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Les images médiévales nous piègent : par Laurent Ridel

Du site decoder-eglises-chateaux.fr

Les sculptures et les vitraux médiévaux des églises sont difficiles à lire, car ils nécessitent souvent une bonne culture chrétienne. La tâche se complique quand les artistes nous induisent en erreur. Démonstration à travers 6 exemples.

Un visiteur peut facilement se perdre et mal interpréter les œuvres qu’il voit dans une église. Il croit identifier une femme alors que c’est un homme. Il croit regarder une scène anodine alors que c’est un récit biblique fondamental. Il pense avoir compris un symbole, mais le deuxième sens lui échappe. J’exagère ? Je vous en donne des preuves. Allez-vous tomber dans les pièges de l’iconographie médiévale ?

L’androgyne le plus célèbre de la Bible

Il y a quelques mois, un abonné prénommé Gérard me pose cette question par mail : « il y a dans l’église Notre-Dame de Figeac un autel avec une statue que je n’ai pas identifiée du fait de ses attributs : une femme tenant un vase avec un aigle à ses pieds.  Avez-vous une idée ? »

Saint Jean dans l'église de Figeac
Une sainte à identifier

À cette question, ma première idée fut Coluche et son sketch « Le schmilblick » : 

  • –  Notre prochaine candidate est une femme !  
  • –  Euh, non, non. 
Extrait du Schmilblick, sketch de Coluche

Car là aussi, il est facile de se tromper de sexe. En fait, il s’agit de l’apôtre saint Jean. Les attributs ne laissent aucun doute. Il porte la coupe empoisonnée que, selon une légende, le grand prêtre d’Éphèse lui fit boire. Le saint s’en sortit aussi bien que si on lui avait servi une limonade. Enfin, on reconnaît à ses pieds l’aigle, son symbole en tant qu’évangéliste.

Cependant, les représentations traditionnelles de ce saint — traits juvéniles, cheveux longs et sans barbe — entretiennent la confusion. Soyez donc attentifs aux attributs de la personne.

Le double symbole des fleurs de lys

Le vitrail de l’Annonciation dans la cathédrale de Bourges, XVe siècle

Sur ce vitrail de la cathédrale de Bourges, les fleurs de lys sont à l’honneur. Elles recouvrent les voûtes au-dessus des personnages. Elles décorent certaines armoiries. Mais la plus grosse fleur de lys est peut-être celle qui passe inaperçue : le remplage du vitrail, c’est-à-dire son armature de pierre, en dessine une au sommet.

Ces fleurs de lys stylisées agissent comme un réflexe chez le visiteur : ce sont les emblèmes du roi de France ! Et vous n’auriez pas totalement tort. Ce vitrail fut commandé par Jacques Cœur, marchand et argentier du roi Charles VII. En bon courtisan, il sut rappeler par quelques signes l’allégeance à son maître.

Cependant, comme la scène représente l’Annonciation, il faut envisager une autre hypothèse à cette prolifération florale. L’Annonciation est ce moment où l’ange Gabriel annonce à Marie qu’elle concevra et donnera naissance à Jésus. Dans ce contexte, la blanche fleur de lys symbolise aussi la Vierge en faisant allusion à son innocence et à sa pureté.

L’habile Jacques Cœur a sûrement joué de cette ambiguïté : symbole monarchique et marial. Cette marque de fidélité lui sera insuffisante. En 1451, le roi Charles VII le fit arrêter puis condamner à la prison et à la saisie de ses immenses biens.

Les joueurs de ballon

Chapiteau de la collégiale d'Uzeste
Chapiteau historié de la collégiale d’Uzeste (Gironde)

On s’amuse bien sur ce chapiteau. Deux personnages au centre semblent se disputer un ballon.

Mais la suite de la scène, sur le côté gauche du chapiteau, sonne la fin de la récré. Les deux personnages font triste mine, conduits par un ange dont on devine les ailes. La situation devrait vous rappeler un fameux épisode de la Bible : l’expulsion d’Adam et Ève du jardin d’Éden. C’est bien de cette scène dont il s’agit. Dès lors, les joueurs de ballon nécessitent d’être réinterprétés. Il faut identifier le premier couple de l’humanité en train d’être pris en flagrant délit de manger le fruit défendu que Dieu leur avait pourtant interdit de cueillir. Le ballon est en fait un gros fruit ! Bref, il nous a « pommé » 

 Le faux saint suaire

Sainte Véronique
Statue XIVe siècle dans la collégiale Notre-Dame d’Écouis (Eure)

Dans l’église d’Écouis (Eure), une femme nous tend un linge marqué de la tête du Christ. Il est tentant de faire le rapprochement avec le fameux suaire de Turin. Sur ce tissu apparaît l’image d’un homme qui ressemble à Jésus. La pièce de lin, à l’origine controversée, serait le linceul dans lequel il fut enveloppé après sa crucifixion.

Gare à la confusion ! La femme d’Écouis ne nous expose pas ce suaire. Selon la tradition chrétienne, elle aurait essuyé le visage de Jésus avec son voile alors qu’il portait péniblement sa croix sur le chemin du Golgotha. L’image de la face du Christ se serait miraculeusement imprimée sur ce voile, laissant une empreinte connue sous le nom de la « Sainte Face » ou « Vera Icon », qui signifie « vraie icône » en grec. De là, le nom de la femme au linge : Véronique.

Distinguez donc le suaire de Turin et la sainte Face. En revanche, ils ont un point commun : ce sont des images achéiropoïètes, c’est-à-dire non faites par un artiste, mais créées miraculeusement par une intervention divine ou surnaturelle. Répétez après moi : achéiropoïète.

Un geste ambigu

Saint Thomas au banquet du roi de l'Inde
Vitrail de saint Thomas, détail, XIIIe siècle, cathédrale de Chartres

C’est jour de banquet ! Le roi Gondoforus, à droite, célèbre le mariage de sa fille. À l’autre extrémité de la table, un homme debout semble consoler un saint. C’est l’exemple d’une scène typique que nous comprenons à l’envers à cause d’une lecture trop moderne des gestes. Dans une image médiévale, une personne qui touche le visage de l’autre lui veut rarement du bien : il cherche soit à la dominer, soit à la frapper. Et dans notre cas, il s’agit de la seconde option. Le saint giflé est en effet saint Thomas. Oui, cet apôtre qui ne croyait pas à la résurrection de Jésus. Ce dernier fut obligé de lui apparaître et de lui faire toucher ses blessures.

Mais ici la scène n’a rien à voir. Elle n’est pas rapportée dans la Bible. Une légende place son déroulement chez le roi de l’Inde Gondoforus. Au cours du banquet de mariage, Thomas ne mange pas. La faute au chant d’une jeune fille qui le fait rêvasser. Un serveur — un échanson précisément — gifle Thomas prenant son attitude pour un manque de respect vis-à-vis de son hôte. On ne plaisante pas à l’époque : on a intérêt à finir son assiette, sinon les domestiques le prennent mal.

