De notre confrère fsspx.news – Sources : Katholisch.de/Europa Press
Plus de sept siècles après la dissolution de l’Ordre, une association espagnole qui se revendique comme l’héritière des Templiers a décidé de saisir la justice et de réclamer au Saint-Siège des dommages et intérêts.
L’affaire a de quoi faire sourire. Pourtant, c’est avec sérieux et gravité que l’association de l’Ordre souverain du Temple du Christ a déposé une plainte conte le Vatican devant les tribunaux espagnols. En cause : la bulle pontificale signée en 1312 par le pape Clément V afin de dissoudre l’Ordre des Templiers, qui n’aurait selon eux aucune valeur en droit.
Pour les plaignants, leurs lointains aïeux auraient été condamnés à l’issue d’un procès « infamant qui n’a pas apporté l’ombre d’une preuve », menant à l’arrestation de « 15 300 chevaliers, dont 650 ont été assassinés, parmi eux le Grand Maître Jacques de Molay, brûlé vif le 18 mars 1314 ».
L’Ordre souverain du Temple du Christ réclame donc auprès de la justice espagnole non seulement une réhabilitation des Templiers du Moyen Age, mais aussi une compensation financière pour la saisie de leurs biens qui ont été remis « pour une grande partie » à l’Ordre de Malte, soulignent-ils.
Actuellement en train d’appliquer une réforme constitutionnelle de leur Ordre imposée par Rome dans la douleur et les grincements de dents, les chevaliers de Malte ont probablement autre chose à faire que de considérer la plainte de leurs confrères espagnols.
Difficile d’en vouloir aux plaignants : après tout, ces derniers ne font que tenter leur chance et n’ont rien à perdre dans cette course à la repentance dans laquelle de nombreux membres de la hiérarchie de l’Eglise se sont aventurés depuis plusieurs décennies.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que les Templiers demandent leur réhabilitation au Vatican : en 2005, 2006 et 2007, sous le pontificat de Benoît XVI, la même association espagnole avait déjà porté plainte contre le Saint-Siège, en vain. Peut-être pensent-ils avoir plus de chance d’être entendus par le pontife argentin qui a fait de « écouter et comprendre » les maîtres mots de son projet synodal.
Mais ce n’est pas tout, car l’association espagnole a d’autres revendications : pouvoir ériger canoniquement des lieux de culte, récupérer les archives vaticanes touchant aux Templiers, et faire reconnaître le martyr des frères exécutés au moment de la liquidation de l’Ordre.
Enfin, nos Templiers du XXIe siècle se verraient bien confier une mission par le Saint-Siège : celle d’un corps d’armée pouvant intervenir dans des conflits religieux et servir de médiateur entre les parties opposées. Cela tombe bien, il y a du travail pour eux dans la bande de Gaza…
De notre confrère ayibopost.com – Par JUNIOR LEGRAND et WETHZER PIERCIN
Plusieurs raisons motivent leur choix dont, notamment, l’insécurité grandissante, une quête de protection contre le mal et la possibilité de se prémunir contre les maladies dites surnaturelles.
Johnson Jean-Pierre ne s’était pas toujours intéressé aux sociétés ésotériques, ces groupes mystiques qui se consacrent à la pratique et à la transmission de connaissances réservées aux initiés.
Élevé dans la religion protestante par des parents conservateurs, un tel choix serait perçu comme un affront par ces derniers.
Mais un jour, un des professeurs de Jean-Pierre à l’école de droit et des sciences économiques des Gonaïves (EDSEG) tombe grièvement malade. Il était dit que ce dernier était victime d’une fulgurante attaque mystique.
C’est à ce moment que Jean-Pierre, ayant fraîchement prêté serment pour devenir fondé de pouvoir, s’est dit que pour mener à bien son métier d’avocat, il lui fallait une protection, afin d’éviter que pareil malheur ne lui arrive.
En 2021, le jeune avocat intègre la secte Métalogie, une secte mystique qui se veut être l’étude du sacré, ayant vu le jour en Haïti en 2013.
Logo de la Métalogie.
Ces dernières années, de plus en plus de jeunes s’initient dans des sociétés ésotériques. Plusieurs raisons motivent leur choix dont, notamment, l’insécurité grandissante, une quête de protection contre le mal et la possibilité de se prémunir contre les maladies dites surnaturelles, selon deux leaders spirituels et quatre jeunes initiés de quatre sectes mystiques différentes contactés par AyiboPost.
Jean-Pierre est originaire de Petite-Rivière de l’Artibonite. Protestant depuis qu’il était plus jeune, il a dû faire face au mécontentement de ses parents lorsqu’il a décidé de s’initier à la Métalogie en novembre 2021.
«Dans ce pays, à cause de la méchanceté des gens, avoir la connaissance académique ne suffit pas pour exceller», explique-t-il à AyiboPost. «Il faut s’octroyer une protection mystique», ajoute-t-il.
Basée à Marchand Dessalines, la Métalogie compte aujourd’hui près de huit académies, réparties un peu partout à travers le pays. Celle de Port-au-Prince compte jusqu’à 80 membres.
Ces académies sont ouvertes aux jeunes filles et garçons à partir de dix-huit ans.
Si au départ Jean-Pierre a intégré cette secte afin de se protéger contre les forces du mal, il affirme pourtant qu’il n’a pas tardé à modifier ses objectifs initiaux, vu les opportunités d’apprentissage qui lui ont été offertes.
«Au-delà de la protection contre le mal, il y a la paix intérieure que procure la spiritualité, à travers la méditation. Et aussi une meilleure connaissance de soi. Un meilleur rapport à soi et à l’autre. C’est très important pour moi », fait savoir le jeune avocat.
Marche de victoire de la Métalogie organisée chaque 16 novembre pour remercier le Grand Architecte.
En 2008, lorsque la sœur de Dierry Jeudy a été retrouvée, foudroyée par la folie, sous le pont Morin à Turgeau, sa famille conclut sans pronostic médical que la jeune fille a été victime d’une attaque mystique.
Plus tard, ce sera une autre de ses sœurs qui tombera en syncope plusieurs fois sur ses feuilles d’examens lors des évaluations officielles ou sa mère clouée au lit des suites d’une maladie grave et son père, victime d’un «lanmen monte», qui fermeront le cercle des persécutions qualifiées de mystiques dirigées contre la famille Jeudi par les «malfaiteurs» du quartier de Bourdon où elle élisait domicile.
