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Franc-maçonnerie et suffrage universel en 1889

De notre confrère espagnol nuevatribuna.es – Par Edouard Montagut

Le 20 décembre 1889, un franc-maçon,  le frère « Espronceda »  donna une conférence au temple maçonnique de la loge « Cadena de Unión » sous le titre « Le suffrage universel part de la nature même de l’homme ». 

Grande Loge Symbolique d’Espagne, GLSE.

Cette loge appartenait à la Grande Loge Symbolique d’Espagne, constituée en février 1887. Cette Obédience s’est toujours caractérisée par son lien avec la réalité politique du moment, d’un point de vue républicain et anticlérical, tout en étant liée aux courants de la liberté pensée. Dans son propre  Bulletin,  il en est venu à avoir une section intitulée « Injustices sociales », en plus d’une autre consacrée à l’éducation.

Práxedes Mateo Sagasta, peint par Casado del Alisal en 1884.

Ainsi, nous devons encadrer cette conférence dans le moment historique qui a conduit à l’approbation du suffrage universel en Espagne, aux mains de  Sagasta  lorsqu’il a assumé les responsabilités de gouvernement dans la régence de María Cristina , dans le cadre d’un programme politique de signe libéral qui a été approuvé dans le soi-disant Long Parlement. Sagasta a réalisé d’importantes réformes telles que l’abolition de l’esclavage à Cuba, la loi sur les associations de 1887, la loi sur le jury de 1888 et l’approbation du Code civil en 1889. La discussion sur le suffrage universel a été, sans aucun doute, celle qui a généré le plus de controverse dans les Cortes. 

Le suffrage universel était en réalité le fils des théories libérales, qui faisaient de l’individu l’axe de l’ordre social.

Le projet commença son voyage avec sa lecture par  Moret  au Congrès début décembre 1888. La polémique fut servie, même si la discussion parlementaire proprement dite tarda à se dérouler jusqu’en mai de l’année suivante. Le 23 mai 1889, le député conservateur  Lorenzo Domínguez charge contre le projet , mais il y reste. La discussion fut reportée à janvier 1890 lorsque Sagasta présenta un nouveau gouvernement aux Cortès. Comme nous pouvons le voir, il a fallu plus d’un an pour que le processus parlementaire soit réellement lancé, mais, comme nous l’avons dit au début, la polémique a éclaté dès le premier instant à l’intérieur et à l’extérieur du Congrès.

Les partisans du suffrage universel se fondaient sur le fait qu’il était nécessaire en raison de son lien étroit avec le principe de la souveraineté nationale, bien que la Constitution de 1876 ait établi le principe de la souveraineté partagée entre la nation et le roi. Les libéraux défendaient le suffrage universel parce que c’était un engagement politique qu’ils avaient acquis, même si, en réalité, Sagasta n’en était pas fan, mais il était conscient que son approbation consoliderait davantage la monarchie, lui donnerait une plus grande légitimité afin de essayez de soustraire des arguments aux républicains, qui ont clairement défendu le suffrage universel. 

Emilio Castelar y Ripoll (portrait par Josep Nin i Tudó).

Ce même argument a été appliqué par Sagasta dans le cas de la loi sur le jury. En approuvant les deux dispositions législatives, il obtient le soutien du républicanisme possibiliste qui finit par rejoindre son parti, celui représenté par Castelar  et ses partisans. Un jeune Canalejas s’est fait remarquer dans cette même thèse en associant la monarchie au suffrage. Cela serait renforcé si davantage de citoyens pouvaient participer au jeu politique. D’autres libéraux considéraient que le suffrage universel apprivoiserait les ouvriers, apaiserait les conflits sociaux. Cet argument visait davantage à convaincre les conservateurs, toujours obsédés par l’ordre, puisqu’ils n’étaient pas intéressés par l’élargissement du droit de vote. Finalement, la loi fut promulguée le 26 juin 1890. 

Les partisans du suffrage universel se fondaient sur le fait qu’il était nécessaire en raison de sa relation étroite avec le principe de la souveraineté nationale.

Eh bien, la conférence tournait autour de deux principes de base de la franc-maçonnerie , à savoir l’égalité et la liberté. Si l’homme voulait le vote, il devrait être accordé, car tous les hommes étaient égaux. C’était la raison fondamentale de défendre le suffrage universel.

Le conférencier a également utilisé l’argument historique sur la relation entre le suffrage dans l’Antiquité et le développement des sciences et des arts. Mais il exprime aussi que le suffrage universel en tant que tel est mort dans cette même Antiquité parce qu’il ne reposait pas sur des bases solides.

Le suffrage universel était, en réalité et selon lui, le fils des théories libérales, qui faisaient de l’individu l’axe de l’ordre social, alors que l’homme s’était émancipé des autres hommes.

Le peuple devait se gouverner. Nier ce droit reviendrait donc à nier la liberté individuelle. Ce droit du peuple partait de sa propre nature, c’est-à-dire qu’il était un droit naturel.

Le conférencier s’est arrêté à la question de la légitimité. Les monarchies cherchaient l’origine de leur légitimité en Dieu, mais il ne se pouvait pas qu’il puisse légitimer les tyrannies.

D’autres libéraux croyaient que le suffrage universel apprivoiserait les travailleurs, apaiserait les conflits sociaux

Il s’occupa également du suffrage censitaire, qu’il qualifia de restreint, et qui, toujours selon lui, était encore pire que l’absolutisme, une sorte de sarcasme pour la liberté, car il favorisait un « régime de caste », ne réunissant que des représentants de certaines classes sociales. . Par ailleurs, il considérait que l’argument des défenseurs du suffrage censitaire considérant que donner le gouvernement au peuple revenait à le livrer à l’ignorance. Mais il considérait que c’était, précisément, l’autorité, responsable de « l’arriération morale d’un peuple », et, par conséquent, le peuple ne pouvait pas purger les péchés des autres.

Mais le suffrage universel lui-même était une école de citoyenneté. Avec elle, le peuple a appris à être libre, et la liberté était fondamentale. Le suffrage universel a d’ailleurs été la principale cause du développement des nations.

Le résumé de la conférence a été publié dans le  Bulletin des Actes du Souverain Grand Conseil Général Ibérique et Grande Loge Symbolique d’Espagne , an II. Numéro 1, Madrid, 15 janvier 1890.

[NDLR : Pour en savoir plus, si tel est votre désir, vous pouvez utilement lire l’article de Luis P. Martin « Franc-maçonnerie et citoyenneté en Espagne au tournant du XIXe et XXe siècles » publié dans « Franc-maçonnerie et histoire : bilan et perspectives » et mis en ligne intégralement sur Openédition Books ]

La Bible restituée

Présentation de l’éditeur

Beaucoup d’ouvrages dits sacrés, qu’ils soient bien ou mal compris sont, pour le moins, lus dans leur langue originale.

La Bible, pourtant, et surtout les cinq premiers chapitres de la Genèse ont été constamment mal interprétés du fait que leur graphie ne se compose pas des lettres d’un alphabet (comme on le croit communément depuis plusieurs millénaires) ni, a fortiori, de mots auxquels on peut attribuer le sens qu’on leur donne habituellement dans la langue parlée.
Dès lors, il est de la plus haute importance de savoir que les différents signes dont on se sert comme lettres dans l’alphabet hébraïque constituent les éléments d’un véritable code chiffré.
Chaque signe est un idéogramme et à chaque signe correspond un nombre, dont le sens est précis. Ces nombres, eux aussi, ne sont pas à prendre dans leur signification arithmétique. Ce qu’ils désignent, en réalité, ce sont les différents aspects de l’énergie vivante à l’œuvre dans l’univers. Les noms : Adam, Ève, Caïn, Abraham, Jacob, Ésaü, etc., sont également des idéogrammes. Ces pseudo-personnages sont purement symboliques et leur fonction première est d’illustrer les divers états de conscience par lesquels passe l’humanité, ainsi que les rapports de ceux-ci avec la vie, telle qu’elle apparaît à tout instant.
Il en ressort que la Vie est un processus sans fin, caractérisé par l’alternance vie-mort/vie-mort, qu’il importe de pouvoir accepter après l’avoir affectivement intégrée. La Bible restituée propose donc une lecture des livres de la Genèse conforme à leur code chiffré originel (la Cabale) et montre comment ce code éclaire non seulement ces textes mais aussi certains aspects des Évangiles de Matthieu et de Jean. Le sens révolutionnaire qui se dégage de cette lecture devrait, semble-t-il, intéresser directement les chrétiens, les juifs et les musulmans, car, bien compris, le langage de la Bible est une révélation enfouie que l’on se doit de restituer dans toute sa clarté originelle.

Carlo Suarès.

