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Tout est prêt pour que La Grande Loge du Chili fête ses 160 ans

De notre confrère chilien chilien

 « Nous avons voulu particulièrement mettre l’accent sur ce que représente notre histoire, sur la consolidation institutionnelle et sur l’importance que la franc-maçonnerie a dans la réalité de notre République. En janvier, nous célébrons le 160e anniversaire de la Loge Ordre et Liberté n° 3, fondatrice de la Grande Loge du Chili. La dernière semaine d’avril marquait le 160e anniversaire de la Loge n°4, également fondatrice de la Grande Loge du Chili. Au cours de ce mois de mai, nous célébrerons également le 160e anniversaire de la Fraternité n ° 2 Loge de Concepción, également fondatrice de notre Ordre  » annonce le Grand Maître Sebastián Jans Pérez.

Au début de 1862, à l’initiative de l’Union Fraternelle Loge, fondée neuf ans plus tôt, un mouvement maçonnique prend naissance à Valparaíso, Concepción et Copiapó, dont le but était de rendre la franc-maçonnerie nationale indépendante du Grand Orient de France.

            Cette initiative a été menée par le jeune avocat Juan de Dios Arlegui Gorbea (1827-1908), qui avait acquis un solide prestige à Valparaíso, tant pour ses performances professionnelles que pour son travail dans la municipalité de la ville et en tant que secrétaire du maire Santiago Aldunate. Elle avait aussi l’auréole des révolutionnaires qui avaient été victimes de la répression en 1859, lors des révolutions qui cherchèrent à renverser Manuel Montt. Au mois d’août 1862, le président de la république, José Joaquín Pérez, le nomme lieutenant-colonel du bataillon civil de Valparaíso.

            La Franc-maçonnerie à laquelle appartenait Arlegui était celle fondée en 1850, par un groupe de français établis dans le premier port du Chili, dans la loge desquels il reçut la lumière. Trois ans plus tard, ils fondèrent une loge qui promouvait l’initiation des ressortissants : la loge de l’union fraternelle.

            Ce groupe a été rejoint par des intellectuels notables, tels que José Victorino Lastarria, Domingo Faustino Sarmiento, Guillermo Blest Gana et Arlegui lui-même, qui ont puisé dans les principes maçonniques pour enrichir leur pensée libérale et leur vocation d’être au service des autres, inspirée par la Liberté, l’Égalité et la Fraternité.

            Après un échange de correspondance et la nomination de délégués, issus de l’Union Fraternelle elle-même, les Loges de Valparaíso, Concepción et Copiapó, ont convenu de fonder une institution qu’elles ont appelée la Grande Loge du Chili, la déclarant installée le 24 mai 1862.

            Cette même année fut promulguée une Constitution de l’Ordre maçonnique qui déclarait que ses objectifs seraient la bienfaisance, l’étude de la morale universelle et la pratique de toutes les vertus.

            Dans ce texte, il a été établi que la Franc-maçonnerie ne s’occupe pas des diverses religions existantes dans le monde, ni des Constitutions civiles des États, puisqu’elle respecte à la fois la foi religieuse et les sympathies politiques de ses membres. Pour cette raison, au sein des Loges qui la composaient, tout type de discussion religieuse ou politique était interdit.

            Il a également rappelé que la franc-maçonnerie avait pour devise Liberté, Egalité et Fraternité, mais il a rappelé que, travaillant dans le domaine des idées, les francs-maçons avaient comme l’un de leurs premiers devoirs le respect et l’observation des lois du pays dans lequel ils vivaient. Cependant, a-t-il ajouté, « dans le domaine du discours philosophique, ils seront autorisés à rechercher la réforme de ce qui ne seraient pas conformes à la justice et à la raison ».

            Avec ces objectifs en tête, les francs-maçons des loges dépendant de la Grande Loge du Chili ont promu diverses œuvres de bien, axées sur la charité et la diffusion de l’éducation au profit des secteurs les moins favorisés de la société.

            Des écoles libres sont fondées, à commencer par les « Blas Cuevas », à Valparaíso; et chaque franc-maçon contribuait de son obole et de son travail à toutes les associations qui contribuaient à accroître les savoirs des couches populaires.

