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La France du temps des Cathédrales

Romain Sardou – Albin Michel, Coll. Lavisse, 2022, 152 pages, 14,90 € – ebook 9,99 €

Présentation de l’éditeur :

Le Moyen Âge pâtit depuis toujours d’une image volontairement dégradée par les grands historiens du passé. Pourtant, ce millénaire, loin d’être sombre, barbare et stérile, est le lieu d’une création intellectuelle, artistique et sociétale trop largement ignorée. De l’art de la miniature à l’architecture gothique, de l’invention de l’amour-passion à celle du culte de la Vierge, les historiens récents ont rétabli beaucoup de vérités, mais les clichés « moyenâgeux » perdurent. Sur l’Église, sur l’An Mil, sur les femmes…Nous vivons une étrange époque où l’Histoire et la culture populaire ne s’accordent pas encore, où la vérité historique et son mensonge cohabitent toujours dans nos esprits…

En esquissant une histoire de l’« histoire du Moyen Âge », l’auteur pointe ce paradoxe en rétablissant l’état actuel de certaines de nos connaissances.

Dans l’esprit du « Petit Lavisse » qui servait aux instituteurs, Romain Sardou déclare ici sa passion pour ce Moyen Âge pluriel et fécond et nous le restitue comme un roman.

Romain Sardou

Biographie de l’auteur :

Issu d’une longue lignée d’artistes, Romain Sardou, né en 1974, se passionne très jeune pour l’opéra, le théâtre et la littérature. Il abandonne le lycée avec l’intention de devenir auteur dramatique, et suit un cours de théâtre pendant trois ans afin de mieux saisir la mécanique des textes de scène, tout en dévorant classiques et historiens. Après quelques années à Los Angeles, où il écrit des scénarios pour enfants, c’est en France qu’il publie chez XO son premier roman, un thriller médiéval, Pardonnez nos offenses (2002), qui connaît aussitôt un immense succès, ainsi que les suivants L’Éclat de Dieu (2004) et Délivrez-nous du mal (2008). Exploitant d’autres rivages romanesques, Romain Sardou a également publié trois contes d’inspiration dickensienne, ainsi qu’un thriller contemporain, Personne n’y échappera (2006), et un roman philosophique, Quitte Rome ou meurs (2009). Il explore maintenant l’histoire de la naissance de l’Amérique dans le premier volume de sa nouvelle trilogie, America, La treizième colonie (2010). Tous ses romans sont parus chez XO. Romain Sardou est marié et père de trois enfants.

[NDLR : La France du temps… cela fleure bon la nostalgie ! Comme un merveilleux voyage dans le temps, qui n’est plus, ici et maintenant, un de ces grands thèmes de la science-fiction, mais bel et bien un retour vers le passé. Qui devient, magie du livre, réalité.

Romain Sardou nous emmène à la (re)découverte du Moyen Âge, c’est-à-dire un âge moyen, trop souvent décrié car considéré comme une époque – période de l’histoire de l’Europe, s’étendant de la fin du Ve siècle à la fin du XVe siècle – peu intéressante faisant la transition entre deux âges d’or que sont l’époque romaine et l’époque de la Renaissance.

En exergue, l’auteur dédie son livre « À la mémoire de Monsieur Chapuis, mon instituteur en cours élémentaire, à l’école Chomel à Paris. » Très bel hommage. Qui d’ailleurs n’a a pas encore en mémoire le nom de son instituteur et/ou son institutrice, hussards noirs de la République… même si nous ne datons pas de la IIIe République ! Les miens s’appelaient Madame Desnoyer (CM1) et Monsieur Guilbert (CM2), à l’école élémentaire rue de Bercy, à Paris.

La cathédrale, nom féminin (de l’église cathédrale) qui est l’église mère d’un diocèse, où se trouve la cathedra, qui est le siège de l’évêque – mais surtout siège de l’autorité épiscopale -, s’offre à nous… Et pourtant Romain Sardou emploie la majuscule écrivant Cathédrale, sans doute pour souligner la majesté de l’édifice !

L’auteur convoque l’historien Ernest Lavisse (1842-1922), nommé l’« Instituteur national »,  fondateur de l’histoire positiviste – courant philosophique fondé au XIXe siècle par le philosophe et sociologue Auguste Comte (1798-1857), à la fois héritier et critique des Lumières du XVIIIe siècle soumettant de manière rigoureuse les connaissances acquises à l’épreuve des faits -, et auteur de nombreux manuels scolaires dont son célèbre « Petit Lavisse » qui a accompagné des générations entière d’écoliers français.

Il suffit de consulter la table des matières – 8 chapitres forment la moelle épinière de cet ouvrage – pour comprendre que l’auteur n’a rien laissé au hasard. La voici :

Chapitre 1 – E. Lavisse & Co / Chapitre 2 – L’an Mil. Rien à signaler / Chapitre 3 – Le Moyen Âge, féminin et amoureux / Chapitre 4 – Le Moyen Âge de Pierre / Chapitre 5 -L’église au Moyen-Âge / Chapitre 6 – Croisés et croisées / Chapitre 7 – La croisade intérieure / Chapitre 8 – De quoi le Moyen Âge n’est-il pas le nom ?

Romain Sardou traite de l’histoire, tout court, mais aussi de l’histoire des hommes – pèlerins, guerriers, moines –, des cathédrales, mais aussi de l’art. De cet art qui, au Moyen Âge, avait une dimension essentiellement didactique. Le nom de Pauperum Bible – la Bible des pauvres – que les imprimeurs du XVe siècle ont donné à l’un de leurs premiers livres peut être attribué aux cathédrales, livre de pierre et miroir du monde médiéval.

