Accueil Blog Page 450

Considérations sur le temps en Loge  

Dans un monde qui n’aspire qu’à aller toujours plus vite, il me parait intéressant de prendre 5 minutes pour partager mes épanchements sur le temps en loge bleue.  D’abord, de quoi parle t-on quand on parle du temps ? Considérer le temps c’est déjà et d’abord un exercice de l’esprit. A quoi pensez-vous quand on parle du temps ? Chacun aura un avis.

Certain vont penser à une horloge. C’est une conception moderne. Moi j’aime bien penser à une fleur fanée. Ensuite, il sera question de la notion de temps et du fait qu’il s’agit là d’un concept très souvent associé aux notions d’activités humaines et particulièrement en lien avec le travail. Enfin nous aborderons, la notion de temps sous l’angle initiatique au travers de ce que nous disent les rituels du Rite écossais ancien et accepté.  

Qu’est-ce que le temps ?

Pour le commun des mortels, c’est un ressenti subjectif. Ce que nous ressentons du temps, c’est en fait une formalisation des sensations de ce que nous observons des effets produits par le temps(Francis WOLFF, Temps physique et temps Métaphysique, Revue de métaphysique et de morale, 2011/4, N°72). On entend souvent dire que le temps passe vite, ou lentement, qu’il est tranquille. Quand j’étais gamin je trouvais souvent que le retour avait été plus rapide que l’aller. Les bons moments passent souvent trop vite. L’attente d’un avion ou du train est interminable. On se demande même quel temps il fait, mais là on parle plus du même temps, on parle de ce qui se passe au-dessus de nous, même si finalement il y a bien des rapprochements à faire. Le temps nous échappe et en même temps, il rythme nos vies, tout tourne autour de lui, parfois on s’emmêle les crayons parce qu’on parle tous en même temps.  

Bref, le temps, c’est une manière de parler de quelque chose d’insaisissable, qui existe d’une manière ou d’une autre, mais que l’on peine à définir. C’est le sens de ce que voulait dire Saint Augustin (“Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais ; mais si on me le demande, je ne le sais plus.” Les confessions, livre XI, Chapitre 14). Les physiciens ont bossé dur sur ce concept. Il existe des définitions précises : la seconde telle qu’elle est définie internationalement est la durée d’un certain nombre d’oscillations (9 192 631 770 exactement) liées à la fréquence de transition hyperfine de l’atome de césium. Je ne comprends rien à ces démonstrations. Ce que je comprends du temps c’est ce que je perçois. En tout cas, je ne suis pas le premier à me poser la question. Ça fait un moment que les hommes et les femmes qui peuplent notre planète s’interrogent. Dans l’antiquité, on formulait le problème un peu différemment. Grosso modo, on essayait de comprendre ce qui reste quand les choses changent.

Le temps passe, on reste le même, et pourtant on change. Ça marche avec les bonhommes mais aussi avec les choses. Quelle est la matière primordiale ? Finalement, la question c’était de savoir s’il y avait une matière primordiale, fondamentale qui garantit la continuité de l’être(école de Milet et Thales, Jeanne HERSCH, L’étonnement philosophique, Folio essais, 1993, p. 13). Les choses et les personnes bougent, se déplacent, traversent le temps, mais elles restent les mêmes. Il y a un mouvement, une direction, du même et du différent. En vieillissant, on se reconnait mais des choses ont bougé. Le temps d’une certaine manière a la faculté d’introduire à la fois un questionnement universel : tout le monde subit ses effets mais aussi fait naitre des intuitions très variables : on passe de la science, de la raison à l’expression d’impressions personnelles, d’observations personnelles. Le temps est tout cela à la fois : le mouvement et ce qui perdure, le changement et la durée, la perception d’une vitesse et d’un déplacement. Une identité et une évolution. Bref, c’est l’un et le multiple, l’éternel et l’éphémère.

Les caractéristiques du temps 

Puisque le temps est en quelques sortes une expérience, un maintenant qui invite à penser les évènements comme des intervalles, il y a donc un ordre de succession dans les choses. Un début et une fin. Il y a un cours du temps. Nos représentations du temps font que, souvent, on l’imagine sous la forme d’une flèche qui va da la gauche vers la droite. Il y a une continuité, le temps ne s’arrête pas. Cette manière de considérer le temps rappelle finalement la sentence d’Oswald Wirth pour qui « l’initiation est un acte irréversible ». Le temps initiatique a les mêmes propriétés que le temps profane de ce point de vue. Pourtant, aujourd’hui, on fantasme par le biais de l’outil numérique sur la possibilité de ralentir le temps comme s’il s’agissait d’un film qu’on peut mettre sur pause, examiner en zoomant. La nature des choses nous rappelle avec brutalité que malgré les progrès accomplis par la science, le temps qui passe conduit inévitablement à l’extinction de l’observateur. On a beau triturer les notions d’espérance de vie, nous sommes toujours confrontés au redoutable cycles de la nature que les mythes anciens traduisaient sous la forme de Dieux tels que Chronos et Saturne, parce qu’on sacralise et divinise ce qu’on ne maitrise pas, ce qu’on n’explique pas. D’ailleurs lorsqu’on regarde les illustrations de ces divinités, elles sont souvent représentées par un homme, un vieillard portant une faux. 

Le temps nous impose donc de penser deux grandes idées : Une continuité et Irréversibilité. C’est par la durée et la perception de ses effets que chacun d’entre nous se confronte au temps.  

Qui dit durée, dit mesure.

Pendant longtemps, on se référait davantage non pas à une mesure abstraite du temps sur une montre mais on au travers de la diversité des activités humaines associés aux évènements naturels. 

Au fur et à mesure du temps justement, le contrôle du temps est devenu synonyme de contrôle des populations. C’est évidemment un raccourci pour signifier que l’introduction de la pendule n’a marqué pas seulement les heures, elle a synchronisé les actions humaines »(VIDAL, Les hommes lents. Résister à la modernité, Paris, Editions Flammarion, 2020, p.35). La conception du temps a évolué et dès le moyen-âge. 

Jusque-là, « l’oisiveté était la source de l’élévation intellectuelle, elle devient un péché capital pour ceux qui se laissent aller à la douceur de vivre, condamné dès le 14ème siècle, moment exacte où les monastères et leur vie réglée font leur apparition ». L’activité des hommes pour être efficace et plaire à Dieu et à ses seigneurs nécessitaient une organisation. La maitrise de la matière, la complexification de l’outil permettant une production efficace a introduit l’idée de la planification du temps. L’ordre des choses devient une évidence car il y a des processus de fabrication à respecter. La nature peut dorénavant grâce à la technique être contrariée. On sait accélérer le refroidissement des métaux, on sait comment modifier la forme des choses. Les hommes ont compris progressivement quand et comment il fallait agir sur la matière pour en tirer profit. Néanmoins, Au quotidien, pour Edouard P. THOMSON, c’est encore le temps de l’activité qui guide le monde. On « compte le temps » à l’aune de cuisson du riz (environ ½ heure), découpe les journées en plusieurs prières, récite des AVE MARIA pour calculer la cuisson d’un œuf, on sait qu’une saison contient une germination.  

