Accueil Blog Page 745

ITALIE : la franc-maçonnerie utilise John Lennon pour son assemblée générale avec « Donner une chance à la paix »

De notre confrère italien adnkronos.com

La franc-maçonnerie choisit l’hymne à la paix de John Lennon. Une vidéo avec les images de l’ancien Beatles chantant « Donnez une chance à la paix » sera projetée sur le grand écran du Palacongressi de Rimini, qui accueillera les 8 et 9 avril l’assemblée annuelle des Loges du Grand Orient d’Italie. 

La vidéo, comme indiqué sur le site Goi qui la publie en avant-première, « est inspirée du célèbre single de 1969 du Plastic Ono Band. La chanson est devenue un hymne international des mouvements qui se sont opposés à la guerre dans le monde entier ».

Le montage montre des images historiques de Lennon et Yoko Ono en concert pour la paix, du début des années 70, puis des manifestations du monde entier, avec des jeunes d’aujourd’hui, chantant « donnez une chance à la paix », et des mers toujours non contaminées et des dauphins furtivement par le bas. A la fin un puzzle avec les drapeaux du monde entier et l’inscription : « Le pouvoir de la liberté, la beauté de la liberté, la sagesse de la liberté ».

Le comte de Saint-Germain, immortel et alchimiste ?

De notre confrère italien curiosauro.it

Ses contemporains ont défini le comte de Saint-Germain de mille manières différentes. Certains le considéraient comme un magicien très puissant , d’autres comme un politicien habile ou un alchimiste qualifié ; pour certains témoins directs, Saint-Germain était une sorte d’ hypnotiseur , pour d’autres un simple aventurier rusé. Il y avait ceux qui prétendaient qu’il était un homme instruit dans de nombreuses sciences et arts : un nouvel Aristote. Et en France on le croyait vraiment un être supérieur capable de percer le secret de l’immortalité !

Le comte de Saint-Germain, un occulte œuvrier devenu une légende

Notre comte est l’un des personnages les plus mystérieux et dont on parle le plus dans l’histoire moderne. On ne connaît même pas son vrai nom et son vrai parcours. Le comte de Saint-Germain est probablement né vers 1700. Mais par qui ? Et où ? Peut-être était-il un Juif portugais ou un Gitan. Selon d’autres sources, il aurait pu être un fils de la veuve de Charles II d’Espagne, c’est-à-dire de Maria Anna de Neuburg.

Ce que l’on sait, c’est qu’il se faisait appeler comte et qu’en quelques années il a réussi à conquérir la moitié de l’Europe avec son charisme. Il s’est professé un magicien et un alchimiste. On disait qu’il était capable de prévoir l’avenir et de transformer le fer et le plomb en or. C’était sans aucun doute un homme sûr de lui, charmant et versé dans les questions scientifiques et littéraires. Il a utilisé cette culture pour impressionner ses contemporains. Il est possible qu’il ait pratiqué une forme primitive d’hypnose pour séduire ses interlocuteurs.

Le comte de Saint-Germain affirmait également pouvoir guérir n’importe quelle maladie et avoir découvert le secret de l’immortalité. Il a soumis de nombreux nobles à des séances de magie au cours desquelles il a juré qu’il pourrait prolonger leur vie.

Mythe et vérité

Le roi de France Louis XV (wikipedia) –uriosauro.it

L’histoire nous dit que le comte avait accumulé de grandes richesses, mais nous ne comprenons pas et ne justifions pas l’origine. Il a probablement réussi à séduire les nobles et les dirigeants de toute l’Europe et à vendre ses services magiques à un prix très élevé. Cependant, son activité de magicien l’oblige à changer souvent de nation et d’identité. Cela nous amène à supposer que ses clients, mécontents de sa performance secrète, étaient après lui. Et pour cette raison le comte changeait de nom et d’air presque chaque année !

