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Croyances, sciences humaines et enchantement

Comme le démontre le dernier opus de Gérald Bronner, une superstition peut nous saisir pour longtemps. Même pour un scientifique la durée du désenchantement se mesure en années.

L’enchantement du monde bénéficie de nombreux défenseurs, ne citons que Michel Maffesoli. Beaucoup vivent cet enchantement dans un cadre collectif, qu’il s’agisse de religions, de sectes (on utilise ce mot si une intention malveillante est suspectée), de groupes d’études ésotériques ou hermétiques, et encore d’autres formes. Nul doute que le narratif socle du mouvement semble se solidifier quand on peut vérifier qu’il  est largement partagé et défendu. Michel note l’importance de l’effet tribal associé.

Mais nous savons qu’un autre grand groupe, les « rationalistes », sont vent debout contre plein de croyances, qu’ils attaqueront à coups de sarcasmes, et tamponneront « bullshit » ou autres « théories du complot ». On peut citer Thomas C. Durand et nombre d’autres « zététiciens » , qui se sont souvent donné pour mission de combattre le faux. Afin de lutter ainsi activement contre le relativisme post-moderniste, ils sont producteurs prolifiques de vidéos sur Youtube , toutes avec pour but de « débunker ». Mais que de travail !  Le temps que la vérité chausse ses bottines, le mensonge a fait le tour du monde, dit l’adage.

Pourquoi faut-il tant d’efforts ? Eh bien, hélas, la mode n’est plus trop à la vérité. Les francs-maçons et les zététiciens/rationalistes seront peut-être les derniers intéressés. D’abord, parce qu’elle est souvent complexe, pleine de nuances, et on n’a pas envie de cramer toute notre énergie à peser finement le pour, le contre, le peut-être…Ensuite,  et c’est là que l’individuel fait son retour, c’est bien plaisant que ce qu’on a envie de croire soit la Vérité, avec une majuscule pour dire « pas touche » ! Une bonne nouvelle doit être vérifiée deux fois, disait un éminent connaisseur du biais de confirmation, qui nous gangrène tous.

Les rangs des rationalistes comptent un allié de poids :  le sociologue Gérald Bronner. Surprise : il vient d’éditer une autobiographie « Exorcisme », où on apprend son long passage par une phase de croyances dures, avant de devenir le rationaliste que nous connaissons. Stéphane Foucart, dans son «  les gardiens de la raison », réserve le dernier chapitre à Gérald Bronner, le reconnaissant ainsi comme un des piliers les plus solides parmi les amoureux de la vérité.  Mais, dans le livre de Foucart, le jugement préétabli était que les scientifiques se sont fait acheter par les capitalistes. Le conflit d’intérêt fausse-t-il le jugement ? Vaste sujet que nous n’aborderons pas ici. 

Ici le sujet c’est : le désir peut il suffire à faire accepter pour vraies des affirmations pourtant contredites par des faits objectifs et largement connus ? Le moteur qu’est l’envie peut il vaincre le freinage imposé par l’éducation et la connaissance ? Bronner répond franchement oui à la question :

« La croyance est cette machinerie extraordinaire qui transforme le désir en prémonition, puis cette prémonition en savoir. »

Exorcisme raconte le lent combat du doute, de la pensée cheminant rationnellement, le système 2 . Combat donc contre le désir fou de voir plus que des coïncidences dans la ville de Nancy, afin de lui trouver un destin extraordinaire.

Notons tout de même que la période au cours de laquelle Bronner se transforme correspond à sa formation de sociologue professionnel. Occasion rêvée pour moi de déclamer mon admiration pour les sciences humaines. Là où les sciences dures, que j’ai pratiquées comme ingénieur, fournissent surtout des faits objectifs , sur lesquels il est facile d’être…objectif, la matière humaine est farcie de d’exceptions et contradictions. Alors, réussir à faire des progrès dans ces sables éternellement mouvants relève de la gageure. Il faut une montagne de précautions contre les biais pour arriver à éliminer tout le « bruit » des mesures . La difficulté d’interprétation est omniprésente, en psychologie, sociologie, médecine, etc. Heureusement, notre Gérald était de par sa formation puissamment armé contre les défauts du système 1.

Ce n’est pas le cas du clampin de base, titillé par ses gènes et de plus assailli en permanence  par les promesses fallacieuses des pubs commerciales, et des idéologues ou religieux de tous poils et leurs narratifs éprouvés.

Cela fait repenser aux enfants de Singapour, aux brillants résultats aux épreuves internationales de maths. On se disait, en les voyant trimer, qu’on leur volait leur enfance, et qu’on assèche probablement aussi leur créativité et sens de l’initiative, pour un résultat incertain. Mais, peut-être qu’ils seront plus résistants aux bobards, qu’en pensez-vous ? Bronner note que les rituels ésotériques accompagnent toujours les activités des hommes lorsque celles-ci charrient du désir et de l’incertain.

« La tentation superstitieuse n’est jamais aussi forte que lorsque les individus font face à l’angoisse des possibles. »

Bronner  affirme que malgré son brillant moteur, il lui a fallu 8 ans pour se sortir du marasme de ses croyances . Une des difficultés, déjà signalée par Léon Festinger, est l’effet cliquet empêchant le retour en arrière. « J’ai brisé tous les liens, j’ai brûlé tous les ponts, j’ai tourné le dos au monde, alors je ne peux pas me permettre de douter : je dois croire, il n’y a pas d’autre vérité » . Le chemin de sortie de Bronner est passé par la politisation progressive de la pensée. Il en dit tout de même qu’elle agit en quelque sorte comme une contradiction grandissante du merveilleux : « il n’y a pas de modèle de réel qui tolère la présence du merveilleux trop longtemps ».

