Jézabel apparaît en songe à sa fille Athalie, qui raconte en ces termes sa saisissante survenue posthume : » Ma mère Jézabel devant moi s’est montrée, / Comme au jour de sa mort pompeusement parée. / Ses malheurs n’avaient point abattu sa fierté./ Même elle avait encore cet éclat emprunté/ Dont elle eut soin de peindre et d’orner son visage,/ Pour réparer des ans l’irréparable outrage. » (Racine, Athalie, II, 5)
Comme son nom l’indique, la réparation fait toujours référence à une parure antérieure, qu’elle tente avec plus ou moins de bonheur de restaurer.
Le sémantisme ancien, *per, largement nourri, participe de l’idée de procurer, faire naître, mettre au monde. En sont issus, entre autres, les parents, l’appareil, la comparaison, la parure et ce qui dépare, le parement avec lequel on parade. Les fortifications qu’on a préparées en avant-poste et dont un suzerain ennemi s’empare impérativement. De quoi, pour le vaincu démantelé, se sentir vraiment désemparé.
Dans nos sociétés contemporaines, les assurances en tous genres promettent à l’envi à leurs souscripteurs, qui réclament réparation de tout dommage, le retour au confort matériel, physique, financier, moral, politique, judiciaire, dont un incident les aurait privés. Comme si l’argent était à même d’en cicatriser le désarroi. Jusqu’à l’indécence, voire l’obscénité, qui consiste à compenser la perte d’un être proche par un dédommagement pécuniaire.L’équilibre fragile vient d’être mis à mal et on se berce de l’illusion que tout peut se réparer, retrouver son état ancien, son éclat terni par l’âge, l’usure, les blessures du temps. Comme si, par un coup de baguette magique, de fond de teint, de crème anti-rides, de vernis illusoire, quelque chose n’avait pas eu lieu, qu’on n’ait pas vécu.
Brutale conscience d’un aveuglement que le miroir réfléchit. Ou devrait faire réfléchir. Et la cruauté d’une telle lucidité est à l’aune de la déception et d’un mensonge auto-entretenu.
Quel que soit l’artifice de la réparation, il renvoie à une supercherie. Celle de l’intangibilité, de l’inusabilité, des relations, des amours, des corps.
Il n’est qu’à se rappeler le fameux « couteau de Jeannot », dit couteau de Saint Hubert, que de successives réparations, la lame puis le manche, faisaient passer pour sanctifié aux yeux des fidèles ! Voire le bateau de Thésée, qui, exposé dans le port du Pirée, était révéré comme la nef qui aurait emporté le héros athénien vers son exploit face au Minotaure dans le Labyrinthe de Crète. On imagine sans peine que, depuis lors, le bois des lattes subissaient naturellement l’érosion saline de son élément maritime et requérait des changements subreptices…
La nostalgie, qui recompose un passé intact, est aussi une forme de jouissance dans le ressassement. En entretenant le désir de réparation, elle prive du bonheur du présent.
Rien n’est foncièrement réparable. Même la guérison n’est qu’une récupération partielle de la souplesse antérieure, même si la cicatrice visible ou intime fait croire à une parenthèse refermée.
Duperie, alors ? Certes. Sauf si l’on considère, avec bon sens, que la détérioration est dans l’ordre du temps.
L’immortalité est un leurre et les dieux antiques « s’ennuient à périr », justement parce que s’étend devant eux un infini sans surprise, où rien ne vient stimuler l’ardeur à vivre et à profiter du temps imparti et incertain.
Harmonie des rides sereines d’un visage, qui prouvent qu’on a vécu. Sagesse d’un corps qui apprend la lenteur.
La réparation, comme une nouvelle préparation. Tout est dans l’accent aigu… Réparer, re-parer, se coudre une autre parure. Acceptée, sans résignation.
Vivre, n’est-ce pas se séparer de ce qu’on croyait définitivement acquis ? Se-parer, au sens propre, faire cesser d’être ensemble. Par le simple fait de naître.
Une expérience inédite et vivifiante, dont chaque jour neuf nous offre le présent.
Annick DROGOU
Réparer n’est jamais effacer, c’est d’abord tenter de remettre en état de marche ou de compenser des torts, d’essayer de dédommager ou de surmonter un échec. À qui demander réparation ? Peut-on tout réparer, réparer un oubli, une offense ou pire crime ? C’est le rôle de la justice réparatrice. Tout réparer, comment ? Et même réparer son honneur… Toujours, il s’agit de recoudre nos vies fragiles, nos déchirures, comme dans un raccommodage permanent.
Alors, célébrons la réparation. Ne tentons pas d’effacer ni de cacher ce qui s’est produit. Dans la culture japonaise, on met même en évidence les traces de la réparation sur le bol dont on a recollé les morceaux. Pour rester conscient de la réparation, en garder la trace comme d’un accident de la vie de l’objet. On ne farde pas la réalité comme pourtant l’étymologie de ce mot nous le commanderait. Pareillement, avant la survenue de l’économie jetable, on savait réparer le tissu taché ou déchiré ; une nouvelle broderie venait parer à nouveaux frais le vêtement d’une décoration qui n’était pas initialement prévue.
La réparation devient alors création, réinvention, car réparer n’est jamais un retour à l’état initial. Beauté du geste de réparation. Qu’a-t-on réparé dans cette réparation ? L’objet, l’acte ou bien le réparateur lui-même, l’artisan qui est davantage qu’un habile bricoleur. Soyons donc cordonniers, ravaudeurs, rétameurs et réparateurs de porcelaine, de nos vies à sans cesse réparer, réinventer, régénérer dans un continuel accomplissement.
Et puis acceptons ce qui ne peut pas être réparé, accueillons notre impuissance devant l’accident, la survenue du malheur. Tenons-nous là, simplement là, devant la béance ou l’absence de ce qui ne sera jamais réparé. Et cherchons assez de force réparatrice pour faire face aux ciseaux de la Parque.
Il est entendu que la franc-maçonnerie est une alliance universelle d’hommes et de femmes portés par les mêmes valeurs humanistes et fraternelles. Cela va sans dire, mais c’est bien de le répéter. En résumé… si elle donne une méthode d’enseignement ésotérique reposant sur l’usage, la protection et la transmission entre pairs d’un secret, celui-ci n’est pas communicable.
Incommunicable… Ne serait-ce simplement pas, déjà, parce qu’il n’est que la traduction de notre éveil intérieur ? Alors pour le profane, la franc-maçonnerie est-elle une société secrète ou une société discrète ?
Même si l’on trouve à profusion, articles de presse, communiqués d’obédiences, vidéos sur YouTube, ouvrages sérieux qui la décortiquent (que le 1/4 des lecteurs du 1/4 du 1/4 des habitants de ce pays n’ont pas lu (je m’interroge… Le 1/4 du 1/4 du 1/4… je dois en faire partie ?)), le fantasme s’accroche comme la patelle sur la roche. Malgré les efforts pour lever un voile, les idées fausses et la suspicion s’alimentent à la source d’un sombre passé et d’un présent numérique, en vidéos ineptes accessibles en un clic. Pourquoi lire ? M’enfin !
Si l’on comprend , qu’en toute humilité, le chemin doit nous permettre de devenir meilleur – et non pas le meilleur – quel gage doit-on donner à ceux qui pensent que la secrète franc-maçonnerie n’est en fait qu’un réservoir aux inégalités de chances, puisqu’il vaudrait mieux, dans les arcanes du pouvoir et les réseaux d’affaires, être Franc-maçon pour obtenir des promotions ? Bien ou mal vu d’être franc-maçon ? Le chemin semble encore long…
À l’adage qui dit « Pour vivre heureux, vivons cachés », certains s’en moquent, d’autres ne mélangeront pas les « genres ». Quête spirituelle ne rime pas vraiment avec quête professionnelle ascensionnelle. Alors, c’est vigilant et persévérant que l’on se soumet à la Loi du secret, veillant encore à rester discret sur son appartenance à la franc-maçonnerie tout en veillant, tout aussi prudemment, à ne pas dévoiler qu’un autre que soi « l’est » !
