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Sur les traces des Templiers en Espagne

De notre confrère belleville-village.com – Présenté par Arthur

Mythe et histoire se rejoignent dans une sorte de nœud gordien lorsque nous essayons de naviguer sur les traces des Templiers en Espagne. Les légendes inspirées par les moines-chevaliers charismatiques ont donné naissance à une mosaïque de lieux classés comme « Templiers » par la tradition populaire, les auteurs littéraires et aussi les voix intéressées qui connaissent la veine éternelle qu’est l’Ordre du Temple.

Cependant, et contrairement à la croyance populaire, tous les lieux magiques ne connaissent pas l’empreinte des Templiers, et ils ne possédaient pas non plus autant de possessions qu’il y paraît lorsqu’on explore la géographie de notre pays. Ses propriétés documentées sont concentrées dans une poignée d’enclaves spécifiques dont l’importance était capitale pour les royaumes ibériques respectifs. Des sanctuaires au pouvoir magique indéniable aux forteresses stratégiques, les Templiers assuraient le contrôle de « lieux clés » disséminés dans toute notre géographie. Et en leur assignant toujours une mission précise : protéger et garder ce qu’eux seuls connaissaient.

LES GARDIENS DES ROUTES

L’arrivée des Templiers en Espagne commença en 1146 par décision de Alphonse VI de León. Le roi chrétien confia la défense des terres de Soria à l’Ordre du Temple, et leur aide inestimable poussa le reste des monarques de la péninsule à se tourner vers les Templiers dans leurs campagnes contre les musulmans. L’aide des moines chevaliers fut si précieuse que les rois de León et d’Aragon durent les récompenser avec différentes encomiendas, places données aux Templiers pour leur défense et leur exploitation économique. Les Templiers savaient très bien quels endroits choisir, et parmi les plus importants étaient les carrefours et les routes qui reliaient la péninsule ibérique depuis l’époque romaine.

Un exemple notable de l’intérêt des Templiers pour le contrôle et l’exploitation des routes et des chaussées est le Château de Monzon, à Huesca. La citadelle autrefois la plus importante du royaume d’Aragon conserve une bonne partie de ses vestiges médiévaux et s’impose encore sur une falaise qui gardait la voie romaine qui reliait Osca (Huesca) et Ilerda (Lérida). Monzón était un lieu intermédiaire entre les comtés catalan et aragonais, et aussi le principal accès à Barcelone depuis Saragosse, Navarre et Castille.

Le roi aragonais Jaime I (1213-1276) fit ses études au château et Elle devient l’un des derniers bastions de l’Ordre après sa dissolution par la France et le Pape en 1312. L’importance du château de Monzón dans les conflits ultérieurs qui ont dévasté l’Espagne, comme la guerre de Catalogne (1642-1652), la guerre de succession (1700-1713), la guerre d’indépendance (1808-1814) et la guerre civile ( 1936-1939) montre l’importance stratégique de la soi-disant « porte de Catalogne », et révèle le succès des Templiers en l’emmenant dans l’Ordre.

Le Prix Guillon, une première au musée du Compagnonnage

De notre confrère macon-infos.com – Par Jean-Marc Milamant

Les 19 et 20 janvier derniers, avait lieu la première édition de ce concours organisé par les Compagnons Charpentiers des Devoirs du Tour de France. L’idée est née dans les esprits de dix « Compagnons sédentaires » qui ont souhaité qu’il se tienne dans un lieu emblématique : le musée du Compagnonnage à Romanèche-Thorins. 

« Deux journées d’exercice professionnel ouvertes au public, pour faire perdurer le Trait de Charpente Français, un savoir-faire ancestral inscrit par l’UNESCO au Patrimoine Immatériel de l’humanité depuis 2009. En novembre 2010, le Compagnonnage a été inscrit sur la liste représentative du Patrimoine Culturel Immatériel de l’UNESCO. Ce projet de concours en Saône & Loire est une manière, pour les Compagnons Charpentiers des Devoirs du Tour de France, de témoigner leur attachement à l’histoire » (extrait du communiqué de presse).
Ce projet de concours en Saône & Loire est une manière, pour les Compagnons Charpentiers Des Devoirs du Tour de France, de témoigner leur attachement à l’histoire » (extrait du communiqué de presse).

Le concours :

Durant deux jours, 13 ouvriers charpentiers, originaires de Saône-et-Loire, Loire, Ain et Rhône, sont réunis dans les locaux du musée du Compagnonnage de Romanèche-Thorins, afin de relever un défi lancé par les Compagnons Charpentiers des Devoirs du Tour de France.

Les concurrents doivent être en cours de formation et avoir moins de 6 années de métier pour avoir l’autorisation de participer à ce concours.

Durant 24 heures (2 fois 12 heures) les concurrents doivent, à partir d’un projet constitué d’un dessin à plat et d’une numérisation en 3D, réaliser une épure sur table à dessin, soit une vue en plan permettant de visualiser le projet et les élévations qui permettent de visualiser chaque plan du toit dans une vue. Ceci durant les 12 premières heures (la notation de cette partie se fera sur le dessin réalisé dans le temps imparti, les éventuelles corrections apportées par la suite sont admises mais ne seront pas prises en comptes).

Au cours des 12 heures suivantes, ils devront réaliser le traçage des pièces de bois (rembarrement), puis leur taillage et enfin leur assemblage et ainsi réaliser une maquette à l’échelle à partir du dessin.

La réalisation de ce sujet a été testée par l’un des formateurs, lequel l’a réalisé en deux fois huit heures.

Les maquettes réalisées pendant ce concours seront exposées durant quelques mois au musée du Compagnonnage. La maquette primée sera offerte au musée.

Le musée du Compagnonnage :

« En 1871, Pierre François Guillon, Charpentier Du Devoir De Liberté, crée, à Romanèche-Thorins l’école professionnelle pratique de Stéréotomie appliquée à la construction, plus connue sous le nom de l’école de trait. À son décès en 1926, son fils choisit de léguer au département, les dessins (épures) et maquettes d’élèves, les chefs d’œuvre de Pierre-François Guillon, et tous documents et objets concernant sa vie de Compagnon et l’histoire de l’école.
Le musée est construit en 1928, agrandi en 1988. »

Le Compagnonnage :

Le Compagnonnage est issu des métiers traditionnels à la fin du Moyen Âge. C’est un parcours initiatique et professionnel qui repose sur un système de valeurs. La devise des Compagnons « Ne pas s’asservir, ne pas se servir, mais servir ». Le Compagnonnage a su s’adapter à la modernité, ainsi entre 1887 et 1889, une quarantaine de Compagnons Charpentiers contribuent à ériger la tour Eiffel. Le Compagnonnage est aujourd’hui remis en lumière par le chantier colossal de restauration de Notre Dame de Paris.

