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L’importance de la pensée pour déterminer l’action

De notre confrère italien expartibus.it – Par Chrétien de Rosemunda

Soyez toujours en guerre avec vos vices, en paix avec vos voisins, et laissez chaque année de meilleures personnes vous découvrir.
Benjamin Franklin

La franc-maçonnerie est un Ordre universel initiatique à caractère traditionnel et symbolique. Ses buts sont l’amélioration et l’élévation de l’individu et de toute la famille humaine. Ses membres sont également appelés francs-maçons et libres penseurs.

La pensée franc-maçonnerie, par la réflexion et l’apprentissage, se forge à partir de ces principes. Pour cela, il faut parfois une prédisposition humaine et intellectuelle innée.

L’Institution embrasse des principes universels qu’elle choisit comme guide d’action. Ils travaillent à l’amélioration de soi et, par conséquent, de l’humanité avec laquelle ils entrent inévitablement en contact.

Les principes sont : liberté, égalité, fraternité. La franc-maçonnerie s’efforce de familiariser ses adeptes avec ces idées, les élevant au-dessus des pensées et des idées préconçues héritées du monde profane.

La beauté de la franc-maçonnerie, c’est aussi la beauté de la vie : savoir que l’on est toujours à l’affût, seul et en partenariat avec d’autres hommes libres. C’est pourquoi il est nécessaire de se montrer tel que l’on est, en créant des occasions de rencontres et de poursuivre, sans s’arrêter, son travail.

La franc-maçonnerie a une vision précise du monde, qui éduque à agir et à vivre en relation avec l’autre. La confrontation constante entre frères est une incitation continue à s’améliorer, à abandonner « les vices » et à élever « des temples aux vertus ».

Les francs-maçons, surtout les jeunes, peuvent apprendre des Frères qui nous ont précédés l’importance de la curiosité intellectuelle, l’engagement à s’améliorer, approfondir la notion de science et de pratique du dialogue. 

Des enseignements qui renforcent la volonté de travailler au service des droits humains et qui nous rendent libres de pouvoir agir.

Penser d’une certaine manière ne signifie pas que se développe une sorte de philosophie maçonnique, mais un ensemble de principes qui dérivent de tous les domaines de la connaissance et qui se combinent pour former une seule dimension.

La franc-maçonnerie s’oppose à l’hypostasie d’une voie préétablie ; ce n’est pas « la voie » ni même « une voie » : elle la dépasse. Il n’y a pas de méthode ou de méthodologie, cela nous permet constamment de « Penser », en évitant la cristallisation des connaissances et des connaissances, qui est souvent confondue avec la Vérité.

La pensée maçonnique ne peut pas se placer dans cet espace d’autocensure, au contraire, elle doit avoir le courage d’aller plus loin, sinon elle ne se distinguerait pas de la pensée scientifique ou religieuse et ne se définirait pas, précisément, comme libre pensée.

La franc-maçonnerie est autre chose ; elle a la nécessité de combiner le discours sur la matière et la surmatière, c’est-à-dire la pensée sur la structure matérielle et sur la superstructure spirituelle.

Transformer la pensée en action : nous écoutons notre voix intérieure, qui gagne de plus en plus en conscience et en force à mesure que nous nous débarrassons des poids inutiles. Nous apprenons à penser comme des francs-maçons.

Pour retrouver nos pensées les plus pures, celles capables de déterminer l’action, nous devons entrer en contact avec notre force intérieure.
Nous ne devons pas avoir peur de penser.

La pensée libre conduit à une action réfléchie et raisonnée, sans contraintes.
N’oublions pas que nous sommes nés « libres et de bonne moralité », et c’est cette liberté de pensée qui nous permet de mener à bien un certain type d’action.

Cela nous rend différents, cela nous rend merveilleusement uniques, cela fait de nous des francs-maçons.

La franc-maçonnerie est ma façon d’appréhender les choses. Dans mes luttes les plus difficiles et mes efforts les plus sombres, la franc-maçonnerie est ma façon de prendre les choses de ce monde et de les connecter. Elle est le contrepoint de mes actions, le diapason de mes réflexions. C’est pourquoi j’en parle si souvent.
Pierre Simon

Première discussion sur la franc-maçonnerie à Asunción (Paraguay)

De l’Ordre maçonnique mixte du Paraguay, ils organiseront la première discussion totalement gratuite intitulée « Parlons de la franc-maçonnerie », qui aura lieu à l’hôtel Sheraton d’Asunción. L’activité se déroulera dans le cadre des 16 ans et ce sera la première fois que l’ordre ouvrira ses portes au public, pour partager ses valeurs et ses principes.

Selon Manuela de la Cruz Rolón, le Grand Maître le plus serein de l’ordre, ouvrir les portes de la franc-maçonnerie est tout un défi et que l’idée de la congrégation est de partager des valeurs et des principes, en plus de rompre avec certains mythes et tabous . « Nous allons commencer mardi par une discussion ouverte au public », a-t-il déclaré dans une interview à La Nación/Nación Media.

Temple de l’Orden Masónica Mixta del Paraguay.

Il a souligné que ce jour-là sera développé le thème « Parlons franc-maçonnerie, démontons les mythes et les tabous », un événement destiné aux profanes ou au grand public. « Nous sommes très surpris car nous avons plus de 300 personnes inscrites, intéressées à en savoir plus sur l’ordre maçonnique. Nous allons continuer à nous inscrire, mais nous confirmerons qui pourra participer », a-t-il souligné.

Il a assuré que ce sera une occasion spéciale d’en savoir plus sur un sujet qui, depuis des siècles, a généré toutes sortes de légendes autour de la franc-maçonnerie. « Pour le mercredi 10, l’événement sera clôturé sur invitation, uniquement pour les initiés de diverses puissances et aura la présence de deux intervenants de luxe. Aussi, d’importants dignitaires de diverses puissances nationales et internationales seront invités », a-t-il souligné.

Manuela a affirmé que les activités se termineront le samedi 13, avec Philanthropie pour les peuples autochtones dans sa deuxième édition. Les événements auront lieu du mercredi 9 mai au samedi 13 mai, à 19h00. L’entrée est gratuite, mais l’inscription préalable doit être faite, au vu des places limitées . Les personnes qui souhaitent participer peuvent s’inscrire à ommpy.org@gmail.com ou sur le compte Facebook Mixed Masonic Order of Paraguay.

La première conversation ouverte au public.  Photo: courtoisie
La première conversation ouverte au public. Photo: courtoisie

L’éthique maçonnique et la biologie du cerveau : Comment les concilier ?

Bien que tous les francs-maçons et toutes les francs-maçonnes n’aient pas forcément la même conception d’une éthique maçonnique, on peut lister certains éléments qui devraient faire consensus :

  • La Fraternité : l’amitié, l’entraide et la coopération solidaire.
  • La Tolérance, le respect mutuel dans le cadre de la liberté de conscience.
  • L’intégrité et l’honnêteté.
  • Le perfectionnement moral, ce qui implique le travail et la recherche.
  • La philanthropie avec la propension à aider son prochain.
  • La discrétion avec l’absence de prosélytisme et l’humilité.

La Franc-Maçonnerie se veut être une société qui permet de rassembler les êtres humains possédant ces hautes valeurs morales.

Mais c’est aussi un espace où il est dit que l’on apprend à s’améliorer et à devenir « meilleur » !

On pourrait voir une contradiction entre ces deux propositions car si on doit s’améliorer au fil du temps maçonnique, cela ne sous-entend il pas que nous n’étions pas si parfaits que cela avant d’être initié ?

Tout se complique lorsqu’on prend conscience des découvertes scientifiques et en particulier de l’action des neurotransmetteurs biochimiques dans le fonctionnement cérébral.

Aujourd’hui, il n’est plus possible de croire que le respect d’une éthique, qu’elle soit maçonnique ou d’une autre nature, est uniquement une affaire de volonté et de choix.

Notre fonctionnement cérébral et donc notre pensée est aussi sous l’influence d’un certain nombre de molécules biochimiques que l’on appelle les neuromédiateurs ;  je me permets de rappeler les plus importants !

Les principaux neurotransmetteurs sont au nombre de sept :

L’acétylcholine :

Découverte en 1914 par le physiologiste anglais Henry Hallett Dale, son rôle de neuromédiateur fut explicité en 1921 par le pharmacologiste allemand Otto Loewi.

L’acétylcholine est synthétisée dans les terminaisons des axones à partir de la choline et de l’acétylcoenzyme A. Ce dernier provient notamment de la dégradation du glucose stocké dans l’organisme. La choline provient de l’alimentation, les aliments qui en contiennent le plus sont les oeufs suivis par la viande (le foie en particulier) et le poisson. La choline provient aussi de la dégradation de l’acétylcholine dans le cerveau.

On la retrouve aussi bien au niveau du cerveau que dans les communications entre les nerfs périphériques.

L’acétylcholine joue un rôle dans la régulation de l’attention, de l’apprentissage, de la mémoire et de la motricité.

On la retrouve aussi pour le fonctionnement du système nerveux parasympathique. A ce titre, l’acétylcholine participe à ce que l’on appelle le « malaise vagal » qui survient en particulier dans des circonstances liées au stress !

Les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et de la maladie de Parkinson ont tendance à avoir de faibles niveaux d’acétylcholine.

La dopamine :

Son rôle a été découvert en 1958 par deux chercheurs suédois, Arvid Carlsson et Nils-Ake Hillarp. Elle est synthétisée dans les neurones à partir d’un acide aminé, la tyrosine.

La dopamine est associée à la motivation, au plaisir, à la récompense et à la régulation des mouvements.

Un taux insuffisant de dopamine joue un rôle dans la maladie de Parkinson alors que l’inverse s’observe dans la schizophrénie.

La noradrénaline  :

C’est grâce à plusieurs chercheurs (et en particulier John Abel en 1899 ; Jokichi Takamine en 1901 et von Euler en 1946) que furent découvertes les propriétés de l’adrénaline et de la noradrénaline qui appartiennent au groupe des catécholamines.

La noradrénaline est impliquée dans l’éveil, l’attention, la vigilance, la gestion du stress et la réponse « combat ou fuite ».

Elle joue également un rôle dans la régulation de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque.

La sérotonine :

On doit au pharmacologue italien Vittorio Erspamer (1909-1999), en 1946, et à l’américain Maurice M. Rapport, en 1948, d’avoir mis en évidence les propriétés de la sérotonine.

