Accueil Blog Page 484

Alchimie et psychothérapie – Les sept opérations

De notre confrère patrickbertoliatti.com

Il est habituel de distinguer en quatre phases (nigredoalbedocitinitas et rubedo) les procédures chimiques qui devaient transformer la matière première en Pierre des Philosophes. Toutefois, une autre description les décrit au moyen d’opérations. On présente ci-après succinctement les sept opérations majeures et leurs parallèles psychologiques.

Calcinatio – Brûler les fausses identifications

L’élément de la calcinatio est le Feu. La calcinatio consistait à réduire par le feu la substance travaillée jusqu’à ce qu’elle soit réduite en une cendre ou une fine poudre blanche. C’est pourquoi le feu de la calcinatio était dit être un feu qui blanchit. Ce feu s’applique à tout ce qui, mêlé d’ombre, consume sous forme de désir, de jalousie, de passion, de colère… La calcinatio opère un processus d’assèchement des fausses identifications aux énergies de la psyché qui apparaissent au cours du processus. Celles-ci étant en effet immédiatement exprimées comme autant de revendications propres à l’ego. La calcinatio immunise face aux affects et la tranquillité qu’elle installe permet progressivement de trouver sa juste place en regard de la place centrale du Soi. Le contrôle de soi qui accompagne ce mouvement devient une habitude, une Pierre, et permet en conséquence au feu de la conscience de devenir créateur.

Solutio – Dissoudre les rigidités

Par la solutio qui a pour élément l’Eau, la matière était liquéfiée jusqu’à son origine indifférenciée. Cette liquéfaction devait permettre l’émergence d’une forme nouvelle. La solutio dissout les aspects de la personnalité qui bloquent le processus d’individuation. Son danger est qu’elle peut amorcer une régression vers l’inconscient. L’amour et la luxure par exemple sont dits être deux de ses agents. Or, si l’éros peut adoucir certains problèmes, la luxure peut entraîner une fragmentation de soi. De même, ce qui a un caractère englobant la favorise. Mais si un point de vue élargi permet de dissoudre certains problèmes, il peut aussi les rendre inconscients.

Enfin, un autre des agents de la solutio était la Lune, considérée comme source de la rosée. La rosée correspond à la récupération des sentiments prisonniers de l’intellect. Une telle récupération peut permettre de résoudre certains problèmes d’ordre psychologiques, à condition de ne pas s’y noyer. La solutio est alors un passage de la Mer Rouge, forme liquide de la Pierre, eau baptismale qui relie au Soi et dissout ce qui n’y est pas ordonné.

Coagulatio – Incarner la relation au Soi

La coagulatio renvoie à la réalisation, la concrétisation, l’incarnation de contenus inconscients. Son élément est la Terre. Selon certains textes alchimiques, il s’agissait de coaguler du vif-argent avec de la magnésie, du plomb ou du soufre. Ce qui peut correspondre à la connexion du Soi avec la réalité ordinaire (la magnésie, minerai brut), les limitations de la personnalité (le plomb), et le désir (le soufre).

Mise en lien avec la chute de l’âme la coagulatio implique l’intégration de l’ombre, de ce qui dévie de/du Soi. Mais associée à la Lune (principe féminin de relation selon Jung) elle implique la relation au Soi via son influence dans les archétypes parentaux, les images de rêves etc… Son symbole majeur est l’incarnation du Logos, le Christ. Et vue sous cet angle, l’Eucharistie signifie alors l’incarnation de la relation de l’ego au Soi, le symbolisme de la coagulatio devenant celui de l’individuation.

Sublimatio – Réaliser le Soi

L’air est l’élément de la sublimatio, qui était un processus d’élévation portant une substance à une forme élevée, plus spirituelle. Il était ainsi censé la rendre plus parfaite. Au sens freudien, la sublimation est la capacité d’échanger un but à l’origine sexuel contre un autre, qui n’est plus sexuel, mais psychiquement apparenté avec le premier. Tout au contraire, la sublimatio, ne se limite pas au plan sexuel. Elle est la capacité de donner place à un état psychique sans s’identifier avec lui. Elle a pour agent la raison qui permet de devenir spectateur en reflet de soi, de se dissocier. Aussi, son danger est que si la capacité de mise à distance de soi par dissociation peut être source de conscience de soi, elle peut aussi être cause de maladie mentale.

Les textes alchimiques parlent de deux sublimatio. La petite sublimatio, toujours suivie d’une descente, correspond à l’état de quelqu’un qui n’est plus enraciné, et qui nécessite une « remise des pieds sur terre ». La grande sublimatio correspond à la réalisation de la totalité de soi en relation au Soi, et est le produit psychologique du processus d’individuation.

Circulatio – Un processus circulaire

La circulatio n’est pas à proprement parler une opération alchimique. Elle est un aspect du processus qui résulte des mouvements alternés de coagulatio et de sublimatio. On la trouve représentée dans l’imagerie alchimique par un oiseau qui monte alors qu’un autre descend. Le premier représente le passage du temporel à l’éternel, le second représente un contenu archétypal qui se personnalise. Elle correspond à la sensation de l’aspect répétitif du travail au cours du processus d’individuation.

Avec le temps, on finit par avoir l’impression que l’on repasse sans cesse en boucle sur les mêmes aspects contradictoires de soi-même. Puis graduellement, cette répétition entraîne l’apparition d’une sensation de suspension entre les opposés, expérimentée comme l’apparition d’un point central dont ces opposés constituent les deux faces. Et finalement, ce point de conjonction des opposés est expérimenté comme point de connexion entre la psyché personnelle et la psyché archétypale.

Mortificatio et Putrefactio – Voir le processus pour y naître

Mortificatio et putrefactio renvoient à la mort, la pénitence, l’ascétisme, la pourriture, le démembrement, la mutilation, à la noirceur, et finalement au meurtre d’une personnification de la materia prima. Les images associées renvoient à la nécessité de la mort à un égo-centrage. Par exemple, celles du sacrifice de l’enfant et des semailles de l’or renvoient à la nécessité paradoxale de mourir à l’attrait de certaines prises de conscience pour accéder à la totalité de soi. Celles du dialogue avec une tête de mort et de la décapitation, à l’apparition de réflexions sur la mort, la vie et l’éternité… qui ne doivent pas se transformer en cogitations excessives…

Le meurtre renvoie à la Passion. Il s’agit d’accepter de voir que c’est le Soi qui est torturé, meurt et dans les expériences d’échecs imposées par la vie, avant de ressusciter. L’expérience acceptée de la noirceur entraîne la constellation de son contraire dans l’inconscient, la blancheur… La Passion n’est entière qu’avec la Résurrection.

Separatio – Se différencier pour être Soi

La materia prima, faite de composants indifférenciés, était soumise à separatio. Psychologiquement, l’opération correspond aux différentiations sujet-objet, soi-autre, symbolique-concret… Différentiations qui ouvrent l’espace de la conscience entre les opposés. On ne devient conscient qu’à la hauteur de sa propre capacité à les contenir et les endurer.

La separatio peut aussi correspondre à une différenciation des quatre fonctions que sont la pensée, l’intuition, le sentiment et la sensation. Elle peut devenir destructive, par exemple lors d’une analyse se transformant en une interminable dissection de soi. Où encore être source de conflit, par exemple lorsque l’influence du Soi tranche dans une attitude fusionnelle. Et elle intervient finalement dans tout processus de séparation où sont mises à l’épreuve les identifications à l’autre qui intégraient par projection la relation inconsciente de l’ego au Soi. Ce qui peut conduire, dans le meilleur des cas, à une croissance de la relation à celui-ci.

