Accueil Blog Page 350

Franc-maçonnerie continentale avant JC, 1723

De notre confrère freemasonscommunity.life – Par Oliver d. Street le franc-maçon américain – Février 1914

L’opinion orthodoxe à l’heure actuelle est que la franc-maçonnerie a été introduite d’Angleterre sur le continent européen vers 1725 après JC. La première impulsion du lecteur averti sera donc peut-être de s’exclamer : de quoi parle-t-il, ne sait-il pas que avant 1723, la franc-maçonnerie n’existait pas sur le continent ! Je réponds aussitôt que je ne sais rien de tel, ni personne d’autre.

Il y a quelques décennies, les écrivains maçonniques connaissaient très bien, comme ils le concevaient, les faits de l’histoire maçonnique ; aujourd’hui, nous sommes tout aussi sûrs de savoir qu’ils ne l’étaient pas. Le silence des rares documents qui ont échappé à la destruction jusqu’à nos jours, concernant tout fait ou coutume relatif à la franc-maçonnerie, est, pour beaucoup de nos historiens maçonniques les plus respectés, un motif suffisant pour rejeter totalement ce fait ou cette coutume. Selon eux, les preuves négatives de ce genre dépassent de loin toutes nos traditions orales et écrites. Il est ou devrait être bien connu que les preuves négatives de ce caractère ont peu de valeur.

Ainsi, nous affirmons avec désinvolture qu’avant 1717 après JC, les Loges n’avaient aucune autorité pour se réunir, à l’exception du droit inhérent des Maçons de se réunir n’importe où et à tout moment et d’y former des Maçons et de traiter des affaires maçonniques ; qu’avant 1717, il n’y avait ni Grand Maître ni Grande Loge ; qu’avant 1724, il n’y avait pas de diplôme de Maître Maçon ; qu’avant 1740, il n’y avait pas d’Arche Royale ; et enfin, qu’avant 1725, il n’y avait pas de franc-maçonnerie sur le continent européen.

C’est sur cette dernière affirmation que je désire attirer une fois de plus l’attention. Cela est directement contraire aux traditions écrites de l’Artisanat telles qu’elles sont consignées dans les soi-disant « Anciennes Charges », certainement depuis près de cinq cents ans. Ceux-ci nous disent pratiquement d’un commun accord que la franc-maçonnerie existait sur le continent avant elle en Angleterre. Ce n’est cependant pas sur cet ensemble de preuves que je souhaite m’attarder, mais pour présenter une déclaration trouvée dans les « Constitutions » d’Anderson, publiées en 1723, qui, si elle ne peut être expliquée d’une manière ou d’une autre, semble établir l’existence de Franc-maçonnerie sur le continent en 1723 et avant.

Dans la première édition des Constitutions d’Anderson est publié « Les Charges d’un Franc-Maçon, extraites des archives anciennes des Loges d’outre-mer (c’est nous qui soulignons) et de celles d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande », etc., etc. approbation » de cet ouvrage signé par le Grand Maître, le Grand Maître adjoint, les Grands Surveillants et les Maîtres et Surveillants de vingt loges particulières, il est explicitement indiqué que l’auteur avait « examiné plusieurs exemplaires provenant d’Italie ». Ce livre a été compilé et publié sous la direction et l’autorité de la Grande Loge elle-même.

Les déclarations citées ci-dessus stipulent clairement qu’en 1723 (et impliquent cela bien plus tôt), il existait sur le continent une institution que la Grande Loge d’Angleterre et ses officiers reconnaissaient alors comme identique à leur propre franc-maçonnerie. Je n’ai jamais vu ces passages d’Anderson soumis à l’analyse ou à la critique de la part d’aucun de nos historiens maçonniques. Mais il semblerait qu’il faille une certaine témérité aux écrivains d’aujourd’hui, près de deux cents ans après les événements, pour soutenir que ces maçons de 1723 ne savaient pas de quoi ils parlaient.

Il ne semble pas probable que ces références soient à des Loges récemment créditées en Europe soit par les autorités maçonniques britanniques, soit par des francs-maçons d’origine britannique agissant sous leur propre responsabilité, car (1), nous n’avons aucune preuve de l’introduction de la franc-maçonnerie britannique sur le territoire. Continent avant 1725, et (2), les coutumes et usages de telles loges n’auraient pas été considérées comme faisant autorité dans la mère patrie et leurs archives auraient difficilement pu être qualifiées d’anciennes.

Une interprétation sensée des passages cités ci-dessus semblerait exiger soit que nous remontions beaucoup plus loin que ce qui a été supposé jusqu’à présent l’introduction de la franc-maçonnerie britannique sur le continent, soit que nous admettions l’existence là-bas d’une franc-maçonnerie indigène qui lui est propre.

