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22/02/1842 Franz Liszt est élevé Maître Maçon

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De notre confrère allemand br-klassik.de – Par Jochen Eichner

MERCI POUR VOTRE HUMANITÉ ET VOTRE AIDE

Berlin, 22 février 1842. Franz Liszt est élevé à la maîtrise. En 1841, un an plus tôt, Franz Liszt devient franc-maçon – la Loge de Francfort l’accueille après le parrainage du compositeur Wilhelm Speyer.

Vers la fin de sa vie, le virtuose se sent comme pris entre deux chaises : « Le monde entier est contre moi. Les catholiques, parce qu’ils trouvent ma musique d’église trop laïque, les protestants, parce que ma musique est trop catholique pour eux. , les francs-maçons, parce qu’ils trouvent ma musique trop cléricale. » .Lorsqu’il écrit ces mots, Franz Liszt fait partie de la vénérable communauté des francs-maçons depuis plus de quarante ans.

J’affirme que c’est de mon plein gré que je veux devenir franc-maçon. Franz LISZT

LISZT enchaîne les concerts les uns après les autres

En 1842, Liszt était à Berlin, et la superstar a alimenté la lisztomanie endémique ale mieux possible. Le pianiste donne un concert après l’autre, est l’invité d’innombrables festivals et est la coqueluche de la saison. « Les salons n’avait de valeur que lorsque Liszt était présent. Les familles qu’il visitait gardaient des tasses et des verres dans lesquels il buvait comme des reliques. » C’était ce que l’on prétendait à l’époque.

Les relations avec BERLIN S’INTERROMPENT

Symboles maçonniques |  Source de l'image : Art maçonniqueSymbole maçonnique | Source de l’image : Art maçonnique

Ses frères maçonniques ne voulaient pas non plus être laissés en reste. La loge berlinoise « La Concorde le nomme d’abord compagnon, puis maître. Même lorsque Franz Liszt reçut les ordres mineurs des années plus tard, et portait déjà la tonsure et la soutane se faisant appeler l’abbé Liszt, il maintint ses liens avec ses frères francs-maçons – et fut admis à la loge de Budapest « l’Unité » vers 1870. Seule le lien avec les loges de Francfort et de Berlin se rompt – ils le retirent de leurs listes de membres. Entre autres, parce qu’il ne répondait plus à leurs lettres.

Sous le Bandeau #59 – Le Grand Maître

Le Très Respectable ou Sérénissime Grand Maître est le chef responsable de l’obédience. Le pouvoir dont dispose le Grand Maître est comparable à celui du président d’une association ordinaire, à savoir qu’il ne prendra pas ou rarement de décisions sans en référer à une autre instance.  Il n’est certainement pas un « chef suprême » et n’exerce pas de « pouvoir absolu ». Il n’est pas non plus un guide spirituel – encore que parvenir à un tel poste exige un solide parcours dans l’Art Royal.  

Ce fût un moment historique de recevoir en studio les 3 Grands Maîtres (présent et passé) des obédiences majeures du Québec :  

Réal Lemieux | Grand Maître | Grande Loge ANI du Canada
Yves Vaillancourt | Grand Maître | Grand Orient du Québec
Marc David | Passé Grand Maître | Grande Loge du Québec  

Merci à nos Patrons (https://www.patreon.com/SousleBandeau):

Pierres brutes: Eve M., David D.
Auditeurs flamboyants: Vincent R., Thomas D., Sam R., Michael S., Ludovic I., Le K., Cyndie C., Carl-Henri L., Alexis T.  
Maîtres podcasteurs: Thibaut S., Joe Ann, Shawn Q., Ronan G., Oli, Michel B., Dominique L., Eric B., Cedric T, René, L.
Très Illustre Patron: Pierre D.  

Nos radiodiffuseurs : RadioDelta, Balado Québec, RZO Web, Spotify et Apple/Google Podcasts.