Coniunctio – De la mort à l’amour

Une fois que les complexes inconscients, posés comme opposés, ont été purifiés de leur contamination de l’un par l’autre par separatio, ils peuvent être réconciliés dans la coniunctio, qui est le but de l’Œuvre. On distingue une petite coniunctio et une grande coniunctio. Mais en pratique, l’expérience de la coniunctio mêle toujours ces deux aspects.

LA PETITE CONIUNCTIO

La petite conjunctio opère l’union de substances qui n’ont pas été complètement discriminées. Elle produit une mixture contaminée qui sera sujette à d’autres procédures. On la trouve imagée par un personnage estropié ou des images de fragmentation qui montrent sa dangerosité. Car qui veut trop rapidement embrasser l’inconscient est menacé de destruction. Cela dit, la coniunctio conduit sans cesse à l’expérience de la mort. Et ceci, jusqu’à ce que l’ego cesse de s’identifier avec les contenus qui émergent de l’inconscient, et que ces contenus aient été transformés en conscience du processus. Une conscience qui a la saveur douce-amère du désir frustré mêlé de compréhension.

LA GRANDE CONIUNCTIO

La grande conjunctio est le but final de l’Œuvre. C’est l’obtention de la Pierre Philosophale, expression qui renvoie à l’union des opposés entre l’amour de la sagesse et la réalité matérielle. Le Soi libère en unifiant et réconciliant les opposés en un point qui permet de les expérimenter conjointement. L’ego de son côté porte la responsabilité de provoquer cette union en contenant les opposés jusqu’à en être crucifié.

Beaucoup d’images médiévales représentent la Crucifixion comme la coniunctio, mais elle est aussi représentée comme l’union du Soleil et de la Lune. Ainsi, l’amour se retrouve à la croisée de la souffrance et de la joie, dans une sagesse au-delà de tout savoir. De sorte que tout ce qui a relation à l’amour appartient à la phénoménologie de la coniunctio. L’amour, qui semble à la fois cause et effet de lui-même, comme le Soi est à la fois l’origine et le terme du processus d’individuation.

← Alchimie et psychothérapie (1) – Les quatre phases de l’œuvre Alchimie et psychothérapie (3) – La Pierre Philosophale →

Le Vatican confirme qu’il est toujours interdit aux catholiques d’adhérer aux loges maçonniques

De notre confrère du Vatican vaticannews.va

Répondant à une question d’un évêque philippin, le Dicastère pour la doctrine de la foi, avec l’approbation du pape François, réaffirme l’incompatibilité entre la foi catholique et l’adhésion aux loges maçonniques.

Le Dicastère pour la doctrine de la foi, dans un document signé par le préfet, le cardinal Victor Fernandéz, et approuvé par le pape François , a réaffirmé qu’il est interdit aux catholiques d’adhérer à la franc-maçonnerie.

L’équerre et le compas, symbole de la franc-maçonnerie, représentés au plafond du grand temple maçonnique de Nancy. Alexandre Marchi – L’Est Républicain – MaxPPP

Le Dicastère a répondu mercredi à une question de Mgr Julito Cortes, évêque de Dumanguete aux Philippines.

« Après avoir expliqué avec inquiétude la situation dans son diocèse, en raison de l’augmentation continue du nombre de membres de la franc-maçonnerie, [Mgr Cortes] a demandé des suggestions sur la manière de faire face de manière adéquate à cette réalité d’un point de vue pastoral, tout en tenant compte compte des implications doctrinales » de la situation.

La réponse du dicastère montre clairement l’importance d’impliquer la Conférence épiscopale des Philippines, « en les informant qu’il serait nécessaire de mettre en œuvre une stratégie coordonnée entre les évêques individuels qui impliquerait deux approches ».

La première approche aborde la question sur le plan doctrinal : le dicastère rappelle que « l’adhésion active à la Franc-maçonnerie d’un fidèle est interdite, en raison de l’inconciliabilité à entre la doctrine catholique et la Franc-maçonnerie (cf. la Déclaration de 1983 de la Congrégation pour la Doctrine) de la Foi sur les associations maçonniques ), et les Lignes directrices publiées par la Conférence épiscopale en 2003. »

Place Saint Pierre - Le Vatican
Place Saint Pierre – Le Vatican

Par conséquent, explique la note, « ceux qui sont formellement et sciemment membres de loges maçonniques et ont embrassé les principes maçonniques relèvent des dispositions de la Déclaration susmentionnée. Ces mesures s’appliquent également à tout clerc inscrit dans la franc-maçonnerie.

La deuxième approche concerne la réponse pastorale : le dicastère suggère aux évêques philippins d’entreprendre « une catéchèse populaire dans toutes les paroisses sur les raisons de l’inconciliabilité entre la foi catholique et la franc-maçonnerie ». Il est également demandé aux évêques des Philippines de réfléchir à l’opportunité de se prononcer publiquement sur ce sujet.

La déclaration de novembre 1983 a été publiée peu avant l’entrée en vigueur du nouveau Code de droit canonique. Le CIC de 1983 a remplacé le Code de droit canonique publié en 1983 ; parmi les nouveautés relevées – par certains avec satisfaction, par d’autres avec inquiétude – figurait l’absence de condamnation explicite de la franc-maçonnerie et d’excommunication pour ceux qui lui sont affiliés. Les deux étaient présents dans le Code antérieur. La Déclaration, signée par le cardinal Joseph Ratzinger et le secrétaire de la Congrégation, Mgr Jérôme Hamer, et approuvée par Jean-Paul II, réitère que les catholiques affiliés aux loges maçonniques sont « dans un état de péché grave ».

18/11/23 : 18e Journée Henry Corbin 2023

L’Association des amis de Henry et Stella Corbin Henry Corbin (1903-1978) – Stella Corbin, née Leenhardt (1910-2003) vous invite à la 18e Journée Henry Corbin 2023. Le thème sera « La seconde naissance ».

Henri Corbin.

Vous avez dit « seconde naissance » ?

Henry Corbin, philosophe et orientaliste français, utilise le terme de « seconde naissance » pour désigner une transformation spirituelle intérieure. Pour Corbin, dont l’œuvre s’est en grande partie focalisée sur la mystique islamique, la philosophie iranienne et le soufisme, cette « seconde naissance » est une naissance spirituelle qui se distingue de la naissance physique.

Venez participer à ce beau de culture où vous découvrirez, sans doute, l’éveil de l’âme, le processus d’initiation interne qui transforme la compréhension qu’a l’individu de lui-même et du monde qui l’entoure, une certaine connaissance ésotérique, etc.

Dans la pensée de Corbin, la « seconde naissance » est un concept profondément enraciné dans la mystique et la spiritualité, soulignant une transformation intérieure qui mène à une nouvelle compréhension de la réalité et de la place de l’individu dans celle-ci.

Le programme

9 h 30 – 10 h30, Florent SERINA (Université de Lausanne, IHM) « Henry Corbin et C. G. Jung : rencontres, convergences, démarcation »

10 h 30 – 11 h 30, Mathieu TERRIER (CNRS) « La mort comme renaissance et réveil spirituel dans la philosophie shi’ite du 11ème/17ème siècle »

Galerie Vivienne, Paris 2e arr.

11 h 30 – 12 h 30, Vincent ELTSCHINGER (EPHE) « Entre saṃsāra et nirvāṇa : quelle place pour une “seconde naissance” dans le bouddhisme indien ? »

14 h 30 – 15 h 30, Fârès GILLON (Aix-Marseille Université, IREMAM) « La «nouvelle création», de la puissance à l’acte : autour d’un concept initiatique et eschatologique de l’ismaélisme ancien »

15 h 30 – 16 h 30, Maxime DELPIERRE (EPHE) « Renaître dès cette vie, après la mort, ou pas du tout : conversation entre un philosophe et un soufi (Tûsî/Qû- nawî) »

Source L’Initiation

Henry Corbin fut-il vraiment franc-maçon ? Oui !

