Récemment créée, l’association MASONICA TOURS dont l’objet est l’organisation de salons maçonniques du livre et de la culture dans la ville de Tours ou de ses environs, l’organisation de rencontres et de toutes manifestations en liens directs et indirects avec cet objet vous informe des dates de son premier salon.
Emblème Masonica.
Il se tiendra le samedi 1er et le dimanche 2 juin 2024, sur le site de MAME. Cette manifestation se veut être le week-end de l’ouverture, montrant à toutes et à tous :
-les diversités et les spécificités, des obédiences maçonniques présentes ;
Site Mame, cité de la création et de l’innovation.
-les valeurs universelles communes de liberté, d’égalité, de fraternité et de tolérance qui constituent le tronc commun de la démarche initiatique et spirituelle de tous les francs-maçons du monde ;
-Une ouverture vers la démarche spirituelle et de recherche que chaque maçon à le devoir de réaliser.
C’est dans cet esprit que ce salon réunira éditeurs et auteurs. Cela sera un lieu d’échange et de rencontre autour d’une exposition du livre et de la culture à Tours.
Delta FM et La Voûte Étoilée – Un espace de fraternité qui permet de créer du lien, de diffuser la fraternité, d’échanger, partager, dialoguer, entre des SS∴ et des FF∴ quelques soient leur Obédience, leur Orient, leur pays – seront présents.
Les organisateurs précisent qu’ils ne manqueront pas de nous faire connaître le programme dès finalisation. D’ores et déjà, nous vous informons que 450.fm sera présent.
Blason de la ville de Tours.
Pourquoi Tours ? Et pourquoi pas !
La ville de Tours, située dans la région Centre-Val de Loire en France, a une histoire riche et intéressante en ce qui concerne la franc-maçonnerie, sans oublier le Compagnonnage…
Bien que n’étant pas aussi célèbre que certaines autres villes françaises pour son rôle dans l’histoire maçonnique, Tours a tout de même joué un rôle significatif dans le développement, y compris récent, et l’activité de la franc-maçonnerie en France.
Souvenons-nous que La République du Centre, en avril 2012, titrait « À Tours, deux mille maçons créent leur obédience ». Il s’agissait de la naissance de la Grand Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF), dite L’Alliance, qui souhaitait « Revenir vers des règles démocratiques ».
Infos pratiques : Site Mame, cité de la création et de l’innovation, 49 boulevard Preuilly – 37000 Tours
Site Mame, cité de la création et de l’innovation.
Découvrez Le souffle de l’architecte, une exposition contemplative et sensorielle présentée à la Fondation Cartier jusqu’au dimanche 21 avril 2024.La Fondation Cartier nous présente l’architecte indien Bijoy Jain, fondateur du Studio Mumbai. Dans une exposition surprenante et poétique, l’artiste nous entraîne dans son univers entre matière, nature et Homme.
Bijoy Jain nous propose une expérience sensorielle insolite, avec un parcours qui invite à la rêverie, à la flânerie, à la contemplation. Pendant la visite, le temps se fige, pour nous permettre de profiter de ce moment de quiétude, plongés dans la nature. À travers les matières et les formes, l’architecte cherche à créer des espaces uniques, qui connectent l’homme à la nature, à ses émotions.
Bijoy Jain, en 2013.
La création de Bijoy Jain, pensée spécialement pour cette exposition, entre en dialogue avec le centre d’art contemporain : les lumières, les matériaux, les lignes se répondent, s’enrichissent pour donner une dimension plus profonde au bâtiment, comme à l’œuvre.
Alev Ebüzziya Siesbye.
Le parcours de l’exposition est aussi enrichi par les créations de la céramiste Alev Ebüzziya Siesbye : les sculptures de cette artiste ajoutent un peu plus de sensibilité, de résonnance, de beauté à cette installation. Les couleurs, les motifs, les lignes reproduites sur les céramiques sont inspirés de la nature, des plantes, des mouvements que l’on peut voir au-dehors. Cette inspiration, on la retrouve également dans le travail de l’architecte Bijoy Jain, qui voit le monde comme un paysage toujours changeant, dans lequel des histoires se retrouvent et se mélangent.
La Fondation Cartier nous propose une découverte nouvelle et étonnante cet hiver, à la rencontre d’artistes inspirants et insolites. Laissez-vous séduire par cette exposition inédite !
[NDLR : La Fondation Cartier pour l’art contemporain, située à Paris, est un lieu dédié à la promotion et à la présentation de l’art contemporain. Elle a été créée en 1984 par la maison de joaillerie Cartier. L’objectif de la fondation est de favoriser la création artistique contemporaine et de la présenter au public. Le bâtiment de la Fondation Cartier, conçu par l’architecte Jean Nouvel, est lui-même une œuvre d’art moderne. Inauguré en 1994, il se caractérise par son design transparent et sa structure en verre qui permet une interaction entre l’espace intérieur et l’environnement extérieur. Le bâtiment est entouré d’un jardin, conçu par l’artiste et paysagiste Lothar Baumgarten, qui offre un espace de calme et de beauté au milieu de la ville.
Jean Nouvel en 2009.
La Fondation Cartier organise des expositions temporaires mettant en lumière des artistes contemporains de diverses disciplines et origines. Elle soutient également la création artistique en commandant des œuvres spécifiques et en offrant des résidences d’artistes. En plus des expositions, la fondation organise des conférences, des concerts et d’autres événements culturels, contribuant ainsi à la scène artistique parisienne et internationale. La Fondation Cartier pour l’art contemporain joue un rôle important dans la promotion de l’art moderne et contemporain, en soutenant les artistes émergents et établis et en offrant un espace où le public peut interagir avec des œuvres d’art innovantes et expérimentales.
Bijoy Jain.
Quant à Bijoy Jain, c’est un architecte renommé, connu pour son approche unique et durable en matière de design et d’architecture. Né en Inde, il a fondé son cabinet d’architecture, Studio Mumbai, qui a acquis une réputation internationale pour son approche artisanale de la construction et son utilisation de matériaux locaux et traditionnels. Jain est diplômé de l’Université de Washington à St. Louis et a travaillé à Los Angeles et à Londres avant de retourner en Inde. Son travail est profondément enraciné dans une compréhension de l’environnement local et culturel, utilisant des méthodes de construction traditionnelles et des matériaux naturels. Ses projets sont souvent caractérisés par une attention minutieuse aux détails et une intégration harmonieuse dans leur environnement naturel.
Studio Mumbai est connu pour sa collaboration étroite avec des artisans locaux, intégrant leur savoir-faire dans les projets modernes. Cette approche permet non seulement de préserver les techniques de construction traditionnelles, mais aussi de créer des espaces qui reflètent un sens de la communauté et du lieu. Les projets de Bijoy Jain ont été largement reconnus et récompensés. Son travail englobe une gamme variée de designs, allant des résidences privées aux espaces publics et aux installations artistiques. La philosophie de Jain met l’accent sur la durabilité, l’artisanat et une connexion profonde avec l’environnement, faisant de lui une figure importante dans le monde de l’architecture contemporaine.
