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Gloire au Travail ? Mon œil ! Quel avenir pour l’emploi salarié ?

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En Diafoirus de l’économie qu’ils sont, les candidats à la présidentielle prétendent avoir des remèdes pour l’emploi, parfois aussi pertinents que le clystère ou la saignée, comme augmenter le temps de travail sans augmenter les salaires. Mais aucun encore ne s’est posé la question de la pertinence du fait même de devoir travailler ni de celle du fait de pouvoir vivre décemment de son travail.

Comme chaque semaine, je fais mes courses, et comme j’habite dans une grande métropole, je les fais en général chez les petits commerçants de mon quartier. Et puis, la fréquentation des grandes surfaces a un effet traumatisant pour le vieux misanthrope que je deviens. Et après avoir fait les courses, je fais mes comptes. En les comparant d’une année sur l’autre, j’ai constaté une augmentation nette sur certains produits alimentaires. Certes, pas de quoi non plus me mettre sur la paille, mais suffisamment pour que je me pose la question du salaire. D’où une relecture attentive de cet excellent reportage dessiné, le choix du chômage, dans lequel on apprend que pour faire plaisir à l’Allemagne, pardon, pour se conformer à un traité européen, les salaires ont été désindexés des prix. Car oui, il fut un temps pas si lointain pendant lequel lorsque les prix variaient, les salaires du secteur privé comme du secteur public variaient en conséquence. Mais depuis une trentaine d’années, ce n’est plus le cas, particulièrement dans le secteur public : les salaires sont gelés depuis la mandature Sarkozy, et n’ont pas bougé depuis (malgré un effort minime sous la mandature Hollande). Le problème est que les prix n’ont pas stagné, eux. Donc malgré les allégations répétées à l’envi des éditorialistes divers, le « pouvoir d’achat » est un problème majeur, dans le sens où il s’agit de survie des personnes. Et ce n’est pas le fait d’acheter tel ou tel gadget ou vêtement à la mode. Il s’agit du prix des fournitures alimentaires, de l’énergie et du logement. Il est déplorable que seule l’extrême-gauche évoque la question du pouvoir d’achat (et encore…) quand les candidats plus modérés nous inondent de discours creux, emplis d’idéologies mortifères. Et parmi ces idéologies mortifères, il y a le sempiternel « les français ne travaillent pas assez ». Certes. Allons dire ça aux personnels médicaux hospitaliers, aux enseignants ou aux policiers (souvent amenés à taper sur les premiers, soit dit en passant) et voyons ce qu’ils en pensent. Entre les uns qui veulent conserver les « 35 heures », d’autres qui veulent les supprimer sans pour autant augmenter les salaires, aucun candidat à la magistrature suprême ne se pose une question plus profonde, la plus importante, peut-être : quid du bien-fondé de l’emploi salarié?

En fait, les points soulevés par les personnes politiques de tout bord tournent autour de l’aménagement de la nécessité de l’emploi, mais aucun ne s’est encore posé la question de l’emploi en tant que tel. Durant les années 30, John Maynard Keynes affirmait qu’il serait possible de ne travailler que quinze heures par semaine grâce aux progrès techniques. On en est loin, mais nous avons désormais des bullshit jobs qui donnent davantage l’impression qu’on cherche à occuper les travailleurs à des tâches absurdes mais bien, voire très bien payées. Et pendant ce temps, les premiers de corvée…

On retrouve ici la loi d’airain du capitalisme, telle que formulée par le regretté David Graeber : plus un emploi est utile ou important pour la société, moins il est reconnu et rémunéré. A ceci s’ajoute ce paradoxe : nos trop chers dirigeants promeuvent cette profonde ineptie qu’est la « valeur travail ». Je suis sûr qu’une femme enceinte appréciera la « valeur travail »… Les mêmes qui font la promotion jusqu’à l’incantation de cette « valeur travail » sont aussi les premiers à militer et agir pour réduire le coût du travail. Tel est le delenda carthago de notre méprisable oligarchie: réduire le coût du travail pour augmenter leurs profits pour permettre aux dirigeants de vivre (confortablement) du travail des autres, qui, eux ne vivent plus des fruits de leur travail… A se demander quelle est la valeur réelle de cette « valeur travail »…

Or, changer ce cadre légal du travail (travailler moins, avec des salaires indexés sur les prix) est actuellement inimaginable pour nos dirigeants, qui ont fait leurs les pires théories du néolibéralisme : celles de Friedrich Hayek, Alan Greenspan, Jean Tirole ou Milton Friedmann. Mais dans la mesure où travailler moins serait mieux pour tout le monde, mais aussi pour l’environnement, la santé etc., la question devra impérativement être posée avant que les excès de notre civilisation industrielle produisant pour la consommation ne rendent la vie impossible. A moins que les mêmes dirigeants ne préfèrent se garder la possibilité d’une île face à la catastrophe qu’ils auront contribué à engendrer…

A propos du fait de travailler moins, la littérature commence à grossir à ce propos. Je vous encourage à lire le très intéressant Travailler moins pour vivre mieux de la jeune philosophe Céline Marty, qui démontre que ce qu’on appelle travail (et qui correspond à l’emploi) est en fait une forme d’idéologie qui doit être déconstruite en tant que telle si nous voulons espérer survivre.

Avec la question délicate de l’emploi se pose aussi la non moins délicate question du chômage. Dans une perspective purement idéologique, le gouvernement a durci les conditions d’accès au droit à une indemnité pourtant souscrit dans le cas d’une assurance (car oui, les indemnités de chômage sont un droit ouvert par une cotisation à une assurance garantissant le maintien d’un certain niveau de vie), mais aussi renforcé le contrôle des chômeurs, pour bien leur faire comprendre que ne pas travailler, c’est vilain. Vision intéressante, et anglo-saxonne : ce qui arrive à l’individu est de sa faute, uniquement de sa faute. Sauf que… Quand les emplois à pourvoir ne sont que de vagues missions de quelques jours mal payées, qui ne remboursent même pas les frais de voyage du travailleur, quand des usines ferment les unes après les autres, comme l’usine SAM à Décazeville, détruisant le tissu socio-économique d’une ville et son environnement, quand des salariés doivent choisir entre se nourrir ou se chauffer, il n’est tout simplement plus imaginable de continuer ainsi. La question de l’emploi, du prix de l’emploi, du coût de la vie, du fait de vivre décemment du fruit de son travail mais aussi celle du fait de travailler doit impérativement être posée et une réponse politique d’envergure doit y être apportée, avant que la quête de réponse ne devienne une insurrection.