Cet ouvrage est à la fois culturel, éducatif et instructif. Chaque chapitre s’achève avec un résumé. Un abrégé immédiatement suivi d’un questionnaire qui pourrait être perçu comme un test de culture générale… Que le Maçon ne s’y trompe pas. Il ne s’agit pas d’un catéchisme ou instruction par demandes et réponses pour le grade de… car nulle réponse ne s’y trouve, sauf à lire le chapitre en entier !

La bibliographie nous invite à découvrir des ouvrages traitant de l’histoire de l’Antiquité et du Moyen Âge, de l’histoire de France et de son historiographie ainsi que les ouvrages d’Ernest Lavisse dont certains étaient déjà publiés chez Armand Colin, maison fondée en 1870 et spécialisée dans l’édition universitaire en lettres, histoire, géographie et sciences humaines et sociales. Cet ouvrage est un aide-mémoire indispensable pour faire aimer l’histoire de France.

Rappelons aussi la devise de cette « Collection Lavisse » : « L’histoire ne s’apprend pas par cœur. Elle s’apprend par le cœur. ». Elle nous a déjà donné des ouvrages tels que « La France du temps des Lumières », « Histoire de Napoléon… » et « La France du temps des Républiques ».

Ce dernier opus donnera peut-être l’envie d’aller plus loin en relisant « Le Temps des cathédrales » (Éditions Gallimard, nrf, Bibliothèque des Histoires, 1976) de Georges Duby ou de s’imprégner des travaux de l’abbé Jean-Jacques Bourassé (1813-1872), chanoine titulaire de Tours et archéologue-fondateur de la Société archéologique de Touraine, avec son « Les plus belles cathédrales de France » (Alfred Mame, 1861).

Reconnaissons que la structure de l’ouvrage – texte, résumé, questionnaire – s’adresse plutôt à un jeune public curieux de mieux comprendre cette période sombre et méconnue qu’est le Moyen Âge qui n’est pas synonyme de saleté, d’obscurantisme et de régression.

Découvrez, sur le site « Dunod – une page d’avance », un extrait du livre : https://bit.ly/3JzPidL]

La quête de vérité

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Des vérités profanes aux vérités maçonniques

Le livre

Quel est le sens de la vérité ? Elle relève toujours d’un sujet et elle porte toujours sur un objet.  Par essence, elle est toujours plurielle : métaphysique, théologique, ethique, philisophique, scientifique, artistique , aussi bien pour l’individu que pour l’humanité.

L’ouvrage l’examine sous toutes ses perspectives aussi bien profanes qu’initiatiques.

Le lecteur s’ouvre ainsi à une vision maçonnique des vérités ésotériques et de leurs mondes intérieurs et extérieurs. Partant des vérités profanes pour nous ouvrir sur le champs des vérité maçonniques, ce livre est issu d’une maturation de 50 ans de recherches.

L’Auteur

Pierre Pelle le Croisa est un chercheur franc-maçon depuis près de 40 ans, membre actif du Grand Orient de France, puis de la Grande Loge de France il participe actuellement aux travaux de la Grande Loge de l’Alliance Française. Il s’est régulièrement impliqué dans les organisations de ses diverses affiliations. Il a publié près de 40 ouvrages pour le grand public comme pour la franc-maçonnerie. Il écrit également pour de nombreux journaux, revues et magazines spécialisés.

Sur la trace de la chouette d’or

Depuis bientôt 30 ans, des milliers de chasseurs de trésors recherchent en France La Chouette D’or de  Max Valentin. Ce dernier, pourtant décédé en 2009, laisse une intrigue qui continue de mettre en émoi ceux qui veulent résoudre cette énigme et ainsi, mettre la main sur la Chouette de 3 kilo d’or, à 1 million… de Francs

Lancée le 15 mai 1993, c’est à ce jour la chasse au trésor française ayant la plus grande longévité. À l’origine, son concepteur affirmait l’avoir « programmé » pour une période de huit à quatorze mois. À titre de comparaison, une chasse britannique intitulée Quest : A Zetetic Treasure Hunt a duré treize ans et sept mois (septembre 1992 – mars 2006).

C’est à la fin des 1970 que Régis Hauser, allias Max Valentin, consultant en marketing et spécialiste de la communication, a l’idée d’un jeu de piste. Le projet se concrétisera réellement dix ans plus tard, lors d’une conversation avec l’artiste Michel Becker.

Tableau 1

Max Valentin élabore les énigmes, tandis que l’artiste est chargé de la conception du trésor et des peintures qui illustrent les énigmes. Étant un descendant des Chouans, il opte pour leur symbole, la chouette.

Dans la nuit du 23 au 24 avril 1993, Max Valentin enterre un coffret contenant une chouette en bronze. Personne d’autre que lui ne connaît l’emplacement de la chouette en bronze, qui sert à récupérer la véritable chouette en métaux précieux.

La chasse est véritablement lancée après la publication du livre d’énigme Sur la trace de la chouette d’or, le 15 mai 1993.

Après la parution du livre, qui est publié à 50 000 exemplaires, un serveur Minitel est mis en place. Ainsi, Max Valentin répond directement aux « chouetteurs » qui lui posent des questions, jusqu’en 2001, à la fermeture du service.

En mars 2009, la véritable statuette est restituée aux organisateurs après la liquidation judiciaire de la maison d’édition qui publiait le livre d’énigmes. Cette information va interpeller les chasseurs de trésors, qui n’étaient pas au courant que la chouette était saisie depuis plusieurs années. Ainsi, si une personne avait trouvé la réplique en bronze, elle n’aurait pas pu récupérer le véritable prix.