Biographie de l’auteur

Carlo Suarès (1892-1976) est un écrivain, peintre et cabaliste français.

Ses études à l’École des beaux-arts de Paris, commencées en 1910, interrompues par la maladie puis par la guerre, furent couronnées en 1920 par un diplôme d’architecte. Ayant épousé Nadine Tilche en 1922, il fait connaissance en 1923 de Jiddu Krishnamurti dont il devient l’ami fidèle et le traducteur en français. De 1928 à 1939, il participe à la rédaction des Cahiers de l’Étoile, revue mensuelle, où il côtoie Joë Bousquet, Le Corbusier, Krishnamurti, Benjamin Fondane. Après l’arrêt des Cahiers, c’est dans les Carnets qu’il publie La fin du Grand Mythe.

Son œuvre s’attache à la réflexion philosophique et religieuse, ainsi qu’à l’étude des textes sacrés et de la Kabbale.

À partir de 1940, Carlo Suarès devint un artiste peintre prolifique. Il exposa sa théorie ésotérique de la couleur dans L’Hyperbole chromatique.

En 1945, Suarès se remit à écrire, en particulier Critique de la Raison Impure, La Kabale des Kabales, De Quelques Apprentis-Sorciers, et la Trilogie sur la Genèse, le Cantique des Cantiques, et le Sefer Yetsirah.

Selon le penseur et chercheur français, qui a renouvelé l’étude de la Kabbale et de la mystique juive, Charles Mopsik (1956-2003) : « Carlo Suarès (…) se propose de retrouver la cabale authentique qui aurait été, selon sa thèse, déformée par l’idéologie religieuse rabbinique. L’influence de la pensée originale de Carlo Suarès a été à peu près insignifiante sur le judaïsme français mais elle s’est exercée sur divers milieux d’origine chrétienne, aspirant à découvrir de nouveaux horizons spirituels ».

[NDLR : Trouver l’édition originelle de 1967 paru aux éditions Mont-Blanc de ce livre central dans l’œuvre de ce kabbaliste atypique de notre époque qu’est Carlo Suarès est encore possible, mais à quel prix ? Certains sites marchands, en fonction de son état, le propose encore entre 112 et 262 €… Vous pouvez toujours vous rabattre sur l’édition de 2013 d’Arma Artis. Le mieux est d’acquérir cette dernière édition de très belle facture et conforme à l’édition originelle.

Philippe Subrini.

Publié dans la « collection anastatiques », l’anastatique se définissant comme la technique reproduisant à l’identique un texte imprimé, cette belle réédition est préfacée par notre ami Philipe Subrini que tous les maçons connaissent, ne serait-ce qu’à travers son bulletin « La Lettre du Troubadour ». Le lecteur y trouvera un portrait de Carlo Suarès et sa biographie. Une préface qui ne mannque pas de s’achever par deux hommages, l’un au comédien et écrivain Marc Thivolet († 2016), qui a aussi travaillé comme éditeur chez Armand Colin et a fait partie du groupe surréaliste dans les années 90. Il a été le légataire de l’œuvre de Carlo Suarès. Et à Jean-Marc Tapié de Céleyran (OE 2021) qui a aussi œuvré pour sauvegarder l’œuvre et la mémoire de Carlos Suarez. Il était l’infatigable animateur des Éditions Arma Artis, une maison qui tient une place à part dans le monde de l’édition, de la culture et de la tradition.

La rose cosmique.

La première de couverture reprend l’emblématique rose cosmique du célèbre médecin et alchimiste allemand Heinrich Khunrath (c. 1560-1605), surtout connu pour son traité alchimique l’Amphitheatrum Sapientiae Aeternae (Hamburg, 1595), qui se traduit par l’Amphithéâtre de la sagesse éternelle.]

La Bible restituée

Carlo SuarèsLes Éditions de la Tarente, 2023, 290 pages, 23 €

Disponible chez l’éditeur ou chez Le Troubadour du Livre au 06 87 399 725 et par courriel.

Maux Croisés…

Le dictionnaire définit la Chevalerie comme une « institution militaro-religieuse, propre à la noblesse féodale. Les règles de la chevalerie étant la bravoure, la courtoisie, la loyauté, la protection des faibles ». D’où l’adjectif « chevaleresque » qui évoque une personne moralement généreuse. La littérature du même nom va dans ce sens qui valorise l’honneur, la dignité, la fierté, la grandeur. A remarquer qu’Honoré de Balzac, lui, ne se joint pas à ce concert de louanges en exprimant, disons, quelques réserves qui lui font écrire : Cette espèce d’honneur chevaleresque qui, à l’armée, fait excuser les plus grands excès !

Il ne fait pas de doute que, dans les faits, « sur le terrain », l’écrivain nous renvoie inévitablement aux Croisades. Que nous dit ( et ne dit pas toujours !) l’histoire ? :

Une guerre juste ?!

Ces Croisades sont au vrai le résultat de guerres précédentes qui ont enflammé le bassin méditerranéen. Les conquêtes musulmanes conduisent notamment les arabes jusqu’à Tolède en 711 et Poitiers en 732. Où Charles Martel les arrêtent. Puis suivront Pépin le Bref, son fils, et Charlemagne, son petit-fils, qui, l’heure décidée et venue d’une revanche, veulent créer un empire chrétien unifié.

Partant, ils déclenchent une suite de conflits armés contre les provinces du sud, en Lombardie notamment, puis jusqu’en Orient, avec l’appui des Papes successifs. Une courte « Trève de Dieu » s’installe, mais couve l’idée d’une « guerre juste » (argumentation d’Augustin !) contre les « infidèles ».

Une prétendue guerre juste qui sera positionnée géographiquement au XXIème siècle débutant, comme « l’axe du mal » par le Président des Etats-Unis d’Amérique, quand il décide, en 2003, l’envahissement de l’Irak !

Mais revenons à notre propos, les Croisades. Sous le prétexte de défense nécessaire du tombeau du Christ, le pape Urbain II lance la 1ère Croisade, en 1095.

 Les Croisés – ces soi-disant soldats courtois et protecteurs – massacrent au passage les communautés juives de Trèves, Mayence, Cologne et Ratisbonne ! Ils arrivent à Jérusalem le 15 juillet 1099, où ils massacrent à nouveau les « Infidèles » Sarrazins, les Juifs et les Musulmans, pendant 3 jours !

Trois Ordres, trois désordres

Huit Croisades sont ainsi organisées entre 1095 et 1270. Les Chevaliers en cause sont sacralisés, gratifiés d’indulgence plénière, avec une promesse de salut éternel ! Les Papes successifs les assurent que ces Croisades « sont agréables à Dieu » ! Pour financer les expéditions, cette papauté autorise le rachat des voeux et fait confisquer les biens juifs !

Trois Ordres sont présents sur les théâtres d’opérations. L’Ordre des Hospitaliers de Jérusalem (qui deviendront les Chevaliers de Malte), l’Ordre des Chevaliers du Temple (les Templiers dits « les pauvres chevaliers du Christ), et les Chevaliers Teutoniques. Trois Ordres, autant de désordres sanglants ! Juste retour de la guerre juste…ces ordres religieux seront finalement chassés des terres d’Orient en 1244, par le Turc Saladin.

Les Templiers se replient alors dans leurs commanderies en France et leur Ordre sera dissout, après la mort sur le bûcher de Jacques de Molay, en 1307. Seul subsiste aujourd’hui l’Ordre de Malte, devenue une très riche organisation humanitaire (une façon de se racheter !) contrôlée par le Vatican. Les Chevaliers Teutoniques, eux, se sont reconvertis en une petite association allemande de bienfaisance.

Bilan de cette meurtrière et sinistre aventure : Les Croisades sont reconnues par tous les historiens, tel un « désastre politico-éclésial ». Et nombreux s’accordent à dire que l’attentat du 11 septembre 2001 contre les « Twin towers » de New York ouvrent une suite à ces Croisades, avec un nouveau type de guerre : le terrorisme.

La pulsion de mort

Les Croisades, auxquelles il faut bien donner le qualificatif de « guerre », portent à réfléchir, précisément sur ce concept de « guerre », malheureusement toujours d’actualité. Il semblerait bien que l’homme porte en lui – outre cette pulsion de mort pointée par Freud- une « pathologie du ressentiment » (génétique ?) par fixation sur un ennemi désigné ou à désigner.

Le conflit engagé donnerait ainsi à « l’homme en groupe » un sentiment (artificiel) de puissance avec l’élargissement illusoire de ses capacités de domination (à défaut de pouvoir agir sur les éléments ou un « créateur » !).

On peut aussi parler aujourd’hui d’une « pathologie de la religion », au nom d’un Dieu qui porte trois noms différents. Il y a évidemment en cause une « peur de l’autre » (« Dieu apparaît dans l’effroi », affirme Heidegger).

