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Définition de la « FRATERNITÉ » selon Jacques Fontaine

Un vieux complet-veston sur un corps d’Apollon.

Un vieux chemisier sur un corps de Minerve

L’écriture de cet article est surprenante. Elle s’inspire de l’existentialisme. Elle a deux visées : transmettre comme tout texte en prose, et faire ressentir comme les poèmes. Mais ici, avec des alliances de mots déroutantes. Elles cherchent à faire naître des émotions inattendues. Comme pour les symboles : il y a la lecture culturelle, érudite, bref de premier degré et l’embrasement éventuel de l’esprit vers les profondeurs et les hauteurs.

            La fraternité est un étendard battu et rebattu par les millénaires. Devant la violence terrible à craquer de l’humanimal, brandie dès les nouvelles masures du croissant fertile, les humains cherchent à compenser leur fourmillement destructeur en pleins saccages. Des ébauches : la démocratie qui vrille si souvent en pyramide de pouvoir, la longévité de l’individu dans une prolifération ahanée. Et la spiritualité. Ah bon ?

            Gémissons mais espérons. Des bourgeonnements de fraternisation se sont exaucés dans l’espoir. La Franc-maçonnerie en est un. Et elle en fait un écusson brodé sur toutes ses déclarations. A une époque en attentisme de renouveau ou/et d’horreurs, la fraternité risque l’évanouissement. Nous, initié(es) maçonniques, bravons les vieilles serinades et derechef, reprenons nos pratiques, consciemment, pour que la fraternité s’incruste dans nos Loges et qu’elles en dégorgent. Adoubons le bonheur sourd de la palpitation rituelle pour atteindre le fuseau de l’égrégore. Si nous le voulons, nous le pouvons. Vite, il est temps car notre fraternité maçonnique saute de plus en plus à cloche-pied. Elle fuit le salmigondis cru des échanges colonnards, la raideur des règles raides et roides. Osons ! Plus haut dans cette organisation pyramidale machiste, que le delta triangulaire symbolise, c’est le même toutim : dans le sautillement effréné des obédiences, la fraternité est un coupe-vent qui ne retient pas l’envol des feuilles de l’indifférence.

            Trop souvent ça piaille dans les Loges et les obédiences : Les gloussements pitoyables, des marionnettes des fraternités fallacieuses et révérées partout, toujours révèlent la même chose : de grandes réponses de ritournelles de vêtures falsifiées. En outre, nos rites broient, en toute méconnaissance des données sur le psychisme humain. James et Théophile étaient de leur temps. Aujourd’hui, ça ne colle plus. L’envol des têtes dénudées en hauteur de la calvitie humaine peut nous coincer dans un tiroir d’oublis. Il est grand temps de se perfectionner, à créer parfois, développer toujours, les pliures indispensables de notre étendard fraternel. Adieu les bavardages et répétitions de la carminade de grésillements diserts de nos tenues.

            Nous tous, Maçons, ne tergiversons point, avons un devoir pesant comme de l’or, dans le déshabillage de la fraternité. Causons, oui causons de son complet-veston mais embrassons, en frénésie de sauvetage de l’humanité, le corps d’Apollon ou celui de Minerve, la chair de la fraternité. Oui je sais la ritournelle : la fraternité, ça ne s’apprend surtout pas ; cela briserait en éclats minables notre spontanéité. Alors observons de nos yeux inquisiteurs et avec nos oreilles déployées en observance des échanges, ce que gestent, taisent, disent celles et ceux qui coincent la parole, en tour venu ; parfois de la fraternité, celle des échanges entre amis(es), sans rien de plus. Bien souvent une accalmie. Mais, en fréquence acidulée, un manque de fraternité. Ça cause sans mauvaise intention, et la fraternité pointe son nez, sans fragrance particulière. Au fond, cela dépend des individus et de leur propension à aimer, sans rechigner. La spontanéité oui ! Mais c’est beaucoup trop juste pour accoucher d’un égrégore fraternel. Apprendre à se modifier dans le sens ouvert de diffusion de ses élans fraternels sera de plus en plus une obligation. Sous peine que l’Ordre tombe sous le couperet des banalités associatives, sans chair humaniste. Sous le complet veston, le chemisier de la fraternité bavardée, le corps. Il m’émeut, des neurones au sexe, en trois délivrances, dont voici une chanson possible :

  • L’affection – Mon désir de partager, dans nos cœurs parés de rite, des éclairs de tendresse, en épousailles de douceurs.
  • L’empathie – Allongés l’un à côté de l’autre, nous nous tenons la main et nous résonnons en tendres boomerangs de découverte alternée.
  • La gratitude – Tu m’as engrossé de ta pensée féconde, de tes hélages tendres et j’en accouche mille mercis.

            Mais attention à la psychagogie proposée ! Ce mot, sans fard et bien sonnant, c’est celui de toute instruction initiatique. Un coup de poing : Les trouvailles méthodiques qui accroissent ces trois délivrances de fraternité, s’appuient sans jamais coup férir, sur les émotions. Ne sont-elles pas le terreau et les fleurs de nos assertions bibliques, cosmiques et, en carénage somptueux, initiatique ? Les experts se sont gratté la barbe et conclurent, il y a 20 ans : les émotions sont la base fleurissante et inévitable de tous les comportements, embrasés dans nos errances intellectuelles.

            Ainsi tous les conseils de la glose suivante ne sont que poussière de rire, s’ils ne sont fœtus de la matrice utérine émotionnelle. Si tu n’as pas envie de faire tienne telle méthode qui grince entre tes dents, ne force pas l’estampe. Pose-là de côté. Mais si tu couines de joie avec une autre, avale et déglutis, ta relation fraternelle sera bonifiée.

            Avant de commencer les errances psychagogiques, limitons la fraternité en gestation à celle de la Loge et des liens entre les membres. Une autre fois, la fraternité avec les autres Loges ; a fortiori, avec celle, éperdue dans les caractéristiques un brin poisseuses des différentiels obédientiels. De côté aussi, la fraternité humanitaire.

            Maintenant, il est temps que je chausse les lunettes du prof. Je vais donc dégoiser, en charpente souterraine du détenteur du savoir, avec le langage français ordinaire. De premiers exemples et recommandations pour vivre les trois délivrances de fraternité. Un article suivant « Vivre vraiment la fraternité. Des expériences pour demain » rapportera plusieurs pratiques bien réelles qui annoncent le cocon fraternel qui, parfois, se tisse dès aujourd’hui ci et là.

1 – L’affection – Je connais des Frères, des Sœurs qui récusent la nécessité de l’affection entre Maçons. Ils préfèrent des réalités moins « intimes », telles que les portent les mots « attachement », « attention », « solidarité »… Quant à moi j’assume la nécessité de l’affection. Elle émane spontanément de nos rencontres régulières, les tenues. Elle repose sur l’émotion que l’échange avec l’autre procure. On ne peut créer des émotions d’affection, comme cela, en le décidant froidement. Mais on peut mettre en place les dispositifs qui vont permettre leur éclosion. Le rite y pourvoit bien. D’abord, sur les parvis avec les triples baisers vrais et non simulés ; puis pendant la tenue, pas de jugements sur un autre, juste des réflexions pour présenter son point de vue qui est différent.

            Mais en abusant des « j’ai aimé ce que tu as présenté, ma Sœur » et surtout en ajoutant « Et voici pourquoi tu m’as touché » et non « j’ai été touché(e) », pas plus que la déclaration : « Je t’aime, mon Frère parce que je pense la même chose… ». Cette intimité, en tenue, me semble abusive et cauteleuse.

2 – L’empathie – Une tarte à la crème, en France, depuis l’arrivée du concept de la psychologie humaniste américaine[1]. Nous nous en gavons depuis 10, 15 ans. Et je trouve que c’est vraiment utile, descriptif, et incitatif. Et je ne crains pas notre indigestion. La prise de parole en tenue favorise fort bien la relation empathique. On l’observe parfois mais pas assez, pour le futur.