Voulant trouver un moyen de mettre fin à ce qu’il qualifie de «cycle impitoyable de vengeance mystique», le jeune Dierry Jeudy ne voyait d’autres options que de se faire initier à la franc-maçonnerie.
Ayant des racines historiques remontant au Moyen-Age, la Franc-maçonnerie, organisée en obédiences, est, entre autres, une institution philosophique et philanthropique qui prodigue un enseignement progressif à l’aide de symboles et de rituels, implantée en Haïti dans le courant du 19e siècle.
«C’est en cherchant à parer les coups dirigés contre ma famille que j’ai commencé à explorer les premiers linéaments du domaine mystique», explique Jeudi à AyiboPost.
Grand buveur, le père de Jeudy prenait souvent part à des parties de hasards ou de dominos sur son quartier.
Selon Jeudy qui a étudié les sciences du développement au centre de formation professionnelle d’Haïti, son père a dû attirer la foudre des gens du quartier sur sa famille en leur traitant de propos que ces derniers ont dû trouver humiliants.
En 2017, Jeudy décide de se faire franc-maçon. «Depuis lors, les persécutions mystiques dont ma famille était victime ne sont plus que de pâles souvenirs», dit-il à AyiboPost.
Les sectes mystiques voient leurs admissions exploser. «Ces cinq dernières années, trois personnes sur cinq que nous avons initiées se trouvent dans la fourchette de 21 à 35 ans», déclare Dierry Jeudy.
Élie Laurent Andral avait 21 ans lorsqu’il a poussé les portes de l’École Kabbale de Moshe d’Haïti (Ecamoh), l’une des branches de la tradition mystique echo cosmique (T-MEC) en 2020.
Trois années plus tard, le jeune homme s’est hissé au grade de «Hiérophante», l’équivalent du vénérable dans les autres loges présentes en Haïti.
«Je voulais trouver des réponses aux questions et grands mystères qui peuplent le monde et la vie», dit-il à AyiboPost.
L’École Kabbale de Moshe est l’un des quatorze temples qui composent la tradition mystique echo cosmique. Elle compte plusieurs dizaines d’adeptes, notamment dans la région métropolitaine.
Cette organisation mystique, implantée en 2019 en Haïti par le Comte de Sabatha, kabbaliste, tend vers un travail sur l’âme pour transformer la matière.
«Notre confrérie compte un nombre croissant de jeunes, soit près de 70 %», révèle Sabatha à AyiboPost.
De plus, poursuit-il, plusieurs de nos temples mystiques ont pour vénérables des jeunes de 23 ou 26 ans.
D’après Andral, l’une des raisons qui expliquent la présence croissante de ces jeunes dans la confrérie est la façon dont celle-ci s’offre au public ainsi que sa philosophie libérale qui laisse le champ libre aux jeunes qui peuvent, notamment, se faire initier dès l’âge de 21 ans.
En 2023, l’école Kabbale de Moshe d’Haïti compte déjà près d’une dizaine de promotions et elle dispose d’une véritable structure académique, comme les écoles classiques.
Des frais d’admissions de 7 500 gourdes, et 2 875 gourdes de mensualités pour le premier grade sont parmi les exigences faites pour y rentrer.
D’autres sectes mystiques aux origines lointaines comme le Reiki attirent les jeunes. Cette secte comporte une méthode de guérison non conventionnelle d’origine japonaise, fondée sur des soins dits énergétiques par «imposition des mains».
Implanté en Haïti le 14 mai 2018, date à laquelle eût lieu la pose de la première pierre de son temple, le Reiki apprend aux initiés à canaliser l’énergie universelle de guérison et de vie dans le but de se guérir ou de guérir les autres.
Vanessa, surnommée mystiquement «Mère Freda», est une jeune femme qui a intégré le Reiki en 2021 à l’âge de 25 ans, après avoir travaillé dans l’administration de l’institution pendant trois semaines.
«Mes parents n’ont pas apprécié que j’y rentre. Mais après la guérison miraculeuse de ma sœur en 2019, grabataire depuis 2014, après trois séances de Reiki, je me suis inscrite», explique la jeune femme.
Vanessa vit actuellement au Canada, mais elle prend toujours part aux séances de Reiki à travers des applications de réunion en ligne.
Aujourd’hui, selon Vanessa, la communauté réikienne, répartie un peu partout à travers le monde, compte plus de 500 initiés et le nombre de jeunes qui en font partie, notamment en Haïti, est considérable.
«Notre communauté haïtienne est assez jeune, soit à près de 95 %», souligne Vanessa. «Il m’est possible de compter sur les doigts le nombre d’initiés qui avancent en âge», ajoute-t-elle.
Mes parents n’ont pas apprécié que j’y rentre. Mais après la guérison miraculeuse de ma sœur en 2019, grabataire depuis 2014, après trois séances de Reiki, je me suis inscrite
Vénérable de l’académie de Métalogie de Port-au-Prince comptant près de 80 jeunes, Fabien Garil Poliscar reconnaît l’engouement de la jeune génération pour la spiritualité et les sectes mystiques de nos jours. Même si pour lui, ce n’est pas un phénomène tout à fait nouveau.
Marche de victoire de la Métalogie organisée chaque 16 novembre pour remercier le Grand Architecte.
«Avant, c’étaient les personnes plus âgées qui s’intéressaient à ça. De plus, il y avait trop de restrictions, pour l’âge par exemple. Cela cassait l’enthousiasme des plus jeunes», explique-t-il à AyiboPost.
Mais, poursuit le vénérable, depuis 2010, avec l’arrivée de nouvelles confessions plus ouvertes et plus libérales, de plus en plus de jeunes haïtiens intègrent les sectes.
Pratiquer la bibliomancie, qu’est-ce que ça veut dire ? Découvrez ce que cet art divinatoire peut vous apporter dans votre vie. Rassurez-vous, cette pratique est facile à mettre en place !
La bibliomancie fait partie des arts divinatoires qui peuvent vous aider au quotidien, à l’instar de la radiesthésie, l’astrologie et la cartomancie. Si vous avez besoin d’une réponse à vos questionnements, munissez-vous d’un livre, tout simplement ! On vous dit tout sur la bibliomancie et ses secrets…
D’où vient la bibliomancie ?
La définition de la bibliomancie est, selon le dictionnaire, « une pratique divinatoire qui consiste à ouvrir les pages d’un livre pour découvrir du texte au hasard et ainsi faire une prédiction sur l’avenir ».