Elle est souvent appelée l’hormone du bonheur en raison de son rôle dans la régulation de l’humeur, de l’appétit, du sommeil et de la température corporelle.

Des déséquilibres de la sérotonine sont impliqués dans des troubles tels que la dépression et le trouble obsessionnel-compulsif (TOC).

Le glutamate :

C’est le glutamate exauceur de goût qui a été découvert en 1908 par le professeur Kikunae Ikeda.

Aujourd’hui on parle de système glutamatergique dans la mesure où de nombreuses molécules interviennent.

Le glutamate est le principal neurotransmetteur excitateur du cerveau et joue un rôle crucial dans l’apprentissage, la mémoire et la plasticité synaptique.

Des niveaux élevés de glutamate peuvent provoquer une surstimulation des neurones, ce qui peut entraîner des lésions cérébrales.

L’acide gamma-aminobutyrique :

On doit au neurobiologiste américain Eugene Roberts (1920-2016), en 1950, d’avoir découvert le principal neuromédiateur inhibiteur chez les mammifères.

Le GABA contribue à la régulation de l’excitabilité des neurones.

Il joue un rôle dans la réduction de l’anxiété et la promotion de la relaxation.

Des niveaux insuffisants de GABA peuvent contribuer à des troubles tels que l’anxiété et l’épilepsie.

Les endorphines :

Elles ont été découvertes par deux scientifiques anglais, John Hughes et Hans Kosterlitz, dans les années 1978.

Les endorphines sont des peptides qui agissent comme des analgésiques naturels et sont libérés en réponse à la douleur, au stress ou à l’exercice physique.

Elles sont impliquées dans la régulation de l’humeur et du plaisir.

L’éthique maçonnique dans le fonctionnement cérébral

Sachant le rôle que jouent les neuromédiateurs dans le fonctionnement de notre cerveau, il peut être tentant de savoir si ces neurotransmetteurs interviennent dans ce que l’on pourrait appeler « l’éthique maçonnique » !

On sait aujourd’hui que plusieurs régions du cerveau et des processus neurobiologiques spécifiques sont impliqués dans la prise de décision morale et le comportement éthique :

1.           Le lobe frontal, en particulier le cortex préfrontal, est responsable des fonctions exécutives telles que la résolution de problèmes, la prise de décision, la planification, l’inhibition des impulsions et la régulation des émotions. Ces fonctions sont essentielles pour peser les conséquences morales de nos actions, contrôler nos impulsions et prendre des décisions éthiques.

2.           L’amygdale, une structure située dans le système limbique, est impliquée dans la régulation des émotions et la formation de la mémoire émotionnelle. Les réponses émotionnelles, comme la compassion, l’empathie ou la culpabilité, sont des éléments clés de la prise de décision morale.

3.           Le cortex cingulaire antérieur est impliquée dans la résolution de conflits et la prise de décision. Elle joue un rôle dans la prise en compte des différentes options morales et dans la sélection de la meilleure option possible.

4.           Les neurones miroirs sont des cellules nerveuses qui s’activent à la fois lorsque nous effectuons une action et lorsque nous observons quelqu’un d’autre effectuer la même action. Ces neurones sont impliqués dans l’apprentissage par imitation et sont essentiels à l’empathie, à la compréhension des intentions d’autrui et à la prise de décision morale fondée sur l’impact de nos actions sur les autres.

Tout cela explique que les « bonnes intentions » ne suffisent pas toujours à vouloir être « meilleur » et que nous devons composer avec ce que nous sommes dans notre intimité biologique !

Deux situations particulières montrent que l’éthique maçonnique n’est peut-être pas en cohésion avec notre fonctionnement cérébral !

La personnalité perverse narcissique (aussi appelée NPD pour NARCISSISTIC PERSONALITY DISORDER)

C’est un des troubles de la personnalité qui perturbe les relations sociales ; il est caractérisé par :

– un sentiment exagéré de sa propre importance,

– un besoin constant d’admiration,

– un manque d’empathie

– et des relations interpersonnelles difficiles.

Les travaux de recherche ont permis de retrouver un certain nombre de particularités :  

1.           Des anomalies dans le cortex préfrontal, impliqué dans la régulation des émotions, la prise de décision, la planification et l’empathie.

2.           Une activité réduite dans l’insula lorsqu’il s’agit de tâches impliquant la compréhension des émotions.

3.           Une sensibilité accrue du système de récompense qui peut contribuer à leur besoin constant d’admiration et de validation.

4.           Une activité amygdalienne accrue lorsqu’elles sont confrontées à des stimuli émotionnels qui peut être lié à une hypersensibilité aux critiques.

Le problème de l’âge et du déclin cognitif

Bien que nous ayons gardé un vocabulaire gratifiant les personnes âgées, la réalité biologique montre que l’âge représente une difficulté réelle pour participer aux travaux maçonniques :

  • L’existence d’handicaps variés et évolutifs,
  • Le déclin cognitif lié à l’âge, tel que la diminution de la mémoire de travail et de la vitesse de traitement, peut affecter la capacité à résoudre des problèmes complexes et à prendre des décisions morales.
  • Les peurs multiples liées aux possibles accidents de la vie quotidienne,
  • Certaines personnes peuvent devenir plus rigides dans leurs croyances et leurs attitudes morales à mesure qu’elles vieillissent, ce qui peut les rendre moins ouvertes à des perspectives différentes et à l’évolution des normes sociales et culturelles.
  • Les changements biologiques liés à l’âge, tels que les fluctuations hormonales et la dégradation des neurotransmetteurs, peuvent également influencer la moralité en affectant l’humeur, la cognition et les comportements sociaux.

Quelles conclusions pour la démarche maçonnique ?

On ne peut naturellement pas résumer le comportement à l’activité des neuromédiateurs cérébraux.

Mais il serait déraisonnable de penser que la simple motivation et le désir pourraient suffire à acquérir des principes moraux favorisant la fraternité universelle et la bienveillance.

Notre fonctionnement biologique est à la fois une des causes de notre équilibre psychologique et en même temps il est sous la dépendance d’un certain nombre de contraintes !

Dans la vie quotidienne le plus grand risque de perturbation de notre activité cérébrale se retrouve dans la dépendance aux addictions ; que cela soit le tabagisme, la consommation de drogues, les addictions alimentaires  ou l’alcoolisme chronique, tout cela provoque des troubles mentaux indéniables qui contrarient le processus initiatique et favorise les dérives morales bien connues que sont la velléité, la procrastination, la mythomanie et l’égoïsme.

Pour « optimiser » le fonctionnement des neuromédiateurs cérébraux on retrouve un certain nombre de principes :

  • Une alimentation réduite pour préserver un indice de masse corporelle adapté,
  • L’absence de toute pratique addictive toxique,
  • Une activité physique quotidienne,
  • Un sommeil naturel, sans somnifères et/ou tranquillisants,
  • Une activité cognitive quotidienne,
  • Et une exposition au stress la plus limitée possible !

J’ai dit !

Les francs-maçons et le vin

De notre confrère larvf.com – Par Jean-Moïse Braitberg

S’ils cultivent le goût du secret, les francs-maçons apprécient la convivialité et les symboles associés au vin. Un plongeon dans les antres de cette société discrète nous a permis de mieux comprendre la place spéciale qu’y occupent la vigne et le vin.

Vin et franc-maçonnerie : « agapes » en Bourgogne…

Début juin 2009, dans son restaurant le Pré aux Clercs à Dijon, le chef Jean-Pierre Billoux reçoit quarante convives pour un dîner particulier.
Autour de la table, une majorité d’hommes. C’est la soirée fraternelle des Amis du vin de la Grande Bourgogne. Dans le vocabulaire des francs-maçons, entendez « la soirée amicale des francs-maçons bourguignons travaillant dans le vin ».

Malgré ses fresques italianisantes, la salle tient plutôt de l’auberge espagnole, car tout ce que l’on boit vient soit de la production de chacun des convives, soit de sa cave. Pour l’apéritif, il y a d’abord les bulles d’une “sœur” champenoise. Puis, pour débuter le repas, un frère sert son modeste mâcon-cruzille, prélude à deux magnums d’une fameuse propriété de Chablis. Soudain, c’est la grande parade : un gevrey-chambertin dont l’étiquette triangulaire complète l’allusive mention “franc de pied”, puis des magnums de richebourg, mazis-chambertin, échezeaux et volnay-santenots…

Jean-Pierre Billoux n’a jamais fait mystère de son appartenance à la franc-maçonnerie. En Bourgogne comme à Bordeaux, nous ne pouvons pas en dire autant de tous. « Tout le monde sait que je suis franc-maçon, sans trop savoir ce que cela veut dire. Mais de là à m’exposer dans une revue comme la vôtre… Je travaille beaucoup avec la Belgique où les “cathos” nous perçoivent encore comme des anticléricaux enragés. Si je dévoile mon appartenance, je risque de perdre des marchés. »

Ces mots sont ceux d’un célèbre propriétaire d’un cru bourgeois du Médoc septentrionnal qui tient à son anonymat. Un paradoxe quand on sait qu’il figure en bonne place dans le livre de Magali Aimé, « Les Vignes de la franc-maçonnerie », en vente dans toutes les librairies. Cet ouvrage cite une trentaine de producteurs. Mais bien que l’appartenance maçonnique de telle célébrité de Sancerre, de tel propriétaire d’un fameux cru de Saint-Estèphe ou de tel “châtelain” d’un grand cru de Saint-Émilion soit localement notoire, pas un de ceux dont le nom apparaît dans ce livre n’a souhaité être cité dans La RVF.

Vin et franc-maçonnerie : la recherche de la Vérité…

Alors pourquoi tant de mystères ? La franc-maçonnerie, qui se définit comme une institution « philanthropique, philosophique et progressive », est née en Angleterre à la fin du XVIIe siècle. Elle a, entre autres, pour but la « recherche de la Vérité ».

Une profession de foi admissible pour les protestants adeptes du libre examen, les juifs et les musulmans émancipés de tout dogme, mais inadmissible pour la frange conservatrice de l’Église catholique qui prétend incarner la “Vérité” par la bouche de son pape.

Au XXe siècle, le nazisme, Vichy, puis le communisme ont persécuté les francs-maçons assimilés à des suppôts du libéralisme et à des agents du complot « judéo-maçonnique ».

