Un Apprenti de la Loge vient de recevoir un courrier de l’administration fiscale qui lui réclame un rappel de 5000 €. Il vérifie ses comptes bancaires, c’est le retour des vacances. Il ne lui reste que 2500 €. Ni une, ni deux, il ouvre l’annuaire des Frères et Sœurs de sa Loge et commence à appeler son jumeau d’Initiation.
– « Mon très cher Frère, j’ai un service personnel à te demander… ». Il expose son besoin. Malheureusement, son jumeau vient de réparer son véhicule et ne peut absolument rien faire pour lui. Il est raide comme un passe-lacet. Il décroche son téléphone à nouveau et appelle une autre Sœur Apprentie.
– « Ma très chère Sœur, j’ai un service personnel à te demander… ». Même argumentaire, même réponse de sa Sœur. Celle-ci vient de faire des travaux dans sa maison…
Il appelle alors un troisième, une quatrième… un quinzième… même réponse de tous les membres de la Loge. Même le Frère Hospitalier a une excellente excuse pour refuser.
Il se décide alors à appeler sa Vénérable Maître afin de prendre rendez-vous avec elle. Cette dernière le reçoit aussitôt. Il expose son besoin et sans dire un mot, elle quitte la pièce, avant de revenir cinq minutes plus tard avec un chèque de 2500 € à l’ordre de son jeune Frère Apprenti. Elle lui remet très humblement et lui témoigne son bonheur de pouvoir l’aider en ce moment si difficile pour lui.
Il est très ému par la générosité et surtout par l’attitude de sa Vénérable. Il prend le chèque, la remercie fraternellement et s’adresse à elle.
– « Ecoute ma Vénérable Sœur, j’aimerais te poser une question qui me taraude. »
– « Oui, mon Frère, je t’écoute ».
– « Voila, j’ai appelé un par un, tous les Frères et Sœurs de la Loge. Je sais que certains parmi eux n’ont aucun souci financier, pourtant, personne à part toi, ne m’a aidé. Nous sommes en maçonnerie. Que dois-je comprendre à cette indifférence générale ? ».
Elle le prend par l’épaule et le conduit vers la fenêtre. Ensuite, elle lui demande de décrire la scène qu’il voit au travers. Sans chercher à comprendre, il s’exécute et répond :
– « Je vois un vieux Monsieur qui marche, un couple qui s’embrasse sur le banc, le chien qui joue avec un morceau de bâton, deux enfants qui s’amusent avec une balle… ».
La Vénérable le conduit maintenant devant le miroir de son salon. Elle lui demande :
– « Et maintenant mon Frère, décris-moi ce que tu vois. »
L’Apprenti est un peu surpris, il répond :
– « Moi ! Je ne vois que moi ».
Aussitôt, la Vénérable reprend :
– « Justement mon Frère, la leçon est là ! Lorsque tu regardes au travers d’une vitre transparente, tu vois plein de choses diverses et variées de la vie. Mais si tu traites cette vitre avec une simple pellicule d’argent à l’arrière, elle devient un miroir. Ensuite, à cause de l’argent, tu ne vois plus que toi. Tu as ta réponse mon Frère. Bonne journée et merci d’être passé me rendre visite. ».
Dieu Le Père, dans ce monde nouveau qu’il avait dégagé en quelques jours du ciel et de la terre, chargea Adam, sa créature, de prendre en charge l’identification des espèces vivantes, de les nommer, de les classer. Suite à cet acte de désignation, une relation verticale s’est instituée et a imposé une norme supérieure aux statuts inférieurs…
Tant qu’Adam n’avait pas donné de nom, prétendent certains, les animaux que le Seigneur avait créés à partir de la terre nouvelle n’existaient pas ! Puissance du verbe asservissant le réel ? Retour du refoulé ? Ou du bien mal nommé ? On raconte qu’une femme (sans doute Ève, la compagne d’Adam) entreprit de défaire les actes de son compagnon. Il est vrai qu’Adam ne l’avait pas consultée dans l’entreprise de reconnaissance. (Sur ce point nous sommes toujours légitimés à inquiéter les doctes religieux barbus pour connaître la raison d’une telle mise à l’écart d’Ève alors que ce premier couple vivait dans le même jardin et qu’elle représentait déjà la moitié de l’humanité ?)
En tout cas Ève, indignée, persuada tous les animaux d’abandonner les noms qui leur avaient été attribués… Une fois les animaux dénommés, elle sentit bien la différence : un mur tombé, un espace rétréci entre les animaux et, en son cœur, cette allégresse prodigieuse d’une égalité inédite découverte à leur égard avec le sentiment d’être dans une communauté fraternelle.
