Léon Campion, dit Léo Campion, né le 24 mars 1905 dans le 18e arrondissement de Paris, ville où il est mort le 6 mars 1992 dans le 15e arrondissement, est un personnage à multiples facettes, chansonnier, acteur, humoriste et caricaturiste, Régent de l’Institut de Pataphysique et Grand Maître de la Confrérie des Chevaliers du Taste Fesses, mais aussi franc-maçon, libre-penseur, objecteur de conscience, pacifiste, antimilitariste, libertaire et historien de l’anarchisme.
Il est l’auteur, en 1969, de l’ouvrage Les Anarchistes dans la franc-maçonnerie ou les Maillons libertaires de la chaîne d’union.
Le père de Léo Campion est belge et sa mère française (montmartroise, de nationalité belge à la naissance). En 1923, Léo Campion est expulsé de France à l’issue d’une campagne menée contre lui par l’Action française : il est toujours de nationalité belge. Il s’installe à Bruxelles où il rencontre le bouquiniste anarchiste et franc-maçon, Marcel Dieu alias Hem Day. Une rencontre qui marquera sa vie. Il devient secrétaire de la Libre Pensée de Bruxelles et secrétaire de la section belge de l’Internationale des résistant(e)s à la guerre (IRG-WRI).
Premier objecteur de conscience avec Hem Day
« Le refus du service militaire est une assurance contre la mort, cette assurance sera viable dès qu’il y aura suffisamment d’assurés. » — Léo Campion
En 1933, une figure de proue du parti libéral belge, Albert Devèze, ministre de la Défense nationale, dépose un projet de loi interdisant toute propagande pacifiste et toute diffusion d’idées antimilitaristes. Sans attendre, Léo Campion et Hem Day renvoient leurs livrets militaires. La réponse ne tarde guère, un mois après, Albert Devèze rappelle les deux hommes sous les armes par mesure de discipline ; ils doivent rejoindre leur unité. Ce qu’ils refusent de faire. Ils sont arrêtés quelques jours plus tard.
Le 19 juillet 1933, la foule se presse dans l’enceinte du tribunal militaire. Personne n’attend une condamnation, mais seulement une joute oratoire, les notes relatives au service militaire des prévenus sont bonnes et tout ce que l’on peut leur reprocher, est d’avoir refusé de répondre à un rappel imposé à titre de sanction. Prenant la parole, tour à tour, les accusés se transforment en accusateurs et ridiculisent les autorités judiciaires et militaires (voir Hem Day). Malgré tout, Léo Campion est condamné, à dix-huit mois de prison, son casier judiciaire étant vierge. L’affaire risque de tourner au cercle vicieux puisqu’une fois leur peine purgée, les condamnés allaient être rappelés et refuseraient immanquablement à nouveau de se soumettre à cette injonction et seraient à nouveau condamnés. De nouvelles protestations s’élèvent et en appel, la peine est réduite pour chacun des condamnés. Mais, ceux-ci refusent toute sanction et, avec un autre objecteur, Lionel de Vlaminck, entament une grève de la faim. Les avocats des accusés, Deublet et le futur secrétaire général de l’OTAN, Paul-Henri Spaak, et d’autres citoyens renvoient leurs livrets militaires. Des anciens combattants sont prêts à les imiter.
L’opinion publique, craignant que la plaisanterie ne tourne au tragique, exige une libération immédiate. La pression exercée est si forte que le sort du gouvernement s’en trouve menacé. Autorités et ministres ne savent comment se tirer de l’impasse. Par une formule saugrenue, ils tentent de sauver la face : Campion et Hem Day sont renvoyés de l’armée car indignes de figurer plus longtemps dans ses rangs. Ils sont chassés de l’armée pour cause d’avoir été condamnés pour ne pas vouloir y rester. Toute cette agitation aboutit donc à la libération des deux premiers objecteurs de conscience et, également, à l’abandon du projet Devèze.
Une brochure, Autour d’un procès, publiée en 1968 aux Éditions Pensée et Action, reviendra sur cette affaire, documents à l’appui (comptes-rendus, plaidoiries, témoignages, protestations, lettres, articles, études, précisions).
Engagement dans la franc-maçonnerie
Le 7 avril 1930, Léo Campion est initié en franc-maçonnerie à la loge Les Amis philanthropes du Grand Orient de Belgique à Bruxelles.
En 1937, il s’affilie à la loge La Clémente Amitié du Grand Orient de France à Paris. Il en gravit tous les degrés écossais jusqu’au 33e et siège au Consistoire d’Île-de-France.
Homme de presse
De 1930 à 1936, il est caricaturiste pour le compte du journal bruxellois Le Rouge et le Noir tout en commençant une carrière de chansonnier.
Résistant et interné
À la fin des années 1930, Bruxelles devient un refuge pour de nombreux proscrits, dont les anarchistes Durruti et Ascaso (avec lequel Léo Campion lie une solide amitié). En 1937, il publie un journal d’informations sur la révolution espagnole : « Rebellion ».
Au début de la Seconde Guerre mondiale, Léo Campion retourne en France. Fiché comme objecteur de conscience, il est interné avec d’autres anarchistes au camp de détention d’Argelès. Libéré après l’armistice, il repart à Bruxelles. Ensuite, ses allées et venues entre Paris et Bruxelles, motivées par sa profession de chansonnier, font de lui un messager idéal pour les mouvements de résistance français et belges. Malgré ses opinions (ancien secrétaire du « Comité maçonnique pour l’objection de conscience » et de la section belge de l’Internationale des résistant(e)s à la guerre), il reçoit à la Libération la Croix de guerre 1939-1945 pour ses actes de résistance.
Le spectacle continue
En décembre 1944, Léo Campion fonde à Bruxelles l’hebdomadaire Pan, feuille satirique (fusionnée en 2004 avec l’hebdomadaire Père Ubu).
Il revient ensuite à ses passions : comédien, directeur de cabaret et producteur16. Il devient ainsi au début des années cinquante le directeur du Caveau de la République (1951-1953) et du Tabou (1952-1953) où il se produit avec Pierre Dac.
Producteur à la Radio Télévision française (RTF) entre 1951 et 1961, il anime à la radio Le Cabaret du soir et participe au feuilleton Signé Furax de Pierre Dac et Francis Blanche. Il y tient le rôle de Clodomir, président de la planète Astérix, lors des saisons 2 (La lumière qui éteint) et 3 (Le gruyère qui tue).
Acteur de théâtre, après avoir fait ses classes dans une pièce d’Henri Monnier en 1953, puis dans Phi-Phi mis en scène par Georges Atlas en 1957, Jean-Louis Barrault le fait jouer dans Rhinocéros d’Eugène Ionesco en 1961. Il joue également au cinéma dans French Cancan de Jean Renoir ou La Lectrice de Michel Deville et tient le rôle principal de série télévisée La Brigade des maléfices en 1971.
Il découvre par ailleurs quelques talents belges, dont Jacques Lippe qui joue dans Le Mariage de mademoiselle Beulemans, mais il ne cesse pas ses activités militantes pour autant. Il participera ainsi à plusieurs galas de soutien en faveur de la Fédération anarchiste et apportera souvent aide et solidarité aux libertaires, faisant preuve d’une véritable continuité entre l’artiste et l’anarchiste.
Léo Campion a d’abord réservé cet ouvrage à une diffusion strictement interne à la franc-maçonnerie. Il fut édité une première fois en 1969, sous le titre Les Anarchistes dans la Franc-Maçonnerie ou Les Maillons Libertaires de la Chaîne d’Union aux Éditions Culture et liberté (Marseille).
En 1978, revu et considérablement remanié, il fut édité cette fois à l’intention de tous les publics, sous le titre actuel Le Drapeau noir, l’Équerre et le Compas aux Éditions Goutal-Darly (Montrouge).
En 1996, une synthèse de ces deux versions fut éditée par la « Maison de la Solidarité et de la Fraternité » d’Évry et les Éditions Alternative libertaire (Bruxelles-Oléron), rééditée une première fois en 2002, puis en 2004, sous la forme d’une brochure afin de lui donner une plus large diffusion.
À Grenoble, une loge maçonnique du Grand Orient de France a été fondée le 8 juin 1996 sous le nom de « Léo Campion », en hommage à l’idée de celui-ci de permettre à des libertaires de « vivre de manière libertaire leur franc-maçonnerie ».
Elles intriguent les érudits, les chercheurs spirituels et les passionnés depuis des siècles. En raison de leur nature mystérieuse, les théories spéculatives sur leurs relations ont été répandues.
La franc-maçonnerie est une organisation fraternelle qui a ses racines dans les guildes de tailleurs de pierre médiévaux. Au fil du temps, ces guildes commerciales ont évolué pour devenir des sociétés secrètes aux enseignements philosophiques et moraux profonds qui ont attiré des personnes d’horizons divers.
L’organisation conserve encore une grande partie de son symbolisme original dérivé de la maçonnerie, comme l’équerre, le compas, le fil à plomb, le niveau et d’autres outils de travail, qui servent de représentations allégoriques des principes moraux et éthiques.
Au fur et à mesure que la franc-maçonnerie progressait, elle étendait son symbolisme pour englober des concepts plus universels, reflétant sa nature non confessionnelle. Les francs-maçons sont censés croire en un Être suprême, mais la fraternité n’impose aucune croyance religieuse particulière.
Le druidisme, quant à lui, fait référence aux pratiques religieuses et spirituelles des anciens Celtes, en particulier des druides. En tant que caste sacerdotale, les druides servaient de chefs spirituels, de gardiens du savoir, de conseillers et même de juges. On sait peu de choses sur les croyances et pratiques originales des druides, principalement en raison du manque de documents écrits. Une grande partie de notre compréhension de leurs pratiques provient de légendes, de contes populaires et de découvertes archéologiques.
Druides celtiques
Les druides celtiques étaient une partie essentielle de la société celtique ancienne, qui était répandue dans toute l’Europe à l’âge du fer et au début de la période médiévale. Principalement concentrés dans les îles britanniques, la Gaule (France) et l’Irlande, ils étaient la caste savante et occupaient des rôles influents dans la vie quotidienne des Celtes.
En tant que chefs spirituels et intermédiaires entre le monde vivant et le monde spirituel, ils étaient chargés d’accomplir des rites et des cérémonies pour apaiser les différentes divinités celtiques. On disait que les druides avaient une sagesse remarquable, une connaissance de l’astronomie, des sciences naturelles et des capacités de guérison. Ils ont agi en tant que juges et ont présidé les différends, et ils ont également été consultés en temps de guerre.
Les connaissances druidiques ont été transmises à travers une longue tradition orale pour éviter les traces écrites, c’est pourquoi une grande partie de leurs pratiques et croyances restent inconnues. La compréhension limitée des druides provient principalement des historiens romains et grecs, du folklore et des découvertes archéologiques.
Druides anciens
ILLUSTRATION IMAGINATIVE DE ‘AN ARCH DRUID IN HIS JUDICIAL HABIT’, DU COSTUME DES PREMIERS HABITANTS DES ÎLES BRITANNIQUES PAR SR MEYRICK ET CH SMITH (1815)
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Les anciens druides faisaient partie d’une lignée établie de longue date, remontant au deuxième millénaire avant notre ère. Certains érudits pensent que les origines des druides remontent à la fin de l’âge du bronze, vers 1500 avant notre ère. Cela coïncide avec l’émergence du peuple celtique en Europe centrale.
Les anciens druides ont joué un rôle central dans les sociétés celtiques et leur influence était évidente dans les aspects spirituels, juridiques, éducatifs et politiques de la vie celtique. Ils étaient tenus en haute estime et leurs connaissances et leur sagesse étaient recherchées par les rois et les chefs.
Les druides étaient profondément liés au monde naturel et leurs rituels se déroulaient souvent dans des bosquets sacrés, près des cours d’eau et des puits, ou dans des cercles de pierre cérémoniels comme Stonehenge. Les druides vénéraient le chêne et voyaient le gui pousser sur ses branches comme symbole de vie et de fertilité.
Les anciens druides ont finalement été supprimés par l’Empire romain, les Romains détruisant de nombreux sanctuaires druidiques lors de leur conquête de la Gaule et de la Grande-Bretagne. Au fil du temps, l’influence du christianisme a conduit à la diminution du statut des druides, mais leurs légendes et contes populaires ont continué à inspirer des générations pendant des siècles.
Druides célèbres
Bien qu’une grande partie de l’histoire entourant les druides soit entourée de mystère, il existe quelques personnages connus sous le nom de druides eux-mêmes ou associés à la tradition druidique.
– Divitiacus était un druide gaulois qui a vécu au 1er siècle avant notre ère. Il était réputé pour sa connaissance des sciences naturelles et de la philosophie, et il s’est même rendu à Rome en tant qu’ambassadeur au nom d’une tribu gauloise. Il a été mentionné par Jules César dans son récit de la guerre des Gaules. Divitiacus est le seul druide de l’Antiquité dont l’existence est attestée par son nom.
– Merlin , le célèbre sorcier mythique et conseiller du roi Arthur dans les légendes arthuriennes, est souvent décrit comme ayant des connaissances et des pouvoirs druidiques.
– Cormac mac Airt , un haut roi irlandais mythique (3e siècle de notre ère) qui s’est associé aux druides pour leurs capacités prophétiques
Druides modernes
Le druidisme moderne, ou néo-druidisme, est un mouvement spirituel qui cherche à faire revivre les anciennes pratiques et croyances druidiques. Il a commencé à émerger au 18ème siècle en conjonction avec divers renouveaux culturels européens. Le mouvement a pris de l’ampleur au cours du XXe siècle et n’a cessé d’évoluer, avec des organisations telles que l’ Ordre des bardes, des ovates et des druides et le British Druid Order .
