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Loges mixtes plus intelligentes ? La science répond !

La loge n’est en aucune manière un centre d’entrainement social et encore moins thérapeutique. Pourtant, on peut se demander si on travaille plus efficacement sa spiritualité et sa fraternité dans une loge monogenre ou dans une loge mixte. Il est évident qu’aucune étude sociologique sérieuse n’a été réalisée dans les diverses obédiences connues. Qui accepterait d’accueillir dans ses locaux des chercheurs pour confirmer ou infirmer un tel postulat ?

Pourtant, le célèbre MIT de Boston (USA) a mis au point un test QI qui permet désormais d’évaluer l’intelligence des groupes. Jusqu’à présent le résultat de ces recherches semble faire autorité. Il serait donc logique de conclure qu’un groupe est plus intelligent qu’un individu et surtout, tous les résultats confirment que la présence de femmes rend le groupe nettement plus intelligent.

La question qu’il convient donc de poser est :

« Le travail est-il de meilleur qualité dans une Loge mixte que dans une Loge monogenre ? »

Nous vous laissons regarder ce reportage ci-dessous proposé par la chaine Arte qui confirme avec certitude que les groupes ne suivent pas forcément les plus intelligents mais ceux qui parlent le plus fort. Comme cela est étrange !

Il reste maintenant à transposer avec le monde maçonnique (avant d’essayer avec celui de la politique) pour confirmer cette question de la mixité.

Sur les traces des Templiers… en Camping-Car

De notre confrère camping-car.com

Nous voici en plein cœur du Larzac, sur les anciennes terres des Templiers et des Hospitaliers. Les moines soldats n’y protègent plus les pèlerins, terrorisés par quelques brigands, lors de leur traversée du causse. Mais leur présence reste ancrée dans l’architecture des villages. Voire dans le rapport entre les hommes et cet environnement de rocailles.

Le village de La Couvertoirade reste marqué par son passé médiéval. Les remparts, construits par les Hospitaliers au XVe siècle, lorsque la région était plongée dans l’insécurité, affrontent depuis cette époque, les assauts des vents, du froid et autres caprices climatiques qui balayent cette région rocailleuse. Dès nos premiers pas, nous la découvrons avec sa richesse architecturale et son site naturel.

Après une courte et intéressante première traversée du village, nous en ressortons pour mieux découvrir l’écrin primitif qui l’abrite. Nous gravissons une piste en pente douce, facile à arpenter, en direction du plateau. Bientôt, nous marchons sur le causse du Larzac, nos yeux tentant de percer l’horizon de cette immense surface karstique ouverte à tous les vents. En marchant dans ce décor aride où les roches dominent une végétation rase, constituée de buis, d’herbes et d’arbustes battus par les courants d’air et le soleil, l’esprit s’évade aussi loin que se porte le regard. Posé sur cette immensité lunaire, le moulin de Redounel déploie des ailes fières, prêtes à affronter les fureurs d’Eole.

Rapidement, nous croisons un troupeau de brebis Lacaune, race typique des lieux. A partir de leur lait, on produit le roquefort, le célèbre fromage à pâte persillée élevé dans les caves naturellement ventilées, situées non loin de là.

Les lavognes et les toits citernes qui ponctuent notre circuit, témoignent aussi de l’activité pastorale du Larzac, héritage vivant des siècles de culture agricole, et aujourd’hui classé au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Dans le chemin creux que nous empruntons, il fait bon marcher, même quand les rayons du soleil commencent à irradier notre balade matinale. Ce sentier nous ramène au pied des remparts. L’on ne peut s’empêcher de penser aux “Routiers”, ses bandes organisées qui terrorisaient la région, au XVe siècle. Notre époque est nettement plus calme, même si le causse fut, il y a un demi-siècle, le théâtre d’un soulèvement paysan. On se souvient de la lutte du Larzac dans les années 70 et de celle de 2003 avec le démontage d’un fast-food par José Bové et ses camarades de la Confédération paysanne.

Une visite plus approfondie de La Couvertoirade, avec son château, ses églises et surtout son ambiance générale, s’impose au retour. Juste avant de déguster quelques morceaux de roquefort, étalés sur une bonne tranche de pain de campagne. Une bonne façon de terminer la randonnée et de se plonger encore mieux dans l’esprit des lieux

STATIONNER EN CAMPING-CAR A LA COUVERTOIRADE

Parking La Couvertoirade. Aire très bien située, à l’entrée du village et au départ de la randonnée. Nuitée possible, mais sans service. Toilettes, poubelles.

Tarif : 4 €/24 heures. Accessible du 1er avril au 12 novembre.

Adresse : Route du Caylar à Nant. GPS : (N) 43°54’39”/(E) 3°18’48.744”

14-15/10/23 : Biennale Culturelle et Maçonnique de Bordeaux, le plus info !

Le 11 juillet dernier, nous titrions « 14-15/10/23 : Biennale Culturelle et Maçonnique de Bordeaux ». Cette année, le Comité Programmatique de la Biennale réunit les représentants de 10 obédiences maçonniques : GODF, DH, GLDF, GLFF, GLTSO, GLFMM, OITAR, GLMF, GL-AMF, FLNF.

Aujourd’hui, la dynamique équipe de la Biennale nous transmet un complément d’informations que nous partageons avec le plus grand plaisir.

Nous vous rappelons donc ce rendez-vous INCONTOURNABLE des 14 et 15 octobre 2023.

Le programme

Un stand de la très réputée librairie Mollat – librairie depuis 1896 – proposera les dernières parutions, des auteurs seront là pour dédicacer leurs œuvres et un artisan proposera des bijoux maçonniques

et Lune et Soleil Diffusion, fabriquant et négociant en décors maçonniques, cadeaux maçonniques et accessoires de loge tous rites depuis 15 ans, sera aussi présent. Un week-end qui sera agrémentée d’animations théâtrales et musicales présentées par des acteurs locaux.

Bien évidemment, les conférenciers – Christiane Vienne, Frédéric Péloquin, Timothée Duverger et Jean Peaux – dédicaceront leurs ouvrages, mais en plus, trois auteurs ont confirmé leur présence : Dominique Segalen, Pierre Jacquemin et Yves Mur.

Une présentation à retrouver sur le site de l’IMAQ :

Frédéric Ploquin/Christiane Vienne/Timothée Duverger/Jean Petaux/Dominique Segalen/Pierre Jacquemin/Yves Mur.

Pour mémoire, l’IMAQ, déclaré en juin 2017, est l’Institut d’Aquitaine/Humanisme et culture d’Aquitaine, dont l’ancien titre n’était autre que l’Institut maçonnique d’Aquitaine.

Dominique Segalen, Prix littéraire IMF 2016, catégorie ‘’Histoire’’.

Son nouvel objet est l’organisation d’une « Biennale Culturelle Maçonnique de Bordeaux » qui constitue une section de l’association et dont le fonctionnement est régi par un règlement intérieur particulier voté par le conseil d’administration de l’association et plus généralement toute activité culturelle ayant un lien avec les valeurs humanistes défendues par la franc-maçonnerie (biennale dans un autre lieu géographique, conférences, congrès, expositions, salons, colloques, spectacles, club d’activités, éditions littéraires, etc…), qui peuvent être organisées en section de l’association selon les modalités de l’article 16 des présents statuts. Toutes ces manifestations sont ouvertes à tout public sans exclusive.

V° Biennale Culturelle Maçonnique de Bordeaux, la cagnotte

Bienvenue sur cette cagnotte ! Après une trop longue interruption, la Biennale Culturelle Maçonnique de Bordeaux revient les 14 et 15 octobre 2023 au Campus Atlantica de Artigues-près-Bordeaux.

Participez en un clic, 2 petits € CHACUN, c’est un grand soutien pour la Biennale. Tous les paiements sont sécurisés. Merci à tous.

Infos pratiques : Entrée libre et gratuite

Campus Atlantica | Centre de séminaires et congrès proche de Bordeaux

Adresse : 24 Av. Virecourt, 33370 Artigues-près-Bordeaux/Tél 05 56 77 33 33

Arche Royale dévoilée : Le 4e degré

De notre confrère thesquaremagazine.com

L’Arc Royal se dresse comme l’arc-en-ciel de la promesse dans le Rituel ; il se présente comme la promesse de la résurrection ; de ce qui a été perdu et qu’il sera récupéré. La question se pose de savoir si la Parole du Maître a été initialement communiquée au Troisième Degré ?

Le quatrième degré
William F. Kuhn, PGHP du Missouri
Publié dans The Builder, Vol. 2, 1915

Sur ce point, il y a une certaine diversité d’opinions. Dans notre présent Rituel du Troisième Degré, la Parole du Maître est perdue.

Le Dr Oliver, un historien maçonnique réputé, déclare :

« Le vrai mot n’a jamais été perdu mais transféré à l’arche royale »,

et pour corroborer cette déclaration dit en outre :

« J’ai sous les yeux une ancienne gravure française des travaux de fond de la loge du maître, datée de 1740, contenant les emblèmes habituels et sur le cercueil se trouve le » vrai mot « en majuscules romaines. »

Cela tendrait à prouver qu’avant que la légende d’Hiram Abiff ne soit introduite dans le Master, la Parole Vraie était communiquée dans le Master et non une Parole de Substitut.

Il s’ensuit nécessairement que lorsque la légende d’Hiram est devenue une partie du Rituel de ce degré, la « perte » de la « Parole » a suivi, car la « perte » fait partie de la légende Hiramique.

Mais la « perte » sans « reprise » serait une absurdité ; pour compléter la symbolique de la franc-maçonnerie, la « Parole » doit être récupérée, d’où la nécessité d’un Quatrième Degré, l’Arc Royal.

En 1738, ou avant, l’histoire de la perte de la Parole et la nouvelle légende, l’Arche Royale, furent progressivement introduites dans les loges, et lorsque la division se produisit, (1751) divisant la franc-maçonnerie d’Angleterre en « Modernes » et « Anciens », ces derniers organisèrent une Grande Loge et adoptèrent un Rituel des Quatre Degrés, le quatrième étant l’Arche Royale.

La Grande Loge des « Modernes » a évidemment continué à utiliser l’ancien Rituel, sans la légende d’Hiram Abiff, tandis que la Grande Loge des « Anciens » a utilisé le nouveau Rituel contenant la légende Hiramique et le Quatrième Degré, jusqu’en 1813, lorsque le deux Grandes Loges se sont unies et ont formé l’actuelle Grande Loge d’Angleterre, connue sous le nom de Grande Loge Unie d’Angleterre.

