La culture, pour qui veut s’instruire, réclamerait de lire le dernier ouvrage proposé par Yonnel Ghernaouti concernant : l’Europe des Lumières. Et si le candidat dessiné par JISSEY l’avait lu, confondrait-il encore le créateur des Constitutions Maçonniques avec un spécialiste des contes pour enfants ? Mieux vaut, peut-être en rire.
Voilà une question qui ne cesse de hanter la Maçonnerie. L’histoire ou la tendance au roman familial y jouent toujours un rôle important en tentant de faire la discrimination entre ce qui relève d’un regard sur un petit groupe de réflexion, né en Grande-Bretagne, ayant été créer pour tenter de faire cohabiter des courants religieux antagonistes (Anglicans et calvinistes) et ainsi ne pas entraver le développement du commerce ; ou comme en France, y voir la naissance d’un mouvement de pensée qui accompagnerait (ou même précéderait!) la Révolution Française de 1789.
Sans jamais vraiment évoquer cette question, Guy Chaussinand-Nogaret, professeur à l’Ecole des Hautes-Etudes en Sciences Sociales, grand spécialiste de l’Ancien-Régime, y répond avec clarté dans une écriture fluide et élégante. Il nous dit que la demande d’une évolution de la monarchie s’effectuera avant ce qu’on appelle la période des Lumières et ne sera jamais une remise en question du système monarchique lui-même, mais plutôt une lente et prudente demande d’aller vers une monarchie constitutionnelle, « à la britannique ». La remise en cause du roi est impensable, car il est présenté comme l’intermédiaire entre Dieu et le peuple. L’auteur nous rappelle un arrêté de la Cour du 21 avril 1643, où le Parlement déclare :
« La sagesse et la conduite qui se rencontrent dans les conseils ordinaires des hommes, en la personne des Souverains, sont une espèce de divination, la prévoyance dont ils usent dans leur gouvernement et leurs Etats, participant du privilège des prophéties et de la certitude des oracles ».
Le roi, dans les esprits, est une incarnation et c’est pourquoi les philosophes des Lumières se réclameront en permanence comme opposés aux Eglises. La monarchie constitutionnelle britannique était possible car les protestantismes du Royaume allaient vers une plus grande souplesse et aussi, qu’historiquement le « corps sacré du roi » avait été désacralisé par la décapitation de Charles I avant la dictature de Cromwell et de ses puritains. Il convient d’ajouter à cela la présence d’une importante bourgeoisie d’affaires qui contrebalancera tout pouvoir monarchique, faisant du roi un représentant symbolique, sans importance réelle sur un plan politique ou économique.
Exposition sur le développement précoce de la franc-maçonnerie
En fait, la Maçonnerie naissante, ne sera que l’un des éléments (peu important !) de la révolution bourgeoise qui se met en place et qui, précisément, prendra la place de la noblesse en s’installant dans ses meubles ! Partant des critiques qui ont lieu déjà sous Louis XIV, nous assistons à l’exécution d’un régime et à la naissance d’un homme nouveau, ce fameux « Citoyen des Lumières » et nous suivons les étapes de la transmutation qui s’effectuent dans l’athanor philosophique et qui produisent Diderot, Voltaire, Boulainvilliers, d’Holbach, Montesquieu et Mably.
Une occasion de faire la lumière sur nos imaginaires !
LE PETIT COIN DE LA LECTURE
Guy Chaussinand-Nogaret Le citoyen des lumières Editions Complexe. 1994 220 pages
4. De la chute du fascisme à l’après-guerre (1943-1948)
Après le 8 septembre 1943 (jour où l’Italie du maréchal Badoglio conclut l’armistice avec les Alliés), Giuseppe Cambareni, civil mais agent du Service de renseignement militaire (SIM), devient une référence importante pour les services secrets britanniques SIS et bien plus encore pour l’ Office américain des services stratégiques ( OSS). Les Britanniques et les Américains ont utilisé Cambareni pour établir leur propre réseau de renseignement en Italie (voir Corvisieri, op. cit., p. 147).
Deux groupes se constituent au sein de l’OSS opérant en Italie :
(a) le groupe de Peter Tompkins (1919-2007), jeune démocrate progressiste qui préférait recruter des éléments issus du cercle des socialistes et des antifascistes de gauche.
b) le groupe d’agents du SIM dirigé effectivement par Cambaréni. Ce dernier combat aux côtés des forces de gauche contre les fascistes et les troupes d’occupation allemandes.
En fin de compte, c’est la direction « de droite » qui l’emporte au sein de l’OSS, qui est prêt à utiliser des fascistes connus (et même dans l’après-guerre des fascistes extrémistes de la République sociale italienne de Salò) pour des « opérations spéciales » (voir p. . 149f)… Cambareni est au service de la direction « droite » de l’OSS (voir p. 150f).
Cambareni préfère l’OSS aux renseignements britanniques (qui se concentrent sur la famille royale savoyarde et le général Badoglio), reconnaissant que les Américains auront une grande influence dans l’Italie post-fasciste. Cambareni est prêt à travailler avec les parties de l’OSS qui veulent barrer la route à la gauche italienne et recycler l’appareil du régime monarchique-fasciste de 1922 à 1943 (voir p. 153).
Habilement, Cambareni ne rompt pas avec les services britanniques, mais souligne ses bonnes relations avec les services secrets britanniques après la libération de Rome (1944) (voir p. 154).
Le général franc-maçon Bencivenga
De nombreux dirigeants de l’OSS, de James Angleton (1917-1987) à André Bourgoin, sabotent le groupe OSS de Peter Tompkins, considéré comme prosocialiste, afin de favoriser les structures appartenant à la gauche, composées à l’époque de communistes et de socialistes. le Parti d’action libéral de gauche a été adopté, mais rejeté (cf. p. 160f).
Le 5 juin 1945, Cambareni reçoit la Médaille d’argent de la bravoure des mains du général Roberto Bencivenga (1872-1949) en récompense à ses activités antifascistes depuis 1942… Après quelques mois, Cambareni reçoit également un certificat de remerciement de William Donovan (1883-1959), directeur général de l’OSS, pour son soutien aux États-Unis dans la libération de l’Italie du fascisme nazi (voir p. 201)… Corvisieri écrit à juste titre que Cambareni a fourni une grande preuve de « maîtrise caméléon » (p. 204).
À l’été/automne 1944, Giuseppe Cambareni, déjà dirigeant en Italie de la Fraternitas Rosicruciana Antiqua ( FRA) de l’allemand Krumm-Heller, 33e degré de la franc-maçonnerie, président de l’Union démocratique, agent du SIM italien et de l’OSS américain , a fondé le mouvement pour les États-Unis d’Europe, un mouvement antibolchevique qui lutte pour une confédération européenne dans laquelle les États membres aboliraient les barrières douanières entre eux tout en préservant leur indépendance politique (voir p. 204).
En septembre 1945, grâce au financement et à l’engagement de Cambareni, estlancée la revue « Umanesimo » ( « Humanisme »), se présentant comme une « revue de pensée universelle »… Parmi les auteurs figurent les francs-maçons Dunstano Cancellieri [Grand Orient d’Italie ], Umberto Gorel Porciatti [Grande Loge d’Italie] et Giuseppe Cambareni lui-même, qui a signé « Cagliostro ». Les thèmes du magazine incluent également les relations entre Giuseppe Mazzini et la Carboneria, la magie (voir p. 211)…
Depuis 1945, Dunstano Cancellieri est une figure marquante de la réorganisation de la franc-maçonnerie italienne, même appréciée par les dirigeants de la franc-maçonnerie américaine de rite écossais. Ce fait ne semble pas plaire à Cambareni, qui, du moins en apparence, décrit sa Fraternitas Rosicruciana Antiqua comme la seule véritable fraternité rosicrucienne, capable d’influencer même la franc-maçonnerie (voir p. 223).