Son parcours maçonnique aurait commencé, d’après son ami Antoine Faivre (OE) et des archives de l’ex-GNLF-Opéra, en mai 1962, avec un passage au grade de compagnon en 1963 et une élévation à la maîtrise en 1964. Mais demeure encore le mystère de ces mentions 1962-63-64 portées officiellement.

Certains émettant l’idée d’une réception dans l’ordre qu’à compter du début des années 70. Peu importe finalement, ce qui compte c’est qu’il était des nôtres ! Un parcours commencé à la GLTSO et achevé à la GLNF. Et toujours au Rite Écossais Rectifié (RER). Où, dès son engament, il n’avait qu’un but : accéder le plus rapidement possible à son Ordre intérieur et à cet état suprême dit de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte (CBCS)… Nous retrouvons trace d’ailleurs, le lundi 18 septembre 1972, lors de la consécration et installation de la RL « Les Compagnons du Temple de Saint-Jean » et devant le TRF Pierre Fano, grand maître de la GLTSO, le frère Corbin y apparaissnat comme orateur de ladite loge, de son discours sur le thème « Maçonnerie Willermozienne et Spiritualité du Temple ».

Blason du Centre des Amis, en 1911.

Si vous souhaitez en savoir plus sur le parcours maçonnique d’Henri Corbin, nous vous invitons à lire « À propos de la Régularisation d’Henry CORBIN » de Francis Delon, docteur en Études anglophones et Grand Archiviste de la GLNF, publié dans Les Cahiers Villard de Honnecourt-L’Islam (GLNF, n° 75, 2010, p. 31-37).

Le Centre des Amais n° 1, médaille.

Francis Delon, en guise de synthèse finale, nous informe que dans « l’ordre du jour de la tenue du mardi 29 avril 1975 de la Loge de recherche « Villard de Honnecourt » n° 81 mentionne l’« Installation comme Membre d’Honneur du Professeur Henry Corbin » sous le Vénéralat du RF Serge Theakston… » Henri Corbin était membre de la respectable loge « Le Centre des Amis » n° 1.

Infos pratiques : 18e Journée Henry Corbin, « La seconde naissance »

Samedi 18 novembre 2023, de 9h30 à 17h00 à l’amphithéâtre de l’INHA

2 rue Vivienne, 75002 Paris – Diffusion en ligne simultanée (lien Zoom)

L’Association des amis de Henry et Stella Corbin Henry Corbin (1903-1978) – Stella Corbin, née Leenhardt (1910-2003), le site

Source Wikimedia Commons

« Oser la liberté – Figures des combats contre l’esclavage », l’expo au Panthéon

Découvrez l’exposition « Oser la liberté » au Panthéon, à travers un nouveau regard sur l’histoire des combats contre l’esclavage.

Présentation

Proposée à l’initiative du Centre des monuments nationaux et de la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage – dont la création fut annoncée par le président François Hollande le 10 mai 2016 -, l’exposition Oser la Liberté retrace l’histoire d’un combat : celui de la liberté contre l’esclavage dans l’histoire de France, une marche qui s’est déployée sur quatre siècles et trois continents, scandée de moments de ruptures, de régressions, de temps forts et de bascules. En mêlant cette histoire foisonnante à celle de la modernité française dont elle est une page majeure, et en convoquant la mémoire des femmes et des hommes qui l’ont écrite, l’exposition montre comment le système colonial esclavagiste a toujours suscité résistances et oppositions, et combien le souffle des figures héroïques qui les ont portées continue d’inspirer les combats d’aujourd’hui.

La statue « Marrons de la liberté » en Guyane.

Oser la liberté : L’expression évoque l’audace de ces femmes et de ces hommes, illustres ou méconnus, qui ont osé se dresser contre l’esclavage, dans les colonies comme en métropole. Elle raconte comment, dans le premier empire colonial français, l’irrépressible volonté de liberté des esclaves révoltés et les idéaux universels des Lumières se sont rencontrés. Après 1789, c’est en effet dans les colonies françaises en révolution que la réalisation d’un programme de « Liberté générale » a été poussée le plus loin, quand l’insurrection générale du 23 août 1791 dans la colonie de Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti) a provoqué cet événement inédit dans l’histoire humaine : le premier soulèvement d’esclaves qui parvient à imposer l’abolition de l’esclavage. Rien n’effacera la puissance de ce moment, pas même la décision de Napoléon Bonaparte de rétablir l’esclavage en 1802, et l’exposition montre comment le combat pour l’abolition sera finalement gagné, et prolongé jusqu’à nos jours dans le projet d’une société qui œuvre à l’idéal de liberté, d’égalité et de fraternité. Exposition incarnée.

Au Panthéon : Dans le temple des héros et des héroïnes de la République, l’exposition « Oser la Liberté » raconte cette histoire en l’incarnant. A travers la présence de celles et ceux qui y sont déjà honorés – comme l’abbé Grégoire et Condorcet, Toussaint Louverture et Louis Delgrès, Victor Schœlcher et Félix Éboué, Aimé Césaire et Joséphine Baker… – mais aussi à travers l’évocation de figures moins connues dont elle fait revivre le souvenir (Olympe de Gouges, Makandal, Julien Raimond…), pour un récit plus juste, plus ouvert, plus complet.

Cette exposition les réunit toutes et tous pour la première fois au Panthéon, à travers un dispositif inédit mêlant archives, œuvres et dispositif sonore et visuel, construit en un parcours en quatre séquences : La traite esclavagiste, une première mondialisation – Marronnages, Lumières et Révolution (1750-1802) – D’une abolition à l’autre (1802-1848) – Contre l’oubli : commémorer et combattre (depuis 1848).

La Fondation pour la mémoire de l’esclavage : La Fondation pour la mémoire de l’esclavage est une fondation reconnue d’utilité publique, privée et autonome, créée en novembre 2019 qui agit pour l’intérêt général et la cohésion nationale. Son action est soutenue par l’État et des partenaires privés qui partagent son projet. Elle agit en collaboration avec la société civile, les territoires, le monde de la recherche, de la culture, des médias et de l’éducation pour transmettre l’histoire de l’esclavage mais aussi parler de ses héritages, par la culture, et pour la citoyenneté. La FME est présidée par Jean-Marc Ayrault, ancien Premier ministre.

Programmation autour de l’expo : Des visites commentées de l’exposition par sa commissaire, Florence Alexis, ainsi qu’un cycle de conférences sont proposés autour de l’exposition. Visites commentées par la commissaire : Le 18 novembre 2023 à 11h, le 9 décembre 2023 à 15h et le 20 janvier 2024 à 11h. Réservation à venir

La Panthéon
Le Panthéon – Photo YG.

Le Panthéon : C’est un mausolée de style néo-classique situé dans le Ve arrondissement de Paris. Au cœur du Quartier latin, sur la montagne Sainte-Geneviève, il est au centre de la place du Panthéon.

Prévu à l’origine, au XVIIIe siècle, pour être une église qui abriterait la châsse de sainte Geneviève, ce monument a depuis la Révolution française vocation à honorer de grands personnages ayant marqué l’Histoire de France hormis pour les carrières militaires normalement consacrées au Panthéon militaire des Invalides. Y sont notamment inhumés Voltaire, Jean-Jacques Rousseau, Victor Hugo, Louis Braille, Sadi Carnot, Émile Zola, Jean Jaurès, Félix Éboué, Jean Moulin, Jean Monnet, Pierre et Marie Curie, André Malraux ou encore Alexandre Dumas, qui y fait son entrée en 2002. Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Jean Zay et Pierre Brossolette y font leur entrée le 27 mai 2015. Simone Veil, accompagnée de son époux Antoine Veil, y est inhumée depuis le 1er juillet 2018. Maurice Genevoix y entre le 11 novembre 2020. Joséphine Baker rejoint le temple républicain le 30 novembre 2021.

