Accueil Blog Page 541

Les francs-maçons dénoncent les « violences anti-républicaines »

De notre confrère ouest-france.fr

La chose est assez rare pour être soulignée. Les francs-maçons et franc-maçonnes de la loge l’Harmonie, du Grand Orient de France à l’Orient de Nantes sortent de leur habituelle réserve et appellent à un sursaut républicain pour lutter contre les violences.

 « Ne nous méprenons pas, la République est en danger. La lutte pour la liberté contre le totalitarisme est encore devant nous. » Dans un communiqué, les francs-maçons et franc-maçonnes de la loge l’Harmonie, du Grand Orient de France de l’Orient de Nantes, sortent de leur habituelle réserve pour appeler à un sursaut pour faire barrage  aux violences anti-républicaines.

« Des actes de violence inqualifiables, de nature politique, sont commis »

Combat de police contre les gilets jaunes
Combat de police contre les gilets jaunes

 Depuis de trop nombreux mois, des actes de violence inqualifiables, de nature politique, sont commis », dénoncent-ils. Et de citer les attaques contre les journalistes, les élus, les locaux associatifs ou militants. « Ces attaques d’une extrême violence (attentats, sabotages, tabassages, etc.) ont culminé avec l’attentat terroriste ayant frappé Yannick Morez, le maire de Saint-Brevin-les-Pins, après qu’il a porté le projet du préfet d’étendre le centre d’accueil de demandeurs d’asile de la commune », insistent-ils. « L’audition de M. Morez au Sénat a mis en évidence le retard, voire l’absence de réactions et de soutien de la part des forces de l’ordre, des représentants de l’État et du Gouvernement. Il en est de même pour les attaques ayant visé des locaux associatifs à Nantes ces dernières semaines, des appels au meurtre dimanche 25 juin à Nantes ou encore des attaques contre un centre associatif dimanche 2 juillet à Angers , constatent-ils.

« Situation extrêmement grave »

Face à ce qu’ils qualifient de  situation extrêmement grave , ils dénoncent le manque de réaction des institutions qui  n’apportent pas une réponse ferme et déterminée et ne montrent pas un soutien sans faille au respect de la démocratie et à la libre expression des opinions.

Ils appellent   toutes les associations qui partagent notre combat commun pour la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité et qui défendent, soutiennent et chérissent la République à se dresser contre ces violences. C’est rassemblés que nous résisterons aux adversaires de la République. À nous de les affronter, sans haine mais résolument, adossés à nos principes, nos valeurs, sans recul, concession ni accommodement, nos adversaires n’en font jamais », concluent-ils.

« Vendée Journal » a rencontré les francs-maçons des Sables-d’Olonne

De notre confrère actu.fr – Par Quentin Duval

Les Sables-d’Olonne compte cinq loges de la franc-maçonnerie. Parmi elles, l’Émancipation sablaise. Nous sommes allés à la rencontre de son Vénérable maître.

À l’extérieur de cette maison des Sables-d’Olonne, rien n’indique la présence de francs-maçons. Sur le mur de l’entrée, une plaque fait simplement référence à un groupe de réflexion.

Pourtant, cette maison héberge cinq loges maçonniques.

« La discrétion s’impose car il y a toujours des zigotos qui nous prennent à partie et déversent leur haine. Il y a quelques années, l’atelier de Nantes a été incendié volontairement », justifie le Vénérable maître, le nom donné au président de la loge « Émancipation sablaise ».

Pas question de dévoiler son nom, chez les francs-maçons, l’anonymat est de mise.

Les murs du temple sont recouverts de symboles

À l’intérieur, après avoir traversé une cuisine et un bar, un lieu emblématique de la franc-maçonnerie se dévoile : le temple.

La pièce d’une quinzaine de mètres de long est encerclée par d’anciens sièges d’avions, disposés en U.

Les murs sont recouverts de symboles tels que des épées, des formes géométriques et des tableaux. Pour les néophytes, impossible de décrypter ces références.

Loge Franc-maçon Franc-maçonnerie Les Sables-d'Olonne Emancipation sablaise
Dans le temple, les sièges sont disposés en forme de U. Aux Sables-d’Olonne, ce sont les anciens fauteuils d’un avion. ©Le Journal des Sables

« Toutes les loges ont la même disposition, explique le Vénérable maître. Il y a 350 ans, c’était déjà comme cela. C’est très symbolique. » 

De quoi alimenter les nombreuses spéculations complotistes qui entourent la franc-maçonnerie.

« Comme nous ne sommes pas visibles, les gens fantasment. Alors que nous sommes un cercle de réflexion. » 

Une longue histoire avec Les Sables-d’Olonne

Depuis 1775, Les Sables-d’Olonne compte sur son territoire la présence d’une loge maçonnique. « C’est un des lieux historique en France, avance le président de la loge Emancipation sablaise. Le développement a été assez rapide. » Mais l’histoire de la Franc-maçonnerie dans la ville a connu des soubresauts. « Il y a eu des mises en sommeil et des résurgences. » Les Sables-d’Olonne est une anomalie en Vendée. Historiquement, le département dispose de peu de loges maçonniques. 

« Faire progresser l’homme et la société »

Deux fois par mois, la trentaine de membres se réunit pour travailler sur divers sujets, encadrés par des valeurs communes.

« Comme la liberté, l’égalité, la fraternité et la laïcité, embraye le franc-maçon. Nous sommes d’ardents défenseurs de la République et de la démocratie. Notre mantra, c’est faire progresser l’homme et la société, avec notre méthode. »  

Loge Franc-maçon Franc-maçonnerie Les Sables-d'Olonne Emancipation sablaise
Parmi les nombreux symboles, des épées sont accrochées aux murs. ©Le Journal des Sables

Chaque membre travaille sur des thématiques basées sur trois axes : la société, le symbolisme et la philosophie.

« Nos ancêtres ont été très actifs sur la loi de 1905 au sujet de la séparation de l’Église et de l’État ou sur la légalisation de l’avortement », affirme-t-il.

Jamais d’actualité chaude, toujours du temps long.

Une parole triangulée

« Ce n’est pas du Wikipédia ou un exposé. Ce sont vraiment des travaux personnels. L’idée est de pouvoir s’exprimer en toute liberté et intimité, ce qui n’est pas possible dans le monde profane. » C’est-à-dire le monde extérieur pour les francs-maçons.

L’autre particularité de ce « cercle de réflexion » réside dans la méthode de travail : personne ne se répond directement, la parole est triangulée.

« Nous incitons à l’échange et à la réflexion. On n’échange pas pour avoir tort ou raison. » 

Pour pouvoir participer à ces échanges, il faut intégrer une loge maçonnique. Et le chemin est long.

« Contrairement aux sectes, chez nous, il est difficile de rentrer, mais facile de sortir »

Avant toute intégration, trois membres de la loge enquêtent sur le prétendant. Puis, une fois accepté, le nouveau frère (ou la nouvelle sœur) débute par une cérémonie d’initiation.

Un rituel secret permettant de « quitter le monde profane pour rentrer dans celui maçonnique ».

Loge Franc-maçon Franc-maçonnerie Les Sables-d'Olonne Emancipation sablaise
Le Vénérable maître de la loge Émancipation sablaise est habillé avec une tenue bien spécifique. © Le Journal des Sables

Un rituel fort en émotions

« C’est très impactant émotionnellement, car plein de choses sont vécues. On travaille sur les sens, avec de la musique notamment. »

Les nouveaux arrivants doivent ensuite attendre 12 à 18 mois pour avoir le droit de parler dans le temple.