Où s’acheter une baguette magique? Chez Rector Lucis

De notre confrère suisse 24heures.ch – Par Chloé Din

Sous ce pseudonyme, Lucian Dragoi tient depuis quinze ans l’unique boutique ésotérique de la capitale vaudoise. Au milieu des pendules et grimoires, il garde les pieds sur terre.

Ce n’est pas une sombre échoppe nichée au fond d’une ruelle. À Lausanne, la boutique ésotérique Rector Lucis a pignon sur rue, à l’avenue de Beaulieu, et vend tout ce qu’il faut pour pratiquer la magie ou la divination. On aurait tort de ne pas oser pousser sa porte. Le lieu est assez unique tout en étant – après tout – un magasin comme un autre, avec son assortiment savamment présenté en rayons. Et quel assortiment !

Ce n’est pas partout qu’on peut acheter une baguette magique. En métal doré rehaussé d’entrelacs et de pierres brillantes, celles de Rector Lucis feraient pâlir d’envie n’importe quel sorcier. Le patron de l’enseigne peut en être fier: c’est lui qui les a fabriquées, comme la majorité des produits qu’il propose, des grimoires aux bijoux en passant par les runes et les coffrets à fermoirs. Lucian Dragoi, qui se fait lui-même appeler « Rector Lucis », ou «guide de lumière» en latin, tient d’ailleurs plus de l’artisan et du commerçant bon teint que du mystérieux thaumaturge.

« Souvent, les gens attribuent tous les pouvoirs à certains objets qu’ils ont découverts sur internet. En fait, comme en médecine, chaque bobo a son médicament. »Lucian Dragoi, ou « Rector Lucis », patron de la boutique ésotérique du même nom

Cela ne l’empêche pas d’avoir étudié l’ésotérisme sous toutes les coutures, étant «tombé dedans quand il était petit» à travers ses parents. «Tout le monde peut ouvrir un magasin comme celui-ci. J’ai attendu de savoir de quoi je parle.» Car expliquer est au cœur du métier. Lorsqu’un jeune homme passe la porte et lui demande lequel de ses pendules amène à la guérison, sa réponse est nette: «Les pendules ne sont pas faits pour guérir!» Quant aux boules de cristal, qui attirent aussi la curiosité du client, il prévient que les utiliser requiert un long apprentissage.

Grimoires, pendules, pentagrammes et baguettes magiques sont en rayon, accompagnés des bon conseils de Lucian Dragoi. 
Grimoires, pendules, pentagrammes et baguettes magiques sont en rayon, accompagnés des bon conseils de Lucian Dragoi. PATRICK MARTIN

« Souvent, les gens attribuent tous les pouvoirs à certains objets qu’ils ont découverts sur internet. En fait, comme en médecine, chaque bobo a son médicament. » Il précise ainsi qu’aucune des pierres aux propriétés diverses que propose le magasin ne guérit le cancer, comme certains l’espèrent parfois. « Ça ne marche pas comme ça. Ce sont plutôt des appuis dans la démarche de chaque personne. »

Concernant la clientèle de la boutique, Lucian Dragoi assure qu’elle vient de tous horizons. « L’ésotérisme est la partie cachée de toutes les spiritualités du monde. L’être humain en a besoin pour se donner de l’espoir. » La pandémie lui a ainsi amené de nouveaux clients, mais pour une raison somme toute banale: « Je crois que les gens avaient plus de temps pour eux-mêmes et pour s’intéresser à ce sujet. » Toujours terre à terre, il glisse encore que la popularité de « Harry Potter » et du « Seigneur des anneaux » a aussi eu un effet certain sur l’attrait de Rector Lucis.

Avenue de Beaulieu 5, rector-lucis.ch

24/02/1463 : Naissance de Pic de la Mirandole, fondateur de la kabbale chrétienne

Giovanni Pico della Mirandola, qui se faisait aussi appeler comte de la Concordia (la Concorde), né à Mirandola le 24 février 1463 et mort le 17 novembre 1494 à Florence, est un philosophe et théologien humaniste italien, troisième fils d’une vieille famille comtale.