La crypte – Photo YG.

[NDLR : Une nouvelle exposition sur le thème de la lutte contre l’esclavage joue essentiellement un rôle crucial dans l’éducation d’un jeune public, avenir de notre Nation. Les sensibiliser à cette question est primordial. Une telle expo temporaire a le pouvoir d’éclairer l’histoire de l’esclavage, ses effets persistants dans la société contemporaine, et l’importance de la lutte contre toutes formes d’oppression et d’exploitation. Elles peuvent également honorer la mémoire des personnes affectées par l’esclavage et célébrer les héritages culturels des communautés qui ont été impactées. Mettre en lumière les réalités historiques et actuelles de l’esclavage ainsi que les grandes figures, dont nombre furent francs-maçons, est une belle chose. Elle encourage l’empathie et inspire les actions en faveur de l’égalité et de la justice sociale !

Rappelons que les maçons ont, chevillés au corps, ces principes de liberté, d’égalité et de fraternité. Des valeurs professées par la franc-maçonnerie de progrès, libérale et adogmatique.

Liberté, Égalité, Fraternité
Liberté, Égalité, Fraternité

« Liberté-Égalité-Fraternité », la devise de notre République reflète aussi l’engagement de la franc-maçonnerie envers les droits de l’homme, la dignité individuelle et la solidarité sociale. Les francs-maçons s’efforcent de mettre en pratique ces principes à la fois dans leurs loges et dans leur vie quotidienne, en travaillant à l’amélioration de soi et en s’engageant dans diverses actions philanthropiques et sociétales pour le bien commun.]

Infos pratiques : Panthéon, Pl. du Panthéon, 75005 Paris – Du 9 novembre 2023 au 11 février 2024/10h – 17H30/Tarifs : Inclus dans le droit d’entrée du monument – Adulte : 11,50 € – Gratuit pour les – de 26 ans en individuel – Groupe : réservation obligatoire/Public : Tout public/À noter : Exposition dans la crypte du Panthéon

L’Idée de Dieu et le Franc-Maçon

Nos lecteurs connaissent déjà Lucien Millo. Le 1er novembre 2022 nous présentions, ici-même, son ouvrage, chez LiberFaber, intitulé Petit manuel de symbolisme écossais dans les Hauts Grades du 4e au 30e degré, ainsi que, le 8 novembre 2022, L’Amour et le Franc-Maçon. Il nous avait aussi livré ses réflexions quant à l’engagement.

Rappelons que Lucien Millo est franc-maçon de la Grande Loge Nationale Française (GLNF) depuis plus de vingt-cinq ans où il a occupé plusieurs postes importants en sein, notamment comme Précepteur du Rite Écossais Ancien et Accepté, Grand Orateur, et Assistant Grand Maître Provincial de la Province Alpes-Méditerranée et a aussi été, un temps, membre du Conseil d’administration de l’obédience. À travers ses fonctions, il a acquis une compréhension approfondie des principes initiatiques enseignés dans l’art royal. Ses écrits reflètent son émerveillement et sa réflexion profonde sur les rituels maçonniques et leur signification, qu’il considère comme contenant la quintessence de la sagesse​​.

Blason de la Grande Loge Provinciale des Terres du Temple.

Permettez-nous aussi de présenter le préfacier de son dernier opus, le très respectable frère Jean Ouillac, grand maître provincial des Terres du Temple, une province fondée en décembre 2012 qui portait auparavant le nom d’ « Albi-Quercy-Rouergue », correspond aux quatre départements : Aveyron, Lot, Tarn et Tarn et Garonne.

Ancien chef d’entreprise, Jean Ouillac est maçon depuis plus de 28 ans et membre à vie du Souverain Grand Comité (SGC) de la GLNF,  un des organes de gouvernance de ladite obédience.

Terres du Temple, une belle et très dynamique province composée de plus de mille frères répartis en 52 loges. Elle s’inscrit définitivement entre tradition et modernité dans la dynamique de la GLNF.

Jean Ouillac nous confie qu’il s’agit d’un ouvrage très complet. Nous le croyons bien volontiers. Pour preuve, la richesse de la table des matières et ses quatre chapitres : « Tentative d’approche de l’idée de Dieu au risque des concepts philosophiques, métaphysiques et théosophiques » ; « Tentative d’approche de l’idée de Dieu au risque des concepts religieux » ; « Tentative d’approche de l’idée de Dieu au risque des concepts scientifiques » et « Tentative d’approche de l’idée de Dieu au risque des concepts initiatiques et maçonniques ».

Avant de les reprendre dans l’ordre, posons-nous la question de savoir ce qu’est l’idée de Dieu.

La Création des étoiles et des plantes (Michel-Ange), détail.

C’est ce que Lucien Millo, dans son chapitre liminaire, nous décrit avec « La naissance de l’idée de Dieu ».

En effet, pour les Hommes qu’est-ce que Dieu ? En vérité, la question de ce que Dieu représente pour les humains est profondément personnelle et varie largement en fonction des croyances individuelles, des traditions religieuses, des contextes culturels et des expériences personnelles. Elle est complexe et multidimensionnelle. Pour les croyants monothéistes (comme dans le judaïsme, le christianisme et l’islam), Dieu est souvent perçu comme le créateur de l’univers, un être suprême, tout-puissant, omniscient et bienveillant, qui guide et influence la vie de ses fidèles. Il en est tout autre dans le polythéisme (comme dans certaines formes de l’hindouisme, de la mythologie grecque, etc.), le panthéisme, ainsi que pour les agnostiques, et les athées, mais ceci est une autre histoire…

L’Urizen de Blake, détail.

L’auteur trace la voie entre philosophie et théologie. Dieu peut être abordé comme le fondement ultime de l’être, la première cause, ou l’explication ultime de l’existence et de la moralité. Pour le maçon, il sera Grand Architecte de l’Univers (GADLU).

L’auteur fait un tour d’horizon de la notion de Dieu dans le monde antique. Chez Platon, l’idée de Dieu, ou du divin, est intimement liée à sa théorie des Formes ou des Idées, qui sont les archétypes parfaits et immuables de toutes les choses existantes.

Tête en marbre blanc. Ostie, env. 436. Identification de Plotin plausible mais non prouvée.

Plotin, lui, offre une vision de Dieu qui s’éloigne de l’anthropomorphisme et s’approche d’une conception absolument transcendantale. Pour le philosophe néoplatonicien, Dieu est l’Un, ou le Bien, la source ultime de tout être et la réalité la plus haute. L’Un est au-delà de l’existence et de l’essence et n’est pas un être parmi d’autres, mais plutôt la condition préalable à l’existence de tout.

Chez Aristote, le concept de Dieu en tant que Premier Moteur Immobile et Cause Première est central à sa métaphysique. Dieu est conçu comme la réalité ultime qui cause le mouvement sans être lui-même en mouvement. En tant que Cause Première, Dieu est la raison d’être de tout ce qui existe dans l’univers. Il est immuable, éternel, et parfait. Pour Aristote, le Premier Moteur attire toutes choses en tant que l’objet ultime du désir et de l’aspiration, mais il le fait sans passion ni changement, étant pure actualité sans potentialité.

André Comte-Spontville – Source GLDF.