Le Studio Mumbai, dans le détail…
C’est un cabinet d’architecture et de design fondé par l’architecte Bijoy Jain. Il est basé à Mumbai, en Inde, et est renommé pour son approche unique en matière d’architecture, qui allie design contemporain et techniques de construction traditionnelles. Le studio est connu pour son utilisation de matériaux locaux et son travail étroit avec des artisans locaux, ce qui lui permet de créer des bâtiments qui sont à la fois modernes et profondément enracinés dans leur contexte culturel et environnemental. Les projets de Studio Mumbai sont souvent décrits comme étant minimalistes, mais extrêmement attentifs aux détails, à la texture et à la lumière. Les designs de Bijoy Jain et de son équipe se distinguent par leur capacité à fusionner architecture et paysage, intérieur et extérieur, de manière harmonieuse. Cette approche respectueuse et contextuelle de la conception est ce qui rend leur travail distinctif et respecté à l’échelle internationale. Parmi les projets notables de Studio Mumbai, on trouve des résidences privées, des espaces communautaires, et des installations artistiques. Ces projets reflètent souvent une compréhension profonde de l’environnement local, y compris du climat, des matériaux disponibles et des techniques de construction traditionnelles. L’approche collaborative de Studio Mumbai, impliquant des artisans, des ingénieurs, et des architectes travaillant ensemble de manière intégrée, est également une caractéristique clé de leur méthode de travail. Cette approche permet non seulement de préserver des compétences artisanales traditionnelles, mais aussi de créer des bâtiments qui sont à la fois fonctionnels et esthétiquement beaux, faisant de Studio Mumbai un acteur influent dans le monde de l’architecture contemporaine.
Alev Ebüzziya Siesbye.
Et Alev Ebüzziya Siesbye ?
Elle est une céramiste turque de renom, née à Istanbul en 1938 et est particulièrement reconnue pour ses créations en céramique qui allient un style minimaliste à une maîtrise technique exceptionnelle. Siesbye a su s’imposer dans le monde de la céramique grâce à son approche unique qui fusionne la tradition et la modernité. Après avoir étudié la sculpture à l’Académie des Beaux-Arts d’Istanbul, Siesbye a travaillé dans différentes usines de céramique en Turquie avant de s’installer au Danemark dans les années 1960. Là, elle a poursuivi son exploration de la céramique et a commencé à se faire un nom dans le milieu artistique européen.
Alev Ebüzziya Siesbye.
Les œuvres de Siesbye sont caractérisées par leur simplicité formelle et leur palette de couleurs souvent restreinte, axée sur les tons naturels et les finitions subtiles. Ses bols et ses vases, travaillés avec une précision méticuleuse, sont admirés pour leur forme parfaite et leur surface lisse et homogène. Cette attention portée à la forme et à la finition reflète l’influence des traditions céramiques à la fois orientales et scandinaves. Siesbye a exposé ses œuvres dans de nombreuses galeries et musées du monde entier, et ses créations font partie de collections prestigieuses. Elle est reconnue pour sa contribution significative à l’art de la céramique contemporaine, apportant une perspective unique qui transcende les frontières culturelles et artistiques.
Alev Ebüzziya Siesbye.
La carrière de Siesbye est marquée par une quête constante de perfection et d’harmonie dans ses créations, faisant d’elle une figure majeure dans le domaine de la céramique moderne.]
Infos pratiques : Fondation Cartier 261 Boulevard Raspail 75014 Paris/TARIFS : Moins de 13 ans : Gratuit :Tarif réduit : 7€ :Plein tarif : 11€/SITE OFFICIEL :/Bijoy Jain / Studio Mumbai Le souffle de l’architecte/Jusqu’au 21 avril 2024/Ouvert tous les jours de 11h à 20h, sauf le lundi. Nocturne le mardi, jusqu’à 22h/La fermeture des salles débute à 19h45 (21h45 les mardis)/Mesures VIGIPIRATE en vigueur.
Après ces fêtes de fin d’année où le seul conseil à donner était « surtout, ne vous pesez pas ! », il est temps de veiller à sa santé, petit mensonge pour ne pas reconnaître qu’on ne rentre plus dans sa robe ou son pantalon. Pour vous aider dans vos bonnes résolutions, voici quelques conseils donnés au XIIe siècle par la fameuse École de Salerne…
Capitale d’une principauté jusqu’au onzième siècle, Salerne était un pont entre l’Occident chrétien et le monde musulman dont faisait alors partie la Sicile toute proche. C’était une ville prospère qui battait monnaie.
Pièce d’or datant du règne du prince Siconolf de Salerne (839-849).
En 1077 la Sicile est conquise par les Normands avec Robert Guiscard à leur tête. L’émir, Yousouf Ibn Abdallah, est destitué et, en 1130 la capitale de l’Italie du sud est transférée à Palerme. Pour éviter le déclin, Salerne renforce alors son orientation médicale. Forte d’une légende prétendant que son École de médecine, avait été fondée en 802 par quatre savants : un juif Helinus, un grec Pontus, un arabe Adela et un latin Salernus dont elle portait le nom, Salerne s’emploie à attirer les médecins les plus prestigieux de l’époque, quelle qu’en soit l’origine et la religion. La ville devient ainsi, aux XIIe et XIIIe siècles, le centre d’enseignement médical de l’occident.
Conjuguant les savoirs du monde arabe et byzantin à l’étude d’Hippocrate et de Galien, s’appuyant sur l’observation et pratiquant même les essais thérapeutiques sur les animaux avant d’administrer les traitements à l’homme, l’École de Salerne diffuse dans les grandes villes européennes une collection de 103 aphorismes en vers intitulée « Regimen Sanitatis Salernitanum », un ensemble de conseils destinés à rester en bonne santé. C’était là une proposition révolutionnaire car la médecine, avec ses vrais soignants et ses charlatans, ne prétendait qu’à soigner les malades, pas à garder en santé les bien-portants.
Ses avancées font considérer aujourd’hui l’École de médecine de Salerne comme l’ancêtre de l’université. De plus, et ce n’est pas rien, ce fut la première institution européenne où les femmes ont bénéficié des mêmes droits que les hommes. La plus célèbre des, mulieres Salernitanae, est sans conteste Trotula de Ruggiero, première femme à pratiquer et enseigner la médecine et à écrire des traités de pharmacologie clinique. La médecine n’était pas un art libéral, elle était considérée comme une branche de la physique relevant de la philosophie, et se divisait en médecine théorique et médecine pratique. Ces deux approches étaient également fondées sur la réflexion et le raisonnement, mais la seconde, pour bien cibler les soins à prodiguer, classait les maladies selon leur origine interne ou externe – la saison, le climat, un traumatisme, etc. –, tandis que la première traitait de la santé en soi, selon le principe aristotélicien de la correspondance entre le macrocosme qu’est l’univers et le microcosme humain, principe que l’on retrouve en alchimie avec la fameuse « Table d’émeraude » d’Hermès Trismégiste : « Ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut & ce qui est en haut, est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d’une seule chose ».
Hippocrate
Hippocrate y avait ajouté l’observation du malade et avait cherché à définir les raisons de la santé. Ainsi avait-il déterminé qu’elle était liée aux quatre éléments (feu, air, eau, terre), aux qualités premières (chaud, froid, humide, sec), aux qualités accidentelles et aux modalités du mouvement. Dans chaque individu, la santé se définissait donc par l’équilibre interne entre ces facteurs : aux sens externes correspondaient les « sens internes » de l’âme localisés dans le cerveau, tandis que la circulation des « esprits » assurait la liaison entre l’âme et le corps.