À la recherche de la prisca theologia (ou théologie première exposée par les Anciens), il étudia et synthétisa les principales doctrines philosophiques et religieuses connues à son époque, notamment le platonisme, l’aristotélisme, la scolastique. Il est le fondateur de la kabbale chrétienne.

  • Jean Pic de la Mirandole et la Kabbale

Selon Jean Pic de la Mirandole, la révélation biblique et la philosophie grecque procéderaient d’une même origine dont la Kabbale serait le témoin le plus fidèle. Les « 900 conclusions philosophiques, cabalistiques et théologiques », publiées en décembre 1486, provoquent un scandale retentissant en Italie. Toutefois, toujours selon Pic de la Mirandole, la Kabbale ne ferait que confirmer la doctrine chrétienne : « Aucune science ne peut mieux nous convaincre de la divinité de Jésus-Christ que la magie et la cabale ».

  • « Les Entretiens Pic de la Mirandole », le grand RdV entre la GLNF et la GLDF

Le samedi 6 novembre 2021, en l’Hôtel de la Grande Loge de France 8, rue Puteaux Paris XVIIe, sous la haute bienveillance et en présence de Pierre-Marie Adam, Grand Maître de la GLDF et de Jean-Pierre Rollet, Grand Maître de la GLNF, eurent lieu les premiers « Entretiens Pic de la Mirandole », dont le thème était « Temps des Hommes, Temps de la Nature ». Un grand et beau succès !

Nous vous donnons rendez-vous en novembre 2022 avec « Le Temps de la Renaissance », Temple Jean Mons, Grand Temple de la Maison des Maçons de la Grande Loge Nationale Française, à Paris dans le 17e arrondissement.

Si tel est votre désir, retrouvez « Les Entretiens Pic de la Mirandole » : « Temps des Hommes, Temps de la Nature » https://bit.ly/3HfhqRP

Mémoires d’un Alchimiste contemporain

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L’AUTEUR

BERNARD CHAUVIERE prend contact avec l’alchimie à l’âge de 16 ans en lisant le Matin des Magiciens de Pauwels et Bergier – Etude des  classiques de l’alchimie Philalèthe , Flamel ,Cosmopolite, et consort – Le Mutus Liber , Première correspondance  avec Eugène Canseliet Janvier 1976 puis visites
Rencontre avec Roger Bourguignon ,Robert Delvarre , puis Jean Laplace 1983, 1987.
Construction du four de fusion par Roger Bourguignon 1984 ,1985 –  Première récolte de la rosée1978 – Mise en route  du four de fusion et premier travaux au laboratoire- Correspondance avec Emmanuel d ‘Hoogsworth. 1993 ,1995

L’OUVRAGE 

Concernant le travail au laboratoire ( cf Fulcanelli & Canseliet)

* Nécessité absolue de travailler avec la matière préparée, afin de ne plus œuvrer avec l’antimoine vulgaire mais avec le plomb des sages, (assation)
* De là découlent certaines manifestations différentes du travail spagyrique, avec l’antimoine
* Ce qui permet par exemple l’obtention d’un vitriol différent quant à sa fusibilité notamment lors des sublimations
* Une constatation très intéressante aux sublimations, le vitriol devient magnétique alors qu’il ne l’est pas avant lesdites sublimation
* Suite à ce travail en commun avec un ami nous obtenons un bouton de retour, infusible ,de texture terreuse, non métallique, de forme elliptique que nous n’oserons pas appeler rémore étant donné que la quantité obtenue est relativement faible (2mm de diamètre environ) il faut donc traiter toute la masse afin d’obtenir une quantité plus importante. Examinée au microscope cette matière présente une couleur rouge sur une face et plus foncée sur l’autre.
* Restons prudent car en Alchimie il convient de rester humble et ne pas affirmer  des choses fausses et ne pas prendre des vessies pour des lanternes..