Lucien Millo couvre aussi la période moderne et aborde les points de vue de Descartes, Pascal, Spinoza, Leibnitz, Kant, Nietzche, Heidegger, Levinas, Comte-Sponville et chez le métaphysicien et écrivain René Guénon avec sa notion « Dieu « l’Unique sans second » ». Ce dernier a apporté une contribution significative à l’étude des traditions spirituelles et des doctrines ésotériques. Dans sa métaphysique, l’expression « l’Unique sans second » fait référence à l’absolue transcendance et unicité de la réalité suprême, qui est au-delà de toute manifestation et de toute multiplicité.

L’auteure, dans sa deuxième partie, englobe l’idée de Dieu en commençant par le pharaon de l’Égypte antique Akhénaton – célèbre pour avoir instauré le culte d’Aton, le disque solaire, et promu ce qui est souvent considéré comme l’une des premières formes de monothéisme. L’idée de Dieu chez Akhénaton était celle d’un être universel, omniprésent, et bienveillant qui se manifestait à travers le soleil, essentiel pour la vie et le bien-être de tout ce qui existe. Le chapitre s’achève avec

L’Urizen de Blake, détail.

La passionnante étude de Dieu sous le prisme de l’ésotérisme religieux. Il explore ainsi les enseignements cachés (kabbale juive, ésotérisme chrétien et soufisme). Cette approche ésotérique tend à se concentrer sur une compréhension intérieure et mystique de Dieu, distincte des interprétations exotériques ou populaires.

Plus délicate est l’interprétation par l’auteur de l’idée de Dieu aux risques des concepts scientifiques.

Cette question, complexe, a donné lieu à de nombreux débats. D’une part, il y a ceux qui soutiennent que les découvertes scientifiques, en expliquant les phénomènes naturels sans recourir à des explications surnaturelles, minent la croyance en Dieu. D’autre part, il y a ceux qui voient dans la science une manière d’approfondir leur compréhension de l’œuvre divine, la complexité et l’ordre de l’univers renforçant leur foi.

Lucien Millo aborde même les preuves scientifiques de l’existence de Dieu, une question généralement considérée comme relevant de la métaphysique, de la théologie ou de la philosophie, et non de la science empirique… Il s’appuie sur les écrits de Rivarol, Newton, Voltaire, Lord Kevin, Pasteur ou encore Einstein.

Mais c’est sans doute la quatrième et dernière partie, la plus importante puisque composée de 208 pages, s’intitulant « Tentative d’approche de l’idée de Dieu au risque des concepts initiatiques et maçonniques » qui aiguisera la sagacité du lecteur.

Un chapitre qui s’ouvre avec notamment la querelle entre Anciens et Modernes, analysant les deux courants de pensée maçonniques dans l’Angleterre du XVIIIe siècle… Une querelle finalement résolue par l’union des deux Grandes Loges en 1813 pour former la Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA), harmonisant ainsi les pratiques maçonniques.

L’auteur s’attache aussi à bien définir théisme et déisme, deux croyances concernant la nature de Dieu et sa relation avec l’univers. Les théistes croient en un Dieu personnel et impliqué dans le monde et la vie des individus, les déistes croyant, eux, en un Dieu qui a créé l’univers mais qui ne s’implique pas directement dans celui-ci ni dans la vie de ses créatures. Lucien Millo décrit ensuite els différentes perception de Dieu dans deux rites .

Le Rite Anglais Style Émulation permettant aux maçons de diverses croyances de se réunir sous un symbole commun de la divinité, sans spécifier une interprétation particulière.

Quant au Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA), un des rites maçonniques le plus pratiqués en loge bleue, il en analyse le mystère divin. Utilisant symboles et allégories, le rituel invite à la réflexion sur la nature de Dieu, sans imposer de doctrine spécifique. Les frères sont encouragés à méditer sur les aspects insondables du divin et à poursuivre leur quête personnelle de la vérité spirituelle. Au REAA, l’existence d’un principe créateur suprême, souvent désigné sous le terme de Grand Architecte de l’Univers, symbolise l’ordre et l’intelligence à l’œuvre dans la création.

Lucine Millo ne peut faire l’impasse sur le Grand Architecte de l’Univers, qui est Dieu, pilier central de la franc-maçonnerie dite régulière et de tradition. Il sert de symbole au principe créateur et ordonnateur, permettant aux francs-maçons de différentes foi de se réunir sous un concept commun sans spécifier une interprétation théologique particulière. Cela reflète l’approche non dogmatique de la franc-maçonnerie en matière de spiritualité, où la recherche personnelle de la compréhension de la réalité spirituelle est encouragée dans un cadre de tolérance et de fraternité universelle.

Il nous détaille ensuite les différentes représentations symboliques de Dieu en loge : lumière principielle – métaphore de la connaissance, de la vérité et de la divinité –, delta rayonnant – l’œil tout-voit, symbole du GADLU et de sa nature omnisciente – et Volume de la Loi Sacrée (VLS),  élément essentiel présent dans chaque loge lors des tenues.

Après nous avoir instruit de la conception maçonnique de Dieu sous le prisme mystique – de la croyance à la Foi, de la transcendance et de l’immanence, des vertus théologales, etc. –, l’auteur s’intéresse à la représentation iconographique de dieu pour les francs-maçons. Elle est habituellement abstraite et symbolique plutôt que figurative. L’une des représentations les plus courantes est l’œil de la Providence, généralement entouré de rayons de lumière et situé à l’intérieur d’un triangle. Ce symbole est interprété comme le regard de Dieu sur l’humanité.

Mais Lucien Million nous décrit la célèbre aquarelle de l’artiste et poète britannique du XVIIIe siècle William Blake « The Ancient of Days », seule illustration couleur de l’ouvrage. Elle représente une figure divine, souvent interprétée comme le Dieu chrétien ou une représentation de l’Urizen de Blake, un être associé à la raison et à la loi. La figure est souvent vue en train d’étendre un compas sur les profondeurs du chaos, symbolisant l’ordre divin imposé à l’univers. C’est une image emblématique qui a été largement discutée dans les études de l’art romantique et de la symbolique religieuse.

En conclusion, nous pouvons affirmer que L’Idée de Dieu et le Franc-Maçon, sous-titré « Quand la Foi devient source de Spiritualité », est un livre à la fois pertinent et éclairant. Il offre une exploration approfondie de la thématique abordée, fournissant des réponses nuancées et des informations bien recherchées qui enrichissent la compréhension du lecteur. Cela témoigne de la qualité de la recherche et de l’expertise de l’auteur sur le sujet. Un beau cadeau en cette fin d’année 2023 ! Lucien Millo, un Frère précieux. Ainsi va la Franc-Maçonnerie !

L’Idée de Dieu et le Franc-MaçonQuand la Foi devient source de Spiritualité 

Lucien MilloLiberFaber, 2023, 556 pages, 25 €

La violence, un oubli de la Franc-maçonnerie ?

L’humain est un animal presque comme les autres ; un « humanimal », comme l’appelle joliment Daniel Béresniak, qui obéit aux lois naturelles du fonctionnement des meutes. Mais quelles sont donc ses différences avec les autres vertébrés, de meutes également ? Voici la réponse que le sapiens invente : la conscience, la raison et les longues inventions qui en découlent : La vie sociale et les valeurs circonstancielles, la politique, l’économie et, récemment, l’impuissante écologie qui n’empêchera pas l’ «l’effondrement » d’une grande partie de la planète ».

Les conclusions du très sérieux GIEC sont, hélas, très claires ; le dérèglement climatique va s’accentuer ; dérèglement climatique dont nous sommes coupables malgré nos déclarations et accords internationaux tonitruants.

            C’est un fait, les animaux ne possèdent pas ces grandes qualités, anthropomorphistes par définition, chères à tous les humanimaux,  dont la monstruosité de la violence meurtrière. La violence meurtrière dont il s’agit dans cet article pourrait bien être le résultat d’une évolution des espèces d’homo ; une sorte d’exaspération d’une force de vie, mais on n’en sait rien.