La loge Émancipation sablaise cherche à s’ouvrir pour « rencontrer de nouvelles personnes ». Hommes et femmes sont les bienvenus.

« N’importe qui peut postuler », conclut le Vénérable maître. 

Contact par email à emancipationsablaise85@gmail.com

RL « Justice et Liberté » n°5 rappelle l’initiation de l’ancien Grand Maître Alfredo Melossi Hutchinson

De notre confrère chilien granlogia.cl

Après 19h00 le mardi 20 juillet 1897, à l’âge de 24 ans et alors que le Vénérable Maître de la Respectable Loge « Justice et Liberté » n° 5, Luis Leliva von Gilsa, dirigeait les travaux, dans le temple de la fameuse galerie San Carlos, le profane Alfredo Melossi Hutchinson frappait désordonné à ses portes.

Issu d’une famille de parents italiens et écossais vivant à Valparaíso -dédiée à l’activité commerciale- et avec une personnalité simple, modeste, sensible, industrieuse et sans ostentation, il s’est rapidement fait connaître parmi ses Frères et a rapidement commencé à occuper divers postes dans les officiers de la première Loge fondée dans la capitale de la République.

Il fut Vénérable Maître de sa Loge Mère dans la période 1910 et 1912. Il rejoignit les respectables Loges « Devoir et Constance » n° 7 et « Vérité » n° 10, y atteignant également de hautes responsabilités.

Intellectuellement agité, doté d’une sensibilité particulière pour la peinture et d’une forte vocation sociale, il participe à des cercles éminents d’intellectuels, d’artistes et de la société civile. Il s’est distingué en tant que peintre de la soi-disant génération de 1913, avec d’autres, il a fondé la dixième compagnie d’incendie de Santiago et a été membre de nombreuses organisations de refuge et de charité.

Le 28 août 1922, il est élu Grand Maître Serein pour la période 1922 à 1924. Parmi ses nombreuses contributions en tant que Grand Maître, l’organisation et le fonctionnement du nouveau bâtiment de la Grande Loge du Chili situé à La Alameda, la fondation de la Masonic Magazine se démarque et dans un contexte de profondes mutations de la société chilienne, ses efforts pour éloigner la politique contingente des temples et développer adéquatement la vie initiatique.

C’était un homme et un libre penseur aux convictions solides et à l’énergie inépuisable pour se consacrer au travail d’organisation et à la diffusion des diverses activités auxquelles il participait ; en gardant toujours un profil bas et en se concentrant davantage sur les objectifs à atteindre que sur ceux qui les atteignent. 

Le Vénérable Maître de la Respectable Loge « Justice et Liberté » n° 5, Patricio Bustos Pizarro a déclaré à cet égard : « Après 126 ans depuis l’initiation du QH :. Alfredo Melossi Hutchinson, sa personnalité, son caractère, ses lumières et son héritage restent intacts. Un exemple pour les nouvelles générations de francs-maçons et un tournant nécessaire pour les actuels ».

Les gratte-ciel maçonniques et le cas de Boston

De notre confrère espagnol nuevatribuna.es – Par Edouard Montagut

Dans un travail bien documenté sur le site  francmasoneria.org  , la relation entre les temples maçonniques et les gratte-ciel aux États-Unis est évoquée. De plus, l’article s’intitule « Les anciens gratte-ciel maçonniques » , car les principaux temples des grandes villes nord-américaines ont émergé en tant que gratte-ciel entre le 19e et le 20e siècle. Nous voulons en parler dans cet article et dans le cas de Boston.

Dans l’article précité il est expliqué que l’ essor de la franc-maçonnerie fut tel dès le dernier quart du 19e siècle aux États-Unis qu’il amènera les centaines de milliers de francs-maçons existants à s’organiser pour élever, au moment de l’essor de la ce type de constructions, véritables gratte-ciel qui abritaient les temples et autres dépendances liées à la franc-maçonnerie. L’idée était qu’ils devaient être des centres qui s’autofinançaient et qui généraient des bénéfices pour faire de la charité ou du travail caritatif, une caractéristique très authentique de la franc-maçonnerie nord-américaine ., et en lien clair avec l’esprit capitaliste du pays. L’autofinancement et la génération de bénéfices consistaient à construire des gratte-ciel, à en louer une partie pour des logements, des locaux commerciaux ou de loisirs, et à laisser une autre partie pour des temples et des dépendances strictement maçonniques.

Dans ce contexte, le temple de Boston a été construit en 1875, sur un site où se dressait auparavant le temple à un étage. En 1900, il a dû être reconstruit à cause d’un incendie, et il existe toujours aujourd’hui.

L’hebdomadaire espagnol  Las Dominicales del Libre Pensamiento  a inclus la nouvelle de la reconstruction et de l’inauguration en 1900 du temple de Boston, et qu’elle avait été consultée dans  La Revista Masónica  de Buenos Aires. C’est un matériau très suggestif de savoir à quoi ressemblait un temple de ces caractéristiques.

La publication maçonnique argentine a loué la beauté du bâtiment, qui se démarquerait dans la « capitale savante du Massachusetts » et l’a classé au premier rang des temples maçonniques nord-américains, bien que, logiquement, il s’agisse d’une appréciation privée. L’extérieur serait simple, mais élégant.

Le large vestibule faisait face à Boylaton Street et aurait des niches de chaque côté, dans lesquelles se trouvaient des colonnes de marbre à rangées de ballons. Les murs de la salle étaient recouverts de mosaïques. Le hall d’entrée était d’environ vingt pieds carrés avec un sol en mosaïque, tandis que les murs étaient tapissés de marbre poli. Au centre de l’étage se trouverait le dessin du sceau de la Grande Loge du Massachusetts . Puis il y avait un escalier monumental, sur un palier duquel se dressait une statue du général Warren , membre célèbre de la franc-maçonnerie de Nouvelle-Angleterre.. En ce sens, il faut rappeler que Joseph Warren (1741-1775) était médecin, et qu’il s’est distingué dans les premiers instants de la Révolution américaine à Boston, en devenant un héros et un martyr de celle-ci. Au deuxième étage se trouvait la salle fraternelle (Fraternal Parlour), joliment décorée et utilisée par les maçons pour fumer et discuter.

Plus haut se trouvait la salle corinthienne, appelée ainsi en raison du style dans lequel elle était construite, et dont les couleurs étaient l’ivoire, l’or et l’argent. Apparemment, le tapis et les meubles ont été spécialement conçus pour cette pièce. Du côté nord était placé un grand orgue dont le buffet était en ivoire et en or. Dans les coins, il y avait des statues de Foi, d’Espérance, de Charité et de Sagesse. Au-dessus du premier était placé un portrait de Washington . Des portraits de Franklin , de Lafayette et d’une quarantaine de grands maîtres ont également été disposés . Dans cette salle se tenaient les sessions de la Grande Loge de l’État , c’est-à-dire que nous parlerions d’un temple, en réalité, bien que dans le magazine argentin, cela s’appelât une salle.

Au septième étage se trouvait la salle gothique, c’est-à-dire un autre temple, avec un dallage en noyer, et elle avait été aménagée pour les « drames » des divers degrés des différents rites et des Templiers. Les murs du temple étaient décorés de dessins gothiques authentiques, avec des insignes héraldiques aux couleurs brillantes, or et argent, et il y avait aussi un orgue et un chœur.