L’un des professeurs de médecine, Archimateus, nous fait part des conceptions médicales de l’école : « Les connaissances – écrit-il – ne suffisent pas. Le succès de la thérapie dépend beaucoup de la conduite du médecin envers le malade et de l’impression qu’il produit sur lui. » A ce facteur psychologique, il ajoute une réflexion éthique. Ainsi à la question « faut-il révéler au malade la gravité de son état ? » et il répond « non », en bon disciple de Galien, alors que la plupart des casuistes l’exigeaient. En revanche, pour ce qui est des honoraires, non seulement il donne comme précepte exige dum dolor est, réclame ton argent tant que la douleur se fait sentir, mais il ajoute même, avec quelque malice, qu’il ne faut pas hésiter, le cas échéant, à relancer adroitement le mal pour que le patient sente bien que sa santé dépend du médecin !
Aphorismes d’Hippocrate
Les Aphorismes et Conseils de Salerne, écrits en latin, ont eu un tel succès qu’ils ont été traduits en français, en 1749 par Bleusen de la Martinière (Dieppe 1683 – La Haye 1749). Ils sont particulièrement adaptés aux Sœurs et aux Frères qui, outre les fêtes carillonnées par la publicité commerciale qui les ont conduits à des excès de table, sont pratiquement obligés de participer aux agapes de leur Atelier en dépit du souci de leur silhouette et de l’heure tardive.
Car, osons l’avouer, les travaux auxquels les francs-maçons sont le plus assidus et consacrent le plus d’ardeur, ce sont… les agapes ! Il est vrai que la Franc-maçonnerie est née dans une auberge et l’on peut se demander si le rituel n’était pas un prélude aux « travaux de table » qui prolongeaient la tenue, au demeurant bien plus brève qu’aujourd’hui… On en parle pourtant peu, sauf pour quelque banalité sur la convivialité, ou, pire, pour faire remonter à Napoléon le Banquet d’Ordre, avec ses « chargez et alignez », et ses folkloriques « canons », « drapeaux », « poudre noire ou blanche » et autres « feu ! », alors qu’on trouve ce vocabulaire d’artilleurs dans des rituels bien antérieurs.
Mais on ne dit rien sur le contenu de ces agapes. Que fallait-il manger et boire ? Certains rituels précisent qu’il s’agit d’un repas « frugal » et Anderson incitait lui aussi à la modération. On trouve ainsi, dans le chapitre « De la Tenue » des Constitutions de 1723, à l’article Quand la LOGE est fermée et que les Frères ne sont pas partis : « On peut s’amuser d’une Gaieté innocente en se traitant mutuellement selon ses Moyens ; mais il faut éviter tous Excès, ne forcer aucun Frère à manger ou à boire au-delà de son Goût […] : cela détruirait notre Harmonie, et ferait échouer nos louables Desseins. »
Voici donc quelques préceptes, tels qu’ils furent traduits en français rimé par Bleusen de la Martinière en ce début du XVIIIe siècle où la Maçonnerie entre dans le royaume de France.
Préceptes généraux de la santé
Au Roi d’Angleterre, Salut.
Toute l’École de Salerne
En ce court écrit a pour but
De lui tracer comment il faut qu’il se gouverne
S’il veut se garantir de toute infirmité,
Et vivre en parfaite santé.
Buvez peu de vin pur ; le soir ne mangez guère ;
Faites de l’exercice après chaque repas.
Dormir sur le dîner, c’est l’usage ordinaire,
Toutefois ne le suivez pas.
Quand vous sentez que la Nature
Veut vous débarrasser d’une matière impure,
Écoutez ses Conseils ; secondez ses Efforts :
Loin de vous retenir, vite de cette ordure,
Le plus tôt qu’il se peut, délivrez votre Corps.
Fuyez les soins fâcheux, par eux le sang s’altère ;
Comme un poison funeste évitez la colère.
En observant ces points, comptez que de vos jours
Un régime prudent prolongera le cours.
Cette adresse au Roi d’Angleterre, peut nous faire penser que les membres de la Royal Society, dont Desaguliers, connurent ces préceptes lorsqu’ils rédigèrent leurs Constitutions. Voici le conseil suivant :
Moyens de se passer de médecin
S’il n’est nul Médecin près de votre Personne,
Qui dans l’occasion puisse être consulté ;
En voici trois que l’on vous donne :
Un fonds de Belle-Humeur, un Repos limité,
Et surtout la sobriété.
Concernant la boisson, précisément, les choses sont moins simples.
Quant au Vin ; sur le choix, voici notre doctrine :
Buvez-en peu ; mais qu’il soit bon.
Le bon Vin sert de Médecine,
Le mauvais vin est un poison.
Point de Vins frelatés, ils gâtent la poitrine :
Un Vin frais, naturel, pétillant, gracieux,
Doit flatter le palais, l’odorat et les yeux.
Et l’auteur d’ajouter :
Le Vin bourru chatouille, on le boit avec joie ;
Il engraisse, il est nourrissant.
Mais craignez qu’il n’opile ou la rate ou le foie,
Par le trop long séjour qu’il y fait en passant.
D’un Vin blanc, clair, fin, le mérite
Consiste en ce qu’il passe vite.
Beaucoup plus lent en ses progrès,
Le Vin rouge bu par excès,
Porte un suc astringent au ventre qu’il resserre ;
Il le rend dur comme la pierre ;
Et c’est de toutes les boissons
Celle qui d’une voix gâte plutôt les sons.
Et un dernier Aphorisme qui se passe de commentaires :
Remède pour ceux qui ont trop bu de vin au souper.
Si, pour avoir trop bu la veille,
Votre estomac est dérangé,
Ayez dès le matin recours à la bouteille,
Vous serez bientôt soulagé ;
Par ce remède bien purgé,
Aux maux de cœur, aux maux de tête,
Vous donnerez un prompt congé, En prenant du poil de la bête.
Révéler la beauté de l’esprit humain », telle est la devise de l’Institut maçonnique des Beaux-Arts ?
Mais quelle est sa mission exacte ?
L’Institut Maçonnique des Beaux-Arts (IMBA) – en américain Masonic Institute of Fine Arts (MIFA) – est une institution qui cherche à promouvoir la compréhension des arts créatifs – principalement la poésie, la musique et les arts visuels – dans un cadre maçonnique. En prévision d’une nouvelle ère de conscience, nous nous efforçons de susciter une renaissance des arts créatifs qui glorifiera les valeurs culturelles et la conscience humaine.
Alors que l’humanité se trouve au seuil d’une période unique de l’histoire, IMBA reconnaît que notre monde moderne est en même temps souvent plein de difficultés et de dangers. Nous embrassons l’idée que les défis d’aujourd’hui peuvent être atténués par l’étincelle d’inspiration et d’espoir que seuls les arts créatifs peuvent offrir. Le but de l’Institut maçonnique des beaux-arts est donc d’attirer les personnes qui s’efforcent de travailler ensemble pour produire la lumière de la beauté dans le monde et, ce faisant, de trouver leur propre étincelle créative de vérité.
L’Institut maçonnique des Beaux-Arts est une institution dédiée à l’embellissement de l’humanité à travers l’expression des Beaux-Arts. En encourageant la créativité innée présente dans chaque esprit humain, il cherche à exprimer la lumière de la beauté pour élever la vie spirituelle de l’humanité.
Nicholas Roerich vers 1940-1947.
Nous accueillons, encourageons et nourrissons tous les individus en leur offrant une communauté dynamique qui change leur vie et leur permet de découvrir et d’exprimer l’artiste divin qui est en eux. Le grand artiste et visionnaire symboliste russe Nicholas Roerich (1874-1947) l’a bien dit :
« L’art unifiera toute l’humanité. L’art est un – indivisible. L’art a de nombreuses branches, mais toutes ne font qu’un. L’art est la manifestation de la synthèse à venir. L’art est pour tous. »
L’Institut Maçonnique des Beaux-Arts est essentiellement un projet culturel de groupe, né de la conviction que l’humanité a besoin d’un plus grand nombre d’artistes formés aux aspects les plus profonds du travail créatif. Par conséquent, notre objectif est d’atteindre et de soutenir ceux qui s’engagent à dépasser la vision banale de l’art pour s’engager dans une perspective plus divine.