Le druidisme moderne intègre un large éventail de croyances et de pratiques, mettant souvent l’accent sur le lien avec le monde naturel, les cycles des saisons et les traditions ancestrales. Les rituels sont conçus pour s’harmoniser avec les énergies de la Terre, avec des célébrations saisonnières telles que les solstices et les équinoxes.
Les druides contemporains se concentrent également sur le développement personnel et la croissance spirituelle, s’inspirant souvent d’un large éventail de sources, y compris diverses traditions spirituelles et ésotériques.
Il est important de noter que si le druidisme moderne cherche à faire revivre et à reconstruire les anciennes croyances et pratiques druidiques, il s’agit intrinsèquement d’un mouvement spirituel contemporain. Plutôt que d’être une continuation authentique de l’ancienne tradition druidique, il représente l’évolution millénaire des idées spirituelles et culturelles inspirées par les énigmatiques et sages druides des temps anciens.
L’attraction entre francs-maçons et druides
Aux 18e et 19e siècles, les mouvements culturels et les renaissances en Europe ont attiré l’attention de certains francs-maçons sur les énigmatiques druides. Les francs-maçons étaient particulièrement intéressés par le riche symbolisme et les pratiques rituelles des druides, qu’ils croyaient en résonance avec les leurs.
Plusieurs facteurs ont pu contribuer à cet intérêt croissant :
1. La fascination de la franc-maçonnerie pour les civilisations anciennes2. La romantisation des druides en tant que gardiens de la sagesse ancienne3. Le désir d’associer la franc-maçonnerie au noble héritage des druides
Cette fascination a donné naissance à divers degrés, ordres et sociétés maçonniques qui ont directement ou indirectement puisé leurs thèmes et principes dans le druidisme. Les prochaines sections discuteront de quelques exemples remarquables de ces organisations maçonniques (ou pseudo-maçonniques).
Societas Rosicruciana in Anglia (SRIA)
La Societas Rosicruciana in Anglia est une société maçonnique fondée en 1866 avec des liens étroits avec le druidisme. Il incorpore des symboles cryptiques, des rituels allégoriques et une sagesse ancienne issue d’un éventail de traditions ésotériques, notamment l’hermétisme, le gnosticisme, la Kabbale, l’alchimie et le druidisme.
Le SRIA s’est inspiré des thèmes druidiques du secret, de l’initiation et de la poursuite de la connaissance.
Le lien de la SRIA avec le druidisme est encore illustré par son affiliation à l’Ordre ancien et archéologique des druides (AAOD). En 1874, un membre fondateur de la SRIA, Robert Wentworth Little, rassembla d’autres membres intéressés de la maçonnerie et fonda une société druidique qu’il appela l’Ordre ancien et archéologique des druides (AAOD). Bien que de nombreux maçons faisaient partie de l’ordre, il n’y avait aucune obligation d’être un franc-maçon pour rejoindre.
L’Ordre Ancien et Archéologique des Druides (AAOD) a continué et en 1966, a été fusionné avec l’Ordre Littéraire et Archéologique des Druides (LAOD) . C’est un Ordre florissant à ce jour.
«LAOD est profondément ésotérique et mystique, avec ses rituels et ses enseignements descendant de Robert Wentworth Little dans les années 1800, en passant par Desmond Bourke à la fin des années 1900, jusqu’à aujourd’hui.
Les rituels au sein de LAOD font référence à Dieu (ou en gallois « Duw »). Les membres et les candidats à l’adhésion doivent donc croire et désirer communiquer avec l’être suprême que nous appelons avec amour Dieu.
LAOD n’entre en aucun cas en conflit avec les religions des confessions abrahamiques. La grande majorité de nos membres s’identifient comme chrétiens et beaucoup sont membres d’autres ordres ésotériques judéo-chrétiens.
LOAD n’est pas un Ordre maçonnique, n’a aucune ressemblance avec la franc-maçonnerie et ne nécessite l’appartenance à aucun autre Ordre (maçonnique ou autre).
L’Ordre des Druides (alias les Druides de Primrose Hill)
JEAN TOLAND. PAR JD PHILIPPIN, NÉ SYSANG (1729 – 1791) – HTTP://WWW.CARBONERIA.IT/TOLANDFR.HTM
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On raconte que le 21 septembre 1716, le philosophe et libre penseur irlandais John Toland se tenait sur Primrose Hill et exhortait les druides de toutes les îles britanniques à se réunir à l’Apple Tree Tavern à Londres « un an et un jour d’ici » pour former An Druidh Uileach Braithreachas , le bosquet mère de l’ancien ordre des druides.
Ainsi, le 22 septembre 1717, Toland est élu chef de l’Ordre reconstitué. Toland, qui était franc-maçon, est resté chef druide jusqu’en 1722, date à laquelle l’antiquaire, archéologue et franc-maçon William Stukeley a pris la relève jusqu’en 1765.
Il y a une certaine controverse sur la chronologie de l’Ordre des Druides, avec certains historiens, notamment Ronald Hutton qui déclare que l’Ordre des Druides dans sa forme actuelle a commencé vers 1909 ou 1912 lorsque George Watson MacGregor Reid (1862-1946) a créé le groupe.
Quelle que soit la légende, il est intéressant de voir le lien possible (si faux soit-il) entre la franc-maçonnerie et le druidisme – notez le lieu et l’année particuliers que Toland a choisis pour la réunion (la Apple Tree Tavern) et l’année 1717.
L’Ordre des druides existe toujours aujourd’hui et est basé à Londres.
Ancien Ordre des Druides (AOD)
ARMOIRIES DE L’ANCIEN ORDRE DES DRUIDES, VERS 1830. ARCHIVES AOD. PAR AOD – ARCHIVES AOD,
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L’Ancien Ordre des Druides est une organisation fraternelle fondée à Londres en 1781, qui vise à promouvoir la bienveillance, l’amitié et la fraternité entre ses membres.
L’AOD était structurée de la même manière que la franc-maçonnerie et s’inspirait d’un éventail de traditions diverses, y compris les anciens druides et les Templiers.
Les thèmes druidiques ont considérablement influencé les rituels, les costumes et l’organisation de l’AOD. Par exemple, ils ont reconnu les solstices d’été et d’hiver et l’équinoxe d’automne comme des dates clés pour divers événements.
Ils organisaient des cérémonies au sein de cercles de pierre comme Stonehenge et créaient une hiérarchie, qui reflétait l’ancien système de caste druidique.
MAGAZINE DES DRUIDES: UN RECUEIL DE PROCÉDURES DRUIDIQUES .
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Ordre ancien uni des druides (UAOD)
ARMOIRIES UAOD + DEVISE (1834) PAR CHARTIX – TRAVAIL PERSONNEL,
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En 1833, un schisme s’est produit au sein de l’Ordre ancien des druides (AOD) et l’ Ordre ancien uni des druides (UAOD) a été fondé.
Une partie importante des membres de l’AOD a décidé de créer un ordre druidique plus ouvert aux différentes classes sociales, structuré comme une société de bienfaisance et enregistré par le gouvernement. Au cours des premières décennies, l’UAOD a conservé le même emblème que l’AOD (un bouclier avec trois chênes entouré d’un guerrier celtique et d’un druide), changeant la devise en unis pour aider.
Très vite, l’UAOD s’est avéré être un grand succès et nombre de ses membres voyageant à l’étranger ont créé de nouvelles loges aux États-Unis d’Amérique (1839), en Australie (1851), en Nouvelle-Zélande et dans l’empire allemand (1872).
En 1858, l’UAOD se sépare en deux parties, et une nouvelle société fraternelle, l’Ordre des Druides est créée. Après la Seconde Guerre mondiale, l’organisation s’est évanouie, car la généralisation de l’État-providence a fourni aux gens tout ce qui était sa raison d’être.
Sa dernière Loge en Angleterre, a fermé en 1999 mais l’UAOD existe toujours dans plusieurs pays comme les Etats-Unis, l’Australie, l’Allemagne, et les pays d’Europe du Nord.
Ordre des Druides (OD)
EMBLÈME DE L’ORDRE DES DRUIDES
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Enfin, nous avons l’Ordre des Druides (OD) une organisation fraternelle et de bienfaisance fondée en Angleterre , en 1858 après un schisme avec l’ Ordre Ancien Uni des Druides .
L’emblème de l’ordre était un druide avec une harpe et un guerrier celtique avec les emblèmes nationaux du Royaume-Uni, de l’Australie, de l’Inde et des États-Unis.
À l’époque victorienne, la section la plus importante était celle des druides indépendants égalisés de Sheffield.
Entre les deux guerres mondiales, cette société était l’une des trois principales sociétés fraternelles druidiques de l’ empire britannique . Il était très influent à Sheffield et dans les bassins houillers d’ Angleterre . Après la Seconde Guerre mondiale et l’instauration de l’ État-providence , elle s’est estompée, et les derniers lodges ont fermé dans les années 1970.
Joseph Smith, franc-maçonnerie et druidisme
JOSEPH SMITH – PEINTRE INCONNU, VERS 1842. L’ORIGINAL APPARTIENT AUX ARCHIVES DE LA COMMUNAUTÉ DU CHRIST.
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Joseph Smith , le fondateur du mouvement des saints des derniers jours, était un adepte de multiples influences ésotériques, avec des racines profondes dans la franc-maçonnerie. Il est devenu maître maçon en 1842 et a incorporé des éléments de rituels maçonniques dans les cérémonies de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours (Église SDJ).
Il existe des preuves suggérant que Smith a également incorporé des philosophies et des concepts druidiques dans ses croyances religieuses.
Le Livre de Mormon raconte l’histoire d’une tribu perdue d’Israël qui a émigré vers l’Amérique ancienne, faisant écho aux mythes druidiques d’une race perdue qui a traversé l’Atlantique et établi une civilisation en Grande-Bretagne.
Différences entre franc-maçonnerie et druidisme
Bien qu’il existe de nombreuses similitudes et connexions entre la franc-maçonnerie et le druidisme, il est crucial de reconnaître leurs différences marquées.
1. La franc-maçonnerie n’a jamais prétendu se représenter comme une tradition religieuse singulière, alors que le druidisme représente les pratiques religieuses et spirituelles des anciens Celtes. 2. Aucune preuve ne suggère que les anciens druides étaient une fraternité fraternelle comme les francs-maçons, et il n’y a pas non plus d’authentification historique de leurs rituels et pratiques.
Rapprochement ou simple inspiration ?
Bien que les liens entre la franc-maçonnerie et le druidisme soient fascinants, il est essentiel de reconnaître que ces liens n’impliquent pas que la franc-maçonnerie est une continuation des anciennes traditions druidiques.
Au lieu de cela, les organisations qui ont émergé du mélange de ces thèmes devraient être perçues comme des entités distinctes, distinctes à la fois de la franc-maçonnerie et du druidisme, s’inspirant des deux, mais pas complètement assimilées à l’un ou à l’autre.
Pour conclure, les liens « franc-maçonnerie et druidisme » remontent principalement aux XVIIIe et XIXe siècles lorsque les francs-maçons s’intéressent aux thèmes druidiques. Bien qu’ils partagent certaines similitudes et certains aspects, tels que le symbolisme, les rituels, les enseignements moraux et les nuances philosophiques, leurs antécédents historiques et leurs philosophies fondamentales sont intrinsèquement différents.
Les organisations qui incluent à la fois des influences maçonniques et druidiques doivent être considérées comme des entités inspirées séparément plutôt que comme une continuation directe de l’ancienne tradition druidique.
Grand Maître du Grand Orient du Paraná (GOP), Cristian Adrian Flores Maldonado a pris la présidence de la Confédération maçonnique du Brésil (COMAB).La nuit du vendredi 4 à l’Assemblée législative du Paraná a été marquée par l’inauguration du nouveau conseil d’administration de la Confédération maçonnique du Brésil (COMAB) pour la période 2023/2024. La session formelle a été proposée par les députés Luiz Claudio
Romanelli (PSD) et Soldado Adriano José (PP).
Le député Luiz Cláudio Romanelli (PSD) s’est excusé pour l’impossibilité d’être présent en raison d’engagements déjà assumés au sein de l’État, mais a salué, en vidéo, les participants à la séance solennelle. « Ma révérence au Grand Maître Cristian Adrian Flores Maldonado, qui nous a rendus très fiers lorsqu’il a assumé la présidence de la Confédération maçonnique du Brésil. Je souhaite un succès absolu dans cette noble tâche de diriger les confréries maçonniques de notre pays ».
« Félicitations également à toutes les personnalités qui reçoivent aujourd’hui la reconnaissance méritoire de la franc-maçonnerie pour les services pertinents rendus à la société. Que chacun ici reste imprégné de l’accomplissement de notre grande mission de défense de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité. Puisse cette rencontre renforcer la volonté et l’espoir d’avoir une société toujours plus juste et plus humaine, bâtie sur les fondements et les engagements de la franc-maçonnerie pour toujours promouvoir le bien commun », a ajouté le député Romanelli.
Le président de la séance solennelle, le député Soldado Adriano José (PP), a également félicité le nouveau conseil qui a pris ses fonctions lors de l’événement. « Je félicite M. Cristian Flores Maldonado pour son mandat de chef de la franc-maçonnerie et je loue toute sa compétence et son attachement aux valeurs que représente cette institution ».
Parallèlement à la cérémonie d’inauguration du nouveau conseil d’administration de la Confédération maçonnique du Brésil (COMAB) et à l’occasion du 120e anniversaire du Grand Orient du Paraná (GOP), le timbre personnalisé et le timbre commémoratif ont été lancés par le Bureau de Poste. Bien que les timbres commémorent toujours une date ou un jalon historique, il convient de noter qu’il existe une distinction entre les pièces commémoratives et personnalisées. Dans le cas de la Grande Oriente do Paraná, il s’agit d’un timbre personnalisé. Les commémoratifs sont les timbres de la Poste, soutenus dans l’horaire annuel.