Être franc-maçon c’est être ouvert d’esprit, mais pas au risque d’en perdre la tête. Parce que, quand même, faut pas rigoler, le risque… C’est d’avoir la gorge tranchée !
De notre confrère elnacional.com – Par Pour Mario Munera Muñoz PGM
La franc-maçonnerie est une institution auguste dont la base de connaissance est l’alchimie et la philosophie hermétique. L’institution fonde son enseignement sur le contenu des symboles, ce qui nous apporte un message ésotérique, même si certains francs-maçons y voient une teinte de moralité sociale, tout dépend des niveaux de conscience et de qualification que possède le franc-maçon.
La symbolique maçonnique est un mélange de traditions initiatiques anciennes et prend en compte les valeurs kabbalistiques. Toutes les pierres issues d’une carrière ne sont pas spécialement adaptées au travail d’initiation. Il est important de garder à l’esprit : de quel bassin provient un candidat ? Un bon candidat à l’initiation doit se réduire, se détacher de tout ce qui est matériel et humain. Dans cet état où il se réunit à lui-même, à son être intérieur, commence son chemin spirituel ou initiatique. Se trouvant ainsi, il se prépare à mourir au monde profane, au monde des illusions, et c’est le prélude à la naissance d’un nouvel être humain.
Le Serment (Dionysos Tsokos, 1849) illustre une cérémonie d’initiation : le pope semble être Grigórios Phléssas, le combattant Theódoros Kolokotrónis.
Il est nécessaire que le candidat passe par les épreuves du feu et de l’eau si nécessaires pour que le bandeau lui tombe des yeux et ouvre la conscience. Libérer la Lumière intérieure est l’objet des épreuves initiatiques. L’intégralité de l’ésotérisme maçonnique est contenue dans les trois degrés symboliques, et ils ne sont accessibles qu’aux personnes ayant des états de conscience élevés par leur profondeur. Ne pensez pas que tous les maçons le comprennent. La plupart des Maçons ne reçoivent que des informations issues des enseignements transmis par les Symboles sur le chemin initiatique, mais ils n’ont pas reçu la transmission initiatique lors de leur initiation, mais malgré cela, ils atteignent les plus hauts degrés de la Franc-Maçonnerie. Ne parvenant pas à les assimiler, ils ne les possèdent jamais réellement. Ils possèdent un savoir élevé, mais ils ne savent pas ce qu’il vaut.
Cabinet de réflexion maçonnique
Beaucoup d’intellectuels, orthodoxes, et surtout ceux qui s’appuient uniquement sur la morale, sont dans cet état : ils ne sont pas libres. C’est une chose de savoir, une autre de connaitre et une autre de comprendre. La franc-maçonnerie ne contient que trois degrés symboliques : les Apprentis, Compagnons et Maîtres, degrés 4 à 33, doivent approfondir le contenu ésotérique des trois premiers degrés. Certains des symboles ésotériques avec lesquels travaille la Franc-maçonnerie sont : Sel, Mercure, Soufre : Le Sel purifié coagule le Mercure pour finalement le fixer en Soufre. L’étoile à cinq branches, Pentagramme, Microcosme, symboles de la Volonté Souveraine est le symbole de l’être humain parfait. Le Maître Maçon doit savoir se faire aimer, et il doit savoir aimer avec générosité jusqu’à se sacrifier.
Le terme Opérateur en Franc-Maçonnerie fait non seulement référence au travail physique, mais aussi aux enseignements et à la connaissance des symboles opérant chez la Franc-Maçonnerie. Interprétations hermétiques : Soufre : Vénérable – Mercure : Pr. – Sel : Sec. – Feu : Haut-parleur. – Aérien : Secret. – Eau : Hosp. – Terre : Thes. Le maître bâtisseur porte en lui le Temple, c’est une miniature du cosmos.Les nombres et les figures géométriques symbolisent les enseignements métaphysiques et ontologiques. Les rituels maçonniques sont construits sur une base de symboles, révélant au maçon une vérité qui dépasse le physique. Le symbolisme du Temple signifie qu’il y a un Temple à construire dans nos cœurs. La Franc-Maçonnerie est une société hermétique avec une grande marque initiatique.
Pike, revêtu des décors maçonniques de Grand Commandeur du Rite écossais ancien et accepté.
L’objectif principal de la franc-maçonnerie est d’élever la conscience humaine à partir du corps. Son symbole principal est l’équerre et la boussole : le premier symbolise le plan terrestre et le second représente la création d’un cosmos ordonné. Le « G » représente l’unité du tout. Albert Pike a écrit :
* La Maçonnerie est plus riche en secrets que les Pyramides, qui sont là aussi muettes que celles qui attendaient l’interprète depuis des millénaires.
* L’Ame de la Franc-Maçonnerie s’expérimente dans le domaine interne, dans le temple Intérieur, dans l’ésotérique, le réservé. seulement pour les Initiés, c’est une expérience qui transcende le rationnel, elle est au-delà du physique.
C’est une introspection intérieure et l’enseignement est transmis à travers un Symbolisme constructif, qui s’appuie sur les outils des maçons et des batisseurs. Le rituel est le symbole en action, le rituel est le moyen de transmettre une influence spirituelle et transforme profondément l’initié en franc-maçonnerie. Le Temple de Salomon représente le Temple Intérieur, le Temple Spirituel que le Maçon construit où résident la divinité et la fraternité. L’ésotérisme maçonnique n’est pas un moyen d’illumination, c’est un moyen de servir l’humanité. La fraternité en franc-maçonnerie est l’amour de l’humanité, et sans fraternité il n’y a pas de franc-maçonnerie.
En 1902, le pape Léon XIII (1810-1903) déclarait que l’objectif de la franc-maçonnerie était d’exercer une seigneurie occulte sur la société, sa seule raison d’être étant de mener une guerre contre le Seigneur et ses sujets.
Près d’un siècle et demi s’est écoulé depuis la première manifestation de la franc-maçonnerie au Maroc. Des écrits documentés attestent que les régents successifs, une partie de l’élite notable locale, des Marocains juifs et des hommes d’affaires étrangers étaient membres du tout premier ordre maçonnique marocain.
Bien que la franc-maçonnerie suscite encore prudence, circonspection et méfiance, son existence au Maroc est un secret de Polichinelle. Des historiens s’accordent à dire que son début dans le pays remonte à l’année 1867, précisément avec l’implantation de la loge maçonnique de Tanger sous la direction et la tutelle de Haïm Benchimol, sujet marocain juif, directeur du journal Vigilance marocaine et fondateur de la Ligue française.
Suite à ce déploiement initial, la franc-maçonnerie s’est fait connaître dans plusieurs villes, avec un succès considérable dans les milieux espagnols et la communauté israélite de Tanger, fortement soutenue par les autorités françaises. Ce noyau maçonnique a ensuite créé plusieurs cercles qui ont soutenu la France dans sa volonté d’étendre son protectorat et sa présence au Maroc.
Tout au long de la vie de la Troisième République (1871-1940), surnommée la République maçonnique en raison de l’activité très intense de la franc-maçonnerie dans l’ensemble, sinon la quasi-totalité, des rouages de l’Etat français, la franc-maçonnerie a connu la même expansion dans toutes les institutions marocaines. Il était rare qu’une ville marocaine ne compte pas une ou plusieurs loges.
A titre d’exemple, il est avéré que Moulay Abd Al-Hafid, sultan du Maroc de 1908 à 1912, était franc-maçon, tout comme Youssef Ben Hassan, père du futur Mohammed V.
De plus, dans le domaine économique du pays, plusieurs présidents et directeurs d’importantes institutions et sociétés de négoce se sont affiliés aux loges maçonniques émergentes. Ces sociétés et groupes sont encore actifs aujourd’hui.