Tous les anthropologues et ethnologues le savent : sans nom pour les séparer, il n’est plus possible de distinguer le chasseur du chassé, le poisson du pêcheur, le mangeur de la nourriture…
Dans l’anonymat le face-à-face avec le réel est rude, mais il donne toute sa chance à l’expérience initiatique (fût-elle éprouvante à vivre) !
L’étape d’après, inévitable, fut la restitution de son nom par Ève. Elle le rendit sans ambages à Adam, puis le quitta et rejoignit les autres qui, en acceptant de n’être plus nommés, s’étaient affranchis de l’autorité du premier des hommes et apprivoisaient maintenant de nouvelles relations entre eux…
(« Enfin ! » commenteraient vraisemblablement les philosophes de notre monde fatigué : il advenait quelque chose de neuf grâce à des êtres impliqués !)
Pour Ève, en revanche, les choses furent plus conséquentes : son acte définitif entraînait un autre renoncement, celui du langage qu’elle partageait jusqu’ici avec Adam. Mais, fi ! Elle lui déclara que, l’une des raisons pour lesquelles elle faisait cela, était que ce langage-là ne les menait nulle part, en tout cas nullement sur un chemin balisé ensemble…
D’où son impérieux désir à elle d’ouvrir les portes d’une prison d’opinions imposées, de préjugés tyranniques, d’un doute désagréable sur l’existence même de son âme…. Un bon vent serait salvateur !
Les joies de sa parole et de sa sensibilité lui faisaient pressentir qu’elle pouvait à côté d’Adam faire émerger une formidable solidarité voire tracer un meilleur avenir… Adam ébranlé par la vigueur d’un tel discours proposa un pacte équitable. A Eve de féminiser les noms de certaines espèces tels : la libellule, la caille, la licorne, l’agnelle, la tourterelle… A Adam de masculiniser les noms de certaines espèces jugées féroces : le lion, l’ours, le loup, le crocodile, ou simplement domestiques comme l’âne, le cochon, le bélier, le taureau… Cependant il arrivait à Adam de blêmir devant des critères classificatoires complexes qu’Ève retenait dans sa passion de reconnaissance : ne parlait-elle pas de mixité, parité, sororité, gémellité… ? Il se sentait un peu perdu mais les arguments de sa belle l’interpellaient sans le désintéresser. Même si cela l’obligeait à soumettre à la discussion des structures normatives et les rendait négociables, il en convenait : il n’avait délivré jusqu’ici qu’un brouillon et se devait de dépasser cette contrariété intime !
Adam était une bonne pâte d’homme et aussi homme lucide : il présumait que si de nouvelles approches se révélaient plausibles, le premier sillon tracé, malheureusement profondément, allait demander bien du temps pour être rectifié ! Effectivement depuis ce temps très ancien, les filles d’Ève sont dans cette histoire en continu : réaliser l’autonomie, conquérir des droits, s’engager auprès des opprimés, des mal nommés, des invisibles, faire admettre dignité et qualités … Surtout : éclairer le pôle masculin et le pôle féminin, pour que cette terre-monde soit rendue plus habitable pour tous les êtres vivants !
« Il n’est nullement besoin d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer »
Référence : L’anecdote initiale de la contestation d’Eve lors de la création est empruntée à l’écrivaine américaine de science-fiction et de fantasy : Ursula Kroeber Le Guin. (1929/2018).
Aujourd’hui, beaucoup parlent de Laïcité surtout en période électorale, en la dévoyant, en s’en servant, pour exclure alors que justement, elle rejette l’exclusion des autres pour leur croyance notamment.
Le Grand Orient de France, s’inscrit dans la célèbre loi de 1905 qui a aucun moment du reste n’utilise le mot laïcité et surtout son fameux titre premier qui est le suivant:
Titre 1er : Principes
Art. 1. – La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci- après dans l’intérêt de l’ordre public.
Art. 2.- La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l’État, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l’exercice des cultes. Pourront toutefois être inscrites aux dits budgets les dépenses relatives à des services d’aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons. Les établissements publics du culte sont supprimés, sous réserve des dispositions énoncées à l’article 3.[…]
c’est donc en présence du Grand Maitre que s’organisera cette conférence sur un des piliers fondamentaux de notre République Indivisible
Il paraît que certains rites maçonniques sont hermétiques. Il en résulte que bien des francs-maçons s’intéressent à l’alchimie comme illustration de l’hermétisme. Il est vrai que les alchimistes appellent « art d’Hermès » leur initiation.
