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19/05/22 : GLNF – Regards Croisés, «Aux limites de la nature : Dieu, la Science, la Foi». La présentation en vidéo…

Blason GLNF
Blason GLNF

La Grande Loge Nationale Française organise un événement culturel de toute première importance ouvert à tout public, le jeudi 19 mai prochain en soirée en l’Hôtel de la Maison des Maçons, 12 rue Christine de Pisan, Paris 17e.

450.fm avait été le premier à vous informer avec, tout d’abord, un « save the date » le 10 avril dernier https://bit.ly/3MWTuWI puis le 15 avril en vous offrant, en exclusivité, le programme https://bit.ly/3L26glb

Il se compose de deux parties :

de 17h30 à 19h30 : le premier Salon du Livre de la Grande Loge Nationale Française avec la contribution des auteurs Jean-François Blondel, Gérard Charlassier, Francis Delon, Yves Hivert-Messeca, Gérard Icart, Jean-Luc Leguay, Mathieu Métayer, Gilles Pasquier, Bruno Pinchard, Michael Rapp, Robert Salmon, Jean-François Variot, Thierry Zarcone.

Jean-Luc Leguay

Vous pourrez échanger autour de leurs ouvrages et leurs travaux, bénéficier d’une visite guidée du Musée ainsi que de la projection, Temple Jean Mons, Grand Temple, des deux films d’animation du Maître enlumineur Jean-Luc Leguay ;

de 20h à 22h30 : la conférence « Regards Croisés » qui fera dialoguer autour du thème « Aux limites de la nature : Dieu, la Science, la Foi »

Jacques-Noël Pérès

Jacques-Noël Pérès, pasteur, théologien et M. Michel-Yves Bolloré, chef d’entreprise, industriel, catholique pratiquant et auteur de l’ouvrage « Dieu-La Science-Les Preuves » (Éditions Guy Trédaniel, 2021) qui est un best-seller.

N’hésitez pas à aller voir les vidéos de présentation de l’événement : https://vimeo.com/user/41466363/folder/1352569

Michel-Yves Bolloré

Entrée libre dans la limite des places disponibles.

Venez nombreux profiter de cette grande et belle soirée d’échanges et d’enrichissement !

Pour tout renseignement : evenements@glnf.fr

Infos pratiques :

Grande Loge Nationale Française – 12, rue Christine de Pisan 75017 PARIS

Kakémono de la manifestation

Fact-check : Les Juifs et les francs-macs sont-ils vraiment derrière le complot judéo-maçonnique ?

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De notre très spécial confrère legorafi.fr

Cette enquête publiée ce mardi nous révèlera-t-elle enfin la vérité. Nous vous proposons d’en débattre en fin d’article…

Vous êtes nombreux à vouloir en savoir davantage sur le complot judéo-maçonnique. Nous nous sommes donc penchés sur la question pour vous aider à tout savoir sur cette grande conspiration… Décryptage.

Qui est derrière tout cela ? Qui contrôle cette organisation secrète ? Certains osent même demander si le complot judéo-maçonnique est bel et bien réel…

Il existe peu d’organisations qui évoquent autant le mystère que la société secrète judéo-maçonnique, dont les bureaux se situent à Givet, dans les Ardennes à la frontière franco-belge. En effet, nous ne savons presque rien sur l’individu à la tête du complot judéo-maçonnique, Didier Van den Broecke. Qui est-il et quelles sont ses motivations ? Mais surtout, serait-il secrètement Juif et franc-maçon ?

Nous avons tenté de traquer cet homme afin d’en savoir davantage. Malheureusement, M. Van den Broecke est quelqu’un d’extrêmement discret, et nous n’avons trouvé aucune preuve tangible. En effet, étant donné que ses seuls déplacements semblent être lorsqu’il se déplace entre sa maison et la synagogue, ou entre sa maison et un établissement nommé « temple maçonnique », il est impossible de savoir si Didier Van den Broecke est Juif ou franc-maçon.

Il reste plausible que le complot judéo-maçonnique soit en effet dirigé par les Juifs et les francs-maçons, mais c’est impossible à prouver avec certitude pour le moment.

Attention cependant à ne pas tomber dans les théories conspirationnistes : les illuminati, les hommes-lézards et le Parti socialiste n’existent pas. 

Chacun aura reconnu le journal satirique et humoristique Le Gorafi

Le Gorafi (anagramme de « Le Figaro ») est un site d’information parodique français, créé en mai 2012 durant la campagne présidentielle française sur le modèle de The Onion, un journal satirique américain de fausses informations. Il a aussi été comparé à Infos du Monde et à L’Examineur. Jusqu’en 2018, le site présentait une dimension interactive permettant aux lecteurs de réagir en commentant les articles, comme dans certains sites d’information. Les internautes eux-mêmes agissaient de façon parodique : langage SMS, utilisation inappropriée des majuscules, faux trolls ou militants politiques.

L’identité des rédacteurs était inconnue jusqu’en janvier 2014, date à laquelle les deux créateurs — Pablo Mira et Sébastien Liebus — se font connaître dans les médias.

La rédaction de 450.fm attend les réactions (sur le titre) sur les réseaux sociaux… car très souvent, les articles ne sont pas lus, seul le titre sert de base de réflexion !

Comme chacun le sait désormais, notre journal a pris comme slogan « La Franc-maçonnerie sous tous ses angles ». Cela implique forcément la diffusion d’avis contradictoires avec lesquels la rédaction n’est pas toujours en harmonie. Accepter d’entendre toutes les voix diffusables ne signifie aucunement que le journal les cautionne. Mais n’est-ce pas justement l’exercice premier du maçon que de se nourrir à 360° à l’horizontale et 90° (= 450) en verticalité ?

Le maçon peut-il réellement se faire son idée par lui-même s’il ne se nourrir que d’un pensée du prêt-à-mâcher ?

La maçonnerie n’est aucunement un monobloc, elle est polymorphe et polysémique. C’est pourquoi, la rédaction est fière et heureuse de participer à ce grand mouvement d’ouverture de notre Art. Il est vrai que cet exercice de ce jour avec cet article, sera perçu par certains comme un tantinet provocateur. Pourtant, il n’est que la démonstration pratique de la difficulté pour certains à faire cette fameuse rotation à 360°. Est-il utile de leur rappeler que la pratique maçonnique sert justement à nous ouvrir à tous les horizons. Et enfin, lire ou entendre une pensée insupportable ne signifie aucunement que nous la cautionnons où encore que nous la faisons nôtre.