            En deux mots qui résument quelques milliers de pages et quelques centaines de milliers d’entretiens où elle fait bonne figure. En voici la définition la plus simple et claire et très réductrice : « L’empathie est la capacité de comprendre et de partager les émotions d’autrui comme si on était cet autrui ». Les émotions sont là, bien entendu. Mais remarquons l’expression discrète « comme si », car c’est de ces deux mots qu’éclate la différence avec la sympathie ou l’antipathie. S’efforcer d’être empathique, c’est se mettre à la place de l’autre en se rappelant que nous ne sommes pas cet autre ; avec la liberté d’attention à ce qu’il(elle) profère, et avec, en sus, notre distance minimale pour ne pas nous noyer dans nos émotions et garder notre quant-à-soi. Il est le garant de nos tentatives de compréhension.

            Deux exemples de phrases empathiques que l’on pourrait entendre sur les colonnes. J’en ai entendu régulièrement de telles dans plusieurs Loges. Pour plusieurs d’entre nous, elles sont spontanées. Le Frère Jordan vient de plancher sur les sens du tableau de Loge. Irma, une Sœur demande la parole et déclare : « Si j’ai bien compris notre Frère Jordan, pour lui le tableau de Loge résume, quand on le lit de bas en haut un cheminement initiatique, du moins le sien ». Tu as remarqué qu’Irma a évité de dire « Si je t’ai bien compris… », puisque les échanges directs sont, en principe, bannis, de nos tenues. Mais ce « t » aurait été indispensable dans un échange hors tenue.

            Le Frère François-Xavier a pris la parole, un peu trop longtemps d’ailleurs, sur sa conception de la déambulation. Un Frère commente : « Moi si j’ai bien compris notre Frère, pour lui, la déambulation est le symbole de la recherche incessante de l’initié qu’il est. Je suis du même avis et je dirai, en outre… » Cet ajout est le fruit du « comme si… ». Ce Frère ne s’est pas égaré dans des jugements de valeur, il a dit ce qu’il avait compris. Point ! Un autre Frère, à son tour, se lève : » Notre Frère François-Xavier a paru, à mes yeux, être gêné par l’obligation de recommencer sans cesse le travail initiatique ; il l’a fait comprendre deux fois… » Là nous frôlons l’empathie dans sa puissance, la reformulation de ce que semble avoir éprouvé l’autre. Mais le rite le permet-il ? Je n’en suis pas sûr dans la mesure, rappel plus haut, que les échanges directs sont proscrits dans notre méthode de travail ; sauf quand il s’agit de s’adresser à celle, celui qui vient de plancher.

            L’empathie devrait être une pratique employée sans cesse par les Vénérables, voire les Surveillants. Non point pour une intervention mais pour résumer quelques prises de parole. C’est un des grands secrets de l’animation de groupe. Par exemple, la Vénérable, après quatre interventions des colonnes, reprend : « Au fond, au point où nous en sommes, la circumambulation semble vécue comme une contrainte heureuse car exigeante, mais une contrainte tout de même ». Et les colonnes de repartir dans ce sens, qui est, effectivement fondamental. Ne serait-il pas nécessaire que les responsables d’atelier apprennent à manier l’empathie groupale ? Les obédiences ne pourraient-elles pas proposer des journées de formation sur cette pratique si fondamentale pour comprendre l’autre, et l’amener à se sentir gratifié d’avoir été compris ? Évidemment l’Orateur est aux manettes de l’empathie de synthèse quand il résume la tenue. La troisième composante de la fraternité, selon moi, est souvent oubliée parce qu’en fait elle est d’étude récente ; Il s’agit de la gratitude, sous la loupe depuis 2000 environ.

3 – La gratitude – D’abord, université oblige, la définition de la gratitude. Je me reporte à un livre complet sur le sujet[2] : « État d’esprit ou un sentiment de reconnaissance envers une personne dont on a reçu un bienfait ou un service, incitant à donner quelque chose en retour ». En tenue, nous recevons sans cesse, du moins en théorie, les apports des autres dont le but avoué, dans notre chemin, est d’apporter le meilleur de soi. Chacun(e) est donc apporteur et receveur, tout à la fois. La gratitude est donc plus qu’une émotion, elle suppose la volonté de reconnaître que les Frères, les Sœurs ont intentionnellement procuré du bien-être aux autres. Le livre cite la phrase claire d’un certain Emmons : « Nos sentiments positifs augmentent quand nous considérons leur source comme un cadeau offert dans l’intention de nous faire du bien ». Développer la gratitude entre nous est une occasion très riche pour notre égrégore. Comment peut-elle s’entendre sur les colonnes ? Toujours par des phrases dans le genre : « je viens, grâce à toi, de m’enrichir d’une nouvelle façon de voir les choses et je suis content(e) », « Je n’avais aucune idée intéressante sur ce thème et, maintenant, avec ce que tu as dit, des idées fourmillent dans ma tête. Comme je te remercie » ; ou bien encore « Tu es d’une tout autre opinions que moi là-dessus ; et tu m’as ouvert les yeux ; grâce à toi je suis plus tolérante ! ».

            Plusieurs études ont été faite sur le mot magique de la gratitude : « Merci ! ». Ce n’est pas un hasard si, spontanément les parents disent à leur petit(e) : « Tu dis merci, maintenant ». Car nous sentons bien que ce mot minuscule retient des trésors de reconnaissance, d’attention à l’autre, et de joies partagées. Loin de cette imbécillité sortie par un Grand Maître, il y a quinze, vingt ans environ : « On ne remercie pas en Franc-maçonnerie ». Aveu d’un besoin de soins urgent ! J’ai écrit d’ailleurs un article sur le sujet. Ne cessons dans la vie, et en Maçonnerie en particulier de dire « merci » ; surtout pendant les tenues car tout le monde l’entend clairement. Vénérable Orateur… s’il vous plaît, débordez de « merci ». J’ai rencontré une coutume de Loge que je ne saurais trop recommander tant elle met en œuvre, simplement et fortement la gratitude. Au début des agapes, chacun(e), à tour de rôle, prend la parole une minute pour exprimer une émotion qu’il(elle) a ressentie pendant la tenue. Quelle qu’elle soit , même négative! Et termine obligatoirement par « merci ». J’ai été très impressionné. 

            Retour à la prosodie expressionniste – Dans les antichambres des idées originales, grosses de fraternité, on glane, de-ci de-là, dans les traversées des tenues, des trouvailles bénies. Qui fera donc un jour, un bouquet de ces belles entraîneuses de fraternité ? Il est temps de battre le fer. Les lendemains ne chanteront plus comme avant. Risque est grand et déjà dénoncé l’appauvrissement sec des relations humaines. Désarroi de fraternité. Notre grande Maçonnerie peut s’entrecoincer, avec quelques autres groupements, pour tenir au chaud cœurs et palpitations émotives. Dans l’embarras des sourires aux espérances de baisers. En un article prochain, un brave collecteur de concrètes fraternitudes. Titre à trouver…


[1] Années 60

[2] Rebecca Shankland. Introduction à la psychologie positive. 2014

Société secrète… Complot des Illuminati

Le complot des Illuminati est une théorie conspirationniste selon laquelle la « société de pensée » allemande des Illuminés de Bavière, historiquement dissoute en 1785, aurait perduré dans la clandestinité et poursuivrait un plan secret de domination du monde. Cette théorie, dont la première mention remonte à l’ouvrage de John Robison, Proof of a Conspiracy, publié en 1797, se confond avec les théories du complot maçonnique en avançant que les Illuminati réalisent leur plan en infiltrant les différents gouvernements, en particulier ceux issus de révolutions, et les autres sociétés initiatiques dont la franc-maçonnerie.

Présentation

John Robison en 1797 qui lance les théories du complot Illuminati.

Dans le monde anglo-saxon, la théorie du complot des Illuminati a été lancée par Les Preuves d’une conspiration, ouvrage publié par l’Écossais John Robison en 1797.

En France, la théorie du complot des Illuminati provient principalement des milieux catholiques de la contre-révolution, notamment d’Augustin Barruel et de ses Mémoires pour servir à l’histoire du Jacobinisme (1798-1799).

Augustin Barruel en 1798 lance les théories du complot Illuminati.