L’initiation alchimique est un recueil d’extraits de traités d’alchimie. Ces extraits sont disposés dans un ordre qui part du plus général au plan doctrinal et va jusqu’au plus concret au plan technique. Cette construction de l’ouvrage met le lecteur « dans le coup » pour lui permettre de comprendre les traités d’alchimie.
Le lecteur fera lui-même l’expérience de sa compréhension, grâce à la Table d’Émeraude, texte hermétique par lequel débute L’initiation alchimique et qui sert littéralement de pierre de touche spirituelle. Il pourra vérifier par sa propre expérience qu’il comprend de mieux en mieux la pensée hermétique des alchimistes et donc les livres qu’ils nous ont laissés.
Après avoir lu L’initiation alchimique, chacun lira les traités classiques de l’art d’Hermès à livre ouvert.
En plus de la clé de la voie sèche de Fulcanelli, l’auteur de L’initiation alchimique expose les données techniques de la voie sèche classique et de la principale voie humide. Il conclut par une série de citations qui résolvent enfin le mystère de la réincrudation, si souvent évoqué dans la littérature alchimique.
La petite bibliographie qui termine L’initiation alchimique, fera gagner un temps considérable aux chercheurs qui voudront aller plus loin.
Biographie de l’auteur
Jules Mérias, sous son nom de plume, nous a déjà donné plusieurs livres dont notamment, coécrit avec Laurent Philippe « Études alchimiques – Quatre traités d’Alchimie expliqués par la chimie de leur temps » (Gutenberg Reprint, 2018) où l’on trouvera dans ce précieux et pédagogique ouvrage un exposé en clair des opérations en laboratoire, sans compter sur son « Les trois secrets des francs-maçons – Techniques de transformation dans la tradition maçonnique » (DERVY, 2016) où il nos dévoile les buts de la franc-maçonnerie qui ne sont d’ordre ni productif ni quantitatif, mais moral et spirituel, une organisation qui se différencie donc bien du reste de la société humaine ou encor avec « La voie du franc-maçon – Techniques initiatiques pour la Franc-Maçonnerie spéculative » (DERVY, 2003) où il nous révèle que, dans toutes les traditions, les initiations comportent des méthodes destinées à provoquer la progression de l’initiation virtuelle vers l’initiation effective.
[NDLR : Jules Mérias nous avait offert, en 2020, et déjà aux Éditions de l’Art Royal, son « Qu’est-ce que la Franc-Maçonnerie ? – Doctrine, techniques, espérance » que nous vous avions présenté, ici-même, le 15 février dernier https://bit.ly/3uRrVXx.
Avant son avertissement constatant que les amoureux de science sont souvent confrontés aux difficultés de lecture des traités d’alchimie et qui cherchent un guide pour trouver leur chemin dans le labyrinthe de la bibliothèque hermétique, l’auteur nous donne une définition de l’athanor, qui étymologiquement signifie « privé de mort », tirée du « Dictionnaire Mytho-Hermétique » de Dom Pernetty. Puis c’est avec une lecture, proposée en latin et en français, de la « Table d’émeraude » (Tabula Smaragdina en latin), un des textes les plus célèbres de la littérature alchimique et hermétique, que nous franchissons le pas pour entrer dans ce que nous propose l’auteur, c’est-à-dire une initiation alchimique.
Jules Mérias nous conte alors diverses expériences – cinq au total – de transmutation dont la plus célèbre, à ses yeux, est certainement celle que réalisa le médecin et chimiste bruxellois Jean-Baptiste Van Helmont (1579-1644), qui aurait vu la Pierre philosophale à plusieurs reprises.
L’alchimie est bien évidemment une voie spirituelle, illustrée pleinement par la citation de Jean d’Espagnet qui écrit, en 1623, « Le commencement de cette Science divine, c’est la crainte et le respect de Dieu ; sa fin, c’est la charité et l’amour du prochain ». L’auteur note aussi que la prière seule est insuffisante mais elle précède l’action voire l’accompagne. Après en quelque sorte cette prière d’ouverture l’auteur s’attaque au symbolisme alchimique il nous fait comprendre que dans les textes, qu’il cite abondamment, beaucoup de choses se cachent et s’enveloppent de parole allégorique. Bien sûr c’est que cette science doit rester cachée au regard des profanes…
Symboles alchimiques
Jules Mérias nous donne une lecture claire et limpide de ce que sont le Sel, symbole de la sagesse et qui exprime une influence d’équilibrage sur les éléments, le feu secret – le plus gardé des secrets en Alchimie – et la matière première. Il nous décrit aussi le plus simplement du monde l’œuvre au noir et nous donne des aperçus sur la voie sèche et la voie humide. Il s’agit bien là d’un B.a.-ba sur l’alchimie pour une meilleure compréhension de cet art sacré dénommé aussi Grand Œuvre encore à Art Royal. Cet ouvrage, offrant une lecture très intéressante pour qui veut entrer en alchimie, se veut « Uni Vert Sel ».]