27/05/22 à NEUILLY : La GLIFF invite Dachez en conférence

« Terre de Lumière » loge de recherche de la Grande Loge Initiatique Féminine Francophone organise le vendredi 27 mai prochain à 19 heures une tenue exceptionnelle au cours de laquelle notre frère Roger DACHEZ, Grand Maître des Loges Nationales Françaises Unies (LNFU), président de l’Institut Maçonnique de France et historien de la franc maçonnerie parlera du Rite Ecossais Ancien et Accepté dans ses origines, ses évolutions et son symbolisme. 

Les visiteurs et visiteuses sont admis sur réservation, quel que soit leur degré à partir de 18h30.

La conférence sera suivie d’un débat sur les colonnes. Une séance de dédicace de ses derniers ouvrages aura lieu avant l’agape.

Cette manifestation aura lieu au Temple BINEAU 61 boulevard Bineau à Neuilly.

Bibliographie de Roger DACHEZ

  • Des maçons opératifs aux francs-maçons spéculatifs. Les origines de l’Ordre maçonnique, coll. « L’Encyclopédie maçonnique », Paris, EDIMAF, 2001. (ISBN 2903846871)
  • Histoire de la franc-maçonnerie française, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », 2003. (ISBN 2130558070)
  • Les Francs-maçons de la légende à l’histoire, Paris, Tallandier, 2003. (ISBN 2847341110)
  • Les Plus Belles Pages de la franc-maçonnerie, Paris, Dervy, 2003.
  • Histoire de la médecine de l’Antiquité au xxe siècle, Paris, Tallandier, 2004.
  • Les Mystères de Channel row, roman écrit avec Alain Bauer, Paris, Éditions JC Lattes, 2006.
  • Les 100 mots de la franc-maçonnerie, écrit avec Alain Bauer, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », 2007.
  • L’Invention de la franc-maçonnerie, Paris, Véga, 2008.
  • Le Convent du sang, roman écrit avec Alain Bauer, Paris, Éditions JC Lattes, coll. « Crimes et loges », 2009.
  • Le Rite écossais rectifié avec Jean-Marc Pétillot, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », 2010 (ISBN 978-2-13-058196-3)
  • Alain Bauer, Michel Barat et Roger Dachez, Les promesses de l’aube, Paris, Dervy, 2013 (présentation en ligne [archive])
  • Roger Dachez, Franc-maçonnerie : Régularité et reconnaissance, histoire et postures, Paris, Conform, 2015 (présentation en ligne [archive])
  • Histoire illustrée du Rite écossais rectifié, Paris, Dervy, 2021. (ISBN 979-10-242-0630-1)

La Franc-maçonnerie est-elle un idéal moral ?

La question posée suppose que la Franc-maçonnerie soit une morale et un idéal. En prolégomènes il convient donc de s’entendre sur la dimension à donner à la morale en Franc-maçonnerie.

En effet la notion de morale est ambivalente.

Au plan spirituel, la morale désigne une éthique transcendantale. Cette morale c’est celle qui habite le saint ou le héros, personnages atteignant la perfection, nous dirions un idéal.

Au plan social, il existe une morale coutumière, adaptée à tel lieu et à tel temps, qui est la morale des honnêtes gens dans une société donnée. Elle traduit les bonnes mœurs qu’il est souhaitable de suivre pour l’harmonie de la collectivité ; elle est à la mesure de quiconque et ne réclame aucun élan intérieur ni vertu supérieure. C’est ce minimum de morale sociale qui est exigée pour entrer en Franc-maçonnerie.

Aux exigences des bonnes mœurs citoyennes, la F\Maç\ ajoute des exigences qui lui sont propres, et tout d’abord l’esprit du lien fraternel. Car, comme l’écrit Chevillon dans Le vrai visage de la Maçonnerie, «L’amour prend sa source dans l’universelle fraternité des êtres appelés à une même fin. De cet amour résultent : la pitié, la miséricorde, la bonté, la charité et toutes les vertus. Par conséquent, le maçon doit déraciner en lui-même l’égoïsme et avec lui tous les vices dont il est le support, cultiver et élargir sans cesse l’amour et les vertus capables de fleurir sur cette tige embaumée». On le voit, à la morale coutumière, la F\Maç\ associe une morale transcendantale, un idéal moral développé dans nos catéchismes devenus mémentos et dans nos rituels à travers questions et réponses. Ainsi viendront, suivant les grades, des propositions d’élévation morale. C’est une aspiration vers un état de perfection, une façon idéaliste de concevoir un futur-être pour l’initié et l’humanité, avec ses kyrielles d’utopies sous-jacentes, dont le temple idéal de l’humanité. Ainsi la Tradition a transmis parmi les Maçons un grand nombre de préceptes relatifs aux devoirs dont l’ensemble forme un admirable code de morale pratique. La Franc-maçonnerie est une protreptique (discours qui pousse à, discours qui exhorte, qui encourage, qui incite) à visée particulière, enseignée sous le voile de l’allégorie au moyen de symboles ; elle est une proposition d’éthique.

C’est, en effet, un trésor conservé dans le patrimoine de l’institution; mais ce n’est pas un corps de doctrine. En donnant la lumière la F\Maç\ n’impose pas ce qu’elle permet de voir. En prescrivant à ses adeptes d’observer le plus strictement possible les devoirs, la Franc-maçonnerie s’adresse à leur probité, à leur honneur, à leurs sentiments, certaine de ne pas contrarier leurs croyances religieuses ou philosophiques. Il s’agit ainsi de promouvoir des valeurs morales et spirituelles, qui conduisent à un perfectionnement individuel sans limite, et à un idéal social. La Franc-maçonnerie se définit elle-même comme un système particulier de morale, enseigné sous le voile de l’allégorie au moyen de symboles. La Franc-maçonnerie est donc bien une morale et un idéal au sens de nos définitions préliminaires. Et c’est ce que nous allons montrer.