Si les études historiques estiment que les derniers Illuminati n’ont pas survécu au-delà du xviiie siècle, la dénomination « Illuminati » reste utilisée dans le folklore du complot pour identifier comme conspirateurs des groupes divers (francs-maçons, sionistes, CIA, communistes, sociétés secrètes diverses, organisations internationales) et pour désigner, dans le système qui en résulte, le noyau des « maîtres du monde ». Le réalisateur américain Myron Coureval Fagan, ancien indicateur du FBI connu pour ses saillies racistes et antisémites, fut un des premiers propagateurs de ces théories impliquant les Illuminati, s’inspirant des essais de John Thomas Flynn.

Pour Stéphane François, cette théorie du complot « a beaucoup de similitudes avec un autre mythe important : Les Protocoles des Sages de Sion, qui seraient le plan écrit d’agitateurs juifs pour asservir le monde. De fait, nous sommes en présence de mythologies contemporaines et de mythes « agglutinants », c’est-à-dire de mythes différents qui s’agrègent et fusionnent entre eux », les Protocoles des Sages de Sion ayant été en réalité rédigés à Paris, en 1901, par un informateur de l’Okhrana (la police secrète de l’Empire russe), Mathieu Golovinski…

Selon le philosophe Philippe Huneman,

Philippe Huneman – Le philosophe

« [les Illuminati] sont comme une “superthéorie du complot” qui viendrait toutes les synthétiser. Ils figureraient l’archétype des conspirateurs : leur toute-puissance est à la mesure de leur opacité. Le complot apparaît ici comme pur de tout préjugé : tandis que les conspirationnistes usuels cachent plus ou moins mal des motivations antisémites ou racistes — le complot judéo-bolchévique des années 1930, les complots maçonniques, l’attribution du 11-Septembre à la CIA, etc. —, on ne saurait réduire le complot illuminati à une affaire d’antisémitisme ou d’antiaméricanisme, puisque, justement, les Illuminati n’existent pas. En tant que forme pure de théorie du complot, la légende des Illuminati permet de comprendre ces étranges récits alternatifs dont la présence dans le débat public — avant tout sur Internet — sème le doute sur les faits annoncés par les médias et alimente la méfiance à l’égard des institutions démocratiques. »

Allégations

Gouvernement américain
La théorie du complot des Illuminati déclare que certains Pères fondateurs des États-Unis, dont certains étaient francs-maçons, ont été corrompus par les Illuminati. Cette très ancienne théorie du complot est encore soutenue de nos jours, notamment par l’écrivain américain Antony Cyril Sutton qui considère que l’influence des Illuminati sur le gouvernement américain se manifeste à travers la fraternité étudiante de l’université Yale : le Skull and Bones.

George Washington lui-même avait à son époque reçu un exemplaire du livre conspirationniste Proof of a Conspiracy de John Robison. Dans une lettre de remerciements qu’il écrivit à l’expéditeur le 25 septembre 1798, le premier président nia que les Illuminés de Bavière aient réussi à gagner de l’influence dans aucune des loges maçonniques américaines.

Grand sceau des États-Unis

Symbole de l’œil surmontant la pyramide sur le billet d’un dollar US.

Le revers du Grand sceau des États-Unis, notamment visible sur le billet de 1 dollar américain, représente une pyramide tronquée dont le sommet est éclairé par l’Œil de la Providence. Au-dessus est inscrite la devise Annuit cœptis, et au-dessous, Novus ordo seclorum. L’inscription (MDCCLXXVI) en numération romaine à la base de la pyramide correspond à 1776, année de la déclaration d’indépendance des États-Unis.

Ces symboles sont cités par les théoriciens du complot comme exemples de la présence et du pouvoir des Illuminati. D’après eux, le sceau affiche un œil lucide — qui représenterait l’aboutissement de l’illumination : La Connaissance — dominant une base aveugle : symbole d’une élite omnisciente contrôlant le peuple. Annuit cœptis (« ce que nous entreprenons sera couronné de succès » ou, selon la traduction, « Il approuve ce qui a été commencé ») serait le cri de victoire des conspirateurs, tandis que Novus ordo seclorum (« Nouvel ordre des siècles » ou « Ère Nouvelle d’Ordre », « seculorum » étant la forme génitive plurielle du mot « saeculum ») indiquerait le régime nouveau, rebelle, indépendant de l’Église ; la mention MDCCLXXVI renverrait, elle, à l’année de la fondation des Illuminés de Bavière, maîtres secrets du gouvernement américain. De par cette interprétation, la présence de triangles ou d’œils uniques dans des photos et vidéos de personnalités politiques ou médiatiques est souvent interprétée comme une preuve de leur appartenance aux illuminati, de même que les personnes impliquées dans la réalisation d’une œuvre de fiction faisant apparaître ces formes.

Ces symboles ésotériques sont apparus antérieurement aux Illuminati. L’œil dans le triangle est une représentation de Dieu datant de la Renaissance. Quant à la pyramide non terminée, suggérée par Francis Hopkinson au comité qui dessina le Grand Sceau des États-Unis, elle représente la nouvelle nation, vouée à durer des siècles à l’instar des fameuses pyramides d’Égypte. Elle comporte 13 rangées de pierres, représentant les 13 colonies d’origine, sous l’Œil de la Providence, image de Dieu veillant sur elles. Enfin, l’inscription (MDCCLXXVI) à la base de la pyramide n’est pas là pour marquer l’année de la fondation des Illuminés de Bavière, mais celle de la déclaration d’indépendance des États-Unis.

Diffusion

Illuminati
Homme fou avec lumière sur la tête jouant avec un triangle. Illuminati, complot

Selon le philosophe Philippe Huneman, la théorie du complot des Illuminati a « connu un regain au xxe siècle à l’époque de la diffusion des grandes théories conspirationnistes concomitantes au développement du fascisme et du communisme. Mais, vers les années 1990, on note un net accroissement du phénomène. Ceci s’explique tant par la première guerre du Golfe, en 1991, qui, deux ans après la fin de l’empire soviétique, est l’occasion pour Bush père d’annoncer la formation d’un « nouvel ordre mondial » ; que par l’arrivée d’Internet, média sans filtre où quiconque soutient une théorie aussi délirante soit-elle peut la publier et attirer l’attention sur elle […] ; ou par la diffusion de l’imagerie illuminati dans les réseaux de la contre-culture et dans la communauté afro-américaine via la musique rap. »

D’après l’historien Stéphane François, le mythe des Illuminati réapparaît « sur Internet à dater des années 2000 ». En effet, « les publications à connotation paranoïaque/conspirationniste parlant des Illuminati étaient jusqu’à présent très peu lues, et surtout peu diffusées. Elles restaient donc confidentielles. Internet, en dématérialisant les supports, a permis une diffusion accrue de ces thèses […]. »

Cartes de crédit avec la pyramide du dollar US
Cartes de crédit avec la pyramide du dollar US

Philippe Huneman relève que les sites véhiculant la théorie du complot des Illuminati « sont innombrables, tout comme les vidéos sur YouTube — l’une de celles-ci a été vue plus d’un milliard de fois : elle explique les plans illuminati pour tuer une bonne partie de l’humanité via un tsunami sur New York en 2015. »

D’après Stéphane François, la théorie du complot des Illuminati a été véhiculée par « les milieux d’extrême droite ésotérique marqués par le New Age ». Elle l’est aujourd’hui par une association d’extrême droite comme Égalité et Réconciliation, mais aussi « chez les altermondialistes et dans le milieu du hip-hop », ainsi que par Laurent Glauzy, ancien chroniqueur de Rivarol qui lui a consacré un livre largement cité à l’extrême droite (Rivarol, Radio Courtoisie, plusieurs sites officiels du Rassemblement national).

Un timbre-poste en hommage à Arnaud Beltrame

De notre confrère lepetitjournal.com Singapour – Par Catherine Soulas Baron

Arnaud Beltrame, officier supérieur de gendarmerie français, est mort en service le 24 mars 2018 à Carcassonne.  La Poste Groupe lui rend un bel hommage avec 750 000 timbres tirés à son effigie, réalisée par l’illustratrice et graveuse Sophie Beaujard. En avant première, une vente a été réalisée les 23 et 24 mars dans 5 villes de France dont Carcassonne. Depuis le 27 mars, le timbre peut être acheté dans les bureaux de poste qui commercialisent les timbres de collection.