Nous avons travaillé avec le numéro du 21 juin 1900 de The Sundays of Free Thought , et avec la page  Freemasonry.org , où, en plus, on peut voir des photographies extérieures du temple de Boston, lors de son inauguration et aujourd’hui.

Entre chien et loup

(Une nouvelle de Gilbert Garibal – Partie 1/3)

Je ne l’ai pas vu tout de suite.

En m’affalant sur les coussins du canapé de tweed orange et noir, fatigués comme moi, mes yeux ont d’abord parcouru le petit salon d’attente. Réflexe habituel de la familière des lieux qui vient chez son analyste depuis deux ans, deux fois par semaine. Mardi 19 heures, vendredi 14 heures, indique sans fin mon agenda…

A gauche, le spot halogène qui domine la plante verte, auréole un coin de plafond, et rivalise avec une lampe de céramique jaune, en veilleuse, sur la table basse. Devant moi, deux aquarelles marines, dont une à l’air penché, encadre la porte en verre dépoli. A droite, derrière son panneau de tergal, la fenêtre sur cour reflète un carré de ciel et donne aux murs blancs, la couleur de la météo. Décor fonctionnel, reposant, au fil des jours.

J’aime ce temps suspendu avant ma séance, protégé des rumeurs de Montparnasse. J’ai besoin de ces quelques minutes de quiétude dans ce sas, mon refuge. A la fois mien et partagé avec des patients et des patientes invisibles, qui me précèdent ou me suivent. Que je cherche à deviner. C’est la cigarette au bout filtre, qui m’a alerté. Près d’un mégot de même marque, une « Gitane » à peine consumée, tordue, nerveusement vissée dans le cendrier de terre cuite, sous l’abat-jour. Qui est cet homme, ce nouveau venu qui dérange mon univers feutré de codes et de rituels ? Brun, blond, grand, petit ? Une senteur d’eau de toilette, un curieux mélange de citron et de caramel, picote mes narines, puis m’enveloppe. Il a dû s’asseoir à ma place, côté table basse. Je l’imagine, racontant sa vie, allongé sur le divan, mon divan, là tout près, derrière la cloison. Un sentiment enfantin de jalousie, de curiosité aussi, m’envahit.

Intuition, télépathie, pourquoi je regarde le sol ? Parce qu’un scintillement me taquine la rétine depuis un moment. Et je l’aperçois devant mes escarpins, encastrée dans une rainure du parquet. Une longue épinglette prolongée par une équerre et un compas entrelacés, en métal doré. Que déjà mes doigts soudain nerveux ont extirpée, au risque de me casser un ongle, et présentent à la lumière de la lampe. J’en suis sûr, cet insigne perdu appartient au fumeur de Gitanes !

Brusquement, trop tôt, la porte s’ouvre devant le maître des lieux, le sourire interrogateur, main tendue. Comme chaque fois, à cet instant, j’ai en me levant, l’impression fugace de l’inutilité de la séance. Avec notre bonjour, convenu mais si intense, nos inconscients n’ont-ils pas déjà échangé l’essentiel ?! Je crois même voir monter dans le miroir de son œil bleu, ma soudaine bouffée de culpabilité, juste avant de m’étendre sur le divan. Je ne parle pas à mon psy de ma découverte. D’instinct, ma main gauche s’est refermée sur l’épinglette. Et bien sûr, je me pique le pouce ! …

1er et 3ème mercredis, 20heures. « Olympe ». C’est le nom de ma loge maçonnique, où je me rends deux fois par mois. Avec deux séances d’analyse par semaine en plus, mon agenda m’indique des soirées bien remplies ! Chauffeur de taxi à mon compte – on ne dit pas encore « une chauffeur » ou une « chauffeuse de taxi » ! – à Paris et banlieue, j’ai dû jongler pour répartir mes activités. Entre Boulogne-Billancourt où j’habite, mes « courses » quotidiennes, mon analyse et ma loge, c’est une question permanente d’organisation. J’y arrive ! Avec mon mari, artisan-taxi, comme moi, nous apprécions le dimanche, dans notre appartement, au bord de la Seine. Et encore davantage le week-end complet, lorsque nous nous pouvons en prendre un ! Direction Honfleur ou le Mont Saint-Michel. Chartres ou Reims, selon le coup de coeur ou la saison. Jean-Charles aime la mer, Sylviane les cathédrales. Et je me laisse conduire !

J’appartiens depuis trois mois à la Grande Loge Féminine de France et mes « tenues » ont lieu, dans un temple du siège, à la Cité du Couvent, au coeur du Faubourg Saint Antoine. J’ai mis quelque temps à choisir entre une loge mixte, le Droit Humain, et cette loge féminine. J’ai finalement opté pour la réflexion sur les Droits de la Femme et leur défense qu’on y pratique, plutôt que pour le social en général. J’aurais pu aussi me diriger spécifiquement vers le symbolisme, la spiritualité, l’ésotérisme ou encore la bienfaisance, pratiqués par d’autres obédiences. J’apprécie cette diversité de pensée, mais au vrai, on retrouve plus ou moins les composantes ci-dessus, dans chacune des obédiences maçonniques, convergeant vers le but humaniste qui les unit toutes en France. A travers la trilogie républicaine : Liberté, Egalité, Fraternité.

C’est mon père qui m’a suggéré, il y a trois ans, de reprendre sa licence de taxi. Et ma mère qui m’a récemment donné envie, comme elle, d’entrer en maçonnerie. Aujourd’hui retraités en pays de Loire, mes parents sont bien contents d’avoir fui la capitale. Mon père marche, jardine et pêche, une façon de communier avec la nature. Ma mère, artiste-peintre à ses heures, poursuit sa recherche spirituelle dans une loge du beau temple de Tours. Et moi, au chômage après deux décennies passées à la comptabilité d’un grand magasin parisien qui vient de fermer ses portes, je suis tout heureuse d’avoir retrouvé, à quarante ans, une forme de liberté en « faisant le taxi ». Tout en faisant aussi le deuil de ces années de salariat, par le biais de la psychanalyse. Les chefs d’entreprise comprennent rarement qu’on n’efface pas un vécu professionnel, avec un chèque de licenciement, même confortable. Sauf, peut-être, quand ils éprouvent un jour, à leur tour, la même douleur morale.

Pour me libérer de ce type d’attachement, le meilleur médecin a été pour moi, avec la verbalisation en analyse, le temps. Il est dans la nature humaine de s’adapter aux circonstances et le jour est venu où j’ai vraiment accepté ce deuxième métier. J’ai étonné mon père et mon mari en affirmant lors d’un déjeuner familial, que je savourais des journées de détente sur le siège de ma voiture ! De fait, en passant d’un écran d’ordinateur à un pare-brise devant les yeux, j’ai élargi ma vue, et progressivement, ma vie ! Crispée au début dans les embouteillages, volontiers agressive avec l’injure facile à l’adresse des automobilistes sans scrupules, je me suis bien calmée, au fil des jours. Fermer son répertoire argotique et garder le sourire, décider de rester « zen » pendant sept heures, jusqu’à devenir indifférente au milieu des fous furieux motorisés…n’est-ce pas le commencement de la sagesse ?! C’est en tout cas indispensable pour conserver sa santé ! Physique et psychique.