Plongez au cœur des mystères anciens avec « Vibrations Kabbalistiques » de Lina Chelli

Notre sœur Lina vous propose un voyage fascinant dans les profondeurs de la sagesse mystique. Découvrez comment les anciens enseignements kabbalistiques se mêlent aux vibrations subtiles de l’univers pour révéler des vérités cachées.

À travers les yeux perspicaces de Lina, explorez un monde où chaque lettre et chaque mot vibrent d’une énergie secrète, ouvrant des portes vers une compréhension plus profonde de soi et de l’invisible.

Vous avez aimé « Vibrations maçonniques 3, 5, 7 et plus…, … et autres (autoédition, 2018), vous aimerez Vibrations Kabbalistiques (1re éd., 2019 ; nouvelle éd. augm., 2023). Ce n’est pas seulement un livre ; c’est une clé pour déverrouiller les mystères les plus profonds de l’âme et de l’univers. Préparez-vous à être transformé !

Lettres Marseille façon Hollywood vues du port – Photo YG.

C’est dans son Marseille, joyau de la Méditerranée, ville qui captive par son histoire, son charme littéraire et son ambiance méditerranéenne, que nous avons rencontré, courant janvier, notre très chère sœur. Une belle rencontre avec une belle personne ! Lina pourrait être décrite comme une personnalité exceptionnelle dotée de capacités rares et fascinantes.

Lina Chelli récitant ses acrostiches, à Marseille – Photo YG.

Pour nous, elle est une figure remarquable dans le monde de l’écriture et de la mémoire. Possédant un don singulier pour l’écriture que nous pourrions décrire d’automatique, elle a la capacité extraordinaire de canaliser ses pensées et idées sur le papier de manière fluide et spontanée, sans effort conscient apparent. Cette aptitude lui permet de créer des œuvres littéraires, notamment des acrostiches, avec une facilité et une rapidité étonnantes.

En plus de ce talent pour l’écriture automatique, Lina possède une mémoire phénoménale. Elle est capable de réciter par cœur l’intégralité de ses écrits, y compris ses acrostiches les plus alambiqués. Plus impressionnant encore, elle récite ses œuvres avec une profondeur émotionnelle et une expressivité qui captivent son auditoire – ce jour-là nous étions quatre –, démontrant une connexion intime et puissante avec chaque mot et chaque phrase qu’elle a composés.

Elle restera pour moi, en tout cas, non seulement une prodige de la littérature, mais aussi une source d’inspiration pour ceux qui cherchent à comprendre les profondeurs de l’esprit humain et ses capacités extraordinaires. Sa maîtrise de l’écriture automatique, combinée à sa mémoire extraordinaire, fait d’elle une figure unique dans le domaine artistique, maçonnique, poétique et littéraire.

Elle a écrit plusieurs romans, mais reste une spécialiste de l’acrostiche… Vous avez dit acrostiche ? Il s’agit d’une forme de poésie ou un procédé littéraire dans lequel les premières lettres, syllabes ou mots de chaque ligne ou paragraphe forment un mot ou une phrase. Les acrostiches sont souvent utilisés comme des énigmes ou pour cacher un message secret… Cherchez et vous trouverez ! Être en quête offre toujours un réel plaisir.

Quatrième de couverture, détail.

De plus, ces acrostiches peuvent servir d’outils dans notre processus d’initiation ou d’enseignement au sein de la franc-maçonnerie. Ils peuvent ainsi aider à transmettre des connaissances de manière cryptée, accessible uniquement à ceux qui sont familiarisés avec les traditions et le symbolisme maçonniques. Dès le grade d’apprenti. Car ils peuvent également servir à renforcer le lien avec l’histoire et les traditions maçonniques, en faisant référence à des événements historiques, des figures importantes de la maçonnerie ou des concepts clés.

Ici et maintenant, Lina Chelli ‘’s’attaque’’ aux acrostiches kabbalistiques, une forme d’acrostiche utilisée dans le contexte de la Kabbale, une tradition mystique et ésotérique du judaïsme. La Kabbale se concentre sur la compréhension intérieure et mystique de Dieu, de l’univers et de la Torah (la loi juive). En abordant toutes les caractéristiques. En effet, Dans la Kabbale, les textes, les lettres et les mots sont souvent chargés de significations profondes et symboliques. Les acrostiches kabbalistiques cachent des significations ésotériques ou mystiques, où chaque lettre ou mot révèle une couche plus profonde de sagesse et de connaissance.

Si la gématrie, une forme de numérologie juive où chaque lettre hébraïque correspond à un nombre, joue un rôle important dans la Kabbale, ces acrostiches kabbalistiques incorporent des éléments de gématrie, ajoutant une dimension numérique à leur signification. Sans de couvrir le large spectre des concepts théologiques et mystiques avec des acrostiches utilisés pour explorer les Sephiroth (les attributs divins), un terme faisant référence à une force créatrice qui serait issue d’une énergie cosmique. Les Sephiroth constituent un Arbre de Vie, une structure symbolique dont la compréhension vise à apporter ordre et harmonie dans les aspects spirituels et matériels de l’existence humaine, transformant le chaos en équilibre

Véritables outils de méditation ou de prière, Lina, avec ses acrostiches, aide le cherchant, pourquoi pas, à se concentrer sur des aspects particuliers de sa foi ou de sa recherche spirituelle.

C’est aussi une manière de transmettre des connaissances ésotériques ou initiatiques… Et pourquoi pas aussi une aide pour l’interprétation mystique de textes sacrés, comme la Torah, en révélant quelques significations qui ne sont pas immédiatement évidentes dans le texte littéral.

Sentez-vous les vibrations ? Si sur le plan ésotérique, les concepts de vibration et d’énergie vibratoire sont centraux et revêtent plusieurs significations et interprétations, ici « tout est vibration ».

Nul doute que vous en ressentirez les bienfaits… D’ailleurs, dans certaines croyances, la vibration d’une personne est liée à son bien-être physique, émotionnel, mental et spirituel. Les vibrations plus élevées seraient associées à des sentiments de paix, de joie et d’amour – tandis que les vibrations plus basses seraient liées à des états négatifs comme la peur, la colère et la tristesse.

L’auteure passe en revue pas moins de 76 concepts, à commencer par l’alphabet hébreu, avec ses lettres uniques, riche en symbolisme et significations profondes. Chaque lettre hébraïque est considérée comme plus qu’un simple caractère alphabétique ; elle possède une valeur numérique, une signification symbolique, et est souvent associée à des concepts spirituels : de l’Aleph (א), la première lettre souvent associée au concept de l’unité de Dieu, au commencement et au potentiel à la dernière, le Tav (ת), symbolisant la vérité, la perfection et la complétude.

