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Les femmes peuvent-elles être franc-maçons ?

De notre confrère d’Afrique du Sud vimbuzz.com

La franc-maçonnerie est une organisation fraternelle qui existe depuis le 17ème siècle. Ses membres, appelés francs-maçons ou maçons, font partie d’un réseau mondial d’hommes qui partagent un intérêt commun pour la philosophie, l’éthique et l’amélioration de soi.

Pour devenir franc-maçon, un homme doit postuler pour rejoindre une loge locale et être parrainé par un membre actuel.

L’organisation a un ensemble de valeurs morales et éthiques que ses membres doivent respecter, y compris un engagement envers les œuvres caritatives, l’honnêteté et la loyauté envers leurs collègues maçons.

L’un des aspects les plus intrigants de la franc-maçonnerie est l’utilisation du symbolisme et des rituels. Les maçons participent à des cérémonies qui impliquent l’utilisation de symboles traditionnels, tels que l’équerre et le compas.

Ces symboles sont censés représenter des vérités morales et servir de rappel des valeurs de l’organisation.

Les femmes peuvent-elles être franc-maçons ?

Oui, cependant, dans le passé, les femmes n’étaient pas autorisées à rejoindre la franc-maçonnerie, car l’organisation était exclusivement réservée aux hommes. Cependant, ces dernières années, il y a eu un mouvement pour permettre aux femmes de devenir membres de l’organisation.

Il existe maintenant plusieurs groupes qui permettent aux femmes de devenir francs-maçons, notamment l’Ordre des femmes francs-maçons et l’Honorable Fraternité des anciens francs-maçons.

Dans l’ensemble, la franc-maçonnerie est une organisation unique qui attire les hommes qui s’intéressent à l’amélioration de soi et aux valeurs morales.

Alors que les femmes étaient historiquement exclues de l’organisation, il existe maintenant des options pour les femmes qui souhaitent faire partie de la tradition maçonnique.

Suite de cet article très (trop) sommaire avec theconversation.com – Françoise Marmouyet

Les franc-maçonnes, pionnières du féminisme en Espagne

Cet article est publié dans le cadre de la Fête de la Science 2018 dont The Conversation France est partenaire. Retrouvez tous les débats et les événements de votre région sur le site Fetedelascience.fr


L’histoire du féminisme en Espagne est étroitement liée à celle de la franc-maçonnerie. Cet ordre est apparu dans la péninsule ibérique en 1728 sous l’influence de francs-maçons initiés à l’étranger et il s’est rapidement développé malgré des périodes de persécution extrêmement sévères. Seul le règne de Charles III, despote éclairé, avait permis la création du Grand Orient d’Espagne en 1780. La puissance de l’Église bâillonna le mouvement et le roi absolutiste Ferdinand VII le rendit illégal.

Cependant, la Révolution de 1868 suivie du Sexenio Democrático (Sexennat Démocratique) entraînèrent des réformes libérales telles que la liberté de culte, d’enseignement et d’association, ce qui fit surgir un climat de liberté citoyenne permettant le développement et la consolidation de Loges maçonniques qui réunissaient aussi bien des républicains que des spiritistes ou encore des anarchistes.

Les Loges sont au départ masculines mais certains membres, par le principe d’égalité qui est intrinsèquement le code éthique du mouvement, étaient favorables à l’intégration de femmes pour réaliser ensemble le projet déclaré du Grand Orient d’Espagne : éradiquer l’analphabétisme en éduquant, dans des écoles uniques et laïques, loin de l’influence de l’Église, toutes les couches de la société et notamment les enfants, dont les droits fondamentaux se devaient d’être respectés.

Il n’existe pas de statut réglementé sur la présence des femmes dans les Loges. Néanmoins, la diffusion d’idéologies telles que le krausisme et le fouriérisme œuvre pour la reconnaissance de leur condition. Elles intègrent donc des Loges masculines et y assument les mêmes tâches que les hommes. Puis, lorsqu’il y a un nombre jugé suffisant de femmes dans une Loge masculine, elles rejoignent une Loge d’adoption constituée uniquement de femmes et parrainée par une Loge masculine.

Loge d’adoption en Espagne, gravure du XVIIIᵉ siècle. Author provided

Entre 1868 et 1900, 400 femmes rejoignent ainsi la franc-maçonnerie en Espagne et s’engagent dans la vie publique avec l’intention de rejeter les stéréotypes de genre faisant de la femme un « ange du foyer » associé irrémédiablement à la douceur, la discrétion et la soumission. Les franc-maçonnes veulent pour la femme, quelle que soit sa situation sociale, le respect de sa dignité et de son droit à être indépendante. L’instruction pour tous étant une priorité, deux « franc-maçonnes », Ana Maria Ronda Pérez et Matilde Muñoz, dirigent la LEYE (Liga de Educación y Enseñanza – Ligue pour l’Education et l’Enseignement) créée par plusieurs Loges.

Les franc-maçonnes espagnoles du XIXe siècle sont anticléricales, féministes laïques, libres penseuses et très actives : elles animent des meetings, publient des articles et des tribunes dans la presse libérale. Elles créent des associations, organisent des manifestations. À l’intérieur du mouvement, toutes n’ont pas la même sensibilité : si beaucoup sont favorables à une totale émancipation de la femme, une minorité d’entre elles, comme Mercedes Vargas de Cambó, une écrivaine catalane ayant rejoint une Loge en 1883, persiste à lier intrinsèquement la femme, principale influence de l’espace privé et donc éducatrice de sa famille, et la maternité.

D’autres vont plus loin dans la cause féministe. Ainsi Concepción Arenal publie-t-elle en 1869 son essai La mujer del porvenir qui présente la femme comme un individu autonome qui doit être intégré dans la société et le monde du travail. Elle affirme ensuite, dans l’ouvrage La mujer de su casa publié en 1883, que vouloir pour la femme la perfection au sein de son foyer n’est pas source de progrès social mais qu’au contraire, par cette attitude la femme est maintenue dans la subordination et l’ignorance car elle n’a pas d’indépendance financière et son éducation est défaillante. Concepción Arenal était soutenue par Emilia Pardo Bazán, autre écrivaine franc-maçonne qui rejetait l’assujettissement des femmes et réussit malgré de très fortes oppositions à obtenir une chaire de littérature néo-latine à l’Université centrale de Madrid.

Concepcion Arenal. Biografias y vidas

De son côté, lorsqu’elle intègre la franc-maçonnerie en 1886, Rosario de Acuña est déjà une écrivaine engagée qui affirme que les femmes sont les véritables moteurs des changements de la société. C’est l’une des rares franc-maçonnes aristocrates, mais son discours souvent radical sur l’émancipation des femmes et son comportement rejetant parfois les règles strictes des Loges d’Adoption font d’elle un électron libre parfois décrié. En 1891, elle monte El Padre Juan, une pièce de théâtre anticléricale qui fait scandale, et elle crée une exploitation avicole qui fournit toute l’Espagne en œufs d’une qualité exceptionnelle… Pour elle, la régénération sociale n’est possible qu’à partir d’une vie en contact avec la Nature, loin de la consommation à outrance, des diktats de la mode et du rythme effréné de la ville.

Dans ses discours et ses articles, elle appelle les femmes à avoir conscience de leur valeur et de leur capacité à améliorer l’espèce humaine. Malgré un harcèlement continu l’obligeant à s’exiler au Portugal, elle continue son combat sans relâche.