En stationnement, j’ai découvert la lecture, je dévore souvent deux livres par semaine. Entre autres, les ouvrages sur la franc-maçonnerie que m’a recommandés ma mère. De ces attentes aux bornes de taxis, est né mon intérêt pour les bâtisseurs du Moyen-Âge ! J’ai du mal à sortir du rêve pour revenir au réel, quand, brusquement, la portière s’ouvre derrière moi. Quelques secondes entre le présent et un futur inconnu. Où veut m’emmener cette dame en manteau de cuir qui s’assoit sur la banquette avec son petit chien sur les genoux : aux Champs-Elysées, avenue Mozart, rue Saint-Honoré ? Quel aéroport, quelle gare va m’annoncer ce jeune cadre décontracté, avec son ordinateur portable et sa sacoche en bandoulière : Orly, Roissy, TGV Gare de Lyon, Montparnasse ? Lorsque je dois ouvrir le coffre, selon l’heure, la forme des objets emballés ou la taille des valises – que les clients prévenants, devant « le sexe faible », chargent eux-mêmes ! – il m’arrive de deviner ma destination d’intermédiaire : Paris ou banlieue, train ou avion. En revanche, je n’ai rien vu venir, sauf des gens anxieux, la semaine où je me suis retrouvé l’accélérateur au plancher, un lundi matin sur l’autoroute de Lille et un vendredi après- midi sur celui de Bordeaux. Pour cause de train et d’avion ratés ! Deux belles courses, certes, même avec des retours à vide : les aléas du métier !

Je ne regrette pas la démarche philosophique dans laquelle m’a entraînée ma mère. Je ne suis pas dupe non plus sur son intention : permettre à l’affective que je suis, de retisser des liens sociaux dans une nouvelle fraternité, en l’occurrence chargée d’une glorieuse histoire. Bien sûr, la maçonnerie contemporaine ne rejoint celle des constructeurs de cathédrales que sur un plan très symbolique ! Hier, ces forçats de la truelle élevaient leurs pierres toujours plus haut dans le ciel, les francs-maçons d’aujourd’hui, eux, essaient d’élever leur esprit, leur âme disent certains, au-dessus des contingences quotidiennes. Il y avait des femmes sur les chantiers d’antan, non seulement au sol, dans les baraques, pour préparer les repas, mais sur les périlleux échafaudages de planches encordées, pour servir les auges de ciment aux compagnons. Il y en a aussi dans les ateliers « spéculatifs » d’aujourd’hui, même si elles ont dû s’acharner pour y accéder, au début du XXème siècle. Machisme oblige !

Longue robe de toile noire, baudrier bleu ciel, rectangle de peau blanche bordé de rouge et ceinturé sur l’abdomen pour tablier, gants de coton blancs : toutes les sœurs sont ainsi parées dans notre loge. L’effet esthétique de ces « décors », ajoutant à la solennité, est indéniable. La robe symbolise l’égalité, le baudrier rappelle le porte-épée du XVIIIème siècle, le tablier signifie le travail et les gants blancs la pureté. Nouvellement assises sur le banc des apprenties, nous sommes quatre habillées de même, sans baudrier toutefois et avec un tablier entièrement blanc, à bavette relevée, en signe de protection plus étendue de l’abdomen. A l’image des jeunes ouvriers protégés par de larges tabliers de cuir sur les chantiers médiévaux, inexpérience commande précaution !

Quatre novices astreintes au silence, pendant au moins une année, selon la règle. Voilà déjà une différence entre la psychanalyse et la méthode maçonnique, parfois comparées. J’en porte témoignage. Sur le divan, je parle, ici je me tais ! Et ma communication avec notre groupe d’une trentaine de « sœurs », seulement par le regard et l’écoute, me fait beaucoup de bien. Après une journée passée à parler voiture, politique et pouvoir d’achat avec les clients, puis à répondre à toutes leurs questions sur la profession, par rétroviseur interposé, cette attitude « taiseuse » imposée en loge aux apprenties, me relaxe merveilleusement !

Je dois avouer que la pratique du rituel, avec les longues séquences « debout-assis », comme à la messe, m’a plutôt dérangée au départ. Je trouvais rigide et compliqué, pour tout dire inutile et ennuyeux, le cérémonial d’ouverture et de fermeture des travaux ! L’allumage et extinction des bougies me semblaient d’un autre âge, les questions-réponses de la Présidente et de son collège, d’un ridicule achevé, sans parler de la déambulation des « sœurs officiers » qui m’évoquaient du mauvais théâtre ! Bref, avec un brin de colère, je me suis demandée ce que je faisais là, dans quoi ma mère m’avait fourrée ? ! Puis, je dois en convenir, tenue après tenue, solennité aidant sans doute, je me suis laissé apprivoiser, j’ai doucement lâché prise en cessant mes comparaisons avec l’extérieur, en dominant mes préjugés-réflexe, en cherchant à comprendre sans critiquer. J’ai de la sorte mieux écouté, observé, réfléchi, j’ai ainsi donné du sens aux paroles échangées entre les maîtresses et les compagnonnes. Petit à petit, j’ai vécu et intériorisé mes gestes au lieu de les mécaniser. J’ai ressenti un réel apaisement.

 Alors, dans ce cadre de boiseries foncées, bancs, lutrin, chaire, pour moi à forte évocation cultuelle, où évoluent et s’expriment les sœurs m’est apparu – non une divinité – mais une évidence. La répétition, paroles et gestuelles, caractérisant l’exercice des rituels maçonniques, relève d’une pratique que j’ai eu l’occasion de lire, et même d’utiliser seule : la méthode Coué ! En effet, celle-ci, raillée parce que méconnue en France, consiste à faire passer des messages de « réassurance » par leur redite litanique, du conscient à l’inconscient. (Tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux). Contrairement à la psychanalyse qui elle s’attache, par le questionnement du « meneur de jeu », à faire revenir à la conscience de l’analysant, des souvenirs heureux ou douloureux, enfouis dans son inconscient. Une seconde différence donc, importante, avec la psychologie des profondeurs, chère à Freud. Ainsi je pense, s’installent dans l’inconscient du franc-maçon, de la franc-maçonne, les valeurs humaines verbalisées, puis mémorisées, à même d’être restituées par l’action, dans la Cité.

Giboulée de mars, violente. 11heures du matin, un mercredi. Il fait presque nuit. Je suis au volant de mon taxi, sur le périphérique sud, emporté dans la procession de voitures luisantes, sous l’averse. Les lanternes s’allument, une chenille de phares blancs illumine la voie opposée, un sillage de feux rouges embrase ma file. « Porte de Saint-Cloud ! », m’a ordonné mon passager, monté à Ivry. Le ciel est pommelé de nuages lourds et bas aux reflets d’étain, qui se vident, comme des outres. Les aiguilles d’eau crépitent sur le pare-brise, par rafales, puis explosent en myriades de bulles éblouissantes. Des colliers de perles s’entremêlent et escaladent les vitres embuées. Je devine au loin le haut bâtiment gris cylindrique de TFI, qui vient vers nous. Le pare-brise dégoulinant le déforme, il ondule et coule, comme de la glycérine sur le verre. Les essuie-glaces crient, grincent, s’affolent, le va-et-vient de leurs deux longs doigts de caoutchouc, semble dire un non têtu aux giclées d’argent. Journée liquide. Je sors du périh’ au moment où la pluie déroule un dernier voile de tulle, dans la timide trouée de soleil. Je ralentis, avance doucement, à l’écoute de mon client.

