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Décoder les sculptures d’animaux dans les églises

Dans l’art roman et gothique, les animaux prolifèrent. De nombreuses bêtes interviennent en effet dans l’histoire sainte. D’autres sont figurées en vertu de leur symbolisme.

Que signifient ces lions, ces oiseaux, ces ânes… ? Parmi les sculptures, on rencontre aussi des bêtes plus inattendues comme l’éléphant, le dragon ou le mystérieux basilic. Ce qui a parfois posé aux artistes quelques difficultés de représentation. On voyagera de la cathédrale d’Amiens à celle d’Arles en passant par Chartres, l’Auvergne ou Strasbourg… On fouillera même dans quelques manuscrits pour comprendre comment les gens du Moyen Âge considéraient les animaux.

3:20 Les animaux dans la Bible 11.07 Les animaux dans les vies de saints dont le dragon.

25:23 Une source d’inspiration : les bestiaires

31:46 Les bizarreries des bestiaires

35:55 La vision de l’animal au Moyen Âge

39:05 La symbolique du lion

49:52 La symbolique du pélican et du phœnix

52:24 Le chapiteau de l’âne à la lyre et de l’insensé

1:00:25 Comment représenter des animaux exotiques ?

1:06:42 Les animaux fantastiques : basilic, aspic

1:12:45 Toujours une symbolique dans le gothique ?

1:18:18 Vos remarques et dernières questions

Site web dédié au patrimoine du Moyen Âge : http://decoder-eglises-chateaux.fr

VENEZUELA : Ouvriers d’Hiram Abiff – L’espoir –

De notre confrère vénézuélien elnacional.com – Par Mario Munera Muñoz PGM

Le philosophe grec Aristote déclarait :

« L’espoir est le rêve de l’homme éveillé »

comme une vision utopique de quelque chose dans un futur proche, mais surtout de votre capacité et de votre détermination à réaliser vos propres rêves et illusions. Je considère que l’espoir se voit à partir de plusieurs sujets différents. Analysons donc« l’espérance » sous trois points de vue : philosophique, psychologique et religieux.

Je placerai plusieurs définitions de « l’espoir » pour mieux comprendre : en philosophie on peut le définir comme une vertu par laquelle l’homme va d’« acceptation à réalisation ». En psychologie, « l’espoir » est défini comme une émotion et un état mental qui nous aident à trouver des moyens d’atteindre nos objectifs et nous donnent confiance en notre capacité à les atteindre. En religion, « l’espérance » est une vertu théologale (Foi, Espoir et Charité) dans laquelle les fidèles espèrent une vie meilleure dans un royaume métaphysique appelé ciel, s’ils suivent les règles de leur religion, sinon ils tomberont dans le péché et seront punis en enfer (feu éternel où vivent les anges déchus). 

La conception de l’espérance a traditionnellement été soumise à l’attente d’un monde meilleur par le travail et la grâce de quelque chose qui nous est extérieur (la religion). On peut dire que l’espérance sont les raisons du cœur, que la raison ne connait pas. La philosophie a soutenu que « l’espoir » n’a pas d’objectif s’il n’est pas accompagné d’une action, et non d’une contemplation, pour attendre la réaction, qui serait le résultat de l’action. Tous les êtres humains sont capables de construire un monde meilleur. Un « espoir » sans « l’action » première serait une « utopie ». C’est comme considérer que tous les êtres humains sur cette planète Terre doivent être égaux, quelque chose d’utopique, chacun a un processus et doit être respecté. 

L’enseignement en philosophie sur « l’espérance » vise à ce que nous soyons plus critiques, concrets et non subjectifs. 

La franc-maçonnerie nous apprend à bien penser, à valoriser la pensée et l’art de penser dans le cadre illimité de la « raison ». 

La philosophie doit être prise comme une critique de l’idéologie (pensée qui affirme qu’il y a quelque chose de nécessaire dans le monde – ensemble d’idées qui caractérisent une personne). La philosophie de « l’espérance » contribue à la formation d’un esprit plus critique, confiant et ouvert à l’existence. « L’espoir » est l’envie de naître. Ernest Bloch (philosophe allemand), proposait de penser à un véritable « espoir », pas composé des illusions et des fictions consolatrices. Tout « espoir » est précédé d’un déni d’une situation actuelle considérée comme injuste ou devant changer et dont on s’attend à ce qu’elle soit positive dans le futur. Le philosophe Nietzsche qualifie « l’espoir » de pire des maux, puisqu’il prolonge la souffrance humaine (espoir sans action). « L’espoir » est lié au concept de religion, Karl Marx, lorsqu’il écrivait que « la religion est l’opium du peuple », se fonde sur l’espoir d’un monde meilleur au-delà du plan physique, et lorsqu’il y a un manque la religion renvoie à la devise que « Dieu pourvoira ». L’espérance pour Marx s’applique à l’action puis à ses résultats. La religion n’a pas d’action, mais la contemplation, et des résultats spirituels et non matériels sont attendus. . Non seulement Marx faisait référence à ce concept d’espoir et de religion, mais d’autres grands penseurs comme Emanuel Kant, Ludwig, ont aussi écrit sur ce sujet. Si « l’espoir » est gouverné par la religion, c’est utopique, mais s’il est gouverné par la raison, c’est réaliste. Il convient de mentionner dans cet article l’importance de l’approche de la franc-maçonnerie sur l’enseignement religieux.

L’idée est que la religion ne doit pas être enseignée dans les écoles, car c’est l’imposition d’une croyance. Une« orientation spirituelle » devrait être enseignée dans les écoles, ce qui est différent, et cela s’appelle la « laïcité ». Si les jeunes recevaient des conseils spirituels, leur monde serait bien meilleur et leur compréhension de la vie et de la création serait différente. Il existe de nombreuses institutions qui soutiennent cette thèse. C’est très différent de parler du péché et de ses conséquences, que d’enseigner que les lois de l’Univers ne peuvent pas être transgressées. Que l’espoir de l’être humain « est de se connaître », et que la création est un tout et nous en faisons partie. 