            Dans leur quête de réforme des lois « qui n’étaient pas conformes à la justice et à la raison », les francs-maçons se joignirent aux initiatives qui demandaient la fin des discriminations dans les cimetières, l’égalité des droits dans l’exercice des divers cultes religieux, la déclaration comme seuls d valables seuls les mariages célébrés devant l’autorité civile et établir l’état civil.

            La beauté des principes maçonniques a captivé les artistes, les intellectuels, les professeurs, les scientifiques, les professionnels, les hommes d’affaires, les politiciens, les militaires et policiers, qui ont trouvé dans les Loges des espaces de paix et de tolérance pour débattre sur différentes idées et pour mettre en pratique leurs préoccupations d’hommes bons, motivés par leur penchant naturel vers la justice.  

            A l’heure de fêter ce nouvel anniversaire, l’Ordre compte 246 Loges sous son obédience, réparties sur l’ensemble du territoire national.

            Son actuel Grand Maître, Sebastián Jans Pérez, est le trente-troisième maçon à occuper ce poste élevé.

PROGRAMME DE LA CÉLÉBRATION ANNIVERSAIRE

Le lundi 23 mai à 10h00 un pèlerinage aura lieu au cimetière général . Le tombeau des Grands Maîtres sera visité.
Mardi 24 mai à  12h00 Cérémonie républicaine pour le 160e anniversaire de la Grande Loge du Chili , dans le Grand Temple. Avec le concours des hautes autorités de la République.
Mardi 24 mai à 18h00 Inauguration de l’exposition maçonnique au Musée historique national. 
Mercredi 26 mai  à  8h30 Colloque « L’Asie-Pacifique : intégration et développement humain » Sheraton Santiago Hotel, Salle San Cristóbal  Adresse : Av. Santa María 1742, Providencia, Santiago
Mercredi 26 mai ,  10h30 Panneau. Domaines thématiques   – Favoriser la coopération et promouvoir la reprise économique entre l’Amérique latine et l’Asie. – Faire face aux crises auxquelles le monde est confronté. – Bénéfices mutuels de l’intégration pour le développement humain.
Vendredi 27 mai , 9 h30 Cérémonie de dépôt de gerbes Monuments à O’Higgins et Carrera, Plaza de la Constitución, Santiago.

LONDRES au fil des origines de la Franc-maçonnerie

Éric Simon – Les éditions du Zeugma, 2018, 128 pages, 16 €

Vous pensez cœur politique, économique, culturel et intellectuel de Grande-Bretagne ? Vous pensez nécessairement Londres. Londres, célèbre pour ses palais royaux et ses musées. Londres, riche d’une histoire qui s’étend sur des milliers d’années et dont les vestiges du passé fascinent toujours autant. De la Tour de Londres à l’église du Temple, des majestueux palais de Buckingham Palace, de Kensington Palace à l’Abbaye de Westminster, de Big Ben ou encore de la Cathédrale Saint Paul, qui domine la City, à Tower Bridge, de Picadilly Circus à Trafalgar Square. Mais ce Londres là, vous le connaissez !

Ce que vous propose Éric Simon, écrivain, conférencier, historien, conteur, chroniqueur de radio et de télévision, bien connu de la communauté française de Londres, c’est tout autre chose. Ce « Fureteur de Londres », spécialiste du Londres d’Harry Potter et de Blake et Mortimer nous guide, cette fois-ci, à la découverte du Londres qui a vu la naissance, il y a plus de 300 ans, de la Franc-Maçonnerie moderne.

L’auteur plante tout d’abord le décor avec le Freemason’s Hall en plein cœur de ville, dans ce très maçonnique quartier qu’est Covent Garden. Puis Éric Simon nous plonge, avec un bref rappel historique, dans ce Londres qui a vu César tenter de remonter, sans succès, la Tamise vers 55 av. J.-C., mais aussi l’édification de l’église du Temple, cachée dans un labyrinthe des venelles, construite par les moines soldats, sur le modèle du Saint-Sépulcre à Jérusalem, en passant par le grand incendie de septembre 1666. Sans manquer de nous éclairer sur la vie de personnalités telles que Jean-Théophile Desaguliers (1683-1739) et la Royal Society, Isaac Newton, Christopher Wren et tant d’autres figures célèbres auxquelles la Franc-Maçonnerie doit tant. Mais le lecteur y découvrira, avec profit et plaisir, des noms moins connus, mais tout aussi importants pour notre Fraternité tels que l’élève de Christopher Wren, l’architecte Nicholas Hawksmoor (c. 1661-1736) qui conçut les tours de la façade de l’abbaye de Westminster et réalisa aussi six autres églises à Londres, ou encore le peintre, graveur et philanthrope William Hogarth (1697-1764).

