A l’initiative de la Loge tourangelle “Joie et Fraternité” du DROIT HUMAIN et avec le concours de trois autres loges de Touraine (« Clarté » et « Amour et Lumière » à l’Orient de Tours, « Les Pierres Vives » à l’Orient de Chinon), Amande PICHEGRU Grand Maître National de la Fédération française, animera une conférence-débat à Tours le vendredi 24 février 2023 à 19h30 dans la salle des mariages de la mairie de Tours (place Jean Jaurès) sur le thème “La franc-maçonnerie du DROIT HUMAIN – 130 ans de voyages initiatiques en mixités”. L’entrée est libre et un verre de l’amitié clôturera cet évènement.
La veille, soit le jeudi 23 février, Amande PICHEGRU sera en direct sur le plateau de TV TOURS pour le talk-show « LOCAL GENIAL » diffusé à 17h45 (rediffusion sur le net à retrouver via ce lien)
Deux femmes, deux Sœurs, deux styles, un même ouvrage. Une réussite.
Deux parties bien différentes, quoique ? Les mots servent toujours de support à la mémoire des… Femmes ! Ils donnent du sens et de l’harmonie au monde. Aristote (384-322 av. J. -C. ) ne disait-il pas : « La poésie est quelque chose de plus philosophique et de plus grande importance que l’histoire ». Dans une première partie les poèmes de Laurette Grossmann et dans la seconde les textes de Marie-Dominique Massoni.
Nous comprenons les poèmes, sous les titres évocateurs de « Silence », « Initiations », « Le doute », « Ombres et clartés », « Rituels », etc.
Pierre gravée d’un haïku.
Nous y trouvons , comme des haïkus, cette forme très concise de poésie japonaise permettant de noter les émotions, le moment qui passe et qui émerveille ou qui étonne, des sujets tels que, par exemple, « La nef des fous », « le Styx », « L’entaille », « L’instant », « L’unisson », « La nuit », « Trois coups », « La beauté », « La beauté du geste », « À la fraîcheur des étoiles », « Je suis et je serai ».
Les amateurs de poésie apprécieront.
Marie-Dominique Massoni
Quant aux textes de Marie-Dominique Massoni*, avec les mêmes titres, c’est sans règle de versification que notre Sœur s’exprime. Des mots forts, puissants, tout en profondeur, qui alimentent notre pensée.
Un ouvrage de réflexion où l’initiée pourra puiser à loisir afin d’étancher sa soif. Pour être en chemin !
Sous la peau des silences – Sous le voile des images
*Créatrice et ancienne directrice de la collection Voix d’initiées– publiée par Conform Édition et lancée en mars 2012 – de la Grande Loge Féminine de France, Marie-Dominique Massoni a aussi présidé aux travaux de la Loge Nationale de Recherche « Bathilde Vérité ». Autrice de plusieurs livres dont Du Féminin et de sa quête en franc-maçonnerie (Detrad aVs, 2015), prix littéraire de l’Institut maçonnique de France (IMF) 2015 catégorie Essai-Symbolisme, son chemin a partie liée avec le surréalisme. Elle est l‘actuelle présidente de la « Chaîne d’Union des écrivains, journalistes, éditeurs et réalisateurs », plus connue sous le nom de « La Fraternelle des écrivains ».
Est-ce l’Initiation ou le Rituel qui transforme deux fois par mois un « profane » en initié ? le résultat est là : Comme le dit l’article « rédaction » du 16 février sur 450FM => le franc-maçon est content !
Ce samedi 18 février 2023, le grand maître du Grand Orient de France, Georges Sérignac, est venu à Perpignan pour célébrer le 250e anniversaire de l’obédience maçonnique sous son nom actuel. La liberté de conscience et la laïcité étaient au cœur du programme de la journée, dans le cadre de laquelle deux conférences ouvertes au public étaient notamment organisées. Quand la franc-maçonnerie se dévoile.
Célébrer « 250 ans pour la liberté de conscience ». Tel était le leitmotiv de la visite du grand maître du Grand Orient de France, Georges Sérignac, vétérinaire de son état, ce samedi 18 février à Perpignan. La commémoration portait plus précisément sur la mue qu’a effectuée en 1773 la première grande loge de France, rebaptisée cette année-là Grand Orient sur fond de montée en puissance des idées démocratiques et républicaines. D’où la référence à la liberté de conscience.
Dans le cadre de la commémoration, Georges Sérignac a notamment planté, avec l’aide de la présidente du conseil départemental, Hermeline Malherbe, un arbre de la laïcité au Centre d’union humaniste de Perpignan, l’un des lieux de réunion des quelque 600 francs-maçons que recense le Grand Orient dans le département. À l’occasion de la venue de son grand maître, le Grand Orient a également organisé dans l’après-midi deux conférences axées autour de la laïcité (« Condorcet, l’instruction publique et la laïcité », suivie de « Femmes et laïcité ») à la salle Canigou, dans le quartier de la Porte-d’Espagne.
450.fm a obtenu une interview exclusive de Pierre Mouzat, né en 1958 à Brive-la-Gaillarde (Corrèze), qui a rejoint, en 2013, les artistes labellisés Maecene Arts.
Dans les années 70 il découvre la sculpture dans l’atelier de Jean Loup Delaroche à Loudun et suit des cours de dessin à l’Académie de Jacques Gabriel Chevalier.
Blason de Brive-la-Gaillarde
Après un diplôme de l’école Boulle (École supérieure d’arts appliqués) à Paris, major de sa promotion en sculpture, il se consacre à la décoration d’intérieur pendant 15 ans. Revenu à sa première passion, en 1999 il est le lauréat d’un concours national pour la réalisation du buste de François Mitterrand (1916-1996) érigé Espace François Mitterrand à Château-Chinon (Nièvre), sur la Promenade.
Pierre Mouzat expose dans de nombreuses galeries et différents salons d’art contemporains en France, à Londres, à Stockholm, à Karlsruhe, à Beyrouth…
Pierre Mouzat est choisi en 2021 pour réaliser un bison monumental à Brive, surnommée « Le riant Portail du Midi », inauguré dans le Parc Simone Veil, le 25 juin 2022.
Le bison et sa symbolique
Le bison, animal à la fois mythique et mystique pour les Amérindiens, nous enseigne les lois de l’abondance universelle. Dans la Roue Médecine, le bison est le gardien de la porte du Nord. Cette dernière est celle des Ainés, de la Sagesse, des Enseignements Sacrés et finalement du bon et juste comportement que chacun devrait avoir avec tout et tous.
Le bison montre la voie de la générosité, du partage, de l’esprit communautaire, du respect de soi, des autres et des valeurs.
Insigne du 126e RI
Ici, c’est la Corrèze… Ici, c’est un bison pour Brive
Insigne de béret – infanterie
La sculpture monumentale a été inaugurée samedi 25 juin à 10h place Simone Veil, au cœur de l’ancienne caserne Brune, fief historique des Bisons du 126e régiment d’infanterie, présent à Brive depuis 116 ans et dont les missions sont la projection à l’étranger, l’intervention avec une spécialisation dans les déploiements d’urgence surtout amphibie et une contribution, sur le territoire national, à la sécurité de la population. Le bison est l’emblème du régiment.