En 1946, Cambaréni se rendit compte que la droite politique n’aurait aucune place pertinente dans l’Italie d’après-guerre et que l’avenir serait chrétien-démocrate (le Parti chrétien-démocrate DC était apprécié à la fois par le Vatican et par les Américains). Cambareni a de grandes ambitions qui ne sont en aucun cas démocratiques : il veut être le leader d’un grand mouvement spirituel et une ville sainte… Il cherche donc des terres lointaines pour réaliser son utopie. En 1946, il commence une série de voyages en Afrique, en Asie et en Amérique, voyages qu’il entreprend parfois dans le cadre de missions économiques et diplomatiques ou pour les services secrets italiens ou américains, ou directement pour rechercher le lieu où il a trouvé sa ville sacrée pour l’Universel . Confrérie blanche de l’archange Michel (voir p. 224).
Le couple Cambareni (Iole Fabbri était l’intermédiaire par lequel parlait « Maître Ergos »), à droite l’insigne des services secrets américains OSS, dont Cambareni était un agent.
En avril 1946, il reçut un laissez-passer de service du ministère des Affaires étrangères et put échapper au questeur de Rome (ministère de l’Intérieur) et se rendre en Suisse, en Angleterre, en France, en Espagne, au Portugal, au Brésil, en Argentine, au Chili, au Mexique et à Saint-Domingue. , les États-Unis, se rendant en Égypte, en Australie et en Nouvelle-Zélande pour accomplir une mission qui lui a été confiée par le ministère des Affaires étrangères, notamment pour financer certaines industries italiennes et établir des relations pour la fourniture de biens et de matières premières (voir p. 224f). ).
En septembre 1946, Cambaréni se rend également à Cuba et au Canada pour le compte du ministère italien des Affaires étrangères. Il veut se rendre à Washington pour parler avec le président américain Harry Truman, mais (selon Vincenzo Lanzone, membre de la Fraternité Michaelienne de Cambareri) le FBI ne lui permettra d’entrer aux États-Unis. A l’issue de ces voyages, Cambareni décide de retourner au Brésil en 1948, d’où il était parti 14 ans plus tôt (voir p. 225).
5. Retour au Brésil
En 1948, Giuseppe Cambareni voyage au Brésil et en deux ans, grâce au soutien de frères rosicruciens et d’autres amis influents, il devient :
un grand et riche fazendeiro qui investit beaucoup d’argent ;
Conseiller en chef (c’est-à-dire magicien, « psychologue ») du gouverneur de l’État de São Paulo, l’État le plus important de la fédération brésilienne ;
Agent payeur d’un réseau de « chasseurs de pots-de-vin » ;
Chef d’une secte petite mais influente, la Fraternité Blanche Universelle de l’Archange Michel ( voir pp. 227-236).
En 1949, Cambareni fut expulsé de la Fraternitas Rosicruciana Antiqua ( FRA) brésilienne car, bien que les rosicruciens affirmaient le développement du potentiel intérieur, Cambareni et ses partisans (la Fraternidade Branca Universal do Arcanjo Mickael) qui se rassemblaient autour de sa fazenda, mais le « nouveau Jérusalem » ou vouloir construire la » ville sainte » et prétendre suivre Maître Ergos , qui parle par la bouche de l’épouse de Cambaréri, Iole Fabbri… Cela domine tous les membres de la secte michaélienne, même son mari Giuseppe (voir pages 235 à 237). La religiosité de Cambareris Fraternidade est un mélange d’éléments chrétiens, gnostiques, bouddhistes et égyptiens… De nombreux enfants des Disciples reçoivent les sacrements des prêtres catholiques. Mais en même temps, Cambareni développe son « propre » rite, par exemple pour le mariage. Ergos Iole se révèle, qui en transe régule le fonctionnement de la fazenda mais aussi la vie privée des familles et des membres individuels de la confrérie, par exemple en prescrivant ou en interdisant les mariages (voir p. 240).
Symbole de la Cité de Michel du Saint-Esprit
En 1950, les activités économiques de Cambarení étaient déficitaires. Une catastrophe économique se profile. Fin 1958, toutes les fazendas de Cambarenda furent hypothéquées. Ses élèves se rendent compte trop tard qu’Ergos /Iole a provoqué la catastrophe avec ses mauvais conseils. Cambareni a également suivi aveuglément Ergos/Iole dans ses investissements et ses projets (voir pp. 240-243). Vers 1964, d’anciens élèves de la Fraternidade (dont Vincenzo Lanzone) écrivaient que le couple Cambareni-Fabbri/Ergos n’était pas des personnalités éclairées, mais simplement des aventuriers qui s’enrichissaient dans leur dos et sur leur crédulité (voir p. 244f). Les activités du Fazendeiro n’ont pas seulement échoué : en 1958, des rumeurs circulaient dans la presse brésilienne selon lesquelles la « ville sainte » de Cambareris était impliquée dans des ventes d’armes et de mèche avec des criminels et des agents péronistes qui voulaient organiser une milice au Brésil et en Amérique latine pour lutter pour le retour de Péron au pouvoir en Argentine. Ce message vient d’Antonio Osorio Pinheiro, un agent de contre-espionnage de la marine brésilienne qui a infiltré la secte Cambareni et en est même devenu le secrétaire spécial. Osorio envoie plusieurs rapports à ses supérieurs, mais l’enquête est bloquée par deux amiraux amis de Cambareni (voir pp. 246-249).
Pose de la première pierre du Temple rosicrucien de la Fazenda São Roque au Brésil (Cambareris Ville de Michel du Saint-Esprit)
6. Comme Lopez-Rega et Licio Gelli ?
L’auteur Silverio Corvisieri voit certaines similitudes entre Cambarení et l’Argentin José Lopez Rega (1916-1989), surnommé le « brujo » (sorcier).
Lopez Rega et Cambareni ont passé leur enfance et leur jeunesse dans les bidonvilles de Buenos Aires ; Ils avaient une passion pour le théâtre (Cambareni comme imprésario, Lopez Rega comme chanteur d’opéra amateur) et pour l’ésotérisme, l’astrologie, la franc-maçonnerie et les complots politiques (voir p. 250).
Lopez Rega rejoint la police. Il fréquente l’école d’une secte spiritualiste, entretient des contacts étroits avec une association rosicrucienne, est membre d’une « Loge Anael » dédiée à l’occultisme et entretient des contacts avec l’extrême droite. Giancarlo Elia Valori (franc-maçon) rapporte qu’après la destitution de Péron, Lopez Rega se rendait fréquemment au Brésil pour participer aux rites d’une secte religieuse. C’est Valori qui présente Lopez Rega à Licio Gelli. Lopez Rega rejoint donc la Loge P2 (Propaganda 2) de Gelli (voir p. 250). Compte tenu de son passé au sein de la police argentine et de son rôle ultérieur dans l’escadron de la mort de l’AAA (Alliance anticommuniste argentine), il est probable que Lopez Rega ait travaillé au Brésil pour organiser une milice péroniste. Dans son livre « Astrologie ésotérique » (1962), Lopez Rega écrit qu’il voulait se préparer au nouvel âge… Comme Cambareni (et Krumm-Heller), Lopez Rega est aussi un amateur de senteurs magiques. Lopez Rega achète un terrain au Brésil pour le développer plus tard à des fins touristiques. Magie, affaires politiques et économiques : telles sont les passions communes de Cambarení et Lopez Rega. Corvisieri rapporte la présence de Licio Gelli au Brésil, à São Paulo, en 1950, lorsque Gelli était le représentant de la Banco Financeiro en Italie (voir pp. 250f). Je cite Corvisieri :
Juan Domingo Péron avec sa seconde épouse Isabel et Lopez Rega (à droite)
« Pendant deux décennies, Cambareni, Lopez Rega et Licio Gelli ont souvent opéré dans les mêmes environnements et dans les mêmes lieux, avec des modalités et des objectifs très similaires. Tout cela ne suffit pas pour conclure que les trois appartenaient à la même organisation, mais cela fournit un contexte politique et sectaire ésotérique qui sous-tend les révélations du Diario de Noticia et d’Onorio Pinheiro sur l’implication de Cambareri dans le recrutement . des milices péronistes clandestines au Brésil dans les années 1950 le rend, au moins en partie, crédible » (p. 252).
En octobre 1972, Cambareni meurt d’une crise cardiaque dans un hôpital de São Paulo. Le 17 novembre 1972, un vol spécial d’Alitalia transporte le caudillo Péron, son épouse Isabel, Lopez Rega, Licio Gelli et 150 amis vers l’Argentine (voir p. 252).
