseignements chrétiens, la franc-maçonnerie développe ses pratiques dans sa discrétion habituelle, préparant l’être humain dans les domaines social, moral et spirituel (…). En faisant cela, elle entame un combat insistant pour la liberté des peuples, pour la fraternité, pour l’égalité et pour la paix, luttant toujours contre tout ce qui, par la violence, compromet la bonne coexistence sur terre.

Egalement basé sur la loi de l’évolution, comme l’affirme l’illustre franc-maçon nord-américain, le frère Albert PICKE , l’esprit de la franc-maçonnerie est antagoniste à la guerre. Sa tendance est de réunir tous les hommes dans une fraternité, dont les liens seraient affaiblis par toute discussion. Le frère Albert PICKE a défendu avec une grande intransigeance la franc-maçonnerie qui est une grande société de paix dans le monde. Partout où elle existe, elle s’efforce de prévenir les difficultés et les différends internationaux et de lier les républiques, les royaumes et les empires dans un grand lien de paix et d’amitié entre les peuples.

Le mot PAIX exprime la tranquillité, la paix, la concorde, la compréhension et l’harmonie qui règnent au sein de l’humanité, que ce soit dans les gouvernements ou dans la société en particulier. Il garantit une bonne coexistence entre les personnes et l’absence de conflits entre elles. On peut donc dire que la paix intérieure est la tranquillité de la conscience, tout comme la béatitude est la paix de l’esprit si indispensable à la vie humaine, permettant ainsi à l’homme de s’accomplir en tant qu’être créé à l’image et à la ressemblance du Grand Architecte de l’univers.

Il est important de définir la paix au sens biblique : un état d’esprit motivé par le fait que tout va bien. C’est le « shalom » des Israélites, qui à son tour se traduit par bonheur matériel, prospérité, sécurité, santé et aussi bonheur spirituel. Cette dernière n’existe que si la personne est bien comme le GADLU, qui nous a dit : « Heureux ceux qui promeuvent la paix, car ils seront appelés enfants de Dieu ». Et Il veut que les hommes vivent en harmonie les uns avec les autres, quand par l’intermédiaire de l’apôtre Paul, il a dit : « Que votre souci soit de faire ce qui est bon pour tous les hommes, cherchant, si possible, à vivre en paix avec tous, autant que possible, vous dépendez ».

En tant que chrétiens, nous devons être conscients que nous devons rechercher non seulement la paix personnelle, mais aussi la paix de la communauté dans laquelle nous vivons, afin que la prophétie d’Isaïe pour les temps messianiques puisse s’accomplir sur la terre : « Une nation n’élèvera pas le l’épée l’une contre l’autre, et ils n’apprendront plus à faire la guerre. Et le grand philosophe, politicien et mystique hindou, Mahatma Ghandi, a dit avec une grande conviction : « Il n’y a pas de chemin vers la paix ; La paix est le chemin ».

La semaine prochaine, suite de cette réflexion, qui rapproche encore plus ce sujet de chacun de nous : « la paix commence chez soi ».

Article d’Anibal Silva, membre de la Loge maçonnique « Paz Universal », de Goiânia et de l’Academia Goiana Masônica de Letras – Franc-maçonnerie et culture de la paix – Publié dans « Diário da Manhã » le 29.07.2017 – https://www. dm.com.br/opiniao/2017/06/maconaria-e-cultura-da-paz/

Responsable : Perseverança Masonic Lodge – Paranaguá – PR ( loja159@fgsia.com )

ARGENTINE : La vie maçonnique secrète du général San Martín

De notre confrère argentin diariopopular.com.ar – Par le Dr Antonio Las Heras

À l’occasion du nouvel anniversaire de la naissance de José de San Martín (né le 25 février 1778), l’historien Antonio Las Heras nous raconte sa vie maçonnique méconnue.

José de San Martín a été initié à la franc-maçonnerie en 1808, à Cadix (Espagne), lorsqu’il est entré dans la loge d’intégrité n ° 7 dont le vénérable maître (président) était le général Francisco María Solano, marquis de Socorro ; dont – précisément – ​​San Martín était son aide de camp.

C’était, à cette époque, l’ordre secret et ésotérique le plus important d’Occident. Une société dont les origines légendaires remontent à l’Egypte pharaonique et, plus anciennement encore, à l’Atlantide elle-même. Alors que le contexte historique la font remonter au Moyen Âge.

Des documents prouvent qu’en octobre 1811, San Martín a été co-fondateur de la loge des chevaliers rationnels qui se réunissait à Londres.