Suivez, si tel est votre désir Line Chelli, sur Facebook notamment. Vous pouvez aussi (re)lire notre article du 22 juillet 2022 « Lina Chelli : Personne ne vend autant de livres maçonniques qu’elle ! » Restez en contact avec Lina par mail linachelli@laposte.net ou par téléphone au 06 16 08 02 52.

Mot du mois : « Dignité »

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Ce vocable, sans être tout à fait passé de mode, voit néanmoins sa cote de popularité s’étioler en peau de chagrin dans le monde contemporain, tant il dérange par sa rigidité supposée, la raideur du comportement dont on le colore souvent.

L’idée générale du sémantisme *dek- exprime l’idée de conformation, d’adaptation.

Le latin *decet, il convient, désigne la décence, ce qu’on se doit de montrer ou de faire.

Ainsi le décor est-il ce qui est beau parce que décent, conforme aux règles et aux divers rythmes du théâtre, à l’assortiment des couleurs et des formes, des gestes et des propos, dans la vie tant privée que publique.

On fait preuve de dignité, c’est-à-dire qu’on s’attache à ce qui peut être montré, sans encourir le reproche de l’indécence au risque de l’indignité. Et par là-même d’un dédain justifié de la part de l’entourage.

Un carcan, qui d’ailleurs ne manqua pas de confiner au ridicule dans les mœurs aristocratiques et bourgeoises de certaines époques, entre autres d’excessive pudeur victorienne au XIXe siècle, tant le corps suggéré ou esquissé était honni. Corsets et crinolines en font preuve. Au grand risque d’y laisser sa santé et sa respiration ! Le vertugadin n’était-il pas cebourrelet qui permettait de cacher la grossesse d’une femme ?

Le Prince de Ligne (1735-1814) décrit, dans sa Correspondance littéraire, le despotisme conjugal de son père : « Ma mère avait grand’peur de lui. Elle accoucha de moi en grand vertugadin, et elle mourut de même quelques années après, tant il aimait les cérémonies et l’air de dignité. »

La dignité s’inscrit dans le registre sémantique de ce qui relève de la réputation, de ce qu’on montre, prouve par son comportement et qui conditionne l’opinion que les autres se feront de soi.  *Docere, doxa. Ainsi naît l’orthodoxie et le dogmatisme et leur long cortège coercitif.

La dignité ? Une belle vertu, si elle s’assortit du respect de soi, avant même de présider aux relations sociales. Et elle suppose de s’interroger lucidement sur ce qui autorise à y occuper une place dans la justesse en perpétuelle approximation des fils qui tissent la vie. Un art de vivre jusqu’à celui de mourir dans la dignité.

Annick DROGOU

Ta dignité, ma dignité, notre dignité. Cette dignité que nous avons en partage. Ce bien inaliénable qui impose le respect, autant le respect que je te dois que celui que je me dois à moi-même. La dignité qui fait qu’une vie vaut la peine d’être vécue. Dignité de celui qui a la force de se tenir debout et égale dignité du plus vulnérable d’entre nous, de celui qui a rendu les armes et qui mérite la pitié, cette merci qui n’est pas l’apitoiement sentimental.

Toutes les dignités, celle du héros qui se dresse contre la barbarie et celle, tout aussi élevée, de l’émigré qui survit dans l’épaisseur des jours, dans l’ombre de la société, et continue à vouloir la vie meilleure. La dignité, qui fait que tout être humain est plus grand qu’il ne paraît en apparence. La fraternité ne va pas sans la perception de la dignité.

Il faut oser parler de la dignité, comme il faut oser parler de l’honneur, toujours au singulier, pas au pluriel où les dignités sont réservées à des dignitaires qui en manquent trop souvent. Il ne faut pas avoir peur de ce mot, même si on ne le prononce pas sans gravité. Dignité de ceux qui refusent les servitudes volontaires et tout ce qui avilit. La dignité ne sera jamais un luxe, un accessoire et encore moins une vanité. C’est le courage de tenir droit contre tous les vents mauvais. C’est le mérite de celui qui a pour horizon ce qui est digne d’être rêvé et bon de vouloir réaliser.

Jean DUMONTEIL

L’insigne de l’innocence – Symbolisme du tablier en peau d’agneau

De notre confrère Darren Allattdu Daily Masonic Progress

Avez-vous déjà réfléchi au profond symbolisme qui se cache derrière notre tablier ? Lorsqu’un apprenti reçoit son tablier en peau d’agneau pour la première fois, on lui dit qu’il représente « l’insigne de l’innocence ».

Mais pourquoi le tablier en peau d’agneau est-il l’emblème profond de la pureté et de l’innocence ? Pourquoi pas d’autres matériaux ou symboles ? Pénétrons dans l’univers du tablier et découvrons les multiples facettes de la signification de ce symbole.

Depuis l’Antiquité, l’agneau est un symbole universel d’innocence. Dans la mythologie égyptienne, le bélier, proche de l’agneau, symbolise la protection et la force. Les Grecs de l’Antiquité considéraient les agneaux comme des êtres purs, comme en témoignent leurs rituels sacrificiels. Dans le zoroastrisme, l’agneau représente la bonté et la pureté. En Mésopotamie, les agneaux, considérés comme doux et purs, étaient utilisés pour les offrandes aux dieux.

L’Ancien Testament et le Tanakh amplifient ce symbolisme. L’agneau y est souvent associé aux sacrifices, notamment dans le Lévitique, où il est considéré comme une offrande pure pour l’expiation. L’agneau de la Pâque dans l’Exode est un symbole de délivrance et de salut. Les livres prophétiques, comme Isaïe, utilisent l’agneau de manière métaphorique pour représenter l’innocence et l’humilité.

Si l’agneau symbolise l’innocence, il représente aussi le sacrifice. Comment ces deux idées apparemment opposées peuvent-elles coexister ? Ce paradoxe est au cœur du symbolisme maçonnique du tablier. L’utilisation sacrificielle de l’agneau dans les cultures anciennes correspond aux valeurs maçonniques de sacrifice de soi pour le bien commun. Mais ce n’est pas tout.

Prenons l’allégorie maçonnique du frêne rugueux et du frêne parfait. Il s’agit d’un voyage de transformation, où l’on cisèle les aspects rugueux et non façonnés de nous-mêmes. Ce processus est une forme d’abnégation, qui consiste à renoncer à une gratification immédiate au profit d’une croissance à long terme. En d’autres termes, nous sacrifions ce que nous sommes aujourd’hui pour ce que nous pourrons devenir demain.

Réfléchissons maintenant au concept d’innocence. Dans la franc-maçonnerie, le port du tablier en peau d’agneau est une déclaration publique d’un caractère sans tache, sans antécédents criminels. Cela correspond à la présomption légale et morale d’innocence. Mais la métaphore est plus profonde.