Pour beaucoup de francs-maçons, ces persécutions justifient la permanence du secret. Mais il ne s’agit là que d’une raison mineure. Car le mystère qui entoure la franc-maçonnerie tient à sa substance même : celle d’une société initiatique dont le sens ne peut être compris qu’à travers règles et rites permettant d’atteindre la chose la plus secrète au monde : la connaissance de soi. Et le vin dans tout ça ? Il fait partie du parcours maçonnique : symboliquement, comme dans le verre…

Au commencement était la terre. L’initiation maçonnique, qui se déroule en quatre étapes, débute par un passage dans le “cabinet de réflexion”. Un “caveau” qui symbolise la mort à l’ancienne vie et le renouveau à une vie nouvelle par le passage en terre. Une symbolique à laquelle n’importe quel vigneron est sensible. Bien des frères ont glosé sur cette symbolique durant leurs “tenues”. Certains, mêlant allègrement Dionysos, Noé, le Christ, Rabelais, la Kabbale, les Templiers en un douteux breuvage philosophico-ésotérico-religieux souvent indigeste, mais ayant la vertu de donner soif. Une prime vertu lorsque l’on sait que la symbolique du “Vin de la Connaissance” passe forcément par la connaissance profane du vin.

Vin et franc-maçonnerie : des crus « de gauche »…

Rien d’étonnant, donc, qu’après Paris, ce soit à Bordeaux qu’aient vu le jour les premières loges maçonniques de France au XVIIIe siècle.

Une de ces loges, l’Anglaise 204, créée en 1732, existe toujours. Ce fut à l’origine une loge de négociants voyageurs irlandais, partisans de Jacques II, le dernier roi catholique d’Angleterre. Mais aujourd’hui, c’est dans les cercles “laïcards” ou dans les crus bourgeois “de gauche”  (lire notre article « Crus bourgeois 2009 : saint-Julien absent« ) qu’il faut chercher l’influence de la franc-maçonnerie en Bordelais.

Une présence difficile à mesurer. Car le Bordelais est fort divers. Si le Blayais et le pays de Sainte-Foy-la-Grande ont une tradition républicaine et laïque, le Sauternais et Saint-Émilion sont plus cléricaux et conservateurs. Le Médoc est à la fois l’un et l’autre, et a surtout la religion des affaires…
C’est pourquoi on trouve une loge du Grand-Orient de France plutôt de gauche et laïque à Pauillac, tandis qu’un “temple” de la très traditionaliste Grande Loge Nationale de France est installé dans la splendide chartreuse du XVIIIe siècle du château Balac, à Saint-Laurent-du-Médoc.

Il existe même, à Gornac, petit village de l’Entre-deux-Mers, un temple maçonnique au domicile d’un ancien viticulteur sympathisant socialiste qui a créé son obédience : la discrète et influente Grande Loge Mixte Souveraine.

La Gironde possède aussi le seul temple maçonnique classé monument historique dans une salle du beau château de Montgenan, près de Langon. L’occasion pour la propriétaire des lieux, en rien franc-maçonne, d’écouler auprès des frères son bordeaux supérieur dont l’étiquette ornée de signes maçonniques discrets prend de ce fait une plus-value… toute symbolique, bien sûr.

Vin et franc-maçonnerie : petites affaires entre frères…

L’étiquette maçonnique. Voilà une pratique ancienne fort répandue chez les vignerons “francs-macs”. Le plus fameux d’entre eux, aujourd’hui « passé à l’Orient éternel », comme disent les “frangins”, possédait près de Sauternes un domaine au nom fabuleux : le domaine de la Gauche. Une mine pour ce viticulteur qui produisait un sauternes médiocre mais fraternellement acheté dans les loges pour ses étiquettes frappées de l’équerre et du compas.

La maçonnerie serait-elle  pour certains “francs-vignerons” l’occasion de faire de bons coups en francs-tireurs ? Serge Playa, propriétaire du château d’Esteau en Haut-Médoc, se targue de fournir le restaurant du Grand-Orient de France, rue Cadet à Paris. Ses étiquettes représentent un temple antique encadré par la lune et le soleil. « Dans ma loge, à Pauillac, on ne sert que du château d’Esteau », proclame ce Médocain chaleureux qui ne fait pas mystère de son appartenance… ni de son sens des affaires.

Jean-Claude Bernous, propriétaire près de Sainte-Foy-la-Grande, a eu moins de succès. Pionnier de la viticulture “bio” et un brin “anar”, il est membre du Grand-Orient, mais son vin n’y a connu qu’un succès éphémère. « J’ai vendu une palette de ma production au restaurant du Grand-Orient. Mais on ne m’en a pas repris. On m’a dit : “Tu n’es pas le seul à faire du vin, il faut que ça tourne”. » La généreuse vertu fraternelle s’altérerait-elle sous l’effet de l’esprit de lucre ?

Un haut dignitaire maçonnique, aujourd’hui disparu, a dit : « Les francs-maçons s’embrassent beaucoup, mais s’aiment peu ». Ce n’est pas tout à fait faux. Ils sont nombreux, ces frères, à avoir dû passer, comme Jean-Claude Bernous, par la justice maçonnique et même ordinaire pour se faire payer par d’autres frères. « La seule fois où j’ai manqué de me faire rouler, c’était par un frangin, courtier à Bordeaux, qui voulait me laisser sur le carreau avec 60 000 € de vin. » Eh oui, si la franc-maçonnerie possède sa justice de paix, c’est sans doute que la fraternité est à géométrie variable. N’en déplaise au Grand Architecte…

En principe, un franc-maçon doit « laisser ses métaux à la porte du temple ». Traduisez : tous les frères sont égaux en loge. Les affaires, l’argent, le rang social, que symbolise le métal, ne doivent pas compter durant les travaux maçonniques. Beau principe. Seulement, après les “tenues”, il y a les “agapes” que l’on prend en “salle humide”, entre autres termes du vocabulaire des francs-maçons. Et là, les métaux déposés à la porte du temple se mettent à sonner dans un assourdissant bruit de ferraille. Bref, le vin favorise l’amitié et l’amitié aide aux affaires.

Vin et franc-maçonnerie : entraide et solidarité…

Pourquoi, en effet, ne pas se servir de ses relations quand celles-ci permettent de trouver plus vite la bonne porte pour obtenir un service ? Les réseaux familiaux, d’anciens élèves ne fonctionnent pas autrement. Sauf qu’en maçonnerie, l’entraide et la solidarité sont des vertus cardinales. Alors, comme le dit un petit négociant bourguignon : « Si j’ai le choix entre faire travailler un frère et un profane, à compétence égale, je vais choisir le frère ».


Assez souvent, c’est aussi l’inverse qui se produit. On « fait rentrer » un frère parce qu’il occupe une place élevée dans le “monde profane”.

Un ancien responsable de l’Association des sommeliers de Paris raconte : « Un jour, un copain m’a demandé d’organiser un week-end dans le Bordelais pour un groupe de ses amis. J’ai préparé une visite dans le Médoc et ils m’ont invité. Au retour, ils m’ont proposé de rentrer à la Grande Loge Nationale de France. Le jour de mon initiation, j’ai été étonné de voir tous ces sommeliers et restaurateurs que je connaissais. Ça a changé nos rapports. Nous sommes devenus plus proches et humbles. J’ai vu Joël Robuchon quand il était apprenti à la Loge l’Olivier. Il n’a jamais joué de sa célébrité et ne s’est pas servi de la franc-maçonnerie pour réussir. Tout comme Bernard Loiseau ».

Vin et franc-maçonnerie : négociants, sommeliers…

Mais tout le monde n’est pas comme ça. On cite tel restaurateur de Barbizon qui vit de la franc-maçonnerie. Comme il occupe un rang important à la Grande Loge Nationale de France, il s’arrange pour que les banquets aient lieu dans son restaurant ou chez son fils. Il y a aussi cet Aveyronnais, propriétaire de dix-huit brasseries parisiennes, qui organise des raouts fantastiques chez lui à Chaudes-Aigues.

Il invite jusqu’à quatre-vingt frères, tous frais payés, et leur offre un Laguiole décoré de symboles maçonniques. « Je ne crois pas qu’il fasse ça pour rien… », commente un de ses frères mais néanmoins concurrent. On cite encore une “loge d’affaires” de Bordeaux dont les membres sont tellement clients ou fournisseurs les uns des autres que si l’un d’eux « mange la grenouille », tous les autres boivent le bouillon…

Alimentaire, la franc-maçonnerie ? Sans doute. Mais pour qui et à quelle échelle dans le monde du vin ? Difficile à évaluer. Il existe bien un organisme, le Groupement interprofessionnel de tourisme et d’entraide (Gite) qui édite un annuaire recensant les francs-maçons. Un précieux outil relationnel dans lequel on ne trouve qu’une petite quinzaine de vignerons, également cités dans l’ouvrage « Les vignes de la franc-maçonnerie ». En revanche, les restaurateurs, limonadiers, négociants, cavistes et sommeliers y sont légion.

Vin et franc-maçonnerie : exit les Wine Brothers…

Et puis il y a les “fraternelles”, ces associations où les francs-maçons se retrouvent par affinité professionnelle. « Il faut être honnête, on y a fait du business », admet un franc-maçon bordelais travaillant dans la tonnellerie. Pendant des années, il a appartenu aux Wine Brothers, une fraternelle de gens du vin qui recrutait dans toute la France.

Chaque année, ses membres tenaient leur assemblée générale à Vinexpo (voir notre article : « La RVF à Vinexpo« ) ou au Salon des vins de Loire. « Nous nous y retrouvions entre copains. Nous buvions, mais nous parlions aussi affaires. Jusqu’au jour où il y a eu un gros problème entre un gars de Reuilly et un collègue des Coteaux du Giennois. Et la fraternelle s’est mise en sommeil », raconte Gérard, caviste parisien et ancien membre.

Du coup, notre tonnelier bordelais a créé une autre association élitiste, dans laquelle on ne rentre que sur vote avec boule. Comme pour une admission en loge. Une boule blanche, le candidat est admis. Une boule noire, il est “blackboulé”, dans le vocabulaire des francs-maçons. « Le but de la manœuvre est clair, tempête un vigneron de l’Entre-deux-Mers et membre du Grand-Orient. On veut donner l’impression à celui qui est admis qu’on lui a fait une fleur afin qu’il se sente redevable… »

Certains des plus grands noms du Bordelais et de la vallée du Rhône feraient partie de ce petit cercle. Impossible pourtant d’obtenir des noms… Discrétion oblige.