Le Kybalion* dans l’un de ses principes dit: « Tout ce qui est haut est comme ce qui est en bas » Nous sommes un microcosme du Grand Macrocosme. Le Seigneur Jésus l’a dit très clairement : « si tu veux suivre mes traces, débarrasse-toi de tout, prends ta croix et suis-moi. » Il nous invite à « nous connaître ». « L’espoir » est en nous, le Créateur est notre Lumière intérieure. Quand on se connaît, on ouvre sa conscience, c’est voir en tout un espoir clair et objectif, sans peurs, préjugés et dogmes. Et donc, on peut confirmer les paroles d’Aristote : « L’espérance est le rêve de l’homme éveillé ».

* Étude sur la philosophie hermétique de l’ancienne Égypte et de l’ancienne Grèce est un livre ésotérique qui veut transmettre l’enseignement d’Hermès Trismégiste.

5 mars 2022 : GLFF – colloque public : L’INCESTE

La Commission Nationale des Droits des Femmes de la Grande Loge Féminine de France organise le 5 mars 2022 de 14h à 17h un colloque public : L’INCESTE

Programme du colloque

Accueil à partir de 13h15                

Introduction par Catherine LYAUTEY, Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France

Présentation générale par Brigitte NABET, Présidente de la Commission Nationale des Droits des Femmes

Anthropologie du tabou de l’inceste par Jeanine CAMMILLERI

Sortir du chaos de l’inceste par la parole et par la loi par Eva THOMAS, Autrice et fondatrice de SOS Inceste

Auteurs : quelles prises en charge ? par Magali BODON-BRUZEL Psychiatre, chef de pôle Patients sous main de justice

L’inceste en droit pénal : l’incrimination d’un tabou, par Muriel JOSSELIN-GALL Magistrate, Vice-procureur de la République

Remise du Prix de la Commission Nationale des Droits des Femmes à Eva THOMAS

Verre de l’amitié

Inscription obligatoire par mail avant le 1er mars 2022 : 5mars@glff.org

Cliquez ici pour télécharger le programme complet

À propos de l’écoute

par Serge Toussaint, Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

Dans l’un de ses écrits, Épictète a déclaré : «La nature nous a donné une seule langue mais deux oreilles, afin que nous écoutions deux fois plus que nous ne parlons». Force est de constater que la plupart des gens parlent beaucoup plus qu’ils n’écoutent. Pourquoi en est-il ainsi ? Parce que tout être humain, sous l’impulsion de son ego, c’est-à-dire de son «moi je», a tendance à vouloir monopoliser la parole lors d’un échange avec d’autres personnes. Souvent, cette tendance atteint son paroxysme lorsqu’il est en désaccord avec son interlocuteur, car il éprouve alors le besoin de le contredire et de lui prouver qu’il a tort.

L’écoute

Très rares sont les personnes qui savent écouter l’autre et lui laissent le temps de s’exprimer pleinement. Elles s’empressent généralement de l’interrompre et de reprendre la conversation à travers ce qui s’apparente à un monologue. Dans ces conditions, l’échange est difficile, voire impossible, car chacun s’emploie plus ou moins consciemment à faire valoir son point de vue, parfois sans même essayer de comprendre celui de l’autre. Dans les cas extrêmes, ce non-échange peut donner lieu à un rapport de force mêlant violence verbale et invectives. Nous avons tous eu l’occasion d’assister à ce genre de situation, que ce soit dans la vie courante ou lors de débats diffusés à la radio, à la télévision ou sur internet.

D’une manière générale, notre aptitude à écouter les autres est fonction de notre capacité à maîtriser notre ego lors d’une discussion. Une telle chose n’est pas aisée, car il est dans sa nature de vouloir s’exprimer, imposer ses idées, convaincre qu’il a raison, attirer l’attention, etc. L’écoute va donc de pair avec l’humilité, vertu qui, précisément, se caractérise par la retenue, la courtoisie et le respect de l’autre. Si vous connaissez parmi vos relations des personnes qui ont éveillé cette vertu, vous aurez certainement noté qu’elles écoutent plus qu’elles ne parlent et ne cherchent pas à monopoliser la parole. Tout en étant ouvertes à la discussion, elles favorisent le dialogue et l’échange.

Le silence

En règle générale, les personnes qui savent écouter sont également celles qui prennent régulièrement le temps de s’intérioriser et d’être à l’écoute de leur âme, de leur personnalité profonde. Elles ont intégré le fait qu’il faut s’efforcer de parler à bon escient et que le silence est parfois plus évocateur que les mots. Autrement dit, elles appliquent cette maxime connue de tous les Rose-Croix : «Si ce que tu t’apprêtes à dire n’est pas plus beau que le silence, abstiens-toi de parler». Cela suppose d’écouter l’autre avec l’intention de le comprendre et, si l’on prend la parole, de réfléchir préalablement à ce que l’on va dire. Mais l’écoute ne se limite pas à «écouter l’autre» ; elle consiste également à «être à son écoute», c’est-à-dire à lui prêter attention. Si faire preuve d’humilité est une vertu, être attentionné l’est tout autant : penser aux autres, se préoccuper de leur bien-être, les aider si besoin est, leur rendre service, sont autant de marques d’intérêt à leur égard et contribuent à rapprocher les individus. À l’inverse, l’indifférence les éloigne les uns des autres et désagrège le tissu social, avec tout ce qui en résulte en termes d’exclusion.

La Fondation GLNF aide les victimes Ukrainiennes – Message du TRF Jean-Pierre ROLLET, Grand Maître

Nous, Maçons de la Grande Loge Nationale Française, ne pouvons pas rester insensibles à la souffrance du peuple Ukrainien. Face à la tragédie qui le touche, j’ai décidé d’enclencher le fonds d’urgence de la Fondation GLNF, afin de venir en aide aux victimes des combats.