Vers 1748, il rejoint la cour de Louis XV. Grâce à son charme et à son activité d’alchimiste, il obtint en un mois un grand crédit auprès de tous les personnages les plus influents de la noblesse. On dit qu’il devint proche de la Pompadour et du roi lui-même. Il semble que Louis XV lui ait confié plusieurs missions secrètes. En 1760, cependant, il est chassé de Versailles. Pourquoi ? Il semble que le comte avait participé à une intrigue, s’alliant avec des nobles prussiens, et qu’il avait mécontenté le clergé par ses expériences alchimiques trop extrêmes…

Le comte de Saint-Germain, gravure de Nicolas Thomas de 1783, d’après une peinture perdue appartenant à la marquise d’Urfé, conservé au Louvre

En 1762, il arrive à Saint-Pétersbourg où il devient immédiatement ami avec Orlov. Et il semble qu’il ait participé au complot qui a amené Catherine II sur le trône. Quelques mois plus tard, il s’installe en Allemagne, où il devient le protégé du landgrave Charles de Hesse. En fait, Charles était passionné par les sciences occultes. Dans cette ville, le comte a établi une société secrète qui est rapidement devenue très redoutée dans toute l’Europe centrale.

Notre comte était-il un Grand Maître de la Franc-Maçonnerie ? Il est très probable. A-t-il aussi été le professeur de Cagliostro ? C’est aussi possible… Connaissait-il vraiment le secret de l’immortalité ? C’est moins probable. Mais pendant de nombreuses décennies, après l’annonce de sa mort, certains Français ont juré l’avoir vu flâner à Versailles !

Notre Frère Peter Bu est passé à l’Orient Éternel

Né le 26 mai 1940 à Bratislava, capitale de la Tchécoslovaquie – à l’époque – Peter Bu était un théoricien de mime et d’autres formes théâtrales. Marié et père de deux enfants, Peter Bu, ancien directeur du festival Mimos https://bit.ly/3unMSKI auquel il donne une véritable dimension internationale, était un franc-maçon connu de tous.

Dans son édition du 7 courant Sud-Ouest, quotidien régional français, lui rend un vibrant hommage.

Sa vie

Réfugié en France en 1968, la Tchécoslovaquie le condamne par contumace à deux années de prison pour le « non-retour de l’étranger ». Il obtient la nationalité française en 1975.

La maçonnerie

La franc-maçonnerie est interdite en Tchécoslovaquie de 1938 à 1945 puis de nouveau après le coup d’État communiste de 1948. À compter de 1989, le GODF travaille à la reconstruction de la franc-maçonnerie dans les pays de l’Europe centrale et orientale. C’est en 1993 et à la demande de Jacques Oréfice, dignitaire du GODF, que notre Frère Peter participe à la réintroduction de la franc-maçonnerie en Slovaquie et fait partie des fondateurs de la loge « Humanizmus ».

Peter Bu, signataire de l’appel de Bratislava pour réunir tous les francs-maçons

Les fondateurs de la franc-maçonnerie moderne faisaient partie des esprits les plus éclairés de leur temps. Ils ont compris que l’humanité entrait dans une nouvelle période d’évolution à l’échelle planétaire.

Pour faciliter ce passage, ils ont élaboré des outils initiatiques permettant d’aborder avec respect toutes les civilisations passées et présentes, dans le but :

d’accepter la diversité des hommes et des cultures ;

de s’en inspirer ;

de développer l’homme et l’humanité dans l’esprit d’une fraternité universelle.

Cette évolution n’est pas terminée. La franc-maçonnerie est toujours d’actualité. En sommes-nous suffisamment conscients ? Sommes-nous dignes de cet héritage ?

Les Francs-Maçons peuvent-ils perpétuer leurs divisons à l’époque de la « globalisation », alors que même les églises ont cessé de s’excommunier mutuellement ?