Une loge est le lieu où un groupe de maçons se réunit pour travailler ensemble ; ce n’est pas n’importe quel franc-maçon qui peut participer à sa fondation. Pour cela, il est nécessaire d’avoir atteint le degré de « maître ». Si San Martín était co-fondateur de Les chevaliers rationnels, c’est parce qu’il avait atteint ce degré supérieur – au moins – quelque temps auparavant.

C’est à Londres que, avec l’aide de francs-maçons – parmi lesquels son grand ami le comte de Fife – San Martín a effectué les démarches pour se rendre à Buenos Aires.

Il est arrivé à Río de la Plata dans la frégate George Canning avec d’autres initiés issus de diverses loges européennes. Entre autres, Alvear, Zapiola et Chilavert.

Le Dr Julián B. Álvarez, alors président de la Loge de l’Indépendance de Buenos Aires, les attendait. C’est Álvarez qui leur a fourni les éléments rituels nécessaires pour créer la première loge Lautaro qui avait Alvear comme premier président.

Il n’y avait pas – comme l’a montré l’historien maçonnique Emilio J. Corbiere – une seule Loge Lautaro, mais une série de « loges Lautarine » dont l’objectif était que les terres de cette partie de l’Amérique accèdent à l’indépendance de l’Espagne pour former un gouvernement autonome. San Martín a rejoint la loge lautarienne à Buenos Aires et en a ensuite créee d’autres. Son compagnon de route et frère maçonnique, l’invincible général Juan Gregorio de Las Heras , fondera et intégrera également des loges qui porteront le nom de Lautaro.

Lors de son séjour à Cordoue, San Martín – toujours malade – a convoqué un groupe de patriotes en qui il avait confiance, les initiant à la franc-maçonnerie, après quoi il décida de leur confier ses projets de libération du Chili. Le 24 mai 1814, il établit une Loge Lautaro dans la ville de Cordoue. Cette date n’est évidemment pas une simple coïncidence… Au moment où San Martín assuma le poste d’intendant de Cuyo (6 septembre 1814), une Loge Lautaro naquit à Mendoza.

Le Congrès de Tucumán (9 juillet 1816) reçoit l’intervention directe de nombreux membres des loges Lautarina rejoints par San Martín et Manuel Belgrano.

San Martín est nommé général en chef de l’armée des Andes le 1er août 1816. Il fonde et assume immédiatement la présidence de la « Loge de l’armée des Andes ».

En 1822 – grâce à l’intervention de San Martín – la « Loge Paix et parfaite union» est née à Lima, au Pérou, elle continue encore aujourd’hui son travail et est enregistrée au n° 1 de la Grande Loge du Pérou.

En 1824, le « Liberator » résidait à Londres et s’était retiré définitivement de la vie militaire, il séjourna quelque temps dans le château du comte de Fife situé à Banff, en Écosse. Là, San Martín travailla régulièrement dans les loges Saint André et Saint Jean de la juridiction de la Grande Loge d’Écosse, ce qui est mentionné dans les livres de minutes et de signatures trouvés dans les archives maçonniques.

A noter que le Comte de Fife fut jusqu’en 1848 Grand Maître de la Grande Loge Provinciale du Banffshire, de l’Est de la Grande Loge d’Ecosse.

San Martín se rend ensuite à Bruxelles et rejoint la loge La Parfaite Amitié qui fit frapper en son honneur – par Jean Henri Simon, l’un des plus grands graveurs de l’époque, qui était également maçon et pour qui San Martín a accepté de poser. – une médaille d’argent avec son visage de profil. C’est l’une des deux seules effigies réalisées du vivant du Libérateur et à travers lesquelles on peut réellement connaître ses traits. L’autre a été faite par une société initiatique et ésotérique : le Chapitre Rose Croix des Amis Philanthropiques de Bruxelles. Dans le Musée Mitre de la Ville de Buenos Aires, s’y trouve une copie.

En s’installant en France, San Martín retrouva Alejandro Aguado, Marquis de las Marismas, avec lequel il était uni par une amitié fraternelle puisque tous deux avaient appartenu – dans leur jeunesse – à la Loge d’Intégrité de Cadix. San Martín a décidé de s’installer dans un Bourg, près de Paris, parce qu’Aguado habitait à proximité. Les signatures des deux figurent dans le livre de présence aux réunions maçonniques de la Loge d’Evry.

Communiqué du DROIT HUMAIN

SOLIDARITÉ AVEC L’UKRAINE

L’invasion par la Russie de l’Ukraine, état souverain, en violation des principes de la Charte des Nations Unies, est l’évènement le plus grave en Europe depuis plusieurs dizaines d’années. Elle met en péril notre continent et, au-delà, le monde.