Si cet art divinatoire se fait connaître au 19ème siècle, on sait que le prêtre John Wesley faisait l’usage de la bibliomancie dès le 18ème siècle. Notons que les Sortes Sanctorum (sorts des saints pratiqués dans la religion chrétienne) et le Fal (bonne parole des musulmans de Perse) sont des techniques proches de la bibliomancie.
Quand pratiquer la bibliomancie ?
La bibliomancie est l’une des pratiques divinatoires les plus faciles à mettre en place. Il vous suffit d’un livre et c’est tout ! Vous pouvez pratiquer la bibliomancie quand vous le voulez mais en choisissant un moment précis, comme un jour de Nouvelle Lune ou une heure miroir, vous mettez toutes les chances de votre côté pour obtenir des réponses limpides.
Comment pratiquer la bibliomancie ?
Parmi les différents livres à votre disposition, choisissez un bouquin qui vous correspond. Il peut s’agit d’un livre au hasard, comme un dictionnaire ou « Michel Strogoff » de Jules Verne, par exemple, mais cela peut aussi être des textes sacrés. Bien entendu, vous ne devez pas nécessairement utiliser un livre saint.
La bibliomancie, étape par étape pour les débutants
Lorsque vous avez choisi votre livre, placez-vous dans un endroit calme où personne ne pourra vous déranger.
Commencez votre pratique de la divination en fermant les yeux et en vous posant une question. Cela peut être « Est-ce que je vais trouver du travail ? » ou « Pourquoi je n’ai toujours pas trouvé l’amour ? », par exemple.
Ensuite, ouvrez votre livre au hasard et mettez le doigt sur un des paragraphes de la page. Les quelques lignes qui se trouvent sous votre regard vous révèleront leur mystère grâce à votre intuition.
De notre confrère strasbourg.eu – Par Véronique Kolb – Photos Elyxandro Cegarra
Les étudiants du cursus strasbourgeois profitent désormais de 55 nouveaux logements dans les locaux historiques de l’institution.
Vétustes, plus aux normes, trop petits… les locaux des Compagnons du devoir, situés depuis 1978 dans le quartier Gare (ateliers, administration et hébergement) avaient bien besoin de renouveau. Le projet s’est fait en deux phases, avec l’ouverture, le 9 juin dernier, du nouveau centre de formation à l’entrée de Koenigshoffen. Le 15 novembre, c’est l’extension du bâtiment principal, composé d’espaces communs et de logements, qui a été inaugurée sur le site historique, au 2 rue de Wasselonne.
« C’est un bonheur, confie Marine, compagnonne tailleur de pierre, surtout du point de vue de l’isolation. Les conditions sont idéales pour travailler sereinement. » C’était tout l’objectif de travaux qui, confiés à CDC Habitat et au cabinet d’architecture Ajeance, auront été réalisés dans des délais très courts, 22 mois seulement.
Bâtiment écologique
D’un coût de 4,2 millions d’euros, financés par un large consortium de partenaires parmi lesquels l’Etat, la Collectivité européenne d’Alsace, la Région Grand Est, la CAF et l’Eurométropole, le chantier a permis la réalisation de 55 logements T1 et T1 bis sur six étages et 1500 m². De quoi accueillir une centaine d’étudiants supplémentaires.
Le nouveau bâtiment, qui ne passe pas inaperçu dans le quartier, est par ailleurs, passif sur le plan énergétique et coche de nombreuses cases en matière de protection de l’environnement : structure mixte béton et ossature bois, façade en bardage métallique, raccordement à un réseau de chaleur urbain, ventilation double flux, menuiserie triple vitrage et brise soleil orientable, isolant en matériaux recyclés…
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✨ De la jeunesse au sein des loges, en passant par les défis liés à l’achat de grades et à l’utilisation des symboles, Kenley Talmer propose un regard sans filtre sur la franc-maçonnerie, ses pratiques et sa mystique.
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Dans l’Aveyron, en région Occitanie, les villages de La Cavalerie, La Couvertoirade et Sainte-Eulalie-de-Cernon sont significatifs pour leur association historique avec les Templiers.
Comtes du Rouergue (anciens)/Comtes de Toulouse blasonnant ‘’De gueules, à la croix vidée, cléchée et pommetée d’or qui est de Toulouse’’
Blason actuel de l’Aveyron
Ces sites ont été magnifiquement restaurés et préservés, reflétant leur état du XIIe et XIIIe siècles. Les Templiers, connus en tant qu’ordre militaire protégeant les pèlerins et plus tard la Terre saint elle-même, étaient également de grands propriétaires terriens dans ces régions. Ils soutenaient les fermiers locataires, ce qui contribuait à leur richesse. La Couvertoirade était particulièrement importante pour l’agriculture et avait des fortifications étendues qui protégeaient le village pendant la guerre de Cent Ans. La particularité de ce village est que l’original a été déplacé par les Templiers pour faciliter la protection et l’accès à l’eau.
Malgré l’arrestation – un fameux vendredi 13 octobre 1307 – et la chute des Templiers au début du XIVe siècle, leur héritage subsiste sous la forme des structures qu’ils ont laissées derrière eux.
Ces villages font partie des sites Templiers dans l’Aveyron, qui incluent également le Viala-du-Pas-de-Jaux. L’histoire des Templiers dans ces villages constitue un attrait significatif pour les visiteurs intéressés par le passé riche et parfois mystérieux des chevaliers Templiers.
L’histoire des Templiers en Aveyron
Elle est intimement liée à la présence de plusieurs commanderies importantes, établies pour soutenir les activités des Templiers en Terre Sainte. Le Rouergue, région historique où se situe l’Aveyron, est passé sous la souveraineté du comte de Toulouse au XIIe siècle. Les Templiers, ainsi que les Hospitaliers, deux ordres religieux et militaires, ont alors organisé un réseau de commanderies, tant rurales comme à Sainte-Eulalie que urbaines dans les grandes villes.
La Cavalerie, place des Templiers.
Ces domaines généraient des revenus pour l’entretien des chevaliers en Terre Sainte. Après la chute de la ville d’Acre, les Templiers furent arrêtés en 1307 sur ordre de Philippe le Bel, et l’ordre fut aboli en 1312. Leur héritage fut recueilli par les Hospitaliers. Les Templiers et les Hospitaliers ont laissé une empreinte durable sur l’Aveyron, comme en témoignent les grandes forteresses de La Cavalerie, La Couvertoirade, Sainte-Eulalie-de-Cernon, Le Viala-du-Pas-de-Jaux et le fort de Saint-Jean-d’Alcas, marquant le département et surtout le Larzac pendant près de 150 ans.