Vin et franc-maçonnerie : une quête spirituelle…

Mais ne caricaturons pas. Pour les vignerons qui n’ont pas fait d’études, la franc-maçonnerie permet un enrichissement intellectuel plus que financier.

« J’ai mis du temps à comprendre que certains de mes copains étaient francs-maçons, raconte Jean-Louis Huguenot, exubérant vigneron, aujourd’hui retraité, de Marsannay en Bourgogne. Je ne me doutais de rien, jusqu’au jour où l’un d’entre eux m’a proposé de rentrer. J’ai réfléchi six ans avant d’accepter. Quand on est vigneron, on n’a guère de temps pour philosopher. J’ai finalement accepté, car je ressentais le besoin de me perfectionner, de rencontrer des têtes nouvelles… La maçonnerie m’a fait comprendre ma vigne. J’ai saisi la relation entre ce qui vient d’en bas pour aller vers le haut, la symbolique des éléments. J’ai mieux compris le cycle de la vie et le respect de la nature. »

Vin et franc-maçonnerie : biodynamie et maçonnerie…

Marc Kreydenweiss, pionnier de la biodynamie (lire notre article : « Bio et biodynamie : des vins labellisés ») en Alsace et propriétaire en Costières de Nîmes, ne dit pas autre chose. Sauf que ce n’est pas, dit-il, la franc-maçonnerie qui l’a amené à la biodynamie, mais l’inverse.

« Quand on m’a proposé de devenir franc-maçon, j’avais déjà longuement réfléchi aux équilibres naturels, à la relation spirituelle entre l’homme et son environnement. La franc-maçonnerie m’a permis de mieux comprendre ma démarche. À ce propos, il m’est arrivé une histoire extraordinaire. Chaque année, à Strasbourg, pour notre banquet fraternel, le maître des banquets avait l’habitude d’acheter le vin au supermarché. Pour le même budget, je lui ai proposé mon pinot blanc et mon costières-de-nîmes. Au début, les “frangins” n’ont rien remarqué. Puis certains ont commencé à poser des questions. Au bout du compte, on a tout bu. Les gars étaient gais tout en restant maîtres d’eux-mêmes. Et j’ai compris que les effets de l’alcool sont une adéquation entre la qualité du vin et celle de ceux qui le boivent. Le vin n’est pas fait pour la soif. Il est fait pour enrichir l’homme sur le plan spirituel dans son rapport avec l’harmonie universelle. »

Marc Kreydenweiss (photo ci-contre) exprime ici une réflexion philosophique que partagent beaucoup de francs-maçons du vin.

Alain Querre, de la Grande Loge de France, ancien propriétaire du château Monbousquet à Saint-Émilion, parle en philosophe lorsqu’il écrit dans une de ses “planches” : « Le vigneron, dans l’exercice de son art, n’a pas de dogmes à imposer. Il invite au contraire à les dépasser, à admettre que la véritable pensée est créative et n’a pas de limite… Mon cuvier m’a toujours servi de “pensoir” en me fournissant la correspondance matérielle et physique à ce qui était intraduisible en moi. Les raisins et leur transformation m’ont montré certaines lois de la vie psychique et spirituelle ».

Vin et franc-maçonnerie : le profane et le sacré…

Fin de ce récit en Bourgogne, où un vigneron de Ladoix-Serrigny nous fait entrevoir la symbolique profonde qui relie vin et franc-maçonnerie.
« Voici quelques années, la cérémonie d’“allumage des feux”, c’est-à-dire la création d’une loge, s’est faite chez moi. J’avais aménagé ma cave en temple maçonnique. À la fin de la cérémonie, j’ai ouvert une bouteille et commenté le vin de manière symbolique. Le profane et le sacré se rejoignaient dans un verre de vin, ouvrant la voie à la Vérité qui n’est rien d’autre que le partage des mots. Le vin réjouit les cœurs et rapproche les hommes dans la joie de la Fraternité. Ce secret qui loge dans une bouteille est de même nature que celui des francs-maçons : la connaissance de soi acquise dans le partage. »

Appel important pour diffuser la mission des femmes dans la franc-maçonnerie argentine

De notre confrère argentin diarioepoca.com

La conversation a été développée dans le cadre du plan d’activités programmé par la Loge Irupé afin de faire connaître le travail réalisé par les francs-maçons de l’atelier, les objectifs proposés et la mission qu’ils accomplissent en tant qu’organisation philosophique laïque.

Samedi dernier s’est tenu le débat public ouvert « Les femmes dans la franc-maçonnerie », qui comprenait la visite de la présidente de la Grande Loge des femmes argentines, le Dr María Elena Castillo, parrainée par la Loge Irupé de Corrientes , membre de la Grande Loge des femmes d’Argentine et ses autorités.

La conversation a été développée dans le cadre du plan d’activités programmé par la Loge Irupé afin de faire connaître le travail réalisé par les francs-maçons de l’atelier, les objectifs proposés et la mission qu’ils accomplissent en tant qu’organisation philosophique laïque.

Dans un souci de co-construction, cet espace favorise une réflexion sociale ouverte et participative pour accompagner en tant que société, sous les principes de sagesse, d’union, de force, de résilience, de travail et d’utilité.

Le Musée hollandais de la franc-maçonnerie, un patrimoine sans pareil

De notre confrère arthist.net – Par Andrea Kroon , Kroon & Wagtberg Hansen

« Une collection patrimoniale, sans précédent dans le monde »: une introduction au Musée néerlandais de la franc-maçonnerie

Pourquoi cette conférence ?

La franc-maçonnerie est l’un des plus anciens réseaux sociaux au monde. Elle est active aux Pays-Bas depuis 1721 et se distingue par une remarquable tradition rituelle. Pendant plus de trois siècles, la société initiatique a produit un patrimoine culturel impressionnant. Grâce à une politique de collecte stricte, celle-ci a obtenu un statut de musée au milieu du XIXe siècle sous le règne du Grand Maître Prince Frederick (1797-1881) et est ensuite devenue une collection patrimoniale d’importance (inter)nationale. Le musée Vrijmetselarij ou musée néerlandais de la franc-maçonnerie est situé à La Haye.

Le musée se compose de trois collections interdépendantes : archives historiques, bibliothèque scientifique (y compris la célèbre collection Kloss acquise par le prince Frederick) et objets historiques. La collection ne reflète pas seulement le développement de la franc-maçonnerie, ses idées tolérantes et sa tradition rituelle. Il documente également 300 ans d’histoire sociale, politique et culturelle des Pays-Bas et de ses contacts internationaux, ainsi que la vie et les œuvres de 70 000 membres. De l’histoire de l’expansion occidentale à l’émancipation des femmes, de l’histoire de l’art aux études de genre, la collection est une mine d’or pour les chercheurs de toutes les disciplines des sciences humaines.

Le Musée néerlandais de la franc-maçonnerie est donc reconnu internationalement parmi les chercheurs universitaires, bien qu’il soit moins connu du grand public néerlandais. Une raison suffisante pour mettre ce « secret » le mieux gardé de La Haye sous les feux de la rampe lors d’une conférence internationale. Des experts de différents pays et disciplines discuteront de la fondation de la collection et de sa pertinence en tant que patrimoine de calibre international (conférences en anglais). Un conférencier invité spécial d’Amérique (via Zoom) est émérite. prof. dr. Margaret Jacob, auteur de The Radical Enlightenment et Living the Enlightenment. Elle a consulté les archives de la loge hollandaise pour ses recherches révolutionnaires. Cette conférence offre une introduction unique à une collection conservée à La Haye depuis plus de 150 ans et qui devrait continuer à être chérie à l’avenir.

Programme préliminaire de la conférence (09h30-18h00)
– Ouverture par Vera Carasso, directeur Association néerlandaise des musées
– « Le Musée néerlandais de la franc-maçonnerie et de l’étude des sciences humaines » (via Zoom), emerit.prof.dr. Margaret C. Jacob, professeur de recherche émérite, Département d’histoire, UCLA (États-Unis)
– « Des archives de club du XVIIIe siècle au patrimoine national : le Musée néerlandais de la franc-maçonnerie », dr. Andréa Kroon, Kroon & Wagtberg Hansen / Commissaire invitée Vrijmetselarij Museum, La Haye (Pays-Bas)
– « La bibliothèque Kloss, une mine d’or pour les chercheurs », prof.dr. Jan Snoek, professeur d’études rituelles et religieuses, Université de Heidelberg (Allemagne)
– « Archive, bibliothèque, objets. La nature hybride unique des collections maçonniques », Martin Cherry,
– « L’ésotérisme occidental et le Musée néerlandais de la franc-maçonnerie » (via Zoom), prof.dr. Henrik Bogdan, professeur d’études religieuses, Département de littérature, histoire des idées et religion, Université de Göteborg (Suède)
– « Égyptologie et franc-maçonnerie : un exemple d’opportunités de recherche interdisciplinaire », emerit.prof.dr. Eugène Warmenbol, professeur au Dépt. d’Histoire, d’Art et d’Archéologie (Belgique)
– « La franc-maçonnerie et l’étude de la religion. Opportunités de collaboration », prof.dr. Ab de Jong, directeur scientifique du Centre de sciences religieuses de Leiden (Pays-Bas)
– « Des collections privées aux collections publiques. L’avenir des musées maçonniques »,
prof.dr. Andrew Prescott, Département des humanités numériques, Université de Glasgow (Royaume-Uni)

Lieu
L’événement aura lieu à l’hôtel Carlton Ambassador à La Haye, qui est idéalement situé à proximité du Musée néerlandais de la franc-maçonnerie, et un autre lieu important : les salles de loge conçues par Karel de Bazel en 1916. Ces salles, qui ont été créées par l’. architecte de renom, franc-maçon et théosophe, sont maintenant un monument protégé et font partie du complexe de bâtiments Beeld & Geluid Den Haag. Des visites guidées du musée et des chambres de la loge seront organisées pour les participants.

Inscription
La conférence est ouverte aux étudiants, chercheurs et professionnels du patrimoine, ainsi qu’aux membres de la loge et à toute personne passionnée par l’histoire ou le patrimoine culturel. L’inscription préalable est obligatoire.
Frais de participation : 75 € tarif normal / 50 € donateurs OVN / 35 € étudiants (veuillez joindre une copie de votre carte d’étudiant). Les frais couvrent le café, le thé et les boissons à la réception par la suite, ainsi qu’un exemplaire de la publication de la conférence. De plus, les visites sont incluses; cependant, la disponibilité est limitée.
Pour vous inscrire, veuillez envoyer un courriel à info @stichtingovn.nl. Après avoir envoyé votre e-mail, vous recevrez un formulaire d’inscription et des informations complémentaires. Les places seront attribuées selon le principe du premier arrivé, premier servi et ne seront confirmées qu’à réception du paiement.