La Chevalerie de l’esprit

Qui dit « guerre » dit ennemis face à face, puis affrontement. Et à la fois, actions réciproques et principe mimétique (cf travaux de René Girard). Le modèle devient imitateur à son tour et entraîne un conflit redoublé des deux rivaux. Sans fin, parce que dans ce jeu à somme nulle, l’agresseur a déjà été agressé !

Il faut bien le dire, la guerre, c’est l’échec de « la raison grecque » devant l’irrationnel, c’est à dire « la vengeance interminable ».

Que peut prétendre proposer ici l’initié (e), pour sa part, membre aux mains ouvertes de la « Chevalerie de l’Esprit » qui s’exprime symboliquement en franc-maçonnerie ?!

Les mythes et les rites sont les seuls moyens que l’Homme a trouvés pour « retarder » la violence (contenue dans la mimesis). Nous connaissons bien ce domaine, avec l’architecte Hiram, victime émissaire, dont la mort a été nécessaire, pour que se poursuive la construction du temple.

Il est clair que nous manquons de mythes modernes. La franc-maçonnerie n’aurait-elle pas précisément un rôle à jouer pour combler ce manque ?

On se demande souvent ce que le franc-maçon peut faire dans la Cité. Y instaurer ou réinstaurer « le sens du sacré » (qu’il soit laïque ou religieux) serait certainement…une authentique démarche chevaleresque !

L’amour de l’autre (Caritas) passe par cette sacralité.

Lieu symbolique : Le menhir de Saint-Uzec, Pleumeur-Bodou (Côtes-d’Armor)

Un menhir est une pierre dressée, plantée verticalement. Il constitue l’une des formes caractéristiques du mégalithisme.

Celui de Saint-Uzec présente la particularité d’avoir été christianisé lors de la seconde moitié du XVIIe siècle. Lorsqu’ils n’ont pas été détruits par les adeptes de la religion catholique, apostolique et romaine !

Les formes de leur christianisation sont multiples : croix érigées à côté du menhir ou dans ses environs, menhir surmonté d’une croix ou d’une statue, menhir dans lequel une niche est creusée pour abriter une statue, menhir sculpté en bas-reliefs, sur une face, représentant des instruments de la Passion.

Les Bretons – dit-on – se livrent encore aux pratiques que l’Église désire faire oublier, voire éradiquer ! Mais nos Bretons ne seraient-ils pas, par hasard, les descendants et héritiers de ce village gaulois d’Armorique qui résiste à l’envahisseur grâce à la potion magique préparée par le druide Panoramix… Ils continuent, par exemple, à offrir des pièces de monnaie aux menhirs, à les enduire de beurre; les femmes stériles persistent à se frotter le ventre contre les mégalithes pour devenir fécondes, etc.

Son descriptif

Le menhir situé dans un placître est un bloc de granite, sans doute importé du littoral, qui pèse 80 tonnes, mesure 7,40 m de hauteur (hors-sol, environ un tiers dans le sol) et 2,6 m de largeur.

La croix est fixée dans une cavité de 10 cm de profondeur à l’avant, par deux cales visibles rouillées à cœur, et sans doute par d’autres, invisibles. De section rectangulaire, elle mesure 97 cm de haut et 70 cm de large. Le Christ, sculpté dans la masse en demi-relief, reprend l’iconographie du « Christus patiens » : la tête penche un peu du côté droit, le sternum est creusé, les yeux sont fermés. Un périzonium entoure le haut des cuisses. Deux calices recueillent son sang qui coule sous chaque main.

Sous la croix et la mettant en relief, un fronton orné d’un double bourrelet partant en accolade des pieds du Christ, se termine par deux volutes en épaulement enroulées en sens inverse des arcs de cercles. Ce fronton encadre un groupe de vingt-sept sculptures en bas-relief (dans un rectangle de 1,90 m de large sur 1,80 m de haut, originellement peint) rappelant le déroulement de la Passion du Christ mais disposées dans un ordre qui n’apparaît pas parfaitement rigoureux : le registre supérieur est composé de gauche à droite du calice de Gethsémani, d’un croissant de lune enserrant une figure de profil qui regarde vers une figure féminine, d’une femme à genoux avec les mains jointes et d’un soleil portant en son centre une figure humaine toute ronde.

Le soleil et la lune sont des symboles païens, interprétés par les Chrétiens comme les symboles des ténèbres du Vendredi-Saint et de la Résurrection. La femme peut être assimilée à une sculpture païenne, peut-être une déesse-mère celtique mais elle peut aussi représenter la Vierge Marie (sa sculpture semble en effet porter une auréole) en l’associant au second groupe au-dessous qui représente les instruments de la Passion du Christ.

Le second registre est encadré à gauche par une épée légèrement courbe et une lance à pointe quasi triangulaire qui évoquent l’arrestation au Jardin des Oliviers, et à droite, par la lance de Longin et la tige d’Hysope portant l’éponge. Il est composé de gauche à droite de l’aiguière et d’une main gauche ouverte, du voile de Véronique, du coq du Reniement de saint Pierre qui est juché sur la colonne de la flagellation. Une échelle évoque la descente de croix.

Le troisième registre, encadré par deux fouets formés de plusieurs lanières courtes, comporte de gauche à droite, le sabre de saint Pierre qui trancha l’oreille de Malchus, la lanterne de l’arrestation, puis des tenailles et un marteau sous lesquels se trouvent les deniers de Judas.

Le registre inférieur comporte la tunique sans couture, les trois dés des soldats romains lors du tirage au sort des vêtements du Christ, les trois clous, le crâne d’Adam, deux os croisés pouvant symboliser la descente aux enfers et un pot d’onguent.

À mi-hauteur était peint un Christ polychrome sur une croix rouge et sur un fond d’écusson noir. Il est maintenant totalement effacé.

Comme toujours, un peu d’histoire…

Le menhir de Saint-Uzec est dressé au Néolithique (5 000 – 2000 ans av. J.-C.) près de l’allée couverte de Keryvon. Ce monument mégalithique est christianisé en 1674 lors d’une Mission de « l’apôtre de la Bretagne », le père jésuite Julien Maunoir qui le fait insérer dans un enclos ayant un accès par échalier, le fait peindre, sculpter et surmonter d’une croix. La christianisation des « pierres dressées » témoigne d’une volonté d’assimilation des signes religieux antérieurs (inculturation, acculturation ?). Elle montre la volonté de l’Église d’intégrer le culte païen des pierres dans un syncrétisme religieux.

L’appellation erronée de Saint-Duzec (en référence au moine Duzec qui fonde au vie siècle un petit monastère sur un territoire très limité allant de la chapelle Saint-Uzec au menhir) provient de la liaison bretonne entre Zant, saint, et Uek, Uzek, prononcée zañnuek désignant en français Saint Josse.

Le menhir fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1889 sous le nom de Menhir de Saint-Duzec.

Le décor était polychrome, comme l’attestent des cartes postales du début de XXe siècle ainsi qu’une planche en couleur datant de 1897. Ces peintures sont aujourd’hui effacées. En 2005, sous l’égide des Bâtiments de France, la commune de Pleumeur-Bodou lance une campagne de restauration qui conduit à l’éradication des lichens noirs qui masquent les figures sculptées.

Menhir de Saint-Uzec, route du menhir – 22560 Pleumeur-Bodou

Bretagne – Trégor – Le Menhir de Saint Uzec – Pleumeur-Bodou

Sources : https://www.bretagne.com/ ; https://www.pleumeur-bodou.com/ ; Wikipédia ; Photos © Yonnel Ghernaouti, YG

Découvrez Nos Colonnes, LA boutique maçonnique !

Nos Colonnes, ou l’histoire de 3 frangins qui révolutionnent le marché des décors maçonniques. Ouvert tout l’été, toute l’année ! Ils ont accordé à 450fm une interview exclusive. Afin que nul ne l’ignore… et que nos lecteurs découvrent un site novateur qui monte, qui monte !

450 : Nos Colonnes, qui êtes-vous ?

Nos Colonnes : En 2020, nous avons créé Nos Colonnes, qui est devenu en 2023 le site de référence pour les décors maçonniques sur le marché francophone mondial.

Nous sommes 3 frères entrepreneurs avec 10 ans d’expérience dans le domaine du marketing digital. Après un constat, nous avons remarqué qu’il était difficile de trouver des décors maçonniques en seulement trois clics et, qui plus est, de bénéficier d’une livraison directe à domicile partout dans le monde.

Les 3 frangins.

Nous avons été motivés à relever ce défi, avec pour objectif d’offrir aux sœurs et frères du monde entier la possibilité de commander tous les décors et accessoires de loge directement à leur domicile, leur permettant ainsi de travailler dans des conditions optimales.