Du XVIIIe siècle, nous retiendrons les tavernes, comme L’Oie et le Grill, le déroulement de la journée du 24 juin 1717 et des multiples anecdotes évoquées par l’auteur, comme tant de petites histoires qui font la grande.

Plus près de nous, Éric Simon esquisse une histoire fort intéressante des Maçons français à Londres, surtout au XIXe siècle, que cela soit les prisonniers des guerres napoléoniennes ou des français exilés sous Napoléon III ou encore la Commune. Se faisant aussi l’écho des Philalèthes – ami ou chercheur de la vérité – d’Annie Besant et du Droit Humain International, Éric Simon ne peut passer sous silence les vies et lieux de résidence de nos illustres Frères Rudyard Kipling et Sir Arthur Conan Doyle. Ou, plus simplement, de dessiner un juste tableau de Frères français maçonnant au sein des Loges « Hiram » du GODF, « The White Swan » de la GLDF et « Réunion Fraternelle et Tradition » de la GLTSO.

L’ouvrage est illustré par de nombreuses photos couleur de l’auteur. Alors guide touristique, de voyage ou simple carnet de route ? En tout cas, un format poche (11×17 cm) fort pratique qui vous accompagnera partout sur le chemin…londonien.

Le mot du mois : « Nuance »

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C’est peu dire que nous vivons une époque sans nuances, empreinte de brutalité et de vindicte. Mots non pas échangés, mais jetés à la face dans la crudité d’une grossièreté banalisée. Gestes peu retenus, au mieux ébauchés dans l’immédiateté de leur irréflexion, souvent violents par leur spontanéité sans prévention. Et l’ensemble contribue à une superficialité des relations et une virulence sociale qui n’en mesurent pas l’effet désastreux. A tout propos et hors de propos, l’insulte fuse, la bourrade sans contrôle déséquilibre jusqu’à la chute.

Il est loin le temps des « noms d’oiseaux » dont on gratifiait l’adversaire du moment. Certes, pour les oreilles et les épées susceptibles, le seuil de tolérance à l’injure s’avérait très bas et l’on se souffletait à l’envi et criait au duel à la moindre oeillade jugée déplacée, au « mot de travers ». Encore fallait-il détenir l’épée vengeresse et la compétence d’en user.

Dans un monde sans nuanciation, où tout ne peut être que blanc ou noir, bien ou mal, beau ou laid, etc., on se prend à rêver de clair-obscur, de politesse et de diplomatie, de vocabulaire choisi à bon escient et de lenteur voulue dans la réfutation.

L’étymon de la nuance, *nebh, désigne tout ce qui « couvre ». La nébuleuse et le cumulonimbus, la nuée et le temps nuageux. Et même la nielle, une maladie céréalière ainsi nommée parce que le brouillard est nuisible au blé, entre autres.

On redoute toutes les formes de brouillard, visuel ou mental, parce que le sens de la vue y perd son hypertrophie rassurante et le rationnel sombre sans prévention. Et quand s’annonce le brouillard de la barbarie, s’instaurent alors les temps opaques de Nacht und Nebel, Nuit et Brouillard de l’humanité. De quoi s’obnubiler sans réponse sur les remèdes à lui apporter.

Il y a aussi ceux qui toujours « tombent des nues » dans une apparente naïveté désarmante, tel le Professeur Nimbus, de désopilante mémoire. Son point d’interrogation capillaire fit la joie de nombre de générations. Et son nom est devenu une métaphore courante.

Le verbe nuer permet d’assortir les couleurs dans toutes les variations des nuages. De là vient la nuance. Aussi nécessaire que le nuage pour voiler la crudité aveuglante d’un soleil ou d’une franchise propre à blesser.