Un colosse lourd d’une tonne
Cette sculpture en bronze a dû être moulée en pièces détachées. Un défi dû aux dimensions de ce colosse : 1,80 mètres au garrot et trois mètres de long. « Il y avait 22 morceaux de bronze qui ont été remontés. Cette patte par exemple a été entièrement remontée, et il ne faut pas qu’on voit les soudures », explique Pierre Mouzat.
5e drapeau du 126e RI
450.fm a obtenu une interview exclusive de Pierre Mouzat.
Sceau GODF
Frère à talent s’il en est, notre très cher et bien-aimé Pierre est le Vénérable Maître de la Loge La Fraternité, pratiquant le Rite Français, l’Orient de Brive. Une loge du Grand Orient de France, fondé en 1867.
450 : Pierre Mouzat, vous êtes un enfant de ce beau pays de Brive « riant portail du midi », en Corrèze. Pouvez-vous nous raconter votre parcours en tant que membre d’une famille d’artistes bien particulière : celle des sculpteurs.
Le Bison du 126e RI
Pierre Mouzat :Effectivement je suis né en Corrèze , plus précisément à Chanteix.
Dans ma vie, une catastrophe a été déterminante, puisque j’ai perdu mon père d’un accident de voiture à l’âge de 11 ans. Jusque-là, j’étais un bon élève , et en 4e, suite à ce choc émotionnel, je n’ai rien foutu et je me suis fait viré.
Ma mère, veuve m’a demandé ce que je voulais faire comme métier… je lui ai répondu, coiffeur ou ébéniste. Elle m’a répondu, le premier patron d’apprentissage que je trouve seras le bon. Et elle a trouvé un ébéniste qui faisait de la sculpture sur bois.
450 : Comment avez-vous commencé ?
PM : Après cette première tentative où cet artisan qui faisait de la série ne m’a pas appris grand-chose , mais au moins j’ai découvert la sculpture. Je suis ensuite parti à Loudun dans la vienne chez Jean-Loup Delaroche qui m’a non seulement appris le b.a.-ba de ce métier mais qui m’as transmis sa formidable passion. En parallèle, je suivais des cours de dessin chez Jacques Chevalier, professeur à l’académie des beaux-arts à Brive.
Et ses deux hommes, m’ont préparé pour le concours d’entrée à l’école Boulle à Paris. Et miracle j’ai été reçu .
L’artiste à l’œuvre
Après mon diplôme de l’école Boulle, fin des années 70, la mode a changée et nous sommes passés du Louis XIV, Louis XV, Louis XVI (mobilier avec de la sculpture) au Louis Philippe (pas de sculpture).
Il ne me restait que deux solutions pour exercer ma sculpture :
professeur dans une école de sculpture ou 2. à la restauration dans un musée.
Aucune de ses hypothèses s’étant présentées, et avec mon diplôme de l’école Boulle, je suis rentré dans des magasins d’ameublement.
J’ai travaillé dans le mobilier en tant que décorateur/vendeur.
C’est comme ça que j’ai travaillé pour Cinna , Roche Bobois, Musterring, Mobalpa, etc.
Sculpture Pierre Mouzat
450 : Quel a été votre déclic ?
PM : Début des années 1990, il y a 2 éléments qui vont faire que je vais revenir à la sculpture
Monde du travail avec toujours plus de marge, de rentabilité, de pressions au chiffre
Envie de répondre , le jour de ma mort à une question : aurai-je pu vivre de la sculpture ?
Alors, j’ai tout laissé tomber et je suis revenu à mon premier métier .
Inauguration Parc Simone Veil, le 25 juin 2022.
450 : Quelles sont vos principales sources d’inspiration ?
PM : Ma sculpture, par rapport à mon traumatisme parle de la fragilité de la vie…
Mort de mon père et de mon frère, ça marque forcément. Ma sculpture est l’être et non le paraître
La construction d’un individu est faite par les vides et les manques beaucoup plus que par les pleins
Toujours ces manques qui construisent . D’où ma sculpture décharnée et fragile.
Mais à contrario, mes personnages, mes animaux tiennent en équilibre, sans socles.
On dit de moi que je suis le sculpteur de l’équilibre…
Cette sculpture peut être dérangeante, car elle nous met face à notre propre finitude, face à notre déchéance et face à la mort.
Inauguration Parc Simone Veil, le 25 juin 2022.
450 : Quels sont les matériaux que vous préférez travailler ?
PM : Je travaille du plâtre, de la terre ou de la cire. Mais mes sculptures sont toutes en bronzes. Bronzes à la cire perdue.
450 : Pour vous, que représentent les enjeux d’une œuvre ?
PM : Une œuvre d’art doit avant tout véhiculée une émotion… Tout le reste c’est de la philosophie.
450 : Quelle est la genèse de cette sculpture monumentale qu’est le bison du nouveau quartier Brune, à Brive-la-Gaillarde ?
PM : Le bison est l’emblème du 126e régiment d’infanterie de Brive.
La caserne ayant déménagée , ce bison marquera l’emplacement de ces anciennes casernes à Brive .
450 : Artistiquement parlant, quels sont tes projets ?
PM : J’ai des projets d’exposition, Toulouse, Genève, etc.
Quant à mes projets, certains sont encore secrets, c’est la raison pour laquelle je vais rester discret .
Plan de l’Atlas des routes levé à la demande de Daniel-Charles Trudaine, vers 1760. Sur ce plan, le nord est à gauche.
450 : Et la franc-maçonnerie dans tout cela ?
Quels sont, pour vous en votre qualité d’artiste, les principaux apports de l’Art Royal ? A-t-il une influence sur vos œuvres ?
PM : La franc maçonnerie est pour moi le prolongement de la maçonnerie opérative.
En effet , la plupart des maçons n’ont qu’une idée symbolique de nos outils, et ne s’en sont jamais servis. La maçonnerie est une belle école de vie pour mettre en application les valeurs forte de notre humanité.
Je suis actuellement le vénérable maître de ma loge : la fraternité . Et j’espère insuffler cette part d’opératif dans nos réflexions.
Sculpture Pierre Mouzat
Car trop souvent dans la vie nous entendons des personnes expliquer comment faire ce qu’ils n’ont jamais fait.
Pour mieux nous éclairer encore sur la carrière et les œuvres de notre Frère à talent Pierre Mouzat, nous vous laissons prendre connaissance de sa « démarche artistique ». On appelle « démarche artistique » un court texte qui explique le cheminement, les intentions, les objectifs de création et de production d’un artiste.
La démarche artistique de Pierre Mouzat
« Dans ma sculpture, c’est le corps qui fait matière, c’est ce qui est premier. Que ce soit des corps humains ou d’animaux.
Sculpture Pierre Mouzat
Des corps qui osent revendiquer un vécu.