Nous parlons souvent de la période des Lumières en maçonnerie.
Les philosophes de cette époque se sont lourdement trompés (certes un philosophe n’est pas devin !) en pensant que le progrès matériel apporterait le progrès moral.
Depuis les Lumières, il y a eu des grandes inventions et innovations (santé, transports, confort, informatique) et…. une suite épouvantable de génocides (des arméniens, juifs, tutsis, entre autres)
Entre 1939 et 1945, avec les horreurs du nazisme dont les déportations, ont surgi l’exode, l’Occupation, les bombardements, les privations, Oradour sur Glane…
Aujourd’hui – coup de tonnerre dans un ciel serein – les abominations recommencent : en 2022, les populations fuient en voiture, alors qu’elles fuyaient à pied en 1940 (le progrès matériel !)
Les civils sont abattus dans les rues en Ukraine.
Aucun changement : Il n’est pas de dictateur qui ne trouve immédiatement « à sa botte » des complices, une armée, un peuple soumis!
L’Homme n’est pas un être « fini ». Son cerveau est inachevé !
La toiture du Temple est encore à poser!
Restons groupés, pensons et agissons ensemble, à notre mesure.
« Tu veux un monde meilleur, plus fraternel ?
Eh bien, commence à le faire :
fais-le en toi et autour de toi, fais-le avec ceux qui le veulent.
Fais-le en petit et il grandira. »
(Citation de Carl G. Jung – attribuée également à Lanza del Vasto)
Le 2 avril 2022 s’est déroulé le Convent de la Grande Loge Indépendante de France (glif.fr) au Temple de Neuilly/Bineau à Paris. À cette occasion, les Membres de la GLIF ont élu leur nouveau Grand-Maître Robert Mouriez, succédant ainsi à Jean-Marie FAUGERE.
Une centaine de Frères étaient présents, dont les visites des dignitaires des obédiences tel que La Grande Loge des Maçons Libres, La Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française, Le Grand Prieuré des Gaules ou encore La Saint-Arche Royale de Jérusalem.
Le Grand-Maître à profité de cette occasion pour mettre en avant ses principes intangibles de notre obédience que sont le respect scrupuleux des critères exigés par la Franc-maçonnerie internationale pour être reconnus comme membre de la chaîne maçonnique universelle : croyance en Dieu, sans exigence de dénomination, Loges exclusivement masculines, interdiction de discussions politiques ou religieuses, présence en Loge ouverte des symboles du Métier de Maçon, comme lien avec les confréries du moyen-âge et un cadre maçonnique qui rassemble les conditions indispensables d’une société initiatique régulière.
Ces valeurs sont le respect mutuel entre ses membres, la séparation du matériel (gestion des ressources) et du spirituel (transmission de la Tradition symbolique des cérémonies et rituels des bâtisseurs), l’authenticité des pratiques, us et coutumes dans ses Loges, la pratique rigoureuse des rituels comme le moyen traditionnel dans la Franc-maçonnerie universelle de réalisation spirituelle individuelle, sur le mode d’un chantier collectif et le rejet de toute sollicitation à caractère « business », « fraternelles », réseau ou sectaire. www.glif.fr
Le samedi 2 avril dernier, à ZAGREB, Catherine LYAUTEY, la Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France, entourée d’une délégation du Conseil Fédéral a incorporé la première Loge Féminine de Croatie : UZORITA !