C’est la naissance de l’horloge mécanique au 13ème siècle qui change la perception du réel et dénature la perception du temps et la notion de travail. Avant, l’horloge mécanique, il n’y avait pas de minute ou de seconde, la vie suivait son cours naturel. Cela rappelle le chant du coq, l’aurore, l’hiver, les phases de la lune. Le calendrier humain rendait compte des cycles de la nature. De nombreux ouvrages montrent combien les croyances et les pratiques religieuses sont redevables aux phénomènes naturels d’une part et comment la vie religieuse pilote et guide le rythme des hommes de la communauté qu’elle soit rurale ou urbaine. 

On peut rétorquer qu’il existait d’autres moyens de compter le temps : « le sablier, l’astrolabe, l’horloge à mercure, le cadran solaire, mais […] les grains de sable ne conviennent pas au temps long, les nuages cachent parfois le soleil, l’eau gèle en hiver, etc. La 1ère caractéristique de l’horloge est de s’affranchir de la nature. Le temps mécanique devient une mesure implacable, régulatrice où des unités discrètes sont enfermées dans un cadran »(Lewis MUMFORD, Technique et civilisation, Marseille, Editions Parenthèses, 2015). C’est ce qui fait dire à Lewis MUMFORD que la clé de la période industrielle n’est pas la machine à vapeur mais la montre. La fragilité du moment, l’insaisissabilité de l’instant est quantifiée et ouvre la voie à la gestion et à l’organisation, optimisée. Le temps n’est plus passé mais dépensé. En gros, le temps devient une marchandise comme les autres, que l’on peut perdre ou gagner. Les repos deviennent une faille dans l’action, dans la planification, l’emploi du temps devient incontournable. On entre alors dans le monde de la cadence 

L’évolution des mécanismes introduit une modification des perceptions des activités humaines, c’est un autre rapport au monde qui s’instaure. « L’accélération des rythmes ne pourrait se justifier, si ce n’est du point de vie pécuniaire. Car l’énergie et le temps, les deux composantes du travail mécanique, ne sont humainement qu’un moyen »(Lewis HUMFORD, technique et civilisation, Marseille, Editions Parenthèses, 2015, p.206). La technique et la connaissance ne modifient pas en soi le rapport au temps sauf si on introduit l’idée de rentabilité.  

La vie humaine a longtemps été rythmée par la nature, par la vie quotidienne avant d’être exclusivement pilotée par l’économie. Aujourd’hui, il est clair que « Le temps c’est de l’argent ».  

Ce que dit le rite écossais ancien et accepté 

La notion de temps est aujourd’hui souvent perçue comme des rythmes et des cadences qui invitent à la notion de mesure puis de gestion. Et c’est là que je veux en venir. Quand on parle de temps, on parle de travail. Et c’est bien ce que nous faisons en Maçonnerie. La franc-maçonnerie, ce n’est pas un passe-temps, c’est un travail qui oblige. Et c’est pourquoi, notre rituel nous donne des heures de travail. Il se trouve que ce créneau est tout à fait incongru: Les apprentis francs-maçons que nous sommes, bossent de midi à minuit. Nous travaillons donc pas trop tôt le matin, et juste après l’apéro, au moment où les autres vont manger. C’est aussi exactement le moment où il fait le plus chaud, où le soleil est à son zénith. Les maçons jettent l’épongent à minuit, conscients qu’il reste encore du pain sur la planche. Minuit c’est l’heure du crime, les ténèbres de la vie profane s’installent, et nous retournons à nos habitudes dans le temps de l’asservissement aux lois de la consommation et de la vie sociale dite ordinaire.  

Les rituels indiquent, par deux fois qu’« il est l’heure et que nous avons l’âge » : en fait c’est un RDV qui nous est proposé. Être à l’heure de la tenue, c’est se tenir dans le présent. L’instant présent est une occasion, brève, d’apercevoir fugacement une partie de ce que nous sommes seulement. Pendant un instant, nous présentons au monde une version inachevée de ce que nous en train de devenir. Entre midi et minuit, nous sommes conscients d’être en chantier, d’être incomplets. Et c’est très inconfortable de constater que nous ne sommes pas finis. D’abord, il y a le moment où je prends conscience que le présent m’échappe, je suis un intervalle, je suis décalé en permanence : je suis désynchronisé. Quand je dis ce que je pense, ce n’est déjà plus le moment où je l’ai pensé. Je ne suis qu’un chantier permanent et je suis toujours en retard avec mon esprit. La sensation de ce déséquilibre me fait souvent penser au funambule qui cherche à la fois l’équilibre et la progression sur son fil tendu. Pour avancer, j’ai besoin de garder l’équilibre entre le passé qui me sert de mémoire et de référence et le futur que je crée intérieurement. Encore une fois, j’ai envie de citer Oswald WIRTH « En initiation, rien ne compte, hormis ce qui s’accomplit intérieurement ». Travailler de midi à minuit, c’est prendre conscience de ce fil. L’initiation c’est une tension et une dynamique. J’essaye plus ou moins d’avancer, pas à pas, entre la tradition et l’utopie en sachant qu’il n’y a pas d’issue possible et que je ne pourrai pas faire marche arrière. La recherche de l’équilibre est incessante. C’est un travail qui n’a rien à voir avec la productivité, chacun a son rythme.  Ce n’est pas le temps de l’horloge, de la cadence, ce n’est pas non plus du salariat avec des revendications : je comprends mieux pourquoi les apprentis obtiennent leur salaire en silence. Chacun d’entre nous sait intimement le chemin qu’il a accompli, les efforts qu’il a fournis et le chemin qui reste à parcourir.  

Philippe GERARD, philosophe du Droit estime qu’il « est malaisé de dire que nous n’avons que le temps : le temps ne s’accommode du verbe « avoir » que si on le confond avec la mesure du temps, avec le temps des horloges. Nous n’avons pas le temps, temps impalpable, pur élan qui à la fin rassemble et anime l’épaisseur des choses communes, lourdes ou légères, habituelles, insignifiantes ou non. La condition humaine et le temps s’entre-appartiennent dans l’éclosion incessante des commencements »(Philippe GERARD, François OST, Michel Van de KERCHOWE et Alain STROWEL, Droit, mythes et raison, Presse de l’université de Saint louis, Bruxelles, 2019). Maintenant, tout de suite, notre temps du travail est une occasion de faire, d’agir. S’inscrire dans le temps revient à avoir en même temps conscience de ce qu’il se passe, de le penser et d’agir. C’est à la fois un examen de conscience et un acte. C’est la possibilité de faire, de contribuer à la marche de quelque chose qui nous dépasse. Encore une fois, le mouvement, l’identique, le semblable et le différent s’interpénètrent dans un tourbillon. Nous ne contrôlons ni la vitesse, ni la direction et encore moins les effets.  

Il existe bien d’autres références au monde du travail et au temps dans notre rituel. La récréation par exemple, qui est le temps du repos entre deux épisodes de travail. C’est durant le sommeil que nous rêvons, et c’est à ce moment que nous affinons nos idéaux. Il y a eu parfois des coquilles dans les rituels. Un accent disparait, et la récréation devient la recréation. Loin d’être une aberration absolue, cela devient une opportunité de penser autrement : avec l’oubli d’un trait de crayon, on invite à recommencer sans cesse quelque chose qui n’a pas de fin, quelque chose qui n’a pas de forme finale. C’est la quête d’amélioration perpétuelle. Dans le monde du travail profane, on traduit cela par l’amélioration continue de la qualité. Il s’agit là d’une manière de passer de la quête spirituelle à l’esclavage gestionnaire. 