Le président de la séance solennelle, le député Adriano José (PP) ; le grand maître de la Grande Oriente Independente de Pernambuco et actuel président de la COMAB, Guilherme de Queiroz Ribeiro ; Grand Maître du Grand Orient du Paraná (GOP) et nouveau président du COMAB, Cristian Adrian Flores Maldonado ; le directeur du Conseil de développement et d’intégration du Sud (Codesul) et ancien gouverneur Orlando Pessuti ; le juge José Augusto Gomes Aniceto ; le Procureur du Paraná et Grand Maître de la Grande Loge du Paraná (GLP) Marco Antônio Corrêa de Sá ; le surintendant d’État des bureaux de poste du Paraná Marcos Paulo Paim ; le conseiller de Curitiba, Rodrigo Reis et le secrétaire de l’administration, de la gestion du personnel et des technologies de l’information de la municipalité de Curitiba, Alexandre Jarschel de Oliveira.
Le nouveau président de la Confédération maçonnique du Brésil (COMAB) et Grand Maître du Grand Orient du Paraná (GOP) a remercié la proposition des députés Romanelli et Adriano José et a déclaré qu' »aujourd’hui les autorités maçonniques du monde entier sont réunies ici pour l‘inauguration de la COMAB qui rassemble 25 pays travaillant ensemble pour une société meilleure ».
L’événement a été honoré par les Grands Maîtres et les autorités maçonniques de tous les États brésiliens des trois branches régulières et reconnues de la franc-maçonnerie brésilienne : Confédération maçonnique du Brésil (COMAB), Grand Orient du Brésil (GOB) et Confédération de la franc-maçonnerie symbolique du Brésil (CMSB ). . Autorités de la Confédération maçonnique interaméricaine, une institution qui regroupe plus de 30 pays ; Grands Maîtres et autorités maçonniques du Portugal, de France, des États-Unis d’Amérique, du Mexique, d’Uruguay, d’Argentine, du Paraguay, du Chili, de Bolivie et du Pérou. Ainsi que les autorités des entités paramasoniques Job’s Daughters, Rainbow et Order of DeMolay.
Confédération maçonnique du Brésil (COMAB)
C’est une confédération d’obédiences maçonniques au Brésil dont le siège institutionnel est à Belo Horizonte/MG. Fondée dans le but de regrouper et d’organiser les Grands Orients Indépendants, née principalement des scissions survenues au sein des Grands Orients d’État liés au Grand Orient du Brésil (GOB) en 1973. Considérée comme Franc-Maçonnerie Régulière parce qu’elle pratique toutes les règles de la franc-maçonnerie universelle, ainsi que l’intégration d’autres confédérations internationales et régulières à travers le monde.
Il a une grande représentation sur tout le territoire national, à travers les Grands Orients indépendants de chaque État du Brésil, en plus de fournir un soutien dans l’organisation du grand contingent de francs-maçons, lié à ces pouvoirs maçonniques d’État, présents dans 25 (vingt-cinq) États brésiliens, y compris le District fédéral.
Le Grand Orient du Paraná
Le Grand Orient du Paraná, (GOP), fondé le 4 septembre 1902, compte 178 Loges et plus de 5 200 membres. Au niveau national, il est affilié à la Confédération maçonnique du Brésil (COMAB), une entité nationale qui promeut et coordonne l’action maçonnique des institutions qui lui sont affiliées. Au niveau international, il est affilié à la Confédération maçonnique interaméricaine (CMI), qui regroupe toutes les organisations maçonniques reconnues comme régulières dans les Amériques, en plus d’être membre de la Conférence mondiale des grandes puissances de la franc-maçonnerie régulière. Elle décrit dans sa mission « la formation humaine et la philanthropie dans la recherche d’une société plus juste et plus humaine ».
Le Grand Maître du Grand Orient du Paraná (GOP), M. Cristian Adrian Flores Maldonado, a pris ses fonctions de président de la Confédération maçonnique du Brésil (COMAB) et a complété son équipe de direction avec le Grand Maître du Grand Orient de Rio de Janeiro comme vice-président Grande do Norte, M. José Ozair Pinto Filho et comme secrétaire général, le Grand Maître d’Honneur du Grand Orient du Mato Grosso do Sul, M. Amilcar da Silva Junior.
Grand Maître Cristian Adrian Flores Maldonado
Né à La Paz, Bolivie en 1970, il a déménagé à Curitiba, Paraná – Brésil à l’âge de 13 ans, où il a été naturalisé et réside jusqu’à présent. Marié, père d’une fille et d’un fils, il est un homme d’affaires dans le domaine du Conseil, de la Gestion et de la Planification. Il est Grand Maître du Grand Orient du Paraná (GOP) pour la période 2021-2024.
Initié en 2002 à la Loge Trajano Reis do Grande Oriente do Paraná, il y devint Vénérable Maître, poste qu’il occupa aussi à la Loge Restauração dos Mistérios et ensuite Grand Maître Adjoint du Grand Orient du Paraná (2017/2020).
Éosphoros de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF), dite L’Alliance vous invite, tout cet été, à passer vos commandes par Internet tout l’été. Alors, un conseil, profitez-en !
Et puis, quelle belle surprise de constater qu’en se connectant sur le site de L’Alliance, celui-ci vous souhaite de passer un bel été – bel accueil fraternel s’il en est – et ne vous propose pas un simple encart du style « fermeture annuelle » ou encore « inventaire », voire boutique fermée !
Internet, un excellent moyen de préparer tranquillement votre rentrée maçonnique depuis votre lieu de villégiature.
D’ailleurs le terme boutique nous fait penser à celui de boutiquier dont le CNRTL nous rappelle la définition :
– Personne qui tient boutique ;
– Au sens figuré, et péjoratif. Esprit étroitqui n’a d’autres soucis que le gain et les petits profits sans risques ;
– Emploi adj. Qui fait preuve d’esprit étroitement mercantile.
Blason de L’Alliance.
Mais à la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française, c’est tout autre chose… Éosphoros reste au service des sœurs et des frères, même l’été. Des plus grands auteurs maçonniques à tous les décors, y compris d’autres obédiences, nous vous invitons à visiter ce site.
Couramment dénommée L’Alliance, la GL-AMF s’inscrit dans la fidélité à la grande Tradition initiatique occidentale et propose à ses membres un chemin de perfectionnement moral et spirituel dans le respect de la foi personnelle de chacun, au-delà des conditionnements sociaux.
Son enseignement est fondé sur le message symbolique de la construction du temple intérieur à laquelle tous les Hommes sont appelés et qui s’exprime par une expérience rituelle symbolique, progressive et partagée.
L’Alliance promeut la pratique active de la fraternité entre ses membres et envers tous les Humains.
Éosphoros, l’espace de vente de L’Alliance
Pour mémoire rappelons que l’astre du matin, sous le nom d’Éosphoros apparaît pour la première fois dans Homère au chant XXIII, 226-2272 de L’Iliade. Eosphorus également connu sous le nom de Phosphorus est le dieu grec ou esprit de l’étoile du matin.
La GL-AMF, de l’intérieur… – Photo officielle GL-AMF
Éosphoros passe aussi pour le fils d’Éos et de Céphale. Il traverse le ciel peu avant l’aube qui précède elle-même le jour. Tandis qu’Éos s’occupe du char d’Hélios (le Soleil), Éosphoros s’occupe du char de sa mère.
Phosphorus.
Ce que nous apprend L’Alliance quant à Éosphoros. Il est dans la Mythologie Grecque le « porteur de la Lumière de l’aurore », les Romains l’appelaient Lucifer. Éosphoros représente notre planète Vénus, visible un peu avant l’aurore, tandis que son frère Hespéros représente toujours la même planète Vénus, visible après le crépuscule. Lorsque les anciens s’aperçurent qu’Éosphoros et Hespéros n’étaient qu’une seule et même planète, Vénus, ils disparurent en perdant toute signification.
Des frères qui savent aussi très bien manier l’humour !
N’hésitez pas non plus à comparer les prix ! Nous l’avons fait et avons trouvé quelques belles surprises. Par exemple, des tabliers conformes à ceux des autres grandes loges (rubrique « Autres Obédiences ») à presque moins 15 %.
La GL-AMF, de l’intérieur, détail – Photo officielle GL-AMF
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La construction de cathédrales médiévales était un exploit d’une grandeur remarquable, un témoignage de l’ingéniosité de l’époque. Cette tâche monumentale nécessitait l’expertise de tailleurs de pierre hautement qualifiés, parmi lesquels les tailleurs de pierre occupaient une place estimée. Leur savoir-faire a non seulement dicté la qualité de la construction, mais a également façonné de manière complexe l’attrait esthétique de ces structures colossales.
Le rôle des tailleurs de pierre dans la construction de la cathédrale
Au cours de la période médiévale, la construction des cathédrales était principalement supervisée par trois classes distinctes de tailleurs de pierre.
Ces classes étaient les apprentis, les compagnons et les maîtres maçons. Le maître maçon, généralement à la tête du chantier, gérait les opérations des ouvriers qualifiés et non qualifiés.
La Worshipful Company of Masons, une ancienne guilde formée pour réglementer le métier de tailleur de pierre, assurait le maintien et la récompense des normes de qualité.
Avec ses racines remontant à 1356, selon les premiers documents disponibles de la Cour des échevins, cette guilde a joué un rôle central dans les progrès de la construction en pierre.
La guilde n’était pas confinée à une seule ville, car les maçons devaient déménager en fonction des exigences de construction. Connue pour sa portée internationale, la guilde était souvent appelée les francs-maçons dans l’Angleterre médiévale, un clin d’œil à la pierre «libre» largement utilisée par les maçons pour sa douceur et son potentiel de sculpture.
Les différentes classes de tailleurs de pierre
Les trois principales classes de tailleurs de pierre : les apprentis, les compagnons et les maîtres maçons avaient chacune un rôle distinct dans le processus de construction. Les apprentis étaient les apprenants, sous contrat avec leurs maîtres en échange de leur formation.
Les compagnons, quant à eux, étaient des artisans qualifiés, rémunérés quotidiennement pour exécuter diverses branches de taille de pierre. Les maîtres maçons étaient les chefs de projet, chargés de superviser le travail de tous les autres ouvriers.
Un maître maçon n’était pas seulement un superviseur mais aussi un artisan par excellence, guidant une équipe composée de charpentiers, de poseurs, de forgerons, de porteurs, de cordiers et parfois d’animaux comme des bœufs.
Ces maîtres maçons jouissaient de la liberté de voyager et de travailler sur divers projets et avaient la liberté de fonctionner comme artisans indépendants, prenant des apprentis sous leur aile. Après un apprentissage rigoureux de sept ans, un apprenti est promu au rang de compagnon.
Avec plus d’expérience et de maîtrise, un compagnon pourrait s’élever au poste de maître maçon, gérant des projets de taille de pierre de manière indépendante.
Le parcours d’apprenti à compagnon maçon
À l’époque médiévale, les apprentis étaient les élèves, apprenant le métier de tailleur de pierre auprès d’un maître maçon.
Ils étaient sous contrat avec leurs maîtres dans le cadre de leur formation, vivant au sein du ménage et recevant de leur part des éléments essentiels comme la nourriture, les vêtements et un abri.
La période d’apprentissage, d’une durée de sept ans, était consacrée à l’apprentissage des bases de la taille de pierre, comme l’utilisation d’un ciseau et d’un marteau, la taille et le façonnage de la pierre, le mélange du mortier et la compréhension des plans architecturaux.
À la fin de leur formation, les apprentis étaient promus compagnons. Désormais, ils n’étaient plus liés à leurs maîtres et avaient la liberté de travailler pour les autres ou d’installer leurs ateliers.
Ils ont également été chargés de créer un chef-d’œuvre, témoignage de leur compétence et de leur connaissance du métier. Une fois qu’un compagnon avait réussi à créer un chef-d’œuvre, il pouvait accéder au poste de maître maçon et entreprendre ses projets de taille de pierre.
L’histoire intrigante des maîtresses d’évêques et des maçons de pierre de taille
Alors que le rôle des tailleurs de pierre dans la construction des cathédrales est bien établi, les récits impliquant des maîtresses d’évêques modelant pour des tailleurs de pierre de taille ou des sculpteurs sont plus insaisissables.
L’évêque, généralement le patron de ces projets de cathédrale, était une figure célibataire. Les ouvriers de ces sites étaient pour la plupart des hommes tailleurs de pierre qui allaient d’un chantier de construction à un autre à la recherche d’opportunités d’emploi.
Les maçons de pierre de taille, étant au sommet de leur profession, avaient la compétence unique de tailler des motifs complexes dans la pierre. Cependant, il n’y a aucune preuve historique suggérant que les maîtresses des évêques aient servi de modèles pour ces sculptures. Cela semble être plus une anecdote intrigante qu’un récit historiquement exact.
Maçons en pierre de taille : les artisans d’élite
Les tailleurs de pierre occupaient une position prestigieuse dans la hiérarchie de la taille de pierre. Ces artisans se sont spécialisés dans le travail de la pierre de taille, un type de grès ou de calcaire, idéal pour les sculptures complexes en raison de sa texture douce et uniforme.
L’art de la maçonnerie en pierre de taille
Freestone, nommé ainsi en raison de sa capacité à être coupé librement dans n’importe quelle direction sans se fendre, était un favori parmi les maçons. L’uniformité de la pierre et l’absence d’une structure granulaire la rendaient idéale pour la fabrication de sculptures complexes et d’éléments architecturaux.