En ce qui concerne le monde du journalisme, plusieurs journaux ont été fondés par des Marocains membres de cercles maçonniques, notamment le périodique La Vigie marocaine et d’autres revues dans les domaines littéraire et économique.
En 1956, le Maroc a accédé à l’indépendance sans rupture violente avec la France, ce qui a permis aux loges maçonniques de poursuivre leurs activités en toute quiétude, dans les villes d’Oujda, Meknès, Rabat, Casablanca et Marrakech.
Le décret royal sur les libertés publiques de 1958 est venu à cette époque pour octroyer aux différentes instances maçonniques existantes le cadre légal qui leur faisait défaut.
En outre, la présence militaire américaine depuis les premières années suivant l’indépendance sur le sol marocain a été une garantie indispensable pour la poursuite d’une activité maçonnique régulière et continue.
Au début du nouveau millénaire, la franc-maçonnerie marocaine s’est épanouie de manière spectaculaire et a élargi son champ d’action sur un terrain propice à ses projets.
Aujourd’hui, on recense trois grandes loges maçonniques au Maroc :
– La Grande Loge du Royaume du Maroc (GLRM, indépendante)
– La Grande Loge du Maroc (GLM)
– La Grande Loge Régulière du Royaume du Maroc (GLRRM).
Parmi leurs membres influents et récents, on peut citer : Aziz Akhannouch, actuel chef du gouvernement du Maroc ; Idris Al-Basri, ancien ministre de l’Intérieur sous Hassan II ; Ahmed Réda Guérira, conseiller royal ; Ahmed Al-Alawi, ancien responsable de nombreuses institutions gouvernementales, ainsi que plusieurs personnalités juives d’origine marocaine, y compris celles qui exercent actuellement des fonctions officielles au Maroc, notamment André Azoulay, conseiller spécial du roi, considéré comme le véritable maître du Maroc.
La franc-maçonnerie, à travers son réseau tentaculaire, est en réalité la maîtresse incontestée de la scène politique marocaine, tirant les ficelles dans l’ombre et mettant en œuvre ses agendas secrets.
La récente reconnaissance d’Israël et le renforcement des liens militaires avec cette entité font partie de ses actions stratégiques et manipulatrices envers le peuple marocain, qui est profondément pro-palestinien et antisioniste.
Il convient également de noter que la franc-maçonnerie marocaine entretient d’énormes liens avec le Grand Orient de France, l’une des plus importantes loges au monde, où un grand nombre de l’élite marocaine est affilié.
Aujourd’hui, la franc-maçonnerie est à l’avant-garde d’une politique très active. Elle imprègne totalement l’actualité politique et économique marocaine. Elle est le cœur du pouvoir au Maroc.
Cette franc-maçonnerie à la marocaine à laquelle l’Algérie et sa direction doivent actuellement faire face n’est en réalité…
qu’une tête parmi une multitude de cette hydre assassine et sanguinaire, dirigée insidieusement et en sous-main par la France dreyfusarde, grande régente et maîtresse incontestée de tous les Français et Françaises en cette année 2024, qui s’efforce inlassablement de soumettre une Algérie souveraine et toujours rebelle.
Dans ce contexte, il est certainement inconcevable d’avoir de la haine et de l’intolérance, à quelque degré que ce soit.
Imaginez que vous êtes un bâtisseur du Moyen Âge. Vous regardez autour de vous et voyez une pierre brute, pleine d’imperfections, et vous voyez en elle le potentiel, si elle est polie, d’avoir plus d’utilité, voire d’usages, au pluriel. Vos yeux se déplacent sur le côté et voient d’autres pierres dans le même état, puis vous réalisez que si elles étaient toutes polies et préparées, elles pourraient être utilisées pour construire quelque chose d’utile, de beau et de digne.
Il y a des siècles, c’est exactement ce que faisaient les francs-maçons. C’étaient d’excellents maçons, maîtrisant l’art de bâtir. Ils avaient la fantastique capacité de concevoir de beaux bâtiments et de les concrétiser. En visitant l’Europe, beaucoup de ces œuvres, généralement des cathédrales, peuvent être vues et on se demande comment, à des époques aussi lointaines, des constructions complexes ont pu être réalisées d’une manière aussi exquise.
Poursuivant notre exercice d’imagination, projetez dans votre esprit l’hypothèse que, dans leur empressement à construire ces Bâtiments, ces bâtisseurs se sont livrés à la brutalité. Des pierres imparfaites, manipulées avec une force excessive, sans l’application de l’intelligence, y résisteraient-elles ? De même, si le constructeur négligeait de mettre l’énergie nécessaire pour éliminer les aspérités, le résultat souhaité serait-il atteint ? Ni trop de force, ni trop peu de force, ce qui comptait c’était d’étudier chaque pierre et de la travailler de la bonne manière.
Maintenant, revenons à nos jours, où les francs-maçons travaillent symboliquement à la construction d’un meilleur bâtiment social, certainement souhaité par tous. Comment allons-nous polir les pierres qui existent dans la Société et qui formeront cette structure ? Comment remettre en question ce qui existe et construire quelque chose de nouveau, d’incroyablement bon ? Que devons-nous faire pour être protagonistes de cette construction ? Et comment faire ? La haine peut-elle être un outil pour la construction que nous désirons ? L’intolérance peut-elle générer la transformation sociale que nous souhaitons ?
Nous comprenons qu’il est fondamental, cher lecteur, de vouloir agir. C’est l’étape première, tout comme autrefois, vouloir construire était le mouvement qui déclenchait tout le reste pour matérialiser des œuvres somptueuses. Si nous parvenons réellement à réaliser ce véritable désir d’agir, nous devons être clairs sur la manière d’y parvenir. Et voici d’innombrables possibilités, certaines rendront le résultat plus long, d’autres peuvent le faire avancer, le tout avec des avantages et des inconvénients. Dans ce contexte, il est certainement inconcevable qu’il y ait de la haine et de l’intolérance, à quelque degré que ce soit.
La transformation de la Société, à notre avis, dépend nécessairement de notre capacité à vivre avec la différence et, même avec elle, à pouvoir converger dans nos intentions et avancer en construisant un meilleur bâtiment social pour tous. Nous aurons des pierres différentes, mais elles ne seront pas inutiles ou négligées dans le processus de construction. Si nous les comprenons, nous pourrons ajuster notre coexistence et combler les différences avec le mortier de la concorde et de l’union. Ce faisant, le bâtiment que nous voulons sera plus à même de remplir son objectif. Et si, en fait, une pierre est trop mal alignée pour ce qui est nécessaire, elle nécessite de la tailler, chargée d’empathie et de courage, par l’exemple.
Deux mains entrelacées pour s’aider. Fraternité, entraide.
Nous avons vu, cher lecteur, de nombreux défis frapper à notre porte et si la division prospère, avec elle le mal qui ronge notre Société et nos droits prospérera également. L’heure est à la prise de conscience de l’action, avec politesse et noblesse, mais avec beaucoup de courage et de détermination. Le travail est difficile. Le travail est exigeant. Mais si nous prenons les devants, les résultats viendront.
Les Éditions Spartacus, fondées par René Lefeuvre, ont illuminé la scène littéraire de 1936 à 2022 avec leur engagement fervent pour les textes marxistes anti-autoritaires, opposés à la fois au léninisme et au stalinisme.
En publiant une vaste collection de traductions de théoriciens étrangers ainsi que des œuvres originales proches du luxemburgisme, elles ont permis de faire connaître les positions critiques de Rosa Luxemburg sur le léninisme, mettant en lumière sa vision révolutionnaire. Leurs publications ne se sont pas limitées à cette figure emblématique; elles incluent également des textes libertaires, élargissant ainsi leur portée révolutionnaire.