Lui aussi vexé, saint Thomas promet un sort funeste à l’échanson. Le chien au pied de la table nous en apporte un échantillon : sa gueule enserre la main de l’impertinent… Tu seras puni là où tu as péché.

Un couple peut en cacher un autre

Cette fois-ci, je vous sens décidé à ne pas vous faire avoir. Ce couple ferait bien référence à une image qu’on a vue au-dessus.

Nuit et jour sur la cathédrale de Chartres
Une sculpture énigmatique sur le portail nord de la cathédrale de Chartres

Une femme et un homme, main dans la main, tous les deux nus : pas de doute, c’est encore Adam et Ève. Je le pensais aussi. Même si les vaguelettes devant les yeux d’Ève me perturbaient. Et puis, il y a cette espèce de silex serré contre Ève. Peut-être le fruit défendu encore une fois ?

En réalité, ces deux personnages sont des allégories. L’homme tient une sorte de flambeau évoquant le soleil. Il symbolise le jour. Sa compagne a le regard voilé et donc reste dans l’obscurité ; elle tient peut-être un croissant de lune. Il s’agit de l’allégorie de la nuit. Dans cette sculpture, le jour et la nuit avancent donc main dans la main.  

Adam sur la cathédrale de Chartres.
Qu’un individu se fasse passer pour lui, cela reste en travers de la gorge d’Adam (le vrai)  d’après cette autre sculpture sur le même portail de la cathédrale de Chartres. Bizarre : elle a perdu sa main droite. A croire qu’Adam était de service chez le roi Gondoforus ! 

Je crains que désormais vous n’osiez plus interpréter les images médiévales tant les exemples précédents démontrent leur capacité à nous égarer. Soyez rassuré : la prochaine fois que votre compère de visite vous demandera : « mais qui est donc cette femme sur le vitrail ci-dessous », vous saurez sûrement lui expliquer son erreur.

Saint Jean sur un vitrail de la cathédrale de Coutances.
Saint Jean et sa coupe empoisonnée sur un vitrail de la cathédrale de Coutances.

Lieu symbolique : Visions chamaniques, musée du Quai Branly – Jacques Chirac

Le musée du Quai Branly – Jacques Chirac, plus communément appelé musée du Quai Branly, anciennement musée des Arts et Civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques avant 2016, est un musée ethnographique situé dans le 7e arrondissement de Paris, le long du quai de la Seine qui lui donne son nom et au pied de la tour Eiffel, sur le quai Jacques Chirac.

Visuel brochure du musée

Le projet, porté par Jacques Chirac et réalisé par Jean Nouvel, est inauguré le 20 juin 2006. Le musée est l’un des plus fréquentés au monde dans sa catégorie.

Jusqu’au 26 mai 2024 se tient « Visions chamaniques – Arts de l’Ayahuasca en Amazonie péruvienne ».

L’exposition explore les enjeux contemporains liés aux relations entre images hallucinatoires et productions iconographiques, à partir du cas de l’ayahuasca.

Si l’ayahuasca –littéralement « liane des morts » en quechua– fascine le monde occidental depuis seulement un demi-siècle et sa popularisation par la Beat Generation, ce breuvage hallucinogène occupe une place centrale dans la vie sociale de nombreuses sociétés autochtones d’Amazonie occidentale.

Le musée du Quai Branly – Jacques Chirac, vu depuis le 3e étage de la tour Eiffel – Source Wikimedia Commons.

Traditionnellement ingérée dans un cadre chamanique, principalement à des fins thérapeutiques ou de divination, cette substance « psychédélique » est également intimement liée à la création artistique. Les « visions » ou hallucinations qu’elle induit sont souvent présentées comme une source d’inspiration de premier ordre par les artistes autochtones d’Amazonie péruvienne.

L’exposition dresse un panorama des différents modes de représentation contemporains de ces « images visionnaires » induites par l’ayahuasca. De l’iconographie géométrique et raffinée des Shipibos-Konibos aux productions littéraires (William S. Burroughs, Allen Ginsberg) et audiovisuelles (Jan Kounen) des 20e et 21e siècles, elle offre une véritable plongée dans un art sous influence.

Nous vous offrons quelques diapos de l’exposition. Bon visionnage !

Infos pratiques : Musée du Quai Branly – Jacques Chirac – 37 Quai Jacques Chirac, 75007 Paris/Lieu : Mezzanine est – Jusqu’au dimanche 26 mai 2024

Horaires : Fermeture le lundi ; mardi, mercredi, vendredi, samedi, dimanche : 10h30-19h00 ; jeudi : 10h30-22h00

Accessibilité : Handicap visuel LSF Handicap auditif (sans T) Handicap auditif bim (T) Handicap mental Handicap moteur

Public :  Tous publics – Billet d’entrée Musée : Plein tarif : 14,00 €/Tarif réduit : 11,00 €

Diaporama : Photos © Yonnel Ghernaouti, YG ; montage FDFMD1717

Aux 1res Rencontres Initiatiques du 23 mars, venez découvrir « Les Cahiers Verts »

Les « Rencontres Initiatiques – Spiritualité en Franc-maçonnerie, c’est demain !

Dans les méandres du temps et des traditions, où les secrets se tissent dans l’écho des voûtes séculaires, 450.fm, d’une plume trempée dans l’encre de la curiosité et du savoir, révèle une occasion unique, surgie des profondeurs d’une spiritualité ancestrale. Cette chance s’est dessinée à l’horizon lors de la première édition des Rencontres Initiatiques, évoquée dans notre article du 23 janvier dernier, intitulé « 23/03/24 : 1ères « Rencontres Initiatiques » : Explorer la Spiritualité en Franc-Maçonnerie. Réservez la date !« . Cet événement, pont entre les âmes en quête de lumière, offre le cadre parfait pour la présentation d’un trésor de la littérature maçonnique Les Cahiers Verts (Nouvelle série numéro 17, Année 2023).

Publication du Grand Prieuré des Gaules (GPDG), Grande Loge Réunie et Rectifiée de France, cet ouvrage annuel illustre l’engagement d’une fraternité envers l’élévation spirituelle et intellectuelle. Au fil des pages, Les Cahiers Verts dévoilent des réflexions, des études et des recherches profondes sur la franc-maçonnerie et, plus spécifiquement, sur le Rite Écossais Rectifié. C’est une invitation à plonger dans l’essence même de cette tradition, à travers un voyage initiatique où la sagesse des anciens guide les pas des chercheurs de vérité.