Et de cette vie, apparaît une usure matérialisée par des vides, comme autant de manques. Ces manques qui nous construisent beaucoup plus que nos pleins.
Quelques drames liés à des pertes ont certainement contribues à faire naître une peur viscérale de la mort…
Or vieillir… c’est vivre.
Mes sculptures sont des espaces intimes car elles sont le reflet de nos blessures, de nos angoisses de mort, de notre finitude et de notre part d’animalité.
Sculpture Pierre Mouzat
Cette condition faite à l’homme que son sort a contraint à trébucher, tomber et se relever sans cesse, sans que la résignation ne l’emporte complètement.
Et c’est pour cette tragique condition humaine, que l’on ne peut avoir un peu de compassion.
Inauguration Parc Simone Veil, le 25 juin 2022.
Je sculpte à fleur de peau et c’est l’enveloppe corporelle qui fait sens.
Je sculpte des corps, des corps humains ou d’animaux, toujours des corps, ici aucune abstraction.
C’est le corps qui fait matière, c’est ce qui est premier. Des corps qui peuvent et osent revendiquer un vécu . Des corps ou la chair quitte les os. Des corps usés, décharnés.
Sculpture Pierre Mouzat
Et c’est de cette usure que naît le vide. Ce vide qui évoque le manque, les manques qui nous construisent. Et ce sont certainement ces manques beaucoup plus que les pleins qui construisent un individu.
Mes sculptures sont le reflet de nos blessures et de notre part d’animalité.
Cette absence et ce vide disent de notre difficulté d’aimer, de l’impossible partage et de notre solitude face à soi-même.
Sculpture Pierre Mouzat
Et c’est pourquoi nous nous reconnaissons dans nos angoisses de mort, au travers de notre souffrance et de notre condition humaine si tragique.
Ce qui explique que la première vision de ces corps provoque une mise à distance de l’observateur. Mise à distance par l’inexistence de rondeur.
Inauguration Parc Simone Veil, le 25 juin 2022.
Aucune familiarité, aucune esthétisation.
Car même si l’esthétisation reste subjective, je veux parler de celle qui est la norme de notre époque et par conséquent la norme sociale. Aujourd’hui le modèle se doit d’être jeune, beau, respirant la santé et la performance. En quelque sorte, surmonter les lois de la nature. Et de fait, il traduit de notre refus actuel de la finitude, de la temporalité et de la possibilité même de notre propre mort.
A contrario, avec ma sculpture, j’ai envie de dire, acceptons le réel, regardons-nous en face et osons accepter notre part d’humanité ou du moins ce qu’il en reste.
Et même si mes corps ont vus l’impensable et qu’ils gardent, au plus profond, quelques secrets , ils traduisent la condition faite à l’homme que son sort a contraint à trébucher, tomber et se relever sans cesse, sans que la résignation ne l’emporte tout à fait.
Raison d’espérer ? Peut-être… peut-être pas… mais affronter cette petite part d’humanité est l’unique façon de l’améliorer.
Caserne Brune, ancienne caserne de stationnement du 126e régiment d’infanterie, Brive-la-Gaillarde.
Mon violoncelliste usé tout comme son instrument dit quelque chose du corps pour produire du beau et atteindre le spirituel. Mais il dit surtout que c’est toujours la même musique… sous-entendu que nous répétons toujours les mêmes erreurs.
Sculpter est une façon de donner forme à l’informe, d’agréger cette alter matière afin d’essayer de capter cette lumière noire pour montrer ce qui s’enfuit, ce qui nous échappe inexorablement.
Sculpture Pierre Mouzat
Et s’il est une chose qui nous échappe , c’est bien le temps. Lorsque j’étais enfant j’avais l’impression qu’il m’échappait, me semblait insaisissable et surtout plus court.
Et même si: « les hommes disent que le temps passe, le temps lui dit que ce sont les hommes qui passent ». Cette idée me paraît tellement juste qu’elle me réconcilie avec Cronos et son sablier.
Maintenant sur un plan plus technique dans l’acte de sculpter.
Tout d’abord, la sculpture est un art en 3 dimensions . Par rapport à la peinture, cette dimension met un sens en éveil et en fonction… le touché.
Le touché, et là encore, quand on est né prématuré, on va en couveuse… et le contact physique est restreint au minimum vital. Est-ce pour compenser que je pratique un art qui met le toucher en avant ? Est-ce encore la traduction d’un manque?
Sculpture Pierre Mouzat
Sur un plan moins philosophique et plus technique. Je pense que dans l’acte de sculpter se mélange deux choses : l’acquis et le ressenti.
L’acquis : j’ai fait un apprentissage de sculpteur complété par un diplôme de l’école Boulle . Ce qui sous-entend des compétences techniques auxquelles s’ajoutent une petite connaissance de l’art avec tout ce qui a pu se faire en matière de sculptures. Le mélange de toutes ces acquisitions fait que l’on est plus ou moins attiré par une forme de sculpture . Je suis plus attiré par Louise Bourgeois, Germaine Richier et Giacometti que par Botero.
Le ressenti : cette attirance complétée par ton vécu engendre des émotions pour un type de sculpture. Et c’est ce mélange qui crée une écriture graphique particulière et personnelle.
Quand on me demande quel est ce réel , je ne parle pas de vérité, mais de réalité.
De cette réalité qui est que vivre c’est vieillir et mourir . Notre société préfère se mouvoir dans le paraître plutôt que dans l’être . Ce paraitre qui est par essence faux , ou du moins édulcoré et superficiel .
Alors qu’être, intègre cette fragilité émouvante ou l’homme peut vaciller à tout moment et donne tout son sens à notre condition humaine, et pour laquelle on ne peut avoir qu’un peu de compassion. »
Quand nous pensons sentences et maximes, nous ne pouvons que penser aux Réflexions ou sentences et maximes morales, communément connues sous le nom de Maximes, un ouvrage de l’écrivain, moraliste, mémorialiste et militaire La Rochefoucauld (1613-1680). Et pourtant, ici et maintenant,
Francis Dorfiac, initié à l’âge de 35 ans au sein de la Grande Loge de France en 1979, reçu dans les hauts grades en 1984 et fait 33e degré du REEA en 2007, et par ailleurs contributeur à Points de Vues Initiatiques et à Ordo Ab Chao (revue de la Juridiction du Suprême Conseil de France) nous entretient des sentences et maximes maçonniques du grade de Maître Secret, le 4e degré du Rite Écossais Ancien et Accepté. De celles reçues lors de la cérémonie dès que le Trois Fois Puissant prononce l’ouverture de travaux « Puisque la grande lumière parait dans cette Loge et que nous sommes Maîtres Secrets, il est temps de commencer notre ouvrage; avertissez que je vais ouvrir la Loge… ». Sentences et maximes qui donnent, bien évidemment, à penser et à méditer. Et sûrement, ensuite, une fois assimiler, à agir.