Une première action a été lancée avec l’association ukrainienne « 100% Life » qui a transformé ses centres de santé en hôpitaux, afin d’accueillir les blessés de ce conflit.

Ses besoins immédiats : des trousses médicales, des générateurs, des tentes, des bidons d’eau, de la nourriture, mais aussi de l’argent afin de pouvoir évacuer les victimes les plus durement touchées.

Les Frères désirant contribuer à ce fonds d’urgence doivent se connecter sur :   

www.fondationglnf.com rubrique « Faire un don » https://bit.ly/2Ot8ToA

En outre, les Frères qui veulent participer à cette campagne de solidarité doivent se faire connaître via l’adresse suivante : glnf@glnf.com

Je sais, mes Frères, pouvoir compter sur vos qualités de cœur afin de venir en aide, dans ces circonstances cruelles, aux victimes de cette guerre.

Avec mes fraternelles salutations.

TRF Jean-Pierre ROLLET, Grand Maître

Photo © DR

Incendie au Grand Orient

Le pire a été évité de justesse ce mardi 1er mars, premier jour de l’année maçonnique.

D’après nos informations, en fin d’après midi une fumée s’est échappée d’un local technique, s’en est suivi d’un départ d’incendie au Grand Orient de France au 63 rue Froidevaux 75014 paris.

Nous avons contacté un Frère encore choqué de cette nouvelle :

« Je n’osais y croire lorsque j’ai appris la nouvelle. Notre Temple était fermé ce soir et notre Tenue annulée »

Il semblerait qu’il n’y ait à cette heure aucune victime et les dégâts ne seraient que matériels. Nous vous informerons dès que nous aurons de plus amples informations.

1er mars Mardi Gras, un sobriquet donné au GODF en 1912…

La date est variable, chaque année Mardi Gras a lieu 47 jours avant Pâques. Ainsi, le Mardi Gras est toujours fixé entre le 3 février et le 9 mars ; soit juste avant la période de Carême, c’est-à-dire 41 jours + 6 dimanches, soit finalement 47 jours avant Pâques. Au XVIIIe siècle le premier jour gras était le jeudi gras.

Carnaval Seloncourt

Origine et célébration de Mardi-Gras

Le Mardi Gras est la journée festive qui précède le mercredi des Cendres. C’est donc un jour de fête dont la date est fixée 47 jours avant la Pâques.

Le Mardi Gras ne donne pas lieu à un événement liturgique spécifique, mais consiste plutôt en des réjouissances avant le carême, qui était une période excessivement contraignante pour la population au Moyen Âge : privation de fête, de danse, de plaisir et de sexe, au-delà de la nourriture très frugale. Ainsi, l’expression « faire gras » signifie manger de la viande, par opposition à « faire maigre », soit jeûner. Le Mardi gras donne lieu à des festivités, le carnaval. Le mot carnaval vient du latin « carne levarer » (enlever/ôter la chair), du fait qu’il s’agit un jour où le fidèle peut faire bombance avant de commencer le jeûne qui durera jusqu’à Pâques. Aujourd’hui, cela se traduit surtout par la distribution de mets sucrés dans les écoles.

Si cette pratique n’est pas la reprise exacte d’une fête romaine, elle semble fortement s’inspirer de fêtes de l’Empire romain. Notamment la fête des Saturnales, laquelle se traduisait par un renversement provisoire de l’ordre établi. Concrètement, les esclaves jouissaient temporairement d’une grande liberté et pouvaient ainsi se livrer à des comportements interdits le reste de l’année. Mais aussi les calendes de Mars qui célébraient la venue prochaine du printemps, rite païen par excellence, lequel autorisait le déguisement et la transgression des interdits. On notera que les Bacchanales ou les Lupercales1 ont pu aussi servir de ferment au Carnaval sous sa forme actuelle.

Le carnaval a donc synthétisé une partie de ces traditions pour se traduire, à partir du XIe siècle, par un défilé populaire où chacun était libre de se déguiser et de parader dans les rues. Cette fête avait par ailleurs une importance particulière au Moyen Âge où elle donnait lieu à l’élection d’un « pape des fous », signalant ainsi que c’était non seulement l’ordre social qui était inversé, mais aussi l’ordre du monde tout entier. Le chapitre V de Notre-Dame de Paris donne un aperçu particulièrement vivant de cette tradition à l’époque médiévale.

Le carnaval et Mardi Gras dans le monde

Dans le sud de l’Allemagne, le carnaval est une fête très populaire. Celle-ci commence le jeudi précédant Mardi Gras et voit des parades et des défilés se succéder. À Berlin, les habitants ne défileront qu’en mai à l’occasion du festival des cultures qui prend place dans le quartier multiethnique du Kreuzberg. À Cologne, le carnaval de la ville est l’un des plus connus d’Europe. Sa parade de chars réunit jusqu’à plus d’un million de personnes.

Le carnaval de Venise est un rassemblement qui est rentré dans les institutions à partir de la Renaissance. Il est principalement connu pour ses costumes et ses masques inspirés de la Commedia dell’arte. Le carnaval ramène tous les ans un très grand nombre de touristes dans la ville. Inspirée par les fêtes à l’honneur du dieu Dionysos à l’époque antique, la tradition grecque veut que l’on fête l’Apokries, une période de faste où l’on se déguise, l’on boit et l’on danse. Dans le pays, le carnaval de Patras est sans doute le plus connu et voit défiler de nombreux enfants chaque année.

À Dunkerque, c’est derrière un tambour-major que défilent les festivaliers déguisés. Organisés par groupe, ils avancent au rythme de la musique dans les rues de la ville et font un arrêt devant l’hôtel de ville, où un lancer de harengs fumés est effectué par le maire et son conseil municipal.

La ville de Binche accueille le carnaval le plus connu de Belgique. Reconnu chef d’œuvre oral et immatériel de l’humanité par l’UNESCO, le défilé voit des personnages comme Arlequin ou Pierrot déambuler au sein des cortèges.