Ainsi, alors que les « Rencontres Initiatiques » ouvrent un espace de dialogue et d’exploration de la spiritualité en franc-maçonnerie, Les Cahiers Verts se présentent comme une boussole pour les âmes voyageuses, désireuses de naviguer sur les flots tumultueux de la connaissance ésotérique. Cette dernière livraison du GPDG offre une fenêtre sur un monde où la quête de sens trouve son écho dans la résonance des mots et des symboles, perpétuant ainsi le mystère et la beauté de la tradition maçonnique.

Le Grand Prieuré des Gaules (GPDG), la Grande Loge Réunie et Rectifiée de France, l’Ordre des Chevaliers Maçons Chrétiens de France, et l’Ordre des Francs-Maçons Chrétiens de France font partie du paysage maçonnique français, avec un accent sur l’ésotérisme chrétien au sein de la franc-maçonnerie. Le GPDG pratique essentiellement le Rite Écossais Rectifié, en mettant l’accent sur le développement spirituel et moral.

Blason du GPDG.

Ce 17e numéro de la nouvelle série des Cahiers Verts s’inscrit dans la continuité des précédents, en proposant des articles de fond sur l’histoire, la symbolique et la spiritualité du Rite Écossais Rectifié. Les auteurs, tous des spécialistes reconnus dans leur domaine, abordent des thématiques variées, telles que l’initiation, la tradition, la chevalerie, ou encore les rituels maçonniques.

Cet ouvrage s’adresse à la fois aux francs-maçons pratiquant le Rite Écossais Rectifié, qui y trouveront des éclairages nouveaux sur leur pratique, et aux chercheurs et curieux, qui y découvriront une mine d’informations sur l’histoire et la philosophie de ce rite maçonnique.

Avec cette nouvelle édition des Cahiers Verts, le Grand Prieuré des Gaules (GPDG) Grande Loge Réunie et Rectifiée poursuit son travail de transmission et de partage des connaissances, dans un esprit d’ouverture et de fraternité.

une présentation de Michel Chazottes, rédacteur en chef, (p. 7) donnant un aperçu des sujets abordés dans ce numéro,  nous trouvons toutes les informations concernant « La vie de l’Ordre » qui inclut des comptes rendus des fêtes de la Saint-Michel 2022, de la Saint-Georges 2023, de la Saint-André 2022, du Rite Français 2022et du renouvellement de l’Ordre 2022. Des célébrations notables dans l’année maçonnique en général, mais d’une grande importance pour l’Ordre, en particulier.

Une enluminure de Julie de Lagaye

Y sont aussi intégrés des textes sur « Le silence » (p. 43) par Sébastien Gioia qui explore la symbolique et la pratique du silence dans la franc-maçonnerie, « L’étoile flamboyante » (p. 47) par André Mortès, Grand Aumônier des Ordres qui analyse la symbolique de l’étoile flamboyante dans la franc-maçonnerie. Puis deux textes sur les « Correspondances de la 2nde maxime avec la 2nde question d’Ordre du Grade de Maître » (pp. 63-72) par le professeur agrégé de philosophie Patrick Rodner et « Le Mausolée du 3ème grade du Rite Ecossais Rectifié » (pp. 73-84), par l’éminent Pierre Noël, ancien Grand Prieur du Grand Prieuré de Belgique.

Nous mentionnerons aussi l’émouvant hommage dans le « In Memoriam » (p. 107) rendu à Alain Bernheim et Jean-François Var.

Gilles Ducret, Grand Prieur du GPDG

L’ouvrage publie un certain nombre de « Notes de lecture » que nous devons à la plume du rédacteur en chef.

Nous apprécions les discussions historiques et philosophiques avec des contributions telles que « Pourquoi Wilhelmsbad ? » et « Parce que Wilhelmsbad ! » suggérant une exploration des raisons et de l’importance historique de ces lieux ou événements pour l’Ordre.

Les Cahiers Verts est une revue riche en informations sur la franc-maçonnerie, en particulier le Rite Écossais Rectifié. Elle s’adresse à un public de francs-maçons et de chercheurs en franc-maçonnerie.

Les Cahiers Verts

CollectifGrand Prieuré des Gaules, Nouvelle série numéro 17 Année 2023, 160 pages, 18 €

Les francs-maçons de Neustadt distribuent 50 œuvres d’art

De notre confrère wochenblatt-reporter.de – Par Dominik Rödel

Les francs-maçons apparaissent rarement en public. Il ne s’agit cependant pas d’une société secrète, mais plutôt discrète. Marcel Werdenmann, secrétaire de la loge, attache une grande importance à cette différence. Après tout, la Loge maçonnique de Neustadt est l’une des loges les plus anciennes inscrites dans le registre officiel des ateliers de la ville et elle est également facile à trouver sur Internet. 

Cependant, les hommes de la loge rejettent les mesures publicitaires : ils ont besoin de leur propre motivation pour rechercher des liens. Même si le manque de relations publiques dans certains endroits laisse malheureusement place à des interprétations erronées et à des théories du complot. Cependant, il existe une règle stricte selon laquelle chaque franc-maçon décide lui-même s’il est reconnaissable du monde extérieur – on ne peut jamais demander à un franc-maçon les noms des autres, explique Marcel Wirdemann. 

Ce refuge est bénéfique pour de nombreuses raisons. Basé sur l’artisanat original de la taille de pierre, il est de tradition que les compagnons francs-maçons, en particulier, partent en voyage pour visiter d’autres loges proches et lointaines. Aujourd’hui, la loge « Zur Friendship an der Haardt », fondée en 1809, a lancé un projet spécial. À cet effet, elle a demandé à l’artiste Daniel Scherer de Landau de réaliser 50 répliques en petits caractères d’une œuvre d’art dont l’original est en possession de la loge.

Les francs-maçons de Neustadt disperseront les œuvres d’art dans toute l’Allemagne, explique Marcel Büchler, vénérable maître de la loge de Neustadt. Les tirages numérotés sont également remis aux francs-maçons en visite à Neustadt. Le but est de poser un signe d’amitié entre les loges et aussi de laisser un souvenir sur place après les visites.

Les trois premiers tirages ont été remis lors d’une réunion de célébration à Neustadt. Ils se rendirent à Daaden dans le Westerwald, à Bingen sur le Rhin et à Wernigerode en Saxe-Anhalt. Ce dernier point était particulièrement cher aux francs-maçons de Neustadt, car Wernigerode n’est pas seulement la ville jumelle de Neustadt an der Weinstrasse, mais les deux loges partagent également une chaleureuse amitié.

« Nous possédons une assez grande collection de petites et grandes œuvres d’art : dessins à la main, estampes et gravures de divers artistes. L’œuvre d’art sélectionnée a été créée selon un procédé d’impression à la main et présente un motif typique de la franc-maçonnerie. La représentation sous forme de linogravure est à la fois très puissante et riche en détails, c’est une image unique et occupe une place particulière dans notre salle de club », expliquent les messieurs de l’association par ailleurs plutôt secrète. 