La F\Maç\  est une morale et un idéal avec sa spécificité quant à ses sources, sa finalité, son contenu, son domaine et sa sanction.

Quant à ses sources : Dans le vertige de la documentation, nous en retiendrons 4 :

La source opérative ou corporative. Cet aspect professionnel s’exerçait à l’intérieur d’un idéal de fraternité et d’amour du prochain qui incluait des œuvres d’assistance et de charité. Il s’épanouissait au sein de la pratique religieuse intégrale du catholicisme. Le métier fournissait le support de l’ordre initiatique dont les rites permettent d’intégrer tous les aspects de la vie professionnelle à l’entreprise de la réalisation spirituelle. La pratique du métier prenait alors la valeur d’une ascèse véritable. En ce sens, l’opératif incluait la dimension spéculative et surtout morale.

La source religieuse ou plus exactement biblique. Les plus forts de nos symboles viennent de la Bible. La F\Maç\ y puise même certaines de ses légendes fondatrices et, donc, il y a, sous-jacente une morale judéo-chrétienne. C’est, d’ailleurs, un pasteur calviniste écossais, James Anderson, qui transmit les fondements de la Maçonnerie spéculative à la future Grande Loge de Londres rapidement devenue la source et le modèle de la Franc-maçonnerie mondiale. L’invocation par laquelle commencent les manuscrits des Old Charges, en usage au XVIIIe, atteste la pratique catholique : «Que la puissance du père du ciel avec la sagesse du fils glorieux et la bonté du St Esprit, qui sont trois personnes en une Divinité, soit avec nous».La déchristianisation de la Maçonnerie, sous l’influence de la philosophie des Lumières, s’entend seulement au sens de suppression des références spécifiquement chrétiennes et de l’abandon des célébrations religieuses lors des fêtes de l’Ordre. Mais à regarder de plus près, la Maçonnerie, en Angleterre, quant à elle, laïcise ses rituels, voire ses symboles, pour mieux accueillir de nombreux juifs et partager un minimum commun au centre de l’Union. La Maçonnerie française, quant à elle, se laïcise par rassemblement des forces de «libre pensée» face au cléricalisme et aboutit en 1877 à l’abandon de toute exigence et de toute référence religieuses, si universelles soient-elles. Reste encore le courant mystique chrétien du Rite Écossais Rectifié et son Code des loges réunies et rectifié de 1778, qui règlemente ses 4 grades et qui déclare dans son chapitre X qu’» aucun profane ne peut être reçu franc-maçon s’il ne professe la religion chrétienne».

De toute façon, la spiritualité du maçon, quelle que soit sa religion est un ésotérisme en ce qu’il se découvre dans sa propre intériorité.

La source chevaleresque a imprégné profondément la Franc-maçonnerie. Plus précisément, la F\Maç\ est associée à la chevalerie des ordres religieux militaires. Le discours de Ramsay le rappelle et dès 1745 l’appellation «Loge de St Jean de Jérusalem» enracine la F\Maç\  dans cette tradition. Les hauts Grades, qui ont fleuri au 18ème siècle, comportent encore de nombreux titres de chevalier. Le chevalier était principalement voué à deux devoirs : la bienfaisance et la défense de la religion chrétienne. En prononçant ses vœux, le Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte s’engage : «Ce n’est donc plus par l’épée que vous aurez à défendre la sainte religion chrétienne que vous professez ; c’est avec prudence et circonspection que le Chevalier Maçon de la Cité Sainte doit la défendre par ses discours… Il la fait aimer et respecter par une tolérance douce et éclairée, par de bonnes mœurs, par une conduite régulière et par ses bons exemples». Ce qui veut dire que de telles vertus chevaleresques sont des propositions de vie pouvant être réalisées tout aussi bien par des sœurs.

La source mutuelle. En l’absence de toute sécurité sociale, au XVIIe siècle, des loges se créent par association d’artisans, de petits commerçants, de boutiquiers qui vont constituer des groupuscules de solidarité surtout pour se prémunir contre les cas de détresse financière. Ils se réunissent dans des lieux hospitaliers comme les auberges, le plus souvent pour y recevoir les nouveaux membres de leur confrérie. Afin de bénéficier de l’entraide, on se communique des mots, gestes et attouchements de reconnaissance. On peut lire dans un texte de lois et statuts de 1670 de la loge écossaise d’Aberdeen : «Nous soussignés promettons, conformément à tous les serments que nous avons prêtés lors de notre réception au bénéfice du Mot de maçon, de prendre en charge et de soutenir le tronc maçonnique de notre loge d’Aberdeen…» Les fonds de réserve pécuniaires, leur potentialité à répondre à la misère accidentelle de leurs membres devenant insuffisants, ces loges vont se regrouper et constitueront la première Grande Loge de Londres et de Westminster en 1717, ce qui se fera à l’auberge L’oie et le gril. La Franc-maçonnerie vient de naître aussi sur la nécessité de la solidarité.

Quant à sa finalité : L’idéal de la Franc-maçonnerie est de parfaire l’être humain en développant sa conscience cognitive, morale ou sa spiritualité et de travailler au progrès de l’humanité, L’idéal chevaleresque, c’est d’abord d’aspirer à la vertu, une vertu morale et avoir un comportement, qui soit un comportement d’amour, de tolérance, d’ouverture aux autres, etc.

C’est aussi le combat que nous devons mener pour le bien, comme le chevalier d’autrefois. Ici s’exprime le sentiment d’humanisme. L’homme n’est pas, fondamentalement, solitaire, il est au contraire une relation. Comme le dit Heidegger, son être est un «être-ensemble», Mitsein. Il y a en chacun de nous un originaire souci de l’autre, qui serait le Bien, qui fonde l’humain. La F\Maç\s’est ancrée sur cette notion d’altérité et l’appelle Fraternité.

Quant à son contenu : la Franc-maçonnerie offre une voie spirituelle qui est une voie spécifique en dehors de tout dogme et de toute doctrine qui permet à chaque homme de poursuivre son chemin vers la Connaissance. La Franc-maçonnerie propose un idéal de liberté, de tolérance et de fraternité dans le respect des opinions de chacun, laissant à l’homme une liberté de travail qui lui permet de poser son propre rythme et de reculer constamment ses limites sur le chemin de l’élévation spirituelle et morale n’acceptant aucune entrave dans sa recherche.