Tableau 2

Dans la nuit du 23 au 24 avril 2009, Max Valentin meurt, seize ans après avoir enfoui la réplique de la chouette d’or. Il laisse une enveloppe cachetée indiquant l’emplacement du trésor à ses héritiers, qui vont la mettre dans les mains d’un huissier de justice, n’étant pas vraiment impliqués dans la chasse.

En juin 2014, les chouetteurs se rendent compte que la fameuse statuette est mise en vente aux enchères par Michel Becker. Pour lui, le jeu est terminé depuis la mort de Max Valentin. Il estime que personne ne peut prouver que la contremarque est encore enterrée. Cependant, la vente est annulée ; la chouette d’or étant encore en jeu, le potentiel acheteur aurait été obligé de l’échanger contre la réplique en bronze si un vainqueur se présentait.

Michel Becker est assigné en justice par une association de chouetteurs mais il sera finalement reconnu propriétaire de l’œuvre jusqu’à ce qu’un vainqueur se présente à lui.

Michel BECKER (artiste peintre – sculpteur) l’illustrateur qui a repris le flambeau de cette quête

Fonctionnement du jeu

Pour l’emporter, il faut résoudre onze énigmes publiées dans un ouvrage d’une quarantaine de pages (réédité à trois reprises, en 1993 et 1994 et 1997). Ce livre vendu à environ 70 000 exemplaires est aujourd’hui épuisé chez ses éditeurs successifs, mais est néanmoins disponible gratuitement en téléchargement avec l’accord de l’auteur.

Chacune des énigmes est constituée d’un titre, d’un texte et d’un visuel. Ces visuels sont la reproduction de tableaux originaux du peintre et sculpteur Michel Becker. Ils ont été composés selon un cahier des charges établi par Max Valentin. Ils participent donc pleinement à la localisation du trésor.

Tableau 3

La résolution des onze énigmes permet d’isoler une zone de la taille d’une ville moyenne située en France métropolitaine. Pour localiser le lieu précis de l’enfouissement à l’intérieur de cette zone il convient de résoudre une douzième et ultime énigme « cachée » au sein des précédentes.

La chouette d’or qui constitue le lot principal de cette chasse au trésor est une sculpture réalisée par Michel Becker représentant, comme son nom l’indique, une chouette ailes déployées, d’environ 50 centimètres d’envergure, pour un poids d’environ 10 kg, en or et argent, rehaussée de diamants. Cet objet d’art unique a initialement été estimé à un million de francs (environ cent cinquante mille euros) mais un collectionneur de nationalité suisse est entré en contact avec l’auteur pour proposer au futur découvreur la somme de trois millions de francs français (plus de quatre cents cinquante mille euros).

Selon l’un des auteurs du jeu, ce n’est pas la chouette d’or elle-même qui a été enterrée, mais sa copie grandeur nature en bronze. La personne qui trouvera cette contremarque pourra l’échanger contre la chouette d’or auprès de l’huissier de justice chargé du contrôle du jeu.

Selon les organisateurs du jeu, plus de deux cents mille chercheurs au trésor amateurs (« chouetteurs ») se sont lancés à sa recherche.

Repères chronologiques

La contremarque a été enterrée le 24 avril 1993 à 3 h 30 du matin.

Le 3 juin 1993 Max Valentin ouvre un serveur Minitel (3615 MANYA devenu 3615 MAXVAL) destiné à répondre publiquement ou en privé aux questions des joueurs concernant cette chasse. Ce serveur ferme le 13 décembre 2001. Durant cette période, 38 152 messages publics y auront été composés.

Un article de Florence Aubenas du 13 septembre 1993 et publié dans le journal Libération est le premier d’une longue liste consacré à ce jeu.

Tableau 4

La chasse au trésor, en s’éternisant, donne lieu à des échanges en ligne et à une communauté autour de forums successifs. Un forum sur Club-Internet démarre le 13 février 1996. Il cesse de fonctionner le 10 septembre de la même année à cause d’un problème technique qui ne sera jamais corrigé. En septembre 1996, un chasseur de chouette, collaborateur de la société de conseil et de services EdelWeb, ouvre sur le serveur de la société un forum consacré à cette chasse au trésor. Ce forum reste ouvert et d’accès gratuit pendant plus de trois ans. Fin 1999, EdelWeb ferme l’accès au forum faute de collaborateur disponible pour le gérer, mais assure la transition auprès de chasseurs de chouette qui reprennent le flambeau. La plupart des participants se retrouvent sur le forum qui deviendra LaChouette.net. Une association à but non lucratif nommée A2CO (Association des Chercheurs de la Chouette d’Or) est fondée en 2003.

Le 4 décembre 2002, un canular circule, prétendant que la Chouette aurait été découverte en Dordogne.

Le 3 mai 2003, une chasse hommage À la recherche de la mini-chouette d’or est organisée pour célébrer les dix ans du jeu.

Le 18 octobre 2006, le message no 73778 publié par Max Valentin sur le forum de l’A2CO indique qu’à la suite de la liquidation judiciaire en octobre 2004 de la société chargée de la location du coffre-fort renfermant la Chouette d’Or, celle-ci est depuis près de deux ans en la possession d’un liquidateur judiciaire. Diverses procédures judiciaires aboutissent finalement à l’arrêt rendu le 15 janvier 2009 par la cour d’appel de Versailles, qui ordonne au liquidateur de remettre la chouette d’or entre les mains de l’huissier de justice chargé de contrôler la bonne fin du jeu.