Nous avions rencontré Cédric, l’un des frères d’Arnaud Beltrame, il y a quatre ans à l’occasion de la sortie de son livre « Au nom du frère » écrit à quatre mains avec son frère Damien. Nous n’oublierons jamais son courage. Nous pensons à lui, à sa famille, à ses camarades de la Gendarmerie nationale, et à l’ensemble des victimes des attentats de Trèbes et Carcassonne. 

Interview de Cédric Beltrame par Catherine Soulas Baron le 15 janvier 2019 pour Lepetitjournal.com/singapour 

/!\ Le petit journal, média des expatriés et Français à l’étranger, est en cours de migration vers une nouvelle version et revient bientôt.

Notre Frère Arnaud Beltrame, héros national
Notre Frère Arnaud Beltrame, héros national.

Le 24 mars 2018, le terrorisme islamiste a détruit une fratrie. Le lieutenant-colonel de Gendarmerie, Arnaud Beltrame est tué quelques semaines avant son mariage. Il a sauvé une otage dans des circonstances de bravoure remarquable. Ainé d’une fratrie de trois, il faisait l‘admiration de ses frères cadets. Ils ont souhaité dire dans un livre « Au nom du frère » quel homme exceptionnel il était, et tenter d’expliquer ce qui a pu provoquer le destin héroïque de ce frère tant aimé. Cédric, l’un des frères d’Arnaud, vit à Singapour avec son épouse singapourienne et son petit garçon. 

Cédric Beltrame.

Vous étiez à Singapour quand la nouvelle est tombée. Vous remerciez à la fin de votre livre Messieurs l’Ambassadeur et le Consul  de France à Singapour. Leur assistance a-t-elle été déterminante ?

J’ai appris le décès d’Arnaud le samedi suivant l’attaque et je souhaitais rejoindre la France par tous les moyens. J’ai contacté le Quay d ‘Orsay. L‘ambassade était fermée, mais j‘ai reçu un texto de Monsieur l’Ambassadeur. J‘ai été mis immédiatement en contact avec Air France et pu ainsi prendre un vol le dimanche suivant et voyager dans de bonnes conditions. Dans ces moments, tout seul face à la logistique, la distance, on se sent perdu, tout semble très compliqué, donc oui la prise en charge a été cruciale. A mon retour, Monsieur l‘Ambassadeur m’a reçu et exprimé à nouveau son soutien.

Le titre de votre livre écrit avec votre frère Damien « Au nom du frère » évoque le début d’une prière, presqu’une supplique.

Cela n’a pas été facile de trouver un titre qui convienne à tout le monde. Le livre est centré sur la fratrie, la famille, mais porte aussi sur la religion, la franc-maçonnerie, l’armée, la gendarmerie. Le mot frère se devait naturellement d’être en titre. Le titre sous-tend un hommage, une reconnaissance, une acceptation du fait qu’il se soit converti au catholicisme, nous le chahutions parfois à ce sujet. Cela l’aurait probablement beaucoup touché.

Votre frère Arnaud se convertit très tard au catholicisme, mais aussi à la franc-maçonnerie. Or, vous le précisez dans le livre, le cardinal Ratzinger déclare ouvertement en 1983 que les catholiques membres de la franc-maçonnerie sont dans un état de péché grave. Votre frère ne voyait pas d’incompatibilité entre sa foi catholique et sa croyance franc-maçonne ?

Arnaud était en recherche incessante de certaines vérités, certaines lumières. Cette recherche intellectuelle et spirituelle a porté sur la religion, sur  l’histoire mais aussi, parce que notre famille est originaire de Bretagne, sur les druides, les celtes, la terre. Finalement, la religion s’est imposée comme ce qui lui convenait le mieux, lui apportant une paix intérieure. J’explique son adhésion à la franc-maçonnerie pour deux raisons. La première est la conséquence d’un certain héritage, une partie de notre entourage familial a toujours été franc-maçonne. La deuxième, un élément nécessaire et obligatoire pour sa carrière. Ambitieux, il avait pour objectif ultime de devenir Général. Pour lui, tout cela avait du sens et était loin d’être antinomique. D’ailleurs, le Pape lui-même lui a rendu hommage en parlant de son acte généreux et héroïque.

Il y a dans votre livre de nombreuses références à Saint Parfait, à Lancelot de Lac, aux Templiers et preux chevaliers. Avait-il donc une vision romantique des valeurs qu’un homme de notre société doit incarner ?

Arnaud disait à ses collègues et amis : « Nous sommes les derniers chevaliers ». L’histoire des templiers le fascinait. La défense de la patrie, mourir pour une noble cause, l’honneur et toutes ces valeurs féodales étaient pour lui bien celles du présent.

Vous refusez les notions de sacrifice, de suicide, de martyr, de rebelle, émises par certains après son acte. Selon vous, quelle était l’idée de votre frère en agissant au delà de ce que sa mission exigeait de lui ?

Damien, moi-même et ceux qui l’ont connu pensons qu’à ce moment-là, seul le militaire qu’il était a agi, investi dans sa mission. Il savait ce qu’il faisait, il a analysé la situation, il avait un plan. Agir vite, agir bien. Il avait participé à l’entrainement à une simulation d’une attaque terroriste dans un supermarché quelques mois auparavant, il avait fait l’EPIGN (escadron parachutiste de la Gendarmerie Nationale, aujourd’hui devenu une des unités du GIGN), avait effectué une mission en Irak, connaissait le sujet, maitrisait le combat, les armes. Il a pris une décision hors protocole, celle de se substituer à une otage pour réussir sa mission pour la sauver. Mais à notre avis, il ne pensait certainement pas qu’il allait mourir.

Vous êtes marié à une Singapourienne. Comment ont réagi sa famille et vos amis singapouriens ?

Un très grand choc pour la famille singapourienne car ils connaissaient bien Arnaud. Il était venu à Singapour en 2012 pour notre mariage civil et eux-même avaient fait le voyage en France pour le mariage religieux. Ils ont écrit à ma mère. Quant aux amis, ils ont été extrêmement impressionnés par son acte. Pour eux aussi, Arnaud est un héros.

Votre frère était admiratif de Singapour et sa politique de défense de l’Ile. Pouvez-vous nous en parler ?

Arnaud appréciait le fait qu’il y ait un service militaire obligatoire, qu’il y ait des sanctions strictes envers les délinquants. L’idée aussi que dans les HDB, les personnes vivent ensemble par quotas, que l’on reconnaisse qu’il y ait différentes races devant vivre ensemble et se respecter. Il admirait la politique de défense du pays traumatisé par l’invasion japonaise et qui ne baisse jamais la garde, puisque près d’un quart du minuscule territoire est dédié aux opérations militaires et aux terrains d’entraînements.

Vous parlez avec beaucoup d’amour et de douceur de votre maman. Quel a été son rôle dans la vie de la fratrie et celle d’Arnaud ?

Notre mère nous faisait confiance, nous laissait vivre nos propres expériences, nous entourait de beaucoup d’amour, s’occupait parfaitement de nous et nous cuisinait toujours de bons petits plats ! Mais il y avait des règles : ranger sa chambre, être poli, respecter les anciens, la famille, se charger quotidiennement des animaux comme le cheval que nous possédions. Elle nous a toujours aidés, accompagnés, sans nous imposer quoique ce soit, ni en sport, ni en musique, ni pour nos études. Maternelle mais jamais envahissante. Elle a été pour Arnaud une source inépuisable d’amour, d’énergie, de réconfort, d’écoute et de pardon. Un pilier indestructible. Elle lui a donné ainsi qu’à nous la force d’aller de l’avant, de toujours relever la tête. Un lien très fort la liait à Arnaud.

Vous dites : « Mon frère est mort comme il a vécu, suivant ses préceptes et ses valeurs. Désormais, il ne nous appartient plus ». Quelle en est la signification?

Au delà du héros, chacun peut se retrouver dans ce qu‘il représente, chrétien, militaire, franc-maçon, citoyen, fils. Arnaud est devenu un symbole en se dressant face au terrorisme islamiste. Finalement son acte transmet un message : « Je n’ai pas peur de me battre, de mourir en défendant une cause juste, je me tiens prêt ». C’est un message universel. Il a redonné de la valeur au courage, au don de soi, à l’honneur.