C’est donc à la Grande Loge des Anciens que nous devons le diplôme de Maître tel qu’on le trouve dans notre Rituel et aussi la préservation du Diplôme de l’Arche Royale.

L’un des articles d’union des deux Grandes Loges d’Angleterre en 1813 était le maintien des diplômes tels que formulés par la Grande Loge des «Anciens»; par conséquent, parmi les articles d’accord de cette union, nous trouvons la seule déclaration faite n’importe où ou à n’importe quel moment quant à ce qui constitue la «maçonnerie artisanale ancienne».

Cet article déclare que :

La maçonnerie artisanale comprendra les diplômes d’apprenti inscrit, de camaraderie et de maître maçon, ainsi que la Sainte Arche Royale.

Nous voyons donc que l’Arche Royale n’est que l’évolution d’une vérité contenue au début du Troisième Degré.

Il ne s’agit pas d’un « Diplôme supérieur », mais du dernier tome de la série d’une histoire sublime révélée par le symbolisme.

Le Master sans l’Arche Royale est une histoire à moitié racontée, une chanson méconnue et une promesse non tenue.

Le candidat est promis qu’il devrait recevoir, mais est renvoyé avec un « Suppléant ».

Il est laissé dans les ténèbres, dans le doute, et pour celui qui réfléchit, dans un état de déception. Pourtant, il y a un but derrière cette tromperie apparente. La Lumière et la Vérité révélée ne viennent que par le labeur et le service volontaire.

Cette leçon doit être apprise avant qu’un Maçon soit qualifié pour connaître et apprécier la Vérité, la Parole du Maître.

Il est peut-être regrettable que le diplôme Royal Arch ait été séparé des «degrés bleus»; mais qu’il soit chanceux ou malheureux, l’Arche Royale est le dernier des diplômes de l’Ancient Craft Masonry.

C’est le sommet et aucun Maître Maçon n’est en possession de tout ce que la Franc-Maçonnerie enseigne sans l’Arche Royale.

La série de quatre degrés a continué à être conférée en vertu d’une charte de loge jusqu’en 1750 environ, du moins en Amérique.

L’histoire la plus ancienne que nous ayons de l’Arche Royale dans ce pays remonte à 1758, lorsqu’elle a été conférée en vertu d’une charte de loge à Philadelphie.

Il a été introduit à New York à peu près au même moment par une loge militaire anglaise, dans le Massachusetts en 1869, où il a été conféré par St. Andrew’s Lodge.

Depuis ce temps, le Royal Arch Degree est resté en sécurité à sa place supérieure. «Le terme Royal Arch Lodge a été remplacé par Chapter et Royal Arch Chapter.

Le mot chapitre a été utilisé dans le Connecticut dès le 5 septembre 1783 ; en Pennsylvanie, le 5 septembre 1789, à New York, le 29 avril 1791 ; dans le Massachusetts, le 19 décembre 1794.

Le mot Chapitre a pris la place de Loge en Angleterre, pour la première fois, le 29 avril 1768. Le mot Compagnon, utilisé dans le Chapitre à la place de Frère, a été utilisé pour la première fois en Angleterre en 1778.

Ces termes, Chapitre et Compagnon, furent bientôt transportés en Amérique où ils fleurissent en tant qu’éléments du système capitulaire de degrés.

Telle est, en bref, l’histoire du Royal Arch Degree; sa filiation est aussi légitime que n’importe lequel des degrés de l’Ancient Craft Masonry; elle est née de l’introduction de la franc-maçonnerie spéculative dans la maçonnerie opérative, fruit du symbolisme et de l’allégorie.

Être maître maçon est le degré le plus élevé et le plus honorable qu’un homme puisse atteindre ; elle lui donne tous les droits et privilèges du Métier ; tous les diplômes dits supérieurs accumulés n’ajoutent rien à sa stature maçonnique.

L’Arche Royale fait partie du Master – le sommet de son excellence. C’est le privilège et devrait être le devoir du Maître Maçon de compléter l’histoire maçonnique, racontée en allégorie et révélée en symbolisme en recevant l’Arche Royale.

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Le Master Mark

Les diplômes du Chapitre sont : Mark Master, Past Master, Most Excellent Master et Royal Arch. L’origine du Mark Degree est voilée dans l’obscurité, comme tous les degrés maçonniques, mais, comme les autres, elle a vu le jour dans la période antérieure de la franc-maçonnerie spéculative.

Il était d’usage pour les maçons opératifs de choisir pour eux-mêmes une marque, à apposer sur chaque pièce de travail forgée par eux.

Cela a été fait afin de contrôler le travail de chaque opérateur par les surveillants et de faciliter le paiement des salaires.

Chaque marque était distinctive et la même marque descendait fréquemment de père en fils à travers plusieurs générations.

Ces marques peuvent être vues aujourd’hui sur les pierres des anciennes cathédrales d’Europe. Des copies en fac-similé sont reproduites dans toutes les histoires maçonniques.

En Écosse, le maçon opératif était tenu d’enregistrer sa marque par les statuts de Shaw publiés en 1598. De cette exigence d’enregistrement de la marque, le diplôme a évidemment évolué.

Le premier enregistrement du diplôme Mark conféré en Écosse porte la date du 7 janvier 1778. Pourtant, cela ne prouve pas que le diplôme n’a pas été conféré à une date beaucoup plus ancienne.

Ces dossiers contiennent également l’information que le Mark Degree ne pouvait être conféré à personne n’ayant pas reçu le diplôme de Fellowcraft et Master.

Un rapport fait à la Grande Loge de Mark Master Masons of England déclare:

« Il n’y a probablement aucun diplôme en franc-maçonnerie qui puisse prétendre à une plus grande antiquité que ceux de Mark Man ou Mark Mason et Mark Master Mason. »

Le diplôme a été conféré en Nouvelle-Écosse en 1784; dans le Connecticut en 1791 ; à New York en 1791 et à Boston en 1793. Comme l’Arc Royal, le Mark Degree était à l’origine conféré dans la Loge.

Aux États-Unis, le Grand Chapitre général, RAM, a émis des chartes Mark Lodge jusqu’en 1853, date à laquelle cela a été interdit et le diplôme passé sous le contrôle du chapitre.

En Angleterre, le diplôme est sous le contrôle de la Grande Loge de Mark Masons ; au Canada et en Écosse, le contrôle est exercé comme aux États-Unis.

Les leçons du diplôme sont intensément pratiques, mettant l’accent sur la grande exigence de la vie, à savoir : la qualification et le service.

Le diplôme d’ancien maître

L’utilisation générale du terme, Past Master, par le Craft, signifie celui qui a été élu, installé et servi pendant douze mois dans une Loge régulière.

L’utilisation générale du terme n’implique pas un diplôme distinct, bien que dans de nombreuses loges et autrefois dans le Missouri, le grade honorifique d’ancien maître soit conféré aux maîtres élus dans le cadre de la cérémonie d’installation. Ce grade ou diplôme a été ou est conféré uniquement en présence d’anciens maîtres.

Le diplôme est le deuxième de la série du Chapitre; de là sont nés les termes, Actuel Past Master et Virtual Past Master, ce dernier signifiant celui qui avait reçu le diplôme dans un Chapitre mais qui n’avait pas été élu ou servi comme Maître sur une Loge.

Un ancien maître virtuel n’a pas le droit d’être reconnu par la Grande Loge en tant qu’ancien maître.

Le diplôme est ancien. Nous retrouvons l’expression de Past Master utilisée en 1771 et sous-entendue comme quelqu’un qui « ayant passé la Chaire à travers une cérémonie ».

La Constitution de la Grande Loge d’Angleterre, 1723, parle du Maître installé passant par certaines « cérémonies importantes ».

Il ne peut y avoir aucun doute quant à l’ancienneté du diplôme. Elle date de la naissance de la franc-maçonnerie spéculative.

L’introduction du diplôme dans la Maçonnerie Capitulaire repose sur le fait qu’à l’origine, l’Arche Royale n’était conférée qu’à ceux qui avaient été élus et présidaient une Loge en tant que Maître, mais il était manifestement injuste pour une grande partie des frères d’avoir une telle restriction imposée à eux et à l’Arche Royale;

la loi suivante de 1789 illustre ce fait :

« Aucun frère ne peut être exalté avant d’avoir été au moins trois ans maître maçon et d’avoir présidé six mois en tant que maître d’une loge régulière garantie ou d’avoir passé la chaire de dispensation. »

Cette loi montre l’ancienne restriction et la modification qui prenait forme, permettant à d’autres que les vrais anciens maîtres de recevoir l’Arche Royale.

Une ancienne loi trouvée dans Harmony Lodge, n ° 52, Philadelphie, 1799, stipule:

« Que chaque frère qui n’a pas passé la chaire paiera quatorze dollars, sur lesquels la dispense sera payée ; s’il a passé le fauteuil pour être exalté, huit dollars.

C’est-à-dire qu’un ancien maître réel pourrait recevoir le diplôme de l’arche royale pour huit dollars, mais celui qui n’a pas reçu le diplôme de l’ancien maître doit obtenir une dispense du grand maître pour le recevoir avant de pouvoir être nommé maçon de l’arche royale et cela coûte quatorze dollars.

Lorsque le diplôme de l’Arche Royale est passé du contrôle de la Loge et est devenu un système distinct, connu sous le nom de Chapitre, la condition préalable à l’Arche Royale est restée, à savoir : le diplôme de maîtrise passé.

Le Virtual Past Master Degree est devenu une partie de la série Chapter. La raison de cette condition préalable devient apparente lorsque les leçons de ce degré dont on abuse, mais qui est magnifique, sont étudiées et comprises.

La leçon d’obéissance à l’autorité est à l’épreuve de l’anarchie, et celui qui veut enseigner doit d’abord apprendre à obéir.

Meilleur diplôme de Master

Un mensonge bien dit et répété devient constamment une vérité pour les gens crédules. Cela s’applique à la déclaration souvent répétée selon laquelle Thomas Smith Webb a fabriqué le système américain des degrés capitulaires et les ordres de la commanderie des Templiers .

Tout homme ayant une once d’intelligence, et utilisera cette once, trouvera que les degrés du Chapitre et les ordres de la Commanderie existaient et conférés près de cinquante ans avant la naissance de Webb.

Le plus excellent est souvent crédité à son cerveau fertile, et ainsi déclaré par certains écrivains maçonniques, mais heureusement, il y a dans les archives du Massachusetts et de New York la date de naissance de Webb et les dates auxquelles il a reçu tous les diplômes maçonniques.