Ensuite, dans le baroud d’honneur des croyances, il note que « l’effet anxiolytique de ces rituels durait de moins en moins longtemps.  Plus tu bois, plus tu as soif. Dieu est une drogue dure ». Cela rejoint ce que nous apprennent les addictologues : l’effet positif tend à s’estomper, poussant à  augmenter les doses. Nous savons aussi que le sevrage est douloureux. Il faut en déduire que la prévention devrait être forte, afin de s’épargner les longues souffrances du manque. Encore une injonction pour les parents, éducateurs et les enseignants ?

En tous cas, l’enchantement peut mener à de pénibles désenchantements, sachons le, chers sœurs et frères.

Pétain & les Francs-maçons

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Ce DVD est une recherche historique sur plus de 11 000 documents d’archives – Il  a réclamé au réalisateur Jean Barat et à l’historien Laurent Joly plus de deux ans de travail.

Il comprend

  • Le film antimaçonnique forces obscure paru en 1943  (52 mn)
  • Un entretien historique entre le réalisateur et l’historien  (46 mn)
  • Discours de Pétain dit «  DU VENT MAUVAIS » (8mn)
  • Discours inaugural par jacques  de Lesdain pour l’exposition antimaçonnique de 1940
  • Livret de 16 pages : dossier des sociétés secrètes

 JEAN BARAT est un Acteur – Réalisateur – Scénariste – Monteur de cinéma

LAURENT JOLY  est un historien spécialiste  de Vichy- Il a publié
·         Falsification de l’histoire – Ed Champs
·         Rafle du val d’hiver – Ed Grasset
·         Léon Blum – Ed Albin Michel
·         L’Etat contre les juifs – Ed Champs
·         La France et la shoa- Ed Calman Levy
·         Une jeunesse sous l’occupation – Ed Grasset

[NDLR : Si tel est votre désir, vous (re)lirez utilement notre note de lecture dans notre article du 25 février dernier « Pétain et les Francs-Maçons – Le dossier des sociétés secrètes, le DVD ».]

Deux ans avec Jacques Lacan

Je me souviens de mon approche de Jacques Lacan : au séminaire qu’il donnait chaque mois, à 11 heures, à la faculté de Droit, place du Panthéon, dans les années 70. Je travaillais en face, aux laboratoires Clin-Midy, et il m’était facile de m’y rendre, dans le cadre de la formation analytique que je préparais…

Je me souviens du grand amphi, qui se transformait en église. Il s’y pressait quelque 300 personnes en quête de chaises (jeunes et « vieux » étudiants, médecins généralistes et psychiatres, philosophes, journalistes). Dans le silence précisément religieux, on entendait en guise d’harmonium, le bourdonnement des magnétophones telles des abeilles mécaniques suspendus aux patères avec les manteaux, tout autour de la salle…

 Je me souviens que le « Maître », toujours arrivé une demi-heure avant, blanchissait les tableaux noirs coulissants de ses formules, avec une haute écriture, qu’on pouvait lire du fond de l’amphi. En avance aussi, je m’asseyais au premier rang et tentait, avide, de comprendre ses notes…

 Je me souviens de l’éclair de son oeil et de sa main nerveuse qui a écrasé la mienne un jour où au premier rang, nous nous disputions la chaise qu’il voulait emporter sur l’estrade…J’ai réussi à garder ma chaise !

 Je me souviens de ses costumes de tweed gansés et de ses cols mao sur une chemise rayée, arrondie par une confortable bedaine. Je lui trouvais l’air d’un prédicateur de mauvaises nouvelles…

 Je me souviens de sa tête casquée d’une chevelure blanche parfaitement lissée, de ses grands yeux derrière ses lunettes sans monture, et de son regard perçant, culpabilisant, qui semblait dévisager chacun d’entre nous…

 Je me souviens d’un homme paraissant toujours en colère, mais trahi par des sourires en coin qui semblaient dire « je m’amuse bien et je suis en train de vous posséder »…

 Je me souviens de sa voix qui s’élevait, soudain forte, et nos cous se rentraient, soudain faible, et nous cous se tendaient…

 Je me souviens que, comme moi, tout le monde était fasciné par ce psychanalyste se réclamant sans cesse de Freud, mais que, comme moi, personne ne comprenait visiblement rien. Et ça me rassurait…

 Je me souviens des « aaaaaaaaaah », et « ohhhhhhh »…. sorte d’orgasmes vocaux, soudain émis par certains semblant alors touchés par la grâce lacanienne… et qui déclenchaient bien sûr notre jalousie…

 Je me souviens de l’une de ses phrases fétiches, qui nous tombait régulièrement dessus, comme venant du ciel : « Dieu est inconscient »...

 Je me souviens de son discours sans ponctuation, devenant vite une sorte de mélopée lancinante, ondulante, tel un inconscient qui se vide…

 Je me souviens des jeux de mots chuchotés qui circulaient, en réponse aux siens : « Charlacan », « Lacanaille », « Lacan dira-ton », « Les écrits de Lacan et les écrans de l’acquis »…

 Je me souviens que j’écrivais certaines phrases comprises, sur mon cahier posé sur mes genoux, et retrouvé aujourd’hui :

  » Le moi ne s’adapte pas à la réalité, il l’adapte à lui. Le moi crée la nouvelle adaptation à la réalité et nous cherchons sans cesse à maintenir la cohésion avec ce double »…

 « Moi, la vérité, je parle »…

-« La psychanalyse est un remède contre l’ignorance. Elle est sans effet pour la connerie… »

 Je me souviens du grand moment des questions de l’auditoire, qui a donné plusieurs fois ce type de dialogue :

 Monsieur le Professeur, que peut apporter aux analysants, en termes de thérapie, votre conception de la psychanalyse ?

 Qui parle de guérir !

 Moi ! (ose l’intervenant)

 C’est bien ce que je disais… (rires de la salle)

 Je me souviens que je revenais confiant, à chaque séance, espérant une transformation de mon être, à l’écoute de ses phrases torturées, de ses silences gênants et interminables parfois, quand il semblait faire la gueule…

 Je me souviens que j’attendais de ce personnage, qui me paraissait jouisseur, cynique, arrogant, qu’il devienne un jour humain, chaleureux, ordinaire. Mais qu’il ait prononcé un jour les mots « maladie », « malade », « souffrance », « soin », « bonheur », « amour »,

je ne me souviens pas !