Enfin, la notion de temps, du fait qu’elle est indissociable du rapport à l’espace, implique le Franc-maçon se déplace en fonction de son temps passé, de son expérience dans la loge. Il ne s’assied pas où il veut. Les apprentis sont installés à un endroit, les compagnons à un autre. Seuls les maitres sont libres sauf s’ils portent une charge, s’ils ont un devoir supplémentaire dans le fonctionnement de l’atelier. Bien entendu, il ne convient pas de dévoiler ce que tout le monde peut trouver sur internet en cherchant un peu, mais bien de souligner que la place que chacun occupe est une variable du temps qui a fructifié. Les changements de place sont toujours à la fois le fruit du travail de chacun mais aussi le résultat d’un vote. En maçonnerie, quel que soit le temps passé, ce sont les autres qui vous invitent à progresser et vous y autorisent.  Une autre particularité qui peut étonner : celui qui a présidé l’atelier durant un temps, devient à la fin de son mandat celui qui garde la porte, le portier, tâche peu reluisante à priori. Et comble du comble, il est positionné face au nouveau président. Cette position dans la loge n’est pas soumise au vote, elle est une conséquence du temps passé à la “tête” de la loge. A la fin du travail le plus honorable, il n’y a pas d’honneurs, mais de l’humilité.

En guise de conclusion provisoire 

L’heure cosmique (basée sur la position du soleil) fixe les conditions de travail du maçon. Le midi comme le minuit sont des instants uniques. Etrangement, ils ont la même position sur le cadran. Les aiguilles sont positionnées sur le 12. Certains vous diront que 12 c’est 7 + 5 et que donc ça veut dire des trucs. Pour ma part, je n’en ai aucune idée. En tout cas, ce qui me semble intéressant, c’est de considérer le temps maçonnique comme un espace de travail sacré, durant lequel nous avons l’occasion de commencer quelque chose en dehors des horloges, des obligations industrielles, sociales qui contraignent nos comportements ordinairement. Cela ne veut pas dire du tout qu’il s’agisse d’un laisser-aller, bien au contraire. Entre midi et minuit, il y a un prix à payer et chacun, en son âme et conscience se doit de définir ce qu’il est prêt à verser. Le temps en maçonnerie ne se mesure pas : il nous faut regarder la position du soleil et de la lune, et la sienne, il faut lever les yeux vers quelque chose qui nous éblouit, et le comparer avec notre ombre projetée. On ne peut pas être pressé quand on ne sait pas où on va et c’est toute la beauté du temps en maçonnerie.

Stéphane Gebler

28/10/23 : Université maçonnique – « Le Frérisme et ses réseaux » puis « La fraternité maçonnique »

Samedi 28 octobre 2023 de 10 h à 12 h. 

Nous entendrons ce samedi  les conférenciers suivants : 

Florence Bergeaud-Blackler – Anthropologue, Chargée de recherches au CNRS – Spécialiste du fait religieux islamique : « Le Frérisme et ses réseaux »

suivi par :

Jacques Fontaine – Psychopédagogue en formation des adultes – Ecrivain ( 40 ouvrages) – Membre du Grand Orient de France et de OITAR  « La fraternité maçonnique »

Si vous ne vous êtes pas déjà inscrit à cette conférence, je vous rappelle que vous pouvez encore le faire jusqu’au début de la conférence. 

Cela nécessitera que vous vous inscriviez sur le lien suivant :

https://us06web.zoom.us/webinar/register/WN_ynbxaKa9Rgi_pg56l5T_aA

Lors de votre inscription, vous recevrez le lien de connexion sur lequel vous devrez vous connecter pour assister à la conférence.

J’espère vous y retrouver nombreux.( ouverture de la conférence à 9h50 ) Recevez, ma TCS et mon TCF mon accolade fraternelle.

Jean-Robert DAUMAS
Président de l’Université maçonnique

Le Triangle en Franc-maçonnerie

De notre confrère expartibus.it

Le triangle est l’emblème de l’achèvement, de la matérialisation, de la concrétisation du 3 comme chiffre de l’union entre l’esprit, l’esprit et le corps. On retrouve souvent la figure du triangle équilatéral avec un œil au centre, dont la signification ésotérique est la sagesse, la Divinité qui voit tout, est au-dessus de tout et pardonne tout.

A lui seul, il symbolise tous les principes de la trinité, du renversement, de la perfection, de l’Universel, de la connexion avec l’être suprême et les quatre éléments.

Ses 3 faces nous démontrent la divinité en nous, l’union du père, de la mère et de l’enfant et, donc, la manifestation dans le monde de la création, microcosme en macrocosme, et l’univers en nous, la tension de l’être humain vers la transcendance divine. , la protection universelle et divine envers l’humanité et la nature.

Dans la tradition pythagoricienne, où il apparaît sous le nom de Tétraktys, il indique l’ascension du multiple vers l’Un. Selon l’interprétation alchimique particulière, dans l’ordre des figures fermées, il est placé entre le cercle et le carré ; on peut donc en déduire qu’il représente une entité intermédiaire entre la substance presque abstraite et spirituelle, et la matière qui, au contraire, relève de nos sens.

Sa symbolique universelle se retrouve dans toutes les traditions, car elle est la manifestation du retour à l’unité primordiale et est donc liée aux différentes symboliques du ternaire.

Il communique le dynamisme et sert d’indicateur de direction et, avec ses trois côtés et ses trois pointes, représente la complétude et l’origine de toute évolution, harmonie, proportion.

Si dans le christianisme il fait allusion à la trinité, dans les civilisations orientales celui dont le sommet pointe vers le bas fait référence au féminin, celui qui pointe vers le haut au masculin.

En même temps, il représente également l’esprit, le corps et l’esprit de l’ésotériste, qui doit apprendre à réaliser une union équilibrée de toutes ses parties pour les réunir dans un nouvel être, un Surmoi qui guidera mieux et avec plus de puissance l’être. celui qui a atteint cet état interne.

Les quatre éléments sont reproduits au moyen du triangle équilatéral : s’il a le sommet en haut, c’est un symbole de feu ; s’il est traversé par une ligne horizontale, cela indique de l’air ; s’il a le sommet en bas, il fait référence à l’eau ; s’il comporte un trait horizontal, il fait cependant référence à la terre mère.

C’est la Parole parfaite, car elle présuppose un principe intelligent, un principe parlant et un principe parlé. L’absolu qui, à travers la parole, se révèle, lui donne un sens égal et en crée lui-même un tiers ; c’est ainsi que le Soleil, par sa lumière, se manifeste et rend cette apparition effective par la chaleur.

Il est tracé dans l’espace par le point culminant du ciel, l’infini en hauteur, qui se rejoint par deux lignes divergentes de l’est et de l’ouest.

triangle d'or maçonnique couvercle de montre
triangle doré portant des symboles maçonniques, couvercle de montre gousset

Ce triangle visible s’oppose cependant à un autre invisible, égal au premier, qui a la profondeur pour sommet et dont la base inversée est parallèle à la ligne horizontale qui joint l’est à l’ouest. Tous deux, réunis en une seule figure, forment une étoile à six rayons, signe sacré du sceau de Salomon, qui exprime l’idée de l’infini et de l’absolu.