Le travail des tailleurs de pierre ne se limitait pas aux éléments de charpente ; ils ont donné vie aux cathédrales médiévales avec leurs gravures et sculptures artistiques. Ils étaient connus pour leur habileté remarquable à sculpter des figures réalistes, des entrelacs ornés et des décorations élaborées. Leur travail a largement contribué à l’allure esthétique de ces édifices monumentaux.
L’héritage des maçons en pierre de taille
Les tailleurs de pierre de taille, par leur savoir-faire exceptionnel, ont laissé une empreinte indélébile dans l’histoire de l’architecture.
Les cathédrales médiévales témoignent aujourd’hui de leurs compétences extraordinaires et de leur souci du détail. Malgré la nature ardue de leur travail et les complexités impliquées, ils ont réussi à créer des structures d’une beauté et d’une force durables.
L’héritage de ces tailleurs de pierre continue d’inspirer les architectes et tailleurs de pierre modernes. Leur contribution aux merveilles architecturales de la période médiévale reste inégalée, offrant des leçons intemporelles de savoir-faire, de précision et d’expression artistique.
En conclusion, le rôle des tailleurs de pierre dans la construction des cathédrales médiévales a été primordial. Leur savoir-faire, combiné à leurs compétences uniques, a joué un rôle important dans la formation de ces merveilles architecturales. Comprendre leur travail et leur place dans l’histoire nous aide à apprécier l’immense effort et le talent artistique qui ont été nécessaires à la création de ces monuments durables.
Article de Margaret S.
Margaret S. est une conférencière à la retraite et consacre une grande partie de son temps à l’écriture théologique et philosophique.
Elle a été nommée franc-maçon dans l’Ordre international de la franc-maçonnerie pour hommes et femmes – Le Droit Humain.
(Margaret S. est son nom de plume pour tous ses papiers maçonniques)
Voici un article pour occuper un temps certain votre lecture avec 16 vidéos et de nombreux audios et textes référencés accessibles par leurs liens (en bleu).
« Car il connaît la conduite que je mène: s’il me jetait au creuset, j’en sortirais pur comme l’or» (Job. 23-10)
L’alchimie
ALCHIMIE, ce mot pourrait provenir de l’égyptien ancien «Kemet» qui désigne la Terre Noire, en référence à la couleur du limon déposé chaque année par la crue du Nil. En hébreu «Chimie» se dit «Kimia» (כִּימִיָה) et peut se lire comme «Ki mi Yah» («Car cela vient de Dieu»). Viendrait aussi de l’arabe al-kīmiyā, Chimie de Dieu, [kīmiyā signifiant mélange] ou encore Terre Noire Divine évoquant l’Égypte. Mais on pense que plus vraisemblablement du grec, kumen, «verser sur le feu» ou de kumos, le suc qui s’élève dans la plante. Platon en dira dans son Timée (22b) que «la terre noire d’Égypte détenait une sagesse antérieure et supérieure à celle des Grecs».
Le terme apparaît dans le vocabulaire français au XIVe siècle, par le latin médiéval alchymia. Les mots alchimie et chimie sont restés synonymes jusqu’à l’éclosion de la chimie moderne au XVIIIe siècle.
Et dictum verbum dimissum ignoratur nisi sit doctor vel philosophus in hac parte (et l’on ne peut connaître ladite parole délaissée [la parole perdue], à moins qu’on ne soit docteur ou philosophe en cette partie de la philosophie [l’achimie]). L’Alchimie, comme le dit René Alleau, ressemble à une science physico-chimique, mais elle est aussi, et surtout, une mystique expérimentale, un art initiatique à force d’efforts. Sa nature, est à la fois matérielle et spirituelle. Le but de l’alchimie est ce qui a plus de pureté et selon la définition de Martino Rulando : Alchimia eft impuri feparatio a fuftantia puriore(l’alchimie c’est la séparation de ce qui impur de ce qui est plus pur).
L’alchimie, qui est sans doute née en Chine, puis s’est répandue jusqu’en Grèce, où elle fut illustrée notamment par le philosophe Démocrite, lequel l’introduisit en Égypte, est indépendante de toute religion et ses principes ne se rattachent pas au gnosticisme. Le concept fondamental de l’alchimie dérive de la doctrine aristotélicienne selon laquelle toute chose tend à atteindre la perfection. On considérait que tout métal était moins « parfait» que l’or. Il était donc raisonnable de supposer que l’or était constitué à partir des autres métaux enfouis profondément sous terre, et qu’avec suffisamment de dextérité et d’assiduité un artisan pourrait reproduire cette synthèse dans son atelier. Les efforts dans ce sens étaient tout d’abord empiriques et pratiques. Cet Art ancien, surtout pratiqué au Moyen Âge, fut donc axé principalement sur la découverte d’une Substance qui transformerait les métaux les plus communs en or (en fait le même métal mais dans sept états différents à savoir : plomb, étain, fer mercure, cuivre, argent, or), et sur la découverte de moyens permettant de prolonger la vie des hommes. En effet, un autre objectif classique de l’alchimie est la recherche de la panacée (médecine universelle) et la prolongation de la vie, via un élixir de longue vie.
«L’alchimie est une sorte de philosophie : une sorte de pensée qui mène à une façon de comprendre» (Marcel Duchamp).
L’Alchimie est la Science de la Vie, de la Vie dans les trois règnes, elle a pour but de séparer le principe actif de la matière inerte. Elle étudie les causes et principes, la loi Universelle et éternelle de l’Évolution qui change insensiblement le plomb en or, et perfectionne l’Homme malgré lui.
Pernety dit : «c’est l’art de travailler avec la nature sur les corps pour les perfectionner.»
L’alchimie est considérée comme une discipline qui recouvre un ensemble de pratiques et de spéculations en rapport avec la transmutation des métaux ou d’autres composants tirés des règnes vivants. Les métaux sont vivants, ils croissent, fleurissent, s’épurent et deviennent de l’or.
Depuis, l’alchimie, sans abandonner son domaine d’action matérialiste, n’a cessé de s’affirmer comme une voie de réalisation de l’être, fondée sur l’enseignement de la philosophie gnostique qui doit guider les adeptes sur le chemin de l’amour et de la sagesse.
L’alchimie se définit comme reposant sur le principe de la permutation des formes par la lumière, le feu ou encore l’Esprit. Connaître ce feu et savoir le capter constitue le secret, jalousement gardé, de ceux qui se qualifient de disciples d’Hermès, par référence au fondateur mythique de cette science. Le Grand Œuvre Alchimique comporte (en exceptant la pré-préparation) une première phase : la Préparation, comprenant elle-même deux opérations la mortification et la séparation. Par Mortification il faut entendre l’action de concasser, de broyer et de pulvériser la Materia Prima. Quant à la Séparation c’est proprement la mort de cette Materia Prima puisque nous voyons l’Esprit et l’âme de l’être minéral quitter le corps, c’est à dire en termes Alchimiques : Le Sel et le Mercure séparés du Soufre.
Le soufre, dans le contexte alchimique, est souvent associé à la nature active, masculine et à la chaleur. Il représente le principe actif de la matière, responsable de la transformation et du changement. Le soufre est considéré comme l’âme, l’énergie vitale ou l’essence spirituelle qui anime la matière inerte et lui confère sa capacité à se transformer. C’est le principe qui symbolise le feu intérieur qui permet de purifier et de transmuter la matière. Le mercure, quant à lui, est associé à la nature réceptive, féminine et à la froideur. Il représente le principe passif de la matière, qui détient les potentialités, les propriétés cachées et la structure sous-jacente. Le mercure est considéré comme le corps de la matière, le réceptacle des influences célestes et le liant des éléments.
L’alchimie serait donc une séparation à opérer entre énergie et matière pour atteindre cette « part d’âme » de la materia prima.
En tant que connaissance ésotérique, les textes alchimiques possèdent la particularité d’être codés et énigmatiques.
Il s’agit d’un savoir qui n’est transmis que sous certaines conditions. Les codes employés par les anciens alchimistes étaient destinés à empêcher les profanes d’accéder à leurs connaissances. L’utilisation d’un langage poétique volontairement obscur, chargé d’allégories, de figures rhétoriques, de symboles et de polyphonie, avait pour objet de réserver l’accès aux connaissances à ceux qui auraient les qualités intellectuelles pour déchiffrer les énigmes posées par les auteurs et la sagesse pour ne pas se laisser tromper par les pièges nombreux que ces textes recèlent. La langue des oiseaux, aussi appelée l’argot en est un exemple. Parmi les procédés sur lesquels s’appuie la Langue des Oiseaux, citons entre autre l’utilisation des homonymes, des anagrammes, des inversions, du symbolisme, de l’étymologie, de l’antimétabole, de la kabbale et, surtout, du sens caché et ésotérique des lettres de l’alphabet s’apprenant par une lecture hiéroglyphique de chacune d’elles ; c’est de loin la partie la plus secrète de la langue des Oiseaux.
La pratique de l’alchimie et les théories de la matière sur lesquelles elle se fonde sont parfois accompagnées, à partir de la Renaissance, de spéculations philosophiques, mystiques ou spirituelles. «Pour développer l’intelligence, Dieu a caché dans la nature une infinité de secrets (arcanà) que l’on extrait, comme le feu du silex, et que l’on met en pratique, grâce à toutes sortes de sciences et d’arts.» L’alchimie sert alors essentiellement à établir un dialogue avec l’invisible, avec tous les corps invisibles, y compris celui de notre mère la Terre, et au-delà de la matière, à interroger la mémoire de l’Univers pour en découvrir son schéma de cohérence. L’alchimie s’occupe, en somme, à l’intimité de la matière.
Les alchimistes du Moyen Âge interprètent le mythe d’Héraclès comme la figuration du combat spirituel qui mène à la conquête des pommes d’or du jardin des Hespérides, autrement dit à l’immortalité. C’est la troisième voie animale à côté de la voie minérale et de la voie végétale.
L’alchimie ajoute l’exigence de connaissance à celle de la sagesse. Ora, Lege, lege, lege et relege. Labora, et invenies : « Prie, Lis, lis, lis et relis. Travaille, et tu trouveras » conseille le Mutus Liber. Cette conception exige, pour parvenir à son but (tu trouveras), l’acquisition préalable d’un savoir (activité d’ordre intellectuel : lege), puis un travail (activité d’ordre moral sur soi et d’ordre pratique au laboratoire : labora), puis une activité d’ordre spirituel (ora), s’adressant à la totalité de l’être, Esprit, Corps, Âme.
Pour Jung, l’alchimie est une pensée spéculative à la recherche d’un équilibre spirituel dont la forme métaphorique est la pierre philosophale. L’alchimie est présentée dans sa véritable nature, comme la réalisation d’une conscience supérieure (du Soi), comme l’Aurore, connaissance et sagesse mettant fin aux ténèbres (de l’inconscience).
La méthode de l’alchimie est holistique c’est-à-dire qu’elle est intégrante en procédant par le tout, et non analytique comme la chimie.
Visionner le très intéressant documentaire de Planète, Le Secret des Alchimistes
Partager les réflexions d’un alchimiste chrétien Stéphane Feye à partir du traité d’alchimie Splendor Solis, où le processus symbolique montre la mort alchimique classique et la renaissance du roi. Les Illustrations comprennent la série bien connue des sept flacons , chacun associé à l’une des planètes.
Il y a deux façons de concevoir le cheminement alchimique : la voie humide ou la voie sèche.
Le procédé par distillation qui utilise la cornue est la voie humide, lente. La plante est calcinée et ses cendres, le sel, sont mélangées avec la rosée pour purification par distillation ce qui sépare le subtil de l’épais, l’essence de l’huile, deux substances antagonistes qui se combattent, le soufre rouge et le mercure blan, séparés puis réunis, le roi et la reine. Il s’agit de les amener à s’unir, ce sont les «noces alchymiques» qui donne la teinture. Puis celle-ci est reversée sur les cendres, sur le sel, pour reconstituer la matière première purifiée et recommencer initier une nouvelle itération de purification jusqu’à trouver le principe de la plante.
La voie sèche, rapide, qui travaille sur la pierre, l’antimoine, se passe directement dans l’athanor, le creuset, la crux. La pierre se feuillète pour laisser apparaître l’étoile et la pierre philosophale rouge en son cœur.
Voie royale est la voie du milieu où on est à la fois son propre athanor et où, par les expériences de vie, on se trouve purifié (à condition de leur donner sens) pour avancer entre illumination et travail sur soi. La Franc-maçonnerie est donc un art royal.
Point d’alchimie sans les Alchimistes
Le premier nom qui semble représenter un expert en chimie dont les écrits ont été conservés fragmentairement dans des citations ou des copies par des écrivains ultérieurs, est celui de Démocrite. Cette personne est généralement appelée par les écrivains alchimiques Démocrite d’Abdera, le philosophe qui a le premier énoncé une théorie atomique. «Or, le maître en magie de ce Démocrite était, d’après Pline, aussi bien que d’après les alchimistes, le Mède Ostanès». Consulter Les origines de l’alchimie par Marcellin Berthelot.
L’alchimiste qui est sur la voie est en mesure de recueillir le rayonnement cosmique .
Les Rosicruciens du Moyen Âge, comme Robertus de Fluctibus (Robert Fludd), Paracelse, Thomas Vaughan (Eugenius Philalethes), Van Helmont et autres, étaient tous des alchimistes qui cherchaient l’«esprit caché» dans toute matière inorganique.