Le 23 avril 2009, Max Valentin meurt, 16 ans jour pour jour après l’enfouissement de la chouette. En théorie, ce décès ne change rien au jeu et à sa pérennité, Valentin ayant affirmé qu’il avait « pris ses dispositions » en cas de malheur : il aurait donné une enveloppe cachetée avec la solution à un huissier parisien et aurait désigné des membres de sa famille comme ayants droit.

Michel Becker, le concepteur du trophée de la Chouette d’or, estime cependant que l’intégrité de la chasse n’est plus assurée, si bien qu’en juin 2014, il met la sculpture originale en vente aux enchères chez Drouot, mais la vente est annulée.

Tableau 5

À l’occasion des 25 ans du jeu en 2018, plusieurs articles indiquent que la chasse attire toujours autant mais on se demande si la chouette peut être encore trouvée, on soupçonne sa disparition par une nouvelle construction ou une découverte impromptue. Certains imaginent Valentin qui l’a déterré à la suite de la liquidation judiciaire mais n’a pu la remettre en jeu. D’autres vont jusqu’à se demander si la chouette a été réellement enterrée. D’autres encore réclament l’ouverture de l’enveloppe révélant la cache, possédée par les héritiers de Valentin.

Le 9 décembre 2019, le cahier des charges des visuels peints par Michel Becker, et dont l’authenticité est contestée par certains chercheurs, est publié par ce dernier dans son nouveau livre (voir plus haut).

Le 31 octobre 2021, les éditions de la chouette d’or publient une vidéo face caméra de Michel Becker, dans laquelle il affirme avoir contractualisé avec les héritiers de Valentin et qu’il a eu accès aux solutions cachetées possédées par ceux-ci. Il serait alors allé à la position de la chouette d’or en présence d’un huissier et aurait déterré une contremarque en métal ferreux extrêmement corrodée mais qui n’est pas le tirage no 1 de la chouette. Il affirme avoir remplacé cette contremarque par le tirage no 2 de la chouette afin que la chasse puisse continuer. Il affirme par ailleurs que la position indiquée dans les solutions est exacte et est décrite au centimètre près.

Le prochain ouvrage va sortir en AVRIL 2022

Les légendes urbaines les plus célèbres de Barcelone

De notre confrère equinoxmagazine.fr – Par Camélia Balistrou

Barcelone regorge de légendes urbaines. Merveilleuses, fantastiques ou glaçantes… Elles ont traversé les siècles et enchanté, voire effrayé, les Barcelonais. Notre confrère Equinox vous dévoile sa sélection.

Le carré magique de la Sagrada Familia

Connaissez-vous les carrés magiques ? Il s’agit d’un carré composé de chiffres dont leur somme est identique à la fois verticalement, horizontalement et diagonalement. Dans la Sagrada Familia, il y en a un juste en face de la Puerta de la Pasión.

Sur 16 cases, les chiffres qui le composent totalisent 33 dans différentes combinaisons. Alors que beaucoup de Barcelonais le rapportent à Gaudí et au mythe de la franc-maçonnerie, il semblerait que l’œuvre de Josep Maria Subirachs, fasse référence à l’âge de Jésus-Christ à son décès.quadrant magic subirachs portada

© Sagrada Familia

Les murs « détecteur de mensonge » du Salón del Tinell

Le bâtiment Tinell, surplombant la Plaça del Rei, abrite sur l’un de ses murs le bouclier de la Cour de la Sainte Inquisition (Santa Inquisición), l’une des institutions religieuses les plus sanglantes de l’histoire !

La tradition disait que les murs du Salón del Tinell ne supportaient pas les mensonges. Ainsi, fut installée la supposée « Salle des Tourments » (Sala de los Tormentos), où les accusés étaient torturés non seulement avec d’effroyables instruments de torture, mais aussi avec la crainte de savoir que s’ils mentaient, les murs de pierre s’écrouleraient sur eux… Glaçant !

© JosepBC/Wikimedia CommonsSalo Tinell 20120309 14

Rocafort, la station de métro maudite

Les stations de métro, austères et sombres, font souvent l’objet d’histoires effrayantes. Sur la Ligne 1 (rouge), la station Rocafort n’y échappe pas. Et pour cause, des ombres, que certains assimilent à des fantômes, auraient été aperçues sur les quais. Cette légende puise sa source dans une vague de suicide qui a eu lieue à la fin des années 60. En effet, en l’espace d’un mois, 4 personnes se sont donné la mort explique la TMB, le réseau de transport public barcelonais.

Dès lors, des phénomènes très étranges, à la limite du paranormale, s’y produiraient. Des chefs de gare ont affirmé avoir vu des personnes passer entre les voies sur les écrans de surveillance, alors que l’accès au public était fermé ! En raison de cette légende urbaine, une rumeur insinue que le personnel de la TMB n’ose pratiquement plus travailler de nuit dans cette station.légendes urbaines de Barcelone

La station de métro « hantée » de Rocafort. © Pere López/Wikimedia Commons

Un immense oiseau a survolé Barcelone ?

Avez-vous déjà entendu parler du gigantesque oiseau qui sème la terreur sur les toits de la ville ? La légende s’est essaimée dans toute la ville le 10 juin 1990, alors que le journal La Vanguardia publiait la lettre d’un lecteur du nom de Pere Carbó Poco. Voici son contenu :

« Dans la nuit du 28 mai, des habitants du quartier Les Corts se sont réveillés avec les cris insupportables d’un oiseau ; et pas n’importe quel oiseau. Notre stupeur était immense quand nous sommes sortis sur le balcon et avons vu la silhouette noire d’un grand oiseau. Peut-être devrait-il mesurer entre 3 ou 5 mètres, et je n’exagère pas. Nombreux furent les voisins qui l’ont vu. […] Nous supposons que dans d’autres quartiers, des personnes ont dû le voir. Quel était cet oiseau ? Et ce qui est plus étrange : pourquoi la nouvelle n’a-t-elle pas été relayée par la presse ?