En savoir plus https://call-of-bratislava.com/fr/appel.html

Aussi, nous votons pour la création d’une Confédération Mondiale des Obédiences Maçonniques, libres, indépendantes, égales en droit et fraternelles

Articles, ouvrages et pièces de théâtre…

C’est surtout par son blog « Le Club de Médiapart-Participez au débat » que nombre de Sœurs et Frères le connaissaient https://bit.ly/35R20GK

Ses deux ouvrages « Pensées agaçantes (?) sur les femmes – et les hommes » (Amazon, 11/2021), « Rien que les meilleures blagues » (16 petits recueils thématiques publiés au format informatique, Kindle, 2019) et

« Les francs-maçons arrêtés au milieu du gué », préface Alain de Keghel du GODF, postface Hervé Marc de la GLNF (Éditions des Champs-Elysées – Deauville, 2020) – lire notre article https://bit.ly/3Jgsm2E – ont rencontré un succès plus que d’estime.

Côté théâtre, nous lui devons « Toutes ces âneries sur les femmes », en collaboration avec Benoît Vitse, spécialiste des Arts vivants, disponible en français et en slovaque

Gémissons, Gémissons, Gémissons… Mais Espérons !

Gare à la Hache !

Dans les « Rites et grades d’ailleurs et d’autrefois », le grade de Fendeur avait sa place si l’initié avait précédemment acquis le sens de la maîtrise autant que la concentration indispensable à l’accomplissement du geste juste et décisif… Mais rien n’est jamais acquis dans la nature !

Sur ce point spécifique de l’Art Royal pratiqué en forêt, de doctes chercheurs en maçonnerie, nous ont précédemment éclairés sur le rite forestier et sur la force des maîtres Fendeurs. Est-ce qu’à la lecture de cet article « bien bûché », puisque « la forêt est un vivier inépuisable de symboles sur lesquels s’appuie la maçonnerie du bois », des cœurs vaillants – maintenant le printemps revenu – auraient-ils l’envie de prendre la hache en allant randonner dans les bois voisins ?

Aujourd’hui l’arme, conseillée par les vieux campeurs, est devenue d’un matériau léger, mais efficace. Elle est étonnement articulable (pour ne pas dire pliable) et logeable dans son havresac, dans la poche arrière, le manche dépassant en haut du sac, ainsi facile à saisir d’une main ferme et résolue !

Loin de nous le dessein d’éteindre ce désir de démonstration de force soutenant le noble geste du Fendeur ! Cependant bien connaître les mythes et légendes en s’avançant sous les frondaisons boisées devrait convier à quelque prudence… Ainsi avant de frapper de la lame tranchante un magnifique tronc de bois s’élançant vers le ciel azuré en retenant un instant le bras en l’air, il y aurait lieu de réfléchir avant d’agir et se souvenir notamment de ce joli mythe des Amérindiens du nord de l’Amérique du Sud :

« Au milieu de la forêt, il y avait un arbre colossal (souvent le premier arbre), un arbre merveilleux qui fournissait toutes les sortes de fruits. Curiosité exceptionnelle : au centre de l’arbre, chacun pouvait apercevoir de multiples poissons nageant dans un liquide. Pour obtenir ces poissons, un homme, envieux ou désirant, entreprend de couper l’arbre à la hache. Ô sacrilège ! À la première coupure de l’écorce, l’arbre gémit et lorsque l’arbre s’effondre, il laissa échapper une quantité invraisemblable d’eau… Et tous furent noyés ! »

La vertu opérative peut donc avoir une issue fatale pour ceux qui regardent mal la beauté de la Forêt !

Sur cela nous ne manquons pas de preuves comme… cette fresque éloquente située à l’église St Marc à Venise partagée au début de cet article !

ITALIE : Il y a un temps pour semer et un temps pour récolter

De notre confrère italien www.expartibus.it – Par Rosmunda Cristiano

Il y a un temps pour naître et un temps pour mourir, un temps pour planter et un temps pour déraciner les plantes.
La Sainte Bible Ancien Testament – Ecclésiaste, 3, 1-15

Cette citation faisait partie de mon éducation latomiste ainsi que celle de la plupart de ceux qui lisent ces lignes, au-delà de l’Obédience d’origine, étant un pilier du bon sens maçonnique qui nous a élevés. En elle se concentre un condensé de sagesse qui ne craint pas le passage du temps et les changements culturels, le vieillissement ou les nouvelles modes qui pourraient l’affecter. Du moins pas avant aujourd’hui.