La Cavalerie, village templier
La Cavalerie, le relais de Poste.
La Cavalerie, située au cœur du Larzac, est un village templier historique qui a toujours été un point de passage stratégique sur la route vers la Méditerranée. Le village a été développé par les Templiers qui y avaient construit un château, maintenant disparu.
Logo du village.
Les Hospitaliers ont par la suite érigé une muraille, dont des parties, y compris les tours rondes de la rue du Portalou et des Remparts, sont conservées aujourd’hui. En se promenant à La Cavalerie, on découvre des anciens hôtels particuliers, des portes du XVIIe siècle et des petites échoppes.
La Cavalerie, abside de l’église.
Son église du XVIIIe siècle contient les vestiges de l’ancienne église templiére, datant de l’époque où l’Ordre du Temple a pris possession de ce fief en 1154. Cependant, le village n’a pas été épargné par les Guerres de religion, subissant notamment un épisode violent en 1568 lorsqu’il fut envahi par des soldats protestants qui s’en prirent aux paysans locaux.
Blason de La Couvertoirade.
La Couvertoirade, village templier
La Couvertoirade est un village templier situé sur le haut plateau des Causses du Larzac. Il a une histoire riche, avec des origines remontant au XIIe siècle lorsque les Templiers y ont édifié un château.
Panorama.
Le nom de Cubertoirata apparaît dès le XIe siècle lors de la délimitation des territoires appartenant à l’abbaye de Gellone, à Saint-Guilhem-le-Désert (Hérault) aujourd’hui. Depuis le XIIe siècle, les Templiers sont installés sur le Larzac et à La Couvertoirade. Leur implantation est due d’une part à la proximité de routes permettant de descendre vers la côte méditerranéenne pour s’embarquer vers l’Orient et la Terre sainte, d’autre part à des donations.
La Couvertoirade constitue dès l’origine pour les Templiers un centre d’exploitation agricole. Sur ces terres, ils font cultiver aux paysans des céréales, élever des chevaux (pour la guerre) et des moutons (pour la viande, les peaux, le lait). Un bourg se développe autour du château, encore visible de nos jours. En 1312, l’ordre du Temple est dissous.
L’ensemble de leurs biens revient aux Hospitaliers qui deviennent les nouveaux maîtres de La Couvertoirade. La bourgade compte 135 feux en 1328, soit environ 800 personnes. Au milieu du XIVe siècle, les « Routiers » (des compagnies de mercenaires vivant en bandes plus ou moins organisées et souvent peu disciplinées) pillent le Larzac. Par crainte de ces bandes armées, les habitants finissent par faire fortifier le bourg de 1439 à 1445. C’est Déodat d’Alaus, maître maçon de Saint-Beauzély, qui est chargé d’exécuter ces travaux. Malheureusement, ce territoire se sera déjà fortement dépeuplé.
Au XVe siècle donc, les Hospitaliers ont pris la succession des Templiers et ont renforcé la cité avec une couronne de remparts. Le village a connu son apogée économique et démographique aux XVIe et XVIIe siècles, époque de la construction de belles demeures qui subsistent encore aujourd’hui.
Sainte-Eulalie-de-Cernon, village templier
Sainte-Eulalie-de-Cernon, maison avec échauguette.
Sainte-Eulalie-de-Cernon est un village templier qui a été fondé au XIIe siècle. Il était à l’origine une importante commanderie templiére, et après la chute de l’Ordre, elle est passée sous le contrôle des Hospitaliers de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
Sainte-Eulalie-de-Cernon, l’abside de l’église.
le blason de Sainte-Eulalie-de-Cernon
Ce village fortifié est remarquable pour son église templière romane caractérisée par une grande porte surmontée d’une Vierge rapportée de Gênes. En 1151, Raymond, abbé de Gellone, a cédé cette église aux Templiers.
Sainte-Eulalie-de-Cernon, salle d’honneur
Plus tard, au XVIIe siècle, la commanderie a été rénovée par le commandeur Jean de Bernuy-Villeneuve, donnant un nouveau visage à l’édifice austère des Templiers avec des éléments décoratifs comme une grande cage d’escalier ornée de fresques et une échauguette contenant des graffiti représentant des églises et des navires. Les cheminées, les cloisons, les grandes fenêtres et le balcon évoquent des influences de la Provence, de l’Italie et de Malte.
« Ce n’était pas mental » – Documentaire sur les dessous de l’occultisme dans le sport
L’aumônier de sportifs de haut niveau Joël Thibault s’inquiète du recours de plus en plus important par les grands sportifs à l’occultisme pratiqué par les marabouts, chamans, et magnétiseurs. Le phénomène touche « même des entraîneurs ou des dirigeants français » et des agents de joueurs « qui recommandent des personnes dans le milieu occulte pour permettre à leurs joueurs d’obtenir un résultat », confie-t-il. « Il y a même eu des témoignages que j’ai recueillis de caisses noires dans certains clubs donc de débloquer des fonds parce qu’il faut bien payer ces personnes. »
Magnétiseurs, guérisseurs, féticheurs, marabouts … Les pratiques occultes promettent monts et merveilles, dans un milieu du sport toujours en quête de plus de performances. Des sportifs de haut niveau en quête de gloire et de succès nous racontent ainsi leurs expériences paranormales et comment ils ont découvert dans le christianisme une foi qui libère et apaise.
Un documentaire plein d’espérance.
Durée du film : 32 minutes Avec la participation :
Diplômé en Communication & Event Management de l’Université libre de Bruxelles et évoluant au sein d’un groupe chargé par le gouvernement belge de politique scientifique fédérale, Olivier Delacuvellerie est membre de l’Ordre Maçonnique Mixte International Le Droit Humain.
Dans cette très intéressante collection « Les carnets littéraires des amateurs de pavés mosaïques », l’auteur, avec cette deuxième publication, offre au lecteur une suite à son Voyage à travers les fenêtres-Réflexions sur un symbole maçonnique, publié en 2020.
Entrons dans notre tentative d’explication du titre qui, pour un non initié, pourrait se définir ainsi.
La pioche et le roseau sont en effet deux objets qui, au-delà de leur utilité pratique, peuvent symboliser des idées ou des philosophies de vie assez contrastées, particulièrement lorsqu’on les considère dans un contexte métaphorique ou philosophique.