Francis Dorfiac en 2015
Cet ouvrage sur les « Sentences & Maximes des Hauts Grades Maçonniques » inaugure cette nouvelle collection que nous devons à ce dynamique éditeur qu’est Numérilivre qui ne compte pas moins de six collections toutes aussi intéressantes les unes que les autres pour approfondir nos connaissances dans l’Art Royal (Le franc-maçon dans le temple ; Le franc-maçon dans la cité ; Quêtes et Spiritualité ; Images et Spiritualité ; Chroniques ; Sentences & Maximes des Hauts Grades Maçonniques).
Fort aussi de son expérience de conférencier (Entretiens Condorcet Brossolette avec « Maîtriser la vie, maîtriser sa vie » ou encore « La construction de soi », Académie Maçonnique. Campus Maçonniques, Rencontres Écossaises.) et de formateur (Rencontres des jeunes Maîtres à Port-Royal, formation des nouveaux Vénérables Maîtres à Royaumont), Francis Dorfiac nous parle du voyage ou plutôt des voyages. « Ce recours à la pratique, qu’il soit physique ou symbolique, est généralement inhérent à toute voie initiatique. Chaque étape de ce voyage marque une progression allant dans le sens du plus profond vers le plus élevé ».
Bijou 4e degré REAA : clé couleur ivoire.
Ceux du 4e degré sont du domaine de la recherche d’une connaissance métaphysique en quête de Vérité et de la Parole perdue ». Ces voyages sont ponctués de sentences et c’est justement celles-ci que l’auteur décrypte. Du premier voyage qui invite au discernement, à la réflexion au deuxième qui demande écoute, tolérance et respect de l’autre, au troisième qui rappelle l’incontournable humilité et les justes proportions de l’homme dans le Cosmos, et enfin du quatrième, ou le futur Maître Secret est invité à inscrire toute sa vie dans les voies de la Justice.
Tablier de Maître Secret
C’est ainsi que nous trouvons au sommaire, passé l’avant-propos : A la recherche de la parole perdue/Vous commencez à pénétrer dans les hautes régions de la Connaissance Spirituelle/Vous ne vous forgerez point d’idoles humaines pour agir aveuglément sous leur impulsion/Écoutez tous les hommes avec attention et déférence/Ne profanez pas le mot de Vérité en l’accordant aux conceptions humaines/Ce que la franc-maçonnerie vous demande c’est d’aimer la Justice, de la révérer, de marcher dans ses voies, de la servir de tout votre cœur et de toute votre âme/Il n’y a de réellement admirable que la Loi universelle/L’accomplissement du Devoir/La recherche de la Parole perdue/Ne pas prendre les mots pour des idées.
Ces maximes données au récipiendaire et énonçant de manière concise, une évidence, une vérité chargée d’expérience ou de sagesse et renfermant parfois une moralité sont comme un abrégé de ce que devrait être notre comportement de Maçon. Pensées, préceptes, vérités morales qui doivent être comprises comme des règles d’action et guider notre conduite.
Sentences et Maximes-4e degré
Francis Dorfiac – Éditions Numérilivre, Coll. Sentences & Maximes des Hauts Grades Maçonniques, 2023, 14 pages, 18 €
« L’avenir ? Entre les colonnes, exprime tes émotions ! »
« C’est aux Francs-maçons, non seulement de choisir leur destin, mais de le construire : serviteurs de ce monde ou fils de la lumière. L’ordre vivra de la vie de ceux qui lui donneront les clefs de l’avenir » (Jean Mourgues)
Jacques Fontaine fut initié en 1969. En double appartenance, il cumule 74 ans d’investissement avec ses deux Loges bleues. Il appartient à la lignée des Frères, des Sœurs qui pensent que la Voie maçonnique des rites de style français[1] s’oriente irrésistiblement vers une spiritualité pour agir.
Il annonce, dans son ouvrage-testament : « Plaidoyer pour une survie de la Franc-maçonnerie » ce que pourrait devenir l’Ordre. Homme de terrain, il décrit les pratiques concrètes dans la conduite des tenues En cela. Jacques Fontaine est un des rares refondateurs actuels. L’avenir vérifiera la justesse de ses visions, intuitions et prévisions
La Franc-maçonnerie a un avenir possible
Demain, avec l’effondrement annoncé de la planète et des humains, avec l’informatisation qui contrôlera tous les aspects de la vie sociale et de nous-mêmes, avec les guerres et les pandémies qui sont lois de nature, les relations entre les personnes deviendront de plus en plus rares. Elles resteront, pourtant absolument indispensables ; des organisations libres pourvoiront à enrayer ce délire de solitude qui rendra fou une majorité. Or la Franc-maçonnerie, si elle se réforme, dans ses aspects vieillots et ringards, pourrait jouer, comme d’autres, un vrai rôle salvateur. Ce que nous ânonnaient, sans être bien écoutés, nos anciens tels Oswald Wirth, Daniel Beresniak, Jean Mourgues, Johannis Corneloup qui affirma : « La Tradition n’est pas la conservation des cendres, mais la transmission de la flamme ! ».
Or, la vieillotte manière de s’exprimer en tenue ne répond guère à ce projet de développement. La planche est l’archétype de la négation du miroir de l’initiation. Tu me diras : « Mais les échanges qui suivent la planche ne répondent-ils pas à la pleine conscience attendue ? ». Pas du tout ! Ils ne font que conforter les points de vue intellectuels sur le sujet traité. Ils délivrent, avec une lumière vacillante, les émotions. Or les experts l’ont montré depuis plus de 80 ans, les émotions sont à la base de nos paroles et de nos comportements.
Une conclusion brutale et salvatrice s’impose pour la Maçonnerie de demain. Celle qui fournira l’antidote salvateur à la dépersonnalisation qui enfle déjà aujourd’hui et nous transforme en automates névrosés et consentants. Cette conclusion, la voici. Finies les planches monologuées, les pseudo-débats et les échanges « intellectuels » de monnaie de singe. Il sera indispensable, si nous voulons survivre, de mettre en œuvre une méthode qui mette en relation plurielle les Sœurs, les Frères. Je n’invente rien. Déjà des réponses existent depuis l’avènement de la psychologie humaniste, inaugurée par Abraham Maslow[2]. Depuis, les approches confiantes dans le développement humain se multiplient, car plusieurs chercheurs ont senti le vent du désastre ; la qualité hypocrite de beaucoup de politique, l’abominable et belle publicité… Peu à peu, absence de relations humaines authentiques, à cause des fascinations anesthésiantes. Celles des écrans, des mots enfilés à la hâte, dans le train, la réunion, le déjeuner…
L’espoir est incrusté dans des perles de l’initiation.