450 : Comme tout maçon, vous avez et mettez en œuvre des valeurs. Quelles sont -elles ?

Nos Colonnes : Nos valeurs d’entreprise : Passion – Excellence – Intégrité. À cela, nous affichons notre devise qui est « Tous rites, tous grades et obédiences sans distinction ».

Notre mission essentielle étant de rendre l’accès aux décors maçonniques facile aux sœurs et aux frères répandus sur toute la surface de la Terre.

450 : Pourquoi choisir Nos Colonnes ?

Nos Colonnes : Nous proposons tous les décors maçonniques pour les Apprentis, Compagnons et Maîtres ainsi que pour les Officiers et Vénérables Maîtres. Les hauts grades, ordres et chapitres sont également disponibles. Parmi nos produits, nous avons des gants, tabliers, sautoirs, baudriers, chapeaux, cravates, équipements de loge, robes, épées, livres, bijoux, décorations, tarots maçonniques, etc.

450 : Et cela disponible quel que soit le rite ?

Nos Colonnes : Exactement. Voici quelques rites maçonniques disponibles sur la boutique en ligne maçonnique Nos Colonnes : Rite Écossais Ancien et Accepté (R.E.A.A.), Rite Français (Traditionnel, Moderne et Groussier), l’Arche Royale, Rite Écossais Rectifié (R.E.R.), Rite Memphis-Misraïm, Rite d’York, Rite Émulation ou encore le Rite Standard d’Écosse (R.S.E.), etc.

450 : Mais vous proposez aussi des ouvrages maçonniques, n’est-ce pas ?

Nos Colonnes : Bien sûr. D’ailleurs, voici notre sélection littéraire pour cette rentrée littéraire 2023 :

Hervé H. Lecoq – Mes premières questions sur la Franc-Maçonnerie

Francis Frankeski – Je planche donc je suis

Franck Fouqueray – Les Clés d’une nouvelle Franc-Maçonnerie par le Corps

450 : Quelles sont les spécificités de Nos Colonnes ?

Nos Colonnes : C’est tout d’abord un site Internet ergonomique, facile d’utilisation disponible en français et anglais.

« Une de nos missions est de faciliter l’expérience d’achat en ligne de nos sœurs et frères », déclare Oscar cofondateur.

Puis, un catalogue riche de plus de 5000 décors et accessoires maçonniques :

  • Décors maçonniques pour les Loges bleues et hauts grades (gants, tabliers, sautoirs, robes, capes, chapeaux, toques, bijoux maçonniques.) ;
  • Bijouterie maçonnique, avec une sélection de produits fabriqués en France par nos artisans joailliers est disponible en cliquant ICI
  • Équipements de loge et accessoires (maillets, tapis de loge, chandeliers, bannières, outils en bois, etc.) ;
  • Décorations maçonniques (sculptures & peintures, statuettes maçonniques, décorations de bureau, cadeaux maçonniques) ;
  • Librairie maçonnique et ésotérique avec plus de 300 ouvrages disponibles. Nous travaillons en partenariat avec les maisons d’éditions : LOL, Numérilivre, Cépaduès, Borrégo, Shekinah ou directement avec des écrivains tel que Hervé H. Lecoq, membre de l’Académie de Vaucluse.

« Nous mettons un point d’honneur à mettre en avant nos sœurs et frères écrivains sur nos réseaux sociaux, site internet et newsletters afin de faire découvrir leurs ouvrages tout au long de l’année »,   Vincent, cofondateur.

450 : Votre point fort n’est-il aussi votre équipe ?

Nos Colonnes : Évidemment, nous avons une formidable et très dynamique équipe au service de nos clients. Disponible du lundi au vendredi par téléphone au +33 01 84 80 65 42 et par e-mail à info@nos-colonnes.com pour vous accompagner lors de votre achat et répondre à vos questions.

450 : De plus, il me semble que vous offrez certains services…

Nos Colonnes : Effectivement, nous offrons différents services, tels que :

  • Message à destination des Obédiences

Nos Colonnes a établi plusieurs partenariats avec des obédiences de par le monde.

Les obédiences sont désireuses de pouvoir offrir des services complémentaires à leurs membres et nous répondons positivement à ce challenge en leur proposant :

o            Un service dédié pour leurs commandes,

o            Des personnalisations sur une large gamme de produits,

o            Des tarifs préférentiels,

o            Mise en avant de leurs évènements sur nos supports de communication.

Nous pouvons annoncer en exclusivité sur 450.fm que le prochain partenariat signé est avec le Grand Orient de Suisse (G.O.S.) et débutera en septembre.

Vous pouvez contacter Vincent C :. – Email : vincent@nos-colonnes.com

Téléphone (ligne directe) : +33 1 84 80 61 34

« La majorité de nos produits sont personnalisables », Kevin, cofondateur.

  • Personnalisation de produit

Vous pouvez commander vos gants maçonniques avec le nom de votre loge, vos tabliers aux couleurs du pays et votre nom, pin’s ou médailles de loge, bannières en satin et velours, etc.

  • Aide à la création de Loges

Nous proposons des packs complets d’ouverture de loge (allumage des feux- décors et accessoires de loges) qui seront disponibles la semaine prochaine à partir du 21 août 2023 directement sur notre site Internet ou par téléphone +33 01 84 80 65 42.

450 :  Votre secret aussi, ne serait-ce pas vos exclusivités ?

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Nos Colonnes : Le Blog Maçonnique Nos Colonnes permet, en effet, de retrouver des interviews d’auteurs, des articles uniques sur le symbolisme, les rites maçonniques, les signes francs-maçons, les jeux concours et bien plus ! Notre dernière interview « À la rencontre d’Yves Hivert-Messeca ».

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C’est ainsi que vos lecteurs pourront découvrir prochainement « Tubalcaïn », « Kadosch » ou encore « la franc-maçonnerie et les femmes »… Pour cela, c’est simple, il suffit de s’abonner maintenant sur www.nos-colonnes.com

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Nos Colonnes : Chaque semaine, Nos Colonnes offrent l’opportunité de gagner des cadeaux maçonniques exclusifs. Ces concours renforcent notre lien avec nos abonnés sur nos réseaux sociaux et leur font découvrir une expérience unique et enrichissante.

450 : Les 3 frères, quelle belle équipe ! Merci à Kevin, Oscar et Vincent.

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De magnifiques tabliers anciens.

Prestation de serment du conseil d’administration de la loge maçonnique União de Manhuaçu

De notre confrère brésilien portalcaparao.com.br

Le nouveau conseil d’administration de la loge maçonnique traditionnelle União de Manhuaçu a récemment pris ses fonctions. Aux côtés de son conseil d’administration, José Geraldo Moreira s’est vu officiellement confier la mission de guider les voies de l’institution pour un mandat de deux ans.

Outre le vénérable maître José Geraldo Moreira, ont prêté serment : Thiago dos Reis Vasconcelos (1er surveillant) ; João Pessoa Cunha (2e Garde); Jeremias José Mayrink (Orateur); Erivelton Nunes de Oliveira (secrétaire); Michel Ângelo Ferreira de Oliveira (Trésorier); Carlos Almiro Queiroz de Lacerda (Chancelier).

La position a été transmise par l’ancien vénérable Rubens José de Souza. Le nouveau vénérable (poste équivalent à celui de président), José Geraldo, a remercié la confiance et le soutien des maçons de sa loge, ainsi que sa famille.

« Je suis sûr qu’avec l’union et l’aide des frères, nous ferons de nouveaux progrès dans la franc-maçonnerie et continuerons à contribuer à la société de Manhuaçu« , a souligné le nouveau vénérable, qui assume le poste pour la deuxième fois.

Maçonnerie

La franc-maçonnerie est une société discrète, dans laquelle des hommes libres de bonnes mœurs, s’appelant frères, vénèrent la liberté, la fraternité et l’égalité entre les peuples. La franc-maçonnerie n’est pas une religion. Ses principes sont la tolérance, la philanthropie et la justice. En tant qu’association privée et discrète, elle enseigne la poursuite de la Vérité et de la Justice.

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Le Mental, grand obstacle à l’harmonie spirituelle

De notre confrère expartibus.it – Par Chrétien de Rosemunda

Ô Grand Esprit, dont j’entends la voix dans les vents et dont le souffle donne la vie au monde entier, écoute-moi.

Je viens devant toi, l’un de tes nombreux enfants.Je suis petit et faible. J’ai besoin de ta force et de ta sagesse.Laissez-moi marcher parmi les belles choses et laissez mes yeux admirer le coucher de soleil rouge et or.