La grammaire a attribué trois personnes au Verbe : la première est celui qui parle, la seconde est celui à qui on le dit, la troisième est celui dont on le parle.

Le GADU, le Grand Architecte de l’Univers, en créant, parle de lui-même et de lui-même : c’est l’explication du ternaire et l’origine de la Trinité.

Même le dogme magique est un sur trois et trois sur un. Ce qui est en dessous ressemble ou est identique à ce qui est en haut. Ainsi deux choses qui se ressemblent, avec la Parole qui exprime leur similitude, en font trois. Le ternaire est le dogme universel.

En magie, c’est principe, réalisation, adaptation ; en alchimie azote, incorporation, transmutation ; dans la théologie chrétienne, il devient Dieu, incarnation et rédemption, Trinité, archétype de la structure triadique de l’être, qui prend forme de pensée, d’amour et de pouvoir ; dans l’âme humaine, c’est pensée, amour, action ; dans la famille, c’est le père, la mère et le fils.

En tant que symbole maçonnique, il est présent dans le temple sous le nom de delta lumineux et doit être interprété avant tout comme un vecteur directionnel, dans la verticalité apicale duquel il symbolise l’Œuvre destinée à la gloire du GADLU.

Il y a trois points qui désignent symboliquement le franc-maçon et expriment également les concepts « Passé – Présent – ​​Futur », « Liberté – Égalité – Fraternité ». Ils font également référence à la boussole ouverte, dont la pointe principale exprime le Soleil, donneur de vie, et les deux autres la double polarité universelle. Ils représentent également les trois Personnes qui forment l’unité en Dieu. Enfin, ils rappellent les trois facultés de raison, de mémoire et de volonté ; l’actif, le passif et le neutre.

On a très bien dit que si les triangles faisaient un Dieu, ils lui donneraient trois côtés.
Charles-Louis de Montesquieu, Lettres persanes, 1721

Les Francs-Maçons sont les bâtisseurs idéaux par excellence et perpétuent la transmission symbolique des « outils » et des « produits architecturaux » de leur Art. Il y a donc dans la franc-maçonnerie une tension ininterrompue pour « soulever », « élever », « rétablir », mais pas exactement pour « terminer », pour « conclure », pour « achever », car le chemin latomistique reste toujours ouvert. , en constante évolution, aussi fascinant que stimulant au point d’être considéré comme « impossible » selon la mentalité profane et bornée.

Les francs-maçons s’identifieront toujours au triangle, l’évoquant continuellement ; il faudra toujours un « triangle » pour donner vie à une nouvelle loge, car c’est de lui que tout prend naissance.

Passage à l’Orient Éternel de notre frère Jean-François Var

Nous venons d’apprendre la naissance au Ciel de Mgr Jean-François Var, ancien élève de Normale Supérieure, licencié en lettres et diplômé en Histoire.

Jean-François Var était archiprêtre du Patriarcat orthodoxe des Nations, ancien élève de l’École normale supérieure, directeur honoraire du Sénat, chevalier de la Légion d’honneur, chevalier de l’ordre national du Mérite, chapelain-doyen de l’ordre militaire et hospitalier de Saint-Lazare de Jérusalem et de Notre-Dame du Mont-Carmel, grand aumônier émérite du Grand prieuré des Gaules (GPDG).

La liturgie des défunts a été célébrée par sa sainteté le patriarche Nicolas, dans la plus stricte intimité.

Grand connaisseur de tous les rites maçonniques, Jean-François Var était membre du Grand Prieuré des Gaules depuis 1982. Il a été fondateur, au sein de la Grande Loge Nationale Française, de nombreuses respectables loges travaillant au Rite Écossais Rectifié et notamment des JJ & PP loges Rosa Mystica N° 294, Notre Dame aux Trois Lys N° 344 et Amitié et Bienfaisance, loge de Daniel Fontaine (OE), élu à la charge de Grand Maître et Grand Prieur du GPDG le 4 décembre 1983. Spécialisé dans les recherches historiques de maçonnologie, il a tenu de nombreuses conférences et écrit plus de quatre-vingts articles consacrés à la maçonnerie chrétienne, en particulier rectifiée, ainsi qu’au martinisme, dans différentes revues dont Renaissance Traditionnelle, Villard de Honnecourt et les remarquables Cahiers Verts.

C’est une immense perte pour la franc-maçonnerie en général et pour le Régime Écossais Rectifié en particulier.

Notre frère Jean-François était un homme de bien, dévoué à la maçonnerie de Tradition, et était un cherchant infatigable, toujours prompt à apporter les éclairages les plus inattendus. Toujours disponible, je ne saurai dire combien de fois nous avons pu bénéficier de ses lumières.

Nous lui devons La franc-maçonnerie à la lumière du verbe-Le Régime Écossais Rectifié  (Dervy, Tome 1, 2013), La franc-maçonnerie à la lumière du verbe-Nouvelles études sur le Régime Écossais Rectifié (Dervy, Tome 2, 2018) et La franc-maçonnerie à la lumière du verbe-le Régime Écossais Rectifié et ses origines : Martines de Pasqually, Karl von Hund… (Dervy, Tome 3, 2022).

Nous espérons tous que son ouvrage Homélies et Études religieuses, préfacé par Mgr Nicolas,  paraîtra prochainement, à titre posthume, aux Éditions du Cosmogone.

Un ouvrage, très historique, auquel tenait énormément notre très cher et bien-aimé frère Jean-François.

« Gémissons, Gémissons mais Espérons.

Espérons, Espérons en confiance, Espérons en confiance et en sérénité ! »

Puisse Dieu, l’Être Éternel, le Très Haut, Grand Architecte de l’Univers, accueillir ce digne Fils de la Lumière en Sa demeure céleste où, désormais, il résidera en paix.

Merci à Damien Dauphin pour les illustrations mises en ligne ce 9 octobre sur le Facebook de Jean-François Var (A Tribus Liliis)

Histoire du Rite suédois

Le Rite suédois est un rite maçonnique pratiqué principalement dans les pays nordiques : Danemark, Finlande, Islande, Norvège et Suède. La pratique de ce rite exige du franc-maçon qu’il se déclare chrétien. Il en existe également dans une forme nuancée en Allemagne et dans quelques loges à l’extérieur des pays nordiques.

Histoire

Charles XIII de Suède, principal fondateur du Rite suédois.

L’histoire de ce rite est assez largement liée à l’implantation de la Stricte observance dans la franc-maçonnerie d’Europe du Nord. Il fut fondé sur une base chrétienne et templière installée en Suède en 1759 par Carl Friedrich Eckleff :

La franc-maçonnerie est introduite en Suède par le comte Wrede-Spare, officier de cavalerie qui d’après son propre témoignage aurait été reçu apprenti à Paris le 4 mai 1731, compagnon le 16 novembre 1731 et maître le 6 mai 1733. La première réunion d’une loge portant son nom a lieu chez le baron Gabriel Sack le 17 mars 1735. Le roi Frédéric 1er interdit la franc-maçonnerie par décret le 21 octobre 1738, décret annulé quelques mois plus tard.