A propos de réponse, que doit-on penser du chèque énergie de 100 Euros qui va être distribué à 40 millions de personnes (soit plus de la moitié de la population active et non active) ? N’est-ce pas là un aveu d’échec des différentes politiques menées depuis 40 ans? Autrement dit, n’avons-nous pas volontairement appauvri la majorité de la population, au nom de principes douteux et de l’intérêt de quelques uns, ces fameux oligarques qui incantent leur « valeur travail » ?

La réduction du coût du travail a mécaniquement engendré la pauvreté de la population de la 5e puissance mondiale. J’ai envie de dire : « bravo » à ces générations de caciques hors sol : bravo pour la destruction du tissu industriel, bravo pour la perte de souveraineté de l’Etat, bravo pour la croyance aveugle en « la main invisible du marché » et son autorégulation etc. Bravo pour ces décisions d’envergure, dont nous payons littéralement le prix aujourd’hui. Jusqu’à quand ? Vous pensez que j’exagère ou que je fais le jeu des extrêmes ? Je vous recommande plutôt la lecture de cet intéressant petit document, une source on ne peut plus sérieuse : le récent rapport du Haut Commissaire au Plan qui nous parle du commerce extérieur, mais pas que. Les délocalisations, fermetures d’usine etc. ont été véritablement catastrophiques, et nous ne sommes plus en mesure de produire grand chose sur notre sol.

Le problème est justement ce manque d’envergure qui fait défaut aux technocrates minables qui nous dirigent ou qui veulent nous diriger, parfois hors de tout processus démocratique. Notons que dans ces processus absurdes, il a été décidé de procéder lors la création de la « zone Euro » à une modération des salaires. Etrangement, personne n’a encore parlé de réguler les prix. Il est vrai que les technocrates intoxiqués depuis des générations à la « concurrence libre et parfaite » et aux théories puantes des Greenspan, Friedmann et autres charlatans croyaient à l’autorégulation des prix par la concurrence non faussée. Certes.

Il est malheureux que personne ne leur ait expliqué (ou qu’ils n’aient pu concevoir) que la catallaxie, la mise à l’ordre spontané, relevait de la pensée magique, un peu comme un sortilège de Mary Poppins pour ranger la chambre des enfants Banks.

Autrement dit, l’augmentation rapide des salaires, pourtant nécessaire au maintien du nouveau de vie (à plus forte raison en temps d’inflation) n’est juridiquement pas possible. Par contre celle des prix… En attendant, l’échec de cette politique, symbolisée par l’aumône du chèque-énergie, n’aura pour effet que d’appauvrir une bonne partie de la population et d’accroître leur ressentiment, faisant ainsi véritablement le jeu des extrêmes de tout bord.

Préoccupation politique n’ayant rien à voir avec la Franc-maçonnerie, me diront certains. Malheureusement, non. Des Frères de ma Loge sont en grave, voire en très grave difficulté financière du fait des crises multiples que nous connaissons. Le Tronc de Solidarité finance une partie de leurs capitations et les aide à se maintenir, mais cette aide n’est pas inépuisable. Il n’est pas envisageable de laisser des Frères et Soeurs sur le carreau pour de simples questions de moyens, surtout quand ceux-ci ont perdu leurs emplois. Plus que jamais, nous aurons besoin de solidarité, cette valeur que mettent pourtant à mal les sociopathes minables « ni de gauche ni de droite » vendus au grand capital et qui ont trop souvent montré leur allégeance à des intérêts privés au détriment de l’intérêt public.

Mais la vraie question qui me taraude est plutôt celle-ci : au-delà de ces querelles partisanes, nous autres, Francs-maçons, aurons-nous encore un rôle à jouer? Ou bien aurons-nous été engloutis par la vague sombre qui se profile ?

Je vous embrasse.

PS important : à l’heure à laquelle j’écris ces lignes, un journaliste est otage quelque part au Mali. Le journaliste Olivier Dubois a été enlevé le 8 avril 2021 et est actuellement le dernier otage français connu. Il est nécessaire, au-delà de tout clivage partisan, de le soutenir, ainsi que sa famille.

IRLANDE : Les francs-maçons demandent un permis de construire pour étendre le Temple de Cork dans le parc Evêque Lucey

De notre confrère irlandais irishexaminer.com – Par ALAIN HEALY

La Grande Loge provinciale de Munster a déclaré que le bâtiment manque pour les personnes à mobilité réduite.

La Loge des francs-maçons de Cork a déposé des plans auprès du conseil municipal pour demander l’autorisation d’une extension de quatre étages de leur bâtiment historique dans le parc Evêque Lucey.

La Grande Loge provinciale de Munster a déclaré qu’elle demandait l’accord du visant à lui permettre d’installer un nouvel escalier et un ascenseur pour améliorer la sécurité incendie et l’accès pour tous dans le bâtiment.

À l’heure actuelle, l’emplacement de l’extension proposée dans le parc est une zone dédiée aux victimes de la catastrophe de Tchernobyl qui comprend environ 25 arbres et une plaque.

Le Temple Maçonnique donne sur Tuckey Street et occupe un bâtiment construit en partie au XVIIIe siècle, qui a connu un certain nombre d’ajouts et de modifications ultérieurs aux XIXe et XXe siècles. Ces dernières années, il est devenu un lieu populaire pour les événements culturels de la ville et de ses propres membres, accueillant jusqu’à 2 500 visiteurs lors d’événements tels que les journées portes ouvertes du patrimoine et les nuits de la culture.

Dans le cadre de sa demande, l’organisation a déclaré que le bâtiment n’avait actuellement pas d’accès pour les personnes à mobilité réduite et nécessitait des améliorations en matière d’évacuation en cas d’incendie. « Un accès secondaire par le parc Evêque Lucey adjacent permettrait également au bâtiment de mieux répondre aux besoins d’un grand nombre de visiteurs lors d’événements culturels », indique la demande.