Dans ce contexte, une personne sans casier judiciaire est considérée comme « innocente » car elle n’a pas fait pencher la balance métaphorique en sa défaveur. La balance est équilibrée par défaut. En revanche, pour une personne qui a purgé sa peine pour un crime, la balance est ramenée à un état neutre, et non à l’état initial d’innocence. L’histoire de ses actes fait toujours partie de sa vie.

Que symbolise donc le tablier en peau d’agneau dans la franc-maçonnerie ?

C’est un rappel du devoir du porteur de maintenir l’intégrité morale et les normes éthiques. Le tablier incarne les vertus maçonniques telles que la pureté, la résilience et la confiance en un ordre moral supérieur.

Mais le port du tablier ne garantit pas une innocence perpétuelle. Il existe un risque de complaisance, un faux sentiment de supériorité morale. Il est essentiel de se rappeler que le tablier est un symbole, un rappel de la nécessité de s’efforcer continuellement de vivre de manière éthique. Le véritable défi consiste à maintenir les vertus qu’il représente.

L’incapacité à maintenir ces vertus peut conduire à un déclin moral. Le parcours maçonnique implique une amélioration continue de soi et l’adhésion aux leçons et principes enseignés par nos cérémonies. Perdre cela de vue peut conduire à une chute métaphorique de la grâce – le contraire de ce que le tablier symbolise.

Le tablier en peau d’agneau est donc plus qu’un vêtement maçonnique. C’est une leçon d’humilité et un appel à une vigilance morale permanente. Il nous rappelle qu’il faut toujours équilibrer nos actions avec la pureté et l’innocence qu’il symbolise. En substance, il nous enseigne à être attentifs à nos devoirs moraux et éthiques, en nous efforçant constamment d’incarner les principes de la franc-maçonnerie.

L’assimilation de ces leçons conduit à l’épanouissement personnel et au développement moral. La transformation réside dans la reconnaissance de nos défauts et le travail continu pour devenir de meilleures versions de nous-mêmes. Le tablier n’est donc pas seulement un vêtement, mais un symbole de notre engagement dans ce voyage de raffinement moral qui dure toute la vie.

En conclusion, le tablier en peau d’agneau de la franc-maçonnerie est un emblème puissant. Il représente un voyage d’innocence et d’illumination morale, un engagement à se sacrifier pour le bien commun et un rappel constant de notre devoir de défendre la vertu et l’intégrité. Le tablier est un symbole qui nous incite à nous améliorer, non seulement en tant que francs-maçons, mais aussi en tant qu’individus contribuant au bien de la société.

Justice. « Chasse aux francs-maçons » : l’État fait marche arrière et obéit à la CEDH/Il Doute

De notre confrère italien grandeoriente.it – Par Damiano Aliprandi

La Cour européenne suspend l’affaire « Franc-maçonnerie contre Italie », notant que le gouvernement a supprimé la violation commise par le tribunal de Prato. Mais l’interdiction continue des loges demeure.

Il se trouve qu’en 2012 le tribunal de Prato a publié un document concernant les « Conditions et documents nécessaires à l’inscription au registre des experts », dans lequel il était demandé aux candidats de déclarer leur éventuelle appartenance aux loges maçonniques. Cette discrimination, une autre encore, a conduit la Grande Oriente d’Italia du Palazzo Giustiniani à faire appel devant la Cour européenne de Strasbourg. Oui, car cela constitue une violation de la Convention européenne des droits de l’homme, en particulier de l’article 11, qui garantit à toute personne le droit à la liberté d’association, qui ne peut être limité qu’en cas de nécessité pour des raisons liées à l’ordre public, à la défense de l’ordre et la criminalité et la sécurité nationale.

Après le signalement de l’affaire, le gouvernement italien a informé les juges de Strasbourg que le document en question avait été retiré. En conséquence, l’État a demandé le classement sans suite de l’affaire en vertu de l’article 37 de la Convention. Le Grand Orient a accepté le rejet de la demande, reconnaissant que les autorités italiennes avaient résolu les violations alléguées. Il a également demandé que, conformément à l’article 43, paragraphe 4 du règlement, les frais de justice soient à la charge de l’État italien.

La Cour a rappelé que, pour conclure le différend, il est nécessaire d’examiner si les faits litigieux persistent et si les conséquences d’une prétendue violation de la Convention ont été éliminées. En l’espèce, les deux parties ont convenu que les faits litigieux ne persistaient plus. En conséquence, la Cour a estimé que le différend avait été résolu et a décidé de rejeter la demande. Concernant les frais de justice, les juges européens ont décidé, compte tenu des circonstances du dossier, d’accorder à la franc-maçonnerie la somme de 1.500 euros pour les frais exposés.

Une discrimination aux origines anciennes

La discrimination contre les francs-maçons est un phénomène complexe aux origines anciennes, se manifestant sous différentes formes au fil des siècles. De manière générale, la franc-maçonnerie a fait l’objet de discrimination de la part de ceux qui la considèrent comme une menace pour l’ordre établi ou pour les valeurs traditionnelles. En particulier, selon les périodes historiques, elle a été accusée d’être une société secrète qui opère dans l’ombre pour poursuivre ses propres intérêts, une secte qui pratique des rituels occultes et dangereux ou une organisation subversive qui vise à renverser l’ordre établi. Ces derniers temps, elle a même été accusée d’hétéro-diriger la mafia. Evidemment, toutes les théories du complot (souvent judiciaires) sont totalement peu concluantes. Des choses que Giovanni Falcone avait également examiné à l’époque, concluant que c’était infondé. Ces accusations ont contribué à créer un climat de méfiance et d’hostilité à l’égard de la franc-maçonnerie, se manifestant par des formes concrètes de discrimination.

Des camps de concentration à Licio Gelli

La période fasciste constitue certainement le moment le plus tragique du Grand Orient d’Italie qui en 1925, sous le grand maître Domizio Torrigiani, dissout les loges conformément à la loi sur les associations, de novembre de la même année, voulue par Mussolini (on se souvient la seule opposition d’Antonio Gramsci avec son célèbre discours au parlement) pour faire taire le dernier bastion de la liberté du pays. Le Grand Orient d’Italie transmigre en France, le palais Giustiniani est confisqué par le gouvernement, les francs-maçons sont persécutés, parfois tués (comme dans le cas de Giovanni Becciolini), les sièges des loges sont pris d’assaut et détruits.

Les francs-maçons d’Europe, harcelés par les condamnations des gouvernements totalitaires, ont connu le même sort et ont également été victimes des camps de concentration nazis : l’estimation, approximative car non entièrement examinée au niveau international, est d’environ 80 000 (bien que certains citent le double) . A Rome, lors du massacre des Fosses Ardéatines, 18 francs-maçons sont morts.