Est-ce que cette citation d‘Albert Camus s’applique à votre frère ? « Les héros ont notre langage, nos faiblesses, nos forces. Leur univers n’est ni plus beau, ni plus édifiant que le nôtre. Mais eux, du moins, courent jusqu’au bout de leur destin. »

La citation de Camus est très belle et je pense qu’elle s’inscrit parfaitement dans le contexte. Même si Arnaud, lui, était un grand soldat bien avant son geste.

« Notre frère Arnaud est mort en héros le 24 mars 2018. L’émotion a déferlé sur la France et son geste a franchi nos frontières pour susciter admiration et respect à travers le monde. Son courage, qui nous dépasse, nous oblige aussi. Nous avons donc voulu faire aux autres, dans ce récit, le don de ce qu’il nous a dit. De ce que nous avons vu. De ce qu’il nous a appris. Remonter aux racines de son acte qui, pour nous, n’a rien d’un mystère insondable.Tracer le portrait intime d’un homme d’exception, sans rien occulter des doutes ou des difficultés qu’il pouvait rencontrer, notamment avec notre père. On ne lira donc pas ici l’hommage solennel à un mort, mais l’hommage fraternel à un vivant. »

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L’ouvrage de Cédric Beltrame, « Au nom du frère » (Grasset, 2019).

Le Grand Maître Stefano Bisi écrit à La Russa pour récupérer le siège historique

De notre confrère italien adnkronos.com

La franc-maçonnerie n’abandonne pas le Palazzo Giustiniani. Contraints de quitter leur siège historique à Rome, d’abord par le fascisme, en 1926, puis en 1985, pour céder les locaux au Sénat de la République, les francs-maçons italiens reprennent le pouvoir pour remettre pied et doctrine sur le ‘Piccolo Colle ‘. En fait, selon AdnKronos, ces dernières semaines, le Grand Maître du Grand Orient d’Italie Stefano Bisi a envoyé au président du Sénat, Ignazio La Russa, une lettre dans laquelle il demande à nouveau de « réparer une injustice contre le Goi qui a été dure depuis des décennies. » La lettre rappelle comment « malgré les engagements consacrés même dans les documents publics, les locaux du Palazzo Giustiniani ne nous ont pas été remis pour être utilisés comme musée pour témoigner, comme l’a dit son prédécesseur le professeur Giovanni Spadolini en 1988,

SENATO PALAZZO GIUSTINIANI

Pour le Goi désormais « il faut un accord raisonnable et pour cela nous faisons confiance à votre sensibilité institutionnelle afin que vous puissiez nous accorder une rencontre pour éclaircir tous les aspects d’une histoire longue et désagréable ». Le commissaire Gaetano Nastri intervient du Sénat. « Les relations entre le Sénat de la République et la société Urbs srl – explique le sénateur du Fdi – font depuis des décennies l’objet de controverses à l’attention des autorités juridictionnelles compétentes ». « Le Sénat est représenté par le procureur général de l’Etat », rappelle Nastri. Pour sa part, Bisi a réitéré qu’il « a pleine confiance dans les institutions républicaines, et dans le Sénat ».

Mais pour l’instant, pas d’éclaircissement en raison d’une affaire complexe, un procès qui a tenu cour au fil des années. À l’occasion de la réunion annuelle du Goi, le 8 avril de l’année dernière, depuis la scène de Rimini, Bisi a déclaré: « Nous espérons que justice soit rendue au Palazzo Giustiniani, le Lazio TAR ne nous a pas donné raison, mais nous ne nous sommes pas non plus trompés . Le 13 octobre de cette année, nous serons devant le Conseil d’Etat ». Pour le chef des Loges « les papiers parlent d’eux-mêmes, à notre avantage et nous pouvons retourner au Palazzo Giustiniani ». « Le vol doit être réparé. Et il en sera ainsi », a-t-il déclaré à ses partisans, faisant preuve d’optimisme. Le grand maître s’est référé à l’acte de règlement daté du 16 novembre 1991 qui – en résumé – établissait qu’il serait remédié au différend ouvert entre les francs-maçons et l’État, parvenant à « permettre au

Siège historique des membres de la place et de la boussole, le Palazzo Giustiniani fut le lieu choisi par le Grand Maître Ernesto Nathan, futur maire de Rome, inauguré le 21 avril 1901 – loyer de 11 000 lires par an – avec une grande cérémonie publique. Puis c’est Mussolini qui, au début de 1926, expulsa les Goi du Palais, entre-temps acheté par les francs-maçons, et le donna à la propriété de l’État qui l’attribua au Sénat du Royaume. Avec le Duce, les choses ont tout de suite mal tourné. Ce fut d’abord l’interdiction d’enrôlement en franc-maçonnerie pour les fascistes, puis en novembre 1925, la loi 2029 interdit aux adhérents des loges d’accéder aux fonctions publiques, interdisant définitivement la ‘franc-maçonnerie’. Palazzo Giustiniani, après quelques semaines, a été confisqué par l’État.

En juin 1944, après la Libération, les francs-maçons occupent à nouveau certaines pièces du Palazzo Giustiniani. Après la défaite du nazi-fascisme, à partir de 1947, le Grand Orient d’Italie a revendiqué la propriété du Palazzo, demandant sa restitution. Au fil des ans, les « francs-maçons » ont tout tenté, au milieu des années 1980, ils ont fait appel au prix Spadolini, prônant un accord avec le Sénat de la République, dont l’homme politique florentin était président : « Arrêtez le litige, mais laissez nous quelques chambres comme symbole de l’Institution », était la proposition du Grand Maître Armando Corona.

Cependant, le projet est resté sur le papier, notamment grâce au décès du président du Sénat Giovanni Spadolini, décédé en 1994. Les francs-maçons ont déménagé à la villa ‘Il Vascello’, sur le Gianicolo. Mais pour eux la plaie reste ouverte, entre les papiers timbrés et l’espoir de retourner au ‘Piccolo Colle’. Maintenant, le nouvel appel à La Russa. « J’espère que le président La Russa est un digne successeur d’un président important comme l’était Giovanni Spadolini, et donc qu’il veut donner suite à l’accord signé, qui n’a pas encore été mis en œuvre », conclut Bisi

Les francs-maçons motards offrent des œufs de Pâques aux enfants

De notre confrère anglais whitehavennews.co.uk – Par Brandon Mawson

Dimanche, le rugissement des motos a pu être entendu dans tout le comté alors que le chapitre de Cumbria de la Widow’s Son’s Masonic Bikers Association en a fait une Pâques inoubliable.

Il s’agissait d’élèves ayant des besoins supplémentaires, d’enfants hospitalisés et d’enfants hospitalisés à Pâques.

De nombreux motards se sont rendus, qui étaient tous membres des francs-maçons de Cumbria, ont livré plus de 400 œufs et ont fait des dons de plus de 1800 £. Les fonds et les œufs ont tous été collectés et donnés par les francs-maçons de Cumbria et leurs amis.

22/04/2023 : TBO « Avenir numérique, au cœur de nos libertés ? » proche de Lille

Samedi 22 avril 2023, de 9H45 à 12H30. Temple de Courcelles-lès-Lens

Avenir numérique, au cœur de nos libertés ? Intelligence Artificielle, souveraineté et stratégie numériques, quelle place pour nos libertés individuelles et collectives ?

Le numérique est un domaine qui a rapidement gagné du terrain. Il continue de changer significativement notre façon de vivre, de travailler et de communiquer. Le développement de l’Intelligence Artificielle (I.A.) et des machines capables d’apprendre par elles-mêmes a accéléré le processus. À mesure que l’I.A. continue de progresser, nombreux sont celles et ceux qui alertent sur les importantes mutations en cours et qui s’inquiètent de l’obsolescence annoncée de nos libertés individuelles et collectives. En effet, ce déclin pourrait conduire à une perte de contrôle de nos vies et de nos systèmes sociaux et économiques. Rien de moins !