La seule façon d’échapper à cette conclusion est de supposer qu’Anderson a dit par inadvertance ce qu’il ne voulait pas dire, ou bien qu’il a délibérément falsifié. Je sais que c’est assez à la mode ces derniers temps d’écarter avec un ricanement tout ce qui vient d’Anderson qui ne coïncide pas avec ses opinions. Rares sont ceux qui ont eu l’audace de l’accuser de mensonge conscient, mais sa crédulité, réelle et supposée, a été utilisée en toutes sortes d’occasions pour se débarrasser de toute déclaration gênante de sa part. Pour autant que l’on sache, rien dans sa vie ou son caractère ne justifie l’accusation de mensonge. Quant à l’inadvertance, il faut garder à l’esprit que le livre d’Anderson a été approuvé deux fois par la Grande Loge, une fois par un comité de frères distingués après avoir apporté quelques corrections mineures, et enfin par le Grand Maître, le Grand Maître adjoint, les Grands Surveillants et les Maîtres et les officiers de vingt loges particulières. Ensuite, il y a la déclaration explicite concernant « plusieurs exemplaires en provenance d’Italie ». C’est trop de supposer que tous ces frères étaient des ignorants ou des fraudeurs.

Dans la mesure où Anderson a entrepris de consigner l’histoire et les traditions de l’Artisanat à des époques antérieures à la sienne, il ne peut être considéré autrement que comme un simple compilateur. Il ne professe pas davantage lui-même ; en fait, on ne lui a pas demandé d’en faire davantage. Il semble l’avoir fait avec beaucoup d’embellissement et peu de discrimination. Les étudiants en maçonnerie ont sans aucun doute raison d’accepter ces parties de ses écrits avec hésitation. Mais il semble que les déclarations distinctes et positives faites par lui concernant des événements contemporains, ou quant aux documents examinés par lui, et ces déclarations approuvées par les principaux maçons de son temps, reposent sur une base entièrement différente. Pour les renverser, quelque chose de mieux qu’une simple conjecture devrait être mis en place.

Le frère Robert F. Gould, bien que convaincu que toute la franc-maçonnerie est issue de Grande-Bretagne, admet que dans le court espace de dix à vingt ans après l’établissement de la Grande Loge d’Angleterre, la franc-maçonnerie avait « acquis une base solide dans les parties les plus reculées du continent européen » (Histoire, vol. iii, p. 77) ; que « partout où existaient les premières loges, on y trouve des traces de réunions antérieures » ; que dans les premières « Loges déclarées » étaient présents des Maçons incontestables initiés ailleurs (Histoire, p. 78).

En d’autres termes, cet éminent historien maçonnique de l’école la plus exigeante admet, en effet, que nous ne savons ni quand ni où les premières réunions maçonniques eurent lieu sur le continent, ni d’où furent salués les maçons qui les tenaient ; c’est-à-dire que la franc-maçonnerie existe là « depuis une époque où la mémoire de l’homme ne va pas dans le sens contraire », ou depuis des temps immémoriaux. Ceci est en parfait accord avec nos traditions.

Il est vrai que Frère Gould tente de rendre compte de la présence incontestable et de la diffusion générale sur le continent, si peu de temps après le « Renouveau », des francs-maçons faits on ne sait où, par ce qui ne peut être considéré que comme une hypothèse très douteuse. Sa théorie est qu’à cette époque (c’est-à-dire 1717 après J.-C.), l’Angleterre jouissait d’une grande importance aux yeux de l’Europe en raison de sa richesse, de sa possession du Hanovre et des récentes victoires de Marlborough ; qu’en conséquence de ces choses des milliers de visiteurs affluèrent vers sa capitale ; qu’ils étaient attirés vers les loges par le fait qu’ils les voyaient fréquentées par « des nobles de haute position et des hommes célèbres pour leur savoir » ; que de retour dans leur propre pays, ils emmenèrent avec eux la franc-maçonnerie ; puis demande à frère Gould, « quoi de plus naturel que que ceux qui sont interdits de visiter nos côtes désirent profiter du nouveau caprice de « ces insulaires excentriques », et qu’à condition qu’un nombre suffisant d’initiés soient formés dans une même ville » ?

Il faut admettre que les nations manifestent rarement un enthousiasme aussi immédiat et remarquable pour les institutions nouvelles et étranges d’une autre nation. Il semblerait qu’une explication plus raisonnable, et plus en harmonie avec nos traditions, soit que la franc-maçonnerie était une institution pas totalement inconnue des continentaux, bien que peut-être décadente et très différente de celle de l’Angleterre ; que le nouvel élan donné à l’Artisanat en Angleterre par les événements appelés « Renaissance » a également été ressenti sur le continent par des institutions apparentées qui y existaient déjà, entraînant un développement et une croissance similaires à ceux qui se sont produits en Angleterre. Nous savons que des institutions apparentées existaient alors et y existaient depuis des temps immémoriaux, à savoir : les Steinmetzen d’Allemagne ; le Compagnonnage de France ; les Magistri Comacini d’Italie et, dans tous ces pays, les corporations artisanales et, à leurs côtés et ayant à peu près la même composition, les confréries artisanales. Et les indices sont nombreux selon lesquels toutes ces institutions ainsi que la franc-maçonnerie remontent à la Collegia fabrorum de l’empire romain. Si cela est vrai, il serait en effet remarquable que la franc-maçonnerie ou une société sensiblement identique n’ait existé que dans la lointaine Grande-Bretagne.