La Maçonnerie garde le germe d’un espoir. Lors de l’initiation, dans la plupart des Loges, un rituel de génie : on présente, à l’enlèvement du bandeau, un miroir au candidat pour qu’il retrouve le chemin traditionnel du « connais-toi toi-même », peu parcouru en fait ! Mais quelques secondes après, le miroir descend et le candidat voit le visage d’un membre de la Loge. A lui de comprendre qu’il se connaîtra très bien dans les sensations et émotions que l’autre éprouve à son égard ! C’est le principe d’une méthode simple qui pourrait renverser le dispositif vieilli de la planche de type professorale, même si elle s’en défend. Elle ouvre sur une réelle meilleure connaissance de soi, celle qui passe par la conscience des impressions que nous faisons autour de nous. Comment faire ? Interroger sans cesse notre entourage ? N’y pensons-pas.
Or il existe une méthode simple et extraordinaire qui pourrait être d’un apport décisif pour les Maçons, dans leur recherche de ce qu’ils sont aux yeux des autres. C’est le Dialogue intérieur. Galilée l’avait pressenti : « On ne peut rien enseigner à l’homme. On peut seulement l’aider à trouver la réponse à l’intérieur de lui-même ». Nous pouvons, sans vergogne, puiser dans des techniques qui sont en train de bouleverser notre conception de l’humain.
Le Dialogue intérieur
Le Dialogue Intérieur dont j’ai mesuré, en week-end, toute la puissance et la déconcertante facilité apparente. Elle est née aux États-Unis, dans les années 80, de la recherche d’un couple de psychologues, Hal et Sidra Stone. Voici comment ils présentent leur enfant : « outil de communication à la simplicité trompeuse mais au pouvoir puissant ». Elle se répand comme une trainée de poudre en Europe. Plusieurs dizaines de milliers de livres ont été distribués aux quatre coins du monde sur cette pratique évidemment traduite en français[3].
Je vais te décrire comment, en s’inspirant du Dialogue intérieur, la Voie maçonnique peut t’apporter une méthode idoine et puissante, de connaissance de soi. D’abord, le concret pour que tu te représentes bien ce qui remplacerait avec force et efficacité les ennuyeuses ou/et érudites planches. Ensuite nous prendrons de recul pour dégager la méthode. Mais avant, un bref rappel sur le fond commun de toutes les initiations. La pratique du Dialogue Intérieur s’appuie en effet sur cette observation universelle ; en particulier mise en œuvre dans notre Franc-maçonnerie. Voici ! Pour naître ou, selon les croyances, renaître, libéré du poids des personnages et disponibles pour une nouvelle vie, le fœtus et l’enfant jusqu’à 6, 7ans va se forger en fonction de son environnement. Et cela pour la vie entière. Le génie maçonnique a magnifié cet événement d’une manière admirable. Tu auras reconnu la cérémonie d’initiation. Tout commence là. L’initiation est bien, selon les sensibilités, un accouchement dans la Loge-mère ou une remontée dans le ventre maternel. Ni nu ni vêtu, évidemment pour rappeler la nudité humaine[4]. Ainsi, nous sommes à la naissance un enfant « vulnérable », qui, au cours de sa vie adoptera tel ou tel comportement dans telle ou telle situation, en laissant plus ou moins de côté, la possibilité inverse ; celle qui aurait pu être utile. Par exemple, le méfiant va, à l’aide du Dialogue intérieur libérer en lui un minimum de confiance qu’il n’a pas assez. Le pacifiste, s’enrichira du colérique. Le rebelle apprendra ce qu’est, pour lui, l’obéissance et les bénéfices qu’il peut parfois en tirer. Traduction dans notre méthode[5].
Le Dialogue intérieur : comment pour la Maçonnerie ?
Il s’agit de s’inspirer du Dialogue intérieur, dans ce qu’il a de passionnant pour nous et sa résonance avec l’esprit du rite et nos valeurs. Deux Maçons : l’un pose des questions à l’autre sur ce qu’il exprime de lui spontanément. Mais, attention, ce n’est qu’une simplification considérable de la méthode originelle. Voici mon point de vue, évidemment contestable
Sept personnages qui décrivent souvent le Maçon idéal.
Dans un entretien de Dialogue intérieur, les personnages sont issus du facilité ; ce sont les siens, ils sont nombreux et variables. Dans la Voie maçonnique, ils sont limités aux sept profils qui constitueraient la personnalité d’un Maçon idéal. Ils sourdent, sans cesse, de nos arcanes, les mythes, ritèmes[6] et symboles. Ils incarnent notre idéal. Mon expérience m’amène à en compter sept. Mais mon choix est issu de 60 ans de tenues ; sans doute en sens-tu moins, voire plus, au fond de toi.
Voici, en tout cas, les 7 personnages que j’ai dégagés de mon expérience, mais je suis certainement incomplet et maladroit. A toi, avec les autres, de modifier ma perception. Pour moi ils sont inlassablement présentés dans nos cérémonies. Soit l’un, soit l’autre, parfois les deux. Mais attention il ne s’agit surtout pas de dualité ; il n’y a pas de bons ou de mauvais côtés, seulement des aspects psychiques qui prennent le pas en chacun de nous. Or se pencher sur le trait de caractère que nous avons peu est source d’enrichissement de soi et pour les autres. Car les 14 profils sont utiles pour notre bonheur. Mais pour se connaître mieux, il y faut une condition : que nous parvenions à retrouver, au fond de nous l’opposé que nous avons repoussé petits (fœtus – 6, 7 ans) : trouver en soi nos « repoussoirs » que le petit enfant « l’Enfant vulnérable » a enregistré, en délaissant le profil opposé ; puisque toute initiation est une remontée au fœtus. Voici les sept modèles maçonniques :
Le Frère, la Sœur Amour/Haine – La fraternité est exigée dès le serment. Ce qui invite à travailler sur sa réserve et ses reculs à l’égard de certains membres de la Loge. C’est très difficile parce que cela ne se décrète pas. Il y faut le temps ! C’est aussi l’estime de soi dont certains(es) sont cruellement dépourvus(es).
La Sœur, le Frère, Géométrie/Improvisation – Toute l’allégorie de la construction du temple de Salomon nous est servie à toute occasion. Ce qui nous est soufflé : nous nous construisons, nous nous sculptons, dans la tension vers le Maçon idéal.
Le Frère, la Sœur Éloquence/Silence – Nous nous y entraînons sans cesse : un seul, en tenue, parle à la fois et pour que les élans soient mesurés, chacun(e) demande la parole dans les formes requises. Attention ! Ce n’est pas simplement pour bien écouter ; c’est aussi une invitation à faire le silence de la conscience ordinaire en soi.
La Sœur, le Frère, Rébellion/Obéissance
Le Frère, la Sœur, Solitude/Engagement
La Sœur, le Frère Transmission/Discrétion – Les Maîtres s’entendent dire sans cesse qu’ils doivent[7] transmettre dans le monde profane, par l’exemple de leurs actes les valeurs qu’ils ont acquises. Cette transmission s’effectue aussi à l’intérieur de la Loge, par les plus anciens aux générations qui les suivent.