« Autrefois tu me disais tout », ainsi se plaint le Comte à Figaro, qui lui répond : « Et maintenant je ne vous cache rien. » (Beaumarchais, Le Mariage de Figaro, III, 5). Ah, la subtilité du renversement par la négation ! Les Jésuites s’étaient fait une spécialité de cette forme de péché par omission… Le mensonge « en creux » désarme infailliblement la virulence de l’attaque.

Et Voltaire, taraudé de jalousie, disait de Marivaux, son rival en théâtre : »Il pèse des oeufs de mouche dans une balance en toile d’araignée. »

Dans la société contemporaine et ses affrontements de mots et de gestes si abrupts et assassins, on se prend à rêver de restaurer plus généralement une courtoisie de bon aloi nimbée de nuances.

Annick DROGOU

As-tu jamais ouvert un nuancier ? C’est ce jeu de cartes qui, à partir des trois couleurs primaires, présente une gamme, une infinie palette de couleurs qui nous ouvrent à la richesse, à la fécondité du réel qu’on a oublié de voir et contempler. Intensité ou légèreté, luminosité ou obscurité, chaleur ou froideur des couleurs qui varient par degrés infinitésimaux, le nuancier n’est jamais dualiste. Et quand il faut rompre le silence, la parole s’apprivoise et s’élève dans l’art de la nuance.

Beauté. Avec la nuance, ce n’est pas le diable qui est dans le détail mais le beau. La nuance est l’art des transitions. Il y a de la douceur dans la nuance, souvent un geste de paix, d’ouverture, mais rien d’émollient, de lâche. Bien au contraire, la nuance est exigeante, elle nous mobilise dans la recherche de la précision. La nuance avance avec esprit de finesse. Mécanique de l’affleurement de l’adverbe et de la pointe de l’épithète choisi avec justesse pour teinter les mots.

Force. Pourquoi la nuance ? On pourrait se contenter de grosses évidences, toujours choisir son camp. Pas de nuances sur un panneau indicateur : le rouge est mis, c’est interdit. Non, l’art de la nuance est plus fort que tous les jugements à l’emporte-pièce tonitruants. La nuance n’est pas pour autant un relativisme paresseux. La nuance sait viser juste. Derrière son apparente faiblesse, la nuance est une force. Celle qui préférera toujours le chemin de crête de recherche de la vérité, de l’exactitude, à l’autoroute des conformismes.

Sagesse. La nuance est la politesse des mots, la civilisation du verbe. « Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde », écrivait Albert Camus dans un article en hommage au philosophe Brice Parrain. Humilité aussi de la nuance que sert si bien l’humour. Entendre et sous-entendre. La nuance comme une salutaire gymnastique d’intelligence du réel. La vie en couleurs.

Jean DUMONTEIL

Y avait-il des francs-maçons dans le gouvernement du Mexique ?

De notre confrère mexicain uniradioinforma.com

Andrés Manuel López Obrador (AMLO), président du Mexique, a eu un débat improvisé avec l’un des participants de sa conférence de presse du matin du 9 mai 2022. Lorsqu’a été évoqué la franc-maçonnerie et, son influence sur les gouvernements mexicains, car le chercheur Wenceslao Vargas Márquez a assuré que Francisco I Madero et Victoriano Huerta étaient francs-maçons. 

Vargas Márquez est l’auteur du livre en deux volumes la Franc-Maçonnerie à la présidence du Mexique, publié en 2020. Le chercheur a fait son intervention, après qu’AMLO ait passé en revue l’histoire de la politique mexicaine, lors de sa visite à Cuba, le président Díaz-Canel lui a remis un pistolet. Il s’agit d’une arme que Francisco I Madero avait fait fabriquer pour la donner à Francisco Villa. 

Ainsi, lors de son allocution, le chercheur a souligné que « j’informe et rappelle que tous deux étaient des maçons. Madero au 33ième degré et le général Huerta au 30ième , tous deux du rite écossais ancien et accepté ». De son coté, AMLO a répondu que « l’ancien président Madero était un spirite, je ne suis pas sûr qu’il était franc-maçon, le président Juárez lui, l’était. Pour clarifier, Juárez était anticlérical, pas antireligieux, ce qui est deux choses différentes ». 