En fait, dans cette citation biblique, un autre concept est sous-entendu, qu’entre la semence et la récolte, le temps nécessaire doit s’écouler pour compléter un chemin de croissance, de maturation, qui permet ensuite à l’homme de jouir des fruits de son travail.

Appliqué à la franc-maçonnerie, laissant ainsi son intention métaphorique d’origine, ce lien entre le temps, le processus de maturation, de croissance et de récolte, est ce qui se passe lorsque vous décidez de « frapper » à la porte du Temple.

Prendre le chemin initiatique, c’est se consacrer à une période de changements et de nouvelles opportunités, ainsi qu’aux graines qui donnent de nouvelles plantes.

Le jeune franc-maçon représente la graine à partir de laquelle, avec persévérance, ténacité et passion, une nouvelle plante va bientôt fleurir.

Plusieurs fois dans son parcours, même un « vieux » Frère ressentira le besoin de fertiliser son sol, de cultiver de nouvelles graines.

Je leur conseille de sortir leurs outils rituels : la lune des semailles ou semence prédit le nouveau départ. Aux jeunes, l’invitation à ne pas veiller à ce que la graine plantée manque d’eau, d’engrais, de lumière. Toutes les nouvelles entreprises, toutes les nouvelles œuvres qui naissent et qui renaissent seront plus fortes que les précédentes.

Le plus beau travail rituel que nous puissions faire est le renouveau, car « semer » quelque chose qui peut s’épanouir et se revigorer dans l’avenir est aussi stimulant que pour le vieux franc-maçon, « et pour les jeunes. En parlant de jeunesse ou de vieillesse, je fais évidemment référence à la durée du séjour dans l’institution, certainement pas à l’âge.

L’importance réside dans la manière dont nous décidons de commencer ces semailles : nous commençons donc par nous libérer de tout ce qui est passé : à commencer par les relations qui ne nous font plus de bien. Débarrassez-vous des mauvais souvenirs, fermez ce qui doit l’être et accueillez ce que le voyage initiatique pourra à nouveau vous offrir !

Faisons place à la transformation dans nos vies !

Quand au fil des années on m’a demandé ce qui m’a poussé à entreprendre le chemin initiatique, je réponds ainsi : il y en a qui s’endorment sur les coulisses de la vie « éveillée » ordinaire tandis que d’autres, les francs-maçons, comme envahis par une envie qui ne peuvent pas trouver la paix, ils consacrent leur existence à la recherche et à l’expérimentation de ce qui a été dit jusqu’à présent sur eux-mêmes.

Si la loi cosmique écrite dans la Table d’émeraude d’Hermès Trimégiste est vraie :

Il est certainement vrai voire très vrai, sans fausseté que ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour accomplir le miracle de l’unité reine.

Nous sommes tous des graines potentielles, tout le monde peut devenir des francs-maçons, qui se développent, grandissent et meurent. Mais il est aussi vrai que toutes les graines semées ne naissent pas alors et que tous les maçons initiés continuent leur chemin.

Qui détermine quelle semence, franc-maçon, doit naître et se développer et laquelle, en revanche, est destinée à pourrir en dormant éternellement sous la terre ?

C’est sûr que personne ne le sait !

Certes, il y a la force de la Volonté consciente qui nous accompagnera tout au long de notre cheminement.

Nous, en tant qu’hommes, sommes la nature et rien d’autre d’elle. Maintenir notre lien avec son temps, c’est revenir à nous-mêmes, renouer avec ce que nous sommes devenus.

Sinon, nous serons des plantes destinées à ne pas reproduire celles destinées à une seule floraison, celles qui ne laissent aucune sorte de mémoire.