D’autres franc-maçonnes connaissent les mêmes persécutions, telle Ángeles López de Ayala : issue d’une famille bourgeoise libérale dont certains membres sont eux-mêmes francs-maçons, elle intègre rapidement une Loge et s’engage en faveur de l’autonomie des femmes en publiant de nombreux articles dans la presse libérale. Elle anime même une colonne fixe dans Las Dominicales del Libre Pensamiento. Elle déclare ouvertement que la femme doit se libérer aussi bien de l’emprise de l’Église que de la domination masculine et elle rejette la monarchie. Ces idées sont si radicales que sa maison est incendiée et qu’elle fait elle-même l’objet de deux tentatives d’assassinat. Malgré plusieurs séjours en prison, elle continue de défendre publiquement la franc-maçonnerie.

Angeles Lopez de Ayala.

Nous pouvons citer également les sœurs Amalia et Ana Carvia qui intègrent une Loge en 1887 et créent à Huelva une Fondation (la Fundación de Huelva) œuvrant à libérer la femme de la moralité chrétienne.

Afin d’obtenir plus de visibilité et d’écoute, des pactes se nouent entre franc-maçonnes, tel celui unissant, en 1889, Ángeles López de Ayala à Amalia Domingo Soler (romancière et spiritiste) et Teresa Claramunt (ouvrière anarchiste) et menant à la création de la Sociedad Autónoma de Mujeres à Barcelone, avec l’objectif avoué de motiver les femmes de toutes conditions à participer aux débats politiques et culturels.

Car les revendications évoluent et finalement, les femmes ont été bien plus loin que ce que les hommes attendaient d’elles : l’engagement pour un monde meilleur et plus égalitaire mais dans le respect des schémas traditionnels, est devenu une lutte pour la libération de toutes les femmes et à tous les niveaux de la société. À l’instar de Belén Sarragá (intégration en 1896), l’une des premières femmes médecins en Espagne, favorable à la séparation de l’Église et de l’État, les franc-maçonnes féministes de la toute fin du XIXe siècle, refusant de plus en plus la bureaucratie et la hiérarchisation des membres, œuvrent à l’intégration des femmes ouvrières dans les Loges, une nécessité selon elles dans la lutte commune qui s’annonçait à l’aube du XXe siècle : obtenir l’égalité des droits politiques et le suffrage des femmes.

76 ans de la Confédération maçonnique interaméricaine

De la Grande Loge du Chili granlogia.cl

Le 17 octobre 1943, pendant la Seconde Guerre mondiale, les Grandes Loges d’Uruguay, d’Argentine et du Chili signent un appel conjoint adressé à la Franc-Maçonnerie Universelle, dans lequel elles invitent tous les gouvernements symboliques à se joindre à une initiative commune de défense de la Liberté, de l’Égalité et de la Fraternité.

Quatre ans plus tard, le 14 avril 1947, lors de la Journée des Amériques, réunies à Montevideo, les puissances maçonniques de notre continent fondèrent la Confédération maçonnique interaméricaine.

Du point de vue de la Grande Loge du Chili, ce fut un premier grand pas pour la constitution future d’une franc-maçonnerie universelle.

À cette occasion, la Confédération maçonnique interaméricaine a indiqué quels seraient les objectifs fondamentaux de l’organisation :

a) Contribuer par tous les moyens à sa disposition au développement et à la consolidation de l’idéal franc-maçon universaliste ;

b) Tracer les grandes lignes qui servent de base à la mise en œuvre d’une éducation maçonnique qui, sans remettre en cause les préférences ritualistes de chaque Puissance symbolique, constitue le moyen le plus efficace d’accomplir les nobles fins visées dans la lettre précédente ; et

c) Coordonner l’Action Maçonnique des Puissances Symboliques adhérentes autour des problèmes qui leur sont communs.

Aujourd’hui, célébrant ses 76 ans d’existence, le CMI compte 94 puissances maçonniques, de 26 pays des Amériques, des Caraïbes et d’Europe, avec un demi-million de membres.

La Grande Loge du Chili se joint aux célébrations de cet anniversaire, réaffirmant sa foi en un avenir meilleur pour l’Humanité.

Les maux des mots

Les mots peuvent être des caresses ou des balles de révolver !

Ainsi en est-il, à l’ère des logiciels… des vocables logique et morale.

L’expérience de la vie nous apprend qu’il y a autant de logiques et de morales, que de sociétés et d’époques, c’est à dire de philosophies et de points de vue ! A l’école, entre quatre murs protecteurs et devant le tableau noir de notre enfance ces mots étaient inoffensifs : Nous faisions de l’analyse logique après la dictée, la pensée du jour (« bien mal acquis ne profite jamais ! ») nous servait de leçon de morale. Et la preuve par 9 nous montrait que notre raisonnement arithmétique « tombait juste ». Voire que la vérité était dans les chiffres !

C’est en quittant l’école que tout a changé, pour ne pas dire que tout s’est gâté ! Adultes devenus, nous constatons que le « camarade de classe » c’est maintenant « l’Autre » dans sa grande diversité compétitive (ethnies, coutumes, religions, individualismes, hiérarchies de dominance, etc) et qu’il faut – malgré ces différences et contraintes – « vivre ensemble » sur la planète. Facile à dire avec des mots choisis, difficile à faire avec des actes positifs!

A partir de mon histoire (années 1930/40), je retiens pour ma part qu’un grand pays comme l’Allemagne, éduqué et cultivé s’il en est, suit alors dans un bel élan patriotique le raisonnement d’un fou furieux. Celui-ci, le sinistre Hitler, met dans l’entonnoir de la logique tous les paramètres « normatifs » qui lui conviennent (revanche de la guerre précédente, difficultés économiques, pureté de la race aryenne à protéger, etc) pour recueillir à la sortie, une épouvantable « rationalisation » qui lui apparaît pourtant « naturelle » : l’extermination des juifs ! Heidegger, l’un des plus grands philosophes du XXème siècle, que l’on peut supposer intelligent, adhère à cet antisémitisme ! Sa maîtresse, Annah Arendt, philosophe talentueuse elle-même, ouvre les yeux à temps et le quitte pour décrire ce que, effarée, elle découvre : la banalité du mal. Dit autrement, il est tout à fait logique de tuer son semblable quand on en reçoit l’ordre d’un supérieur et que l’on est obéissant et scrupuleux. C’est normal, banal, on ne fait que son devoir (encore un mot dont il faut se méfier, n’en déplaise à Kant !) La logique et la morale détruisent ici tout discernement!

Les convoyeurs et les exécutants de l’holocauste avaient aussi une logique : « Mon honneur est ma fidélité ». De leur côté, les militaires nazis portaient un ceinturon – à hauteur de mes yeux de gamin – dont la boucle arborait leur morale : Gott mit uns (Dieu avec nous). Bilan en 1945 de ces logique et morale funestes : 6 millions de morts.

Il est aisé de comprendre que l’on puisse se méfier aujourd’hui de ces deux mots…qui n’auraient jamais dû quitter la salle de classe ! Croire que les doctrines, l’instruction et le progrès peuvent seuls parfaire l’Homme est la grande illusion des Lumières… et des francs-maçons ! Parce que l’Homme est autant capable de détestation et d’égoïsme, que de bonté et d’amour, il nous reste, pour éliminer (en tout cas réduire) notre part d’ombre, encore et toujours, à apprendre et mettre en pratique LA LIBERTÉ, L’EGALITÉ, LA FRATERNITÉ. Alors que l’islamisme est en train de prendre le relais du nazisme, quelques grandes obédiences maçonniques françaises, ont aussi leur logique et leur morale. Ivres d’une puissance factice, elles cultivent les interdits et, partant, n’ont jamais été aussi « enfermantes » pour leurs membres ! C’est à dire, qu’au titre d’un « marché captif » (gestion financière oblige) elles prohibent toute autre appartenance hors de leur champ et entravent ainsi la transmission, donc l’étendue de la trilogie républicaine à un moment où celle-ci n’a jamais autant été nécessaire, pour ne pas dire vitale ! Cherchez l’erreur !