En réponse, Vargas a souligné que Madero était dans des loges à Mexico (CDMX) et à Coahuila. Il a également reçu les 31e, 32e et 33e degrés en 1911, juste au moment où il remportait le second tour de la réélection présidentielle. AMLO a assuré qu’il était intéressé par le sujet, et il examinera les informations susmentionnées.

Le JDD tire le portrait de l’ancien GM du GODF Alain Bauer

De notre confrère lejdd.fr Par Catherine Nay

Franc-maçon et conseiller des puissants… Alain Bauer, le Grand Maître de la coulisse. Homme de réseaux et d’influence, il conseille les puissants mais conserve sa part de mystère.

Alain Bauer ? Vous l’avez forcément remarqué dans les débats télévisés avec sa façon unique de se tenir : buste droit, menton relevé, un regard qui toise ou s’absente et cet air de contentement de soi qui ne va pas jusqu’à la prétention. Crâne rond et chauve, petite moustache. On voit un homme à l’aise, qui parle haut et que l’on ne contredit pas. On l’invite parce qu’il impressionne. « Mon métier c’est la sécurité, la défense, le renseignement », dit-il.

Des sujets hautement sensibles en ces temps troublés. Parce qu’il intéresse, on l’attend. Pour chaque question, il a toujours une réponse étayée par une avalanche de faits, de chiffres. Il dissèque, tranche, assène, « convainc ». Son analyse est toujours originale. Un pédagogue et vulgarisateur hors du commun qui ferait croire qu’il est expert en tout et omniscient.

On perçoit derrière chaque intervention une longue accumulation de travail, de lectures, de renseignements puisés à des sources multiples et internationales. « Je ne dîne jamais en ville. Je me couche tôt, vers 22 heures, je dors peu. Réveil à 3 heures, à 3h45 je suis au bureau », dit-il. Puisque c’est son choix !

À 38 ans, il devient Grand Maître de la franc-maçonnerie

Longtemps Alain Bauer a préféré jouer les hommes de l’ombre pour acquérir de l’influence. Laquelle s’est bâtie grâce à des réseaux plus ou moins occultes. Il a été Grand Maître de la franc-maçonnerie, il en a démissionné deux ans plus tard, ce qui a renforcé son mystère. Et éveillé des fantasmes. On l’a dit agent de la CIA. On le craint car il a la dent dure. Sympathique, antipathique. Les avis demeurent partagés pour le raconter. Aujourd’hui, on le voit beaucoup à la télévision, il s’offre des bains de lumière. On le sent réconcilié avec lui-même, peut-être son besoin de reconnaissance est-il enfin étanché.

Je ne dîne jamais en ville. Je me couche tôt, vers 22 heures, je dors peu. Réveil à 3 heures, à 3h45 je suis au bureau

Alain Bauer. Il faudrait tout un roman en plusieurs volumes. Qui commence dès la naissance. La venue au monde de ce fils unique dans une famille juive dont les grands-parents avaient fui les pogroms, un 8 mai ! Ce jour où l’on commémore la victoire sur l’Allemagne nazie. Comment ne pas y voir un symbole de revanche, celui de la vie sur la mort. Chaque 8 mai, au moment de souffler les bougies sur le gâteau, le vent de l’histoire s’invitait à la fête.

L’enfant précoce et doué a compris d’instinct qu’il lui faudrait des relations pour réussir. À 15 ans, adolescent joufflu, il s’inscrit au Parti socialiste alors sis place du Palais-Bourbon. Ça n’est pas Mitterrand qui l’attire, mais Rocard. Trois ans plus tard, il entre au Grand Orient. Un investissement lourd. Il en est le plus jeune membre. À 38 ans, il sera son Grand Maître. Quel parcours.

« J’étais vieux quand j’étais jeune », reconnaît Alain Bauer

« Je l’ai connu en 1980 à la fac de Tolbiac, raconte Manuel Valls. Il tranchait sur tout le monde par sa taille, sa corpulence. Il portait toujours un costume, une cravate, était déjà chauve et moustachu quand tous les camarades étaient en jean et portaient des cheveux longs. » On l’appelait le « gros bobo ».