L’Ordre de la Mouche à Miel fut institué dans le château de Sceaux, le 11 juin 1703, par la duchesse du Maine.
Née Anne Louise Bénédicte de Bourbon-Condé, Mademoiselle d’Enghien, puis Mademoiselle de Charolais, petite-fille du Grand Condé, cette noble de haut rang était devenue duchesse du Maine en épousant à Versailles, le 19 mars 1692, le fils de Louis XIV et de Madame de Montespan, Louis Auguste de Bourbon, duc du Maine, duc d’Aumale, prince souverain des Dombes, comte d’Eu. Elle avait 24 ans en 1700 lorsque son riche mari avait racheté le château de Sceaux aux héritiers du marquis de Seignelay.
La duchesse était donc fort riche, pleine d’esprit et, ma foi, encore jeune et plutôt jolie. Son duc de mari, colonel général des Suisses et des Grisons, chevalier du Saint Esprit et grand maître de l’artillerie, avait fort à faire pour s’imposer face aux ambitions du duc d’Orléans au trône de France. Aussi laissait-il à sa femme le soin d’animer le château et d’assembler auprès d’elle une véritable cour. Ce n’étaient que festins, bals et soirées sous les prétextes les plus variés.
Pour resserrer son cercle, elle avait eu l’idée de créer l’ « Ordre de la Mouche à miel » quelque trois ans après l’acquisition de Sceaux. De petite taille, semble-t-il, elle avait choisi pour devise, le jour de son mariage, une formule empruntée à l’Aminta du Tasse, pièce de théâtre de 1573 : « Piccola si ma fa più gravi le ferite » c’est-à-dire : petites, oui, mais les blessures en sont plus graves, ce qu’un poète de cour, Malézieux, avait traduit immédiatement en vers :
L’abeille, petit animal,
Fait de grandes blessures,
Craignez son aiguillon fatal,
Évitez ses piqûres,
Fuyez, si vous pouvez, les traits
Qui partent de sa bouche ;
Elle pique et s’envole après,
C’est une fine mouche. »
Se traitant elle-même de « fine mouche », la duchesse avait choisi ce nom pour son « ordre » de fantaisie et l’avait lié au miel, car elle se savait attirante… L’Ordre figurait au nombre des amusements de la petite cour formée à Sceaux.
Cette « société » avait clairement pour vocation de parodier les grands Ordres de Chevalerie. Elle ne pouvait avoir que trente-neuf membres, essentiellement des gens de lettres et des savants comme Madame de Staël, Voltaire ou Fontenelle, qui se livraient aux caprices de la duchesse et aux jeux d’esprit imposés.
Le signe d’appartenance à l’ordre était une médaille qui devait être portée sur l’habit. Elle est très recherchée aujourd’hui par les collectionneurs. Côté face était gravée le profil de la duchesse, et au revers, une abeille se dirigeant vers une ruche avec la fameuse devise Piccolti ma fa pur gravi le ferite.
Ordre de la Mouche à Miel, médaille en argent par Henri Roussel, au profil droit de la duchesse du Maine, ceint d’une légende composée des lettres initiales signifiant “Louise BARonne de SCeaux Dictatrice Perpétuelle De L’Ordre De La Mouche A Miel”, sur le revers une abeille volant vers une ruche entourée de la légende “Piccola si. ma fa pur gravi le ferite – 1703”, poinçon de la Monnaie de Paris, diamètre: 29,5 mm.
L’aspirant chevalier à cet ordre prononçait un serment constitué de 7 vœux, tous plus incongrus les uns que les autres, mais non sans y sous-entendre à chaque fois une soumission toujours plus forte à la Dictatrice. « Il n’y a ici ni madame du Maine ni Altesse, il y a la belle fée Ludovise, la reine des Abeilles, à laquelle chacun doit obéir aveuglément. » – écrit Alexandre Dumas dans Le Chevalier d’Harmental.
Voici quelques extraits du serment :
Art 2. : Vous jurez de vous trouver dans le palais enchanté de Sceaux […] sans même que vous puissiez vous excuser sous prétexte de quelque incommodité légère comme goutte, excès de pituite ou gale de Bourgogne.
Art. 3. : Vous jurez […] de ne point quitter la danse si cela vous est ainsi ordonné que vos habits ne soient percés de sueur et que l’écume ne vous en vienne à la bouche.
La tyrannique duchesse imposait à ses courtisans une loi sévère, celle de ne pouvoir la quitter sans sa permission, ce qu’elle n’accordait pas toujours d’ailleurs. Parfois, elle distribuait des punitions.
Ainsi Voltaire fut-il condamné à composer une énigme pour racheter un gage. Il improvisa aussitôt celle-ci, preuve de son exceptionnel talent :
« Cinq voyelles une consonne En français composent mon nom Et je porte sur ma personne De quoi l’écrire sans crayon. »
Vous avez trouvé ? Eh bien il s’agit tout simplement d’ « oiseau » dont la plume servait à écrire, une fois taillée.
Nous sommes là bien avant la naissance de la Franc-maçonnerie en tant que structure obédientielle. Or le terme d’Ordre apparaît déjà, associé à la chevalerie tout en la parodiant. Ce n’était pas neuf. Cervantes l’avait fait un siècle avant avec son Quichotte publié en 1605. Ici, la notion monastique d’ordre, unie à la Chevalerie, est indéniablement liée à l’environnement social d’une époque. Il s’agissait, en fait, d’un jeu de société qui s’appuie sur la chevalerie devenue légendaire pour meubler l’oisiveté. L’imagination combattait la rareté des loisirs et l’Ordre n’était rien d’autre qu’un prétexte à agapes et à émulation intellectuelle.
Tout rapprochement avec nos structures ne saurait être que le fait du lecteur…
Une très belle rencontre interobédientielle sur une passionnante thématique.
La question « Y a-t-il un Grand Architecte de l’Univers ? » est profonde et touche à la fois à la philosophie, à la théologie, et aux croyances personnelles. Elle fait référence à l’idée qu’il pourrait exister une entité ou une force supérieure responsable de la création et de l’ordre de l’univers.
En effet, d’un point de vue théologique et dans de nombreuses religions, l’idée d’un créateur ou d’un architecte divin est centrale. Par exemple, dans le christianisme, l’islam et le judaïsme, Dieu est souvent vu comme le créateur de l’univers. Chaque religion a sa propre interprétation de cette entité.
Quant aux philosophes tels que Platon et Aristote, ils ont aussi discuté de l’existence d’un premier moteur ou d’une cause première, qui pourrait être assimilée à un grand architecte. Cependant, la philosophie ne se limite pas à une seule vision et explore diverses perspectives sur l’existence ou la non-existence d’un tel architecte.
Pour la science, basée sur l’observation et l’expérimentation, cette dernière ne se prononce pas directement sur l’existence d’un grand architecte, car cela relève de croyances ou de spéculations qui ne sont pas mesurables ni testables selon les méthodes scientifiques.