La psychose a pris de l’ampleur. Le volatile en question aurait été aperçu près de Tortosa et à Cadaqués. Les appels à la Guàrdia Urbana avaient saturé les standards. Une enquête a été menée avec, entre autres, le directeur technique du zoo de Barcelone et un journaliste. Pour calmer l’effervescence autour de cet « oiseau géant », le département Medi Ambient de la Generalitat a publié un bref communiqué : « C’est un gros vautour ». Réalité ou mirage collectif ? Le mystère reste entier.screenshot 2015 08 15 21 27 41

La Grande Ourse d’Antoni Gaudí

Toutes les œuvres d’Antoni Gaudí contiennent un haut contenu symbolique et religieux, comme la solennelle Torre Bellesguard. Mais saviez-vous que 7 de ses édifices représenteraient la constellation de la Grande Ourse vue du ciel ? C’est ce qui ressort du roman « La clé de Gaudí » (La clave Gaudi) de Esteban Martin et Andrey Carranza (2007).

Les oeuvres formant la constellation sont les suivantes : Palau Güell, Casa Batlló, La Pedrera, Casa Vicens, Park Güell, Casa Calvet et Sagrada Familia. L’architecte catalan de génie ne laisserait donc vraiment rien au hasard !

francais barcelone

Témoignage : « Monde de merde ! »

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Note pour les pisse-vinaigre, peine-à-jouir et puritains incultes : le titre est une citation extraite de l’excellent film de Michel Hazanavicius, la Classe Américaine. Elle constitue le point de départ de l’enquête journalistique que narre le film: pourquoi Georges Abitbol, l’homme considéré comme le plus classe du monde, a prononcé ces mots comme derniers mots.

En ce moment, je vis la pire épreuve à laquelle un homme puisse être confronté. J’attendais un heureux événement pour la fin de l’année 2021. Cet heureux événement s’est transformé en drame : ma fille Athénaïs est née sans vie un terrible jour de décembre 2021.

Mon temps, mon monde se sont arrêtés depuis, et je déploie des efforts terribles pour ne pas sombrer.

Les loges dont je suis membre, mais aussi des Frères et des Soeurs de loges que j’ai fréquentées nous ont particulièrement soutenus, et continuent de nous soutenir.

Sans le soutien de mes Loges, mais aussi de tous nos proches, camarades, collègues, copains et amis, Loges, nous aurions probablement basculé du côté sombre de nos âmes, comme Arthur Heck, Jack Napier ou Johan « Monster » Liebert. Merci à vous tous pour votre soutien en ces heures très sombres.

L’initiation maçonnique est un processus qui nous permet d’envisager la fin de notre propre existence, puisque nous mourons à nous-même pour mieux être relevés. Mais en aucun cas, nous ne sommes préparés à vivre la mort d’un proche, très proche, et encore moins celle d’un enfant. Nous craignons la mort, au point de la nier et de nous cacher derrière des illusions. Il n’y a qu’à voir les publicités pour produits anti-âge ou l’investissement dans la recherche sur la Singularité en Californie. On fuit la mort, on surveille la vie, parfois au point de l’empêcher, mais au final, nous mourons tous un jour. Tout ce que nous faisons n’est qu’un leurre pour ne pas voir l’inévitable.

En attendant, puisque nous parlons de mort, je me demande si nous ne nous dirigeons pas vers un suicide collectif sous le commandement de très Mauvais Compagnons.

Jugez-en : un chef d’État dont l’ambition est, je cite, d’emmerder les opposants à sa politique, un écrivaillon appuyé par un milliardaire conservateur dont le message se résume à « haïssez-vous les uns les autres », des ministres dont la seule apparition provoquerait une augmentation mesurable du nombre de tentatives de suicide, la guerre qui se profile sur le territoire ukrainien sans compter ce qui se trame au large de la Chine, cette folie collective qu’est la campagne présidentielle qui se profile, où le choix se résumera entre droite dure, droite extrême ou extrême droite… Les changements d’alliance, les ralliements de tel ou telle personnalité au camp susceptible de gagner et donc les trahisons induites en disent long sur la nature de nos politiques : une classe d’opportunistes méprisables sans âme et sans honneur, simplement préoccupés par leur minable petite personne et leurs intérêts personnels.

Je ne parlerai même pas de l’autre camp, la gauche auto-proclamée, dont les dirigeants, possédés par leurs démons d’ignorance, de fanatisme et d’ambition se dirigent vers une catastrophe politique, où tout le monde sera perdant.

J’ai vu aussi des journalistes et des militants se faire menacer de mort pour avoir fait leur travail et défendu des valeurs républicaines. Des voyous prônant une idéologie ennemie profitent de l’anonymat du Web pour proférer des menaces à l’endroit de leurs opposants. Et on trouve ça presque normal…

Je ne parlerai même pas du comportement woke mais de droite, qui pousse des Etats à interdire la diffusion du roman graphique Maus, d’Art Spiegelmann au motif d’images choquantes. Moins choquantes que les décisions de ces censeurs autoproclamés, mais bon…

Je reste perplexe devant des messages publicitaires de propagande écologiste (ou green washing) diffusés sur des écrans lumineux en pleine nuit dans les rues, ou dans les lieux publics. Je suis aussi effaré devant les terrasses extérieures chauffées en plein hiver, surtout au prix de l’énergie et des matériaux… On a les priorités qu’on peut, mais je reste perplexe.