(La suite demain…)
* Le Père Paolo Maria Siano appartient à l’Ordre des Franciscains de l’Immaculée (FFI) . Le docteur en historien de l’Église est considéré comme l’un des meilleurs experts catholiques en matière de franc-maçonnerie, à laquelle il a consacré plusieurs ouvrages de référence et de nombreux essais. Dans sa publication la plus récente, il vise à prouver que la franc-maçonnerie contenait dès le début des éléments ésotériques et gnostiques, qui justifient encore aujourd’hui son incompatibilité avec la doctrine de l’Église.
Traduction : Giuseppe Nardi Image : Wikicommons/MiL/Facebook/HRCB (captures d’écran)
En recevant cette belle revue d’études et de recherche maçonniques – sans doute la plus belle du paysage maçonnique français (cf. page 4 « La presse parle des Cahiers de L’Alliance ») –, nous sommes immédiatement attirés par sa première de couverture.
Ne craignons pas les mots, nous qualifions les Cahiers de plus belle revue (trimestrielle) pour plusieurs raisons, souvent subjectives et dépendant des goûts de chacun, certes, mais cependant, il existe des critères objectifs que nous reconnaissons bien volontiers : qualité du contenu (articles écrits par des experts dans leur domaine), présentation et mise en page soignées avec un design attractif, utilisation judicieuse d’images – une revue d’études et de recherche qui ne puisent pas immodérément sur Wikimedia Commons – et de graphiques pour accompagner le texte (merci Numérilivre), la qualité de l’écriture (prose fluide, langage clair et accessible tout en étant riche et stimulant intellectuellement), pertinence des sujets, etc.
Rappelons aussi que pour sa pour sa cinquième saison, les Cahiers étaient placés sous le regard de Ludwig Van Beethoven, « ce génie passionné de fraternité », cette nouvelle saison s’ouvre une photo d’un détail de la tête en marbre de carrare de saint Jean-Baptiste de l’artiste et sculpteur polonais Igor Mitoraj (1944-2014), reconnu internationalement pour ses sculptures fragmentées du corps humain, souvent créées pour de grandes installations publiques (en France, vous pouvez observer « Le Grand Toscano », un buste de bronze exposé à La Défense, dans les Hauts-de-Seine).
Au cours de sa carrière, il a travaillé avec différents matériaux comme la terracotta et le bronze, mais après un voyage à Carrare en Italie en 1979, il a commencé à utiliser le marbre de Carrare comme son principal médium.
Igor Mitoraj a créé une sculpture représentant la tête de Saint Jean-Baptiste qui a été offerte aux commissaires chargés de la réalisation de deux portes en bronze pour la cathédrale Santa Maria degli Angeli et dei Martiri à Rome. Mitoraj est connu pour son approche fragmentaire des personnages et des dieux, inspirée de la tradition classique mais introduisant une touche post-moderne avec des membres tronqués, soulignant les dommages subis par la plupart des sculptures classiques authentiques.
Présenter un cahier
d’une obédience est aussi l’occasion de revenir sur celle-ci. Pour celles et ceux qui ne la connaissent pas encore, la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF), dite L’Alliance, est une obédience maçonnique française qui s’est constituée en 2012. Aujourd’hui, en termes d’effectif, elle compte près de 15 000 frères, ce qui la place parmi la plus importante
, la cinquième, de l’échiquier français. L’ignorer serait faire preuve de mauvaise fois ! Pour mémoire, elle est issue d’une scission d’avec la Grande Loge Nationale Française (GLNF) à la suite de divergences internes et de crises de gouvernance. La GL-AMF se veut être une obédience respectant les traditions maçonniques régulières tout en s’ouvrant à des perspectives contemporaines.
Le Convent de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française avait lieu ce week-end à Lille.
Pierre Lucet
À l’occasion de leur dernier Convent, qui avait lieu à Lille les 21 et 22 octobre 2023, le vénérable frère Pierre Lucet a été élu grand maître.
Un numéro consacré à la Joie. Pourquoi ?
L’éloge d’un sujet est généralement rédigé dans le but de célébrer, de commémorer ou de souligner les qualités remarquables d’un concept ou encore d’une idée. Cet éloge peut servir à inspirer les autres, préserver sa mémoire mais surtout, ici et maintenant, promouvoir cette valeur et les comportements vertueux qu’elle engendre, dite aussi ‘émulation’.
Rappelons qu’en littérature, en rhétorique et dans les discours, l’éloge est un moyen d’exprimer l’admiration et le respect, et de renforcer les liens sociaux et culturels.
Smiley Facebook
C’est sans doute le but avoué puisque nue dans son avant-propos « La Joie unique et simple » Fred Picavet, grand maître sortant élu depuis 2021, nous l’écrit : « État ou émotion ? […] Spinoza distingue notamment les joies passives que Bergson qualifie de « plaisirs », venant de causes extérieures qui sont du domaine des émotions, et les joies actives venant de l’intérieur qui concourent, après nous être libérés des affects de l’immanence, à nous aider à atteindre l’état de « joie parfaite » pour entrevoir la transcendance dans un consentement total à la vie. […] Cultiver la Joie parfaite, c’est apprendre à vivre et finalement la joie, c’est de vivre, n’en déplaise au rabat-joie. »
Dans le contexte de l’éloge de la joie au sein de la franc-maçonnerie, la GL-AMF, comme d’autres obédiences, place la fraternité et les valeurs humaines au centre de ses préoccupations. La joie, dans cette perspective, peut être considérée comme une partie intégrante de l’expérience maçonnique offerte par l’Alliance. Elle se manifeste dans les divers aspects de la vie de toutes ses sept Maisons des Rites et loges : cérémonies, travaux de loge, grande convivialité et belle camaraderie, engagement humaniste, désintéressement des membres dans une course immodérée pour les honneurs et pour cette maladie nommée cordonnite… L’Alliance, dans son approche de la joie, peut donc être vue comme une obédience qui, tout en respectant la tradition, intègre cette émotion positive en tant que composante essentielle de l’épanouissement personnel et collectif de ses membres.
Finalement tous les travaux proposés à la sagacité du lecteur convergent vers un même centre, l’éloge de la Joie dans les civilisations à travers l’histoire et la philosophie…
Dans l’Antiquité, les Grecs anciens, par le biais de leurs mythes, festivités et philosophies, ont souvent célébré la joie, notamment dans les cultes de Dionysos, dieu de la vinification, de la vigne, des excès, de la folie joyeuse et du renouveau. Chez les Romains aussi, la joie était au cœur de nombreuses fêtes et traditions, comme les Saturnales, une période de fête où les rôles sociaux étaient inversés et où régnait une atmosphère de bonheur généralisé. Sans oublier les traditions orientales. Dans l’hindouisme, la joie est souvent associée à l’expérience spirituelle de l’ananda, un état de béatitude intérieure et le bouddhisme ne parle-t-il pas de la joie comme d’une composante de la quête du nirvana, un état libéré de la souffrance.
Les cultures mais aussi les religions avec, dans le judaïsme, la joie comme élément central de nombreuses fêtes, comme la célébration de Pourim et dans le christianisme, la joie comme d’un fruit de l’Esprit, une manifestation de la grâce divine. Quant à l’islam, la joie se trouve dans la soumission à la volonté de Dieu, la pratique de la charité et les célébrations de fêtes telles que l’Aïd.
Et dans les philosophies modernes et contemporaines, les Lumières européennes ont mis en avant la poursuite du bonheur et de la joie comme droits fondamentaux de l’homme. La philosophie existentialiste reconnaissant même la joie comme un acte de rébellion contre l’absurdité de l’existence…
Et au sein même de nos pratiques maçonniques, nos rituels, symboles et enseignements ne portent-ils pas une attention particulière à la notion de joie, bien que cela puisse ne pas être immédiatement apparent ? Nos communautés où les frères se réunissent non seulement pour travailler mais aussi pour partager des expériences de vie ne créent-ils pas un sentiment de joie et d’appartenance. Les agapes ou Banquet qui suivent les tenues sont bien des moments de convivialité et de joie, renforçant les liens fraternels. Et bien que nos rituels soient sérieux et contemplatifs, ils sont également célébrés comme des moments d’élévation personnelle et collective qui peuvent être source de grande joie intérieure.