A chacun son « point de vue ». A chacun son mystère. A chacun ses étonnements. L’attente fait le charme du désir !

Illuminez votre parcours maçonnique avec un guide de lecture essentiel pour apprentis, compagnons et maîtres… mais pas que !

Dominique Jardin, un auteur reconnu avec un parcours distingué en histoire – World Conference on Fraternalism (WCF), Freemasonry & History (Bibliothèque nationale de France, 2019), par le prix Bartholdi pour ses années de recherche et ses nombreuses publications sur les tableaux de loge – et dans l’étude de la franc-maçonnerie – prix littéraire de l’Institut Maçonnique de France (IMF) en 2012 (prix spécial du jury pour deux ouvrages publiés aux Éditions Jean-Cyrille Godefroy) –, propose non seulement des recommandations de lecture pour approfondir les connaissances maçonniques, mais aussi une approche pour ‘’lire en maçon’’.

Cette perspective unique encourage une réflexion enrichie par la philosophie, l’histoire et la symbolique maçonniques, tout en restant ouverte à des influences extérieures.

Un ’’pourquoi lire’’, mais surtout un ‘’comment lire’’ ! C’est tout l’objet du premier chapitre que l’auteur souhaite explicatif, en motivant ses choix bibliographiques et son parti pris.

Le but de Dominique Jardin est de fournir des ressources solides aux nouveaux initiés ou sur le point de l’être, aux maçons expérimentés, ainsi qu’aux personnes jouant un rôle de conseil ou de soutien, comme les bibliothécaires et les libraires… et les surveillants.

Les précédents travaux de Dominique Jardin, tels que Voyages dans les Tableaux de Loge : Histoire et symboles (Éd. J.-C. Godefroy, 201) ainsi que chez Dervy, une marque du Groupe Guy Trédaniel, Le Temple symbolique des francs-maçons (2021), L’Alchimie des francs-maçons – Histoire d’une tradition transmutée-Les grades bleus (2022) et La tradition des francs-maçons – Histoire et transmission initiatique (2023) sont tout aussi éclairants et doivent être aussi dans toute bibliothèque maçonnique qui se respecte.

La façon d’aborder les différents sujets permet d’explorer nos fondamentaux, être au cœur de la pratique, décrypter les rituels, déchiffrer les symboles, connaître et maîtriser le langage des bâtisseurs, naviguer dans l’histoire et la culture maçonnique.

Chaque chapitre – cinq au total –, par son titre et son contenu, invite le lecteur à une exploration profonde et réfléchie de la franc-maçonnerie, en mettant en lumière les différentes couches de compréhension que ces sujets offrent, par l’intermédiaire du livre, bien évidemment. Tous ces chapitres sont comme des portes d’entrée vers une appréciation plus riche et une pratique plus éclairée de l’art royal.

Dominique Jardin.

Cet ouvrage de Dominique Jardin est une ressource précieuse pour quiconque s’intéresse à la fraternité, que ce soit pour les novices ou pour ceux plus avancés dans leur parcours maçonnique. L’approche de Dominique Jardin, visant à offrir un guide de lecture diversifié et profond, est particulièrement pertinente pour ceux qui souhaitent s’engager de manière sérieuse et réfléchie dans cette tradition.

Pour ceux qui cherchent à approfondir leur connaissance et leur engagement dans la franc-maçonnerie, ce guide offre une ressource précieuse, non seulement pour les lectures recommandées mais aussi pour l’approche réfléchie et respectueuse de l’apprentissage et de la tradition maçonnique que Jardin promeut. Sa volonté de s’adresser à un public varié, tout en évitant le piège du simplisme, reflète une approche éducative ouverte et constructive, essentielle pour toute personne désireuse de « travailler » au sens maçonnique du terme.

Quatre publics sont donc plus particulièrement t concernés : les profanes désirant franchir le pas, les nouveaux initiés, les maçons expérimentés et les surveillants, bibliothécaires et/ou libraires – en fournissant des références bibliographiques utiles et solides.

Approfondissement de la pratique maçonnique, diversité des ressources, expertise de l’auteur, finalement Que lire quand on est initié ? est plus qu’un simple guide de lecture. C’est une invitation à explorer et à approfondir la richesse de la franc-maçonnerie à travers la lecture. Pour les maçons à tous les stades de leur quête, ainsi que pour ceux qui conseillent et facilitent ce chemin initiatique, ce livre représente une ressource inestimable pour enrichir et guider leur pratique.

Nous soulignons également l’aspect très pratico-pratique et concret du guide qui donne un juste panorama de la tradition maçonnique. Un bel outil pour les cherchants en quête de références fiables.

Par ailleurs, « réceptif et attentif à toute critique, vous pouvez contacter l’auteur, lui permettant ainsi de progresser ».

Que lire quand on est initié ? ou en voie de l’être… Apprentis, Compagnons et Maîtres

Dominique JardinÉditions Dervy, Coll. Les outils maçonniques du XXI e siècle, 2024, 128 pages, 9,90 €

Disponible chez DETRAD

Lieu symbolique : Le temple maçonnique de Brisbane (Queensland, Australie)

Le temple maçonnique est un temple maçonnique situé au 311 Ann Street , Brisbane City , ville de Brisbane (Queensland, Australie).

Il a été conçu par Lange Leopold Powell d’ Atkinson, Powell et Conrad et construit de 1928 à 1930 par George Alexander Stronach & Son. Il est également connu sous le nom de Temple commémoratif maçonnique. Il a été ajouté au registre du patrimoine du Queensland le 21 octobre 1992.