Pour les alchimistes, le salut ne doit pas venir de la Divinité, mais de l’esprit même de l’homme qui la pratique. Cependant, de nombreux gnostiques ont pratiqué l’alchimie, entre autres les ismaéliens musulmans, par qui elle s’est répandue en Europe occidentale, via l’Espagne. Pour les alchimistes, les éléments sont à la fois matériels et spirituels. Dans leur état matériel, ils sont grossiers, opaques, épais. Dans leur état spirituel, ils sont subtils, fins, éthérés. En travaillant à purifier la matière brute, l’alchimiste se spiritualise lui-même.
Il ne s’agit plus ainsi, au cœur même de l’alchimie de transformer du plomb en or, mais de conduire les métamorphoses intérieures par lesquelles, hors de l’abîme de l’inconscient, l’âme peut se détacher du chaos de la masse confuse ou elle se retrouve engluée, et découvrir l’or spirituel qui lui révèle sa vraie nature, cet espace qu’elle devient du déploiement dans l’homme de l’imago dei.
L’alchimiste se présente comme un philosophe. Il prétend connaître, non seulement les métaux, mais aussi les principes de la matière, le lien entre matière et esprit, les lois de transformation, en apportant des réponses aux questions sur la nature humaine. Son ontologie repose sur la notion d’énergie (représentée par le dragon), une énergie dynamique, unique, en métamorphose de laquelle il faut sortir la lumière. Il tire aussi de ses travaux une morale, celle de l’éloge du travail et de la prière : «Prie et travaille (Ora et labora)». Il avance une grande méthode, l’analogie, «Tout ce qui est en bas est comme ce qui est en haut» pour signifier que la partie volatile de la matière est de même nature que la fixe; qu’au commencement tout est venu d’une seule et unique matière; et que tout, c’est-à-dire le volatil et le fixe, retourneront à un, et ne feront plus qu’un corps.
Écoutez l’interview de Jacques BREYER dénonçant l’alchimie pittoresque et apportant sa conception de l’alchimie : une transmutation intérieure, ressort des religions accueillant le « christ minéral ». On remarquera sa difficulté à définir ce qu’est une pierre vivante! Cliquez ici.
Sa notion clef est celle d’origine, de retour, de réversion. L’alchimiste veut revenir à la matière première, rétablir les vertus primitives des choses, rendre pure et saine toute créature voire, comme les alchimistes chrétiens, «faire de l’Artifex un Hierourgos, analogue et confrère du célébrant eucharistique», qui fait de l’alchimie «une liturgie et un essai de connaissance de Dieu à partir de ce monde, complémentaire de la théologie, qui voyait le monde d’ici-bas à partir de la Révélation» (Pierre Noize, Le Grand Œuvre, Revue de l’histoire des religions, 1974 pp. 149).
Carl Gustav Jung, père de la psychologie des profondeurs, est connu pour avoir relié les processus de l’alchimie (principes, opérations) à ceux du psychisme : «Le secret de cette philosophie alchimique, et sa clé ignorée pendant des siècles, c’est précisément le fait, l’existence de la fonction transcendante, de la métamorphose de la personnalité, grâce au mélange et à la synthèse de ses facteurs nobles et de ses constituants grossiers, de l’alliage des fonctions différenciées et de celles qui ne le sont pas, en bref, des épousailles, dans l’être, de son conscient et de son inconscient.»
Parmi les alchimistes les plus connus on trouve : Marie la juive (IIIe siècle qui a inventé le bain-marie, un fourneau secret), Avicenne (980-1037), Albert Le Grand (1193-1280), Saint Thomas d’Aquin (1226-1275), Roger Bacon (1214-1294), Raymond Lulle (1235-1313), Arnaud de Villeneuve (1240-1311), Nicolas Flamel (1330-1417), Paracelse (1493-1541), John Dee (1527-1603), Jacob Boehme (1575-1624), Basile Valentin (supposé 16e siècle), Michel Maïer (1569-1622), Fulcanelli (1841-1923), Claude Frollo de Josias (l’archidiacre de Notre-Dame de Paris), Artephius, Albert le Grand, Synesius, Th. d’Aquin, R. Lulle, Flamel, Rhazes, Geber. De l’autre côté du matras leur répondent Roger Bacon, A. de Villeneuve, Basile Valentin, Van Helmont, Paracelse, Philalethe, Trevisan, Ripley sont considérés comme la panthéon des alchimistes par Julien Champagne ; leurs noms sont représentés en lettres d’or sur le tableau Jeune femme nue dans un matras de verre.
À consulter le remarquable et très documenté site, Alchimie et hermétisme, où vous trouverez des informations sur les alchimistes de toutes les époques.
Et maintenant que vous êtes un tout petit peu plus informés, je vous propose d’écouter Le parcours alchimiqueavec Françoise BONNARDEL et Gilbert DURAND qui évoque les buts de l’alchimie, transformer l’homme et la nature. En quoi la pensée alchimique s’oppose à la pensée prométhéenne ; sa sotériologie dépasse le point de vue existentialiste. Les caractéristiques et la symbolique des régimes diurnes et nocturnes réconciliés. La notion de médiation (le personnage d’HERMEO) et le rôle d’initiateur de l’alchimiste. Le processus d’individuation. Description précise des phases de transmutation : œuvre au noir, au blanc, au rouge et les liens avec la psychanalyse jungienne. L’importance de la negredo, phase nécessaire du processus salvateur ; ses dangers ; les excès si cette phase est considérée comme fin en soi. Le processus double de spiritualisation, de corporification (1H 06’55 »).
À propos de l’Aludel (ou Alutel), c’est le vase de verre (ou de terre) requis pour le grand œuvre Il est souvent confondu avec le matras. Anatole France en parle dans son ouvrage La rôtisserie de la reine Pédauque (p.233) : « il faut que vous sachiez que cet appareil sublimatoire a nom aludel. Il renferme une liqueur, qu’il convient de regarder avec attention, car je vous révèle que cette liqueur n’est autre que le mercure des philosophes. Ne croyez pas qu’elle doive garder toujours cette teinte sombre. Avant qu’il soit peu de temps, elle deviendra blanche et, dans cet état, elle changera les métaux en argent. Puis, par mon art et industrie, elle tournera au rouge et acquerra la vertu de transmuer l’argent en or. » Les Philosophes alchimistes n’entendent pas toujours le terme aludel comme le vase de verre. Souvent ils désignent sous ce nom le vase philosophique qu’il ne faut pas confondre avec le vase dans lequel on renferme la matière.
Sous le drap mortuaire ou sous le tertre, dans l’enfermement de l’obscurité, s’opère la transmutation du compagnon en maître, du mort en réveillé ; par analogie poétique on peut considérer, pour le sens du cérémonial, que là où est assassiné le maître, là est un aludel (voir le conte alchimique de l’initiation au 3ème degré maçonnique paru sur le journal la semaine dernière : MARIH et l’aludel).
Les textes alchimiques
Pour vous faire une idée de la profusion de textes compilés depuis le XVe siècle, rendez-vous sur le site Bibliotica Philosophica Hermetica. Époustouflant !
Le plus ancien et le plus connu : La Table d’émeraude
Ce texte gnostique mystérieux d’alchimie spirituelle fut découvert dans la tombe d’Imhotep vers l’an 700, il disparut puis réapparut à la Renaissance. On dit que le texte contenait les arcanes d’un savoir immense aussi ancien que le monde et qu’il serait dû à Hermès trismégiste. Sa légende veut que ce texte fût trouvé dans le tombeau de ce dernier, gravé avec une pointe en diamant sur une lame d’émeraude et découvert par l’armée d’Alexandre le grand à l’intérieur de la pyramide de Giseh. Enrichi par la philosophie grecque alchimique, ce texte a donné naissance au Codex hermeticus.
Ce texte est composé de 15 tablettes formées, dit-t-on, d’une substance créée par la transmutation alchimique (les tablettes d’émeraude). Elles sont impérissables, résistantes à tous les éléments et substances. Elles contiennent les mystères rapportés par Toth qui les présente comme les clefs de sa sagesse, la voies de la réalisation d’une alchimie spirituelle : 1- L’histoire de Thoth l’Atlante, 2- La chambre de l’Amenti (lieu de l’initiation), 3- La clef de la sagesse, 4- Le natif de l’Espace, 5-L’habitant de Unal (grand prophète qui aurait créé l’Atlantide), 6- La clé de la Magie, 7- Les sept seigneurs (les chakras), 8- La clef des Mystères, 9- La clé de la libération de l’espace, 10- La clé du temps, 11- La clé de ce qui est en haut et de ce qui est en bas, 12- La loi des causes et des effets et la clef de la prophétie, 13- La clef de la vie et de la mort (cycle des réincarnations), 14- La barrière des ténèbres (obstacles à franchir), 15- Le secret des secrets (ascension dans les 9 mondes de la création).
Leur ancienneté est extraordinaire, remontant à environ 36000 années. L’auteur en serait Thoth, un prêtre-roi d’Atlantide, qui fonda une colonie en Égypte antique après l’engloutissement de la mère patrie. Quand le temps fut venu pour lui de quitter l’Égypte, il érigea la grande pyramide au-dessus de l’entrée des grands Halls d’Amenti, plaça ses disques à l’intérieur, et désigna des gardes pour ses secrets parmi les personnes les plus compétentes.
Pendant les âges postérieurs, l’âme de Thoth est passée dans le corps des hommes de la manière décrite dans les tablettes. En tant que tel, Thot s’est incarné trois fois, et sa dernière incarnation était connue comme Hermès trismégiste, le Trois-Fois-Grand.
Environ 1300 ans avant J.-C., en Égypte (le Khem antique), régnait une grande agitation et beaucoup de délégations de prêtres furent envoyées dans d’autres régions du monde, certains emportant avec eux les Tablettes d’émeraude. Le groupe particulier de prêtres détenant les tablettes a émigré en Amérique du Sud où ils ont trouvé une race en épanouissement, les Mayas, qui se sont rappelés une grande partie de la sagesse antique. Les prêtres sont restés parmi ces derniers. Au Xe siècle, les Mayas avaient complètement agencé le Yucatan, et les tablettes ont été placées sous l’autel d’un des grands temples du Dieu du Soleil.
D’innombrables légendes sont apparues autour de ce texte. La plus fameuse racontait que son auteur mythique l’avait inscrit sur l’émeraude chue du front de Lucifer, le jour de la défaite de l’ange rebelle : ainsi advint-il qu’on l’appelât la Table d’émeraude…
Les études modernes ont attesté sa provenance d’un original égyptien en langue grecque du IVe siècle de notre ère. Il a été traduit du latin par Fulcanelli. On y trouve ainsi présenté le fameux principe de correspondance des hermétistes : «Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ; par ces choses se font les miracles d’une seule chose. Et comme toutes les choses sont et proviennent d’un, par la méditation d’un, ainsi toutes les choses sont nées de cette chose unique par adaptation. Le Soleil en est le père, et la Lune la mère. Le vent l’a porté dans son ventre. La terre est sa nourrice et son réceptacle.»
Au début du XVIIe siècle, Bernard Comte de la Marche Trévisanne l’exprimait ainsi : «C’est vraie chose et sans mensonge, et très certaine, que le haut est de la nature du bas, et le montant du descendant. Conjoints les par un chemin et par une disposition. Le Soleil est le Père, et la Lune blanche est la Mère, et le feu est le Gouverneur. Fais le gros subtil, fais le subtil épais, ainsi tu auras la gloire de Dieu» (p.233 : <arbredor.com/ebooks/BibPhilo2.pdf>).
Le Zohar connait bien cette règle. Non seulement il en fait un usage implicite, mais encore il lui donne une expression explicite: Ainsi dans le Zohar (Waera, 25-a) : «Ce qui est en haut, est comme ce qui est en bas : comme les jours d’en haut sont remplis de la bénédiction de l’Homme (céleste), ainsi les jours d’ici-bas sont remplis de la bénédiction par l’intermédiaire de l’Homme (du Juste).» L’lnde a aussi sa version de la maxime hermétique. Ainsi la Vishva Sara Tantra énonce la formule : – «Ce qui est ici est là. Ce qui n’est pas ici n’est nulle part.»
Ces secrets sont repris dans le Kybalion.
Le Kybalion Étude sur la philosophie hermétique de l’ancienne Égypte et de l’ancienne Grèce par trois initiés. , est un livre publié anonymement en 1908 par un groupe qui se fait appeler Trois Initiés. On peut constater de nombreux rapprochements avec d’autres ouvrages ésotériques ; le Zohar, par exemple, présente des approches assez similaires au niveau de sa conception de la création de l’univers ou de la nature de la divinité. Point de vue que l’on peut aussi retrouver dans les écrits de Maïmonide, philosophe juif du XIIe siècle. Les racines de son nom KBL pourrait rattacher ce livre à la kabbale.
Le Kybalion est basé sur les enseignements des Tablettes d’émeraude, dont la connaissance embrasse les rapports de l’Homme avec la nature. On retrouve ainsi dans ce manuel les 7 principes hermétiques.
Les sept principes holistiques, développés entre autres dans le Kybalion, reprennent la sagesse hermétique des table(tte)s d’émeraude.
Le principe de mentalisme selon lequel «le Tout est esprit ; l’univers est mental.»
Le principe de correspondance implique l’idée qu’il y a «un rapport constant entre les lois et les phénomènes des divers plans de l’être et de la vie» «Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ; ce qui est en bas est comme ce qui est en haut», citation de la table d’émeraude écrite par Hermès Trismégiste qui aurait fondé les principes de l’alchimie. Ce principe établit qu’il existe une harmonie, une entente et une correspondance entre ces différents plans d’existence qui se déclinent aux niveaux physique, mental et spirituel.