L’œuvre a été transférée sur un pochoir négatif pour une copie cyanotype, créant ainsi 50 nouvelles pièces uniques d’un bleu profond. Chaque image est unique car les nuances et la saturation des couleurs varient en raison de la peinture à la main. « Le cyanotype est également appelé impression au bleu de fer et est un ancien procédé d’impression photographique fine avec des tons bleus qui a été développé vers 1840. Les motifs sont représentés dans un bleu riche, appelé bleu de Berlin, résistant à la lumière et très détaillé », explique l’artiste sur son processus de fabrication.

La Mairie rend hommage à la loge maçonnique Mahatma Gandhi

De notre confrère brésilien camarapoa.rs.gov.br

La Mairie de Porto Alegre a décerné aujourd’hui (7/3) le diplôme d’Honneur du Mérite à la loge maçonnique Mahatma Gandhi. La cérémonie d’hommage, proposée par le conseiller Edson CT (Solidarité), a eu lieu lors d’une séance solennelle tenue en plénière Otávio Rocha.

Dans son discours, Edson CT a souligné le travail fourni à la société par l’atelier de la société civile, qui n’est souvent pas reconnu. « Il est très difficile de comprendre ce qu’une loge maçonnique fait réellement en termes d’œuvres de bienfaisance apportée à la société, car elle reste souvent silencieuse. Ce silence, en fait, est dû à tout ce en quoi nous croyons pour être un bon être humain : il n’est pas nécessaire de montrer ce que la main droite donne, la main gauche n’a pas besoin de savoir », a-t-il souligné.

Gabriel Labarba, fondateur et ancien vénérable membre de la loge, a été ému par cet honneur et a rappelé le travail acharné que ses frères francs-maçons ont accompli au cours des dernières décennies en travaillant dans la communauté de Porto Alegre, toujours en suivant les enseignements de Gandhi. « En cette année où nous célébrons nos vingt ans d’existence, nous comprenons que la véritable charité va bien au-delà du simple don d’argent ou de ressources matérielles. Cela implique d’offrir du temps, des compétences et de la compassion pour aider à soulager la souffrance et à promouvoir le bien-être général par le biais de projets bénévoles, de programmes éducatifs et de partenariats avec des organisations à but non lucratif. Puissions-nous continuer notre œuvre caritative et que le grand architecte de l’univers, qui représente le Dieu du cœur de chacun de nous, continue à nous bénir et à nous donner sagesse et force afin que nous puissions poursuivre notre œuvre sociale pendant encore vingt ans. »

Le Vénérable Maître de la loge, Marcelo Lopes Rosa, a complété le discours de Labarba, en revenant aux principes de la franc-maçonnerie : rendre le monde meilleur par la charité. « Comme l’a dit mon cher frère Labarba, la franc-maçonnerie vise à rendre l’humanité heureuse. Nous pouvons transformer le monde, nous avons cette capacité. Nous avons simplement des objectifs communs pour rendre la société de mieux en mieux », a-t-il déclaré. 

Rosa a également profité de la veille de la Journée de la femme pour rendre hommage aux salariées de l’obédience . « Gandhi s’est battu pour réduire la pauvreté et a œuvré pour les droits des femmes. J’exprime mon respect et ma reconnaissance à toutes les femmes, particulièrement celles de cette Chambre, qui font un travail impressionnant. Non seulement ceux qui représentent la société du Rio Grande do Sul en tant que conseillers, mais aussi tout le personnel, car sans eux, ce travail ne serait pas possible », a-t-il souligné. 

Historique

La Loge Symbolique Augusta et Respectable Mahatma Gandhi nº 186 a été fondée le 16 décembre 2004 et opère à Rua Comendador Azevedo, 444, quartier Floresta, dans la capitale. Son objectif exclusif est de mettre en pratique les principes et fondements de la Franc-Maçonnerie. Sa création est due à la volonté des frères francs-maçons qui se sont réunis et ont fondé le Triangle Mahatma Gandhi. Elle est ensuite devenue une loge qui compte actuellement 24 frères parmi son personnel.

L’une des principales activités du Mahatma Gandhi Lodge est la philanthropie. Il a assumé la responsabilité de soutenir la CEACRI-Clínica Esperança de Amparo à Criança de Porto Alegre/RS, en participant et en organisant des dîners, en faisant don de nourriture, en achetant une ambulance Kombi et le toit du nouveau bâtiment de la Clinique, qui abrite actuellement 41 enfants et adolescents en situation difficile de vulnérabilité déférés par le Tribunal de l’enfance et de la jeunesse.

Texte : Renata Rosa (stagiaire en journalisme)

Édition : João Flores da Cunha (prof. rég. 18241)

Stoppons la violence contre les Francs-maçons

De notre confrère freemasonry.network

Ces dernières années, le nombre d’attaques contre les bâtiments maçonniques et les francs-maçons eux-mêmes a augmenté de manière alarmante, et de nouveaux cas font surface chaque mois. Cette semaine, la police a enquêté sur un cas de dégradation criminelle d’une salle maçonnique dans le centre-ville de Belfast.

Le Masonic Hall, adjacent au centre commercial Victoria Square, abrite des dizaines de loges maçonniques à Belfast. Sur la page de médias sociaux du réseau maçonnique irlandais, un membre a partagé des photos du bâtiment vandalisé et a déclaré : « C’est avec une grande tristesse que je dois signaler l’attaque soutenue contre la salle des francs-maçons d’Arthur Square… Le verre et les inscriptions qui existent depuis plus de 150 ans ont été détruits. Au début du mois, le Vatican a interdit aux catholiques d’adhérer à la franc-maçonnerie. Quelques mois plus tôt, un franc-maçon de McAllen, au Texas, a été mortellement abattu devant une loge locale par un homme qui croyait que les francs-maçons lui avaient jeté une « malédiction ».

Des incendies criminels et d’autres actes de vandalisme graves ont endommagé ou détruit des bâtiments maçonniques à New York, dans l’Oklahoma, au Tennessee, en Floride, en Pennsylvanie, dans l’Illinois, dans le Connecticut, à Vancouver, en Colombie-Britannique, et dans d’autres endroits. Un incendiaire de Vancouver a mis le feu à trois bâtiments maçonniques de cette ville en une matinée, causant 2,5 millions de dollars de dégâts, et a été condamné à 40 mois de prison.

Il convient de noter que son avocat a déclaré qu’il « luttait contre des problèmes de santé mentale et voulait simplement attirer l’attention sur ce qu’il décrivait comme des esprits sombres et des dispositifs de repérage du SCRS ». En dehors des États-Unis, des salles maçonniques en Irlande et en Grèce ont également fait l’objet d’attaques récentes de la part d’activistes antimaçonniques. Il convient également de noter qu’il y a eu une augmentation significative des messages et des vidéos antimaçonniques sur les médias sociaux. Le Grand Maître de l’État de Washington a publié une lettre mettant en garde les membres de sa juridiction contre un homme qui a proféré de nombreuses menaces haineuses à l’encontre de la Fraternité.