La pioche, tout d’abord, au sens le plus littéral, est un outil utilisé pour creuser, briser et déplacer la terre ou d’autres matériaux. Métaphoriquement, elle peut représenter le travail acharné, l’effort et la capacité de modifier l’environnement à travers la force et la persévérance. Elle peut aussi symboliser la destruction nécessaire avant la création ou la rénovation, comme on détruirait un ancien édifice pour en construire un nouveau. Elle est sans doute l’un des plus anciens outils, connu avec une extrémité pointue principalement utilisée pour briser les surfaces dures comme le béton, la pierre ou la terre sèche et durcie, et une autre principalement utilisée pour soulever des fentes ouvertes dans le sol ou dans la pierre.
Jean de La Fontaine par Hyacinthe Rigaud, en 1690.
Quant au roseau, plante flexible qui pousse habituellement près de l’eau, il est dans la fable de Jean de La Fontaine Le Chêne et le Roseau, symbole de souplesse et de capacité d’adaptation, bien que se pliant sous la force d’un des éléments de la Nature, le vent. Il ne se rompt pas et donc illustre l’idée qu’il a la capacité de s’adapter et de fléchir face aux forces extérieures…
Fables nouvelles et autres poésiespar Jean de La Fontaine, publication de 1671
Bien évidemment que Olivier Delacuvellerie s’en inspire, mais il est aussi un initié voyant dans la pioche un symbole de travail, un outil pour façonner le monde matériel et, par extension, le soi intérieur. En maçonnerie, cela pourrait être relié au concept de travail sur la pierre brute, l’idée que chaque franc-maçon travaille à s’améliorer et à polir ses défauts personnels afin de devenir une pierre parfaite pouvant être utilisée dans la construction d’une société meilleure. La pioche est aussi le prolongement de la main…
Dans un contexte maçonnique, le roseau symbolise flexibilité et résilience. De même que le roseau plie mais ne se brise pas sous le vent, le franc-maçon pourrait être encouragé à faire preuve de souplesse face aux épreuves et aux changements de la vie, tout en restant fidèle à ses principes, les belles valeurs républicaines.
Olivier Delacuvellerie.
C’est tout cela qu’exprime l’auteur dans « ce livre né d’un constat et d’une envie ». Le constat est celui de l’état des lieux de la si vaste et riche symbolique maçonnique (variété de symboles, de rituels et de significations ésotériques, philosophiques, etc.).
La « Critique de la symbolique maçonnique », sous-titre de l’ouvrage, est du maçonniquement correct, mais reste hautement nécessaire ! Il s’interroge tout naturellement aussi sur la transmission de ladite symbolique. Expliquant toujours ses propos. Analysant aussi les causes ayant amenés cette étude des symboles aux seuls érudits, Olivier Delacuvellerie lance un appel à se mettre à nos pioches…
Mais comme « savoir n’est pas comprendre, et encore moins intégrer », Olivier Delacuvellerie relève combien il est difficile entre signifiant et signifié de faire la part des choses , quel que soit son niveau de connaissance, et de mettre en perspective, toute personnelle, sa vision de la symbolique…
L’objet d’une critique est d‘avoir précisément ce don de juger, à sa juste valeur, et donc de discerner mérites et défauts. Et de nous livrer à cet indispensable travail critique que le maçon se doit d’accomplir pour à la fois progresser mais aussi rester éveillé et disponible pour ses frères.
Cette critique, et il est important de le reconnaître, est constructive. Elle invite à une plus grande ouverture et compréhension. Après tout, la franc-maçonnerie, comme toute institution, n’évolue-t-elle pas avec son temps ?
Nous devons à Dorian Decker, lui aussi membre de la Fédération belge du Droit Humain, la postface sous forme de sept petits contes plein de sagesse.
La collection « Les Carnets littéraires des amateurs de pavés mosaïques »
La Franc-Maçonnerie est un sujet inépuisable. Puisant ses racines dans toutes les traditions, elle est héritière d’une méthode qui pourrait contribuer à l’éveil de chacun. Cette collection propose des ouvrages originaux à l’attention tant des francs-maçons que des profanes intéressés. Cette collection, forte de 12 volumes, a pour logo un trou de serrure, synonyme de curiosité, de secrets et mystères mais aussi d’aperçu d’un monde qui est normalement caché ou privé ou comme une tentation de l’interdit et un attrait de l’inconnu…
Les éditions F deville
Parce que le livre est un magnifique outil de transmission de la pensée humaine, parce que la pensée et la parole partagées permettent d’ouvrir l’esprit et le champ des possibles.
Les auteurs que nous choisissons de publier sont des libres penseurs, des hommes et des femmes au cœur de l’action, qui partagent leur vécu ou leur imaginaire en quête de sagesse et d’un monde meilleur.
« Les éditions F deville mettent l’humain en priorité dans leurs livres et montrent l’homogénéité de leur catalogue que nous ne vous conseillerons jamais assez de découvrir pour ses qualités à la fois d’écriture et d’humanité, mais également, malgré tout ce sérieux des thèmes abordés, pour leur côté divertissant. » Litzic. À suivre aussi sur Facebook
La Pioche & le Roseau-Critique de la symbolique maçonnique
Olivier Delacuvellerie – éditions F deville, Coll. Les Carnets littéraires des amateurs de pavés mosaïques, 2023, 114 pages, 16 €
Le mot est coloré, comme son origine latine *aurum, l’or.
Celui de l’auréole des saints, celui de l’aurore qui doit son nom à la couleur du feu solaire.
La brillance des écailles de la daurade, le ramage joyeux du loriot.
L’oriflamme flamboie dans le ciel féodal, les oripeaux sont des vêtements clinquants, comme l’oripeau au singulier qui désignait une lamelle de cuivre ou de laiton à l’apparence de l’or, comme une « peau d’or ». Mais l’orfèvre ne s’en laissait pas abuser.
La couleur dorée est aussi celle de l’urine et de son champ lexical, médical surtout, urée, urètre, uretère, énurésie, diurétique, barbiturique.
Mêmela divinité antique, Ouranos, lui doit son nom, celui qui laisse couler l’urine comme une pluie nourricière ou sa semence créatrice, après son émasculation par Cronos. C’est de cette écume que naît Aphrodite !
Et de l’urine dorée de leurs vaches, les Dinka du Sud Soudan teignent leur chevelure orangée.