Un peu d’histoire

Ce temple a été construit entre 1928 et 1930. En avril 1921, la Grande Loge Unie du Queensland a été formée par l’union des 281 loges maçonniques du Queensland. Pour commémorer l’union, la Grande Loge a accepté de construire un temple situé au centre. En décembre 1921, un terrain sur Ann Street, avec une façade de 77 pieds (23 m) et une profondeur de 148 pieds (45 m), fut acheté.

En juin 1923, un concours fut organisé pour produire un projet pour le temple. Le 8 décembre 1924, les plans de Lange Powell (franc-maçon) d’Atkinson, Powell et Conrad furent choisis parmi les 16 candidatures soumises.

Des appels d’offres ont été lancés le 12 mars 1928 mais les plans ont été radicalement modifiés. L’offre de 101 171 £ de George Alexander Stronach and Son, constructeurs, a été acceptée.

Le jour de l’Anzac* (25 avril) 1928, le très vénérable frère le juge Charles Stumm posa la première pierre. Une capsule temporelle a été placée sous la pierre qui contenait des copies des 4 journaux métropolitains du 24 avril 1928, des doubles de chèques apportés par les loges et les frères, une copie du discours du Grand Maître et des pièces de monnaie. La construction du temple maçonnique a commencé en mai 1928. Le temple a été achevé en 1930 pour un coût de 130 000 £, dont 7 000 £ pour le terrain plus 10 000 £ pour le mobilier. Les francs-maçons de tout le Queensland ont contribué aux dépenses.

La conception prévoyait un bâtiment de quatre étages, avec un sous-sol pour le gardien et les débarras. Le rez-de-chaussée abritait les bureaux exécutifs des Grandes Loges du Queensland, une bibliothèque et un musée. Au centre du grand vestibule circulaire se trouvait l’urne du souvenir des frères morts pendant la Première Guerre mondiale. Le premier étage comprenait les salles de dîner et le second les chambres du pavillon. La grand temple, d’environ 91 pieds sur 71 sur 32 pieds (27,7 sur 21,6 sur 9,8 m), au dernier étage, pouvait accueillir 1 100 personnes et a été décrite dans l’Architecture and Building Journal en février 1928 comme « la plus grande et la plus belle de ce genre en Australie ».

Le 9 décembre 1930, Sir John Goodwin , gouverneur du Queensland , dévoila et consacra l’urne commémorative et le 10 décembre 1930, le temple fut inauguré par le très vénérable Grand Maître (frère William Herbert Green ) et dédié comme mémorial aux frères tombés au combat, symbole de l’unité maçonnique dans le Queensland et comme monument à la franc-maçonnerie dans le Queensland. Depuis 1930, cette maison des maçons est le centre de l’activité maçonnique du Queensland.

Sa description

Le temple maçonnique situé dans la partie supérieure de la rue Ann est construit dans le style néo-classique. Il est de forme rectangulaire, la façade avant comportant six colonnes corinthiennes cannelées géantes, chacune de cinq pieds de diamètre à la base, soutenant un riche entablement et un fronton.

Le temple maçonnique de Brisbane est plus qu’un simple édifice; il symbolise l’unité, la mémoire et la persévérance de la communauté maçonnique du Queensland. À travers sa conception architecturale impressionnante, son attention aux détails et sa riche histoire, le temple continue de jouer un rôle central dans les activités maçonniques de la région, tout en contribuant significativement au patrimoine culturel et esthétique de Brisbane.

Galerie de portraits des grands maîtres.

Un lieu où les frères trouvent le vrai bonheur !

*La Journée commémorative de l’ANZAC ou ANZAC Day est célébrée le 25 avril de chaque année en Australie, en Nouvelle-Zélande, aux Samoa, aux Tonga, aux îles Cook et à Niue. Elle commémore la sanglante bataille de Gallipoli pendant la Première Guerre mondiale des Australiens et Néo-Zélandais de l’ANZAC contre l’armée ottomane en 1915, et la bataille de Villers-Bretonneux où les forces du Commonwealth stoppèrent l’avancée allemande en 1918.

Des dossiers sous clés…

Sources : Wikipédia, Wikimedia Commons, TripAdvisor

Un laboratoire appliqué du vivre-ensemble

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(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent le 1er et le 15 de chaque mois.)

Aucun de nous ne ressemble à un autre. C’est pourquoi faire société implique une conscience du dépassement de soi. Et, par construction, c’est tellement plus riche que de tourner autour de son propre nombril. Ce n’est pas minorer le prix de nos singularités que de vouloir conjuguer nos différences. Il ne s’agit pas de les réduire pour définir à toute force un espace public. Dans cette optique, il m’a toujours paru qu’un socle commun, solide, reconnu par tous les acteurs, tous les citoyens, ne devait entraver ni l’essor ni l’expression de tout ce que recèlent les personnalités, dans leur plus belle extension.

La société doit être par excellence le terrain de nos libertés.

Ce n’est pas revendiquer une passive et par là même médiocre tolérance, aussi poussée soit-elle, confinant souvent à une indifférence polie, que de prôner l’efflorescence des choix les plus variés, sans contrarier le sort des uns ou des autres ; c’est bien plus encore éprouver le respect de la diversité inhérente à nos cultures humaines et, par la suite, aux individus ou aux groupes qui les composent. Le respect, voici la notion centrale, la clé de la vie civile, de la vie civilisée. Sans heurter la pudeur de personne, sans imposer cette vision du monde que chacun de nous porte en soi avec plus ou moins de détail – en s’y noyant parfois, au sens figuré comme au sens propre.

L’autre est à fréquenter. Il est fécond, non seulement de ce dont il nous instruit sur lui-même, mais de l’apprentissage de nous-même qu’il aiguise, le frottement de nos différences affinant  l’affirmation de nos singularités. L’harmonie ne signifie pas celle d’un orchestre dont les instruments joueraient constamment ensemble, mais bien celle d’un jardin dont les fleurs s’ouvrent et se sourient les unes aux autres.