Les valeurs morales que véhicule la F\Maç\ ne lui sont pas exclusives : connaissance de soi, amour du prochain, respect de l’autorité légalement constituée, devoir envers un Être Suprême (pour les rites travaillant à la gloire du Gadlu). Ce qui lui est particulier c’est le véhicule; c’est-à-dire, le rite initiatique. Ce dernier est en effet une allégorie élaborée de la vie qui engendre, chez l’initié, une profonde méditation, une perception et une action intérieure grâce auxquelles l’homme se révèle à lui-même, il dépasse ses propres limites, son soi.

La connaissance de la symbolique des outils atteste que la F\Maç\ veut, par leur approfondissement, permettre d’accomplir une œuvre de perfectionnement de soi en favorisant l’ouverture de la conscience. Les outils remis aux 3 premiers grades donnent une cohérence au cheminement et à la progression morale.

Quant au domaine : Le vrai travail du franc-maçon doit  être totalement désintéressé, et accompli sous l’angle du Devoir. Le franc-maçon, en effet, ne revendique pas ses droits personnels d’homme libre et franc, sinon pour accomplir ce devoir. Car il sait bien que ses droits sont relatifs et limités, mais que son devoir est absolu et sans bornes. Aussi, le franc-maçon doit se considérer comme un apôtre, un missionné parmi les hommes, car il doit tendre à devenir, et il doit devenir, à la fois un initié, un illuminé, un homme de cœur, de science et aussi d’action (Charles Chevillon).

Quant à la sanction : La Maçonnerie, neutre au point de vue religieux, ne veut pas de la Morale commune, reposant sur une crainte métaphysique, sur une récompense ou un châtiment post-mortem. Comme pour Kant, la soumission au précepte moral est d’origine interne et procède de la seule voie de la conscience. La loi morale est obéie par respect pour l’impératif catégorique qui retentit en nous-mêmes. Elle se manifeste par les vertus pratiquées. Les vertus sont des attitudes fermes, des dispositions stables, des perfections habituelles de l’intelligence et de la volonté qui règlent les actes, ordonnent les passions et guident la conduite. Elles procurent facilité, maîtrise et joie pour mener une vie moralement bonne. L’homme vertueux est celui qui librement pratique le bien.

La Maçonnerie, ne tend pas seulement à créer parmi ses adeptes des personnalités, à la fois pures et fortes, elle veut illuminer, grâce aux frères et sœurs, les masses dans la mesure du possible, leur faire comprendre la justice et l’équité, le droit et le devoir, les confirmer dans la liberté par la vraie fraternité, par la caritas generis humani (l’amour du genre humain) jadis évoquée par Cicéron et les stoïciens. Pour cela il lui faut des veilleurs et des éveilleurs. C’est pourquoi tout son enseignement converge vers l’action ; par la science spéculative la F\Maç\ conduit à la science des réalisations, son rêve c’est de construire le temple de l’humanité.

En somme, la Franc-maçonnerie est un syncrétisme des vertus cardinales héritées de la Grèce antique, des vertus théologales obvenues de la chrétienté et des apports moraux des Lumières du XVIIIe siècle, mâtinés de modernité. Un rapport non moraliste à la morale. Un idéal de morale, voilà ce que propose la F\Maç\, nous dirions une philosophie humaniste. Et pour cela le franc-maçon doit être libre sinon il n’aurait pas les moyens de comprendre le devoir.

La Maçonnerie trouve dans ses traditions un idéal moral que nous croyons supérieur à celui des religions.

Cependant, si les Maçons disaient qu’il y a parmi eux plus de vertu effective, c’est-à-dire moins de défaillances que dans un groupe quelconque d’honnêtes gens, nous serions les premiers à rire d’une si outrecuidante sottise.

Y a-t-il une intention dans l’Univers ?

En posant cette question, en termes de raisonnement humain, nous postulons que le cosmos, et nous avec, serions régis par une Intelligence supérieure. Allez savoir ! Mais, dans les limites de notre propre intelligence, nous devons être conscients que dès lors, même derrière le point d’interrogation, notre langage formule déjà une croyance : à savoir que la logique de notre raison coïnciderait avec la logique de l’Univers et de son Grand Architecte. Entité révélée ou symbolique…

Or la logique de la raison humaine est basée elle-même sur ce qui lui semble être le réel. Dès lors, nous comparons ce réel à ce que nous croyons être le réel de l’Univers ! Mais le réel, c’est quoi ? La réalité ? La véracité ? La vérité ? « Le réel, c’est quand on se cogne » dit Jacques Lacan. Nos sens informent-t-ils vraiment chacun de nous avec exactitude ? L’étoile brille dans le ciel, la rose embaume le jardin : nous savons comment, pas pourquoi ! Seul le poète peut répondre ici ! De la sorte, sans même faire intervenir Dieu (« l’hypothèse Dieu » est à l’évidence commode puisqu’elle solutionne tout : c’est l’arme du « créationnisme » contre le « darwinisme »), on voit bien que nous ne cessons d’être dans ce que les philosophes appellent le « Croire ». Et ce « Croire » butte lui-même sur ces deux notions essentielles qui conservent tout leur mystère, malgré les travaux d’Einstein : L’espace et le temps !

L’homme a inventé la durée, certes, mais celle-ci n’apporte pas grand chose en matière de réflexion sur le sens : comment penser avec cette durée, en lilliputiens éphémères que nous sommes, la dimension du temps, spécifique à l’Univers ?! Nous retombons donc sans cesse dans l’hypothèse, donc dans le « Croire ». Mais ce « croire » est toutefois en lui-même précieux pour notre petit cerveau. C’est notre « consolatum », car il nous permet, disent les savants concernés, « de combler ce que notre biologie ne peut pas saisir en termes de compréhension intellectuelle ». A mon humble niveau d’homo sapiens, j’oserai une espiègle métaphore en arguant que – à défaut de Dieu pour les mécréants ou ceux qui doutent – nous disposons en nous de trois déesses laborieuses : la raison, l’imagination et l’intuition. Elles s’y chamaillent sans cesse, mais c’est bien leurs incessantes et subtiles oppositions, qui nous permettent de penser et de parler, d’agir et d’aimer. Donc de vivre notre vie d’Homme. La raison nous fait croire que nous sommes intelligents ; l’imagination nous fait croire aux mythes par nous inventés (dont Dieu !) ; l’intuition nous fait croire que nous comprenons l’Univers. Et c’est avec ces « croire » que nous réalisons notre parcours individuel et collectif. Parce que croire, c’est aussi rêver. Alors, tâchons d’être heureux, seuls et ensemble, pendant notre court passage sur notre belle planète bleue !