Le cas de la franc-maçonnerie en tant qu’entité cachée qui entrave la vie démocratique du pays explose avec l’affaire P2 menée par Licio Gelli. Une campagne violente a donc été inaugurée, même si les responsabilités de personnalités individuelles qui, par leur appartenance à P2, poursuivaient des avantages personnels ont été immédiatement identifiées. L’histoire nous apprend que P2 existait bien avant Gelli et que c’est ce dernier, se mettant à la tête, qui l’utilisa non seulement à ses fins personnelles, mais surtout – grâce à son talent de vendeur à travers l’adhésion des personnalités importantes du – gravir le  Corriere della Sera  et le Banco Ambrosiano, rester à la tête des nombreuses entreprises publiques de l’époque, du CSM et des services secrets. La vérité judiciaire, avec l’arrêt de la Cour Suprême de novembre 1996, nous apprend que le P2, à travers Gelli, plutôt qu’une loge secrète (le rite maçonnique disparaît complètement, théorie considérée comme stérile, ainsi que la motivation philosophique) était en fait un comité d’entreprise, une « structure fonctionnelle pour une activité de type business-clientéliste ».

Des théorèmes judiciaires aux « lois de l’inquisition »

De nombreuses enquêtes judiciaires ont eu lieu à partir de la théorie du complot, mais n’ont rapidement abouti à rien. Tout d’abord, celle menée par le procureur de l’époque de Palmi Agostino Cordova. Pour restaurer son honneur, la franc-maçonnerie a dû faire appel devant la Cour européenne de Strasbourg. Le premier appel remonte à 1997, qui avait remporté la première victoire du Grand Orient en 2001, avec la condamnation de l’État italien.

Malgré tout, il reste dans l’imaginaire collectif que la franc-maçonnerie est quelque chose de sombre. Évidemment, la politique domine tout cela. Des propositions discriminatoires ont également été soumises au Parlement. Il suffit de penser au moment où, en 2019, les grillini ont présenté un projet de loi qui, en substance, voulait interdire les employés de l’administration publique membres de la franc-maçonnerie. Il s’agit évidemment d’une proposition qui est restée sans réponse, notamment parce qu’elle n’aurait pas résisté à un examen constitutionnel. En revanche, elle semble faire écho à la première loi fasciste, celle immédiatement contestée par Gramsci.

Mais on se souvient aussi de la commission antimafia présidée à l’époque par Rosy Bindi. Sur la base d’une saisie douteuse de la liste de tous les membres des loges, dans le rapport final est constatée la présence de certains prêtres dans les listes. Le président Bindi, qui a personnellement signé le rapport, se sent obligé de souligner à ce propos que « sur la base de la Declaratio de associationibus masonicis » il existe une inconciliabilité entre l’appartenance à l’Église catholique et la franc-maçonnerie, dont l’adhésion reste interdite aux croyants. Une considération qui semblait être celle du Saint-Office plus qu’un acte final d’une commission du Parlement. Ironiquement, c’est précisément à San Macuto que Galileo Galilei fut jugé et condamné au bûcher.

Mais cela ne s’arrête pas là. La dernière commission antimafia de la région Sicile, dirigée par Claudio Fava, a fait bien plus. En 2018, l’assemblée a approuvé l’obligation de déclarer l’appartenance aux loges maçonniques. Le Grand Orient a fait appel devant la Cour européenne et, entre-temps, la Commission de la Direction générale de la Justice de l’UE a ouvert un dossier pilote sur la loi, soulignant d’éventuelles violations des principes de l’Union relatifs au respect de la vie privée, à la liberté de pensée et non-discrimination. En revanche, précisément dans le cas du Tribunal de Prato, l’État italien a dû intervenir pour éviter une énième condamnation de la CEDH. Le fait objectif demeure que, malgré les efforts du Grand Orient d’Italie pour défendre ses droits, une image déformée et négative de la franc-maçonnerie persiste dans la société, alimentée par des stéréotypes et des propositions législatives discriminatoires.

Les francs-maçons prévoient un nouveau restaurant pour apporter à Brighton sa première étoile Michelin en 40 ans

De notre confrère anglais brightonandhovenews.org – Par Jo Wadsworth

Les maçons de Brighton prévoient d’ouvrir deux restaurants gastronomiques dans leur loge du centre-ville, dans le but d’obtenir une étoile Michelin d’ici deux ans. Le Sussex Masonic Club a demandé à transformer le rez-de-chaussée et le sous-sol de son siège social de Queens Road en restaurant, avec un appartement de trois chambres au troisième étage. Les premier et deuxième étages continueraient à être utilisés comme loge maçonnique.

La candidature, rédigée par Robert Saunders de RSP Architects, indique qu’au cours des 40 dernières années, le nombre de membres de la branche a chuté de moitié, passant de 10 000 à 5 000, et qu’il est probable qu’il baisse encore davantage.

Les maçons avaient déjà reçu l’autorisation de transformer une partie du bâtiment classé en bureaux en 2019, mais cela ne s’est pas produit.

Il dit : « En raison de la chute du nombre d’adhérents, le bâtiment a désormais dépassé sa fonction d’origine et de nouvelles utilisations sont vitales si l’on veut couvrir les dépenses d’entretien et de réparation du bien patrimonial via de nouvelles sources de revenus.

«C’était bien entendu le cas de l’autorisation initiale de changement d’usage pour des bureaux dans certaines parties du bâtiment, que les urbanistes et les agents de protection de la nature du conseil municipal ont ensuite accepté.

« Les seules raisons pour lesquelles le programme approuvé n’a pas été mis en œuvre étaient dues à l’impact de la pandémie de Covid qui a suivi sur les facteurs économiques et marketing.

« Aucune autre utilisation appropriée n’a été proposée, donc si la demande actuelle est refusée, la loge court le risque de ne pas être en mesure d’entretenir, de réparer et d’entretenir ce bâtiment classé. »

Il indique que le restaurant serait dirigé par un chef formé à deux et trois étoiles Michelin, employant 20 à 25 personnes et apportant « deux concepts uniques encore inédits à Brighton ».

Il comporterait 42 couverts au rez-de-chaussée et 18 autres au sous-sol, qui abriterait également une cave à vin de plain-pied. Les deux étages auraient uniquement des places assises, et chacun aurait un prix et un public cible « radicalement différents », même si les deux seraient une cuisine raffinée.

Il indique que l’aménagement coûterait jusqu’à 1 million de livres sterling, avec un objectif de deux ans pour apporter à Brighton sa « première étoile Michelin ».

Brighton et Hove n’ont pas eu de restaurant étoilé Michelin depuis le début des années 1980, lorsque Le Français à Paston Place, Kemp Town, a fermé ses portes.