            Pourtant depuis un bon siècle, on a démontré que ces attributs, conscience, raisons valeurs… sont des cache-misères de notre condition violente. De tous les animaux, nous sommes les seuls à être affligés par cette tare. Qui plus est, les massacres, les guerres, les tueries de toutes sortes sont toujours justifiées par l’agresseur. Tous les prétextes sont bons. Mais pourquoi donc sommes -nous des nichoirs inébranlables de la violence ?

            L’anthropologie nous répond : il y a six millions d’années, les branches des primates, les singes et les homos, se scindèrent. Or ces derniers furent, dès cette époque, des êtres faibles et démunis devant les lois naturelles : se nourrir, se protéger, se reproduire. Charles Darwin nous apprendra que, peu à peu, cette force nécessaire dépassa son objet pour devenir en partie un désir meurtrier gratuit. Au début, elle fut nécessaire pour vivre et survivre. Puis nantie des outils de la raison, elle se fixa et se développa chez l’humanimal. Pas tous ceux de la branche homo, mais d’une bonne dizaine d’espèces qui, peu à peu, disparurent dans la sélection naturelle. Un rameau d’homo parvint, par le jeu de l’évolution des espèces, à survivre et à se développer en maîtrisant toujours plus les ressources naturelles : Les homo sapiens, si prétentieusement nommés, apparurent, il y a quelques 300 000 ans, estime-t-on aujourd’hui. Dans la disparition graduelle des autres homo. L’homo néandertalis fut son seul cousin jusqu’à 30 000 ans avant notre temps. Ils se connurent donc mais disparut lui aussi.

            L’homo sapiens, ce faible primate bipède a, grâce à sa ruse, son intelligence et la solidité des ses meutes, a proliféré de manière excentrique et folle : quasiment 10 milliards d’individus aujourd’hui. L’éthologie nous apprend que les lois naturelles sont implacables. Quand une meute devient trop lourde eu égard à ses ressources habituelles : nourriture, sécurité, la régulation s’opère de deux manières sans doute : affrontements meurtriers avec les autres meutes encore bien nanties, et épidémies du fait de la promiscuité suivies des proliférations des agents pathogènes qui s’ensuivent. Cela ne te rappelle-t-il rien ? Oui ! Beaucoup d’humains, parmi les scientifiques (je n’ai pas écrit : politiques) les plus sérieux estiment que l’effondrement de la planète est inéluctable.

            Et après, pour les rares survivants de la biodiversité ? Une révision complète et forcée de la vie en meutes et une remise en cause radicale de la violence, de l’enfant jusqu’au mourant. Et si, des bandes d’humains se préparaient à cette apocalypse, avec pour objectif la maîtrise de cette violence qui ne cesse de nous faire entretuer ?  Elles existent bien sûr, dans des associations, des regroupements libres, des réseaux sans attaches, des communautés anarchistes… Et bien ma conviction, la voici : La Franc-maçonnerie en fait partie et avec une force qui sidère.

            Notre rite connaît bien la violence et ne cesse de la mettre en scène à l’initiation. D’abord remarquons que le(la) candidat(e) est aveuglé(e) par le bandeau. Ce point est l’acmé de notre mise en scène. Pendant quasiment toute l’initiation, l’impétrant va être soumis à une série d’épreuves qui, sont des fresques vivantes de la violence qui nous sert de chausse-pied de vertu :  la porte basse, la pointe du compas sur le cœur, les trois voyages brutaux, la coupe amère, la scène du cadavre avec les épées pointées et parfois d’autres épreuves selon les rites. Mais l’impétrant est presque toujours dans une position réceptive et contrainte ; à l’image des méandres inconscients et parfois véreux de notre inconscient. Réceptive mais contrainte comme le diraient Françoise Dolto et Annick de Souzenelle. D’ailleurs l’éprouvé(e) n’a aucun choix avec le bandeau qui lui est imposé et qui semble lui clamer : « Tout ce que tu vis avec ces secouades et ces duretés aveugles, c’est toi, mais tu ne t’en rends pas compte, aveuglé comme tu es ».

Mais il faut lui faire comprendre qu’une envolée d’espérance subsiste d’amadouer cette violence, dont il est victime et complice. Pendant un bref instant, le bandeau, dans le noir absolu du local, est levé et il(elle) peut entrapercevoir le grand espoir, grâce à la Lumière de la Loge discrète mais porteuse d’horizons rutilants. Sans aucun commentaire. Le bandeau retombe et l’obscurité a laissé, un court instant, entrevoir la lueur de la prise de conscience de la violence qui gît en nous… Alors c’est le moment, où la grande révélation est magnifiée : au milieu des Frères et des Sœurs assemblés(es) en cercle, le bandeau est baissé et non point ôté. Alors notre héros comprend parfois vite et sans réfléchir : « Oui la lumière de la conscience qui m’ouvre à la mesure et à la mauvaise conscience brille ; mais les épées autour de moi me rappellent que je ne dois pas me raconter des billevesées de patronage : la violence est toujours là, avec les épées pointées, mais sans menace meurtrière. La Grande Lumière entonne et chante alors la capacité de l’humain à gravir les échelons de cette violence. Son esprit s’éveille mais sans naïveté.

            Et là est le génie de notre rite : oui, nous sommes tous violents ou soumis à elle, sans le vouloir.  Souvent même en la justifiant comme dans les conflits, les émeutes et les guerres, qui dévorent, depuis l’aube des temps l’humanité. Et la Franc-maçonnerie tonitrue, mais sans sauvagerie : « Oui, tu es violent mais oui tu peux en dévoiler ta conscience, si tu ôtes le bandeau de ta cécité et ose faire face à cette poussée meurtrière. Désormais tu peux, non point l’effacer, ce qui serait niais, mais tu peux l’agripper. Ou bien même t’appuyer sur sa force pour servir les causes non exemptes de vindicativités affolantes. Pensons, parmi mille exemples, au Hamas et à la riposte d’Israël. C’est ainsi que la violence, qui ne peut être reniée en soi, devient une révélation, car nous en sommes les victimes comme nous l’a appris le bandeau. Mais elle est aussi une puissance à juguler sans ourdissement de censure intérieure ? Pour le pire ? Non ! Pour le meilleur !

            Merci, rite maçonnique pour ce splendide arrachage de nos prétextes et de nos poussées logées, en loucedé , dans les replis de notre inconscient aux atours tricheurs de notre vertu meurtrière. La bouse peut devenir perle irisée !!!

Les palimpsestes du silence

3

(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent le 1er et le 15 de chaque mois.)

Vous me pardonnerez de ne pouvoir parler que de ce que je sais de la franc-maçonnerie : c’est bien peu en extension mais, je l’espère, beaucoup plus en compréhension – je veux dire par là que je serais bien incapable de décrire les multiples facettes qui la composent, alors que, « en revanche », je pense avoir inlassablement exploré les propriétés qui lui confèrent, à mes yeux, des traits spécifiques.

C’est ainsi qu’elle m’a fait découvrir, bien au-delà d’un silence imposé par une certaine discipline, une discipline émergeant, avec une liberté souveraine, du silence intérieur auquel elle m’a ouvert et qui, pour ce que j’en crois encore aujourd’hui, constitue une part essentielle de l’initiation.

Deux hommes dans la dispute
Deux hommes dans la dispute

Faire silence consiste bien sûr à se dépouiller le plus possible de tous les parasites qui encombrent les représentations que nous nous faisons de toutes choses, à tout instant, c’est-à-dire ces formes d’appréciations qui envahissent le champ de nos perceptions et de nos préférences, où vibrent mille sortes d’intentions ou d’idées préconçues, tout un réseau d’opinions préexistantes dont les effets insidieux sont souvent bien plus pénétrants que de notoires, robustes et coriaces préjugés et qui disposent par avance notre esprit à des mouvements intimes, à peine avoués, classant sommairement l’autre sans plus de manières et sans réelle empathie.