Les traditions anglo-saxonnes

Aux pays du Commonwealth, l’on observe des traditions différentes mais apparentées au Mardi Gras latin, sous le nom de Shrove Tuesday (Mardi de l’absolution, du verbe archaïque to shrive, absoudre). La fête tourne surtout autour de la crêpe anglaise (pancake) qui est traditionnelle pour cette fête au point où la fête est appelée Pancake Tuesday par endroits. Plusieurs églises offrent des petits déjeuners ou dîners de pancakes, parfois afin de solliciter des contributions caritatives. On mange les pancakes avec un ragoût de viande (en Angleterre), avec du sirop d’érable (au Canada) ou avec de la compote de fruits. Dans certains endroits en Angleterre il y a même une tradition de course au pancake, où l’on parcourt une certaine distance en faisant tourner des pancakes à même la poêle tenue à la main, sans les laisser tomber.

Quand la FM se faisait traiter de Mardi Gras…

C’est dans un article « Franc-maçonnerie et mouvement coopératif en région parisienne (1871-1914) » d’Éric Lebouteiller publié dans la revue des études coopératives mutualistes et associatives (RECMA), revue internationale à caractère scientifique publiant les travaux consacrés à la coopération et à l’économie sociale que nous trouvons cette allusion à la Franc-Maçonnerie.

Extrait :  

« La montée de l’anti-maçonnisme

Contrairement au milieu de la coopération de production, toujours lié à l’Ordre, le mouvement coopératif de consommation connaît, à l’instar de la sphère syndicale et politique, une vague de contestation anti-maçonnique. L’affaire « des Fiches », qui secoue le Grand Orient en 1904, déclenche la virulence des critiques de gauche contre « cette confrérie du mardi gras, figée dans des rites caducs » (Janvion, 1912, p. 7). Un climat de défiance gagne donc un monde jusqu’à présent bien disposé. Dans les loges, les démissions de coopérateurs se multiplient, signe d’un désamour grandissant… »

Sources : https://www.cairn.info/ ; RECMA 2016/3 (N° 341), pages 104 à 117

MACEDOINE : Tout est question de symboles maçonniques

De notre confrère macédonien vecer.mk

La base ou le fondement de l’Ordre de la franc-maçonnerie moderne est la loge dite « bleue ». Elle est divisée en trois niveaux : premier grade est celui d’apprenti , le deuxième de compagnon et le plus haut degré celui de maître maçon.

Les frères francs-maçons pratiquent le travail rituel dans la « Loge ouverte pour chaque degré séparément » depuis près de trois siècles maintenant. Les membres de l’organisation apprennent réellement à connaître, apprennent et améliorent continuellement les règles de base et les hautes leçons morales et éthiques, grâce à leur participation régulière au travail rituel. Les « rituels » de la franc-maçonnerie sont des actions dramatiques impressionnantes où chaque mot du texte, chaque signe de ponctuation, chaque mouvement et activité, est entrelacé d’un symbolisme profond.

Dans les actions dramatiques traditionnellement immuables du rituel aux trois degrés, des formes métaphoriques et des symboles ésotériques tirés des « vieux bâtisseurs maçonniques » sont suivis et utilisés, soulignant comme lieu d’occurrence et thème central – le processus de construction du Temple biblique de Le roi Salomon dirigé par Maître Hiram Abif.

La façon de travailler des bâtisseurs, leurs coutumes et leurs outils, sont incorporés dans ces jeux dramatiques de textes profondément inspirants et de mouvements pleins de symbolisme, comme des guides allégoriques dans le processus d’introduction, de construction et de perfectionnement du système des
« vraies » valeurs humaines.

Ainsi, le « Linéaire 24 pouces », qui pour les maçons opératifs a traditionnellement une valeur pratique pratique dans l’exécution de leurs travaux de construction, a une signification symbolique profonde pour les francs-maçons pensants comme l’un des « outils » et outils auxiliaires qu’ils utilisent pour transmettre la morale. enseignements et leçons d’éthique.

En ce sens, dans la Loge maçonnique, le linéaire représente les 24 heures de la journée, dont une partie doit être consacrée à la prière à « l’Être Suprême », une partie au travail et au repos, et une partie à consacrer et à aider l’ami ou le Frère si ils ont besoin d’aide, mais sans un tel engagement de quelque manière que ce soit « à vous ou à vos proches ».

Le « maillet » avec lequel les maçons bâtisseurs éliminent les aspérités grossières de la pierre, dans le travail rituel, symbolise en fait le pouvoir de la conscience, qui devrait empêcher toutes les pensées vaines et inaccessibles et permettre au maçon pensant ses paroles et ses actes, libres et intacts. monter au « Trône de la Miséricorde ».

Le « ciseau » sert pratiquement d’outil qui poursuit le traitement, la préparation et le lissage de la pierre de construction. Dans la maçonnerie spéculative, d’autre part, le ciseau souligne les grands avantages de l’apprentissage, l’éducation avec laquelle les Frères sont formés et deviennent de meilleurs membres de sociétés régulièrement organisées.

L' »équerre » est un outil de mesure qui vérifie et ajuste les angles droits dans la construction des bâtiments, aidant les maçons à amener avec succès la matière première dans la forme souhaitée. Chez les francs-maçons, l’équerre enseigne la nécessité de la moralité et de la droiture dans la vie.

Le « niveau » sert généralement à vérifier l’équilibre, l’équilibre et à confirmer l’exactitude des lignes de construction horizontales. Les francs-maçons libres trouvent dans le libelle une leçon d’égalité et d’équilibre dans leur comportement et leurs actions.

La perpendiculaire aide logiquement les maçons à vérifier et à ajuster les lignes verticales du bâtiment, et dans la Loge, il indique l’importance extraordinaire de la justice, de la bonne conduite, des bonnes intentions et de la « correction complète » dans la vie et les activités des Frères.