Le déploiement coûteux de la fameuse 5G pour que nos cafetières communiquent avec nos congélateurs me rend sceptique sur le bien-fondé du scientisme, surtout quand le véritable enjeu est de pouvoir accéder aux chaînes de vidéo à la demande plus rapidement ou d’améliorer ses performances à Angry Birds.

J’aurais aimé développer le comportement de ceux qui « emmerdent », qui, bien que se prenant pour des hommes d’État ne sont jamais que de minables voyous en col blanc, qui partagent un point commun avec la racaille minable des territoires perdus de la République : la lâcheté. Lâcheté appuyée par une absence de volonté de lutter contre les propagandistes de désinformation, prêcheurs de haine et autres charlatans faisant gagner du terrain à des idéologies complotistes aux relents haineux et incitant davantage aux passages à l’acte. Dois-je rappeler les récentes dégradations de temples maçonniques, tagués de slogans tirés des délires de Qanon ?

Quant au passe vaccinal, produit de la lâcheté et de l’inconséquence de nos dirigeants, il reste une grave entrave au droit à l’anonymat et au maintien du secret médical. Mais il a été voté par une large majorité de députés – présents, ce qui est assez rare pour être souligné !

Les catastrophes environnementales continuent, alors que d’autres se préparent.

Les dividendes versés aux actionnaires atteignent des records pharamineux, auxquels l’apport d’argent public n’est pas étranger, vous apprécierez l’euphémisme. Pas d’argent magique pour l’hôpital, hein ? En même temps, que peut-on attendre d’un exécutif devenu exécuteur de services publics ? Et rappelons que dans la psyché des sociopathes au pouvoir, les pauvres sont pauvres parce qu’ils ne savent pas gérer leur argent, qu’ils ne veulent pas travailler et qu’au fond, ils méritent bien leur sort.

D’ailleurs, des très riches patrons tentent de dicter leurs propres règles à des Etats ou des collectivités pour des buts bien dérisoires, comme faire passer un bateau sous un pont

Malgré des chiffres économiques étonnamment hauts, les inégalités se creusent encore plus, poussant la classe naissante du précariat à se tourner vers les seuls qui l’écoutent : les démagogues populistes.

Le contexte me rappelle une citation de La guerre de Troie n’aura pas lieu, de Giraudoux : « le privilège des grands, c’est de voir les catastrophes d’une terrasse ». Tous ces braves gens se croient à l’abri, protégés par leur tas d’or virtuel et leurs mercenaires dans leurs ghettos du gotha. Peut-être ont-ils oublié qu’ils vivent aussi sur cette planète que leurs décisions et leur soif inextinguible de profits rendent chaque jour plus sale et plus invivable. Qui leur rappellera « qu’on ne fait pas d’économies sur une planète morte » ?

En résumé, notre monde va mal, très mal, au point que l’association des savants atomistes a maintenu son heure sur l’Horloge de la Fin du Monde. Nous sommes restés à cent secondes avant l’apocalypse.

Toutefois, quand je vois la laideur du monde à venir, quand je vois ce que nous laissons s’installer, quand je vois l’incurie de nos dirigeants plus au service du capital que du peuple qui les a pourtant choisis, quand je vois partout la haine qui s’installe, quand je vois que les rares personnes incarnant des idées progressistes sont contraintes au silence par des média et des banques dans l’indifférence générale, quand j’entends nos dirigeants qui refusent d’admettre les errements de leurs séides et traiter leurs concitoyens comme moins que de l’excrément (montrant de facto leur incapacité à diriger), quand des Etats autorisent la construction de complexes hôteliers de luxe impliquant la destruction d’un récif corallien, quand je vois que nous nous dirigeons aveuglément vers une fin violente et que nous sommes impuissants à endiguer la catastrophe à venir, en fait, je suis presque rassuré que ma fille n’ait pas à contempler ce spectacle désastreux.

Ma petite Athénaïs me manque terriblement. J’ai un vide terrible et effrayant au fond de moi. Mais pour sa mémoire, pour mes autres enfants à venir, pour l’avenir, je continuerai à me battre. Car c’est là le devoir de l’Initié : accomplir son devoir parce qu’il est le Devoir.

Je vous embrasse.

Conférence GODF à Lyon – Samedi 5 mars 2022 (Cycle Les Dignités Humaines) « Peuples migrants »

Samedi 5 mars 2022 à 18h30, dans les salons de l’Hôtel de Ville, Place de la Comédie à Lyon (1er) se déroulera une conférence publique ayant pour thème (dans le cadre du cycle les Dignités Humaines) : les Migrants.

Cette conférence se tiendra sous la présidence d’honneur, de Grégory DOUCET, Maire de Lyon.

En présence de Sylvie TOMIC, adjointe au Maire de Lyon déléguée à l’accueil, l’hospitalité et au tourisme responsable

Le propos d’ouverture de la conférence sera tenu par Audrey DESPLANQUES, Conseillère de l’Ordre du Grand Orient de France, Grand Officier en charge de l’Europe.

Intervenante : Catherine WIHTOL de WENDEN, Politologue, Directrice de recherche émérite au CNRS

Echanges avec le public

Conclusion de Georges SERIGNAC, Grand Maître du Grand Orient de France

l’inscription est obligatoire : Conférences du GODF – Réservations

https://reservation.godf.org

GLDF : L’ancien Grand Maître Alain GRAESEL sur France Culture

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Rendez-vous dimanche 20 février à 9 h 42, sur France Culture pour une nouvelle émission de « Divers Aspects de la pensée contemporaine ».

Perry WILEY, Grand Maître Honoris Causa de la GLDF, recevra Alain GRAESEL, Grand Maître de la Grande Loge de France de 2006 à 2009.