Les dates montrent que le plus excellent était connu et conféré avant que Webb ne devienne un Royal Arch Mason.

La seconde moitié du XVIIIe siècle a été prolifique en degrés maçonniques en France et en Angleterre.

Les diplômes de tous les Rites peuvent dater leur naissance de 1723 à 1760, et dans le dédale des noms et titres de diplômes on trouve une véritable jungle.

Dans cette période, nous trouvons le système irlandais embrassé The Chair, The Excellent, The Super Excellent, The Royal Arch, The Knight Templar et le Prince Rose Croix.

Le système écossais comprenait : le Mark Master, le Past Master, l’Excellent Master et le Royal Arch. Le chapitre St. Andrew’s, Boston, a travaillé le système irlandais, à l’exception de The Chair, de 1769 à 1797.

Après 1799, la marque, le passé, le plus excellent et l’arc royal ont été conférés. Un éminent écrivain maçonnique dit du changement :

« Cette transition indique et suggère que le degré super excellent contenait la moelle et quelque chose de l’os du degré le plus excellent. »

À partir de 1791, le plus excellent était un diplôme bien connu et faisait partie du système capitulaire. Le Super Excellent de cette période ne doit pas être pris pour le Super Excellent dépendant du Conseil des Maîtres Royaux et Sélects d’aujourd’hui.

Le diplôme le plus excellent est un prélude approprié à l’Arc Royal, l’un des diplômes les plus impressionnants dans ses cérémonies et sublimement spirituel dans son symbolisme.

Qu’en est-il de l’Heure ?

Qu’en est-il de l’heure en franc-maçonnerie ? Plus lumineux, plus fort, plus clair.

Nous sommes souvent découragés et enclins au pessimisme ; mais au milieu de toutes les erreurs et trébuchements, un jour meilleur se lève, où nous verrons les travaux bienfaisants de la franc-maçonnerie briller d’une splendeur éclatante.

La franc-maçonnerie gagne en puissance et en bienfaisance. Au fur et à mesure que ses principes immortels s’enracinent dans le sol en friche du cœur et de l’esprit humains, il bourgeonne et s’épanouit dans le feuillage de la bonté et le fruit hespéridéen de la charité envers toute l’humanité.

Alors que le clochard maçonnique peut être vu sur la belle autoroute de la franc-maçonnerie, il y en a beaucoup plus aujourd’hui que jamais, qui peinent dans l’esprit et le cœur dans les mines parsemées de trésors du royaume de la franc-maçonnerie.

La franc-maçonnerie signifie aujourd’hui plus que des applaudissements négatifs et des principes négatifs ; mais elle se tient avant tout comme une puissance vivante, croissante et irrésistible, dont la fin et le but sont l’exaltation de l’homme et la gloire du « Je suis ce que je suis ».

Nos anciens frères ont voyagé de Babylone à Jérusalem – de la servitude à la liberté – avec un objectif fort en vue. Quel était le désir si prééminent dans leurs cœurs ?

Quel était le fondement du zèle qui les a poussés à subir les épreuves et les difficultés de ce voyage fatigant ?

Laissez-les parler : « Pour aider à la noble et glorieuse œuvre de reconstruction de notre Cité et Temple du Seigneur. C’était Travail, Travail, Travail. Pas l’oisiveté et la facilité. »

Article de William F. Kuhn

Le Dr William Frederick Kuhn (1849-1924) était médecin et neurologue.

Frère Kuhn, était une figure éminente de la franc-maçonnerie. Il a été élevé au Belle Center Lodge n ° 347 dans l’Ohio en 1877.

Tout au long de son parcours maçonnique, il a servi dans diverses loges et chapitres, devenant maître et grand maître de plusieurs d’entre eux.

Il a joué un rôle important dans le Grand Chapitre général, RAM, et est l’auteur d’ouvrages sur la franc-maçonnerie. De plus, il a occupé des postes dans différentes commanderies et a reçu de hautes distinctions, telles que le 32° REAA (SJ) et la Grand-Croix de l’ordre.

Entre chien et loup (… Fin)

(Une nouvelle de Gilbert Garibal – Partie 3/3)  (Lire la partie 2)

Ce soir, dîner de travail chez notre Vénérable Maîtresse. Certaines disent « Vénérable Maître » Pas de querelle de vocabulaire ! Mon mari ; lui, profite de mon absence, pour regarder le foot à la télé ! C’est ma troisième réunion du genre, à domicile. J’arrive, un peu en retard, taxi impose, avec mon bouquet de fleurs, dans un pavillon de Levallois-Perret, où m’accueille une assemblée de visages connus et sympathiques. La maîtresse de maison, qui porte doublement son titre, la première surveillante, chargée de l’instruction des apprenties, et mes « jumelles de promotion ».

Six femmes qui ne se seraient pas rencontrées, sans la franc-maçonnerie ! Chacune rappelle son métier, pendant l’apéritif : notre hôte, Claudine, est professeur des écoles, notre instructrice, Liliane, est contrôleur des impôts, deux apprenties, Amalia et Sandrine sont commerçantes, en alimentation et lingerie – une autre, Françoise, est fonctionnaire de police et moi, Sylviane, « femme-taxi », ce qui continue d’interpeller mes sœurs ! En fait, je crois qu’elles pensent à ma fatigue, aux risques d’agression, mais ces inconvénients existent dans bien d’autres métiers, la police entre autres. Elles ne se doutent pas de mon souci actuel, auquel je pense sans cesse, et que j’estime bien pire qu’une agression éventuelle. La vie d’un enfant est en jeu, et je suis directement impliquée…

J’aime bien la mentalité de notre loge. De notre « atelier », j’entends dire aussi, les deux mots sont synonymes. Je sens une bonne équipe, je suis bien tombée ! Nous veillons aux Droits de la Femme mais sans revendiquer un féminisme à outrance. Nous recevons des maçons en visite pour participer à nos travaux, et je sais que la réciproque n’est pas vraie : des obédiences masculines ne reçoivent pas les maçonnes. Ce qui me paraît totalement injuste, intolérant, et pour le coup, nous avons là à défendre les Droits de la Femme ! Dans notre communauté même !

Les apprenties n’ont pas le droit de donner un avis en loge, mais elles peuvent se rattraper en réunion extérieure. Je ne me gêne pas pour m’exprimer sur la mixité, et mes jumelles non plus ! Notre Vénérable est plus nuancée que nous, en pensant qu’il existe une diversité d’opinions à ce sujet et que nous devons la respecter. Il y a des loges masculines, féminines et mixtes. Il est bon qu’il y ait ce choix, pour la liberté de chacun et chacune, souligne-t-elle. A méditer. En revanche, elle n’apprécie pas que des loges féminines ou masculines refusent respectivement hommes et femmes en visite. Je souscris d’emblée à ce dernier point qui me paraît juste. D’équerre, si je puis dire !

La réunion de ce soir a pour objet central, fixé par Claudine, de parler de l’accueil des nouvelles sœurs par les anciennes, compagnonnes et maîtresses. Après un bon pot au feu, nous attaquons le sujet. Très « jeune » encore pour être objective dans la pratique de « l’Art Royal », très préoccupée aussi dans « le monde profane », je ne suis pourtant pas seule à l’avoir remarqué : cette « hiérarchie » maçonnique donne parfois lieu à des attitudes particulières de ses pratiquants. Un usage qui date des bâtisseurs de cathédrales veut que les apprentis (ies) préparent l’atelier pour les « tenues » et rangent le matériel à la fin. Ils confectionnent aussi les repas et font la vaisselle dans les loges de banlieue et de province. C’est l’application même de l’humilité et je m’y plie de bonne grâce, avec les nouvelles. Il n’est pas question de bizutage, certes, mais ça y ressemble ! Quelques soeurs, qui ont oublié leurs débuts, oublient aussi de saluer les apprenties, à l’arrivée et au départ ! Des mots simples comme « bonjour », « pardon », « merci », « au revoir » peuvent se perdre également en maçonnerie ! Il est temps de les réapprendre, nous dit la Vénérable, qui va réunir compagnonnes et maîtresses, à cet effet. Une loge, comme une chaîne, ne tient que par la solidité de ses maillons. C’est à dire leur bonne soudure ! J’aime beaucoup ces réunions externes, très formatrices, qui permettent une libre parole. Elles prolongent très bien les cérémonies en loge.

Il fait beau aujourd’hui, juste un petit vent frais de septembre. Au soleil doux de fin d’après-midi, la rue de la Gaîté est beaucoup plus avenante. Les restaurants chinois, japonais, grecs, tiennent portes ouvertes et grands menus aguichants sur le trottoir, pour aspirer les files de touristes. Une façon de rivaliser avec les vitrines prometteuses et colorées des multiples sex-shops. Les trois clochards en faction près de l’Hôtel Mercure ont le boniment et le litron de rouge joyeux. Pendant que, au coin de la rue Vandamme, le joueur de bonneteau jongle avec ses trois cartes menteuses, sur un vieux carton d’emballage. Entre deux rondes du car de police, vite fait bien fait, il soulage de leurs euros, les badauds trop naïfs !

J’ai de la chance, j’ai pu garer mon taxi, après deux courses en banlieue proche, juste devant l’entrée du psy. Dans la salle d’attente, m’accueille la senteur d’eau de toilette, que je connais bien, maintenant. Sur le divan, allongée et tendue comme à chaque fois, je peine encore à parler en début de séance. Et je redoute comme je souhaite les relances du « maître » pour traquer mes non-dits. J’espère en récompense de mes élans verbaux, ses interprétations toujours imprévues et pertinentes. J’en ai assez de parler de mon enfance !

Qu’est-ce qui vous rendrait heureuse en ce moment ?

La question m’irrite. Je réalise que je ne connais même pas le prénom de cet enfant, dont je souhaite tant le retour à la vie. Heureuse ? Existe-t-il une définition du bonheur ? C’est savoir se contenter de ce que l’on vit, sans doute. Et moi, je ne m’en contente pas, en ce moment ! Je sens une colère monter en moi, contre l’analyste…Je l’entends respirer derrière ma tête. Je me demande ce qu’il fait pendant trois quart d’heure, ses ongles, peut être ! S’il souhaite m’agacer, c’est réussi. Le transfert, clé de l’analyse, est en train d’opérer, sans doute. Il doit être content… Pourtant, je le sais bien, je le ressens, chez lui, pendant ma halte, je suis à l’abri. Loin des autres et de leurs griffes, en cette période où l’agressivité, la menace, sont partout. J’aime cette heure rare, ocrée, qui efface lentement, très lentement le jour. Et mon anxiété. Entre chien et loup.