Le 13 janvier 1752, le comte Knut Carlsonn Posse fonde la loge « Saint Jean auxiliaire » qui se déclare Mère loge de Suède et, à ce titre, s’autorise à créer d’autres loges dans le royaume de Suède. L’année suivante, le baron Charles-Frédéric Scheffer, qui avait été initié le 14 mai 1737 à Paris dans la loge Coustos-Villeroy, en fut élu grand maître. Il était en possession d’un document daté de 1737 qui lui avait été remis par le comte de Derwentwater et qui est aujourd’hui conservé à Stockholm. Ce document paraphrase les constitutions de 1723, mais en affirmant que la franc-maçonnerie aurait un caractère exclusivement chrétien.

Les rituels français utilisés dans les débuts sont révisés en 1756. En 1761, le Grande loge de Suède est fondée. Le baron Scheffer en est le premier grand maître et Carl Friedrich Eckleff est assistant grand maître. Le duc Carl Von Södermanland, membre de la Stricte Observance et futur roi Charles XIII de Suède, en deviendra grand maître en 1774 et engagera alors l’organisation du Rite suédois en reprenant les bases d’un chapitre de hauts grades maçonniques fondé par Eckleff à Stockholm le 25 décembre 1759. Il présidera à des révisions du rite en 1780 et en 1800, date à laquelle fut établie la constitution fondamentale de l’ordre.

Fondamentaux du rite

Le rite suédois s’affirme comme fondamentalement chrétien. Il est imprégné de rosicrucianisme, de kabbale et de théosophie et rappelle à certains égards la doctrine de Swedenborg. D’après un rapport de 1828, il s’assigne comme but la connaissance de Dieu par la reconnaissance de l’esprit divin que chacun porte en soi, par l’appréhension de la dimension trinitaire et par la foi en Jésus-Christ.

Système du rite

Le Rite suédois est organisé en dix degrés répartis sur une structure en triptyque :

  • Loges de « Saint Jean » :
    • 1er grade : apprenti,
    • 2e grade : compagnon,
    • 3e grade : maître ;
  • Loges de « Saint André l’Écossais » :
    • 4e grade : apprenti,
    • 5e grade : compagnon,
    • 6e grade : maître de Saint André ;
  • Loges du « Chapitre » :
    • 7e grade : haut Illustre Frère (ou Chevalier de l’Est),
    • 8e grade : très haut illustre frère (ou Chevalier de l’Ouest),
    • 9e grade : frère illuminé,
    • 10e grade : frère haut illuminé ;
  • Les degrés qui suivent sont des degrés administratifs :
    • 11e grade : frère très haut illuminé,
    • 12e grade : chevalier commandeur de la Croix Rouge.

Ce sont des francs-maçons parmi les plus célèbres du monde

De notre confrère allemand ohmymag.de

Le monde des francs-maçons nous fascine depuis des siècles. Mais qui sont ces personnages mystérieux qui se rassemblent dans leurs temples ? Dans la galerie, vous trouverez les représentants les plus célèbres.

La franc-maçonnerie est apparue en Europe au XVIIe siècle. Ses pères fondateurs étaient des érudits, des artistes et des philosophes qui voulaient créer une société dans laquelle des personnes d’origines et de croyances différentes pourraient vivre ensemble en paix.

L’arrière-plan

Cependant, la franc-maçonnerie est plus qu’un mouvement philosophique. Il possède ses propres rituels et symboles, les actions rituelles ont pour but de renforcer le lien entre frères et de proposer des expériences initiatiques. En y regardant de plus près, ils se révèlent être de véritables esprits libres.

Les principes des francs-maçons sont la liberté, l’égalité, la fraternité, la tolérance et l’humanité, a déclaré GEO dans un rapport. Ceux qui pensent aujourd’hui à différentes constitutions ou aux hymnes de différentes nations, de l’Allemagne à la France en passant par les États-Unis, ont tout à fait raison, poursuit GEO.

L’origine de cette pensée et sa diffusion ultérieure remontent au siècle des Lumières en Angleterre. Pour être précis, la première loge maçonnique importante a été fondée à Londres le 24 juin 1717 – exclusivement réservée aux membres masculins. Il existe des loges pour femmes en Allemagne depuis 1945.

Francs-maçons célèbres

Vous connaissez peut-être un ou deux francs-maçons masculins. Parmi eux, il y a certainement des célébrités : Joseph Bonaparte (1768-1844), frère de Napoléon, et le poète Giacomo Casanova (1725-1798). Ce dernier se faisait appeler Chevalier de Seingalt, un aventurier très instruit qui fut arrêté à Venise pour activités maçonniques et blasphème.

Tout le monde devrait également connaître le nom de Sir Winston Churchill (1874-1965) , homme d’État anglais, premier ministre et prix Nobel de littérature en 1953. Le nom d’Alexandre Gustave Eiffel (1832-1923), ingénieur français et constructeur de la Tour Eiffel, est probablement aussi familier.

Même le constructeur automobile américain Henry Ford (1863-1947) et Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832), poète allemand, étaient francs-maçons. Tout comme Josef Haydn (1732-1809), compositeur, ami et frère de loge de Mozart.

Et qui ne connaît pas le célèbre Heinrich Houdini (1874-1929) ou Adolph Freiherr von Knigge (1752-1796), écrivain (« Du contact avec les gens »). L’écrivain allemand Kurt Tucholsky (1890-1935) et George Washington (1732-1799), premier président des États-Unis d’Amérique, appartenaient également à ce cercle restreint (plus d’informations dans la galerie).

Sources utilisées :
GEO : Mythe franc-maçon – une société secrète sans secret
freimaurerei.ch : Francs-maçons célèbres

Winston Churchill (1874-1965)

Sir Winston Churchill était un homme d’État anglais, premier ministre et lauréat du prix Nobel de littérature en 1953.© Images du patrimoine / Contributeur @GettyImagesJoseph Bonaparte (1768 - 1844)Joseph Bonaparte (1768 – 1844)

Joseph Bonaparte (1768 – 1844) était le frère du célèbre Français Napoléon© Keystone / Personnel @GettyImagesGiacomo Casanova (1725 - 1798)Giacomo Casanova (1725 – 1798)

Le poète Giacomo Casanova (1725 – 1798) se faisait appeler Chevalier de Seingalt, un aventurier très instruit originaire de Bohême.© Print Collector / Contributeur @GettyImagesAlexandre Gustave Eiffel (1832 - 1923)Alexandre Gustave Eiffel (1832 – 1923)

Alexandre Gustave Eiffel (1832 – 1923) était un ingénieur français et constructeur de la Tour Eiffel à Paris

© Getty Images Henri Ford (1863 - 1947)Henri Ford (1863 – 1947)

Le constructeur automobile américain Henry Ford (1863 – 1947) fut également un célèbre représentant des francs-maçons.© Beaux-Arts / Contributeur @GettyImagesJohann Wolfgang von Goethe (1749 - 1832)Johann Wolfgang von Goethe (1749 – 1832)

Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832) était un poète, homme politique et naturaliste allemand bien connu.