Le mot du mois : « RESPECT »

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« L’œil était dans la tombe et regardait Caïn », écrit Victor Hugo dans La Légende des siècles. Métaphoriquement, tout y est dit, ou presque, du respect.

Car on y repère le préfixe re- qui exprime la réciprocité, le retour sur soi, sur un chemin, sur un regard surtout.

De *spek-, sémantisme indo-européen qui signifie voir, regarder, le grec inverse les consonnes, *skeptomai, *skopeô, sans en modifier l’idée. Episcopal, le pouvoir de l’évêque, voire archiépiscopal sur l’archevêché. En seconde partie de nombreux mots, -scope permet le regard circulaire, périscope, gyroscope, il s’infiltre dans la cage thoracique, stéthoscope, traque le très petit, microscope, ou le très lointain, télescope. Du haut d’un rocher par exemple, *skopelos, donc un écueil. D’ailleurs, fouiller avec méfiance ne rend-il pas sceptique ?

Le latin, quant à lui, conserve l’ordre premier des consonnes, *specere, *spectare, *spectaculum. L’idée générale en est le spectacle sur l’espèce, la spécialité, sans forcément spécifier. Regard sur la belle apparence, même mensongère, du spécieux, sur le spectre, qui désigne la forme visible d’un mort qui réclame son dû de rituels de purification. Auspices divinatoires chez les Latins, dont les haruspices ont pour fonction d’observer et d’interpréter le vol des oiseaux.

Tout spécimen mérite observation, par son aspect. A l’oeil nu, ou encore grâce au *speculum, miroir médical ou plus métaphorique, qui autorise la spéculation, l’introspection, voire la circonspection.

Qu’attend-on de cette observation, cette inspection intime dans l’expectative d’une découverte inédite de soi ? Car mettre en autre perspective ses idées premières, ses présupposés, ouvre le champ d’une perspicacité au risque parfois d’un bouleversement inopiné, quand on joue impunément au prospecteur. En quête d’un autre horizon, d’une autre mine ? Pour quel trésor enfoui ? De quoi épicer une vie bien terne ? Gare au dépit de l’espérance déçue !

Ce qu’enseigne tout cheminement de vie, c’est qu’on n’échappe pas à l’Autre qui est à côté de soi, en face, derrière. Sauf à jouer à l’ermite en plein désert, aucun répit n’est loisible dans la cohabitation. Vivre suppose épier l’alentour, dans la bienveillance ou le soupçon, la suspicion du danger ou l’accueil chaleureux du partage. Ainsi autrui s’avère-t-il être un miroir – speculum toujours…!-, incontournable, bouleversant, irréversible. Autrui m’interdit la fuite, dès que je le vois, il m’observe en retour, appréciation mutuelle dans le re-spect au sens propre. Ainsi apprend-on à être respectable, digne d’être regardé. Le simple coup d’oeil dépasse déjà l’indifférence, la pitié ou le mépris en seront immédiatement sanctionnés en retour. Chaque regard induit la réciprocité et Caïn tente en vain d’échapper au miroir de sa culpabilité assassine.

Le respect nie définitivement la cécité.

Annick DROGOU

 

Respect, un mot qui tient debout tout seul. Rien à ajouter. À la rigueur, un qualificatif qui ne fait pas dans la nuance : total respect. C’est ainsi qu’à notre époque, on rend hommage à une action ou à un personnage. Comme par une interjection : total respect. Comme s’il n’y avait rien à commenter, comme si toute explication pouvait amoindrir l’hommage. Reconnaissance. En exprimant du respect, j’affirme ce que j’ai reconnu comme respectable.