Il s’agit d’une violation caractérisée des principes et des valeurs que nous, Francs-maçons du DROIT HUMAIN, défendons. L’Europe est à nouveau entraînée dans un conflit armé. L’agression russe contre l’Ukraine a déjà coûté des vies humaines et de terribles souffrances. Elle expose des millions de personnes en Ukraine et au-delà, au risque d’une violence insensée, de déplacements et d’autres violations graves des droits de l’homme et du droit humanitaire international. La protection des vies humaines doit rester la priorité absolue. Nous demandons que la Russie cesse immédiatement et sans condition les hostilités et revenir à la diplomatie pour rétablir la paix et éviter d’autres conséquences dévastatrices pour l’ensemble du continent.

Nos illustres prédécesseurs, Elie Ducommun, Henri Lafontaine, Léon Bourgeois et bien d’autres francs-maçons qui œuvrèrent tant pour la Paix, ont tracé la voie pour la résolution pacifique des conflits.

L’Union Européenne ne saurait laisser, sans réagir, ses principes et ses valeurs piétinés à ses portes. Nous appelons tous les États membres à faire preuve d’unité et de solidarité avec l’Ukraine et à accueillir à bras ouverts les personnes qui fuient l’Ukraine pour les aider à protéger leur dignité, leur sécurité et leurs droits fondamentaux. La Fédération Française de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN, condamne avec la plus grande force, la guerre déclenchée en Ukraine du seul fait de la Russie. Toutes nos pensées vont à l’Ukraine, son peuple et ses autorités.

Fédération Française de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN

DRAPEAU UKRAINE
DRAPEAU UKRAINE

Temple et lumière : une question d’orientation ?

Claire Reggio – Académie maçonnique Provence et Éditions Ubik, Coll. l’intégrale, 2022, 130 pages, 15 €

Présentation de l’éditeur :

Parler du temple dans lequel se manifeste une “présence” qui dé- passe l’entendement, c’est toujours parler de l’homme et de son mystère. Puisque l’homme est ce “Temple nouveau” qu’annonçait la vision d’Ézéchiel et qu’envisage la méthode maçonnique, il a, lui aussi, tout autant qu’un temple de pierre, besoin d’être orienté. C’est une question d’équilibre entre le dedans et le dehors, le haut et le bas, le microcosme et le macrocosme, la réalisation de soi et l’altérité, l’immanence et la transcendance …

La thématique de la lumière a parcouru bien des chemins, des grottes de Néandertal jusqu’aux premières maisons des hommes et des dieux du Croissant fertile, avant d’aborder l’architecture religieuse et sacrée et d’envisager la symbolique maçonnique.

Un regard rigoureux et éclairé s’imposait pour s’orienter.

Biographie de l’auteure :

Claire Reggio vit et travaille à Aix-en-Provence et Marseille. Elle enseigne l’histoire du christianisme à l’Université Domuni, à l’Institut catholique de la Méditerranée et donne de nombreuses formations et conférences en histoire, théologie et arts. Elle accompagne des voyages culturels en Espagne, Israël et Iran et en d’autres pays dans le cadre de Clio (Voyages culturels et historiques de Clio – Des voyages dans le monde entier en compagnie de conférenciers passionnés).

[NDLR : Nous vous avions déjà présenté à la fois cette belle collection que nous devons à l’Académie Maçonnique Provence et aux Éditions Ubik https://bit.ly/3BLSKiF mais aussi les conférences proposées par l’Académie https://bit.ly/3mU5Fbk

En effet, la collection l’Intégrale a vocation d’approfondir les thèmes abordés par les conférenciers lors des journées de l’Académie maçonnique Provence. L’éditeur nous dit que cet objectif prend tout son sens avec cet ouvrage de Claire Reggio qui nous offre ainsi l’occasion de cheminer plus loin en sa compagnie, car que « l’on soit croyant, intuitif ou simplement émotif, peu importe, on ne peut se départir d’une expérience dans un temple, car l’affectation du lieu et la mise en scène qu’elle induit, son architecture et ses ornements, tout contribue au questionnement de soi, au dépassement d’une conscience sensible et conceptuelle, à la révélation du transcendant dans l’immanent ». »

Claire Reggio a déjà publié Repentances catholiques : l’Eglise face à l’histoire (Presses universitaires de Rennes, Coll. Sciences des religions, 2013) et Le christianisme des premiers siècles : Ier-IIIe siècles : naissance et premier développement du christianisme(Domuni Press, Coll. Histoire, 2016).