David J Butler, le grand bibliothécaire et archiviste provincial des francs-maçons, a déclaré avoir assuré la liaison avec le projet de Tchernobyl en ce qui concerne leur bosquet de bouleaux commémoratif qui, selon eux, serait en grande partie rétabli.

Lors de discussions préalables à la planification, les urbanistes de l’hôtel de ville ont déclaré qu’il s’agirait de la première autorisation de ce type à empiéter sur le parc et ont déclaré qu’ils devraient justifier en quoi cela pourrait être un développement positif pour le parc.

Si la demande reçoit l’approbation des urbanistes, la proposition sera présentée aux conseillers municipaux pour leur approbation car elle nécessitera une modification substantielle du plan de développement de la ville de Cork.

Franc-maçonnerie au Québec – Visite du Temple de Montréal en VIDÉO

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Expédition pour visiter le temple maçonnique de Montréal avec Hervé Gagnon et Myriam Wojcik – Avec: Laurent Turcot, professeur en histoire à l’Université du Québec à Trois-Rivières, Canada – Hervé Gagnon et Myriam Wojcik.

Le temple maçonnique de Montréal (Montreal Masonic Memorial Temple) est le principal lieu de rassemblement des maçons montréalais de la Grande Loge du Québec. Ce temple maçonnique, inauguré en 1930, est situé au 1850 rue Sherbrooke ouest. Il a été conçu par l’architecte John Smith Archibald dans le style Beaux-Arts. Ce bâtiment est classé au répertoire du patrimoine culturel du Québec.

L’édifice fut construit en 1928 et 1929 par l’entreprise générale E.G.M. Cape Co. Ltd. L’architecte John Smith Archibald, le partenaire de Charles Saxe, en dessina les plans. Les marbres, la tuile et le terrazzo furent posés par l’entreprise Smith Marble Construction Co. Ltd. Son ouverture a un grand retentissement sur le monde de l’architecture canadienne. l’Institut royal d’architecture du Canada l’a d’ailleurs placé au premier rang des constructions de type monumentales durant l’année 1931. Le magazine Construction va même jusqu’à dire que l’édifice peut compétitionner sur le plan de la qualité avec le Lincoln Memorial d’Henry Bacon et le House of the Temple de John Russell Pope

2 000 membres de la confrérie ont marché du Square Dorchester au site principal du nouveau temple pour poser la première pierre selon les rites maçonniques. La Grande Loge du Québec se rencontre finalement pour la première fois entre les murs de son nouveau temple en février 1930. Depuis ce temps, les francs-maçons de Montréal en ont fait leur principal point de ralliement

Plusieurs événements y ont eu lieu, de cérémonies maçonniques aux concerts de musique classique. Les maçons ont également tenu un événement pour le 125e anniversaire de la Confédération canadienne qui a été souligné par des bénédictions écrites du Premier ministre et du Gouverneur général du Canada. On y organise également à chaque été des visites guidées du monument à l’intention des touristes.

Le temple maçonnique est un imposant édifice de forme de trapèze rectangle, à l’angle sud-est des rues Sherbrooke et Saint-Marc. Il occupe une bonne partie du lot P-1662, qui mesure 48,89 m le long de la rue Sherbrooke, 39,56 m en bordure de la rue Saint-Marc, et 46,82 m le long de la limite est.

Le mur sud est mitoyen mais les trois autres murs sont dégagés. En fait, l’édifice mesure 33,95 m du côté de la rue Sherbrooke, 33,55 m le long de la rue Saint-Marc, 34,81 m à l’arrière et 36,45 m du côté est. Le toit culmine à 28,65 m du niveau de la rue Sherbrooke, 32 m si on ajoute les édicules mécaniques. Il existe une dénivellation de 91 cm entre la façade et le mur arrière.

Le bâtiment d’apparence massive et austère est doté d’une charpente en acier avec dalles en béton. Il est habillé de calcaire de l’Indiana.

L’édifice de style Beaux-Arts propose une ordonnance parfaitement symétrique en façade, avec très peu d’ouvertures. Il a été conçu à la manière d’un temple grec, mais avec un podium (le premier registre) qui occupe presque la moitié de la hauteur de l’édifice puisqu’il est haut de trois étages (sur sept). Un seul matériau a été utilisé, le calcaire de l’Indiana.

Le premier registre comprend les assises faites de gros blocs de pierre bouchardée de 107 cm sur 61 cm et le socle du bâtiment, fait de gros blocs à jointoiement rainuré. Ce registre se termine par une corniche peu proéminente surplombant une frise qui contient la devise (Fides, Caritas, Veritas, Libertas, Spes) et les symboles (la règle et le compas) des francs-maçons.

Ce registre comprend quatre ouvertures, soit une imposante porte à deux vantaux en bronze, flanquée de chaque côté de deux fenêtres rectangulaires de dimensions disproportionnées par rapport à la masse de l’édifice. La porte d’entrée mérite toute notre attention. Chaque vantail de la porte est orné de panneaux à bouton de rose et d’une tête de lion qui tient le heurtoir dans sa bouche. La porte est surmontée d’une frise à palmettes et d’une imposte où on aperçoit les symboles des francs-maçons se découpant sur un soleil levant. Les chambranles de la porte sont ornés de boutons de rose, d’une astragale et de rais de cœur. L’entablement comprend des oves et une frise à palmettes.

Le faux portique du deuxième registre est légèrement en ressaut et se termine par un entablement avec frise qui identifie le bâtiment (en anglais seulement) surmonté d’un fronton dont le tympan est orné de deux guerriers encadrant un écu. Le faux portique incorpore quatre colonnes ioniques et deux antes doriques. Chaque espace entre les colonnes comprend une vasque reposant sur trois cariatides, celle du centre cachant quelque peu une petite porte qui s’ouvre sur le faux-portique. Chaque section latérale est ornée d’un bas-relief qui illustre un métier de la construction. Une corniche à denticules dont la partie supérieure est interrompue par des têtes de lion d’une manière rythmée couronne l’édifice. Trois acrotères représentant une palmette et deux lions ailés se découpent dans le ciel montréalais.

La face ouest ressemble à la façade, sauf pour son couronnement. Le premier registre comprend sept travées de fenêtres pour les trois premiers étages, qui diminuent en surface. La rythmique est assurée par des pilastres ioniques qui remplacent les colonnes à la hauteur du deuxième registre. Le reste de l’ornementation est similaire. Cette face incorpore les deux entrées secondaires.