Le Frère, la Sœur Franchise/Réserve
Le dispositif scénique est toujours le même : le facilité et le faciliteur sont assis devant le tapis de Loge, en face à face et tournés vers l’Orient. Le faciliteur pose les questions au facilité sur les émotions, sentiments que suscite en lui-elle le profil de chaque rôle, et appelle quelques exemples ; sans émettre le moindre jugement, mais en s’efforçant de faire revenir le facilité à son enfant avant que la culture impose ses codes. Répétons que le but de la sagesse, dans les initiations, est de retrouver l’enfant que nous fûmes, du fœtus jusqu’à 7 ans environ. Le reste est badigeon culturel. Baudelaire, entre de nombreux autres, l’affirme : « Le génie c’est l’enfance retrouvée à volonté ».
Un exemple concret, celui de l’Amour/Haine
Le faciliteur posera sans doute dans les premières questions : « Que représente pour toi la fraternité ? », « Pourquoi y es-tu attaché ? », « Depuis quel âge à peu près ? », « Quelles forces tu lui prêtes ? », « Pourquoi, selon toi, c’est une clef de l’harmonie humaine », « Comment pratiques-tu la fraternité ? », « As-tu deux ou trois exemples où tu as mis en œuvre la fraternité, en pleine conscience ? »
Puis, à chaque fois qu’un trait maçonnique, ici la fraternité, a été exploré chez le facilité. Le dispositif s’inverse : les deux changent de chaise. Maintenant le faciliteur va pousser le facilité à évoquer le contraire : par exemple, le faciliteur peut demander : « Tu as dit que la fraternité était une nécessité humaine. Mais est-ce vrai dans tous les cas que tu as vécus ? Ne déployer que ton amour, c’est la seule réponse ? Tu as évoqué, discrètement, tout à l’heure, des limites que tu poses d’emblée au tout amour. Jusqu’où et pourquoi ? Tu as aussi évoqué l’intolérance ; jusqu’où va la tolérance pour toi ? Telle Sœur t’agace, je l’entends ? Alors quelles émotions éprouves-tu alors ? Peux-tu aimer à tout moment, sans réserve ? Tu parais en fait, tout au fond de toi, réservé ! »
A chaque tenue, deux profils pour deux facilités, 30 à à 40 minutes de Dialogue intérieur à chaque fois. Puis la parole aux colonnes. Chacun(e) témoigne : quelles émotions ces déclarations suggèrent-elles, en lui, en elle. Sans aucun jugement sur les déclarations de l’Enfant vulnérable du facilité : mes émotions, pas mes jugements et mes intellectualisations.
Au total, une bonne tenue. Il va de soi qu’une année ne suffit pas pour que tous les membres gagnent en vision lucide sur eux, elles.
Se libérer en chaleureuse fraternité.
Comme nous l’avons vu plus haut, nous apprenons à mieux ressentir l’Enfant vulnérable que nous fûmes au regard des sept modèles maçonniques. Mais ce n’est pas suffisant pour en avoir une vraie vision lucide. On sait qu’au fur et à mesure que se construit, dans notre esprit, un personnage, son opposé est évoqué, par nous-mêmes, comme un repoussoir. Par exemple, celui qui a un personnage d’activiste considèrera, de facto, que le personnage du paresseux, comme il le perçoit, est à fuir à tout prix. Tandis que celui qui est décontracté et prend son temps, se méfiera comme de la peste de celui, celle qui est agité(e). En bref, chacun(e) est prisonnier de ses représentations et tombe dans le gouffre sans fond du dualisme qui induit le désespoir, l’insolence ou/et l’isolement. La méthode du Dialogue intérieur simplifié prend ce danger en charge : le faciliteur aide le facilité à reconnaître ses opposés et à leur trouver leur place en elle, en lui.
Quand je rencontre mon « Enfant vulnérable »
Peu à peu, de tenue en tenue, année après année, ces sept premiers personnages m’imprègnent. J’arrive à la pleine conscience quand je parviens à remonter à la toute mon enfance, où se construit l’Enfant vulnérable. Ces rôles, quels qu’ils soient, je les ai forgés, pour protéger le petit être que je fus, fragile et soumis aux désirs, comme aux peurs. Ils ont tous un rôle de protecteur à jouer. Cette rencontre est un grand moment initiatique. Je me retrouve en mon centre, avec les rôles qui me composent assez clairement mais aussi lucide sur leurs plus ou moins opposés. Les uns comme les autres veillent sur moi, l’Enfant vulnérable, trame de toute ma vie.
Quand émerge enfin la « vision lucide » au-delà de soi
Progressivement, le Frère, la Sœur va voir de plus en plus clairement en lui ses personnages et leur opposé positivé. Les uns et les autres forment des continuums sur les- quels la Sœur, le Frère se positionnent désormais avec plus de réalisme que le sinistre dualisme des qualités et des défauts, si prisé naguère chez les Francs-maçons. Un exemple : Le Frère Jacques, compagnon, jusqu’à peu, se glorifiait d’être attaché à la qualité de ses productions. Il ne laisse rien en plan. Il trouve, sans grande conscience de son jugement à la hache, que la Sœur Marie-Paule ne finit jamais rien, ne se prépare pas beaucoup, d’ailleurs, pour y arriver. Vraiment pour lui, c’est du laisser-aller. Et puis, il commence à assimiler son degré de Compagnon, fait de rencontres, de partage et de fraternité. Le Premier Surveillant lui a expliqué qu’il avait intérêt, et sa Sœur Marie-Paule aussi, à chercher et à trouver, les bons aspects de ce « laisser-aller » dont il affuble la Sœur. Au cours d’une tenue, la réponse lui est venue soudain : Sa Sœur est à l’aise, calme et détendue et lui, souvent sous tension. Du coup il est revenu du jugement qu’il porte sur le personnage qu’il croit être soi, le Perfectionniste. En fait il est mu par les rôles qui en dépendent. Lui aussi, comme sa Sœur, se situe quelque part entre la lune et le soleil. Il voit désormais clair dans sa position. Entre le Perfectionniste et le Détendu. Grâce à cette vision lucide, il devient moins exigeant vis-à-vis des personnes très détendues. Il a bougé. Conséquence : sa fraternité s’est accrue.
On peut faire la démonstration à partir des jeux de Marie-Paule. Et cela pourrait donner en miroir. Le Frère Jacques est « pointilleux, il n’est jamais satisfait… ». Elle s’efforce de positiver : elle trouve que ce Frère est, en fait, soigné, attentif à ce qu’il fait. Elle comprend que son jugement était faussé par son propre côté détendu. C’est la vision lucide qui l’enjoint de revoir sa position : il y a à prendre des deux côtés. Désormais cette Sœur non seulement ne sera plus agacée par le perfectionnisme du Frère jacques mais, en plus, elle s’en inspirera pour faire bouger une détente qui, parfois, confine au laisser-aller.
Ma Sœur, mon Frère ne tardons plus, évoluons !