Alors que le psy me raccompagne, je remarque un long parapluie à jolis carreaux verts et jaunes, dans la jarre en grès, près de la porte. Le patient avant moi a dû l’oublier, sans doute. En traversant la courette, je croise un homme rond et chauve, lunettes d’écaille, au pas rapide, qui me salue poliment. Blazer bleu marine, une gabardine sur un bras, une grosse mallette à soufflets dans l’autre main, il entre dans le pavillon.

A l’instant où j’enlève la housse de mon enseigne, sur le toit de ma voiture, une voix me questionne, dans mon dos.

 – Madame, vous êtes libre ?

Je me retourne, surprise. Rapide calcul, je suis bonne pour une gare ! Je finis à 21 heures, allez ça marche ! L’homme a enfilé sa gabardine, il porte la grosse mallette et le parapluie écossais. A carreaux verts et jaunes. C’est lui, l’homme à l’épinglette !!

– Oui, je suis libre, vous allez où ?

– à Roissy, c’est possible ?!

– Montez !

Boulevard Montparnasse, Porte d’Orléans, périphérique sud. Je ne suis pas repassée sur ce trajet depuis l’accident, un frisson me parcourt. Je sens que l’homme me fixe, coup d’œil au rétroviseur. Un flash me renvoie au miroir, le soir de mon initiation…Sa voix m’interpelle :

Sans indiscrétion, qu’est-ce que c’est, cette broche piquée sur votre tableau de bord ?

 Je le regarde dans le rétro, embarrassée.

Je ne sais pas, Monsieur, je l’ai trouvée !

Demi-mensonge. Ainsi, je transporte le possesseur du petit bijou, le franc-maçon. Je fais diversion :

-Vous pouvez fumer, si vous voulez !

-Je n’ai jamais fumé une cigarette de ma vie, chère Madame !

Image de la salle d’attente du psy. La cigarette écrasée dans le cendrier, ce n’est donc pas lui ! Brutal ralentissement. Travaux, circulation sur une file, déviation, il faut sortir porte de Saint-Cloud. Je transpire soudain. Je suis obligée de faire le tour de la place et rattraper le périph’ Porte d’Auteuil. Pas d’autre chemin. Je passe devant la brasserie Le Cardinal…le pavé est sec cette fois…c’est plus fort que moi, je freine brutalement, je serre le volant, et mon passager bascule en avant, sa mallette et son parapluie tombent du siège ! Je regarde instinctivement les clients dans la brasserie…

-Mais que se passe-t-il ?

-Je suis désolée, Monsieur, ce n’est rien, excusez-moi… un trou dans la chaussée !…

Nouvel échange de regards par rétroviseur interposé. Mon passager n’est pas rassuré, son œil devient suspect ! Les miens se brouillent deux secondes. Je respire, je souffle discrètement. C’est passé…J’appuie à nouveau, prudemment, sur l’accélérateur. Nous reprenons le boulevard périphérique vers le nord, circulation fluide, porte de la Muette, porte de Clignancourt, porte de la Chapelle, direction Roissy. Dehors, une lumière rosée danse sur la banlieue, dans la voiture, flotte la senteur de citron-orange, de patchouli peut-être, ce mélange que je connais bien. Mon passager, sa mallette sur les genoux, cherche à nouveau mon regard dans le rétro. Puis il fixe encore l’épinglette, sous le GPS.

-Vous prenez l’avion je suppose, quelle destination ?

-Je vais à Londres…attendez je regarde mon billet, Terminal…

-Je connais, ne vous inquiétez pas ! Vous êtes prévoyant avec votre parapluie !

-Je suis toujours très pratique !

Bretelle de Roissy, escalade de la rampe d’accès, arrivée devant l’aérogare, porte B. 60 euros, pourboire, une belle course ! Nous sortons ensemble de la voiture, sur le trottoir. Je me lance :

– Tenez monsieur, pour me faire pardonner mon coup de frein brutal, Porte de Saint-Cloud, permettez-moi de vous offrir l’épinglette, elle a l’air de vous plaire !

Une intimité nous lie, il sait et moi aussi, que nous fréquentons le même psychanalyste. Il est tout surpris, un sourire attendri éclaire son visage poupin.

– Oui… oh, merci, c’est très aimable à vous ! Pour tout vous dire, ma fille collectionne ces pin’s ! Une équerre et un compas… ça c’est un insigne maçonnique, je pense. Je lui donnerai à mon retour, elle sera ravie ! Voici ma carte ! On se reverra peut-être…

– Peut-être…

– Je viens régulièrement chez Pierre, je suis médecin comme lui, c’est un ami, et nous venons d’écrire ensemble un livre médical. Je vais justement à Londres pour le présenter dans le cadre d’un Congrès professionnel. Au revoir, madame, à bientôt, qui sait !

– Au revoir, Docteur !

Poignée de mains, chaleureuse. Je m’assois sur mon siège, les coudes sur le volant, étonnée il y a de quoi, toute songeuse ! Moi qui le prenais pour un patient…Je l’observe à l’arrière de la voiture, dans le rétroviseur extérieur. Mallette posée à terre, gabardine sur un bras, parapluie accroché à l’autre et l’épinglette, toujours au bout des doigts, comme une fleur. Embarrassant, mon cadeau ! Il la pique enfin au revers de son veston, prend sa mallette, et s’engouffre dans le tambour de la porte B, aspiré avec d’autres voyageurs et leurs valises à roulettes. Lui aussi sait mentir ! Coup d’œil au bristol, gardé dans ma main : Professeur Patrice Gandais, gynécologue-obstétricien. Je démarre vers Paris.

Nous regardons le journal de 20heures à la télé, mon mari très attentif, moi toujours « en retrait », trop sensible aux images violentes. La sonnerie du téléphone me sort des catastrophes du jour et du canapé. Jean-Charles coupe le son. Coup d’œil au cadran du récepteur, non, ce n’est pas « allo taxi » ! Non, ce n’est pas ma mère ! Non, ce n’est pas la Vénérable. Un numéro masqué. Allo, oui… Je reconnais la voix, c’est mon avocat, il a l’air joyeux, j’ai le cœur qui cogne…il m’annonce que le petit garçon est sorti du coma depuis trois jours. Il est sauvé, tout est normal, il va sortir de l’hôpital, il va vivre ! J’éclate en sanglots dans les bras de Jean-Charles…

Lève-toi et marche…Pourquoi me vient cette phrase biblique qui me fait sourire, en quittant le divan du psy ?! Une séance légère, bleue, comme le ciel de ce début d’après-midi. Je viens de terminer LEUR ouvrage dans la salle d’attente. Un livre passionnant et plein d’espoir du Professeur Gandais et du Docteur Hamon, sur les récentes avancées médicales et psychologiques de la procréation assistée, que j’ai acheté par l’Internet. Je félicite mon analyste, tout étonné.

C’est dans ma voiture, avant de tourner la clé de contact, que la pulsion s’impose, impérieuse. Que l’espoir d’enfanter renaît en moi. Sur mon portable, je pianote le numéro du gynécologue. Mon frère !

Fin

Les labyrinthes dans les églises : décryptage d’un mystère médiéval

De notre confrère decoder-eglises-chateaux.fr – Par Laurent Ridel

Depuis le Moyen Âge, des labyrinthes sont figurés dans les cathédrales de Chartres, d’Amiens et d’autres églises. Leur signification reste mystérieuse. Comment ce motif, d’origine païenne, a-t-il été accepté par l’Église ?

Appelé aussi dédale ou chemin de Jérusalem, le labyrinthe est une figure géométrique complexeconçue pour désorienter celui qui y pénètre. Bien qu’il trouve ses racines dans la mythologie grecque, le christianisme s’est approprié ce motif, lui conférant de nouvelles significations.

En Europe, on dénombre une vingtaine de ces structures dans les églises, principalement en Italie, en France et dans les pays nordiques. Ce chiffre est probablement sous-estimé, une portion significative ayant probablement disparu au fil du temps.

La basilique Saint-Quentin à Saint-Quentin et son labyrinthe dallé
La basilique Saint-Quentin à Saint-Quentin et son labyrinthe dallé (Txllxt TxllxT/Wikimedia Commons)

Carrés, circulaires ou octogonaux, les labyrinthes se différencient aussi par leur support : ils peuvent être intégrés dans le pavage, peints sur les voûtes, sculptés ou même composés de mosaïques.

Leur signification fait l’objet de débats passionnés parmi les spécialistes. Je vous propose de parcourir cinq des interprétations les plus courantes, en y apportant ma propre analyse critique. Vous découvrirez que certaines des théories souvent répétées sur l’usage et la signification des labyrinthes manquent de preuves.

Aux origines antiques du labyrinthe

Je croyais chercher l’origine du labyrinthe dans la mythologie grecque. En réalité, l’historien grec Hérodote décrit un premier labyrinthe en Égypte. Les archéologues l’ont même retrouvé. Il s’agissait d’un bâtiment construit au XIIIe siècle avant J.-C., par le pharaon Amenemhat III. Son architecture consistait en une multitude de cours intérieures, de couloirs et de salles, au-dessus d’un niveau souterrain servant de tombeau. De quoi déjà s’y perdre.

Cependant, chez vous comme chez moi, le labyrinthe évoque surtout le mythe de Thésée et du Minotaure.

Minotaure et Thésée
Thésée tue le Minotaure, monstre mi-homme, mi-taureau. Mosaïque de la villa romaine Kerylos à Beaulieu-sur-Mer (Var) (Finoskov/Wikimedia Commons)

Vous vous souvenez sûrement de cette légende grecque. Le roi Minos de Crète fait construire un labyrinthe pour y enfermer le Minotaure, un monstre engendré par sa femme. Tous les neuf ans, le roi sacrifie un groupe de jeunes hommes et de vierges athéniens, qui sont envoyés dans le labyrinthe et invariablement dévorés par la bête. Ce cycle sanglant est finalement brisé par le héros de l’histoire : Thésée. Il réussit à tuer le Minotaure et à s’échapper du labyrinthe grâce au fil d’Ariane, une pelote de laine qu’il a déroulée depuis l’entrée du labyrinthe.

Ce mythe connaît une incroyable fortune dans l’Antiquité. Les œuvres classiques romaines comme l’Énéide de Virgile et les Métamorphoses d’Ovide le reprennent. Dans les villas et les bains de l’Empire romain, les sols se recouvrent parfois de mosaïques sur ce sujet.

labyrinthe villa
Labyrinthe d’une villa romaine à Rome (Carole Radato/Wikimedia Commons)

En revanche, aucun labyrinthe ne décore un temple ou un quelconque lieu du paganisme. Les chrétiens ont une autre vision…

Un recyclage par le christianisme

Au cours de son expansion, le christianisme intègre le motif du labyrinthe et lui confère une signification plus profonde, cosmique et religieuse. Tout comme le zodiaque, le labyrinthe dans les églises est une réinterprétation d’un thème antique, transformé pour se conformer à une perspective chrétienne.