Que mes mains respectent ce que tu as créé et que mes oreilles soient aiguisées pour entendre ta voix.Rends-moi sage, afin que je connaisse les leçons que tu as cachées dans chaque feuille, dans chaque rocher.

Je cherche la force, non pour être supérieur à mes frères, mais pour pouvoir combattre mon plus grand ennemi : moi-même.

Rends-moi toujours prêt à venir à Toi, avec des mains propres et des yeux droits, afin que lorsque la vie s’estompe, comme la lumière déclinante, mon esprit puisse venir à toi sans honte.
Prière du chef indien Sioux Yellow Lark

Cette ancienne prière est la synthèse de notre être. Nous nous retrouvons tous sur une rive à partir de laquelle nous devons nous transporter jusqu’à l’autre rive, où il n’y a pas de contingences de naissance, de vieillesse, de mort. Dans la traversée entre le monde du devenir et celui de l’être, cependant, il existe de nombreux obstacles et dangers, que nous devons surmonter pour atteindre notre destination.

C’est pourquoi nous, francs-maçons, sommes tenus de faire preuve de beaucoup de calme, de délicatesse, d’autorité et de finesse de conscience. Si nous ne suivons que ce que nous voyons sur les écrans de télévision de nos maisons, sur nos téléphones portables, avec la vie banale et vulgaire de la société d’aujourd’hui et de tous les temps, nous n’arriverons à rien, nous continuerons à tourner dans ce vortex et nous fera naufrage.

Il y a une autre façon d’exister. Seuls quelques-uns ont réussi à découvrir cette réalité intérieure : ce sont les prophètes, les vati, les clairvoyants, les grands maîtres, qui, après avoir perçu une autre essence, ont eu le courage de briser toutes les chaînes et d’acquérir cette émancipation intérieure qui est la vraie liberté de l’homme. Nous, francs-maçons, sommes invités à nous inspirer de ces enseignements.

Il ne s’agit pas de liberté démocratique, ni de libertinage ou de permissivité ; la Voie est une, tandis que les erreurs sont nombreuses.

Ce n’est qu’après avoir parcouru ce difficile chemin en montée que nous serons peut-être capables de comprendre le sens des paroles prononcées par de grands initiés, tels que Jésus de Nazareth, Krishna, Bouddha, Pythagore, Plotin, Platon et bien d’autres grands Maîtres du passé.

Cet enseignement est une voie d’émancipation progressive, d’illumination mentale, de libération des cœurs, afin que l’on puisse se tenir sur des bases solides pour ne plus être conditionné par des facteurs extérieurs. Ce n’est qu’ainsi que l’indépendance intérieure sera atteinte, ce qui nous permettra de voir les choses telles qu’elles sont réellement et non telles qu’elles nous apparaissent.

Jusqu’à ce que nous comprenions cette réalité profonde en nous, nous continuerons à tâtonner dans le noir, sans jamais trouver un rayon de lumière qui puisse nous montrer l’essence et donner de la valeur à la vie.

Nous devons continuer à chercher et il viendra un temps où notre cœur battra à l’unisson avec le cœur de l’Univers.

Une fois que nous aurons réussi à découvrir l’étincelle divine qui est en chacun de nous, nous devrons être vigilants à maintenir allumée cette torche intérieure, qui deviendra notre guide, notre étoile polaire guide, la boussole qui indique le chemin sur lequel nous devons marcher. Personne de l’extérieur ne peut nous montrer le chemin, tout doit se passer en nous.

Si nous commençons à comprendre, très simplement, que personne n’est parfait et a ses propres limites, nous aurons l’opportunité de nous améliorer grâce à la comparaison continue avec les autres.

« Connais-toi toi-même » gravé sur le fronton du temple de Delphes était à la base de la connaissance initiatique des mystères ; se connaître signifie comprendre combien il y a en nous des trois grandes énergies de notre pensée – Discrimination, Jugement et Compréhension – qui aujourd’hui se confondent dans l’échelle des fausses valeurs qui nous entourent.

Le but de notre cheminement est de nous construire avec l’aide et les conseils d’un Maître Intérieur et Extérieur, à l’écoute de sa propre perception, des critiques que chacun de nous se fait « consciemment« .

Cette attitude responsable, cet effort individuel pour se construire et construire un monde meilleur, pour développer et vivre l’idéal de fraternité avec pour devise « Il n’y a pas de religion supérieure à la Vérité », me semble, encore aujourd’hui, la finalité de la Franc-Maçonnerie.

Les francs-maçons soutiennent que ce sont les actions qui font avancer le monde. Alors notre devoir est « d’agir », dans la vie profane et dans la vie initiatique, mais de le faire avec le coeur, qui ne peut jamais nous trahir, malgré l’esprit, qui peut nous tromper.

Les actions peuvent être classées en deux grandes catégories : les actions raisonnées, qui sont menées pour un gain personnel, pour plaire à quelqu’un avec quelque chose afin d’obtenir un avantage ; et puis il y a ceux qui sont spontanés, faits par amour, par altruisme, pour servir les autres, sans attendre aucune récompense en retour.

Les actions spontanées font naître en nous la plénitude de joie, cet état d’esprit difficile à décrire mais qui nous satisfait et donc nous n’attendons plus rien de personne.

Ce n’est pas l’action elle-même qui peut être définie comme plus ou moins belle, mais c’est la façon dont elle naît, c’est l’amour qui la rend belle et épanouissante pour nous-mêmes.

L’esprit doit être éduqué, et c’est ce que fait un franc-maçon ; l’action n’a pas besoin d’être grande ou petite, clinquante ou cachée, matérielle ou spirituelle, il suffit qu’elle soit belle, qu’elle vienne du cœur et qu’aucun retour ne soit attendu.

Ce n’est que lorsque l’esprit et le cœur sont en harmonie avec les choses qu’il y a beauté, donc seule l’harmonie peut donner lieu à un véritable résultat final.

Quand un Frère est en harmonie avec lui-même, il attire ses semblables, les rapproche et les conduit vers cet état d’esprit intérieur qui fait aimer son prochain, le rend meilleur.

La Fraternité Universelle est, en fait, un état d’esprit intérieur, qui n’est vécu et ressenti que si notre Être intérieur libère cette lumière qui dégage de la chaleur et attire d’autres Êtres également motivés comme nous.

Interview : Le chanteur Laurent Voulzy se déclare fasciné par l’invisible et l’ésotérisme

De notre confrère suisse illustre.ch

Pourquoi les cathédrales, même sous obédience protestante, ne pourraient-elles pas être parfois remplies par de séculiers messages de fraternité et d’amour, par des rythmes et des musiques profanes? Ce pari, Laurent Voulzy le relève depuis cinq ans, du Mont-Saint-Michel à Chartres, en passant par Beauvais. Et la Romandie aussi aura droit à ces laïques cantiques. 

Alléluia! Voulzy viendra chanter à la cathédrale Saint-Pierre de Genève en octobre. Il est même possible qu’il fasse aussi un crochet par la cathédrale de Lausanne. Les réservations ont démarré de manière fracassante. Car Voulzy et ses chansons, on ne peut qu’adorer. L’artiste est aussi modeste que talentueux, ses couplets aussi mélodieux que thérapeutiques. Rencontre dans la Vieille-Ville de Genève avec un éternel ado de 74 ans, passionné d’ésotérisme et de Moyen Age, dont les airs alchimiques transforment tout en or durant quelques minutes. 

– «Le cœur grenadine», «Belle-Ile-en-Mer», «Rockollection», «Karin Redinger», «Le soleil donne», «Désir, désir», «Les nuits sans Kim Wilde», «My Song of You», «Le pouvoir des fleurs», «Bubble Star», «La fille d’avril»… En on ne cite pas les tubes d’Alain Souchon dont vous avez composé la musique. Une de vos chansons sur dix au moins est à jamais inscrite dans la mémoire musicale collective. Quel est le secret de votre effarante efficacité?
– Laurent Voulzy: Je n’en sais rien. Mais ce n’est en tout cas pas grâce aux progrès de l’intelligence artificielle, car j’ai commencé bien avant. Cela dit, j’ai écouté cette chanson «à la manière Beatles» entièrement composée par un programme d’intelligence artificielle et qui a fait le buzz. J’ai trouvé ça plutôt marrant, pas nul du tout. Mais bon, pour en revenir à mon travail, je n’ai pas de recette ni d’explication sur le succès de certaines de mes chansons. 

– Le plus important, dans une chanson, c’est la mélodie, les harmonies, les arrangements ou les paroles?
– Même avec des paroles un petit peu insipides, même avec des mots racontant des banalités, du genre «on marchait dans la rue…», il est possible de créer une belle chanson. En revanche, un très beau poème d’un très grand auteur mis en musique sans grand talent, cela ne peut pas devenir une chanson séduisant un large public. La musique est donc primordiale dans la chanson. Mais la qualité des paroles est bien sûr essentielle pour qu’une belle chanson devienne une grande chanson.