Une centaine de jeunes attirés par le Compagnonnage à Colomiers

De notre confrère ladepeche.fr

Le week-end dernier, le centre de formation en alternance des Compagnons du Devoir de Colomiers organisait des journées portes ouvertes. Quatre cent quatre visiteurs, curieux de découvrir les installations, les ateliers et les différents métiers proposés se sont succédé sur les deux jours.

Le CFA a enregistré 96 préinscriptions sur son offre de formation qui est, pour rappel, centrée sur le secteur de la métallurgie et de l’industrie avec la plomberie, la serrurerie, la chaudronnerie, la carrosserie et la mécanique de précision et sur celui du bâtiment avec la maçonnerie et la couverture.

Les jeunes préinscrits rejoindront les 388 jeunes alternants actuellement sur le site et intégreront peut-être les rangs des Compagnons du Tour de France. Tout comme Marius « entré chez les Compagnons pour maîtriser un métier et tenter de trouver une spécialité dans celui-ci pour se démarquer des autres » ou Léo qui vise à être « un des meilleurs apprentis de France (MAF) ou un des meilleurs ouvriers de France (MOF) » ou encore Ambroise, itinérant Tour de France, en deuxième année de serrurerie. « J’ai commencé mon apprentissage à Reims puis ma première année de Tour de France du côté de Lyon avant de me retrouver ici à Colomiers. En fait, la première année, on découvre le fonctionnement de l’institution. Si on aime son métier et la mentalité des Compagnons, et que l’on est à l’aise avec le fait d’aimer vivre avec les autres, ce n’est pas difficile » déclare-t-il.

Les prochaines portes ouvertes du site de Colomiers auront lieu le samedi 23 mars.

Destructuration FM

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L’humoriste JISSEY ayant appris que tout allait se savoir à ROUBAIX sur la franc-maçonnerie féminine... s’est un peu inquiété. Et si dans l’assistance se trouvait une prof de fac de Lille dont le mari était destructuré ?

Il a donc imaginé une variante WOKE de la situation maçonnique féminine afin que toutes les tendances, mêmes les moins traditionnelles, puissent s’exprimer…

Le côté féminin de la franc-maçonnerie portugaise

De notre confrère portugais noticiasmagazine.pt – Par CATARINA SILVA

Le Grand Orient Lusitan, la plus ancienne obédience maçonnique portugaise, débat désormais de l’entrée des femmes. Ce sujet qui dure depuis des décennies, est un tabou qui n’a pas cessé d’exister et qui perdure au sein de l’organisation au niveau international. Mais même si la franc-maçonnerie est une institution historiquement masculine, la vérité est qu’elle a toujours été présente. Même en combattant pour la République et la liberté.

Nous étions au tournant du millénaire, il y a une vingtaine d’années, lorsqu’Odete Isabel, féministe, fervente défenseure de l’égalité des droits, femme d’avril, a frappé à la porte de la franc-maçonnerie. Oui, de la franc-maçonnerie. J’ai été influencé par la force du discours de mon ami António Arnaut, franc-maçon, avocat et homme politique portugais bien connu, ainsi que par deux amis de Coimbra. C’était en 2000 et Odete Isabel entre ainsi dans la Grande Loge Féminine du Portugal, la seule obédience maçonnique exclusivement féminine de notre pays, dont elle ne quittera plus jamais, et est maintenant Grande Maîtresse pour la deuxième fois, le plus haut degré. « J’avais 60 ans à l’époque et je voulais essayer, voir si je pouvais réussir en franc-maçonnerie et ils m’ont ouvert la porte », se souvient-il. Mais cette histoire commence bien plus tôt, c’est Odete Isabel elle-même, aujourd’hui âgée de 83 ans, qui fait la révélation. Il faut revenir en enfance pour en comprendre les subtilités. Ainsi soit-il.

Elle a grandi à l’Estado Novo à Mealhada et son professeur du primaire a convaincu son père de la laisser poursuivre ses études. Elle a toujours voulu être chirurgienne, mais elle a vite compris que ce n’était pas un métier de femme, que les femmes n’avaient pas de mains pour opérer, signe des temps. Elle obtient son diplôme de pharmacie, étudie à Porto et travaille déjà le 25 avril 1974 dans les services pharmaceutiques de l’hôpital et du centre universitaire de Coimbra. Odete Isabel traverse cette date historique pleine d’espoir et peu après, elle veut se présenter aux élections, Chamber da Mealhada, contestée par un ami. On lui a même dit de « laisser la politique aux hommes », mais c’est une femme de fibre, intrépide par nature. Elle est désignée comme la première femme élue maire du Portugal, lors des élections municipales de 1976, l’une des Cinq Magnifiques qui ont osé défier le pouvoir masculin cette année-là et qui ont été élues. Ce cadre est important, souligne Odete Isabel, pour expliquer la rencontre avec la franc-maçonnerie. « Le 25 avril m’a fait m’épanouir, j’ai beaucoup grandi. Et, plus tard, la franc-maçonnerie m’a donné un espace pour penser librement, elle m’a apporté l’espoir d’une société plus égalitaire. Mais il y a encore beaucoup de préjugés et d’ignorance.»

Et voilà, les préjugés, l’ignorance. La question des femmes dans la Franc-Maçonnerie, qui est historiquement une institution masculine, est un débat depuis des décennies, un tabou qui n’a cessé d’être, une discussion interne qui se poursuit encore aujourd’hui, malgré le fait que les femmes ont toujours été présentes dans la Franc-Maçonnerie.(bien que souvent de manière clandestine et inhabituelle, des femmes étaient initiées à la franc-maçonnerie pour avoir espionné les cérémonies maçonniques des hommes, histoire de protéger les secrets des loges).

« La franc-maçonnerie était en avance sur son temps sur de nombreux aspects, mais pas par rapport aux femmes », critique sans détours Odete Isabel. La Grande Oriente Lusitano (GOL), fondée en 1802, qui existe depuis sans interruption, la plus ancienne obédience maçonnique du Portugal, évidemment masculine, discute désormais de la question. Après que plusieurs membres ont exigé la modernisation de l’organisation, GOL a commencé par enquêter sur les 103 loges du pays (il y a des loges dans tous les districts) qui composent l’obédience, en écoutant les francs-maçons sur l’initiation des femmes et la majorité a montré qu’ils étaient favorables.