Le respect suppose de l’admiration, de la considération, une nécessaire distance. Mais il n’est pas pour autant une passive soumission. Celui qui l’exprime fait preuve lui-même d’autorité en formulant ce jugement. Quiconque est capable de dire son respect à l’égard de quelqu’un ou de quelque chose, apporte la preuve qu’il en sait la nature, même confusément. Et quiconque a conscience de ce qu’est le respect, commence par se respecter soi-même. Comme un signe de civilisation, bien plus que de civilité.

Le respect est de l’ordre du sacré. Le sacrilège est son contraire. Respect pour ce qui nous touche et que l’on n’ose toucher. Sublime respect. Qu’est-ce que je respecte, et qui ? S’il induit une certaine distance, il ne supprime pas l’amour. Il est toujours une réponse. Je respecte ce qui m’est important, ce que je prends en considération, ce que j’aime et avec qui je crée une relation. Respect de mon frère que je sais sacré. Dans notre égale dignité et notre commune vulnérabilité.

Jean DUMONTEIL

Missak Manouchian, à quand la patrie reconnaissante ?

C’est grâce à Libération, grand quotidien fondé sous la protection de Jean-Paul Sartre et Maurice Clavel, que nous apprenons l’initiative « Missak Manouchian au Panthéon ».

Cette campagne, portée par un comité de parrainage, s’étoffe d’un comité de soutien. Nous y notons quelques Francs-Maçons connus et reconnus !

De nombreuses personnalités, des parlementaires, des associations, signataires de ce texte, se joignent à cette démarche et signe « Missak Manouchian au Panthéon ».

S’agissant d’une noble cause, si tel est votre désir, à votre tour, vous pouvez vous associer à cette œuvre de mémoire et d’avenir https://manouchian-au-pantheon.org et signer la pétition « Et ce sera justice » https://bit.ly/3h58oMN

Comité de soutien, extrait :

Pierre-Marie Adam, Grand Maître de la Grande Loge de France ;

Philippe Foussier, journaliste, ancien Grand Maître du Grand Orient de France ;

Emmanuel Pierrat, avocat et écrivain ;

Georges Sérignac, Grand Maître du Grand Orient de France.

Concernant les Grands Maîtres en exercice, nous ne savons s’ils signent en leur nom propre ou s’engagent au nom de leur Obédience respective. Ont-ils reçu mandat pour cela ? En tout cas, à ce jour, rien ne transpire sur les sites des deux Obédiences concernées…

Société fraternelle des Amis de l’égalité

Parmi les associations signataires, nous relevons la Société fraternelle des Amis de l’égalité, fondée le 13 juillet 2021 et soutien de Fabien Roussel, candidat du Parti communiste français à l’élection présidentielle, dont l’objet est de réunir des frères et des sœurs qui sont intéressés par la recherche de la vérité, l’étude de la morale et la pratique de la solidarité parce qu’ils sont membres d’une des obédiences maçonniques figurant dans la Liste des Traités d’Alliance Maçonnique tenue à jour par le Conseil de l’ordre du Grand Orient de France.

Sources : https://www.liberation.fr/

EUROPE 1 : Quel rapport entre le maçon du bâtiment et le franc-maçon ?

De notre confrère Europe 1

Rarement un métier aura suscité autant de fantasmes, en l’occurrence par la grâce des francs-maçons qui, depuis deux ou trois siècles, ont su créer une imagerie ésotérique et secrète. Et pourtant, le lien entre le bâtisseur de nos maisons et les membres d’une loge n’est pas aussi évident qu’on pourrait le croire de prime abord. N’en reste pas moins une profession qui constitue, par essence, la base de toute construction depuis les temps immémoriaux.

Rarement un métier aura suscité autant de fantasmes, en l’occurrence par la grâce des francs-maçons qui, depuis deux ou trois siècles, ont su créer une imagerie ésotérique et secrète. Et pourtant, le lien entre le bâtisseur de nos maisons et les membres d’une loge n’est pas aussi évident qu’on pourrait le croire de prime abord. N’en reste pas moins une profession qui constitue, par essence, la base de toute construction depuis les temps immémoriaux.