Le principe de vibration affirme que le mouvement se manifeste partout dans l’univers, que rien n’est à l’état de repos, que tout se remue, vibre et tourne en rond. Ce principe explique que «les différences existantes entre les diverses manifestations de la matière, l’énergie, l’âme et même l’esprit, sont la conséquence d’une proportion inégale de vibrations […] ; plus grande est la vibration plus haute est la position sur l’échelle». Ainsi, Le Tout serait a un niveau infini de vibration, pratiquement en repos de même qu’une roue qui tourne avec grande rapidité parait arrêtée. La transmutation mentale est décrite comme étant l’application pratique de ce principe. Transformer un état mental en un autre consiste à changer son niveau de vibration. Certains y arriveront par un effort de volonté, mais le faire de façon délibérée et consciente créera un état plus stable et donc plus souhaitable.
Le principe de polarité implique l’idée que tout est double, tout a deux pôles, tout a deux extrêmes. «La thèse et l’antithèse sont identiques en nature, mais différentes en degré.» Tout paradoxe peut être concilié car ce qui semble opposé n’est en fait qu’une autre partie d’une même échelle. Le chaud et le froid n’ont pas de définition absolue et n’existent que l’un par rapport à l’autre. Le froid peut bruler comme le chaud. De même on a vu souvent la haine se changer en amour ou le contraire. Les extrêmes se touchent et se confondent.
Le principe de rythme implique l’idée qu’il se manifeste dans toute chose un mouvement mesuré d’allée et venue, un flux et un reflux, un balancement en avant et en arrière, quelque chose de semblable au mouvement du pendule. Le principe du rythme se relie étroitement au principe de polarité. Le rythme se manifeste entre les deux pôles dont le principe de polarité a montré l’existence. Cela ne veut pas dire cependant que le pendule du rythme oscille jusqu’à l’extrémité des pôles ; cela n’arrive que très rarement ; en fait il est difficile dans la majorité des cas d’établir la place des pôles extrêmes.
Le principe de cause et d’effet implique le fait qu’il existe une causalité pour tout effet produit et un effet pour toute cause. Il explique que tout arrive conformément à la lo», que jamais rien n’arrive fortuitement, que le hasard n’existe pas. «Le hasard (ou la chance) n’est que le nom donné à la loi méconnue.»
Le principe de genre implique que le genre existe en tout ; le masculin et le féminin sont constamment en action. Le mot genre a une signification plus large et plus générale que le mot «sexe». Le sexe est simplement une manifestation du genre dans le plan physique, alors que le principe de genre se manifeste en masculin ou en féminin dans tous les plans du réel.
Le Mutus Liber est l’une des iconographies de référence dans le domaine de l’Alchimie. Il est constitué de 15 planches de dessins évoquant le processus de l’Œuvre, pratiquement sans aucun texte d’où la raison de son titre Mutus Liber, le livre muet. Une seule rédaction, en latin, apparait sur deux pages. Sur la première page (dont la traduction donne : Le livre sans parole, dans lequel est toutefois présenté en figures hiéroglyphiques la totalité de la philosophie hermétique, sacrée pour Dieu miséricordieux et trois fois grand, s’adresse uniquement aux fils de l’art et le nom de son auteur est Altus). Et sur la quinzième page : Prie, Lis, lis, lis et relis. Travaille, et tu trouveras (Ora, Lege, lege, lege et relege. Labora, et invenies).
Si le Mutus Liber précise le nom de son auteur et de son inventeur (Altus, «savant en haute chimie d’Hermès» et Jacob Saulat, sieur des Marez), ces affirmations ont rapidement été tenues pour fictives. Louis-Étienne Arcère, historien de La Rochelle, affirme que Jabob Tollé en est l’auteur. Depuis l’article de Jean Flouret, il est établi que l’auteur du Mutus Liber est Isaac Baulot.
Des auteurs disent que le Mutus Liber présente la démarche à suivre pour l’accomplissement du Grand œuvre dont le but est d’obtenir la pierre philosophale.
Des images illustrent le processus de la fabrication de la pierre philosophale : la rosée est recueillie au printemps, (entre bélier et taureau), descendue du ciel, fruit de l’air, de la lumière des étoiles et du soleil ; c’est une eau qui contient du feu. Cette matière, par assèchement, procure le sel qui fait fondre la matière première en libérant son énergie interne, l’ouvre comme disent les alchimistes, pour la rectifier, le rendre droite, alignée. La hache sur la pierre cubique à pointe représenterait cette fonction du sel de rosée.
L’anagramme de Visita Interiora Terræ, Rectificando Invenies Occultum Lapidem, Veram Medicinam,( (l’usage du V remplaçait le U),que l’on peut traduire par Visite l’Intérieur de la Terre, en rectifiant tu trouveras la pierre cachée, véritable médecine (qui est, bien sûr, la pierre philosophale),
Le vitriol est un minéral composé d’un sel acide et d’une terre sulfureuse ; il y en a quatre espèces, bleu, vert, blanc et rouge. Ce dernier est appelé colcothar naturel, ou chalcitis ; on tient que c’est un vitriol vert calciné par quelque feu souterrain ; il est le plus rare de tous les vitriols.
Quelques-uns des anciens chymistes, qui ont souvent exagéré dans leurs expressions en fait de remèdes, ont cru que ce nom était mystérieux et que chacune de ses lettres, faisait le commencement d’un mot, ce qui enseignerait le lieu où il faut chercher ce sel minéral, à savoir dans les mines qui sont les entrailles de la terre. On trouve ordinairement le vitriol proche des mines de métaux, quelquefois cristallisé naturellement mais, plus souvent, il est mêlé dans des terres et dans des marcassites, d’où il le faut retirer par la lessive, comme on retire le salpêtre.
On extrait du vitriol de certaines pierres nommées mâchefer, ou pierres d’arquebusade qu’on trouve dans les lieux où les potiers vont chercher l’argile. Quelquefois même cette argile ou terre grasse contient un peu de vitriol.
Dans la science minéralogique du XVIIe siècle, le vitriolum veneris représente Vénus. Sous cette forme, Vénus s’empare tellement du fer, qui est Mars, quand elle est en contact avec lui, qu’à la fin elle lui substitue son propre corps, faisant évanouir celui de Mars. Dans son Dernier testament, Basile Valentin signale les excellentes propriétés et les rares vertus du vitriol « Le Vitriol est un notable et important minéral auquel nul autre, dans la nature, ne saurait être comparé, et cela parce que le Vitriol se familiarise avec tous les métaux plus que toutes les autres choses…Vitriol, est seul suffisant pour en tirer et faire la bénite pierre, ce que nul autre au monde ne pourrait accomplir seul à son imitation». Plus loin, notre Adepte poursuit « je t’ai confié cette connaissance que l’on peut, de Mars et Vénus, faire un magnifique vitriol dans lequel les trois principes se rencontrent, lesquels servent souvent à l’enfantement et production de notre pierre. »
La réalisation alchimique du Grand Œuvre utilise des noms de divinités installées dans l’univers planétaire. Aussi nommé Lion Vert, Saturnie végétale, Lune, Mercure, Arsenic, Vinaigre très-aigre, Feu secret, Mercure des Philosophes, électre, Lune des Philosophes, Nostoc, Sel des Sages, crachat de Lune, Archée céleste, Beurre de terre, Graisse de rosée, flos coeli, Laiton, Orpiment,…
L’Ormus
Chez les Égyptiens, les pains correspondent à la Pierre de feu ou Mfkzt. Il faut plutôt les mettre en relation avec l’Ormus ou la pierre philosophale, qui transforme la matière vile en Or, donne la santé divine et ouvre l’accès vers l’autre monde…
Dans le livre des morts égyptien, on parle d’une étrange matière, associée à la guérison et même à la vie éternelle, ainsi qu’au monde de l’au-delà. Les incantations qui l’accompagnent, pratiquées uniquement par les Grands prêtres, sont toujours des opérations sur l’esprit et des manipulations Alchimiques faisant allusion au feu. Il faut préciser que cette substance est produite à partir de l’Or et qu’il existe très souvent une association à une mystérieuse matière minérale cristallisée, ayant des propriétés magiques et ressemblant à de la poudre blanche (Appelé aussi Ormus au Moyen âge). Sur les stèles, elle est représentée en offrande à Anubis (Prince du monde des morts), ou aux pharaons, sous forme d’un pain triangulaire (symbole du feu), pour leur assurer une longue vie quasi éternelle…La plus grande différence est que la Pierre philosophale sublime le métal pour produire de l’Or, alors que le Mfkzt est sublimé à partir de l’Or.
L’or que les Anunnaki auraient obtenu de la Terre, nous informent les registres sumériens, a été lové dans les hauteurs de l’atmosphère de leur planète en vue de sceller le trou d’ozone. Mais c’était simplement l’un des buts pour lesquels il était utilisé. Une partie de tout élément suspendu dans la stratosphère est certaine de retomber à la surface de la planète en tant que composante de la pluie. C’était le cas avec Nibiru. La «pluie dorée» de la planète a baigné les herbes, les plantes, l’herbe, les fruits et les cultures et l’or monoatomique dissous a donc été absorbé et retenu chimiquement.
Quand les Anunnaki se nourrissaient de ces fruits et de ces plantes et des animaux charnus qui se nourrissaient de la flore de la planète, ou quand ils (les Anunnaki) prenaient des herbes ou des produits naturels, ils absorbaient automatiquement l’or monoatomique, l’Ormus, qu’ils contenaient. De cette façon, leurs vies ont été prolongées pratiquement infiniment par l’Ormus, qui a des propriétés antivieillissement et est naturellement médicinal à travers chaque maladie. Cette substance serait donc enthéogène.
L’alchimie est un des domaines de l’Hermétisme
Le mot « hermès » (qui veut dire fondement), chez les Grecs, désignait une pierre cubique placée au carrefour des routes sur laquelle pouvait être posée la statue de tout dieu. Il en sortait un sexe en érection vers le haut. Cette pierre servait de « poteau indicateur » !
L’hermétisme est un aspect méconnu de la philosophie. L’hermétisme antique est un corpus doctrinal extrêmement riche et composite, sédimenté entre le IIe siècle avant J.C. et le Ve siècle après J.C., considéré comme une philosophie, une gnose, une mystique, voire une religion sans église. L’hermétisme est la transformation hellénistique du culte ésotérique d’Osiris, le dieu grec Hermès ayant été assimilé au Thot égyptien. Le terme d’hermétisme dérive de Hermès Trismégiste, le Trois fois Grand, dont les Quinze Traités du Corpus Hermeticum furent la pierre de fondation (traduit par Ficin à la Renaissance).
Ces traités couvraient les domaines de l’astrologie, de l’alchimie, de la théosophie et de la théurgie. à la fois Dieu grec, divinité égyptienne (Toth), médiateur entre ciel et terre, se confond avec Hermès Trismégiste (trois-fois-grand).
Parmi les grands maîtres de l’Ancienne Égypte, vécut un homme que les Maîtres considéraient comme le Maître des maîtres. On le connaissait sous le nom d’Hermès Trismégiste ; les auteurs les plus compétents le considèrent comme contemporain de Moïse voire comme Akhénaton.
Il était le père de la Sagesse Occulte, le fondateur de l’astrologie et de l’alchimie. On lui attribuera un ensemble de textes dont les célèbres Corpus Hermeticum et le codex alchimique la Table d’émeraude. Cette pensée de la métamorphose, qui cherche à réunir les dualismes dans la dualité, est un dépassement du principe d’identité d’Aristote (une chose est ce qu’elle est).
Les étudiants de la science hermétique dans l’Occident du Moyen-Âge trouvèrent dans la tradition égyptienne, romaine et grecque la base de leurs études et l’écrin de la tradition occulte. Cette tradition avait également transité par les juifs au travers du courant de la Kabbale, mais aussi au travers de l’Islam. L’hermétisme, l’alchimie et l’ésotérisme se rejoignent dans la considération que la réalisation philosophique et spirituelle, passant par des pratiques, engage la totalité de l’être. À côté de la tradition orale ou écrite, il y a transmission à travers ces pratiques de savoirs réservés aux initiés. La pensée hermétique est l’un des facteurs contribuant au mouvement de réforme de la philosophie (naturelle) et de la science (italienne) qui se répandent dans toute l’Europe.
Aux XIXe et XXe siècles également, les textes hermétiques sont restés l’un des facteurs qui ont façonné la pensée occidentale. Au XIXe siècle, de nouvelles sociétés hermétiques se sont formées, revendiquant une origine gréco-égyptienne (hellénistique). L’Ordre Hermétique de l’Aube Dorée (1887), par exemple, s’est inspiré de la pensée chrétienne-hermétique, de la Franc-maçonnerie et de la magie.
La philosophie de l’hermétisme récupère la part sensible, corporelle de l’être qui n’est pas rejetée comme dans le monisme spiritualiste de Guénon ; «posséder la vérité dans une âme et un corps» écrivait Rimbaud.
Pic de la Mirandole, Marsile Ficin, Jacob Böhme, les alchimistes, les théosophes s’apparentent à cette famille d’esprit.
L’essentiel de la doctrine hermétiste, telle qu’elle se constitua au cours de plusieurs siècles, est contenu dans un traité appelé Poimandrès ou Vision d’Hermès, qui fait partie du recueil Corpus Hermeticum. Ce dernier rassemble des textes rédigés, les uns en grec, les autres en latin. L’hermétisme, qui s’inspire notamment de la Bible juive dite des Septante, influencera à son tour de nombreux chrétiens gnostiques, ainsi que des penseurs soufis persans.
Ludovic Richer évoque l’hermétisme parmi les traditions ésotériques
«Comme l’alchimiste, le franc-maçon est un laboureur du ciel, il y cultive des fruits de lumière.»