La première nécessité pour y parvenir est d’en rabattre au plan du pouvoir. Dominer ici n’a pas de meilleur sens que dans sa forme pronominale – en assujettissant ses passions –, sachant que partager s’entend également d’un partage qui veille à l’équilibre des choses, sans devoir, d’ailleurs, mêler à tout instant ses intérêts avec ceux des autres. Il ne s’agit point de tout mélanger. Par une sorte d’idéalisme infantile, de telles intentions s’en iraient bien vite en brouet d’andouilles. Il s’agit, en revanche, de ménager l’essentiel, c’est-à-dire de prendre soin les uns des autres avec bienveillance, de façon que chacun puisse, de lui-même, tirer profit de ce qu’il est.

À titre d’exemple, on peut dire que la Loge est un creuset où ne se fond que l’amour de l’humanité mais où se purifie le métal de chacun. Par le fruit simultané de ses vertus initiatiques, c’est un laboratoire appliqué du vivre-ensemble.

Des francs-maçons essentiels seront honorés lors du service religieux et du brunch

De notre confrère royalgazette.com

La première fois que quelqu’un a demandé à St Clair « Brinky » Tucker s’il souhaitait rejoindre les francs-maçons, il a répondu non. Il ne comprenait pas vraiment ce qu’ils voulaient dire et il était occupé.

« Je venais de me marier et je jouais au football et au cricket », a-t-il déclaré. « J’étais dans la police. J’ai dit non parce que je ne voulais pas être plombier, charpentier ou maçon. C’est dire à quel point j’ignorais la terminologie. »

Plus tard, sa mère l’a critiqué, lui expliquant clairement qui étaient les francs-maçons.Francs-maçons irlandais des Bermudes

Il existe quatre loges maçonniques irlandaises aux Bermudes, dont Hannibal, Friendship and Harmony, Abercorn et Bermuda Garrison Lodge. La Grande Loge provinciale, qui les supervise, a été consacrée en 1989. Les anciens grands maîtres provinciaux, M. Tucker, feu Clarence James et Gerard Bean, ont participé à sa création.

Il s’est avéré que son père et son grand-père étaient membres de la Hannibal Lodge à St George. Il n’en avait aucune idée.

« Elle a dit que si quelqu’un vous le demandait à nouveau, dites oui », se souvient M. Tucker.

Deux ans plus tard, quelqu’un a répété la question. M. Tucker a suivi les conseils de sa mère et a rapidement exprimé son intérêt.

« C’était l’un de mes anciens professeurs », a déclaré M. Tucker. « Il a dit : ‘OK, je vais vous proposer et demander à votre oncle de vous seconder’. »

Encore une fois, parce que les francs-maçons restent discrets sur ce qu’ils font, M. Tucker ne savait même pas que son oncle était maçon.

En 1970, il s’est rendu à sa première réunion de la Hannibal Lodge à St George, et 56 ans plus tard, il y est toujours impliqué, après avoir gravi les échelons jusqu’au Grand Maître provincial, son ordre le plus élevé.

Le 17 mars, lui et plusieurs autres anciens grands maîtres provinciaux des loges irlandaises de l’île seront honorés lors d’un service et d’un brunch de la Saint-Patrick à l’église St Patrick de Smith’s.

M. Tucker se souvient encore de sa première rencontre à Hannibal Lodge sur Old Maid’s Lane à St George.

« Il y avait 40 ou 50 personnes venant de toute l’île, mais beaucoup de St George », a-t-il déclaré. « Les parents de ma mère étaient originaires de St David’s, alors j’ai vu des visages familiers. »

Lors de cette réunion en 1970, il fut témoin de l’incendie symbolique des actes.

« Ils venaient juste de finir de payer le bâtiment », a déclaré M. Tucker.

Il s’est décrit comme étant « tout ouïe » cette nuit-là.

«J’avais hâte d’en savoir plus», a-t-il déclaré.

Il fut surpris par le nombre d’hommes qu’il connaissait et qui se trouvaient dans la loge.

« Je ne sais pas si vous diriez que nous sommes secrets, mais il y a certaines choses que nous apprenons et gardons pour nous », a-t-il déclaré.

Il a déclaré que les francs-maçons font beaucoup dans la communauté sans chercher à faire de la fanfare.

« Nous nourrissons les plus démunis », a-t-il déclaré. « Nous pourrions leur apporter des cadeaux à Noël. »

Ils essaient également d’aider d’autres maçons et leurs familles.

« Certains de nos membres sont décédés et leurs épouses ont eu quelques difficultés », a déclaré M. Tucker. « Nous veillons à ce qu’elles soient prises en charge. Nous essayons également d’orienter les jeunes dans la bonne direction.

Les francs-maçons suivent plusieurs règles simples pour maintenir l’harmonie entre leurs membres. Par exemple, il est interdit de parler de politique ou de religion.

« Nous ne parlons pas de ces sujets pendant la réunion, ni après, lorsque nous profitons de libations ensemble », a-t-il déclaré. « Même à la veille des élections, nous ne discuterions pas de ces choses. Nous avons aussi des politiciens qui font partie de la loge.

Il est également interdit de fumer pendant les réunions, et même s’ils peuvent prendre un verre ensemble après, il est interdit de se saouler.

« En fait, si nous constatons qu’un frère a un problème d’alcool, nous allons vers lui, le soutenons et l’orientons dans la bonne direction. »

Les francs-maçons potentiels passent par un processus de sélection.

« Nous allons poser des questions à leur sujet et voir quel type de relation ils entretiennent avec leurs voisins et leur communauté », a-t-il déclaré. « Les personnes ayant des antécédents criminels ne peuvent pas être intronisées. »

Il sentait que faire partie de la Hannibal Lodge l’avait aidé à mûrir mentalement.

« J’ai aussi beaucoup voyagé au fur et à mesure que je gravissais les échelons », a-t-il déclaré.

Il s’est rendu à plusieurs reprises en Irlande, mais aussi en France, en Italie, au Canada et dans toutes les Caraïbes.