L’Aurore est toujours associée à ce qui naît au moment propice, tel le fruit mûr parvenu à maturité, parce qu’une ancienne divinité italique Matuta était identifiée à l’Aurore.
Peut-être parce qu’elle participe du blanc, de sa pâleur inquiétante, l’aube parfois se charge de menaces, tandis que l’aurore, qui lui est souvent associée, est synonyme de renaissance, d’ouverture lumineuse après les sombres ténèbres.
Laissons à Jean Giraudoux la parole des derniers instants de son Iphigénie (1937) :
« Comment cela s’appelle-t-il, quand le jour se lève, comme aujourd’hui, et que tout est gâché, que tout est saccagé, et que l’air pourtant se respire, et qu’on a tout perdu, que la ville brûle, que les innocents s’entre-tuent, mais que les coupables agonisent, dans un coin du jour qui se lève ?- Cela a un très beau nom, femme Narsès. Cela s’appelle l’aurore. »
Annick DROGOU
Apparition. Transition. Révélation. Juste en passant de l’aube à l’aurore. Tout est affaire de couleur, d’éclat. Pâleur de l’aube, fragilité. Splendeur de l’aurore, en force, comme dans l’apparition d’une plénitude promise, bientôt réalisée. L’aurore ne peut être que resplendissante, forcément resplendissante. L’aurore comme le jour donné, l’offertoire du jour nouveau qui appelle la grâce, la reconnaissance. C’est un jour pour aimer.
Comme le veilleur attend l’aurore, chante le psaume. Quelle est donc la fonction du veilleur dans la nuit ? Seulement d’attendre la fin de la nuit, de surpasser l’obscurité. Pauvre Chantecler qui croit faire lever le soleil, sage Chantecler qui se sait à tout jamais aimé du soleil naissant. Le spectateur est étonné, bientôt comblé de l’immarcescible aurore aux doigts de rose, fille du matin, que chante Homère pour l’éternité des jours toujours renouvelés. C’est un jour pour aimer.
Dans le petit matin blême de la ville profane, dans la grisaille des empressements d’automate, n’oublie pas les aurores que tu as connues. Dans le brouillard de tes jours, souviens-toi des aurores triomphantes. Et change le plomb en or. Là, est la vie. Aime la prochaine aurore. Tu le sais, toujours elle viendra et reviendra. C’est un jour pour aimer.
Un extrait de la préface de Yasmina Khadra : « Les voies de la nature humaine sont aussi impénétrables que celles du Seigneur. Le cheminement que nous trace Sarah Oling, dans ce livre, s’inscrit dans cette quête récurrente jalonnée de prophéties tantôt éclairantes, tantôt enténébrées, mais inéluctablement nécessaires à l’équilibre des êtres et des choses.
Zoltan est l’histoire des mémoires outragées lorsque, ne sachant distinguer la damnation de la Révélation, l’humanité perd de vue ses cailloux blancs tandis que l’ange et le démon, qui officient en nous, se livrent un combat qui remonte à la nuit des temps dont l’aube est constamment remise à plus tard. »
La biographie de l’auteur
Sarah Oling est née de parents exilés, à l’histoire fracturée. Ses grands-parents maternels étant les seuls survivants d’un chaos qui détruisit non seulement des vies, mais des pans entiers d’une culture. Il lui fallut très tôt grandir en tout en étant privée de repères conventionnels. Autrice, dramaturge, comédienne de théâtre, conférencière, journaliste de radio et de presse écrite, Sarah Oling a multiplié nombre d’expériences où la transmission, toujours, a tenu une place centrale. Autant d’engagements qui rendent sa parole forte et vibrante. Zoltan a été qualifié de roman « riche et puissant » et marque une rupture dans le parcours d’écriture de Sarah Oling. Ce récit est peut-être son livre le plus abouti, le plus personnel.
[NDLR : Quel bonheur de présenter un ouvrage le jour de sa sortie nationale en librairie. Et qui plus est le dernier opus de Sarah Oling. Un roman. Mais pas n’importe lequel ! Après déjà trois romans et un ouvrage d’entretiens, pour son cinquième et dernier opus, Sarah Oling nous offre un roman initiatique. Où deux jeunes héros, Mathias Léna, jumeaux, évoluent à travers une série d’épreuves et de découvertes qui les conduisent finalement à une meilleure connaissance de soi et du monde. Un beau voyage ou une quête au cours de laquelle les personnages vivent des aventures qui le mettent au défi, le confrontent à de nouvelles réalités et le forcent à surmonter des obstacles. À travers ces expériences, les personnages acquièrent une nouvelle maturité, une nouvelle philosophie de vie ou atteint un nouvel état de sagesse…
Pour la petite histoire, Sarah et moi nous nous étions rencontrés grâce à Évelyne Penisson des éditions du Cosmogone que nos lecteurs connaissent bien avec sa magnifique et magique revue MATIÈRES à penser (MAP), à l’occasion d’une journée du livre dans un joli petit village de la région lyonnaise. Il y a vingt déjà !
Et comme le monde est petit, nous nous sommes retrouvés aux Rencontres Culturelles Maçonniques de Lyon 2023, 14e Salon Lyonnais du Livre Maçonnique.
Disons-le tout de suite, Zoltan est sans doute aussi un roman maçonnique. Pourquoi ?
Si le roman maçonnique est une œuvre de fiction qui incorpore des thèmes, des symboles et des philosophies associés à l’art royal, avec des personnages vivant des aventures ou résolvant des mystères en utilisant leur connaissance des enseignements maçonniques, exploitant également différentes théories du complot ou faisant allusion à des mystères autour de l’influence supposée des maçons dans divers événements historiques, reconnaissons que Zoltan, comporte nombre d’ingrédients figurant ce type de roman…
Sarah Oling au salon l’autre LIVRE à Paris, le 11.XI.2023.
Revenons sur le parcours de Sarah Oling
Sarah Oling est une auteure, dramaturge, comédienne et journaliste. Zoltan décrit notamment une quête récurrente jalonnée de prophéties, parfois éclairantes, parfois obscures, mais toujours indispensables à l’équilibre des êtres et des choses.
D’autre part, nous devons à la talentueuse Sarah Oling une pièce intitulée « Dieu riait ? » et mise en voix pour la première fois au Festival National de théâtre Contemporain Amateur de Châtillon-sur-Chalaronne en octobre 2020 par le metteur en scène Alain Bourbon, en présence de Jean-Paul Alègre et de Catherine Terzieff, mais aussi une autre œuvre théâtrale intitulée « Partie d’échecs contre Stephan Zweig ».