La première instance de cette adoption apparaît très tôt, peu après la légalisation du christianisme par l’Empire romain. On la trouve dans un pays inattendu : l’Algérie. Mais au IVe siècle, l’Algérie faisait partie de la province romaine d’Afrique ; c’était une région en voie de christianisation et non islamisée. En 324, l’église Sainte-Réparate d’El-Asnam accueille en effet une mosaïque représentant un labyrinthe de forme carrée. En son centre, sont inscrits les mots « Sancta Eclesia ». Le chemin tortueux ne mène plus au combat du Minotaure contre Thésée, mais à la Sainte Église. 

Cependant, malgré cet exemple précoce, on ne trouve plus aucune autre occurrence de labyrinthe dans les églises pendant près de 800 ans. Cela ne signifie pas l’oubli du concept. Au contraire, le labyrinthe survit dans les manuscrits médiévaux. Des moines et intellectuels y mentionnent le mythe de Thésée et du Minotaure. Des enlumineurs peignent parfois des labyrinthes.

labyrinthe sur manuscrit
Ce manuscrit fabriqué au IXe siècle, le Liber evangeliorum d’Otfrid de Wissembourg, est une étape importante dans l’élaboration du dessin du labyrinthe : pour la première fois, il présente 11 spirales. Or, comme on va le voir, ce chiffre pourrait être symbolique (Bibliothèque nationale de Vienne)

Au XIIe siècle, les dédales entrent à nouveau dans les églises. Le phénomène s’observe principalement en France et en Italie. Les cathédrales d’Amiens, de Reims et de Chartres inscrivent le leur dans des pavages bicolores.

Significations et usages des labyrinthes

Qu’est-ce qui motive l’Église à insérer des labyrinthes à l’intérieur des lieux de culte ? Les historiens, les archéologues, les historiens de l’art, les amateurs de symboles, les passionnés d’ésotérisme, tous se sont emparés de la question sans se rallier à une explication commune.

Selon les lieux, le labyrinthe revêt, semble-t-il, des significations et usages différents. Certains sont monumentaux ; d’autres sont inférieurs à un mètre de diamètre. Certains intègrent des figures ; d’autres se contentent de montrer la géométrie parfaite de leur dessin compliqué. 

Auteur du livre The Maze and The Warrior (Le Labyrinthe et le guerrier), le musicologue Craig Wight (oui, même les musicologues s’y intéressent), tente toutefois une synthèse : dans tous les cas, le labyrinthe symbolise un défi qu’un homme — Thésée, le Christ, le pèlerin — relève en son centre et en sort victorieux.

Voici 5 hypothèses, plus ou moins solides, qui permettent de comprendre les labyrinthes.

Hypothèse 1 : la signature des bâtisseurs

Le labyrinthe correspond à une signature des architectes et des commanditaires de la cathédrale. La figuration de ces personnages à l’intérieur des labyrinthes d’Amiens et de Reims (détruit) conduit vers cette hypothèse.

Les bâtisseurs se voyaient comme les héritiers de Dédale, l’architecte grec du labyrinthe de Cnossos. À leurs yeux, la construction d’une cathédrale était comparable à la conception d’un labyrinthe. Dans les deux situations, la maîtrise de la géométrie est requise.

labyrinthe d'Amiens
L’évêque Evrard de Fouilloy et les 3 premiers architectes se partagent la pierre centrale du labyrinthe de la cathédrale d’Amiens. L’original est conservé au musée de la ville.

Un tel motif glorifiait les créateurs de ces grandes églises et rendait aussi hommage à la science de l’architecture et de la géométrie.

Mon avis : je suis favorable à cette interprétation. La localisation fréquente de ces labyrinthes dans la nef et non dans le chœur, espace des clercs, invite à donner un sens plus laïque que religieux à ces motifs. Mais l’explication ne fonctionne peut-être pas pour tous.

Hypothèse 2 : le symbole d’un monde dévoré par le péché

Dans certains labyrinthes de papier et de pierre, le centre est occupé par le Minotaure tué. Même dans un contexte chrétien, la légende grecque n’est donc pas occultée. Mais il faut la lire selon une symbolique chrétienne.

Par sa forme ronde, le labyrinthe représente le monde. Comme l’illustrent ses méandres, les tentations qui dévient le chrétien du salut y sont nombreuses. Au centre, le Minotaure est une sorte de Satan qui dévore les pécheurs. Le caractère mauvais de ce monde est renforcé par le nombre de lacets, souvent 11. Or ce chiffre, depuis saint Augustin d’Hippone, est associé à l’imperfection. Il dissone avec le 12, chiffre idéal d’un groupe (pensez aux apôtres, au zodiaque ou aux mois).

labyrinthe Chartres
La labyrinthe de la cathédrale de Chartres. Il se divise en 4 quartiers. Dans chacun le chemin dessine 11 spires.

Heureusement, le Christ, nouveau Thésée, peut sauver les hommes qui évoluent dans ce labyrinthe. Il est descendu sur Terre racheter les péchés de l’humanité et sa résurrection est une victoire sur la mort, en écho de celle du héros grec sur le Minotaure.

Mon avis : le symbolisme chrétien se fonde souvent sur des analogies, surtout quand il s’agit de recycler un thème païen. Donc, là aussi, l’explication me séduit. Elle entre en résonance avec l’hypothèse 5.

Hypothèse 3 : Un chemin de Jérusalem

En 1187, les chrétiens doivent abandonner Jérusalem aux musulmans qu’ils avaient reconquis à l’issue de la Première croisade. Les pèlerins ne peuvent plus se rendre dans la ville sainte et suivre les étapes géographiques de la Passion du Christ.

Selon l’historien Daniel K. Connolly, l’idée germe à Chartres de créer un substitut à ce pèlerinage perdu. Il prend la forme d’un labyrinthe établi dans la nef de la cathédrale. Les fidèles le parcourent à genoux en mémoire du trajet douloureux du Christ que subit le Christ de la maison de Ponce Pilate jusqu’au lieu de sa crucifixion. L’effort n’est pas négligeable puisque le parcours, aussi sinueux qu’une route de montagne, fait 261 m.

À Reims aussi, la pratique semble établie puisque le labyrinthe est qualifié de « chemin de Jérusalem ». À Amiens, l’historien de l’art Philippe Plagnieux explique : « parcouru à genoux pendant les grandes fêtes, il pouvait être le support de pratiques pénitentielles ».

Mon avis : Je me range à l’analyse de Patrick Demouy, autre historien de l’art et grand connaisseur de la cathédrale de Reims : « Ce n’est qu’à la fin de son existence, au XVIIIe siècle, que le labyrinthe de Reims, par exemple, est qualifié de chemin de Jérusalem. Et c’est surtout au XIXe siècle que s’est répandue l’idée de pieux fidèles parcourant le chemin à genoux ». Même constat à Chartres où le guide-conférencier Gilles Fresson constate qu’aucun texte ancien, antérieur au XVIIIe siècle, n’appuie cette thèse d’une dévotion pénitentielle et individuelle sur ces labyrinthes.

Enfin, la petitesse de certains labyrinthes, notamment en Italie, empêche ce genre de pratique. On ne s’abimait pas les genoux dessus.

intérieur cathédrale de Chartres
A l’intérieur de la cathédrale de Chartres, des hommes et des femmes semblent suivre les lignes du labyrinthe sans toutefois s’agenouiller. Gravure de J.-B. Rigaud, XVIIIe siècle.

Hypothèse 4 : Un chemin initiatique vers le salut

Selon ce point de vue, le labyrinthe chrétien symbolise le parcours de l’existence. « Le fidèle hésite, avance, revient en arrière, se perd pour enfin trouver le chemin », explique le professeur Michel Feuillet. L’historien de l’art Philippe Plagnieux renchérit : « il symbolise la complexité du chemin vers le salut, mais nulle bifurcation ne piège le pèlerin ». L’issue est inéluctable. Le centre serait la Jérusalem céleste promise à tous les élus.

labyrinthe reims
Reconstitution du labyrinthe disparu de Reims (sans ses effigies). Aucun risque de s’y perdre.

Mon avis : Je suis réservé sur cette explication. Oui, le chemin est tortueux et long, mais, regardez bien les labyrinthes chrétiens, ils ne conduisent nullement vers des impasses, ils ne proposent pas de fausses pistes. Autrement dit, le fidèle n’a aucune chance de s’égarer. Est-ce une métaphore de la vie ?

Hypothèse 5 : le support d’un rituel à Pâques

À Auxerre, lors de la fête de Pâques, les chanoines se livraient à une drôle de chorégraphie : autour du labyrinthe de la cathédrale, ils formaient une ronde et chantaient. À l’intérieur du cercle, leur chef, le doyen, parcourait le labyrinthe selon un pas rythmé et jetait un petit ballon jaune — une pelota — à un chanoine.

La scène peut sembler surréaliste, mais elle est décrite dans un texte liturgique de l’an 1396. Au cours du Moyen Âge, des prélats comme Eudes Rigaud ou Guillaume Durand, des prédicateurs, des conciles répètent l’interdiction des danses ou des jeux de ballon, dans les églises ou à proximité. Preuves qu’ils existent.

Que signifie cette drôle de chorégraphie dans la cathédrale d’Auxerre ? Le guide-conférencier de Chartres Gilles Fresson l’interprète ainsi :

« le Christ (Thésée) traverse les enfers (le labyrinthe) et affronte Satan (le Minotaure). Triomphant ainsi des puissances de la mort, il offre sa lumière (jaune) à tous ceux qui l’ont attendu : soit un chemin sûr (le déroulement de la pelote) vers la vie éternelle ».

À Reims, un récit décrit un autre rituel qui intégrait le labyrinthe ; les clercs formaient une ligne de la grande porte à l’entrée du chœur ; le labyrinthe se trouvait sur le parcours. Les clercs chantaient la sortie d’Égypte par les Hébreux et la Résurrection.

Le labyrinthe convient parfaitement à la symbolisation de ces deux épisodes forts de l’histoire biblique : son chemin enlacé équivaut à la longue route de l’exode des Hébreux sous la conduite de Moïse pendant que le combat gagnant de Thésée rappelle la victoire du Christ sur la mort, soit la Résurrection.