Et l’étymologie du vocable est là pour nous le rappeler si besoin était, car empruntée à l’ancien bas francique (la langue des Francs, nos ancêtres barbares) makôn, qui signifie faire, qui nous a donné machio en latin, le maçon.

Une histoire construite pierre après pierre.

A l’évidence, il s’avère impossible de retracer l’histoire de la maçonnerie à travers les âges sans y consacrer quelques dizaines de volumes ! Car depuis les premières cabanes en rondins, puis les édifices faits de briques et de pierres scellées par un mortier quelconque qu’on retrouve évidemment chez les Egyptiens mais aussi chez les Assyriens et les Hébreux, quel chemin parcouru. Sans compter les Grecs qui y ajoutèrent le raffinement du marbre, largement repris par les Romains.

Une caste singulière.

Au Moyen-Age, les artisans et les commerçants sont appelés les « gens de métier » et se montrent plus ou moins nombreux selon les besoins de la ville dans laquelle ils officient. Chez les maçons, un maître, propriétaire de son atelier, de ses outils et de ses matières premières, se fait aider par des apprentis et par des compagnons, ces derniers souvent salariés à la tâche ou au temps passé. Des compagnons qui partagent la vie de leur maître qui doit leur assurer gîte et couvert, avant de s’installer à leur compte après quelques années d’un tel compagnonnage. Un maître qui pouvait se montrer nomade à l’occasion en passant d’un chantier à l’autre. Et qui bien souvent reprenait le rôle de l’architecte.

Saint-Blaise, patron des maçons

C’est au bas Moyen-Age, au XIVe siècle, que les choses évoluèrent en raison d’une conjoncture économique difficile. Chaque métier voulut alors se protéger d’une concurrence plus ou moins déloyale en se réunissant en corporation, en guilde, bref en une organisation qui imposerait des règles à tous, se plaçant sous la protection d’un saint. Et c’est certainement cet esprit de compagnonnage, qui n’a pourtant rien de commun avec une confrérie, qui a fait se confondre loge maçonnique et artisan du bâtiment.

Une hiérarchie s’installe.

Au XVIIe siècle, on appelait maçon, et parfois masson, un ouvrier chargé de tous les ouvrages où entrent en jeu la brique, le plâtre, la pierre et toute autre matière semblable. La hiérarchie du bâtiment était alors dominée par l’architecte, puis par le maître-maçon, le maître-compagnon, l’appareilleur, le tailleur de pierres, le poseur, le scieur, le compagnon maçon, le limousin (affecté au mortier), le manœuvre et, enfin, tous les aides. Sans compter les innombrables spécialités avec autant de professions afférentes comme les ouvriers du moellon, de la brique, etc.

Une profession reconnue.

C’est avec beaucoup de retard, en 1835, que l’Académie française reconnaîtra le titre de maître-maçon, celui qui dirige, surveille et répond de l’ouvrage commun. Hasard ou coïncidence, c’est dans la même édition de son dictionnaire qu’apparut le parallèle avec le franc-maçon.

Evidemment, la Révolution fera disparaître toutes ces corporations et autres guildes professionnelles mais pas la hiérarchie du métier puisque au maître-maçon a succédé l’entrepreneur en bâtiment, et au compagnon l’ouvrier maçon chargé des travaux de maçonnerie tel que nous le connaissons aujourd’hui…

Les francs-maçons.

Si le métier de maçon existe depuis toujours, il en va autrement des francs-maçons qui n’existeraient que depuis le XVIIe siècle avec quelques probabilités au XVIe siècle. Donc, pas de loges et de secrets initiatiques au Moyen-Age aux temps des grands bâtisseurs, même si les symboles de l’équerre et du compas de la franc-maçonnerie ont pu semer le doute.