– Arrêtez-moi, devant Le Cardinal, la brasserie, là, à droite…

– Bien, Monsieur !

En plein tournant, à cinq mètres devant mon capot, le ballon jaune jaillit du trottoir, rebondit dans le caniveau, roule sur la chaussée ruisselante, le petit garçon en ciré rouge lui court après les bras tendus, veut le rattraper, mon pied écrase le frein, la voiture se cabre sur le pavé…Le choc ! Inévitable. Une fraction de seconde, je vois le visage effrayé d’un ange blond tout bouclé qui passe devant le phare droit, sa petite main touche le capot puis disparaît…Frein à main. Je sors d’un trait, me précipite, l’enfant est là, allongé sur le sol, maculé de boue, les yeux fermés, devant le pneu près du trottoir. Une plaie sur le front, il saigne. Cris déchirants de la maman, elle saisit son fils dans ses bras, l’emporte dans la brasserie, regard affolé de mon client sorti près de moi, attroupement devant la voiture portes ouvertes. Reproches, injures, me tombent dessus, je me sens mal, mes jambes se dérobent, je vais m’évanouir, le client me soutient jusqu’à mon siège…

Lire la suite (cliquez ici)

(Tiré de l’ouvrage : Au cœur de la Franc-maçonnerie « Huit récits contemporains » Éditions Numérilivre)

Le rapport annuel de la « Grande Loge Unie d’Angleterre » vient de paraître

Généralement, pour une entreprise, un rapport annuel comprend divers documents nécessaires aux actionnaires afin de mettre en place leurs décisions stratégiques. Il s’agit bien là d’un document d’importance stratégique pour les actionnaires. Il influencera leurs décisions pour le futur de l’entreprise…

Qu’en est-il alors pour une obédience maçonnique ?

En publiant leur rapport annuel 2022-2023, la Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA) joue la transparence totale. Alors qu’en France, la franc-maçonnerie reste encore pour beaucoup auréolée de mystères…

Pour mémoire, la GLUA reste toutefois, malgré la perte importante de ses effectifs…

« en 40 ans, elle passe d’un million cent mille à 171 763 membres en Grande Bretagne et au-delà des mers en 2023 »  

…la principale obédience maçonnique d’Angleterre. Elle est l’héritière directe de la « Grande Loge de Londres et de Westminster » de 1717 et fêtera, cette année, ce dont le « annual report » se fait l’écho dans « The 1723 Constitutions : Inventing the Future ».

Page 17, son article « Forger un avenir prospère : La Stratégie pour la Franc-Maçonnerie en 2022 et Au-delà » est des plus intéressant.

En termes de prospective, nous verrons bien le résultat. Déjà l’an dernier le rapport annuel 2021 de la GLUA relevait « … une augmentation du nombre de demandes d’adhésion de 12 000 en 2020 à 18 000 en 2021, reflétant son engagement en faveur de la modernisation et de la transparence. […] En 2021, l’UGLE a lancé sa première campagne nationale de marketing numérique (NDMC). La campagne visait à moderniser les canaux de communication avec le public et à envoyer un message clair sur le monde de la franc-maçonnerie et sur ce que le fait d’être membre peut offrir.

Les résultats de la campagne ont déjà commencé à se faire sentir. Actuellement, l’UGLE dispose d’une liste d’attente de 6 000 personnes souhaitant devenir membres, tandis que plus de 8 800 demandes d’adhésion ont été reçues en moins de trois mois (78 % de plus que l’objectif initial). Une étude récente a également montré qu’une personne sur quatre envisagerait de rejoindre les francs-maçons aujourd’hui, contre seulement une sur dix lorsque la même enquête a été menée en 2018… » Nous avons vu le résultat…

Très tôt à Perpignan on ouvre des loges et des cafés philo 

De notre confrère lasemaineduroussillon.com – Par BECKER Philippe

Voilà un an que Céline Sala-Pons, docteure en histoire, a pris la direction du Mémorial du Camp de Rivesaltes. Un poste qui poursuit un parcours conséquent dans l’enseignement et la recherche avec pour fil conducteur la question de l’enjeu mémoriel, celui qui épargne la répétition du passé.

Céline Sala-Pons : transmettre pour faire société

Céline Sala-Pons est une enfant du pays, née à Arles-sur-Tech avant d’entamer des études d’histoire à Perpignan. « J’aimais beaucoup le contact à l’archive ». Le souci des faits, le roman national la passionnent. « Le procès Papon m’a beaucoup interpellée ». Après une maîtrise en histoire moderne à Perpignan puis un DEA à Montpellier, Céline Sala-Pons bifurque vers l’enseignement en école primaire en passant le concours de professeur des écoles. Très vite, elle devient formatrice des futurs professeurs, à l’IUFM. « J’ai adoré la pédagogie. Pourquoi et comment apprendre ? Construire une société commence à travers ces futurs citoyens. »

« Très tôt à Perpignan on ouvre des loges et des cafés philo » 

Les études supérieures la rattrapent néanmoins car Céline Sala-Pons préparera en même temps une thèse de doctorat en histoire moderne. Le tout à l’université de Nice car c’est là que se trouve le spécialiste de l’Europe des Lumières. Son sujet n’est pas ordinaire : la franc-maçonnerie en Roussillon. « Toutes les archives sur la maçonnerie sont à la BNF. Je vivais à Perpignan, la thèse était à Nice et j’allais à Paris pour mes recherches. Dans les documents d’archive on peut trouver une vérité. Il s’y trouve beaucoup de sens. » Elle soulève l’importance méconnue des francs-maçons au XVIIIe sur notre territoire. « Je voulais montrer que la frontière est virtuelle et je voulais savoir si au XVIIIe il y avait cet élan. On a toujours été record dans le nombre de francs-maçons, avec une offre plurielle, en marge du royaume de France. Très tôt à Perpignan on ouvre des loges et des cafés philo. Nous étions prêts à la Révolution car nous expérimentions la fraternité depuis déjà trente ou quarante ans. Le Maréchal de Mailly a contribué à entretenir des jeunes filles pour qu’elles puissent étudier, il a participé à la rénovation de l’université de Perpignan et y a fait construire la première bibliothèque ouverte aux non-étudiants. » Au fil de l’entretien, il s’avère que Céline Sala-Pons n’est pas seulement passionnée, mais aussi passionnante. On éprouve en l’écoutant l’envie d’explorer à son tour le monde archives pour creuser un passé local qu’on imaginait moins riche. Sa thèse ne fera pas moins de 1 200 pages, au point que l’éditeur n’en gardera que 800. Elle publiera par la suite plusieurs articles et ouvrages sur la franc-maçonnerie. Mais ses publications vont bien au-delà puisqu’elle multiplie également des livres sur le thème de l’éducation et notamment sur l’enseignement civique et moral à l’école, à destination des futurs professeurs. On pourra deviner les prémices de son poste actuel lorsqu’elle se rend à Jérusalem et Paris, en 2011 et 2012, pour suivre des formations sur l’enseignement de la Shoah et la question des enjeux mémoriels et des lieux d’histoire. « Je voulais construire une société commune à travers les futurs citoyens, puis les futurs enseignants. C’est ce qui m’a motivée à postuler pour diriger le mémorial, pour poursuivre cet engagement sous d’autres formes. » Céline Sala-Pons sera choisie parmi plus d’une trentaine de candidats. « Il faut ressouder le corps social. Les gens se sentent éloignés les uns des autres. Le Mémorial est un lieu où on peut installer du dialogue entre des groupes sociaux qu’on veut parfois opposer, alors qu’on oublie les questions sociales qui les traversent. »