Georges Sérignac, Grand Maître du GODF : « Nous arrivons aux limites d’une société de consommation »

De notre confère destimed.fr – Par Michel CAIRE

Le Site-mémorial du Camp des Milles vient de recevoir le Grand Orient de France. A cette occasion il a notamment été question de la démocratie au défi de l’autoritarisme, mais aussi de la laïcité au cœur de la République. Georges Sérignac, Grand Maître du Grand Orient de France revient sur l’objet de cette opération, évoque la présidentielle, s’inquiète de la crise du politique en France.

Destimed : Vous venez de passer deux jours au Camp des Milles, situé entre Marseille et Aix-en-Provence, dans quel cadre s’inscrit cette initiative ?
Georges Sérignac : Il importe d’abord de dire qu’une telle rencontre n’a rien d’exceptionnel. Tous les week-ends, à l’invitation de loges, je vais à la rencontre de nos concitoyens. Ma venue aux Milles résulte d’une initiative des Loges de la région, lancée voilà de longs mois. Nous ne savions pas alors que nous serions à une semaine du premier tour de la présidentielle. C’est un télescopage car, pour notre part, nous travaillons sur le temps long. Mais force est de constater que cet échange est arrivé à un moment étrange de la campagne.

Avant d’évoquer ce point venons-en à la question de la laïcité qui a été l’un des thèmes forts abordés lors de ces rencontres ?
En effet, c’est important de rappeler les fondamentaux alors que l’on constate que certains ont dépassé le détournement de la laïcité pour en être à la xénophobie et au rejet de l’Autre au prétexte de son origine, sa religion. il y a une banalisation du rejet de l’Autre dans notre société.

En ce qui concerne le contexte politique, quel regard portez-vous sur cette campagne ?
On a l’impression que les gens n’y croient pas. On assiste à un désintérêt de la chose publique. Et nous craignons que, quel que soit le résultat, si l’abstention est très forte le pouvoir élu ne soit affaibli. Il importe de mesurer à quel point nous sommes dans une société en tension. Et les politiques, quel que soit leur bord, n’appliquent pas ce pour quoi ils ont été élus.

Je pense que depuis le non-respect du référendum de 2005 sur le traité de Lisbonne il y a eu une perte de confiance de la population. Comme, de plus, nous voyons les inégalités s’accroître, les frustrations grandir… En fait, nous arrivons aux limites d’une société de consommation, d’accumulation des biens. Et la conjonction des fractures générationnelle, informatique, territoriale, traversent le pays, nourrissent ce désintérêt et un discours populiste à l’extrême droite, mais pas seulement. Et que dire de la promesse européenne ? Elle était formidable elle s’est transformée en bureaucratie. Et, ne nous y trompons pas, les gens sont conscients de tout.

Auriez-vous donc quelques propositions à soumettre pour le prochain mandat ?
Non. Nous ne sommes pas un parti politique. Nous travaillons sur le temps long, nous sommes un laboratoire d’idées, nous travaillons sur des sujets de société. Et quand on regarde l’Histoire je ne pense pas que cela ait eu un impact négatif. Regardez les avancées sociétale du 20e siècle, la bioéthique, les migrants, le revenu universel. Nous avançons d’une part des idées et, d’autre part, nous sommes des vigiles, des sentinelles qui rappelons les fondamentaux républicains.

Mais comment entendez-vous faire avancer votre réflexion, aussi riche soit-elle, dans la société ?
Encore une fois nous ne sommes pas un parti, un syndicat ou des activistes, mais nous avons 1 372 loges et 53 000 membres qui font, par capillarité, avancer des idées calmement, au sein de leur famille, de leur emploi, de leurs engagements… Et, pour que les choses soient tout à fait claires, il n’y aura pas de consignes de vote ou de positions partisanes. Notre ADN est la liberté de pensée, seule est interdite l’appartenance à une organisation prônant la haine, la xénophobie, le racisme.