Il doit être évident pour l’étudiant en histoire maçonnique que le dernier mot n’a pas encore été dit concernant l’origine de la franc-maçonnerie sur le continent. Il est possible que nos frères anglais et certains de nos frères allemands, qui revendiquent pour leurs pays respectifs la distinction exclusive d’avoir été le seul conservateur de l’institution maçonnique, soient forcés de reconnaître non seulement la part de chacun dans ce domaine. travail mais même celui de la France et de l’Italie.

Vient de paraître : Le N°7 du Mensuel Numérique Maçonnique

C’est une expérience journalistique maçonnique qui prend forme progressivement. Le N°7 vient de paraître et nous vous le proposons en téléchargement gratuit.

Au sommaire :

Plusieurs nouveaux collaborateurs :

  • Christine Fort-Hilcenko, de la fédération britannique du Droit Humain
  • Milton Arrieta-López,
  • Magali Aimé, écrivaine et journaliste, de l’OITAR,
  • The Importance of Ritual par Darren Lorente-Bull, Lodge Humàn Duty Numbér 6, British Fédéràtion of Lé Droit Humàin.
  • Napoléon … et la Franc-Maçonnerie par la Sœur Odile de la GLFF
  • Brotherly Love par Sis. Christine Hilcenko, International Concord no 977.
  • La parole aux profanes by Magali Aimé
  • Les sautes d’humeur de Mag
  • Ces planètes qui nous gouvernent
  • The Origins by Christine Hilcenko,
  • A masonic poem, Under the starry sky
  • Vivre ensemble dans l’unité par Julian Rees, auteur et journaliste
  • Masonic commitment, why?
  • Mag’s Mood Swings
  • Les francs-maçons sur le chemin Entrer en Franc-Maçonnerie, les bonnes et les mauvaises raisons par Mag
  • Jean-Pierre Pain, Poète, Graveur et franc-maçon
  • Le Rite Ancien & Primitif de Memphis Misraïm, Voie Orientale, par Gérard Baudou-Platon
  • La fonction symbolique du sorcier : Celui ou celle qui « voit » ce qui est invisible aux profanes !
  • Desarrollo de la masonería en latinoamérica y Colombia, par Milton Arrieta-López

Au total 40 pages de lecture !

Si vous aussi vous aimez écrire et partager notre amour de la franc-maçonnerie que vous soyez maçon-ne-s en activité, démissionnaires ou profanes, n’hésitez pas à contacter le directeur de la publication matéo Simoita – fil.infosloge@gmail.com

Et n’hésitez pas à utiliser l’espace des commentaires pour témoigner de votre ressenti !

Téléchargez la newsletter en cliquant ici

Au cœur du Temple : clés et révélations sur la franc-maçonnerie moderne

Franc-maçon ! est un ouvrage qui se présente comme un essai doublé d’un témoignage personnel sur la franc-maçonnerie, rédigé par Éric Badonnel, membre du Grand Orient de France depuis près de trente ans. Préfacé par Christophe Habas (OE), Grand Maître du Grand Orient de France de 2016 à 2017, le livre vise à éclairer la vie quotidienne d’un franc-maçon à travers son parcours initiatique, son engagement, et l’impact de cet engagement sur sa vision de la société.

Franc-maçon ! offre donc un témoignage intime et réfléchi sur la vie et les idéaux de la franc-maçonnerie. Éric Badonnel commence par décrire les rituels et la structure de la vie en loge, mettant en lumière les différentes étapes de l’initiation maçonnique. L’auteur partageant ses réflexions sur son engagement.

Christophe Habas (1966-2022)

Quant à sa vision maçonnique de la société, il explique comment l’appartenance à la franc-maçonnerie façonne une perspective unique sur la société et les grands enjeux contemporains.

Et bien évidemment qu’être franc-maçon au XXIe siècle influence ce nouvel homme qu’est l’initié qui a promis de mettre en lumière, en dehors du temple, les idéaux et les valeurs maçonniques.

L’ouvrage aborde également le sens et la pertinence du secret maçonnique, explorant ses implications et son importance dans la pratique maçonnique. Ce secret qui fait tant fantasmer – surtout les complotistes et les antimaçons – mais qui finalement n’est pas un ensemble de connaissances ésotériques cachées du grand public, mais plutôt une pratique de discrétion qui vise à protéger l’intimité des processus internes et des discussions qui ont lieu au sein des loges, incluant les rituels, les symboles, les mots de passe et les signes de reconnaissance qui sont utilisés par les francs-maçons pour se reconnaître entre eux.

1re de couv., détail

Enfin, Éric Badonnel offre une analyse critique de la crise politique contemporaine et soutient que la franc-maçonnerie peut jouer un rôle crucial en tant qu’école pratique de la pensée.

Gardons à l’esprit que la franc-maçonnerie encourage ses membres à développer une pensée critique par le biais de discussions et de débats réguliers lors des réunions en loge. Ces discussions sont souvent structurées autour de questions symboliques, philosophiques, éthiques, sociales et sociétales poussant les membres à examiner divers points de vue et à réfléchir profondément avant de formuler leurs opinions. L’auteur explore donc comment la méthode maçonnique encourage le questionnement et la reformulation des idées dans le débat public, dans le but de rassembler et de réconcilier. D’ailleurs, en tant qu’école pratique de la pensée », la franc-maçonnerie offre ainsi un cadre pour le développement personnel et intellectuel, tout en contribuant à la société en favorisant une réflexion éthique et un engagement civique parmi ses membres.