Marc Halévy, membre de la Grande Loge Régulière de Belgique
Marc Halévy est un physicien et philosophe français né à Bruxelles, spécialisé dans les sciences de la complexité. Il a également publié de nombreux ouvrages sur la Kabbale dont il est spécialiste, la spiritualité, l’alchimie et l’hermétisme, l’éloge du romantisme et l’éloge des esprits libres (de Lao Tseu à Nietzsche), ainsi que sur le Grand Architecte de l’Univers, des lectures sur la Tao, le sens du divin, la pensée hébraïque, la philosophie maçonnique
Marc Welinski, romancier et homme de média
Il a coécrit avec Marc Welinski, normalien et MBA de l’INSEAD, mais aussi, pendant plus de trente ans, dirigeant dans les médias, romancier – « Comment bien vivre la fin de ce monde » (Guy Trédaniel éditeur, 2021), mais aussi animateur chaque dimanche à 13 h de l’émission Pilpoul sur la radio « RCJ – À l’écoute de votre vie » https://radiorcj.info/
Bien que destinée à un très large public en quête de spiritualité, cette publication Dervy, qui ne manquera pas de retenir toute notre meilleure attention, est une approche résolument moderne intégrant une réflexion sur le monde et la science contemporaine, ainsi qu’une lecture nouvelle et inattendue de la Bible.
Sortie prévue au 1er septembre2022, au prix provisoire de 20 €.
La présentation de l’éditeur :
La Kabbale constitue une réflexion mystique bimillénaire. Issue de la tradition juive, elle est devenue au fil des temps une pièce essentielle de la spiritualité européenne et universelle. De plus, elle a été considérablement remise à l’ordre du jour à la faveur des découvertes de la physique contemporaine.
Alors pourquoi tant de scientifiques, de philosophes, s’intéressent-ils à la Kabbale ? Quelles vérités éternelles renferme-t-elle ?
Ce livre propose aux néophytes de pénétrer en quatre soirées de lecture dans cet univers incroyablement riche et fascinant. Nul besoin de connaissances préalables. Laissez-vous guider par l’alternance des questions et des réponses qui donne à l’ouvrage un tour vif, pédagogique, plein d’humour, et découvrez les trésors de la Kabbale.
POUR PERMETTRE À UN PLUS GRAND NOMBRE DE VOIR UNE EXPOSITION COMPOSÉE DE PIECES RARISSIMES
Le musée de la franc- maçonnerie a décidé de prolonger jusqu’au 18 septembre 2022 l’exposition intitulée Initiations Égyptiennes. De Cagliostro à Memphis-Misraïm.
Depuis la Renaissance, l’Égypte antique est considérée en Europe comme le berceau de « l’initiation ». Elle suscite, chez les érudits comme dans le public, rêves et spéculations sur la nature des cérémonies égyptiennes. Cette exposition rappelle la force de l’imaginaire égyptien en France et retrace les grandes heures de ces deux siècles et demi de « franc-maçonnerie égyptienne ». Le visiteur pourra découvrir des pièces rarissimes et lever un voile sur cette « quête de l’initiation égyptienne » – véritable égyptophilie spirituelle – qui s’est développée en marge de la très scientifique « Description de l’Égypte » et des découvertes de Champollion.
TARIFS
Entrée : 7 €/Tarif réduit (sur justificatif) : 5 € Seniors (plus de 60 ans), étudiants (moins de 26 ans), adhérents des associations Léon Bourgeois et/ou des amis du musée, personnels du ministère de la Culture et du ministère de l’Éducation nationale. Gratuité (sur justificatif) : moins de 18 ans, demandeurs d’emploi, journalistes, guides-conférenciers, ICOM, visiteurs handicapés.
Possibilité de régler votre visite (libre ou guidée) par chèque vacances. Le billet d’entrée donne l’accès aux collections permanentes et expositions temporaires.
HORAIRES
Le musée est ouvert : – du mardi au vendredi : 10h00-12h30 / 14h00-18h00 ; – le samedi : 10h00-13h00 / 14h00-19h00; – le dimanche : 10h00-12h30 / 14h00-18h00.
Musée de la franc-maçonnerie Siège du Grand Orient de France 16 rue Cadet – 75009 Paris Tél : 01.45.23.74.09 Métros : Cadet (ligne 7) ou Grands Boulevards (lignes 8, 9) Station Vélib’ : Cadet (24-26 rue Cadet)
Retrouvez l’article « Les mystères de l’initiation égyptienne au musée de la franc-maçonnerie » de notre Frère Yonnel du 9 septembre 2021 https://bit.ly/3sUFqFU
Comment les traditions religieuses nous ont apporté ce nom bizarre de Dieu et comment le comprendre ?