Vous venez de passer deux jours au camp des Milles, dans quel état d’esprit êtes-vous au terme de ces rencontres ?
D’une part, comme toujours, je sors revigoré de mes rencontres, avec des gens motivés, enrichi des échanges, mais en même temps inquiet de la passivité générale. Cette dimension est encore plus prégnante lorsque l’on sort du camp des Milles qui nous montre que tout est possible… Mais nous avons confiance dans la force de la République, les valeurs de liberté, égalité et fraternité sont intégrées dans l’inconscient de nos concitoyens.

Guide & Compendium du Franc-Maçon

Bernard E. Jones – Traduction & adaptation Georges Lamoine, Gérard Icart

Cépaduès, Coll. de Midi, 2021, 400 pages, 30 €

Bernard E. Jones (1879-1965), éminent Franc-Maçon de la Grande Loge Unie d’Angleterre, était

membre de la Quatuor Coronati Lodge N° 2076, la plus ancienne des Loges de recherche au monde qui consacre ses travaux exclusivement à la maçonnologie. Connu pour sa rigueur, il reste une autorité largement reconnue ayant écrit sur l’histoire, les croyances et les symboles de la Franc-Maçonnerie régulière et de tradition. À titre d’exemple, son « The Freemasons’book of the Royal Arch » (George G. Harrap & Co. Ltd, London, 1957) est une publication de toute première importance dans la littérature maçonnique anglo-saxonne.

« Freemasons’ Guide and Compendium », en français « Guide & Compendium du Franc-Maçon », est publié pour la première fois en 1950. Véritable recueil rempli d’informations authentiques et détaillées sur une grande variété de sujets liés aux maçons et à la maçonnerie, il a été maintes fois réédité.

Cette dernière livraison des éditions Cépaduès est de très belle facture.

Traduit et adapté par Georges Lamoine, professeur émérite, qui avait déjà transcrit de Bernard E. Jones « L’Arche Royale des Francs-Maçons » (Aureus édition, 2018) – une édition critique et préface de Jean Solis, révisé par Harry Carr (OE) ; une façon aussi de bénéficier de sa sagesse et de ses connaissances – et Gérard Icart, maître d’œuvre de la collection « Transmettre l’Histoire » et Grand Chancelier de la Grande Loge Nationale Française, ce compendium couvre bien plus que trois siècles de Maçonnerie.

Mais qu’est-ce qu’un compendium ?

Le terme littéraire « compendium » tire son origine du latin médiéval compendium ou compenso (peser ensemble, équilibrer). Il signifie primitivement « l’argent qu’on amasse », puis « profit », par la suite une « économie de temps », un « raccourci » et finalement un « abrégé », un « résumé », « un condensé ». Le compendium est donc un écrit qui, le plus souvent, concerne, sous la forme d’une compilation, un corpus de connaissances. Ici, l’Art Royal.

Les six livres qui composent la colonne vertébrale du livre traitent tant des aspects historiques que symboliques. En Loge et même au-delà de la Loge nous conduisant à travers les arcanes de « L’Arche Royale, la Maçonnerie de Marque et les grades alliés ».

John Herron Lepper, P.G.D., bibliothécaire et conservateur de la Grand Loge Unie d’Angleterre, qui signe l’avant-propos, nous l’écrit : « Ce livre a pour but de rendre disponible sous la forme et un format commodes toutes ces avancées dans notre connaissance grâce aux historiens et aux chercheurs maçonniques de ces soixante dernières années […]. Cet ouvrage est unique en ce qu’il fournit au lecteur qui n’a guère le temps de lire beaucoup la substantifique moelle de ce que deux générations de recherches maçonniques ont accompli… »

Avant de s’intéresser à la Maçonnerie opérative, Bernard E. Jones nous donne un bref aperçu de la maçonnerie dite d’architecture vu par les Francs-Maçons – architecture orientale : Égypte, Palestine Grèce, Rome – ainsi que les débuts de l’architecture… puis de celle allant de l’Empire romain, y compris chrétienne au monde anglo-saxon.