Son roman Pour un peuple d’oiseaux a été salué pour avoir donné une nouvelle signification à la métaphore de la liberté, soulignant son talent pour l’écriture fiévreuse depuis le début de sa carrière.En tant que comédienne et metteur en scène, elle est décrite comme une porteuse de mémoire, un thème récurrent dans ses œuvres qui suggère un engagement profond dans la préservation et la transmission de l’histoire et des récits personnels.
En plus de son travail littéraire et théâtral, Sarah Oling est cocréatrice de « Consciences en Convergences », un acte artistique centré sur la transmission des mémoires des génocides par l’écrit, ce qui indique un engagement dans des sujets de portée historique et sociale.
Gérard Collomb, en 2013.
Nous lui devons aussi Tes absents tu nommeras… (L’Harmattan, Coll. Écritures, 2013) et, préfacé par Gérard Collomb, Entre Orient et Occident-De la complexité du monde – Entretiens avec Paul Amar, Raymond Barre, André Chouraqui, Alain Jakubowicz (L’Harmattan, 2013), un ouvrage regroupant une douzaine d’entretiens de l’auteur avec des hommes, journalistes, politiques ou artistes, qui se sont exprimés sur des sujets majeurs, tels que la problématique du Proche-Orient ou le pouvoir de l’image et dont les paroles ont traversé le temps sans l’altérer. Ils laissent entrevoir des facettes peu ou pas connues de leur personnalité ou de leur histoire personnelle. Lire un extrait.
Enfin, Zoltan, qui évoque ce prénom masculin hongrois avec comme origine le turc ancien sultan « dirigeant, prince », se voit préfacé par une figure emblématique. L’écrivain algérien de renom Yasmina Khadra, de son vrai nom Mohammed Moulessehoul. Le prolifique écrivain algérien, qui a choisi un pseudonyme féminin pour éviter la censure de l’armée algérienne, où il a servi jusqu’en 2000, vient d’ailleurs de voir, à un mois d’intervalle, adapter deux de ses romans Les sirènes de Bagdad et Ce que le jour doit à la nuit en bande dessinée, tous les deux aux Éditions Philéas.
Yasmina Khadra, en 2014.
Dans cette préface, Yasmina Khadra décrit le livre comme une quête jalonnée de prophéties, alternant entre éclaircissement et obscurité, mais toujours essentielles à l’équilibre du monde. Il évoque le récit comme étant celui de mémoires indignées, où l’humanité, perdue entre damnation et révélation, oublie ses repères tandis qu’un combat éternel se joue en elle, entre l’ange et le démon. Yasmina Khadra est reconnu pour ses romans qui explorent souvent la condition humaine face à des circonstances historiques et sociales difficiles, et sa participation à la préface de Zoltan indique son appréciation pour les thèmes profonds abordés par Sarah Oling dans son œuvre.
Dans sa préface, Yasmina Khadra emploie les termes de « damnation de la Révélation ». Des mots qui pourraient être interprétés comme un paradoxe ou une antithèse, où damnation représente une condamnation éternelle ou une punition sévère et Révélation fait référence à une prise de conscience profonde ou à une vérité divine mise au jour.
Le nom Zoltan évoque ce prénom masculin hongrois avec comme origine le turc ancien sultan « dirigeant, prince ».
Ce qui, d’entrée dans le prologue, nous a immédiatement séduit, c’est que l’action débute sous le tympan de l’abbatiale Sainte-Foy de Conques, à l’architecture remarquable pour son style roman, particulièrement exemplifié par son tympan du Jugement dernier. Conques, célèbre pour son trésor, qui est l’un des plus riches de France, est un important site de pèlerinage sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle (la Via Podiensis).
Des rencontres ? Mathias en fait une en croisant notamment Madeleine. Où l’on parle grimoire et Tarot de Marseille, un des standards de jeu de cartes utilisés pour la divination, connu pour ses images symboliques et ses archétypes riches en signification. Avec, parmi les 78 cartes, ses arcanes majeurs (22 cartes) comprenant des cartes telles que Le Bateleur, La Papesse, L’Impératrice, et L’Hermite, chacune portant un numéro et une image symbolique…
D’un autre côté, Léna, sa sœur jumelle, qui elle se trouve à Cracovie, située en Pologne et souvent perçue comme une ville enveloppée de mystère et d’histoire, ayant une forte identité culturelle.
Cracovie, vue aérienne.
Cracovie, la mystique,a une longue histoire associée à la spiritualité.
Cracovie, l’ésotérique, avec ses légendes et ses contes parlant de magie et d’alchimie où Nicolas Flamel y est parfois associée, bien que sa présence ne soit pas historiquement prouvée.
Cracovie, l’historique, car elle est l’une des plus anciennes et des plus importantes villes de Pologne. Cracovie, la mystérieuse, car ses histoires sont souvent empreintes de mystère et de légendes…
Traboule dans le vieux Lyon.
Mais comme lieu mythique, il nous faut citer aussi ce Vieux Lyon, bien connu de l’auteure, où l’action se déroule. En paraphrasant « Ainsi soit-il » de Louis Chedid – il emploie les termes de « L’action se déroule dans ta ville » – , la capitale des Gaules n’est que légendes et mystères résultant de son long passé qui remonte au Moyen Âge (traboules, arrêtes de poisson, La Maison du Chamarier hanté par cet officier d’église, fantômes et esprits, alchimie, la Tour Rose et son lot d’histoires d’amour tragiques et de mystères non résolus, la cathédrale Saint-Jean, où se trouvent des légendes liées aux vitraux et aux gargouilles, etc.).
« Ainsi soit-il » est d’ailleurs le titre d’un chapitre de Zoltan ; clin d’œil de l’auteure ? Qui sait…
Mais c’est aussi sur le personnage central, titre du roman, Zoltan, qu’il nous faut s’arrêter. Un personnage pervers et manipulateur est marqué par un manque d’empathie et de remords, incapable de se connecter avec les autres sur le plan émotionnel. Un impulsif, sans culpabilité ni remords pour ses actes et méprisant de leur bien-être. Et se croyant supérieur aux autres tout en tirant du plaisir à causer de la douleur ou de l’inconfort chez autrui, adoptant aussi des comportements sadiques.