18/05/22 : La Loge Bartholdi convoque Jules Verne !

RL BARTHOLDI N° 500
RL BARTHOLDI N° 500

Mercredi 18 mai 2022 à 19h, au Temple de La Garde, la Respectable Loge « Bartholdi » N° 500, Loge Provinciale de Recherche, Cercle Villard de Honnecourt Provincial en Provence, vous invite à une conférence exceptionnelle de son Vénérable Maître, le TRF Henri Couillot sur « Jules Verne initiateur ou initié ? »

Derrière l’œuvre de Jules Verne (1828-1905), qui pour la plus grande partie est constituée de romans d’aventures évoquant les progrès scientifiques du XIXe siècle, existe-t-il un message que seuls les initiés peuvent découvrir ?

Paraît-il que les mystères de l’Art Royal mais aussi des sociétés rosicruciennes se dévoileraient à qui sait lire et décoder l’œuvre de l’écrivain qui, en 2011, était l’auteur de langue française le plus traduit dans le monde !

La Respectable Loge « Bartholdi »

Cette RL a été consacrée le 28 octobre 1986, par le TRF Jean Mons, Grand Maître d’alors, à l’occasion des 100 ans de la mise en place de la « Statue de la Liberté » à New York. Avec ses 250 fondateurs, cet Atelier, qui maçonne au REAA, présente quatre caractéristiques essentielles :

• Une méthode originale dans le travail ;

• Une qualité particulière des planches ;

• Une volonté de nouer des liens forts entre tous les Frères réguliers et de tradition à travers le monde ;

• L’installation dans la Chaire de Vénérable Maître se fait toujours au sein d’une des 213 Grandes Loges régulières étrangères, en relation d’amitié avec la Grande Loge Nationale Française.

Le Grand Secret maçonnique de Jules Verne
Le Grand Secret maçonnique de Jules Verne

Retrouvez notre compte rendu de l’ouvrage de José Gregorio Parada-Ramirez « Le grand secret maçonnique de Jules Verne-La symbolique maçonnique et les sociétés secrètes dans son œuvre » (Édition Hermésia, 2021) https://bit.ly/3Fqgk6D

Infos pratiques :

Mercredi 18 mai 2022, à partir de 18h30

GLP Provence – GLNF/Temple de La Garde – 64, rue Cugnot 83130 LA GARDE

Conférence publique gratuite et ouverte à toutes et à tous/Ticket repas en vente sur place : 20 € – Pour tous renseignements : Henri Couillot : henri.couilliot@orange.fr/Dominique Didier : didier.dominique@icloud.com

Illustration : Jules Verne, photographié en 1884 par Étienne Carjat

Ouvriers d’Hiram Abiff : « Symbologie »

De notre confrère vénézuélien elnacional.com – Par Mario Munera Muñoz PGM

Différentes cultures, depuis la nuit des temps, ont utilisé des symboles pour communiquer avec les ordres supérieurs, c’est pareil, car ils ont tous le même but. Le symbole est l’écriture de l’esprit, qui est interprétée spirituellement, dit le Livre de la Loi, que les choses de l’esprit, de l’esprit sont. 

D’après ma compréhension, il est impossible de rechercher une haute connaissance sans le symbole, car le contenu est voilé pour ceux qui ne voient que la raison en tout. La philosophie a l’outil principal qui est la raison et l’intelligence, d’autre part, pour l’interprétation et la compréhension du Symbole, l’outil est « l’Intuition Spirituelle », bien sûr, conditionnée à la qualification et à l’état de conscience de l’individu. Cette qualification ne s’obtient pas en un cycle de vie, c’est un processus qui peut prendre plusieurs cycles. Il est également important de noter qu’il existe des êtres humains qui se consacrent à l’étude des symboles et de leur message, certains peuvent en raisonner et lui donner des qualités, mais seul l’individu reçoit l’information, et il l’utilise pour le pouvoir, pour dominer les autres , affirmant qu’il a trouvé la vérité en eux ; Ce sont les magiciens noirs. Lorsqu’un être qualifié révèle le message d’un « symbole », il ne l’exprime ni ne l’explique, il le transmet seulement avec sa Lumière, avec ses vertus et sa sagesse. Le pouvoir du franc-maçon, c’est quand il se connaît, et en se connaissant, il connaîtra les lois de l’Univers et les soumettra, comme l’ont fait les grands avatars qui nous ont visités sur ce plan. et il l’utilise pour le pouvoir, pour dominer les autres, prétendant qu’il a trouvé la vérité en eux ; Ce sont les magiciens noirs. Lorsqu’un être qualifié révèle le message d’un « symbole », il ne l’exprime ni ne l’explique, il le transmet seulement avec sa Lumière, avec ses vertus et sa sagesse. Le pouvoir du franc-maçon, c’est quand il se connaît, et en se connaissant, il connaîtra les lois de l’Univers et les soumettra, comme l’ont fait les grands avatars qui nous ont visités sur ce plan. et il s’en sert pour pouvoir, pour dominer les autres, prétendant qu’il a trouvé la vérité en eux; Ce sont les magiciens noirs. Lorsqu’un être qualifié révèle le message d’un « symbole », il ne l’exprime ni ne l’explique, il le transmet seulement avec sa Lumière, avec ses vertus et sa sagesse. Le pouvoir du franc-maçon, c’est quand il se connaît, et en se connaissant, il connaîtra les lois de l’Univers et les soumettra, comme l’ont fait les grands avatars qui nous ont visités sur ce plan.