D’ailleurs, l’initiation ou la réception d’un profane et les différentes augmentations de salaire sont bien des occasions de célébration et de joie pour le frère ou la sœur concerné et pour la loge tout entière ! Il en aussi ainsi de la quête de la connaissance et de la sagesse, centrale du moins nous semble-t-il dans l’art royal, et non pas seulement ce que nous qualifions de maçonnerie pot-au-feu, ce rassemblement de personnes que l’on voit trop souvent dans certaines structures administratives ne venant que pour boire et manger. La recherche et la découverte de nouvelles vérités sont souvent accompagnées d’une joie intellectuelle et spirituelle.
Il en est sûrement aussi ainsi des discussions et échanges lors des tenues, où encore à l’agape, pouvant mener à des moments de révélation et d’inspiration qui sont source de joie pour les membres. Une joie qui s’exprime dans des œuvres de charité et des actions philanthropiques qui restent toujours des aspects fondamentaux de la franc-maçonnerie. Cette
aide apportée aux autres, cette bienfaisance, est une source de grande satisfaction et de joie pour les maçons.
Ce dernier opus de L’Alliance est bien une invitation à la Joie.
Ne boudons pas notre plaisir et goûtons -la
! Avec, au sommaire :
Fred PICAVET – La Joie unique et multiple…
Francis BARDOT – La Joie du Franc-maçon ou l’hymne à Sagesse, Force et Beauté Gaston
Paul EFFA – Invitation à la Joie
Mina DJAAD – La joie de Spinoza
Jean-Pierre THOMAS – Joie et Religions
Annick DROGOU – Sens, sensation, sentiment en Franc-maçonnerie
Richard BACIN – Dans le Japon traditionnel : la joie autrement
Jacques di COSTANZO – Joies et peines vécues par un médecin
Jean DUMONTEIL – Méditation sur le mystère de la Joie
Et avec Jean Giono (1895-1970) qui, dans ce roman-poème Que ma joie demeure (Éd. Grasset, 1935) chantait tous les bonheurs de la terre, de la nature, nous ajoutons qu’elle demeure et grandisse en nous mais aussi parmi les autres hommes. Après tout, l’écrivain et cinéaste ne mettait-il pas
en exergue la mise en commun des biens ?
Cahiers de L’Alliance n° 16 – Revue d’études et de recherche maçonniques
Au rythme de 3 numéros par an, les « Cahiers de L’Alliance » sont édités par la Loge nationale de recherche de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française.
Directeur de la rédaction : Jean DUMONTEIL – Rédacteur en chef : Jean-Claude TRIBOUT
De notre confrère focus.ua – Par Asya Nebor-Nikolaichuk
Dans le dédale des récits historiques, une histoire se démarque, impliquant la guerre civile américaine, la Révolution d’Octobre, les nazis et la Seconde Guerre mondiale. Le lien entre tout cela est Albert Pike, un personnage aussi controversé que les événements auxquels il est associé.
Albert Pike, général confédéré pendant la guerre civile américaine, est le personnage central de l’histoire. C’était une personnalité aux multiples facettes, avocat, philosophe et militaire. Pike était également activement impliqué dans la franc-maçonnerie et la rumeur disait qu’il était membre du Ku Klux Klan, écrit Grunge.
Et puis nous avons la tristement célèbre lettre de Pike de 1871, dans laquelle il aurait prédit les Première, Deuxième et Troisième Guerres mondiales. Ce prétendu document est cité dans un article de News24 de 2013 et dans un article du Sun de 2016, ce dernier affirmant qu’« il n’y a pas de source originale pour la lettre ».
La lettre de Pike est datée de 1871, six ans après la fin de la guerre civile. Selon le Daily Mail, il y décrit la Première Guerre mondiale (1914-1918) et la Seconde Guerre mondiale (1939-1945) avec une précision extraordinaire.
À propos de la Première Guerre mondiale, il écrit : « La Première Guerre mondiale doit être déclenchée afin de permettre aux Illuminati de renverser le pouvoir des tsars en Russie et de transformer ce pays en une forteresse du communisme athée. » Concernant la Seconde Guerre mondiale, il a écrit : « La Seconde Guerre mondiale doit être déclenchée en exploitant les différences entre les fascistes et les sionistes politiques. Cette guerre doit être déclenchée pour que le nazisme soit détruit et que le sionisme politique soit suffisamment fort pour créer un État souverain d’Israël en Palestine ».
Aussi exactes que soient ces déclarations, elles présentent un problème : le parti nazi n’existait pas avant 1920, près de 50 ans après que Pike ait apparemment écrit sa lettre.
Nous disposons d’informations provenant de sources prudentes ou biaisées, mais pas d’une seule lettre. Ou du moins, nous n’en avons pas reçu depuis 1977, comme le prétendent des sites comme News24. Selon cette explication commode, la bibliothèque du British Museum était en possession de la lettre de Pike – la carotte parfaite pour fomenter un complot – avant qu’elle ne disparaisse.
Les tentatives pour vérifier l’authenticité de la lettre ont abouti à une impasse. La British Library a déposé plusieurs demandes en vertu du Freedom of Information Act demandant que la lettre de Pike soit révélée. Ces demandes sont des copies textuelles les unes des autres, mais ont manifestement été envoyées par deux personnes différentes.
Et dans les deux cas, la British Library a répondu – dans les réponses 2042 et 2345 – par des réponses identiques : <<Nous avons examiné votre demande et la British Library, et avant cela le British Museum, n’a jamais possédé ni vu le document en question et n’a donc jamais jamais été présent à l’exposition dans aucune des organisations >>.
À propos, la British Library possède des archives de documents américains remontant aux années 1700 qui sont disponibles en ligne, mais rien concernant les conversations de Pike ou des Illuminati pendant la Troisième Guerre mondiale.
Passons maintenant aux éléments de nouveauté et de surprise. La lettre de Pike contient des descriptions étrangement précises d’événements historiques, mais sa légitimité reste discutable.
En 2020, Pike a fait la une des journaux lorsque sa statue à Washington, D.C., a été démolie lors de manifestations. On ne sait pas si les vandales étaient au courant de la lettre prétendument prophétique de Pike, ce qui ajoute une autre couche d’intrigue.
En conclusion, l’écriture prophétique d’Albert Pike est une histoire tissée d’éléments de conspiration et de mystère. Même si elle peut être intéressante, son authenticité est discutable et l’histoire doit être abordée avec un œil critique. Cela nous rappelle que même les récits historiques peuvent comporter un air d’incertitude, et que le scepticisme est essentiel pour séparer les faits de la fiction.
Nous avons déjà parlé des livres de Sacromonte . Les scientifiques cherchent toujours à savoir s’il s’agit d’un faux historique ou d’une véritable relique.
Si vous êtes passionné par les églises et les cathédrales, mais que vous vous sentez parfois frustré de ne pas pleinement saisir ce que vous observez, cette conférence est faite pour vous ! Aujourd’hui, je reçois Laurent Ridel, historien et ancien guide, créateur du site web et d’une chaine YouTube : Décoder les églises et les châteaux ».
Il vous propose une newsletter gratuite chaque dimanche afin de vous partager ses travaux recherches. Dans son blog et sa chaîne YouTube, il nous dévoile ses secrets pour décrypter les cathédrales, les abbayes et bien d’autres édifices médiévaux. Sa recette pour des visites enrichissantes ? Une approche pédagogique, un soupçon d’humour et des informations sourcées avec les meilleures références.
Laurent va nous guider pour poser notre regard sur les détails qui comptent, comprendre l’imagerie et la signification des statues afin de saisir l’essence même des différents styles architecturaux, qu’il s’agisse de roman, gothique ou Renaissance. Durant cette vidéo, vous découvrirez comment aiguiser votre regard pour réenchanter vos visites. Vous ne serez plus jamais perdu face à ces monuments médiévaux.
Laurent Ridel nous accompagnera dans une exploration pédagogique et divertissante des cathédrales, des abbayes et des églises. Avec lui, l’art et l’histoire des édifices prendront vie sous vos yeux.