Faire silence, c’est aussi accroître sa capacité d’écoute. Spontanément en loge – et au moins dans ce cadre – protégé de la rumeur du monde, accordé à une bienveillance d’autant plus grande que l’on se défait de ses propres peurs, qu’aucune position défensive n’a donc besoin de s’afficher en réaction, on accueille l’autre comme il lui vient de s’exprimer à tel ou tel moment.

Ainsi, c’est le silence qui permet l’épiphanie de l’autre, concourant également à la révélation du moi. L’épiphanie de l’autre ? Oui, c’est-à-dire cette acceptation de la manifestation du fond de son être… et qui – encore faut-il le reconnaître – me situe tout pareillement dans la relation que j’ai avec lui, traçant indéfiniment les limites qui me caractérisent.

Un bol tibétain, pour faire du son méditatif
Un bol tibétain, pour faire du son méditatif

Après un temps d’apprentissage, cette discipline du silence n’est pas pour autant une loi du silence : elle ne me condamne pas à rester muet. Elle m’invite à augmenter le silence où l’autre va inversement se placer, d’une parole qui, je l’espère, vaudra bien pour lui qu’à mon tour, j’aie renoncé à l’attentive suspension de mon verbe. Peu à peu, je me pénètre de cette vérité qu’Euripide énonçait dans ses Fragments : « Parle si tu as des mots plus forts que le silence ou garde le silence. »

Tout aussi bien, dans ma vie intérieure, je m’habitue à ce que le silence affleure régulièrement. Du lâcher-prise au laisser-aller vers (vers l’autre, vers l’advenue involontaire de pensées nouvelles…), le silence permet aussi d’avoir conscience qu’il reste encore beaucoup de choses à comprendre en dehors de ce que l’on a dit. C’est le silence qui, désormais, fait la soudure avec le monde, sans conflit et avec bonheur, craquelant sur son passage tous les glacis de protection.

Quel étonnement de voir que le parchemin où mes pensées s’inscrivent sans cesse, loin de s’amincir à mesure que je le gratte, bien au contraire grossit  et qu’une vision plus complète et plus juste se met à vivre dans les interlignes que j’efface ! Gloire aux palimpsestes du silence…

Découvrez le Karaoké maçonnique…

0

« Il fait bon de suivre un Franc-Maçon » est une adaptation de Yellow Submarine des Beatles ou du Sous-Marin Vert de Maurice Chevalier. Auteurs-Compositeurs : John Lennon, Paul McCartney, Adaptation : Rosarium Philosophorum. Il est vrai que la qualité peut laisser à désirer, mais l’esprit de l’humour est bien présent.

Illuminati : la société secrète suscite les fantasmes de milliers de théoriciens. Petite enquête…

De notre confrère purepeople.com – Par Holo Han

Les stars font l’objet des rumeurs les plus folles ! L’une des plus insistantes, portée par de nombreux adeptes d’une théorie du complot, fait état de leur appartenance à une société secrète. De Jay Z à Maître Gims en passant par Madonna et Michael Jackson : qui sont les Illuminati ?

Un seul objectif : contrôler la planète

Les Illuminati formeraient une société secrète réunissant les grands de ce monde ; des personnalités politiques, de la finance, de l’industrie, des lettres, des arts et des médias dont les objectifs seraient de contrôler les masses, s’enrichir davantage et consolider leur pouvoir, puissance, influence et célébrité. De nombreuses stars auraient rejoint leurs rangs. Leur mission, outre la tenue de rites sataniques (sacrifices humains, actes sexuels, etc) ? Occuper et pervertir les esprits (ou « distraire ») de milliards de fans.

Jay Z

Jay Z est la plus mentionnée des célébrités associées aux Illuminati ! Le motif, le premier logo de son label et agence de management de talents, Roc Nation, représentant un diamant. Le rappeur de 47 ans le reproduit à mains nues à chaque concert, invitant ses milliers de spectateurs à l’imiter. Selon plusieurs complotistes, le geste serait une allégeance à peine masquée aux Illuminati, qui auraient eux aussi un symbole : l’oeil de providence, présent sur les billets de banque américains.

Son épouse Beyoncé et ses protégés Kanye West et Rihanna seraient également membres. La liste ne s’arrête pas là : Jim Carrey, Katy Perry, Lady Gaga, Lil Wayne, Madonna (auteur d’une chanson intitulée Illuminati), Michael Jackson (contre qui les Illuminati se seraient retournés), Mick Jagger et Nicki Minaj y figurent également. Tous ont profité d’apparitions publiques (cérémonies de récompenses, clips vidéo ou concerts ou interviews télé) pour donner de soi-disant petits indices de leur appartenance au mouvement. Ils seraient les acteurs les plus exposés de l’instauration d’un Nouvel Ordre Mondial (autre inscription présente sur les billets de banque américains) : la création d’un gouvernement unique pour les nations du monde entier.

Mylène Farmer

En France, seuls Booba, Maître Gims et Mylène Farmer ont été soupçonnés d’avoir un lien avec les Illuminati. Toutefois, les disparitions de Coluche et de Daniel Balavoine leur sont également attribuées.

B2O les a explicitement mentionnés sur le single LVMH, sorti en 2014. Il s’est également gentiment moqué sur Instagram, en publiant la photo d’une barre chocolatée.

Curieusement, dans l’ensemble, les célébrités françaises échappent donc aux tentacules illuminati. Le mouvement a pourtant vu le jour tout près de l’Hexagone, chez nos voisins d’outre-Rhin…

Des siècles avant Jay Z et Beyoncé, les Illuminés de Bavière…

C’est dans le Sud de l’Allemagne que seraient nés, au XVIIIe siècle (le siècle des Lumières), les Illuminati. Ils s’appelaient à l’origine les Illuminés de Bavière et constituaient une société secrète luttant contre l’abus de pouvoir par l’État, l’influence de la religion dans la vie publique, l’obscurantisme et la superstition. Charles Theodore, prince et duc de Bavière, dissout le mouvement par plusieurs édits interdisant l’existence de sociétés secrètes. Soupçonnés d’agir dans l’ombre, les Illuminés de Bavière seraient à l’origine de plusieurs événements historiques, dont la Révolution française ,les deux guerres mondiales et la naissance du nazisme.

Illuminé qui voit une pyramide en hollograme
Illuminé qui voit une pyramide en hologramme

Aujourd’hui encore, les Illuminati seraient à l’origine de faits importants (attentats terroristes, crises économiques, élections présidentielles et guerres). Leur implication est malheureusement intraçable.

Beaucoup confondent les Illuminati avec le groupe Bilderberg, la Franc-Maçonnerie ou encore la société secrète universitaire Skull and Bones, à Yale (dont étaient membres les présidents américains George H. W. Bush et George W. Bush). Impossible de relier ces organisations.

Un jour, peut-être, le mystère sera levé…

Le compagnonnage

Docteur en Histoire, inspecteur d’académie honoraire, François Icher* est spécialisé dans l’histoire du compagnonnage en France et les chantiers de cathédrales​​. Parmi ses publications sur le sujet, nous trouvons notamment chez Cairn**, en 2021, Agricol Perdiguier compagnon menuisier du devoir de liberté dit Avignonnais La Vertu pacificateur et rénovateur du Compagnonnage et, l’an dernier, Petite Histoire du Compagnonnage.

