lun 05 décembre 2022 - 06:12

La France du temps des Cathédrales

Romain Sardou – Albin Michel, Coll. Lavisse, 2022, 152 pages, 14,90 € – ebook 9,99 €

Présentation de l’éditeur :

Le Moyen Âge pâtit depuis toujours d’une image volontairement dégradée par les grands historiens du passé. Pourtant, ce millénaire, loin d’être sombre, barbare et stérile, est le lieu d’une création intellectuelle, artistique et sociétale trop largement ignorée. De l’art de la miniature à l’architecture gothique, de l’invention de l’amour-passion à celle du culte de la Vierge, les historiens récents ont rétabli beaucoup de vérités, mais les clichés « moyenâgeux » perdurent. Sur l’Église, sur l’An Mil, sur les femmes…Nous vivons une étrange époque où l’Histoire et la culture populaire ne s’accordent pas encore, où la vérité historique et son mensonge cohabitent toujours dans nos esprits…

En esquissant une histoire de l’« histoire du Moyen Âge », l’auteur pointe ce paradoxe en rétablissant l’état actuel de certaines de nos connaissances.

Dans l’esprit du « Petit Lavisse » qui servait aux instituteurs, Romain Sardou déclare ici sa passion pour ce Moyen Âge pluriel et fécond et nous le restitue comme un roman.

Romain Sardou

Biographie de l’auteur :

Issu d’une longue lignée d’artistes, Romain Sardou, né en 1974, se passionne très jeune pour l’opéra, le théâtre et la littérature. Il abandonne le lycée avec l’intention de devenir auteur dramatique, et suit un cours de théâtre pendant trois ans afin de mieux saisir la mécanique des textes de scène, tout en dévorant classiques et historiens. Après quelques années à Los Angeles, où il écrit des scénarios pour enfants, c’est en France qu’il publie chez XO son premier roman, un thriller médiéval, Pardonnez nos offenses (2002), qui connaît aussitôt un immense succès, ainsi que les suivants L’Éclat de Dieu (2004) et Délivrez-nous du mal (2008). Exploitant d’autres rivages romanesques, Romain Sardou a également publié trois contes d’inspiration dickensienne, ainsi qu’un thriller contemporain, Personne n’y échappera (2006), et un roman philosophique, Quitte Rome ou meurs (2009). Il explore maintenant l’histoire de la naissance de l’Amérique dans le premier volume de sa nouvelle trilogie, America, La treizième colonie (2010). Tous ses romans sont parus chez XO. Romain Sardou est marié et père de trois enfants.

[NDLR : La France du temps… cela fleure bon la nostalgie ! Comme un merveilleux voyage dans le temps, qui n’est plus, ici et maintenant, un de ces grands thèmes de la science-fiction, mais bel et bien un retour vers le passé. Qui devient, magie du livre, réalité.

Romain Sardou nous emmène à la (re)découverte du Moyen Âge, c’est-à-dire un âge moyen, trop souvent décrié car considéré comme une époque – période de l’histoire de l’Europe, s’étendant de la fin du Ve siècle à la fin du XVe siècle – peu intéressante faisant la transition entre deux âges d’or que sont l’époque romaine et l’époque de la Renaissance.

En exergue, l’auteur dédie son livre « À la mémoire de Monsieur Chapuis, mon instituteur en cours élémentaire, à l’école Chomel à Paris. » Très bel hommage. Qui d’ailleurs n’a a pas encore en mémoire le nom de son instituteur et/ou son institutrice, hussards noirs de la République… même si nous ne datons pas de la IIIe République ! Les miens s’appelaient Madame Desnoyer (CM1) et Monsieur Guilbert (CM2), à l’école élémentaire rue de Bercy, à Paris.

La cathédrale, nom féminin (de l’église cathédrale) qui est l’église mère d’un diocèse, où se trouve la cathedra, qui est le siège de l’évêque – mais surtout siège de l’autorité épiscopale -, s’offre à nous… Et pourtant Romain Sardou emploie la majuscule écrivant Cathédrale, sans doute pour souligner la majesté de l’édifice !

L’auteur convoque l’historien Ernest Lavisse (1842-1922), nommé l’« Instituteur national »,  fondateur de l’histoire positiviste – courant philosophique fondé au XIXe siècle par le philosophe et sociologue Auguste Comte (1798-1857), à la fois héritier et critique des Lumières du XVIIIe siècle soumettant de manière rigoureuse les connaissances acquises à l’épreuve des faits -, et auteur de nombreux manuels scolaires dont son célèbre « Petit Lavisse » qui a accompagné des générations entière d’écoliers français.