Enfin, la question de l’existence et/ou de la croyance en un Grand Architecte de l’Univers (GAU) est également centrale dans l’art royal, bien que son interprétation puisse varier d’une grande loge/obédience à l’autre, voire d’un maçon à l’autre au sein d’une même loge.
Dans la franc-maçonnerie, le Grand Architecte de l’Univers est un symbole utilisé pour représenter une force supérieure ou un principe créateur. Il sert de point de référence commun pour les membres de différentes confessions religieuses ou croyances spirituelles.
À part les grandes loges dites « régulières et de tradition » qui réclament la croyance en Dieu. Ainsi l’édicte les « Basic Principles » anglais de 1929 en son point n° 2 « Que la croyance en le GADLU et en Sa volonté révélée soient une condition essentielle de l’admission des membres », la franc-maçonnerie n’impose pas une interprétation spécifique du Grand Architecte. Cela signifie que les maçons sont libres d’interpréter ce concept à travers le prisme de leur propre foi ou croyance personnelle.
Rappelons que la notion de GADLU est conçue pour encourager la tolérance et la compréhension entre les maçons de différentes origines et croyances. Cela permet une certaine unité au sein de la diversité. Cette notion peut être utilisé aussi, dans les rituels et les enseignements maçonniques, comme un outil symbolique pour transmettre des leçons morales et éthiques, et pour rappeler l’importance de l’ordre, de la structure et de la moralité dans la vie.
Finalement, le Grand Architecte de l’Univers peut être compris comme un symbole permettant une large interprétation et visant à unir les membres de différentes croyances autour d’une conception partagée du divin ou d’une force créatrice suprême.
Venez très nombreux afin d’en savoir plus ! Un très beau sujet qui invite à la réflexion…
Les intervenants :
– Pour le Grand Orient de France : le lyonnais Michel König, diplômé d’études supérieures de Doctorat en Sciences Économiques et diplômé de Sciences Politiques. Initié en 1971, il est toujours actif. Membre du 5e Ordre, il a participé à la renaissance du Grand Chapitre Général du Rite Français du GODF.
Il a écrit de nombreux ouvrages dont Le GADL’U-La franc-maçonnerie « moderne » fille des Lumières, 1ome 1, préfacé par Alain Bauer et Le GADL’U-Le Grand Architecte ET l’Univers, tome 2, préfacé par Philippe Guglielmi, tous deux publiés en 2016 chez Conform édition, collection Pollen maçonnique ;
– Pour le Droit Humain : Patrick Bolle, membre du Consistoire Thémis Angerona de la région 11 ;
– Pour la Grande Loge de France : Marc Henry, grand maître de 2012 à 2015 ;
– Pour la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra : Bernard Bey, psychanalyste et Conseiller régional de l’Ordre ;
– Pour la Grande Loge Féminine de France : Catherine Quentin, très illustre sœur grande secrétaire du Suprême Conseil Féminin de France ;
– Pour la Grande Loge Nationale Française, Jean-Louis Duquesnoy, grand prieur – grand maître national du Grand Prieuré Rectifié de France de 2012 à 2016.
À propos des Amphis VDR
Le groupe privé Les Amphis VDR – VDR pour Vallée du Rhône – est un espace privilégié où règne la paix, l’harmonie et la concorde. Le respect des règles, cher à la Franc-Maçonnerie, est scrupuleusement observé. Les Amphis VDR est un lieu de recherche artistique, spirituelle, intellectuelle, respectant les croyances de chacun et excluant tout débat d’ordre politique. Nous offrons ici une vitrine spirituelle dans le respect des anciens Landmarks, us et coutumes.
Les Amphis VDR animent, depuis plus de 12 ans déjà, à Rillieux-la-Pape en proche banlieue lyonnaise, un cycle de conférences, « Les Sentiers Initiatiques » ouvertes à tous regroupant un très large public de francs-maçons et de franc-maçonnes représentant la pluralité des obédiences Françaises.
Infos pratiques
Les Amphis VDR , temple GLNF 140 avenue de l’Industrie – 69140 Rillieux-la-Pape
De notre confrère francetvinfo.fr – Par Gérard Feldzer de Radio France
Voici le moment de déguster la traditionnelle galette des rois, dont l’histoire remonte aux rois mages, qui furent guidés par l’étoile du Berger, pour se rendre en Galilée. Une occasion pour parler de la navigation astronomique.
Une interrogation m’a toujours habité depuis qu’on m’a enseigné le catéchisme, a-t-elle vraiment existé cette étoile du Berger ?
Depuis l’Antiquité , l’homme se sert des astres pour s’orienter ne serait-ce qu’avec le soleil qui passe d’Est en Ouest. Puis est arrivée la boussole, qu’on retrouve dans la littérature chinoise, environ 300 ans avant Jésus Christ, mais qui ne servait pas encore pour la navigation.
Alors pour savoir si les rois mages ont été guidés par cette fameuse étoile, je suis allé au planétarium du Palais de la Découverte à Paris, où l’on peut reconstituer le ciel étoilé de cette époque , Pour Denis Savoie , responsable du planétarium du Palais de la Découverte, il existe trois hypothèses :
-Il s’agissait peut être d’une étoile nova, c’est à dire une étoile nouvelle qui serait apparue d’un seul coup au-dessus de la crèche ; -une autre hypothèse pourrait être une comète mais nous n’avons aucune indication venant confirmer ces deux options. Nous avons donc refait des calculs et on s’est aperçu qu’il y avait eu une conjonction entre Jupiter et Vénus en 2 avant JC, c’est à dire que les deux planètes se seraient alignées à la verticale, indiquant une direction « ,
Avant de vouloir les atteindre, l’homme s’est longtemps laissé guider par les étoiles. Au cœur du désert, elles sont autant d’indices essentiels permettant de se repérer. Mohammed Ixa , touareg au Niger, président de l’Association « Tidène les puits du désert« , utilise aujourd’hui le GPS mais il n’oublie pas que les étoiles, elles, ne tombent jamais en panne : « Tout au long de la journée, on peut s’orienter grâce au soleil, et la nuit, on se déplace avec les étoiles. L’étoile du Nord est la plus importante selon moi car c’est la seule qui ne bouge pas du tout, du lever au coucher du soleil. »
Depuis la Terre, la mer, et même dans l’espace, les étoiles demeurent, à l’heure actuelle, des outils de navigation fiables, qui, dans certaines situations, sont même les seuls à disposition de l’homme pour se diriger : lorsqu’alors j’étais pilote sur Boeing 747, on pratiquait encore dans les années 80, la navigation astronomique, notamment sur les routes polaires. On faisait le point aux étoiles en glissant un sextant à travers un trou aménagé dans le plafond des avions. J’étais très étonné de la précision – inférieure à 3 kilomètres – alors que nous volions à plus de 800 kilomètres-heure.
Aujourd’hui les GPS ne sont pas autre chose que des étoiles artificielles, et la navigation astronomique est toujours utilisée, notamment pour l’exploration spatiale :
« Quand on partira vers Mars, un vaisseau spatial ne verra rien d’autre que le Soleil et les étoiles. Les étoiles sont donc indispensables quand on n’a pas d’autres références, » explique Jean-François Clervoy , astronaute.