Référence :
CONF : Le Musée hollandais de la franc-maçonnerie, patrimoine sans pareil (La Haye, 25 mai 23). Dans : ArtHist.net, 6 mai 2023 (consulté le 9 mai 2023), https://arthist.net/archive/39218.

À l’intérieur de la maison Chingford des francs-maçons

De notre confrère anglais walthamforestecho.co.uk – Par Victoria Munro

« Nous ne sommes pas une société secrète », insiste Eric Husband, membre de la branche des mystérieux francs-maçons basée à Chingford, « Nous sommes une société secrète. »

Le Chingford Masonic Hall est un bâtiment supposé d’un étage à quelques pas de la gare de Chingford et du site de rituels et de cérémonies auxquels le public est interdit d’assister, bien que certaines parties du bâtiment soient disponibles à la location pour des fêtes.

Alors que ces rituels complexes – si nombreux qu’un membre de 40 ans m’a dit qu’il ne les avait pas tous appris – sont en cours, deux des 29 maçons actuels de Hainault Lodge gardent les portes de leur espace cérémoniel, l’un armé d’un poignard et l’autre armé d’une épée.

Ils sont censés être prêts à les utiliser si un étranger tente de forcer le passage à l’intérieur. Étant donné que les deux hommes ont, comme de nombreux membres de la loge, dépassé l’âge de la retraite, il n’est pas clair s’ils réussiraient.

Cela dit, il est également possible que le maçon qui m’a dit qu’ils se battraient jusqu’à la mort me tirait la jambe. Parmi les autres loges maçonniques, celle qui couvre Waltham Forest et une partie de l’Essex est apparemment surnommée « Happy Hainault » pour leur amour de la plaisanterie.

Selon la plupart des récits, la plus ancienne fraternité du monde a commencé comme une sorte de syndicat pour les tailleurs de pierre médiévaux, offrant des « loges » où séjourner lorsque le travail de construction de châteaux et de cathédrales les emmenait dans des régions reculées de l’Angleterre. La fameuse poignée de main maçonnique a permis aux membres itinérants aux visages inconnus de prouver qu’ils avaient le droit d’entrer.

Les symboles qui ornent la salle renvoient cependant à une histoire bien plus ancienne. Aux yeux des maçons modernes, ils maintiennent vivantes les traditions qui ont pris naissance avec les constructeurs du Temple de Salomon dans l’ancienne Jérusalem, bien que peu de gens sachent quoi faire d’un bloc de granit aujourd’hui. Un maçon à qui j’ai parlé, par exemple, était électricien, tandis qu’un autre travaillait dans l’informatique.

Quoi qu’il en soit, sur deux bureaux de la salle d’apparat reposent des « pierres de taille », des blocs de pierre que les tailleurs de pierre préhistoriques se seraient entraînés à affûter sur une surface lisse, tandis qu’au plafond est suspendu un « sceau de Salomon », une étoile à six branches composée de deux triangles équilatéraux imbriqués.

Ce n’est pas, me dit-on gentiment mais fermement, une étoile de David. En fait, il ne pouvait pas s’agir d’une étoile de David car un principe central des maçons est que toute discussion sur des religions ou des politiques spécifiques est fermement laissée à la porte.

Morris Sharp, 66 ans, me dit que cette politique a été introduite « dès le début, il y a trois mille cinq cents ans » pour éviter les disputes. Cela était nécessaire car, alors que les maçons doivent avoir une « croyance sincère en un être suprême », quel être suprême est entièrement à leur discrétion.

Au sein du temple, chaque divinité devient le « grand géomètre » ; le maçon qui a construit le monde, pourrait-on dire, tout comme les premiers maçons ont construit des temples. D’autres exigences, ajoute Morris, incluent «l’absence de casier judiciaire» et le «soutien de votre famille», étant donné que les réunions occupent une part non négligeable du temps libre des membres.

Eric, 76 ans, déclare : « Il n’est pas nécessaire d’être un bon ritualiste pour devenir un bon maçon, il s’agit plutôt de votre vision de la vie.

Un élément clé de cela est « prendre soin des autres », une qualité dirigée à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de la loge, puisque plusieurs membres tiennent à souligner combien la loge lève pour la charité chaque année. « Pour nous, c’est une fraternité », ajoute Eric, « Quand ma femme était très malade, je savais que j’avais 30 mecs que je pouvais appeler en sachant parfaitement qu’ils m’aideraient. »

Lorsqu’on lui demande si cette solidarité signifie que les maçons sont une sorte d’opportunité de réseautage, Paul James, 65 ans, me dit : « Parce que nous devenons tous des amis si proches, alors, tout naturellement, si j’ai besoin d’un électricien, la première personne est un électricien dans ma loge. .

« Mais il n’a aucune obligation de me faire des faveurs particulières, en fait je ne voudrais pas cela, je voudrais qu’il me présente une facture sensée et raisonnable. Ce n’est pas différent de frapper à la porte de votre voisin si vous avez besoin d’aide.

En tout cas, les maçons ont pris la décision délibérée de «sortir de l’ombre» au cours des 20 dernières années environ, suite à une baisse du nombre de membres. Alors que les nouvelles recrues devaient autrefois être recommandées par un maçon existant, n’importe qui peut désormais postuler à la United Grand Lodge of England, qui trouvera une loge qui répond à ses besoins.

En plus des loges pour différentes zones géographiques, il existe un certain nombre de loges pour les intérêts, comme la loge pour les amateurs de voitures classiques, qui s’appelle très joliment « Square Wheels ».

La décision de s’ouvrir a été prise dans le but de lutter contre le nombre de théories du complot sur les maçons exerçant une influence sinistre sur la société.

Par exemple, dit Eric, le « mythe » selon lequel les maçons s’en sortent souvent avec des crimes parce que d’autres membres de la police les ont laissés s’en tirer. « Parce que nous étions derrière un manteau de secret, les gens pouvaient dire toutes sortes de choses et nous ne nous sommes pas défendus. »

Les rituels et les cérémonies, insiste-t-il, ne sont «pas une façon d’améliorer le monde mais de s’améliorer soi-même», tandis que Paul explique qu’ils «inculquent des leçons de vie», mais pas comme un «changement instantané». Au lieu de cela, les maçons acquièrent progressivement une « façon d’être » de chaque rituel « après l’avoir écouté pendant une longue période de temps ».

« Cela vous change définitivement », me dit-il, « Cela change votre vision des choses. Cela m’a aidé avec ma confiance, ma capacité à parler devant un public. Cela fait partie d’un processus de croissance et de devenir un individu beaucoup plus complet.

Pourtant, il lui est difficile de dire précisément comment, étant donné qu’il lui est interdit d’entrer dans les détails avec un non-maçon. Une citation directe d’un rituel qu’il est capable de me révéler est qu’ils sont destinés à être « un système de moralité, voilé d’allégorie et illustré par des symboles ».

Pour en savoir plus, il faudrait que je m’inscrive. Alors que Chingford Masonic Hall est l’un des rares dans le pays à abriter une « loge de dames » pour les femmes maçonnes, acceptée pour la première fois dans ce pays au début du 20e siècle, elles ne se réunissent qu’une poignée de fois par an et sont entièrement séparées de leurs homologues masculins.

La seule femme qui ait jamais été à l’intérieur de la salle de cérémonie à Chingford lors d’un rituel des maçons masculins, dit Eric, est Florence, un chien-guide.

Cela dit, tout espoir n’est pas perdu quant à mes chances de rejoindre Happy Hainault. En leur lançant ce que je m’attendais à être quelque chose d’une balle courbe, je pose des questions sur leur politique sur les hommes transgenres qui rejoignent les francs-maçons.

À ma grande surprise – et prouvant qu’ils sont sérieux à propos de ne pas laisser passer la politique – ils sont pour. « Je suis sûr que cela reviendra dans le futur », me dit Morris.

Sociétés secrètes susceptibles d’avoir commis des meurtres

De notre confrère anglais crimeandinvestigation.co.uk

De par leur définition même, les sociétés secrètes sont un terrain d’ombre. Souvent vieilles de plusieurs siècles, avec des rites et des rituels arcaniques, on sait peu de choses sur la plupart d’entre elles. Certains remontent aux syndicats, d’autres sont des dissidents des grandes religions et beaucoup sont d’origine collégiale. Quels que soient leurs débuts, être enveloppé de mystère et de vœux de silence peut conduire à des chuchotements. Et les chuchotements mènent aux rumeurs.

Certaines sociétés secrètes ne sont guère plus que des clubs de souper, collectant des fonds pour des œuvres caritatives. Alors que d’autres sont légèrement plus néfastes et peuvent même avoir été directement impliqués dans un meurtre.

Le 17 juin 1982, un homme a été retrouvé pendu au pont de Blackfriars, près de la Tamise. C’était Roberto Calvi , connu sous le nom de « Banchiere di Dio » ou « le banquier de Dieu », un financier d’élite et corrompu lié au pape et à la mafia. Sa mort n’était pas le suicide qu’il semblait être au départ.

Calvi dirigeait une grande banque en Italie, Banco Ambrosiano, l’utilisant pour blanchir et exporter des devises au nom de plusieurs organisations criminelles ainsi que du Vatican. Lorsque le scandale du Banco Ambrosiano a été découvert, Calvi a fui le pays – avec ses secrets et son levier de chantage emballés à côté de son passeport.

Calvi était un membre de haut rang de Propaganda Due (P2), une loge maçonnique voyous et crapuleux. Ils se surnommaient ‘Les Frères Noirs’ ou ‘Frati Neri’. La signification attachée à l’expression « Blackfriars » a amené certaines personnes à l’époque à spéculer que le meurtre de Calvi était une forme d’avertissement maçonnique.

Ce n’est pas non plus une rumeur légère. Le maître P2 Licio Gelli a fait l’objet d’une enquête formelle et a failli être inculpé pour le meurtre de Calvi. On pense que P2 a perdu beaucoup d’argent dans le scandale et a blâmé Calvi, leur donnant de nombreux motifs. Même s’ils n’étaient pas les seuls.