L’ouvrage s’adresse à un large public. C’est ainsi que les non initiés trouveront une introduction accessible à la franc-maçonnerie, présentée dans un langage clair et compréhensible, éloigné du jargon maçonnique. Quant aux membres de la fraternité, qu’ils soient novices ou expérimentés, ils bénéficieront des réflexions approfondies de l’auteur sur la pratique et les idéaux maçonniques, ainsi que de ses analyses sur les défis contemporains.

Éric Badonnel

Éric Badonnel adopte une approche analytique et réflexive, basée sur son expérience personnelle au Grand Orient de France et sur ses recherches approfondies. Son style est accessible et dépourvu de jargon ésotérique, ce qui rend le sujet abordable pour tous les lecteurs.

Franc-maçon ! offre une exploration fascinante et accessible de la franc-maçonnerie, à la fois témoignage personnel, analyse sociétale et essai politique, qui saura captiver et enrichir un large éventail de lecteurs.

Le 1er Salon du Livre maçonnique « Masonica Tours » des 1er et 2 juin 2024
Le 1er Salon du Livre maçonnique « Masonica Tours » des 1er et 2 juin 2024

En 2023, Jacques Oréfice et Patrice Lhote, co-présidents des Imaginales Maçonniques et Ésotériques d’Épinal (IME&E), lui décernent le Prix Cadet Roussel 2023 pour cet ouvrage.

Retrouvez Éric Badonnel à Masonica Tours, le dimanche 2 juin à 15h pour sa conférence « « La FM, un horizon pour une société contemporaine ».

« Franc-maçon ! » Éric Badonnel – Préface de Christophe Habas

Le Bord de l’eau éditions, 2022, 192 pages, 16 €

Disponible chez DETRAD.

Imaginales Maçonniques et Ésotériques d’Épinal (IME&E) – Prix Cadet Roussel 2023

Une chaîne bien rodée

0

« VOYAGER à L’ÉTRANGER MAIS AVEC SON RITUEL »

J’étais parti pour pour vous écrire un papier sur un sujet humoristique, le tout bien réfléchit. Donc impeccable, content, bien dans mes baskets, profitant de la détente du « Ya pu qu’à » pour finaliser mon article. Mais il n’en a pas été ainsi suite à ma visite dans une loge à l’étranger, j’ai opté pour un autre sujet humoristique en rapport avec mon déplacement. Une fois n’est pas coutume.

Certes en Italie nous sommes de proches cousins mais de facto frères de toutes façons. 

Une fois passé le barrage de la langue, les robinets ouverts, on est vite dans le bain.

Pour trouver l’adresse, comme d’habitude sans être accompagné d’un frère ou d’une soeur qui s’y rend, pas simple tu peux toujours chercher, le GPS ne te donnant que les grandes indications.

Demeure une part de mystère pour découvrir l’entrée de notre lieu de travail. Nous sommes restés très joueur,façon à la recherche du temple perdu. Il reste à quitter le monde profane.

Après avoir frappé comme il se doit, une fois que la porte s’ouvre nous voilà rassurés, je me sens un peu comme chez moi. Je retrouve les mêmes rituels de bienvenue, puis ce sera la soirée qui débutera et qui se déroulera dans son rituel comme nous  avons l’habitude de procéder.

Je vous fais grâce de tous les détails du déroulement de ce type de soirée intellectuelle que vous connaissez et que vous pratiquez régulièrement.

En tant qu’invité, le contexte est différent, d’autant plus à l’étranger. C’est l’occasion d’être plus observateur, plus attentif. Vous finissez au bout d’un moment par avoir du recul.

En tout cas c’est ce qui s’est produit chez moi. Malgré les nombreuses tenues auxquelles j’ai participé depuis plus de trente ans, je reste toujours aussi découvreur. Allez je vais tenter cette comparaison, c’est un peu ce que disent les artistes  quand ils jouent le même spectacle depuis des années. « C’est pour moi comme pour la première fois, une émotion nouvelle » Je le crois assez volontiers car c’est déjà ce que je vis et que je pratique comme artiste avec mes spectacles… 

Ressentir, être sincère et ce en s’appuyant sur des bases solides, avec discipline et rigueur comme pour nos tenues et de plus à l’étranger, nous apportent la preuve que cela fonctionne.

C’est à ce moment, au cours de notre réunion, que j’ai ressenti que je vivais un moment unique et universel comme souvent en visitant des loges de pays étrangers.

Mais ce qui m’a encore plus interpellé, c’est cette familiarité, c’est le fait de me retrouver comme chez moi, de ne pas être dépaysé. 

Et au risque d’apparaitre ridicule j’ai pensé que nous usions des mêmes concepts que ces chaines d’hôtels qui fidélisent leur clientèle. Dans chaque structure, partout dans le monde, vous avez l’impression d’être chez vous, car vous retrouvez vos marques chères à votre vie. 