Les astres sont tellement importants que l’homme en crée des artificiels, les satellites, qui, placés sur orbites, permettent de se positionner sur Terre avec une précision de quelques centimètres. Mais jusqu’à quel point doit-on se fier à ces nouvelles technologies ? Il semblerait parfois qu’elles brouillent nos pistes, jusque dans notre cerveau…
En effet, une région de notre cerveau, appelée hippocampe, joue un rôle central dans la mémoire et la navigation spatiale. C’est elle qui nous permet de mémoriser des itinéraires, mais à condition de s’en servir ! A force de ne plus regarder de carte et de ne plus mémoriser son itinéraire, notre hippocampe se met en veille. Si les chercheurs se sont intéressés à l’hippocampe, c’est que cette cinquième circonvolution temporale de notre cerveau joue un rôle primordial dans les processus de mémorisation et de l’orientation spatiale.
Une autre étude avait déjà montré que l’hippocampe des chauffeurs de taxis à Londres, une ville énorme et complexe en matière de circulation, était plus développé que celui de la moyenne de la population. Or, ces chauffeurs n’utilisaient pas de GPS pour naviguer dans la City !
En suivant aveuglément le GPS, non seulement l’être humain atrophie son sens de l’orientation, mais cet outil provoque également de nombreux accidents, en menant l’automobiliste sur une route à contre-sens, au fond d’un lac, voire même dans une grange ou une église…
Mon coup de cœur de cette semaine est dédié à un savant nommé Eratosthène, qui avait calculé la circonférence de la terre il y a plus de deux mille ans. Deux ans avant Jésus-Christ, ce génie avait remarqué, chez lui, à Assouan en Egypte qu’une fois par an le 21 Juin, le fond de son puit était entièrement éclairé par le soleil. Il en déduisit que notre astre était donc « pile poil » à la verticale.
Alors il demanda à un de ses adjoints qui travaillait comme lui à la fameuse bibliothèque d’Alexandrie de mesurer au même moment l’angle de l’ombre que faisait le phare avec le soleil et ça lui donnait un angle d’environ 7 degré. Il ne lui restait plus qu’à mesurer la distance d’Assouan à Alexandrie.
Comment a-t-il fait ? Et bien à cette époque, il fallait cinquante jours à dos de chameau. Sachant qu’il parcourt 100 stades par jour, c’est l’unité de mesure de l’époque, donc environ 15 kilomètres. Ça fait en gros 800 kms en ligne droite. Une simple règle de trois pour passer des 7 degrés mesurés à 360° et ça vous donne le tour de la terre….de la trigonométrie qu’un gamin de classe de 3ème saurait faire aujourd’hui. Mais à l’époque il fallait être un génie comme Erathostène , qui – le bougre ! – avait calculé 39.500 kms, soit avec une précision de un centième, ça rend modeste !
Les outils maçonniques n’ont jamais été prévus pour ça. Il faudrait peut-être aller en chercher d’autres, chez les jardiniers ? Pour autant, ce sont les nôtres, ces outils et nous sommes habitués à travailler avec. Peuvent-ils nous aider à comprendre quelque chose à l’écologie ?
Apprentis, ils nous ont servi à dégrossir la pierre. A enlever la gangue, toute la matière sédimentée, incrustée qui entoure la pierre brute et empêche d’y accéder. De même, il va falloir se débarrasser de tout ce qu’on a entendu sur l’écologie et qui nous en éloigne : les critiques de bonne ou de mauvaise foi, les préjugés, les idées fausses, les délires, les bêtises, tout ce qui a pu être dit sur l’écologie depuis des décennies, tout ce qui a formé chez nous une vision assez négative d’elle. Peut-on réellement comprendre une pensée en se basant uniquement sur ceux qui la critiquent ? C’est comme si on essayait de connaître la franc-maçonnerie en consultant des sites conspirationnistes. Donc, se débarrasser de cela : les idées négatives qui viennent de ses détracteurs. Mais aussi celles qui viennent de son propre camp. Tout ce que les écologistes eux-mêmes ont produit et qui joue le rôle d’un formidable repoussoir : les discours moralisateurs, les mises en accusation permanentes, les procès en tous genres, les inquisitions contre ceux qui ne sont jamais assez verts, jamais assez purs, jamais assez écolos. Laisser tomber cette gangue et se retrouver enfin devant ce qu’est peut-être l’écologie au point de départ comme science de la nature. Nous la verrons comme une pierre nue, sans forme particulière, une matière brute, prima matera.
Toujours avec le ciseau et le maillet, mais déjà avec l’équerre aussi, lui donner une forme. Elle sera carrée, bien sûr. Car il s’agit de la Terre. La Terre est bleue comme une orange, mais symboliquement, c’est la forme carrée qui la représente. La pensée, la connaissance à propos de la Terre sont carrées, il leur faut de la rigueur et aussi de la rectitude. Un carré au cube, en trois dimensions, douze arêtes et six faces. Si nous taillons bien cette pierre, elle aura une forme volumétrique parfaitement équilibrée, aucune partie ne dominera les autres, le centre de gravité se trouvera au centre exact de la figure. Alors que va-t-on trouver sur chacune des faces ? Ici on aurait pu reprendre ce que dit la tradition à propos de pierre cubique et de ce qui est censé y être gravé. Mais on a entrepris de faire autre chose, de parler d’écologie, de tailler une autre pierre que la pierre traditionnelle, il ne s’agit pas de (re)construire le temple de Salomon. Si on taille la pierre de l’écologie,elle va nous dire des choses que peut-être on connaît déjà et d’autres auxquelles on ne s’attend pas.
Sur la première des faces latérales on gravera : les 5 sens. Parce que ce sont nos sens qui nous permettent d’entrer en contact avec le réel, avec la matière, et donc avec la nature. Et d’abord : les mains. Du moins, c’était le cas chez les tailleurs de pierre dont nous nous réclamons, c’était le cas chez les jardiniers et chez les paysans. Nos grands-pères étaient des fils de paysans, pas nous. Nous avons perdu ce contact. Dans la France du début du XXème siècle, la moitié de la population française était rurale, au milieu du XIXème c’était trois sur quatre, aujourd’hui moins d’un quart (18,5%). L’urbanisation qui s’est accentuée entre les deux guerres nous a fait perdre le contact avec la nature, avec la terre, les végétaux, les animaux, avec le rythme des saisons, avec la vie des autres espèces vivantes. Nous habitons dans des espaces urbains artificialisés. Dans nos villes l’essentiel de nos activités relève du tertiaire, nous ne travaillons plus directement la matière. Nous regardons le monde à travers les écrans. Les écrans représentent le monde mais également ils le masquent, ils font écran. Nous finissons par confondre le monde avec les images que nous nous en faisons. Sur nos écrans il n’y a que de l’image, pas d’odorat, pas de goût, pas de toucher. C’est du sans contact. Or, c’est par les sens que nous retrouvons le contact avec la nature, et par là même avec notre propre nature biologique. C’est par la vue, le toucher, l’écoute, l’odorat, et le goût. La première face est celle de la perception.
La deuxième face sera gravée au nom de la Science. Car pour comprendre l’écologie, il va falloir trier ce qui relève de sa juridiction. Et pas du dogme, ni de l’idéologie, et pas non plus des batailles d’arguments que s’envoient à la tête les Pour et les Contre, pris dans des luttes d’influences. Comme Montaigne, on va se demander : Que sais-je ? A propos du réchauffement climatique, à propos de l’effondrement du vivant, à propos des pollutions diverses et des bouleversements des conditions de vie sur terre? Qu’est-ce qu’on peut tenir pour vrai ? Ce n’est pas si difficile que ça de faire le tri, encore faut-il s’en tenir à une approche rigoureuse, basée sur la Raison et sur la méthode scientifique. Nos ancêtres avaient commencé par là : la science, pour construire l’humanisme du XVIè siècle. La science nous dit, depuis James Lovelock et l’Hypothèse Gaïa, que les conditions de vie sur Terre, la salinité de l’eau, la composition de l’air que nous respirons, ne sont pas des données constantes composant l’environnement dans lequel nous évoluons, mais qu’elles sont produites et régulées depuis 3,8 milliards d’années par les êtres vivants qui ont émergé. Régulées..et dérégulées depuis les débuts de l’ère industrielle et l’entrée dans l’Anthropocène. Sur la deuxième face, donc : la Science, gouvernée par la Raison. Les francs maçons connaissent bien ce principe : avant de commencer à réfléchir à une question, il faut commencer par l’étudier.