– Vous avez attendu quelques années avant de rencontrer le succès. Ces premières années ont-elles été formatrices?
– Oui, je pourrais dire ça comme ça. J’avais 29 ans, en 1977, quand j’ai connu mon premier succès avec «Rockollection». J’avais déjà sorti cinq autres 45 tours, un par année, depuis 1972, qui étaient tous passés inaperçus. Mais avant «Rockollection», j’avais déjà signé trois tubes avec et pour Alain Souchon: «J’ai dix ans», «Bidon», «Y’a d’la rumba dans l’air». J’étais déjà très content d’entendre mes musiques à la radio.

– C’est cette rencontre en 1974 avec Alain Souchon qui a tout changé?
– Oui. On a eu de la chance. En fait, c’est même un miracle de s’être connus. Des fois, Alain m’appelle et me dit: «On a eu du bol de se rencontrer», et il raccroche.

– Et cinquante ans d’amitié et de collaboration sans le moindre nuage?
– On s’est disputés une fois durant quinze secondes et on s’est bouclé le téléphone au nez. C’est tout. Quinze secondes de fâcherie en un demi-siècle, c’est raisonnable.

– Passons à votre tournée dans les cathédrales, que vous avez entamée en 2018, qui a été interrompue par le covid et qui vous amènera à Genève et peut-être à Lausanne dans trois mois. D’où est venue cette idée de se produire dans des édifices religieux?
– Depuis mon enfance, je suis attiré par l’histoire et le Moyen Age. J’ai toujours aimé les contes de fées et les légendes. Ensuite, à l’adolescence, s’est ajoutée une fascination pour l’invisible, l’ésotérisme, tout ça… Et, plus tard, j’ai lu un livre qui s’appelait « Les mystères de la cathédrale de Chartres ». Je me suis intéressé aux religions, à la spiritualité. Bon, attention! Pour éviter qu’on me colle une étiquette d’illuminé, je précise que j’aime plein d’autres choses, moins austères, comme les guitares électriques, l’amour, la plage… Mais cet intérêt pour le mysticisme, le Moyen Age, le gothique et les légendes m’a amené en 2011 à faire tout un album, «Lys & Love», là autour. Et, durant la tournée qui a suivi, j’ai joué dans trois églises et ça m’a marqué. L’ambiance était très différente de celle des salles. Alors quand, en 2017, un gars, qui m’avait entendu parler de ma passion pour l’architecture gothique, m’appelle pour me proposer une tournée dans les cathédrales, j’ai accepté avec enthousiasme.

– Une tournée dans les cathédrales et même un livre sur les cathédrales gothiques, en 2021, aux Editions Stock, écrit avec Laurent Joffrin, l’ex-directeur du journal «Libération». Vous vous reconvertissez peu à peu en médiéviste?
– Pas du tout. Ce livre, c’est le fruit du hasard, d’une rencontre avec une éditrice, Sylvie Delassus. Elle m’a poursuivi pendant deux ans pour que j’écrive ce livre. Il n’en était pas question, parce que je ne me sentais pas légitime dans cet exercice. Je suis un simple passionné d’architecture gothique, pas un spécialiste. Mais c’est justement ce qu’elle trouvait intéressant. Elle a fini par m’inviter à manger et me présenter son mari, le journaliste Laurent Joffrin. A la fin du repas, après quelques verres de vin, j’ai accepté l’idée d’un essai, pour voir si j’en étais capable. Avec Laurent Joffrin, nous sommes donc allés à la cathédrale de Sens, dans laquelle j’avais joué deux mois auparavant. Une semaine après, il avait écrit six pages, moi rien. Je me suis fait violence pour pondre en vitesse un texte. Et c’était parti. Lui, dans le livre, il parle du visible et moi, de l’invisible.

– Pour ces concerts, vous avez dû faire une sélection méticuleuse des chansons de votre répertoire? 
– Oui, sinon je n’aurais pas fait cette tournée. Certaines des chansons que je chante dans ce cadre sont particulièrement adaptées, comme « Jésus », «Jeanne», «Caché derrière», «Ta plage Beach Boy», puisqu’elles sont inspirées par la spiritualité. Il fallait interpréter des chansons appropriées à ces lieux, sinon l’aventure ne m’aurait pas intéressé. Pas question par exemple de faire « Rockollection » ou « Les nuits sans Kim Wilde » à fond la caisse. Je fais quand même vingt secondes de « Rockollection » seul à la guitare acoustique, mais c’est pour un petit intermède durant lequel j’évoque Alain [Souchon], qui trouve que le monde va très mal alors que moi, je conserve une lueur d’espoir. Dans ce sketch, je fais un petit medley avec ses chansons de déprime pour lui tailler un costard: « On est foutus on mange trop », «Bidon», «Ultra moderne solitude», «Le dégoût»… Et je finis avec vingt secondes de «Rockollection» pour démontrer ironiquement que moi, je suis un optimiste.

– Avant de vous produire dans ce haut lieu du protestantisme qu’est la cathédrale Saint-Pierre de Genève, quel rapport entretenez-vous avec la Suisse?
– J’avais depuis tout petit une conception fantasmatique de la Suisse. Quand j’avais 5 ans, je faisais du précathéchisme chez des bonnes sœurs. Elles avaient projeté un jour des diapositives de dessins de la Suisse. Ces images représentaient des paysages bucoliques avec des petites bergères. J’ai très longtemps conservé cette imagerie d’Epinal, ces clichés, ce côté paisible. Puis, vers 12 ans, ma mère, qui m’élevait seule et qui travaillait, me faisait garder par une famille dont le père et les enfants étaient très durs, mais dont la mère était très douce. Et cette femme était Suissesse. C’était comme une confirmation. Enfin, dès la fin des années 1970, je venais régulièrement à Genève participer à des émissions de télévision et j’adorais ça, car je n’y rencontrais que des gens sympas. J’adorais cette ambiance, si différente de Paris, et j’adorais aussi ce grand lac.

– Mais vous n’avez pas pour autant choisi l’exil fiscal sur les rives du Léman comme beaucoup de vos compatriotes.
– Non, et si je m’étais exilé ici, ma motivation n’aurait pas été d’ordre fiscal. Je n’ai jamais été motivé par l’argent pour écrire des chansons. Ce qui me fait persévérer dans cet exercice, c’est la quête de ce petit bout de mélodie qui nous fait vibrer. Les deux seules choses qui auraient pu m’attirer en Suisse pour y vivre, c’est la paix ou l’amour, pas l’argent.

– Vous êtes décidément un saint!
– Oh non! J’ai beaucoup de défauts. Je suis lent. Je déteste devoir me presser. Et puis, à part dans la musique, où je peux être forcené pour obtenir un résultat, j’ai une tendance certaine à la paresse.

– Comment occupez-vous votre paresse quand vous lâchez votre guitare?
– Quand je vais en Guadeloupe, par exemple, je peux rester seul sur une plage déserte avec un petit casse-croûte, un ananas, un morceau de poulet boucané. Je me trempe dans l’eau, je sors, je me retrempe dans l’eau, je ressors, et ainsi de suite, pendant des heures. Et j’adore ça. Oui, je sais très bien ne rien foutre.

– S’il fallait remercier le Ciel de vous avoir inspiré une chanson, ce serait laquelle?
– Je remercie plutôt le Ciel de m’avoir accordé le don de trouver des mélodies qui font mouche. La musique a changé ma vie et je me le rappelle tous les jours. Il y a quand même deux chansons qui me font un effet bizarre: «Paradoxal système» et «Jeanne». Ces deux chansons m’inspirent une sorte de sentiment de transcendance.

– Et de manière générale, quel rapport entretenez-vous avec vos chansons? Vous êtes plutôt critique ou plutôt satisfait?
– Cela dépend des chansons. Pour une émission de Drucker, on nous avait demandé, à Alain et moi, de préparer un petit medley des titres que nous avions écrits ensemble. En redécouvrant certaines chansons, on s’était dit qu’il y en avait qui étaient pas mal du tout. Ce n’était pas de l’autosatisfaction, plutôt une bonne surprise. L’inverse est tout aussi vrai. Il m’arrive de faire une maquette d’une nouvelle chanson jusqu’à tard la nuit en me disant que c’est excellent, puis je l’écoute le lendemain au réveil et tout est en fait à jeter.