Thématique : « La Spiritualité en Grande Loge de France »

Retrouvez toutes nos émissions en podcast sur www.gldf.org et/ou sur  www.franceculture.fr

GLDF : Cérémonie de Réception des Sœurs et Frères des Obédiences Amies.

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Le Jeudi 17 mars 2022 à 20h00 en l’Hôtel de la GLDF.

PAROLES INACTUELLES SUR L’ANTISEMITISME ET LE RACISME

La Respectable Loge N°1589 l’Audace Initiatique de la Grande Loge de France organise le jeudi 17 mars 2022 à 20h00 dans le Temple Pierre Brossolette une Cérémonie de réception des Sœurs et Frères des Obédiences amies, sur le Thème très actuel de :

PAROLES INACTUELLES SUR L’ANTISEMITISME ET LE RACISME.

En présence du Grand Maitre de la GLDF, Pierre-Marie ADAM, de l’Inspecteur de la Loge, d’une délégation du Conseil Fédéral de la GLDF et de Dignitaires des Obédiences amies.

Accès : Conformément aux consignes gouvernementales, l’accès à cet événement nécessite la présentation d’un passe vaccinal et le port du masque est obligatoire.

GODF : Conférence publique – «Féminisme et laïcité» – mardi 8 mars 2022 à 19h00

rue Cadet – Paris et sur la chaine Youtube du GODF

Georges SERIGNAC
Grand Maître du Grand Orient de France
et les membres du Conseil de l’Ordre
vous invitent à la
Conférence publique

Féminisme et laïcité


Mardi 8 mars 2022 à 19 h
Grand Orient de France (Temple Arthur GROUSSIER)
16, rue Cadet – 75009 PARIS

Pour des raisons de sécurité et d’accueil,
l’inscription pour assister à la conférence
est obligatoire sur

https://reservation.godf.org

www.youtube.com/GrandOrientdeFranceOfficiel

Mais où est donc caché le trésor des Templiers ?

De notre confrère pointdevue.fr – Par Pierre Castel

Les Templiers et leurs prétendus mystères ont aiguisé la curiosité de nombreuses générations. Oubliant les vœux des « Pauvres Chevaliers du Christ », des cohortes de chercheurs de l’impossible se sont lancé sur la piste de leur improbable trésor sans jamais le découvrir. 

Du palais du roi Salomon aux souterrains de Gisors, les histoires les plus folles gravitent autour du trésor des Templiers. Ce légendaire magot fascine depuis la mort de Jacques de Molay. Plusieurs pistes mèneraient à cette fortune colossale.

Les Templiers formaient un ordre militaro-religieux ayant pour mission de protéger les Lieux saints et les chrétiens désireux de se rendre à Jérusalem. Dépendants du pape Clément V et non du roi de France, ils sont quelque dix mille moines chevaliers pour servir cette cause.

Au fil du temps, l’institution deviendra l’une des plus riches d’Europe, et la première puissance militaire et financière d’Occident. En effet, l’ordre fonctionne comme une gigantesque banque. Les Templiers pratiquent l’usure –bien que l’Ancien Testament l’interdise. Ils inventent la lettre de change et prêtent de l’argent aux croisés, marchands, pèlerins, congrégations monastiques ou encore au clergé. Les chevaliers possèdent vingt mille commanderies dans le seul royaume de France.

Ainsi, l’ordre est opulent, mais les Templiers pauvres car ils ne dépensent presque rien des sommes qu’ils amassent. Philippe IV le Bel convoite cette fortune. Au terme d’un procès inique, il finira par s’emparer de ces commanderies et de leurs vastes domaines agricoles. Mais on prétend qu’une partie au moins de l’incommensurable trésor monétaire des Templiers reste introuvable. Où donc est-il caché?

L’incommensurable trésor des Templiers est-il caché au château de Gisors? 

Labyrinthe
Labyrinthe

Suivons d’abord la piste du Vatican. Les archives secrètes de l’Église catholique recèlent un document dans lequel le templier Jean de Châlons relate que frère Gérard de Villiers, précepteur de France, aurait été averti de l’imminence de l’arrestation massive. Il se serait alors enfui avec cinquante chevaux et aurait pris la mer sur dix-huit galères.

Le visiteur de France, Hugues de Pairaud, aurait également fait disparaître une somme importante. Les Templiers étant gardiens
d’insignes reliques, on peut penser que des objets religieux ont été emportés puis cachés au moment de leur arrestation. Cette piste reste ouverte, mais le pactole se trouve possiblement au fond de l’eau…

Au début des années 1960, Gérard de Sède, baron de Lieoux, issu de la petite noblesse du Comminges, journaliste et auteur reconverti dans l’agriculture, engage un dénommé Roger Lhomoy comme jardinier. Ce dernier a été guide touristique au château de Gisors, en Normandie. Il prétend avoir découvert une salle secrète de 30 mètres sur 9, et d’une hauteur de 5 mètres, dissimulée dans le donjon.

De Sède, intéressé, s’y rend avec Lhomoy. Les deux hommes affirmeront ensuite –notamment au cours d’une émission de télévision– avoir vu dix-neuf sarcophages de pierre. L’information arrive aux oreilles d’André Malraux, alors ministre de la Culture, qui ordonne des fouilles dans le château. Malgré trois mois d’effort, les soldats du 5e régiment du génie de Rouen ne trouvent rien. Pas plus que les archéologues qui les avaient précédés.

Il n’y a aujourd’hui aucun rapport disponible, mais la mairie de Gisors est formelle: la motte féodale a été retournée à plusieurs reprises, et elle n’a jamais rien révélé. Pourtant, si trésor il devait y avoir, le lieu n’était pas mal choisi!