« Installer du dialogue entre des groupes sociaux qu’on veut parfois opposer »

Céline Sala-Pons s’efforce d’avancer de nouvelles formes d’interactions pour élargir les publics, avec par exemple des cafés philo. « Grâce à Carole Delga nous avons la gratuité des trains Toulouse-Perpignan pour aller au Mémorial, et nous avons aussi sur la ville un contrat de navette depuis l’université de Perpignan. Je vois des publics différents qui ne venaient pas avant. D’un lieu fermé on peut faire un lieu ouvert et accessible, d’un lieu de mort on peut faire un lieu de vie. » La directrice tente d’amener à l’histoire par l’art, avec une programmation artistique et culturelle. « Je travaille 80 heures par semaine, c’est presque militant. » Elle travaille sur l’idée d’une salle d’interprétation pour la jeunesse, avec des médiateurs conteurs pour les enfants, afin qu’ils repartent avec une expérience. « Pap Ndiaye a demandé un plan ministériel pour que tout enfant passe par un lieu de mémoire avant 18 ans. Durant la visite on découvre que toutes les confessions ont souffert, puis il y a des ateliers pour accompagner les enfants, sur le racisme. Il y a un atelier « valise » où l’on découvre une valise de républicain, de harki, un sac à dos de migrant… On voit des enfants qui rechignent à venir puis qui à la sortie ont du mal à partir et sont en retard pour prendre le bus ! » Très vite, ses réflexes d’enseignante l’amènent à mettre en place une frise chronologique pour accompagner les visites. « Aujourd’hui on ne lit plus, les jeunes vont sur une information rapide et surtout ne vérifient pas leurs sources, on est sur de l’instantané. Même les futurs enseignants lisent peu. Aucun étudiant de Licence 1 n’emprunte de livre à la bibliothèque universitaire, on a été obligé de se fâcher. Par contre ils lisent sur Google… On a eu le XXe siècle des connaissances. Au XXIe, on doit apprendre à trier l’information. » Céline Sala-Pons tente de ramener du factuel face à la vague d’intox actuelle. « 67 % des Français croyaient au grand remplacement ! Il y a un enjeu fort d’éducation à la citoyenneté. Zemmour disait que le régime de Vichy protégeait les Juifs français… J’ai fait venir un historien qui a montré les suppliques de Juifs internés à Rivesaltes, qui écrivaient au Maréchal, avant d’être malgré tout déportés à Auschwitz. On a déporté des milliers de personnes sans que ce soit le fait d’un seul Allemand, juste le zèle de l’Etat français. L’histoire du camp ce sont des faits. 2 289 hommes, femmes et enfants juifs ont été déportés depuis Rivesaltes. »

« L’Etat regroupe sur les marges les indésirables »

Mais tout le travail de transmission est aussi de rappeler que, malgré certaines idées reçues encore tenaces, il y a eu bien plus qu’une seule communauté qui a été internée à Rivesaltes. « Plus de cent nationalités, des mémoires différentes se sont succédé. C’est la force de l’exposition actuelle, autour du mot « indésirable ». A Rivesaltes il y a eu des Nord-Vietnamiens, ce n’est pas du tout connu ! Le camp est né sur la frontière, ce n’est pas pour rien qu’il est là. L’Etat regroupe sur les marges les indésirables. Je pense qu’on n’est pas assez informé historiquement de ce qui s’est passé, le camp de Rivesaltes est un funeste catalyseur de destins, notre rôle est d’organiser la rencontre entre l’Histoire et le public. Quand on arrive on ne voit que le camp. Le Mémorial a une architecture qui s’efface, mais pour mieux s’imposer quand on est dedans. » Céline Sala-Pons assure vouloir prolonger ou parfaire la vocation de laboratoire du site, mais aussi à travailler hors les murs, avec par exemple des interventions durant la semaine de lutte contre les discriminations. « Il y a l’idée de diffuser sur le territoire, de devenir une interface. » Un difficile mais beau chemin qu’il s’agira de suivre dans les années à venir. Et si ce n’est pas déjà fait, il est plus que temps d’aller voir les expositions permanentes et temporaires du Mémorial !

Les autorités égyptiennes poursuivent Travis Scott, citant des pratiques « sataniques »

De notre confrère vibe.com

Le Syndicat égyptien des musiciens tente également d’annuler l’événement « Utopia » du rappeur à Gizeh.

Le Syndicat égyptien des professions musicales poursuit Travis  ScottÉvénement Utopia  Giza, dans l’espoir d’obtenir le lancement en conserve. 

Dimanche 16 juillet, l’avocat égyptien Amr Abdelsalam est apparu sur  Memri TV  pour parler de leur décision de poursuivre Travis en justice avant son événement très attendu , citant des pratiques « sataniques ». Alors qu’il continuait, il a également affirmé que Scott avait un « dossier noir », la superstar croyant en la diffusion de la « franc-maçonnerie » mondiale et en la réécriture de l’histoire égyptienne. De plus, il a allégué que l’émission de Travis avait été annulée le lundi 17 juillet.

«Ce chanteur a un disque noir; il est connu pour être un fervent partisan de la franc-maçonnerie mondiale et de l’organisation afrocentrique qui s’oppose à l’identité et au patrimoine égyptiens. Nous avons pris toutes les mesures légales pour empêcher ce spectacle », a déclaré l’avocat.

« Dans ses spectacles, le rappeur américain accomplit toute la gamme des rites sataniques… le bien-être des citoyens égyptiens est plus important pour nous que d’organiser un tel spectacle et de le justifier en disant que nous devons dynamiser le tourisme. »

Il a poursuivi: «Ce rappeur [a été] interdit de chanter et d’organiser des émissions aux États-Unis depuis 2021. Dans sa dernière émission, des dizaines de personnes ont été tuées et des centaines ont été blessées. Des témoins oculaires ont documenté que le type de musique qu’il jouait dégageait une énergie négative et que des choses bizarres arrivaient aux personnes qui assistaient au spectacle.

Cependant, alors que le clip commençait à faire le tour des médias sociaux, l’équipe de Travis a dissipé la « rumeur », déclarant que l’émission se poursuivait comme prévu. Selon  Hypebeast , les représentants de Travis Scott ont carrément démenti ces informations et affirmations faites par Memri TV . 

Dimanche 9 juillet, Scott, 32 ans, a annoncé que son   événement de lancement Utopia à guichets fermés   aurait lieu  en direct à Gizeh .  » L’utopie  est où que vous soyez », lit-on dans son message avant de laisser tomber les coordonnées de l’événement. « Diffusion en direct transmise depuis l’Egypte – les Pyramides. 28 juillet. 

En plus de la révélation de l’emplacement, Scott a également déposé trois bandes-annonces d’accompagnement pour le LP. Chaque poste comprenait des villes importantes pour lui, dont Malibu, en Californie ; Miraval, France; et sa ville natale, Houston, Texas. De plus, les clips montrent Scott jouant l’album pour Rick Rubin, des images d’archives de l’artiste dans son enfance et le rappeur vendeur de platine dans un studio monotone blanc. 