Constant Chevillon n’a pas manqué de souligner l’analogie de la démarche maçonnique avec le Grand Œuvre. «Sur le plan matériel, c’est la transmutation des métaux vils en or, en d’autres termes, la découverte de la Pierre philosophale. Sur le plan animique, c’est la recherche d’un équilibre constant des forces vitales, la découverte de la panacée et de l’élixir de longue vie. Sur le plan spirituel, c’est la stabilisation de la conscience dans les hautes sphères intellectuelles, c’est la découverte de l’élixir de vie, ou, plutôt, d’immortalité. Ainsi le maçon est un alchimiste, mais dans ce dernier sens seulement. II ne travaille pas à la transmutation des métaux : son labeur quotidien consiste à perfectionner son humanité, à purifier, à développer sa conscience, pour en faire un feu vivifiant, un feu inextinguible».
La Franc-maçonnerie a intégré, dans l’interprétation des rituels et de ses symboles, des aspects spéculatifs de l’hermétisme, de la gnose et de l’alchimie en tant que savoirs mystériologiques. Dans la Constitution Maçonnique de Roberts, publiée en Angleterre en 1722 (et donc antérieure à celle d’Anderson, mais qui n’est que la codification d’anciens us et coutumes opératifs qui viennent du Moyen Âge, et qui seront développés par la suite dans la Maçonnerie spéculative), il est spécifiquement fait mention d’Hermès, dans la partie intitulée Histoire des Francs-maçons. En effet, il apparaît là dans la généalogie maçonnique sous ce nom, ainsi que sous celui de Grand Hermarmes, fils de Sem et petit-fils de Noé, qui trouva après le déluge les colonnes de pierre déjà citées où se trouvait inscrite la sagesse antédiluvienne (atlantique) et lut (déchiffra) sur l’une d’elles ce qu’il enseignerait plus tard aux hommes. (p. 6/11).
La Franc-maçonnerie considère le processus initiatique comme semblable à celui de l’Œuvre et ne manque pas d’en utiliser la symbolique pour suggérer le cheminement de la progression individuelle, vers un perfectionnement considéré comme la réalisation de la pierre philosophale dont le signe donné à voir est la rose ou le phénix.
L’initiation maçonnique et les symboles alchimiques sont d’une portée universelle. Certains francs-maçons, tels Jean-Marie Ragon ou Oswald Wirth, lient étroitement l’alchimie mystique et la maçonnerie ésotérique. Comme l’écrivait Fulcanelli dans Le Mystère des cathédrales : «Qu’est-ce que l’alchimie pour l’homme, sinon, très véritablement, issus d’un certain état d’âme qui relève de la grâce réelle et efficace, la recherche et l’éveil de la Vie secrètement assoupie sous l’épaisse enveloppe de l’être et la rude écorce des choses. Sur les deux plans universels, où siègent ensemble la matière et l’esprit, le processus est absolu, qui constitue en une permanente purification, jusqu’à la perfection ultime.»
Au point de vue alchimique, les trois premiers grades représentent la préparation de l’œuvre ; les travaux de l’apprenti figurant les travaux matériels, ceux du compagnon représentant la recherche du véritable philosophique et le grade de maître correspondant à la mise dans l’athanor du mercure philosophique et à production de la couleur noire, d’où doivent sortir les couleurs éclatantes. Les processus alchimiques et la mise en œuvre de leurs principes notamment en repérant trois tendances, ouverture et fermeture, exclusion ou tri et participation ou mélange, concentration et diffusion rappellent les processus maçonniques.
On ne peut écarter l’idée que la métaphore de la réalisation de l’œuvre, de la transformation du plomb en or, serait «une imitation de Jésus Christ qui par la passion, la crucifixion, la mise au tombeau, la résurrection, la transfiguration et l’ascension transforma l’homme Jésus en Dieu-Christ» (Marc Halevy, Les 33 marches maçonniques, éditions Oxus, 2019, p.32).
On approfondira avec intérêt la relation entre alchimie et Franc-maçonnerie sur le site Le miroir alchimique.
Nous avons déjà effleuré le sujet de l’alchimie sur le journal 450fm avec l’article Le cabinet de réflexion un athanor alchimique. Mais surtout, le journal 450fm a depuis longtemps fait une place sur ses colonnes à ce thème avec de nombreux articles dont voici quelques liens qui complèteront mon approche.
Le village d’Effock dans le département d’Oussouye organise cette année le « Bukut », rite initiatique chez les Diolas. Une première de son histoire depuis plus de 37 ans.
Cette expérience existentielle a regroupé des milliers d’enfants et de jeunes venus de tous les horizons, sous le regard attentif des anciens. Elle vise à bien les préparer afin qu’ils deviennent plus tard des adultes responsables et engagés dans leur communauté mais aussi à les ancrer davantage dans leur culture d’origine. En milieu Diola, tout jeune qui n’a pas fait le « Bukut » ne sera jamais considéré comme un véritable homme capable de gérer sa case.
Il y a quelques années encore, ce village d’Oussouye situé à quelques kilomètres du village d’Emaye dans la commune de Santhiaba Manjack ne sacrifiait pas au « bukut ». Effock est resté trente sept ans sans organiser le « Bukut ». En 2021, le Bayotte a vécu dans la ferveur de ce rite initiatique. En 2022, c’était autour de Balinghore dans le département de Bignona. Et en 2023, c’est Effock qui est à l’honneur. De ce fait, cette année restera historique pour ce village qui entre désormais dans l’histoire de la culture Diola.
Ainsi, depuis plus d’une semaine, les « ambaches » (initiés) sont dans la forêt à l’intérieur du bois sacré. Pendant ce temps, les invités continuent à rallier le village en attendant la sortie des nouveaux initiés.
Pour rejoindre le village d’Effock, il suffit en quittant Oussouye, la capitale du « Kassa », d’emprunter la route régionale en passant par le parc de la basse Casamance. En cette période d’hivernage, le trajet s’effectue avec un réel plaisir. Pas de stress, ni dépaysement car tout long du parcours on peut admirer de part et d’autre la beauté des forêts
luxuriantes, denses et touffues, toutes verdoyantes qui jalonnent les villages traversés. Par moment, on peut même se permettre de s’arrêter et de ramasser des fruits sauvages tombés à cause des fortes pluies. Les « madd » et « tool » très prisés par les femmes et les enfants sont à portée de mains. Un beau parcours qui s’offre aux visiteurs.
LES US ET COUTUMES TOUJOURS AU RENDEZ-VOUS
Le « Bukut » est un évènement à la fois festif et mystique. Cette année, les anciens ont accueilli à bras ouverts les jeunes pour franchir une étape importante vers la vie adulte. Durant cette retraite dans la forêt, les sages rivalisent d’ardeur dans les épreuves de force comme le tir de fusils. Certains pour démonter leur invulnérabilité tentent de déchirer les parties du corps à coup de couteaux ou de coupe-coupe.
Ce rite existe depuis des années avant même l’avènement de la colonisation. C’était la seule école de formation préparant le jeune casasais à prendre place dans la société. Outre l’apprentissage, le « Bukut » c’est aussi une occasion pour le diola de montrer à la face du monde la vitalité et la richesse de sa culture.
Présentation de l’éditeur : Après soixante ans de présence en franc-maçonnerie, l’auteur livre le fruit de sa réflexion personnelle, car la finalité de cette idéologie est rarement exposée publiquement. En écrivant ce livre, son intention est de « faire pénétrer » le lecteur dans l’idéal maçonnique, sans réserve et sans prosélytisme, dans un souci de vérité.
Pour lui, la franc-maçonnerie, c’est :
Une école où l’on respecte la liberté de penser de chacun, donc opposée aux sectes qui embrigadent.
Une école de perfectionnement de soi-même. Elle s’adresse plus à la personnalité qu’a l’intellect de l’individu. En effet, influencée par notre enseignement, celle-ci nous appartient-elle vraiment ? Apprendre à se remettre en cause et retrouver le véritable chemin qui mène à soi-même est une finalité essentielle de la franc-maçonnerie.
Une école d’affirmation de vraies valeurs, honnêteté, travail, respect de la parole donnée… à contre-courant de la tendance actuelle.
Une école d’échanges. Par respect de l’autre, en Loge, l’écoute est obligatoire, même s’il y a des différences d’opinion. Ainsi peut exister un dialogue vrai.
Une école où existe une chaleureuse fraternité, merveilleuse oasis presque trop protectrice à une époque où l’individualisme, le matérialisme et le pouvoir du numérique grandissent sans réserve, règne en maître.
François Deschatres a été médecin spécialisé en ophtalmologie. Il a eu de nombreuses fois des postes à responsabilité au niveau des loges. Il a participé à la création de plusieurs, à Paris aussi bien qu’en province.
[NDLR : Il est toujours intéressant de prendre connaissance de ce que nous pourrions appeler un livre d’une vie. L’Harmattan, éditeur de l’ouvrage, précise, en première de couverture, qu’il s’agit d’une nouvelle édition. Effectivement, l’ancienne date a priori de début 2013 puis réédité en juin 2014.
Épuisé, le livre confession de notre bon docteur méritait une nouvelle édition. C’est fait. Et préfacé par Jean-Jacques Jordi qui, d’entrée, annonce la cohérence de l’ouvrage.
Le plus de cet auteur, sans doute lié à sa profession, car médecin ophtalmologue, est d’avoir le compas dans l’œil, une expression signifiant que François Deschatres possède un excellent sens de l’estimation des distances, des proportions ou des dimensions et une vision profonde sur son regard sur l’art royal… Certes oui, mais concernant les effectifs des obédiences composant le paysage maçonnique français ceux-ci semblent dater de 2010… Un sujet abordé dans le dernier chapitre En pratique et la présentation de la « Structure administrative de la franc-maçonnerie »…
Ce que maçon limougeaud souhaite partager à travers ses écrits est tout simplement son idéal humaniste qui guide sa vie depuis 60 ans. Il va aussi à l’encontre de toutes les idées reçues et présente ce qu’est l’esprit maçonnique et sa finalité.
Un ouvrage réservé aux maçons. Que nenni ! Ceux qui sont encore à la porte du Temple, si tant est qu’ils veulent la pousser, découvrirons le vrai visage de la maçonnerie en France.
De son beau-père maçon, l’auteur avoue humblement que ce qu’il disait le passionnait. Alors, prédisposé à se faire initier, non, mais curieux de nature, oui ! François Deschatres croît avant tout en l’Homme, en l’universalisme et rappelle, fort à propos, qu’il n’est pas forcément nécessaire de croire en Dieu pour franchir le pas et devenir un homme de lumière…
Il répond ainsi aux questions que certains peuvent se poser une interrogation fondamentale, pourquoi entre-t-on en franc-maçonnerie ? Que peut-on y trouver ?
Après quelques indications préalables pour le lecteur du style « la franc-maçonnerie est une association régulière déclarée au registre des associations » et que sa finalité est d’apporter du bonheur aux êtres humains, l’auteur nous dresse un bref rappel historique de la franc-maçonnerie. Du dix-huitième siècle, il retient son apparition en Angleterre, la fondation du Grand Orient en 1773, héritier de la première Grande Loge de France, du XIXe siècle, il rappelle les querelles idéologiques entre le Grand Orient et le Suprêmes Conseil de France. Il nous parle d’une maçonnerie qui traversa le siècle, du Premier et Second Empire, pour, dans son dernier quart, abandonner la référence au Grand Architecte de l’Univers, créer la première obédience mixte, LE DROIT HUMAIN.
Du siècle dernier, François Deschatres jette un œil bien particulier sur l’obédience qui devint Grande Loge nationale françaises » (GLNF) en 1948 et de ‘’tacler’’ la Grande Loge unie d’Angleterre, cette dernière « prétendant être la seule obédience régulière puisqu’elle était à l’origine de la franc-maçonnerie ». Deux chapitres retiennent notre attention, celui sur la notion de spiritualité laïque et celui concernant la fraternité.
La spiritualité laïque fait toujours l’objet de nombreux débats. Pour certains même, il s’agit d’un oxymore. Il définit ce qu’est l’esprit, rappelle les différences entre spiritualité et religion en donne le pourquoi du comment et aborde le concept de sacré laïc. Une originalité de la franc-maçonnerie selon lui. N’hésitant pas à citer quelques exemples en traitant de la nature de la franc-maçonnerie – secte, religion, association à but caritatif, cercle philosophique ou encore une école ? Il déroule son idée sur la question quant à la vraie finalité de confrérie.
Pour lui, l’art royal doit servir à modeler un être différent. Il parcoure les valeurs qu’elle pourrait enseigner et les bienfaits – ordo ab chao ? – qu’elle apport à ceux qui ont décidé de recevoir la lumière. Tels que maîtriser ses passions, être tolérant, respecter la liberté de penser, être un homme de dialogue mais surtout mettre la valeur ‘’homme’’ au-dessus de toute autre valeur.
Il faut aussi porter attention à l’autre, ce qui pourrait s’appeler être bienveillant, resté attaché à la tradition et pouvoir acquérir un supplément de sagesse.
L’auteur considère qu’il était de son devoir d’aborder la question du secret maçonnique qui, pour lui, n’en est pas un. L’ouvrage s’achève en abordant à la fois la maçonnerie bleue, celles aussi des ateliers supérieurs, mais surtout ouvrir des champs vers le futur de la franc-maçonnerie
À l’avenir, les risques ne seraient-ils pas trop de matérialité, trop de spiritualité, trop de hiérarchisation, trop de conservatisme, trop de recrutement excessif, trop d’affairisme, etc.
Janus, dieu romain des commencements et des fins, des choix, du passage et des portes. Il est bifrons et représenté avec une face tournée vers le passé, l’autre sur l’avenir.