De l’intérieur, on retiendra surtout deux salles, en plus des boiseries qui sont remarquables. Au sommet de l’édifice se trouve la salle de la Grande Loge. Dans cette salle, l’opulence de l’ornementation est concentrée sur l’ameublement. Les fauteuils sont tout étonnants à cause de la qualité de la ciselure du bois, et le motif du fauteuil qui illustre la responsabilité de celui qui l’occupe. Au pied du podium haut de trois marches, on remarque deux pierres, l’une polie qui représente le travail accompli, et l’autre brute qui représente le travail à compléter.

La salle de réunion du premier étage pour sa part étonne à cause des lambris de marbre qui habillent les murs sur toute leur hauteur, son autel en marbre multicolore, ses peintures historiées, ses candélabres et ses lustres en laiton, ses portes en chêne et ses bas-reliefs en bronze.

Le temple maçonnique de Montréal a été reconnu comme un lieu historique national du Canada en 2001. C’est à ce titre que le gouvernement canadien annonçait le 30 janvier 2010 une subvention de 425 000 dollars qui permettra de rénover ce lieu du patrimoine montréalais. L’investissement total de 920 000 dollars permettra la réfection des toits et des portes monumentales de la rue Sherbrooke.

ITALIE : Alchimie maçonnique

De notre confrère italien expartibus.it – De Rosmunda Cristiano

A quoi sert l’alchimie ? L’alchimie sert à séparer le vrai du faux.
Paracelse

Dès son entrée dans le Cabinet de la Réflexion, au moment de son initiation, le Franc-maçon note un lien fort entre la symbolique de la science alchimique et, le début de la construction de son propre Temple personnel, il va se découvrir alchimiste, trouvant en lui-même le changement du monde qui l’entoure et en se transformant intérieurement.

Souvent, en parlant avec de jeunes Frères, on me demande pourquoi les alchimistes ne parlent pas clairement et pourquoi ils utilisent un langage qui est incompréhensible pour la plupart ou qui peut facilement être mal interprété.

Ces questions me font sourire, non pas en signe de moquerie bien sûr, simplement parce que ne pas savoir, forcément, conduit à des déductions superficielles et apparemment idiotes.

Les alchimistes visaient l’homme et sa perfection spirituelle, pour eux la progression intérieure ne peut être objectivée, exportée, transmise, mais doit être suscitée chez ceux qui sont prêts ou « complet », comme le disait Socrate à son disciple Théétète .

De même, Jésus de Nazareth, se référant à la multitude de ceux qui l’écoutaient, dit à ses disciples :

Je leur parle en paraboles.

et encore:

Qui a des oreilles, écoute.

OU

Ne donnez pas de perles aux cochons, car ils pourraient se retourner contre Vous.

Les études des textes alchimiques ont relevé deux types de disciplines, la physique et la spirituelle, cette dernière étant considérée comme le véritable but. En ce sens, le premier n’est rien de plus que la métaphore pour indiquer le but réel : la transmutation de l’impur en pur, du négatif en positif, de la matière en esprit.

Les métaux, mais aussi les astres et les entrailles étaient liés aux qualités morales de l’individu : le plomb correspondait à l’imperfection maximale de la matière et aussi morale ; l’or correspondait à la perfection.

Ainsi devient clair le parallélisme entre la transmutation du plomb, le métal le plus vil, en or, le métal parfait, avec l’accomplissement spirituel de l’état de grâce originel de l’homme.

Ceux qui n’ont saisi que l’aspect physique de l’alchimie sont, au mieux, devenus des experts en chimie et des expérimentateurs, mais beaucoup se sont perdus derrière l’idée de richesse et de pouvoir.

Ceux qui ont suivi le chemin de l’esprit par soif de pouvoir ont échoué. En revanche, ceux qui l’ont entrepris inspirés par le savoir et le bien se sont élevés, parvenant à dominer les passions, à devenir maîtres de leur corps et de leur nature, non pour acquérir le pouvoir, mais dans la conviction qu’en se sacrifiant au savoir , ils auraient fait le bien de l’humanité.

Et n’est-ce pas exactement ce qui arrive aussi à beaucoup de Frères ?

Combien d’entre eux se sont perdus, sont restés « en plomb », estimant que la franc-maçonnerie pouvait « magiquement » changer leur vie profane ?

Combien, en revanche, sont devenus « l’or », du plus précieux et du plus brillant ? Combien ont fait de leur vie un chef-d’œuvre ?

Dans le terme « Al-Kimia », le préfixe « Al » a le sens d’Être suprême ; étymologiquement donc, l’alchimie est la science divine, celle qui conduit l’homme de bonne volonté à éveiller en lui l’étincelle divine, en se plaçant, comme le soutenait Spinoza, du point de vue de Dieu.

L’alchimie représente donc une voie de mise en œuvre du potentiel spirituel.

Les alchimistes ont étudié la pierre philosophale, car ils pensaient qu’elle pouvait transformer les métaux en or et produire l’élixir de vie. Tout cela se déroulait à travers un véritable rituel : il y avait sept métaux – or, argent, cuivre, étain, mercure, fer et plomb – liés aux sept étoiles – Soleil, Lune, Vénus, Jupiter, Mercure, Mars et Terre – qui, à leur tour, étaient liés aux sept entrailles de l’homme et, même, aux sept notes et aux sept couleurs.

Les sept processus ont été divisés en quatre opérations, la putréfaction, la calcination, la distillation et la sublimation, et en trois phases, la dissolution, la coagulation et l’union.

A travers ces sept procédés, la matière première, mélangée au soufre et au mercure et chauffée dans le four, l’Athanor, se transformait progressivement, passant par différentes étapes, de 3 à 12, liées au sens magique des nombres, caractérisés par la couleur de la même matière lors de la transmutation.

Les étapes fondamentales sont : nigredo , travail en noir, dans lequel la matière se dissout, se décompose ; l’ albédo , travaille au blanc, au cours duquel la substance se purifie, se sublime ; rubedo , œuvre en rouge, qui représente l’étape finale.