Les rédacteurs de freemasonry.network, qui fonctionne sans interruption depuis 5 ans et publie quotidiennement des billets sur la charité maçonnique, ont décidé de se manifester et de prendre enfin une position ferme contre cette vague de violence à l’encontre des francs-maçons. Voici les actions que nous allons entreprendre :

Les francs-maçons d’Amérique du Nord donnent à eux seuls environ 2 millions de dollars par jour à des associations caritatives nationales et locales, dont plus de 70 % sont destinés au grand public ; les francs-maçons sont également activement impliqués dans le bénévolat au sein de la communauté. Nous écrirons plus sur ce sujet – nous publierons plus de billets sur ce que les francs-maçons font vraiment : leurs actes de charité quotidiens. En fait, ce sera la même chose que ce que nous faisons chaque jour depuis 5 ans, mais nous voulons en faire plus, en montrant également comment, en travaillant sur le développement personnel, les membres de la franc-maçonnerie deviennent de meilleurs citoyens et contribuent à l’amélioration de la société. Enfin, nous voulons utiliser le pouvoir des médias sociaux et mettre en place une promotion payante de nos articles, afin que notre message dépasse le cercle des francs-maçons eux-mêmes. Bien entendu, nous ne publierons que du matériel basé sur des communications officielles des Grandes Loges et de leurs représentants habilités !

Nous sommes ouverts à la coopération avec des Frères du monde entier – si vous avez des idées sur la manière d’améliorer notre image et de nous protéger, faites-le nous savoir. Nos pages sont également ouvertes à vos articles ! Les textes que nous publierons dans le cadre de cette campagne porteront, entre autres, sur notre sécurité. Pour commencer, nous avons préparé un rapport élaboré par un spécialiste, sur les dangers terroristes auxquels les francs-maçons sont actuellement exposés, que nous publierons demain. Soutenez notre campagne : plus nous aurons de ressources, plus nous pourrons la diffuser sur les médias sociaux (promotion payante de posts, publicité payante).

Quelqu’un doit faire quelque chose pour s’opposer à la violence contre les francs-maçons…

L’histoire ancienne et mystérieuse de « l’abracadabra »

De notre confrère nationalgeographic.com – Par Tom Metcalfe

Lorsque vous entendez le mot « abracadabra », vous savez que quelque chose de magique est censé se produire – une transformation peut-être, ou du moins juste un tour. Le mot lui-même est particulier, mais il constitue désormais un signal presque universel de ce qui est supposé impossible. Et tandis que les experts débattent des origines exactes de l’abracadabra, le mot est indéniablement ancien.

Abracadabra apparaît pour la première fois dans les écrits de Quintus Serenus Sammonicus il y a plus de 1 800 ans comme remède magique contre la fièvre, un développement potentiellement mortel à une époque antérieure aux antibiotiques et un symptôme du paludisme. Il était le précepteur des enfants qui devinrent les empereurs roms Geta et Caracalla, et sa position privilégiée au sein d’une riche famille noble ajoutait de l’importance à ses paroles.

Écrivant au deuxième siècle après JC dans un livre intitulé Liber Medicinalis  (« Livre de médecine »), Serenus conseillait de fabriquer une amulette contenant un parchemin inscrit avec le mot magique, à accrocher autour du cou d’une personne souffrante. Il prescrit que le mot soit écrit sur les lignes suivantes, mais dans un triangle pointant vers le bas avec une lettre de moins à chaque fois.

ABRACADABRA

ABRACADABR

ABRACADAB

UN B

UN

L’inscription serait alors composée de 11 lignes, écrites jusqu’à ce qu’il ne reste plus de caractères dans le mot ; et de la même manière, dit Serenus, la fièvre disparaîtrait également.

Un mot contre les mauvais esprits

Selon des recherches récentes , des versions d’abracadabra apparaissent également dans un papyrus égyptien écrit en grec du troisième siècle après JC, qui omet les voyelles au début et à la fin d’abracadabra dans les lignes suivantes ; et dans un codex copte du VIe siècle, qui utilise la même méthode mais un mot magique différent.

Pour les adeptes de la magie grecque, écrire les variations d’un mot dans un triangle pointant vers le bas formait une « grappe de raisin » ou une « forme de cœur », qui était une façon d’écrire une incantation orale qui répétait et diminuait le nom d’un mauvais esprit. de la même manière. On pensait que ces esprits provoquaient des maladies, et ces deux versions du sortilège abracadabra étaient censées guérir la fièvre et d’autres maladies.

Abracadabra était un « mot apotropaïque, un mot qui pouvait éviter de mauvaises choses », explique Elyse Graham , historienne du langage à l’université de Stony Brook, notant que ses origines ont été très débattues.

Certains pensent qu’abracadabra vient de l’expression hébraïque « ebrah k’dabri » et signifie « Je crée pendant que je parle », tandis que d’autres pensent que cela vient de « avra gavra », une expression araméenne signifiant « Je créerai l’homme » – les mots de Dieu le sixième jour de la création. D’autres encore notent sa similitude avec « avada kedavra », le « sortilège mortel » dans les livres de Harry Potter, dont l’auteur JK Rowling a dit qu’il s’agit d’un araméen signifiant « que la chose soit détruite ».

L’historien médiéval Don Skemer , spécialiste de la magie et ancien conservateur des manuscrits à l’Université de Princeton, suggère qu’abracadabra pourrait dériver de l’expression hébraïque « ha brachah dabarah », qui signifie « nom du bienheureux » et était considérée comme un nom magique.

« Je pense que cette explication est plausible parce que les noms divins sont d’importantes sources de pouvoir surnaturel pour protéger et guérir, comme nous le voyons dans la magie ancienne, médiévale et moderne », dit-il ; pour les premiers chrétiens, « les noms dérivés de l’hébreu jouissaient d’une grande réputation parce que l’hébreu était la langue de Dieu et de la création », ajoute Skemer.

Un remède parlé

Abracadabra semble avoir conservé sa fonction de remède magique contre la maladie pendant de nombreux siècles. Un manuscrit juif italien du XVIe siècle enregistre une version du sortilège abracadabra pour une amulette destinée à prévenir la fièvre ; et l’écrivain anglais Daniel Defoe a noté dans A Journal of the Plague Year qu’elle était utilisée à Londres au XVIIe siècle pour prévenir l’infection : « comme si la peste n’était pas la main de Dieu, mais une sorte de possession d’un mauvais esprit, et qu’il fallait l’éloigner de croix, de signes du zodiaque, de papiers noués avec tant de nœuds, et de certains mots ou chiffres écrits dessus, comme notamment le mot Abracadabra, formé en triangle ou en pyramide.