Le « fil à plomb », dans la tradition de la construction, est un outil qui est attaché à un coin central et aide les maîtres de la maçonnerie à tracer une ligne et à marquer l’espace où seront posées les fondations de la future construction. Dans le travail rituel de la loge maçonnique, la bobine indique symboliquement que la voie vraie et infaillible du comportement humain est inscrite dans le « Livre saint » et doit être exécutée sans condition.

Avec le « Crayon », l’artiste-architecte expérimenté dessine l’esquisse ou le plan du projet du bâtiment, comme guide et instruction pour les constructeurs – maçons. Dans la Franc-Maçonnerie de Pensée, le crayon est un « outil » qui enseigne aux Frères de la Loge que leurs paroles et leur conduite sont étroitement surveillées et observées par le « Grand Architecte » à qui ils doivent symboliquement rendre compte de leur mode de vie.

SIX

L’outil le plus frappant et sans doute le plus utilisé, qui symbolise le lien entre les bâtisseurs opératifs et la Maçonnerie pensante, est certainement le « Six ».

C’est un excellent outil qui permet au maître-architecte de déterminer avec une grande précision les points d’extrémité, ainsi que les proportions exactes de toutes les parties de la fondation du bâtiment. Les francs-maçons, quant à eux, dans le six (le cercle parfait et le point central), reconnaissent le symbole de « l’Être suprême » et de « sa » justice impartiale et infaillible, définissant les limites du bien et du mal.

Cependant, aussi indiscutable que soit le lien symbolique, aussi prédominant et largement accepté que soit le rôle important que cette théorie accorde aux guildes médiévales et aux tailleurs de pierre, elle n’offre toujours pas la réponse définitive ou indiscutable à la question – « Quand, pourquoi et où est née la franc-maçonnerie !? ”

Il ne faut pas négliger sans critique certains traits essentiels typiques des associations corporatistes médiévales, qui, d’autre part, sont difficiles à intégrer et difficiles à expliquer dans le contexte de la recherche des racines de l’organisation maçonnique moderne. Là encore, je tourne mon attention vers les travaux de recherche sur ce sujet par John J. Robinson et son livre « Born in Blood – The Lost Secrets of Freemasonry ».

Il rappelle que la « guilde » n’était pas en réalité une association de constructeurs, mais une association d’entrepreneurs et de propriétaires, et que leur motivation dans l’engagement professionnel était certainement le « profit » en maintenant la fermeture et la position de monopole.

Leur « client » le plus important et le plus important, c’est-à-dire le commanditaire des bâtiments, était l’Église catholique et normalement ils lui étaient particulièrement fidèles. Les guildes étaient très religieuses, avaient leurs propres saints patrons, possédaient des reliques sacrées et étaient un solide soutien à l’Église, offrant des cadeaux en argent et en objets de valeur.

Ils n’étaient donc pas en conflit avec l’Église et il pouvait être difficile de prouver et d’admettre qu’ils étaient les initiateurs directs de la « Fraternité » qui n’est pas exclusivement religieuse, c’est-à-dire qu’elle ne repose pas exclusivement sur l’éthique chrétienne, mais accepte tout « bonnes personnes » qui croient en toute forme d’Etre Suprême monothéiste !?

En ce sens que dans les textes rituels maçonniques, les punitions dramatiques prévues pour le Frère Mason qui finirait par enfreindre
les règles ou révéler un secret sur son Frère (ce qui entraînerait la perte de vies ou de biens) sont formulées avec une signification symbolique, Robinson conclut que il serait tout à fait absurde de l’associer aux associations de tailleurs de pierre.

Il note un peu sarcastiquement – « … Quel secret pourrait avoir un tailleur de pierre dont la découverte pourrait constituer une menace pour sa vie et ses biens, ou la vie et les biens de son frère – tailleur de pierre !?

Une nouvelle façon ingénieuse de tenir le ciseau !? Formule de calcul de la charge sur les fondations !? Quel est ce secret dont la révélation par les « autorités » pourrait mettre en danger la vie de Frère Maçon !?… « 

Bonne et heureuse année maçonnique !

Le 1er mars est, par tradition, le jour du nouvel an maçonnique.

L’équipe de 450.fm souhaite à tous les Maçons qu’ils soient dispersés sur la surface de la terre, sur les mers et dans les airs une bonne et heureuse année 6022.

L’ère maçonnique est utilisée par les Frères dans leurs actes et leurs correspondances, avec des variantes selon les rites et les Obédiences.

D’une façon générale, les Loges anglo-saxonnes, françaises et allemandes utilisent « l’Année de la Vraie Lumière », ou l’Anno Lucis en latin, pour faire remonter symboliquement l’origine de la Maçonnerie à la création du monde selon tradition biblique.

Il est généralement admis que cette chronologie a été emprunté par les maçons anglais à l’œuvre d’un savant prélat anglican, James Usher (1581-1656), Archevêque d’Armagh et un des fondateurs de Trinity College de Dublin, et qui écrivit des Annales Verteris et novi Testamenti (1650-1654) qui contenait une chronologie biblique remontant à 4004 avant J.-C., l’Année de la Vraie Lumière était née. Il pensait ainsi fonder une échelle de temps absolue.

La chronologie fut utilisée par James Anderson (1678-739) dans la partie historique de ses Constitutions : en effet on peut lire sur la page de titre de la première édition des Constitutions d’Anderson de 1723 « In the Year of Masonery 5723 – Anno Domini 1723 ».

Le pasteur Anderson l’a préconisée dans ses Constitutions de 1723 pour affirmer symboliquement l’universalité de la maçonnerie en adoptant une chronologie supposée indépendante des particularismes religieux, à tout le moins dans le contexte britannique de l’époque.

L’année maçonnique a la même longueur que l’année grégorienne mais débute le 1er mars. Elle prend alors le millésime de celle-ci, augmenté de 4000.