Ensuite, c’est le statut du maçon opératif au Moyen Âge qu’analyse l’auteur avant de s’intéresser à celui du maçon itinérant tant en Angleterre qu’en France. Il y eut même un statut du maçon migrant, à la recherche d’embauche sur un chantier à travers l’Europe. Sont passées en revue les nombreuses guildes anglaises – fright guilds ; guilde de Knighten ou des chevaliers ; guildes des marchands et de smétiers – puis françaises à l’époque médiévale ainsi que le Compagnonnage.

La Compagnie des francs-maçons de Londres fait l’objet d’un chapitre tout particulier, analysant l’origine de cette fraternité dont nous trouvons trace bien avant 1376.

Ensuite, l’auteur abordent tout naturellement l’apparition de la maçonnerie spéculative et notamment son émergence la fin du XVIIe siècle et s’interroge même sur une origine éventuellement allemande.

Son Livre III met l’accent sur les Grandes Loges de 1717 à 1813 avec notamment la première Grande Loge en 1717.

Bernard E. Jones pose la question de savoir comment les grades maçonniques nous sont parvenus et combien il y en avait au début. Il décrypte ensuite la réception d’un candidat analysant point par point les différentes phases d’une cérémonie de réception, sans oublier celles des deuxième et troisième grades, ainsi que la légende hiramique. Puis l’auteur décrit ensuite une galerie de tableaux des saints des francs-maçons : les deux Saint-Jean, bien évidemment, mais aussi saint Thomas, sainte Barbara qui peut sembler surprenant, Saint George et les Quatre Martyrs Couronnés.

Quant à tout ce qui touche à la Loge – noms et numéros, constitution, orientation, autel, colonnes, grandes lumières et lumières secondaires, etc. – et les différents Offices, Bernard E. Jones les examine très minutieusement. Nous retiendrons plus particulièrement son explication de la louve du tailleur de pierre, instrument utilisé pour soulever et abaisser les blocs de pierre au cours de la construction.

L’ouvrage s’achève sur une étude des side degrees, car en Angleterre – on ne parle pas de hauts grades – il existe bien sûr des systèmes maçonniques « beyond the Craft » (au-delà du Métier).

Ce livre est d’une grande richesse et deviendra vite votre compagnon de tous les jours.

Nous ne saurions trop le recommander à votre attention car vous ne pourrez guère vous poser de questions dont il ne contienne la solution. Il s’agit bien là, reprenant une des significations possibles du terme compendium, d’un ouvrage rédigé pour notre plus grand profit.

Où sont les francs-maçonnes ?

Ecoutez l’émission : Où sont les franc-maçonnes ? (franceculture.fr)

L’émission de France Culture « sans oser le demander » recevait le mardi 29 mars 2022, Cécile REVAUGER*, Professeure émérite des Universités, agrégée d’anglais, docteur de IIIe cycle et docteur d’État, elle est l’auteure d’une thèse sur « La franc-maçonnerie en Grande–Bretagne et aux États-Unis au XVII e siècle : 1717-1813 », soutenue à l’Université de Bordeaux III en 1987.

Franc-maçonne du Grand Orient de France, première femme membre du Vème ordre du Grand Chapitre Général du rite français du Grand Orient de France.

Auteure de nombreux ouvrages, dont « La longue marche des franc maçonnes« , France, Grande-Bretagne, États-Unis, Paris, Dervy, 2018, 260 p. (ISBN 979-10-242-0248-8). Elle vient de publier tout dernièrement toujours aux éditions DERVY « que faire … en loge ?« 

L’accès des femmes à la franc-maçonnerie a demandé de nombreux efforts à celles qui ont voulu y participer et à ceux qui se sont engagés derrière elles. En reparcourant cette histoire, c’est celle du mouvement de pensée dans son entièreté qui se dessine en filigrane.

Au XXe siècle, la franc-maçonnerie a participé activement aux travaux qui ont permis l’adoption du droit de vote pour les femmes en 1944, ou la légalisation de l’IVG en 1975. On pourrait dès lors s’attendre à ce que l’organisation se soit montrée à l’avant-garde des combats féministes à l’intérieur même de ses structures, notamment dans son inclusivité à l’égard des femmes.