Dans ce contexte nébuleux, la souveraineté numérique est une question clé pour l’avenir de l’Union européenne, qui est attachée depuis longtemps à l’idée d’une stratégie numérique commune. Cette vision serait portée par le libre arbitre du Vieux Continent et la responsabilité des choix numériques, l’élaboration de réglementations favorables à l’IA et un effort conjoint pour protéger nos libertés individuelles et collectives.
En défenseurs progressistes de la liberté, les Francs-maçons et Francs-maçonnes ont voix au chapitre. Ils se positionnent sur les sujets de société, ouvrant la voie à l’émancipation des individus. L’avenir de l’Homme et de la Société est en question. Les libertés individuelles et collectives, nos démocraties, pourraient être menacées.

Avec cette conférence publique, les Frères et Sœurs des RR :.LL :. Pierres de lumière, Picardie, l’Abbaye de Thélème, Partage, ainsi que la Commission Nationale sur le Numérique du Grand Orient de France, souhaitent partager les points de vue afin d’éclairer les consciences et travailler ensemble au bien commun.

Les Intervenants :

Introduction :
• M. Christophe GENERAL, Délégué de la Région 10 (Nord- Pas de Calais- Picardie et LL∴ d’Angleterre) à la Commission Nationale sur le Numérique du GODF et Président de la Commission de la Région 10 sur le Numérique.

Invités :
• M. Jean-Yves Jeannas, Enseignant de culture numérique, Responsable de la formation à la culture et aux compétences numériques à l’Université de Lille ; expert dans le groupe de travail européen DigComp ; vice-président de l’AFUL et membre du collectif national « Éducation au numérique » de la CNIL.
• Mme Marianne BLANCHERIE-DABBADIE, Présidente de la Commission Nationale sur le Numérique du Grand Orient de France.
• M. Eric BÉTHEUIL, Délégué de la Région 2 (Alpes Côte d’Azur) à la Commission Nationale sur le Numérique.

Conclusion :
• M. Nicolas PENIN, Conseiller de l’Ordre (Région 10), Grand Officier délégué à la Réflexion sur la sauvegarde des libertés publiques et individuelles.

Adresse :

Temple de Courcelles-lès-Lens – Les Atrébates, rue Paul-Auguste Leterme
ZAC Hauts de France 2 – 62970 Courcelles-lès-Lens (France)
Coordonnées GPS : 50.404763, 3.015377

Réservation pour les agapes :

Des agapes suivront la TBO, dans un restaurant proche du temple. Réservations vivement conseillées à cette adresse email : christophe@lesnoisette.net

Hiram, roi de Tyr, un personnage méconnu en Franc-maçonnerie

Hiram roi de Tyr est le fils du roi Abchal, contemporain et allié de David et de Salomon.

La Franc-maçonnerie retient du roi de Tyr la triangulation qu’il compose avec le roi Salomon et le maître Hiram, en particulier par la fourniture de bois de cèdre du Liban qui entrèrent dans la construction du Temple de Jérusalem.

Et aussi Hiram, roi de Tyr, envoya ses serviteurs à Salomon, lorsqu’il eut appris qu’on l’avait sacré roi à la place de son père; car, de tout temps, Hiram avait été ami de David (IRois 5, 15). Et maintenant, donne des ordres pour qu’on me coupe des cèdres du Liban; mes travailleurs aideront les tiens, dont je te paierai le salaire selon ce que tu me diras. Car, tu le sais, il n’y a personne chez nous qui soit habile à couper les arbres comme les Sidoniens, (IRois 5, 20) La flotte de Hiram, qui avait apporté de l’or d’Ophira, apporta aussi du bois de santal, en fort grande abondance, et des pierres précieuses.Et de ce bois de santal le roi fit des balustrades pour la maison de YHWH et pour la maison royale, et des harpes, et des lyres pour les chantres. Il n’était point venu tant de bois de santal, et on n’en a point vu ainsi, jusqu’à ce jour (1 Rois 10,11-12).

De nombreux textes de la tradition rabbinique accordent à ce roi une place privilégiée peu évoquée par les francs-maçons.

Hiram de Tyr (le Talmud a une légende selon laquelle Hiram a obtenu 600 ans de Paradis pour récompense des Cèdres du Liban qu’il a fournis à la construction du Temple de Salomon) figure parmi les dix justes qui «sont entrés vivants dans le jardin d’Éden : Énoch fils de Jared, Eliézer le serviteur d’Abraham, Bithiah la fille de Pharaon, Seraḥ la fille d’Asher, le prophète Élie, le Messie fils de David, Ḥiram roi de Tyr, Eved l’Ethiopien, le serviteur du roi, Javetz b. Rabbi, et Yehoshua b. Levi.» (Jean-Yves Legouas Le messie dans la littérature biblique et rabbinique.

Josèphe, dans son traité contre Apion nous informe, sur le témoignage de Ménander, que le roi Hiram a reconstruit le temple de Melkart [le dieu Ba’al de Tyr]. Si Hérodote est correct dans ses données, il doit alors avoir existé pendant plus de dix-sept siècles. Hiram aurait, alors, abandonné le vieux Tyr et a pris sa résidence sur le île adjacente, entourant la place de la ville avec de hauts murs de pierre de taille.  D’où le temple qu’Hérodote aurait vu eut été celui d’Hiram.

Le livre « Yalkutt » (qui est une compilation du Midrash) dit qu’Hiram s’est construit, au milieu de la mer, un paradis de sept cieux (comme Babel), et que pour le punir de sa grande fierté, Youd a envoyé Nabuchodonosor contre lui qui aurait détruit son paradis et l’a démoli en morceaux quand il avait environ 600 ans (John Yarker, The Arcane schools).

Le Rav Touitou David raconte la vie de ce roi et rapporte aussi la fin tragique d’Hiram après sa défaite contre Nabuchodonosor. 

À huit kilomètres à l’est de la ville de Tyr se trouve le Tombeau du roi Hiram de Tyr. C’est un imposant mausolée et l’un des monuments les plus intéressants de Terre Sainte. Il est moins remarquable pour sa beauté et ses ornements que pour sa grandeur et sa durabilité. Couronnant une gracieuse colline, il se compose d’un piédestal et d’un sarcophage. Le premier est composé de quatre couches d’immenses blocs de calcaire, d’environ dix pieds de haut; ce dernier est taillé dans un bloc solide et mesure douze pieds de long, huit de large et six de haut et est surmonté d’un couvercle pyramidal de cinq pieds d’épaisseur. Les extrémités du couvercle sont biseautées, le haut arrondi et il est ajusté avec autant de soin qu’il est difficile de le retirer. Sur le côté nord du monument se trouve une voûte voûtée de 20 pieds carrés et 12 de profondeur, qui a sans aucun doute servi de lieu pour le repos final de la famille royale. (John P. Newman,  From Dan to Beersheba, Chap. XIV, 1892.

Quelques mots sur les fameux cèdres du Liban

Les cèdres sont avant tout des arbres «sacrés». Le narrateur les a liés de manière inséparable à bon nombre des événements les plus grandioses de l’histoire de la Bible. Ce sont les «arbres du Seigneur», les «cèdres du Liban qu’il a plantés», (Ps. civ., 16.). Voici le reste de cette forêt dont le bois a été pris pour le Temple de Dieu à Jérusalem; (IRois, 5 et 6).

Ils expriment la grandeur, la force, la puissance et la gloire. Mais en dénonçant les jugements du Seigneur sur les orgueilleux et les arrogants, le prophète déclare: «Car le jour du Seigneur des armées sera sur tous  ceux qui sont orgueilleux et élevés, et sur tous ceux qui sont élevés, et il sera ramené bas; contre tous les cèdres élancés et majestueux du Liban et les chênes du Basan »(Isa, 2,12-13). Comme une illustration du mécontentement de Jéhovah avec la fierté royale, Il demande à Ezéchiel de parler ainsi au roi d’Égypte, et à sa cohue: «Voici, il était sur le Liban un cèdre superbe, aux belles branches, à la frondaison ombreuse, haut de stature; sa cime perçait les nuages…» (Ezéchiel, 31,3-14) Briser les cèdres et secouer l’énorme masse sur laquelle ils poussent, sont des figures choisies par le psalmiste pour exprimer la majesté terrible et la puissance infinie de Dieu. «La voix du Seigneur est puissante; la voix du Seigneur est pleine de majesté. La voix du Seigneur brise les cèdres; oui, le Seigneur brise les cèdres du Liban.» (Ps. 29., 4, 5).