« J’étais vieux quand j’étais jeune », reconnaît l’intéressé. Il est vrai que lorsqu’on regarde des photos de l’époque, c’est fou ce qu’il a rajeuni depuis qu’il a minci, ce qui implique qu’il a dû faire de sacrés efforts. La gastronomie, héritée d’un père gourmand et gourmet, est son autre passion. Il a été critique du guide Champérard (un concurrent du Gault et Millau) dont il est devenu quelques années plus tard propriétaire.

« Ce qui le distinguait encore plus des autres, poursuit Manuel Valls, c’est qu’il avait une pensée originale, une analyse du monde. Son langage n’a pas varié. C’était aussi un caractère joyeux. » À Tolbiac s’est noué un lien d’amitié indestructible entre Manuel Valls, Stéphane Fouks et lui. Tous les trois rocardiens. Du temps de leur idole à Matignon, on les appelait la « troïka ».

« Chacun savait ce qu’il voudrait faire plus tard, raconte Alain Bauer. Manuel voulait faire de la politique, Stéphane de la communication. Moi, je ne voulais pas être devant la scène. Conseiller, directeur de cabinet de ministre, cela m’aurait bien plu. » (Suite…)

Lire l’intégralité de l’interview sur le JDD

12/05/22 : Charleville-Mézières – Conférence « Des corporations d’antan à la Franc-Maçonnerie d’aujourd’hui » par Jean-François Blondel

Jean-François Blondel

La Respectable Loge Provinciale de Recherche « La Voie des Trois Vertus » N° 1773 de Province GLNF Champagne Ardenne vous invite à la conférence de l’historien Jean-François Blondel sur « Des corporations d’antan à la Franc-Maçonnerie d’aujourd’hui ».

La biographie de Jean-François Blondel

Né en 1942, Jean-François Blondel a fait l’essentiel de sa carrière dans la banque. Il s’est engagé depuis longtemps sur le sentier des sciences traditionnelles et se passionne pour l’histoire des métiers, de leur organisation (corporations, confréries) et des sociétés initiatiques. Il est l’auteur de très nombreux ouvrages, dont, entre autres, l’Encyclopédie du compagnonnage histoire, symboles et légendes (Éditions du Rocher, 2000), La Mystique des Tailleurs de Pierre (Éditions du Rocher, 2004), Le Moyen Âge des Cathédrales (Éditions Trajectoire, 2007), Franc-Maçonnerie et compagnonnage (Éditions Trajectoire 2016), La vigne et le vin, sacrés symboles (Oxus, 2020), Les Cathédrales et alchimie – La quête d’une parole perdue (Éditions Trajectoire, 2021) et Le diable dans les cathédrales – Le démon y aurait-il sa place ? (Dervy, 2021).

Jean-François Blondel a aussi collaboré au livre du Tricentenaire de la GLNF,le « Livre 300 » (Dervy, 2017), prix littéraire de l’IMF 2017 Prix spécial Tricentenaire ainsi qu’aux revues les Cahiers Villard de Honnecourt, où il a été notamment le coordinateur du numéro 115, « L’esprit d’un rite : le Rite Écossais Ancien et Accepté » ainsi qu’aux revues Compagnons et Maîtres d’œuvre et Liber Mirabili, du Centre européen des mythes et légendes, à Carcassonne.

Des ouvrages que l’auteur aura le plaisir de dédicacer après la conférence. Un pot de la fraternité clôturera cette soirée.

Hôtel de ville de Mézières

Infos pratiques :

Jeudi 12 mai 2002, à 19h. Entrée libre et gratuite

Hôtel de ville de Mézières

Salle des fêtes – 2 bis, place de l’Hôtel de ville 08000 CHARLEVILLE-MÉZIÈRES

Hôtel de ville Mézières, détail

09/06/22 : Conférence « Voyages en mixitéS » à Montpellier par Amande PICHEGRU, Grand Maître National du DROIT HUMAIN

Le jeudi 9 juin 2022, une conférence-débat organisée à l’initiative de 10 loges montpelliéraines du DROIT HUMAIN se tiendra dès 19h30 au salon du Belvédère au Corum de Montpellier (esplanade Charles de Gaulle). Amande PICHEGRU, Grand Maître National de la Fédération française du DROIT HUMAIN s’exprimera sur la thématique des “Voyages en mixitéS » au sein de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN.