L’année ordinaire du calendrier, appelée année de l’ère vulgaire, démarre à la date supposée de la naissance du Christ, et ainsi nous parlons de l’année du seigneur ou Anno Domini dont l’abréviation est A.D.

Que re-garde l’œil du Delta ?

Introsum ascendere[1] La lumière existe dans l’obscurité ; ne voyez pas avec une vision obscure.

L’œil était dans le Delta et regardait le seuil. Je dirais même l’œil était dans le Delta et gardait le seuil, ou plutôt, l’œil était une porte et se voyait comme un seuil. Qu’en penses-tu ?

Ola ! De quoi parles-tu ? Serait-ce une déclinaison de la célèbre phrase de Victor Hugo dans son poème La conscience: «l’œil était dans la tombe et regardait Caïn» ?

En quelque sorte, à cause du mot « conscience », mais dans mes propositions de phrase il ne s’agit pas de culpabilité, c’est une rêverie symbolique ; partageons la en essayant de l’expliquer.

Cela se passe dans le temple ?

Oui, ici et maintenant.

L’œil, le seul que je vois est dans le Delta lumineux

Oui…

Quand tu dis l’œil était une porte, veux-tu dire que le delta serait une porte ?

Oui…

Et quand tu dis : il regarde un seuil, qu’est-ce qu’il peut regarder, ce qui est dans son point de mire en face de lui ? Le seuil qui est entre les colonnes, devant la porte basse ?

Oui, voilà !

Je ne suis pas plus avancée, je ne comprends pas grand-chose à tes phrases sibyllines.

Là, dans son Delta, l’œil regarde dans son vis-à-vis la porte à l’occident du temple et si je rajoute – comme dans un miroir-  et alors interroge-toi : en quoi l’œil serait aussi une porte ?

Je tente une réponse possible : parmi les sens symboliques des mots dérivés du champ lexical de l’œil mais aussi de tous ses contraires je retiens : visible et invisible, apparaître et disparaître. L’œil énonce tout ce qui est de l’ordre de l’apparition et du secret. «Il est le passage entre l’intérieur et l’extérieur, entre les profondeurs cachées et ténébreuses de la Terre et la clarté du monde solaire». Naturellement, cela m’évoque la porte basse par laquelle le profane  est admis dans le temple lors de son initiation. Donc, le reflet du Delta serait cette porte basse ?

C’est ce que je veux dire. Une indication complémentaire pour comprendre la signification du mot œil nous est donnée par l’emploi de ce mot en hébreu.

En hébreu, le mot Schéma, qui veut dire «écoute», est construit sur cham-oyin, «là-bas l’œil», c’est-à-dire  «là-bas regarde». Écouter, c’est regarder au-delà de la proximité des apparences. Écouter, c’est essayer de découvrir le visible et l’invisible. Ainsi, le delta qui regarde la porte du temple, comme dans un miroir, nous indique qu’il y a une ouverture sur cet «au-delà» des apparences que l’on peut franchir. Le delta se reflète dans cette ouverture, il est cette ouverture sur un «au-delà» des apparences.

Et la porte ouvre sur le seuil entre les colonnes ! Cette ouverture rend possible le passage d’un mode d’être à un autre, d’une situation existentielle à une autre. Le franc-maçon doit traverser le seuil marqué par les colonnes et se retrouver naissant une deuxième fois spirituellement. Je comprends mieux pourquoi le pavé mosaïque est associé au seuil marqué par les deux colonnes, J et B. Il devrait être disposé, selon d’anciennes instructions maçonniques, entre elles, à l’entrée du Temple, de façon que l’on soit obligé d’en fouler les dalles pour s’avancer en loge. Le pavé mosaïque est la voie que l’initié doit emprunter. Son pavage guide l’initié confronté aux apparences des alternances de blanc et de noir, sur la voie droite ; il maintient celui qui avance dans l’axe de l’Orient en quête de l’unité symbolisée par le delta. Je peux comprendre qu’en entrant je traverse un seuil ; mais, comment le delta pourrait être lui-même un seuil ? N’est-il pas une limite infranchissable parce que ne débouchant que sur le mur devant lequel il est placé ?

Le Delta est placé dans l’espace du temple là où finit la lumière éclairée par la lune et le soleil. Mais, par la vision symbolique d’une unique lumière qui ne se différencie que dans la perception des deux luminaires, le franc-maçon peut s’attacher à voir au-delà des apparences, cessant de percevoir, avec le seul regard dualiste du profane, ce qui oppose les choses au profit d’une vision de la dualité de toute chose, c’est-à-dire de la complémentarité des contraires et de leur coïncidence dans l’unité. La forme ternaire du delta en est le symbole. Alors le mur est à la fois une limite et un au-delà.

Quand tu dis que l’œil dans le Delta garde le seuil, est-ce pour évoquer cet au-delà ? De quoi est-il le gardien ?

Garder c’est à la fois surveiller et retenir. Reprenons l’idée que la porte basse est le miroir dans lequel se réfléchit le delta. Qu’est-ce qui retient la porte basse ?

Des chaînes gardent le seuil de la porte basse. Elles sont un gardien du seuil comme d’autres qui ont pour nom dragon ou illusions ou manque de volonté.

Chaque être en quête d’initiation cherche un centre mystérieux où se trouvent soit un objet, soit un être, soit une parole révélatrice ; l’ultime enseignement y est donné de bouche à oreille. Ce lieu particulier ne peut être divulgué à tous. Ce sanctuaire est d’accès difficile et son entrée ne se livre qu’à celui qui en est digne ; nous disons libre et de bonnes mœurs. La cérémonie d’initiation fait tomber les chaînes.