– Comme compositeur, avez-vous pleinement apprivoisé le développement gigantesque de la musique numérique? 
– Ah oui, c’est fabuleux, le confort de travail actuel offert par les technologies digitales. Il y a plus de cinquante ans, quand j’ai commencé à faire des maquettes, je n’avais qu’un métronome et un enregistreur quatre pistes. Je jouais d’abord la partie guitare, puis je faisais la batterie en tapant sur des bottins de téléphone et des coussins, puis la basse et, enfin, les voix. Maintenant, je dispose de milliers de sons sublimes de batterie, de basse, d’orchestre symphonique au bout des touches d’un clavier.

– Et qu’est-ce que vous écoutez comme musique aujourd’hui?
– Des chants médiévaux a cappella. Je suis un fan de la compositrice allemande Hildegarde de Bingen, une mystique, savante et sainte du XIIe siècle. C’est une musique austère, avec deux voix seulement, mais magnifique. J’en écoute matin et soir. Et entre deux, je prends ma guitare pour composer mes chansons.

Pour aller plus loin…

Lire l’article d’Europe 1 : Laurent Voulzy : « Ma vie est un mélange de guitare électrique et de mystique ! »

Le bleu en franc-maçonnerie : degrés et symbolisme

De notre confrère thesquaremagazine.com – Par Albert G. Mackey

La couleur bleue a longtemps occupé une place importante dans le domaine du symbolisme maçonnique. En tant que teinture des anciens diplômes d’artisanat, il rappelle l’amitié et la bienveillance universelles.

Adoptée par de nombreuses cultures et religions anciennes, la couleur bleue symbolise divers concepts, tels que la vérité, la perfection, l’espoir et l’immortalité. Dans cet article, nous explorons les racines de la signification de la couleur bleue dans le symbolisme maçonnique et comment son influence a évolué au fil du temps, en explorant les différentes façons dont la couleur bleue est utilisée dans la franc-maçonnerie.

Le bleu : une symbolique universelle et séculaire

Religions et cultures anciennes

L’histoire des traits holistiques associés à la couleur bleue remonte à certaines des civilisations les plus anciennes, car la couleur était vénérée pour ses qualités et son symbolisme distincts.

Dans le judaïsme, par exemple, le bleu faisait partie intégrante des cérémonies et des vêtements religieux. De même, les druides et les égyptiens tenaient la couleur bleue pour symboliser la vérité et la pureté.

À Babylone, le bleu était utilisé pour orner les idoles, signifiant sa nature sacrée. Les Chinois associaient le bleu à l’énergie divine, le considérant comme un équilibre entre des forces antagonistes.

Le dieu hindou Vishnu est souvent représenté en bleu céleste, représentant la sagesse et la divinité. Pour les chrétiens médiévaux, le bleu symbolisait la vie éternelle et l’amour divin, créant une association de longue date entre la couleur et la transcendance spirituelle.

Tradition maçonnique

En franc-maçonnerie, la couleur bleue est une représentation symbolique de l’amitié et de la bienveillance universelles. Il sert à rappeler aux pratiquants que ces vertus doivent remplir le cœur de chaque frère, car le ciel expansif englobe le monde entier.

Le bleu est utilisé de manière proéminente dans les rituels maçonniques, les insignes et les diplômes, forgeant un lien inséparable entre la couleur et l’artisanat.

Le bleu en franc-maçonnerie : degrés et symbolisme

Diplômes d’artisanat ancien

Les trois degrés de la franc-maçonnerie artisanale ancienne, c’est-à-dire Apprenti entré, Compagnon et Maître maçon, ont le bleu comme teinture principale. Dans ces degrés, c’est la seule couleur autre que le blanc utilisée pour les décorations, illustrant le rôle symbolique clé que joue le bleu dans la franc-maçonnerie.

Apprenti entré

Première étape du parcours d’un Franc-Maçon, le diplôme d’Apprenti Entré introduit le candidat dans le monde de la Maçonnerie, un monde paré de la couleur bleue. Dans ce degré, le bleu représente la vérité que le candidat recherche, ce qui entraîne le développement de la conscience morale et spirituelle.

Compagnonnage

Dans le degré Fellowcraft, la signification de la couleur bleue s’approfondit, soulignant les progrès qu’un franc-maçon doit entreprendre pour atteindre une plus grande illumination. Cette étape met l’accent sur l’étude des arts libéraux et des sciences tout en favorisant une compréhension de la sagesse divine, le bleu servant de rappel constant et d’encouragement à la poursuite de la connaissance.

Maître Maçon

En tant que diplôme le plus élevé de la franc-maçonnerie artisanale ancienne, le diplôme de maître maçon imprègne la couleur bleue d’un symbolisme encore plus profond. Ici, le bleu représente l’universalité de la franc-maçonnerie, symbolisant l’idée que l’amour fraternel doit s’étendre au-delà des frontières et des cultures.

Dans cette dernière étape des diplômes d’artisanat, la couleur bleue est utilisée pour souligner la nature globale de la franc-maçonnerie et solidifier ses fondements dans des principes universels.

Diplômes de rite écossais

Bien que le bleu porte son symbolisme principal dans la franc-maçonnerie artisanale ancienne, il apparaît également à divers degrés du rite écossais, où il a plusieurs connotations nuancées.

Grand Pontife

Au dix-neuvième degré du rite écossais, connu sous le nom de degré de Grand Pontife, le bleu est la couleur prédominante. Le bleu symbolise ici la gentillesse, la fidélité et la douceur que les francs-maçons doivent faire preuve les uns envers les autres, incarnant les principes fondamentaux de l’amour fraternel et de l’unité.

Grand Maître de toutes les loges symboliques

Le diplôme de Grand Maître de toutes les loges symboliques combine le bleu et le jaune, faisant symboliquement référence à la rencontre entre Moïse et Jéhovah sur le mont Sinaï. Dans ce cas, le bleu agit comme un symbole historique plutôt que moral, soulignant l’inspiration divine au cœur de l’allégorie maçonnique.

Prince du Tabernacle

Au sein du Vingt-quatrième Degré, connu sous le nom de Prince du Tabernacle, la tunique et le tablier portés par les pratiquants présentent une couleur bleue, représentant la nature céleste de leur dernière demeure céleste. Dans ce contexte, le bleu symbolise l’ascension des contraintes terrestres à une existence spirituelle au-delà des limites mortelles.

Conclusion

La couleur bleue est un élément essentiel de la tradition maçonnique depuis sa création, porteuse d’une riche histoire et d’un symbolisme qui évoque les valeurs et principes fondamentaux de la franc-maçonnerie.

Avec ses racines dans les civilisations anciennes et les pratiques spirituelles, la signification de la couleur bleue est évidente dans de nombreux aspects de l’artisanat, des diplômes fondamentaux de l’artisanat ancien au rite écossais complexe.

Dans ses diverses manifestations, le bleu est un symbole puissant de l’amitié universelle, de la bienveillance et de la poursuite de la sagesse et de la vérité, un phare guidant les francs-maçons dans leur cheminement vers la perfection morale et spirituelle.

ARTICLE D’Albert G. Mackey

Albert Gallatin Mackey (1807 – 1881) était un médecin et auteur américain.

Il est surtout connu pour ses livres et articles sur la franc-maçonnerie, en particulier les Masonic Landmarks.

En 1849, il fonde The Southern and Western Masonic Miscellany, un magazine maçonnique hebdomadaire.

Il a été Grand Maître de Conférences et Grand Secrétaire de la Grande Loge de Caroline du Sud, ainsi que Secrétaire Général du Conseil Suprême du Rite Écossais Ancien et Accepté pour la Juridiction du Sud des États-Unis.

Le droit d’emmerder dieu

C’est en parcourant son Traité sur l’intolérance publié en janvier dernier, lui aussi chez Grasset, et qui nous éclaire sur l’origine – du VIIe et le XIe siècle – et la nature du Coran, que nous avons, pour notre plus grand profit et plaisir, relu ce remarquable ouvrage de Richard Malka, qui est et restera comme un véritable éloge du droit au blasphème avec Le droit d’emmerder dieu.

L’éloge est bien un discours prononcé ou écrit vantant les mérites, les qualités de quelque chose, et ici, du droit de blasphémer. Si à l’origine la notion de blasphème désigne le fait de « parler mal de quelqu’un, injurier, calomnier » ; elle prend progressivement un sens plus restreint pour ne plus concerner que l’injure appliquée au fait religieux. Ainsi, le dictionnaire Larousse définit le blasphème comme « une parole ou discours qui outrage la divinité, la religion ou ce qui est considéré comme respectable ou sacré ».

Pour beaucoup, Richard Malka, qui commence sa carrière en 1992 – et déjà avocat du journal Charlie Hebdo – dans l’ancien cabinet de Georges Kiejman est devenu, grâce à sa défense de la crèche Baby Loup – obtenant du conseil de prud’hommes la validation du licenciement d’une salariée voilée –, le chantre de la laïcité et de la liberté. Cette affaire qui reste plus qu’un symbole !