Les REHFRAM d’Oyo : trahison de l’idéal maçonnique ?

Par le COC (Collectif des Orphelins Congolais)

Les Rencontres Humanistes et Fraternelles d’Afrique Francophone et de Madagascar (REHFRAM) c’est le rassemblement annuel de la Conférence des Puissances Maçonniques Africaines et Malgaches (CPMAM). Cet évènement rassemble les francs-maçons africains francophones, depuis 1992. Pour tout franc-maçon, c’est l’occasion d’échanger sur les valeurs morales et philosophiques avec ses « frères » et « sœurs » actifs dans d’autres obédiences du continent. En février 2023, ces rencontres ont réuni à Oyo les francs-maçons venus de toute l’Afrique, de Madagascar et d’Europe.

La précédente réunion qui s’était tenue à Abidjan en 2022 avait créé une certaine surprise en décidant d’organiser la réunion 2023 à Oyo en République du Congo, une localité qui n’est pas un Orient maçonnique. On pourrait se limiter à une évidence : la fête fut belle, les agapes mémorables. Mais ne serait-ce pas étrange de reprendre le refrain déjà entendu selon lequel bien souvent, trop souvent, les REHFRAM riment avec « chambre humide » ? Toutefois, quelles leçons peut-on tirer de ces rencontres, dans une bourgade comme Oyo qui n’abrite aucune loge maçonnique ? Les francs-maçons, hommes qui se proclament libres et de bonnes mœurs, peuvent-ils occulter les préoccupations relatives aux droits de l’homme et refuser de prendre en compte la dynamique des mouvements citoyens qui contribue au renouveau de plusieurs pays africains ? Doit-on tolérer longtemps que certains Frères puissent aussi allégrement bafouer les principes de la Franc-maçonnerie, en abandonnant leur liberté de conscience et en adulant un personnage qui foule systématiquement aux pieds les principes élémentaires de la morale et de la probité ? En définitive, que retiendra-t-on des REHFRAM d’Oyo 2023 ?

Les REHFRAM d’Oyo, « un contrat » léonin exclusivement en faveur du pouvoir de Brazzaville

Dans certains pays, l’engagement maçonnique est essentiellement associé au soutien d’œuvres sociales, caritatives ou de solidarité. Alors que le Franc-maçon par sa « fibre » humaniste, doit s’impliquer dans tous les problèmes de la société, y compris le vote des lois, au Congo, depuis le retour au pouvoir par les armes de Sassou, en Octobre 1997, cette institution spirituelle, philosophique et progressive « prospère » hélas sur un foyer de miasmes et d’abjections. La violation des droits de l’homme y est devenue la règle. Nul n’oublie en effet que les Francs–maçons ont payé un lourd tribut à la guerre déclenchée en 1997. Et faut-il le rappeler, si besoin est, qu’aucun frère, aucune sœur, nul franc-maçon n’est censé ignorer la « loi » ; en l’occurrence celle qui frappe au Congo toutes celles et tous ceux dont la seule faute aura été d’oser dire « non » au frère que d’autres francs-maçons par flagornerie, ont surnommé « L’Empereur » !

Par le fait de ce frère, l’enténèbrement de la société se poursuit chaque jour dans le tréfonds congolais. L’effondrement des repères maçonniques traverse désormais beaucoup de loges. Par la laideur morale de ses actions, Denis Sassou Nguesso est allé très loin dans l’ignominie : il a non seulement assuré sa pérennité dictatoriale en jetant aux orties sa propre constitution de janvier 2002, il a en plus institutionnalisé l’impunité dans sa nouvelle constitution du 6 novembre 2015. En inscrivant l’Article 96 dans ladite constitution, Denis Sassou Nguesso et ses sbires du PCT apportent la preuve d’une volonté d’institutionnaliser l’absolution des crimes et délits pendant leur règne. « Aucune poursuite pour des faits qualifiés de crime ou délit ou pour manquement grave à ses devoirs commis à l’occasion de l’exercice de sa fonction, ne peut plus être exercée contre le Président de la République après la cessation de ses fonctionsLa violation des dispositions ci-dessus constitue le crime de forfaiture ou de haute trahison conformément à la loi. ». Une constitution liberticide qui met les crimes de sang, les crimes économiques et les violations des droits de l’Homme au rang de droit constitutionnel, ne peut pas être une Constitution d’État pour un pays du 21ème siècle.

Disons-le sans ambages que, pour être cohérents avec le thème de leur rencontre de 2023, « les hommes libres et de bonnes mœurs » que sont les francs-maçons par définition, ne devraient s’aplatir devant personne. Et si, comme à l’accoutumée ils ont le devoir d’échanger avec tout franc-maçon, ils savent que tout échange doit contribuer à l’amélioration de la société. Dans le cadre des REHFRAM d’Oyo, il serait vain de rechercher les améliorations apportées par les échanges, quand on sait qu’au final, malgré les multiples appels à la solidarité lancés à travers le monde pour la libération du frère Jean Marie Michel MOKOKO, les francs–maçons qui exercent le pouvoir d’État au Congo ne répondent que par le mépris. Qui plus est le frère Denis Sassou Nguesso considère le Frère Mokoko comme son « prisonnier personnel ». Le cas du « condamné aux travaux forcés » qu’est André OKOMBI Salissa jouit du même cruel traitement. Exigeants vis-à-vis d’eux-mêmes et vis-à-vis des autres frères, les francs-maçons du Congo-Brazzaville n’auraient pas dû accepter de participer à une telle messe, sans rien demander en retour !

Les Maçons doivent regarder le monde, sans esprit partisan, ni sur le plan politique ni sur le plan religieux, et agir avec toute l’indépendance qui les caractérise. L’enfermement dans leur tour d’ivoire de la plupart des « Présidents francs-maçons », et notamment du Président Denis Sassou Nguesso qui n’écoute plus son peuple, devrait être un sujet de préoccupation permanente pour les francs-maçons congolais.

L’obéissance aveugle, qui ôte le libre arbitre, est un grand danger pour tout individu et pour les francs-maçons qui président à la destinée du pays, puisqu’ils ne peuvent plus penser par eux-mêmes. Nous avons en mémoire cette ruée, chaque année vers Edou-Oyo, de tous les cadres militaires et civils du pays, parmi lesquels figurent de nombreux francs-maçons, lors de la commémoration de la mort de Lucie Édith Bongo, qui de son vivant n’a jamais rien représenté au Congo à part le fait d’être la fille aînée de « l’empereur » !

L’excursion des REHFRAM 2023 a laissé aux profanes congolais la même triste et funeste impression de pèlerinage d’allégeance ! Sinon, pourquoi alourdir les frais de transport des participants en allant se réunir dans un coin qui ne revêt aucun intérêt maçonnique ? Si ce n’est pour donner aux frères hôtes l’opportunité de déployer leur insolente opulence (au vu de la crise que traverse le pays) et s’ériger en généreux bienfaiteurs tout en obligeant certains de leurs hôtes (frères accueillis) !

Des initiés motivés par une bonne dose d’opportunisme

Loin des préoccupations essentielles visant l’amélioration de la société, les REHFRAM d’Oyo étaient axées entre autres, sur la guerre de succession au sommet du pouvoir à Brazzaville. Cette guerre qui s’était prolongée dans les espaces feutrés d’Oyo était larvée depuis un moment dans la maçonnerie congolaise et dans les services secrets français. C’est de notoriété publique : Jean Dominique Okemba a arrosé cet espace d’enveloppes de pétro-CFA, pour se créer des allégeances qui, pour certaines d’entre elles, commenceraient même à gêner le Président Sassou lui-même.