Combien d’entre nous francs-maçons, relisant ces passages, n’avons pas pensé aux changements qui se sont opérés au plus profond de nous, au mélange de nos croyances avec nos expériences, à la fusion de ce que nous étions avec ce que nous sommes devenus ?

Comme l’a soutenu Pico della Mirandola, l’homme a la possibilité de s’élever ou de tomber.

La dégénérescence de l’Alchimie maçonnique a été possible parce que la plupart d’entre eux, la méconnaissant, n’ont pas compris sa signification spirituelle, et, en interprétant littéralement les formules alchimiques, ils l’ont ridiculisée, ou toute leur vie, ils ont poursuivi le rêve d’une richesse facile, à la recherche de la formule qui transmute les métaux en or.

Je conclus avec les mots du philosophe Wittgenstein qui affirmait

Ce dont on ne peut pas parler, il vaut mieux Le taire

laissant la parole à ceux qui, consciemment, avec passion, détermination et beaucoup de travail sur eux-mêmes, ont décidé de transformer le plomb en or.

BENIN : Le Grand Maitre du Grand Orient de France au Bénin

De notre confrère béninois lespharaons.com

Georges Serignac, Grand Maitre du Grand Orient de France animera une conférence publique à Cotonou ce samedi 19 Février 2022. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de sa visite au Bénin, qui se déroule du 19 au 20 Février 2022. Il est accompagné de trois hauts responsables de l’association humaniste.

Selon le programme consulté par  notre rédaction, le Grand Maitre de l’organisation humaniste, viendra du Togo. Il visitera les démembrements des différentes organisations humanistes implantées au Bénin,  et fera une importante séance de travail avec “frères triponctués” du Bénin.

Georges Sérignac tiendra une importante conférence publique, sur les grands défis de la Franc Maçonnerie moderne. Il poursuivra sa visite à Porto Novo à la rencontre d’autres associations humanistes, et assistera à des réunions importantes.

Vétérinaire de 67 ans installé à Méry-sur-Oise (Val-d’Oise) depuis 1980,  Georges Sérignac est devenu Grand maître du Grand Orient de France. La plus grande organisation maçonnique de France qui compte quelque 50 000 membres et 1 500 loges. Le nouveau Grand Maitre entend donner une nouvelle impulsion à l’organisation.  Après son élection, il avait  plaidé pour une ouverture sur l’extérieur de  son association.

VENEZUELA : Les ouvriers d’Hiram Abiff – Les Landmarks

De notre confrère vénézuélien elnacional.com – Par Mario Munera Muñoz PGM

Les maçons sont libres penseurs par nature et nous ne sommes pas soumis aux dogmes d’origine divine, proclamés par des hommes qui se définissent comme des représentants de Dieu. Nous utilisons la raison, le doute systématique et la recherche. Nous arrivons à la vérité par le discernement, la connaissance et la méditation. 

Les principes de la Franc Maçonnerie sont les suivants : la morale universelle et la loi naturelle dictée par la raison et définie par la science. S’il reconnait un Être Supérieur, il n’admet pas d’autre différence entre les humains que le mérite ou le démérite. Après la définition précédente de ce qu’est un franc-maçon, nous allons évoquer un sujet brûlant au sein de l’auguste Institution : les landmarks, qui ont divisé l’institution entre les « orthodoxes » et les vrais libres penseurs, en raison de certains de ses 25 points. Le terme « landmarks » a son origine chez les maçons anglais et est considéré comme issu de la Bible, Job, (24:2 Certains ont traversé les « frontières » ; ils ont volé des troupeaux et les ont fait paître…). Ce sont des limites physiques qui ne doivent pas être transgressées. La franc-maçonnerie, pour son instruction, a pris pour base la tradition juive. La loi juive dit : « Tu ne dois pas changer les signes de ton prochain, ceux que le temps lui a donnés pour héritage.« 

En franc-maçonnerie, les « Landmarks » ont un sens plus large, mais aussi plus ambigu. Il y a plusieurs définitions qui touchent aux concepts, qui affirment qu’ils sont très anciens, universels, qu’ils sont inaltérables, ce sont des coutumes, des lois écrites, des secrets, qui sont indéfinissables ; D’autres suggèrent qu’ils ne doivent pas exister, même si cela semble difficile à croire, les « limites » ont un peu de tout cela. Mais, l’avis général des maçons convient qu’ils ne doivent pas être changés. Or, Mackey, qui en a compris les limites, les définit comme suit : « Ces coutumes anciennes et universelles de l’ordre, qui ont été progressivement acceptées ou ont été imposées par une autorité compétente, et c’était à une époque si lointaine qu’il ne reste aucune trace de la date. Pour lui, les landmarks sont la plus grande autorité que la mémoire ou l’histoire puisse offrir, ils sont donc universels, inaltérables et irremplaçables». C’est une définition acceptable, mais peinte sous la couleur du dogme. Inaltérable. Pourtant, au fil du temps, le concept a évolué, surtout lorsque les lois ont également évolué. La seule chose immuable est la voie initiatique. Dans la franc-maçonnerie, les «landmarks» sont les limites qu’aucune Grande Loge ne peut ignorer, abroger ou modifier; donc inviolable. Historiquement, on ne connaît pas l’existence de repères. La seule chose immuable est la voie initiatique. Dans la franc-maçonnerie, les «landmarks» sont les limites qu’aucune Grande Loge ne peut ignorer, abroger ou modifier; donc inviolable. Historiquement, on ne connaît pas l’existence de landmarks.

Avant la fondation de la Grande Loge d’Angleterre, si les landmarks étaient une vérité révélée, la franc-maçonnerie aurait un corps doctrinal comme une religion car elle vénère le GADLU, elle a des rituels et des rites, mais ce n’est pas une religion. Il est difficile d’appartenir à quelque chose de sacré sans dogme, mais la franc-maçonnerie n’est pas une religion. Selon Albert Mackey, les fondements de la loi maçonnique doivent être recherchés dans les anciennes limites ou frontières, dans la loi non écrite, dans les anciennes constitutions (loi écrite). La controverse la plus forte se trouve dans le landmarks numéro XVIII, qui dit ceci : « Les femmes… ne peuvent pas être initiées. » La femme participe à la franc-maçonnerie depuis des siècles, et au départ dans d’autres institutions qui se perdent dans la nuit des temps. Ce landmarks exclut les femmes d’un ordre qui se dit égalitaire, en même temps que fraternel. Un autre « La Régularité et La Régularité », « Les loges mixtes et féminines ». Ce landmarks doit être changé afin que les autres déclarations qui l’accompagnent, soit vraiment garante de la considération de la franc maçonnerie comme une institution basée sur l’égalité et la fraternité. L’enseignement initiatique ne se prête à aucune limitation. Recevez mes Baisers de paix

Schibboleth, ou la guerre fratricide

SCHIBBOLETH fut écrit  (שיבלת) avant l’écriture massérotique, 7ème siècle av. J.-C. puis écrit (שׁבלת).