Tout comme eux, nous nous retrouvons partout chez nous grâce à nos rituels similaires à l’étranger pour vivre des moments de fraternité et d’échange, qui nous aident à progresser dans la tolérance mais aussi pour aller plus loin dans notre notre perfectionnement.

Et à la différence, par rapport à ces groupes hôteliers, pour l’instant nous ne parlons pas encore de marketing, packaging et autres termes qui nous conduiraient vers la french-maçonnering !

Le combat : Catholique contre Franc-maçon, sur BITCHUTE

3

Vous ne connaissez peut-être pas BitChute qui est un service internet de partage de vidéos lancé en janvier 2017. Il se présente comme une alternative à YouTube, afin de contourner la censure. Son hébergement est basé sur l’utilisation du protocole WebTorrent. Aujourd’hui dans le journal GPTV, les deux invités Jean-Maxime Corneille et Adrien Abauzit s’affrontent sur le thème de la Franc-maçonnerie contre le catholicisme durant 2:10.

23/05/24 : Café Maçonnique Pourquoi devenir Franc-maçon aujourd’hui ?

L’association Georges Troispoints Clermont Auvergne organise le jeudi 23 mai 2024 un café maçonnique de 18h30 à 20h00 au bar Le Saintonge situé au 32 Rue Lucas à Vichy.

Devenir Franc-Maçon aujourd’hui?

Devenir Franc-Maçon en 2024, qu’est ce que cela signifie? Que recherche-t-on ? Voilà la question que les bénévoles de l’association Georges Troispoints Clermont-Auvergne aborderont à nouveau avec le public. Le public pourra lors de cet échange essayer de comprendre quel est l’intérêt de la démarche initiatique, quelle est sa portée, parce qu’entrer en franc-maçonnerie est aussi un engagement.

Un café maçonnique ?

Un café maçonnique, kezako ? Et bien, c’est un temps d’échanges entre un public profane et des francs-maçons qui ont choisi de communiquer sur leur expérience de la Franc-Maçonnerie. Un café maçonnique c’est une occasion d’aborder toutes les questions qui peuvent émerger. Il n’est pas question de trahir un quelconque secret mais bien de partager ce qui nous a motivé et ce qui nous motive encore dans notre cheminement initiatique. Le café maçonnique c’est aussi l’occasion de corriger certains a priori qui circulent : les francs-Maçons dirigent-ils le monde ? Les francs-Maçons pratiquent-ils des rituels sataniques ?

Et ça se passe comment ?

Il suffit de venir le 23 mai, à 18h30 à Vichy. L’entrée est libre et gratuite. Vous vous installez, et vous posez les questions qui vous viennent à l’esprit ou qui vous taraudent depuis un moment. Les membres de Georges troispoints vous répondront de la manière la plus authentique possible. Il n’y a pas de question ou de thème interdit. Ca n’engage à rien, par contre il s’agit clairement d’un moment agréable et instructif.

Et c’est qui Georges Troispoints ?

Georges Troispoints Clermont-Auvergne est une association composée de Francs-Maçons initiés au Droit Humain. Georges Troispoints informe, écoute, débat, échange, organise des évènements sur la franc-maçonnerie et les grandes questions philosophiques et sociétales. Georges Troispoints se propose d’être une fenêtre ouverte sur la richesse et l’originalité de la démarche maçonnique telle que pratiquée dans la mixité. Notre objectif est d’aller à la rencontre du public profane afin de dire ce que ce nous faisons, mais aussi ce que nous ne faisons pas dans les loges. Bref, l’idée est simple : nous faire connaitre et faire savoir ce qu’est réellement la franc-Maçonnerie.

Vous pouvez retrouver toutes les informations nous concernant sur notre site : https://www.georges-troispoints.fr/associations-locales/g3p-clermont-auvergne

Vous pouvez également nous contacter : georgestroispoints.clermont-auvergne@laposte.net

Equerre et Compas
Equerre et Compas

Indiens d’Amérique du Nord

1

A force de ne pas bien « nommer » les noms attribués aux « sauvages américains de l’Amérique Septentrionale » les savants érudits du dernier XIX e siècle et du début du XXe siècle ont décidé d’établir un ordre laborieux dans les innombrables publications, rapports et écrits existant depuis la conquête du Nouveau Monde.

Ce sont ces raisons qui ont conduit l’auteur de ce DICTIONNAIRE à rassembler les savoirs de Jacques Cartier, Samuel de Champlain, Marc Lescarbot, Louis Hennepin ainsi que dans les lettres et ouvrages du Baron de Lahontan, Baqueville de la Potherie, dans les relations des jésuites qui ont inspiré la philosophie des Lumières avec Montesquieu, Rousseau, Voltaire… et suivants. Un travail qui s’est exercé sur 30 ans .