Pour ajouter à la confusion, on notera que l’adjectif franc qui était utilisé au sens de libre à l’époque médiévale, qualifiait ceux qui ne payaient pas de taxes locales car dépendants d’un seigneur, de l’Eglise ou du domaine royal (comme les francs-bourgeois). Il est donc possible qu’à cette même période des maîtres-maçons, bâtisseurs de cathédrales, fussent également exemptés de certaines charges et que, dès lors, ils s’appelèrent francs-maçons.

Ce qu’ont bien compris les francs-maçons des temps modernes qui ont repris l’idée d’un patrimoine commun, des connaissances transmises à des initiés cooptés après une période d’apprentissage, d’une fraternité dédiée aux œuvres charitables et mutualistes, chères aux maîtres-maçons d’antan.

Les bons « Compagnons » d’Agnès

Un film initiatique ? En tout cas, une façon de (re)découvrir les valeurs du compagnonnage : amour, fraternité, loyauté, courage, vérité, humilité… La bande annonce (Cliquez ici)

Le synopsis :

« À 19 ans, passionnée de street art, Naëlle est contrainte de suivre avec d’autres jeunes un chantier de réinsertion, sa dernière chance pour éviter d’être séparée de ses proches. Touchée par la jeune fille, Hélène, la responsable du chantier, lui présente un jour la Maison des Compagnons de Nantes, un monde de traditions qui prône l’excellence artisanale et la transmission entre générations. Aux côtés de Paul, Compagnon vitrailliste qui accepte de la prendre en formation dans son atelier, Naëlle découvre un univers aux codes bien différents du sien… qui, malgré les difficultés, pourrait donner un nouveau sens à sa vie. »« Compagnons »

Najaa, artiste interprète – Source agencesartistiques.com

Un film de François Favrat, par Johanne Bernard, François Favrat et avec Najaa, Agnès Jaoui, Pio Marmaï.

Le CompagnonnagE :

Rappelons qu’en novembre 2010, le Compagnonnage a été inscrit sur la liste représentative du Patrimoine Culturel Immatériel de l’UNESCO en tant que « réseau de transmission des savoirs et des identités par le métier ».Le système français du compagnonnage est un moyen unique de transmettre des savoirs et savoir-faire liés aux métiers de la pierre, du bois, du métal, du cuir et des textiles ainsi qu’aux métiers de bouche. Son originalité tient à la synthèse de méthodes et procédés de transmission des savoirs extrêmement variés : itinérance éducative à l’échelle nationale (période dite du « Tour de France ») voire internationale, rituels d’initiation, enseignement scolaire, apprentissage coutumier et technique. Le mouvement du compagnonnage concerne près de 45 000 personnes qui appartiennent à l’un des trois groupes de compagnons.

Source : https://www.allocine.fr/

ESPAGNE : La vie de Perón lors de son exil à Madrid – La Franc-maçonnerie, le mépris de Franco et le mystère du cadavre mutilé d’Evita

De notre confrère espagnol elmundo.es – Par XAVIER CID

Salvador Ros a rencontré l’ancien président argentin en 1966. Avec lui, il a lancé plusieurs entreprises d’exportation, devenant son bras droit lors de la résidence du couple Perón en Espagne. À 89 ans, il se souvient avec une précision d’horloger des nombreux secrets de cette période particulière du grand politicien argentin.

On dit que dans ce chalet de la Puerta de Hierro, il n’y avait pratiquement pas de luxe, ni d’histoires d’amour, ni d’agitation. Juan Domingo Perón vantait son exil à Madrid avec sa troisième épouse , Isabelita, lors des interminables années du franquisme. « La seule œuvre d’art dans cette maison, c’est moi », a-t-il avoué dans une interview où il se vantait de ses tâches domestiques et de sa vie austère . A la mort d’Evita et loin de l’Argentine , Madrid a dépouillé l’immense général de ses galons et de sa grandeur, le réduisant aux divertissements d’un bourgeois. « Il jouait avec ses deux chiens caniches, Puchi et Kimona, il lisait, il faisait du yoga, il aimait la viande à moitié crue… », explique Salvador Ros (89 ans), collaborateur et bras droit de Perón, dans les années 1960. « Nous nous consacrions à l’exportation de vêtements ou de jouets, mais il était nul en affaires. En Argentine, beaucoup pensaient qu’il était pourri d’argent, mais il n’a jamais gagné un sou.».