Un schibboleth est une phrase ou un mot qui ne peut être utilisé ou formulé correctement que par les membres d’un groupe.

Le mot “schibboleth” a été adopté pour parler d’un trait linguistique qui permet de différencier des locuteurs. Le mot ne vaut que par la façon dont il est dit, son accentuation, sa sonorité. Il ne révèle pas une signification, mais un trait privilégié à la marge de la langue qui peut signaler une appartenance. Autrement dit, un schibboleth représente un signe de reconnaissance verbal, un mot de passe, de passage.

Dans la Bible, le mot schibboleth signifie «épi, céréale», «branche» ou encore «flot», «torrent». Il Apparaît 19 fois dans la Bible : épis 14, eaux 1, flots 1, cours (du fleuve) 1, rameaux 1, Schibboleth 1; Ps 69,16 (Les eaux) Job 24,24 (épis). Michel de Saint-Gall dans son Dictionnaire des Hébraïsmes dans le Rite écossais Ancien et Accepté  précise que Schibboleth a une double signification : épi de blé et courant d’une rivière. De la même manière, le Dictionnaire de la Bible d’André-Marie Gérard donne la traduction suivante : fleuve ou épi. L’iconographie maçonnique représente souvent un épi de blé au bord d’un cours d’eau.

Le schibboleth apparaît dans le Livre des Juges 12,4-6 comme un mot de passe.

Jephté est un homme fidèle à ses serments au point de sacrifier sa fille unique, (Juges 11, 31 et  35). Il est le chef des hommes de Galaad, une des 12 tribus d’Israël[1]. Après s’être délivré de l’oppression des Amonnites, il reprocha aux Éphraïmites (autre tribu d’Israël), de ne pas l’avoir secouru. Parce que ces derniers lui cherchait querelle, il leur livra bataille les défit et prit les gués du Jourdain, probablement vers la ville de Guilgal (voir la carte), située près d’un gué du Jourdain, entre Jéricho et le pont de Damyeh. 

De nombreux fugitifs voulurent retraverser le fleuve pour retourner dans leur territoire après avoir été déportés en Gad et en Amon. Ces Éphraïmites étaient considérés comme  hautains, tenaces à la faute et toujours prêts à résister aux prétentions des autres tribus et plus particulièrement à celle de Juda, dont ils étaient particulièrement jaloux. «Quand un fuyard d’Éphraïm disait : «Laissez-moi passer»,  les gens de Galaad demandaient : «Es-tu éphraïmite ?» S’il répondait «Non», alors ils lui disaient : «Eh bien, dis SCHIbboleth !» ( ת לֶ בֹּ שִׁ qui se traduit par céréale). Mais comme il prononçait SIbboleth, ne pouvant exprimer correctement le chuintement de la première lettre de ce mot (ת לֶ בֹּ סִ, qui se traduit étonnamment par souffrir), les hébreux le tuaient sur-le-champ.  Il est tout aussi étonnant de trouver dans la racine hébreu de ce mot les lettres (ב שׁ) donnant l’idée de retour à un état primitif, à un lieu d’où l’on était parti et également l’idée de tout état d’éloignement de sa patrie, une déportation, une capture[2].

C’est proche de cet endroit que Jésus sera très bien accueilli par les Éphraïmites alors que, poursuivi, il est en route pour sa dernière fête des Tabernacles. Il y donne une parabole sur l’unité des peuples inspiré par la prophétie d’Ézéchiel (Ez ; 37, 16 à 28).

Schibboleth devient quelque chose  qui différencie ces frères si proches (Éphraïm et Manassé, sont les deux petits-fils bénis par Jacob[3]  qui se refusent le passage et même la vie parce de croyance différente : ne pas pouvoir chuinter, c’est ne pas adorer Shaddaï (shaddaï qui apparaît par ailleurs dans le texte de la prière, traduit des Constitutions irlandaises de Pennell (Dublin, 1730 (31) : « Très Saint et Glorieux Seigneur Dieu (il s’agit du Tout Puissant, en hébreu El Shaddaï), toi, Grand Architecte du Ciel et de la Terre,…). Pendant son séjour de plusieurs années en Égypte, Jéroboam (de la tribu d’Éphraïm) avait fait connaissance avec la religion du pays, et avait pu constater que l’adoration des animaux, particulièrement celle du taureau, était fort avantageuse aux rois. Ce culte grossier avait abêti le peuple, et pourrait lui être, à lui aussi, le parvenu, d’une haute utilité politique. Il se concerta donc avec ses conseillers pour l’introduire dans son royaume en détournant les Éphraïm de Shaddaï.

Quant aux 42000 égorgés au cours de cette narration, leur nombre s’écrit en hébreu “quarante et deux suivi de Aleph final”qui marque les milliers. Or, symboliquement Aleph désigne le Principe (ףלֶאָ). Quarante-deux, c’est le nombre des juges qui assistent Thot dans la pesée des âmes. Il faut entendre, par cette référence aux Égyptiens, que ceux qui prononcent SIB… ont la gorge tranchée , ils sont jugés selon les normes applicables aux fils d’Amon, car SIB… est totalement antinomique des règles de vie applicables à la société de ceux qui prononcent SCH…La séparation était radicale pour le moins !

Dans le récit biblique, la traversée est interdite à ceux qui ne savent pas prononcer avec justesse le mot de passe. Jephté signifie «il ouvrira», «il libérera» ou «Dieu libère». Jephté «délivre» les Galaadites de leurs ennemis ; dans une vision ésotérique, il est celui qui libère l’homme du joug du matérialisme exclusif en le faisant accéder à l’autre rive, au monde spirituel, à condition qu’il prononce le juste mot.