Oswald Wirth, dès son époque, comme quelques rares autres initiés, avait senti la nécessité d’avancer. Voici ce qu’il écrivit sans sourciller : « Loin d’être prête à mourir, la F⸫M⸫ n’a pour ainsi dire pas encore vécu, qu’elle est à peine sortie de sa période d’enfance. Née d’hier, en tant qu’institution historique, elle s’est développée, elle a grandi mais elle n’a pas atteint l’âge adulte, la phase qui permet aux êtres de prendre possession d’eux-mêmes… »
Cette prise de conscience ouvre des portes que nous cherchons tous à ouvrir. Je ne résiste pas à vous citer une phrase qui m’émeut, annonciatrice de notre dimension cosmique. C’est l’Orateur d’une de mes Loges, qui chante la labilité drapée de nos richesses intérieures : « Chacun de nous sera prêtre et fidèle en même temps ; il sera, en même temps citoyen et métèque, croyant et athée. Il sera le premier, il sera le dernier. Ici même il sera la Terre, il sera le Ciel, il sera l’Eau, il sera le Feu. Il sera la houle, il sera le rivage. Il sera la Mort, il sera la Vie. Mais qui ou quoi qu’il soit, quoi qu’il fasse, il devra garder les yeux grands ouverts sur lui-même, pour voir tel qu’en lui-même l’initiation le change ».
[1] Rites de style français – les rites français à proprement parler, les REAA, les RAPMM, le RER. En sont exclus les rites anglo-saxons comme Émulation, le Standard d’Écosse…
[3] Hal et Sidra Stone – « Accueillir tous ses JE » – Warina Éditions 2010 – Réimpression en 2015.
[4] Certaines Loges mues par une pudibonderie petite-bourgeoise ne pratiquent plus le « ni vêtu » sous le prétexte que c’est « humiliant ». C’est une grave incompréhension que de chasser la nudité native du corps, symbolisée ainsi. À partir de laquelle, il faut nécessairement remonter si l’on veut qu’il y ait initiation véritable.
[5]Déroulement d’une séance de Dialogue intérieur : Le faciliteur : celui qui pose les questions sans aucun jugement et le (la) facilité(e) : celui qui se découvre lui-même dans ses réponses sont assis face à face, à deux, trois mètres l’un de l’autre. Le(la) facilité(e) commence là où il(elle) veut et le sent. Par exemple, « Moi, je me sens gêné de trop parler de moi ! » Le faciliteur le relance sur un personnage qui apparaît dans le discours du(de la) facilité(e). Exemple : il prend des minutes à identifier comme ce qu’il sent en lui et qu’il vient d’avouer : le personnage de la victime. Alors le (la)facilité(e), spontanément ou aidé le plus discrètement possible par le faciliteur, évoque le personnage opposé qui finit toujours par se révéler, en opposition. Ce serait, dans l’exemple, le conquérant ; approfondi à son tour : et qu’en ressent le fécilité de cette possibilité ? Il aimerait devenir un peu, plus offensif ? Et ainsi de suite pour les autres personnages qui apparaissent dans les propos du(de la) facilité(e). À chaque fois le(la) facilité(e) change de chaise, à chaque nouveau personnage. Puis au bout d’une heure au moins, le(la) facilité(e) vient à côté du faciliteur écouter le résumé neutre que celui-ci présente. Dans l’exemple, le facilité résonne à la proposition de « conquérant ». Pourquoi ne le suis-je jamais ou peu et dans quelles circonstances ? Alors peu à peu, le(la) facilité(e) identifie ses personnages dominants, opposés, reniés… et commence à prendre conscience d’un trait de son « Enfant vulnérable ». Moment souvent émouvant. C’est en écoutant son faciliteur que le facilité prend du recul, se positionne en pleine conscience pour chaque personnage. Aussi se développe la « vision lucide ». Il pense : « Je ne suis plus dupe des jeux de mes personnages. Je sais désormais exprimer mon Enfant vulnérable quand il le faut. Mon Enfant vulnérable m’a fait timide mais je peux changer et devenir plus ou moins conquérant ». Il va changer et s’enrichir !
[6] « Ritème » : Élément simple d’un rite, parole ou geste : la mise à l’ordre est un ritème, la vérification de la couverture de la loge aussi.
Pour un Franc-Maçon, du moins nous semble-t-il, alors que certains en font fi, l’histoire et la culture ont toutes leurs importances.
Affiche officielle 2023
C’est pourquoi, nous souhaitons, au sein de notre rubrique cultures et fêtes populaires, vous faire découvrir, cette fois-ci, le Carnaval de Dunkerque qui a commencé le 7 janvier dernier et se terminera le 16 avril prochain. Une tradition bien ancrée dans notre territoire. Mieux connaître notre culture, nos us et coutumes, c’est encore mieux connaître notre beau pays de France.
Le Carnaval de Dunkerque, c’est trois mois de réjouissances.
Le Carnaval de Dunkerque est l’ensemble des festivités qui ont lieu dans l’agglomération dunkerquoise aux alentours de Mardi gras.
Mardi gras est une période marque la fin de la « semaine des sept jours gras » (autrefois appelés « jours charnels »). Il est suivi par le mercredi des Cendres et le Carême, pendant lequel les chrétiens sont invités à « manger maigre » , traditionnellement en s’abstenant de viande.
On distingue :
Les bandes : les carnavaleux défilent dans les rues derrière la musique (la « clique »), conduite par un tambour-major.
Les bals : les carnavaleux se retrouvent la nuit, dans les grandes salles de l’agglomération, pour faire la fête en mêlant chansons carnavalesques, à la musique contemporaine et tout ça au profit d’associations (les corsaires…).
C’est aussi à cette période que l’on peut entendre parler le patois dunkerquois de façon très appuyée. Le dunkerquois est un patois français influencé par un substrat flamand encore parlé de nos jours à Dunkerque et sa périphérie (Malo-les-Bains, Rosendaël, Coudekerque, Saint-Pol-sur-Mer, …).
C’est du flamand (langue sœur du néerlandais parlée traditionnellement en Flandre française) mais n’est pas une variante locale du picard (parlé dans le reste de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie).
La naissance du carnaval
Les origines du carnaval dunkerquois remontent au début du XVIIe siècle. Le premier document officiel connu parlant de ces festivités est daté du 16 janvier 1676. Dunkerque est alors un port de pêche à la morue en Islande. Ces expéditions durent six mois et sont risquées. De nombreux hommes n’en reviennent jamais. Face à ce danger, les armateurs paient aux pêcheurs une partie de leur solde avant le départ. Une assurance pour les familles. Ils leur offraient également une fête (la « Foye »), l’occasion de se défouler avant d’affronter la mer. De la Foye naîtra la « Visschersbende » (bande des pêcheurs en flamand). Elle se déroulait à l’origine sur trois jours, entre le lundi gras et le mercredi des cendres, marquant le début du Carême. La tradition est restée, ce sont les 3 joyeuses.
Tromboniste au Carnaval de Dunkerque – La clique
Et aujourd’hui, que sont devenues les 3 joyeuses ?