L’auteur :

Daniel Dubois est écrivain, historien et spécialiste des Indiens d’Amérique depuis plus de 60 ans. Connu pour ses diverses collections, notamment pour ses très rares ouvrages français des XVII et XVIII e siècles qui traitent de la Nouvelle France ou de la seule Louisianne Française. Sa première publication consacrée aux Indiens d’Amérique du Nord : les Indiens des plaines est parue en 1978

Déchiffrer le code du vivre-ensemble en entreprise : la laïcité et la diversité religieuse sous la loupe des sciences sociales

Dans un monde professionnel de plus en plus mondialisé, la diversité culturelle et religieuse est devenue une réalité quotidienne. Cette diversité peut être source de richesse et d’innovation, mais elle peut également engendrer des tensions et des conflits. Le fait religieux en entreprise est un sujet sensible et complexe, qui peut susciter des débats passionnés.

Faits religieux et travail-Éclairage des sciences sociales et de la médiation de Guillaume Depincé* explore les défis et les enjeux de la gestion du fait religieux en entreprise. Il s’appuie sur des recherches en sciences sociales et sur son expérience de consultant ergonome et médiateur pour proposer une analyse approfondie et des solutions innovantes.

L’auteur montre que la gestion du fait religieux en entreprise ne peut pas se faire de manière simpliste. Il est nécessaire de prendre en compte la diversité des situations et des expériences, et de s’adapter à chaque cas particulier. La médiation apparaît comme un outil précieux pour gérer les conflits et les tensions liés au fait religieux.

L’ouvrage s’ouvre avec, en épigraphe, la citation de George Orwell (1903-1950) « La dictature s’épanouit sur le terreau de l’ignorance », révélant une vérité profonde. En effet, cette phrase souligne que les régimes autoritaires prospèrent toujours lorsque les citoyens manquent d’information et de compréhension.

Cette épigraphe sous-entend également que la connaissance et la sensibilisation aux questions religieuses sont cruciales pour maintenir un environnement de travail respectueux et inclusif, et pour éviter des pratiques de gestion qui excluent ou discriminent, volontairement ou non, sur la base de la religion. Elle invite déjà le lecteur à réfléchir sur l’importance de l’éducation et de l’ouverture d’esprit comme antidotes à la rigidité et à l’intolérance dans la gestion des affaires religieuses en entreprise, et par extension, dans la société en général.

Dès l’introduction, Guillaume Depincé dépose le lecteur au coeur du sujet : l’affaire de la crèche Baby Loup, en 2008, où un conflit a éclaté après le licenciement d’une employée, Fatima Afif, pour avoir porté un voile islamique au travail, ce qui était contraire au règlement intérieur de la crèche qui imposait le respect des principes de laïcité et de neutralité. L’affaire a suscité un vif débat en France sur la laïcité et les libertés individuelles, conduisant à une longue bataille judiciaire (2010, Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) ; même année, conseil de prud’hommes a donné raison à la direction de la crèche en 2010 ; 2011, Cour d’appel de Versailles ; 2013, Chambre sociale de la Cour de cassation ; 2018, Comité des droits de l’homme de l’ONU). Cette affaire est un exemple de la tension entre les principes de laïcité en France et les droits individuels de liberté d’expression religieuse, soulignant les défis d’appliquer ces principes dans des contextes privés et associatifs.

L’ouvrage est structuré en neuf chapitres. À commencer par la gestion du fait religieux en entreprise. Faut-il rappeler que l’entreprise a une finalité économique mais elle est également un lieu de socialisation, de discussions, d’interactions, voire parfois de confrontation puisque le salarié y est aussi un individu avec son histoire, ses convictions, sa culture, ses croyances ou sa non-croyance ? La gestion du fait religieux en entreprise est donc un sujet complexe qui soulève de nombreux défis (Diversité des croyances,  liberté religieuse vs. laïcité,  gestion des conflits, droits fondamentaux, etc.). Pas facile donc de trouver un équilibre entre les intérêts individuels et collectifs (respect, compréhension mutuelle, recherches de solutions) qui est un défi permanent.

De la méthodologie, Guillaume Depincé y consacrent huit pages, nous explique quelles sont les disciplines mobilisées pour mener ses recherches.

Abd al Malik, en 2015

Quant au chapitre sur « Les faits religieux », il les définit les faits religieux et donne des exemples de situations concrètes. Puis c’est avec la belle définition sur la laïcité de l’artiste engagé Abd al Malik (officier de l’ordre des Arts et des Lettres et chevalier de la Légion d’honneur) dont le parcours atypique et la réflexion sur la laïcité font écho dans ses œuvres, sa voix résonnant dans le paysage culturel français, mêlant poésie, musique et convictions , que l’auteur explore cette notion essentielle et son application en France et en entreprise.

« Identité, culture & religion » permet d’en analyser les notions – surtout celle d’identité culturelle – et de mieux comprendre les liens entre identité, culture et religion.

Le chapitre sur « Les mécanismes qui conduisent au fait religieux » explore les facteurs qui peuvent conduire à l’expression du fait religieux en entreprise.

Guillaume Depincé consacre les autres chapitres aux réponses aux faits religieux et à leurs limites, ainsi qu’à la médiation, posant la question de savoir si elle est une réponse ad hoc…

L’auteur explore différentes options, notamment la loi, la position stratégique et l’organisation du travail, la culture d’entreprise, le management et la formation. Il conclut en affirmant que la médiation est un outil précieux pour gérer les conflits et les tensions liés au fait religieux.