Pris au sens symbolique, le meurtre de l’Éphraïmite au passage du fleuve est également celui de l’étranger qui est en soi-même pour, à l’occasion du changement de rive, acquérir la plénitude de son être intérieur. Cette lutte contre la mauvaise partie de soi dont il faut se débarrasser trouve aussi un écho dans l’islam ésotérique soufi, où c’est le véritable sens du Ijdihad (guerre contre soi-même).

La forme de la lettre initiale à prononcer, le shin ש, dessine l’accueil par l’ouverture de ce qui vient d’en haut pour féconder spirituellement l’être, cette même lettre commençant aussi le nom divin Shaddaï. Utiliser la prononciation sifflante, c’est se servir de la lettre Samekh ס dont la forme montre la fermeture et l’incapacité de recevoir la spiritualité, siboleth signifiant «fardeau», c’est donc refuser l’adombrement. En effet,  Jephté signifie : «il ouvrira», «il libérera» ou «Dieu libère». Dans une vision ésotérique, Jephté est celui qui libère l’homme du joug du matérialisme exclusif en le faisant accéder à l’autre rive, au monde spirituel, à condition qu’il prononce le juste mot.

Comme la diagonale, Schibboleth joint également. Le bon geste et la bonne prononciation sont des codes d’appartenance. N’oublions pas les origines irlandaise et écossaise de la Franc-Maçonnerie ; l’identité clanique «verbale  était le propre des Scots ou des Pictes (et de toute tribu), car le sens donné au mot leur était commun et inconnu des étrangers qui en ignoraient la prononciation et l’accent spécifique. Pour les Ancients (qui soutenaient Stuart), le tuilage en serait alors la réminiscence pour démontrer son appartenance, tuilage se faisant dans la prononciation spécifique au clan dans la bonne compréhension du psaume 137.

Dans une perspective initiatique, hermétique ou alchimique, les deux rives d’un fleuve représentent les mondes matériel et spirituel. Ils sont séparés mais forment un tout. Passer la rivière, faire l’effort d’aller de l’autre côté, signifie dans le domaine initiatique accéder au monde spirituel au péril de sa vie. C’est l’épreuve purificatrice de l’eau dont la réussite ouvre le passage vers un autre état d’être. L’épreuve de l’eau imaginalise le déluge contemporain des clichés et des paroles, qui ne permettent plus vraiment de se retrouver en soi et qui submergent l’homme de rumeurs et d’informations à l’infini, noyant l’accès au livre, à la lecture, à l’interprétation, rendant difficile l’imagination créatrice qui ouvre à ce que la philosophie nomme «transcendance».

C’est en France, dans les années 1740, que schibboleth est apparu comme mot de passe pour la première fois dans un contexte maçonnique et particulièrement dans la divulgation de G.-L. Pérau, L’Ordre des francs-maçons trahi et le secret des Mopses révélé[4].

Ce vocable de droit au passage est transmis au devenant compagnon au cours de l’augmentation de salaire. On peut dire qu’il est rattaché à la colonne Yakin du compagnon (au REAA). En effet, il est écrit au verset 12,6 des Juges le mot «Yakin» associé avec la bonne prononciation  : «Il prononçait Sibboleth, ne pouvant le faire correctement». Yakin ici est relié avec le sens de pouvoir (ou pas) parler droit, juste, dans la rectitude. Schibboleth est le passage vers la bonne parole.

L’association de l’épi à un cours d’eau, représentée sur le tableau du grade, accentue l’idée du passage d’un état de nature, celui de la terre confuse, à un autre, celui de la terre spiritualisée. Le symbolisme du cours d’eau évoque l’écoulement des eaux, lesquelles comme la vie terrestre, ne repassent jamais deux fois au même endroit. Peut-on interpréter que les épis de blé au milieu de la rivière sur le frontispice du prologue du Traité de la Cabale de Jean Thenaud (présenté à François 1er en 1535/1536) représentent schibboleth ?[5]

Selon l’évènement biblique auquel il est fait référence, il ne s’agit pas ici de descendre, ni de remonter le courant, mais de traverser le cours d’eau, c’est-à-dire de franchir un passage,  pas nécessairement sans difficultés, celui conduisant l’apprenti au statut de compagnon.

Pour une exégèse du mot «schibboleth» en hébreu consulter l’article de Pierre Drulang sur : masoniclib.com/parcourcont.php?lg=fr&cont=schibboleth&mode=t (avec mot de passe du compagnon).

Compléter avec le texte  de Reno Boggio Schibboleth, La lettre shin ou le sens alchimique des hébraîsmes maçonniques : freemasons-freemasonry.com/masonica_GRA_boggio.html

Illustration Benjamin West, Jacob bénissant Éphraïm et Manassé, 1767-1768


[1] Le nom de Galaad est aussi celui d’au moins trois personnages de la Bible : 1- Galaad est l’arrière-petit-fils de Joseph fils de Jacob ; 2- Galaad est l’un des membres de la lignée des fils de Gad fils de Jacob ; 3- Galaad est le père de Jephté l’un des juges d’Israël.

[2] Page 380/392 La langue hébraïque restituée, 1ère partie, par Fabre d’Olivet : gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k647859.pdf

[3] <akademimg.akadem.org/Medias/Documents/Vaye’hi-Horvilleur.pdf>

[4] 1758, p. 136 : <gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3110864/f11>

[5] <gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55008904n/f33.item>

Histoires de fantômes par France Culture

4 ÉPISODES de franceculture.fr

Attention fantômes ! car notre passé est riche de revenants. Des maisons hantées aux tables tournantes, en passant par le fantôme qui murmurait à l’oreille du Roi-Soleil, esprit es-tu là ? Fantômes d’ici, et surtout de l’au-delà, un spectre, à quoi ça… suaire ?