L’histoire de la franc-maçonnerie démontre que la réalité est moins nette que cela.

Les Personnes admises comme membres d’une Loge doivent être des Hommes bons et loyaux, nés libres, ayant l’Âge de la maturité d’esprit et de la Prudence, ni Serfs ni femmes ni Hommes immoraux ou scandaleux, mais de bonne réputation.

Bien qu’il soit objectivement caduque puisque de nombreuses loges admettent désormais des femmes dans leurs rangs, ce passage tiré des Constitutions d’Anderson (texte de 1723 fondateur de la franc-maçonnerie moderne) révèle les difficultés et les résistances auxquelles ont fait face les femmes souhaitant participer à la franc-maçonnerie. Dans sa structuration originelle, la franc-maçonnerie est une affaire d’hommes et les femmes n’y sont pas admises : ce n’est que par décloisonnements successifs que les femmes pourront progressivement participer aux travaux de la maçonnerie.

Même si les premières révisions à cette exclusion systématique interviennent dès le courant du XVIIIe siècle avec la création de loges mixtes spécifiques, dites « d’Adoption », destinées à admettre la présence des femmes dans l’organisation, la situation actuelle est encore largement tributaire de cette asymétrie première : malgré la multiplication des loges mixtes et la création en 1952 d’une obédience exclusivement féminine (la Grande Loge Féminine de France), elles représenteraient aujourd’hui seulement 25% des effectifs de la franc-maçonnerie française, et moins encore à l’échelle mondiale.

*Cécile Révauger — Wikipédia (wikipedia.org)

A quoi peuvent bien servir les passés Vénérables Maîtres ?

0

Patrice Brochon a dirigé la communication d’une Ville préfecture, puis d’un Centre Hospitalier de plus de 2300 professionnels. Comme franc-maçon, Il été initié au Grand Orient De France, il y a plus de 35 ans. Membre de la Grande Loge De France, il pratique depuis de nombreuses années le Rite Écossais Ancien et Accepté, tant en Loge bleue que dans les Hauts Grades.

À quoi peuvent bien servir d’anciens Vénérables Maîtres dans une loge ? Cette question peut sembler incongrue, presque déplacée.

Ne cherchez pas le Conseil des passés Vénérables Maîtres, vous ne le trouverez pas dans les obédiences maçonniques françaises. Vous n’en trouverez pas non plus trace dans leurs Constitutions. Et pas non plus dans leurs règlements généraux ! Vous pourriez également partir à la recherche de ce grand inconnu sous une autre dénomination : réunion des passés Vénérables Maîtres, ou club, cercle, groupe, cénacle, assemblée ou comité… Il semblerait que rien de tout cela ne corresponde de près ou de loin à une réalité identifiable.

Cet ouvrage va pourtant éclaircir une énigme que des milliers de Francs Maçons – vénérables ou pas- se sont posées. Ces réponses aboutiraient-elles à l’écriture d’une 

charte des obligations des passés Vénérables Maîtres ?  les éclairages   de Patrice Brochon  constituent des pistes indispensables pour tous lecteurs.

19/04/22 – GODF – Conférence publique – Invitée : Julia Cagé

La loge TÉTHYS et les loges l’Effort 83, Emmanuel Arago – Vérité Prime Tout, Harmonie et Montmorency-Luxembourg, vous invitent à une Conférence publique

Mardi 19 avril 2022 à 20 heures,
Temple 1 – Arthur Groussier
Grand Orient de France
16 rue Cadet 75009 Paris

Métro ligne 7 Cadet ou ligne 8 Grands Boulevards

au cours de laquelle Julia Cagé, Économiste traitera du thème :
Lobbies, médias, philanthropie : comment l’argent privé capture-t-il nos démocraties ?


Inscription obligatoire sur : https://conference.rltethys.org

Julia Cagé, née le 17 février 1984 à Metz (Moselle), est une économiste française, spécialiste d’économie politique et d’histoire économique. Publiquement engagée à gauche, elle travaille en particulier sur l’économie des médias et le financement de la démocratie.