Certes, mais de retour dans le temple, il a fallu au nouvel initié trouver le moyen d’entrer, de passer la porte par lui-même. C’est pourquoi l’initiation ne nous est pas donnée. Elle est  une avancée à travers les épreuves qui s’imposent à nous. Ce gardien de chaînes, devenu virtuel, nous oblige à entreprendre une action méritoire car, pour triompher, il faut dominer ce qui nous emprisonne, il faut vaincre toutes les difficultés qui ne manquent pas de surgir. Le vieil homme meurt à sa vie profane, libéré de ses chaînes, il renaît dans un monde nouveau qui lui est révélé par les mystères initiatiques où les symboles vivent et entrent en action car travailler sur les symboles c’est faire que les symboles nous travaillent.

Et le Delta garde de son côté, dans le sens de retient, un sanctuaire où se trouve le sens de la quête, serait-ce …la lumière ? Le delta n’est-il pas considéré comme lumineux ?

C’est ce que j’aurais dit. Nous essayons de penser la F\Maç\, le temple et les rites maç\ dans leur rapport avec la lumière, tantôt par ce qu’elle rend visible, compréhensible, tantôt par ce qu’elle voile, l’ombre, les ténèbres, voire le noir. Tout au bout du chemin de connaissance, la lumière symbolise finalement la brusque éclaircie de la contemplation, comme ouverture de l’instant sur l’éternité, disparition de la durée du moi, apparition de la présence du soi. La lumière révèle, manifeste, suscite la vision réceptrice ; mais par là même elle se diffracte dans le prisme du moi.  De ce qui est donné comme visible par la lumière, tout n’est pas forcément la vérité. Il y a  de l’écart, du retard, entre le jaillissement et le reflet, entre le sujet et l’objet, entre l’original et sa représentation, nous dirions qu’il y a de l’entropie entre le vrai et le voir. Il est indéniable que Lumière et Ténèbres sont les deux faces d’une même réalité. La lumière voile en dévoilant, les ténèbres dévoilent en voilant. Ce voir devenu vision n’est-il pas l’œil du Delta lumineux ?

L’ego serait alors l’obstacle pour aller au-delà du Delta ? L’œil serait notre propre regard et le Delta notre miroir ? Ne parle-t-on pas de Maçonnerie spéculative ? Il faudrait donc nous perfectionner pour avancer ? Alors, c’est quoi ce perfectionnement ?

On pourrait en trouver une idée dans le fait que parfois l’œil du Delta lumineux est remplacé dans nos temples maçonniques par quatre lettres en hébreu (יהוה), écrivant un des 72 noms du D.ieu des hébreux ; ce nom est appelé le tétragramme. On le trouve dans la conception mystique de l’évolution de la genèse, depuis l’unité indifférenciée  (disons le big bang pour simplifier) jusque dans ses différentes manifestations, évolution se faisant par étapes marquées chacune d’un nom différent du Dieu des hébreux. Le tétragramme, lui,  apparaît, lorsque le ternaire des énergies vitales primordial est extériorisé dans le monde de l’émanation[2], indiquant que c’est le lieu de passage et de discontinuité entre les mondes participant de l’Émanation et les mondes manifestés. Ce passage est aussi marqué, dans la même mystique, par le passage de la lumière à la peau de l’homme comme les mots hébreux le révèlent dans leur contenu ésotérique (derrière la peau  צּ וּ רּ il y a  la lumière spirituelle אּ וּ רּ,  ces deux mots sont de homonymes, ils ont la même prononciation bien que commençant par une lettre différente). 

Martinès de Pasqually, inspirateur du Rite écossais rectifié, a écrit avec Le traité sur la réintégration des êtres, une doctrine chrétienne ésotérique, pour laquelle tout est parti de D.ieu et doit y revenir. L’homme a subi une chute à cause de ses prévarications allant au-delà de ce qu’avait prévu le créateur. L’homme s’est séparé de la conscience de son créateur, il fut rejeté hors de sa lumière et s’est retrouvé emprisonné dans la matière. Ce texte vise essentiellement à entrainer l’initié à faire l’expérience de la réconciliation avec le divin par un voyage intérieur pour le confronter à ce qui le relie à l’infini.

S’agirait-il de retrouver le paradis ? Non pas celui du jardin de l’éden ! Celui désigné par le mot PARDES, que l’on entend comme paradis, mot formé à partir des quatre initiales P,R,D,S des 4 niveaux de lecture de la Thora[3], pshat, rémèz, derèsh, sod, 4 niveaux de signification ou d’interprétation, qui vont de l’explicite à l’implicite, du noir de l’écriture au blanc qui entoure les lettres ; débutant par la lecture littérale, passant par la lecture allégorique, puis philosophique, pour atteindre la lecture secrète. Cette approche serait-elle la clef de l’ouverture de la porte qui ouvre sur ce monde, donc de soulever le voile de l’inconnu et de pénétrer dans le monde où le visible et l’invisible peuvent se rencontrer ?

En effet, on peut considérer le Delta, sous son aspect ésotérique, comme la porte de l’accès au mystère du processus de formation des mondes à partir d’une émanation primordiale et cela peut être aussi représenté par toute image qui embrasse tout ce qui contribue à la création, à sa cosmologie.

Les pythagoriciens l’ont représenté par 10 points en forme de triangle appelé tétraktys, qui n’est pas sans évoquer notre Delta. Le mot tétraktys signifie «quadruple éclat rayonnant» ; elle est le Quatre sacré par lequel juraient les Pythagoriciens. Cela représentait le résumé universel de la révélation divine enfermé dans les nombres quatre, trois, deux et l’unité. La tétraktys est un formalisme, une image pour exprimer une vision de la formation de la création, de la structure du monde. L’importance de la Tétraktys pythagoricienne, dans n’importe quel type de connaissance cosmogonique et métaphysique est indéniable. D’abord, sous son aspect cosmogonique, c’est l’unité ou le Un se déployant sous quatre aspects différents. Le Un, c’est le principe impersonnel, trop souvent appelé Dieu, c’est l’unité -ou plutôt la singularité– d’où tout est issu, elle est représentée par le point. Le deux, qui en découle, est lénergie, la ligne. Le trois, combinant la monade et la duade et participant de la nature des deux, est le monde phénoménal, la surface plane. Trois est le déploiement du temps. Le quatre, la tétrade (la forme de la perfection) contenant la décade est le volume sans lequel il n’y aurait pas de création. Le nombre quatre représente la matière dans ses quatre principes élémentaires: la terre, l’eau, l’air et le feu. Il représente aussi  symboliquement l’essence du concret et la solidité. Quatre est l’espace,  il symbolise le cosmos, le monde puisqu’il y a quatre points cardinaux.