Ici tout est symbole. Demande et on te répondra” nous dit le rituel d’initiation du DROIT HUMAIN…Le débat est donc ouvert avec Amande PICHEGRU ce jeudi 9 juin à Montpellier, un Orient maçonnique où la première loge du DROIT HUMAIN a allumé ses feux en 1925, voici presque un siècle….

Les épées fraternelles ne sont pas toujours maçonniques

De notre confrère freemasonsfordummies.blogspot.com – par Christopher Hodapp

Une dame dont le nom de famille est Tobias m’a envoyé un e-mail tôt ce matin demandant de l’aide pour identifier ce qu’elle pensait être une épée maçonnique qui appartenait à son grand-père. Le nom gravé sur la lame de l’épée était « US Grant Tobias ». C’était une épée de groupe fraternelle très typique de Ward ou Ames ou Pettibone, ou l’une des nombreuses autres sociétés qui les fabriquaient depuis les années 1860, car ils en ont fait des milliers.

En essayant de sauvegarder son message, après l’avoir lu sur mon téléphone, j’ai accidentellement supprimé sa note ainsi que les photos. Pour tout vous dire, ce message avait même disparu de mon dossier « poubelle ». J’ai essayé toutes les astuces de restauration que je connais, en vain ! 

Donc, si vous êtes Mme Tobias, la réponse est non, l’épée sur vos photos n’est pas maçonnique. 

Malheureusement, je n’ai regardé les photos que quelques secondes avant de les supprimer bêtement. Mais je les ai regardées assez longtemps pour identifier les symboles.

Le fourreau provient en effet de l’ association des anciens combattants de la Légion américaine. Quant à l’épée elle-même, a l’équerre et au compas d’aspect très maçonnique avec un bras levé tenant un marteau au centre qui désigne l’Ordre junior des mécaniciens américains unis sur sa contre-garde. Il est facile de le confondre avec le symbole maçonnique, mais les deux groupes ne sont absolument pas liés. 

Il est étrange que le JrO. L’épée UAM aurait un fourreau de la Légion américaine – peut-être appartenait-il aux deux groupes simultanément. Ou il a peut-être perdu ou endommagé celui qui convient au JrO. UAM et vient de remplacer le fourreau de la Légion américaine pour qu’il soit protégé.
Les deux organisations sont toujours en activité aujourd’hui.

Dans tous les cas, la meilleure source d’information pour identifier ces épées antiques est le livre indispensable de John D. Hamilton, The American Fraternal Sword : An Illustrated Reference Guide. Fortement recommandé, en particulier pour les musées fraternels, les collectionneurs et les antiquaires.

Six questions à Pierre-Marie Adam, Grand Maître de la Grande Loge de France

De notre confrère actu.fr – Par Florian Olivieri

Le Grand maître de la GLDF sera à Aurillac le 11 mai pour une conférence au Centre des congrès sur le thème : « Pourquoi être Franc-Maçon aujourd’hui ? »

On compte 300 frères et sœurs, toutes obédiences confondues, dans le Cantal. La Grande Loge de France, quant à elle, est une obédience maçonnique française créée en 1728, et qui existe telle qu’on la connait aujourd’hui depuis 1894. Non mixte, libre en matière de croyance religieuse, la Grande Loge se présente comme « un pôle de référence d’une franc-maçonnerie de tradition, de spiritualité et d’humanisme ». À la veille de passer le relais à son successeur en juin prochain, il évoque son ordre, son rôle et la grande réflexion qu’il a lancée sur la place de son obédience dans la société de demain.

Entretien avec Pierre-Marie Adam, Grand Maître depuis juin 2018, avant sa venue à Aurillac le 11 mai prochain, l’occasion de lever quelques idées reçues sur une franc-maçonnerie qui suscite toujours autant de fantasmes. 

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Pierre-Marie Adam et j’ai 75 ans. Retraité de la fonction publique, j’ai été fonctionnaire de Police aux Renseignements Généraux et je suis actuellement Grand Maître de la Grande Loge depuis juin 2018 et, ce, jusqu’en juin 2022 où je laisserais ma place lors de l’Assemblée générale (le Convent) qui se déroulera le 16, 17 et 18 juin prochains.

Qu’est ce qu’un Franc-Maçon et pourquoi le devenir ?