Est-il normal que la Securitate congolaise ait pignon sur rue sur la Franc-maçonnerie congolaise, au point où deux des trois grandes obédiences maçonniques du pays soient désormais dirigées par deux sécurocrates du régime : Jean Dominique Okemba et Philippe Obara ? On voit comment Jean Dominique Okemba s’adonne à la manipulation au sommet de la Franc-maçonnerie en plaçant ses hommes liges à la tête de beaucoup d’obédiences maçonniques. C’est ainsi qu’aux REHFRAM d’Oyo, en qualité de simple « Invité exceptionnel » qu’il était, il a eu l’insigne effronterie de payer la totalité de la facture des agapes !

Nous apprenons chaque jour des choses avilissantes auxquelles seraient soumis nombre de nos compatriotes qui pour aspirer à une réussite matérielle rejoignent la Franc-maçonnerie : ils sont détruits dans leur humanité etleur dignité.Le nouveau Congo que nous appelons de tous nos vœux recommande l’émergence d’une nouvelle conception du patriotisme, plus « kimuntienne » (néologisme congolais signifiant « humanisme ou humain »). En attendant, on est en droit de se demander si sous ces cieux, il est toujours question de respect des constitutions d’Anderson, s’il y a toujours incitation à l’excellence, à la grandeur d’âme ; si l’on œuvre toujours à l’élévation de temples à la vertu… Retenons qu’il n’y aura pas de Grand Congo avec d’aussi mauvais francs-maçons…

La Franc-maçonnerie est du domaine du spirituel et tout domaine qui se revendique comme tel se souille dès lors que la matérialité prend le pas sur la spiritualité. C’est d’ailleurs le drame de notre monde, le drame qui tue doucement notre planète à cause de la convoitise et de la cupidité de quelques-uns.

Tout porte à croire que l’engouement suscité par les REHFRAM d’Oyo s’explique par les préoccupations bassement matérielles sans valeur ajoutée spirituelle ni philosophique. Beaucoup d’initiés (ou plutôt d’apprentis-sorciers) étaient simplement motivés par une dose d’opportunisme : les uns pour tisser des liens avec les officines d’Oyo, les autres pour côtoyer le grand Manitou, distributeur illimité et source intarissable de pétro-CFA ; au grand damn de la population congolaise qui tire le diable par la queue !

Tout compte fait, les francs-maçons du Congo ne peuvent plus se contenter de débats à huis clos, confinés dans l’atmosphère compassée de nos temples… Le moment est venu pour les maçons d’Afrique et de Madagascar d’être les artisans du renouveau politique, économique et social de leurs pays respectifs, au service d’une vision adogmatique du monde, prônant la liberté absolue de conscience.

Nous nous devons d’œuvrer sans relâche à la réconciliation de notre idéal maçonnique avec lui-même, et dans son universalité ; en vue d’une autre réconciliation, celle de la société africaine avec elle-même, où tradition et modernité, y compris dans ce domaine de la spiritualité, pourront enfin s’accorder et ne plus jamais s’exclure…

Il est certain qu’au regard des réalités de l’Orient du Congo, tout Orateur inspiré aurait pu rappeler le propos suivant du frère Joseph Badila, franc–maçon de notoriété publique, relatif au rôle de la maçonnerie africaine dans la société : « Vous avez la corruption qui gangrène la société et donc la maçonnerie peut être cet outil essentiel pour qu’il y ait des hommes qui doivent absolument améliorer cette société », espère-t-il. Ce frère s’exprimait ainsi sur les antennes de RFI le 06 février 2016. De même, sa phrase suivante portée à la postérité doit inspirer la Franc-maçonnerie politique : « On ne peut pas être Franc-maçon et dictateur ». Qu’est-ce que les francs-maçons congolais font-ils de ces sages conseils ? Peuvent-ils continuer à prêcher la morale, la verticalité et, en même temps, encenser ceux qui incarnent l’impudence et l’opulence, à côté d’un flot de misère qui étreint le plus grand nombre ? Tout franc-maçon qui se respecte se doit d’en prendre de la graine, pour supporter l’épreuve du miroir qui prépare au vitriol.

De Dakar à Oyo, comment une certaine FM prête le flanc aux détracteurs !

Pour conclure, nous exhortons humblement et fraternellement les dignitaires de toutes les obédiences à tirer les leçons de la volée de bois verts orchestrée par une coalition de congrégations religieuses extrémistes, qui en 2018 a fait avorter les REHFRAM de Dakar.

Autant nous déplorons l’annulation de ces REHFRAM, et espérons que ce camouflet ne se reproduise plus ; autant on peut reconnaître que les comportements indélicats de certains frères et sœurs nourrissent les clichés et nous exposent aux critiques les plus virulentes.

C’est dans ce contexte que le choix d’Oyo, bourgade dépourvue de la moindre appétence maçonnique, interroge les observateurs. Et les spéculations vont bon train sur la crainte de voir les puissances maçonniques africaines, malgaches et européennes s’embourber dans une guerre de succession interne au régime de Brazzaville, dont Oyo constitue l’épicentre ou l’arrière-cour du théâtre des hostilités, pour l’instant feutrées.

Tout cela participe à alimenter dans l’opinion publique, le sentiment de dévoiement de notre idéal maçonnique ou de détournement de la puissance maçonnique, spirituelle par essence, à des fins d’ascension politique individuelle de quelques frères ou sœurs.

Ce qui complique forcément la tâche de rectification qui nous incombe à tous et à laquelle nous devons nous atteler inlassablement, avec force et vigueur ; sans quoi, nous n’aspirerons jamais au repos…

Le COC (Collectif des Orphelins Congolais) a dit !

Quelle est la relation entre le Quadrivium et le développement ésotérique et exotérique en franc-maçonnerie

De notre confrère brésilien sosergipe.com.br – Par Gilberto Costa Silva*

Le Quadrivium est un ensemble de quatre disciplines mathématiques qui faisaient partie du programme des anciennes écoles de philosophie et de sciences, et qui ont également été incorporées à la franc-maçonnerie comme moyen de promouvoir la connaissance et l’évolution des francs-maçons.

Les quatre matières du Quadrivium sont : Arithmétique, Géométrie, Musique et Astronomie. Chacune de ces disciplines joue un rôle important dans la compréhension de l’univers et dans la poursuite de la connaissance.

L’arithmétique est la discipline qui étudie les nombres et leurs propriétés. Il est essentiel pour comprendre les mathématiques plus avancées et est utilisé en franc-maçonnerie pour enseigner l’importance de l’ordre et de l’organisation.

La géométrie est la discipline qui étudie les formes, les figures et les relations spatiales. C’est un outil essentiel pour la construction de bâtiments, et est utilisé en franc-maçonnerie pour enseigner l’importance de la symétrie et de l’harmonie.

La musique est la discipline qui étudie les sons et leurs relations. C’est un art impliquant l’harmonie et l’expression, et est utilisé dans la franc-maçonnerie pour enseigner l’importance de l’harmonie et de la beauté.

L’astronomie est la discipline qui étudie l’univers et ses corps célestes. C’est une science qui aide à comprendre la nature du cosmos et qui est utilisée en franc-maçonnerie pour enseigner l’importance de la contemplation et de la réflexion sur la grandeur de l’univers.

Ensemble, le Quadrivium est considéré comme un ensemble de disciplines qui enseignent l’importance de l’ordre, de la symétrie, de l’harmonie et de la contemplation dans la poursuite de la connaissance et de l’évolution personnelle. Ces idées sont fondamentales pour la franc-maçonnerie, et le Quadrivium est un moyen important de transmettre ces enseignements à ses membres.