Partez sur les traces des chevaliers durant vos vacances en Charente

De notre confrère sudouest.fr – Par Anne-Lise Durif

La Charente est une terre de sites médiévaux qui valent le détour. Elle fut marquée par la présence de chevaliers de tous ordres, du Temple à Malte, dont la trace subsiste dans le patrimoine.

La chapelle de Malleyrand

De tous les vestiges associés aux Templiers, la chapelle de Malleyrand (XIIsiècle) est le plus emblématique du département. C’est du reste un des rares édifices religieux relevant des croisés encore debout. C’est aussi un des seuls vestiges d’une commanderie destinée à accueillir des chevaliers appartenant à un ordre religieux : d’abord les templiers de retour de croisade, puis les chevaliers de l’ordre de Malte. Deux pierres tombales, appartenant l’une à un templier, l’autre à un chevalier de Malte, encadrent le portail. Consacrée à saint Jean-Baptiste, cette chapelle se distingue par son fin décor, ses chapiteaux à feuilles d’acanthe, ses colonnes ouvragées. Sa beauté et son exceptionnel état de conservation lui valent d’être classée aux Monuments historiques.

La chapelle de Cressac

Si l’extérieur de la commanderie de Cressac (dite aussi du Dognon) ne semble garder aucune trace du passage des Templiers, les historiens ont pu identifier son appartenance à l’ordre grâce aux archives du célèbre procès des Templiers, où l’établissement est cité. Il passa par la suite aux mains des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. L’intérieur de l’édifice révèle un ensemble de fresques du XIIsiècle, dont une partie, préservée, est d’un intérêt historique majeur, car elle représente un épisode des croisades : une bataille remportée en 1163 par les croisés dans la plaine de la Bocquée, au pied du krak des Chevaliers (Syrie). Des détails en sont régulièrement publiés dans les manuels d’histoire.

Visites l’été tous les jours (sauf dimanche et lundi) de 15 h 30 à 18 h. 11, route du Temple, lieu dit le Temple, à Coteaux-du-Blanzacais. Tél. 07 66 84 38 80

L’église fortifiée de Charras

Les fortifications de l’église romane Saint-Vivien de Charras datent de la guerre de Cent Ans.
Les fortifications de l’église romane Saint-Vivien de Charras datent de la guerre de Cent Ans.Jean-François Gallet, association Charras d’hier et d’aujourd’hui

Construite entre le Xe et le XIIsiècle, l’église romane Saint-Vivien de Charras fut fortifiée, comme quelques autres, durant la guerre de Cent Ans, les églises étant devenues des refuges pour la population. Celle de Charras est un des rares exemples du genre qui nous soient parvenus aussi bien conservés. Les murs furent surhaussés de plus de 4 mètres et toutes les parties de l’édifice entourées d’une ligne de mâchicoulis, montés sur des consoles et des pilastres. Les murs furent adossés à des contreforts et le clocher servit de donjon. Bon à savoir : on peut toujours accéder au chemin de ronde.

Ouvert à la visite l’été de 8 h à 18 h, entrée libre, à Charras

Le château de Rochebrune

Ce château est un des rares du département à posséder encore des douves en eau et un pont-levis. Si l’on devine encore quelques caractéristiques défensives de ses quatre tours, celles-ci ne jalonnent plus des remparts mais encadrent un corps de logis du XVIIsiècle. Son dernier propriétaire l’a d’ailleurs essentiellement décoré de mobilier Renaissance et Empire. À l’intérieur, seules les armoiries des princes de Chabanais, qui figurent sur les cheminées et plafonds peints, rappellent le glorieux passé de cette dynastie de seigneurs qui vécut en Charente limousine dès le Xsiècle.

Étagnac. Du 1er juillet au 31 août, tous les mercredis de 14 h à 18 h. Réservations : 05 45 65 26 69

Le château de Peyras

La salle de garde du château de Peyras, une immersion dans le XIIIe siècle.
La salle de garde du château de Peyras, une immersion dans le XIIIe siècle.Philippe Quintard

La légende locale raconte que les châtelains de Peyras étaient de terribles chevaliers, craints partout à la ronde. Il ne reste plus guère de traces de cette lignée, qui sévit entre le XIe et le XIIIsiècle, et le château a subi de nombreux remaniements au cours de son histoire. De ce passé médiéval persiste une tour et une salle des gardes du XIIIsiècle, ainsi qu’un surprenant escalier à vis (escalier en forme d’hélice, dont les marches se superposent à une extrémité pour former un axe central) taillé à même le mur. Ce château vaut le détour : ses actuels propriétaires en ont aussi reconstitué dix salles et proposent une visite captivante, richement documentée.

Ouvert tous les dimanches de 14 h 30 à 18 h. Tél. 05 45 71 25 25, à Roumazières-Loubert

Le château de Bayers

Avant la Révolution, le château possédait encore un pont-levis, un rempart et ses huit tours ; puis il fut transformé en ferme. Tombé longtemps en désuétude, il a été restauré il y a quelques années. Les propriétaires proposent une visite intéressante des trois pièces du corps de logis en rez-de-chaussée, dont la salle des gardes et une prison. L’extérieur permet de découvrir les douves, la tour des soldats, les vestiges du donjon et des fortifications datant du XIIsiècle.

1, impasse du Château, à Bayers, à Aunac-sur-Charente. Du 9 juillet au 7 septembre, ouvert tous les jours sauf le vendredi et le samedi. Visites libres de 12 h à 15 h. Visites guidées exclusivement à 15 h et 16 h 30 (sans réservation). Tél. 07 50 52 51 25

Maçons célèbres : Olivia Chaumont

Olivia Chaumont, née à Meudon, le 30 octobre 1950, est une architecte et urbaniste française. Femme trans, le Grand Orient de France reconnait officiellement son changement d’identité et de genre en 2010. Militante de la cause trans, elle est l’auteure D’un corps à l’autre, témoignage autobiographique sur la transidentité.

École nationale supérieure des beaux-arts.

Olivia Chaumont suit d’abord un enseignement scientifique en classes préparatoires aux grandes écoles pour s’orienter ensuite vers l’architecture. Elle entre à l’École nationale supérieure des beaux-arts, à l’unité pédagogique no 6, et obtient son diplôme en 1978. Elle complète sa formation d’architecte par des études d’urbanisme à l’Institut d’urbanisme de Paris.

Architecture et urbanisme

En 1981, elle fonde l’agence Urbatecture puis, en 1991, l’agence d’architecture et d’urbanisme Atelier Cité qu’elle dirige jusqu’en 2008. Elle est nommée en 1990 expert auprès de l’État et du Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais pour la reconquête des friches industrielles.

Tout au long de ces années elle mène de nombreux projets d’architecture et d’urbanisme. En 1990, elle est lauréate du concours national « Pour une architecture de la réhabilitation » lancé par le ministère de l’Équipement pour son projet de réhabilitation du grand ensemble de Montereau-Ruffins à Montreuil1. L’approche est novatrice. Elle repose sur la clarification des statuts entre espaces privés et publics et l’affirmation d’une résidentialité nouvelle. Cette réalisation sera citée en exemple en France et à l’étranger pour sa façon de réintégrer un grand ensemble dans la structure urbaine qui l’entoure. Dans la même ville, Olivia Chaumont est l’urbaniste de la ZAC centre-ville, ce qui l’amène à rencontrer l’architecte Alvaro Siza. Elle y réalise un ensemble de 110 logements sociaux qui domine la place de la mairie.