Les forêts de l’Est, toujours près du point d’allumage sous les rayons intenses d’un soleil vertical, sont fréquemment incendiées par l’insouciance de ceux qui se sont réfugiés dans leurs recoins, et l’élément dévoreur continue ses ravages jusqu’à ce que de vastes plantations soient consommées. À une telle conflagration, le prophète Zacharie compare les opérations destructrices des armées romaines sous Vespasien et Titus contre les Juifs, lorsque les nobles et les dirigeants ont été abattus, la ville et le temple réduits en cendres, le peuple soit mis à l’épée, soit vendu en esclavage, et tout le pays dévasté. «Ouvre tes portes, ô Liban! Que le feu exerce ses ravages parmi tes cèdres! Lamente-toi, cyprès, car le cèdre est tombé, les fiers géants sont abattus!» (Zach., 11 ; 1-2). JOHN P. NEWMAN, D.D., LL.D., Dan to Beersheba, Chap XV, 1892.

Dans le deuxième partie du Manuscrit Dumfries (p.14/16) il est écrit : Quel est le mystère du bois de cèdre ? Le bois de cèdre, de cyprès et d’olivier n’est pas sujet à la putréfaction et ne peut pas être dévoré des vers ; ainsi la nature humaine du Christ ne fut pas atteinte par la putréfaction et la corruption.

La franc-Maçonnerie d’adoption, centrée sur Noé, évoque l’analogie entre l’incorruptibilité du bois de cèdre et le vrai maçon vertueux p.54

Illustration de l’article : Frontispice de Navigatio Salomonis ophiritica illustrata de Martin Lipen, XVIIe siècle

Quand l’œil maçonnique devient regard

Et si apprendre et comprendre relevait d’une question de regard sur les activités humaines !

La franc-maçonnerie est précisément une société de pensée qui, avec ses quelque 4 millions de maçons et maçonnes répartis en loges sur la planète, observe et interprète les « choses de la vie » jusqu’à contribuer à leur transformation, si nécessaire. En soi, un grand, très grand pari à tenir sur les possibilités actives de l’intelligence de ses membres ! Et qui dit observation et interprétation, dit questionnement et quête de sens.

A l’échelon individuel, l’initié (e) comme tout Homme, a besoin de réponses à ses « pourquoi », qui le caractérisent. Comme il a besoin de pain et d’eau, de se soigner, de se protéger et de se reproduire, il, elle, est aussi en demande de récits, fussent-ils légendaires, et d’explications du monde, aussi diverses soient-elles. En ce début de 21ème siècle, les médias lui fournissent largement ces dernières parmi les innovations !

Des foyers de sens

Ce même initié, cette même initiée, sont ainsi témoins des grands bouleversements de notre époque. Qu’il s’agisse de l’implantation et de la pénétration mondiales du numérique, professionnel et domestique qui supprime le temps et les distances ou de la substitution progressive de l’essence par l’électricité pour tous les véhicules routiers. Qu’il s’agisse du réchauffement climatique et d’une prise de conscience écologique qui partant, nous impose une bonne utilisation de l’eau (dont nous consommons individuellement 150 litres par jour en moyenne) ce trésor liquide à préserver.

Par ailleurs s’impose avec bonheur mais non sans résistance encore d’une certaine gente masculine, l’égalité « hommes-femmes ». Un avènement qui donne enfin à celles-ci accès au pouvoir et avec lui le partage des tâches, des avantages et des responsabilités. Cette parité se traduit en maçonnerie par, à la fois, non seulement l’existence de loges féminines mais la mixité possible de celles qui le souhaitent. Sans omettre l’accès aux degrés subliminaux des rites, jusque-là, il faut bien le dire, réservé aux hommes.

S’ajoutent à ces « foyers de sens », celui de l’allongement de la vie. Associé à l’accroissement démographique, ce phénomène n’est pas sans bouleverser le fonctionnement social et sociétal avec la prolongation nécessaire de la durée des « carrières » et des parcours professionnels individuels. A preuve, les conflits qui en résultent entre les instances gouvernementales et syndicales. Les premières, tenantes du financement – et arguant le principe de réalité – désirent imposer un temps de travail supplémentaire, les secondes, avançant la pénibilité liée à l’âge – une réalité aussi – veulent obtenir la diminution des annuités de labeur.

Enfin, l’initié (e) n’est pas indifférent aux grands problèmes continentaux. Notamment aux désirs d’élargissement de territoires des grandes puissances. La tentative hégémonique de la Russie qui veut annexer l’Ukraine par la force guerrière est un exemple de ce nationalisme néfaste, aux retentissements humains et économiques mondiaux. Dès lors, plus que jamais, la paix menacée et les libertés fondamentales demandent à être défendues. La France, – consciente du danger en tant que partie intégrante de cette Europe agressée – est sur ses gardes. Elle multiplie ses efforts de conciliation entre les belligérants.

A côté de cette guerre dont l’agresseur veut taire le nom, surgissent maintenant des problèmes sociétaux qui interrogent et atteignent l’Homme au plus profond de son être. De l’identité sexuelle mise en cause par la théorie du genre à l’euthanasie qui, au-delà des croyances individuelles, « profanise » la sacralité de la vie. Autant de graves violences anthropologiques à même d’aboutir, dans leur déroulement, à une forme de déshumanisation. Le sacré est précisément une manière de respecter et d’honorer l’Homme, mais encore le mystère de l’univers. Il n’est pas une création pour seulement croire mais aussi pour ressentir, éprouver, vivre une spiritualité dite « laïque » afin de se démarquer du « religieux ».

La loge, un ilot d’humanitude

Que pouvons-nous faire, nous francs-maçons et franc-maçonnes, soldats aux mains nues, devant ce funeste « enfièvrement » planétaire, devant cette sorte de « dégradation » soudaine des « ressentis humains » ?

« Tu veux un monde meilleur, plus fraternel, plus juste ? Eh bien, commence à le faire. Qui t’en empêche ? Fais-le en toi et autour de toi. Fais-le avec ceux qui le veulent. Fais-le en petit, et il grandira… » nous répond Carl Jung (citation également attribuée à Lanza del Vasto, philosophe français d’origine italienne).

Ce monde, l’initié (e) peut – toutes proportions gardées – participer à son édification en loge. Avec les pierres symboliques à la disposition des frères et des sœurs qui y sont réunis pour trouver du sens. Tentons leur inventaire : Le rituel d’abord, dont l’ordonnancement, désarme, apaise, concentre, régule, discipline le corps, réjouit le cœur et nourrit l’âme. La « culture maçonnique » ensuite, qui s’exprime au fil des planches et des échanges oraux. Elle existe, ne nous le cachons pas, parce que la maçonnerie est une grande emprunteuse !

Ainsi s’invitent les sciences humaines, dont la philosophie, porteuse de sagesses, tant grecque que romaine et la psychanalyse, tant freudienne que lacanienne, ici exploratrice du langage et non une thérapie. Ainsi vit en loge, une spiritualité, affranchie des religions, qui n’hésite pas à utiliser l’humour pour éviter de se prendre trop au sérieux et faire jaillir le sens. Sont aussi convoquées l’esthétique et le style – propre à chaque loge – lesquels contribuent à l’harmonie intérieure de chaque participant (e), et à l’ambiance générale. Pour obtenir ce fameux « égrégore » – cet esprit collectif ou encore cet agrégat d’énergie – qu’en d’autres lieux, telle l’entreprise, se nomme la « dynamique de groupe ».

 Au moment de l’histoire de l’homo sapiens où le génie humain propose le « transhumanisme (l’Homme augmenté, à la vieillesse sans pathologies et à la mort retardée) et met en place l’intelligence artificielle » (l’Homme remplacé par des cerveaux extérieurs autonomes), il est bon que demeurent, ce que j’appellerais des « ilots d’humanitude ». La loge maçonnique en est un, où l’Homme demeure cet Homme, lentement créé et façonné par la seule Nature, en chair et en os, avec ses forces et ses faiblesses, ses qualités et ses défauts !

La loge, ce lieu où s’exerce notre fraternité, demande, non quelque manipulation génétique, mais pourquoi pas, un nouveau regard. Nous y sommes frères et sœurs de hasard. A une fratrie de sang se substitue une fratrie de sens. Chacun, chacune arrive en loge avec son histoire, ses habitudes, sa façon d’être, son aptitude relationnelle, voire son « besoin d’adversaires » pour exister ! Il serait ainsi faux de dire que l’on devient « copains d’enfance » sur le champ !