Mais le mot semble avoir perdu son utilité en tant que remède et, au début des années 1800, il est apparu dans une pièce de théâtre écrite par William Thomas Moncrieff, comme exemple de mot prononcé par les magiciens. Sa seule référence notable au XXe siècle réside peut-être dans la religion Thelema fondée au début des années 1900 par Aleister Crowley. L’occultiste a souvent utilisé le mot « abrahadabra » dans son Liber Al Vel Legis (« Livre de la Loi ») de 1904, affirmant que c’était le nom d’une nouvelle ère de l’humanité ; et il a affirmé l’avoir dérivé du système de numérologie connu sous le nom de Qabalah Hermétique, ce qui l’a incité à remplacer le C d’abracadabra par un H.

Descente dans la prestidigitation

L’historienne Graham note que la magie n’était considérée comme un remède utile qu’avant les développements médicaux modernes : « Avant, nous avions besoin de magie pour faire différentes choses, mais nous disposons désormais de meilleurs médicaments », dit-elle. Et cela a relégué l’abracadabra au domaine de la magie de scène et des tours de prestidigitation : « Maintenant, la magie est davantage une question de spectacle et de distraction. »

Si abracadabra conserve encore un pouvoir, c’est peut-être parce que personne ne sait vraiment ce que cela signifie. « Un mot magique donne du pouvoir au magicien, alors que les étrangers ne savent pas ce que c’est », explique Graham. « Cela confère au magicien un pouvoir aux yeux des autres. » Donc, si abracadabra semble absurde, c’est peut-être là le problème, dit-elle : « Si le mot n’était pas mystérieux, alors il serait moins magique. »

Si vous êtes religieux, ignorez ce texte sur la franc-maçonnerie (ou pas)

De notre confrère brésilien jornalpontagrossa.com.br

Dire qu’il y a incompatibilité de toute religion avec l’Ordre Maçonnique, c’est assumer formellement une grande contradiction, car comment une Institution comme la Franc-Maçonnerie qui propage l’amour et les vertus peut-elle.

Nous avons créé le titre de cet article en cherchant à attirer votre attention, cher lecteur, sur une lecture attentive qui permettra certainement de mieux comprendre la Franc-Maçonnerie et sa compatibilité avec les religions. C’est vrai, en ce qui concerne leur compatibilité, car, avec une réflexion rapide, la convergence des traditions maçonniques avec la pureté de toute religion, philosophie ou composition morale devient très claire.

La franc-maçonnerie est une institution laïque qui a recherché dans la tradition des maçons médiévaux des éléments susceptibles de porter des significations symboliques pour le développement personnel de l’homme et, à partir de là, la transformation effective de la société afin que les vertus se démarquent, créant un monde évolué préparé au bonheur. règle. L’Ordre se concentre sur la convergence vers l’amour du prochain, traduit en actions telles que la pratique efficace de la charité. 

Toute la structure maçonnique est axée sur la recherche de la vérité, la recherche de la connaissance et un regard attentif sur l’intérieur, cherchant des réponses susceptibles de valoriser l’action extérieure. Vertu, morale, amour d’autrui, fidélité, tolérance, persévérance… autant de belles leçons que présente la Franc-maçonnerie, qui convergent certainement de manière toute particulière avec toutes les religions ou manifestations religieuses. Il est difficile d’imaginer des oppositions à une institution basée et centrée sur des aspects aussi pertinents et positifs. 

Nous comprenons que, compte tenu de la discrétion maçonnique, de nombreux mythes ont été créés, affectant la perception de la réalité. C’est pour cette raison que la Franc-maçonnerie a vécu un moment d’interaction très particulier avec la Société. De plus en plus, la communauté se rend compte de la grandeur de l’Institution et comprend à quel point les légendes créées sur l’Ordre maçonnique étaient enfantines. Cette prise de conscience vient souvent en observant les noms de la Société qui se trouvent au sein de la Franc-maçonnerie. La pensée vient rapidement : « Cette personne est si bonne, si admirable, si vertueuse, comment pourrait-elle participer à quelque chose de mauvais ou de mauvais ?

Le fait est qu’avec l’abandon de plus en plus intense de l’absurde enfantillage des légendes et des mythes qui ont si longtemps servi à éloigner les bonnes gens de la grandeur de la franc-maçonnerie, des oppositions pleines de théories raffinées émergent, dans une nouvelle stratégie. Ils exploitent la difficulté du profane à finalement discerner la complexité des discours dans une confrontation creuse avec cet instrument complémentaire des vertus et de la morale qu’est la franc-maçonnerie. 

Il est essentiel de dire que l’Ordre maçonnique n’est en aucun cas une religion et cela écarte toute possibilité de comparaison avec une quelconque secte ou religion. Autrement dit, apporter des arguments théologiques ou religieux pour observer ou comprendre une association civile privée telle que la Franc-maçonnerie est totalement déraisonnable. Nous pensons même que le fait que la franc-maçonnerie rassemble des personnes de toutes religions ou croyances est l’un des malaises de nombreux religieux qui vivent encore dans la petitesse mentale du Moyen Âge ou de l’Inquisition. Dire qu’il y a incompatibilité de toute religion avec l’Ordre maçonnique, c’est assumer formellement une grande contradiction, car comment une institution comme la franc-maçonnerie qui propage l’amour et les vertus peut-elle être éloignée d’une autre qui prétend avoir exactement la même essence ? Eh bien, la franc-maçonnerie respecte les désaccords qui peuvent exister à son sujet et cherche à concentrer son énergie sur sa mission de faire le bien.

Alors, cher lecteur, si vous avez une religion, vous avez certainement compris le message que nous avons apporté ici. Réfléchissez simplement et prenez les devants dans la réflexion et vous comprendrez qu’il existe d’innombrables compatibilités entre la franc-maçonnerie et la religion. L’Ordre maçonnique, cependant, ne manipule pas ses membres, n’apporte pas de vérités absolues (en fait, il encourage la recherche constante de la vérité) et n’entrave pas la capacité de pensée critique. Si une religion a ces comportements, il y a peut-être là des incompatibilités ! Mais cela ne concerne que le domaine religieux. La franc-maçonnerie, loin de ce contexte de religions, poursuit sa tradition de transformation de la Société.

Est-il est possible d’être franc-maçon et communiste ?

Du site blogs.mediapart.fr – Par Basile André

Oui, je le crois. Retour sur une histoire complexe et sur un avenir plein de promesses.

Le billet que je m’apprête à écrire est aussi singulier que personnel.