Cinq grands thèmes forment la colonne vertébrale de cet ouvrage qui s’inscrit dans le cadre de « Le Temple, les Bâtisseurs » :

  • Une « Enquête sur la lumière », l’auteure abordant la définition des propriétés scientifique de « la Lumière est un enjeu symbolique central » ;
  • « Les premiers temps étaient-ils orientés », donnant une définition du sanctuaire, du temple et du rite ;
  • « Les orientations sidérales des temples antiques » en traitant des présupposés communs des sociétés antiques, s’intéressant aussi à l’architecture au service de la lumière, avec notamment le De architectura, « au sujet de l’architecture » de Vitruve (c. 80 av. J.-C.-c. 15 av. J.-C.) ;
  • « La Lumière dans le temple : un enjeu théologique » ;
  • « La lumière dans le temple maçonnique : une question d’orientation ? » Bien au-delà de la simple résonance dans de nombreux milieux, le Temple de Jérusalem, appelé aussi Temple de Salomon, en prenant en compte son origine, tel que décrit dans la Bible, son histoire et ses influences, reste LE symbole, notamment au 3e grade en Franc-Maçonnerie. Bâti à la demande de Dieu par le roi Salomon, fils de David, sur le Mont Moriah, afin de protéger l’Arche d’alliance, contenant les Tables de la Loi – tables en pierre sur lesquelles Dieu a gravé le Décalogue remis à Moïse –, il est une allégorie du travail d’édification intérieure qu’effectue le Frère, tout au long de son chemin initiatique, dès sa réception.

Dans sa conclusion, l’auteure relève que la thématique de la lumière qui a parcouru bien des chemins – de Neandertal et Cro-Magnon aux premières maisons des hommes – a aussi concernée l’architecture religieuse et sacrée.

Comment envisager la question de l’Orient, lieu d’où nous vient la vraie lumière, et donc aussi de notre orientation, comment envisager et interpréter la symbolique maçonnique, et surtout comment s’en nourrir pour favoriser, selon notre état de conscience, et faire naître en nous un processus d’unité, pour trouver la paix intérieure. Puisse cet ouvrage nous apporter quelques pistes…]

24e édition de « La Semaine du cerveau » avec Saint Jean d’Écosse, Mère loge écossaise de Marseille

Saint Jean d’Écosse, Mère loge écossaise de Marseille organise, samedi 12 mars 2022 à 17 heures, une conférence dans le cadre de « La Semaine du cerveau » :

Musique et cerveau : de la neuroimagerie à la clinique

Vous pouvez vous inscrire à cette conférence et, si vous le désirez, au repas qui suivra https://bit.ly/3BKm21p

Par ailleurs, nous avons le plaisir de vous communiquer les autres événements de la semaine du cerveau, que vous trouverez en pièce jointe à ce courriel.

Des informations complémentaires se trouvent sur le site web de l’association (notamment les résumés des événements): www.cerveaupointcomm.fr.

Hervé Platel

Le thème de la conférence d’Hervé Platel :

Apprendre un instrument de musique modifie le cerveau et produit des effets de neuroplasticité tels que la reconfiguration des régions auditives, motrices et de la mémoire. Ainsi, l’entrainement musical est devenu un domaine d’étude privilégié des neurosciences cognitives afin de mieux comprendre comment l’acquisition d’une expertise dans un domaine comme la musique change profondément ce que nous sommes, psychologiquement et biologiquement. Nous illustrerons ces changements à partir de résultats scientifiques marquants et discuterons les grandes hypothèses proposées pour expliquer comment la pratique individuelle et collective de la musique change notre fonctionnement cognitif et permet même de « soigner » le cerveau. Notamment, dans le domaine des maladies neurodégénératives, la musique est intéressante dans la régulation de l’humeur mais elle est surtout une stimulation cognitive qui nous a permis de révéler chez des patients Alzheimer à un stade sévère des capacités d’apprentissages insoupçonnées.

La Semaine du Cerveau

La Semaine du Cerveau, du 14 au 20 mars 2022, est un ensemble de manifestations scientifiques ayant pour but de sensibiliser à l’importance de la recherche sur le cerveau.

Infos pratiques :

Accueil à partir de 15 heures ; clôture des émargements à 16h50.

Parking gratuit surveillé, bar, comptoir du livre.

Accès sous condition du respect des consignes sanitaires en vigueur.

Château Saint-Antoine, 10 boulevard Jules Sebastianelli – 13011 Marseille

L’accès à la conférence est gratuit, mais l’inscription préalable est obligatoire. La conférence sera suivie d’un moment de jazz avec le trio Duchemin.