Faire famille

Si la mythologie regorge d’oppositions et de drames fraternels (Abel et Caïn, Remus et Romulus, Etéocle et Polynice, entre autres), cela ne signifie pas que la sororité en soit exempte ! En maçonnerie comme ailleurs, il n’est d’être qu’en relation. Et la relation est le lieu même du conflit (intérêts divergents, sentiments blessés, désirs opposés, jalousie persistante). La discorde entre le roi actuel d’Angleterre et son frère en est l’illustration !

En ce sens, le conflit est preuve de vie ! Nous avons tous une carte d’identité alors qu’elle devrait être une carte de différences ! Les discordes naissent souvent d’opinions divergentes (au vrai destructrices) là où il conviendrait d’avoir plutôt des idées (à visée constructrices). De fait, nous abordons ici l’altruisme. Il en existe au moins quatre formes : l’élan vers l’autre, par intérêt (pour obtenir), par devoir (au nom de la morale), par amitié (sympathie), par charité (générosité).

 Nous l’avons dit, la fraternité maçonnique – centrée elle sur la sympathie précitée – ne va pas de soi immédiatement. Il s’agit d’abord de se jauger, de s’apprivoiser, de se connaître, pour s’apprécier. Ou non, lorsque la jalousie s’en mêle autour de la couleur des tabliers ! Il y a fort à parier que si nous aimions notre frère, notre sœur de loge, comme nous aimons nos enfants, le courant passerait d’emblée ! En clair, si nous regardions l’autre comme nous regardons ceux que nous aimons avec affection, et si cet autre nous regardait de la même façon, l’amour règnerait tout naturellement. Ce qui s’appelle « faire famille ». Certes, en l’absence de « sentiments-parasites » !

Nous revenons ici au sacré, dont l’authentique définition est ce pour qui on se sacrifierait. Ce sacrifice est évidemment en l’occurrence le ou les êtres chers pour lesquels nous donnerions notre vie, s’il le fallait. De la sorte, au lieu de disserter à l’infini pour savoir si la loge est ou pas un lieu sacré, il convient mieux de penser que ses membres sont, eux, effectivement sacrés ! Il en est de même sur le parvis du temple, en observant nos frères et nos sœurs en humanité vaquer dans la Cité. Oui, l’Homme, quel qu’il soit, où qu’il soit, de l’enfant au vieillard, est sacré ! Donc, intouchable, inviolable. Cet aspect de vénération absolue devrait faire partie de l’éducation et de l’instruction, dès le plus jeune âge.

Nous nous retrouvons ainsi, avec cette considération à la fois respectueuse et affectueuse, quand l’œil devient regard… pères et mères fictifs les uns des autres ! La pensée magique peut parfois se convertir en une astucieuse mais précieuse réflexion!

 Partant, comment ne pas approuver le philosophe américain William James quand il disait au siècle dernier : « La plus grande révolution, c’est d’avoir découvert qu’en changeant leurs tournures d’esprit, les humains peuvent modifier les conditions extérieures de leur vie ».

Une citation toujours d’actualité.

13/04/23 : Laïcité et constitution, LE colloque !

Ouvert à toutes et à tous, cette réunion publique porte sur l’opportunité de préciser le principe laïque dans notre constitution. Nous attendons une assistance nombreuse.

On y retrouvera beaucoup de laïques républicains, qui estiment nécessaire aujourd’hui de réaffirmer ce principe essentiel de la République. Une proposition de texte d’« Opinion internationale » a déjà circulé. D’autres propositions de modification de la constitution sur ce sujet ont déjà été formulées. Ainsi, celle du GODF demandant d’inscrire dans la Constitution les deux premiers articles de la loi de 1905, ou la proposition plus récente du sénateur Pierre Ouzoulias. Qu’on soutienne ou pas exactement les termes de ces propositions, il parait utile d’en débattre à l’heure où les laïques ont plus que jamais besoin du soutien d’une règle juridique clairement posée, et où l’approche juridique est de plus en plus prégnante dans notre vie politique.

Geoffroy Boulard.

La conférence-débat est organisée par Geoffroy Boulard, Maire du 17e arrondissement, et par Patrick Pilcer, Secrétaire Général de la Fédération de Paris du Parti radical.

En présence de : Laurent Hénart, Président du Parti radical ; Catherine Michaud, déléguée nationale à la Laïcité du Parti radical ; Stéphane Le Rudulier, sénateur des Bouches-du-Rhône Les Républicains ;

Jean-Christophe Cambadélis, ancien premier secrétaire du Parti Socialiste, député honoraire ; Caroline Yadan, Députée de Paris Renaissance ; Pierre Ouzoulias, Sénateur des Hauts-de-Seine Parti communiste ; Sophie Elizeon, Préfète, déléguée interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH) ;

Jean Javanni, Président de l’association de défense des laïques (AD3L) et vice-président du Comité Laïcité-République (CLR) ; Catherine Kintzler, philosophe ; Frédéric Thiriez, avocat

Michel Taube.

Le débat sera modéré par Michel Taube, fondateur d’Opinion Internationale.

Infos pratiques : Mairie du 17ᵉ arrondissement de Paris/16-20 rue des Batignolles, 75017 Paris

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Les francs-maçons donnent leur mémoire à la Ville de Besançon

De notre confrère estrepublicain.fr – Par Philippe SAUTER

Plus de 800 documents, 20 mètres linéaires à répertorier : les francs-maçons de Besançon ont décidé de faire donation de leurs archives à la bibliothèque municipale.

Le conseil municipal de ce jeudi devrait accepter officiellement l’importante donation dont fait l’objet la Ville. La loge maçonnique bisontine a, en effet, fait le choix récent de transmettre sa mémoire. Une mémoire, principalement de papiers, répartie sur vingt mètres linéaires déjà installés dans un des bâtiments de la bibliothèque municipale. « J’ai répertorié entre 800 et 1 000 documents », explique Sandrine Natter, archiviste, qui a tout particulièrement travaillé sur cette donation, durant près d’une année.

C’est précisément le Cercle patrimonial bisontin désormais ex-propriétaire qui a fait don de cet ensemble exceptionnel pour la connaissance de l’histoire des francs-maçons dans la ville. Il s’agit de la totalité des archives recueillies par la loge maçonnique « Sincérité, Parfaite Union et Constante Amitié Réunies ». Derrière cette subtile appellation, la sixième plus ancienne loge maçonnique de France. Les archives recueillies remontent à 1764.

Les femmes : Proudhon contre, Laclos pour !

Parmi les documents, une lettre particulièrement précieuse, c’est dans cette loge à Besançon où a été utilisée, pour la première fois, la tri-ponctuation, les fameux trois points.

On pourra découvrir, également, une signature de Lafayette, mais aussi la présence de maçons devenus célèbres, Pierre-Joseph Proudhon ou Choderlos de Laclos, l’auteur des  Liaisons dangereuses qui écrivit l’essentiel de son chef-d’œuvre à Besançon.

« Proudhon était totalement opposé à la présence des femmes dans les loges, alors que pour Choderlos de Laclos, c’était exactement le contraire, explique Lionel Estavoyer. Il a même créé l’une des toutes premières loges de femmes en France, à Salins-les-Bains. »

La terre et le feu

Souvenir de cette période très difficile pour les frères, ce grand livre en mauvais état, « il a probablement été enterré durant la guerre », précise Lionel Estavoyer, « et il y a sûrement eu une tentative de le faire disparaître par le feu, il reste cette odeur de brûlé », ajoute Sandrine Natter. Le précieux livre, comme d’autres, sera numérisé.

Si l’essentiel de cette donation est bien fait de papiers, on trouve aussi quelques diplômes gravés et des plaques photographiques anciennes dont des portraits réalisés par un photographe local et, lui-même maçon, Antoine Lumière, père des frères Lumière.

Avec Henry Ferreira-Lopes, directeur de la bibliothèque municipale , il était déjà évoqué la possibilité d’organiser prochainement une exposition consacrée à ces précieux documents dans les locaux de la bibliothèque.