Bagnères-de-Luchon, dans le département de la Haute-Garonne, en région Occitanie, surnommée « la reine des Pyrénées », accueille la deuxième édition des Estivales Maçonniques en Pays de Luchon, le samedi 29 juin 2024, de 9h à 18h.
Dans le cadre majestueux du Casino de Luchon, véritable institution depuis le XIXe siècle, et dans cet écrin magnifique qu’est le théâtre, classé monument historique, venez nombreux assister à cette belle journée fraternelle sur la thématique suivante :
« Franc-maçonnerie : le mythe des origines ? Templiers-Cathares-Compagnonnage-Rose+Croix »
Entrée libre et gratuite et pour tout public. Plus de détails suivront bientôt.
Gardez un œil – le troisième ? – sur 450.fm et nos réseaux sociaux pour les dernières mises à jour !
Une manifestation parrainée par Franc-Maçonnerie magazine – Histoire de la franc-maçonnerie, traditions, sagesse, spiritualité, philosophie… Une autre manière de nourrir ses réflexions et d’enrichir ses connaissances –
et 450.fm, Journal de la FM sous tous ses angles.
Après les premières Estivales, grand succès post Covid de juillet 2021, nous avons l’immense plaisir de vous convier à cet événement unique que sont les Estivales 2024, deuxième édition !
Une célébration grandiose de la culture et de l’esprit. Rejoignez-nous pour une expérience inoubliable où l’histoire prend vie et où la spiritualité élève l’âme. Venez partager avec nous des moments d’apprentissage, de découverte et de réflexion profonde.
Blason de Luchon.
Retrouvez sur 450.fm, certains de nos articles consacrés aux Estivales Maçonniques en Pays de Luchon (EMPL) dont le thème était « La Franc-maçonnerie à découvert » : 02/07/22 : L’été maçonnique commence à Luchon;
Samedi 29 juin 2024, de 9h à 18h.Casino de Luchon, Place Richelieu – 31110 Bagnères-de-Luchon
Entrée libre et gratuite et pour tout public. Pour tout renseignement, vous pouvez contacter Yonnel Ghernaouti, commissaire général des Estivales : yonnel@450.fm
Un lieu enchanteur, le théâtre classé monument historique.
De notre confrère allemand katholisches.info – Par le Père Paolo M. Siano*
Silverio Corvisieri, né en 1938 et toujours vivant, était un militant du Parti communiste italien, journaliste , rédacteur en chef du journal du parti communiste L’ Unità de 1960 à 1967 et membre du Parlement italien de 1976 à 1987, initialement du parti Democrazia Prolétaria ( Démocratie ouvrière, 7e législature), puis le Parti communiste italien (8e et 9e législature). Après la chute du communisme, il devient membre de l’ancien parti communiste Rifondazione Comunista (Parti de la refondation communiste). Il est également apparu comme essayiste et journaliste avec des traités sur l’histoire de la résistance communiste pendant le fascisme. Au milieu des années 1970, il fut, avec Marco Pannella, l’un des principaux agitateurs en faveur de la légalisation du meurtre des enfants à naître par l’avortement.
En 2001, il publie son livre « Il mago dei generali » aux éditions Odradek (Rome). Poteri occulti nella crisi del fascismo e della monarchia « (« Le magicien des généraux. Pouvoirs occultes dans la crise du fascisme et de la monarchie »), au centre duquel se trouve la figure de Giuseppe Cambareni « Cagliostro » (Cagliostro est le nom de famille de sa mère) ,alias Gambareri, alias Cambaren, alias Elio. Il s’agit peut-être d’une figure peu connue du milieu magico-occultiste de l’Italie du XXe siècle. Dans un sens, Cambareni était une sorte de précurseur de Licio Gelli, car il réussissait à combiner ésotérisme et pouvoir occulte, évoluant avec aisance dans les cercles rosicruciens, maçonniques, fascistes, britanniques et américains, antifascistes et antibolcheviques…
Le texte de Corvisieri s’avère très intéressant.
1. De l’Italie à l’Argentine et au Brésil (1911-1934)
Giuseppe Cambareni est né en Calabre (voir p. 1). À l’âge de dix ans, il émigre en Argentine avec sa grand-mère. Après la Première Guerre mondiale, il retourne en Italie où il effectue son service militaire dans la Luftwaffe en 1919. En 1921/1922, Cambareni était l’un des cadres fascistes qui menèrent des actions contre les opposants politiques et les organisations syndicales ouvrières en Lombardie. Après quelques années, il retourne en Argentine et voyage à travers l’Amérique latine. Il travaille comme imprésario de théâtre mais ne paie pas ses acteurs.
En 1929, il change de métier et se consacre au cinéma en Bolivie. En Amérique latine, il entre en contact avec les cercles associés à la Fraternitas Rosicruciana Antiqua ( FRA) d’Arnold Krumm-Heller (1876-1949). Cambareni est fasciné par l’occultisme, en particulier par les idées de Krumm-Heller, qui combine occultisme et affaires. L’ésotériste allemand vend des parfums qui « guérissent » et des objets pour les rituels gnostiques. Cambareni vit comme un magicien et une diseuse de bonne aventure, mais rêve toujours de devenir entrepreneur (voir pp. 5-7).
En 1930, Cambareni rejoint une loge maçonnique à Rosario, Santa Fé (Argentine). En 1932, il devient également membre du Fascio , la branche étrangère du Parti national fasciste de la même ville, et à peu près à la même époque de la Société Théosophique . Pendant la Première Guerre mondiale, des relations de coopération existaient entre la Société Théosophique et les services secrets britanniques (voir p. 4f).
Dans une lettre de 1938 à Arturo Bocchini, alors chef de la police et chef de la police politique italienne (Operazione Vigilanza Repressione Antifascismo, OVRA en abrégé), Cambareni a avoué le fascisme, mais dans une lettre de 1946 au consulat américain en Italie. raconte à « Cagliostro » (Cambareni) que son militantisme dans le Fascio n’a servi qu’à infiltrer et saboter le fascisme de l’intérieur (voir p. 4).
En 1932, Cambaréni se rend au Brésil. Il intègre les nouveaux cercles rosicruciens de Sao Paulo et de Rio de Janeiro, où il gagne la confiance à la fois des jeunes associés à la Société Théosophique et des francs-maçons associés aux familles aisées. Le président de la Société Théosophique, Manoel Coutinho, était une figure bien connue des milieux financiers de Sao Paulo. Au Brésil, entre la Fraternitas Rosicruciana Antiqua et la Société Théosophique, Cambareni a connu du succès en tant que leader charismatique, magicien, organisateur et économiste. Il décide alors de se rendre en Italie pour y remplir une mission (voir pp. 5-8).
2. En Allemagne avec Arnold Krumm-Heller (1934)
En 1934, environ un an après l’arrivée au pouvoir d’Hitler, Giuseppe Cambareni, 33 ans, se rend au siège de la Fraternitas Rosicruciana Antiqua ( FRA) à Berlin pour rencontrer son Souverain Grand Commandeur Arnold Krumm-Heller. L’impérial allemand et plus tard citoyen mexicain Krumm-Heller est un rosicrucien, franc-maçon, évêque d’une église gnostique, magicien et « guérisseur » (voir p. 1f).
Krumm-Heller (à droite) avec Emiliano Zapata (au centre), 1914
À l’âge de 15 ans, Arnold Krumm-Heller (1875-1949) travaillait sur les chemins de fer au Chili. A Paris, il fut initié à la Société Théosophique en 1902 [en fait : 1897] par le colonel Henry Olcott . Krumm-Heller est également Maître Maçon et 33ème degré du Rite Écossais Ancien et Accepté et 97ème degré du Rite Oriental Ancien et Primitif de Memphis et Misraim . Au Mexique, il fut chef de cabinet du président Francisco Madero (1873-1913). Son successeur Venustiano Carranza (1859-1920) nomma Krumm-Heller directeur des écoles militaires. De 1914 à 1918, Krumm-Heller fut membre du corps diplomatique mexicain et également attaché militaire à l’ambassade du Mexique en République de Weimar (Empire allemand) et en Suisse. Après la mort de Carranza, Krumm-Heller s’installe dans la République de Weimar et reste en contact avec ses frères rosicruciens en Amérique latine. Krumm-Heller, fasciné par les cultures précolombiennes, estime qu’elles sont dotées de pouvoirs psychologiques et intellectuels particuliers… En 1929, il reçut une initiation inca au Pérou et se fait depuis lors appeler « Huiracocha ». Il a vécu sans être inquiété sous le régime hitlérien et, comme d’autres dirigeants occultes, a tenté de s’intégrer dans le milieu nazi afin de trouver des protecteurs et des donateurs (voir p. 10f).