Une passion inébranlable pour la diffusion des idées révolutionnaires
L’histoire de cette maison d’édition est marquée par une passion inébranlable pour la diffusion des idées révolutionnaires. En 1934, René Lefeuvre commence par publier une revue intitulée Spartacus, avant de lancer, en 1936, les Cahiers Spartacus. Ces premiers cahiers ont présenté des auteurs tels que Victor Serge avec ses récits poignants 16 fusillés et Lénine 1917, Alfred Rosmer et René Modiano avec Union Sacrée 1914-193…, ainsi que Rosa Luxemburg avec La Révolution russe. Malgré l’interruption forcée par la Seconde Guerre mondiale, où René Lefeuvre fut emprisonné en Allemagne, les Cahiers Spartacus ont repris leur publication régulière après la guerre.
Rosa Luxemburg, en 1915
Et 68, dans tout cela…
Les années 1950 et 1960 ont vu une parution plus espacée des cahiers, mais les événements de mai 1968 ont ravivé l’intérêt pour la pensée révolutionnaire, relançant ainsi les éditions avec de nouvelles collaborations.
La contemporaine
Au milieu des années 1970, une documentation riche sur les courants moins connus du mouvement ouvrier, rassemblée par René Lefeuvre, a été transférée à la BDIC (aujourd’hui La contemporaine) grâce à l’initiative de Michel Dreyfus. Cette période a également vu la naissance éphémère de la revue Spartacus – socialisme et liberté, un complément aux cahiers qui mêlait textes historiques et d’actualité, mais qui n’a duré que quinze numéros.
Et maintenant l’Association des Amis de Spartacus
En 1979, la création de l’Association des Amis de Spartacus par René Lefeuvre a permis de poursuivre le travail d’édition après sa disparition.
Distribuées par Pollen Diffusion, les éditions ont continué à enrichir la littérature révolutionnaire jusqu’à leur cessation en 2022. Leur précieux catalogue a été repris par les Éditions Syllepse, assurant ainsi la pérennité de leur héritage.
Parmi les œuvres marquantes publiées, on retrouve La Révolution russe de Rosa Luxemburg, La Politique communiste (ligne et tournants) de René Lefeuvre, Qui succédera au capitalisme ? de Tomori-Balasz, et Les Socialistes derrière le rideau de fer de Denis Healey. Les éditions ont également publié des œuvres de Karl Marx et Friedrich Engels, Victor Serge, Rudolf Rocker, Anton Pannekoek, Daniel Guérin, Herman Gorter, Alain Guillerm, et bien d’autres, chacun contribuant à enrichir le débat révolutionnaire.
Spartacus, détail – sculpture de Denis Foyatier, 1830
Les Éditions Spartacus ont ainsi laissé une empreinte indélébile sur la littérature marxiste anti-autoritaire, jouant un rôle crucial dans la diffusion de la pensée critique et révolutionnaire au XXe siècle.
René Lefeuvre, d’apprenti maçon à correcteur d’imprimerie
René Lefeuvre (1902-1988) était un éditeur et militant marxiste français, particulièrement influencé par les idées de Rosa Luxemburg. Originaire de Livré-sur-Changeon (Ille-et-Vilaine en région Bretagne), il a commencé sa carrière comme apprenti maçon avant de devenir correcteur pour échapper au chômage provoqué par la crise de 1929. Militant socialiste et communiste, il s’est rapidement opposé au stalinisme et au réformisme, se tournant vers des courants marxistes non-dogmatiques.
René LEFEUVRE, – Source Le Maitron
En 1934, René Lefeuvre a lancé la revue Spartacus, suivie par les Cahiers Spartacus en 1936, dédiés à la publication de textes marxistes et révolutionnaires. Il a publié des œuvres de Victor Serge, Alfred Rosmer, et Rosa Luxemburg, entre autres, et s’est efforcé de faire connaître des textes peu diffusés en français. Après la Seconde Guerre mondiale, il a continué son travail d’édition, notamment en relançant les Cahiers Spartacus.
René Lefeuvre a été impliqué dans plusieurs mouvements et partis politiques, dont la SFIO (Section française de l’Internationale ouvrière) et le PSOP (Parti socialiste ouvrier et paysan). Il a toujours prôné un socialisme anti-autoritaire et a œuvré pour la diffusion des idées révolutionnaires jusqu’à sa mort en 1988. Ses efforts ont significativement contribué à la critique du léninisme et à la propagation des idées luxemburgistes et anarchistes au sein du mouvement ouvrier
Que nous dit l’auteur de l’ouvrage, un certain Jean Jacques
Deux textes viennent enrichir la 2e et 3e de couvertures.
Dans « Luttes d’hier et combats d’aujourd’hui », Jean Jacques dénonce le phénomène néo-corporatiste apparu en Espagne, au Portugal et dans les démocraties populaires après 1948. Ce phénomène, selon lui, représente une intégration forcée de la classe ouvrière aux objectifs de la classe dirigeante capitaliste ou bureaucratique, accompagnée par la répression et la destruction du syndicalisme. Jean Jacques critique un marxisme sommaire qui risque de remettre en avant des idées dépassées et des institutions que l’histoire a déjà jugées.
Il explique que la dégradation du marxisme en Russie stalinienne a mené à une caricature où le syndicalisme est contrôlé par l’État, trahissant le principe marxiste essentiel : pour faire disparaître une classe exploitée, il ne suffit pas de la liquider physiquement ; s’il subsiste les conditions économiques qui l’ont fait naître, une nouvelle classe aussi oppressive lui succédera bientôt. La structure économique doit être transformée pour éviter cela.
Jean Jacques souligne que le droit de grève a été éliminé, et le contrôle strict du parti a transformé la revendication collective en crime. Les syndicats sont devenus un outil de productivité contrôlé par l’État.
Sur la 3e couverture, Jean Jacques continue en dénonçant la soumission de la classe ouvrière aux objectifs de rentabilité, illustrée par le plan quinquennal et la réduction réelle des salaires. Il compare ce phénomène à l’accumulation primitive observée dans le prolétariat anglais victorien et les paysans russes kolkhoziens.
La récupération du prolétariat occidental par la classe capitaliste a mené au corporatisme, où des syndicats servent les intérêts capitalistes et refusent les augmentations de salaires nuisibles à la productivité. Il cite la grève de la General Motors, orchestrée par la direction et les syndicats actionnaires.
Jean Jacques observe que les pays industriels occidentaux imitent ce modèle, avec des pratiques telles que les contrats de progrès et l’actionnariat ouvrier, reproduisant une forme moderne de corporatisme.
Il conclut en soulignant que, à l’Est comme à l’Ouest, le prolétariat doit lutter pour transformer les rapports de production et édifier une société sans classes. Le prolétariat doit combattre les systèmes de contrôle et de répression, que ce soit par la violence directe à l’Est ou par des systèmes plus insidieux à l’Ouest.
Les points principaux des deux documents mettent bien en évidence la critique du néocorporatisme, la dégradation du marxisme en URSS, et l’appel à une lutte continue du prolétariat pour transformer la société.
Mais, qu’est-ce qu’une corporation ?
Il s’agit d’une ancienne institution sociale et économique qui trouve ses racines dans le Moyen Âge européen. Imaginons une époque où les rues pavées des villes médiévales résonnaient des marteaux des forgerons et des cris des marchands ambulants, où les artisans se regroupaient en guildes pour assurer la prospérité de leur métier. Ces organisations, appelées corporations, étaient bien plus que de simples regroupements professionnels; elles étaient le cœur battant de la vie économique et sociale de l’époque.
La Sainte-Chapelle, Paris (1241–1248) – gothique rayonnant
Dans l’ombre des cathédrales gothiques et des châteaux fortifiés, les corporations jouaient un rôle crucial. Elles régissaient les normes de qualité, veillant à ce que chaque produit, qu’il s’agisse de pain, de chaussures ou de tissus, réponde à des standards élevés. Les membres de ces guildes étaient des maîtres de leur art, et pour atteindre ce statut, un long chemin devait être parcouru. Les jeunes apprentis, souvent envoyés par leurs familles, passaient des années sous la tutelle d’un maître artisan, apprenant patiemment les secrets du métier.