Directeur de la collection « Les mots essentiels pour comprendre », François Icher a déjà fait paraître des ouvrages sur la thématique suivante : le christianisme, le protestantisme, la franc-maçonnerie, la laïcité et les cathédrales.

Cela va sans dire que le compagnonnage est un système traditionnel de transmission de connaissances et de savoir-faire dans divers métiers, principalement en France. Il repose sur l’apprentissage pratique et l’échange de techniques entre compagnons, qui voyagent souvent pour apprendre de nouveaux métiers. Cette tradition insiste sur les valeurs de fraternité, de perfectionnement professionnel et personnel, et sur le passage de l’état d’apprenti à celui de maître. Mais cela va encore mieux en le disant !

La collection « Les mots essentiels pour comprendre » fait référence à un ensemble de termes clés ou de vocabulaire spécifique qui sont nécessaires pour saisir pleinement un sujet ou une discipline. C’est une sorte de lexique de base qui aide à construire une compréhension fondamentale d’un domaine d’étude, d’une philosophie, d’un mouvement culturel ou social, ici le compagnonnage. Connaître ces termes permet de mieux naviguer dans les discussions et les textes relatifs au sujet en question.

Ce concept nommé « Les mots essentiels pour comprendre le compagnonnage » incluent, à titre d’exemple des termes tels que :

Apprentissage : période de formation où l’apprenti apprend les compétences de base de son métier ;

Compagnon : personne qui a terminé son apprentissage et voyage pour parfaire ses compétences et partager son savoir ;

Fraternité compagnonnique : sentiment de camaraderie et d’entraide au sein de la communauté des compagnons, dans le présent opus, celle des anciens devoirs ;

Métier : profession ou artisanat spécifique auquel le compagnon se consacre ;

Tour de France : période traditionnelle de voyage des compagnons à travers le pays pour apprendre de différentes écoles et maîtres ;

Transmission : partage et passage du savoir-faire et des connaissances entre générations de compagnons.

Ces mots essentiels ne sont pas un dictionnaire car ne bénéficiant pas de leur étymologie, leur orthographe, leur syntaxe et grammaire ou encore leur prononciation. La lecture est d’autant plus aisée et attrayante car entrant immédiatement et pédagogiquement dans leur définition pratico-pratique.

Ce n’est non plus un abécédaire présentant généralement les lettres de l’alphabet avec des exemples de mots qui commencent par chaque lettre, souvent accompagnés d’illustrations. C’est un outil pédagogique pour les enfants qui apprennent à lire.

Ces mots essentiels sont spécifiquement consacrés à l’ensemble des connaissances, des termes, des traditions et des pratiques associées au compagnonnage. Nous y retrouvons un vocabulaire spécialisé, de l’histoire et des traditions… Le tout pour nous permettre d’aider à préserver et à partager ce bel héritage culturel.

Retenons qu’il commence par définir l’abeille, symbole fort dans le compagnonnage – travail d’équipe et organisation, diligence et travail acharné , contribution à un but commun, structure et précision, sagesse et éducation, perpétuation et durabilité, fidélité et loyauté, etc.

Et se termine avec le mot zinzin, surnom parfois donné au compagnon plombier-zingueur.

Le livre comprend, à la fin, une bibliographe présentant des ouvrages relativement récents ou réédités et pour la plupart disponibles en librairie, traitant la question compagnonnique sous ses aspects historiques, culturels et organisationnels. Ainsi qu’un tableau des mots essentiels.

Cet ouvrage est une ressource inestimable pour les apprentis, les artisans, les Compagnons, les historiens, et tout cherchant sincère intéressé par le compagnonnage.

François Icher.

*Né en 1958, François Icher est Professeur agrégé, docteur en histoire, chargé de mission à l’Inspection Académique de l’Aude et au Rectorat de Montpellier. Il est également chercheur associé au CNRS (laboratoire FRAMESPA, université de Toulouse 2). À l’âge de vingt et un ans, dans le cadre du Centre National de Documentation Pédagogique, il publie son premier ouvrage consacré à la vie d’un compagnon menuisier audois du XIXe siècle. C’est le début d’un long parcours et d’une passion entièrement dédiés à l’univers des compagnons, des artisans et des métiers d’autrefois. En 1997, il obtient le titre de Docteur en histoire de l’université de Toulouse 2 avec la soutenance de sa thèse consacrée aux compagnonnages en France. Ses travaux portent non seulement sur les sociétés compagnonniques, sur les bâtisseurs de cathédrales mais aussi sur les corporations et les métiers de l’Ancien régime.

Petite Histoire du compagnonnage
Petite Histoire du Compagnonnage.
Agricol Perdiguier.

On lui doit plus d’une vingtaine d’ouvrages dont plusieurs ont fait l’objet de traductions dans des pays aussi divers que l’Allemagne, les États-Unis ou le Japon. On citera, entre autres publications, La France des compagnons (Éditions de La Martinière, 1998), Les compagnons ou l’amour de la belle ouvrage (Gallimard, Coll. Découvertes, 1995), Les œuvriers des cathédrales (Éditions de La Martinière, 2000), grand prix du livre d’art religieux au salon du livre de Paris 2000, Le compagnonnage (Desclée de Brouwer, 2000), La France des artisans et des métiers – Du Moyen Âge à l’époque industrielle (Éditions de La Martinière) ou encore Les compagnonnages en France au XXe siècle – Histoire, mémoire, représentations (Grancher, 1999)et, cette année, chez La Martinière Le compagnonnage, du Moyen Âge à nos jours, raconté par le spécialiste de cette tradition.

Vu sur le pic du Midi d’Ossau-Photo Alban Laffitte

**Les éditions Cairn naissent en 1997 à Pau, préfecture du département des Pyrénées-Atlantiques. Une ville notamment célèbre pour la vue imprenable sur la chaîne des Pyrénées, notamment depuis le Boulevard des Pyrénées, une promenade populaire en ville et son château de Pau, lieu de naissance du roi de France et de Navarre Henri IV. Les éditions Cairnbénéficient du soutien de la D.R.A.C. et de la Région Nouvelle-Aquitaine.

Jean-Luc Kerebel en est le directeur qui, après des années en librairie et un poste d’éditeur salarié, a ressenti le besoin de créer sa propre maison d’édition. Un extrait de leur présentation :

Vue imprenable sur la chaîne des Pyrénées.

« 25 ans plus tard notre catalogue est riche de plus de 600 titres qui portent la mémoire, la culture, le patrimoine de ce vaste territoire. Après quatre déménagements en centre-ville nécessités à chaque fois par un accroissement de l’activité et le recrutement de nouveaux collaborateurs, nous nous sommes installés début 2019 en zone artisanale en périphérie de Pau, à Morlaàs.

Château de Pau.

Nous éditons désormais quelque 80 titres par an : beaux-livres, essais, romans… poche, moyen et grands formats. Nous creusons ainsi un sillon où s’expriment les singularités, les spécificités du territoire, très loin d’un régionalisme passéiste. Au fil des années, des rencontres, de nouvelles collections sont nées dont Du Noir au Sud, notre collection de romans policiers dont l’intrigue se passe, pour tout ou partie, dans le Grand Sud. Le polar étant une autre façon de dire le territoire.

 Jean-Luc Kerebel.

En artisan, mon souhait était aussi de maîtriser toute la chaîne du livre, depuis sa mise en page jusqu’à sa commercialisation en librairie. Parallèlement à notre activité d’éditeur, nous diffusons et distribuons les catalogues d’une soixantaine d’éditeurs de Nouvelle-Aquitaine et d’Occitanie. » En savoir plus, sur leur site.

Le Compagnonnage

François IcherCairn, Coll. « Les mots essentiels pour comprendre », 2023, 384 pages, 18 €

Disponible à la Librairie du Compagnonnage.