Devant l’échec d’une théologie rationnelle, on tente d’expliquer que cet échec n’a aucune importance puisque Dieu serait, par essence, incompréhensible pour l’homme. Qu’est-ce que Dieu, après tout, «ce grand mot ténébreux, tout gonflé de clarté» disait Victor Hugo ? Ce qui importe c’est qu’il pourrait être connu directement, sans recours à la raison. On croit en Dieu plus qu’on ne le prouve. À vrai dire, on ne le démontre pas, on l’expérimente, on le vit parce que de définitions, il en existe autant que de civilisations, de philosophies et de religions. Comme l’écrit Régis Debray : «Devant cet absolu, définitivement indéfinissable, viendront défiler, tel des prismes ou des verres colorés, différents milieux de réception, formes de sociabilité et modes d’adhésion.» L’idée d’un être suprême est commune à toutes les religions, même si elles ont dévié vers le polythéisme ou le culte des idoles. Le Para-Brahma des Hindous, l’Intelligence éternelle des Bouddhistes, le Zeruane Akerene des anciens Perses, le Principe suprême flottant à la surface des eaux obscures de la mythologie des anciens Scandinave, le Belus des Chaldéens, le Ulomos – ou El Om Os – Dieu éternel, doué de raison et conscient des Phéniciens, le Kneph des Egyptiens, le Virococha des Mexicains, sont tous identiques et représentent le Dieu des Juifs, des Chrétiens ou des Musulmans.
Les conceptions de Dieu ont évolué dans l’histoire.
– Le dieu domestique de la tribu devient celui de la cité puis celui du peuple (comme le dieu des tribus des hébreux, polymorphe au début, comme on le trouve dans les sanctuaires à Samarie, Béthel, Dan (à partir du 8ème siècle avant notre ère), Sichem, Silo ou en Transjordanie sous des noms différents. En Juda, YHVH, qui a d’abord été vénéré à côté du dieu El et d’un dieu solaire, a sans doute repris les traits et les fonctions du dieu solaire avec lequel il cohabitait d’abord a Jérusalem.
– La multiplicité des dieux tend à se réduire par syncrétisme : on assimile les divinités d’après leurs analogies, on en réduit le nombre et ceux qui subsistent perdent leur spécialisation. En même temps, sur le modèle de l’empire égyptien, le panthéon s’organise hiérarchiquement.
– Conçus d’abord à l’image de l’homme, avec un corps, des besoins physiques et des passions, les dieux tendent à se spiritualiser : leur légende terrestre s’interprète peu à peu en symbole. Il est très difficile de passer du polythéisme au monothéisme. Comme Platon, comme Aristote, comme toute l’antiquité classique, Plotin appelle Dieux toutes les grandes individualités cosmiques, le Monde d’abord, ensuite la Terre, puis tous les autres astres considérés comme des êtres doués d’âme et d’intelligence. Mais au-dessus de tous ces dieux règne le Dieu par excellence, le Bien absolu, principe de tout ce qu’il y a de divin, source de la divinité des autres dieux. Seuls les philosophes, alors, reconnaissent la nécessité d’un dieu unique, le peuple a besoin de dévotions variées.
– La doctrine hermétiste propose en son premier principe d’enseignement ce qu’est l’unité. On en trouve la preuve et l’énoncé dans la Table d’Émeraude : «Toutes les choses sont et proviennent d’Un, par la médiation d’Un. Toutes les choses sont nées de cette chose unique… Son symbole est le cercle un qui s’achève en soi-même». Le serpent qui se mord la queue (l’ourobouros), exprime l’univers à «Un le Tout». Dieu est le Maître unique sans second, sans espace, sans temps, sans mouvement qui ne peut être appréhendé uniquement que par la dualité.
– Les philosophes l’ont défini comme l’être absolu, nécessaire, incausé, simple, infini, immuable, unique.
– Avec la civilisation, les dieux perdent de leur cruauté initiale, ils cessent d’exiger des sacrifices sanglants.
Les innombrables dieux anthropomorphes de l’Antiquité, les bons et mauvais dieux Ahoura-mazda et Ahriman des Perses, le Dieu-Maître des Chaldéens, le tout puissant Élohim ou l’ombrageux Yaweh de la Genèse, le Dieu-Espérance des Esséniens, le Dieu-Sauveur des Marcionites, le Christ comptable de Luc, Mathieu et Jacques, le Dieu-Amour de Jean, le Dieu législateur et guerrier de l’Islam, l’être suprême du XVIIIe, montrent comment Dieu se modèle sur les aspirations et les intérêts des civilisations et des époques.