© Stefano Bianchetti / Contributeur @GettyImagesJoseph Haydn (1732 - 1809)Joseph Haydn (1732 – 1809)

Josef Haydn (1732 – 1809) était un compositeur, ami et frère de loge de Mozart, ainsi qu’un franc-maçon© Buyenlarge / Contributeur @GettyImagesHeinrich Houdini (1874 - 1929)Heinrich Houdini (1874 – 1929)

Heinrich Houdini (1874 – 1929) était un artiste américain de l’évasion et un magicien – ainsi qu’un franc-maçon

© Sepia Times / Contributeur @GettyImagesAdolph Baron von Knigge (1752 - 1796)Adolph Baron von Knigge (1752 – 1796)

Adolph Freiherr von Knigge (1752 – 1796) était un écrivain célèbre (« Sur les relations avec les gens »)© ullstein bild allemand. @GettyImagesKurt Tucholsky (1890-1935)Kurt Tucholsky (1890-1935)

L’écrivain allemand Kurt Tucholsky (1890 – 1935) fut également l’un des célèbres représentants des francs-maçons.

© MPI / Photographe indépendant @GettyImagesGeorges Washington (1732 - 1799)Georges Washington (1732 – 1799)

George Washington (1732-1799) fut le premier président des États-Unis d’Amérique© Images du patrimoine / Contributeur @GettyImagesDonatien Alphonse François Sade (1740 - 1814)Donatien Alphonse François Sade (1740 – 1814)

Donatien Alphonse François Sade (1740-1814), écrivain, a passé près de 30 ans de sa vie en prison© Bettmann / Contributeur @GettyImagesRobert Falcon Scott (1868 - 1912)Robert Falcon Scott (1868 – 1912)

Robert Falcon Scott (1868 – 1912) atteint le pôle Sud quatre semaines après Amundsen© Bettmann / Contributeur @GettyImagesBrigham Young (1805 - 1877)Brigham Young (1805 – 1877)

Brigham Young (1805 – 1877), chef des mormons, les conduisit au Lac Salé lorsqu’ils furent expulsés de l’Illinois à cause de la polygamie.© Bettmann / Contributeur @GettyImages15/20Roald Amundsen (1872 – 1928)

Roald Amundsen (1872 – 1928), explorateur polaire norvégien, fut le premier à atteindre le pôle Sud et était franc-maçon.© Hulton Archive / Photographe indépendant @GettyImagesAmiral Richard Byrd (1888 - 1957)Amiral Richard Byrd (1888 – 1957)

L’amiral Richard Byrd (1888 – 1957) a survolé les pôles Nord et Sud et a largué des drapeaux maçonniques sur les deux pôles.

© Bettmann / Contributeur @GettyImagesWalter P. Chrysler (1875 - 1940)Walter P. Chrysler (1875 – 1940)

Walter P Chrysler(1875 – 1940) était non seulement constructeur automobile, mais aussi franc-maçon© BIBLIOTHÈQUE D’IMAGES DE AGOSTINI @GettyImagesFerdinand Freiligrath (1810 - 1876)Ferdinand Freiligrath (1810 – 1876)

Ferdinand Freiligrath (1810 – 1876), poète allemand (« Prince Eugen, le Noble Chevalier ») et révolutionnaire ainsi que membre de la Loge de Worms© Bildagentur-online / contributeur @GettyImagesFrédéric II le Grand (1712 - 1786)Frédéric II le Grand (1712 – 1786)

Frédéric II le Grand (1712 – 1786), roi de Prusse, devint franc-maçon alors qu’il était encore prince héritier© Bettmann / Contributeur @GettyImagesJohn Edgar Hoover (1895 - 1972)John Edgar Hoover (1895 – 1972)

John Edgar Hoover (1895 – 1972), directeur du FBI, membre de la Federal Lodge No. 1 et de la Justice Lodge No. 46

Nouveau concept store avec boutique ésotérique et salon de thé

De notre confrère ouest-france.fr

Avec l’ouverture de L’univers d’Annabel, le bourg de Plaintel (Côtes-d’Armor) s’enrichit d’un nouveau commerce. L’initiatrice du projet, Annabel Goursaud, propose un concept store avec une boutique dédiée à l’ésotérisme et un salon de thé.

Le bourg de Plaintel (Côtes-d’Armor) s’enrichit d’une nouvelle enseigne grâce à l’ouverture de L’univers d’Annabel.  Il s’agit d’un concept store avec boutique ésotérique et salon de thé. Je propose un savoir et une magie au service de produits qui aident autant dans la vie personnelle que dans le parcours spirituel , développe l’initiatrice du projet.

Une gamme de thés très gourmande

Détaillant la diversité de ses bougies, encens, fumigations, bouchons de tisanes, cailloux magiques, bijoux et autres créations, Annabel Goursaud prolonge :  Ma gamme de thés est très gourmande : thés verts, thés noirs, les florales, les épicées, avec une bonne part de bio ou d’agriculture raisonnée. J’accompagne aussi les apprentis druides ou sorcières à trouver de quoi remplir leurs étagères à potion magique. 

« Ici, c’est d’abord une atmosphère, enrobée d’humour »

Dédiée aux visiteurs en quête de plaisirs gustatifs ou de bienfaits du corps, la boutique recèle aussi des pendules, échelles de vie et autres objets surprenants.  Ici, c’est d’abord une atmosphère, enrobée d’humour , invite la jeune commerçante.

Par ailleurs autrice aux éditions parisiennes Guy Tredaniel, Annabel Goursaud sort très prochainement un nouvel oracle.

L’univers d’Annabel, 9, place de la République, à Plaintel. Ouvert du lundi au samedi, de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h.

Francs-maçons célèbres… : Jules Ferry

Ministre, il est connu pour avoir rendu l’école obligatoire et laïque, permis aux filles d’accéder à l’enseignement secondaire et offert la gratuité aux primaires.

Né le 5 avril 1832 à Saint-Dié, dans les Vosges, et mort le 17 mars 1893 à Paris, Jules Ferry est un homme politique français, avocat de formation. Défenseur des républicains, il devient célèbre pour ses pamphlets humoristiques anti haussmanniens. Elu député de Paris, il entre au gouvernement provisoire de 1870. Maire de Paris en 1871, il rédige les lois défendant une école laïque, gratuite et obligatoire. Colonialiste, il est déchu, en 1885, après la défaite à Tonkin (guerre franco-chinoise). Il termine sa carrière comme président du Sénat, un mois avant son décès.

Dates importantes

  • 28 avril 1848: Apparition de l’école maternelle
  • 21 décembre 1880: Création de lycées pour filles
  • 16 juin 1881: L’école est désormais gratuite

Jeunesse

Né le 5 avril 1832 à Saint-Dié, dans les Vosges, avec un père avocat, Jules Ferry est élevé dans un environnement bourgeois et austère. Il a un frère et une soeur. Sa famille déménage à Strasbourg en 1846, puis s’installe en 1850 à Paris, où il étudie à la faculté de droit pour devenir lui-même avocat. Il s’intéresse très tôt à la vie publique, écrit dans la presse et se fait remarquer en 1868 en publiant une série d’articles en opposition au préfet de la Seine. Jules Ferry est élu député républicain de Paris en 1869. Il entre au gouvernement l’année suivante et devient maire de Paris pour un an. Il quitte la capitale au moment de l’insurrection de la Commune de Paris. Il est député des Vosges de 1871 à 1889 et conseiller général de la ville vosgienne de Thillot. Pour le protéger des autorités, Adolphe Thiers le nomme ambassadeur à Athènes.