Château de Bonaguil
Mais les corporations n’étaient pas uniquement des lieux de formation. Elles offraient aussi une forme de protection sociale bien avant l’avènement de l’État-providence. En cas de maladie, de vieillesse ou de difficultés financières, les membres pouvaient compter sur l’aide de leur confrérie. Ce soutien mutuel était le ciment qui liait les artisans entre eux, créant une communauté soudée et solidaire.
L’influence des corporations s’étendait au-delà des murs de leurs ateliers. Elles possédaient souvent le monopole de leur métier dans une ville, régulant qui pouvait exercer telle ou telle activité. Cela garantissait une certaine qualité et évitait la concurrence déloyale. Toutefois, ce système, bien que bénéfique à de nombreux égards, pouvait aussi freiner l’innovation et l’initiative individuelle.
Château de Bonaguil – Viollet le Duc
Avec l’émergence du capitalisme industriel aux XVIIIe et XIXe siècles, les corporations ont commencé à perdre de leur éclat. Les nouvelles méthodes de production, plus rapides et moins coûteuses, rendaient obsolètes les réglementations strictes des guildes. Le vent du changement soufflait, emportant avec lui l’ancien monde des artisans vers une ère de libre entreprise et de compétition acharnée.
Néanmoins, l’héritage des corporations perdure. Les valeurs de formation rigoureuse et de standards élevés continuent d’influencer les métiers d’aujourd’hui. Les syndicats et les associations professionnelles modernes, bien que différentes dans leur fonctionnement, partagent cet héritage de défense des droits et des intérêts des travailleurs.
Ainsi, les corporations, témoins d’un passé riche et complexe, nous rappellent l’importance de la solidarité, de la qualité et de l’apprentissage continu dans nos vies professionnelles. Elles sont les gardiennes d’une tradition qui, bien que transformée par le temps, continue de résonner dans les échos de nos ateliers modernes.
Entrons dans le vif du sujet…
Vie et mort des corporations de Jean Jacques est une exploration approfondie des structures corporatives et de leurs rôles dans les dynamiques économiques et sociales sous l’Ancien Régime. Le livre se divise en plusieurs chapitres qui abordent différents aspects des corporations, depuis leurs origines jusqu’à leur déclin, en passant par leur influence sur les conditions de vie et les luttes sociales.
Dans un premier temps, analysons le contenu
Nous observons une hétérogénéité dans la longueur des chapitres, certains étant succincts et d’autres extrêmement détaillés. Cette structure reflète la diversité des thèmes abordés et l’importance accordée à chacun d’eux par l’auteur.
Le premier chapitre, « Corporations et confréries », pose les bases en définissant ce qu’est une corporation, en expliquant leurs origines et leurs objectifs. Jean Jacques souligne comment ces structures ont émergé pour réglementer les métiers, protéger les intérêts de leurs membres et maintenir un certain niveau de qualité et de monopole. Il évoque également les rivalités entre différentes corporations et les relations complexes qu’elles entretenaient avec le pouvoir royal.
Les chapitres suivants examinent le rôle des corporations au XVIe siècle et leur interaction avec le travail libre. L’auteur explore comment les corporations ont résisté à la fiscalité royale et comment elles ont contribué à la naissance du capitalisme tout en subissant un rôle rétrograde. Jean Jacques conclut ce chapitre en discutant du déclin des corporations et de leur opposition au pouvoir central.
Le deuxième chapitre, « Salaires et conditions de vie », est particulièrement éclairant sur l’impact des corporations sur les travailleurs. Il traite des apprentis et compagnons, de la durée du travail, y compris le travail de nuit et celui des femmes, et des salaires. Jean Jacques analyse également la dépréciation monétaire et les conditions sociales des ouvriers, ainsi que les sociétés de compagnons qui ont émergé pour défendre leurs droits.
Le troisième chapitre, « Grèves et luttes sociales », se concentre sur les conflits corporatifs fréquents, avec un focus particulier sur la grève des imprimeurs lyonnais, illustrant les tensions entre maîtres et ouvriers.
Le quatrième chapitre, « La soierie lyonnaise », offre une étude de cas sur la rivalité entre maîtres-ouvriers et maîtres-marchands, la lutte pour le monopole, et les crises économiques qui ont frappé cette industrie, conduisant à des grèves et émeutes.
Puis, dans un second temps, critiquons positivement le contenu…
L’ouvrage de Jean Jacques est une contribution précieuse à l’histoire sociale et économique, fournissant une analyse détaillée des corporations et de leur influence sur la société. Sa force réside dans la richesse des détails historiques et la clarté avec laquelle il explique les complexités des structures corporatives et des luttes sociales.
Cependant, on peut critiquer l’auteur pour une certaine partialité dans son analyse. Son opposition au stalinisme et au léninisme transparaît souvent, influençant sa vision des corporations comme des entités majoritairement oppressives et réactionnaires. Cette perspective peut parfois limiter la nuance de son propos, en négligeant certains aspects positifs des corporations, tels que leur rôle dans la protection sociale des membres et la préservation des standards de qualité.
Vie et mort des corporations est un livre indispensable pour quiconque s’intéresse à l’histoire des structures économiques et des mouvements sociaux sous l’Ancien Régime. Jean Jacques y présente une étude exhaustive et bien documentée, malgré une certaine partialité idéologique. Le livre éclaire sur l’évolution des métiers, les conditions de vie des travailleurs, et les conflits sociaux qui ont marqué cette période, offrant une perspective historique essentielle pour comprendre les dynamiques sociales et économiques d’aujourd’hui. Bonne lecture et bel été !
Vie et mort des corporations-Grèves et luttes sociales sous l’Ancien Régime
Jean Jacques –Spartacus, N°37, 1948, 144 pages
Revers, 10 francs Turin, petite tête 1948 B en cupronickel
Avers, 10 francs Turin
À l’époque, l’ouvrage coûtait 4 fr. 50. Notons que l’arrêté du 21 août 1947 relevait qu’aucun salaire, en France, ne pouvait être inférieur à 42 fr. 50.
4 fr. 50 de 1948 équivaut à 18,36 € de 2024. Disponible sur les sites marchands d’ouvrages anciens et/ou d’occasion.
La Basilique Saint-Sernin de Toulouse est un joyau architectural et historique, dont l’histoire se tisse à travers les siècles, portant en elle les marques des époques et des événements qui ont façonné la ville rose.
Ce monument emblématique, dédié à saint Saturnin, ou Sernin en occitan, premier évêque de Toulouse et martyr, est un exemple sublime de l’art roman et un site de pèlerinage majeur.
Sacrés bâtisseurs occitans !
L’édification de la basilique commence à la fin du XIe siècle, un projet monumental visant à honorer les reliques de saint Saturnin. Selon la tradition, Saturnin aurait été le premier évêque de Toulouse, ayant vécu au milieu du IIIe siècle. Son martyre, survenu le 29 novembre 250, est un événement fondateur pour la communauté chrétienne toulousaine. Refusant de sacrifier à Jupiter, il fut attaché à un taureau et traîné à travers la ville, périssant à l’emplacement de l’actuelle église Notre-Dame du Taur. Cette mort héroïque est un témoignage de la ferveur et du courage des premiers chrétiens face à la persécution.
Chroniques de Saint-Sernin, des origines à nos jours
L’histoire de la basilique elle-même commence véritablement avec la découverte des restes de Saturnin au IVe siècle par l’évêque Hilaire, qui fit construire un premier sanctuaire en son honneur. Ce sanctuaire, agrandi au Ve siècle par les évêques Silve et Exupère, devient rapidement un lieu de dévotion et de pèlerinage. Au fil des siècles, la renommée de saint Saturnin grandit, attirant des fidèles de toute l’Europe.