Mon avis : en tant qu’historien, je suis sensible à cet argument appuyé sur des textes d’époque. L’usage de certains labyrinthes comme support de rituel ne fait donc aucun doute. L’historien américain Daniel K. Connolly prévient cependant que ces preuves écrites sont tardives. À l’origine, les labyrinthes avaient peut-être une autre fonction. L’université Loyola de Chicago le suggère : « il est curieux que de si grands objets [les labyrinthes] ne servent qu’une fois par an ». Zut, moi qui rêvais d’avoir découvert l’explication unique.

Le labyrinthe dérange puis fascine

La mode des labyrinthes s’essouffle assez vite, dès la fin du Moyen Âge. Puis leur sens se perd. D’où nos difficultés à les comprendre aujourd’hui.

À partir du XVIIIe siècle, des églises réaménagent leur sol, retirant les pierres tombales et les pavages de labyrinthes. Les chanoines, dérangés par les distractions provoquées par ceux qui en parcourent les lacets, accélèrent les opérations. Des fidèles, notamment des enfants, s’amusent en effet à tourner et à courir sur les lignes du labyrinthe pendant les cérémonies religieuses.

En 1778, à Reims, le chanoine Jacquemart est prêt à débourser 1000 livres pour qu’on enlève le labyrinthe de la cathédrale. Ce sera chose faite.

Incompris, les labyrinthes disparaissent…

Mais très vite ils renaissent. Le labyrinthe de la cathédrale d’Amiens, retiré en 1825, est recomposé soixante-dix ans plus tard. Les cathédrales de Saint-Omer et d’Évry, la basilique Notre-Dame de Guingamp s’en dotent.

Labyrinthe d'Amiens
Le labyrinthe de la cathédrale d’Amiens, reconstitué en 1894

Ce motif vieux de plus de 2000 ans, retrouve du sens : il décore géométriquement le sol ; il devient métaphore de l’itinéraire spirituel, un chemin de vie au cours duquel le chrétien médite pour arriver à l’éveil.

En même temps, la France républicaine trouve encore matière à le recycler. Depuis 1985, le ministère de la Culture s’en sert en effet de logo pour les Monuments historiques. Les pancartes touristiques l’incorporent. Résultat, on n’a jamais vu autant de labyrinthes. Quel destin pour la prison du Minotaure !

logos monuments historiques
Le logo des Monuments historiques est une réplique en rouge du labyrinthe de Reims, à qui on a appliqué une rotation de 45° et supprimé les personnages. À droite, la version bronze désigne les sites patrimoniaux remarquables (centres-villes, quartiers ou villages).

Où trouver des labyrinthes ?

Les labyrinthes ne se limitent pas à la France. On en recense en Italie et dans quelques pays européens.

Les labyrinthes français

Ils se concentrent dans la moitié nord de la France. On peut même être plus précis : à l’exception de quelques cas, ils se rassemblent dans les archidiocèses de Sens et de Reims. Cette répartition a sûrement une signification. A mon avis, les cathédrales d’Amiens, de Chartres voire d’Auxerre, toutes sises dans ces vastes circonscriptions, ont lancé une mode que les cathédrales et églises voisines ont copiée.

Les labyrinthes français se distinguent par leur grande taille (un diamètre autour de 10 m) et par leur forme (un damier de pavés blancs et sombres).

– Cathédrale de Chartres. Édifié entre 1205 et 1210, il est sûrement le plus connu au monde. De forme circulaire, il se divise en quartiers, ébauchant la forme d’une croix. Ses dimensions sont exceptionnelles : dans ce cercle de 13 m de diamètre serpente un parcours de 261 m de long. Le site web de la cathédrale de Chartres prévient les visiteurs prêts à suivre ses lacets : il est interdit de marcher pieds nus et de s’arrêter.

Le labyrinthe de la cathédrale de Chartres
Le labyrinthe de la cathédrale de Chartres

– Cathédrale de Reims. Le labyrinthe, créé au XIIIe siècle et détruit en 1779, était composé de pierres noires incrustées dans le dallage du sol. Heureusement, son dessin est connu par un relevé au XVIe siècle qui montre une forme octogonale, complétée de bastions aux angles. À l’intérieur de ces bastions se trouvaient les figures des 4 architectes. L’octogone rappellerait la forme des fonts baptismaux, fonts dans lesquels Clovis fut baptisé.

La labyrinthe de Reims
Le dessin du labyrinthe de Reims nous est notamment connu par ce relevé du XVIe siècle par l’organiste Jacques Cellier (ms Français 9152, folio 77r, BNF)

– Cathédrale d’Amiens. Comme à Reims, il fut créé au XIIIe siècle puis détruit (en 1825). On le regretta. De la réfection du dallage au XIXe siècle, on profita pour le récréer. Les 3 premiers architectes Robert de Luzarches, Thomas de Cormont et Renaud de Cormont et l’évêque fondateur, Evrard de Fouilloy, occupent la pierre centrale, conformément à la disposition d’origine.

– Basilique de Saint-Quentin (Aisne). Son labyrinthe est posé vers 1495 dans la nef. Il est copié sur l’octogone d’Amiens. Manquent cependant les personnages.

– Cathédrale de Bayeux (Calvados). De dimension modeste, il se distingue par sa localisation dans la salle du chapitre (salle de réunion des chanoines). Il ne servait donc sûrement pas pour les pèlerins.

labyrinthe de Bayeux
Bayeux, le seul labyrinthe normand, a une forme octogonale.

– Abbatiale de Saint-Bertin à Saint-Omer (Pas-de-Calais). De forme carrée, il occupait le transept sud depuis sa création probablement au XIVe siècle. Le parcours dessine une petite croix. Il est détruit, mais une copie en dallage est visible dans le chœur de la cathédrale de Saint-Omer depuis le XIXe siècle.

Le labyrinthe disparu de l’abbatiale Saint-Bertin. 2401 carreaux le composaient.

– Cathédrale d’Arras. Localisé dans la nef, ce labyrinthe ressemblait à l’octogone d’Amiens. Il est détruit autour de la Révolution.

– Cathédrale d’Auxerre. Il a disparu lors du changement du sol en 1690.

– Cathédrale de Sens. Labyrinthe supposé de type chartrain, disparu au XVIIIe siècle

– Cathédrale de Poitiers. Mal daté, ce graffiti dessiné sur un mur ressemble à un arbre. Est-ce vraiment un labyrinthe ?

labyrinthe poitiers
Dessiné sur le mur nord de la nef, le labyrinthe de Poitiers ne peut pas être foulé.

– Cathédrale de Mirepoix. Au-dessus du porche septentrional est aménagée une tribune à usage de chapelle épiscopale. Cette chapelle de la première moitié du XVIe siècle est tapissée d’un carrelage en faïence. Sur un groupe de 4 carreaux, figure un labyrinthe dont le Minotaure occupe le cœur.

– Basilique de Guingamp. Son labyrinthe est créé au XIXe siècle. La pierre centrale est marquée des lettres « AVE MARIA ».

– Cathédrale d’Évry. C’est un labyrinthe moderne.

Les labyrinthes italiens

À la différence des cas français, ils sont petits. Composés de marbres ou de mosaïques, ils mettent plus en avant Thésée et le Minotaure.

– Cathédrale de Lucques. On le qualifie de « labyrinthe digital », car sa petite taille et sa position verticale obligent à le parcourir avec les doigts. Une inscription en latin dit : « C’est le labyrinthe que bâtit le crétois Dédale, duquel personne, une fois entré, ne put sortir excepté Thésée, aidé du fil d’Ariane ». Le sens païen est donc mis en avant.

labyrinthe de Lucques
Le labyrinthe de Lucques est aujourd’hui posé verticalement. On ne marche pas dessus (Myrabella/Wikimedia Commons)

– Basilique San Michele Maggiore à Pavie. Ce labyrinthe du XIIe siècle en mosaïque figurait Thésée et le Minotaure. Sur le côté, Goliath et David faisaient pendant. De style chartrain, il fait 3,3 m de diamètre. Installé dans le chœur, il est amputé. On ne voit même plus son centre. Un dessin du XVIe siècle existe heureusement.

– Abbatiale Saint-Pierre de Pontremoli. Ce labyrinthe en bas-relief ne se trouve plus à son emplacement d’origine. Une inscription curieuse en latin « Cours pour gagner » ferait allusion à un verset de la lettre de saint Paul aux Corinthiens.  

– Basilique Saint-Vital de Ravenne. Peut-être installé tardivement, dans les années 1538-1539, il reproduit un labyrinthe plus ancien. Il est relié à une autre mosaïque, l’Agneau mystique. Le labyrinthe serait alors les limbes dans lesquels le Christ serait descendu pour libérer les âmes.

– Eglise Saint-Savin de Plaisance. Consacré en 1107, ce labyrinthe aujourd’hui détruit ressemblait à celui de Pavie. Dommage il était peut-être le plus ancien du monde chrétien européen.

– Église Santa-Maria in Aquiro, Rome. Labyrinthe en marbre, détruit lors des rénovations du XIXe siècle. 

 Église Santa-Maria in Trastevere, Rome. Son identification comme labyrinthe est débattue.

Les autres labyrinthes en Europe

  • Église Saint-Séverin de Cologne (Allemagne), XIe siècle ou XIIIe siècle, détruit en 1840 lors d’un réaménagement intérieur. Sa pierre centrale conservée au musée figure Thésée tuant le Minotaure
  • Basilique Notre-Dame de Hanswijk (Belgique). Labyrinthe carré, en dallage, daté probablement du XIXe siècle.

Étrangement, l’Angleterre a boudé la mode des labyrinthes dans les églises. Par contre, les Anglais en ont dessiné sur l’herbe à proximité des églises. En 2013, la cathédrale de Wakefield a orné le sol de sa nef d’un labyrinthe circulaire. De même en 2009 le prieuré de Boxgrove.

Les pays nordiques sont la terre méconnue des labyrinthes. On en recense 10 au Danemark, tous peints, dont 6 disparus ou recouverts. Ils appartiennent au XVe siècle.

labyrinthe scandinave
À Hesselager (Danemark), le labyrinthe, peint sur la voûte, est accompagné du millésime 1445 ou 1485, d’une invocation à la Vierge et de croix-compas (Hans A. Rosbach/Wikimedia Commons

En Suède, signalons le labyrinthe de style chartrain de Grinstad (XIIIe siècle). On trouve enfin quelques exemples, associés avec des bateaux, en Finlande, à la fin du Moyen Âge.

Les labyrinthes sont vraiment un sujet international.