Il nous confie d’ailleurs que la franc-maçonnerie est perçue par certains comme un réseau, facilitateur de carrière ou d’accessibilité au pouvoir. Évoquant aussi les mauvais élèves, si ce n’est les brebis galeuses, il note qu’ils sont, malgré cette réalité et fort heureusement, minoritaires. Dans son sous-chapitre L’affairisme, il déclare, sans la nommer, qu’« il y a bien eu un malaise dans une obédience française. […] La pesanteur excessive de la hiérarchie calquée sur la Grande Loge Unie d’Angleterre ne correspond plus à l’esprit maçonnique moderne épris de liberté. Cela a aggravé le problème ». Et qu’« il arrive que des obédiences souffrent de l’affairisme. Toutefois, il s’y trouve toujours des gens sincères pour réagir ».
Mais il nous parle d’espoir. Justifiant ainsi pleinement son sous-titre ! Et de nous rappeler aussi que les jeunes sont toujours en quête d’un idéal et plus encore d’enrichissement personnel. Et en recherche de fraternité.
Dans son propos conclusif, l’auteur nous rappelle que la franc-maçonnerie est une école de l’espoir : « on y apprend à tirer des leçons de ses échecs et de ses erreurs passées pour en faire son bénéfice. »]
Les francs-maçons-Des inconditionnels de l’espoir
François Deschatres – Préface de Jean-Jacques Jordi
L’Harmattan, 2023, nvlle éd., 184 pages, 20 € – version numérique 14,99 € Pour commander l’ouvrage. ISBN : 978-2-14-034552-4
Elle a joué un rôle essentiel dans le développement et la diffusion des connaissances scientifiques depuis sa fondation en 1660. Cet article se concentre sur l’évolution et les réalisations de la Société au début du 18e siècle, une époque d’exploration scientifique et d’innovation qui progressait rapidement.
Nous examinerons les personnalités clés, leurs contributions et l’impact de la Société sur la science au cours de cette période de transformation, ainsi que les défis et les controverses qui ont influencé son développement.
La Royal Society à la fin du XVIIe siècle : mise en scène
LE ROI CHARLES II – IMAGE LIÉE : WIKIMEDIA ATTRIBUTION 4.0 INTERNATIONAL (CC BY 4.0)
Un bref aperçu de la fondation et des premières années de la Société
Fondée en 1660, la Royal Society a été créée en tant qu’institution scientifique indépendante visant à promouvoir la connaissance et la découverte scientifiques.
Formellement connue sous le nom de « The Royal Society of London for Improving Natural Knowledge », elle a reçu une charte royale du roi Charles II en 1662.
Au cours de son histoire, la Société a acquis la réputation de devenir une force de premier plan dans la communauté scientifique, attirant d’éminents scientifiques, philosophes et autres intellectuels.
Chiffres clés et découvertes de la fin du XVIIe siècle
Au cours de ses premières années, la Royal Society comptait certaines des personnalités scientifiques les plus importantes, telles que Isaac Newton, Robert Boyle et Robert Hooke . Leurs travaux ont jeté les bases de découvertes et d’avancées futures dans divers domaines scientifiques, notamment la physique, la chimie et la biologie.
Les principales innovations de cette période comprennent les lois du mouvement de Newton et sa théorie de la gravité, la loi de Boyle et les recherches pionnières de Hooke en microscopie.
État de la société au tournant du XVIIIe siècle
À l’aube du XVIIIe siècle, la Royal Society s’était imposée comme une institution de premier plan, promouvant la recherche scientifique et favorisant l’échange d’idées à l’intérieur et au-delà des îles britanniques.
Néanmoins, la Société a dû faire face à des défis, notamment des contraintes financières, des rivalités et des conflits internes. Avec de nouveaux membres et des découvertes révolutionnaires, le début du XVIIIe siècle verra la croissance et l’influence continues de la Royal Society.
Personnages clés de la Royal Society au début du XVIIIe siècle
Membres éminents et leurs contributions
Le début du 18e siècle a vu la montée en puissance de scientifiques notables au sein de la Royal Society, notamment Edmond Halley , John Hadley et William Herschel .
Halley, un astronome pionnier, a prédit le retour de la comète qui porte désormais son nom, la comète de Halley .
John Hadley, inventeur et mathématicien, a contribué au développement des instruments de navigation.
William Herschel, un astronome d’origine allemande, a découvert la planète Uranus, élargissant notre compréhension du système solaire.
Ces éminents scientifiques ont non seulement apporté des contributions significatives à leurs domaines respectifs, mais ont également joué un rôle essentiel en influençant l’orientation de la Royal Society en tant qu’institution.
Leurs réalisations scientifiques et leur réputation prestigieuse ont contribué à affirmer la légitimité et l’impact de la Société sur la communauté scientifique mondiale.
Découvertes et contributions scientifiques majeures
Principaux domaines d’études au début du XVIIIe siècle : Au début du XVIIIe siècle, de nombreuses disciplines scientifiques ont été inventées ou raffinées, de l’astronomie à la chimie et de la biologie à la géologie. La Royal Society a joué un rôle essentiel dans la promotion de ces domaines et idées émergents.
Découvertes et percées clés : de nombreuses découvertes révolutionnaires ont eu lieu au cours de ces années, principalement grâce aux membres de la Royal Society.
Certaines de ces réalisations incluent la détermination des propriétés des gaz ( Daniel Bernoulli ), le calcul de la vitesse de la lumière ( Ole Rømer ) et le développement du premier vaccin ( Edward Jenner ).
Impact des découvertes sur la communauté scientifique élargie et la société : Ces découvertes du début du XVIIIe siècle ont non seulement transformé la pensée scientifique, mais ont également eu des implications sociétales importantes, façonnant notre perception moderne du monde et de ses lois.
Les progrès réalisés dans divers domaines ont alimenté l’intérêt pour la recherche scientifique, créant un terrain fertile pour de nouvelles explorations et innovations.
Défis et controverses
Conflits et controverses internes : Tout au long de son histoire, la Royal Society a été confrontée à de nombreux conflits et controverses internes, dont certains concernent des rivalités compétitives entre scientifiques, des désaccords sur les méthodologies de recherche ou des débats concernant la structure et la gouvernance de l’organisation.
Défis externes, pressions politiques et sociales : La Royal Society a également été confrontée à des défis externes, tels que des pressions politiques et sociales, qui ont entravé ou influencé ses efforts. Des facteurs tels que les tensions religieuses ou les bouleversements politiques ont souvent affecté le fonctionnement et la réputation de la Société.
Comment les défis ont façonné le développement de la Société : La manière dont la Royal Society a relevé ces défis a contribué à définir son caractère, son approche et sa résilience en tant qu’institution engagée à faire progresser les connaissances et la recherche scientifiques.
Influence et héritage de la Royal Society au XVIIIe siècle
Impact de la société sur la communauté scientifique et la société au sens large : Tout au long du XVIIIe siècle, la Royal Society a continué à favoriser les progrès et à s’imposer comme la principale plate-forme du discours scientifique.
Son influence sur la communauté scientifique et la société au sens large était indéniable, car elle façonnait les politiques, finançait la recherche et établissait la norme en matière de rigueur scientifique et de coopération.
Héritage de l’implication de la Société au XVIIIe siècle dans la science moderne : Les travaux de la Royal Society au début du XVIIIe siècle ont non seulement jeté les bases de nombreux concepts et disciplines scientifiques modernes, mais ont également laissé une marque indélébile sur la nature et la culture de la recherche scientifique.
De nombreux principes et valeurs établis à cette époque, tels que l’importance de l’observation systématique, de l’expérimentation et de l’examen par les pairs, continuent de guider les efforts scientifiques à ce jour.
Rôle de la Société dans la formation de l’avenir de la recherche scientifique : Le rôle intégral de la Royal Society dans le paysage scientifique au début du XVIIIe siècle a préfiguré son importance continue dans la communauté scientifique mondiale, fournissant un soutien, une collaboration et des conseils essentiels à des générations de chercheurs.
En conclusion
Le début du XVIIIe siècle a marqué une période de transformation pour la Royal Society, grâce aux contributions de ses membres distingués et à des découvertes scientifiques révolutionnaires.
Malgré de nombreux défis, la Société a persisté à promouvoir et à façonner l’avenir de la recherche scientifique.
L’héritage durable du travail de la Royal Society pendant cette période peut être vu dans le paysage scientifique moderne, car il continue d’inspirer, de guider et de conduire la poursuite de la connaissance pour le bien de l’humanité.
L’objectif fondamental de la Société, reflété dans ses chartes fondatrices des années 1660, est de reconnaître, promouvoir et soutenir l’excellence scientifique et d’encourager le développement et l’utilisation de la science au profit de l’humanité.
La Société a joué un rôle dans certaines des découvertes les plus fondamentales, les plus importantes et les plus marquantes de l’histoire scientifique et les scientifiques de la Royal Society continuent d’apporter des contributions exceptionnelles à la science dans de nombreux domaines de recherche.
Quelle est la finalité de la démarche maçonnique ? C’est la question que je me suis posée dès mon initiation en apprenant mon « devoir de silence » sur les colonnes, pendant mon noviciat. Puis, ayant remarqué dans le miroir avec amusement que mes deux oreilles, comme tout un chacun, étaient en forme stylisée de point d’interrogation, j’en ai déduit que je devais commencer par écouter les échanges de mes frères et sœurs. Pour les comprendre et me comprendre. Pour faire ma connaissance et co-naissance ! Puis ouvrir le chemin initiatique devant moi, en avançant. Parce que l’initiation est un long parcours.
Aujourd’hui, après mes nombreuses années de marche, je le constate : Penser, évaluer, communiquer, interagir avec les autres, affine raisonnements, jugements, langages et attitudes. L’homme-maçon que je suis n’est plus de la sorte taraudé par le sempiternel « QUI suis-je ? ». Se dégager de cet autocentrisme, c’est enfin accéder au « QUE Suis-je ? ».
Autrement dit, c’est non seulement découvrir mon identité, mais en passant du Moi social au Soi profond – cet espace intime que nous nommons notre « temple intérieur » – c’est trouver ma place dans la société des Hommes. En tant qu’être inscrit dans un récit, familial, amical, professionnel, associatif. Pas uniquement pour conquérir une position sociale ou maçonnique, mais aussi et surtout pour bénéficier d’un « espace de contentement » privé, où je peux me sentir heureux, et d’où je peux rendre heureux mon entourage. Dans la reconnaissance et considération mutuelles, aimer et être aimé.
Notre épanouissement dépend de cette harmonie qui est elle-même stimulante, engageante à entreprendre et croître. L’ambition n’est pas un défaut quand il s’agit d’augmenter notre « puissance d’être », d’élargir notre esprit, de découvrir et de créer en bonne compagnie. Bref, de mieux être pour mieux vivre, de mieux échanger pour mieux partager.
Ainsi pour le franc-maçon, la franc-maçonne, friand (e) de symbolisme, tailler sa pierre, ne consiste pas à y sculpter un personnage artificiel, mais – c’est bien différent – à s’extraire soi-même de cette gangue socio-culturelle ambiante qui au gré des tendances et modes, l’emprisonne. Et partant du précepte socratique « Connais-toi toi-même », il, elle rejoint celui de Pindare « Deviens ce que tu es ». Cette naissance de soi, c’est bien le sens de l’initiation : L’Homme rendu à lui-même ! Libre !
Le fait de penser et communiquer, de choisir et de décider, produit des attitudes et des comportements uniques sans équivalents dans le règne animal. L’immense majorité des êtres humains ne vit plus vraiment au sein de la nature, mais dans un milieu culturel, social, technique et économique, forgé au fil des générations. La qualification de « sapiens » attribuée par l’anthropologie à cet « Homme évolutif » est fondée en termes de connaissances, d’acquisitions et d’applications de son intelligence, mais ne fait pas de lui le « sage » annoncé. Il a les défauts de ses qualités. Entre autres, curiosité, volonté, courage, orgueil, sont autant d’adjectifs qui peuvent engendrer intrépidité, entêtement, imprudence, vanité.
Son intelligence « faussée » est alors à même de créer un ego boursoufflé dont la surdimension entraîne le fameux « hubris », terme qui chez les Grecs anciens désignait la démesure. Il est ainsi loisible de constater que le rêve d’Icare – ce désir chimérique de voler et de surplomber comme l’oiseau – habite toujours son inconscient. La dernière tour construite à Dubaï qui culmine a plus de mille mètres, confirme cette inquiétante et, au vrai, inutile « grandiosité ».
La démarche maçonnique qui permet de conjuguer nature et culture, nous ramène à l’humilité. Nous venons de l’humus et y retournerons. S’il ne nous est pas possible modifier notre programme génétique nous pouvons changer de regard sur le monde. Et rectifier si besoin notre comportement. Nous ne serions plus vraiment humains sans désirs, sans projets, sans la main sur le cœur et le cœur sur la main. Mais comme nous ne sommes pas parfaits – et tant mieux – nous aurons toujours des obstacles à franchir, quelque défi à relever, quelque peur à dompter, une adversité à vaincre. Le Mal est la doublure du manteau du Bien. Ce sont les difficultés surmontées qui fondent nos valeurs existentielles. Le franc-maçon, la franc-maçonne savent qu’ils ont besoin du désordre pour bâtir l’ordre. C’est des oscillations du fil à plomb que vient sa parfaite fixité. Et des lapsus dans nos discours qui en font la vérité. Il s’agit de se respecter et de respecter les autres, en leur assurant solidarité et générosité. Aider quelqu’un à se relever, c’est s’élever soi- même. L’Homme debout vaut un gratte-ciel.