Gen’yōsha

Dans ses dernières années, le groupe japonais louche connu sous le nom de «Gen’yōsha» était en fait un parti politique légitime. Bien qu’il ne soit pas opposé à l’utilisation du crime et des moyens criminels pour atteindre ses objectifs. Dans sa première incarnation, «The Black Ocean Society» était une communauté beaucoup plus souterraine avec des liens historiques avec la célèbre classe militaire des samouraïs.

Ultranationalistes, de droite et farouchement anti-chinois, les Gen’yōsha ont utilisé la violence dans leur conflit avec la Chine, mettant même en place des plans pour prendre le contrôle du Japon et envahir la Corée pour étendre le territoire du pays en vue d’une guerre contre les Chinois. Pendant leur temps, ils ont été liés à de nombreux attentats terroristes et meurtres.

L’occupation américaine du Japon à partir de 1945 a vu la dissolution du Gen’yōsha. De nombreux membres plus âgés se sont simplement retirés de la politique et du crime, mais de nombreux membres plus jeunes ont rejoint divers Yakuza à travers le Japon et ont maintenu l’esprit et les idéologies des Gen’yōsha en vie.

Francs-maçons

À l’origine une guilde de tailleurs de pierre, les francs-maçons remontent à environ 800 ans. L’archétype de la société secrète, leurs rites et rituels sont synonymes du concept de société secrète. De nos jours, il y a tellement de loges maçonniques qu’on pense que les loges britanniques comptent à elles seules plus de 200 000 membres, avec près de six millions de francs-maçons qui viennent grossir les rangs de l’organisation dans le monde.

Alors que la plupart des activités de la loge sont stupides, des rumeurs de corruption et de complot ont tourmenté le groupe furtif pendant des siècles.

Le 12 septembre 1826, un certain William Morgan, emprisonné pour vol, est libéré de prison par deux individus qui prétendent avoir réglé sa dette. Il a été transporté dans une voiture, pour ne plus jamais être revu ni entendu. Aucun corps n’a jamais été découvert non plus.

Au dire de tous, Morgan avait récemment rejoint une loge locale de francs-maçons et avait commencé à menacer de révéler les secrets de The Craft. Il serait donc logique que ceux de la loge – peut-être instruits par des supérieurs au sein de l’organisation – cherchent à faire taire Morgan.

Que William Morgan ait été assassiné ou non et que le meurtre ait été sanctionné / perpétré par les francs-maçons est difficile à prouver ou à réfuter. Tout ce que nous savons avec certitude, c’est que c’était une terrible communication pour les maçons et qu’elle a conduit à une immense méfiance à leur égard.

Le voyou

De nos jours, un voyou est un criminel de droit commun, qui n’est considéré avec aucune estime. Le nom vient du Thuggee indien, un groupe de trompeurs et d’escrocs qui exerçaient leur commerce criminel en Inde entre le XIIIe et le XVIIIe siècle.

Ils étaient peut-être connus sous le nom de « Thugs », mais ils n’étaient pas des voyous. Pas comme nous comprenons le mot maintenant, en tout cas. Les Thuggee étaient en fait une équipe d’assassins hautement qualifiés qui ont parcouru le sous-continent indien pour voler et assassiner des gens.

Ils tuaient à volonté, mais au lieu de se comporter comme un groupe de méchants en maraude, ils se comportaient davantage comme une secte. Secrets et insaisissables, ils tuaient de manière rituelle, étranglant silencieusement leurs victimes avec le nœud coulant en tissu qu’ils portaient avec leurs vêtements.

Le Thuggee adorait la déesse hindoue de la destruction et du renouveau, Kali. Ce culte tueur, gang, mafia ou société secrète – appelez-les comme vous voulez – aurait tué plus de 30 000 Indiens en sacrifice à Kali.

Thélème

Nous commencerons par dire que le « nouveau mouvement religieux » de Thelema n’a pas vraiment été accusé d’un grand acte de mal meurtrier par qui que ce soit en particulier. Cependant, le fondateur du groupe ésotérique, Aleister ‘The Beast’ Crowley, l’a beaucoup fait.

Vénéré dans le monde occulte, Crowley n’était certainement pas un adepte des règles des autres et avait peu de temps pour les conventions sociétales ou juridiques. En fait, Thelema – l’un des nombreux groupes/mouvements/religions/cultes magiques secrets qu’il a mis en place – était centré sur l’idée que sa volonté était plus importante que toute autre chose. Y compris la loi. Mais cela s’étendrait-il au meurtre ? Certains le prétendent.

« La malédiction de Toutankhamon » aurait frappé l’équipe qui a découvert la célèbre tombe du pharaon antique en 1922. En fait, jusqu’à 20 personnes liées à la découverte auraient connu une fin prématurée, mourant dans des circonstances étranges. Six d’entre eux ont rencontré leur créateur à Londres. Il a été théorisé que Crowley était derrière la « malédiction ».

Selon certains historiens, « l’homme le plus méchant du monde » a orchestré une série de meurtres rituels en guise de « vengeance » pour la découverte de la tombe du roi Tut par l’archéologue britannique Howard Carter. Si cela est vrai, il a commis de tels actes lors de l’établissement de Thelema en Grande-Bretagne.

On dit que l’analyse des journaux, des écrits et des romans de Crowley démontre qu’il était un tueur imitateur obsédé par Jack l’Éventreur. Un qui n’était que trop heureux d’invoquer la malédiction d’une momie.

Ordre du Temple Solaire

En 1994, 48 membres du groupe secret Doomsday, L’Ordre du Temple Solaire, ont été retrouvés morts et brûlés au Québec. Des enquêtes ultérieures ont conclu que 15 des morts se sont suicidés en ingérant du poison. Les autres ont été tués par balles et par asphyxie.

Certains des morts étaient des enfants, donc même s’il y avait un aspect de suicide de masse volontaire dans les meurtres, les enfants n’auraient pas pu donner leur permission expresse. En tant que tels, leurs morts – à tout le moins – peuvent être considérées comme des meurtres.

André Comte-Sponville est venu parler du bonheur à la GLDF (Vidéo intégrale)

Gros succès pour la conférence publique avec le philosophe André Comte-Sponville.

Plus de 500 participants étaient réunis le 4 avril dernier, en notre Hôtel de la Grande Loge de France à Paris, pour écouter le philosophe André Comte-Sponville, intervenant d’une conférence publique dont la thématique portait sur le « Bonheur ».

Cet événement organisée par la Respectable Loge « Abbé Grégoire » à l’Orient de Paris, sous l’égide de la Grande Loge de France, a rencontré un vif succès auprès du public maçon mais aussi profane, qui a pu découvrir la Grande Loge de France et les valeurs véhiculées à travers la démarche maçonnique.

Collaboration présumée dans la persécution des francs-maçons ?

De notre confrère du Vénézuela elnacional.com – Par Stéphane Oria

Je demande d’enquêter devant la CPI sur le Grand Maître Colonel Ubaldo Jiménez Silva, pour collaboration présumée dans la persécution des francs-maçons

Karim Khan , procureur de la Cour pénale internationale, a annoncé le samedi 1er avril 2023 que l’enquête sur l’affaire du Venezuela se poursuivra « puisqu’il est considéré qu’il existe une base raisonnable de croire que des crimes contre l’humanité ont été commis ».

Je lui ai demandé ce qu’il était advenu des corps, le détective m’a dit qu’ils avaient probablement été coupés en morceaux et jetés dans la rivière… L’avocat m’a dit qu’il avait vu les corps de près ; qu’ils avaient reçu des coups de grâce… J’ai entendu dire qu’un des trois arrêtés avait été violé par ses ravisseurs… Tous ces récits traitent de la persécution des francs-maçons menée par le régime Maduro entre 2017 et 2018.

Chers lecteurs, je partage avec vous des extraits de la lettre que j’ai récemment envoyée au procureur Karim Khan à l’occasion de l’activation de la VPRS et en relation avec l’affaire de persécution des francs-maçons que j’ai suivie, il y a 4 années consacrées à ce sujet délicat qui me concerne personnellement. Avec ce document un cycle ou un chapitre se clôt, je reviens à mon activité dans mon domaine professionnel en science politique et marketing avec la satisfaction d’avoir rempli mon rôle dans la défense des droits de l’homme, souhaitant que tous ceux cités soient invités à comparaître devant ces tribunaux en tant que témoins, victimes et autres catégories.

Cher Procureur Karim Khan

Cour pénale internationale

Son bureau.

Tout d’abord, recevez un salut cordial, servez cette lettre pour vous féliciter pour votre travail en faveur de la détermination des responsabilités pour les milliers de crimes déjà connus qui ont été commis au Venezuela, dont la responsabilité présumée incombe aux responsables du gouvernement Maduro, connus sous le nom de régime.

L’occasion d’exposer et d’expliquer la nature de la persécution des francs-maçons au Venezuela est opportune, en ce sens il convient de noter conformément aux critères utilisés par la CPI « conformément à la règle 85 du règlement de procédure et de preuve, les victimes sont des personnes qui ont subi un ou plusieurs préjudices du fait de la commission de crimes relevant de la compétence de la CPI. Les parents et proches de ces victimes sont également considérés comme des victimes .

« Les victimes peuvent également inclure des organisations et des institutions lorsque leurs actifs dédiés à certaines fins sont lésés à la suite de la commission d’un crime relevant de la compétence de la CPI… »

La persécution des francs-maçons au Venezuela était un fait public et notoire, que la presse nationale et internationale a rapporté comme une action généralisée, mais cela a été fait systématiquement, affectant les francs-maçons liés à Oscar Pérez, principalement ceux qui le connaissaient personnellement mais aussi ceux de nous qui, sans avoir de relation personnelle, partageons sa loge avec lui, et qui, en raison de notre profession ouvrière et de notre position politique, nous inscrivons dans le profil des suspects du régime Maduro pour avoir publiquement répudié sa dictature, avons également été touchés par ladite persécution. Revue de presse https://www.elnacional.com/opinion/denuncian-a-maduro-por-persecucion-y-crimenes-contra-masones-venezolanos/

Il faut préciser que tout comme il y a eu des francs-maçons qui ont été directement touchés, il y a eu ceux qui n’ont pas subi de représailles, ainsi que ceux qui auraient participé en collaborant avec le régime Maduro.

C’est à cause de ces derniers, pour ceux qui auraient collaboré avec le régime Maduro au détriment de leurs frères, que je vous écris dans cette lettre, afin de vous informer et demander qu’ils soient convoqués à comparaître devant une enquête sur ses fonctions aux fins de déterminer sa participation ou non aux responsabilités pénales individuelles.