Prolongez la liste en commentaire, au cas, où malgré mes recherches, il m’en manque.

Des plénitudes au sacré maçonniques

 Les plénitudes humaines ne se déclinent pas toutes dans le rituel ; leur nombre laisse libre le choix du maçon. Les deux-trois plénitudes retenues par un initié sont aperçues émotionnellement mais restent vagues, intuitives, pour la plupart d’entre nous. Elles alimentent le désir sacré de la béatitude sans que nous y prenions une part consciente. Elles sont peu vécues, ce sera pour plus tard peut être avec l’avènement de la Voie. Elles vêtent l’Un/Tout inaccessible dans la Voie, la béatitude fœtale, la toute réceptivité.

Gros plan sur les sept plénitudes humaines : La sécurité totale symbolisée par le Couvreur, la régression intra-utérine, la conjonction des opposés (l’androgynie est motivée par les deux colonnes, le soleil et la lune) ; le repos absolu assez proche de l’Orient –ou la Loge- éternel(le), l’idéal du Moi, ou la légende personnelle ; les paradis perdus et l’ordre dans l’univers (La vision du monde), relatée dans la devise Ordo ab chao. (Voir article « méthodes, plénitudes, croyances ».) Voir Canaux, plénitudes, croyances

Prise de conscience, trames et scénarios

Donc prise de conscience des émotions plus profondes associée à des comportements mis en scénarios. Les trames montent éventuellement à la conscience, uniquement par les sensations et l’affect, sans qu’il soit nécessaire de les identifier, les nommer comme on le fait dans les TCC, la psychanalyse…Demeurer au niveau de l’émotionnel traduit dans les scénarios. : ressentir et dire ce que l’on ressent, sans essayer de rationaliser. La rationalisation est le principal ennemi qui a envahi la conscience (le chapeau et le parapluie, avec Freud) . Ce qui aurait pour effet de « geler » l’émotionnel… La Voie, avec une « spiritualité pour agir », débusque les bonnes raisons pour faire place aux vraies raisons : je déclare en tenue qu’il est insupportable que des enfants meurent de faim et je me trouve de bonnes raisons pour ne rien faire : c’est une goutte d’eau, cela ne sert à rien c’est le système capitaliste…

Ne pas dévoiler nos mystères

 C’est tout à fait ce que les Anciens appelaient, avec une grande justesse, nos « mystères ». Le travail maçonnique pourrait bien être « prends conscience de tes émotions, sensations…et ne te raconte pas d’histoires » car le rituel, particulièrement aux passages, amène à éprouver des sensations, émotions dans les scénarios rituels proposés. Il faut donc, à la fois, respecter le rituel pour les sensations-émotions qu’il procure et, en même temps le considérer comme un jeu, voire avec humour. C’est un des paradoxes de fond.

Qu’est-ce qu’un mystère (religieux, maçonnique) ? Un arcane dont on perçoit confusément les sensations-émotions que des scénarios et les trames qui leur servent de terreau génèrent. Et que l’on partage muettement avec les autres. L’initié-silence fait barrage, sur le mode : « tais-toi, ne cherche pas les mots, car la Parole est perdue et il ne s’agit surtout pas de la retrouver ». Or Freud nous amène à nommer le nom, les mots pour le dire. Alors le mystère est désacralisé. La réalité psychique est dépouillée de ses sensations-émotions. Point n’est besoin de constater, de lever l’écran des sensations-émotions. Parce qu’alors, je me prive d’une double jouissance fascinante, celle du 1) sacré 2) vécu ensemble (initié(e)- La lucidité sur les émotions générées par les scénarios, mis en évidence dans le rituel et que je fais miennes à force de répétition du rituel, est requise. Puisque la conscience des bien-être est source de bonheur. La lucidité (des trames et des empreintes) peut tuer le sacré qui navigue dans l’émotionnel, par sa fascination, le désiré et l’interdit.

 Le sacré doit le rester

Le secret des mystères est bien celui que je suppose dans mon ouvrage Hiram et Freud. Je ne te le conseille pas parce que la dénonciation des tabous apporte le désenchantement de ce qui fait l’atmosphère exceptionnelle d’une tenue réussie. La levée des tabous est dangereuse. « La lucidité est froide, les mystères sont chauds…le bonheur c’est chaleureux ». Il n’est même pas sûr que la lucidité entraîne une meilleure maîtrise de soi en tendue comme capacité à changer les trames, voire même les scénarios. Irais-je jusqu’à dire que parfois la lucidité est un boulet ? Ne déclenche-t-elle pas, selon les cas, le découragement plutôt que la toute-puissance, la culpabilité plutôt que la réparation, la sécheresse du constat plutôt que l’amour ?

            Le sacré est indicible ; il cache ce que l’on ne doit ni ne peut dire. Le sacré est lié au secret que l’initié-silence impose à celui qui s’auto-observe. Ce secret, c’est celui des trames sous-jacentes : l’inceste, l’homosexualité, l’homicide. Quel est le lien causal entre les trames et les personnages ? Les personnages laissent à chacun la possibilité de jouer son ou ses scénarios. C’est fondamentalement la liberté de conscience

En-haut, ce serait surtout les plaisirs extrêmes : la sécurité totale, la toute-puissance, le narcissisme, les soins accordés, la loi protectrice ; et en bas, les peurs terribles, l’agressivité, la culpabilité, l’angoisse, la dépression, l’ennui… Pour autant les plaisirs extrêmes s’ils sont trop accentués risquent l’addiction et par là, l’enfermement ; c’est leur aspect négatif du « trop » tandis que les peurs terribles, qui ont un aspect positif, peuvent si elles sont dépouillées de cet aspect (la restriction), rendre malade, les névroses. C’est le trop peu. Au milieu, c’est bien la fraternité, qui est facilement conscientisée et qui joue sur les deux registres : je l’aime et je le hais. Le chemin de l’Amour, omniprésent dans le voyage maçonnique croise le chemin de l’Œuvre. Soit les deux mythes recteurs de la fratrie bienheureuse- frérocité et des constructions-démolitions du temple. Ils sont l’expression de la spiritualité et de l’agir dans la devise « Une spiritualité pour agir ».

On reste essentiellement dans la catharsis et la réalisation du Moi. Peu dans l’intégration du Soi. Il n’est pas sûr que la Voie y mène un jour. À cause du coude vers l’agir.

Les compagnons ouvrent leur Cayenne à Fumel (Lot-et-Garonne)

De notre confrère ladepeche.fr – Par Dominique Micard

Cet été, les Compagnons de Fumel ouvrent les portes de leur Cayenne et vous présentent les professions qu’ils exercent : taille de pierre, dinanderie (travail sur les objets en cuivre jaune et en laiton), pâtisserie, travail sur le sucre…

Créée en 1895, la Cayenne de Fumel fait partie de l’histoire de la ville industrielle de Fumel. Des décennies durant les Compagnons vont former les apprentis dans les métiers de la métallurgie comme les mouleurs, fondeurs, forgerons, mécaniciens, ainsi que les menuisiers et les dactylographes.

Une exposition permanente des chefs-d’œuvre anciens et récents est visible sur place. Thèmes : Artisanat, Arts créatifs/Arts plastiques, Gastronomie, Patrimoine culturel, Patrimoine industriel.

Pommeau canne – Musée du compagnonnage, Tours.

Le saviez-vous ?

Les rubans verts sont ceux des aspirants, les écharpes rouges celles des Compagnons (quelques compagnons portent une couleur blanche, signe de reconnaissance de la société pour leur engagement compagnonnique) et les Mères portent également une écharpe blanche sur laquelle est brodé leur nom symbolique.

Blason de la ville de Fumel, dans le Lot-et-Garonne, en région Nouvelle-Aquitaine.

Les jeunes qui ne portent pas encore d’écharpe ou de ruban sont nommés « Sociétaires » et aspirent à devenir Compagnon. Seuls les Compagnons portent la canne. Certains jeunes aspirants itinérants peuvent également porter une canne plus courte.

Les mercredis 2, 9, 23 et 30 août, à 9 h 30 à Fumel. Tarif : Adulte : 2 €/Tél. 06 79 13 70 36 rue Waldeck Rousseau – Fumel

« M…, que venez-vous chercher en franc-maçonnerie ? »

« Je souhaite venir combler un vide spirituel…je recherche une forme de transcendance… je m’intéresse aux traditions et aux mystères, je suis attiré par les valeurs du passé… je désire découvrir le monde symbolique… je voudrais apaiser une angoisse métaphysique… la vie actuelle, trop matérialiste me déçois… J’aspire à rencontrer d’autres personnes dans le même état d’esprit… je désire réfléchir en commun sur le devenir de la condition humaine… »

Au fil des « bandeaux » dans nos ateliers, nous avons tous entendus, nous entendons encore ces véritables cris de solitude intérieure, bref, ce grand « manque » moderne. Il est exprimé de façons diverses avec les mots en vogue – en fonction même de leurs fantasmes sur notre mouvement – par les profanes qui viennent frapper à la porte du Temple.

Don de soi, don de choix

« Maçonner » est donc difficile, au sens où l’opération exige un incessant va-et-vient interne « dedans-dehors« , et un permanent aller et retour « de moi à l’autre« . Que signifierait une maçonnerie de quinzaine, se contentant des belles paroles d’un rituel, aussi beau soit-il, sans mise en actes, sans expérience pratique, le parvis franchi ?!

Et qu’est-ce que cette maçonnerie pratique, sinon, parmi nos offrandes possibles, l’exercice de la solidarité – impératif d’aujourd’huiqu’il soit individuel ou associatif ?! Le mot « solidarité« , notons-le, vient de l’espagnol ancien solidaridad, qui veut dire soleil.

Lorsqu’on choisit d’aller vers les autres dans le besoin, et de les aider il s’agit bien de leur apporter un peu de ce soleil qui leur manque. Donner de soi, ce n’est donc pas uniquement ouvrir son porte-monnaie – et du même coup soulager sa conscience – en tendant un billet ou un euro à un démuni au feu rouge. Ce n’est pas non plus seulement adresser un chèque annuel au Téléthon ou à une organisation caritative. De fait, l’exercice du devoir de charité comporte en lui-même un risque pervers qu’il est bon de pointer d’entrée pour mieux nous acheminer vers une vraie solidarité. Pratiquée dans le sens de l’aumône, et reçue comme telle, la charité peut humilier le receveur en soulignant sa totale dépendance à l’imprévisible générosité du donateur, et en valorisant ainsi la supériorité de ce dernier. « La main qui donne est toujours plus haute que celle qui reçoit », dit un proverbe africain.