Outre son rôle dans le développement des connaissances et l’évolution personnelle, le Quadrivium a également un rapport avec les aspects ésotériques et exotériques de la franc-maçonnerie. Le terme « exotérique » fait référence aux doctrines et enseignements qui sont publiquement transmis et accessibles à toute personne intéressée à les étudier. Le terme « ésotérique » fait référence aux enseignements et pratiques qui sont réservés uniquement aux initiés ou aux membres d’un ordre particulier ou d’une société secrète, comme la franc-maçonnerie.

Le Quadrivium est considéré comme un enseignement exotérique de la franc-maçonnerie car il est enseigné à tous les membres et constitue une partie importante du programme maçonnique. Cependant, certaines des idées et des enseignements du Quadrivium ont également une signification ésotérique plus profonde, qui n’est révélée qu’aux maçons qui atteignent certains degrés ou niveaux de connaissances au sein de l’organisation.

Par exemple, la géométrie peut être considérée comme une métaphore de la construction du temple intérieur de l’individu, tandis que la musique peut être considérée comme une métaphore de l’harmonie et de l’unité entre les êtres humains. Ces enseignements plus profonds ne sont transmis qu’aux maçons qui font preuve d’un engagement et d’un dévouement significatifs dans la poursuite de la connaissance et de l’évolution personnelle au sein de la franc-maçonnerie.

(*) Docteur et maître de conférences à l’Institut fédéral de Sergipe (IFS-Aracaju) et professeur retraité à l’UNESP Jaboticabal-SP. Maître installé, 33 ans. Membre de l’AMSACL

Les Shriners célèbrent 50 ans, des décennies à redonner à Cambridge

De notre confrère canadien cambridgetoday.ca – Par Joe McGinty

Il ne s’agit pas que de fez et de mini-voitures. Les Shriners de Cambridge célèbrent 50 ans dans la ville et des décennies de solidarité et de collecte de fonds pour des œuvres caritatives locales. Franc-maçon depuis plus de 30 ans et récemment élu président des Shriners de Cambridge, Bill Kindon porte son fez avec fierté et revient sur son passage au sein de l’organisation comme une révélation. 

« Nous faisons beaucoup plus pour la communauté que les gens ne le pensent », a déclaré Kindon. « Nous sommes vraiment déterminés à aider et à collecter des fonds pour la communauté dans laquelle nous vivons et à aider les enfants dans le besoin. » 

Kindon est devenu franc-maçon au début des années 1990, mais s’intéressait à l’organisation depuis son plus jeune âge. Ayant fait partie de la société pendant quelques décennies, sa perception originale de ce qu’est un Shriner a complètement changé. 

« Au début, vous pensez que c’est une société mystérieuse ou quelque chose comme ça, mais c’est vraiment juste un groupe de personnes qui veulent faire du bien à la communauté. » A-t-il dit. 

Localement, le groupe peut être vu dans le défilé de la fête du Canada dans les petites corvettes rouges ou habillé en clown.

Le Cambridge Shrine Club fête ses 50 ans à la Hespeler Legion. Joe McGinty/Cambridge Aujourd’hui

Les Shriners sont connectés au temple maçonnique au 1 Groh Ave. à Cambridge et une fois que les membres atteignent un certain niveau de franc-maçonnerie, ils sont éligibles pour devenir Shriner. 

Kindon résume les Shriners comme des philanthropes dont le but est de collecter des fonds pour la communauté et de faire partie d’une société ou d’une « fraternité », qui ressemble à une grande famille. 

« Nous recueillons des fonds pour la plupart des organismes de bienfaisance pour enfants comme Make A Wish, Cambridge Memorial Hospital, KidsAbility et quelques autres« , a déclaré Kindon. « Rien que pour CMH, nous avons recueilli plus de 150 000 $.

Tous les meilleurs Shriners des clubs environnants sont en ville pour la célébration et pour participer à un dîner et danser à la Légion Hespeler. 

Kindon et ses collègues Shriners veulent que la communauté sache qu’il existe de nombreuses opportunités d’être actif dans la communauté et de redonner. 

« Vous ne savez jamais qui pourrait avoir besoin d’aide. Cela pourrait être votre voisin, votre ami ou un membre de votre famille« , a déclaré Kindon. « Il y a tellement de groupes là-bas, pas seulement les Shriners, mais nous devrions tous faire le bien dans la communauté.« 

Les Shriners ont eu du mal ces dernières années à attirer de nouveaux membres et ils voient actuellement leur nombre baisser. 

Kindon attribue cela à la saturation des groupes caritatifs dans la région et à l’engagement qu’il faut pour être réellement accepté dans les Shriners. 

« Auparavant, il était beaucoup plus difficile de devenir membre, mais ils ont dû changer cela il y a environ 20 ans. Il pourrait y avoir encore plus de place pour des améliorations pour le rendre un peu plus facile, mais vous devez toujours passer par vos niveaux de franc-maçonnerie. » Il a dit. 

Au fil des années avec la société, une expérience se démarque parmi les autres pour Kindon. 

« Nous avons eu cette maman dont nous avons aidé le fils avec l’argent que nous avons collecté. Il a été diagnostiqué avec une maladie très grave et grâce à l’argent que nous avons collecté, il a pu obtenir les soins dont il avait besoin pour survivre« , se souvient Kindon. 

« Elle a amené son fils à l’événement et il courait partout en jouant et en riant. Elle s’est effondrée et a dit qu’il ne serait pas là, capable de sourire et de vivre une vie productive si ce n’était pas pour nous. » 

Des histoires comme celle de cette mère et d’innombrables autres sont la raison pour laquelle les Shriners font ce qu’ils font et continuent de recueillir des fonds pour les jeunes de la région. 

« Nous sommes tout simplement ravis de pouvoir avoir 50 ans dans les livres et nous attendons avec impatience les 50 prochaines« , a ajouté Kindon.

Chez les conspirationnistes | Sous le Bandeau | Épisode #68

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Dans cet épisode spécial, nous discutions de notre passage à l’émission de “En toute franchise” avec Stéphane Hamel et Amélie Paul à propos de sujets variés tels que le complotisme, la politique, les religions du monde et la philosophie.

Au cours de cette émission, Franco et Sylvain partagent leurs points de vue éclairés sur ces sujets d’actualité brûlants, tout en évitant de tomber dans le piège du complotisme. Leur approche franche et nuancée offre une perspective unique et stimulante sur des questions souvent controversées. De plus, dans cet épisode, nous allons expliquer pourquoi les Franc-Maçons ont généralement pour politique de ne pas répondre aux conspirateurs. Rejoignez-nous pour une discussion approfondie et éclairante sur la Franc-Maçonnerie et d’autres sujets passionnants.

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La légende d’Hiram à la lumière du XXIème siècle

Que découvre-t-on sur un tableau de musée représentant Adam ? L’homme premier n’a pas de nombril : Il ne s’est pas conçu lui-même ! Il est la solution mais pas le problème ! Consciemment ou non, son successeur est hanté par son manque d’origine, par son début. Il comble donc ce manque par les constructions de son imaginaire. Ainsi sont nés le mythe, la légende, l’allégorie, la parabole, le conte, la fable, le roman. Parce que, autant que les exigences de sa nature, faim, soif, sexualité, s’impose à l’homo sapiens que nous sommes, un besoin impérieux et transmissible : Le récit ! Nous aimons nous raconter des histoires !