À l’instar d’autres courants de pensée, mouvements ou religions, la franc-maçonnerie est l’une des voies, ni la seule, ni exclusive de toutes autres, qui permet aux personnes qui recherchent du sens à leur existence de se confronter avec d’autres frères et sœurs afin d’essayer de s’élever dans sa réflexion et de s’améliorer (Spiritualisme). Ensuite il s’agit de se servir de cette réflexion pour être utile à la société (Humanité) tout en conservant des valeurs qui ont fait leurs preuves et que nous souhaitons véhiculer (Tradition). Il existe en France plusieurs obédiences franc-maçonniques, la Grande Loge de France est l’une d’entre elles. En nombre, c’est la deuxième après le Grand Orient : elle compte 32 000 frères et 928 Loges répartis sur l’ensemble du territoire.

Quel est le rôle du Grand Maître ?

Il faut savoir que la GLDF est une association loi 1901. Le Grand Maître a donc à la fois un rôle de président d’une fédération de loges et de gardien de l’ordre. Ainsi je dois veiller que le budget provenant des cotisations est bien utilisé pour les motifs pour lesquels il a été voté (entretiens et construction de locaux, rémunération des salariés, fonctionnement des bénévoles), faire en sorte que nos principes et nos valeurs soient bien respectés par nos membres et représenter ou défendre les fondamentaux de notre obédience auprès du public.

Pourquoi venir faire une conférence dans le Cantal ?

Le premier objectif c’est de démystifier ce qu’est la franc-maçonnerie. Grâce à ces conférences, nous essayons de faire comprendre que nous sommes un courant de pensée, peut-être plus discret que d’autres, mais avant tout des gens normaux qui essaient de donner du sens à leur existence. Les déplacements permettent d’expliquer ce que nous sommes, ce que nous faisons à celles et ceux qui sont curieux, mais pas forcément renseignés, afin qu’ils en sachent un peu plus en sortant. Lors de ces événements, nous pouvons inviter tout le monde, sans distinction ni d’âge, ni de genre, ni d’origine, ni de religion, ni de lieu de résidence et, à la différence d’une simple lecture, les participants peuvent poser des questions et échanger avec le conférencier et les frères à l’issu de la conférence.

Vous arrivez au terme de votre mandat, quel bilan pouvez-vous tirer de ces années ?

Au regard du contexte de ces dernières années, nous avons tenté d’inscrire dans les esprits des adhérents et des personnes extérieures que notre philosophie repose avant tout sur la tolérance et le refus de toute discrimination et qu’elle prône ainsi l’égalité entre tous et la dignité pour chacun. Je me réjouis que notre obédience ait tenu le choc durant cette période de crise, que nous sommes toujours en accord avec ces valeurs et que nous ayons réussi à garder le lien, la capacité de se parler, de se réunir, notamment en visioconférence. Aussi, j’ai souhaité donner un nouvel élan de réflexion en invitant les frères à réfléchir à la place que nous devrions avoir dans la société de demain. Comment construire un monde plus équitable, moins discriminant, plus égalitaire. Un large débat a été organisé, aujourd’hui on sait vers quoi nos frères veulent aller et nous nous y sommes attelés. Je n’ai pas fini et j’espère que mon successeur continuera.

Un dernier mot pour les Cantaliens et Cantaliennes qui ne souhaitent/peuvent pas venir ?

Je comprends à la fois les contraintes de chacun et peut-être aussi les craintes de certains d’être assimilés aux francs-maçons. Je les encourage donc à aller sur notre site internet où on y apprend à la fois qui nous sommes, d’où nous venons, ce que nous faisons, et vers quoi nous souhaitons aller. Ils y ont la possibilité d’écouter des podcasts d’autres conférenciers et ainsi rattraper le coup. Il est bon d’éviter les aprioris et la meilleure manière de se faire sa propre idée, c’est d’écouter, lire ou venir voir. Nous ne sommes ni complotistes, ni affairistes, ni à la recherche d’avantages. Nous sommes des êtres humains qui essayent sincèrement de travailler sur nous-mêmes, de mieux nous comporter avec notre entourage et de donner ainsi envie de nous ressembler, de nous rejoindre. Voilà ce que je voudrais leur dire.

Florian Olivieri