Le langage des symboles est un langage silencieux, entendu uniquement par notre esprit, c’est comme une musique qui n’est entendue que par l’être qualifié, celui qui a vu arriver les pieds du Maître, seul avec sa Lumière et sa sagesse, le comprendrait très bien, là nous comprenons cette phrase que nos anciens Maîtres nous ont dite : « Nous ne savons ni parler ni écrire, seulement épeler. » L’objectif des symboles est de donner de la lumière aux ténèbres de l’ignorance, car c’est un pont entre le physique et l’esprit. 

C’est un savoir pur, d’où la difficulté de l’interpréter et de le comprendre, ils reflètent et extériorisent le savoir pur, et ils nous reflètent ce qui est au-delà du physique, c’est une réalité d’un ordre supérieur, c’est un langage de l’infini dirigé au fini, est la clé du secret maçonnique. Le symbole maçonnique vise à surmonter le monde de l’illusion pour recevoir des connaissances sur le Tout, le symbole m’emmène dans une dimension d’état de conscience élevé, pour maintenir le contact avec le Divin, le Supra Cosmique. En franc-maçonnerie, nous utilisons le symbole pour nous élever de ce plan d’illusion vers notre être véritable et spirituel. Pour un initié sur le chemin initiatique, l’Univers est un code symbolique, et celui qui le révèle et le comprend a un grand pouvoir pour dominer ses lois. Un autre des objectifs des symboles est d’amener notre être à « se connaître », à la méditation, au recueillement, à la prière, c’est un guide pour notre esprit. Elle n’est pas dogmatique, elle est chargée de pure connaissance, et elle révèle une partie de son contenu selon l’état de conscience de celui qui enquête. 

René Guénon nous dit : « Le Rite est le symbole en action », mais le symbole est la fixation du Rite Primordial. Tel qu’il est interprété et compris, nous le rendons sacré, car c’est un émissaire d’une force ou d’une énergie puissante qui vient du non manifesté ou de l’ineffable. Le symbole n’est pas statique, il est toujours en action, c’est comme observer l’Univers, il semble statique, mais il est en mouvement continu, c’est comme un soleil qui brûle ceux qui ne sont pas qualifiés, et s’ils parviennent à l’étudier , cela ne fait qu’augmenter leur ego. En dehors du symbole il n’y a rien, tout le contient et l’exprime, là où ce qui est manifesté s’exprime à travers le manifesté : l’être humain, il n’a pas inventé les symboles, ils sont toujours là, c’est pourquoi l’être humain dans ce plan vient à apprendre appris, c’est en soi un Symbole dans l’Univers, mystérieux et très complexe,

Nous avons besoin de symboles pour pouvoir révéler les réponses aux grandes questions que nous nous posons : d’où je viens, qu’est-ce que je fais ici dans cet avion ? et le plus important, où vais-je ?, et il n’a pas encore pu révéler les réponses, car il est perdu dans la raison et l’illusion, il est esclave de la lettre : dogmes, fanatisme et hypocrisie. Le symbole transmet son message ésotérique (spirituel) et exotérique (moral), tout dépend de l’état de conscience de l’être humain. Il a un pouvoir caché, que son message agit sur l’être humain à différents degrés et sous différentes formes. Les symboles sont une porte d’accès à la connaissance, mais en dehors de cette contribution qu’ils apportent à votre compréhension, vous devez continuer à révéler plus de symboles pour recevoir plus de directives, plus de soutiens et ainsi, dans la méditation, révéler la connaissance pure. Vous devez vous débarrasser des attachements et du moi inférieur pour atteindre le centre immuable de la circonférence pour ouvrir la Conscience. C’est le véritable objet des symboles dans la maçonnerie.

« Nous » et « Eux »

Avertissement: ce billet n’est pas une exégèse de l’oeuvre éponyme de Pink Floyd.

Comme pas mal de monde sur Terre, je suis usager des réseaux sociaux. Mais je me demande si pour ma santé mentale, je ne devrais pas m’en éloigner. Après, ce serait me priver d’une source d’inspiration. En effet, on a rarement le temps d’appréhender autant de bêtise par unité de temps. Si j’utilise les réseaux sociaux pour avoir des nouvelles d’artistes et créateurs de contenus que je suis depuis un petit moment, j’ai réalisé que mon mur était envahi de publicités plus ou moins appropriées, mais aussi de partages de posts douteux de provenance peu claire, et emplis de formules à l’emporte-pièce.

Ainsi, dans ce que mes contacts se sentent obligés de partager, je vois régulièrement des messages contre les bobos/musulmans/noirs/migrants/juifs/islamo-gauchistes/bourgeois/francs-maçons/fonctionnaires/homosexuels, rendus responsables par leurs auteurs des maux de l’humanité, quand je ne vois pas des Soeurs comme des Frères faire ouvertement campagne pour des partis d’extrême-droite. Quelle que soit la population visée, je vois toujours ce message : il y a un « nous », le bon peuple, si pur, si vivant, et un « eux », les méchants, les envahisseurs, ceux qui veulent nous remplacer. Ce qui montre que nous avons un vrai problème avec l’altérité et l’étrangeté. Et c’est aussi oublier que nous grandissons et évoluons parce que nous avons un contact avec l’étrangeté, comme l’a très élégamment dit Delphine Horvilleur. Ces « eux » et « nous » pourraient être anecdotiques, s’ils n’étaient dramatiques. En fait, un documentaire récent diffusé sur la chaîne Arte, traitant de l’antisémitisme en ligne a montré comment fonctionnaient ces dynamiques : on désigne un ennemi, en l’occurrence, le juif, mais on le désigne par des noms de code (Rotschild, les cosmopolites, la locution « qui? », le « détail » et ce genre de joyeusetés). Et on emploie des vieilles recettes qui marchent toujours : une crise ? Les juifs. Une pandémie ? Les juifs. La trap ? Les juifs. Et malheureusement, le monde n’a pas changé.