-Et de quoi vivait un homme qui avait tout eu, même la femme la plus célèbre du monde, et qui n’avait presque plus rien ?

-Jorge Antonio, millionnaire argentin et âme du péronisme également en exil, lui fournissait un salaire . Mais cet argent l’a discrédité car il était d’origine douteuse. La mafia, les virées de Jorge Antonio…

– Franco ne vous a pas aidé ?

-Franco ne l’a même pas écouté.

Ros récite comme un tango de vers colériques le mépris du caudillo envers son associé Juan Domingo . Comme cet après-midi, avant un défilé de mode hispano-argentin au Palais des Congrès, sur l’avenue du General Perón. «Carmen Polo** l’a présidé, mais comme Isabelita et elle ne se connaissaient pas, les responsables du protocole ont estimé qu’il n’était pas approprié que la première rencontre ait lieu sur un podium de mode et ils ont laissé le couple Perón à la porte . Ils leur ont interdit d’entrer ! Ils sont restés plantés là, Juan Domingo Perón et sa femme, sur l’Avenue du General Perón».

C’est peut-être l’image la plus représentative du plus triste des exilés. de la longue succession d’histoires des années madrilènes de Perón. C’est au cours des 13 années qu’il vécut dans la capitale que l’ancien président a été initié à la franc-maçonnerie, lors d’une cérémonie dans le même chalet de la Puerta de Hierro. Il l’a fait à l’instigation de López Rega, alias El Brujo , alors son assistant et plus tard ministre de la protection sociale en Argentine. « Ce type était un démon, il s’amusait toujours avec des transcriptions ésotériques », explique-t-il. « J’ai voulu faire d’Isabelita une seconde Evita et j’ai utilisé toutes sortes de rituels pour y parvenir. Une fois, il a même prétendu que Perón avait un cancer et, que selon lui, il l’avait transféré à l’un de ses chiens.

C’est là qu’entre en scène la légende noire du cadavre d’Evita , embaumée dix mois après sa mort en 1955, enlevée, enterrée et exhumée lors d’un étrange pèlerinage qui s’est terminé en 1971. Cette année-là, la dépouille d’Eva Perón parvient enfin à Madrid (mutilée et entassée), à la résidence de Juan Domingo. « On dit que López Rega a organisé des séances de spiritisme dans le chalet pour transférer son esprit à Isabelita », se souvient Ros.

– Juan Domingo a-t-il jamais surmonté sa mort ?

-Evita il n’y en avait qu’une et Perón en était très conscient. Une fois, après une dispute, je l’ai entendu crier à Isabelita : « Je t’ai déjà épousé, ne m’en demande pas plus . « 

Ros se souvient également de la première maison du couple sur la rue du docteur Arce, d’où ils ont dû déménager à cause d’Ava Gardner : « Elle était sa voisine du dessus et la nuit, à force d’organiser des soirées avec des toreros et des artistes, elle ne les laissait pas dormir. « 

À Puerta de Hierro, enfin loin des bacchanales du plus bel animal du monde, le couple d’exilés s’est abandonné au silence des montagnes du Pardo, seulement brisé par le gazouillis inlassable de 20 canaris, le caprice d’Isabelita, dans la cage qui présidait au centre de la cuisine .

*Juan Domingo Perón 1895-1974 ancien président argentin

**Carmen POLO est l’épouse du général Francisco Franco, dictateur espagnol de 1936 à 1975.