Arnold Krumm-Heller a inscrit son fils Parsifal dans une école d’élite nationale-socialiste, la NaPoLA, qui, selon les idées de Heinrich Himmler, était destinée à former les futurs cadres dirigeants SS. Dans une lettre écrite le 12 octobre 1936 sur le paquebot « General Artigas » en route vers le Brésil, Krumm-Heller écrit à ses rosicruciens en Galice (Espagne) que ses sympathies et celles de l’Allemagne nationale-socialiste étaient tournées vers le nationalisme et avec lui Le général Francisco Franco est considéré… L’ésotériste germano-mexicain écrit aussi que « l’ère du Verseau » approche précisément à cause du nationalisme… Selon Cambareni, Krumm-Heller est bien considéré par les hiérarchies nazies… En fait , il est resté silencieux pendant toute la Seconde Guerre mondiale dans une clinique de Marbourg et correspond également avec ses collègues dispersés dans différents pays. Krumm-Heller correspond même avec une loge californienne de l’Ordo Templi Orientis (OTO ) d’Aleister Crowley et apparaît également comme un partisan du mouvement fasciste mexicain, par lequel il se positionne fermement contre le communisme et le matérialisme (cf. Corvisieri, op. cit., pp. .12-15).
En 1934, à Berlin, Cambareni (comme il l’écrit dans le journal « Rosa Cruz ») vit des expériences « mystiques ». Il a la « vision » de la « Grande Lumière » et des « Maîtres »… Cambareni, qui qualifiait Berlin de « Ville Lumière » en 1934, fut envoyé par Krumm-Heller en Italie pour y fonder la Fraternitas Rosicruciana Antiqua . ( cf. p. 15f).
3. En Italie entre fascisme et antifascisme (1934-1943)
Arnold Krumm-Heller, rosicrucien et 33°
Après quelques semaines à Berlin, Giuseppe Cambareni se rend à Rome, où il reste 14 ans. Il parvient à entrer au service du général Pietro Badoglio (1871-1956)… Il servira ensuite les Alliés. Après la guerre, en 1946, Cambareri affirmait avoir déjà travaillé comme saboteur du fascisme dans les années 1930… Mais il est difficile de faire confiance aux déclarations de Cambareri. Durant le fascisme, Cambareni révèle ses ambitions à certains agents de l’OVRA : il veut devenir le conseiller secret de Mussolini. Les partisans de Cambareri affirment qu’il travaille pour les services secrets anglo-saxons depuis les années 1930 (voir p. 2f). Le comte Bino Bellomo, capitaine du SIM (Military Intelligence Service) et disciple et associé de Cambareri, estime qu’il était un agent au service de la puissante élite de la franc-maçonnerie britannique Royal Arch (cf. Corvisieri, op. cit., p. 3 )
Le 10 octobre 1973, Iole Fabbri, la veuve de Cambareri, écrit au journaliste Marcello Coppetti que le voyage de son mari en Italie en 1934 avait les objectifs suivants : 1) éviter la guerre ; 2) renverser le régime fasciste ; 3) établir la « Fraternité Blanche Universelle de l’Archange Michel » ; 4) publier des livres dictés par un être spirituel, le « Maître Ergos », qui s’est révélé à un médium (c’est-à-dire Iole Fabbri lui-même) ; 5) diffuser la nouvelle doctrine ; 6) construire un temple spiritualiste ; 7) préparer la construction d’une ville sainte (voir p. 4).
En réalité, il semble que Cambareni ne veuille pas renverser le fascisme, mais l’utiliser pour le « Grand Œuvre », c’est-à-dire la création d’une section de la Fraternitas Rosicruciana Antiqua en Italie (voir p. 28).
En tout cas, à son arrivée en Italie, Cambareni était déjà sous la surveillance de l’OVRA, qui le soupçonnait fortement d’être un agent de la franc-maçonnerie internationale (voir p. 30).
Durant l’année 1935, Cambareni réussit facilement à établir des contacts avec divers ministères du gouvernement italien et même avec la direction du Parti National Fasciste . Le chef de la police Arturo Bocchini fait surveiller Cambareni par la Quaestury (préfecture de police) de Rome et l’OVRA (voir pp. 28-31).
En 1935, au moment de la guerre d’Abyssinie, l’OVRA sait que le rosicrucien Cambareni espère que Mussolini utilisera la Fraternitas Rosicruciana Antiqua de Krumm-Heller pour entrer en contact avec la franc-maçonnerie internationale à travers la Société Théosophique et mettre ainsi fin à la guerre entre l’Italie et l’Angleterre. .. En fait, la Société Théosophique avait mené une propagande anti-allemande au service de la Grande-Bretagne pendant la Première Guerre mondiale et favorisait la domination britannique en Inde. Cambaréni était convaincu que l’Italie ne pouvait pas gagner la guerre contre l’Angleterre (voir pp. 31-33). Il avait raison à ce sujet.
En novembre 1936, Cambareni se trouvait à Londres et reçut un livre de l’occultiste Aleister Crowley, « L’équinoxe des dieux », offert par l’auteur lui-même, comprenant une dédicace et un autographe datés du 15 novembre 1936 (voir p. 58).
Rome Harvey Spencer Lewis, empereur de l’AMORC
En 1937, au Palazzo Venezia de Rome, Benito Mussolini rencontre Harvey Spencer Lewis (1883-1939), « l’empereur » de l’ Antiquus Mysticus Ordo Rosae Crucis ( AMORC, Ancient Mystic Order of the Rose Cross), un groupe rosicrucien américain opposé à la Fraternitas présente. Spencer Lewis, franc-maçon, est soutenu par la droite politique aux États-Unis, favorable à Mussolini. L’AMORC est plus puissante, y compris économiquement, que la Fraternitas Rosicruciana Antiqua . Lors de cette réunion, Mussolini fait l’éloge des présidents américains Franklin et Jefferson, qui sont même considérés par ces rosicruciens comme leurs membres (voir pp. 33-36).
Le représentant italien de l’AMORC à cette époque était Dunstano Cancellieri (voir p. 38f). Au début du XXe siècle, Dunstano Cancellieri (1870-1949) était un anarchiste, membre de la Société Théosophique, de la société secrète subversive Carboneria (qui existait encore à cette époque), ainsi qu’un franc-maçon du Grand Orient de Italie et aussi de l’ordre maçonnique mixte international Le Droit Humain et 18ème degré du Rite Écossais Ancien et Accepté de la Franc-Maçonnerie (RSAA ) et également Martiniste… Dans l’underground de la période fasciste, Cancellieri est actif dans un autre groupe maçonnique, appelé Franc-Maçonnerie Unie , qui passa au Grand Orient . Cancellieri atteint le 33ème degré du RSAA.
Corvisieri écrit qu’après la Seconde Guerre mondiale, Cancellieri fut salué par John Cowles 33° comme le seul franc-maçon digne de confiance (cf. Corvisieri, op. cit., p. 39). Cowles 33° était alors Souverain Grand Commandeur du Conseil Suprême des Mères du Rite Écossais Adopté de la Franc-Maçonnerie (RSAA) dans le monde (basé à Washington DC, États-Unis).
Cancellieri, anarchiste, antimonarchiste et républicain, a travaillé plusieurs années comme traducteur au ministère de la Justice à Rome. Ensuite, au conseil municipal romain, il fut conseiller de la majorité qui soutenait le maire Ernesto Nathan, grand maître de la franc-maçonnerie italienne. Pour cette raison, Cancellieri a été démis de ses fonctions pendant le fascisme. Cancellieri n’est cependant soumis à aucune mesure coercitive, mais peut rester et se déplacer en toute sécurité en Italie et entretenir une correspondance avec l’AMORC américaine, bien que sous la surveillance secrète de l’OVRA (voir p. 38f).