Le chantier de la nouvelle basilique, lancé à la fin du XIe siècle, marque une étape cruciale dans l’histoire de Toulouse. L’ampleur des travaux, qui s’étendent sur plus d’un siècle, témoigne de l’importance de ce projet pour la communauté chrétienne et pour la ville elle-même. L’architecture de la basilique, avec son plan en croix latine, ses chapelles rayonnantes et son déambulatoire, est conçue pour accueillir un grand nombre de pèlerins, leur permettant de vénérer les reliques sans perturber les offices religieux.
La construction de la basilique est également un formidable moteur pour le développement de l’architecture romane dans le Midi de la France. Les artisans et sculpteurs qui y travaillent y laissent des œuvres remarquables, comme les 260 chapiteaux sculptés qui ornent l’édifice. La richesse de la décoration sculptée, les fresques et les vitraux contribuent à faire de Saint-Sernin un chef-d’œuvre de l’art roman.
L’Abbaye Saint-Sernin, pouvoir et influence au cœur du Toulouse médiéval
Au Moyen Âge, l’abbaye Saint-Sernin devient un acteur majeur de la vie politique et économique de Toulouse. La communauté de chanoines, constituée au plus tard au IXe siècle, accumule les richesses grâce aux donations des fidèles et à l’exploitation de ses nombreuses propriétés. Elle joue un rôle central dans les luttes de pouvoir qui traversent la ville, opposant les chanoines à l’évêque de Toulouse, au comte de Toulouse, puis au roi de France. Cette rivalité est l’une des dynamiques les plus puissantes de la politique toulousaine et méridionale.
Sainte Épine
La basilique Saint-Sernin est également un lieu de floraison des arts. Le chantier de construction, qui dure plus d’un siècle, est un formidable moteur pour le développement de l’architecture, de la sculpture et de la peinture romanes dans le Midi de la France. Le plan architectural de la basilique, avec son déambulatoire et ses chapelles rayonnantes, est conçu pour accueillir les pèlerins venus vénérer les reliques sans perturber les offices religieux. La basilique conserve 260 chapiteaux romans, témoins de l’extraordinaire floraison artistique de l’époque.
Saint Jacques le Majeur
Saint-Sernin après la Révolution, entre abandon et renaissance
Après la Révolution française, la basilique Saint-Sernin connaît des périodes de délaissement et de restauration. Les bâtiments de l’abbaye sont détruits entre 1804 et 1808 pour permettre l’aménagement d’une vaste place circulaire autour de l’église. Cependant, l’église elle-même est mise au cœur de cette nouvelle place, et son caractère exceptionnel est rapidement reconnu. Classée monument historique dès 1840, elle fait l’objet de restaurations majeures au XIXe siècle, notamment sous la direction d’Eugène Viollet-le-Duc, célèbre pour ses restaurations néo-gothiques.
Le XXe Siècle de Saint-Sernin, une nouvelle ère de conservation
Au XXe siècle, de nouveaux travaux de restauration sont entrepris pour préserver ce joyau architectural. Entre 1967 et 1978, des travaux généraux de restauration sont réalisés, revenant sur une grande partie des interventions de Viollet-le-Duc. Les peintures médiévales sont redécouvertes, et les cryptes sont restaurées. En 1989, des travaux sont entrepris pour rétablir les formes romanes originales des mirandes sous la toiture de la nef et du transept.
Aujourd’hui, la basilique Saint-Sernin est non seulement un lieu de culte actif, mais aussi un monument touristique de premier plan. Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1998 au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, elle continue d’attirer des milliers de visiteurs chaque année. Les pèlerins viennent toujours y vénérer ses reliques, dont celles de six apôtres, faisant de cette basilique l’église de France possédant le plus grand nombre de reliques après le Vatican.
Saint-Sernin, un épicentre culturel et artistique
La basilique Saint-Sernin est également un lieu de vie culturelle. Elle accueille des concerts, notamment grâce à la qualité exceptionnelle de ses orgues, et des événements religieux, perpétuant ainsi son rôle de cœur battant de la vie toulousaine. La fête de saint Saturnin, célébrée chaque année le 29 novembre, est l’un des moments forts de la vie de la basilique, attirant de nombreux fidèles venus honorer le premier évêque et martyr de Toulouse.
En somme, la basilique Saint-Sernin de Toulouse est bien plus qu’un édifice religieux. Elle est un témoin vivant de l’histoire médiévale, de la foi chrétienne et de l’art roman, continuant d’inspirer et d’émerveiller ceux qui franchissent ses portes. Elle symbolise la richesse du patrimoine toulousain, et son histoire, mêlée de légendes et de faits historiques, contribue à en faire un lieu unique, où le passé et le présent se rejoignent dans une harmonie remarquable.
La franc-maçonnerie a fait l’objet de satires et de moqueries depuis sa création au XVIIIe siècle, grâce à des dessinateurs tels que Hogarth et Gillray, mais le XXe siècle lui a donné une place beaucoup plus importante dans ce que nous considérons aujourd’hui comme la « culture populaire ». Les œuvres d’art, les bandes dessinées, les livres, les opéras et les vaudevilles, puis les médias grand public comme la télévision et le cinéma, ont tous fait référence à la Fraternité.
« La culture populaire (également appelée culture de masse ou culture pop) est généralement considérée par les membres d’une société comme un ensemble de pratiques, de croyances et d’objets dominants ou répandus dans une société à un moment donné. La culture populaire englobe également les activités et les sentiments produits à la suite d’une interaction avec ces objets dominants. »
Source : – Wikipédia
La première partie commence par les caricatures et l’art satiriques – et propagandistes – du XVIIIe au XXe siècle.
Satire et dessins animés
La première utilisation de l’expression « culture populaire » remonte à 1818 (bien que l’Oxford English Dictionary mentionne la première utilisation en 1854). Johann Heinrich Pestalozzi l’a utilisée dans son Discours au public britannique dans lequel il a déclaré que :
Je vois qu’il est impossible d’atteindre ce but sans fonder les moyens de la culture et de l’instruction populaires sur une base qui ne peut être obtenue que dans un examen profond de l’homme lui-même ; sans une telle investigation et une telle base, tout est obscurité.
Au cours de la révolution industrielle des XVIIIe et XIXe siècles, les changements sociaux ont entraîné une augmentation des taux d’alphabétisation et, avec la montée du capitalisme, les gens ont commencé à dépenser plus d’argent pour se divertir.
Dans un article de 2016, le Guardian décrit les « penny dreadfuls » comme « le premier aperçu de la culture populaire produite en masse pour les jeunes en Grande-Bretagne ». Les premiers penny serials ont été publiés dans les années 1830.
À partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale et des changements culturels et sociaux majeurs provoqués par les innovations des médias de masse, la signification de « culture populaire » a commencé à se chevaucher avec les connotations de « culture de masse ».
La forme abrégée « pop » pour « populaire » date de la fin des années 1950. Bien que les termes soient parfois utilisés de manière interchangeable et que leur signification se chevauche partiellement, le terme « pop » est plus restreint.
Pop est spécifique à quelque chose contenant des qualités d’attrait de masse, tandis que « populaire » fait référence à ce qui a gagné en popularité, quel que soit son style.
Source : wikipedia
La franc-maçonnerie a été représentée dans des œuvres satiriques à partir du XVIIIe siècle, notamment dans les œuvres de l’artiste William Hogarth et du dessinateur James Gillray, qui se moquaient des rituels, et en particulier des personnalités éminentes impliquées dans la franc-maçonnerie à l’époque.