Les lois Jules Ferry sur l’école

Jules Ferry rentre en France en 1873, épouse Eugénie Risler en 1875 et devient franc-maçon la même année. Nommé ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts en 1879, il marque ses mandats par de nombreuses réformes de l’enseignement, dont la loi sur l’obligation scolaire et la laïcité, la suppression de l’enseignement religieux à l’école primaire, l’accès à l’enseignement secondaire pour les filles et la gratuité de l’école primaire. Élu président du Conseil en 1880, il consolide toutes les mesures prises pour un enseignement laïque et moderne. Ses positions colonialistes sont contestées par les hommes politiques de tous bords et lui font quitter la présidence du Conseil en 1885.

Comment Jules Ferry est mort

Jules Ferry décède à Paris le 17 mars 1893 sans laisser de descendance. La cause de sa mort à l’âge de 60 ans est une crise cardiaque. Rescapé de deux attentats perpétrés contre lui, l’un en 1883 et l’autre en 1885, le second lui a laissé une balle dans la poitrine qui l’a handicapé jusqu’à la fin de sa vie. Des obsèques nationales ont lieu le 22 mars dans la cour d’honneur du palais du Luxembourg, avant qu’un cortège XXL ne conduise la dépouille de Jules Ferry jusqu’à la gare de l’Est. Un train spécial l’emmène alors dans les Vosges, où il sera inhumé dans le caveau familial de Saint-Dié, selon son testament, « en face de cette ligne bleue des Vosges d’où monte jusqu’à mon cœur fidèle la plainte touchante des vaincus ».


Jules Ferry Franc-Maçon

Les lois Jules Ferry, sur la gratuité de l’école puis l’instruction obligatoire et l’enseignement public furent votées, sous la IIIe République, en 1881 et 1882.
Le combat pour que l’école échappe à l’Église catholique rassemble les francs-maçons au temps de Jules Ferry. Mais là s’arrête l’unité : la solidarité maçonnique bute en permanence sur la question des modalités de mise en œuvre de la laïcité, et appartenir à la même loge et à la même obédience maçonnique ne suffit pas à gommer des clivages fondamentaux. En effet, le débat est vif au sein des loges et des instances dirigeantes de la franc-maçonnerie entre frères libres penseurs spiritualistes et frères libres penseurs athées sur la place de Dieu dans l’instruction des enfants.
Le projet d’un nombre grandissant de francs-maçons est non seulement de rejeter le curé et le catéchisme hors de l’école, mais également de promouvoir une « morale indépendante » de la religion. Or, il paraît impossible aux francs-maçons spiritualistes, même s’ils sont anticléricaux, d’imaginer une éducation qui ne s’appuierait pas sur une philosophie religieuse. La mise en évidence de l’attitude des élus francs-maçons lors des délibérations législatives de la loi de 1882 montre, de façon très nette, qu’il n’y a pas d’unanimité chez les francs-maçons et même qu’un nombre important d’entre eux n’hésitent pas à gêner l’action de leur « frère » Jules Ferry. Au Parlement, on n’est pas d’abord un député ou un sénateur franc-maçon, on est antireligieux ou spiritualiste, on est radical ou opportuniste ; on est à l’extrême gauche, à l’Union républicaine, à la Gauche républicaine ou au centre gauche.
Cela montre, à tout le moins, qu’il n’existe pas, contrairement à ce que disent les parlementaires de l’opposition, de « plan » maçonnique, préparé dans les loges et mis en œuvre à la Chambre et au Sénat, pas plus qu’il n’existe de tactique pour manœuvrer de façon homogène dans les débats et dans l’action. Dans le même temps, on peut aussi considérer que, puisque diversités républicaine et maçonnique il y a, les loges ont tout de même permis à ces différentes tendances républicaines et libres penseuses de se côtoyer et de débattre, parfois en amont des discussions parlementaires. Même si d’autres cercles ou associations ont pu jouer un rôle de nature identique, il n’en reste pas moins que cette fonction remplie par les loges a sans doute été essentielle dans les premiers temps de la mise en place de notre instruction publique.

Entré en franc-maçonnerie en 1875 dans la loge « La Clémente Amitié » , Jules Ferry devient en 1879 ministre de l’Instruction publique et fait voter le 9 aout 1879 la loi créant les écoles normales primaires dont le but est de former les instituteurs appelés à remplacer les prêtres des congrégations religieuses. Il nomme cette même année Ferdinand Buisson à l’enseignement primaire et procède au retrait du droit de collation des grades universitaires à l’enseignement privé. Il met en œuvre une première attaque contre les congrégations religieuses. Entre 1880 et 1885, plusieurs lois vont rendre l’école gratuite et obligatoire. Le corpus des matières à y enseigner écarte l’instruction religieuse et les congrégations non autorisées sont largement évincées de l’enseignement public. La loi du 30 octobre 1886 clôture par son obligation de laïcisation des personnels des écoles publiques l’objectif de sécularisation de l’enseignement public.

Suivis de près par le Grand Orient, les efforts politiques sur ce sujet sont salués lors du convent de la même année par une motion de soutien. La paternité de ces lois est largement revendiquée par les loges maçonniques qui y voient l’aboutissement de nombreux efforts autour de questions étudiées en leur sein depuis le Second Empire.

Le 8 juillet 1875, les francs-maçons donnent une grande solennité à sa réception par le Grand Orient de France (loge « La Clémente Amitié »). Il y est reçu en même temps qu’Emile Littré et Grégoire Wyrouboff, autres disciples d’Auguste Comte. Dans une lettre adressée à Charles Cousin, président de la loge, celui-ci déclare : « Ayant à faire une confession intellectuelle devant ceux qui veulent bien m’admettre parmi leurs frères, je déclare adhérer aux principes de philosophie morale que j’ai trouvés, il y a une quinzaine d’années dans les livres du fondateur de la philosophie positive. » Une grande publicité est faite au discours que Littré prononça à cette occasion, et la presse en donna un large écho. Par la suite, Ferry appartient à la loge « Alsace-Lorraine ».

Un Franc-maçon du Lincolnshire parcourt 11 300 km à pied le long de la côte britannique

De notre confrère anglais lincolnshirelive.co.uk

Il vise à récolter 100 000 £ pour des initiatives en matière de santé mentale

Un homme du Lincolnshire entreprend une marche gigantesque de 11 300 km autour de la côte britannique dans le but de collecter des fonds pour une œuvre caritative. Chris Jones, aventurier et franc-maçon dévoué, s’est lancé dans un voyage remarquable depuis Skegness le jour du Nouvel An.

Il a maintenant lancé son défi depuis 10 mois et a récolté plus de 27 000 £. Tout au long de son parcours, il accueille les dons de généreux donateurs, soit en personne, soit par la vente d’un livre qu’il a l’intention d’écrire sur son parcours transformateur.

Chris traverse actuellement le West Lancashire, et l’aventure entière devrait durer environ 18 mois. 

Franc-maçon de la Grande Loge Unie d’Angleterre (UGLE) depuis plus de 12 ans, Chris est déterminé à faire de cette collecte de fonds l’une des sommes les plus importantes jamais récoltées pour la Masonic Charitable Foundation (MCF).