Zoltan est, qui plus est, un grand manipulateur, influençant les autres, ses marionnettes, à son avantage, dépens de ceux qu’il manipule. Maître dans l’art de la duplicité, capables de tisser des réseaux de tromperie, orchestrant les événements en coulisse, tirant les ficelles sans que son implication ne soit évidente. Tel est Zoltan qui utilise tous les stratagèmes : un être charismatique utilisant son charme pour attirer et gagner la confiance des autres ; éprouvant une compréhension aiguisée des émotions d’autrui qu’il utilise pour déterminer comment les influencer ou les contrôler, etc.
Ce roman est une véritable quête initiatique offrant une série d’épreuves et d’expériences qui mènent à un type de révélation ou de transformation personnelle. Il s’articule autour de l’évolution de Mathias et Léna, qui acquièrent de nouvelles connaissances, compétences ou une nouvelle compréhension du monde et d’eux-mêmes. Nous y trouvons voyage, épreuves, transformation, enseignements, révélations,
Sans compter sur la forte symbolique des mots et noms choisis par Sarah Oling.
Albrecht Durer – Nemesis
À commencer par Némesis – le nom du chien – qui, dans la mythologie grecque, est la déesse de la rétribution et de la vengeance. Son nom signifie « celle qui distribue ou qui fait payer », et elle est souvent décrite comme apportant le juste châtiment à ceux qui succombent à l’hybris (l’orgueil ou l’arrogance devant les dieux). Elle est parfois considérée comme une force d’équilibrage dans l’univers, s’assurant que ni les humains ni les dieux ne gagnent trop en pouvoir ou en chance.
Le choix des termes « Le voile d’Isis », souvent utilisée pour décrire un voile métaphorique qui cache une sorte de vérité ou de connaissance, particulièrement dans un contexte mystique ou ésotérique. L’expression trouve ses racines dans la mythologie égyptienne ancienne où Isis était une déesse possédant un savoir secret et était souvent représentée voilant son visage pour signifier le mystère et la sagesse cachée. Gardons à l’esprit que dans nos traditions ésotériques occidentales, « lever le voile d’Isis » peut symboliser la quête de la connaissance cachée ou la révélation de vérités qui sont au-delà du domaine matériel. L’auteure nous parle aussi de Grand Œuvre, d’Or, d’Argent et de Mercure.
Oswald Wirth.
La référence ensuite à Oswald Wirth (1860-1943), occultiste et écrivain suisse connu pour ses contributions à la franc-maçonnerie et à l’étude des tarots. Il a été un élève de Stanislas de Guaita et est souvent reconnu pour sa création du Tarot de Wirth, qui est une adaptation des cartes de tarot utilisées pour la divination. Wirth a été un des premiers à suggérer que les Tarots contiennent une sorte de sagesse primordiale et a développé un jeu de tarot qui reflète sa compréhension de la symbolique ésotérique et Le Tarot des Imagiers du Moyen Âge reste un ouvrage majeur avec ceux écrits sur l’ésotérisme et la symbolique maçonnique.
Et l’emploi du prénom Madeleine ne fait-il pas référence à celui de Marie-Madeleine, figure importante dans le Nouveau Testament ? Mentionnée dans les quatre évangiles canoniques comme une disciple fidèle de Jésus-Christ, Marie-Madeleine est souvent considérée comme la première à témoigner de sa résurrection. Dans l’Évangile selon Jean (20:1-18), c’est à Marie-Madeleine que Jésus apparaît en premier après sa résurrection. Elle ne le reconnaît pas tout de suite ; pensant qu’il est le jardinier, elle lui demande où le corps a été emmené. Cependant, quand il l’appelle par son nom, elle le reconnaît et s’exclame en hébreu « Rabbouni ! », qui signifie « Maître »… en réalité un diminutif de « Rabbi », mot hébreu signifiant le « docteur ».
Et puis, quelles est cette société mystérieuse nommée « Confrérie des fils d’Hiram » ? Quels sont ces vestiges du Temple de Salomon ? Qui sont ces personnages comme le bâtisseur déchu Joseph Capelette, Irina et d’Aurélien de Veuveselle ?
Le corbeau, l’œuvre au noir, médaillon N-D de Paris, détail.
Avec des allusions aux volatiles quand « trois corbeaux survolent le corps de ferme » ou « deux coqs du refuge » ou encore au phoenix, oiseau qui se consume par le feu et renaît de ses cendres. Il est un symbole de renaissance, d’immortalité et de renouvellement éternel.
Si l’ouvrage s’ouvre sur, dans l’Aveyron, sur le village de Conques, enchâssé dans un site admirable, en forme de ‘’conque’’, du latin concha, coquille – village qu’avait choisi l’ermite Dadon pour se retirer du monde au VIIIᵉ siècle – c’est avec lui que s’achève el roman. La boucle – cercle fermé tout comme l’ouroboros – est bouclée.
Par ailleurs, Guylian Dai, directeur des Éditions Fables Fertiles et Sarah Oling étaient présents au salon des éditeurs indépendants l’autre LIVRE du 10 au 12 novembre derniers .
Répétition de la lecture du prologue de « Zoltan » avant la conférence- débat : de g. à dr. Sarah Oling, habillée en « Zoltan », Guylian Dai, Franck Fouqueray.
Sarah Oling y présentait et dédicaçait, en avant-première, son nouveau roman Zoltan,à paraître le 16 novembre prochain. L’auteure y a donné également, samedi 11 à 17h, une conférence-débat qui a rencontré un vif succès.
Les éditions Fables fertiles
Il d’usage lors d’une première chronique d’un éditeur de le présenter. Nous ne pouvons donc déroger à cette tradition…
« Les éditions Fables fertiles sont nées en 2022, dans un contexte de crise sanitaire, sociale et politique durable, avec cette conviction, chevillée, que le récit ; le conte ; la fable ; l’anticipation ; l’utopie, irréductibles à des fictions narratives distrayantes si elles savent l’être, se doivent de donner forme.s, et réfuter tout à la fois, en toute sédition, la seule idéologie d’un temps présent voulu figé par quelques-uns.
Guylian Dai et Sarah Oling.
Bercées par un refus d’être sur la défensive, les voix vers des lendemains meilleurs doivent se porter et nous porter vers le voyage, vers les détours et les détournements, vers les dévoilements, rêvés, s’offrir en partage afin de co-créer un monde d’aujourd’hui aujourd’hui ; un monde recélant demain, un demain changé. » Pour découvrir leur ligne éditoriale.]