Consulter L’idée de Dieu d’après l’anthropologieet l’Histoire, par Goblet d’Alvillia, 1892 qui conclut : « Quand, après avoir dépouillé la Divinité de ses superfétations originaires et de ses accrétions parasites, après lui avoir enlevé, comme autant de vêtements d’emprunt, ses attributs anthropomorphiques et ses limitations morales, après, enfin,avoir ramené sa nature à l’unité et son action à l’harmonie, nous nous trouvons en présence du voile impénétrable qui nous la dérobera toujours dans son essence. »
Pour le néo-platonisme, Dieu contient toutes choses, et il n’y a rien qui ne soit en Dieu, et rien qui ne soit pas Dieu.
Le Livre des XXIV philosophes (Liber XXIV philosophorum) est probablement «l’un des textes les plus mystérieux et les plus hermétiques, mais aussi les plus importants de toute l’histoire de la philosophie médiévale et même de l’histoire de la philosophie tout court.» C’est un écrit anonyme dont la date de rédaction est incertaine, constitué d’une série de 24 définitions de Dieu, suivies chacune d’un bref commentaire et présentées comme les interprétations de 24 philosophes réunis pour débattre de la question. On attribue aussi parfois le texte à Hermès Trismégiste.
Dieu est l’unique, engendrant au dehors de lui-même l’unité, renvoyant sur lui-même un seul éclat de feu; Dieu est une sphère sans limite, dont le centre est partout et la circonférence nulle part; Dieu est tout entier en n’importe quel point de lui-même; Dieu est l’esprit qui engendre la raison et garde continuité avec elle; Dieu est ce dont rien de meilleur ne se peut concevoir; Dieu est celui en comparaison de qui la substance est accident et l’accident n’est rien; Dieu est le premier sans primauté, la procession sans modification et la fin sans fin; Dieu est l’amour qui plus on le possède, plus il se cache; Dieu est, pour lui seul, le présent de tout ce qui appartient au temps; Dieu est celui dont le pouvoir n’est pas nombré, dont l’être n’est pas fermé, dont la bonté n’est pas bornée; Dieu est au-dessus de l’étant, nécessaire, seul, à lui-même en abondance, en suffisance; Dieu est celui dont la volonté est égale tant à la puissance qu’à la sagesse divine; Dieu est en soi perpétuité agissante, sans discontinuité ni disposition acquise; Dieu est les opposés être et non-être en tant que médiation de ce qui est; Dieu est la vie dont la voie vers la forme est l’unité, et vers l’unité la bonté; Dieu est ce que le propre du langage ne signifie pas à cause de son excellence, comme les esprits ne le saisissent pas à cause de sa dissemblance; Dieu est intellect de lui-même, sans recevoir le propre du prédicat; Dieu est une sphère qui a autant de circonférences que de points; Dieu est immobile et meut toujours; Dieu est le seul qui vit de la pensée de lui-même; Dieu est ténèbre dans l’âme, celle qui reste après toute lumière; Dieu est celui de qui est tout ce qui est, sans division ; grâce à qui cela est, sans modification ; en qui est ce qui est, sans composition; Dieu est celui que l’esprit apprend à connaître de sa seule ignorance (André G. Crabbe, Connaissance de la Déité: De Maître Eckhart à Raymond Abellio, édilivre, p.73).
Bernard de Clairvaux, l’éminence occulte du mouvement templier, aurait dit que Dieu était une question de dimension, de hauteur, de longueur et de profondeur. Cette idée n’est pas sans rappeler les dimensions de l’Arche de Noé dans lesquels s’entendent les lettres du tétragramme YHVH, et les dimensions de la loge maçonnique. Le traité tripartite, compilation attribuée à l’école Valentinienne établie à Rome aux alentours de 150, évoquait déjà ce thème de la dimension mais d’une manière apophatique : il est impossible à aucun intellect de le comprendre, et aucune parole ne le saurait exprimer, ni aucun œil ne le pourrait voir, ni aucun corps ne le pourrait saisir à cause de sa grandeur insondable et de sa profondeur inaccessible et de sa hauteur incommensurable et de son étendue qu’on ne saurait contenir.
Si pour Spinoza Dieu est partout (sa définition de Dieu, condamnée depuis son excommunication de la communauté juive comme un «Dieu n’existant qu’au sens philosophique» vise à interdire toute anthropomorphisation de l’être divin. Dans le scolie à la Proposition XV, il écrit contre ceux «qui forgent un Dieu composé comme un homme d’un corps et d’une âme et soumis aux passions ; combien ceux-là sont éloignés de la vraie connaissance de Dieu, les démonstrations précédentes suffisent à l’établir». Une telle conception anthropomorphique de Dieu n’est pas seulement fausse ; en fait elle ne peut avoir que des effets délétères sur l’activité et la liberté de l’homme).