Toujours selon les sociologues interviewés dans ce film, il est très facile de fabriquer un ennemi à bas coût. C’est un processus en quatre étapes. Prenez une population à peu près homogène, mais avec un gros problème de ressources et d’inégalités, qui cherche une réponse simple à un malheur complexe. Dans cette population que nous appellerons « nous », isolez un groupe qui aura de « petites différences » et qui sera jugé responsable des malheurs du groupe « nous ». De cette manière, on définit un « eux », face au « nous ». Ensuite, « nous » doit multiplier les messages et représentations caricaturales de « eux », afin de bien les couper du groupe. « Nous » peut aller plus loin en créant un parti politique en multipliant les allusions à « eux ». Pour renforcer les liens entre membre de « nous », les plus ultra ne devront pas hésiter à utiliser un message codé, ou à parler par allusions. En effet, il est très important pour la suite de bien déshumaniser le « eux ». Alors, comparez les à des animaux, de préférences antipathiques. Et au bout d’un moment, quand cette phase de signalisation est terminée, que le groupe « eux » est bien déshumanisé, « nous » peut passer à la dernière phase : l’élimination. Si le travail de déshumanisation a été bien fait, personne ne s’en plaindra.

Glaçant, n’est-il pas ? Et pourtant, c’est un mécanisme bien connu. Tous les groupuscules antisémites fonctionnent de la sorte…Mais il est possible d’étendre la portée de ce mécanisme à n’importe quelle catégorie de population, comme celles énoncées plus haut. L’économie ne fonctionne pas bien? La faute aux fonctionnaires, qui ont la sécurité de l’emploi. La violence et la délinquance? La faute aux immigrés et ainsi de suite. Bon, jamais, au grand jamais on ne prendra le temps de se poser la question des raisons des crises. Trouver un bouc émissaire est plus facile et moins coûteux.

Si on regarde comment fonctionne l’idéologie woke ou sa jumelle, la pensée décolonialiste, c’est à peu près pareil : il y a le « nous », le groupe victime, donc bon et pur, et le « eux », ceux qui ne font pas partie du groupe ou de la communauté, et donc qu’il faut éliminer par mesure de purification… Ceci dit, il faut garder à l’esprit qu’on est toujours susceptible d’être le « eux » d’un autre « nous ». « L’ennemi est con car il ne sait pas que c’est lui l’ennemi » (Pierre Desproges)

Très sérieusement, en ce temps d’élections, quand on prend le temps de lire les propagandes à droite et à gauche, ou les messages sur les réseaux sociaux, véritables caisses de résonance de la connerie humaine, on se rend compte que ce mécanisme de clivage est bien à l’oeuvre. Ainsi, par pur opportunisme électoral, des partis prétendument humanistes n’hésitent pas à faire alliance avec des gens dont les pensées et les propos ne sont pas forcément recommandables, ou affiliés à des organisations clairement ennemies (ce qui me fait faire du « eux » et du « nous »). Bon, on sait tous depuis René Girard qu’on va détester ceux qui diffèrent un peu de nous, je ne vous apprends rien. Il est juste dommage que notre société n’évolue pas.

Et en Franc-maçonnerie ? Sommes nous menacés par ce phénomène de « eux » et « nous » ? Hé bien, malheureusement, oui. J’en veux pour preuve la querelle des réguliers et des libéraux. Les premiers s’imaginent être les seuls et uniques Francs-maçons au motif qu’ils sont reconnus par la Grande Loge Unie d’Angleterre et considèrent que toute autre pratique maçonnique, toute autre Obédience ou Juridiction que « la leur » est une imposture, ou pour reprendre les mots de certains, une « fumisterie ». Dommage, quand on prétend défendre des valeurs universelles de paix et de concorde. En bon français, on dit Tartuffe. Au final, ça ne fait que confirmer ce que je craignais déjà : la démocratie, la concorde, tout ça n’est jamais que l’amour du Même. Heureusement, nous pouvons encore changer la définition du Même. A l’heure du repli des uns et des autres, des clivages, de la création de communautés, je crois que cet effort est plus que jamais nécessaire. Surtout quand la guerre, le chaos, la raréfaction des ressources sont désormais des scénarios possibles.

Et surtout, arrêtez de partager un post inutile (y compris ce billet). Ca fera du bien à tout le monde, et surtout à l’environnement.

Je vous embrasse.

La Minerve maçonnique

De notre confrère italien expartibus.it – Par Rosmunda Cristiano

La statue de Minerve orne les temples maçonniques. Elle est placée près de la chaire du Vénérable Maître, avec celle d’Hercule et de Vénus qui contribuent à définir une sorte de « triade maçonnique ».

Selon le mythe, Athéna, assimilée par les Latins à Minerve, serait née « pleinement armée » de la tête de Zeus. Platon, dans ‘Cratilo’ , à propos de la déesse, attribue à Socrate la définition de « theu noesis« , qui signifie « pensée divine« , et déclare qu’Homère a représenté en elle le « nous« , c’est-à-dire l’esprit, et le  » dianoia », c’est-à-dire l’intelligence. Ajout de la formule « a theonoa », puisque « theonoe » signifie « intelligence divine », un sens tout à fait cohérent avec le concept et le rôle qu’occupe le Vénérable Maître dans la Loge.

Vénérée à la fois par les Étrusques et les Romains, Minerve était célébrée par les premiers le 19 mars, tandis que les seconds attribuaient deux jours fériés, les 19 et 23 mars, les deux dates étant, sans surprise, placées dans le mois dédié à Mars, le dieu intermédiaire de la triade romaine archaïque.

Elle était honorée aux côtés du dieu de la guerre comme preuve des relations symboliques et opératoires étroites qui existent entre les voies initiatiques qui prennent respectivement pour support le métier ou l’exercice des armes.

Minerve résume les deux sens, puisqu’elle n’est pas seulement proposée à l’Art et à la Science, mais a une fonction belligérante trop clairement exprimée par la possession d’instruments symboliques typiques de Mars : le bouclier et la lance.

Il incarne la sagesse de Jupiter lui-même, de la tête duquel il est sorti et de lui il a tiré la foudre, expression de la volonté divine sagement orientée.

Minerve

On l’appelle aussi Pallas, en tant que dépositaire du palladium, une pierre tombée du ciel, sorte de Graal ante litteram , qu’Énée aurait apporté de Troie à Rome, préservant ainsi le dépôt de la tradition, assurant sa légitimité à une civilisation. C’est aussi pour cette raison qu’il est placé dans les Temples Maçonniques, pour vouloir garder, par sa présence, la Franc-Maçonnerie dans le monde à tout moment.