Depuis l’auto-dissolution forcée de toutes les loges que Mussolini a imposée à la franc-maçonnerie en novembre 1925, le régime fasciste a toléré les cercles rosicruciens, spiritualistes, théosophiques, néo-pythagoriciens et martinistes parce qu’ils n’étaient pas très répandus mais étaient limités aux élites intellectuelles, riches et aristocratiques. restreindre l’Italie fasciste. Mgr Umberto Benigni (1862-1934), fondateur de la Sodalitium Pianum et rédacteur en chef du journal antimoderniste Corrispondance de Rome) et sa nièce Bianca d’Ambrosio (agent « n° 42 » de l’OVRA, secrétaire de Mgr Benigni et contributeur de Radio ) souhaitent la persécution de tels groupes ésotériques, car ils seraient définitivement liés au monde maçonnique… Mais l’OVRA ne montre aucun intérêt à agir contre ces groupes (cf. Corvisieri, op. cit, pp. 44 -46)… En fait, dans les cercles aristocratiques et élitistes de l’Italie fasciste (même parmi les généraux de l’armée), l’ésotérisme, l’occultisme, le spiritualisme, l’astrologie, le yoga et l’alchimie exercent une forte attraction (voir p. 47). Les jeunes des grandes familles adhèrent à cette culture ésotérique et Cambareni prend des mesures pour les impliquer dans ses projets et les utiliser comme intermédiaires auprès de leurs proches au sein de l’ establishment fasciste.
Paolo Badoglio, fils de Pietro Badoglio
Par exemple, Cambareni attire dans son filet le jeune, riche et sportif Paolo Badoglio (1912-1941), passionné d’occultisme et de spiritualisme. Il est le fils du général et franc-maçon Pietro Badoglio (voir pp. 47-50). Paolo Badoglio d’Addis-Abeba, marquis del Sabotino (son père, anobli en 1929, avait été élevé au titre nouvellement créé de duc d’Addis-Abeba en 1936) épouse Annina Silj, fille du marquis de S. Andrea d’Ussita et sénateur. du Royaume d’Italie, nièce du cardinal Augusto Silj et cousine du cardinal Pietro Gasparri.
Grâce à Paolo Badoglio, Cambareni trouve également des connexions avec le service de renseignement militaire SIM (voir Corvisieri, ibid, p. 54). Dans ces cercles fascistes et ésotériques riches et influents, Cambareni organise des séances . Bice Pupeschi, actrice, agent de l’OVRA et répertoriée par les services secrets américains comme l’amante de Bocchini, parle à Cambareni du médium Iole Fabbri, qui tombe en transe et dit qu’elle est Ergos, un être spirituel… Iole et Cambareni se rencontrent lors d’une séance , ils forment désormais avec Ergos un couple inséparable (voir pp. 54-56).
Cambareni et Iole reprennent la Confrérie Blanche Universelle de l’Archange Michel ( FBUAM), achètent un terrain au sud-est de Rome dans les Castelli Romani pour construire leur temple et commencent à publier des livres dans lesquels ils décrivent la « doctrine » d’ Ergos « Sagesse Astrale du Monde », « Méditations de la Semaine Sainte », « Sagesse éternelle », « La Loi la plus élevée »… Cambareni et Iole sont surveillés en permanence par l’OVRA (voir p. 56f). Leur enseignement sur le Saint Archange Michel est gnostique, ésotérique, rosicrucien (voir p. 57f). Cambareni et son médium font de leur villa près de Rocca di Papa, qu’ils appellent Villa San Michele , le centre de leur confrérie.
Dans les cercles qui comptaient dans la Rome fasciste, Cambaréni, avec son médium Iole Fabbri, acquit une renommée en tant que magicien important. Pupeschi les observe et en informe l’OVRA. Cambareri, qui se croit , et Iole racontent qu’en 1938 ils eurent des visions de l’archange Michel et de Jésus… Selon Cambareri, Mussolini est un instrument de saint Michel pour défendre la paix. .. Les partisans de Cambareri le croient ( voir Corvisieri, ibid, pp. 59-61).
Le colonel Raffaele Perfetti (p. 77), également membre de la Confrérie Michael de Cambareri, est également présent aux séances de Cambareri-Fabbri. Perfetti recrute de nombreux officiers du SIM, section de contre-espionnage, comme étudiants de Cambarreri, dont Bino Bellomo (voir pp. 71-74). Le colonel Perfetti est également surveillé par l’OVRA, notamment par l’agent Bice Pupeschi, qui avait déjà désigné Cambareni comme une menace pour le gouvernement fasciste. Mais Cambaréni et Perfetti restent intacts. Parmi les espions au service de Pupeschi figurent également plusieurs anciens francs-maçons (voir pp. 73-76).
Perfetti, passionné d’ésotérisme, de théosophie et de rosicrucianisme, agent secret du renseignement militaire et actif dans l’industrie de guerre et le commerce des armes, était, selon son subordonné Bino Bellomo, un membre de haut rang de la franc-maçonnerie internationale (étrangère). (voir p. 78).
La crainte au sommet de l’État de complots maçonniques ou d’un entrelacs entre francs-maçons et services secrets n’a pas été exagérée dans tous les cas. L’un des services secrets italiens a appris que le 24 avril 1942 avait eu lieu à Lausanne une conférence sur les retraites de l’État, à laquelle trois francs-maçons, E. Jomini, HA Rochat et Charles Buchner, ou garants de l’amitié des Britanniques, des Américains (Kentucky, États-Unis) et la franc-maçonnerie brésilienne (voir p. 78f).
Bice Pupeschi, agent de l’OVRA
Il est certain que des francs-maçons comme Earl Brennan 33° (membre de la loge florentine « Il Risveglio ») et Riccardo Mazzerini étaient actifs dans le département italien des services secrets américains OSS (Office of Strategic Services), précurseur de la CIA ( voir page 78).
Dans le mouvement Unione Democratica (Union Démocratique ) fondé par Cambareni dans la Rome fasciste, il y avait des agents du SIM mais aussi de l’OVRA, parmi lesquels Marco Fossa, qui allait devenir un proche collaborateur de Cambareni (et de son cercle spirite michélien), le Fossa après la guerre a contribué à lui faire oublier son passé d’agent de l’OVRA (voir p. 99f). En décembre 1941 encore, Bice Pupeschi signalait la dangerosité de Cambareri et ses talents de conspirateur à leurs chefs de l’OVRA… Mais l’OVRA confia la suite de l’enquête à un sous-officier qui croyait plutôt que Cambareri et Iole Fabbri souffraient simplement de troubles mentaux. (voir p. 101f). En réalité, l’OVRA était trop bienveillante envers Cambareni, qui conspirait en réalité contre le régime fasciste.
Le 18 mars 1942, l’OVRA fit arrêter Cambareni, mais réfuta ensuite les accusations en le décrivant comme une personne crédule. Même dans la prison romaine « Regina Coeli » et en exil à Campobasso, Cambareni jouit d’une certaine liberté, de ressources financières, d’une renommée de magicien et de guérisseur et de la capacité magnétique d’attirer la bonne volonté, la sympathie et même de nouveaux adeptes à sa Confrérie de Saint Michel. … Au bout de quelques mois, Cambaréni arrive libre. C’est aussi le signe qu’il bénéficie d’une protection de haut niveau (voir pp. 103-112).
Plus tard, après la guerre, Cambarení aide également le responsable de l’OVRA, Arturo Musco, qui l’a sauvé en « faisant le pont » avec l’enquête menée contre lui en 1942. Après le 8 septembre 1943, Musco rejoint la République sociale italienne fondée par Mussolini . Néanmoins, Cambareni parvient à sauver Musco en le présentant comme son agent infiltré auprès des fascistes de Salò. Musco reçoit même la Croix de Guerre pour sa bravoure militaire dans ses activités anti-nazies-fascistes (voir p. 185f).
Mais avant tout : le 25 juillet 1943, le Grand Conseil du fascisme se rebelle et renverse le gouvernement de Benito Mussolini, qui est arrêté. À ce moment-là, Giuseppe Cambareni se déclare ouvertement antifasciste et rejoint le SIM du côté allié. L’un des collaborateurs de Cambareni est l’agent du SIM, le capitaine Bino Bellomo (voir p. 136f).