Ensuite sous son aspect métaphysique, on peut conceptualiser la relation Dieu-homme en termes de rencontre de cours d’eau. C’est ainsi que dans la Tradition mystique de la kabbale, le flux de bienveillance divine descendant est désigné sous le nom deaux masculines[4], tandis que l’obéissance de l’homme à Dieu et l’accomplissement de ses commandements sont vus comme une rivière remontant de l’homme à D.ieu ; ils sont désignés par le nom deaux féminines[5],  Si un des ruissellements est appelé la grâce ; le second serait le mérite, qui seule permet la descente des eaux masculines.

Je trouve ton raisonnement bien fallacieux ;  car tu as une façon de dire que nos symboles maçonniques du Delta et de l’œil ne seraient qu’un impératif à une conversion du regard, forcément celui d’un croyant, répondant aux jansénistes et aux jésuites du 17ème siècle qui s’affrontaient à propos de la grâce et du salut. Pour les uns la grâce et le salut sont un pur don divin qui descend sur un individu indépendamment de ses actions et de ses pensées, pour les autres, l’homme a en lui la force de vouloir le bien et la pratique de la morale, ce qui lui apportera le salut comme dans la Tradition de la kabbale.

Mais non, et nous n’avons pas fini, il manque l’essentiel, car chacun reste libre d’interpréter ce qu’est la lumière, chez l’homme et dans l’image archétypale du Temple.

La porte, comme un voile est un symbole qui opère une rupture, une séparation du monde des apparences permettant une projection imaginaire et un franchissement, un dévoilement qui est par sa nature propre, synonyme de découverte du lien entre le visible et l’invisible, mais aussi entre l’apparent et non-apparent. Le dévoilement[6] signifie que le réel est bien plus que l’apparence et qu’il faut, en sagesse, rechercher l’harmonie en soi, envers l’autre et au monde pour, avec détermination et force, progresser sur le chemin de la lumière, véritable dévoilement intérieur. Alors, remplaçons le mot «D.ieu» par le mot «mystère», écartant ainsi toute référence à une religion quelle qu’elle soit ; ensuite, le mot «grâce» par «potentialité de chaque être», et enfin les mots «pratique de la morale» par les mots «éthique obtenue par un travail sur soi dans ses relations aux autres». Cela donne une meilleure idée de ce que pourrait être l’initiation : une métaphysique qui se joue là où se joue la relation sociale, dans nos rapports avec les hommes. C’est l’altérité qui serait alors la source de l’initiation.

Je reconnais que toutes les recherches de sagesse initiatiques indiquent une direction d’évolution, à partir du moi vers le Soi. Il s’agit de trouver l’homme dans son être véridique en mouvement vers le meilleur de lui-même, pour atteindre un ordre éthique, qui instaurera, dans l’existence des hommes, dans leur vie privée et collective, une harmonie leur permettant de s’assembler pour partager la réalité.

L’œil dans la porte nous livre une méthode : 1°) dévoiler ce qui n’est pas apparent, 2°) dessiller son regard en opérant une métamorphose du regard et  3°) lever le voile sur l’entrée vers l’intérieur de l’enceinte qui cache le mystère de la création du monde. La démarche maçonnique suggère – demande même – non pas d’aller vers l’extérieur, vers un autre monde, une autre dimension, vers dieu ou un être supérieur, mais bien d’entrer en soi, de rechercher les secrets de vie, d’amplifier le désir de se connaître, de se perfectionner en son être le plus véridique, plutôt que de quémander au dehors… et rien de trop, car nous sommes notre propre mystère et la clef du mystère universel. Il faut laisser chaque impression, chaque germe de sentiment, mûrir en nous, dans l’obscur, dans l’inexprimable, dans l’inconscient, ces régions fermées à l’entendement ; attendre avec humilité et patience l’heure de la naissance d’une nouvelle clarté, et transformer la matière en lumière. Après, le maçon peut retourner dans le monde profane avec ce qu’il est devenu, pour apporter ce qu’il est devenu.

En somme, tout ça pour dire que les symboles du Delta et de l’œil nous désignent les ouvertures et les seuils à franchir pour accéder à notre temple intérieur et en faire un lieu d’accueil de l’autre, fut-il nous-même, avec l’expérience vécue, avec une intention lumineuse en soi et au monde et avec une réalité augmentée du sensible non visible, du subtil, de l’essence, et de l’altérité.

Alors comprends qu’il n’y a pas de porte, tu es la porte, tu es la lumière.

NB : on consultera avec intérêt le site 

ecossaisdesaintjean.org/2017/03/devoilement-hypostases-et-principe.html


[1] Double mouvement de la mystique chrétienne : se tourner vers l’intérieur pour s’élever jusqu’au point indescriptible.

[2] Olam assilouth

[3] Pshat (la lecture littérale), Rémèz (la lecture allégorique), Dérèsh (la lecture philosophique), Sod (la lecture mystique ou ésotérique qui est celle de la Kabbale).

[4] de Mâyim Doukhrim ou MaD

[5] de Mâyim noukvimou ou MaN

[6] Les rituels et le temple nous offre de multiples dévoilements : la loge en tant que séparation, le langage symbolique (épellation, syllabisation, onomatopées, recherche du sens du mot, parole perdue, essence du mot, souffle), le tableau de loge, les lumières des luminaires et celles des flambeaux, l’étoile flamboyante…