À l’origine, toutes les festivités se déroulaient dans une auberge. Petit à petit, vers la fin du siècle, les pêcheurs et leurs familles se déguisèrent et envahirent les rues de la ville. Aujourd’hui, la passion continue. Participer au carnaval constitue une fierté pour les Dunkerquois. Des dizaines de milliers de personnes assistent à la fête et participent à la folie qui s’empare de toute la ville. Les « bandes », qui se déroulent en général le dimanche après-midi, consistent en un immense défilé où chacun reprend les chants traditionnels. Chacun apporte son entrain, son imagination à la folie ambiante et se sent garant de l’âme dunkerquoise : c’est ainsi que le « masquelour » avance fièrement, la poitrine bombée, la tête droite, le parapluie brandi bien haut.
Lancer de harengs
Le jet de harengs
À la bande de Dunkerque, les carnavaleux s’arrêtent toujours devant l’hôtel de ville où le maire et son conseil municipal lancent des harengs fumés, enveloppés dans un film protecteur, sur les carnavaleux, ce qui ne manque pas de déclencher une énorme bousculade. Au sommet du jet de harengs, le maire lance également un homard en plastique. Le lancer du homard est un clin d’œil à l’ancien maire de Dunkerque : Michel Delebarre.
En effet, son prédécesseur s’appelait Claude Prouvoyeur, et les carnavaleux, au moment du jet de harengs, chantaient en chœur « Prouvoyeur, des kippers (harengs fumés en dunkerquois) ! ». Une fois M. Delebarre élu au poste de maire, les carnavaleux, souhaitant conserver une rime traditionnelle, se sont mis à chanter « Delebarre, des homards ! » ; le carnavaleux chanceux qui l’attrape peut ensuite l’échanger contre un vrai. Le maire actuel, P. Vergriete, a choisi de lancer des frites, toujours dans le même esprit.
Le hareng, une espèce de poissons appartenant à la famille des Clupeidae.
Historiquement, le lancer de harengs a débuté après la Seconde Guerre mondiale. La municipalité, voulant célébrer la rénovation de l’hôtel de ville dont il ne restait que les briques en 1945, consulta Jean Minne qui proposa de lancer des harengs car c’en était la saison.
Cette année, le jet de hareng se tiendra le dimanche 19 février 2023, à 17 heures à la mairie.
Le chahut
Au signe donné par le tambour major, les cuivres entament une chanson entraînante. Les premières lignes se bloquent et retiennent derrière elles les milliers de carnavaleux qui poussent et sautent.
Le Rigodon, final du Carnaval
C’est le point d’orgue de la journée (vers 19h) qui rassemble les carnavaleux autour d’une place centrale. Les chahuts s’y succèdent à un rythme infernal, jusqu’à ce que s’élève de toutes les gorges la « Cantate à Jean Bart », hymne que les Dunkerquois chantent main dans la main, genoux à terre et chapeau bas, en hommage au vaillant corsaire.
La cantate à Jean Bart
Jean Bart (1650-1702), en flamand Jan Bart ou Jan Baert, né et décédé dans cette même ville de la Flandre française qu’est Dunkerque, , est un corsaire célèbre pour ses exploits au service de la France durant les guerres de Louis XIV. Rappelons que le terme corsaire est à distinguer de piraterie qui, elle, n’obéit à aucun pouvoir. Alors que le corsaire a un navire armé par des particuliers, avec l’autorisation du gouvernement afin d’attaquer les navires d’autres pays.
La FBU a fait part de ses inquiétudes lors d’une réunion sur l’examen qui a révélé que le service était institutionnellement misogyne. Les pompiers de Londres revoient leurs relations avec les francs-maçons après que des inquiétudes ont été soulevées par le syndicat des pompiers, a appris le Guardian.
Les préoccupations ont été soulevées lors d’une récente réunion de l’ assemblée de Londres pour discuter d’un examen indépendant accablant qui a conclu que le LFB était institutionnellement raciste et misogyne.
Lors de la réunion, Gareth Beeton, président de la région de Londres de la FBU , a souligné l’acceptation par la brigade d’un don de 2,5 millions de livres sterling des francs-maçons de Londres pour un équipement spécialisé, qui est devenu opérationnel en novembre 2021. Des insignes maçonniques apparaissent sur les côtés de deux camions de pompiers qui portent des échelles aériennes financées par le don des francs-maçons.
Beeton a déclaré que le syndicat avait fait part de ses inquiétudes au sujet du don lorsqu’il avait été fait et qu’il le faisait à nouveau après l’examen.
Il a appelé à la suppression des insignes maçonniques en raison de l’exclusion des femmes d’une grande partie du travail maçonnique et du fait qu’il s’agit d’une société secrète.
« Le comité d’action des femmes du syndicat appuie cela », a-t-il déclaré. « Le service d’incendie est une organisation du secteur public et ne devrait pas être financé par des organisations comme celle-ci. »
Le LFB a déclaré que les responsables « envisageaient maintenant nos options pour cette relation ».
L’examen de la culture du LFB a été ordonné par le commissaire aux incendies de Londres, Andy Roe, en réponse au décès de Jaden Matthew François-Esprit, un pompier neurodivers et diagnostiqué dyslexique, qui s’est suicidé à l’âge de 21 ans en août 2020. .
Publié en novembre 2022, il a conclu que le service était « institutionnellement misogyne et raciste » et a déclaré qu’il y avait « des niveaux dangereux de préjugés enracinés contre les femmes » et que les personnes de couleur étaient « fréquemment la cible d’abus racistes ».
Au moment du don des francs-maçons, Roe a déclaré : « Je suis fier de ce partenariat avec les francs-maçons de Londres et je suis heureux de dire qu’en tant que Londonien moi-même, et représentant maintenant le LFB en tant que commissaire, je suis submergé par votre générosité pour ce que ces échelles à plateau tournant feront l’affaire; non seulement pour mes officiers en termes d’excellentes capacités opérationnelles, mais aussi pour les habitants de Londres. »
Un porte-parole des pompiers a déclaré: « Accepter des dons de financement d’équipements d’organisations caritatives n’est pas inhabituel pour les services d’urgence et les francs-maçons de Londres ont également soutenu d’autres services d’urgence dans la capitale. Cependant, nous sommes conscients que cette question a été soulevée par un certain nombre d’employés à la suite du récent examen indépendant de la culture de la brigade et nous examinons donc nos options pour cette relation maintenant. »
Un porte-parole de la United Grand Lodge of England a déclaré: « La United Grand Lodge of England (UGLE) condamne sans réserve tout acte répréhensible qui a été mis en évidence dans le récent examen indépendant de la culture des pompiers de Londres. En ce qui concerne les pompiers de Londres, des francs-maçons de partout à Londres se sont réunis en 2019 pour collecter 2,5 millions de livres sterling pour l’achat de deux véhicules à plateau tournant super élévateurs, qui ont déjà eu un impact significatif sur le travail des pompiers de Londres pour protéger les citoyens. »
Il a ajouté qu’il y avait deux Grandes Loges réservées aux femmes et que les hommes et les femmes travaillaient en étroite collaboration dans un certain nombre de domaines.