En 2019, Les éditions Grasset – près de six mille cinq cents titres à leur catalogue ; publication d’ environ 160 nouveautés par an – éditent un recueil des plaidoiries prononcées par Richard Malka et Georges Kiejman en défense de Charlie Hebdo dans le procès des caricatures de Mahomet, sous le titre Éloge de l’irrévérence.

Le droit d’emmerder dieu est tout d’abord paru en grand format, chez Grasset, dont nous vous invitons à lire la quatrième de couverture (cf. infra), puis aux Éditions Points, une maison d’édition de poche généraliste (littérature, policier, documents, poésie, thriller, sciences humaines…).

Rappelons qu’en 2022, Richard Malka, qui est aussi scénariste de bandes dessinées et romancier, reçoit le 31e prix du Livre politique pour Le droit d’emmerder dieu, décerné par un jury composé de journalistes présidé par l’historien Pascal Ory, membre de l’Académie française et remis par le président de l’Assemblée nationale d’alors, Richard Ferrand.

L’ouvrage relate la plaidoirie de Maître Malka lors du procès des attentats perpétrés en janvier 2015 contre Charlie Hebdo, une policière à Montrouge et de l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes à Paris – attaque terroriste islamiste et antisémite, qui s’est tenu au tribunal judiciaire de Paris de septembre à décembre 2020 devant une cour d’assises spéciale.

Mais avant, gardons en mémoire que l’attaque terroriste contre le journal satirique Charlie Hebdo du a fait de nombreuses victimes. C’est le premier et le plus meurtrier des trois attentats de janvier 2015 en France.

« La France a été touchée dans son cœur. Chaque Français aujourd’hui est touché, horrifié », a déclaré Manuel Valls, Premier ministre à cette époque.

Lieu de l’assassinat du gardien de la paix Ahmed Merabet.

Qu’il nous soit permis de les citer. Huit membres de la rédaction de Charlie Hebdo : Cabu, (76 ans) dessinateur ; Charb, (47 ans) dessinateur et directeur de la publication ; Tignous, (57 ans) dessinateur ; Honoré, (73 ans) dessinateur ; Wolinski, (80 ans) dessinateur ; Bernard Maris, (68 ans) économiste et chroniqueur ; Mustapha Ourrad, (60 ans) correcteur ; Elsa Cayat, (54 ans) psychanalyste et chroniqueuse. Les autres victimes sont : Frédéric Boisseau, (42 ans) un responsable des opérations de la société Sodexo chargée de la maintenance dans l’immeuble ; Michel Renaud (69 ans) invité de la rédaction, qui était venu de Clermont-Ferrand pour rendre certains de ses dessins à Cabu ; Franck Brinsolaro, (48 ans) le premier policier tué officier du service de la protection — le SDLP — chargé de la protection personnelle de Charb et abattu en même temps que lui ; Ahmed Merabet, (40 ans) le second policier tué, gardien de la paix du commissariat du 11e arrondissement, blessé puis assassiné sur la voie publique après avoir tenté d’empêcher la fuite des tueurs.

Bernard Maris, son visage sur une fresque d’hommage à Charlie Hebdo.

Dans cette affreuse et lâche tragédie, le Grand Orient de France a perdu deux de ses frères. Le premier est Bernard Maris. De son vivant, notre frère Bernard n’avait pas souhaité faire son coming-out maçonnique. Il avait reçu la lumière en 2008 au sein de la loge « Roger Leray ». Le second franc-maçon qui a perdu la vie est notre frère Michel Renaud, ancien journaliste à Europe 1 et au Figaro. Michel avait été initié en 1986 au sein d’une loge de la Fédération Française du DROIT HUMAIN. Il avait depuis rejoint la loge « Lux Perpetua », une loge du GODF, à l’orient de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).

Michel Renaud, en 2010.

C’est en 2019, lors du désormais traditionnel Rassemblement pour la République, pour la défense de la Laïcité et en hommage aux Martyrs de la Commune de Paris, un certain 1er mai au cimetière du Père Lachaise, que le Grand Orient de France, organisateur de cet événement, a rendu hommage à différentes personnalités, maçonnes ou non, dont Tignous. Tout comme les communardes et les communards, Tignous a payé de sa vie son engagement.

Tignous, « petite teigne », un surnom qui aurait été choisi par sa grand-mère, est diplômé de l’École Boulle.

Ce que nous apprend la 4e de couverture de l’ouvrage grand format : « C’est à nous, et à nous seuls, qu’il revient de réfléchir, d’analyser et de prendre des risques pour rester libres. Libres de nous engager et d’être ce que nous voulons. C’est à nous, et à personne d’autre, qu’il revient de trouver les mots, de les prononcer, de les écrire avec force, pour couvrir le son des couteaux sous nos gorges.

À nous de rire, de dessiner, d’aimer, de jouir de nos libertés, de vivre la tête haute, face à des fanatiques qui voudraient nous imposer leur monde de névroses et de frustration – en coproduction avec des universitaires gavés de communautarisme anglo-saxon et des intellectuels qui sont les héritiers de ceux qui ont soutenu parmi les pires dictateurs du XXe siècle, de Staline à Pol Pot. »

Ainsi plaide Richard Malka, avocat de Charlie Hebdo, lors du procès des attentats de janvier 2015. Procès intellectuel, procès historique, au cours duquel l’auteur retrace, avec puissance, le cheminement souterrain et idéologique du Mal. Chaque mot pèse. Chaque mot frappe. Ou apporte la douceur, évoquant les noms des disparus, des amis, leurs plumes, leurs pinceaux, leur distance ironique et tendre. Bien plus qu’une plaidoirie, un éloge de la vie libre, joyeuse et éclairée.

Le droit d’emmerder dieu – avec un ‘’d’’ minuscule – explore donc les questions de liberté d’expression – oh combien importante de nos jours et hélas, trois fois hélas, parfois remises en cause – et de laïcité à travers sa plaidoirie du 4 décembre 2020. Une version écrite plus logue que son très beau discours prononcé ce jour-là en fin de soirée. Un choix délibéré, en accord avec son éditeur.

Au-delà, en fin d’ouvrage, de la « Chronologie des événements 2004 – 2020 » commençant avec l’assassinat du réalisateur néerlandais Theo van Gogh (1957-2004), un meurtre tout aussi lâche et ignoble perpétré par un islamiste ayant provoqué un émotion considérable aux Pays-Bas, nous retenons aussi le chapitre « Ceux qui ont soufflé sur les braises » qui cite celles et ceux qui ont soufflé sur la mèche allumée par les imans danois en 2006, tels Pascal Clément, ministre de la Justice,

A gauche, la une de «Charlie Hebdo» avec le prophète Mahomet («Charia Hebdo»), le 2 novembre 2011. A droite, la une du 14 janvier 2015.

Philippe Douste-Blazy, Jean-Marie Le Pen, Marielle de Sarnez, Robert Ménard, Franco Frattini, commissaire européen à la Justice et à la Sécurité, Éric Raoult , vice- président de l’Assemblée nationale, mais aussi le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples), le PIR (Parti des Indigènes de la République), Christine Delphy, Rokhaya Dialo,Jean-Marc Ayrault, Rachida Dati, Pascal Boniface, Donia Bouzar, Disiz la Peste, Virginie Despentes… Espérant n’avoir oublié personne. Oui, « Charlie vivra… » écrit Richard Malka !

Le titre n’est pas provocateur mais reflète, fort justement, l’idée de défendre la possibilité de critiquer, remettre en question ou même « déranger » certaines croyances sans craindre de représailles. Oui, en démocratie en général et en France en particulier, on peut tout dire. Le livre aborde donc un sujet important lié à la liberté d’opinion et de pensée…

Après tout, depuis la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, la France, souvent appelée « la patrie des droits de l’homme », en raison de la vocation universelle de cette première déclaration des droits humains. De ce surnom de la France reflète bien son rôle historique et son influence dans le développement et la promotion des droits humains et des valeurs universelles de liberté, d’égalité et de fraternité. Un triptyque devise de notre République qui ne manque pas d’être écrit dans nombre de constitutions d’obédiences en France qui, au total, représentent plus de 80 % des membres.

Alors Richard Malka, un maçon sans tablier ? Il existe tellement de tabliers sans maçons…

Un livre à lire de toute d’urgence, si ce n’est déjà fait. Contre l’obscurantisme, la tyrannie, l’ignorantisme… Car, « Mes chers Frères, allez donc en paix jouir du repos que le travail vous a mérité, et portez parmi les autres hommes les vertus dont vous avez juré de donner l’exemple »…

Le droit d’emmerder dieu

Richard Malka Éditions Points, 2021, 118 pages, 5,90 €

Le bandeau de l’édition poche.