Lorsqu’il est allé à une réunion à Cuba, il a été étonné de pouvoir comprendre tout ce qui se passait, même s’il ne parlait pas espagnol.

« C’était exactement la même chose que lors de nos réunions aux Bermudes », a déclaré l’homme de 82 ans. « Rencontrer des membres des loges du monde entier a toujours été une expérience très positive pour moi. »

Au cours de ses 54 années passées au sein de la loge, il a rédigé avec eux un curriculum vitae de quatre pages. En 1993, il rejoint les Templiers de Sir George Somers. L’année suivante, il est promu ancien grand intendant honoraire. En 2003, il était membre fondateur du Royal Arch Chapter 832.

« Le Royal Arch Chapter est un ordre juste supérieur aux francs-maçons », a-t-il expliqué. « Il y a différents niveaux. Le niveau le plus élevé que l’on puisse obtenir aux Bermudes est celui de Grand Maître Provincial, et j’ai occupé ce poste pendant 12 ans. En Irlande, le Grand Maître est responsable des loges irlandaises partout dans le monde. Il y a des années, je m’asseyais dans son bureau et discutais avec lui.

Lorsque vous interrogez quelqu’un sans pitié, cela est souvent appelé « donner à quelqu’un le troisième degré ». L’expression vient d’un test que les francs-maçons devaient historiquement passer pour obtenir un rang élevé.

M. Tucker possède son 33e degré, l’ordre le plus élevé qu’un franc-maçon irlandais puisse atteindre.

« Je suis le seul Bermudien à avoir cela », a déclaré M. Tucker.

En 2016, il a également été nommé Grand Inspecteur Général par le United Supreme Counsel Ancient Scottish Rites à Washington DC.

« Pour recevoir cet honneur, il faut être invité », a-t-il déclaré.

Le service de la Saint-Patrick à Smith’s aura lieu à 11 heures le 17 mars et le brunch au restaurant Henry VIII de Southampton à 13 heures.

Les autres anciens Grands Maîtres provinciaux honorés seront feu Clarence James et Gerard Bean.

Les bénéfices seront reversés à la Société de la sclérose en plaques des Bermudes. Tout le monde est bienvenu.

• Pour les billets et plus d’informations, appelez le 703-9092.

Une exploration inédite de la franc-maçonnerie anglaise signée Julian Rees

À la vue du titre Franc-maçonnerie : le cœur et l’esprit – Esquisses sur l’ésotérisme dans les rituels anglais, nous déduisons que l’ouvrage s’adresse, en priorité, aux francs-maçons désireux d’approfondir leur compréhension des dimensions ésotériques et symboliques présentes dans les rituels de la franc-maçonnerie anglaise et surtout du Rite Émulation.

Également connu sous le nom de Rite Anglais de Style Émulation ou Rite d’Union, il a été établi par la Grande Loge Unie d’Angleterre entre 1813 et 1816. Ce rite est né en tant que solution à la controverse opposant les « Anciens » aux « Modernes ». À partir de 1817, il a été formalisé et enseigné par des loges spécialisées dans l’instruction, comme la « Emulation Lodge of Improvement« , qui a par la suite donné son nom à ce rituel. Solidifié au début du XIXe siècle, il a été introduit en France un siècle plus tard et a continué d’être pratiqué sans modifications significatives jusqu’à aujourd’hui. Sa stabilité lui a permis de demeurer le rite standard de la Grande Loge Unie d’Angleterre, ainsi que de milliers de loges, principalement situées au Royaume-Uni et dans ses anciennes colonies. Le Rite Émulation est aussi adopté par différentes obédiences maçonniques en France.

En se concentrant sur « le cœur et l’esprit », le livre suggère une approche holistique de la franc-maçonnerie, encourageant les lecteurs à intégrer ces enseignements ésotériques dans leur vie personnelle et spirituelle. Cela peut contribuer à un engagement plus profond et plus conscient dans leur parcours maçonnique. Et puis, l’examen des rituels anglais permet d’établir un lien entre les traditions historiques de la franc-maçonnerie et leur application ou leur interprétation dans le contexte contemporain.

Cela peut aider les francs-maçons à apprécier la pertinence de ces rituels et enseignements dans leur quête personnelle de croissance et de développement. L’ouvrage peut donc servir de catalyseur pour les francs-maçons dans leur quête personnelle de vérité et de sagesse. En explorant les dimensions plus profondes de leurs rituels, les lecteurs peuvent être inspirés à poursuivre leur développement personnel et spirituel avec un renouvellement d’énergie et de perspective.

Julian Rees explore donc les liens profonds entre les rituels franc-maçonniques et les expériences de la vie quotidienne. Cet ouvrage se présente comme un guide pour tous ceux qui cherchent à comprendre comment les symboles et les enseignements de la Franc-maçonnerie, tels que l’équerre, le compas, le fil à plomb ainsi que les principes de Sagesse, Force, et Beauté, peuvent s’appliquer en dehors de la loge, dans les sphères familiales et professionnelles.

Julian Rees.

Julian Rees, reconnu pour son expertise maçonnique et son engagement dans la transmission des valeurs de l’ordre, invite le lecteur à une réflexion profonde sur la manière dont la franc-maçonnerie s’entrelace avec les aspects les plus variés de l’existence. L’auteur aborde des concepts fondamentaux tels que la fraternité, la lumière, la spiritualité, la vérité mais aussi traite de l’ordre issu du chaos (pour trouver l’harmonie), tout en posant des questions essentielles sur la nature de la Sagesse et de la Vérité. Ce faisant, Rees ne se contente pas de théoriser ; il propose des pistes concrètes pour intégrer ces valeurs et ces symboles dans notre vie de tous les jours.

En outre, la mention des bijoux et outils maçonniques suggère une exploration de la symbolique derrière ces objets et comment leur signification peut être portée dans le monde extérieur pour guider le comportement et les décisions.