Sa disposition dans le temple n’est pas accidentelle : parmi ses attributs il y a celui de combat, mais avec des caractéristiques différentes de celles de Mars ; tandis que le premier représente la guerre comme la restauration de l’ordre, le second comme la destruction.

Penser à ses attributs militaires vient à l’esprit, tout d’abord, la lutte intérieure contre les « vices » et les « passions » que l’initié est tenu d’affronter sans relâche, visant à unifier et intégrer les « pouvoirs » initialement dispersés de sa propre individualité. .

En même temps, cependant, cette lutte ne peut que s’étendre à l’ensemble du milieu dans lequel se situe cette individualité car il s’agit en réalité d’une seule et unique « guerre », qui correspond d’ailleurs au travail constructif que le franc-maçon est appelé à jouer sur lui-même et donc, simultanément, sur le chantier du monde.

Dans le rituel maçonnique d’ouverture et de fermeture des travaux du temple, il appartient au Vénérable Maître qui célèbre la Sagesse :

 Que la Sagesse éclaire notre Travail.

 Que la Lumière de la Sagesse demeure dans nos cœurs.

La Sagesse dont on parle dans le domaine ésotérique est un savoir initiatique traditionnel et non une simple érudition historico-philosophique. Cette dernière agit plutôt comme un corollaire préparatoire à la Connaissance, entendue comme illumination spirituelle.

Partant de la racine étymologique de Minerve, il est mis en relation à la fois avec l’esprit, à la fois avec l’espèce humaine, et avec les facultés rationnelles.

La raison est le mode proprement humain de l’intelligence.

L’intuition intellectuelle peut être définie comme surhumaine parce qu’elle est une participation directe à l’intelligence universelle, qui, résidant au cœur, au centre de l’Être où se trouve le point de contact avec le Grand Architecte de l’Univers, le pénètre de l’intérieur. elle l’éclaire de sa lumière, qui rayonne dans tout l’être dans tous ses degrés et modalités.

Ce passage est d’une grande importance à des fins initiatiques et nous permet de comprendre l’attention qui, dans la voie maçonnique, est accordée au développement et à l’intégration corrects de tous les aspects individuels, en particulier de la raison, car cette faculté, seulement si elle est bien dirigée, est en mesure de refléter, dans la sphère humaine, les principes universels de la franc-maçonnerie.

La nature de la fonction de Minerve peut alors être considérée, de ce point de vue, comme « l’intelligence universelle » telle qu’elle se reflète et « se situe » dans l’être humain.

Gros plan sur Rudyard Kipling (Podcast de la Loge)

Durée : 10 min 19

Aujourd’hui La Loge va nous parler non pas de Rudyard Kipling l’écrivain britannique prix Nobel de littérature en 1907, mais du frère et de l’importance qu’aura pris la franc-maçonnerie dans ses écrits.

Franc-maçon, Kipling fit partie de la loge Hope and Perseverance no 782 aux Indes. Reçu le 5 avril 1886, il eut une dispense du Grand Maître du District du Pendjab lui permettant d’être initié avant l’âge de 21 ans et fut ensuite exalté Maître Maçon dans la loge de Marque Fidélité, puis élevé au grade de Marinier de l’Arche Royale dans la Loge d’Ark Mariner du Mont Ararat.

Rudyard Kipling, né le 30 décembre 1865 à Bombay, en Inde britannique, et mort le 18 janvier 1936 à Londres, est un écrivain britannique.

Ses ouvrages pour la jeunesse ont connu dès leur parution un succès qui ne s’est jamais démenti, notamment Le Livre de la jungle (1894), Le Second Livre de la jungle (1895), Histoires comme ça (1902), Puck, lutin de la colline (1906). Il est également l’auteur du roman Kim (1901), de poèmes (Mandalay (1890), Gunga Din (1890) et Tu seras un homme, mon fils (1910) sont parmi les plus célèbres) et de nouvelles, dont L’Homme qui voulut être roi (1888) et le recueil Simples contes des collines (1888). Il a été considéré comme un « innovateur dans l’art de la nouvelle »5, un précurseur de la science-fiction6,7 et l’un des plus grands auteurs de la littérature de jeunesse. Son œuvre manifeste un talent pour la narration qui s’est exprimé dans des formes variées.

En complément de ce podcast et concernant l’activité maçonnique en France de Rudyard Kipling, rappelons que le 7 octobre 1921, le Souverain Grand Comité (SGC) de la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour la France et les Colonies Françaises (GLNIR) – devenue en 1948 Grande Loge Nationale Française (GLNF) – émit un avis favorable à une requête de Maçons appartenant à l’Imperial War Graves Commission (Commission Impériale des Cimetières de Guerre), chargée de donner une sépulture décente aux 700 000 soldats du Commonwealth tombés dans les batailles du nord de la France. Parmi les pétitionnaires, figurait Rudyard Kipling dont le fils John avait disparu dans les combats sur la Somme en 1915. Le célèbre écrivain devait d’ailleurs donner son nom à la Loge, « Builders of the Silent Cities » (« Les Bâtisseurs des Cités Silencieuses ») et sa devise « Their names live for ever ». « Builders of the Silent Cities » N° 12 fut consacrée à Saint-Omer – actuelle sous-préfecture du département du Pas-de-Calais en région Hauts-de-France – le 7 janvier 1922 par le R.F. Edmund Heisch, Second Grand Surveillant, assisté par le R.F. Walter Herbert Hewson. Le maillet en avait été confié à Sir Herbert Ellissen, Contrôleur de la Commission. Les deux premiers initiés furent le Major-Général Sir Fabian Ware, son Vice-Président, et le Capitaine J.S. Parker. Rudyard Kipling resta membre de l’Atelier jusqu’à sa mort le 18 janvier 1936 mais il n’assista à aucune Tenue.

Extrait de « Cent ans de spiritualité maçonnique-Histoire de la Grande Loge Nationale Française » (Éd. Dervy, 2015), prix littéraire de l’Institut maçonnique de France 2015, catégorie Beaux-livres. Un texte que nous devons au TRF Francis Delon, Grand Archiviste de l’Obédience.