Mais ce n’était qu’un premier pas, le sujet doit désormais être débattu au sein de la Grande Diète, sorte de parlement maçonnique GOL, qui se réunit périodiquement au Palais maçonnique, dans le Bairro Alto, à Lisbonne. Il y a en moyenne deux représentants par magasin, qui présenteront des propositions et décideront des modalités d’entrée des femmes. Dans une interview accordée à Lusa, Fernando Cabecinha, grand maître de GOL, a expliqué qu’« en ce moment, il existe un désir majoritaire du peuple maçonnique que GOL soit une obédience où travaillent des loges masculines, féminines ou mixtes ». Mais le processus est délicat, il nécessite de changer les procédures, peut-être même de changer la constitution maçonnique. Une source du GOL, qui compte environ 2 500 membres, a indiqué que le débat à la Grande Diète avait déjà commencé le week-end dernier. Mais le chemin prendra du temps. Il est intéressant de noter que le Grand Orient de France admet les loges mixtes depuis 2012 et le Grand Orient de Belgique depuis 2020 (où la création de loges exclusivement féminines est désormais en discussion).

En effet, selon António Ventura, docteur en histoire contemporaine, professeur émérite à la Faculté des Arts de l’Université de Lisbonne, auteur de livres sur la franc-maçonnerie et lui-même franc-maçon, « il y a déjà eu des femmes dans GOL ». « Au XIXe siècle, il y avait des loges de femmes et au XXe siècle, il y avait deux loges féminines, qui étaient à égalité avec les loges masculines, elles avaient des représentants à la Grande Diète », explique-t-il. Cependant, en 1922, « GOL adhéra à l’Association maçonnique internationale et l’une des conditions des statuts de cette association était que les femmes n’en faisaient pas partie », ce qui aboutit au départ définitif des éléments féminins. « Ce qui prévalait à cette époque, et encore aujourd’hui, dans la majorité de la franc-maçonnerie internationale, c’est la non-présence des femmes, non pas à cause de préjugés, mais par tradition », explique António Ventura. En fait, la Constitution d’Anderson de 1723, le document fondateur de la franc-maçonnerie moderne, qui a émergé en Angleterre, n’autorise pas les femmes à entrer. « C’est très lié à la mentalité de cette époque, au rôle que les femmes avaient socialement. Ceux qui défendent aujourd’hui l’entrée des femmes le font précisément pour s’adapter aux temps nouveaux.»

En éliminant les contraintes de la tradition, il faut rappeler, dit le professeur à la retraite, « que les femmes dans la franc-maçonnerie ont joué un rôle très important, avec des figures comme Ana de Castro Osório ou Adelaide Cabette, certaines des femmes les plus importantes du mouvement féministe et républicain. ». Les francs-maçons ont participé activement à la Constitution de la République portugaise, inspirés par la réalisation des droits des femmes, à savoir le droit de vote, une attente qui finira par être déçue. Le seul texte que Lídia Jorge ait écrit pour le théâtre jusqu’à présent s’intitule « A masão » et s’inspire précisément de la vie d’Adélaïde Cabette. L’histoire de la franc-maçonnerie est inévitablement liée à celle du pays, même dans le rôle des femmes.

Les préjugés, le mystère, les controverses

Mais avant tout, nous devons comprendre la franc-maçonnerie, son fonctionnement, le manteau de mystère dans lequel elle vit encore. La franc-maçonnerie est une organisation dans laquelle une personne entre par une cérémonie d’initiation et qui comporte une série de rituels. Pour le reste, et pour faire simple, même si cela n’a rien de religieux, c’est ainsi que cela se passe dans les religions. De plus, il est universel, il a des principes transversaux de liberté, d’égalité et de fraternité, qui se matérialisent alors différemment dans chaque organisation maçonnique (obéissance, comme on l’appelle), presque comme le christianisme qui se matérialise dans différentes églises. Et c’est fraternel, basé sur l’idée que tous les membres sont frères et doivent s’entraider.

Chaque obédience – on estime qu’il y en a aujourd’hui plus de 20 au Portugal, masculines, mixtes, une féminine, elles se sont multipliées après le 25 avril – est formée de plusieurs loges, qui sont des lieux de rencontre, des temples, et qu’elles suivent. Une hiérarchie (chaque loge a une sorte de mini-gouvernement, comme c’est le cas dans une entreprise, une association ou un club). Il y a des rituels, on porte les fameux tabliers, symbole du travail, on discute des idées, on débat, on fait des promesses et des serments, on initie de nouveaux membres, on approuve des aides financières, on crée des projets qui prennent forme dans le monde profane. L’objectif ultime est l’amélioration individuelle, un processus intime d’évolution personnelle, souvent à travers la coexistence avec des personnes qui pensent différemment, de partis différents, de religions différentes. C’est même un espace philosophique qui, dans les séances organisées par chaque loge, cherche à répondre aux questions profondes de l’humanité, qui défend les principes de tolérance, d’une société plus juste et égalitaire. Et les francs-maçons doivent intégrer ces principes dans leur vie personnelle. Si l’on remonte à ses origines, au Moyen Âge, la franc-maçonnerie est née aux mains des maçons et des bâtisseurs, comme un espace de socialisation fondé sur la tolérance.

(Photo : Leonardo Negrão/Global Imagens)

Cela dit, même aujourd’hui, il vit sous un rideau de mystère, notamment parce qu’il existe un secret maçonnique, que seuls les membres savent ce qui se passe lors des séances et que l’identité des autres francs-maçons ne peut être divulguée – beaucoup choisissent de ne pas dire publiquement qu’ils sont francs-maçons. C’est peut-être pour cela qu’il suscite tant de curiosité. «C’est pour des raisons historiques, pour éviter la persécution (comme cela s’est produit avec l’Inquisition). Il existe encore des cas où des personnes en subissent un préjudice professionnel. Pourquoi alors ne peut-on pas assister à une séance maçonnique ? Pour la même raison que vous ne pouvez pas assister à un Conseil des ministres ou à une réunion du conseil d’administration d’une entreprise. C’est comme rejoindre un club réservé aux membres, cela n’a rien à voir avec des pratiques indignes ou conspiratrices », souligne António Ventura.

Malgré cela, la franc-maçonnerie a déjà connu plusieurs controverses, en raison de prétendus copinage et influence dans la politique, ainsi que dans la justice. Il y a un peu plus de dix ans, un ancien juge accusait la franc-maçonnerie de contrôler les tribunaux portugais. Dans le livre « La fin des secrets », l’auteur Catarina Guerreiro a révélé que la franc-maçonnerie recrute bon nombre de ses membres parmi les jeunes partisans du PS et du PSD, également dans les universités. Et il y aura dans le pays une loge qui parviendra toujours à avoir parmi ses membres un proche des différents premiers ministres. L’œuvre, datant de 2015, lève encore le voile sur ce qui se passe lors des réunions, notamment les rituels avec crânes et cercueils.