Initié en 1968, Julian Rees est un pilier de la franc-maçonnerie, aussi bien pour ses contributions littéraires que pour son rôle actif au sein de différentes commissions et obédiences, y compris l’Emulation Lodge of Improvement (ELOI) de la Grande Loge Unie d’Angleterre, à Londres, et la fédération britannique de l’Ordre maçonnique international mixte Le DROIT HUMAIN.

Son travail est régulièrement présenté dans des publications de renom telles que Freemasonry Today et Franc-Maçonnerie Magazine. Reconnu pour son mérite exceptionnel, il a été honoré par l’Institut maçonnique de France avec l’Ordre maçonnique La Fayette.

Cet ouvrage offre une perspective riche et nuancée sur l’art royal, en la rendant pertinente et accessible pour les maçons et même les non-maçons désireux de comprendre comment les principes maçonniques peuvent enrichir la vie quotidienne. Il propose une voie vers une compréhension plus profonde de soi et de la société à travers les lentilles de la sagesse, de la fraternité, et de la quête de vérité, en mettant en évidence le potentiel de transformation personnelle et collective que la franc-maçonnerie offre.

Nous notons de très belles illustrations dues au talent de Tanya Robinson.

Grâce à Cépaduès, lisez quelques bonnes feuilles de l’ouvrage.

Franc-maçonnerie : le cœur et l’esprit

Esquisses sur l’ésotérisme dans les rituels anglais

Julian Rees Cépaduès, Coll. de Midi, 2024,134 pages, 21 €

La notion de « centre », foyer de la connaissance

De la Bible « centralisatrice » à l’esprit humain sécuritaire

L’Homme a constamment besoin de se positionner dans l’espace et d’être ainsi un « centre ». Avec, autour ou non loin, précisément, un autre « centre » comme point de repère. Ainsi, hier, la pierre levée par lui (dont est parsemée le globe terrestre), les tours de guet au sommet des montagnes, les châteaux « haut perchés, les Temples sur les collines…et la Tour Eiffel aujourd’hui, tout ce que le soleil peut embraser de ses feux, ont été depuis des lustres et sont toujours autant de lieux d’attraction, d’arrivée, des « centres de rassemblement » que des bases de départ.

 La Bible, ce « centre » que l’on tient dans la main, n’est pas le Grand Livre de l’humanité, comme le dit encore trop souvent la littérature. Mais, à coup sûr, cet ouvrage – le plus vendu au monde – « concentre », au cours de multiples scènes et d’actions, au pays de Canaan, en Judée, nombre de particularités qui expriment cette notion de centre, caractéristique de la nature de l’homo Sapiens. Et tout ce qui constitue l’HUMAIN. Celui-ci devient alors un fantastique lieu de « mises en présence centrale » les plus variées, des rois vaniteux aux gens de peu, des prêtres en adoration aux prophètes dénonçant l’injustice, des sages les plus éclairés aux révoltés les plus décidés, des femmes dévouées à la cause familiale aux enfants porteurs de lumière et d’espérance……

Au final, autant de photographies émouvantes, des vérités et contradictions mêlées de la condition humaine ! Autant d’époques traversées qui nous montrent que d’évènements tragiques peuvent naître des périodes de bonheur, à sans cesse entretenir. Que de la peur, la colère et la tristesse peuvent surgir la joie d’être, de penser et de faire, pour bien vivre ensemble. En vérité, chaque membre de ce peuple en mouvement est en quête de cette « centralité » individuelle qui constitue son unité.

Alors, pour leur répondre, pour les satisfaire dans leur for intérieur, surgit au fil de ces textes, une figure « centrale », à la fois lointaine et étonnamment proche, vivante et présente : celle du Dieu d’Israël, qui a révélé son nom en apparaissant à Moïse, sur le Mont Sinaï. Ce nom de Yahvé…que le croyant ne doit pas prononcer.

Un centre originel et original : Le Royaume de Salomon

Depuis cette révélation, les innombrables rédacteurs de la Bible, des premiers littérateurs israélites, eux-mêmes formés à la tradition orale – et en désir d’équilibre mental – , jusqu’aux derniers auteurs et témoins de la primitive Eglise chrétienne, tous sont animés d’une même foi : ils ont la certitude que Dieu, le « seigneur » tel qu’ils le nomment, cet invisible créateur de l’Univers et de l’Homme, veut que ce peuple méditerranéen vive et se multiplie, se dépasse dans l’action héroïque et lui soit fidèle. De la sorte, avec cette croyance monolâtre – persuadés que le nombre peut se réduire à l’unité, au « 1 » – conviction qu’ils entretiennent, ces rapporteurs comme tout le peuple d’Israël officialisent le monothéisme, centre même par définition. Ils ne croient effectivement qu’en ce dieu unique, contrairement aux peuples voisins, souvent polythéistes.

Puisque Dieu est vivant, descendu du ciel, il est là, présent, parmi les hommes qui souffrent, qui luttent et qui pleurent, qui rient et qui sont heureux aussi. Puisque ce Dieu est adoré, sanctifié, puisque le peuple a fait « alliance » avec lui sur le mont Sinaï, alors il faut lui consacrer une terre, un espace central. Cette ferveur institue la notion « d’espace sacralisé », qui a fait évoquer le « royaume sacré de Salomon ». Quel est ce royaume ? Après leur temps nomade avec le patriarche Abraham, puis leur sortie d’Egypte avec Moïse, les israélites ont rejoint « la terre promise » de Canaan, autre centre en soi. Là, ils s’y organisent en royautés successives, avec les rois Saul, David puis Salomon.

 Sous le règne de ce dernier, le territoire comprendra Israël au nord, avec pour capitale Samarie et Juda au sud, avec Jérusalem. C’est tout ce royaume qui devient sacré, c’est à dire dédié à Dieu. On peut l’inscrire dans 10 cercles concentriques puisque sont sacralisés, de l’extérieur vers ce fameux « centre « : 1. le pays d’Israël tout entier, 2. ses cités fortifiées, 3.la ville de Jérusalem, 4. le mont Moriah sur lequel sont construits le Palais et le Temple, 5. l’enceinte de ce Temple, 6. le parvis des Femmes,7. le parvis des Israélites, 8. le parvis des Prêtres, 9. le Sanctuaire. Et enfin, au centre de l’ensemble : 10. le Saint des Saints, lieu de conservation de l’Arche d’Alliance, abritant les Tables de la Loi.