Quelque chose pour quelqu’un

De la sorte, l’acte charitable – encore une fois, essentiel – n’a de valeur que s’il tend à déboucher sur l’équité. C’est-à-dire s’il s’évertue à supprimer les causes de la pauvreté, en même temps que ses effets. Cette vision des choses n’est pas simplement idéaliste : elle prend en compte la dignité humaine et l’égalité morale qui devraient – dans le cadre même des Droits de l’Homme – être à toute force et en tous lieux respectées, chacun en ce monde étant responsable de chacun.

C’est avec la totale perception de ce principe de justice universelle, qu’il est vraiment possible de comprendre qu’au devoir de charité doit s’ajouter celui du partage. Les associations humanitaires qui comportent dans leurs rangs de nombreux maçons et maçonnes, cherchent toutes maintenant à mettre en œuvre cette complémentarité. Il s’agit non seulement de faire quelque chose pour quelqu’un…mais de le remettre debout !

Partager ne signifie pas – idée simpliste – de procéder à la redistribution des ressources des plus aisés aux plus démunis. Partager, au plan de l’aide à son prochain défavorisé, c’est à la fois regarder, écouter, parler, offrir, « être au contact », prendre part, et mieux que compatir… agir ! Autrement dit, accomplir un effort ressenti. Exactement comme nous souhaiterions la réciproque si nous étions dans la même situation. N’oublions jamais que nous pouvons être touchés demain à notre tour : le malheur ne fait pas de distinction sociale !

Donner de soi, c’est donc dépasser son devoir de charité pour offrir une part de soi (tel le don de sang ou d’organes). En dehors de l’argent, les formes de ce don authentique sont nombreuses, au sortir de la loge : temps, savoir-faire, créativité, énergie, dialogue, bonne humeur, espoir… Avec toujours en point de mire, non l’aide provisoire à notre semblable, mais notre participation à la reconquête de son autonomie.

 Permettre à son prochain de se relever, permet en même temps de s’élever soi-même. C’est cela aussi être franc-maçon et franc-maçonne !

Maçons célèbres… : Léo Campion

Léon Campion, dit Léo Campion, né le 24 mars 1905 dans le 18e arrondissement de Paris, ville où il est mort le 6 mars 1992 dans le 15e arrondissement, est un personnage à multiples facettes, chansonnier, acteur, humoriste et caricaturiste, Régent de l’Institut de Pataphysique et Grand Maître de la Confrérie des Chevaliers du Taste Fesses, mais aussi franc-maçon, libre-penseur, objecteur de conscience, pacifiste, antimilitariste, libertaire et historien de l’anarchisme.

Il est l’auteur, en 1969, de l’ouvrage Les Anarchistes dans la franc-maçonnerie ou les Maillons libertaires de la chaîne d’union.

Le père de Léo Campion est belge et sa mère française (montmartroise, de nationalité belge à la naissance). En 1923, Léo Campion est expulsé de France à l’issue d’une campagne menée contre lui par l’Action française : il est toujours de nationalité belge. Il s’installe à Bruxelles où il rencontre le bouquiniste anarchiste et franc-maçon, Marcel Dieu alias Hem Day. Une rencontre qui marquera sa vie. Il devient secrétaire de la Libre Pensée de Bruxelles et secrétaire de la section belge de l’Internationale des résistant(e)s à la guerre (IRG-WRI).

Premier objecteur de conscience avec Hem Day

« Le refus du service militaire est une assurance contre la mort, cette assurance sera viable dès qu’il y aura suffisamment d’assurés. »
— Léo Campion

En 1933, une figure de proue du parti libéral belge, Albert Devèze, ministre de la Défense nationale, dépose un projet de loi interdisant toute propagande pacifiste et toute diffusion d’idées antimilitaristes. Sans attendre, Léo Campion et Hem Day renvoient leurs livrets militaires. La réponse ne tarde guère, un mois après, Albert Devèze rappelle les deux hommes sous les armes par mesure de discipline ; ils doivent rejoindre leur unité. Ce qu’ils refusent de faire. Ils sont arrêtés quelques jours plus tard.

Le 19 juillet 1933, la foule se presse dans l’enceinte du tribunal militaire. Personne n’attend une condamnation, mais seulement une joute oratoire, les notes relatives au service militaire des prévenus sont bonnes et tout ce que l’on peut leur reprocher, est d’avoir refusé de répondre à un rappel imposé à titre de sanction. Prenant la parole, tour à tour, les accusés se transforment en accusateurs et ridiculisent les autorités judiciaires et militaires (voir Hem Day). Malgré tout, Léo Campion est condamné, à dix-huit mois de prison, son casier judiciaire étant vierge. L’affaire risque de tourner au cercle vicieux puisqu’une fois leur peine purgée, les condamnés allaient être rappelés et refuseraient immanquablement à nouveau de se soumettre à cette injonction et seraient à nouveau condamnés. De nouvelles protestations s’élèvent et en appel, la peine est réduite pour chacun des condamnés. Mais, ceux-ci refusent toute sanction et, avec un autre objecteur, Lionel de Vlaminck, entament une grève de la faim. Les avocats des accusés, Deublet et le futur secrétaire général de l’OTAN, Paul-Henri Spaak, et d’autres citoyens renvoient leurs livrets militaires. Des anciens combattants sont prêts à les imiter.

L’opinion publique, craignant que la plaisanterie ne tourne au tragique, exige une libération immédiate. La pression exercée est si forte que le sort du gouvernement s’en trouve menacé. Autorités et ministres ne savent comment se tirer de l’impasse. Par une formule saugrenue, ils tentent de sauver la face : Campion et Hem Day sont renvoyés de l’armée car indignes de figurer plus longtemps dans ses rangs. Ils sont chassés de l’armée pour cause d’avoir été condamnés pour ne pas vouloir y rester. Toute cette agitation aboutit donc à la libération des deux premiers objecteurs de conscience et, également, à l’abandon du projet Devèze.

Une brochure, Autour d’un procès, publiée en 1968 aux Éditions Pensée et Action, reviendra sur cette affaire, documents à l’appui (comptes-rendus, plaidoiries, témoignages, protestations, lettres, articles, études, précisions).

Engagement dans la franc-maçonnerie

Le 7 avril 1930, Léo Campion est initié en franc-maçonnerie à la loge Les Amis philanthropes du Grand Orient de Belgique à Bruxelles.

En 1937, il s’affilie à la loge La Clémente Amitié du Grand Orient de France à Paris. Il en gravit tous les degrés écossais jusqu’au 33e et siège au Consistoire d’Île-de-France.

Homme de presse

De 1930 à 1936, il est caricaturiste pour le compte du journal bruxellois Le Rouge et le Noir tout en commençant une carrière de chansonnier.

Résistant et interné

À la fin des années 1930, Bruxelles devient un refuge pour de nombreux proscrits, dont les anarchistes Durruti et Ascaso (avec lequel Léo Campion lie une solide amitié). En 1937, il publie un journal d’informations sur la révolution espagnole : « Rebellion ».

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Léo Campion retourne en France. Fiché comme objecteur de conscience, il est interné avec d’autres anarchistes au camp de détention d’Argelès. Libéré après l’armistice, il repart à Bruxelles. Ensuite, ses allées et venues entre Paris et Bruxelles, motivées par sa profession de chansonnier, font de lui un messager idéal pour les mouvements de résistance français et belges. Malgré ses opinions (ancien secrétaire du « Comité maçonnique pour l’objection de conscience » et de la section belge de l’Internationale des résistant(e)s à la guerre), il reçoit à la Libération la Croix de guerre 1939-1945 pour ses actes de résistance.

Le spectacle continue

En décembre 1944, Léo Campion fonde à Bruxelles l’hebdomadaire Pan, feuille satirique (fusionnée en 2004 avec l’hebdomadaire Père Ubu).

Il revient ensuite à ses passions : comédien, directeur de cabaret et producteur16. Il devient ainsi au début des années cinquante le directeur du Caveau de la République (1951-1953) et du Tabou (1952-1953) où il se produit avec Pierre Dac.

Producteur à la Radio Télévision française (RTF) entre 1951 et 1961, il anime à la radio Le Cabaret du soir et participe au feuilleton Signé Furax de Pierre Dac et Francis Blanche. Il y tient le rôle de Clodomir, président de la planète Astérix, lors des saisons 2 (La lumière qui éteint) et 3 (Le gruyère qui tue).

Acteur de théâtre, après avoir fait ses classes dans une pièce d’Henri Monnier en 1953, puis dans Phi-Phi mis en scène par Georges Atlas en 1957, Jean-Louis Barrault le fait jouer dans Rhinocéros d’Eugène Ionesco en 1961. Il joue également au cinéma dans French Cancan de Jean Renoir ou La Lectrice de Michel Deville et tient le rôle principal de série télévisée La Brigade des maléfices en 1971.

Il découvre par ailleurs quelques talents belges, dont Jacques Lippe qui joue dans Le Mariage de mademoiselle Beulemans, mais il ne cesse pas ses activités militantes pour autant. Il participera ainsi à plusieurs galas de soutien en faveur de la Fédération anarchiste et apportera souvent aide et solidarité aux libertaires, faisant preuve d’une véritable continuité entre l’artiste et l’anarchiste.

Anarchiste et franc-maçon

Le Drapeau noir, l’Équerre et le Compas est un recueil de biographies d’anarchistes francs-maçons et/ou de francs-maçons anarchistes écrit par Léo Campion.

Léo Campion a d’abord réservé cet ouvrage à une diffusion strictement interne à la franc-maçonnerie. Il fut édité une première fois en 1969, sous le titre Les Anarchistes dans la Franc-Maçonnerie ou Les Maillons Libertaires de la Chaîne d’Union aux Éditions Culture et liberté (Marseille).

En 1978, revu et considérablement remanié, il fut édité cette fois à l’intention de tous les publics, sous le titre actuel Le Drapeau noir, l’Équerre et le Compas aux Éditions Goutal-Darly (Montrouge).

En 1996, une synthèse de ces deux versions fut éditée par la « Maison de la Solidarité et de la Fraternité » d’Évry et les Éditions Alternative libertaire (Bruxelles-Oléron), rééditée une première fois en 2002, puis en 2004, sous la forme d’une brochure afin de lui donner une plus large diffusion.

À Grenoble, une loge maçonnique du Grand Orient de France a été fondée le 8 juin 1996 sous le nom de « Léo Campion », en hommage à l’idée de celui-ci de permettre à des libertaires de « vivre de manière libertaire leur franc-maçonnerie ».