L’ouvrage est riche en informations et en réflexions. Il propose une analyse nuancée et éclairante d’un sujet complexe et sensible. Il est un outil précieux pour les dirigeants, les responsables des ressources humaines et tous ceux qui sont confrontés à la gestion du fait religieux en entreprise.

De cet ouvrage sur un sujet difficile et d’une actualité brûlante, nous relevons plusieurs points forts telles l’analyse approfondie et nuancée du fait religieux en entreprise, les propositions de solutions innovantes. Il est un outil précieux pour les dirigeants, les responsables des ressources humaines et salariés. E, somme, tous ceux qui sont confrontés à la gestion du fait religieux en entreprise.

Il est également un outil fort utile pour les chercheurs en sciences sociales et pour les étudiants en gestion des ressources humaines.

Guillaume Depincé

*Guillaume Depincé est ergonome à la RATP qui se distingue également par ses rôles de délégué syndical CFDT et de vice-président de l’Agence régionale pour l’amélioration des conditions de travail (Aract) en Île-de-France. Issu d’une famille où son père était également ergonome, Guillaume n’avait pas initialement envisagé de poursuivre dans ce domaine. Après un début de carrière dans le commerce suite à ses études en école de commerce, il s’est finalement orienté vers l’ergonomie et la défense des droits des travailleurs.

En tant que délégué syndical, il œuvre activement à améliorer le quotidien des employés en promouvant de meilleures conditions de travail. Sa position de vice-président de l’Aract lui offre une plateforme pour influencer positivement la qualité de vie au travail en cherchant des solutions novatrices. Guillaume Depincé est reconnu pour son engagement profond et efficace dans l’amélioration des conditions de travail, impactant positivement la vie des travailleurs.

Faits religieux et travail-Éclairage des sciences sociales et de la médiation

Guillaume DepincéVérone éditions, 2024, 170 pages, 17 €

La maison d’édition Vérone : Avec plusieurs centaines d’auteurs au catalogue, les Éditions Vérone sont en constante évolution. Dans un souci de modernité, notre maison d’édition a fait le pari en 2013 de proposer une alternative aux éditeurs traditionnels. En effet, ces derniers reçoivent de nombreux manuscrits chaque jour, se trouvant ainsi dans l’incapacité de publier tous ceux qui mériteraient de l’être. C’est pour remédier à ce déséquilibre que les Éditions Vérone ont été créées, pour donner un nom aux auteurs méconnus, pour donner une chance de montrer son travail. Notre maison d’édition est donc une alternative aux chemins classiques de l’édition, toujours à la recherche de textes nouveaux et originaux. Le site.

Une idée de la mixité en franc-maçonnerie

La franc-maçonnerie, institution de plusieurs siècles, créée par des hommes, s’est développée à une époque où, principalement, les sociétés étaient largement dominées par les hommes. La progression de la franc-maçonnerie s’est initialement faite exclusivement dans un contexte masculin, mais avec le temps, les choses évoluent… Dans la vie profane et en franc-maçonnerie…

Sororité et Fraternité : un débat de 58:00 sur Radio France

0

De notre confrère radiofrance.fr

La fraternité et la sororité sont des mots métaphores, qui désignent le plus souvent ce qui excède le cadre de la famille. Universelle ou choisie, cette solidarité horizontale occupe une place fondamentale dans l’histoire militante et littéraire contemporaine.

Avec :

  • Alexandre de Vitry Maître de conférences en littérature française du XXe et du XXIe siècles à la Faculté des Lettres de Sorbonne Université
  • Florence Rochefort Chercheuse au CNRS, spécialiste d’histoire des féminismes, des femmes et du genre

Fraternité et sororité sont les vedettes du jour. Tant et tant de mains qui se serrent, de franches poignées, ou, main dans la main pour former une immense ronde qui pourquoi pas ferait le tour du monde ; ou alors posée sur l’épaule, la main amicale, celle de l’accolade. Comment représenter la fraternité ? Comment représenter la sororité ? L’un est omniprésent dans notre univers, par la devise officielle et par ses mentions dans la littérature. L’autre est sans doute plus rare, mais tous les deux racontent une histoire, celle d’un sentiment d’affection qui a tellement évolué : frères de plume et sœurs de lutte, l’amitié comme étendard.

Fraternité et sororité, des notions anciennes

Dès l’Antiquité gréco-romaine, le lien fraternel sert de métaphore pour désigner un idéal relationnel entre les membres d’une société plus large que celle de la famille. Le terme devient synonyme de relations solidaires, bienveillantes et harmonieuses, qui seraient constitutives d’une cité idéale. Cet usage profondément métaphorique s’accentue encore à l’ère du christianisme, où le mot « fraternité » se pare d’une dimension sacrée et mystique. Alexandre de Vitry, chercheur en littérature, remonte aux origines du mot latin frater, dérivé d’une racine indo-européenne, brater, qui a donné bruder en allemand ou brother en anglais : « Ce brater ne désigne pas ce que nous appellerions des frères et sœurs de sang ou d’un parent commun, mais une fraternité du clan, d’un groupe spirituel étendu. » Ce sens est antérieur à l’apparition d’une signification du mot « fraternité » plus resserrée et circonscrite à la famille. Pour le chercheur, « il y a une sorte de virtualité ouverte dans ce vocabulaire qui vient du fond des âges. »

De la même façon, le concept de sororité a une vraie place dans la pensée et la littérature du Moyen Âge et de la Renaissance, de la Cité des dames de Christine de Pizan, où des femmes, réelles ou imaginaires, se coupent du monde pour s’assurer une existence paisible et protégée, à Rabelais qui utilise le mot sorores pour désigner la « communauté des femmes », dans un moment où l’humanisme repense profondément l’idée d’universel.