J’en ai imaginé la rédaction il y a quelques semaines, à l’occasion d’une rencontre militante, lorsque l’un de mes camarades a ergoté sur l’impossibilité d’être tout à la fois communiste et franc-maçon. Il le faisait sans savoir que je répondais en tous points à son idéal type. C’est tant mieux. Il a ainsi pu exposer le fond de sa pensée et asséner, non sans violence, ce qui posait problème à ses yeux dans ce double engagement : on ne peut pas défendre la classe ouvrière, tout en papillonnant au sein de la franc-maçonnerie, institution bourgeoise, au service des classes dominantes.

Avec le souci constant de ne pas me dévoiler, j’ai rétorqué à ce camarade que la question me semblait plus complexe, au moins sur le plan historique. J’ai évoqué avec lui des lectures qui pourraient l’intéresser sur le sujet, notamment l’ouvrage de Denis Lefebvre, Communisme et franc-maçonnerie ou la 22e condition. Non sans esprit de provocation, je lui ai parlé, pour ce qui concerne les trotskystes, des mémoires d’Alain Krivine et de Fred Zeller dans lesquelles on trouve les traces de cette histoire partagée entre le Grand Orient de France (GODF) et la gauche, dans son acception la plus large. À cette époque, je n’avais pas encore lu l’excellent livre de Laurent Mauduit et Denis Sieffert dans lequel il est fait référence à la double appartenance des membres de l’OCI, de FO et de la Libre Pensée.

J’aurais pu poursuivre cette litanie sans aucune difficulté, en dissertant sur Jacques Mitterrand, ancien Grand Maître du GODF dont tout laisse à penser qu’il a été membre du PCF. J’aurais raconté à ce camarade comment des sœurs et des frères ont promu, avec conviction, les idées défendues par Fabien Roussel au cours de la dernière campagne présidentielle.

Je lui aurais dit que ce n’est pas la première fois que la franc-maçonnerie œuvre de ce côté de l’histoire, loin s’en faut. Héritiers de la philosophie des Lumières, nos frères et nos sœurs ont d’abord agi de manière décisive au cours de la grande Révolution française, en posant les premières pierres de notre République et en érigeant la liberté de conscience au plus haut grade des droits de l’homme. Ils n’ont pas manqué ensuite de travailler dans le camp des braves au moment de l’édification de la IIe République, en siégeant auprès d’illustres figures telles que Pierre Leroux, franc-maçon et théoricien du socialisme républicain.

Comment ne pas évoquer, enfin, la Commune de Paris, où se sont retrouvés côte à côte, derrière les barricades, des francs-­maçons, des communistes d’avant-garde et tous ceux qui étaient viscéralement attachés à la défense de la cause républicaine. Notre frère Édouard Vaillant était de ceux-là, avant de fonder quelques années plus tard la SFIO, avec Jean Jaurès et Jules Guesde.

Hélas, le tourbillon de l’histoire peut parfois s’avérer cruel, y compris pour des idylles que l’on croyait indestructibles.

En 1920, les socialistes français de la SFIO se réunissaient à Tours afin de déterminer s’ils devaient, oui ou non, rejoindre la III Internationale et accepter les 21 conditions imposées par les bolchéviques.

La suite est bien connue : après quelques jours de discussions, les délégués de la SFIO se rangeaient majoritairement à cette opinion, donnant ainsi naissance au Parti communiste français, tout en laissant à Léon Blum et les siens la garde de la « vieille maison » socialiste.

De manière plus informelle, une 22e condition est susurrée dans les couloirs de la salle du Manège de la cité tourangelle : elle concerne l’impossibilité d’être tout à la fois franc-maçon et communiste. Jamais évoquée officiellement durant le congrès — Léon Blum y fait référence dans un article publié le 27 octobre 1920 dans L’Humanité — elle sera rendue publique en 1922, au cours du quatrième congrès de l’Internationale.

Trotski est alors tout désigné pour lancer la charge. Fin connaisseur de l’univers maçonnique grâce aux lectures qui furent les siennes durant son embastillement à Odessa, il proclame l’incompatibilité absolue entre communisme et franc-maçonnerie. Pour lui, les francs-maçons jouent les idiots utiles de la social-démocratie en incarnant l’aile gauche d’un régime parlementaire bourgeois et réformiste qui s’accommode parfaitement de leur présence.

Les velléités bolchéviques se transforment dès lors en oukase que le PCF est chargé de faire respecter. Les communistes francs-maçons sont sommés de rendre publique dans la presse communiste leur rupture avec la franc-maçonnerie, sous peine d’expulsion.

Comment les obédiences maçonniques ont-elles réagi face à ces injonctions ?

Dans un premier temps, le Grand Orient de France demande aux frères communistes ne pas céder au diktat de la 22e condition. En rentrant en maçonnerie, les communistes ont épousé un idéal de liberté par nature contraire à l’instauration d’une dictature du prolétariat. C’est à ce titre qu’ils doivent rester francs-maçons. Et puis, le temps laissa place à des réactions plus virulentes.

Après les premiers départs, la Grande Loge de France et le Grand Orient envisagèrent d’expulser les frères démissionnaires, estimant que ceux qui se rangent du côté du Parti communiste font déshonneur au serment qu’ils ont prononcé au moment de leur initiation. Cette idée fut toutefois rapidement abandonnée, au nom de l’esprit de tolérance qui guide l’engagement maçonnique.

Face à ce choix cornélien, les communistes francs-maçons divergent : certains, dont Laurent Rozières ou André Marty optent pour le parti, quand Antonio Coen, membre de la loge Jean Jaurès à la Grande Loge de France, refuse de se plier aux décisions de la III internationale. Louis-Oscar Frossard, secrétaire général du parti et dont tout le monde pensait à tort qu’il était un frère, choisit lui aussi la maçonnerie. Il sera initié le 13 janvier 1926 au cours d’une procédure rocambolesque.

En définitive, le PCF expulsa 86 francs-maçons (ou supposés l’être) et la SFIO redevint un lieu d’accueil pour ces frères qui s’étaient décidés pour le parti communiste quelques années plus tôt.

Nous n’ignorons rien de ce tumultueux épisode qui obligea des camarades à renoncer à leur appartenance à la franc-maçonnerie pour rester membres du Parti communiste. Il faut néanmoins tempérer la portée de cette décision, puisque, dès 1938, Maurice Thorez a estimé que l’heure n’était pas aux «disputes entre communistes et francs-maçons», permettant de fait la double appartenance. Puis, c’est à Auschwitz et à Buchenwald, dans l’antre de l’horreur nazie, que les francs-maçons et les communistes résistants déportés fraternisèrent pour renforcer la convergence entre les deux engagements.

Plus récemment, c’est Fabien Roussel, en tant que secrétaire national du PCF, qui a officiellement mis fin à cette 22e condition, pour le grand bonheur de ceux qui, comme moi, considèrent qu’il n’y a jamais eu aucune incompatibilité entre le fait de porter un tablier et de disposer d’une carte rouge.