Olivia Chaumont.

Intéressée dès la fin des années 1980 par la question des friches industrielles et urbaines, ainsi que par celle de la mutabilité foncière, elle met au point des outils théoriques permettant de définir des stratégies urbaines globales sur un territoire donné. De sa première étude et jusqu’aux toutes dernières, elle affine cette approche de l’aménagement urbain où la forme urbaine est l’élément déterminant de la politique urbaine. Elle s’y appuie et prolonge les principes de l’îlot ouvert définis par Christian de Portzamparc dans ce qu’il appelle l’âge III de la ville.

2003 est une année marquante dans sa carrière. Elle voit la consécration de son travail d’urbaniste en étant désignée lauréate du concours international Ville-port 2 à Saint-Nazaire. Son projet fait suite à celui de l’urbaniste catalan Manuel de Sola Morales. Il répond aux enjeux d’une renovatio urbis par des actions spécifiques insérées comme autant de jalons dans une structure claire des espaces publics et qui redonne à la ville la centralité perdue depuis sa reconstruction après guerre.

Transidentité et militantisme

En 2005, Olivia Chaumont commence une transition qui aboutit en janvier 2009 à son changement d’état civil. Elle découvre le parcours médical et juridique que les personnes transgenres doivent emprunter pour vivre leur véritable identité. Devant les conditions peu respectueuses de la personne humaine qu’exige ce parcours, elle s’engage dans le milieu associatif et milite activement au sein d’Homosexualités et socialisme pour l’obtention de droits spécifiques pour les personnes transgenres. En premier lieu une simplification du changement d’état civil qui abandonne l’obligation de réassignation sexuelle. Elle participe ainsi à l’organisation d’un colloque sur la transidentité en direction des parlementaires ainsi qu’à l’élaboration du projet de loi déposé à l’Assemblée Nationale en 2011 par Michèle Delaunay, députée de la Gironde, qui lui reconnaît un rôle moteur dans cette démarche. Elle a également comme objectif de dé-médicaliser et dé-psychiatriser le parcours de transition comme le revendiquent les associations trans.

Société Française de Sexologie Clinique (SFSC).

Parallèlement, elle s’implique dans les débats sur la question du genre et sur les rapports de pouvoirs entre les sexes. À ce titre, elle devient membre du think tank l’Observatoire des futur(e)s et y apporte son expérience personnelle particulière, celle du regard différent que porte la société sur une personne, quand elle est un homme et quand elle est une femme. Pour elle, la construction du genre est le prima de la question du pouvoir.

Franc-maçonnerie

Membre de la loge Université maçonnique du Grand Orient de France (GODF) depuis 1992, Olivia Chaumont demande en 2009 que son changement d’identité soit pris en compte. Demande difficilement acceptable pour une obédience exclusivement masculine et qui arrive à un moment où le débat sur la mixité enflamme cette obédience. Plusieurs vœux qui demandent que les femmes puissent être initiées au sein du GODF, sont repoussés au convent.

Sceau GODF
Sceau GODF

Après une année de discussion, le Conseil de l’ordre du GODF finit néanmoins par entériner le changement de sexe d’Olivia Chaumont. Il diffuse cette décision par un communiqué de presse le 22 janvier 2010. Olivia Chaumont devient ainsi la première femme trans institutionnellement reconnue comme membre du Grand Orient de France. Soulagée que les principes humanistes de l’obédience n’aient pas été malmenés par une possible exclusion, elle réagit cependant publiquement à ce communiqué qu’elle trouve choquant dans sa formulation.

La reconnaissance du nouvel état civil d’Olivia Chaumont participe à l’ouverture du Grand Orient de France vers une obédience dont la mixité est permise au sein des Loges après un vote. « Il suffit d’une sœur… » titre l’hebdomadaire L’Express en reprenant son expression personnelle. Même si ce ne fut pas de façon spontanée, le GODF est de nouveau, pour elle, en phase avec l’évolution de la société française. Cette nouvelle se répand rapidement au-delà des frontières de l’Hexagone. Particulièrement en Espagne, Turquie et Amérique Latine où la presse s’en fait largement l’écho.

Le convent de 2010, qui se tient à Vichy cette année-là, va proposer la mixité du GODF par le vote d’un vœu qui autorise l’admission des femmes. Élue déléguée de sa loge, Olivia Chaumont est présente à ce convent. C’est la première fois qu’une femme déléguée prend part au convent et y prend la parole. Dans le portrait que le journal Libération fait d’elle on vit ce moment historique où, seule parmi 1200 délégués hommes, elle prend la parole. En septembre de la même année, devant plus d’une centaine de frères et de sœurs de toutes obédiences, elle est installée vénérable de sa loge. C’est à nouveau une première dans l’histoire contemporaine du Grand Orient. Elle dirige les travaux de la loge pendant trois années, jusqu’en 2013. En 2016 et pour la première fois une Sœur, Olivia Chaumont, se présente à l’élection au Conseil de l’ordre, pour sa région Paris 4, à l’époque, une des 17 régions du Grand Orient de France.

Activités

Olivia Chaumont consacre principalement son temps à l’écriture. Elle a donné un témoignage sur la transidentité dans un livre paru en 2013, D’un corps à l’autre*, aux éditions Robert Laffont. À travers cet ouvrage elle cherche à faire connaître et comprendre au grand public quelles sont la vie et la situation des personnes trans aujourd’hui.

Elle donne des conférences en France et à l’étranger (notamment en Belgique et au Canada) sur la transidentité et la question du genre.

Olivia Chaumont est programmatrice au festival du film LGBTQI de Paris, dit Chéries-Chéris, depuis 2016.

La présentation de l’éditeur : « Je me revois tout gosse, jouant avec mon frère. On disait « les garçons ». Et bien sûr que j’étais un garçon puisqu’on faisait exactement les mêmes choses. Ce qui était valable pour l’un l’était pour l’autre : les habits, les divertissements, les jouets, le Meccano, la vie. Alors pourquoi ce sentiment bizarre que nous étions différents ? Que je n’étais pas dans le même monde ? Que ce que je voulais, c’était le monde de mes sœurs, leur monde à elles ? C’est là que je voulais aller. »
En janvier 2010, le Grand Orient de France accepte pour la première fois une femme comme membre de l’obédience. Et quelle femme ! Durant plus de cinquante ans, Olivia Chaumont a vécu dans l’enveloppe corporelle d’un homme mais, au fond d’elle-même, elle a toujours su qu’elle était différente. À l’aube de l’année 2007, elle a décidé de se faire opérer en Thaïlande pour vivre dans sa vraie peau, celle d’une femme.

Témoignage vivant et émouvant, D’un corps à l’autre retrace sans fausse pudeur un itinéraire de vie exceptionnel. N’hésitant pas à évoquer les conséquences inattendues et parfois dramatiques que peut entraîner un changement de sexe, Olivia Chaumont aborde très concrètement la question de la transsexualité. Son but : faire connaître et comprendre au grand public quelle est la vie et la situation des trans’ aujourd’hui. Plus sensible que sensationnel, ce livre est avant tout l’histoire d’une vie et d’un combat. »