Dans tous ces événements, on est étonné de l’habileté et de la protection (et pas seulement de la chance) dont Cambaréni jouissait sans aucun doute dans la Rome fasciste. Comme s’il y avait au-dessus de lui un « pouvoir » invisible (spirituel et/ou terrestre) « omnivoyant » qui ouvrait les portes du fascisme et empêchait l’OVRA d’agir contre lui… oui, comme si même l’OVRA le protégeait et l’a aidé… Les agents de l’OVRA Pupeschi et d’Ambrosio avaient probablement deviné l’identité et la mission de Cambareri, mais parmi les supérieurs de l’OVRA, il y avait ceux qui le protégeaient… Un pouvoir invisible qui transcende les identités nationales, les gouvernements, les orientations idéologiques… au-delà et au-dessus de tous les contraires ?
* Le Père Paolo Maria Siano appartient à l’Ordre des Franciscains de l’Immaculée (FFI) ; Le docteur en historien de l’Église est considéré comme l’un des meilleurs experts catholiques en matière de franc-maçonnerie, à laquelle il a consacré plusieurs ouvrages de référence et de nombreux essais. Dans sa publication la plus récente, il vise à prouver que la franc-maçonnerie contenait dès le début des éléments ésotériques et gnostiques, qui justifient encore aujourd’hui son incompatibilité avec la doctrine de l’Église.
Traduction : Giuseppe Nardi Image : Wikicommons/MiL
Samedi prochain (18) sera marqué par la solidarité à Cascavel avec la 4ème édition de Semeando Solidariedade, une action menée chaque année par les Loges maçonniques de la ville. Cette année, en plus de la traditionnelle collecte de dons, des activités axées sur la population auront lieu, de 9h à 15h, sur la Praça do Maçom, située sur l’Avenida Piquiri, à l’angle des rues Tiradentes et Mato Grosso.
Même si l’action a toujours lieu l’avant-dernier samedi du mois de novembre, la mobilisation solidaire commence bien plus tôt avec la définition des entités bénéficiaires, ainsi que le montant des dons adressés à chaque institution. Cette année, plus de 10 tonnes d’articles sont prévues, notamment des paniers alimentaires de base, destinés aux institutions qui réalisent un travail social pertinent. Le Secrétariat d’Assistance Sociale de la Commune a même été consulté sur les bénéficiaires afin que l’action puisse effectivement générer des résultats efficaces.
« Semer la Solidarité est un très bel événement, car il implique toute la Famille et la Société Maçonnique. En plus des collectes réalisées par la Franc-maçonnerie elle-même, nous aurons la possibilité de recevoir des dons de la population. Rendez-vous simplement sur le lieu de l’événement et prenez votre contribution. Nous recevons de la nourriture (riz, haricots, sucre, pâtes et/ou huile) et nous nous engageons à la répartir correctement, en veillant à ce que les dons parviennent à ceux qui en ont le plus besoin », explique Antonio Moreni, l’un des coordinateurs locaux de l’action, qui a lieu dans toutes les régions du Paraná.
La Praça do Maçom servira de point de collecte, mais sera également transformée en espace de citoyenneté. Cinq tentes seront dressées, dont une destinée à l’Action Sociale pour recevoir les dons et les allouer aux entités bénéficiaires. Un autre espace sera entretenu par le CONSEG (Conseil Communautaire de Sécurité Publique) avec la présence des forces de sécurité. L’Observatoire Social de Cascavel sera également présent pour sensibiliser à la citoyenneté fiscale et faire connaître le travail de l’entité qui fête ses 15 ans ce mois-ci.
L’hôpital Uopeccan participera en fournissant des conseils sur la prévention du cancer du sein et de la prostate. Il y aura également un espace occupé par des entités paramasoniques de jeunesse et des scouts. « Les gens présents sur la place auront l’occasion d’interagir sur des sujets très pertinents. Il s’agira donc d’un événement de solidarité complet, au cours duquel nous recevrons et donnerons matériellement, mais aussi propagerons la citoyenneté et renforcerons les liens qui unissent la franc-maçonnerie et la société », souligne Moreni.
À propos de la franc-maçonnerie
La franc-maçonnerie est une institution laïque dont l’essence principale est philosophique, philanthropique et éducative. Son objectif est de rassembler des personnes engagées pour le bien commun et la construction d’une société meilleure. Au Brésil, l’Ordre maçonnique est né organisé en 1822 avec la fondation du Grand Orient du Brésil. Au Paraná, la première loge maçonnique a été fondée en 1837.
La franc-maçonnerie vise à aider au développement de l’humanité en tant que société organisée, en formant des bâtisseurs sociaux ou des faiseurs d’opinion. L’expression franc-maçon, couramment utilisée dans l’Institution, est révélatrice de la grande construction dans laquelle les francs-maçons se sont engagés : l’édifice social.
Il convient de souligner que les principes de l’Institution sont : la liberté des individus et des groupes humains, qu’il s’agisse d’institutions, de races, de nations ; l’égalité des droits et obligations des êtres et des groupes sans distinction de religion, de race ou de nationalité ; la fraternité entre tous les hommes, puisque nous sommes tous enfants du même Créateur et donc humains et, par conséquent, l’amour fraternel par toutes les nations.
Au Paraná, il existe des institutions maçonniques : Grand Orient du Brésil – Paraná, Grande Loge maçonnique de l’État du Paraná et Grand Orient du Paraná.
De notre confrère russe russian7.ru – de Viatcheslav Korotine
La franc-maçonnerie est apparue en Russie vers le milieu du XIXe siècle. Certes, au début, ce phénomène sur le sol russe n’était populaire que parmi les étrangers. Mais sous le règne de Catherine II, la quasi-totalité de la noblesse était déjà membre des francs-maçons. Francs-maçons à proximité.
Le pic de popularité de la franc-maçonnerie dans l’Empire russe s’est produit à la fin des années 1770. À cette époque, il ne restait pratiquement plus une seule famille noble dans l’État dont les représentants ne seraient pas liés à la loge maçonnique. Les barons Ungern-Sternberg, Voeikov, les princes Viazemsky, Odoevsky, Khvostov, Gagarins, Dolgorukies, Kurakins, les comtes Stroganov, Shuvalov P. Tolstoï, Beketov, Zhedinsky – cette liste peut être longue.
La loge était dirigée par le conseiller privé, sénateur et chevalier de l’Ordre de l’Aigle blanc Ivan Perfilyevich Elagin. Fin février 1772, le duc de Beaufort signe à Londres son diplôme pour le titre de grand maître provincial. Dès sa fondation, les loges Elagin n’ont pas copié le « système maçonnique » anglo-saxon. Par exemple, il n’y avait pas de niveaux inférieurs, puisqu’aucun des nobles maçons ne voulait recevoir de premier, deuxième ou même troisième degré. L’idée de quelqu’un d’autre, mise en œuvre originale. Les loges russes ressemblaient davantage à un club laïc, qui ne pouvait pas inclure tous les représentants de la haute société.
FM en Russie Crédit photo : www.pnp.ru
Le « minimum religieux » est devenu une sorte de « truc ». Les compatriotes maçonniques pouvaient prendre un bon dîner dans la salle à manger, rencontrer de nombreuses connaissances agréables, s’amuser, mais seulement après de courts rituels, qui semblaient pourtant encore fastidieux à beaucoup. Les contemporains soulignaient même que les frères des loges Elagin jouaient presque avec la franc-maçonnerie comme un jouet : ils se rassemblaient, recevaient, parlaient beaucoup, mais savaient peu. Assez rapidement, l’élite russe s’est rendu compte qu’elle ne trouverait pas de nourriture spirituelle en quantité suffisante dans la franc-maçonnerie d’Elagin. Mais cela n’a dérangé personne.
Habitués à d’étranges rituels, les frères commencèrent à se moquer des actes sacrés des maçons. Ainsi, la franc-maçonnerie russe doit être considérée comme l’exemple le plus clair de la façon dont les idées étrangères s’adaptent à la réalité nationale, se transformant finalement en un phénomène complètement différent.