LA « NUIT » DE WILLIAM HOGARTH EST LA QUATRIÈME ET DERNIÈRE D’UNE SÉRIE INTITULÉE « LES QUATRE HEURES DU JOUR » QUI INTÉRESSE PARTICULIÈREMENT LES FRANCS-MAÇONS. HOGARTH ÉTAIT FRANC-MAÇON MAIS IL N’HÉSITAIT PAS À DÉPEINDRE LA PROFESSION SOUS UN JOUR PEU FAVORABLE DANS SES GRAVURES SATIRIQUES.
IMAGE LIÉE : WIKIMEDIA ATTRIBUTION 4.0 INTERNATIONAL (CC BY 4.0)
Au premier plan, un franc-maçon ivre, identifié par son tablier et son médaillon carré comme le vénérable maître d’une loge, est aidé chez lui par son Tyler, tandis que le contenu d’un pot de chambre est vidé sur sa tête par une fenêtre.
Le franc-maçon est traditionnellement identifié comme Sir Thomas de Veil, qui était membre de la première loge de Hogarth.
Il est soutenu par son Tyler, un serviteur équipé d’une épée et d’un éteignoir, qui pourrait être frère Montgomerie, le Grand Tyler.
Notez la figure à droite tenant une serpillère, une allusion possible à la pratique consistant à dessiner des symboles sur le sol de la loge et à les laver lorsque la loge était fermée.
Les quatre moments de la journée – la nuit
La moquerie de Hogarth à l’égard de la franc-maçonnerie. Une représentation humoristique de la vie dans les rues de Londres, des caprices de la mode et des interactions entre les riches et les pauvres.
Bernard E. Jones ( Freemasons Guide and Compendium, 1952) écrit : « … si l’intention générale est la burlesque ou la satire, la taverne peut être identifiée comme étant le Rummer and Grapes, Channel Row, Westminster, le lieu de réunion de la Loge n° 4 de 1717 à 1723. »
Alors que George W. Speth suggère que l’image représente Hartshorn Lane, à Charing Cross ; la première loge de Hogarth, réunie à Vine vers 1729.
« LE MYSTÈRE DE LA MAÇONNERIE MIS EN LUMIÈRE PAR LES GORMAGONS », WILLIAM HOGARTH, 1724.
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L’autre attaque satirique de Hogarth contre les francs-maçons fut sa description excoriante intitulée « Le mystère de la maçonnerie mis en lumière par les Gormagons » (publiée pour la première fois en 1724, avec d’autres rééditions), représentant l’ancien ordre noble des Gormogons, une société secrète de courte durée du XVIIIe siècle formée par le franc-maçon expulsé Philip Wharton.
Elle n’a laissé aucun document ni aucune réalisation permettant d’indiquer son véritable but et son objectif. D’après les quelques articles publiés par le groupe, on peut penser que l’objectif premier de la société était de tourner la franc-maçonnerie en dérision.
Durant sa brève existence, on l’accusa d’être un groupe à tendance jacobite, peut-être parce que le premier grand maître connu (ou Volgi œcuménique ) était Andrew Michael Ramsay d’Ayr, en Écosse, un jacobite aux fortes convictions.
Il semble également qu’il s’agissait d’une organisation caritative, du moins d’après ses statuts conservés. Il existe également quelques insignes en pendentif portant leur emblème.
Les Gormogons
L’ancien ordre noble des Gormogons a eu une brève existence au XVIIIe siècle ; ils ont laissé peu de documents ou de réalisations,
La prostituée de Hogarth révèle tout – Partie 1
Une nouvelle série examinant le symbolisme maçonnique caché dans les œuvres de frère Hogarth – que pouvez-vous y trouver ?
DESCRIPTION DE L’IMAGE
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James Gillray (1756-1815) était un caricaturiste et graveur britannique surtout connu pour ses satires politiques et sociales, principalement publiées entre 1792 et 1810.
Gillray a publiquement – et vicieusement – ridiculisé le célèbre franc-maçon et alchimiste comte Cagliostro, en produisant une caricature relatant la visite du comte à la Loge de l’Antiquité en 1786.
L’anecdote cinglante est rapportée comme suit :
L’événement sur cette plaque s’est produit à Londres, le 1er novembre 1786, au frère BALSAMO, se faisant appeler prince de Trébisonde, marquis de Harrat, comte de Cagliostro, etc. etc. ~ ~ ~
Le frère surnommé, ayant rendu visite à la Loge de l’Antiquité avec quelques étrangers, le frère MASH, un opticien ingénieux, joua, au lieu de donner une chanson, le rôle d’un charlatan ambulant, que le comte Cagliostro prit comme s’il s’agissait de lui, et quitta la Loge en colère, très mécontent du divertissement de la Compagnie. ~ ~ ~
M. Barker, coiffeur, King Street, Bloomsbury, maître de la Loge de l’Antiquité. – Souper à 3 shillings par personne. Vin et punch compris.
Conçu par un frère maçon témoin de la scène.
Résumé des mémoires du comte arabe.
Né Dieu sait où, élevé Dieu sait comment. De qui il descend – difficile de savoir. Lord Crop l’adopte comme un ami intime, et ose follement défendre son caractère. Ce comte autoproclamé, est devenu il y a quelques années un frère maçon sous un nom emprunté ; car des noms comme SEMPLE il porte de nombreux, et tel Protée, il apparaît sous cinquante formes. « Voyez en moi (dit-il) l’enfant de Dame Nature, « d’une âme bienveillante et de manières douces ; « Voyez en moi, l’innocent ACHARAT, « qui connaît le mystère de la fabrication de l’or, « un cœur sensible, je me vante d’une conscience pure. « Je me vante d’être un baume, de guérir tous les maux. « Mes pilules et mes poudres enlèvent toutes les maladies, « renouvellent votre vigueur et améliorent votre santé. » Cette partie rusée, l’archi-imposteur agit. » Et ainsi, le faible et le crédule attirent. Mais maintenant son histoire est rendue claire ; l’hypocrite et le charlatan effrontés apparaissent. D’abord, en tant que Balsamo, il s’essaya à la peinture, mais ne barbouilleant que, renonçant au métier. Puis, en charlatan, il se promena à l’étranger, et inscrivit plus d’un nom sur la liste noire de la mort. Trois fois il visita la côte britannique, et chaque fois il portait un nom différent, il cajola facilement les braves Alsaciens, en se vantant des anciennes formes égyptiennes. Le même tour, il le pratiqua à Bordeaux, à Strasbourg, à Lyon et à Paris aussi. Mais le destin réserva à frère MASH la tâche, de dépouiller le vil imposteur de son masque. Que tous les vrais francs-maçons lui prêtent leur queue de rabot ! Et le fouet de la satire mettra fin à la fraude.
Quel fouet de satire !
Rite égyptien
La franc-maçonnerie égyptienne, dont le fondateur Cagliostro était célèbre dans toute l’Europe du XVIIIe siècle pour sa réputation de guérisseur et d’alchimiste
Une autre caricature est apparue en 1800, intitulée « Comment faire un franc-maçon ».
«LE FRANC-MAÇON» D’EUGEN LENNHOFF, 1932.
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Etes-vous franc-maçon ?
Au tournant du 20e siècle, la franc-maçonnerie était encore l’objet de beaucoup d’hilarité et le concept de « monter la chèvre » supposément associé à la franc-maçonnerie s’est infiltré dans la culture populaire avec une série de cartes postales présentant une myriade de scènes satiriques du rituel maçonnique et des secrets de la franc-maçonnerie.
Parmi les plus collectionnables, on trouve celles intitulées « Êtes-vous un franc-maçon ? », une phrase tirée d’une comédie farcesque du même nom, apparue à Broadway à New York en 1901.
Le premier jeu de six cartes a été protégé par le droit d’auteur d’Irvin M. Kline en 1907. Elles ont été publiées par la Macoy Publishing Company, à New York.
Ces images furent imprimées à l’origine en noir et blanc, avec quelques sections colorées en jaune. Quelques années plus tard, des images identiques apparurent en couleur, imprimées en Grande-Bretagne par la société Millar and Lang dans leur « National Series ».