De la légende au mythe

Pour que ces histoires ne meurent pas, il faut donc sans cesse les raconter. C’est à dire les réinventer, les magnifier, les augmenter même. Jusqu’à y croire ! Tous les groupes humains se sont ainsi construits à partir de récits mythiques fondateurs. Sous cet angle, le mythe joue un rôle d’intégrateur social, à savoir qu’il maintient la cohésion des ensembles en cause. Les anthropologues affirment que le mythe est une réalité qui détermine la vie du présent, les activités et les destinées de l’humanité.

A y regarder de plus près, nous pouvons dire que le récit, sous toutes ses formes, a sauvé l’espère humaine, en donnant du sens à la vie. A défaut de s’inventer lui-même, l’homme a inventé des cieux et des dieux, puis un dieu et un diable, un paradis et un enfer. Et sont ainsi entrés en scène par le logos (la raison incarnée par le langage) et le mythos (histoire fabuleuse transmise par la tradition) toute une série de récits, religieux et profanes. Puis, après l’invention de l’écriture et plus tard de l’imprimerie, s’est imposé le livre des livres, la Bible, riche mélange de constructions imaginaires et de réalités magnifiées. Ecrite il y a plus de 3500 ans, elle reste le plus grand succès littéraire occidental. En nous proposant précisément « l’histoire humaine » avec le Verbe pour commencement ! Toutes réserves prises, car n’oublions pas que la Bible a été écrite à l’époque dans un territoire de 40 kms carrés : le pays de Canaan. Elle n’est pas le seul livre sacré sur la planète !

De la sorte, l’Homme est capable de former une structure irrationnelle autour d’un personnage (réel ou non), d’un événement (authentique ou inventé) jusqu’à concrétiser un phénomène fondateur, parfois de portée universelle et qui devient signifiant. Nous pouvons citer dans l’histoire qui nous est familière, parmi d’autres, les mythes de Moïse, Salomon, Jésus, Napoléon, Kennedy, Che Guevara, De Gaulle. Et plus récemment, dans le monde du spectacle, les chanteurs Elvis Presley et Johny Halliday. Mythe ne voulant pas dire vérité mais représentations de faits ou élaborations de l’esprit à partir de traditions et récits amplifiés par l’imagination collective.

A l’image des sociétés primitives qui vénéraient des dieux ou glorifiaient des objets de la nature, la franc-maçonnerie, elle aussi, a éprouvé le besoin de « s’inventer une histoire », à partir d’une création légendaire puis mythique, dès qu’elle est devenue une société initiatique. Il convient ici de différencier la légende du mythe. La légende est un récit qui a un début, un cœur et une fin. Le mythe est un récit qui, lui, a une fin ouverte. Au REAA, cette différenciation permet à la légende d’Hiram qui apparaît au 3ème degré, de devenir ainsi le mythe d’Hiram, du 4ème au 33ème degré, avec une suite de fables, contes et allégories, s’étalant dans le temps.

Les fondateurs de la maçonnerie spéculative moderne, les pasteurs Anderson et Desaguliers, évoquent Hiram Abi, l’architecte du Temple de Salomon dans la première édition des Constitutions maçonniques (1717). Alors qu’il n’est qu’un artisan-bronzier dans la Bible. A noter que le mot « architecte » contient le vocable « arche », c’est à dire un « pont qui relie ». Cet architecte Hiram est encore cité dans la seconde édition des Constitutions (1738) qui évoque le deuil profond provoqué par sa mort soudaine. Mais il n’est pas encore question de meurtre !

Celui-ci n’intervient qu’au cours des années 1740, au sein de plusieurs loges anglaises, dans une « composition tragique » structurée, dit-on, par un membre créatif des Rose-Croix. Il imagine une scène de crime, comme si tout début d’une suite d’aventures humaines, nécessitait d’abord pour le bon fonctionnement social du groupe, non seulement une mort, mais en l’occurrence, un parricide fondateur.

Freud pointera ce thème de la « horde primitive » dans sa théorie du « meurtre du père » par ses fils d’abord impatients de lui succéder, puis repentants. Et après lui, l’anthropologue René Girard verra dans le phénomène de la violence, le fait répétitif historique de la victime innocente – le bouc émissaire à écarter – qui trouve son origine dans la

Hiram en mauvaise compagnie

C’est bien sur ce même thème, qu’est créé au XVIIIème siècle, le premier rituel du 3ème degré symbolique. Au REAA, il nous fait passer sans transition de l’Europe des Cathédrales en Judée. Dans le temple de Jérusalem en construction, sont mis en situation préméditée, trois Compagnons tricheurs, Jubelas, Jubelos et Jubelum, avides du degré de Maître. Transformant leurs outils en armes, ils assassinent Hiram, symbolisant ainsi respectivement, nous dit la légende, l’ignorance, le fanatisme et l’ambition démesurée. Je note au passage que dans les années 1980, le troisième Compagnon symbolisait au REAA, la superstition et non l’ambition. Preuve que le rite vit avec son temps, en l’occurrence celui de la matérialité qui prend aujourd’hui le pas sur la spiritualité religieuse. Il n’est pas inutile de nous arrêter un instant sur les trois défauts des mauvais Compagnons précités, avec un regard contemporain.

D’abord l’IGNORANCE (du latin ignorantia, défaut de savoir). La première « absence de connaissance » qui la définit, est sans aucun doute l’ignorance de nous-mêmes, pilotés que nous sommes par nos pulsions inconscientes. D’où l’intérêt d’être à l’écoute des demandes de notre MOI, constitué par notre « corps-esprit ». Et non de vouloir tuer notre « ego », comme on l’entend parfois de gens, précisément ignorants ! Nous sommes pétris des mots qui nous construisent depuis notre naissance. Bon à savoir en tant que transmetteurs : un individu est isolé, fréquemment hostile et exposés aux risques de la délinquance lorsqu’il possède moins de cent mots de vocabulaire. Deux cents mots lui permettent déjà de mieux communiquer. Quatre cents mots lui donnent la faculté de comprendre le monde et de s’insérer socialement. Il passe alors de l’ignorance à l’éducation, clé des bons rapports humains. Et credo même du maçon, passeur de valeurs !

Branche d'acacia
Branche d’acacia

Ensuite le FANATISME (du latin fanum, relatif au temple, et de fanaticus, homme inspiré, en délire). Dans l’antiquité méditerranéenne, où régnait le polythéisme et des multitudes de croyances, étaient désignés « fanatiques », les prêtres adorateurs de dieux spécifiques. Avec la particularité d’entrer en transes brutales, au cours desquelles ils s’infligeaient des blessures, jusqu’à voir couleur leur sang de leurs plaies ouvertes. Ce comportement a encore lieu aujourd’hui dans l’exercice de certaines cérémonies religieuses monothéistes. Et malheureusement, les séries d’attentats qui affectent l’Europe nous démontrent la fureur aveugle, la barbarie de ces esprits manipulés que sont les fanatiques contemporains. Toutes proportions gardées bien sûr, on peut se demander si, en maçonnerie même, le fait pour certains de fétichiser le rite, jusqu’à devenir « ritolatre », ne relève pas d’un début de fanatisme. D’où l’impérieuse nécessité de conserver son libre-arbitre en toutes circonstances !

Enfin L’AMBITION DÉMESURÉE (du latin ambitio, convoiter, briguer). L’ambition a deux sens bien distincts. Au sens premier, elle est une pulsion axiale, une force psychique inconsciente, présente et précieuse en chacun de nous, qui nous pousse à croître, à persévérer dans notre être et à nous perfectionner. C’est notre capital énergétique qui dépasse le simple instinct de conservation. En second sens, il s’agit, dans la démesure dictée par du désir mégalomaniaque de dominer, de prendre le pouvoir, donc de s’imposer, au prix de l’élimination de l’autre. Cette manœuvre est d’évidence, non seulement nuisible mais contradictoire puisque visant à recevoir l’admiration d’autrui, elle en déclenche au contraire le rejet. Ne nous le cachons pas, cette forme d’ambition existe aussi dans nos rangs. Elle y est dommageable lorsque, par exemple, elle vire à la compétition. Et oppose fiévreusement des frères et des sœurs soudain infantilisés qui, en loge, convoitent le même plateau, comme le pompon à attraper sur le manège !