Cet idéal commun ne nous a jamais quittés, ce qui explique la présence dans nos loges de militants communistes ou de compagnons de route du PCF. Parmi ces frères et ces sœurs, nombreux sont ceux qui se manifestent aujourd’hui pour soutenir la cause de la République laïque et sociale. Comme nous, ils considèrent que le PCF est le lieu idoine pour cela et qu’il demeure la pièce essentielle dans la constitution du Front populaire de demain.

Je tâcherai d’en faire la démonstration à l’occasion de la campagne préalable aux élections européennes

Légendes et fantômes de l’Ouest. Le trésor des Templiers repose-t-il dans la Sarthe ?

De notre confrère ouest-france.fr – Par Françoise SURCOUF

Disparue depuis des siècles, la richesse amassée par l’ordre du Temple pourrait se trouver dans les ruines du château de Juillé, à quelques kilomètres du Mans.

Traînés à Paris sur l’île aux Juifs, ils y seront condamnés au bûcher. L’événement marque la fin de sept ans de procédures et de tortures qui ont opposé, dans un bras de fer ignominieux, le roi Philippe IV le Bel aux puissants chevaliers de l’ordre des Templiers. Peu de temps auparavant, les moines guerriers prenaient place parmi les princes de sang. Soudain, ils sont accusés d’hérésie, de sacrilège et de sodomie.

La chute du Temple

Quelques années plus tôt, le vendredi 13 octobre 1307, cette mystérieuse et fascinante organisation s’écroulait tel un château de cartes. Avec cette disparition, s’envole aussi le secret de leur inestimable trésor. Les Templiers étaient, en effet, riches. Très riches.

Héritier des sciences orientales découvertes durant son long séjour en Terre sainte, l’ordre a accumulé une fortune considérable, notamment par la voie de ses opérations bancaires particulièrement novatrices. Leurs commanderies servent de coffres-forts et de lieu de dépôt. Ils recouvrent également les dettes, assurent les transports de fonds et diffusent les chèques sous forme de « lettre de change ». Une première.

Au fil du temps, les Templiers sont devenus les plus importants bailleurs de fonds du roi Philippe qui, un jour, décide de jeter sur eux ses filets afin de ne pas avoir à les rembourser. Comme il craint que la rumeur ne les avertisse de ses intentions, il inaugure la première « opération de police » de l’histoire de France en les faisant tous arrêter le même jour. C’est lui, en personne, à la tête de ses hommes d’armes, qui investit le Temple de Paris.

Hélas, la forteresse de la finance lui réserve une amère désillusion. Armoires et coffres jonchent les salles dévastées, mais d’un éventuel trésor, il n’y a pas la moindre trace.

Aujourd’hui, non loin du Mans (Sarthe), dans la commune de Juillé, une vieille tour se dresse près d’un château en ruine. La légende raconte que, dans les souterrains du donjon, un caveau s’ouvre aux douze coups de minuit, le jour de Noël. Il permet d’accéder à une sorte de grotte où seraient entreposées les richesses de l’ordre des Templiers.

Un secret de famille

Au XVIIsiècle, Jean de Faudoas, nobliau ruiné, eut vent d’un secret gardé dans sa famille. L’un de ses ancêtres, Hubert, était intendant du grand maître du Temple, tué lors du siège de Saint-Jean-d’Acre (Israël actuel) en 1291, Guillaume de Beaujeu.

Avant de rendre l’âme, ce dernier aurait demandé à ses compagnons de prendre sous leur aile celui qu’il considérait comme son fils et d’en faire un chevalier. Hubert de Faudoas, devenu l’un des leurs, fut chargé de la garde du trésor de l’ordre.

De retour en France, alors que la tension montait autour des Templiers et que les attaques du roi contre eux se faisaient de plus en plus précises, il aurait dissimulé l’or amassé et ramené depuis l’îlot forteresse d’Arwad, en Syrie, afin de le soustraire aux prétentions royales.

Mais, avant de gravir lui-même les marches du bûcher, il aurait eu le temps de confier son secret à l’un de ses descendants : les richesses templières seraient cachées dans les souterrains du château de Juillé. Depuis, de génération en génération, les fils aînés se transmettaient la confidence sans qu’aucun n’ait jamais tenté cette aventure jugée risquée.

La nuit de Noël

En effet, la légende racontait qu’Hubert de Faudoas lui avait ramené de Terre sainte un magicien arménien, qui possédait le pouvoir de faire ouvrir et fermer les portes uniquement par la vibration d’une cloche.

Il lui avait demandé d’utiliser ce procédé magique pour ouvrir et clore le caveau secret qu’il avait fait aménager dans le château de Juillé. La paroi s’ouvrant ainsi au son du bourdon de l’église voisine une seule fois dans l’année, à minuit, le jour de Noël. Mais l’ouverture ne durait que le temps de la résonance…

À la fin du XVIe siècle, Henri IV fit détruire le château de la famille de Faudoas, accusée de conspiration. Le donjon fut cependant épargné. Plus d’un siècle après cette démolition, Jean de Faudoas, descendant d’Hubert, était donc dépositaire du fameux secret de cette famille, tombée dans l’extrême pauvreté. Bien que connaissant le risque de rester enfermé dans la cave du trésor, il décida d’aller, lors d’une nuit de Noël, récupérer une partie du trésor du Temple afin de pouvoir nourrir les siens.

Édifice gallo-romain heptagonal de Juillé (Sarthe), où se trouve la mairie | OLDLION / CC BY-SA 4.0

Le calice envoyé au Pape

Ne pouvant partager son secret, il demanda à André, son plus proche ami, de venir voir, en cas de disparition le lendemain de Noël, s’il avait laissé une trace de son passage dans le vieux donjon. À l’heure dite, Jean ne réapparut pas. Fidèle à sa promesse, André gagna discrètement le vieux donjon et descendit dans les caves. Luttant contre sa peur, il pénétra dans le caveau vide qu’il entreprit d’explorer.

Horreur ! Au pied de la paroi qui présentait une fissure, se trouvaient des doigts sectionnés net à hauteur de la première phalange et, tout à côté, un calice rutilant de tous feux. Paniqué, il s’en empara, remonta et fila sans demander son reste. Terrifié à l’idée de posséder un objet potentiellement ensorcelé, il fit don du ciboire au curé du village.

Ce dernier le remit à l’évêque du Mans qui le fit expertiser par des orfèvres. L’objet était façonné en moldavite, une pierre précieuse ayant servi à tailler le Saint Graal, vase sacré qui aurait recueilli le sang du Christ. Ne sachant que faire, l’évêque du Mans envoya le précieux calice au Pape… Aujourd’hui, le mystère du trésor du Temple est-il toujours enfoui sous les ruines du vieux château ?