Plus récemment, le fait qu’il y ait des francs-maçons d’extrême droite, notamment au sein du GOL, est devenu public, même si l’entrée d’un nouveau membre se fait par parrainage, il y a d’abord une enquête (pour s’assurer que les candidats sont exemplaires sur le plan moral et social et jusqu’à ce qu’il soit nécessaire de présenter un casier judiciaire. Le Grand Maître, Fernando Cabecinha, a déjà déclaré que les intolérants liés aux mouvements populistes ne se sentiront pas à l’aise dans la franc-maçonnerie, qui lutte pour les principes égalitaires, qui défend la démocratie et le « respect d’autrui ». Mais la franc-maçonnerie est le reflet de la société, composée d’êtres humains.

(Photo : Leonardo Negrão/Global Imagens)

Pour ceux qui le voient de l’extérieur, il y a l’idée qu’il s’agit d’un lieu réservé aux personnes riches et influentes. Et les mythes qui l’entourent y contribuent beaucoup. En effet, pour entrer, il faut payer une sorte de frais (entre 150 et 200 euros chez GOL) et il y a des frais mensuels (en moyenne 20 euros). En plus du sac de collecte d’argent, qui circule à chaque séance, il est remis à quiconque le souhaite, comme cela se produit à la messe, pour récolter des fonds pour des projets caritatifs par exemple. « Posséder un bijou n’est pas exclusif à la franc-maçonnerie et ce n’est pas une valeur exorbitante. Cela n’a jamais été un espace pour les personnes influentes. Il suffit de voir que dans la Première République portugaise, les membres les plus importants étaient des commerçants, des enseignants, des employés, et non des hommes politiques. Actuellement, il y a des gens de partout, des agriculteurs, des avocats, des policiers, des ouvriers, des menuisiers. Ils entrent à 70 ans comme à 18 ans. Mais il y a un énorme manque de connaissances », souligne António Ventura. Et pourtant, il existe des milliers de livres, de films, de vidéos YouTube sur les cérémonies maçonniques.

Les femmes et le poids de l’histoire

Fátima (juste Fátima, parce que sa famille ne sait pas qu’elle est franc-maçonne) pourrait en être un exemple. Elle est institutrice à Porto, elle a rejoint la Grande Loja Feminina de Portugal il y a 20 ans, elle avait un peu plus de 40 ans. « Une personne d’une loge pour hommes ici à Porto m’a contacté. Je connaissais bien le rôle de la franc-maçonnerie, son histoire, j’ai toujours eu beaucoup de respect, je n’avais aucun préjugé”, commente-t-il. Il l’a rejoint et à ce jour il ne regrette rien, il tient même à dire que sa participation aux séances « n’est pas bonne, elle est très bonne ». Il y a vingt ans, lorsqu’elle a débuté, elle était catholique pratiquante, aujourd’hui elle est « moins pratiquante ». « Le catholicisme ne donne pas aux gens d’espaces de réflexion, la franc-maçonnerie m’a donné des outils pour mieux me connaître, je suis aujourd’hui une femme beaucoup plus libre. Il n’y a pas d’ethnies, de races, de partis politiques, de religions, d’orientations sexuelles ici. Elle est originaire de Loja Invicta et a déjà invité des amis qui étaient choqués qu’elle soit franc-maçonne. Il ne l’admet tout simplement pas publiquement parce qu’il sait que cela dérangerait sa mère. « Je sais qu’elle a de terribles préjugés, il y a beaucoup d’ignorance. Bien sûr, il y aura des gens qui utiliseront la franc-maçonnerie pour faire avancer leurs intérêts. Mais quels intérêts ai-je poursuivis au cours de ces 20 années ? Nous ne sommes pas ce groupe qui cache, en tant que malfaiteurs, cette mafia dont nous parlons. Et nous pouvons partir quand nous voulons. L’enseignante de Porto n’a jamais voulu partir, elle reste maçonne de pierre et de chaux à 63 ans.

Les rites de la franc-maçonnerie féminine, dit-il, sont identiques en tous points à ceux de la franc-maçonnerie masculine, y compris la nécessité de sept maîtres pour créer une loge, les tabliers et les cérémonies d’initiation. Mais jusqu’à ce que nous en arrivions là, jusqu’à ce que les femmes conquièrent leur propre place dans l’organisation, le chemin était long, aller et retour (il l’est toujours). L’histoire en témoigne. « Les femmes ont toujours été considérées comme des êtres humains de second ordre, intellectuellement démunis », rappelle Odete Isabel. Il est intéressant de noter que la participation des femmes a évidemment commencé avec le modèle des loges d’adoption, controversées dès le départ, car on supposait qu’elles étaient « adoptées », rattachées à une loge d’hommes, dépendantes. Ce n’est qu’avec le temps qu’elles obtiendront leur indépendance. La Grande Loge des Femmes du Portugal a commencé à prendre forme au début des années 1980 (avant cela, cependant, il existait déjà la Fédération portugaise des droits de l’homme, une obédience mixte).

« En 1982, quatre Portugaises partent en France, la Grande Loge Féminine de France est reconnue et devient le fief de la franc-maçonnerie féminine en Europe », révèle Odete Isabel. Les bases de la réimplantation de la franc-maçonnerie féminine au Portugal ont commencé à être préparées. « Ces quatre femmes ont été initiées en France, au moins une fois par mois elles allaient à Paris travailler avec les sœurs françaises, ce qui est remarquable. » En 1983, la première loge portugaise pour femmes, Unity et Mátria, a été créée à Lisbonne. Les franc-maçonnes ont commencé à recruter des membres, et « avec cette loge d’autres sont apparues, à Figueira da Foz, à Porto, aujourd’hui il y a 26 loges réparties dans tout le pays, soit environ 600 membres ». Depuis lors, on a assisté à une plus grande adhésion des femmes à la franc-maçonnerie, ainsi qu’à une plus grande participation à la vie politique, sociale, culturelle et économique.

En cette année où est célébré le 50e anniversaire du 25 avril, la lutte des femmes se poursuit sur plusieurs fronts, dont celui de la franc-maçonnerie. « Nous sommes en 2024 et vous regardez les entreprises, à l’Assemblée de la République, partout, et les femmes continuent de recevoir moins, sans avoir un accès facile aux sièges de pouvoir, ceux-ci sont toujours réservés aux hommes. » Odete Isabel se souviendra toujours d’une phrase de Maria de Lourdes Pintasilgo, la seule femme qui a été première ministre de notre pays et que la Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine du Portugal avait rencontré à l’Université Catholique de la Jeunesse. « L’humanité est comme un oiseau qui a deux ailes, l’une est l’homme, l’autre la femme. Tant que les deux ne seront pas également développés, vous ne pourrez jamais voler. Odete Isabel croit toujours – et se battra toute sa vie – que l’oiseau peut voler, à l’intérieur et à l’extérieur de la franc-maçonnerie.