L’avocat du diable

Pour tenter d’être objectif, il est intéressant d’examiner l’aventure hiramique avec la loupe philosophique. Selon la méthode prêtée à Georg Hegel, thèse, anti-thèse, synthèse. C’est à dire avec un esprit critique, donc avec le doute. Dès lors, il est possible de voir en Hiram – à la manière d’un avocat de la défense des trois mauvais compagnons – un personnage tyrannique, aveuglé par son asservissement à Salomon (roi frivole et dispendieux, ne n’oublions pas) lequel réduit à l’esclavage des milliers d’ouvriers (selon la Bible) pour bâtir un Temple insolent de richesses. Et, poursuit la défense, on peut comprendre que trois compagnons courroucés cherchent à gagner davantage en se révoltant par la force ! Une thèse qui serait défendue aujourd’hui par les syndicats !

Reste bien sûr le meurtre impardonnable, c’est à dire le droit de tuer que se sont arrogés les trois individus. L’avocat de la défense, cet « avocat du diable », répondra ici que la précarité (qui engendre la jalousie) peut déclencher une folie meurtrière, elle-même à prendre en compte quand la faculté de discernement de la personne humiliée est abolie. Le peuple n’a pas fait mieux en 1789, en faisant décapiter le roi Louis XVI et sa femme, qui avaient tenté de fuir par la « porte de l’est » de la France (une autre version du meurtre d’Hiram, en somme !). Ce roi n’était-il pas coupable d’avoir fait construire le Château de Versailles, son Trianon et ses jardins fastueux, pendant que le peuple mourrait de faim ! Victor Hugo en a très bien parlé !

Bref, tout est dans tout et son contraire ! Les mythes et légendes ne sont vraiment productifs que lorsqu’ils sont étudiés au moins sous les deux aspects qu’ils contiennent toujours, le bien et le Mal. Comme les deux côtés d’une carte à jouer ou d’une pièce de monnaie. L’avers et l’envers, le côté pile et le côté face, constituent la même carte et la même pièce ! La vérité n’est pas de ce monde, même en franc-maçonnerie. Après la thèse et l’antithèse, la synthèse.

Ces défauts humains, trop humains, que symbolisent les trois mauvais compagnons acteurs de la légende d’Hiram, et qui jalonnent notre vécu relationnel ont un point commun, l’incivilité. Celle-là même que nous vivons en ce moment sur tout le territoire, lors des fréquentes manifestations sociales de rues. Elles sont « dénaturées » par des casseurs masqués, de noir vêtu, qui défient et attaquent les forces de l’ordre, brisent les vitrines et incendient les voitures ! Triste spectacle de la « guérilla urbaine » au XXIème siècle ! Activée par la pulsion de mort, elle blesse grièvement à la fois les corps, les cœurs et les âmes !

A l’écart de cette terrible violence actuelle, le REAA d’aujourd’hui prend appui sur une autre dramaturgie – certes livresque mais basée sur la violence elle aussi, caractéristique de l’être humain !- celle imaginée au 18ème siècle, pour tenter de dégager du sens. Non seulement, elle traverse le temps, mais elle s’inscrit tout à fait, ô combien, dans la modernité !

Quel est le signifiant valorisé par la légende d’Hiram, sinon le courage, dont a fait preuve l’architecte de Salomon ?! Quel est le signifié exprimé, sinon la vérité, sous forme de mot de passe, que voulaient connaître avant l’heure, les trois tricheurs ?! Ce courage, dont nous devons nous armer chaque matin. Cette vérité, objet même de notre recherche, mais sans précipitation. Il faut prendre le temps des choses et faire chaque chose en son temps !

De la parole perdue, la parole substituée

Hiram dans cercueil
Hiram sortant du cercueil

L’intérêt premier du symbole est la liberté d’interprétation qu’il permet ! Ainsi l’approfondissement de la légende d’Hiram nous entraîne, encore et toujours à réfléchir sur ces mots, cette « parole perdue » partie avec lui dans sa tombe. Comme souvent, une légende vient d’une autre. Allumons un instant notre imaginaire avec la poésie biblique qui nous dit que les mots en cause sont ceux tracés dans le sable par Jésus à l’intention de Marie-Madeleine et effacés par le vent, lors de leur promenade au bord du lac de Tibériade !

Nous le savons, la nature – qu’elle soit cosmique ou humaine – ayant horreur du vide, des mots substitués sont venus le combler dans les légendes suivantes ! Nous sommes ainsi renvoyés, par métaphores interposées, à l’une de nos facultés mentales qui est la substitution. Grâce aux artifices du langage, l’Homme est capable de transformer le sens de la parole et de la travestir. En clair, nous pouvons entendre qu’avec la « parole substituée » succédant à la « parole perdue » il a inventé le mensonge !

Ce mensonge installé aujourd’hui dans la cité, où il est devenu un exercice de style reconnu, pour ne pas dire un véritable « sport national » ! Tant dans la rue que dans les médias, aussi bien dans les affaires qu’en politique. Racontars, manipulations, fausses nouvelles, fausses promesses : telle est le sens profane de la « parole substituée » aujourd’hui ! Pour séduire, vendre, obtenir, flouer, pour paraître, pour faire semblant d’être et d’avoir, beaucoup de gens mentent dans notre sphère de l’immédiateté ! En ce sens, le journalisme, majore souvent l’évènement et l’expression instantanée substitue ainsi l’actuel au réel. La philosophie remarquera ici que cette segmentation du temps – l’empire de l’instant – sert à conjurer sa fuite éperdue et revient à pallier l’angoisse individuelle de la mort, donc à se mentir à soi-même.

C’est à une nouvelle vision du monde, à l’entretien d’une parole saine qu’est invité l’initié (e). C’est aussi, quand il le faut, à des actes de résistance, pacifique j’entends, qu’est engagé le franc-maçon, la franc-maçonne. La tolérance est limitée par l’intolérable : ce moment où il faut savoir dire non ! Avec cette volonté constante, nous pouvons affronter les mauvaises manières et les préjugés, lutter contre les certitudes établies, dénoncer les médisances précitées, chargées de mots qui tuent. Pour redonner sa chance à la vérité, dans tous les lieux de « la comédie humaine », à l’extérieur comme à l’intérieur même de notre mouvement.

 Il n’y aura jamais assez d’instances humanistes pour défendre la trilogie républicaine, incompatible avec l’hégémonie ! Tant que se multiplieront les loges, nous serons en démocratie. Soyons-en conscients, fiers et heureux ! 

Le cœur malgré tout joyeux et l’âme en recherche de tranquillité, j’aime voir la franc-maçonnerie comme un vaste jardin riche de la diversité de ses fleurs, toujours nouvelles, toujours vives et colorées. Et près de la tombe d’Hiram imaginée – qu’il me pardonne ! – j’ose cette pensée avec un sourire malicieux : Ce n’est pas parce que je suis un vieil acacia…que je donne du vieux mimosa !

Gros plan sur la Librairie SCRIBE

Tous les Frères de la Grande Loge Nationale Française (GLNF) connaissent SCRIBE qui est la boutique maison. Elle est située près du siège de l’Obédience dans le 17e arrondissement de Paris. Notre reporter s’est rendu sur place afin de vous offrir ce reportage photo. Un Frère nommé Paul Studnia crée cette boutique avant de la revendre au début des années 2000 à l’Obédience, qui en fera ensuite un réseau de boutiques dans diverses villes majeures de France : Bordeaux, Toulon, Toulouse, Narbonne, etc.