Une sphère infinie

Puits initiatique de Sintra, Portugal

 Cette notion de « centre géographique » et même « théographique » si je puis dire, est donc essentielle au temps du roi Salomon. Elle sera reprise par les bâtisseurs de cathédrales, qui n’ont pas posé celles-ci n’importe où, mais bien au milieu de la cité. Ce n’est bien sûr pas par hasard, si lesdites cathédrales ont le plus souvent deux tours, à l’image des deux colonnes du Temple de Salomon. Et ce n’est pas un hasard non plus, si les anciens tailleurs de pierre, maçons opératifs, ont choisi le Temple de Salomon, construit à Jérusalem en 967 avant Jésus-Christ, comme « symbolique centrale ». Et si, après eux, les maçons « spéculatifs » la perpétuent aujourd’hui, avec la présence de deux colonnes stylisées et « encadrantes » à l’entrée de leur loge, qui symbolisent celle du temple de Salomon !

Le mont Sinaï est en soi un « centre initiatique », le mont Moriah, un autre : deux centres de ralliement autant que des bases de départ, d’ailleurs. Les Constitutions d’Anderson, désignant la franc-maçonnerie comme « centre de l’union » ne disent pas autre chose : rassembler d’abord ce qui est épars, en un point central, et rayonner ensuite. Alors que le Temple de Salomon est la maison de Dieu, la loge maçonnique elle, est la maison des hommes. Au vrai, le point central d’un cercle, d’où ils prennent leur départ vers la cité.

 Ce centre est en soi une force, bien sûr par sa position axiale même, fédératrice parce qu’elle regroupe, et protectrice parce que, dans l’esprit humain, elle porte en elle la sécurité et l’espérance. En termes de construction monumentale, la combinaison du point central et de la surélévation, à l’image du mont Moriah, confirme le prestige et la durée, œuvre des bâtisseurs. N’oublions pas qu’au temps salomonien, la terre est pensée comme une plate-forme ronde dont le centre est le jardin d’Eden, près de Jérusalem et le ciel imaginé telle une calotte sphérique. Soit deux cercles superposés.

Dans la fantasmatique humaine moderne qui a toujours besoin de « reliance », la verticalité est restée en quelque sorte, l ‘échelle galactique permettant de passer du royaume terrestre au royaume céleste, demeure attribuée à la force suprême. De ce point de vue, la verticalité fonctionne avec la croyance. Dieu est toujours désigné par les hommes, instinctivement, non en fixant le sol, mais les yeux et les bras levés vers le ciel, vers la voûte céleste, cercle à la fois indéfini et infini.

« Dieu est une sphère infinie dont le centre est partout et la circonférence nulle part » dit Blaise Pascal en son temps. Il reprend ainsi une notion qui était déjà au « centre des esprits », bien des siècles auparavant. 

Gros plan sur l’illuminé de la semaine : « Christophe Flipo »

Comme vous le savez, la rédaction offre régulièrement un coup de projecteur à un converti. Le candidat de la semaine avait déjà fait l’objet de notre choix il y a deux ans dans un article à redécouvrir concernant 7 repentis.

Notre champion n’a pas reçu l’illumination à Lourdes, car le créneau était déjà occupé par Serge Abad-Gallardo. Lui, il a choisi Rocamadour, suite aux conseils d’une très belle de ses collègues (enfin, selon ses propos). Ce qui nous a amusé, c’est la raison réelle de son défroquement de l’Art Royal. En réalité, on sent qu’il serait bien resté plus longtemps sur les Colonnes où il œuvrait depuis 20 ans. Mais voilà, sa femme en a décidé autrement. Il fallait choisir entre la belle Frédérique (toujours selon ses propos) et les frangins avec les soirées d’agapes. La voilà la vraie raison de son départ. Tout le monde comprendra que c’est du sérieux, car comment s’opposer à un tel argument ? Il nous reste maintenant à comprendre comment il a bien pu passer d’un acte d’obéissance, ou peut-être de soumission, à la rédaction d’ouvrages antimaçons ? Les Voies du GADLU sont parfois impénétrables.

La Chaine RCF, nous offre cette présentation :

Christophe Flipo a tenu en haleine près de 3 Millions de téléspectateurs en avril 2021 ! Avec sa fille Claire, il a remporté la 14e saison de Pékin Express, le célèbre jeu d’aventure de M6. Depuis cette victoire, il aime raconter comment sa foi l’a aidé dans cette expérience extraordinaire. Cette foi, enracinée dans le Christ, il l’a redécouverte il y a 10 ans, grâce à un couple d’amis convertis et à la rencontre de catholiques engagés. Il dut alors quitter la Franc-Maçonnerie, qu’il avait côtoyée pendant 21 ans, pour vivre en cohérence avec ses nouvelles convictions. Aujourd’hui, il témoigne avec force que seul Dieu propose un vrai chemin de bonheur. Dans cette émission, Christophe Flipo raconte Pékin Express avec son regard chrétien, mais il nous explique aussi son cheminement spirituel et les raisons qui l’ont conduit à quitter la Franc-Maçonnerie. Christophe Flipo a écrit 2 livres :- La meilleure part (Cerf) – 2015 – L’adieu aux frères (Cerf) – 2016.

La bonne nouvelle, c’est que grâce à cette émission TV du Paris/Pekin, il s’est désormais lancé dans l’écriture d’un livre sur sa victoire TV (Nous avons gagné Pékin Express). Dans le fond, c’est à se demander si sa seule motivation ne serait pas de profiter des projecteurs ?