Parce qu’inconnaissable, on ne dit jamais le nom de Dieu dans la religion juive, des mots de remplacement en tiennent lieu : le Tout Puissant, Adonaï, l’Éternel, le Saint Béni-soit-Il… Cependant, les traducteurs de la Bible confondent et réduisent Élohim, El Shaddaï, Adonaï et IHVH au vocable Dieu, Tout-Puissant, Seigneur, éternel, (Pour une analyse étymologique et lexicographique de ces noms : Élohim, une autre lecture de la Bible de Roger Vigneron). Voir l’article de 450.fm du 29 mars 2022 qui évoque plus particulièrement le tétragramme : La parole qui ne peut être prononcée, le tétragramme.
Ainsi Marc Halévy se pose la question où chercher Dieu ? En Chine traditionnelle et taoïste, il est dit que le monde a trois dimensions : le Ciel, le Terre et l’Homme au milieu. Il y a donc trois lieux où chercher Dieu. Dans le Ciel, l’au-delà du monde, l’hors du monde : c’est la voie des Christianismes, des Islams, des Bouddhismes (hors le Zen qui est bien plus Taoïste, par Chan interposé, queBouddhiste), du Judaïsme rabbinique, du Platonisme, des Idéalismes. Dans l’Homme : c’est la voie des Humanismes, des Matérialismes, du Stoïcisme, de l’Épicurisme, des Philosophies des Lumières, de la Franc-maçonnerie. Dans la Terre, l’en-deçà du monde, le dessous du monde: c’est la voie de l’immanence, celle de la Kabbale, du Taoïsme, de l’Hindouisme, de l’Alchimie, des présocratiques, des Mystères d’Éleusis, du Dionysisme, des Chamanismes, des Animismes, de Teilhard de Chardin, de Nietzsche, de Bergson, des Mystiques monistes. Il ne faut donc pas chercher à s’élever, mais à creuser : Dieu est sous le monde. On pourrait parler de ce dieu dionysiaque comme d’un dieu chtonien, caché au plus profond du réel, «sous nos pieds» (p.81 de son Journal spirituel et philosophique). Et il y a l’athéisme qui se passe de toute notion de transcendance ou d’immanence divines.
Dieu ne serait que l’intériorité face à elle-même comme dans un miroir ; l’Homme fit Dieu à son image, un monothéisme sans dieu (François Rachline, Comment dire Dieu ? ). Le Dieu intérieur, silencieux, serait le Soi supérieur ; la communion complète avec l’immédiateté de la relation au Tout.
«Remarquons bien que le mot Dieu, en latin comme en français, a pour initiale le delta grec ou le triangle. Tel est le motif, chez les Ancients et Moderns, de la consécration du triangle dont les côtés figurent les trois règnes ou la nature, ou Dieu» (Jean-Marie Ragon).
L’architecturation «maçonnique» du divin, doublée de son anthropomorphisation, nous fait dire que le divin est un «espace construit» et «réservé» de la conscience de l’homme, évoluant dans le sacré et qu’à ce titre le maçon en serait l’inventeur, l’auteur, le bâtisseur et le gardien (notamment dans les Hauts Grades). C’est ce qu’on appelle une spiritualité construite et non pas dans une spiritualité révélée! La seule chose qui est initiatiquement révélée au maître, c’est la vision directement liée au niveau supérieur de langage ou à la conscience qu’on appelle aussi la lumière. C’est ainsi que, pour le franc-maçon adepte d’une orthopraxie et non d’une orthodoxie, le divin qui ordonne le chaos est synonyme de conscience éclairée qui organise la pensée et les actes. En effet, le mot Dieu contient en lui-même un début de réponse : Deus ou Diès veut dire «le jour» ; le mot Thèos possède une notion, celle de voir (théoria voulant dire contemplation). L’amphibologie permet de sortir de l’anthropomorphisation ; la transcendance du sens permet la transcendance existentielle. Les francs-maçons se tournent vers la Lumière, ils y déploient leur conscience et leur liberté.
Dieu semble avoir reculé en même temps que la science expliquait le monde. Il reste encore dans tout ce qui n’est pas explicable et inaccessible. Certains hommes croient en un dieu, d’autres en plusieurs, d’autres se tiennent pour agnostiques et refusent de se prononcer, d’autres se déclarent athées. Chacun doit être libre de son choix même si ce n’est qu’un «pari ridicule». Tous ont à vivre ensemble et cette vie commune, depuis la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen, doit assurer à tous à la fois la liberté de conscience et l’égalité des droits.