Je veux établir que je fais cette demande dans le cadre de mon droit en tant que citoyen vénézuélien, directement affecté par le fait d’être membre de la Loge Santiago Mariño N 208, me voyant contraint de m’exiler du pays, étant absent de ma famille avec des conséquences terribles pour moi, l’abandon de mon travail et de mes biens, à cause de la persécution contre les maçons que Maduro a entreprise contre les membres de ma loge.

En ce sens, je veux présenter une série de circonstances concernant le comportement de la personne qui était le Grand Maître de la Grande Loge du Venezuela et la principale figure de la franc-maçonnerie vénézuélienne entre les années 2016-2019, le colonel de la Garde nationale Juan Ubaldo Jiménez Silva, dans ce qui, à mon avis, le rend digne de cette demande d’enquête devant son bureau, afin de déterminer s’il a ou non des responsabilités en tant que collaborateur présumé dans la persécution des francs-maçons en raison de sa relation avec Oscar Pérez.

Le type de crime présumé auquel j’évoque et dénonce tout au long de ma présentation, qui n’est pas le critère d’un juriste, mais celui d’un politologue spécialisé en relations internationales, qui essaie humblement de comprendre ce qui s’est passé et de partager ses inquiétudes à la recherche de conseils. En ce sens, des violations des droits de l’homme auraient pu être commises dans les commissions présumées de crimes d’incitation à la haine, de diffamation, de dissimulation d’informations, de complot en vue de partager des informations personnelles avec des organisations de sécurité de l’État dénoncées pour crimes contre l’humanité, d’inviolabilité de l’information, de désinformation et de déni du droit de secourir, toutes ces présomptions de crimes et autres que votre bureau et vos experts considèrent.

En principe, je voudrais vous informer qu’en juillet 2017, en raison de l’événement public et notoire du prononcé d’Oscar Pérez demandant la démission de Nicolás Maduro et appelant à l’article 350 de la Constitution du Venezuela, le vénérable professeur de la Loge Santiago Mariño N 208 Rubén Rodríguez a invité tous les membres de la loge à se présenter pour la célébration d’un procès maçonnique contre Oscar Pérez (…). Rubén Rodríguez m’a informé qu’il suivait les instructions du Grand Procureur, une autorité dépendant de la Haute Chambre sous la direction du Grand Maître Ubaldo Jiménez Silva.

Selon la version (…) les personnes présentes ont été invitées à se désaffilier d’Oscar Pérez, la majorité acceptant de maintenir l’affiliation d’Oscar Pérez. (…) Je n’ai pas assisté au procès maçonnique en raison du caractère politique de cet appel, qui pourrait également être interprété comme une violation des droits fondamentaux (…) Trois semaines après le procès, les frères Oscar Pérez et José Pimentel , suivant la version dont je dispose, le vénérable maestro Rubén Rodríguez lui a refusé l’accès à l’atelier, rendant de facto effective la non-affiliation des deux maçons.

La décision du vénérable maestro Rodríguez impliquait qu’ils soient expulsés de l’atelier, conscients qu’à la périphérie du Grand Temple, Oscar et Pimentel étaient recherchés par la police politique de Maduro, soupçonnée d’avoir reçu l’ordre de les assassiner (… ) dans ce qui semble avoir été une absence totale de devoir d’assistance.

Cher procureur, j’ai déclaré que je n’étais pas présent ce jour-là dans la loge, car j’avais commencé à entrer dans la clandestinité à partir du jour où j’ai appris le procès d’Oscar Pérez et après avoir lu le prétendu document signé par le colonel Silva qui a déclaré Oscar Pérez méritant un procès pour crime de trahison contre la patrie.

Ci-dessous, je transcris pour vous des extraits du contenu du document :

Le Très Resp :. Grand Maître de la Très respectable Grande Loge de la République du Venezuela R:.H:. JUAN UBALDO JIMENEZ SILVA, en vertu des pouvoirs qui lui sont conférés et par l’autorité de la loi au nom de la Haute Chambre maçonnique de justice, je remplis le devoir de publier cette déclaration (…)

  1. Que l’article 18 dudit titre précise « Les devoirs des francs-maçons sont : (…) La qualité de franc-maçon se perd : 1) pour trahison , 2) pour action déshonorante ; et celui dont la perte de ladite qualité a lieu dans une sentence définitive prononcée dans un procès maçonnique conformément à l’article 21 de notre Constitution.
  2. Que l’une des attributions en tant que Grand Maître conformément aux dispositions de l’Ordre Juridique Positif est d’agir en qualité de Juge et de présider le tribunal au Statut du Parquet Maçonnique.

ACCORD ET DURÉE

Tenez procès contre Q:.H:. Oscar Alberto Pérez, carte d’identité n ° 15943499, après avoir évalué la conduite dans les différents événements où le Q:.H:. Oscar Alberto… Fin du rendez-vous.

Voir copie imprimée du décret dans ce lien ( https://comisionmasonicaddhh.com/decreto-de-expulsion-de-oscar-perez/ )

Je tiens à souligner dans cette requête devant votre cabinet Monsieur le Procureur, l’importance que prennent les procès maçonniques pour les dictatures lorsqu’ils parviennent à pénétrer dans les loges, je présume dans le but d’exposer la personne à la haine ou au mépris public et en plus de lui retirer toutes les formes de secours, à cet égard, en janvier de cette année, l’ancien Grand Maître de la Grande Loge de Cuba Francisco Javier Alfonso Vidal a demandé l’asile aux États-Unis et a déposé de sérieuses plaintes à ce sujet. Alfonso Vidal a accusé les responsables de Díaz-Canel de lui avoir demandé de mener un procès maçonnique pour expulser José Ramón Viñas Alonso, lorsqu’il a refusé cette requête et d’autres il a été menacé, ce qui l’a forcé à se réfugier, dit Vidal qu’il y a une faction liée au gouvernement de La Havane au sein de la Grande Loge de Cuba, dirigée par des officiers de contre-espionnage.https://www.cubanet.org/destacados/ni-traidor-ni-cobarde-entrevista-al-ex-gran-maestro-de-la-masoneria-en-cuba/

Précisément en termes de contre-espionnage, concernant le récit que le régime Maduro a apparemment tissé en relation avec un réseau présumé de collaborateurs d’Oscar Pérez au sein des loges, il est opportun d’inviter le bureau du procureur de la CPI à étudier la prétendue déclaration offerte par le responsable de la Défense publique et franc-maçon Ramón Delgado, devant le tribunal militaire du premier tribunal de contrôle basé à Caracas (…). Le procès-verbal est daté du 16 juillet 2017.

Je transcris un extrait ci-dessous :

« À la salle d’attente afin de pouvoir écouter la déposition du citoyen accusé : Ramón Fernando Delgado Vegas, titulaire de la carte d’identité n° V-XX.XXX.XXX, qui a déclaré :… « Je nie les accusations dont on m’accuse, j’étais à Santa Fe, dans la maison d’Oscar Pérez, pour le Groupe franc-maçon, je l’invite dans un groupe de ska, pour des activités cinéma, nous avons rassemblé des livres et des idées, nous avons échangé pour monter en classe supérieure. Ils se rencontraient le 25 juin 2017, à Santa Fe, il m’invite à monter dans l’hélicoptère puis à tirer, c’est alors que je lui réponds « tu es fou »… En conséquence, le juge militaire citoyen a accordé le droit parler au citoyen Freddy Jesús Velásquez en sa qualité de défenseur privé du citoyen afin de poser les questions qu’il devait poser au citoyen accusé et par conséquent répondu, si je veux poser des questions à l’accusé, dites votre relation avec le citoyen Oscar Pérez ? Il a répondu : Il a eu 3 mois de relation maçonnique. Illustre au Tribunal sur la franc-maçonnerie ? Il a répondu : C’est pour l’être intérieur et le bien-être de tous. Quels sujets y sont abordés ? Il a répondu : Nous avons parlé du travail qui va être fait. À cause de ça? Il répondit : Avec des mouvements pour monter au grade supérieur. C’est tout… » Téléchargez la déclaration complète ici (https://comisionmasonicaddhh.com/dictamen-tribunal-declaracion-ramon-delgado/ ).

Après avoir publié leurs déclarations ou célébré le procès de Ramón Delgado, à la mi-juillet 2017, les premières convocations du Cicpc (juillet-août) aux membres de la loge Santiago Mariño N 208, ceux touchés à cette époque, Rubén Rodríguez, Yhonny Calderón, Jameson Jiménez, Galian Sánchez et Marcial Jiménez ont été, selon le témoignage d’un des proches des détenus, obtenu à partir de leur déclaration à la presse, ils ont été détenus pendant plus de 12 heures pour interrogatoire.

En décembre 2017, la maison de Yhonny Calderón, qui travaillait comme deuxième gardien de la loge Santiago Mariño, a été perquisitionnée, son rôle était d’instructeur des apprentis, Oscar Pérez et José Pimentel étaient apprentis (…) Le raid sur le Calderón’s s’est produit le 27 décembre 2017 et son mandat d’arrêt a été émis le 6 février 2018. Je demanderais à votre honneur d’appeler frère Calderón à témoigner.

En janvier 2018, Jameson Jiménez, un membre de la loge, qui était aussi un ami d’enfance d’Oscar Pérez, a été kidnappé par les collectifs. Apparemment, il a été soumis à de terribles tortures. Ce cas a été largement rapporté dans la presse, on sait qu’il a été libéré lors d’une fausse opération de sauvetage par la police FAES, puis de nouveau, a été arrêté et poursuivi pour le crime présumé de trahison. Je demande au parquet d’appeler cette victime et ce témoin à témoigner.

Je tiens à souligner que jusqu’à ce moment-là, aucune de ces arrestations n’a été dénoncée par la Grande Loge du Venezuela, bien qu’elles aient été rendues publiques et notoirement rapportées dans la presse.

Le 17 janvier, le régime de Maduro localise les allées et venues d’Oscar Pérez et de José Pimentel, on sait qu’après des négociations avec les responsables de Maduro, ils ont décidé de se rendre. Oscar Pérez a demandé que sa vie et celle de ses compagnons soient respectées, ce qui s’est passé ensuite est connu sous le nom de massacre d’El Junquito, ils ont tous été exécutés de manière extrajudiciaire, le crime a été enregistré, devenant une preuve.