ÊTES-VOUS FRANC-MAÇON ? – LE PREMIER JEU DE SIX CARTES A ÉTÉ PROTÉGÉ PAR LE DROIT D’AUTEUR D’IRVIN M. KLINE EN 1907.
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Divers maçonniques – Monter la chèvre ! De nombreux francs-maçons ont déjà entendu l’expression « monter la chèvre » et ont sans doute été la cible d’une blague à ce sujet (désolé, je n’ai pas pu résister !). Mais que signifie-t-elle et d’où vient cette expression ?
Propagande anti-maçonnique
La plupart des anciennes illustrations et caricatures satiriques étaient davantage une pique humoristique contre la franc-maçonnerie qu’une attaque vicieuse.
Cependant, aux XIXe et XXe siècles, la satire est devenue plus moche : moins humoristique et un thème fortement anti-maçonnique/antisémite a commencé à émerger, surtout en Europe.
Une grande partie du contenu comprenait des thèmes antisémites, basés sur le principe selon lequel les Juifs, une race déjà calomniée et persécutée, étaient les orchestrateurs de la cabale obscure de la franc-maçonnerie, qui à son tour était perçue comme tentant de faire tomber tout établissement qui se sentait menacé par eux.
L’anti-maçonnerie politique et religieuse est devenue une culture pop.
À GAUCHE : « L’ARYEN BRISE LES CHAÎNES DU JUIF ET DU FRANC-MAÇON QUI LE RETENAIENT CAPTIF » AJ JACQUET, RÉPUBLIQUE PLÉBISCITAIRE, PARIS, 1897.
CENTRE : « LA RÉVOLUTION FRANÇAISE : AVANT ET APRÈS » – LES PAYSANS OPPRIMÉS AVANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE PAR LA NOBLESSE, ET APRÈS PAR LES JUIFS, LES FRANCS-MAÇONS ET LES CAPITALISTES. CARAN D’ACHE, 1898
A DROITE : LA FRANCE CATHOLIQUE DIRIGÉE PAR LES JUIFS ET LES FRANCS-MAÇONS, DESSIN D’ACHILLE LEMOT DANS LE PÈLERIN, 1902.
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La montée du fascisme
Un exemple plus effrayant de la franc-maçonnerie dans la culture populaire a été observé dans l’art de propagande utilisé en Europe au début du XXe siècle.
À l’époque où l’Europe se préparait à la Première Guerre mondiale, le sentiment antimaçonnique et antisémite était déjà très fort et la franc-maçonnerie commença à être interdite dans plusieurs pays.
En Hongrie, en 1919, la dictature du prolétariat fut proclamée et après que les dirigeants de la contre-révolution eurent accusé les francs-maçons hongrois de leur défaite de la Première Guerre mondiale et de la révolution, la maçonnerie fut interdite par un décret en 1920.
L’Union soviétique l’a interdit en 1922, Benito Mussolini et son Parti national fasciste ont suivi son exemple en 1924.
AFFICHE DE PROPAGANDE DE LA GRANDE EXPOSITION ANTIMAÇONNIQUE DE BELGRADE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE NAZIE DE LA SERBIE.
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En 1921, Adolf Hitler, un jeune homme politique allemand d’origine autrichienne avide de pouvoir, devient le chef du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (Parti nazi). À cette époque, les graines avaient déjà été semées quant à la menace perçue de la franc-maçonnerie envers sa nouvelle idéologie.
Le parti était farouchement anticapitaliste, antisémite et antimaçonnique – avec d’autres personnes jugées inaptes à remplir leur mission, des centaines de milliers de francs-maçons européens souffriront d’emprisonnement et/ou de mort dans les années qui suivirent.
Le côté le plus laid et le plus maléfique de la culture « populaire » ou de la « culture de masse » était apparu.
D’un point de vue factuel, il est banal de constater que les êtres humains ont trois approches possibles de l’art :
L’adoration (ou l’admiration),
Le rejet
L’engagement.
L’adoration et le rejet (dans sa forme minimale c’est bien sûr l’indifférence) renvoient à l’effet produit par l’œuvre artistique sur ceux qui la découvrent.
L’engagement procède de la création.
Avec la recherche de la nourriture (qui implique le combat), le maternage, le jeu (qui comprend aussi la découverte) et l’activité sexuelle, l’activité artistique fait partie des cinq grands « univers » de l’espèce humaine.
L’expérience que j’ai pu accumuler m’incite à proposer une approche qui permet de comprendre pourquoi l’Art est important dans l’existence humaine en général et dans la démarche maçonnique en particulier.
« C’est Aristote qui a peut-être le premier conceptualisé l’effet cathartique de l’art. Il nous dit dans son art poétique que si on va au théâtre, le fait de regarder les acteurs ça nous permet de vivre par transitivité leurs émotions et donc peut-être de se purger de nos pulsions. Aristote est confirmé par les travaux des neurosciences. » (source : France culture « Neurosciences : comment l’art nous guérit » par Elsa Mourgues)
Que l’on soit passif ou actif notre rapport à l’art est chargé d’émotion et d’affectivité.
Nous savons tous que c’est dans les sept premières années de la vie que les émotions ont l’impact le plus fort qui marquera nos personnalités.
Quand elle est créatrice, l’activité artistique nous permet d’exprimer nos émotions.
quand elle est passive, la rencontre avec l’art nous permet d’associer nos émotions passées à un moment de vie présent.
Si on prend conscience que dans le processus cognitif, l’émotion voisine avec la pensée de l’imaginaire, on comprend bien que l’art est porteur de ces deux composantes que sont l’affectivité et l’imagination.
C’est naturellement vers le concept de la déité que l’expression artistique a trouvé son champ d’application le plus usité ; la déité a été tout au long de l’histoire de l’humanité la source d’inspiration des générations d’artistes utilisant le transfert affectif et le pouvoir de l’imagination pour créer des oeuvres sublimes.
Cette constatation se retrouve aujourd’hui de façon plus diffuse et sur des thèmes plus variés.
Les connaissances sur la psychologie des êtres humains permettent de concevoir ce que j’appelle « l’univers symbolique protecteur » que chaque être humain se créé au fil de son expérience existentielle et en particulier des affects qui le marquent durant les sept premières années de sa vie.
Cet univers symbolique protecteur a, idéalement, pour fonction d’être une sorte d’interface virtuel entre notre Moi et le monde extérieur avec la fonction de nous préserver et de faciliter notre investissement projectif.
En réalité, dans la vraie vie, l’impact des affects ressentis dans l’enfance, avec toutes les problématiques qui peuvent s’en suivre, rend cet univers symbolique protecteur plus ou moins fonctionnel.
Tous les êtres humains sont ainsi conditionnés dans leur capacité à se projeter dans le monde par la réalité de leur univers symbolique protecteur.
L’expérience montre que l’être humain peut prendre conscience de sa capacité à « améliorer » son univers symbolique protecteur afin de le rendre plus « opérationnel ».
C’est par la spécificité de l’impact de l’influence artistique sur l’univers symbolique protecteur que l’art joue ainsi un rôle fondamental dans l’existence.
Le champ maçonnique n’est qu’une application de la généralité exposée précédemment. Ma conviction est que la démarche initiatique peut contribuer à conforter cet univers symbolique protecteur qui conditionne notre existence.
En le comprenant (cf « Connais-toi soi-même ») en particulier par l’analyse du ressenti de la rencontre avec l’art, en le modifiant par la capacité à acquérir une activité artistique, les membres de la loge peuvent collectivement avancer sur le chemin de cette sagesse collective qui, in fine, est le but de l’initiation maçonnique.
Les orateurs sont intervenus sur le thème suivant : « Pourquoi la franc-maçonnerie est-elle un humanisme intégral ? » . Co-organisées par la GLNF et le GODF, ces 8e rencontres se sont déroulées le 26 juin au Grand Temple de la Grande Loge Nationale Française.