La troisième face sera gravée au nom des Arts. Notamment les Arts Mécaniques qui relèvent à la fois de l’artisan et de l’artiste. Dans notre tradition, l’architecte n’est pas seulement celui qui imagine et conçoit l’édifice mais aussi celui qui le bâtit, dessinateur et maître de chantier. Or les défis que nous lancent l’écologie nous poussent à construire un monde différent de celui-ci, nous aurons besoin d’ouvriers et d’architectes. Mais nous ferons aussi appel aux Arts Libéraux, ceux du Langage et ceux des Nombres, pour imaginer ce monde autrement, nous aurons besoin de poètes, de plasticiens, de musiciens…. Les artistes voient plus vite et plus loin que les ingénieurs. C’est l’imagination qui nous sortira le de la peur de Réel, de l’éco-anxiété et nous permettra de nous projeter vers un nouvel avenir possible. La troisième face est celle du génie créateur.
La quatrième face sera dédiée à l’Humanité, mais une humanité renouvelée. Une qui aura compris, grâce à sa perception du Réel, grâce à la Science, grâce aux Arts, que le monde n’est pas composé d’objets qui lui sont extérieurs, qu’elle n’est pas un cas à part du Vivant, mais que toutes choses se tiennent et qu’elle est prise dans un continuum, dans un réseau de dépendances dont il lui est impossible de s‘extraire comme le pense Bruno Latour dans Où Atterrir ? Elle doit s’interroger sur le rôle qu’elle joue. L’Humanité produit ses propres conditions d’existence…ou les détruit. Et ces conditions sont les mêmes que pour les autres espèces. Ce qui lui donne de nouvelles responsabilités et appelle de nouvelles pratiques : “Tu es responsable de ta rose” comme on dit : “Tu es responsable de ton frère”. Au XVIè siècle l’Humanité a pris conscience d’elle-même, au XXIè elle étend cette conscience au reste du Vivant. La quatrième face est celle d’une Humanité consciente, celle d’un nouvel humanisme.
Reste la face supérieure du cube. On la verra en forme de pointe, de pyramidon. Le pyramidon posé sur le cube permet de reprendre la thématique de chacune des faces et de les porter vers le haut : Les 5 sens, La Science, Les Arts, L’Humanité. Selon qu’on retiendra l’hypothèse d’un Grand Architecte, alors, dans la tradition Kabbalistique on pourra considérer que la pointe de la pyramide est celle par laquelle passe le souffle initial, le souffle vient du haut vers le bas, il inspire l’existence des Hommes. On bien au contraire on pourra considérer qu’il remonte du bas vers le haut, toujours sur le pilier de la conscience, que c’est par cette voie que passent les aspirations des humains vers quelque chose de plus grand qu’eux, un idéal qui les dépasse, une étoile plus loin que leur regard, un point, un minuscule point au regard de l’immensité de l’Univers, mais qui donne du sens à l’aventure humaine.
Qu’y a-t-il sur la face cachée du cube, la sixième ? Par définition, on ne le saura pas puisqu’elle est cachée. C’est sur cette face, sur la base, que toutes les autres peuvent se projeter, toutes les paroles qui concernent l’écologie et qui auront été obtenues en utilisant une méthode maçonnique : celle de tailler la pierre. Bien sûr, d’une personne à l’autre, les résultats seront très différents. Chacun n’aura pas la même approche ni le même regard. Mais l’intérêt de l’exercice est uniquement de montrer que nos outils et symboles sont suffisamment souples et ouverts pour qu’on puisse aussi les interroger sur l’écologie.
C’est à la rencontre du bas et du haut de la terre et du ciel que s’est, en tout temps, structurée la puissance du vivre-ensemble. Puissance naturelle, donc, toute en variété et transformation, s’actualisant dans le devenir culturel. Une métaphore géologique traduirait bien cela : ces « ophiolites », stricto sensu serpents de pierre, désignant l’ensemble stratifié de roches magnétiques. Ou pour le dire en un terme propre à la science de l’homme : habitus, par lequel St Thomas d’Aquin qualifiait la relation existant entre un lieu, un habit et des habitudes. En d’autres termes, culturalisation de la nature et naturalisation de la culture.
Tout cela pour rappeler que sans polémique excessive, il faut manifester un dégoût décidé vis-à-vis de tous ceux célébrant, sans discernement, les idées convenues. Et qui, du coup, ne sont pas à même de saisir que la vie courante, empiriquement se fonde sur les rapports secrets et signifiants s’établissant entre tous les éléments d’un Réel polysémique. Holisme permettant de comprendre cette harmonie d’ensemble que l’on nomme cosmos.
Le principe de tout est dans la relation. Dans la coïncidence des choses et des gens faisant de la vie ce qu’elle est. Être relié, être en relation, voilà bien la poésie éparse donnant tout son sel au donné mondain. C’est cela même qui constitue cet émotionnel indéfini dans lequel tout un chacun se sent de plain-pied avec ce qui l’entoure. D’où la nécessité de saisir ces croisements qui sont comme autant de hiéroglyphes qu’il convient de déchiffrer.
Cette « reliance » fondamentale, c’est-à-dire ce désir d’être avec et d’être en confiance se retrouve avec constance, tout au long des histoires humaines, dans toutes les associations faisant de la fraternité l’élément moteur du vivre-ensemble. Reliance ! Ce néologisme permet de comprendre la complexité ou l’entièreté humaine à partir du partage des affects. N’est-ce point cela cette affectio societatis d’antique mémoire ?
Des hétairies grecques à la Franc-maçonnerie contemporaine, en passant par les différentes gnoses et autres cultes à mystères, la liste est longue de toutes ces sociétés secrètes qui firent fond sur le lien étroit existant entre l’invisible et le visible, l’immatériel et le matériel. Montrant ainsi la correspondance existant entre les hauteurs célestes et les parties obscures de la conscience collective. Relation permettant, au travers du sentiment d’appartenance, d’être à la hauteur du quotidien.
C’est parce qu’elle a su saisir où se nouaient les rapports secrets d’une telle reliance que la Franc-maçonnerie a pu, au XVIIIe , être en phase avec l’esprit des temps modernes. Ce qui lui permit, tout au long du XIXe siècle, d’avoir une indéniable performativité et d’exercer une réelle influence sur le devenir social. Très précisément en ce qu’elle sut mettre en musique les points nodaux où s’articulaient les lames de fond animant la société.
Ainsi, avec la sensibilité hétérodoxe, cœur battant de la maçonnerie authentique, elle s’opposa aux dogmatismes institutionnels, privilégiant l’éducation individualiste, le rationalisme, et le progressisme (progrès infini). On a là le tripode fondateur d’un contrat social aboutissant à la conception d’une République Une et Indivisible. Mais voilà, dans les métamorphoses propres à l’humanité, ces valeurs sociales ont fait leur temps. Elles se sont, peu à peu, saturées. Par usure, d’instituantes elles sont devenues instituées. Et du coup, elles fatiguent et ne sont plus attractives !