Où sont les femmes dans la fraternité ?

La Révolution fait de la fraternité un idéal politique. Cependant, le mot de Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort, « sois mon frère ou je te tue », s’avère prophétique : l’idéal d’une fraternité émancipée de la verticalité d’Ancien Régime dégénère rapidement en un fratricide violent lors de la Terreur : choisir ses frères, c’est aussi désigner un ennemi, un non-frère.

Il faut attendre 1848 pour que la fraternité revienne au premier plan des discours et des pratiques de la vie politique. La proclamation de la Deuxième République marque la victoire théorique d’une fraternité entre ouvriers et bourgeois, catholiques et républicains. Là encore, cette fraternité idéale s’avère imparfaite et les répressions du mois de juin 1848 marquent un nouvel échec. De plus, la mise en place d’un suffrage universel réservé aux hommes coupe les femmes de la communauté politique et annonce une nouvelle exclusion au sein de la communauté nationale. En réaction à cette injustice, les militantes féministes commencent à se penser et à se désigner comme des « sœurs ». L’historienne Florence Rochefort insiste sur l’idée de ce lien, qui ne serait pas familial, mais politique, avant même que le mot sororité ne se répande. Ce serait « l’idée d’une communauté imaginaire qui permettrait aux femmes de s’exprimer par rapport aux frères qui monopolisent la parole, les droits et qui conçoivent les liens politiques sans les femmes, avec des universaux qui les effacent. » Pour l’historienne des féminismes, ces femmes réagissent à l’exclusion en même temps qu’elles redécouvrent et mettent en valeur un lien susceptible de les unir.

Le féminisme s’internationalise et s’inspire des modèles syndicaux de la lutte ouvrière naissante. L’idée que des droits ne peuvent être obtenus que par l’avènement d’une lutte collective et d’une solidarité horizontale entre toutes les femmes se fait de plus en plus présente.

Un concept militant

Durant les années 1970 et 1980, la sororité occupe une place centrale dans les luttes et les discours féministes. Inspiré du terme anglais sisterhood, popularisé par l’ouvrage de Robin Morgan, Sisterhood is Powerful, publié en 1970, la sororité est au centre des logiques du Mouvement de libération des femmes (MLF). Le terme devient synonyme d’expériences communes et de moyen de s’émanciper de la sphère domestique par l’action collective. La sororité se fait le mot d’ordre pour une action commune et pour un dépassement des rivalités féminines, jugées contre-productives.

Ainsi, les concepts de fraternité et de sororité ont essuyé bien des critiques. Faut-il penser une sororité ou une fraternité universelles, ou au contraire choisir ses camarades de lutte ? Désigner des frères et des sœurs, n’est-ce pas toujours en exclure d’autres ?

Pour en savoir plus

Alexandre de Vitry est maître de conférences en littérature française du 20e et du 21e siècles à la Faculté des Lettres de Sorbonne Université.
Il a notamment publié :

  • Le Droit de choisir ses frères ? Une histoire de la fraternité, Gallimard, 2023
  • Sous les pavés, la droite, Desclée De Brouwer, 2018
  • Conspirations d’un solitaire : l’individualisme civique de Charles Péguy, Les Belles Lettres, 2015
  • La Conquête de l’Alsace, Lattès, 2014

Florence Rochefort est chercheuse au CNRS, spécialiste de l’histoire des féminismes, des femmes et du genre.
Elle a notamment publié :

  • Histoire mondiale des féminismes, Que sais-je ?, Presses universitaires de France, 2022
  • Ne nous libérez pas, on s’en charge. Une histoire des féminismes de 1789 à nos jours, codirigé Bibia Pavard et Michelle Zancarini-Fournel, La Découverte, 2020
  • Les Lois Veil. Contraception 1974, IVG 1975, codirigé Bibia Pavard et Michelle Zancarini-Fournel, Armand Colin, 2012

Références sonores

  • Archive d’André Malraux, Ocora, 1967
  • Lecture par Jeanne Coppey d’un extrait de La Cité des dames de Christine de Pizan, 1405
  • Extrait de la série documentaire Révolution ! de Hugo Nancy et Jacques Malaterre, écrite par Adila Bennedjaï-Zou et Hugo Nancy, France Télévisions, 2021
  • Chanson Abel et Caïn de Léo Ferré, d’après le poème de Charles Baudelaire, 1967
  • Extrait du film Les Misérables de Robert Hossein, 1982
  • Lecture par Daniel Kenigsberg de « Fraternité » de Victor Hugo, L’Art d’être grand-père, 1877
  • Musique du générique : Gendèr par Makoto San, 2020