Pour accéder aux épisodes, cliquez sur l’image ci-dessous

https://www.franceculture.fr/emissions/serie/histoires-de-fantomes

Pour approfondir ce sujet, vous pouvez aussi vous reporter à notre présentation de l’ouvrage « Autopsie des fantômes – Une histoire du surnaturel » (Tallandier, 2021) de Philippe Charlier, docteur en médecine, docteur ès lettres (EPHE, IVe section) et docteur ès sciences (Paris 5) https://bit.ly/3s6JHFL

Antimaçonnisme : « La désinformation et le mensonge sont les armes les plus puissantes de la franc-maçonnerie » (José Tomas Martínez)

De notre confrère paraguayen lanacion.com.py

Depuis 1738, tout catholique qui s’initie à la franc-maçonnerie est excommunié (Bula In Eminenti, Pape Clément XII). Cette condamnation n’a jamais été levée par aucun pontife à ce jour, bien au contraire, plusieurs papes ont ratifié cette excommunication dans leurs pontificats respectifs.

En 1983, la franc-maçonnerie a lancé une désinformation, selon laquelle l’Église avait levé l’excommunication, c’est pourquoi la Congrégation pour la doctrine de la foi a rédigé une déclaration doctrinale sur l’incompatibilité de la foi chrétienne et de la franc-maçonnerie (Quaesitum Est).

Dans ce document, l’Église réitère l’excommunication des maçons catholiques :

« Les fidèles qui s’inscrivent dans les associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent recevoir la Sainte Communion. »

La franc-maçonnerie paraguayenne avec sa capacité à désinformer affirme, que seuls les évêques paraguayens ne les acceptent pas, cependant, cette déclaration qui vient de la plus importante Congrégation de Rome en matière doctrinale dit qu’aucune autorité ecclésiastique locale n’a le pouvoir de juger la nature d’une Association maçonnique en permettant de déroger à ce qui a été décidé par la congrégation de la foi. En termes simples, aucun évêque au monde n’a le pouvoir d’abroger cette condamnation de la franc-maçonnerie, seul l’évêque de Rome, le pape le peut.

A ce jour, aucun pape n’a abrogé cette excommunication ; et s’il y avait un pape maçon comme le disent aussi les maçons, logiquement ce pape aurait levé une sentence aussi sévère contre la maçonnerie. L’intention de l’Église est que les catholiques qui se sont lancés dans la franc-maçonnerie connaissent la grave erreur qu’est l’appartenance à cette association et retournent au sein de l’Église du Christ.

La désinformation et le mensonge, armes puissantes de la franc-maçonnerie, ont réussi à capturer de nombreux catholiques, peu éduqués en matière religieuse, et ont réussi à s’emparer des trois pouvoirs de l’État, les forces armées et la police nationale, dans notre pays à majorité catholique.

Parfois, le vulgaire profane (c’est ainsi que les francs-maçons appellent ceux d’entre nous qui n’appartiennent pas à leur association) se demande pourquoi notre cher pays est en si mauvais état et ma réponse est : parce que la laïcité et le relativisme implantés par la franc-maçonnerie parviennent à expulser le Dieu des chrétiens de la vie publique et favorisent le règne le dieu déiste de la franc-maçonnerie, le grand architecte de l’univers.

Si la propagande maçonnique s’avérait vraie, que les plus grands hommes de l’histoire se sont formés au sein de cette association, notre pays ne serait pas l’un des pays les plus corrompus d’Amérique latine, il n’y aurait pas autant de corruption dans les administrations publiques, ni autant contrats truqués.

La franc-maçonnerie paraguayenne affirme que de nombreux présidents ont été francs-maçons, et c’est vrai, tous les premiers présidents paraguayens après la guerre de la Triple Alliance, de 1870 à 1936, étaient des francs-maçons (sauf José P. Guggiari). Ce sont eux qui ont pactisé avec l’ennemi de notre peuple, sur le cadavre de nos compatriotes, tout cela à cause de la volonté de pouvoir qui a toujours caractérisé les membres de cette association secrète.

Je termine par l’avertissement du pape Léon XIII, se référant à la franc-maçonnerie : « exhorte les parents, les directeurs de conscience et les curés à insister, dans l’enseignement de la doctrine chrétienne, pour avertir opportunément leurs enfants et leurs élèves de la perversité de ces sociétés, et qu’ils leur apprennent vite à se méfier des ruses frauduleuses et variées que leurs propagateurs utilisent habituellement pour embrouiller les hommes » (Humanum Genus).

Par José Tomas Martínez : Laïc. Ancien coordinateur national du Renouveau Charismatique Catholique. Ancien secrétaire exécutif des laïcs du CEP. Intervenant international.

ARGENTINE : Daniel Bolens – Grand Maître de l’Ordre Maçonnique Mixte International « Le Droit Humain », visitera la ville de Posadas

De notre confrère argentin misionesonline.net – Par Gaston Mazur

Le plus haut dignitaire de l’Ordre maçonnique mixte international, le « Droit Humain », Daniel Bolens, visitera la ville de Posadas ce 21 février. Il tenait une conférence de presse ce matin et ce soir il fera un discours au Barreau de la province. 

La Juridiction Argentine de l’Ordre International Mixte Maçonnique « Le Droit Humain »vient de faire une annonce. Le Grand Maître visitera i la ville de Posadas.

Ce 21 février, après la conférence de presse qui aura eu lieu le matin à l’Hôtel de ville de Posadas, le dignitaire se rendra accompagné de membres de la loge de Posadas, dans les locaux de l’Ordre des avocats de la province.

Il convient de rappeler que le lieu de rendez-vous est situé sur la Calle Junín 2074 et débutera à 19h30.

Bolens arrivera de Paris en France, et il est le plus haut dignitaire mondial de cet ordre maçonnique.

L’Ordre Maçonnique Mixte International « Le Droit Humain » a été fondé par María Deraismes et Georges Martin en 1883. A l’époque, M. Deraismes, avec d’autres femmes, ont défendu les Droits de l’Homme et plus particulièrement ceux, d’égalité homme-femme.

Lors de sa demande d’admission dans une loge maçonnique à Paris, elle avait suscité une grande confusion parmi ses membres qui, dès le début de la franc-maçonnerie, n’était conçue que pour les hommes.

Cependant, sa forte détermination pour l’égalité des droits des femmes avec ceux des hommes, lui a finalement permis, avec Georges Martin, et d’autres femmes et hommes éminents, de fonder le premier Ordre Maçonnique Mixte.

L’OMMI « Le Droit Humain », est présent dans plus de 60 pays sur les cinq continents.

En plus, de sa venue en Tierra Colorada, le Grand Maître visitera également d’autres Loges argentines au cours des prochains jours.