Au début du XIVe siècle, la forteresse est transformée en prison. Nombre de templiers y séjourneront, dont le propre grand maître, Jacques de Molay, Hugues de Pairaud et plusieurs précepteurs de l’ordre.

Cependant, le château de Gisors étant à l’époque la propriété du roi Philippe le Bel, on peut penser improbable que les Templiers y aient caché quoi que ce soit. Gérard de Sède en tirera toutefois un livre promis à un beau succès: Les Templiers sont parmi nous ou l’énigme de Gisors.

L’abbé Saunière a longtemps semé le doute sur l’origine de sa fortune

Dirigeons-nous vers le Languedoc, dans un petit village qui ne compte aujourd’hui qu’une soixantaine d’habitants, mais qui est pourtant très célèbre: Rennes-le-Château. En 1885, un prêtre du nom de Bérenger Saunière devient curé de la paroisse. L’église du village, qui remonte au VIIIe siècle, est délabrée.

À l’occasion de travaux de rénovation, l’abbé Saunière aurait découvert des parchemins, ainsi qu’un tombeau. Peu après, il se met à creuser dans le cimetière voisin et à fouiller l’église, nuit et jour. Dès lors, lui qui vivait plutôt dans la pauvreté commence à dépenser sans compter. Il restaure le sanctuaire selon ses goûts –un style baroque saint-sulpicien– et choque certains ecclésiastiques par ses extravagances. Il achète ensuite plusieurs terrains.

D’où lui vient sa fortune si rapidement acquise? Un fabuleux trésor expliquerait tout. L’évêque de Carcassonne s’intéresse à son cas et le soupçonne de trafic de messes.

L’historien Jean-Jacques Bedu a étudié les livres de comptes du prêtre. Il en ressort effectivement l’existence de ce coupable négoce, teinté de simonie. L’abbé Saunière aurait ainsi perçu des rémunérations pour cent mille messes en vingt-trois ans, soit vingt fois le nombre d’offices qu’il aurait pu célébrer! Finalement, Rennes-le-Château aboutit à une impasse…

Il serait judicieux de se rendre dans le Larzac pour mettre la main sur le trésor

Casque de Templier
Casque de Templier

Ne désespérons pas et rendons-nous maintenant en Champagne, à Payns. C’est dans ce village de l’Aube qu’un certain Bernard
Delacourt a eu la chance formidable de déterrer, en 1998, un lot de 708 pièces d’argent datant de la fin du XIe siècle. L’heureux « inventeur » en est certain: c’est le trésor de la commanderie templière.

Hugues de Payns, fondateur de l’ordre, en a été le premier maître, au début du XIIe siècle. Il était propriétaire du domaine de Payns. Sans correspondre à proprement parler au fantasmagorique trésor des Templiers, ces centaines de pièces rarissimes découvertes si longtemps après leur enfouissement laissent quelque espoir aux passionnés.

Mais pourquoi ne chercherait-on pas le trésor de Salomon? En effet, les Templiers avaient effectué des fouilles –eux aussi!– sous leur établissement à Jérusalem, à la recherche de fragments de textes bibliques. Certains auteurs murmurent qu’ils auraient découvert le fameux trésor du roi d’Israël. Bien sûr, l’histoire n’a jamais été avérée. Le trésor dort donc toujours.

Si l’on devait poursuivre les recherches aujourd’hui, il serait probablement judicieux de se rendre dans le Larzac. Sur ce haut plateau du Massif central, les Templiers se livraient à l’élevage des ovins sur une grande échelle. Leur commanderie de Sainte-Eulalie et ses annexes étaient extrêmement florissantes. Pourtant, au Larzac comme ailleurs, les explorateurs en herbe sont toujours revenus les mains vides!

La fortune des Templiers pourrait-elle se confondre avec le Saint-Graal? 

La fortune des Templiers doit cependant se trouver quelque part, si l’on admet que Philippe IV n’a pas tout raflé! Outre les revenus de leurs domaines et commanderies, ils bénéficiaient de nombreuses donations et legs testamentaires. Avant de partir pour l’Orient, les croisés effectuaient également des dépôts auprès des chevaliers. D’aucuns arguent que leur trésor était surtout agraire. Ainsi, il ne serait pas question d’or ou d’argent, mais simplement de récoltes agricoles.

Les plus optimistes espèrent que le magot est encore à découvrir. Il pourrait s’agir du trésor des Wisigoths, ou encore de celui de saint Louis, grand-père de Philippe le Bel… pour peu qu’ils aient vraiment existé! Les amateurs de spiritualité pensent qu’il pourrait se confondre avec le Saint-Graal.

C’est le poète Chrétien de Troyes, initiateur de l’épopée arthurienne, qui le premier, évoque l’objet mythique, vers 1180, dans son roman Perceval. Il ne s’agit alors que d’un simple plat qui contiendrait une hostie conférant l’immortalité. Plus tard, le Graal prend la forme d’une pierre précieuse, puis celle, définitive, d’un calice divin ayant contenu le sang du Christ recueilli au pied de la croix.

Le XIIIe siècle, c’est aussi l’âge d’or des Templiers. On imagine qu’ils se soient emparés du vase sacré. Chargés de défendre le Saint-Sépulcre, n’aurait-il pas été de leur devoir de le protéger, envers et contre tout? Ou peut-être que, comme disait Cocteau, « un dragon veille sur nos trésors »? 

Retrouvez aussi les premiers épisodes de notre saga sur les Templiers: 

La naissance de l’ordre des Templiers 

La malédiction de Jacques de Molay