D’où la nécessité de savoir mettre en musique l’hétérodoxie d’une autre manière afin de repérer les formes que prend l’imaginaire postmoderne. Car c’est bien cela dont il s’agit : repérer la vie cachée et secrète qui est le fond (le fonds) des sociétés contemporaines. Démarche exigeante, n’autorisant plus à être un Don Quichotte, ce « chevalier à la triste figure », luttant contre des moulins à vent, mais bien au contraire, en référence à la Tradition, savoir lire, c’est-à-dire déchiffrer ou épeler la rhétorique sociale du moment. Ce qui est, et non ce que l’on aimerait qui soit !
Est-ce paradoxal ? Pas forcément, car la sagesse ésotérique existe. Et revenir aux racines, être ce que dans les Arts poétiques Horace nomme un « laudator temporis acti »[1], c’est faire preuve de radicalité. Et, ainsi assuré, éviter les facilités du verbiage, les délices désuets de l’opinion, ou la doucereuse sentimentalité, qui sont les caractéristiques essentielles de la vilenie contemporaine. Vilénie ne manquant pas de contaminer la maçonnerie en la confondant avec un parti politique. Maçonnerie se contentant de produire des planches « sociétales » à connotation socialiste !
Mais la Maçonnerie de tradition a quelques clefs permettant d’accéder au secret propre au chemin de pensée ésotérique. Elle peut, par la fidélité aux racines donner quelques indications pour entreprendre la quête toujours renouvelée de ce qui est. J’appelle cela l’enracinement dynamique. En la matière, ne plus réduire l’autre au même, mais bien savoir exhausser l’altérité : l’autre de la communauté, l’autre de la nature, ou l’Autre de la déité .
C’est-à-dire repérer qu’un autre tripode est là, déjà, à l’œuvre dans la société officieuse. Et qu’il convient donc de l’accompagner. Ne serait-ce que pour lui faire donner le meilleur de lui-même.
En la matière, revenant aux racines, repérer l’appétence pour l’initiation, montrer que cela se fait en fonction de l’émotionnel, et ce, en usant d’une philosophie progressive. Dès lors, la res publica est diverse. La mosaïque en est l’illustration achevée qui cohére les différences en les laissant être ce qu’elles sont. Voilà l’intemporel trésor des sociétés secrètes. Voilà en quoi, prenant ses assises à partir de ses racines, la Franc-maçonnerie sera en phase avec l’esprit du temps et pourra redevenir le centre de l’union qui est son essentielle vocation.
Pourquoi parler de démarche ésotérique ? Sinon parce que dans le balancement des histoires humaines, au régime diurne de l’imaginaire, succède un régime nocturne (Gilbert Durand).
Et, en ces époques, la postmodernité est du nombre, où prévaut le clair-obscur de l’existence, alors renaît le goût des sensations de l’âme. Donc, celui du mystère. Une phrase de Balzac, dans son romain « Louis Lambert » pourrait nous aider à comprendre cela : « Abyssus abyssum – Notre esprit est un abîme qui se plait dans les abîmes ».
L’impératif des Lumières, dont la dynamique fut impérieuse et, en son temps, salutaire, s’achève en eau de boudin : l’idéologie de la transparence. D’où, en compensation, d’une manière diffuse, l’appétence pour ce qui est caché, voilé. Ne sont-elles pas belles ces fleurs en bouton dont on attend l’efflorescence ? Et dans l’amour les plus doux aveux ne se font-ils pas dans le secret ? Les choses cachées ne manquent pas d’attrait. « Oh nuit, comme il est doux ton mystère ». Et le mystère est cela même qui unit des initiés entre eux.
Allons plus loin. L’indéniable apport de la psychanalyse, dont Freud a jeté les bases, et celui de la psychologie des profondeurs que l’on doit à C.G. Jung, reposent, justement, sur la nécessité de prendre en compte, à côté de la pure raison, ce non rationnel à l’œuvre dans la vie individuelle et collective. Ce qui apparaît de l’iceberg n’étant qu’une toute petite partie d’un ensemble plus vaste.
L’instant obscur, la part maudite, le rôle de l’ombre. Voilà ce qu’est la démarche initiatique. Ce dont la maçonnerie de tradition recherche, toujours et à nouveau l’arcane et qui est au cœur même de l’inconscient collectif contemporain. Il est frappant de voir combien l’exigence intellectuelle du moment est totalement indifférente aux certitudes proposées par les grands systèmes élaborés lors de la modernité. Comme l’a rappelé le philosophe J.F. Lyotard, la postmodernité est bien « la fin des grands récits de référence ».
Et du coup, l’on revient, empiriquement, au rôle que joue l’initiation dans la nécessaire socialisation des énergies juvéniles. A l’importance de l’émotionnel, c’est-à-dire de ce que j’ai nommé la « raison sensible », dans la construction personnelle et collective. Ce que la « philosophie progressive » dont la maçonnerie a gardé le secret résume magistralement.
Progressivité : la Vérité n’est pas donnée une fois pour toutes. Elle est relative, c’est-à-dire vecteur de mise en relation : avec les autres et le monde. Comme le rappelle Martin Heidegger, tout au long de son œuvre, elle est dévoilement momentané, jamais achevé, toujours à refaire. Au plus près de son étymologie grecque : « a-létheia », elle ôte le voile. Mais étant entendu qu’il n’y a dévoilement que parce qu’existe le retrait, ce qui est caché !
C’est ainsi que l’inquiétude contemporaine rejoint la traditionnelle quête de ce qui est caché. Pour le dire à la manière de Fernando Pessoa, dans son inestimable œuvre ésotérique, c’est une « intranquillité » qui, racinée dans le passé, indique les chemins du futur. Et, rappelant que la Maçonnerie est un Ordre secret ou plus exactement un ordre initiatique, il signale que « du reste, tout ce qui se fait de sérieux ou d’important en réunion, dans ce monde, se fait secrètement ».
D’où la nécessité d’une analyse sereine et minutieuse, rappelant la perdurance du caché à trouver dans les moments forts des cultures humaines. Pour ne citer que quelques exemples, c’est bien sûr la quête du Graal, propre à la tradition chevaleresque. C’est ainsi que le rappelle Goethe, qui en savait un bout sur la maçonnerie, dans son Faust, la coupe du roi de Thulé. Ce que l’on retrouvera dans la coupe du félibrige de Frédéric Mistral :
« Coupo Santo
E versanto
Vuejo Abord
Lis estrambord
E l’emavans difort ! »
(Coupe sainte et débordante, verse à plein bord, verse à flot les enthousiasmes et l’énergie des forts !)
Cette coupe perdue et à retrouver, est cela-même qui donne une ébriété collective. Éternelle recherche dionysiaque des hétairies grecques, ces sociétés au pouvoir occulte ! Quête orgiastique, c’est-à-dire de la passion commune, étant le propre des maçons opératifs du Moyen-Âge, et qui renaît dans l’auberge du « Grill et de l’oie » des loges londoniennes au XVIIIe siècle. C’est bien aussi celle des efflorescences juvéniles postmodernes qui en leurs afoulements rejouent le désir d’un idéal communautaire. Voilà ce à quoi conduit la « reliance » maçonnique. Celle d’un égrégore cause et effet d’un humanisme intégral, d’antique mémoire retrouvant, de nos jours, force et vigueur.
[1] « Être celui qui loue les temps passés » (Horace)