J’étais au courant de l’inaction de la Grande Loge du Venezuela, j’avais peur que l’information soit cachée, j’ai donc contacté la Grande Loge de l’Equateur dans la figure de son Grand Maître Humberto Plaza, ils ont été les premiers à exposer la relation d’Oscar Pérez avec la franc-maçonnerie et condamnant la dictature de Maduro pour le crime commis, puis il a été remplacé par la plupart des Grandes Loges hispanophones, en particulier la déclaration publiée par la Confédération maçonnique interaméricaine se démarque. Lire la déclaration complète du CMI sur ce lien https://comisionmasonicaddhh.com/comunicado-de-la-cmi-condenando-el-crimen-de-oscar-perez/

Une fois que le régime Maduro a commis les crimes horribles contre Oscar Pérez et José Pimentel, la Grande Loge du Venezuela a publié une déclaration signée par le grand maître Ubaldo Jiménez Silva, je veux partager quelques extraits du document controversé.

« Il n’est vrai d’aucune manière que les organes disciplinaires de la Grande Loge de la République du Venezuela aient ordonné et encore moins décidé (…) l’expulsion maçonnique de Q:.H : Oscar Pérez »

« Avec tout le respect que je vous dois, j’exhorte les autorités nationales à enquêter sur les événements qui se sont produits .

« Il est également obligatoire d’observer comment un autre personnage a fait mention dans les réseaux sociaux, que certaines loges de notre juridiction auraient été « pillées » par les services de renseignement militaires, un fait qui n’est pas vrai »

« Dans un autre ordre d’idées, il faut admettre qu’il est absolument vrai que certaines loges de la juridiction ont été visitées et les membres de leurs conseils d’administration invités à se confronter devant les agences de renseignement militaire »

« Face à ces circonstances, il est imposé, le cas échéant, de se conformer aux devoirs et obligations que la Constitution de la République bolivarienne du Venezuela et les lois indiquent… Lors de la comparution devant ces organes, puisqu’il n’y a rien à cacher, il est recommandé aux représentants des Loges de collaborer à l’enquête menée par [les forces de sécurité de l’État disant la vérité ».

Le document est signé par le colonel Jiménez Silva avec Franklin Barboza en sa qualité de grand secrétaire, le document peut être téléchargé sur ce lien https://comisionmasonicaddhh.com/wp-content/uploads/2022/07/Comunicado-de-Prensa -par-Venezuela-1.pdf

Monsieur le Procureur Khan, mi-2018, les disparitions forcées des francs-maçons Wilmer Muñoz et Juan Hurtado ont été dénoncées. La plainte a été déposée par l’ancien détective du Cicpc Endry Méndez, publiée dans ma chronique à El Nacional.

Selon la déclaration obtenue, le détective Endry Mendez a été appelé par Alfredo Tovar comme ancien grand secrétaire au nom des autorités de la Grande Loge du Venezuela(…) Selon la version du détective Méndez, il a rencontré les épouses, mené les enquêtes , après ses travaux de recherche, il est arrivé à la conclusion que les deux maçons ont été soumis à une disparition forcée par les agences de sécurité de l’État, désignant la DGCIM et Sebin comme responsables. https://comisionmasonicaddhh.com/datos-generales-para-la-descarga-de-masones-desaparecidos-wilmer-munoz-y-juan-hurtado/

Le détective m’a dit qu’il avait donné des preuves de condamnation aux épouses, les avait partagées avec Alfredo Tovar et Ubaldo Jiménez. Il a mentionné qu’il avait demandé l’aide des deux responsables de la Grande Loge du Venezuela parce qu’il soupçonnait que sa vie était en danger en raison de l’exposition qu’il avait eue lors de l’enquête sur ces cas, la Grande Loge a ignoré la demande d’aide, le détective a dû fuir à l’extérieur du Venezuela. Une fois en exil, il a été la cible d’un prétendu attentat contre sa vie, qu’il soupçonne d’avoir été ordonné par le régime Maduro. Aujourd’hui le détective Endry Méndez demande de l’aide pour pouvoir déménager en France, il soutient que sa vie est toujours en danger alors qu’il est en Amérique du Sud. Publication de l’article complet dans ce lienhttps://www.elnacional.com/opinion/testigo-de-desapariciones-forzadas-de-masones-pide-ayuda-para-llegar-a-francia/

L’une des hypothèses traitées dans cette affaire est l’extermination présumée du réseau d’aide d’Oscar Pérez, on soupçonne que les deux fonctionnaires figuraient peut-être sur la liste de contacts d’Oscar Pérez, avec l’atténuation que des agents de contre-espionnage pourraient avoir obtenu vos données dans les fichiers du Grande Loge selon l’interprétation de vos instructions émises dans le document 1 daté du 26 janvier 2018 dans le cadre de votre appel à collaborer avec le régime Maduro, donc par conséquent lors du croisement des données et de l’obtention d’une correspondance, elles auraient pu faire l’objet de certaines formes de parti pris et de représailles qui ont abouti à leur disparition forcée, je demande une enquête à cet égard et que les responsabilités soient déterminées. Données généraleshttps://comisionmasonicaddhh.com/datos-generales-para-la-descarga-de-masones-desaparecidos-wilmer-munoz-y-juan-hurtado/

Monsieur le Procureur Khan, au cours des années 2017 et 2018, la Grande Loge du Venezuela a insisté auprès de ses membres pour mettre à jour leurs données personnelles, ils n’ont pas inclus de mention d’être responsable de la protection des données personnelles, ils n’ont pas mentionné l’utilisation qu’ils en feraient les données personnelles, la Grande Loge du Venezuela, en plus de demander les données des membres, a également demandé les données des épouses et des enfants.

Monsieur le Procureur Khan, je souhaite partager d’autres informations d’intérêt, à la suite de la traque que le régime Maduro a entreprise contre Oscar Pérez, la Cour Nationale du Droit d’Asile en France dans son avis du 13/12/2018 après audience la défense, a accordé l’asile au citoyen Ángel Fajardo González, membre de la Loge Santiago Mariño n° 208, en raison du danger pour sa vie que représentait le fait d’avoir fait partie de la même loge qu’Oscar Pérez. Publication de l’article complet dans ce lien https://www.elnacional.com/opinion/francia-otorga-asilo-politico-a-mason-que-frecuentaba-la-logia-de-oscar-perez/

Monsieur le Procureur Khan, avec cette décision, le premier précédent juridique a été établi qui reconnaît pour la première fois la situation de violation des droits de l’homme en raison de l’appartenance à un groupe social spécifiquement la franc-maçonnerie au Venezuela et en particulier pour être associé au Santiago Mariño Lodge N 208 dont Oscar Pérez était également membre, cela démontre le degré de persécution et d’extermination utilisé par le régime Maduro contre certains maçons.

Le procureur Khan, le tribunal des droits de l’homme du Royaume des Pays-Bas a accordé l’asile politique à l’avocat William Jiménez, membre visiteur de la loge Santiago Marino N 208, Jiménez pour l’affaire Oscar Pérez, William était ancien directeur du service d’inspection au Senamecf ( https://comisionmasonicaddhh.com/wp-content/uploads/2022/01/REMISION-INFORME-CASO-15-DE-ENERO-2018.pdf), était présent lors de l’autopsie pratiquée sur Oscar Pérez et ses compagnons, depuis l’exil il a été le premier à dénoncer l’intention du régime Maduro d’effacer les preuves, il a empêché l’incinération des corps d’Oscar Pérez et a identifié la chaîne de commandement présent lors des irrégularités, parmi lesquels des vice-ministres, des hauts responsables militaires du régime Maduro, j’ai publié leur plainte dans ma colonne d’opinion. Les deux cas des frères William Jiménez et Ángel Fajardo ont démontré la gravité de ce qui s’est passé dans la persécution des francs-maçons au Venezuela, leurs témoignages ont été et sont très importants pour la cause de la justice. Publication de l’article complet dans ce lienhttps://www.elnacional.com/opinion/william-jimenez-identifica-sospechosos-en-informe-de-la-exfiscal-entregado-a-la-corte-penal-internacional/

Enfin, Monsieur le Procureur Khan, je ne veux pas dire au revoir sans mentionner que le colonel Jiménez Silva aurait été condamné en cour martiale en 1999, selon le document publié sur le site TSJ. Il a fait l’objet d’un avis qui l’a condamné à une peine de 11 ans de prison pour la commission présumée des crimes de vol de fonds, appartenant aux forces armées, dans un degré de continuité et d’abus d’autorité. Je comprends qu’il a ensuite été acquitté par le TSJ.

Leurs phrases sont toujours publiées sur le site de TSJ , j’ai fait une copie imprimée de ces phrases dans le but de les conserver au cas où elles seraient supprimées ( https://comisionmasonicaddhh.com/ubaldo-jimenez-silva-sentencia-sala – constitutionnel/ )

Monsieur le Procureur, la franc-maçonnerie vénézuélienne a une longue tradition en faveur des libertés. Simón Bolívar a été un libérateur de 5 nations et Francisco de Miranda, un précurseur de l’indépendance en Amérique latine, tout comme 37 citoyens éminents qui reposent au Panthéon national. Il s’agit d’Andrés Eloy Blanco, président de l’Assemblée constituante du Venezuela en 1946 ; Luis Beltrán Prieto Figueroa, président du Congrès de la République du Venezuela 1962 ; tout comme les présidents du Venezuela Raúl Leoni, Jaime Lusinchi, Octavio Lepage et Juan Guaido. Notre institution mérite la conformité de tous ses membres aux intérêts supérieurs de l’humanité, l’adhésion aux valeurs et principes de la démocratie.

Pour tout ce qui précède, Monsieur le Procureur Khan, nous restons à votre ordre dans l’espoir que les enquêtes seront ouvertes et détermineront s’il y a eu ou non des responsabilités dans les dossiers des demandes d’enquête déposées, espérant qu’à défaut nous serons convoqués déclarer tout ce qui précède.

Je vous dis au revoir en vous souhaitant du succès dans votre gestion.

José Esteban Oria

Politologue, président de la Fédération vénézuélienne des politologues

Membre de la Loge Santiago Mariño N 208

Groupe Adhoc Commission Maçonnique Internationale des Droits de l’Homme

Lien du contenu complet de la lettre https://comisionmasonicaddhh.com/carta-al-fiscal-karim-khan-solicitandole-investigar-al-past-gran-maestro-coronel-gn-jimenez-silva-por-presunta-colaboracion- en-persécution-des-maçons/