Lorsqu’une commande arrive via les réseaux informatiques, elle est traitée le matin et expédiée dans la journée. Les boutiques quant à elles traitent jusqu’à la fermeture à 19h30 des ventes au comptoir. Comme l’explique le Frère en charge de la direction du magasin, au début l’Internet réalisait 20 % du chiffre d’affaires et les boutiques 80 %. Désormais, c’est 50/50 entre les deux canaux. Au 31 août 2022, les ventes de la SAS SCRIBE représentaient, 1,2 million d’euros.

Les clients sont issus à 90 % de la GLNF, les autres proviennent des Obédiences voisines. On trouve dans la boutique plusieurs types d’éditions, les livres édités par la GLNF (Éditions GLNF, Éditions Villard de Honnecourt et Éditions de l’Art Royal) mais bien évidemment tous les éditeurs maçonniques connus. Il ne faut surtout pas oublier l’édition des rituels pour les 1400 Loges de la maison GLNF soit 31449 Frères (au 31/12/22) répartis en 36 provinces et 1 district international.

On trouve actuellement plus de 5000 références de livres.

Huit personnes employées assurent la gestion du magasin parisien.

SCRIBE offre aussi des décors maçonniques fabriqués en France. Si l’impression et la diffusion représent 60 %, les décors quant à eux représentent 40 % du chiffre d’affaires de la maison. Toutes les juridictions de tous les rites sont approvisionnées par le magasin.

Le virage numérique : La librairie lance dans quelques semaines une bibliothèque numérique.

Chacun peut y accéder avec une liseuse. Les conditions sont les suivantes : pour moins de 10 €/an chacun obtient un accès à 100 % des publications de la GLNF avec possibilité d’imprimer jusqu’à 25 pages. D’ailleurs, Villard de Honnecourt sera accessible par la liseuse. Il s’agit d’une mutation vers le numérique.

Vous savez maintenant ce qu’il vous reste à faire.

115 Rue de Saussure, 75017 Paris – www.scribe.fr

Téléphone : 01 47 63 65 00

Le charme irrésistible des francs-maçon(ne)s

Un parallèle troublant peut être établi entre le plaisir, parfois nommé salaire, qu’éprouvent les francs-maçon(ne)s et celui qu’éprouvent les sapiosexuels. Explications.

Oui, cette fois-ci, allons-y pour nous jeter quelques fleurs. Y a pas d’mal à se faire du bien. Vous comme moi, j’en suis sûr, avez vu votre besoin de culture exploser après votre initiation. Vous avez aussi connu ces moments de pure extase intellectuelle à l’écoute d’une sublime planche ou des brillantes pierres ajoutées lors de la circulation de la parole.

D’où c’est-y que ça vient, cette insatiable envie d’en savoir plus, de comprendre toujours plus profondément ?

Thierry Ripoll, dans son dernier opus «  Pourquoi je prends ma douche trois minutes de trop », nous le rappelle. Nous avons certes développé sciences et technologies nous rendant maîtres du vivant sur terre, mais nous restons équipés d’un bagage génétique datant du paléolithique. Comme chez toutes les espèces vivantes à reproduction sexuée,  une compétition sélective se produit chez l’homme avant la formation des couples. L’évolution inscrit dans les comportements, via le circuit de la récompense, des critères favorisant la survie de l’espèce…et des gènes de ceux qui sont admis à se reproduire. Les mieux adaptés à l’environnement ont plus de chances de se qualifier.

Dans un environnement hostile tel qu’il était du temps des chasseurs-cueilleurs, la force physique était un atout incontestable. Mais voilà que nous vivons dans des métropoles, au sein de sociétés très organisées. Les relations sont structurées par plusieurs hiérarchies et codes. Le plus fort, dans ce nouveau contexte, se reconnaît à son aisance. Assurance et aisance financière, aisance de mouvement , mais aussi d’expression verbale ou écrite, appuyée sur une solide culture.

Nos traditions maçonniques privilégient l’oralité.

Et tiens, Marguerite Duras indiquait que «  les femmes jouissent d’abord par l’oreille », et Fabrice Lucchini en avait un temps fait son expression favorite. Perso, j’adore découvrir d’abord l’intelligence d’un regard, puis la conversation présentant des points de vue personnels et fondés sur des faits, de la raison, de l’imagination, de la poésie, etc. Nous obtenons ainsi notre « salaire ». Vous aussi vous éprouvez alors une certaine excitation ?  Si vous en êtes là ; eh bien je vous le dis :  vous êtes devenu, au moins à un certain degré, sapiosexuel.

Sapiosexualité : voilà le terme utilisé pour désigner ces personnes qui considèrent l’intelligence comme principal facteur d’attraction sexuelle. L’origine du mot provient de “sapiens”, qui signifie sage ou savant. Votre esprit en est maintenant convaincu :  le cerveau est le premier organe sexuel . Une personne du sexe que vous aimez, brillante comme indiqué ci-dessus, vous la trouverez attirante, même sexuellement.

Notons néanmoins  que d’autres critères comme la beauté peuvent continuer à jouer en parallèle.

Cette notion, née dans les années 1990, et depuis bien creusée par les psychologues et les sociologues, date en fait de bien plus longtemps. A témoin, cette citation du père Platon : “L’amour est comme une échelle de gradation qui commence avec la beauté du corps pour ensuite s’approcher des idées et des gens qui bénéficient d’une intelligence privilégiée.”  On y retrouve bien sûr la dualité qui va du matériel vers l’idéal , du monde sensible au monde intelligible, ce dernier ayant toutes les faveurs de Platon.

Nos chercheurs contemporains ont déterminé que les sapiosexuels réagissent émotionnellement face à des stimuli novateurs. Ils prêtent peu d’attention à tout ce qui est répétitif, et présentent souvent un trait de caractère nommé « ouverture à l’expérience ». Ça nous ressemble, non ? Nous sommes en effet particulièrement attirés par les discussions qui ouvrent l’esprit. Cette activation, d’abord seulement mentale, finit par s’étendre à d’autres niveaux comme le niveau physique, le niveau affectif et finalement, éventuellement, le niveau érotique.

Le phénomène,  nous disent les psys, touche les deux genres. Cependant, il est plus souvent détecté chez les femmes. En effet, les stimulations visuelles leur suffisent moins souvent que les hommes. Le goût pour l’inattendu et l’effet de surprise alimente ce qu’on nomme l’intelligence érotique. C’est là qu’un risque peut naître : un effet de domination, par celui des partenaires qui a l’esprit le plus rapide, peut intervenir. Aussi il faut se poser les questions :  « Et si ce n’était que de l’admiration, qui pourrait n’être que passagère ? » Et « Me sens-je inférieur ? »

Autre trait intéressant chez nos sapiosexuels : ils recherchent systématiquement la profondeur…qu’ils utilisent ou non la perpendiculaire.  

A ce stade, j’espère que vous serez comme moi convaincus de l’existence d’un recouvrement partiel des populations maçonnes et sapiosexuelles.

Cela nous éclaire sur les racines darwiniennes du plaisir que nous obtenons en tenue.

Attention, chers frères et sœurs des loges mono-genre, ne vous emballez pas ! N’allez pas vous imaginer que l’on saute comme des animaux sauvages sur la première personne qui fait un brillant exposé ! Tout cela est largement inconscient, et la partie action sera sous le contrôle du filtre du surmoi et du moi conscient .

Je vous souhaite de nombreux petits éclairs de plaisir à l’écoute des riches et originales planches de nos rites continentaux !