Il suffit de consulter la table des matières – 8 chapitres forment la moelle épinière de cet ouvrage – pour comprendre que l’auteur n’a rien laissé au hasard. La voici :

Chapitre 1 – E. Lavisse & Co / Chapitre 2 – L’an Mil. Rien à signaler / Chapitre 3 – Le Moyen Âge, féminin et amoureux / Chapitre 4 – Le Moyen Âge de Pierre / Chapitre 5 -L’église au Moyen-Âge / Chapitre 6 – Croisés et croisées / Chapitre 7 – La croisade intérieure / Chapitre 8 – De quoi le Moyen Âge n’est-il pas le nom ?

Romain Sardou traite de l’histoire, tout court, mais aussi de l’histoire des hommes – pèlerins, guerriers, moines –, des cathédrales, mais aussi de l’art. De cet art qui, au Moyen Âge, avait une dimension essentiellement didactique. Le nom de Pauperum Bible – la Bible des pauvres – que les imprimeurs du XVe siècle ont donné à l’un de leurs premiers livres peut être attribué aux cathédrales, livre de pierre et miroir du monde médiéval.

Cet ouvrage est à la fois culturel, éducatif et instructif. Chaque chapitre s’achève avec un résumé. Un abrégé immédiatement suivi d’un questionnaire qui pourrait être perçu comme un test de culture générale… Que le Maçon ne s’y trompe pas. Il ne s’agit pas d’un catéchisme ou instruction par demandes et réponses pour le grade de… car nulle réponse ne s’y trouve, sauf à lire le chapitre en entier !

La bibliographie nous invite à découvrir des ouvrages traitant de l’histoire de l’Antiquité et du Moyen Âge, de l’histoire de France et de son historiographie ainsi que les ouvrages d’Ernest Lavisse dont certains étaient déjà publiés chez Armand Colin, maison fondée en 1870 et spécialisée dans l’édition universitaire en lettres, histoire, géographie et sciences humaines et sociales. Cet ouvrage est un aide-mémoire indispensable pour faire aimer l’histoire de France.

Rappelons aussi la devise de cette « Collection Lavisse » : « L’histoire ne s’apprend pas par cœur. Elle s’apprend par le cœur. ». Elle nous a déjà donné des ouvrages tels que « La France du temps des Lumières », « Histoire de Napoléon… » et « La France du temps des Républiques ».

Ce dernier opus donnera peut-être l’envie d’aller plus loin en relisant « Le Temps des cathédrales » (Éditions Gallimard, nrf, Bibliothèque des Histoires, 1976) de Georges Duby ou de s’imprégner des travaux de l’abbé Jean-Jacques Bourassé (1813-1872), chanoine titulaire de Tours et archéologue-fondateur de la Société archéologique de Touraine, avec son « Les plus belles cathédrales de France » (Alfred Mame, 1861).

Reconnaissons que la structure de l’ouvrage – texte, résumé, questionnaire – s’adresse plutôt à un jeune public curieux de mieux comprendre cette période sombre et méconnue qu’est le Moyen Âge qui n’est pas synonyme de saleté, d’obscurantisme et de régression.

Découvrez, sur le site « Dunod – une page d’avance », un extrait du livre : https://bit.ly/3JzPidL]

Yonnel Ghernaouti
Yonnel Ghernaouti
Retraité, Yonnel Ghernaouti a fait l’essentiel de sa carrière dans une grande banque ancrée dans nos territoires. Petit-fils du compagnon de l’Union Compagnonnique des Devoirs Unis Pierre Reynal, dit « Corrézien la Fraternité », il s’est engagé depuis fort longtemps sur le sentier des sciences traditionnelles et des sociétés initiatiques. Chroniqueur littéraire et membre du bureau de l'Institut Maçonnique de France, il collabore à de nombreux ouvrages liés à l’Art Royal et rédige des notes de lecture pour « La Chaîne d’Union », revue trimestrielle d'études maçonniques, philosophiques et symboliques du Grand Orient de France. Initiateur des Estivales Maçonniques en Pays de Luchon, il en est le Commissaire général.

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