L’argent récolté sera reversé à des établissements de santé mentale. Pendant une période de problèmes de santé mentale, Chris a contacté le MCF et leur ligne d’assistance téléphonique en matière de santé mentale. En réfléchissant à ce moment difficile, il a déclaré : « Je suis convaincu que MCF m’a sauvé la vie pendant ma crise de santé mentale.

« Je parle très ouvertement de mes problèmes de santé mentale, et c’est l’objectif principal de ce défi. J’ai souffert pendant environ 10 ans, et les points les plus bas m’ont coûté des jours et parfois des semaines de ma vie. »

Malgré des distances quotidiennes variables de 10 à 25 miles, en fonction de la météo et du terrain, Chris transporte sa maison dans un sac à dos de 30 kg, utilisant sa tente pendant 80 à 90 % de son voyage pour minimiser les coûts. Son épouse, Michelle, le rejoint périodiquement pour lui apporter son soutien, et des personnes bienveillantes lui offrent parfois un lit pour la nuit, surtout lorsque le temps prend une tournure hostile.

En 1999, Chris a créé et dirigé une école indépendante proposant un enseignement aux jeunes de 13 à 16 ans de tout le Lincolnshire qui avaient été exclus de l’enseignement ordinaire. Il employait 30 à 40 personnes, dont beaucoup étaient d’anciens policiers, soldats et aviateurs.

Ils se sont concentrés sur la formation professionnelle et ont aidé, au cours des 19 à 20 dernières années, un peu moins de 5 000 jeunes de tout le Lincolnshire à s’insérer dans le monde du travail. Les Hutchinson, directeur général de la Masonic Charitable Foundation, a déclaré : « Nous tous à la MCF sommes extrêmement impressionnés par les magnifiques réalisations de Chris jusqu’à présent au cours de son voyage épique.

« La santé mentale est une priorité clé pour nous et je suis ravi que chaque centime récolté par Chris aidera les gens à obtenir le soutien dont ils ont besoin. Nous lui souhaitons la meilleure des chances pour la suite de son parcours. » En planifiant quotidiennement son itinéraire à l’aide de cartes sur son téléphone ou son iPad, Chris reste en contact avec ses proches, qui suivent ses progrès et partagent son enthousiasme.

Sa petite-fille, Ava, 10 ans, utilise le voyage comme un projet de géographie en direct, traçant son parcours scolaire avec ses camarades de classe. Alors qu’il continue de parcourir la côte britannique, il inspire de nombreuses personnes à demander de l’aide en cas de besoin et à soutenir ceux qui luttent contre les problèmes de santé mentale.

Pour faire un don aux efforts de Chris, vous pouvez visiter sa page de collecte de fonds .

Découvrez les sociétés secrètes de Cuba

De notre confrère toutlecd.com

L’article de notre confrère est essentiellement visuel au travers de multiples photos de couleurs flamboyantes. Il nous propose un voyage au pays des maçons et des religion afro-cubaine.

Des maçons aux prêtres de la Santería, le photographe Nicola Lo Calzo offre un aperçu des nombreuses sous-cultures de l’île

Un tablier et une cravate maçonniques sont portés par Nicolas Rojas, franc-maçon de la Loge San Andres #3, à Santiago de Cuba.
Eba Augustin et Sergio Ramo se préparent à participer au défilé du carnaval de Santiago de Cuba en tant que reine et roi des Carabalí Olugu, une émanation d’une fraternité créée par des esclaves africains affranchis à la fin du XVIIIe siècle.
Pour rejoindre la confrérie Abakuá, les initiés ont les yeux bandés lors d’un rituel élaboré qui signifie la renaissance.
Les esclaves fugitifs dans toutes les Caraïbes étaient appelés Marrons, du mot espagnol cimarron, signifiant sauvage. Le gouvernement cubain a organisé des reconstitutions de leur sort dans une grotte de Viñales.
Des hiéroglyphes à la craie dessinés sur un tronc de chêne transmettent des messages mystiques aux membres d’Abakuá.
La religion afro-cubaine connue sous le nom de Santería ponctue souvent ses cérémonies au rythme des tambours sacrés Batá, joués ici chez le prêtre Peter King.
Enrique King Bell est un prêtre de la religion connue sous le nom de Palo Montepratiqué pour la première fois à l’époque coloniale par les esclaves africains, notamment ceux parlant les langues bantoues.
Les rituels secrets de la franc-maçonnerie ont été considérés avec suspicion par les autorités.

Pourquoi un homme danse-t-il pieds nus dans la rue, une capuche en forme de cône couvrant sa tête ? Et que penser des étranges marques à la craie jaune ou du sacrifice sanglant de coqs et de colombes ? Il s’agit de rituels d’une sous-culture mystique à Cuba, formée au cours de ses années de colonie espagnole et d’économie de plantation, lorsque les esclaves d’Afrique de l’Ouest fusionnaient leur culte panthéiste des esprits avec des caractéristiques du catholicisme. Ce mélange de cultures et de croyances a donné naissance à des pratiques religieuses uniques au pays : la Santería, ainsi que d’autres associations mystérieuses et petits groupements.

L’appétit de l’île pour les sociétés secrètes peut sembler illimité. Parmi les premiers colons se trouvaient des francs-maçons, qui ont établi une solide adhésion parmi l’élite blanche de l’île. Après la révolution de 1959, les maçons ont subi des pressions pour faire partie d’associations plus larges contrôlées par l’État ; en fait, certains de leurs membres communistes ont appelé à leur dissolution. Mais leurs loges n’ont jamais été fermées, comme c’était le cas dans de nombreux pays communistes. Aujourd’hui, il y a environ 30 000 membres répartis dans 316 loges.

Au cours des dernières années, le photographe italien Nicola Lo Calzo a photographié ces routes mystérieuses, concentrant son travail sur les villes de Santiago de Cuba, Trinidad et La Havane. Ses sujets comprennent des prêtres de la Santería, des membres de l’ordre fraternel Abakuá, des maçons et des rappeurs en désaccord avec les autorités pour avoir refusé de rejoindre l’industrie musicale dirigée par l’État. Tout cela fait partie d’un projet plus vaste, lancé par Lo Calzo en 2010, visant à raconter l’histoire mondiale de la diaspora africaine. À Cuba, sa thématique est Regla, une référence à Regla de Ocha, le nom officiel de la Santería ainsi que de la partie de La Havane où la première loge Abakuá a été créée en 1836. Dans son sens le plus fluide, Regla, qui signifie littéralement « règle », évoque également un ensemble de valeurs communautaires qui soutiennent un groupe. Certes, pour les esclaves cubains amenés dans le pays pour travailler dans les plantations de canne à sucre, les sociétés secrètes procuraient un sentiment de contrôle et de pouvoir qui leur permettait d’échapper à la misère de la servitude. Et jusqu’à aujourd’hui, affirme Lo Calzo, ces sous-cultures sont des sanctuaires d’expression de soi. «Ils ouvrent une porte autrement fermement fermée à l’individualité», dit-il. « Les jeunes Cubains vivent une liberté unique, à la fois personnelle et partagée, loin des regards indiscrets de l’État. »